01 avril 2005
saw
Genre: Horreur, serial killer..
SAW
SAW
USA - 2004 - 104 minutes
Réalisé par : James Wan
Producteur : Lions Gate Films
Scénario : James Wan, Leigh Whannell
Photo : David Armstrong
Musique : Charlie Clouser
Effets spéciaux :
Avec : Leigh Whannell, Cary Elwes, Danny Glover, Ken Leung, Dina Meyer, Mike Butters, Paul Gutrecht
Critique de film par Pete Rock le 29.03.2005
La réputation tue. Saw, petite production horrifique de par son budget, a eu le malheur d'avoir un certain succès critique et commercial dans les endroits où il fut projeté. Sacrilège ! Il ne fait pas bon être à la fois indépendant ET grand public. Le film nous arrive donc aujourd'hui en france avec la face salie par une aura de film «exceptionnel» qui lui vaudra à coups sûrs les assauts kalaschnikov de la critique hexagonale. La réputation tue. Un couard reste un couard.
Si l'arrivée de Saw sur le territoire français peut pousser une grande majorité des spectateurs à bouder la bête pour son nihilisme flagrant et son attirail de film de genre assumé, toujours est-il que les temerraires, eux, trouveront matière à se vider du surplus de sueurs froides qu'ils avaient emmagasiné en cette période de productions assaisonnées à l'aspartame d'eau de rose et saupoudrées de prises de risques au marshmallow. Saw est un film imparfait, remplit de défauts inhérents aux premiers films, au budget rachitique évident mais c'est aussi une date dans le film de genre car jusqu'au-boutiste, audacieux, hargneux et d'une invention pêchue comme un direct mâchoire made in Tyson.
Si l'on peut rester frigide à l'univers mis en place (soi disant calqué sur Seven) et au concept du film de serial killer au Q.I de 150, il reste un aspect où Saw s'extirpe aisément du tout venant de la production de thrillers horrifiques. En effet, c'est du point de vue de sa construction et de sa narration unique que Wan ramène son arsenal dans des contrées si marquantes. Si les faiblesses du métrage en lui même (script légèrement répétitif, acteurs pas toujours au point, effets de mise en scène trop stéréotypés) auraient tendance à déprécier la qualité des jeux narratifs employés, la mise en place du récit et l'effort constant employé à conserver une pression sur le spectateur pousse le métrage vers le haut en faisant fis de ces déficiences bénignes. En usant avec une certaine finesse de 3 modes de composition simultanément, le réalisateur pratique une opération à coeur ouvert dans l'esprit torturé de ses personnages principaux en appliquant à chacun un point de vue différent.
Ainsi, le flashback appliqué pour les 2 quidams futures victimes sonne en quelque sorte le glas de leur vie passée, à la manière du fameux film qui défile devant nos yeux avant le trépas. Un point de vue extrêmement désabusé qui ne laisse pas d'espaces libres à la joyeuseté et est donc l'élément dépressif principal du film. Les policiers eux, du moins surtout le personnage campé par Danny Glover (en forme et qui aurait pu devenir un sacré monstre du film de genre), sont abordés par le biais de la subjectivité, qui ramène le film vers les éléments du présent du récit. En collant quasiment le caméra à leurs yeux, Wan impose un voyeurisme dans le macabre pour ainsi dire forcé. Si l'on ajoute à cela un certain néo-réalisme dans les scènes traitant avec la perspective du serial killer, de par des ajouts chimériques, voire quasiment métaphysiques (la fameuse poupée), on obtient un film qui se veut avant tout viscéral, au sens premier du terme, où les tripes et le cerveau sont remués de manière constante, calculée, précise. L'anathème de la mise en scène.
On ne ressort pas indemne d'une projection de Saw. La tête retournée, les fesses soudées au siège, impossible de bouger, de penser, de se décider à affronter la lumière du jour, comme si un malin plaisir, un vicieux fantasme nous poussait à nous délecter, forcé mais consentant, du spectacle sépulcral auquel on vient d'assister. Un malaxage de tripes en 24 images secondes. Une expérience en somme. Un peu à la manière d'un Kubrick qui force son personnage principal dans Orange Mécanique à regarder les images de sa décadence pour l'en dégouter, le spectateur subit dans Saw. Jamais maître de ce panorama de déviances, dompter l'objet filmique ci-présenté semble impossible. A chaque certitude, un nouveau coup de fouet. A chaque résolution indéniable, l'anesthésiant regard d'une poupée.
" Qui est poltron, qui n'a point de courage. Il s'est montré couard en présence du danger ". On peut se réfugier sous la douce couverture du film à l'apparat disetteux, communautaire, réservé aux nantis saturés de films HLM, un peu comme une forme de racisme culturel. Un trop plein de clichés soudés à l'intelligentsia critique française ferait porter le chapeau de la honte à tout adulateur de cette fable ocre au goût de suie qui laisse des traces tenaces chez qui sait et pourra garder les yeux ouverts. Saw. cinéma, tout se conjugue au participe passé. Seen.
03 avril 2005
Activisme1
Vous
voulez faire valoir vos droits, défendre votre liberté, protester et
vous vous sentez démuni. Stanislasundergroundblog vous donne quelques
recettes qui ont fait leurs preuves!
en esperant qu'elles vous inspirent en ces temps troublés......
Action directe et activisme
la
plupart des actions directes ne requièrent pas d'effectifs importants,
elles peuvent être mises en place sans trop de moyens et dans des
délais assez brefs. L'action directe peut revêtir de multiples formes
suivant la situation et en fonction de la créativité des participants.
Elle peut être individuelle ou collective, légale ou non, offensive ou
défensive, violente ou non violente. Son caractère légal importe peu, à
mon sens, car la légalité n'est jamais qu'une limite arbitraire fixée
par la bourgeoisie pour défendre ses intérêts, il faut juste en tenir
compte pour évaluer les risques juridiques. La notion de violence, par
contre, est à manipuler avec précaution. Ma philosophie personnelle (
et celle de stanislas kazal) est incompatible avec la violence physique
envers les personnes, sauf en cas de défense, c'est pourquoi cet aspect
ne sera pas abordé.
Du point de vue stratégique, elle est
également peu recommandable, la CIA s'en est d'ailleurs servi pour
décrédibiliser certains mouvements révolutionnaires en les infiltrant,
en les finançant et en les poussant à la lutte armée pour mieux les
criminaliser en tant que terroriste et casser leur image auprès du
grand public, c'est le cas des Brigades rouges en Italie ou de la
fraction armée rouge en Allemagne. De plus, je ne pense pas que ce soit
en cognant sur un fasciste que l'on parvient à lui faire changer d'avis
ou à faire reculer le fascisme, et ce n'est pas en tuant un Ministre de
l'intérieur ou un patron du Medef, que le système s'en trouvera changé.
Les personnes, si puissantes soient-elles parfois, et quel que soit
leur niveau hiérarchique, sont interchangeables, ce ne sont jamais que
des pièces d'une énorme mécanique. Par contre, les actions "violentes"
purement matérielles tels que les actes de sabotage entrepris par les
FTP en plastiquant plusieurs locaux du Front National de nuit,
m'apparaissent légitimes, mais là encore, c'est une question de point
de vue. Sans aller jusque là, on peut présenter un répertoire, non
exhaustif, d'actions possibles, qui dépassent parfois le cadre de
l'action directe au sens syndical, car la frontière est mince entre
techniques de lutte, communication, propagande par le fait, action
directe, désobéissance civile ou organisation alternative.
PROPAGANDE
Distributions
de tracts
La plus simple des techniques de propagande, une des moins coûteuse
également lorsque l’accès à la photocopieuse est possible au travail
par exemple. La distribution peut se faire dans la rue, dans les facs,
à la sorties des usines… l’autre possibilité est de diffuser le tract
dans les boîtes aux lettres des quartiers populaires, par exemple. Pour
optimiser le taux de lecture, le contenu doit être concis, aéré et
agrémenté d’éléments graphiques percutants: Le tract est plus
facilement conservé et lu s’il contient un intérêt graphique : Texte au
recto et montage photo ou caricature au verso.
Diffusion de fanzines et journaux indépendants - Radios -
Distros
La réalisation d'un fanzine, même si elle est intéressante et riche en
contacts, est assez coûteuse par rapport au volume de diffusion, et
forcément (largement) déficitaire.
Les
journaux indépendants du type Monde Libertaire, qui sort chaque semaine
à 7000 exemplaires, demandent un travail énorme et régulier, ainsi
qu'une logistique importante, le budget est très serré là encore,
notamment à cause des invendus en librairies qui frôlent les 80% (60%
pour un journal classique) Mais l'existence du ML est indispensable,
ses origines remontent en 1858 avec son ancêtre "le Libertaire" et il a
vu passer des permanents tels que Brassens, Ferré ou Camus. La récente
nouvelle version du ML a permis de relancer ses abonnements, on lui
souhaite longue vie.
D'autres médias alternatifs sont utilisables,
telles que les radios associatives ou indépendantes (comme Radio
Libertaire qui émet à Paris sur 89.4) ou encore la VPC sans profit qui
permet d'envoyer des infos, tracts, flyers ou autocollant en même temps
que les commandes.
Collages
Coller des
affiches et autocollants si possible sur les affiches de fachos pour
faire d'une pierre deux coups, ou sur les centres commerciaux, les
banques, les agences d'intérim, les casernes, les églises, les
administrations, les panneaux publicitaires, les panneaux électoraux
quand il y en a…, renommer les rues, détourner des publicités… bref,
adapter le contenu et la forme du collage à l'environnement urbain. Le
collage est quasi forcément sauvage, les zones d'affichage public ayant
été réduit au strict minimum légal pour mieux criminaliser le mouvement
social (-70% à Rennes en 2001, sous gouvernement et mairie "
socialistes ")
Bombages
Les bombages, par l'intermédiaire de pochoirs par exemple, sont
souvent plus durables que les affiches, mais aussi plus risqués
légalement. Des supports originaux peuvent attirer l'attention (en
évitant les murs des logements…) : Sur le sol, voir sur les bandes
blanches des passages piétons, les horodateurs, les pubs 4x3…
Manifestations
Moments propices à ces formes d’actions, ainsi qu’aux discours et
conférences publiques et aux déploiements de banderoles, car, malgré la
présence policière, le risque d’interpellation est plus limité du fait
du nombre et la solidarité du cortège libertaire ou black bloc. Les
moustachus hésitent (parfois) à déclencher une émeute pour arrêter
quelqu’un. Dans ce cas, il faut également penser à un repli groupé
après la manifestation, sinon, se reporter au «guide du manifestant
inculpé»…
Ecrire aux médias pour leur demander des articles, documentaires ou
reportages sur votre cause.
Campagne de destruction d’image de marque
L’image de marque
est ce qu’une multinationale possède de plus précieux, mais aussi de
plus fragile, c’est son talon d’Achille et c’est la qu’il faut frapper.
Des activistes ont réussi à faire plier la Lufthansa (équivalent d’Air
France en Allemagne) pour qu’elle cesse de participer au renvoi de sans
papiers par charters : Ils ont créé des brochures aux couleurs de la
compagnie pour présenter la nouvelle « Classe Déportation » qu’ils
distribuaient massivement dans les aéroports, en uniforme de la
compagnie. La Lufthansa, observant l’impact sur son image a fini par
céder. Des actions similaires sont en cours de réalisation contre Air
France, dans le cadre des nouveaux charters de Sarkosy.
Nike, Macdo ou Microsoft sont des habitués de ces campagnes et on ne
compte plus les détournements les concernant.
Autre forme de destruction de l’image de marque :
Le lancement de rumeurs ou de contre informations, sur internet par
exemple, qui peuvent parfois prendre des proportions importantes. On
peut citer le cas de ce japonais mécontent de son magnétoscope et du
service après vente Toshiba, qui a inlassablement squatté les forums en
ligne d’associations de consommateurs et de sites spécialisés dans
l’audiovisuel pour se plaindre de la qualité du produit, la
médiatisation de sa persévérance a entraîné une chute en bourse du
cours de l’action Toshiba de près de 5%.
Boycott
L'effet d'un boycott est souvent difficile à mesurer, mais là encore
c'est un moyen de porter un sujet à la connaissance du public. Pour
prendre l'exemple d'un boycott de marque qui a bénéficié d'un fort taux
de médiatisation : Celui de Danone, lors des licenciements massifs dans
les usines bénéficiaires (licenciements boursiers) On a alors parlé
d'une chute de 10% des ventes sur les produits laitiers, ce qui est
assez important pour faire réfléchir le patronat, mais la classe
politique du moment a tenté de récupérer ce boycott à son compte, comme
celui de Total plus récemment, pour nous refaire le coup du "
capitalisme à visage humain ". Il est aussi très probable que les
achats se sont reportés sur les produits Nestlé, par exemple, qui n'a
rien à envier à Danone en terme de destruction sociale. Mais ce boycott
de Danone, comme d'autres, a eu le mérite d'associer la population à la
lutte des (ex)salariés.
INTERNET
Hacking /Cracking
Pour
ceux à qui ces mots barbares n'évoque rien de précis, il faut rappeler
que les objectifs des hackers sont de :
- Créer des logiciels libres au code source accessible et donc
gratuits, évolutifs et personnalisables...
- Mettre en évidence la fragilité d'une société excessivement gérée par
informatique
- Dénoncer les utilisations abusives des bases de données
d'informations sur les individus que s'échangent le gouvernement
(police, armée, RG, services sociaux...) et les sociétés privées
- Dénoncer la politique de monopole et de surveillance de sociétés
comme Micro$oft
- Sauvegarder Internet en tant qu'outil de communication, et non en
tant qu'instrument purement commercial ou d'espionnage et de contrôle
du peuple. Diffuser les outils de protection de la vie privée
- Instaurer la gratuité et le partage des connaissances Les crackers,
par contre, ne sont pas forcément des programmateurs, ils utilisent des
outils, techniques et logiciels pour s'introduire dans les réseaux,
détruire ou modifier les informations, ce qui peut s'avérer également
très utile (pour pirater les sites fascistes, par exemple)
L'un des premiers mouvements organisés de hackers fut celui des
allemands du Chaos Computer Club en 1984. Ces libertaires ont réalisé
le piratage d'infrastructures informatiques gouvernementales afin
d’alerter les médias sur les menaces pesant sur la vie privée des
citoyens : le gouvernement allemand constituait alors un système de
fichiers croisés sous prétexte de lutte contre le terrorisme.
Le Cult of the Dead Cow, (les concepteurs du logiciel Back Orifice) a
annoncé qu'il fournirait des outils informatiques permettant de lancer
des attaques virtuelles sur des institutions et des gouvernements ne
respectant pas les droits de l'homme
Le plus connu des Hackers/crackers, Kevin Mitnik s'est déjà introduit
dans les systèmes informatiques les plus sécurisés qui soient: Le FBI
(mis en défaut leur système de localisation d'appels), l'US Air Force,
la NSA, la NASA, l'unité centrale de la défense aérienne américaine
dans le Colorado, l'université de Leeds en Angleterre ainsi que de
nombreuses multinationales (Nissan...) font parties de son tableau de
chasse.
L'efficacité d'un groupe de plusieurs dizaines ou centaines de
hackers/crackers coordonnés sur un même objectif pourrait être énorme :
Il est possible, par exemple, de transvaser des comptes bancaires,
bloquer des systèmes d'écoute et de surveillance, neutraliser certains
centres de communication de l'armée, paralyser la bourse... D'après le
F.B.I. il y aurait aujourd'hui près de 100 000 " pirates " en activité…
Les hackers sont de plus en plus attirés par l'action politique, ce
phénomène a été symbolisé lors de la troisième convention des Hackers
on Planet Earth, en juillet 2000 à San Francisco : L'orateur invité
était Jello Biafra, (ex chanteur des Dead Kennedys, faut-il le préciser
?) son discours d'une heure et demie appelant à l'action
révolutionnaire Hacktiviste a, semble -t-il, littéralement galvanisé
l'auditoire. Pas étonnant quand on connaît la verve et le charisme du
personnage… Des Hackmeeting similaires s'organisent en Italie (3000
personnes à Bologne en 2002), en Espagne, en Allemagne et plus
récemment en France, sur des bases politiques proches de l'anarchisme
Cybermanifestions
Une cybermanifestation consiste à saturer le serveur d'un site internet
pour le mettre hors service, cette action ne demande pas de compétences
particulières en informatique.
On peut prendre l'exemple de l'action lancée par le groupe prozapatiste
américain Electronic Disturbance Theater qui a lancé un appel aux
internautes et a fourni un petit logiciel qui réalise des demandes de
connexion en boucle. Les 18000 participants répartis dans 46 pays on
donc pris pour cible, avec succès, les serveurs web du gouvernement
mexicain et du pentagone pour protester contre la répression des
rebelles zapatistes et le soutien fourni par le gouvernement américain
Le Jam echelon day est une cybermanifestation internationale annuelle
visant à saturer de mots clés les systèmes d’écoute de la NSA.
L’efficacité est quasiment nulle dans ce cas, puisque la NSA peut
facilement se préparer à cette « attaque », mais l’intérêt est là
encore d’attirer l’attention sur ce Big Brother moderne.
Les activistes allemands contre la « classe déportation » de la
Lufthansa (voir destruction de l’image de marque) se sont également
pris simultanément au serveur du site de réservation en ligne, en
multipliant les demandes de réservations bidons, et l’ont mis HS,
causant un manque à gagner important à cette compagnie aérienne
Mass mailing
Cette technique, apparentée au spamming (envoi de mail non
sollicités) mais ici sans but commercial, a l’intérêt d’être quasi
gratuite, rapide et relativement efficace. Des logiciels permettent de
collecter les adresses email sur le net et d’autres permettent
d’envoyer les messages en rafale. A utiliser avec modération et
pertinence pour ne pas avoir un effet contre-productif (un message par
mois par exemple, avec système de «désabonnement» pour ceux qui ne
souhaitent plus recevoir d’infos)
L’efficacité de ces envois est facilement mesurable avec quelques
outils statistiques dans le cadre de la promotion d’un site.
Pour donner un exemple concret, la collecte de plus de 3500 email
d’assos, zines, distros et groupes anarchoïdes a permis de développer
de la Fédération Anarchopunk à partir d’un mailing présentant la
création de l’APF en France, avec un résultat significatif: +400%
d’adhésions en un mois.
INTERPOSITION PHYSIQUE
Occupation de locaux
(Anpe, préfecture, entreprise, administration, facs…) Le matériel
présent dans les locaux occupés (fax, téléphone, photocopieuse…) peut
être utilisé à des fins de lutte :
* A Londres, des militants se sont introduits dans le siège général de
Shell, se sont barricadés dans le bureau du directeur pendant une
matinée et ont envoyé des messages de solidarité aux peuples du delta
du niger.
*Au Nigeria, les jeunes Ijaw lancent l'opération 'changement
climatique' et occupent un grand nombre de plates-formes pétrolières.
Blocage
d’un chantier, d’un transport de matériaux nucléaires ou d’armement…
*Les cheminots grecs ont bloqué un train transportant de l'équipement
militaire au sol pour le Kosovo
*Plus de 100 personnes sont arrêtées chaque jour parce qu'elles
résistent à la construction d'une décharge nucléaire sur un site
indigène protégé du territoire australien.
*Tandis que des militants écologistes fêtent un an d'occupation d'un
arbre pour protéger les forêts ancestrales de l'Oregon, des activistes
anglais résistent 17 jours terrés sous terre dans un tunnel afin
d'empêcher la destruction d'un parc communautaire et coûtent ainsi des
centaines de milliers de francs aux compagnies de construction.
*Lors de la reprise des chantiers de construction de l'axe E7 dans la
vallée d'Aspes, paysans, habitants locaux et militants écologistes
s'unissent pour occuper le terrain et empêchent les travaux en campant
autour des bulldozers.
*Des femmes et enfants indigènes bloquent un bulldozer appartenant à
une compagnie pétrolière dans la jungle équatorienne et prennent ses
conducteurs en otage, afin de demander l'arrêt de la construction d'un
oléoduc qui avait contaminé leurs ressources en eau potable.
*Des milliers d'indiens menacent de se noyer avec leur maison, pour
résister à une série de barrages hydro-électriques qui vont détruire
des centaines de villages sur les rives de la rivière Narmada.
Obstruction aux expulsions
Que ce soit dans le cas d’expulsions de sans-papier ou d’expulsions de
squat, il est arrivé qu’une mobilisation importante retarde l’échéance
ou même fasse plier la procédure. Une autre méthode pour soutenir les
sans-papiers consiste à faire pression sur la compagnie aérienne (voir
campagne de destruction d’image de marque)
*A Prague, des squatters empêchent l'expulsion de leur maison par les
forces de police en restant sur le toit pendant 3 jours.
Bouclier humain en cas de guerre
On l’a remarqué dans le cadre de la guerre d’Irak, cette initiative
courageuse ne permet pas d’arrêter les bombes de pleuvoir. Les
boucliers humains ont été déplacés comme des pions par le régime
Irakien, et les USA ne sont plus à quelques bavures près. Encore une
fois, c’est la médiatisation de ces actions qui ont eu symboliquement
le plus d’impact.
Sabotage
Le collectif Souriez vous êtes filmés avait commencé à diffuser
le plan des implantations de caméras de vidéosurveillance dans
certaines grandes villes. Projet difficile étant donné leur
prolifération actuelle, mais qu’il serait intéressant de développer
pour organiser un sabotage coordonné de ces instruments d’espionnage.
*En Ecosse, 2 militantes pacifistes nagent pendant une heure et demi en
direction d'une base militaire puis s'attaquent à un sous-marin
nucléaire qu'elles repeignent et endommagent, causant des dégâts
économiques considérables.
*Des paysans français démontent un MacDonald's en construction et
amènent un débat public sur l'OMC et la nourriture industrielle.
*Le 18 juillet 1999, 700 militants se réunissent pour détruire un champ
de tournesol génétiquement modifié de la taille de 24 terrains de
football.
*L'opposition aux O.G.M se répand sur les cinq continents, en France et
en Angleterre des militants détériorent un grand nombre de champ-test,
des paysans indiens et français sabotent des laboratoires de recherche
sur les O.G.M à Montpellier, tandis qu'en Inde l'opération 'brûlons
Monsanto' est inauguré par la mise à feu de champs d'O.G.M.
Entartage
L'internationale anarcho-pâtissière est en marche ! Noël Gaudin
l'entarteur des pompeux cornichons, (Bill Gates, Nicolas Sarkozy,
Philippe Douste-Blazy et les autres) a fait des émules :
*Le dirigeant de l'Organisation Mondiale du Commerce est pris en
embuscade et entarté par le la Biotic Baking Brigade, organisation
spécialisée dans le lançage de tartes à la crème qui s'est déjà attaqué
dans la seule année 1999 à quelques dizaines de criminels en costumes 3
pièces et autres P.D.G de multinationales.
Les médias sont friands de ce genre d’opérations burlesques, et outre
le fait de ridiculiser la cible, l’entartage sonne comme un
avertissement pour les dirigeants de ce monde, même l’homme le plus
riche de la planète n’est pas à l’abri d’un attentat pâtissier, et donc
d’un attentat tout court. La violence reste symbolique et le ton
humoristique permet au message d’être bien perçu par le public.
REAPPROPRIATION
Réappropriation temporaire ou plus durable, réappropriation matérielle
ou celle de son temps, réappropriation de terres gouvernementales ou
privées, d'infrastructures, de biens de consommation, de moyens de
production, de services publics… réappropriation de l'espace, des rues,
des bâtiments officiels... le choix est vaste :
Squat (Voir brochure "le squat de A à Z")
Alors même que deux millions de logements sont vides et inutilisés en
France, on estime à environ 400.000 le nombre de SDF (le chiffre
officiel de 86000 semble largement sous estimé, du fait de la
difficulté de recenser cette population) La réappropiation des
logements, Le squat, peut être vécu comme une mesure d’urgence pour se
mettre à l’abri ou comme une démarche politique :
*De Genève à Prague en passant par Berlin, des squatters reprennent des
espaces vides pour en faire des lieux d'activités autogérés : logement,
crèches, bibliothèques, ateliers, salles de spectacle, jardins
communautaires etc.
Réappropriation des terres
Le Mouvement des Sans Terre au Brésil cherche depuis 1979 à se
réapproprier de manière légale ou non des terres inutilisées
appartenant à de grands propriétaires. Quand les possibilités légales
sont épuisées, les paysans s'installent de nuit sur des terres laissées
en friche, en édifiant des campements. 140 000 familles ont pu être
relogées en 10 ans sur des terres prises grâce à l'action directe. 7
millions d'hectares ont ainsi été repris, mais il reste 4,5 millions de
familles sans terre alors que 416 millions d'hectares sont toujours en
friche. Le mouvement des Sans Terre fait partie d'une coordination
mondiale plus vaste : L'Action Mondiale des Peuples qui regroupe des
organisations populaires d'une trentaine de pays.
L'AMP n'est pas étrangère à l'émergence du réseau alter-mondialiste. En
effet, au départ de l'AMP, l'action directe venue de l'Inde a influencé
l'Europe, puis les événements de Seattle en 1999 qui ont eux-mêmes
encouragé l'amplification de la mobilisation à Prague et à Gênes. Lors
de la 3ème conférence de l'AMP, en 2001 en Bolivie, les indiens ont
annoncé que leur mouvement paysan était à présent coordonné au niveau
national et, apparemment "en partie grâce à la dynamique lancée par la
Caravane Intercontinentale en Europe"
Il
est intéressant d'observer l'émulation et les interactions qui
traversent ce réseau dont voici la traduction des principes de bases :
1. Un rejet très clair du féodalisme, du capitalisme, et de
l'impérialisme, ainsi que de tous les accords commerciaux, institutions
et gouvernements promoteurs d'une mondialisation destructrice
2. Un rejet très clair de toutes formes et systèmes de domination
et de discrimination dont (et de manière non exhaustive) le patriarcat,
le racisme et le fondamentalisme religieux de toutes croyances. Nous
reconnaissons la dignité entière de tous les êtres humains
3. Une attitude de confrontation, puisque nous ne pensons pas que
le " lobbying " puisse avoir un impact majeur sur des organisations à
tel point partiales et antidémocratiques, pour lesquelles le capital
transnational est le seul facteur réel déterminant leur politique.
4. Un appel à l'action directe et à la désobéissance civile, au
soutien aux luttes des mouvements sociaux, mettant en avant des formes
de résistance qui maximisent le respect pour la vie et pour les droits
des peuples opprimés, ainsi qu'à la construction d'alternatives locales
au capitalisme mondial.
5. Une philosophie organisationnelle fondée sur la décentralisation et l'autonomie.
Réappropriation des moyens de production
Très récemment en Argentine, suite à la crise économique et à la
fuite des capitaux, certains patrons se sont évanouis dans la nature et
les anciens salariés des usines viables ont continué la production en
s’organisant en autogestion.
Voir également dans les actions directes anarchosyndicales
Réappropriation des prises de décision
Toujours en Argentine, des assemblées de quartier se créent pour les
décisions collectives sur le principe du consensus.
*Des centaines de zapatistes continuent à s'organiser en 'municipalités
autonomes' afin de reprendre le contrôle de leur vie face aux
propriétaires terriens, aux grosses compagnies et aux 70 ans de
dictature du parti au pouvoir.
En France, le Communalisme Libertaire de Merlieux est une des plus
abouties des expériences autogestionnaires puisqu'il s'agit de la
gestion collective d'un village, avec une population majoritairement
non-anarchiste à l'origine :
En 1973, Dominique de la FA et ses amis de la communauté anarchiste du
Moulin de Paris s'installent dans ce village, et leur implication dans
la vie de la commune démontre progressivement aux habitants la
viabilité de leurs projets pour faire revivre le village, et de leur
mode d'action. La communauté anarchiste gagne peu à peu la confiance
puis la reconnaissance de la population.
Après de multiples réunions publiques, les candidats aux élections municipales s'engagent sur 3 points :
1°) étudier les projets de revitalisation du village ;
2°)
associer directement la population aux décisions et partager le pouvoir
le plus largement possible avec un souci permanent d'information ;
3°) défendre l'intérêt collectif à l'exclusion de tout intérêt
individuel pour les mandatés.
Sur ces bases, une école, une bibliothèque de plus de 5000 livres, des
logements sont construits et gérés avec la participation active de la
population, sans laquelle ces réalisations auraient été impossibles par
manque de moyen. Des emplois sont créés parallèlement à ce regain
d'activité, notamment avec la création d'un café-concert ou d'un
atelier de télétravail. Le financement s'appuie beaucoup sur les
nombreuses fêtes communales qui renforcent également le lien social. La
fête du livre est créée dans ce cadre et attire maintenant chaque année
15.000 à 20.000 visiteurs. Elle associe la fête populaire classique et
un salon littéraire important, démocratisant ainsi l'accès à la
lecture. Pour la petite histoire la communauté anarchiste s'est même
vue confier les clés de l'école, de la mairie et de l'église !
Des expériences similaires, à plus grande échelle, se déroulent dans
certaines communes Italiennes comme Spezzano Albanese avec la
"fédération municipale de base"
Transports gratuits
Le collectif des transports gratuits (RATP pour Réseau pour
l'Abolition des Transports Payants) a lancé une opération nommée " Zéro
Franc Zéro Fraude ", et a sorti des tickets de bus portant cette
inscription, à présenter au contrôleur le cas échéant, les amendes
étant regroupées et négociées en gros au tribunal par un avocat. Cet
acte de désobéissance civile est motivé par les constats suivants :
- A la RATP, la billetterie ne représente que 28% des recettes, ce qui
rembourse à peine la fabrication des billets, l'entretien des machines
à composter, les contrôles…
- Ce sont les personnes les plus précaires économiquement qui payent le
plus le droit à se déplacer
- 83% de nos déplacements sont contraints (pour aller au travail, faire
des courses…) Les employeurs, les grandes surfaces sont les premiers
bénéficiaires des transports en commun. Il serait donc logique que ça
soit eux qui payent.
- 60% des conflits entre agents de la RATP et usagers se produisent
lors de la vérification du titre de transport.
Les ZAT
Le concept de Zone d’Autonomie Temporaire lancé par Hackim Bey, désigne
tous les espaces, virtuels ou réels, qui sont libérés temporairement
des contraintes étatiques, religieuses et économiques. Ce sont des
enclaves de temps où les individus peuvent expérimenter leur liberté,
les ZAT peuvent aussi bien désigner des manifestations, des festivals,
des sites internet de contre information, des périodes de loisirs ou
encore des fêtes du type potlatch, banquets au cours duquel on
s’échange des présents :
le principe étant de faire la fête, dans
un souci d'égalité, de gratuité et de convivialité
L’aspect festif et ludique est inhérent aux ZAT, car le mode de
communication utilisé dans ce cas permet d’optimiser les relations
humaines dans une optique constructive.
D’ailleurs, qu’il s’agisse d’arts graphiques utilisant la rue comme
support, d’happening, de théâtre de rue, de concerts, de fêtes de rue,
de caravanes anticapitalistes…, la créativité, le côté ludique et
convivial des formes d’expression artistiques urbaines font
l’attractivité et parfois le succès d’une action.
Des tentatives de ZAP (zone d’autonomie Permanente) sont en
cours, notamment en Australie ou une communauté d’environ 5000
personnes reconstruit une vie alternative et met en pratique les
principes libertaires et écologistes.
*Des sans-papiers à qui il avait été refusé l'obtention d'un train
gratuit pour aller manifester à Paris passent la nuit à faire la fête
dans un tunnel ferroviaire.
*Les écologistes de Reclaim the Streets, agissent en solidarité avec
les travailleurs du métro londonien, occupent le siège de la compagnie,
et organisent une fête du premier mai à l'intérieur de rames de métro.
*Ils organisent un faux carambolage à l'intersection de 2 grands
boulevards londoniens, installent un café, un système de son et une
ambiance de carnaval autour des 2 voitures bloquées au milieu de la
voie publique pendant quelques heures
*Ils bloquent une autoroute du nord de Londres pour y organiser une
fête avec plus de 9000 personnes pendant 9 heures.
ACTIONS DIRECTES CONSTRUCTIVES
Systèmes d’échange locaux Les S.E.L sont basés sur des échanges de
biens, services ou compétences. La différence avec un troc, où deux
personnes doivent échanger deux choses de valeur similaire, le SEL est
un échange multilatéral qui fait intervenir plusieurs acteurs. Ainsi
dans un SEL simple à trois acteurs, Pierre donne des cours de guitare à
Paul, Paul fourni des légumes de son jardin à Jacques, et Jacques aide
Pierre dans ses travaux domestiques. Parfois, pour permettre la gestion
des SEL comportant de nombreux intervenants, on s’appuie sur une
monnaie virtuelle sans aucune relation ni correspondance avec la
monnaie classique, qui est établie sur la reconnaissance de la valeur
de chacun. (ex : une heure de services = 60 unités) Il existe
actuellement plus de 300 S.E.L en France. Infos et listes des SEL
sur http://www.selidaire.org
En argentine 1.200.000 personnes participent au réseau de troc mis
en place pour faire face à la crise, une monnaie populaire est crée et
utilisée comme moyen d’échange, de flux et non de capitalisation.
Ecole libertaire
L’école autogérée Bonaventure à Oléron a accueilli gratuitement pendant
10 ans des enfants de 3 à 9 ans. Cette école a permis de démontrer
qu’une autre éducation était possible, avec des résultats remarquables
malgré des moyens de financement faibles. Outre les enseignements
littéraires, mathématiques, historiques, etc., les enfants y ont
surtout appris à vivre en société, à partager, à être responsables et
solidaires et à savoir gérer les conflits.
Collectivités d’achat
Se rassembler pour acheter : Non, ce n’est pas une incitation à la
consommation... Les avantages sont multiples : L’achat en gros et la
suppression des intermédiaires permettent une réduction des coûts, la
possibilité de se fournir ailleurs que dans les supermarchés, en
partageant les éventuels frais logistiques, c’est à dire directement
chez le petit exploitant, l’agriculteur, pour prendre l’exemple d’un
achat de produits alimentaires, ou chez l’artisan… Cela permet d’avoir
des produits souvent de meilleure qualité, de soutenir les petits
producteurs indépendants tout en boycottant les marques, les grandes
surfaces et leurs profits réalisés en étouffant leurs fournisseurs,
parfois contraints de vendre à perte. En outre, cela permet de
maintenir un lien social et de connaître l’origine du produit et la
manière dont il est réalisé.
Collectivités de production
Projet plus ambitieux, mais d’autant plus intéressant, qui consiste
à mettre en commun des ressources et compétences pour développer une
activité socialement utile. Une structure associative ou encore une
SCOP (société coopérative de production) sont les statuts adéquats à ce
genre de projet. La SCOP est une société qui fonctionne en autogestion,
sans hiérarchie, avec des revenus équitables quelle que soit la
fonction et un partage égal des éventuels bénéfices. Ce n’est pas une
panacée, puisqu’elle reste dépendante de l’économie de marché et qu’il
s’agit plus d’une sorte de capitalisme collectif que de l’abolition
totale de l’actionnariat, mais çà permet de limiter les dégâts dans un
contexte exclusivement capitaliste.
Il y a actuellement environ 1500 scop en France, Il s’en crée de 100 à
150 chaque année. Leur nombre a progressé de 16% en dix ans. Cette
organisation est viable, même dans le système économique actuel, car la
motivation, l’implication et la responsabilisation des coopérateurs
sont nettement supérieures par rapport à un système classique de
salariat.
Collectivités d’habitation
La démarche du squat est radicale et représente l’exemple type d’une
réappropriation, mais à l’exception de quelques exemples (comme les
Tanneries à Dijon), c’est souvent une expérience assez limitée dans le
temps. Il est possible d’expérimenter l’organisation collective sous la
forme d’une collocation pour le logement ou de la tenue d’un local
autogéré et financé collectivement, pouvant abriter une librairie, une
bibliothèque alternative et un lieu de réunion, comme c’est souvent le
cas, ou même un local de répétition voir un lieu de concert si la place
et le voisinage le permettent. Une douzaine de personnes peut être un
effectif suffisant pour lancer ce projet.
Offre de prêt sans intérêts
Il existe des fédérations de collectivités de production, qui
organisent et financent le soutient des coopératives, qui mettent en
place des centrales d’achat et font jouer la solidarité et les
synergies inter-collectivités. Le développement de cette caisse
commune, pourrait donner l’occasion de soutenir la création de
nouvelles scop, à travers la mise en place d’un système de prêts
remboursables sans intérêt. Les nouveaux venus viennent alors grossir
les rangs et la caisse commune.
Les prêts sans intérêt sont déjà expérimentés dans certains pays, tel
que l’Inde, par des ONG, ils permettent aux plus pauvres de créer leur
activité. Le taux de remboursement est largement supérieur à celui des
banques classiques, et atteint 98%.
Distribution gratuite de nourriture
On peut reprocher aux restos du cœur d’être devenus une sorte
d’institution dont la présence, 17 ans après sa création, semble
presque normale, comme si la misère elle-même était inéluctable. Mais
de manière pragmatique, les 40 000 bénévoles tentent de réparer les
dégâts du système capitaliste et de l’Etat en fournissant 60 millions
de repas par an, c’est donc une forme d’action directe solidaire
particulièrement utile.
Cette forme de soupe populaire d’initiative non-étatique trouve de
nombreux exemples :
Devant la misère sociale qui régnaient dans les ghettos noirs des
grandes villes américaines, et devant le manque de volonté des
politiques d’apporter les moyens nécessaires, le mouvement des Black
Panthers avait décidé de reprendre les choses en main et d’organiser
quotidiennement des déjeuners gratuits, notamment pour les enfants des
quartiers. une partie des argentins et les zapatistes appliquent
actuellement cette méthode.
La CNT-FAI, dans l’Espagne libertaire de 36-39, a mis en place des
repas gratuits pour tous.
De même que pour les squats, la distribution de nourriture a également
pour objectif de revendiquer le droit de chacun à la satisfaction des
besoins fondamentaux tel que se nourrir ou se loger
Communalisme Libertaire (voir plus haut)
TECHNIQUES DE LUTTE ANARCHO-SYNDICALISTES
La protestation verbale
C' est le type de lutte le plus simple, tant qu'on est en
democratie notre liberté d'expression et un tant soit peu garatie,
profitons'en!
La pétition
C'est un écrit dénonçant, réclamant, exprimant un désaveu, un désir.
La
pétition peut quelque fois influencer, faire obtenir de menus avantages
le plus souvent illusoires et démagogiques. Certains syndicats ne
faisant ou ne voulant rien faire, ils se dédouanent par une pétition à
des fins électorales ou pour avoir bonne conscience
Le débrayage
C'est la cessation d'activité pendant une courte durée maximum quelques heures.
Le
débrayage exprime déjà un mécontentement plus grand, la naissance d'une
certaine radicalité. Le débrayage est utilisé comme pression pour des
négociations sur des effets à court terme ou des revendications
mineures. Exemple : manque de chauffage, problèmes de primes, de
salissures ou de casse-croûte etc.
La grève perlée
Débrayage
d'une partie du personnel puis reprise tandis qu'une autre partie
débraye et ainsi de suite. Avantage : perte de salaire minimum par
individu tandis que l'établissement est pratiquement paralysé et que
l'employeur paie ses salariés devenus peu productifs voire inactifs.
L'employeur tentera de faire travailler les non-grévistess,
l'encadrement ou les intérimaires. Si cela ne s'avère pas suffisant, il
fermera l'entreprise pour un temps, c'est le lock out qui lui évite de
verser des salaires à des gens inactifs.
Le coulage
Freiner la
production en étant le moins productif possible.
La grève du zèle
Application stricte ou excessive des consignes et des règlements
entravant le bon fonctionnement de la production.
La grève limitée
Les salariés cessent le travail pour une durée limitée.
*Une variante : 2500 pilotes d'American Airlines se mettent d'un commun
accord simultanément en congés maladies.
La grève illimitée
Cessation du travail par les salariés jusqu'à ce que ceux-ci décident
de reprendre le travail. Avantage : exprime une certaine radicalité,
une participation à la lutte, bloque tout ou partie de la production.
Inconvénient : perte de salaire importante pour les grévistes.
L'établissement peut continuer à produire avec des intérimaires, des
non-grévistes. La production peut être réalisée sur un autre site.
Le piquet de grève
Mise en place de barrages pour empêcher les non-grévistes de pénétrer
dans l'établissement pour réaliser l'ouvrage. Les conditions
matérielles du piquet sont souvent déplorables : pas d'abris, soumis
aux intempéries. Une partie des non-grévistes arrivent parfois à
pénétrer dans l'établissement ou bloqués à l'intérieur ils continuent
d'assurer la production.
La grève avec occupation
Les grévistes investissent le secteur visé, évacuent les
non-grévistess, détournent à leur profit la logistique : salles de
réunions, réfectoires, dortoirs, photocopieuses, téléphones et
véhicules.
La lutte intra muros
qui se limite à l'intérieur de l'établissement
La lutte extra muros
Qui consiste à envahir et occuper tel établissement ou une
administration favorable à l'employeur : Direction Départementale du
Travail et de Emploi, justice, mairie, local de parti politique, siège
d'un journal, Chambre de Commerce et d'Industrie, quartier résidentiel
des cadres ou de l'employeur, entreprise où a été transférée la
production.
La manifestation de ville
Elle fait découvrir le conflit, popularise la lutte, maintient la pression, permet de jauger le rapport de force.
La manifestation nationale voire internationale
Suit les mêmes règles que celle de ville mais à une plus grande échelle.
L'intox
Produire rumeurs, informations en tout genre pour fragiliser l'adversaire.
Le discrédit
Rendre publiques des critiques sur la qualité des produits ou services de l'établissement.
Le sabotage
Cette
vieille méthode de lutte est toujours pratiquée bien que non
médiatisée. Elle doit être manipulée par des individus conscients des
risques ou de l'effet catastrophique à terme de certaines destructions
pouvant entraîner la fermeture de l'entreprise. Peut être qu'une
graduation doit être introduite pour éviter des problèmes néfastes. Le
sabotage est une arme très efficace, peu coûteuse pour les grévistes,
très nocive pour l'employeur. Il faut toujours conserver à l'esprit que
la lutte doit nuire à l'employeur, exploiteur mais pas aux usagers
salariés eux-mêmes, ex : les services publics, les transports, EDF,
santé, alimentation, etc.
La réappropriation
Reprise sous le contrôle des salariés de biens produits par l'entreprise c'est-à-dire par eux-mêmes.
La vente sauvage
Vente par les grévistes des stocks de l'entreprise pour constituer un trésor de guerre qui les indemnisera.
La production sauvage
Les
grévistes utilisent les machines de l'entreprise pour produire des
biens qu'ils vendent directement à la population en en réduisant le
prix ce qui satisfera tout le monde et apportera des liquidités aux
grévistes.
Le travail sauvage
Utilisant
leurs propres outils les grévistes réparent fabriquent ou rendent des
services aux particuliers moyennant finances. Exemples les coiffeurs de
Rennes qui, sur une place publique coupèrent les cheveux. L'argent payé
pour ce service allait à la caisse de grève. En Australie, les
chauffeurs de tramway, pendant une grève mirent les trams en
circulation gratuitement pour la population.
Le boycott
Sur demande des salariés en lutte dans une entreprise, ne pas utiliser
ou acheter telle production ou tel service fournis par cette même
entreprise. Exemple : le comité de lutte appelle la population à ne pas
consommer telle marque de produit tant que les revendications ne sont
pas satisfaites.
La désobéissance civile
Refus d'appliquer, de se soumettre aux lois de l'Etat. Exemple :
soutenir et aider des personnes réprimées. Ne pas payer l'impôt,
refuser de présenter ses papiers d'identité, de faire l'armée... etc.
La grève généralisée
Situation de grève touchant tout un secteur ou
plusieurs secteurs de production ou bien une région, un pays ou un
groupe de pays.
La grève générale
Grève intercatégorielle, intersectorielle sur un territoire donné
région, pays, international. Action consciente et concertée, ce qui la
différencie de la grève généralisée. C'est l'arme voulue, souhaitée,
défendue par les anarcho-syndicalistes. C'est l'acte ou toute une
masse, qu'elle le sache ou non, s'anarchosyndicalise. En effet, à ce
stade, les gens en lutte entendent défier leurs adversaires. Ils ne
s'en remettent pas au verdict des urnes, ni au gouvernement qui en est
issu, ni aux promesses à venir. Les gens en lutte, s'appuyant sur
l'action directe, entendent ici et maintenant faire aboutir leurs
revendications. La grève générale marque et exprime l'affrontement de
classes clairement. Si elle est massive, le rapport de force est
optimum et d'autres choix peuvent apparaître.
*Une grève générale a immobilisé à 80 % l'économie péruvienne grâce à
l'union des étudiants, des travailleurs et des paysans.
La grève générale insurrectionnelle
Les
grévistes, pour diverses raisons, deviennent émeutiers, barricadiers.
Le peuple se soulève ouvrant la perspective d'une possible
expropriation des capitalistes.
En 1934, au Portugal, la CGT déclenche une grève générale
insurrectionnelle
La grève générale expropriatrice
Les grévistes, maîtres de la rue, s'emparent des moyens de production,
d'échange, de communication. Les entreprises, le commerce, les
administrations sont placés sous le contrôle des comités de luttes.
C'est le prélude à un changement social profond d'où peut sortir le
communisme libertaire ou autre chose mais attention danger.
On trouve un exemple de grève générale expropriatrice et
insurrectionnelle dans les événements du 19 juillet 1936 en Espagne,
alors que la CNT et la FAI regroupaient plus d’1,2 millions d’adhérents
La liberté ne se demande pas, elle se prend !
(merci à subsociety et à la cnt)
le stanislasunderground n'appartient à aucuns courants et se veux libre de toutes attaches pour préserver son indépendance!
Ce qui n'empêche pas la sympathie!
terrorisme poétique selon hakim bey
Le Terrorisme Poétique
PAR Hakim Bey
C’est une danse étrange et nocturne dans les guichets automatiques des banques. Des feux d’artifice tirés illégalement. L’art-paysager, des travaux de terrassement, ou des objets bizarres dans les Parcs Publics. Rentrez par effractions dans des maisons, mais au lieu de les cambrioler, laissez y des objets de terrorisme poétique. Kidnappez quelqu’un et rendez-le heureux( en lui rendant sa liberté peut être,ça je comprend pas ;Kazal) . Prenez une personne au hasard et persuadez la qu’elle vient d’hériter d’une fortune colossale, inutile et surprenante - 1000 hectares en Antarctique, un éléphant de cirque trop vieux, un orphelinat à Bombay, ou une collection de vieux manuscrits alchimiques. Cette personne réalisera plus tard que durant un moment, elle a cru en quelque chose d’extraordinaire, et elle sera peut-être amenée à rechercher un autre mode de vie, plus intense.
Erigez des plaques commémoratives en cuivre dans les endroits (publiques ou privés) où vous avez connu une révélation ou une expérience sexuelle particulièrement satisfaisante...
Go naked for a sign.
Organisez une grève dans votre école ou sur votre lieu de travail sous prétexte que vos besoins en indolence et en beauté spirituelle n’y sont pas satisfaits.
Les graffitis apportent une certaine grâce aux métros si laids et aux monuments publiques si rigides - le Terrorisme Poétique peut également servir dans les endroits publiques : des poèmes gribouillés dans les toilettes des palais de justice, de petits fétiches abandonnés dans les parcs et les restaurants, des photocopies artistiques placées sous les essuie-glaces des pare-brise des voitures en stationnement, des Slogans écrits en Caractères Enormes collés sur les murs des cours de récréations ou des aires de jeux, des lettres anonymes postées au hasard ou à des destinataires sélectionnés (fraude postale), des émissions radio pirates, du ciment humide....
La réaction du public ou le choc esthétique produit par le Terrorisme Poétique devra être au moins aussi intense que le sentiment de terreur - de dégoût puissant, de stimulation sexuelle, de crainte superstitieuse, d’une découverte intuitive subite, d’une peur dadaesque - il n’est pas important que le Terrorisme Poétique soit destiné à une ou plusieurs personnes, qu’il soit « signé » ou anonyme, car s’il ne change pas la vie de quelqu’un (hormis celle de l’artiste), il échoue.
Le Terrorisme Poétique n’est qu’un acte dans un Théâtre de la Cruauté qui n’a ni scène, ni rangées, ni sièges, ni tickets, ni murs. Pour fonctionner, le Terrorisme Poétique doit absolument se séparer de toutes les structures conventionnelles de consommation d’art (galeries, publications, médias). Même les tactiques de guérillas Situationnistes comme le théâtre de rue sont peut-être actuellement trop connues et trop attendues.
Une séduction raffinée, menée non seulement dans l’optique d’une satisfaction mutuelle, mais également comme un acte conscient dans une existence délibérément belle - pourrait être l’acte ultime de Terrorisme Poétique.
Le Poète Terroriste se comporte comme un farceur de l’ombre dont le but n’est pas l’argent mais le changement.
Ne pratiquez pas le Terrorisme Poétique pour d’autres artistes, faites le pour des gens qui ne réaliseront pas (du moins durant quelques temps) que ce que vous avez fait est de l’art. Evitez les catégories artistiques identifiables, évitez la politique, ne traînez pas pour éviter de raisonner, ne soyez pas sentimentaux ; soyez sans pitié, prenez des risques, pratiquez le vandalisme uniquement sur ce qui doit être défiguré, faites quelque chose dont les enfants se souviendront toute leur vie - mais ne soyez pas spontanés à moins que la Muse du Terrorisme Poétique ne vous possède.
Déguisez-vous. Laissez un faux nom. Soyez mythique. Le meilleur Terrorisme Poétique va contre la loi, mais ne vous faites pas prendre. L’art est un crime ; le crime est un art.
PS :
No Copyright © Hakim Bey (sans date).
le manifeste Hacker
Le manifeste hacker
PAR The Mentor
Ce qui suit a été écrit peu après mon arrestation...
La conscience d’un hacker
Un autre a été pris aujourd’hui, c’est dans tous les journaux. « Un adolescent arrêté dans un scandale de crime informatique. » « Arrestation d’un Hacker après des tripatouillages bancaires. »
Saleté de gosses. Tous pareils.
Mais vous, dans votre psychologie trois-pièces et dans votre technocervelle des années 50, avez-vous jamais regardé derrière les yeux du hacker ? Est-ce que vous vous êtes jamais demandé ce qui le déclenche, quelles forces lui ont donné forme, qu’est-ce qui a bien pu le modeler ?
Je suis un hacker, entrez dans mon monde...
Mon monde est un monde qui commence avec l’école... Je suis plus intelligent que la plupart des autres gosses, ces conneries qu’ils nous apprennent m’ennuient...
Ces fichus élèves en situation d’échec. Ils sont tous pareils.
Je suis dans un collège ou un lycée. J’ai écouté les profs expliquer pour la quinzième fois comment réduire une fraction. Je le comprends. " Non, Mme Smith, je n’ai pas montré mont ravail. Je l’ai fait dans ma tête... "
Fichu gosse. Il l’a probablement copié. Tous pareils.
J’ai fait une découverte aujourd’hui. J’ai découvert un ordinateur. Eh attendez, c’est cool. Il fait ce que je veux qu’il fasse. S’il fait une erreur, c’est parce que j’ai merdé. Pas parce qu’il ne m’aime pas...
Ou qu’il se sent menacé par moi...
Ou qu’il pense que je suis un petit malin...
Ou qu’il n’aime pas enseigner et ne devrait pas être là...
Fichu gosse. Tout ce qu’il fait, c’est jouer à des jeux. Tous pareils.
Et ensuite, c’est arrivé... une porte s’est ouverte sur un monde... on envoie une pulsation électronique, qui fonce le long des lignes téléphoniques comme l’héroïne dans les veines d’un drogué, on recherche un refuge contre les incompétences quotidiennes... on trouve une planche de salut...
« C’est ça... c’est là qu’est mon appartenance... »
Je connais tout le monde ici... même si je ne les ai jamais rencontrés, je ne leur ai jamais parlé, n’entendrai peut-être jamais plus parler d’eux... je vous connais tous...
Tu peux parier, y’a pas à tortiller, qu’on est tous pareils... à l’école, on nous nourrissait à la petite cuillière de blédine pour bébé alors que nous avions faim de steack... les bouts de viande que vous nous refiliez étaient prémâchés et sans goût. Nous avons été dominés pas des sadiques, ou ignorés par des apathiques. Les quelques-uns qui avaient quelque chose à nous apprendre trouvaient en nous des élèves pleins de bonne volonté, mais ce petit-nombre là, c’était comme des gouttes d’eau dans le désert.
Voici notre monde maintenant... le monde de l’électron et de l’interrupteur, la beauté du bit. Nous utilisons un service déjà existant sans payer pour ce qui pourrait valoir des clopinettes si ce n’était pas administré par des gloutons profiteurs, et vous nous traitez de criminels. Nous explorons... et vous nous traitez de criminels. Nous cherchons le savoir... et vous nous traitez de criminels. Nous existons sans couleur de la peau, sans nationalité, sans parti pris religieux... et vous nous traitez de criminels. Vous construisez des bombes atomiques, vous faites la guerre, vous tuez, vous trompez et vous nous mentez et vous tentez de nous faire croire que c’est pour notre bien, mais c’est nous les criminels.
Oui, je suis un criminel. Mon crime est celui de la curiosité. Mon crime est de juger les gens pour ce qu’ils disent et pensent, pas pour ce qu’ils ont l’air. Mon crime est d’être plus fort que vous, ce que vous ne me pardonnerez jamais.
Je suis un hacker, et ceci est mon manifeste. Vous arrêterez peut-être cet individu-ci, mais vous ne pouvez nous arrêtez tous... après tous, nous sommes tous pareils.
Ecrit le 8 janvier 1986
l'ethique du hack moderne
L’éthique du hack moderne
Les hackers sont une espéce d’humains (ou d’aliens) qui utilisent la technologie de maniére créative pour continuer à « apprendre en faisant » dans le domaine de la technologie. Le hack est bien plus que le simple plaisir de prendre le contrôle d’un ordinateur tenu par des gens qui ont dépensé beaucoup d’argent et d’années d’étude pour être capables de diriger ces machines.
Il faut voir le « plaisir de déconner avec les ordinateurs de l’armée américaine » éprouvé par des 14-17 ans dans le contexte de la situation sociale de teenagers que le football ou la discothéque n’amusent pas, mais qui se sentent réussir quelque chose en explorant des systémes informatiques. Les ordinateurs leur semblent simplement plus sexy que les filles maquillées qui regardent de haut leur insécurité - et plus faciles, en tout cas, à maîtriser. Mais le hacking a aussi un côté sérieux - qui n’a pas grand-chose à voir avec la fascination de la technologie. Il croit en la liberté de l’information.
Entre ces deux faces du hacking, se tient la compréhension de la technologie - celle du systéme téléphonique ou des ordinateurs en réseau. Une compréhension qui inclut évidemment la compréhension des objectifs de la technologie. Les ordinateurs n’ont jamais été faits pour garder l’information secréte. Ils ont été conçus pour traiter, distribuer et organiser l’information - pas pour la cacher à quelqu’un. Il s’est passé la même chose avec le téléphone ; on l’a inventé pour que les gens se parlent. Ensuite est venu le compteur d’unités - une technologie « ajoutée ». Comme on a ajouté des logiciels aux ordinateurs pour éviter que tout le monde puisse accéder à une information.
Le « hacking » devient plus sérieux quand il se base sur ce bon côté de la technologie pour en tirer un programme politique - nous entendons par là l’organisation active de la vie, et non la merde qu’on nous fourgue aujourd’hui sous le nom de politique. L’éthique du hacker a été créée au MIT, et comprend six régles :
1 L’accés aux ordinateurs - et à tout ce qui peut nous apprendre comment le monde marche vraiment - devrait être illimité et total.
2 L’information devrait être libre et gratuite.
3 Méfiez-vous de l’autorité. Encouragez la décentralisation.
4 Les hackers devraient être jugés selon leurs oeuvres, et non selon selon des critéres factices comme la position, l’âge, la race ou les diplômes.
5 On peut créer l’art et la beauté sur un ordinateur.
6 Les ordinateurs sont faits pour changer la vie.
Il n’est pas nécessaire de lire Hackers, le livre de Steven Levy, pour réaliser que c’est l’esprit des années 70 qui souffle dans ces principes. Au MIT, le besoin de libérer l’information répondait à un besoin pratique de partager le savoir pour améliorer les capacités de l’ordinateur.
Aujourd’hui, dans un monde où la plupart des informations sont traitées par ordinateur, ce besoin est resté le même - mais il s’étend à tous ceux qui vievent sur cette planéte et ont l’intention d’y faire quelque chose, plus seulement aux fondus de l’ordinateur !
Le hack était (et est encore) la meilleure solution à un probléme - exprimé dans un trés court code de software (« software » contenu dans le cerveau humain inclus). « L’information est le pouvoir » est une réponse un peu trop facile pour expliquer le désir de rendre toute l’information libre. Mais la pensée anarchiste (au sens où les choses pourraient trouver leur ordre sans recours à des structures d’autorité) qui vise à agrandir la capacité d’action en donnant l’information au peuple joue un grand rôle dans le jeu du hack. Les services secrets sont les ennemis naturels du hacker - parce qu’ils institutionnalisent le secret d’état. D’un autre côté, il existe aussi un besoin de protéger la vie privée dans une société d’information - en utilisant la cryptographie. La version actuelle des principes du hack a donc deux régles de plus, qui prennent en compte le nouveau rôle des ordinateurs dans la société :
1 Ne jouez pas avec les données des autres.
2 Favorisez l’accés à l’information publique, protégez le droit à l’information privée.
Le hacking est bien plus qu’une simple connaissance de la technologie. Parvenir à se procurer une information qu’on ne veut pas donner au public, et la diffuser largement, c’est aussi cela, être un hacker.
le sabotage artistique
Le Sabotage Artistique PAR Hakim Bey
Le Sabotage Artistique cherche à être parfaitement exemplaire mais en même temps garde une certaine forme d’opacité pas de la propagande mais un choc esthétique
directement attirant tout en étant subtilement présenté l’action comme métaphore.
Le Sabotage Artistique est le côté obscur du Terrorisme Poétique (la création par la destruction ) mais il ne peut servir aucun Parti, ni aucune forme de nihilisme, ni même l’art. Tout comme le bannissement de l’illusion amplifie la conscience, la démolition du fléau esthétique adoucit l’air du monde du discours, de l’Autre. Le Sabotage Artistique sert uniquement la conscience, l’attention, l’éveil.
Le Sabotage Artistique transcende la paranoïa, la deconstruction ( la critique ultime ) l’attaque physique sur l’art nausébond ( le djihad esthétique). La moindre trace du plus insignifiant égoïsme ou même de goût personnel abîme sa pureté et vicie sa force.
Le Sabotage Artistique ne cherche jamais le pouvoir il ne fait que le libérer.
Les réalisations artistiques individuelles (même les pires) sont largement hors de propos le Sabotage Artistique cherche à détruire les institutions qui utilisent l’art afin de diminuer la conscience et le profit par l’illusion. Tel ou tel poète ou peintre ne peut être condamné pour manque de vision mais les Idées pernicieuses peuvent être combattues par les objets qu’elles génèrent. La musique de supermarché est destinée à hypnotiser et à contrôler , on peut détruire son mécanisme.
Les autodafés de livres( Stanislas Kazal pas rejette cela voir note 1)
- pourquoi les rednecks [1] et les Douaniers devraient-ils avoir le monopole de cette arme ? Les histoires d’enfants possédés par le diable ; la liste des bestsellers du New York Times ; les tracts féministes contre la pornographie ; les livres scolaires (plus particulièrement les livres d’études sociales, civiques, de Santé) ; des piles de New York Post, Village Voice et autres journaux de supermarché ; un choix de glanures de publications chrétiennes ; quelques romans de la collection « Arlequins » - une atmosphère festive, du vin des joints passant de mains en mains par un bel après-midi d’automne.
Jetter de l’argent à la Bourse fut un acte intéressant de Terrorisme Poétique mais détruire l’argent aurait été un excellent acte de Sabotage Artistique. Pirater les émissions TV et y programmer quelques minutes de Chaos incendiaire constituerait un exploit de Terrorisme Poétique alors que faire exploser la tour de transmission serait un Sabotage Artistique parfaitement adéquat. Si certaines galleries et musées méritent qu’on lance à l’occasion un pavé dans leurs vitrines - pas de destruction, mais une décharge d’autosatisfaction - alors qu’en est-il des banques ? Les galleries transforment la beauté en produit, mais les banques transmutent l’Imagination en déchets et en dettes. Le monde n’y gagnerait-il pas plus en beauté à chaque banque qui tremble...ou s’écroule ? Mais comment y parvenir ? Le Sabotage Artistique devrait probablement se tenir à l’écart de la politique (c’est si ennuyeux) - mais pas des banques.
Ne faites pas grève [2] - pratiquer le vandalisme. Ne protestez pas - défigurez. Lorsque l’on vous impose la laideur, de mauvaises conceptions et un gaspillage stupide, contestez, et lancez votre chaussure dans les oeuvres, ripostez. Brisez les symboles de l’Empire au nom de rien si ce n’est l’envie de grâce du coeur.
PS : No Copyright © Hakim Bey (sans date).
[1] Les « beaufs » en quelques sorte( je ne suis pas d'accord avec la notion d'autodafé on ne peut pas combattre la pensée unique en utilisant ce genre de procédé digne de l'obscurantisme, je juge cela dangereux, on est loin de la grâce du coeur, car bien souvent la connerie sert d'aiguillon à l'intelligence et je crois qu'il faut utiliser le sabotage artistique pour révéler l'ineptie, convaincre est plus important que vaincre. stanislas Kazal)
[2] Allusion à l’initiative de la Art Strike, lancée à partir de 1986 par des opérateurs culturels et des artistes anglais et américains pour « mettre en crise le statut de privillèges bourgeois dont jouissent les artistes ». H. Bey s’oppose à cette initiative « nihilistes » qui vise à la suppression de l’art sans assumer sa réalisation. A cette « Art Strike » H. Bey oppose la reconquète de l’art comme jeu et donc comme moment de la vie et de la pratique subversive. ( certe mais comment demander à des pères de familles intermittent du spectacle qui perdent leurs jobs de considérer leurs luttes comme un jeu artistique, que l'on désamorce la tension négative pour l'aboutissement ou que l'on étendent le domaine de la lutte d'accord mais orienter la lutte sur cet aspect unique me paraît très petit bourgeois précisement à l'inverse de ce que veux démonter lui même Hakim Bey, l'intérêt d'utiliser des moyens différents que la grève et de déplacer la contestion donc la grêve sur un autre plan. cela n'est possible que si le combat sur le terrain social parallélement est assuré de manière cohérente avec l'ensemble des domaines de luttes et de contestations, ou alors autant pisser dans un violon en se la jouant rebelle comme certains bobo et en se décridibilisant en tant qu"artistes. Attention de ne pas donner des arguments à l'authentoc et à la pose cher Hakim Bey.Pour t'apprendre je fous de la pub sur ton article Na! Stanislas Kazal).
def
Vous êtes perdu et vous avez peur de la confusion des genres même si c'est pas grave car bien souvent ils sont confondus! Le stanislaskazalundergroundblog vous propose une définition non exhaustive de genres et de sous- genres....
L'ANTICIPATION
C'est Alphaville et Rollerball, Malevil et Mad Max.
DEFINITION :
On peut parler d'Anticipation, lorsque, dans un monde futur du
réel, on se trouve en présence de
phénomènes compatibles avec les lois dites
naturelles.
EXEMPLE
En l'An 2000, une pomme se détache de la branche d'un
pommier et tombe vers le sol.
LA SCIENCE FICTION
"Science et fiction" ou "fiction scientifique", cela va de Metropolis
à la Guerre des Etoiles et de Frankenstein à
l'Homme Invisible .
DEFINITION :
On peut parler de Science Fiction lorsque, dans un monde
réel, il y a intervention de l'homme dans le processus de
phénomènes incompatibles avec les lois dites
naturelles.
EXEMPLE
Un chercheur à découvert un
procédé qui inverse localement la gravitation, ce
qui permet ainsi à une pomme qui se détache de
son arbre, non pas de tomber, mais de sélever dans les airs.
LA RETROCIPATION
C'est dans la lignée de la Guerre du Feu.
DEFINITION :
On peut parler de retocipation, lorsque, dans un monde passé
du réel, on se trouve en présence de
phénomènes compatibles avec les lois dites
naturelles.
EXEMPLE
En 80.000 avant J.C., une pomme se détache de la branche
d'un pommier et tombe vers le sol.
L'INSOLITE
On peut y ranger Freaks, La Nuit du Chasseur ou Elephant Man.
DEFINITION :
On peut parler d'Insolite, lorsque, dans un monde du réel,
on se trouve en présence de phénomènes
inhabituels mais compatibles avec les lois dites naturelles.
EXEMPLE
Lorsqu'une pomme, se détachant de la branche du pommier, au
lieu de tomber vers le sol, se met à s'élever
vers le ciel, on peut dire que l'on se trouve devant un fait en
contradiction avec les lois de la gravitation. Mais si après
examen, on constate qu'il s'agit d'un ballon en forme de pomme
gonflé à l'hélium, cela est
dès lors compatible.
LE MERVEILLEUX
C'est celui des contes de fées ("La Belle et la
Bête") et de la mythologie (Jason et les Argaunautes), de
l'onirisme (Alice au pays des merveilles) ou du dessin animé
(l'univers de Tex Avery)
DEFINITION :
On peut parler de merveilleux lorsque, dans le monde de l'imaginaire,
on se trouve en présence de phénomènes
incompatibles avec les lois dites naturelles.
EXEMPLE
Le jardin enchanté des Hespérides,
planté de pommiers dont les branches sont
chargées de pommes d'or qui procurent
l'immortalité.
LE FANTASTIQUE
De tradition souvent folkorique, il met en scéne des
créatures de légende (Dracula, le Loup-garou);
des morts-vivants (La nuit des morts-vivants); des fantômes
(l'Aventure de Mme Muir); des sorcières (Ma femme est une
sorcière); le Diable (La Main du Diable); les maisons
hantées (Amytiville), les miracles (Les dix
commandements°)
DEFINITION :
On peut parler de Fantastique, lorsque dans le monde du
réel, on se trouve en présence de
phénomènes incompatibles avec les lois dites
Naturelles.
EXEMPLE
Lorsqu'une pomme, se détachant de la branche du pommier, au
lieu de tomber vers le sol, se met à s'élever
vers le ciel, on peut dire que l'on se trouve en contradiction avec la
loi de la gravitation.
L'EPOUVANTE
de Psychose à Répulsion et de Massacre
à la Tronçonneuse à
l'Au-Délà
DEFINITION :
On peut parler d'épouvante lorsque, dans le monde
réel ou de l'imaginaire, on se trouve en présence
de phénomènes qui tendent à susciter
chez le spectateur certaines réactions pychiques ou
visérales dans le registre de la peur.
EXEMPLE
Une pomme qui se détache de son arbre, arrive sur le sol
couverte de sang..
LE GORE
De Brain Dead à la série des Cannibal'Movies
(voire, le snuff movie)
DEFINITION :
On peut parler de gore lorsque, dans le monde réel ou de
l'imaginaire, on se trouve en présence de
phénomènes qui tendent à susciter chez
le spectateur lorsque les réactions psychiques ou
visérales sont poussées à l'extrême
(explosion de sang, coups mortels portés,...) un
dégout certain.
EXEMPLE
Une pomme qui se détache de son arbre, tombe sur la
tête d'un passant innocent et lui éclate la
tête en une grande gerbe de sang et de lambeau de cerveau.
LE THRILLER
De Frantic au Tremblement de Terre
DEFINITION :
On peut parler de thriller lorsque, dans le monde réel, on
se trouve en présence de phénomènes
qui tendent à susciter chez le spectateur certaines
réactions angoisse ou se suspence.
EXEMPLE
Une pomme qui se détache de son arbre, suite à un
tremblement de terre et les survivants tentent d'y arriver aux travers
d'aventures pour la manger.
04 avril 2005
cyber punk
Le cyberpunk, contre-culture des années 90 ?
LE QUARTIER CHAUD DE LA COMMUNAUTÉ VIRTUELLE
Alors
que la zone amorphe appelée cyberspace est en train de devenir une
réalité, il est clair que son territoire n’est pas ce que nombre de ses
défenseurs voudraient bien qu’il soit. Le cyberspace aurait dû être un
milieu aseptisé, hiérarchisé, propre et homogène, comme une salle des
commandes du Pentagone, puisque, après tout, l’ARPAnet (devenu
aujourd’hui l’lnternet), avait été conçu à l’origine pour rendre plus
efficace l’automation du warfare... Et lorsque les cerveaux du NSFNet
[1] ont commencé à l’utiliser, ils lui imprimèrent leur propre marque
de propriété - selon leur modèle de prédilection qui est celui du
laboratoire scientifique hermétiquement clos, de la tour d’ivoire de la
recherche pure, sans limites, et du discours ininterrompu. Ces deux
modèles, la salle de commandes militaire et le laboratoire
scientifique, ont été les premières bases pour les réseaux
d’ordinateurs. Mais arrivèrent bientôt les trouble-fêtes. Leur modèle
était différent - la Chiba City du Neuromancien de William Gibson [2].
Une cité-taverne réputée speedée, dangereuse, exotique et sauvage. Les
partisans enthousiastes de la « communauté virtuelle » virent de
nombreuses possibilités pour les nouvelles technologies télématiques.
Les gens pouvaient ainsi se retrouver autour d’intérêts et de projets
communs, y compris lorsque la séparation géographique aurait
normalement dû rendre cela impossible. Le réseau pouvait réunir des
techniciens, des artistes, des poètes, des philosophes et des
activistes autour de nouveaux projets pour transformer la société. Mais
leur vision restait encore plutôt ascétique. Elle ne laissait aucune
place à la plaisanterie, aux échanges, aux conflits, aux vantardises, à
la propagande ou aux aventures. Leurs communautés, si elles avaient vu
le jour, auraient bien trop ressemblé à ces projets banlieusards de vie
communautaire - vous savez, ces espaces cloîtrés à l’écart du reste du
monde, avec des perspectives parfaitement ordinaires et des halls
d’entrée prétentieux. Mais les nouveaux invités indésirables étaient
des enfants des faubourgs (inner city). Les faubourgs de l’imagination
au moins, si ce n’est ceux du « monde réel. » Dès la moitié des années
80, il était évident que le cyberspace avait de nombreuses
zones-frontières où tout type de bandits et d’artistes de l’arnaque
pouvaient exercer leurs talents. Ces gens n’étaient pas tous de joyeux
et heureux voyageurs des Super Autoroutes de l’information. Certains
d’entre eux ne s’en cachait pas. Ils voulaient mettre la pression sur
le système, jeter un grain de sable dans le bouillonnant mécanisme de
connexion des compagnies de télécom. Il y avait déjà eu des
prédécesseurs : les hackers du MIT, convaincus qu’il n’existait pas de
porte verrouillée, ou de mot de passe, qui constitue un obstacle, les «
phreaks » des années 70 qui pratiquaient les téléconférences à vingt
grâce au blueboxing [3], et les « pirates » qui pensaient qu’aucune
protection de logiciel ne devait échapper au crackage. C’était les
enfants à problèmes de l’« Opération Sundevil » [4]. Ils lisaient un
genre particulier de S-F qui proposait un futur dystopien et
techno-entropique. Le nom de ce genre littéraire était le cyberpunk.
Hacker la vieille contre-culture Pendant longtemps, une des certitudes
de la pensée politique américaine fut l’existence d’un cycle de trente
ans qui verrait s’alterner conservatisme et expérimentation dans la
politique de l’Union. Dans les années 80, l’Amérique sort juste alors
d’une décade de conservatisme, et tout le monde s’attendait ce que
quelque chose dans le genre des années 60 ait de nouveau lieu au cours
des années 90. Pour aller à la rencontre de cette rétro-expectative,
les concepteurs de mode s’exécutèrent vivement, recyclant tout un tas
de choses : des sandales hippies aux vestes Nehru. Personne ne pouvait
imaginer ce que les années 90 apporteraient - on parlait de nouvelle
sensibilité fiscale, de nouveau comportement de repli sur le privé
(cocooning), et peut-être même d’une nouvelle simplicité. Rien qui ne
ressemble véritablement à une contre-culture
; juste un retranchement culturel. C’est alors que le Time magazine, ce
grand baromètre de la vie américaine, nous a indiqué ce que serait la
contre-culture : le cyberpunk. Une nouvelle explosion juvénile était
sur le point d’advenir - mais c’était une Xplosion de génération, qui
entendait rester dans les airs plutôt que dans les rues. On s’est vite
rendu compte que cette nouvelle contre-culture n’était pas exactement
comme l’ancienne. Ils préféraient les raves, avec leur musique digitale
hyper-accélérée et remixée, aux simples mélodies acoustiques du folk ;
leur drogue de prédilection était l’Ecstasy et non l’herbe. Ceux-ci
n’étaient pas les enfants-fleurs New Age en attente du « peace and love
» ; au contraire c’était les hip-hoppers New Edge la recherche du «
tech and cred » [5]. Plutôt que d’êtres porteurs d’une sorte de
romantisme du « retour à la nature », ces gens préféraient e désordre
urbain de la ville, voyant la technologie non comme l’ennemi, mais
comme une arme choix pour eux. Leurs héros n’étaient pas les hippies de
People’s Park -- au contraire, ils ont choisi comme saints les
pionniers de la radio pirate. Il n’y a rien de surprenant à ce que de
vieilles personnalités de la contre-culture comme Timothy Leary, John
Perry Barlow et Robert Anton Wilson aient rapidement rejoint leurs
rangs, proclamant que le cyberpunk serait la prochaine vague de lutte
contre le système et tout ce qu’il représente. Il y avait des
similitudes superficielles bien sûr. Les cyberpunks ont un curieux
enthousiasme pour les produits neurochimiques, en particulier pour ceux
dont ils disent qu’ils accroissent l’énergie, l’intelligence ou la
mémoire, mais ils refusent l’idée que les drogues puissent conduire à
une quelconque paix et harmonie mystique. Ils se tiennent à l’écart de
l’activisme politique, de la désobéissance civile et des marches de
protestation. Ils préfèrent plutôt une forme plus essentielle de
guérilla - qui utilise les lignes téléphoniques en lieu et place des
piquets de grève. Il ne sert à rien de demander à L’Homme quoi que ce
soit. Il suffit de saisir ton clavier et de prendre ce que tu veux de
lui, parce qu’il ne te le donnerai pas. Défier les normes de l’ordre
émergeant de l’information Pour que le cyberpunk soit une
contre-culture, il lui fallait une culture contre laquelle se rebeller.
Et ce n’est certainement pas ce qui manquait. Il y avait la culture des
entreprises multinationales, qui voyaient l’information comme une
chasse gardée ; la culture de la nouvelle économie de l’information et
des services, qui ne proposait à nos rebelles sans grands moyens que
des places de programmeurs chez McJobs ou McData ; et la culture de
l’establishment informatique qui posait tout un tas de règles stupides
sur où l’on pouvait aller et où l’on ne pouvait pas aller dans le
cyberspace. Le slogan de la vieille contre-culture était « Faites
l’amour, pas la guerre. » C’est mignon. Mais le slogan de la nouvelle
contre-culture était bien moins romantique, et plus concret. «
L’information veut être libre. » Le caractère rebelle de ce slogan
n’est pas évident au premier abord. Mais lorsque vous y pensez, il est
aussi dangereux que tout autre manifeste. Il fait référence à tout type
d’information. Comment écouter aux portes de tout un chacun. Comment
trafiquer des distributeurs ou des téléphones publics. Comment produire
des K7 pirates de concerts. Comment accéder à des informations
gouvernementales confidentielles. Comment écrire des virus. Comment
écrire des bombes logiques qui paralysent des systèmes informatiques.
Comment s’introduire sur les messageries vocales des grandes
entreprises. Comment utiliser des satellites ou le câble sans payer.
Comment fabriquer une bombe artisanale ou produire son propre LSD.
Comment saboter son poste de travail. Comment pénétrer dans les banques
de données. Jusqu’à comment obtenir des informations sur autrui - des
choses que l’on peut considérer comme relevant de l’intimité - et
comment les utiliser contre eux. Dans un ordre multinational de
l’information, où les éditeurs de
films, de logiciels, de livres et d’autres formes d’information
cherchent en permanence à établir un standard monopolistique de
propriété intellectuelle (avec des traités comme le GATT), de façon à
ce que personne d’autre ne puisse leur soustraire les paquets de
dollars (surtout pas quelqu’un du tiers-monde) ; où les autres
corporate cherchent avec zèle à protéger leurs « secrets professionnels
» de tout espionnage industriel, le slogan « L’information veut être
libre » sonne comme le tic-tac d’une bombe à retardement. Les
entreprises multinationales veulent un contrôle total sur l’information
pour s’accaparer les données qui mettent en évidence leur pénétration
du marché et les opportunités d’investissement. L’information est le
nerf vital des multinationales, parce qu’elles doivent en permanence
avoir l’œil sur les marchés financiers un peu partout dans le monde. Si
quelqu’un reste là à semer la pagaille dans la tuyauterie, les CEO [6]
deviennent de façon compréhensible un peu nerveux. Détenir le pouvoir à
l’ère cybernétique A mesure que les ordinateurs contrôlent toujours
plus d’aspects de la société, ceux qui peuvent contrôler ces
ordinateurs détiennent plus de pouvoir, c’est là quelque chose de
l’ordre de l’évidence. Les ordinateurs guident notre système de
transport, administrent nos affaires, se permettent de communiquer l’un
avec l’autre, automatisent de nombreux aspects de notre vie et
conservent une grande quantité d’informations sur toutes ces choses et
sur nous tous. Ils font l’affaire de l’État et des entreprises. Ils
sont, donc, la cible évidente de la rage des mécontents. Tu n’aimes pas
ton chef ? Redirige tous ses appels téléphoniques extérieurs vers une
ligne érotique. Tu n’aimes pas ton professeur ? Fait irruption sur
l’ordinateur de l’école et « fixe » toi-même ta note. Tu n’aimes pas
tes fréquentations ? « Corrige » juste le taux d’intérêt de leur compte
bancaire. La société t’irrite ? Désynchronise les feux tricolores du
centre ville. Le gouvernement te rend fou ? Bombarde chaque numéro de
fax de la présidence de la République avec des dessins de Zippy the
Pinhend. Il y a tant de gens qui sont dépendants des ordinateurs dans
leur vie que tout groupe qui réussi à en prendre le contrôle acquiert
un grand pouvoir. Les cyberpunks savent cela. Souvent ils proclament
qu’il y a une mission sociale élevée dans leurs méfaits. En
s’introduisant dans le système téléphonique, ils veulent prouver que
celui-ci n’est pas fiable. En pénétrant les systèmes de sécurité, ils
proclament qu’ils veulent montrer combien est ridicule la confiance que
la société place dans la technologie pour sa propre sécurité. En lisant
votre courrier électronique, ils veulent que vous preniez conscience
que le gouvernement aussi est probablement en train de le faire, et que
vous devez vous protéger par le cryptage. Les auteurs de virus/bombes
logiques/chevaux de Troie se considèrent comme l’avant-garde du
mouvement - ils sont le Wether Underground [7]du cyberpunk. Les
ordinateurs contrôlent trop d’aspects de nos vies - il est inutile de
hacker ici ou là dans le système. Il faudrait les éteindre tous.
Infecter un ordinateur gouvernemental avec un virus n’est pas juste un
divertissement. C’est du terrorisme politique. Imaginez ce qui se
serait passé si, pendant la guerre du Golfe, quelqu’un avait été
capable d’infecter avec un virus le système militaire C3I et de
paralyser ainsi la capacité de coordination des forces armées US. Une
chose pareille aurait arrêté la guerre bien plus rapidement que
n’importe quel sit-in pacifiste. À l’ère cybernétique, l’action directe
assume une signification nouvelle. L’« organisation sociale » de
l’underground informatique Il y a quelques années Gordon Meyer a écrit
un article ainsi intitulé. En substance, il avait choisi de voir
l’underground informatique comme une confédération libre
d’organisations criminelles. C’est ainsi aussi qu’en général les
services secrets voient les choses, bien que les partisans du cyberpunk
objectent que leurs actions ont une grande importance
sociale et politique ; c’est du moins ce qu’affirment leurs manifestes.
En tout état de cause, si le cyberpunk avait réellement été une sorte
de mouvement contre-culturel, on pourrait s’attendre à y trouver une
quelconque forme de solidarité ou de coopération. Le cyberpunk a
visiblement échoué de ce point de vue, parce qu’il semble bien qu’il
n’y ait aucune « finalité » commune pour le mouvement. Il y a des gens
qui pratiquent le hacking ici ou là, mais sans aucune coordination, ni
objectifs ou structures communs. Les cyberpunks sont connus pour
s’espionner les uns et les autres et pour s’opposer les uns aux autres.
Et pour se poignarder dans le dos par n’importe quel moyen. La paranoïa
des hackers est légendaire - ils ne croient personne, et dans la mesure
où beaucoup d’entre eux ont recours au « social engineering » [8] pour
rouler les gens, ils s’attendent à ce que les autres fassent de même
avec eux. Il n’y a pas de colère qui égale celle du cyberpunk humilié.
Ils inventent des stratagèmes incroyables pour se venger de celui qui
prétend être bien meilleur hacker qu’eux. C’est là que le cyberpunk ne
réussit pas à être une véritable contre-culture. Malgré les slogans et
les manifestes, il ne semble pas y avoir de valeurs communes. Il y a
des tentatives pour faire émerger une éthique du hacker - vous pouvez
distribuer les logiciels piratés au lieu de les vendre pour votre seul
profit, etc. - mais sans effort pour la renforcer et en faire un
véritable standard. Beaucoup de membres de l’underground informatique
n’ont réellement pas le moindre sens d’une grande mission sociale dont
seraient porteuses leurs activités. C’est juste une façon pour eux
d’obtenir gratuitement des choses dont ils ont envie et d’aller dans
des lieux où ces sales grandes personnes les contraignent à payer des
droits d’entrée exorbitants. Ils peuvent voler le code confidentiel de
carte téléphonique d’une petite vieille avec la même prestance qu’ils
voleraient le service WATTS d’une grande entreprise. Il ne semble pas
réellement y avoir d’organisation sociale de l’underground digital,
parce que la plupart des cyberpunks sont des solitaires, travaillant
pour leur propre compte. Certains se rassemblent en groupes comme TAP
ou 2600, mais ils le font uniquement pour s’échanger des codes, des
hacks ou d’autres informations - il n’y a pas de réels efforts pour
collaborer sur des projets. Les sociologues ne savent vraiment pas ce
qu’est réellement la population de l’underground informatique. La
plupart pensent que le cyberpunk moyen est un mâle américain, blanc,
des classes moyennes ; un adolescent socialement inepte à l’hygiène
douteuse. C’est peut-être cela la moyenne démographique, mais personne
n’a jamais fait d’étude pour le comprendre. Ce portrait masque
l’internationalisation croissante des échanges entre hackers, alors que
le Tiers-monde commence à se lasser du monopole de l’information du «
Premier monde. » En fait, en dehors des USA, la dimension politique du
cyberpunk retient plus l’attention, parce que les motivations du vol
informatique correspondent à un réel besoin, et non au fruit d’un ennui
banlieusard et d’une rebellion adolescente. Cyberpolitique :
existe-t-elle vraiment ? Alors que peu de cyberpunks sont clairement
politiquement actifs, au sens classique du terme (beaucoup ne votent
pas), dans leurs discussions entre eux un sens politique implicite se
fait jour. Le système de valeurs de base de la plupart des cyberpunks
est le libertarisme [9]. Le gouvernement n’a absolument aucun droit de
vous dire ce que vous pouvez faire ou ne pas faire avec votre modem, ou
quelles informations vous pouvez acquérir ou envoyer, ou ce que vous
mettez dans votre corps, ou ce que vous pouvez faire avec votre argent
Pour la plupart l’intimité (privacy) est une question importante -ils
sont fatigués que le gouvernement lise leur courrier ou conserve des
données les concernant (qui surveille le surveillant après tout ?), ils
utilisent donc des méthodes de cryptographie pour protéger leurs
communications et leurs échanges. Depuis que théorie et technologie du cryptage de données sont
supposées être (en théorie) sous le seul contrôle de la National
Security Agency (le code/chiffre est classé comme « munitions » au
regard de l’exportation), fournir aux gens des clefs d’accès publiques
est aussi un acte de rébellion. Les membres de l’underground
informatique (CUers) qui pratiquent cela sont nommés les « cypherpunks
« , et ils pensent que les gens doivent utiliser le cryptage pour se
protéger de l’État, et le cassage de code pour accéder aux informations
réservées et jalousement gardées. Certains « cypherpunks » pensent que
le cryptage pourrait finalement détruire l’État - si quelqu’un crypte
ses transactions financières, l’imposition deviendrait impossible. Ce
n’est pas sans raison que beaucoup d’entre eux sont appelés «
cryptoanarchistes. » La cyberpolitique est à la base substantiellement
influencée par ce qui se passe dans la culture en général. Théorie du
chaos, postmodernisme, dadaïsme et situationnisme (en particulier chez
ce dernier l’utilisation du canular élaboré et du détournement culturel
pour éreinter le « spectacle ») influencent le pessimisme des
politiques du cyberpunk. Le cyberpunk prend appui sur les détritus que
rejette la société - lambeaux de manuels de systèmes téléphoniques,
équipements électroniques mis au rencard et sorties imprimante de mots
de passe périmés - pour une bonne part de de leurs activités. Dans une
large mesure, sa politique est juste une forme de parasitisme. La
société n’est pas en voie d’amélioration, mais les plus intelligents
des « cow-boys des consoles » seront les mieux préparés pour exploiter
la situation et la tourner à leur avantage. Poudre aux yeux et
mystification : réflexions sur l’« info-crime » Si vous rentrez chez
quelqu’un, sans rien y prendre de valeur et fermez la porte en
repartant, aurez-vous commis un délit ? Qu’en est-il si vous changez la
disposition des posters sur le mur, ouvrez et fermez tous les tiroirs,
et recopiez tout ce qu’il y a de noté dans le carnet personnel, mais
toujours sans rien prendre de valeur ? Avez-vous commis un délit ?
Qu’en est-il si vous recopiez ce qu’il y a dans le journal intime du
propriétaire des lieux, ou encore si vous utilisez la chaîne hi-fi ou
si vous cassez les verres ? Là les choses deviennent un peu plus
délicates. C’est ce qui se passe avec le fait de hacker un ordinateur.
Beaucoup de ces « intrus » commettent des actes malveillants - effacer
des données, déposer un cheval de Troie, des bombes logiques ou des
virus, lire le courrier personnel, ou harceler d’autres usagers. Et
puis il y a ceux qui pénètrent les systèmes informatiques avec les
mêmes motivations que pour l’ascension du Mont Everest. Parce qu’il est
là. Si quelqu’un pénètre dans un ordinateur, copie des informations par
ailleurs disponibles publiquement, sans rien effacer ni changer, il ne
laisse pratiquement pas de traces de son passage. Cependant, de
nombreux administrateurs de réseaux informatiques sont justement formés
pour relever les éventuels signes de telles « intrusions. » Pénétrer
dans un ordinateur, tout comme pénétrer dans une maison, est défini
comme un délit. Mais il me semble que la véritable activité criminelle
concerne ce que vous faîtes une fois que vous êtes à l’intérieur. Et si
vous laissez quelque chose de mignon (peut-être des fleurs) pour celui
qui habite là ? Ou alors un petit mot pour dire quelque chose du genre
« vous avez besoin d’une meilleure serrure » ? C’est ce qui semble le
plus « embarrassant » par rapport aux lois en vigueur sur le crime
informatique. Outre le fait qu’elles sont pratiquement inapplicables.
Presque tout le monde conviendra probablement qu’il n’est pas correct
de voler des codes de cartes téléphoniques ou de cartes de crédit à des
personnes confiantes et innocentes, ou de piocher dans leur compte en
banque. Mais qu’en est-il pour le blueboxing et le fait d’ « emprunter
» un peu de service téléphonique à AT&T ? C’est-à-dire que vous
passez un coup de fil d’une valeur de 15 $ gratuitement. Rien de
comparable avec le fait que les entreprises de
télécommunication et de services câblés pressent le client comme des
citrons. Et, alors que la copie « pirate » de logiciels est un délit,
ce type de vol est apparemment un des plus répandus dans le monde, dans
la mesure où très peu de gens respectent les instructions précises et
explicites des licences d’utilisation qui interdisent la copie -
licences qui vous donnent accès à l’utilisation du programme (lisez la
notice) et non au code du programme lui-même ! Si les émeutes de Los
Angeles ont été une « rébellion », certains de ces « crimes »
informatiques peuvent-ils aussi alors être définis comme une
insurrection ? Et qu’en est-il des vieux « hackers » et des vieux «
punks » ? Steven Levy et d’autres, qui connaissaient les premiers
hackers du MIT, deviennent fous. Ce qui les rend furieux c’est que ces
« hooligans » des années 90 aient usurpé le nom de « hackers. » Ils
préféreraient que ces gens soient appelés des « crackers », parce
qu’ils ne respectent pas la « noble éthique hackers » des hackers du
MIT - rendre la technologie accessible à tous ; décentraliser
l’information ; créer des codes sources compréhensibles plutôt
qu’élégants. Tout objet qui comportait un minimum de composants
technologiques et était employée à un usage autre que celui prévu à
l’origine (probablement parce que mal conçue) était un « hack. » Ce que
Levy objecte c’est que les hackers originaux tentait de diffuser de
l’information aux masses et non de l’accumuler à leur seul profit ou
pour potentialiser leur agenda électronique. Des gens qui préféraient «
programmer plutôt que dormir », et qui ont fait la révolution de
l’ordinateur personnel (personnal computer) qui a libéré l’Amérique.
Bon, d’accord. Mais certaines personnes ont fait remarquer à Levy que
les premiers hackers n’étaient pas si différents après tout. Beaucoup
d’entre eux s’en sont sortis avec des manœuvres tout aussi élaborées
pour voler du temps d’utilisation sur l’ordinateur central de
l’Université - c’était, eux aussi, des « envahisseurs d’ordinateurs «
qui trouvaient aussi des moyens de soutirer quelque chose au
distributeur de Coca-Cola et au téléphone public. De nombreux
cyberpunks soutiennent que cette dichotomie (cracker = fourbe, méchant,
dangereux, destructeur, etc. et hackers = ouvert, conscient, honnête,
constructif, etc.) est totalement fausse, et que Levy pêche par une
bonne dose de romantisme. près tout, n’est-ce pas Wozniak et Jobs [10]
qui ont trahi lorsque Apple a breveté l’architecture e son système, la
transformant en monopole effectif ? Les hackers dépassaient les limites
; les crackers se limitent à utiliser ce qui existe. Ou, du moins,
c’est ce qui se dit. Les punks originaux ont, eux, émis des
protestations contre l’étiquette cyberpunk. Qu’est-ce donc que cette
histoire de technique et de compétences techniques ? Pour la musique
punk tout tenait là - quelle importance cela -t-il que tu ne saches pas
réellement jouer ? Monte sur scène et fait donc un peu de bruit : quand
même ! Les punks des années 70 regardent avec une certaine ironie ces «
computer nerds « [11] qui utilisent l’appellation punk, comme i porter
ces tranquilles vêtements « ordinaires », achetés au mall ( [12]
donnait une quelconque sorte d’avantage. Pour beaucoup de ces punks
originels, le cyberpunk c’est beaucoup trop e pose, et trop peu de
substance. Dans tous les cas, il est évident que les termes « cyberpunk
» et « hacker » sont des domaines contestés ; et, sous certains
aspects, celui de l’« underground informatique » aussi. Cyberpunk :
nouveaux sous-prolétaires de l’ère de l’information, ou bien alors
quelque chose de bien plus sérieux ? N ous avons donc vu que sous
certains aspects e cyberpunk est une nouvelle contre-culture, et sous
d’autre non. Comme pour n’importe quel mouvement, la question reste
toujours la même : se vendront-ils ? Seront-ils récupérés ? Le
capitalisme a, comme toujours, trouvé divers moyens pour profiter de la
tendance, avec des romans cyberpunks, des vêtements, des jeux vidéo,
des gadgets et ainsi
de suite, réalisant ce processus qu’Herbert Marcuse décrit si bien. Le
fait que beaucoup d’ex-hackers vont maintenant travailler pour des
entreprises de sécurité informatique suggère (non sans surprise) que,
comme les hippies des années 60, ces personnes sont prêtes à tout
brader pour un travail peinard et un jet de fonction. Les cyberpunks
constituent-ils un défi plus sérieux pour le système que leurs
prédécesseurs ? Comme suggéré plus haut, ils en ont indéniablement le
potentiel. Essayez d’imaginer la consternation de l’exécutif de la
Hagen Daz lorsqu’il découvre que 20 000 caisses ont accidentellement
été dirigées vers le Pôle Nord. Ou la frustration du bureaucrate
gouvernemental qui s’aperçoit que tous ses fichiers sur les « fauteurs
de troubles » ont été cryptés. Ou la colère du général de Pentagone qui
découvre que ses avions télécommandés bombardent l’Océan plutôt que
Saddam Hussein. Ou encore le patron d’un monopole médiatique qui trouve
que son réseau de satellites ne semble plus capable que de diffuser «
Ren N Stimpy. » Mais pour ces mêmes raisons les cyberpunk peuvent aussi
représenter un danger encore plus grand pour la société dans sa
globalité, et pas seulement pour les « pouvoirs constitués. » Plutôt
que de simplement se mettre « en dehors » de la société, ou de juste se
nourrir de façon parasitaire de ses monopoles d’informations, les
cyberpunks ont le potentiel pour la changer. Mais pour le faire, ils
devront apprendre ces ennuyeuses leçons de l’histoire du Mouvement.
Vous savez ce qu’elles sont. Les étudier. Penser globalement, agir
localement. Et le plus important, ne pas se lamenter, s’organiser. Il
suffit de penser à ce que les cyberpunks pourraient faire s’ils
apprenaient maintenant à coopérer, parler et avoir confiance entre eux.
Si, au lieu de faire des farces sur l’Homme, ils commençaient
maintenant à essayer et à lui enlever un peu de son pouvoir. Si, au
lieu de saboter des BBS de base, ils perturbaient les transmissions de
machines de propagande comme Voice of America [13]. Alors nous
pourrions dire que peut-être, finalement, la nouvelle contre-culture
est arrivée à maturité... PS : No-copyright © Seeker1. Traduction de
l’américain et notes par Aris Papathéodorou.
[1] Réseau électronique de la National Science Fundation
(NSF) qui, en se combinant avec le réseau militaire ARPAnet, et
d’autres réseaux, sera une des contributions majeures à la naissance de
l’lnternet.
[2] William Gibson, Le neuromancien, J’ai lu, 1984,
Paris. Traduit dans de nombreuses langues, ce premier roman de Gibson
est considéré comme l’acte de naissance de la science-fiction
cyberpunk, devenant du même coup une référence culturelle majeure pour
toute une génération.
[3] Le fait d’utiliser la petite boîte bleu (bluebox) magique... qui permet de téléphoner gratuitement.
[4]
Opération de la police fédérale d’envergure contre les « hackers. »
Voir Nicolas Auray, « Le prophétisme hacker et son contenu politique »,
alice, automne 1998, numéro 1. [5] « Technologie et argent. »
[6] Le titre de Chief Executive Officer, fort en vogue
ces dernières années, désigne une sorte de super-patron, au dessus du
PD-G. C’est, à titre d’exemple, c’est ce que Bill Gates est à Microsoft
ou Steve Jobs à Apple.
[7] Mouvement clandestin d’extrême gauche des années 70
pratiquant la lutte armée. Les « météorologistes », qui tiraient leur
nom de la célèbre chanson de Bob Dylan Times are changing, furent une
sorte de « bras armée « de la fraction radicalisée des hyppies.
[8] Procédé qui consiste à se faire passer pour ce qu’on
n’est pas, en général au téléphone, pour soutirer une information
capitale : par exemple un code d’accès.
[9] Notion qui fait référence au courant des
libertarians, plus libéral libertaire, voir « anarco-capitaliste », que
véritablement anarchiste. Il s’agit plutôt d’une éthique de
l’opposition à l’État et de la liberté individuelle que d’une référence
politique à un projet social précis.
[10] Anciens hackers et pionniers de la micro-informatique, fondateurs d’Apple et inventeurs du Macintosh.
[11] Les nerds sont les accros de l’informatique et du Net.
[12]
Le supermarché électronique où l’on peut tout acheter on line. Tire son
nom d’une avenue de Londres où, au XlXe siècle, il était de bon ton de
se promener.
[13] Station radio de propagande, mise en place par le
gouvernement à destination des pays étranger, et émettant dans de
multiples langues. Elle était, avant la « chute du mur », en
particulier destinée aux pays socialistes.
05 avril 2005
christian
Site
dédié à la mémoire de
Christian Labruggère.
Un
ami décédé en avril 2005
qui
vivra à jamais dans le coeur de tout homme épris
de justice et de liberté.
Tu
m'as tant appris l'ami.... en si peu de temps.
Adieu
et que la paix soit sur toi........
Stanislas
kazal
Joy Division
Joy Division : L'histoire
Chapître
I - Origines (The Stiff Kittens & Warsaw)
:
En 1976, le mouvement punk fit brutalement irruption et tira la musique
pop de son apathie. Les
leaders du mouvement furent les Sex Pistols, dont les titres fameux ,
comme "Anarchy in the UK" ou
"God save the Queen", allaient être les hymnes de cette
génération du "no future" . La plupart des
musiciens punks ne savaient pas jouer, mais ne voyaient pas cela comme
un obstacle pour atteindre
leur but : monter sur scène et hurler leur rage à
la face du monde !
Beaucoup étaient influencés par de
célèbres groupes cultes de la fin des
années 60 et du début des
années 70 : Le Velvet Underground, Lou Reed, David Bowie,
Alice Cooper, Les Stooges, Iggy Pop, Les Doors, etc...
Pendant la tournée Anarchy in the UK, les Pistols
jouèrent à Manchester le 4 juin. Dans le public ce
soir là se trouvaient trois jeunes gens vivant dans les
environs de Manchester : Peter Hook et Bernard
Albrecht, deux copains d'école, ainsi que Ian Curtis.
Quelques jours plus tard, Peter et Bernard
décidaient de monter un groupe, avec Peter à la
basse et Bernard à la guitare; ils engagèrent
Terry
Mason comme batteur, mais avaient besoin d'un chanteur. Pour en trouver
un, ils passèrent une offre
au magasin de disques Virgin de Manchester. Ian y répondit
et devint le chanteur du groupe, appelé
alors the Stiff Kittens. Il devait également
écrire les textes des chansons.
Ils répétèrent beaucoup durant
quelques mois, et composèrent leurs premières
chansons, dans le
plus pur style punk. En mai 1977 le groupe changea son nom en Warsaw
(en référence à "Warszawa"
de Bowie) et Terry fut remplacé par Tony Tabac. Un mois plus
tard, Tony quittait le groupe et Steve
Brotherdale prenait sa place. Ce fut à ce moment que Paul
Morley du NME et que le DJ Rob Gretton
découvrirent le groupe et perçurent son
remarquable potentiel. Warsaw enregistra une cassette de
démo incluant cinq chansons aux Pennine Sound Studios en
juillet, mais Steve quitta le groupe
quelques jours après.
Finalement, Stephen Morris rejoignit le groupe. En octobre, ils
jouèrent à l'Electric Circus, qui devait
fermer, avec The Fall et The Buzzcocks. Quelques morceaux furent
enregistrés par Virgin comme
témoignage de la scène punk de Manchester.
En décembre, ils enregistrèrent quatre titres,
qui devaient apparaître plus tard sur "An Ideal For
Living". En janvier 1978 le groupe changea de nouveau de nom pour
s'appeler Joy Division, pour éviter toute confusion avec un
autre groupe. Ils répètèrent
intensément et composèrent de nouvelles
chansons. Le 14 avril , ils participèrent avec 16 autres
groupes à un concours : Tony Wilson, qui
travaillait pour la chaîne Granada TV, et Rob Gretton furent
grandement impressionnés par leur
performance.
Joy Division
Chapître
II - Naissance d'une légende (Joy Division - Factory) :
Joy Division entra en studio pour l'enregistrement de onze titres avec
le label RCA. Pour la première
fois, ils ne sonnaient pas comme tous les autres groupes punks. Mais
certaines modifications faites
par le producteur, et les conditions du contrat avec RCA leur
déplurent.
Pour cette raison le 21 mai, Bernard put faire de Rob le manager du
groupe. Le 8 juin, Tony ouvrait
un club à Manchester, appelé The Factory I
(d'après le nom du Factory de Warhol). Peter Saville, un
jeune artiste local, conçut une affiche pour
l'événement, et Joy Division sembla plein de
promesses à
beaucoup de critiques.
Ils répètèrent tout
l'été ce qui eut pour effet immédiat
de faire mûrir leur musique. Avec l'aide de
Rob Gretton, ils purent empêcher la sortie du disque de RCA
(qui devint plus tard le pirate
"Warsaw"). Du fait de toutes ces répétions et de
tous ces concerts, ils s'étaient considérablement
améliorés, et les critiques comme le public
étaient de plus en plus impressionnés. Le 20
septembre,
ils passèrent sur Granada TV en live, et
décidèrent de jouer "Shadowplay", un de leurs
titres récents.
Ils donnèrent un autre concert à the Factory
où des exemplaires gratuits de "An Ideal for Living"
furent distribués aux journalistes. Ce fut à
cette occasion que les routes de Martin Hannett et de Joy
Division se croisèrent pour la première fois.
A la fin de 1978, Tony Wilson et Alan Erasmus, un acteur de
théâtre , fondèrent une maison de
disques appelée "Factory Records", qui deviendra le label
indépendant le plus célèbre et
créatif de
son époque. Peter Saville fut choisi comme designer, et
Martin Hannett comme producteur.
En octobre, Hannett produisit deux titres de Joy Division,
qui apparurent sur une compilation
appelée "A Factory Sample". Les mois suivants, Rob Gretton
organisa des concerts à Manchester,
Leeds, Liverpool, Canterbury, Bristol, York et Londres, et le groupe
commença à se créer un
véritable
public. Ils durent cependant faire face à un
problème sérieux, car Ian était
maintenant victime de
crises d'épilepsie.
Le 31 janvier 1979 , ils enregistrèrent quatre morceaux pour
John Peel, DJ sur BBC Radio 1. Cette
Peel session fut diffusée deux semaines plus tard, et suivie
d'un autre concert à Londres, puis d'une
scéance d'enregistrement avec le label WEA, et enfin
d'autres concerts, avec The Cure.
Sur scène, Joy Division avait quelques
caractéristiques spéciales : ils choisissaient
les chansons qu'ils
allaient interpréter juste avant le début du
spectacle, et ils jouaient avec très peu de
lumière à cause
de l'épilepsie de Ian.
Joy Division
Chapître
III - Unknown Pleasures :
Rob Gretton et Tony Wilson se mirent d'accord pour produire le premier
album du groupe. Joy
Division répéta quasiment jour et nuit tout le
mois d'avril, et composa environ quinze nouvelles
chansons. Avec Martin Hannet ils travaillèrent
intensément sur "Unknown Pleasures". Les dix titres
sont remarquables, de par la musique et les paroles bien sûr,
mais aussi grâce à l'apport incontestable
de Hannett qui sut les entourer d'une aura particulière.
L'atmosphère, le son des morceaux sont
oppressants, sombres et claustrophobes, mais en même temps
puissants, émouvants, et éclatants.
Puis ils reprirent la route, jouant en Angleterre avec Orchestral
Manoeuvres In The Dark et quelques
autres, et enregistrèrent plusieurs titres pour une radio
locale, Piccadilly Radio.
L'impact et le renom de Joy Division grandissait rapidement,
même s'ils refusaient les interviews de
façon presque systématique - pensant que leur
musique parlait parfaitement pour eux. Ils n'avaient
pas de promotion publicitaire : simplement des concerts, des concerts
et encore des concerts, surtout
dans la région de Manchester.
En juillet 1979 parut "Unknown Pleasures", dans sa pochette noire,
agrémentée d'un simple dessin en
noir et blanc. Le design de Peter Saville n'incluait aucune photo ou
aucun nom des membres du
groupe.
L'album reçut des critiques particulièrement
élogieuses - meilleur disque depuis le LA. Woman des
Doors - et resta longtemps dans les classements anglais
indépendants. Bizarrement, tous étaient
encore des amateurs, avec chacun un métier !
La batterie claque comme des coups de feu, sauf quand Steven
délivre de furieux roulements sur ses
fûts, la basse est omniprésente, parfois
menaçante, parfois plus calme, mais toujours
utilisée d'une
manière tout à fait inhabituelle pour un groupe
pop, avec un rôle primordial dans l'architecture des
chansons et la mélodie. La guitare joue souvent avec la
basse, dans une sorte de contrepoint; le son
varie, distordu ou clair, plus ou moins aggressif, flou ou brillant et
à la précision chirurgicale.
Le chant et les paroles de Ian élèvent encore le
niveau : on sent que Joy Division ne triche pas, mais se
dévoile et s'expose. La colère ou la peur que
l'on entend dans sa voix sont simplement la
vérité nue.
"I've been waiting for a guide to come and take me by the hand,
Could these sensations make me feel the pleasures of a normal man?
..." (Disorder)
"I guess you were right, when we talked in the heat,
There's no room for the weak, no room for the weak.
..." (Day of the Lords)
"Corrupted from memory,
No longer the power,
It's creeping up slowly,
That last fatal hour.
..." (Candidate)
"Guess your dreams always end.
They don't rise up just descend,
But I don't care anymore,
I've lost the will to want more,
I'm not afraid not at all,
I watch them all as they fall,
But I remember when we were young.
..." (Insight)
"A change of speed, a change of style.
A change of scene, with no regrets,
A chance to watch, admire the distance,
Still occupied, though you forget.
Different colours, different shades,
Over each mistakes were made.
I took the blame.
Directionless so plain to see,
A loaded gun won't set you free.
So you say.
We'll share a drink and step outside,
An angry voice and one who cried,
'We'll give you everything and more,
The strain's too much, can't take much more.'
I've walked on water, run through fire,
Can't seem to feel it anymore.
It was me, waiting for me,
Hoping for something more,
Me, seeing me this time,
Hoping for something else." (New Dawn Fades)
"Confusion in her eyes that says it all.
She's lost control.
And she's clinging to the nearest passer by,
She's lost control.
...
And she turned around and took me by the hand
And said I've lost control again.
And how I'll never know just why or understand
She said I've lost control again.
And she screamed out kicking on her side
And said I've lost control again.
And seized up on the floor, I thought she'd die.
..." (She's Lost Control)
"I did everything, everything I wanted to,
I let them use you for their own ends,
..." (Shadowplay).
"What did you see there?
I saw all knowledge destroyed.
I travelled far and wide through many different times.
...
What did you see there?
The blood of Christ on their skins,
I travelled far and wide through many different times.
I travelled far and wide and unknown martyrs died,
What did you see there?
I saw the one sided trials,
What did you see there?
I saw the tears as they cried,
..." (Wilderness)
"Down the dark streets, the houses looked the same,
Getting darker now, faces look the same,
And I walked round and round.
...
Had to think again,
Trying to find a clue, trying to find a way to get out!
..." (Interzone)
"Get weak all the time, may just pass the time,
Me in my own world, and you there beside,
The gaps are enormous, we stare from each side,
We were strangers for way too long.
Violent, more violent, his hand cracks the chair,
Moves on reaction, then slumps in despair,
Trapped in a cage and surrendered to soon,
Me in my own world, the one that you knew,
For way too long.
..." (I Remember Nothing)
Sur ces bases remarquables, l'apport de Hannett, incluant des
synthétiseurs et du bruitage, plus un
extraordinaire travail sur le son des instruments (avec Chris Nagle)
crée une atmosphère unique de
tension et de chaos.
A la fin juillet, Paul Slattery photographia Joy Division à
Stockport, et le groupe donna une
interview au NME. Au même moment, il travaillait avec Martin
Hannett sur deux autres morceaux
pour un single. Il repartit en tournée en août,
principalement à Londres, avec Echo And The
Bunnymen et Orchestral Manoeuvres, et à Liverpool. Ian,
Peter, Steve et Bernard purent quitter leur
autre job et se dédier totalement à Joy Division.
Leur performance au Leeds Futurama One festival fut grandement
appréciée - ils jouèrent avec
d'autres groupes comme Cabaret Voltaire, A Certain Ratio, Public Image
Limited, Orchestral Manoeuvres In The Dark ... - ainsi qu'au Nashville
Club à Londres. Invités par la BBC, ils
jouèrent
deux chansons pour le show TV "Something Else".
Après un autre concert à The Factory I, ils
firent une tournée au Royaume-Uni en première
partie des
Buzzcocks : Liverpool, Leeds, Newcastle, Glasgow, Edinburgh, Aberdeen,
Dundee, Bangor,
Sheffield, Derby, Birmingham, Manchester, Leicester, Oxford,
Bournemouth, Cardiff, Bristol,
London, entre autres.
Chaque nuit, le public était surpris et
interpellé par la musique de Joy Division et
l'intensité de leur
performance sur scène. A Liverpool le public quitta les
lieux juste après la prestation de Joy Division,
comme s'il savait que rien d'aussi fort ne pourrait survenir,
même si beaucoup n'avaient jamais
entendu parler du groupe. A Bristol, les gens furent totalement
vidés après leur apparition. De
nombreux critiques, du NME, de Melody Maker ou de Sounds, partageaient
exactement le même
sentiment. Naturellement, les Buzzcocks devinrent jaloux du
succès de Joy Division...
Entre les concerts de la tournée, ils jouèrent
aux environs de Manchester, et pour la première fois
hors de Grande-Bretagne, à Bruxelles.
Le goupe fut alors contacté par le vice-président
de Warner Brothers Records, qui leur offrit un
million de dollars pour les signer sur son label. Rob Gretton et le
groupe déclinèrent l'offre.
Le 26 novembre, Joy Division enregistra une seconde John Peel session
avec Tony Wilson, qui fut diffusée quelques semaines plus
tard sur Radio One.
Joy Division
Chapître
IV - Closer :
Rob Gretton planifia une tournée en Europe pour Joy Division
en décembre 1979 et janvier 1980.
Onze dates en France, aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne. Le
premier concert fut donné à
Paris, aux Bains-Douches : Bernard Lenoir, le John Peel
français, diffusa le groupe live sur les ondes
de la radio française; puis eurent lieu un concert
à Manchester dans la nuit du Nouvel An, et celui du
Paradiso à Amsterdam, où Joy Division, qui
n'avait pu trouver de première partie, joua deux fois de
suite !
Les shows suivants se déroulèrent à La
Haye, Nimègues, Anvers, Cologne - dans une ancienne
église,
Rotterdam, Bruxelles, Eindhoven, Groningue et Berlin.
De retour en Angleterre, ils travaillèrent à la
composition de nouveaux morceaux - dont "Love Will
Tear Us Apart" - et jouèrent à cinq reprises,
à Londres, High Wycombe, Preston, Londres de nouveau
et Bristol, A Certain Ratio assurant la première partie.
Lors du concert de Preston, ils eurent de nombreux problèmes
techniques, et Ian parla longuement
au public, pour le faire patienter!
En mars 1980, ils entrèrent aux Britannia Row Studios pour
enregistrer leur second album avec
Martin Hannett. Entre temps ils avaient gravé "Atmosphere"
et "Dead Souls", pour le single "Licht
Und Blindheit", dans une édition française
limitée à 1578 copies.
Dans cet album, "Closer", ils fouillèrent encore plus
profondément leurs pensées et leurs sentiments.
Encore une fois, le travail et le talent incroyables de Martin Hannett
offrirent à la superbe musique
de Joy Division l'écrin le plus parfait.
Après l'enregistrement, en avril, le groupe donna quelques
concerts : à Londres, au Moonlight Club,
et au Raibow Theatre, où les lumières, trop
fortes, déclenchèrent chez Ian une terrible crise
d'épilepsie à la fin du spectacle. Mais le groupe
devait donner un deuxième concert la même
soirée,
à nouveau au Moonlight Club. Après un
début furieux, Ian s'effondra, incapable de bouger ou de
chanter.
Le groupe était déjà
considéré comme culte, et toutes ses prestations
étaient à deux doigts de provoquer
l'émeute ou le chaos, aussi bien interne qu'externe
: "Joy Division me convainc que je pourais cracher
à la face de Dieu." (Neil Norman, NME).
Joy Division devait préparer sa première
tournée aux US avec les Buzzcocks, et huit concerts furent
organisés à cet effet : mais la santé
de Ian se détériorant, seuls cinq eurent lieu,
à Malvern, Bury -
où Ian ne put tenir très longtemps son
rôle, Manchester, Derby et Birmingham le 2 mai.
"Closer" devait être publié sous peu - Factory
avait entre temps sorti un 45 tours flexible gratuit avec
de nouveaux titres, Joy Division devait partir pour les Etats-Unis et
Warner Brothers Records leur
avait de nouveau offert un contrat d'un million de dollars, assorti
d'une totale liberté artistique.
Mais Ian n'en pouvait plus : sa santé et des
problèmes sentimentaux l'accablaient. Le 17 mai, il revint
dans sa maison à Macclesfield, regarda Stroszek, un film de
Werner Herzog, l'histoire d'un chanteur,
un paumé, qui finit par se suicider, écouta
l'album d'Iggy Pop "The Idiot" et le matin du 18 mai se
pendit dans sa cuisine. Il fut incinéré au
cimetière de Macclesfield le 23 mai.
John Peel annonça la mort de Ian sur Radio One le 19 mai, et
rendit hommage au groupe et à
l'homme avec "Atmosphere", qui était alors quasi-inconnu au
Royaume-Uni. Peter, Steve, Bernard,
Martin et Tony étaient tout simplement anéantis
par le suicide de Ian . "Closer" et le single "Love Will
Tear Us Apart" sortirent finalement à la fin de juin 1980.
Les pochettes, qui avaient été choisies des
mois auparavant, étaient comme toujours designées
par Peter Saville : elles incluaient deux photos
en noir et blanc de Bernard Pierre Wolff, un remarquable photographe
français, prises dans le
cimetière de Gênes, Il Staglieno : un Christ mort
entouré de personnes le veillant pour "Closer", et un
ange se lamentant pour "LWTUA".
"LWTUA" inclut deux versions de la chanson, car ni Joy Division ni
Martin Hannett n'avaient pu se
décider sur la version qu'ils
préféraient. Le titre atteignit la
cinquième place des classements Indies.
Une video du morceau fut égalemnt diffusée.
La beauté et la force de "Closer" viennent de la convergence
du travail intense du groupe, du monde
intérieur de Ian avant que celui-ci ne s'effondre, et des
visions et de la magie de Martin.
"Asylums with doors open wide,
Where people had paid to see inside,
For entertainment they watch his body twist,
Behind his eyes he says, 'I still exist.'
This is the way, step inside.
..." (Atrocity Exhibition)
"Mother I tried please believe me,
I'm doing the best that I can.
I'm ashamed of the things I've been put through,
I'm ashamed of the person I am.
..." (Isolation)
"This is a crisis I knew had to come,
Destroying the balance I'd kept.
Doubting, unsettling and turning around,
Wondering what will come next.
Is this the role that you wanted to live?
I was foolish to ask for so much.
Without the protection and infancy's guard,
It all falls apart at first touch.
..." (Passover)
"A worried parent's glance, a kiss, a last goodbye,
Hands him the bag she packed, the tears she tries to hide,
A cruel wind that bows down to our lunacy,
And leaves him standing cold here in this colony.
I can't see why all these confrontations,
I can't see why all these dislocations,
No family life, this makes me feel uneasy,
Stood alone here in this colony.
..." (Colony)
"We fought for good, stood side by side,
Our friendship never died.
On stranger waves, the lows and highs,
Our vision touched the sky,
..." (A Means to an End)
"You take my place in the showdown,
I'll observe with a pitiful eye,
I'd humbly ask for forgiveness,
A request well beyond you and I.
...
An abyss that laughs at creation,
A circus complete with all fools,
Foundations that lasted the ages,
Then ripped apart at their roots.
Beyond all this good is the terror,
The grip of a mercenary hand,
When savagery turns all good reason,
There's no turning back, no last stand.
...
Existence well what does it matter?
I exist on the best terms I can.
The past is now part of my future,
The present is well out of hand.
..." (Heart and Soul)
"Now that I've realised how it's all gone wrong,
Gotta find some therapy, this treatment takes too long.
Deep in the heart of where sympathy held sway,
Gotta find my destiny, before it gets too late."
(Twenty-four Hours)
"Procession moves on, the shouting is over,
Praise to the glory of loved ones now gone.
Talking aloud as they sit round their tables,
Scattering flowers washed down by the rain.
Stood by the gate at the foot of the garden,
Watching them pass like clouds in the sky,
Try to cry out in the heat of the moment,
Possessed by a fury that burns from inside.
Cry like a child, though these years make me older,
With children my time is so wastefully spent,
A burden to keep, though their inner communion,
Accept like a curse an unlucky deal.
Played by the gate at the foot of the garden,
My view stretches out from the fence to the wall,
No words could explain, no actions determine,
Just watching the trees and the leaves as they
fall." (The Eternal)
"Here are the young men, the weight on their shoulders,
Here are the young men, well where have they been?
We knocked on the doors of Hell's darker chamber,
Pushed to the limit, we dragged ourselves in,
Watched from the wings as the scenes were replaying,
We saw ourselves now as we never had seen.
Portrayal of the trauma and degeneration,
The sorrows we suffered and never were free.
Where have they been?
Weary inside, now our heart's lost forever,
Can't replace the fear, or the thrill of the chase,
Each ritual showed up the door for our wanderings,
Open then shut, then slammed in our face.
Where have they been?" (Decades)
Les chansons semblent venir - plus que jamais - d'un autre monde, avec
les paroles de Ian remplies
de doutes, d'inquiétude et de peurs, la basse bourdonnante
de Peter, les riffs tranchants et acérés
de la guitare de Bernard et la batterie hypnotisante de Steve, encore
une fois sublimés par l'apport de
Martin (synthétiseurs, travail sur le son ..., avec
l'assistance de John Caffery et de Michael Johnson).
"Closer" atteignit la sixième place des charts anglais, et
les critiques furent unanimes à le louer.
"LWTUA" monta jusqu'à la treizième place du
classement des singles, et Joy Division fit la razzia du classement
annuel du NME.
Bien que leur musique ne ressemblait à aucune autre, elle
fut classée comme new-wave, cold-wave
ou gothic, mais quel que soit son nom, elle influença de
nombreux goupes new-wave (The Cure,
Echo and the Bunnymen, U2, etc...) .
Chapître V - New Order :
Les membres du groupe s'étaient mis d'accord pour qu'en cas
de départ de l'un d'entre-eux, quelle
qu'en soit la raison, Joy Division s'arrête.
Peter Hook, Stephen Morris et Bernard Albrecht (maintenant Sumner)
formèrent New Order, avec
Gillian Gilbert aux claviers, Bernard prenant en charge le chant. Mais,
de leur premier album, "Movement" - sombre, encore une fois produit par
Martin Hannett et toujours dans la lignée de Joy
Division - à leurs chansons de danse
décalées, ceci est une autre histoire, qui inclut
le plus grand hit
de la musique pop : "Blue Monday".
En 1980 et 1981, Factory publia le single "Atmosphere" et l'album
"Still", avec des titres rares et les
chansons du concert de Birmingham de mai 1980, qui atteignit la
cinquième place des charts anglais.
En 1982 Ikon sortit une vidéo de Joy Division,
filmée lors de plusieurs concerts du groupe "Here are
the young men", et en 1986 et 1987, les "Peel Sessions" furent
éditées. Factory publia un CD appelé
"Substance" en 1988, avec les singles de Joy Division et quelques
morceaux inédits, en même temps
qu'un autre "Substance", pour New Order celui-là. Une
vidéo pour "Atmosphere" fut tournée par
Anton Corbijn, qui avait photographié le groupe à
diverses occasions.
En 1995, quinze ans après la mort de Ian, une nouvelle
compilation "Permanent" fut éditée, et en 1998
un coffret de 4 CD "Heart And Soul" fut commercialisé, suivi
en 1999 par le concert de Preston,
"Preston 28 February 1980". Les Peel sessions furent
rééditées en 2000 dans le CD "The
Complete BBC Recordings", et le concert de Paris, "Les Bains Douches 18
December 1979" sortit en 2001.
De nombreux livres ont été écrits sur
Joy Division, New Order et Ian Curtis dans plusieurs pays,
dont la biographie de Ian par sa veuve, Deborah.
Comme Joy Division avait conquis un public très
fidèle, et atteint cette réputation de groupe
culte, de
nombreux enregistrements pirates sont recensés, issus des
différents concerts du groupe, à cette
époque où la musique était
composée et jouée par des hommes.






















