Stanislas kazal underground blog

Stanislas kazal underground blog

contre-culture,réflexions, poésie,cinéma de genres et d'auteurs, musiques, société,critiques,littérature, arts, révoltes, mousse au chocolat et couscous.....

01 avril 2005

saw

 

Genre: Horreur, serial killer..

SAW
saw
SAW USA - 2004 - 104 minutes Réalisé par : James Wan Producteur : Lions Gate Films Scénario : James Wan, Leigh Whannell Photo : David Armstrong Musique : Charlie Clouser Effets spéciaux : Avec : Leigh Whannell, Cary Elwes, Danny Glover, Ken Leung, Dina Meyer, Mike Butters, Paul Gutrecht Critique de film par Pete Rock le 29.03.2005

La réputation tue. Saw, petite production horrifique de par son budget, a eu le malheur d'avoir un certain succès critique et commercial dans les endroits où il fut projeté. Sacrilège ! Il ne fait pas bon être à la fois indépendant ET grand public. Le film nous arrive donc aujourd'hui en france avec la face salie par une aura de film «exceptionnel» qui lui vaudra à coups sûrs les assauts kalaschnikov de la critique hexagonale. La réputation tue. Un couard reste un couard. Si l'arrivée de Saw sur le territoire français peut pousser une grande majorité des spectateurs à bouder la bête pour son nihilisme flagrant et son attirail de film de genre assumé, toujours est-il que les temerraires, eux, trouveront matière à se vider du surplus de sueurs froides qu'ils avaient emmagasiné en cette période de productions assaisonnées à l'aspartame d'eau de rose et saupoudrées de prises de risques au marshmallow. Saw est un film imparfait, remplit de défauts inhérents aux premiers films, au budget rachitique évident mais c'est aussi une date dans le film de genre car jusqu'au-boutiste, audacieux, hargneux et d'une invention pêchue comme un direct mâchoire made in Tyson. Si l'on peut rester frigide à l'univers mis en place (soi disant calqué sur Seven) et au concept du film de serial killer au Q.I de 150, il reste un aspect où Saw s'extirpe aisément du tout venant de la production de thrillers horrifiques. En effet, c'est du point de vue de sa construction et de sa narration unique que Wan ramène son arsenal dans des contrées si marquantes. Si les faiblesses du métrage en lui même (script légèrement répétitif, acteurs pas toujours au point, effets de mise en scène trop stéréotypés) auraient tendance à déprécier la qualité des jeux narratifs employés, la mise en place du récit et l'effort constant employé à conserver une pression sur le spectateur pousse le métrage vers le haut en faisant fis de ces déficiences bénignes. En usant avec une certaine finesse de 3 modes de composition simultanément, le réalisateur pratique une opération à coeur ouvert dans l'esprit torturé de ses personnages principaux en appliquant à chacun un point de vue différent. Ainsi, le flashback appliqué pour les 2 quidams futures victimes sonne en quelque sorte le glas de leur vie passée, à la manière du fameux film qui défile devant nos yeux avant le trépas. Un point de vue extrêmement désabusé qui ne laisse pas d'espaces libres à la joyeuseté et est donc l'élément dépressif principal du film. Les policiers eux, du moins surtout le personnage campé par Danny Glover (en forme et qui aurait pu devenir un sacré monstre du film de genre), sont abordés par le biais de la subjectivité, qui ramène le film vers les éléments du présent du récit. En collant quasiment le caméra à leurs yeux, Wan impose un voyeurisme dans le macabre pour ainsi dire forcé. Si l'on ajoute à cela un certain néo-réalisme dans les scènes traitant avec la perspective du serial killer, de par des ajouts chimériques, voire quasiment métaphysiques (la fameuse poupée), on obtient un film qui se veut avant tout viscéral, au sens premier du terme, où les tripes et le cerveau sont remués de manière constante, calculée, précise. L'anathème de la mise en scène. On ne ressort pas indemne d'une projection de Saw. La tête retournée, les fesses soudées au siège, impossible de bouger, de penser, de se décider à affronter la lumière du jour, comme si un malin plaisir, un vicieux fantasme nous poussait à nous délecter, forcé mais consentant, du spectacle sépulcral auquel on vient d'assister. Un malaxage de tripes en 24 images secondes. Une expérience en somme. Un peu à la manière d'un Kubrick qui force son personnage principal dans Orange Mécanique à regarder les images de sa décadence pour l'en dégouter, le spectateur subit dans Saw. Jamais maître de ce panorama de déviances, dompter l'objet filmique ci-présenté semble impossible. A chaque certitude, un nouveau coup de fouet. A chaque résolution indéniable, l'anesthésiant regard d'une poupée. " Qui est poltron, qui n'a point de courage. Il s'est montré couard en présence du danger ". On peut se réfugier sous la douce couverture du film à l'apparat disetteux, communautaire, réservé aux nantis saturés de films HLM, un peu comme une forme de racisme culturel. Un trop plein de clichés soudés à l'intelligentsia critique française ferait porter le chapeau de la honte à tout adulateur de cette fable ocre au goût de suie qui laisse des traces tenaces chez qui sait et pourra garder les yeux ouverts. Saw. cinéma, tout se conjugue au participe passé. Seen.


183977871

Posté par kazal à 00:09 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 avril 2005

Activisme1

Vous voulez faire valoir vos droits, défendre votre liberté, protester et vous vous sentez démuni. Stanislasundergroundblog vous donne quelques recettes qui ont fait leurs preuves!
en esperant  qu'elles vous inspirent en ces temps troublés......


Action directe et activisme



la plupart des actions directes ne requièrent pas d'effectifs importants, elles peuvent être mises en place sans trop de moyens et dans des délais assez brefs. L'action directe peut revêtir de multiples formes suivant la situation et en fonction de la créativité des participants. Elle peut être individuelle ou collective, légale ou non, offensive ou défensive, violente ou non violente. Son caractère légal importe peu, à mon sens, car la légalité n'est jamais qu'une limite arbitraire fixée par la bourgeoisie pour défendre ses intérêts, il faut juste en tenir compte pour évaluer les risques juridiques. La notion de violence, par contre, est à manipuler avec précaution. Ma philosophie personnelle ( et celle de stanislas kazal) est incompatible avec la violence physique envers les personnes, sauf en cas de défense, c'est pourquoi cet aspect ne sera pas abordé.
Du point de vue stratégique, elle est également peu recommandable, la CIA s'en est d'ailleurs servi pour décrédibiliser certains mouvements révolutionnaires en les infiltrant, en les finançant et en les poussant à la lutte armée pour mieux les criminaliser en tant que terroriste et casser leur image auprès du grand public, c'est le cas des Brigades rouges en Italie ou de la fraction armée rouge en Allemagne. De plus, je ne pense pas que ce soit en cognant sur un fasciste que l'on parvient à lui faire changer d'avis ou à faire reculer le fascisme, et ce n'est pas en tuant un Ministre de l'intérieur ou un patron du Medef, que le système s'en trouvera changé. Les personnes, si puissantes soient-elles parfois, et quel que soit leur niveau hiérarchique, sont interchangeables, ce ne sont jamais que des pièces d'une énorme mécanique. Par contre, les actions "violentes" purement matérielles tels que les actes de sabotage entrepris par les FTP en plastiquant plusieurs locaux du Front National de nuit, m'apparaissent légitimes, mais là encore, c'est une question de point de vue. Sans aller jusque là, on peut présenter un répertoire, non exhaustif, d'actions possibles, qui dépassent parfois le cadre de l'action directe au sens syndical, car la frontière est mince entre techniques de lutte, communication, propagande par le fait, action directe, désobéissance civile ou organisation alternative.

PROPAGANDE

Distributions de tracts La plus simple des techniques de propagande, une des moins coûteuse également lorsque l’accès à la photocopieuse est possible au travail par exemple. La distribution peut se faire dans la rue, dans les facs, à la sorties des usines… l’autre possibilité est de diffuser le tract dans les boîtes aux lettres des quartiers populaires, par exemple. Pour optimiser le taux de lecture, le contenu doit être concis, aéré et agrémenté d’éléments graphiques percutants: Le tract est plus facilement conservé et lu s’il contient un intérêt graphique : Texte au recto et montage photo ou caricature au verso.

Diffusion de fanzines et journaux indépendants - Radios - Distros La réalisation d'un fanzine, même si elle est intéressante et riche en contacts, est assez coûteuse par rapport au volume de diffusion, et forcément (largement) déficitaire.

Les journaux indépendants du type Monde Libertaire, qui sort chaque semaine à 7000 exemplaires, demandent un travail énorme et régulier, ainsi qu'une logistique importante, le budget est très serré là encore, notamment à cause des invendus en librairies qui frôlent les 80% (60% pour un journal classique) Mais l'existence du ML est indispensable, ses origines remontent en 1858 avec son ancêtre "le Libertaire" et il a vu passer des permanents tels que Brassens, Ferré ou Camus. La récente nouvelle version du ML a permis de relancer ses abonnements, on lui souhaite longue vie.
D'autres médias alternatifs sont utilisables, telles que les radios associatives ou indépendantes (comme Radio Libertaire qui émet à Paris sur 89.4) ou encore la VPC sans profit qui permet d'envoyer des infos, tracts, flyers ou autocollant en même temps que les commandes.

Collages

Coller des affiches et autocollants si possible sur les affiches de fachos pour faire d'une pierre deux coups, ou sur les centres commerciaux, les banques, les agences d'intérim, les casernes, les églises, les administrations, les panneaux publicitaires, les panneaux électoraux quand il y en a…, renommer les rues, détourner des publicités… bref, adapter le contenu et la forme du collage à l'environnement urbain. Le collage est quasi forcément sauvage, les zones d'affichage public ayant été réduit au strict minimum légal pour mieux criminaliser le mouvement social (-70% à Rennes en 2001, sous gouvernement et mairie " socialistes ")
Bombages

Les bombages, par l'intermédiaire de pochoirs par exemple, sont souvent plus durables que les affiches, mais aussi plus risqués légalement. Des supports originaux peuvent attirer l'attention (en évitant les murs des logements…) : Sur le sol, voir sur les bandes blanches des passages piétons, les horodateurs, les pubs 4x3…

Manifestations

Moments propices à ces formes d’actions, ainsi qu’aux discours et conférences publiques et aux déploiements de banderoles, car, malgré la présence policière, le risque d’interpellation est plus limité du fait du nombre et la solidarité du cortège libertaire ou black bloc. Les moustachus hésitent (parfois) à déclencher une émeute pour arrêter quelqu’un. Dans ce cas, il faut également penser à un repli groupé après la manifestation, sinon, se reporter au «guide du manifestant inculpé»… Ecrire aux médias pour leur demander des articles, documentaires ou reportages sur votre cause.

Campagne de destruction d’image de marque

L’image de marque est ce qu’une multinationale possède de plus précieux, mais aussi de plus fragile, c’est son talon d’Achille et c’est la qu’il faut frapper. Des activistes ont réussi à faire plier la Lufthansa (équivalent d’Air France en Allemagne) pour qu’elle cesse de participer au renvoi de sans papiers par charters : Ils ont créé des brochures aux couleurs de la compagnie pour présenter la nouvelle « Classe Déportation » qu’ils distribuaient massivement dans les aéroports, en uniforme de la compagnie. La Lufthansa, observant l’impact sur son image a fini par céder. Des actions similaires sont en cours de réalisation contre Air France, dans le cadre des nouveaux charters de Sarkosy. Nike, Macdo ou Microsoft sont des habitués de ces campagnes et on ne compte plus les détournements les concernant.
Autre forme de destruction de l’image de marque : Le lancement de rumeurs ou de contre informations, sur internet par exemple, qui peuvent parfois prendre des proportions importantes. On peut citer le cas de ce japonais mécontent de son magnétoscope et du service après vente Toshiba, qui a inlassablement squatté les forums en ligne d’associations de consommateurs et de sites spécialisés dans l’audiovisuel pour se plaindre de la qualité du produit, la médiatisation de sa persévérance a entraîné une chute en bourse du cours de l’action Toshiba de près de 5%.

Boycott

L'effet d'un boycott est souvent difficile à mesurer, mais là encore c'est un moyen de porter un sujet à la connaissance du public. Pour prendre l'exemple d'un boycott de marque qui a bénéficié d'un fort taux de médiatisation : Celui de Danone, lors des licenciements massifs dans les usines bénéficiaires (licenciements boursiers) On a alors parlé d'une chute de 10% des ventes sur les produits laitiers, ce qui est assez important pour faire réfléchir le patronat, mais la classe politique du moment a tenté de récupérer ce boycott à son compte, comme celui de Total plus récemment, pour nous refaire le coup du " capitalisme à visage humain ". Il est aussi très probable que les achats se sont reportés sur les produits Nestlé, par exemple, qui n'a rien à envier à Danone en terme de destruction sociale. Mais ce boycott de Danone, comme d'autres, a eu le mérite d'associer la population à la lutte des (ex)salariés.

INTERNET Hacking /Cracking

Pour ceux à qui ces mots barbares n'évoque rien de précis, il faut rappeler que les objectifs des hackers sont de : - Créer des logiciels libres au code source accessible et donc gratuits, évolutifs et personnalisables... - Mettre en évidence la fragilité d'une société excessivement gérée par informatique - Dénoncer les utilisations abusives des bases de données d'informations sur les individus que s'échangent le gouvernement (police, armée, RG, services sociaux...) et les sociétés privées - Dénoncer la politique de monopole et de surveillance de sociétés comme Micro$oft - Sauvegarder Internet en tant qu'outil de communication, et non en tant qu'instrument purement commercial ou d'espionnage et de contrôle du peuple. Diffuser les outils de protection de la vie privée - Instaurer la gratuité et le partage des connaissances Les crackers, par contre, ne sont pas forcément des programmateurs, ils utilisent des outils, techniques et logiciels pour s'introduire dans les réseaux, détruire ou modifier les informations, ce qui peut s'avérer également très utile (pour pirater les sites fascistes, par exemple) L'un des premiers mouvements organisés de hackers fut celui des allemands du Chaos Computer Club en 1984. Ces libertaires ont réalisé le piratage d'infrastructures informatiques gouvernementales afin d’alerter les médias sur les menaces pesant sur la vie privée des citoyens : le gouvernement allemand constituait alors un système de fichiers croisés sous prétexte de lutte contre le terrorisme. Le Cult of the Dead Cow, (les concepteurs du logiciel Back Orifice) a annoncé qu'il fournirait des outils informatiques permettant de lancer des attaques virtuelles sur des institutions et des gouvernements ne respectant pas les droits de l'homme Le plus connu des Hackers/crackers, Kevin Mitnik s'est déjà introduit dans les systèmes informatiques les plus sécurisés qui soient: Le FBI (mis en défaut leur système de localisation d'appels), l'US Air Force, la NSA, la NASA, l'unité centrale de la défense aérienne américaine dans le Colorado, l'université de Leeds en Angleterre ainsi que de nombreuses multinationales (Nissan...) font parties de son tableau de chasse. L'efficacité d'un groupe de plusieurs dizaines ou centaines de hackers/crackers coordonnés sur un même objectif pourrait être énorme : Il est possible, par exemple, de transvaser des comptes bancaires, bloquer des systèmes d'écoute et de surveillance, neutraliser certains centres de communication de l'armée, paralyser la bourse... D'après le F.B.I. il y aurait aujourd'hui près de 100 000 " pirates " en activité… Les hackers sont de plus en plus attirés par l'action politique, ce phénomène a été symbolisé lors de la troisième convention des Hackers on Planet Earth, en juillet 2000 à San Francisco : L'orateur invité était Jello Biafra, (ex chanteur des Dead Kennedys, faut-il le préciser ?) son discours d'une heure et demie appelant à l'action révolutionnaire Hacktiviste a, semble -t-il, littéralement galvanisé l'auditoire. Pas étonnant quand on connaît la verve et le charisme du personnage… Des Hackmeeting similaires s'organisent en Italie (3000 personnes à Bologne en 2002), en Espagne, en Allemagne et plus récemment en France, sur des bases politiques proches de l'anarchisme

Cybermanifestions

Une cybermanifestation consiste à saturer le serveur d'un site internet pour le mettre hors service, cette action ne demande pas de compétences particulières en informatique. On peut prendre l'exemple de l'action lancée par le groupe prozapatiste américain Electronic Disturbance Theater qui a lancé un appel aux internautes et a fourni un petit logiciel qui réalise des demandes de connexion en boucle. Les 18000 participants répartis dans 46 pays on donc pris pour cible, avec succès, les serveurs web du gouvernement mexicain et du pentagone pour protester contre la répression des rebelles zapatistes et le soutien fourni par le gouvernement américain Le Jam echelon day est une cybermanifestation internationale annuelle visant à saturer de mots clés les systèmes d’écoute de la NSA. L’efficacité est quasiment nulle dans ce cas, puisque la NSA peut facilement se préparer à cette « attaque », mais l’intérêt est là encore d’attirer l’attention sur ce Big Brother moderne. Les activistes allemands contre la « classe déportation » de la Lufthansa (voir destruction de l’image de marque) se sont également pris simultanément au serveur du site de réservation en ligne, en multipliant les demandes de réservations bidons, et l’ont mis HS, causant un manque à gagner important à cette compagnie aérienne

Mass mailing

Cette technique, apparentée au spamming (envoi de mail non sollicités) mais ici sans but commercial, a l’intérêt d’être quasi gratuite, rapide et relativement efficace. Des logiciels permettent de collecter les adresses email sur le net et d’autres permettent d’envoyer les messages en rafale. A utiliser avec modération et pertinence pour ne pas avoir un effet contre-productif (un message par mois par exemple, avec système de «désabonnement» pour ceux qui ne souhaitent plus recevoir d’infos) L’efficacité de ces envois est facilement mesurable avec quelques outils statistiques dans le cadre de la promotion d’un site. Pour donner un exemple concret, la collecte de plus de 3500 email d’assos, zines, distros et groupes anarchoïdes a permis de développer de la Fédération Anarchopunk à partir d’un mailing présentant la création de l’APF en France, avec un résultat significatif: +400% d’adhésions en un mois.

INTERPOSITION PHYSIQUE

Occupation de locaux (Anpe, préfecture, entreprise, administration, facs…) Le matériel présent dans les locaux occupés (fax, téléphone, photocopieuse…) peut être utilisé à des fins de lutte : * A Londres, des militants se sont introduits dans le siège général de Shell, se sont barricadés dans le bureau du directeur pendant une matinée et ont envoyé des messages de solidarité aux peuples du delta du niger. *Au Nigeria, les jeunes Ijaw lancent l'opération 'changement climatique' et occupent un grand nombre de plates-formes pétrolières. Blocage d’un chantier, d’un transport de matériaux nucléaires ou d’armement… *Les cheminots grecs ont bloqué un train transportant de l'équipement militaire au sol pour le Kosovo *Plus de 100 personnes sont arrêtées chaque jour parce qu'elles résistent à la construction d'une décharge nucléaire sur un site indigène protégé du territoire australien. *Tandis que des militants écologistes fêtent un an d'occupation d'un arbre pour protéger les forêts ancestrales de l'Oregon, des activistes anglais résistent 17 jours terrés sous terre dans un tunnel afin d'empêcher la destruction d'un parc communautaire et coûtent ainsi des centaines de milliers de francs aux compagnies de construction. *Lors de la reprise des chantiers de construction de l'axe E7 dans la vallée d'Aspes, paysans, habitants locaux et militants écologistes s'unissent pour occuper le terrain et empêchent les travaux en campant autour des bulldozers. *Des femmes et enfants indigènes bloquent un bulldozer appartenant à une compagnie pétrolière dans la jungle équatorienne et prennent ses conducteurs en otage, afin de demander l'arrêt de la construction d'un oléoduc qui avait contaminé leurs ressources en eau potable. *Des milliers d'indiens menacent de se noyer avec leur maison, pour résister à une série de barrages hydro-électriques qui vont détruire des centaines de villages sur les rives de la rivière Narmada. Obstruction aux expulsions Que ce soit dans le cas d’expulsions de sans-papier ou d’expulsions de squat, il est arrivé qu’une mobilisation importante retarde l’échéance ou même fasse plier la procédure. Une autre méthode pour soutenir les sans-papiers consiste à faire pression sur la compagnie aérienne (voir campagne de destruction d’image de marque) *A Prague, des squatters empêchent l'expulsion de leur maison par les forces de police en restant sur le toit pendant 3 jours. Bouclier humain en cas de guerre On l’a remarqué dans le cadre de la guerre d’Irak, cette initiative courageuse ne permet pas d’arrêter les bombes de pleuvoir. Les boucliers humains ont été déplacés comme des pions par le régime Irakien, et les USA ne sont plus à quelques bavures près. Encore une fois, c’est la médiatisation de ces actions qui ont eu symboliquement le plus d’impact.

Sabotage

Le collectif Souriez vous êtes filmés avait commencé à diffuser le plan des implantations de caméras de vidéosurveillance dans certaines grandes villes. Projet difficile étant donné leur prolifération actuelle, mais qu’il serait intéressant de développer pour organiser un sabotage coordonné de ces instruments d’espionnage. *En Ecosse, 2 militantes pacifistes nagent pendant une heure et demi en direction d'une base militaire puis s'attaquent à un sous-marin nucléaire qu'elles repeignent et endommagent, causant des dégâts économiques considérables. *Des paysans français démontent un MacDonald's en construction et amènent un débat public sur l'OMC et la nourriture industrielle. *Le 18 juillet 1999, 700 militants se réunissent pour détruire un champ de tournesol génétiquement modifié de la taille de 24 terrains de football. *L'opposition aux O.G.M se répand sur les cinq continents, en France et en Angleterre des militants détériorent un grand nombre de champ-test, des paysans indiens et français sabotent des laboratoires de recherche sur les O.G.M à Montpellier, tandis qu'en Inde l'opération 'brûlons Monsanto' est inauguré par la mise à feu de champs d'O.G.M.

Entartage

L'internationale anarcho-pâtissière est en marche ! Noël Gaudin l'entarteur des pompeux cornichons, (Bill Gates, Nicolas Sarkozy, Philippe Douste-Blazy et les autres) a fait des émules : *Le dirigeant de  l'Organisation Mondiale du Commerce est pris en embuscade et entarté par le la Biotic Baking Brigade, organisation spécialisée dans le lançage de tartes à la crème qui s'est déjà attaqué dans la seule année 1999 à quelques dizaines de criminels en costumes 3 pièces et autres P.D.G de multinationales. Les médias sont friands de ce genre d’opérations burlesques, et outre le fait de ridiculiser la cible, l’entartage sonne comme un avertissement pour les dirigeants de ce monde, même l’homme le plus riche de la planète n’est pas à l’abri d’un attentat pâtissier, et donc d’un attentat tout court. La violence reste symbolique et le ton humoristique permet au message d’être bien perçu par le public.

REAPPROPRIATION

Réappropriation temporaire ou plus durable, réappropriation matérielle ou celle de son temps, réappropriation de terres gouvernementales ou privées, d'infrastructures, de biens de consommation, de moyens de production, de services publics… réappropriation de l'espace, des rues, des bâtiments officiels... le choix est vaste : Squat (Voir brochure "le squat de A à Z") Alors même que deux millions de logements sont vides et inutilisés en France, on estime à environ 400.000 le nombre de SDF (le chiffre officiel de 86000 semble largement sous estimé, du fait de la difficulté de recenser cette population) La réappropiation des logements, Le squat, peut être vécu comme une mesure d’urgence pour se mettre à l’abri ou comme une démarche politique : *De Genève à Prague en passant par Berlin, des squatters reprennent des espaces vides pour en faire des lieux d'activités autogérés : logement, crèches, bibliothèques, ateliers, salles de spectacle, jardins communautaires etc. Réappropriation des terres Le Mouvement des Sans Terre au Brésil cherche depuis 1979 à se réapproprier de manière légale ou non des terres inutilisées appartenant à de grands propriétaires. Quand les possibilités légales sont épuisées, les paysans s'installent de nuit sur des terres laissées en friche, en édifiant des campements. 140 000 familles ont pu être relogées en 10 ans sur des terres prises grâce à l'action directe. 7 millions d'hectares ont ainsi été repris, mais il reste 4,5 millions de familles sans terre alors que 416 millions d'hectares sont toujours en friche. Le mouvement des Sans Terre fait partie d'une coordination mondiale plus vaste : L'Action Mondiale des Peuples qui regroupe des organisations populaires d'une trentaine de pays. L'AMP n'est pas étrangère à l'émergence du réseau alter-mondialiste. En effet, au départ de l'AMP, l'action directe venue de l'Inde a influencé l'Europe, puis les événements de Seattle en 1999 qui ont eux-mêmes encouragé l'amplification de la mobilisation à Prague et à Gênes. Lors de la 3ème conférence de l'AMP, en 2001 en Bolivie, les indiens ont annoncé que leur mouvement paysan était à présent coordonné au niveau national et, apparemment "en partie grâce à la dynamique lancée par la Caravane Intercontinentale en Europe"
Il est intéressant d'observer l'émulation et les interactions qui traversent ce réseau dont voici la traduction des principes de bases :
1. Un rejet très clair du féodalisme, du capitalisme, et de l'impérialisme, ainsi que de tous les accords commerciaux, institutions et gouvernements promoteurs d'une mondialisation destructrice
2. Un rejet très clair de toutes formes et systèmes de domination et de discrimination dont (et de manière non exhaustive) le patriarcat, le racisme et le fondamentalisme religieux de toutes croyances. Nous reconnaissons la dignité entière de tous les êtres humains
3. Une attitude de confrontation, puisque nous ne pensons pas que le " lobbying " puisse avoir un impact majeur sur des organisations à tel point partiales et antidémocratiques, pour lesquelles le capital transnational est le seul facteur réel déterminant leur politique.
4. Un appel à l'action directe et à la désobéissance civile, au soutien aux luttes des mouvements sociaux, mettant en avant des formes de résistance qui maximisent le respect pour la vie et pour les droits des peuples opprimés, ainsi qu'à la construction d'alternatives locales au capitalisme mondial.
5. Une philosophie organisationnelle fondée sur la décentralisation et l'autonomie.

Réappropriation des moyens de production
Très récemment en Argentine, suite à la crise économique et à la fuite des capitaux, certains patrons se sont évanouis dans la nature et les anciens salariés des usines viables ont continué la production en s’organisant en autogestion. Voir également dans les actions directes anarchosyndicales
Réappropriation des prises de décision Toujours en Argentine, des assemblées de quartier se créent pour les décisions collectives sur le principe du consensus. *Des centaines de zapatistes continuent à s'organiser en 'municipalités autonomes' afin de reprendre le contrôle de leur vie face aux propriétaires terriens, aux grosses compagnies et aux 70 ans de dictature du parti au pouvoir. En France, le Communalisme Libertaire de Merlieux est une des plus abouties des expériences autogestionnaires puisqu'il s'agit de la gestion collective d'un village, avec une population majoritairement non-anarchiste à l'origine : En 1973, Dominique de la FA et ses amis de la communauté anarchiste du Moulin de Paris s'installent dans ce village, et leur implication dans la vie de la commune démontre progressivement aux habitants la viabilité de leurs projets pour faire revivre le village, et de leur mode d'action. La communauté anarchiste gagne peu à peu la confiance puis la reconnaissance de la population.
Après de multiples réunions publiques, les candidats aux élections municipales s'engagent sur 3 points :
1°) étudier les projets de revitalisation du village ;
2°) associer directement la population aux décisions et partager le pouvoir le plus largement possible avec un souci permanent d'information ;
3°) défendre l'intérêt collectif à l'exclusion de tout intérêt individuel pour les mandatés. Sur ces bases, une école, une bibliothèque de plus de 5000 livres, des logements sont construits et gérés avec la participation active de la population, sans laquelle ces réalisations auraient été impossibles par manque de moyen. Des emplois sont créés parallèlement à ce regain d'activité, notamment avec la création d'un café-concert ou d'un atelier de télétravail. Le financement s'appuie beaucoup sur les nombreuses fêtes communales qui renforcent également le lien social. La fête du livre est créée dans ce cadre et attire maintenant chaque année 15.000 à 20.000 visiteurs. Elle associe la fête populaire classique et un salon littéraire important, démocratisant ainsi l'accès à la lecture. Pour la petite histoire la communauté anarchiste s'est même vue confier les clés de l'école, de la mairie et de l'église ! Des expériences similaires, à plus grande échelle, se déroulent dans certaines communes Italiennes comme Spezzano Albanese avec la "fédération municipale de base"
Transports gratuits

Le collectif des transports gratuits (RATP pour Réseau pour l'Abolition des Transports Payants) a lancé une opération nommée " Zéro Franc Zéro Fraude ", et a sorti des tickets de bus portant cette inscription, à présenter au contrôleur le cas échéant, les amendes étant regroupées et négociées en gros au tribunal par un avocat. Cet acte de désobéissance civile est motivé par les constats suivants : - A la RATP, la billetterie ne représente que 28% des recettes, ce qui rembourse à peine la fabrication des billets, l'entretien des machines à composter, les contrôles… - Ce sont les personnes les plus précaires économiquement qui payent le plus le droit à se déplacer - 83% de nos déplacements sont contraints (pour aller au travail, faire des courses…) Les employeurs, les grandes surfaces sont les premiers bénéficiaires des transports en commun. Il serait donc logique que ça soit eux qui payent. - 60% des conflits entre agents de la RATP et usagers se produisent lors de la vérification du titre de transport.

Les ZAT


Le concept de Zone d’Autonomie Temporaire lancé par Hackim Bey, désigne tous les espaces, virtuels ou réels, qui sont libérés temporairement des contraintes étatiques, religieuses et économiques. Ce sont des enclaves de temps où les individus peuvent expérimenter leur liberté, les ZAT peuvent aussi bien désigner des manifestations, des festivals, des sites internet de contre information, des périodes de loisirs ou encore des fêtes du type potlatch, banquets au cours duquel on s’échange des présents :
le principe étant de faire la fête, dans un souci d'égalité, de gratuité et de convivialité L’aspect festif et ludique est inhérent aux ZAT, car le mode de communication utilisé dans ce cas permet d’optimiser les relations humaines dans une optique constructive. D’ailleurs, qu’il s’agisse d’arts graphiques utilisant la rue comme support, d’happening, de théâtre de rue, de concerts, de fêtes de rue, de caravanes anticapitalistes…, la créativité, le côté ludique et convivial des formes d’expression artistiques urbaines font l’attractivité et parfois le succès d’une action.

Des tentatives de ZAP (zone d’autonomie Permanente) sont en cours, notamment en Australie ou une communauté d’environ 5000 personnes reconstruit une vie alternative et met en pratique les principes libertaires et écologistes. *Des sans-papiers à qui il avait été refusé l'obtention d'un train gratuit pour aller manifester à Paris passent la nuit à faire la fête dans un tunnel ferroviaire. *Les écologistes de Reclaim the Streets, agissent en solidarité avec les travailleurs du métro londonien, occupent le siège de la compagnie, et organisent une fête du premier mai à l'intérieur de rames de métro. *Ils organisent un faux carambolage à l'intersection de 2 grands boulevards londoniens, installent un café, un système de son et une ambiance de carnaval autour des 2 voitures bloquées au milieu de la voie publique pendant quelques heures *Ils bloquent une autoroute du nord de Londres pour y organiser une fête avec plus de 9000 personnes pendant 9 heures.

ACTIONS DIRECTES CONSTRUCTIVES

Systèmes d’échange locaux Les S.E.L sont basés sur des échanges de biens, services ou compétences. La différence avec un troc, où deux personnes doivent échanger deux choses de valeur similaire, le SEL est un échange multilatéral qui fait intervenir plusieurs acteurs. Ainsi dans un SEL simple à trois acteurs, Pierre donne des cours de guitare à Paul, Paul fourni des légumes de son jardin à Jacques, et Jacques aide Pierre dans ses travaux domestiques. Parfois, pour permettre la gestion des SEL comportant de nombreux intervenants, on s’appuie sur une monnaie virtuelle sans aucune relation ni correspondance avec la monnaie classique, qui est établie sur la reconnaissance de la valeur de chacun. (ex : une heure de services = 60 unités) Il existe actuellement plus de 300 S.E.L  en France. Infos et listes des SEL sur http://www.selidaire.org
En argentine 1.200.000 personnes participent au réseau de troc mis en place pour faire face à la crise, une monnaie populaire est crée et utilisée comme moyen d’échange, de flux et non de capitalisation. Ecole libertaire L’école autogérée Bonaventure à Oléron a accueilli gratuitement pendant 10 ans des enfants de 3 à 9 ans. Cette école a permis de démontrer qu’une autre éducation était possible, avec des résultats remarquables malgré des moyens de financement faibles. Outre les enseignements littéraires, mathématiques, historiques, etc., les enfants y ont surtout appris à vivre en société, à partager, à être responsables et solidaires et à savoir gérer les conflits. Collectivités d’achat Se rassembler pour acheter : Non, ce n’est pas une incitation à la consommation... Les avantages sont multiples : L’achat en gros et la suppression des intermédiaires permettent une réduction des coûts, la possibilité de se fournir ailleurs que dans les supermarchés, en partageant les éventuels frais logistiques, c’est à dire directement chez le petit exploitant, l’agriculteur, pour prendre l’exemple d’un achat de produits alimentaires, ou chez l’artisan… Cela permet d’avoir des produits souvent de meilleure qualité, de soutenir les petits producteurs indépendants tout en boycottant les marques, les grandes surfaces et leurs profits réalisés en étouffant leurs fournisseurs, parfois contraints de vendre à perte. En outre, cela permet de maintenir un lien social et de connaître l’origine du produit et la manière dont il est réalisé.
Collectivités de production
Projet plus ambitieux, mais d’autant plus intéressant, qui consiste à mettre en commun des ressources et compétences pour développer une activité socialement utile. Une structure associative ou encore une SCOP (société coopérative de production) sont les statuts adéquats à ce genre de projet. La SCOP est une société qui fonctionne en autogestion, sans hiérarchie, avec des revenus équitables quelle que soit la fonction et un partage égal des éventuels bénéfices. Ce n’est pas une panacée, puisqu’elle reste dépendante de l’économie de marché et qu’il s’agit plus d’une sorte de capitalisme collectif que de l’abolition totale de l’actionnariat, mais çà permet de limiter les dégâts dans un contexte exclusivement capitaliste. Il y a actuellement environ 1500 scop en France, Il s’en crée de 100 à 150 chaque année. Leur nombre a progressé de 16% en dix ans. Cette organisation est viable, même dans le système économique actuel, car la motivation, l’implication et la responsabilisation des coopérateurs sont nettement supérieures par rapport à un système classique de salariat.

Collectivités d’habitation

La démarche du squat est radicale et représente l’exemple type d’une réappropriation, mais à l’exception de quelques exemples (comme les Tanneries à Dijon), c’est souvent une expérience assez limitée dans le temps. Il est possible d’expérimenter l’organisation collective sous la forme d’une collocation pour le logement ou de la tenue d’un local autogéré et financé collectivement, pouvant abriter une librairie, une bibliothèque alternative et un lieu de réunion, comme c’est souvent le cas, ou même un local de répétition voir un lieu de concert si la place et le voisinage le permettent. Une douzaine de personnes peut être un effectif suffisant pour lancer ce projet.

Offre de prêt sans intérêts

Il existe des fédérations de collectivités de production, qui organisent et financent le soutient des coopératives, qui mettent en place des centrales d’achat et font jouer la solidarité et les synergies inter-collectivités. Le développement de cette caisse commune, pourrait donner l’occasion de soutenir la création de nouvelles scop, à travers la mise en place d’un système de prêts remboursables sans intérêt. Les nouveaux venus viennent alors grossir les rangs et la caisse commune. Les prêts sans intérêt sont déjà expérimentés dans certains pays, tel que l’Inde, par des ONG, ils permettent aux plus pauvres de créer leur activité. Le taux de remboursement est largement supérieur à celui des banques classiques, et atteint 98%.

Distribution gratuite de nourriture

On peut reprocher aux restos du cœur d’être devenus une sorte d’institution dont la présence, 17 ans après sa création, semble presque normale, comme si la misère elle-même était inéluctable. Mais de manière pragmatique, les 40 000 bénévoles tentent de réparer les dégâts du système capitaliste et de l’Etat en fournissant 60 millions de repas par an, c’est donc une forme d’action directe solidaire particulièrement utile. Cette forme de soupe populaire d’initiative non-étatique trouve de nombreux exemples : Devant la misère sociale qui régnaient dans les ghettos noirs des grandes villes américaines, et devant le manque de volonté des politiques d’apporter les moyens nécessaires, le mouvement des Black Panthers avait décidé de reprendre les choses en main et d’organiser quotidiennement des déjeuners gratuits, notamment pour les enfants des quartiers. une partie des argentins et les zapatistes appliquent actuellement cette méthode. La CNT-FAI, dans l’Espagne libertaire de 36-39, a mis en place des repas gratuits pour tous. De même que pour les squats, la distribution de nourriture a également pour objectif de revendiquer le droit de chacun à la satisfaction des besoins fondamentaux tel que se nourrir ou se loger Communalisme Libertaire (voir plus haut)

TECHNIQUES DE LUTTE ANARCHO-SYNDICALISTES


La protestation verbale

C' est le type de lutte le plus simple, tant qu'on est en democratie notre liberté d'expression et un tant soit peu garatie, profitons'en!

La pétition

C'est un écrit dénonçant, réclamant, exprimant un désaveu, un désir.
La pétition peut quelque fois influencer, faire obtenir de menus avantages le plus souvent illusoires et démagogiques. Certains syndicats ne faisant ou ne voulant rien faire, ils se dédouanent par une pétition à des fins électorales ou pour avoir bonne conscience

Le débrayage

C'est la cessation d'activité pendant une courte durée maximum quelques heures.
Le débrayage exprime déjà un mécontentement plus grand, la naissance d'une certaine radicalité. Le débrayage est utilisé comme pression pour des négociations sur des effets à court terme ou des revendications mineures. Exemple : manque de chauffage, problèmes de primes, de salissures ou de casse-croûte etc.
La grève perlée

Débrayage d'une partie du personnel puis reprise tandis qu'une autre partie débraye et ainsi de suite. Avantage : perte de salaire minimum par individu tandis que l'établissement est pratiquement paralysé et que l'employeur paie ses salariés devenus peu productifs voire inactifs. L'employeur tentera de faire travailler les non-grévistess, l'encadrement ou les intérimaires. Si cela ne s'avère pas suffisant, il fermera l'entreprise pour un temps, c'est le lock out qui lui évite de verser des salaires à des gens inactifs.

Le coulage

Freiner la production en étant le moins productif possible. La grève du zèle Application stricte ou excessive des consignes et des règlements entravant le bon fonctionnement de la production. La grève limitée Les salariés cessent le travail pour une durée limitée. *Une variante : 2500 pilotes d'American Airlines se mettent d'un commun accord simultanément en congés maladies. La grève illimitée Cessation du travail par les salariés jusqu'à ce que ceux-ci décident de reprendre le travail. Avantage : exprime une certaine radicalité, une participation à la lutte, bloque tout ou partie de la production. Inconvénient : perte de salaire importante pour les grévistes. L'établissement peut continuer à produire avec des intérimaires, des non-grévistes. La production peut être réalisée sur un autre site. Le piquet de grève Mise en place de barrages pour empêcher les non-grévistes de pénétrer dans l'établissement pour réaliser l'ouvrage. Les conditions matérielles du piquet sont souvent déplorables : pas d'abris, soumis aux intempéries. Une partie des non-grévistes arrivent parfois à pénétrer dans l'établissement ou bloqués à l'intérieur ils continuent d'assurer la production.

La grève avec occupation

Les grévistes investissent le secteur visé, évacuent les non-grévistess, détournent à leur profit la logistique : salles de réunions, réfectoires, dortoirs, photocopieuses, téléphones et véhicules. La lutte intra muros qui se limite à l'intérieur de l'établissement La lutte extra muros Qui consiste à envahir et occuper tel établissement ou une administration favorable à l'employeur : Direction Départementale du Travail et de Emploi, justice, mairie, local de parti politique, siège d'un journal, Chambre de Commerce et d'Industrie, quartier résidentiel des cadres ou de l'employeur, entreprise où a été transférée la production.

La manifestation de ville

Elle fait découvrir le conflit, popularise la lutte, maintient la pression, permet de jauger le rapport de force. La manifestation nationale voire internationale Suit les mêmes règles que celle de ville mais à une plus grande échelle.

L'intox

Produire rumeurs, informations en tout genre pour fragiliser l'adversaire.

Le discrédit


Rendre publiques des critiques sur la qualité des produits ou services de l'établissement.

Le sabotage

Cette vieille méthode de lutte est toujours pratiquée bien que non médiatisée. Elle doit être manipulée par des individus conscients des risques ou de l'effet catastrophique à terme de certaines destructions pouvant entraîner la fermeture de l'entreprise. Peut être qu'une graduation doit être introduite pour éviter des problèmes néfastes. Le sabotage est une arme très efficace, peu coûteuse pour les grévistes, très nocive pour l'employeur. Il faut toujours conserver à l'esprit que la lutte doit nuire à l'employeur, exploiteur mais pas aux usagers salariés eux-mêmes, ex : les services publics, les transports, EDF, santé, alimentation, etc.

La réappropriation


Reprise sous le contrôle des salariés de biens produits par l'entreprise c'est-à-dire par eux-mêmes.

La vente sauvage

Vente par les grévistes des stocks de l'entreprise pour constituer un trésor de guerre qui les indemnisera.

La production sauvage

Les grévistes utilisent les machines de l'entreprise pour produire des biens qu'ils vendent directement à la population en en réduisant le prix ce qui satisfera tout le monde et apportera des liquidités aux grévistes.

Le travail sauvage

Utilisant leurs propres outils les grévistes réparent fabriquent ou rendent des services aux particuliers moyennant finances. Exemples les coiffeurs de Rennes qui, sur une place publique coupèrent les cheveux. L'argent payé pour ce service allait à la caisse de grève. En Australie, les chauffeurs de tramway, pendant une grève mirent les trams en circulation gratuitement pour la population.

Le boycott

Sur demande des salariés en lutte dans une entreprise, ne pas utiliser ou acheter telle production ou tel service fournis par cette même entreprise. Exemple : le comité de lutte appelle la population à ne pas consommer telle marque de produit tant que les revendications ne sont pas satisfaites. La désobéissance civile Refus d'appliquer, de se soumettre aux lois de l'Etat. Exemple : soutenir et aider des personnes réprimées. Ne pas payer l'impôt, refuser de présenter ses papiers d'identité, de faire l'armée... etc.

La grève généralisée


Situation de grève touchant tout un secteur ou plusieurs secteurs de production ou bien une région, un pays ou un groupe de pays.
La grève générale Grève intercatégorielle, intersectorielle sur un territoire donné région, pays, international. Action consciente et concertée, ce qui la différencie de la grève généralisée. C'est l'arme voulue, souhaitée, défendue par les anarcho-syndicalistes. C'est l'acte ou toute une masse, qu'elle le sache ou non, s'anarchosyndicalise. En effet, à ce stade, les gens en lutte entendent défier leurs adversaires. Ils ne s'en remettent pas au verdict des urnes, ni au gouvernement qui en est issu, ni aux promesses à venir. Les gens en lutte, s'appuyant sur l'action directe, entendent ici et maintenant faire aboutir leurs revendications. La grève générale marque et exprime l'affrontement de classes clairement. Si elle est massive, le rapport de force est optimum et d'autres choix peuvent apparaître. *Une grève générale a immobilisé à 80 % l'économie péruvienne grâce à l'union des étudiants, des travailleurs et des paysans.

La grève générale insurrectionnelle

Les grévistes, pour diverses raisons, deviennent émeutiers, barricadiers. Le peuple se soulève ouvrant la perspective d'une possible expropriation des capitalistes. En 1934, au Portugal, la CGT déclenche une grève générale insurrectionnelle La grève générale expropriatrice Les grévistes, maîtres de la rue, s'emparent des moyens de production, d'échange, de communication. Les entreprises, le commerce, les administrations sont placés sous le contrôle des comités de luttes. C'est le prélude à un changement social profond d'où peut sortir le communisme libertaire ou autre chose mais attention danger. On trouve un exemple de grève générale expropriatrice et insurrectionnelle dans les événements du 19 juillet 1936 en Espagne, alors que la CNT et la FAI regroupaient plus d’1,2 millions d’adhérents

La liberté ne se demande pas, elle se prend !
(merci à subsociety et à la cnt)
le stanislasunderground n'appartient à aucuns courants et se veux libre de toutes attaches pour préserver son indépendance!
Ce qui n'empêche pas la sympathie!

Posté par kazal à 03:26 - Activisme - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

terrorisme poétique selon hakim bey

 

Le Terrorisme Poétique PAR Hakim Bey

C’est une danse étrange et nocturne dans les guichets automatiques des banques. Des feux d’artifice tirés illégalement. L’art-paysager, des travaux de terrassement, ou des objets bizarres dans les Parcs Publics. Rentrez par effractions dans des maisons, mais au lieu de les cambrioler, laissez y des objets de terrorisme poétique. Kidnappez quelqu’un et rendez-le heureux( en lui rendant sa liberté peut être,ça je comprend pas ;Kazal) . Prenez une personne au hasard et persuadez la qu’elle vient d’hériter d’une fortune colossale, inutile et surprenante - 1000 hectares en Antarctique, un éléphant de cirque trop vieux, un orphelinat à Bombay, ou une collection de vieux manuscrits alchimiques. Cette personne réalisera plus tard que durant un moment, elle a cru en quelque chose d’extraordinaire, et elle sera peut-être amenée à rechercher un autre mode de vie, plus intense.     Erigez des plaques commémoratives en cuivre dans les endroits (publiques ou privés) où vous avez connu une révélation ou une expérience sexuelle particulièrement satisfaisante...     Go naked for a sign.     Organisez une grève dans votre école ou sur votre lieu de travail sous prétexte que vos besoins en indolence et en beauté spirituelle n’y sont pas satisfaits.     Les graffitis apportent une certaine grâce aux métros si laids et aux monuments publiques si rigides - le Terrorisme Poétique peut également servir dans les endroits publiques : des poèmes gribouillés dans les toilettes des palais de justice, de petits fétiches abandonnés dans les parcs et les restaurants, des photocopies artistiques placées sous les essuie-glaces des pare-brise des voitures en stationnement, des Slogans écrits en Caractères Enormes collés sur les murs des cours de récréations ou des aires de jeux, des lettres anonymes postées au hasard ou à des destinataires sélectionnés (fraude postale), des émissions radio pirates, du ciment humide....     La réaction du public ou le choc esthétique produit par le Terrorisme Poétique devra être au moins aussi intense que le sentiment de terreur - de dégoût puissant, de stimulation sexuelle, de crainte superstitieuse, d’une découverte intuitive subite, d’une peur dadaesque - il n’est pas important que le Terrorisme Poétique soit destiné à une ou plusieurs personnes, qu’il soit « signé » ou anonyme, car s’il ne change pas la vie de quelqu’un (hormis celle de l’artiste), il échoue.     Le Terrorisme Poétique n’est qu’un acte dans un Théâtre de la Cruauté qui n’a ni scène, ni rangées, ni sièges, ni tickets, ni murs. Pour fonctionner, le Terrorisme Poétique doit absolument se séparer de toutes les structures conventionnelles de consommation d’art (galeries, publications, médias). Même les tactiques de guérillas Situationnistes comme le théâtre de rue sont peut-être actuellement trop connues et trop attendues.     Une séduction raffinée, menée non seulement dans l’optique d’une satisfaction mutuelle, mais également comme un acte conscient dans une existence délibérément belle - pourrait être l’acte ultime de Terrorisme Poétique.     Le Poète Terroriste se comporte comme un farceur de l’ombre dont le but n’est pas l’argent mais le changement.     Ne pratiquez pas le Terrorisme Poétique pour d’autres artistes, faites le pour des gens qui ne réaliseront pas (du moins durant quelques temps) que ce que vous avez fait est de l’art. Evitez les catégories artistiques identifiables, évitez la politique, ne traînez pas pour éviter de raisonner, ne soyez pas sentimentaux ; soyez sans pitié, prenez des risques, pratiquez le vandalisme uniquement sur ce qui doit être défiguré, faites quelque chose dont les enfants se souviendront toute leur vie - mais ne soyez pas spontanés à moins que la Muse du Terrorisme Poétique ne vous possède.     Déguisez-vous. Laissez un faux nom. Soyez mythique. Le meilleur Terrorisme Poétique va contre la loi, mais ne vous faites pas prendre. L’art est un crime ; le crime est un art.    

PS :     No Copyright © Hakim Bey (sans date).

Posté par kazal à 18:27 - Théories artistiques - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

le manifeste Hacker

 

Le manifeste hacker PAR The Mentor    

Ce qui suit a été écrit peu après mon arrestation...    

La conscience d’un hacker

Un autre a été pris aujourd’hui, c’est dans tous les journaux. « Un adolescent arrêté dans un scandale de crime informatique. » « Arrestation d’un Hacker après des tripatouillages bancaires. »     Saleté de gosses. Tous pareils.     Mais vous, dans votre psychologie trois-pièces et dans votre technocervelle des années 50, avez-vous jamais regardé derrière les yeux du hacker ? Est-ce que vous vous êtes jamais demandé ce qui le déclenche, quelles forces lui ont donné forme, qu’est-ce qui a bien pu le modeler ?     Je suis un hacker, entrez dans mon monde...     Mon monde est un monde qui commence avec l’école... Je suis plus intelligent que la plupart des autres gosses, ces conneries qu’ils nous apprennent m’ennuient...     Ces fichus élèves en situation d’échec. Ils sont tous pareils.     Je suis dans un collège ou un lycée. J’ai écouté les profs expliquer pour la quinzième fois comment réduire une fraction. Je le comprends. " Non, Mme Smith, je n’ai pas montré mont ravail. Je l’ai fait dans ma tête... "     Fichu gosse. Il l’a probablement copié. Tous pareils.     J’ai fait une découverte aujourd’hui. J’ai découvert un ordinateur. Eh attendez, c’est cool. Il fait ce que je veux qu’il fasse. S’il fait une erreur, c’est parce que j’ai merdé. Pas parce qu’il ne m’aime pas...     Ou qu’il se sent menacé par moi...     Ou qu’il pense que je suis un petit malin...     Ou qu’il n’aime pas enseigner et ne devrait pas être là...     Fichu gosse. Tout ce qu’il fait, c’est jouer à des jeux. Tous pareils.     Et ensuite, c’est arrivé... une porte s’est ouverte sur un monde... on envoie une pulsation électronique, qui fonce le long des lignes téléphoniques comme l’héroïne dans les veines d’un drogué, on recherche un refuge contre les incompétences quotidiennes... on trouve une planche de salut...     « C’est ça... c’est là qu’est mon appartenance... »     Je connais tout le monde ici... même si je ne les ai jamais rencontrés, je ne leur ai jamais parlé, n’entendrai peut-être jamais plus parler d’eux... je vous connais tous...     Tu peux parier, y’a pas à tortiller, qu’on est tous pareils... à l’école, on nous nourrissait à la petite cuillière de blédine pour bébé alors que nous avions faim de steack... les bouts de viande que vous nous refiliez étaient prémâchés et sans goût. Nous avons été dominés pas des sadiques, ou ignorés par des apathiques. Les quelques-uns qui avaient quelque chose à nous apprendre trouvaient en nous des élèves pleins de bonne volonté, mais ce petit-nombre là, c’était comme des gouttes d’eau dans le désert.     Voici notre monde maintenant... le monde de l’électron et de l’interrupteur, la beauté du bit. Nous utilisons un service déjà existant sans payer pour ce qui pourrait valoir des clopinettes si ce n’était pas administré par des gloutons profiteurs, et vous nous traitez de criminels. Nous explorons... et vous nous traitez de criminels. Nous cherchons le savoir... et vous nous traitez de criminels. Nous existons sans couleur de la peau, sans nationalité, sans parti pris religieux... et vous nous traitez de criminels. Vous construisez des bombes atomiques, vous faites la guerre, vous tuez, vous trompez et vous nous mentez et vous tentez de nous faire croire que c’est pour notre bien, mais c’est nous les criminels.     Oui, je suis un criminel. Mon crime est celui de la curiosité. Mon crime est de juger les gens pour ce qu’ils disent et pensent, pas pour ce qu’ils ont l’air. Mon crime est d’être plus fort que vous, ce que vous ne me pardonnerez jamais.     Je suis un hacker, et ceci est mon manifeste. Vous arrêterez peut-être cet individu-ci, mais vous ne pouvez nous arrêtez tous... après tous, nous sommes tous pareils.    

Ecrit le 8 janvier 1986

Posté par kazal à 18:38 - Cyberpunk et Hacking - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

l'ethique du hack moderne

L’éthique du hack moderne    

Les hackers sont une espéce d’humains (ou d’aliens) qui utilisent la technologie de maniére créative pour continuer à « apprendre en faisant » dans le domaine de la technologie. Le hack est bien plus que le simple plaisir de prendre le contrôle d’un ordinateur tenu par des gens qui ont dépensé beaucoup d’argent et d’années d’étude pour être capables de diriger ces machines.     Il faut voir le « plaisir de déconner avec les ordinateurs de l’armée américaine » éprouvé par des 14-17 ans dans le contexte de la situation sociale de teenagers que le football ou la discothéque n’amusent pas, mais qui se sentent réussir quelque chose en explorant des systémes informatiques. Les ordinateurs leur semblent simplement plus sexy que les filles maquillées qui regardent de haut leur insécurité - et plus faciles, en tout cas, à maîtriser. Mais le hacking a aussi un côté sérieux - qui n’a pas grand-chose à voir avec la fascination de la technologie. Il croit en la liberté de l’information.     Entre ces deux faces du hacking, se tient la compréhension de la technologie - celle du systéme téléphonique ou des ordinateurs en réseau. Une compréhension qui inclut évidemment la compréhension des objectifs de la technologie. Les ordinateurs n’ont jamais été faits pour garder l’information secréte. Ils ont été conçus pour traiter, distribuer et organiser l’information - pas pour la cacher à quelqu’un. Il s’est passé la même chose avec le téléphone ; on l’a inventé pour que les gens se parlent. Ensuite est venu le compteur d’unités - une technologie « ajoutée ». Comme on a ajouté des logiciels aux ordinateurs pour éviter que tout le monde puisse accéder à une information.     Le « hacking » devient plus sérieux quand il se base sur ce bon côté de la technologie pour en tirer un programme politique - nous entendons par là l’organisation active de la vie, et non la merde qu’on nous fourgue aujourd’hui sous le nom de politique. L’éthique du hacker a été créée au MIT, et comprend six régles :        

1 L’accés aux ordinateurs - et à tout ce qui peut nous apprendre comment le monde marche vraiment - devrait être illimité et total.

2 L’information devrait être libre et gratuite.

3 Méfiez-vous de l’autorité. Encouragez la décentralisation.

4 Les hackers devraient être jugés selon leurs oeuvres, et non selon selon des critéres factices comme la position, l’âge, la race ou les diplômes.

5 On peut créer l’art et la beauté sur un ordinateur.

6 Les ordinateurs sont faits pour changer la vie.     Il n’est pas nécessaire de lire Hackers, le livre de Steven Levy, pour réaliser que c’est l’esprit des années 70 qui souffle dans ces principes. Au MIT, le besoin de libérer l’information répondait à un besoin pratique de partager le savoir pour améliorer les capacités de l’ordinateur.

Aujourd’hui, dans un monde où la plupart des informations sont traitées par ordinateur, ce besoin est resté le même - mais il s’étend à tous ceux qui vievent sur cette planéte et ont l’intention d’y faire quelque chose, plus seulement aux fondus de l’ordinateur !     Le hack était (et est encore) la meilleure solution à un probléme - exprimé dans un trés court code de software (« software » contenu dans le cerveau humain inclus). « L’information est le pouvoir » est une réponse un peu trop facile pour expliquer le désir de rendre toute l’information libre. Mais la pensée anarchiste (au sens où les choses pourraient trouver leur ordre sans recours à des structures d’autorité) qui vise à agrandir la capacité d’action en donnant l’information au peuple joue un grand rôle dans le jeu du hack. Les services secrets sont les ennemis naturels du hacker - parce qu’ils institutionnalisent le secret d’état. D’un autre côté, il existe aussi un besoin de protéger la vie privée dans une société d’information - en utilisant la cryptographie. La version actuelle des principes du hack a donc deux régles de plus, qui prennent en compte le nouveau rôle des ordinateurs dans la société : 

1 Ne jouez pas avec les données des autres.

2 Favorisez l’accés à l’information publique, protégez le droit à l’information privée.    


Le hacking est bien plus qu’une simple connaissance de la technologie. Parvenir à se procurer une information qu’on ne veut pas donner au public, et la diffuser largement, c’est aussi cela, être un hacker.
 

Posté par kazal à 18:58 - Cyberpunk et Hacking - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

le sabotage artistique

   

Le Sabotage Artistique PAR Hakim Bey

Le Sabotage Artistique cherche à être parfaitement exemplaire mais en même temps garde une certaine forme d’opacité  pas de la propagande mais un choc esthétique
directement attirant tout en étant subtilement présenté l’action comme métaphore.     Le Sabotage Artistique est le côté obscur du Terrorisme Poétique (la création par la destruction ) mais il ne peut servir aucun Parti, ni aucune forme de nihilisme, ni même l’art. Tout comme le bannissement de l’illusion amplifie la conscience, la démolition du fléau esthétique adoucit l’air du monde du discours, de l’Autre. Le Sabotage Artistique sert uniquement la conscience, l’attention, l’éveil.     Le Sabotage Artistique transcende la paranoïa, la deconstruction ( la critique ultime ) l’attaque physique sur l’art nausébond ( le djihad esthétique). La moindre trace du plus insignifiant égoïsme ou même de goût personnel abîme sa pureté et vicie sa force.
Le Sabotage Artistique ne cherche jamais le pouvoir  il ne fait que le libérer.     Les réalisations artistiques individuelles (même les pires) sont largement hors de propos le Sabotage Artistique cherche à détruire les institutions qui utilisent l’art afin de diminuer la conscience et le profit par l’illusion. Tel ou tel poète ou peintre ne peut être condamné pour manque de vision mais les Idées pernicieuses peuvent être combattues par les objets qu’elles génèrent. La musique de supermarché est destinée à hypnotiser et à contrôler , on peut détruire son mécanisme.    
Les autodafés de livres( Stanislas Kazal pas rejette cela voir note 1)
- pourquoi les rednecks [1] et les Douaniers devraient-ils avoir le monopole de cette arme ? Les histoires d’enfants possédés par le diable ; la liste des bestsellers du New York Times ; les tracts féministes contre la pornographie ; les livres scolaires (plus particulièrement les livres d’études sociales, civiques, de Santé) ; des piles de New York Post, Village Voice et autres journaux de supermarché ; un choix de glanures de publications chrétiennes ; quelques romans de la collection « Arlequins » - une atmosphère festive, du vin des joints passant de mains en mains par un bel après-midi d’automne.     Jetter de l’argent à la Bourse fut un acte intéressant de Terrorisme Poétique mais détruire l’argent aurait été un excellent acte de Sabotage Artistique. Pirater les émissions TV et y programmer quelques minutes de Chaos incendiaire constituerait un exploit de Terrorisme Poétique alors que faire exploser la tour de transmission serait un Sabotage Artistique parfaitement adéquat. Si certaines galleries et musées méritent qu’on lance à l’occasion un pavé dans leurs vitrines - pas de destruction, mais une décharge d’autosatisfaction - alors qu’en est-il des banques ? Les galleries transforment la beauté en produit, mais les banques transmutent l’Imagination en déchets et en dettes. Le monde n’y gagnerait-il pas plus en beauté à chaque banque qui tremble...ou s’écroule ? Mais comment y parvenir ? Le Sabotage Artistique devrait probablement se tenir à l’écart de la politique (c’est si ennuyeux) - mais pas des banques.     Ne faites pas grève [2] - pratiquer le vandalisme. Ne protestez pas - défigurez. Lorsque l’on vous impose la laideur, de mauvaises conceptions et un gaspillage stupide, contestez, et lancez votre chaussure dans les oeuvres, ripostez. Brisez les symboles de l’Empire au nom de rien si ce n’est l’envie de grâce du coeur.

PS :     No Copyright © Hakim Bey (sans date).    

[1] Les « beaufs » en quelques sorte( je ne suis pas d'accord avec la notion d'autodafé on ne peut pas combattre la pensée unique en utilisant ce genre de procédé digne de l'obscurantisme, je juge cela dangereux, on est loin de la grâce du coeur, car bien souvent la connerie sert d'aiguillon à  l'intelligence et je crois qu'il faut utiliser le sabotage artistique pour révéler  l'ineptie, convaincre est plus important que vaincre. stanislas Kazal)

[2] Allusion à l’initiative de la Art Strike, lancée à partir de 1986 par des opérateurs culturels et des artistes anglais et américains pour « mettre en crise le statut de privillèges bourgeois dont jouissent les artistes ». H. Bey s’oppose à cette initiative « nihilistes » qui vise à la suppression de l’art sans assumer sa réalisation. A cette « Art Strike » H. Bey oppose la reconquète de l’art comme jeu et donc comme moment de la vie et de la pratique subversive. ( certe mais comment demander à des pères de familles intermittent du spectacle qui perdent leurs jobs de considérer  leurs luttes comme un jeu artistique,  que l'on  désamorce   la tension négative pour l'aboutissement ou que l'on étendent le domaine de la lutte d'accord  mais orienter  la lutte sur cet aspect unique me paraît très petit bourgeois précisement à l'inverse de ce que veux démonter lui même Hakim Bey, l'intérêt d'utiliser des moyens différents que la grève et de déplacer la contestion donc la grêve sur un autre plan. cela n'est possible que si le combat sur le terrain social parallélement est assuré de manière cohérente avec l'ensemble des domaines de luttes et de contestations, ou alors autant pisser dans un violon en se la jouant rebelle comme certains bobo et en se décridibilisant en tant qu"artistes. Attention de ne pas donner des arguments à l'authentoc et à la pose cher Hakim Bey.Pour t'apprendre je fous de la pub sur ton article Na!  Stanislas Kazal).

Stanislaskazaltoplist

Posté par kazal à 19:56 - Théories artistiques - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

def

 

Vous êtes perdu et vous avez peur de la confusion des genres même si c'est pas grave car bien souvent ils sont confondus!  Le stanislaskazalundergroundblog  vous propose une définition non exhaustive de genres et de sous- genres....

  L'ANTICIPATION

C'est Alphaville et Rollerball, Malevil et Mad Max.
DEFINITION :
On peut parler d'Anticipation, lorsque, dans un monde futur du réel, on se trouve en présence de phénomènes compatibles avec les lois dites naturelles.
EXEMPLE
En l'An 2000, une pomme se détache de la branche d'un pommier et tombe vers le sol.





LA SCIENCE FICTION

"Science et fiction" ou "fiction scientifique", cela va de Metropolis à la Guerre des Etoiles et de Frankenstein à l'Homme Invisible .
DEFINITION :
On peut parler de Science Fiction lorsque, dans un monde réel, il y a intervention de l'homme dans le processus de phénomènes incompatibles avec les lois dites naturelles.
EXEMPLE
Un chercheur à découvert un procédé qui inverse localement la gravitation, ce qui permet ainsi à une pomme qui se détache de son arbre, non pas de tomber, mais de sélever dans les airs.





LA RETROCIPATION


C'est dans la lignée de la Guerre du Feu.
DEFINITION :
On peut parler de retocipation, lorsque, dans un monde passé du réel, on se trouve en présence de phénomènes compatibles avec les lois dites naturelles.
EXEMPLE
En 80.000 avant J.C., une pomme se détache de la branche d'un pommier et tombe vers le sol.





L'INSOLITE


On peut y ranger Freaks, La Nuit du Chasseur ou Elephant Man.
DEFINITION :
On peut parler d'Insolite, lorsque, dans un monde du réel, on se trouve en présence de phénomènes inhabituels mais compatibles avec les lois dites naturelles.
EXEMPLE
Lorsqu'une pomme, se détachant de la branche du pommier, au lieu de tomber vers le sol, se met à s'élever vers le ciel, on peut dire que l'on se trouve devant un fait en contradiction avec les lois de la gravitation. Mais si après examen, on constate qu'il s'agit d'un ballon en forme de pomme gonflé à l'hélium, cela est dès lors compatible.





LE MERVEILLEUX

C'est celui des contes de fées ("La Belle et la Bête") et de la mythologie (Jason et les Argaunautes), de l'onirisme (Alice au pays des merveilles) ou du dessin animé (l'univers de Tex Avery)
DEFINITION :
On peut parler de merveilleux lorsque, dans le monde de l'imaginaire, on se trouve en présence de phénomènes incompatibles avec les lois dites naturelles.
EXEMPLE
Le jardin enchanté des Hespérides, planté de pommiers dont les branches sont chargées de pommes d'or qui procurent l'immortalité.





LE FANTASTIQUE


De tradition souvent folkorique, il met en scéne des créatures de légende (Dracula, le Loup-garou); des morts-vivants (La nuit des morts-vivants); des fantômes (l'Aventure de Mme Muir); des sorcières (Ma femme est une sorcière); le Diable (La Main du Diable); les maisons hantées (Amytiville), les miracles (Les dix commandements°)
DEFINITION :
On peut parler de Fantastique, lorsque dans le monde du réel, on se trouve en présence de phénomènes incompatibles avec les lois dites Naturelles.
EXEMPLE
Lorsqu'une pomme, se détachant de la branche du pommier, au lieu de tomber vers le sol, se met à s'élever vers le ciel, on peut dire que l'on se trouve en contradiction avec la loi de la gravitation.





L'EPOUVANTE


de Psychose à Répulsion et de Massacre à la Tronçonneuse à l'Au-Délà
DEFINITION :
On peut parler d'épouvante lorsque, dans le monde réel ou de l'imaginaire, on se trouve en présence de phénomènes qui tendent à susciter chez le spectateur certaines réactions pychiques ou visérales dans le registre de la peur.
EXEMPLE
Une pomme qui se détache de son arbre, arrive sur le sol couverte de sang..





LE GORE


De Brain Dead à la série des Cannibal'Movies (voire, le snuff movie)
DEFINITION :
On peut parler de gore lorsque, dans le monde réel ou de l'imaginaire, on se trouve en présence de phénomènes qui tendent à susciter chez le spectateur  lorsque les réactions psychiques ou visérales sont poussées à l'extrême (explosion de sang, coups mortels portés,...) un dégout certain.
EXEMPLE
Une pomme qui se détache de son arbre, tombe sur la tête d'un passant innocent et lui éclate la tête en une grande gerbe de sang et de lambeau de cerveau.


LE THRILLER


De Frantic au Tremblement de Terre
DEFINITION :
On peut parler de thriller lorsque, dans le monde réel, on se trouve en présence de phénomènes qui tendent à susciter chez le spectateur certaines réactions angoisse ou se suspence.
EXEMPLE
Une pomme qui se détache de son arbre, suite à un tremblement de terre et les survivants tentent d'y arriver aux travers d'aventures pour la manger.

Posté par kazal à 20:35 - cinéma de genre - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 avril 2005

cyber punk

 

Le cyberpunk, contre-culture des années 90 ?

LE QUARTIER CHAUD DE LA COMMUNAUTÉ VIRTUELLE    

Alors que la zone amorphe appelée cyberspace est en train de devenir une réalité, il est clair que son territoire n’est pas ce que nombre de ses défenseurs voudraient bien qu’il soit. Le cyberspace aurait dû être un milieu aseptisé, hiérarchisé, propre et homogène, comme une salle des commandes du Pentagone, puisque, après tout, l’ARPAnet (devenu aujourd’hui l’lnternet), avait été conçu à l’origine pour rendre plus efficace l’automation du warfare... Et lorsque les cerveaux du NSFNet [1] ont commencé à l’utiliser, ils lui imprimèrent leur propre marque de propriété - selon leur modèle de prédilection qui est celui du laboratoire scientifique hermétiquement clos, de la tour d’ivoire de la recherche pure, sans limites, et du discours ininterrompu. Ces deux modèles, la salle de commandes militaire et le laboratoire scientifique, ont été les premières bases pour les réseaux d’ordinateurs. Mais arrivèrent bientôt les trouble-fêtes. Leur modèle était différent - la Chiba City du Neuromancien de William Gibson [2]. Une cité-taverne réputée speedée, dangereuse, exotique et sauvage. Les partisans enthousiastes de la « communauté virtuelle » virent de nombreuses possibilités pour les nouvelles technologies télématiques. Les gens pouvaient ainsi se retrouver autour d’intérêts et de projets communs, y compris lorsque la séparation géographique aurait normalement dû rendre cela impossible. Le réseau pouvait réunir des techniciens, des artistes, des poètes, des philosophes et des activistes autour de nouveaux projets pour transformer la société. Mais leur vision restait encore plutôt ascétique. Elle ne laissait aucune place à la plaisanterie, aux échanges, aux conflits, aux vantardises, à la propagande ou aux aventures. Leurs communautés, si elles avaient vu le jour, auraient bien trop ressemblé à ces projets banlieusards de vie communautaire - vous savez, ces espaces cloîtrés à l’écart du reste du monde, avec des perspectives parfaitement ordinaires et des halls d’entrée prétentieux. Mais les nouveaux invités indésirables étaient des enfants des faubourgs (inner city). Les faubourgs de l’imagination au moins, si ce n’est ceux du « monde réel. » Dès la moitié des années 80, il était évident que le cyberspace avait de nombreuses zones-frontières où tout type de bandits et d’artistes de l’arnaque pouvaient exercer leurs talents. Ces gens n’étaient pas tous de joyeux et heureux voyageurs des Super Autoroutes de l’information. Certains d’entre eux ne s’en cachait pas. Ils voulaient mettre la pression sur le système, jeter un grain de sable dans le bouillonnant mécanisme de connexion des compagnies de télécom. Il y avait déjà eu des prédécesseurs : les hackers du MIT, convaincus qu’il n’existait pas de porte verrouillée, ou de mot de passe, qui constitue un obstacle, les « phreaks » des années 70 qui pratiquaient les téléconférences à vingt grâce au blueboxing [3], et les « pirates » qui pensaient qu’aucune protection de logiciel ne devait échapper au crackage. C’était les enfants à problèmes de l’« Opération Sundevil » [4]. Ils lisaient un genre particulier de S-F qui proposait un futur dystopien et techno-entropique. Le nom de ce genre littéraire était le cyberpunk. Hacker la vieille contre-culture Pendant longtemps, une des certitudes de la pensée politique américaine fut l’existence d’un cycle de trente ans qui verrait s’alterner conservatisme et expérimentation dans la politique de l’Union. Dans les années 80, l’Amérique sort juste alors d’une décade de conservatisme, et tout le monde s’attendait ce que quelque chose dans le genre des années 60 ait de nouveau lieu au cours des années 90. Pour aller à la rencontre de cette rétro-expectative, les concepteurs de mode s’exécutèrent vivement, recyclant tout un tas de choses : des sandales hippies aux vestes Nehru. Personne ne pouvait imaginer ce que les années 90 apporteraient - on parlait de nouvelle sensibilité fiscale, de nouveau comportement de repli sur le privé (cocooning), et peut-être même d’une nouvelle simplicité. Rien qui ne ressemble véritablement à une contre-culture ; juste un retranchement culturel. C’est alors que le Time magazine, ce grand baromètre de la vie américaine, nous a indiqué ce que serait la contre-culture : le cyberpunk. Une nouvelle explosion juvénile était sur le point d’advenir - mais c’était une Xplosion de génération, qui entendait rester dans les airs plutôt que dans les rues. On s’est vite rendu compte que cette nouvelle contre-culture n’était pas exactement comme l’ancienne. Ils préféraient les raves, avec leur musique digitale hyper-accélérée et remixée, aux simples mélodies acoustiques du folk ; leur drogue de prédilection était l’Ecstasy et non l’herbe. Ceux-ci n’étaient pas les enfants-fleurs New Age en attente du « peace and love » ; au contraire c’était les hip-hoppers New Edge la recherche du « tech and cred » [5]. Plutôt que d’êtres porteurs d’une sorte de romantisme du « retour à la nature », ces gens préféraient e désordre urbain de la ville, voyant la technologie non comme l’ennemi, mais comme une arme choix pour eux. Leurs héros n’étaient pas les hippies de People’s Park -- au contraire, ils ont choisi comme saints les pionniers de la radio pirate. Il n’y a rien de surprenant à ce que de vieilles personnalités de la contre-culture comme Timothy Leary, John Perry Barlow et Robert Anton Wilson aient rapidement rejoint leurs rangs, proclamant que le cyberpunk serait la prochaine vague de lutte contre le système et tout ce qu’il représente. Il y avait des similitudes superficielles bien sûr. Les cyberpunks ont un curieux enthousiasme pour les produits neurochimiques, en particulier pour ceux dont ils disent qu’ils accroissent l’énergie, l’intelligence ou la mémoire, mais ils refusent l’idée que les drogues puissent conduire à une quelconque paix et harmonie mystique. Ils se tiennent à l’écart de l’activisme politique, de la désobéissance civile et des marches de protestation. Ils préfèrent plutôt une forme plus essentielle de guérilla - qui utilise les lignes téléphoniques en lieu et place des piquets de grève. Il ne sert à rien de demander à L’Homme quoi que ce soit. Il suffit de saisir ton clavier et de prendre ce que tu veux de lui, parce qu’il ne te le donnerai pas. Défier les normes de l’ordre émergeant de l’information Pour que le cyberpunk soit une contre-culture, il lui fallait une culture contre laquelle se rebeller. Et ce n’est certainement pas ce qui manquait. Il y avait la culture des entreprises multinationales, qui voyaient l’information comme une chasse gardée ; la culture de la nouvelle économie de l’information et des services, qui ne proposait à nos rebelles sans grands moyens que des places de programmeurs chez McJobs ou McData ; et la culture de l’establishment informatique qui posait tout un tas de règles stupides sur où l’on pouvait aller et où l’on ne pouvait pas aller dans le cyberspace. Le slogan de la vieille contre-culture était « Faites l’amour, pas la guerre. » C’est mignon. Mais le slogan de la nouvelle contre-culture était bien moins romantique, et plus concret. « L’information veut être libre. » Le caractère rebelle de ce slogan n’est pas évident au premier abord. Mais lorsque vous y pensez, il est aussi dangereux que tout autre manifeste. Il fait référence à tout type d’information. Comment écouter aux portes de tout un chacun. Comment trafiquer des distributeurs ou des téléphones publics. Comment produire des K7 pirates de concerts. Comment accéder à des informations gouvernementales confidentielles. Comment écrire des virus. Comment écrire des bombes logiques qui paralysent des systèmes informatiques. Comment s’introduire sur les messageries vocales des grandes entreprises. Comment utiliser des satellites ou le câble sans payer. Comment fabriquer une bombe artisanale ou produire son propre LSD. Comment saboter son poste de travail. Comment pénétrer dans les banques de données. Jusqu’à comment obtenir des informations sur autrui - des choses que l’on peut considérer comme relevant de l’intimité - et comment les utiliser contre eux. Dans un ordre multinational de l’information, où les éditeurs de films, de logiciels, de livres et d’autres formes d’information cherchent en permanence à établir un standard monopolistique de propriété intellectuelle (avec des traités comme le GATT), de façon à ce que personne d’autre ne puisse leur soustraire les paquets de dollars (surtout pas quelqu’un du tiers-monde) ; où les autres corporate cherchent avec zèle à protéger leurs « secrets professionnels » de tout espionnage industriel, le slogan « L’information veut être libre » sonne comme le tic-tac d’une bombe à retardement. Les entreprises multinationales veulent un contrôle total sur l’information pour s’accaparer les données qui mettent en évidence leur pénétration du marché et les opportunités d’investissement. L’information est le nerf vital des multinationales, parce qu’elles doivent en permanence avoir l’œil sur les marchés financiers un peu partout dans le monde. Si quelqu’un reste là à semer la pagaille dans la tuyauterie, les CEO [6] deviennent de façon compréhensible un peu nerveux. Détenir le pouvoir à l’ère cybernétique A mesure que les ordinateurs contrôlent toujours plus d’aspects de la société, ceux qui peuvent contrôler ces ordinateurs détiennent plus de pouvoir, c’est là quelque chose de l’ordre de l’évidence. Les ordinateurs guident notre système de transport, administrent nos affaires, se permettent de communiquer l’un avec l’autre, automatisent de nombreux aspects de notre vie et conservent une grande quantité d’informations sur toutes ces choses et sur nous tous. Ils font l’affaire de l’État et des entreprises. Ils sont, donc, la cible évidente de la rage des mécontents. Tu n’aimes pas ton chef ? Redirige tous ses appels téléphoniques extérieurs vers une ligne érotique. Tu n’aimes pas ton professeur ? Fait irruption sur l’ordinateur de l’école et « fixe » toi-même ta note. Tu n’aimes pas tes fréquentations ? « Corrige » juste le taux d’intérêt de leur compte bancaire. La société t’irrite ? Désynchronise les feux tricolores du centre ville. Le gouvernement te rend fou ? Bombarde chaque numéro de fax de la présidence de la République avec des dessins de Zippy the Pinhend. Il y a tant de gens qui sont dépendants des ordinateurs dans leur vie que tout groupe qui réussi à en prendre le contrôle acquiert un grand pouvoir. Les cyberpunks savent cela. Souvent ils proclament qu’il y a une mission sociale élevée dans leurs méfaits. En s’introduisant dans le système téléphonique, ils veulent prouver que celui-ci n’est pas fiable. En pénétrant les systèmes de sécurité, ils proclament qu’ils veulent montrer combien est ridicule la confiance que la société place dans la technologie pour sa propre sécurité. En lisant votre courrier électronique, ils veulent que vous preniez conscience que le gouvernement aussi est probablement en train de le faire, et que vous devez vous protéger par le cryptage. Les auteurs de virus/bombes logiques/chevaux de Troie se considèrent comme l’avant-garde du mouvement - ils sont le Wether Underground [7]du cyberpunk. Les ordinateurs contrôlent trop d’aspects de nos vies - il est inutile de hacker ici ou là dans le système. Il faudrait les éteindre tous. Infecter un ordinateur gouvernemental avec un virus n’est pas juste un divertissement. C’est du terrorisme politique. Imaginez ce qui se serait passé si, pendant la guerre du Golfe, quelqu’un avait été capable d’infecter avec un virus le système militaire C3I et de paralyser ainsi la capacité de coordination des forces armées US. Une chose pareille aurait arrêté la guerre bien plus rapidement que n’importe quel sit-in pacifiste. À l’ère cybernétique, l’action directe assume une signification nouvelle. L’« organisation sociale » de l’underground informatique Il y a quelques années Gordon Meyer a écrit un article ainsi intitulé. En substance, il avait choisi de voir l’underground informatique comme une confédération libre d’organisations criminelles. C’est ainsi aussi qu’en général les services secrets voient les choses, bien que les partisans du cyberpunk objectent que leurs actions ont une grande importance sociale et politique ; c’est du moins ce qu’affirment leurs manifestes. En tout état de cause, si le cyberpunk avait réellement été une sorte de mouvement contre-culturel, on pourrait s’attendre à y trouver une quelconque forme de solidarité ou de coopération. Le cyberpunk a visiblement échoué de ce point de vue, parce qu’il semble bien qu’il n’y ait aucune « finalité » commune pour le mouvement. Il y a des gens qui pratiquent le hacking ici ou là, mais sans aucune coordination, ni objectifs ou structures communs. Les cyberpunks sont connus pour s’espionner les uns et les autres et pour s’opposer les uns aux autres. Et pour se poignarder dans le dos par n’importe quel moyen. La paranoïa des hackers est légendaire - ils ne croient personne, et dans la mesure où beaucoup d’entre eux ont recours au « social engineering » [8] pour rouler les gens, ils s’attendent à ce que les autres fassent de même avec eux. Il n’y a pas de colère qui égale celle du cyberpunk humilié. Ils inventent des stratagèmes incroyables pour se venger de celui qui prétend être bien meilleur hacker qu’eux. C’est là que le cyberpunk ne réussit pas à être une véritable contre-culture. Malgré les slogans et les manifestes, il ne semble pas y avoir de valeurs communes. Il y a des tentatives pour faire émerger une éthique du hacker - vous pouvez distribuer les logiciels piratés au lieu de les vendre pour votre seul profit, etc. - mais sans effort pour la renforcer et en faire un véritable standard. Beaucoup de membres de l’underground informatique n’ont réellement pas le moindre sens d’une grande mission sociale dont seraient porteuses leurs activités. C’est juste une façon pour eux d’obtenir gratuitement des choses dont ils ont envie et d’aller dans des lieux où ces sales grandes personnes les contraignent à payer des droits d’entrée exorbitants. Ils peuvent voler le code confidentiel de carte téléphonique d’une petite vieille avec la même prestance qu’ils voleraient le service WATTS d’une grande entreprise. Il ne semble pas réellement y avoir d’organisation sociale de l’underground digital, parce que la plupart des cyberpunks sont des solitaires, travaillant pour leur propre compte. Certains se rassemblent en groupes comme TAP ou 2600, mais ils le font uniquement pour s’échanger des codes, des hacks ou d’autres informations - il n’y a pas de réels efforts pour collaborer sur des projets. Les sociologues ne savent vraiment pas ce qu’est réellement la population de l’underground informatique. La plupart pensent que le cyberpunk moyen est un mâle américain, blanc, des classes moyennes ; un adolescent socialement inepte à l’hygiène douteuse. C’est peut-être cela la moyenne démographique, mais personne n’a jamais fait d’étude pour le comprendre. Ce portrait masque l’internationalisation croissante des échanges entre hackers, alors que le Tiers-monde commence à se lasser du monopole de l’information du « Premier monde. » En fait, en dehors des USA, la dimension politique du cyberpunk retient plus l’attention, parce que les motivations du vol informatique correspondent à un réel besoin, et non au fruit d’un ennui banlieusard et d’une rebellion adolescente. Cyberpolitique : existe-t-elle vraiment ? Alors que peu de cyberpunks sont clairement politiquement actifs, au sens classique du terme (beaucoup ne votent pas), dans leurs discussions entre eux un sens politique implicite se fait jour. Le système de valeurs de base de la plupart des cyberpunks est le libertarisme [9]. Le gouvernement n’a absolument aucun droit de vous dire ce que vous pouvez faire ou ne pas faire avec votre modem, ou quelles informations vous pouvez acquérir ou envoyer, ou ce que vous mettez dans votre corps, ou ce que vous pouvez faire avec votre argent Pour la plupart l’intimité (privacy) est une question importante -ils sont fatigués que le gouvernement lise leur courrier ou conserve des données les concernant (qui surveille le surveillant après tout ?), ils utilisent donc des méthodes de cryptographie pour protéger leurs communications et leurs échanges. Depuis que théorie et technologie du cryptage de données sont supposées être (en théorie) sous le seul contrôle de la National Security Agency (le code/chiffre est classé comme « munitions » au regard de l’exportation), fournir aux gens des clefs d’accès publiques est aussi un acte de rébellion. Les membres de l’underground informatique (CUers) qui pratiquent cela sont nommés les « cypherpunks « , et ils pensent que les gens doivent utiliser le cryptage pour se protéger de l’État, et le cassage de code pour accéder aux informations réservées et jalousement gardées. Certains « cypherpunks » pensent que le cryptage pourrait finalement détruire l’État - si quelqu’un crypte ses transactions financières, l’imposition deviendrait impossible. Ce n’est pas sans raison que beaucoup d’entre eux sont appelés « cryptoanarchistes. » La cyberpolitique est à la base substantiellement influencée par ce qui se passe dans la culture en général. Théorie du chaos, postmodernisme, dadaïsme et situationnisme (en particulier chez ce dernier l’utilisation du canular élaboré et du détournement culturel pour éreinter le « spectacle ») influencent le pessimisme des politiques du cyberpunk. Le cyberpunk prend appui sur les détritus que rejette la société - lambeaux de manuels de systèmes téléphoniques, équipements électroniques mis au rencard et sorties imprimante de mots de passe périmés - pour une bonne part de de leurs activités. Dans une large mesure, sa politique est juste une forme de parasitisme. La société n’est pas en voie d’amélioration, mais les plus intelligents des « cow-boys des consoles » seront les mieux préparés pour exploiter la situation et la tourner à leur avantage. Poudre aux yeux et mystification : réflexions sur l’« info-crime » Si vous rentrez chez quelqu’un, sans rien y prendre de valeur et fermez la porte en repartant, aurez-vous commis un délit ? Qu’en est-il si vous changez la disposition des posters sur le mur, ouvrez et fermez tous les tiroirs, et recopiez tout ce qu’il y a de noté dans le carnet personnel, mais toujours sans rien prendre de valeur ? Avez-vous commis un délit ? Qu’en est-il si vous recopiez ce qu’il y a dans le journal intime du propriétaire des lieux, ou encore si vous utilisez la chaîne hi-fi ou si vous cassez les verres ? Là les choses deviennent un peu plus délicates. C’est ce qui se passe avec le fait de hacker un ordinateur. Beaucoup de ces « intrus » commettent des actes malveillants - effacer des données, déposer un cheval de Troie, des bombes logiques ou des virus, lire le courrier personnel, ou harceler d’autres usagers. Et puis il y a ceux qui pénètrent les systèmes informatiques avec les mêmes motivations que pour l’ascension du Mont Everest. Parce qu’il est là. Si quelqu’un pénètre dans un ordinateur, copie des informations par ailleurs disponibles publiquement, sans rien effacer ni changer, il ne laisse pratiquement pas de traces de son passage. Cependant, de nombreux administrateurs de réseaux informatiques sont justement formés pour relever les éventuels signes de telles « intrusions. » Pénétrer dans un ordinateur, tout comme pénétrer dans une maison, est défini comme un délit. Mais il me semble que la véritable activité criminelle concerne ce que vous faîtes une fois que vous êtes à l’intérieur. Et si vous laissez quelque chose de mignon (peut-être des fleurs) pour celui qui habite là ? Ou alors un petit mot pour dire quelque chose du genre « vous avez besoin d’une meilleure serrure » ? C’est ce qui semble le plus « embarrassant » par rapport aux lois en vigueur sur le crime informatique. Outre le fait qu’elles sont pratiquement inapplicables. Presque tout le monde conviendra probablement qu’il n’est pas correct de voler des codes de cartes téléphoniques ou de cartes de crédit à des personnes confiantes et innocentes, ou de piocher dans leur compte en banque. Mais qu’en est-il pour le blueboxing et le fait d’ « emprunter » un peu de service téléphonique à AT&T ? C’est-à-dire que vous passez un coup de fil d’une valeur de 15 $ gratuitement. Rien de comparable avec le fait que les entreprises de télécommunication et de services câblés pressent le client comme des citrons. Et, alors que la copie « pirate » de logiciels est un délit, ce type de vol est apparemment un des plus répandus dans le monde, dans la mesure où très peu de gens respectent les instructions précises et explicites des licences d’utilisation qui interdisent la copie - licences qui vous donnent accès à l’utilisation du programme (lisez la notice) et non au code du programme lui-même ! Si les émeutes de Los Angeles ont été une « rébellion », certains de ces « crimes » informatiques peuvent-ils aussi alors être définis comme une insurrection ? Et qu’en est-il des vieux « hackers » et des vieux « punks » ? Steven Levy et d’autres, qui connaissaient les premiers hackers du MIT, deviennent fous. Ce qui les rend furieux c’est que ces « hooligans » des années 90 aient usurpé le nom de « hackers. » Ils préféreraient que ces gens soient appelés des « crackers », parce qu’ils ne respectent pas la « noble éthique hackers » des hackers du MIT - rendre la technologie accessible à tous ; décentraliser l’information ; créer des codes sources compréhensibles plutôt qu’élégants. Tout objet qui comportait un minimum de composants technologiques et était employée à un usage autre que celui prévu à l’origine (probablement parce que mal conçue) était un « hack. » Ce que Levy objecte c’est que les hackers originaux tentait de diffuser de l’information aux masses et non de l’accumuler à leur seul profit ou pour potentialiser leur agenda électronique. Des gens qui préféraient « programmer plutôt que dormir », et qui ont fait la révolution de l’ordinateur personnel (personnal computer) qui a libéré l’Amérique. Bon, d’accord. Mais certaines personnes ont fait remarquer à Levy que les premiers hackers n’étaient pas si différents après tout. Beaucoup d’entre eux s’en sont sortis avec des manœuvres tout aussi élaborées pour voler du temps d’utilisation sur l’ordinateur central de l’Université - c’était, eux aussi, des « envahisseurs d’ordinateurs « qui trouvaient aussi des moyens de soutirer quelque chose au distributeur de Coca-Cola et au téléphone public. De nombreux cyberpunks soutiennent que cette dichotomie (cracker = fourbe, méchant, dangereux, destructeur, etc. et hackers = ouvert, conscient, honnête, constructif, etc.) est totalement fausse, et que Levy pêche par une bonne dose de romantisme. près tout, n’est-ce pas Wozniak et Jobs [10] qui ont trahi lorsque Apple a breveté l’architecture e son système, la transformant en monopole effectif ? Les hackers dépassaient les limites ; les crackers se limitent à utiliser ce qui existe. Ou, du moins, c’est ce qui se dit. Les punks originaux ont, eux, émis des protestations contre l’étiquette cyberpunk. Qu’est-ce donc que cette histoire de technique et de compétences techniques ? Pour la musique punk tout tenait là - quelle importance cela -t-il que tu ne saches pas réellement jouer ? Monte sur scène et fait donc un peu de bruit : quand même ! Les punks des années 70 regardent avec une certaine ironie ces « computer nerds « [11] qui utilisent l’appellation punk, comme i porter ces tranquilles vêtements « ordinaires », achetés au mall ( [12] donnait une quelconque sorte d’avantage. Pour beaucoup de ces punks originels, le cyberpunk c’est beaucoup trop e pose, et trop peu de substance. Dans tous les cas, il est évident que les termes « cyberpunk » et « hacker » sont des domaines contestés ; et, sous certains aspects, celui de l’« underground informatique » aussi. Cyberpunk : nouveaux sous-prolétaires de l’ère de l’information, ou bien alors quelque chose de bien plus sérieux ? N ous avons donc vu que sous certains aspects e cyberpunk est une nouvelle contre-culture, et sous d’autre non. Comme pour n’importe quel mouvement, la question reste toujours la même : se vendront-ils ? Seront-ils récupérés ? Le capitalisme a, comme toujours, trouvé divers moyens pour profiter de la tendance, avec des romans cyberpunks, des vêtements, des jeux vidéo, des gadgets et ainsi de suite, réalisant ce processus qu’Herbert Marcuse décrit si bien. Le fait que beaucoup d’ex-hackers vont maintenant travailler pour des entreprises de sécurité informatique suggère (non sans surprise) que, comme les hippies des années 60, ces personnes sont prêtes à tout brader pour un travail peinard et un jet de fonction. Les cyberpunks constituent-ils un défi plus sérieux pour le système que leurs prédécesseurs ? Comme suggéré plus haut, ils en ont indéniablement le potentiel. Essayez d’imaginer la consternation de l’exécutif de la Hagen Daz lorsqu’il découvre que 20 000 caisses ont accidentellement été dirigées vers le Pôle Nord. Ou la frustration du bureaucrate gouvernemental qui s’aperçoit que tous ses fichiers sur les « fauteurs de troubles » ont été cryptés. Ou la colère du général de Pentagone qui découvre que ses avions télécommandés bombardent l’Océan plutôt que Saddam Hussein. Ou encore le patron d’un monopole médiatique qui trouve que son réseau de satellites ne semble plus capable que de diffuser « Ren N Stimpy. » Mais pour ces mêmes raisons les cyberpunk peuvent aussi représenter un danger encore plus grand pour la société dans sa globalité, et pas seulement pour les « pouvoirs constitués. » Plutôt que de simplement se mettre « en dehors » de la société, ou de juste se nourrir de façon parasitaire de ses monopoles d’informations, les cyberpunks ont le potentiel pour la changer. Mais pour le faire, ils devront apprendre ces ennuyeuses leçons de l’histoire du Mouvement. Vous savez ce qu’elles sont. Les étudier. Penser globalement, agir localement. Et le plus important, ne pas se lamenter, s’organiser. Il suffit de penser à ce que les cyberpunks pourraient faire s’ils apprenaient maintenant à coopérer, parler et avoir confiance entre eux. Si, au lieu de faire des farces sur l’Homme, ils commençaient maintenant à essayer et à lui enlever un peu de son pouvoir. Si, au lieu de saboter des BBS de base, ils perturbaient les transmissions de machines de propagande comme Voice of America [13]. Alors nous pourrions dire que peut-être, finalement, la nouvelle contre-culture est arrivée à maturité... PS : No-copyright © Seeker1. Traduction de l’américain et notes par Aris Papathéodorou.

[1] Réseau électronique de la National Science Fundation (NSF) qui, en se combinant avec le réseau militaire ARPAnet, et d’autres réseaux, sera une des contributions majeures à la naissance de l’lnternet.

[2] William Gibson, Le neuromancien, J’ai lu, 1984, Paris. Traduit dans de nombreuses langues, ce premier roman de Gibson est considéré comme l’acte de naissance de la science-fiction cyberpunk, devenant du même coup une référence culturelle majeure pour toute une génération.

[3] Le fait d’utiliser la petite boîte bleu (bluebox) magique... qui permet de téléphoner gratuitement.    

[4] Opération de la police fédérale d’envergure contre les « hackers. » Voir Nicolas Auray, « Le prophétisme hacker et son contenu politique », alice, automne 1998, numéro 1. [5] « Technologie et argent. »

[6] Le titre de Chief Executive Officer, fort en vogue ces dernières années, désigne une sorte de super-patron, au dessus du PD-G. C’est, à titre d’exemple, c’est ce que Bill Gates est à Microsoft ou Steve Jobs à Apple.

[7] Mouvement clandestin d’extrême gauche des années 70 pratiquant la lutte armée. Les « météorologistes », qui tiraient leur nom de la célèbre chanson de Bob Dylan Times are changing, furent une sorte de « bras armée « de la fraction radicalisée des hyppies.

[8] Procédé qui consiste à se faire passer pour ce qu’on n’est pas, en général au téléphone, pour soutirer une information capitale : par exemple un code d’accès.

[9] Notion qui fait référence au courant des libertarians, plus libéral libertaire, voir « anarco-capitaliste », que véritablement anarchiste. Il s’agit plutôt d’une éthique de l’opposition à l’État et de la liberté individuelle que d’une référence politique à un projet social précis.

[10] Anciens hackers et pionniers de la micro-informatique, fondateurs d’Apple et inventeurs du Macintosh.    

[11] Les nerds sont les accros de l’informatique et du Net.    

[12] Le supermarché électronique où l’on peut tout acheter on line. Tire son nom d’une avenue de Londres où, au XlXe siècle, il était de bon ton de se promener.

[13] Station radio de propagande, mise en place par le gouvernement à destination des pays étranger, et émettant dans de multiples langues. Elle était, avant la « chute du mur », en particulier destinée aux pays socialistes.

Posté par kazal à 22:22 - Cyberpunk et Hacking - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 avril 2005

christian

   

Site dédié à la mémoire de Christian Labruggère.
Un ami décédé en avril 2005
qui vivra à jamais dans le coeur de tout homme épris de justice et de liberté.
Tu m'as tant appris l'ami.... en si peu de temps.
Adieu et que la paix soit sur toi........
Stanislas kazal
 

Posté par kazal à 21:59 - En mémoire de.... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Joy Division

   

Joy Division : L'histoire

joy_division11






Chapître I - Origines (The Stiff Kittens & Warsaw) :


En 1976, le mouvement punk fit brutalement irruption et tira la musique pop de son apathie. Les
leaders du mouvement furent les Sex Pistols, dont les titres fameux , comme "Anarchy in the UK" ou
"God save the Queen", allaient être les hymnes de cette génération du "no future" . La plupart des
musiciens punks ne savaient pas jouer, mais ne voyaient pas cela comme un obstacle pour atteindre
leur but : monter sur scène et hurler leur rage à la face du monde !
Beaucoup étaient influencés par de célèbres groupes cultes de la fin des années 60 et du début des
années 70 : Le Velvet Underground, Lou Reed, David Bowie, Alice Cooper, Les Stooges, Iggy Pop, Les Doors, etc...

Pendant la tournée Anarchy in the UK, les Pistols jouèrent à Manchester le 4 juin. Dans le public ce
soir là se trouvaient trois jeunes gens vivant dans les environs de Manchester : Peter Hook et Bernard
Albrecht, deux copains d'école, ainsi que Ian Curtis. Quelques jours plus tard, Peter et Bernard
décidaient de monter un groupe, avec Peter à la basse et Bernard à la guitare; ils engagèrent Terry
Mason comme batteur, mais avaient besoin d'un chanteur. Pour en trouver un, ils passèrent une offre
au magasin de disques Virgin de Manchester. Ian y répondit et devint le chanteur du groupe, appelé
alors the Stiff Kittens. Il devait également écrire les textes des chansons.

Ils répétèrent beaucoup durant quelques mois, et composèrent leurs premières chansons, dans le
plus pur style punk. En mai 1977 le groupe changea son nom en Warsaw (en référence à "Warszawa"
de Bowie) et Terry fut remplacé par Tony Tabac. Un mois plus tard, Tony quittait le groupe et Steve
Brotherdale prenait sa place. Ce fut à ce moment que Paul Morley du NME et que le DJ Rob Gretton
découvrirent le groupe et perçurent son remarquable potentiel. Warsaw enregistra une cassette de
démo incluant cinq chansons aux Pennine Sound Studios en juillet, mais Steve quitta le groupe
quelques jours après.
Finalement, Stephen Morris rejoignit le groupe. En octobre, ils jouèrent à l'Electric Circus, qui devait
fermer, avec The Fall et The Buzzcocks. Quelques morceaux furent enregistrés par Virgin comme
témoignage de la scène punk de Manchester.

En décembre, ils enregistrèrent quatre titres, qui devaient apparaître plus tard sur "An Ideal For
Living". En janvier 1978 le groupe changea de nouveau de nom pour s'appeler Joy Division, pour éviter toute confusion avec un autre groupe. Ils répètèrent intensément et composèrent de nouvelles
chansons. Le 14 avril , ils participèrent avec 16 autres groupes à un concours : Tony Wilson, qui
travaillait pour la chaîne Granada TV, et Rob Gretton furent grandement impressionnés par leur
performance.



Joy Division
joy_division2


Chapître II - Naissance d'une légende (Joy Division - Factory) :


Joy Division entra en studio pour l'enregistrement de onze titres avec le label RCA. Pour la première
fois, ils ne sonnaient pas comme tous les autres groupes punks. Mais certaines modifications faites
par le producteur, et les conditions du contrat avec RCA leur déplurent.
Pour cette raison le 21 mai, Bernard put faire de Rob le manager du groupe. Le 8 juin, Tony ouvrait
un club à Manchester, appelé The Factory I (d'après le nom du Factory de Warhol). Peter Saville, un
jeune artiste local, conçut une affiche pour l'événement, et Joy Division sembla plein de promesses à
beaucoup de critiques.

Ils répètèrent tout l'été ce qui eut pour effet immédiat de faire mûrir leur musique. Avec l'aide de
Rob Gretton, ils purent empêcher la sortie du disque de RCA (qui devint plus tard le pirate
"Warsaw"). Du fait de toutes ces répétions et de tous ces concerts, ils s'étaient considérablement
améliorés, et les critiques comme le public étaient de plus en plus impressionnés. Le 20 septembre,
ils passèrent sur Granada TV en live, et décidèrent de jouer "Shadowplay", un de leurs titres récents.
Ils donnèrent un autre concert à the Factory où des exemplaires gratuits de "An Ideal for Living"
furent distribués aux journalistes. Ce fut à cette occasion que les routes de Martin Hannett et de Joy
Division se croisèrent pour la première fois.

A la fin de 1978, Tony Wilson et Alan Erasmus, un acteur de théâtre , fondèrent une maison de
disques appelée "Factory Records", qui deviendra le label indépendant le plus célèbre et créatif de
son époque. Peter Saville fut choisi comme designer, et Martin Hannett comme producteur.
En octobre,  Hannett produisit deux titres de Joy Division, qui apparurent sur une compilation
appelée "A Factory Sample". Les mois suivants, Rob Gretton organisa des concerts à Manchester,
Leeds, Liverpool, Canterbury, Bristol, York et Londres, et le groupe commença à se créer un véritable
public. Ils durent cependant faire face à un problème sérieux, car Ian était maintenant victime de
crises d'épilepsie.

Le 31 janvier 1979 , ils enregistrèrent quatre morceaux pour John Peel, DJ sur BBC Radio 1. Cette
Peel session fut diffusée deux semaines plus tard, et suivie d'un autre concert à Londres, puis d'une
scéance d'enregistrement avec le label WEA, et enfin d'autres concerts, avec The Cure.
Sur scène, Joy Division avait quelques caractéristiques spéciales : ils choisissaient les chansons qu'ils
allaient interpréter juste avant le début du spectacle, et ils jouaient avec très peu de lumière à cause
de l'épilepsie de Ian.



Joy Division
joy_division3


Chapître III - Unknown Pleasures :


Rob Gretton et Tony Wilson se mirent d'accord pour produire le premier album du groupe. Joy
Division répéta quasiment jour et nuit tout le mois d'avril, et composa environ quinze nouvelles
chansons. Avec Martin Hannet ils travaillèrent intensément sur "Unknown Pleasures". Les dix titres
sont remarquables, de par la musique et les paroles bien sûr, mais aussi grâce à l'apport incontestable
de Hannett qui sut les entourer d'une aura particulière. L'atmosphère, le son des morceaux sont
oppressants, sombres et claustrophobes, mais en même temps puissants, émouvants, et éclatants.

Puis ils reprirent la route, jouant en Angleterre avec Orchestral Manoeuvres In The Dark et quelques
autres, et enregistrèrent plusieurs titres pour une radio locale, Piccadilly  Radio.
L'impact et le renom de Joy Division grandissait rapidement, même s'ils refusaient les interviews de
façon presque systématique - pensant que leur musique parlait parfaitement pour eux. Ils n'avaient
pas de promotion publicitaire : simplement des concerts, des concerts et encore des concerts, surtout
dans la région de Manchester.
En juillet 1979 parut "Unknown Pleasures", dans sa pochette noire, agrémentée d'un simple dessin en
noir et blanc. Le design de Peter Saville n'incluait aucune photo ou aucun nom des membres du
groupe.
L'album reçut des critiques particulièrement élogieuses - meilleur disque depuis le LA. Woman des
Doors - et resta longtemps dans les classements anglais indépendants. Bizarrement, tous étaient
encore des amateurs, avec chacun un métier !

La batterie claque comme des coups de feu, sauf quand Steven délivre de furieux roulements sur ses
fûts, la basse est omniprésente, parfois menaçante, parfois plus calme, mais toujours utilisée d'une
manière tout à fait inhabituelle pour un groupe pop, avec un rôle primordial dans l'architecture des
chansons et la mélodie. La guitare joue souvent avec la basse, dans une sorte de contrepoint; le son
varie, distordu ou clair, plus ou moins aggressif, flou ou brillant et à la précision chirurgicale.
Le chant et les paroles de Ian élèvent encore le niveau : on sent que Joy Division ne triche pas, mais se dévoile et s'expose. La colère ou la peur que l'on entend dans sa voix sont simplement la vérité nue.



       "I've been waiting for a guide to come and take me by the hand,
       Could these sensations make me feel the pleasures of a normal man?
       ..."   (Disorder)


       "I guess you were right, when we talked in the heat,
       There's no room for the weak, no room for the weak.
       ..."   (Day of the Lords)


       "Corrupted from memory,
       No longer the power,
       It's creeping up slowly,
       That last fatal hour.
       ..."   (Candidate)


       "Guess your dreams always end.
       They don't rise up just descend,
       But I don't care anymore,
       I've lost the will to want more,
       I'm not afraid not at all,
       I watch them all as they fall,
       But I remember when we were young.
       ..."   (Insight)


       "A change of speed, a change of style.
       A change of scene, with no regrets,
       A chance to watch, admire the distance,
       Still occupied, though you forget.
       Different colours, different shades,
       Over each mistakes were made.
       I took the blame.
       Directionless so plain to see,
       A loaded gun won't set you free.
       So you say.
       We'll share a drink and step outside,
       An angry voice and one who cried,
       'We'll give you everything and more,
       The strain's too much, can't take much more.'
       I've walked on water, run through fire,
       Can't seem to feel it anymore.
       It was me, waiting for me,
       Hoping for something more,
       Me, seeing me this time,
       Hoping for something else."   (New Dawn Fades)


       "Confusion in her eyes that says it all.
       She's lost control.
       And she's clinging to the nearest passer by,
       She's lost control.
       ...
       And she turned around and took me by the hand
       And said I've lost control again.
       And how I'll never know just why or understand
       She said I've lost control again.
       And she screamed out kicking on her side
       And said I've lost control again.
       And seized up on the floor, I thought she'd die.
       ..."   (She's Lost Control)


       "I did everything, everything I wanted to,
       I let them use you for their own ends,
       ..."   (Shadowplay).


       "What did you see there?
       I saw all knowledge destroyed.
       I travelled far and wide through many different times.
       ...
       What did you see there?
       The blood of Christ on their skins,
       I travelled far and wide through many different times.
       I travelled far and wide and unknown martyrs died,
       What did you see there?
       I saw the one sided trials,
       What did you see there?
       I saw the tears as they cried,
       ..."   (Wilderness)


       "Down the dark streets, the houses looked the same,
       Getting darker now, faces look the same,
       And I walked round and round.
        ...
       Had to think again,
       Trying to find a clue, trying to find a way to get out!
       ..."   (Interzone)


       "Get weak all the time, may just pass the time,
       Me in my own world, and you there beside,
       The gaps are enormous, we stare from each side,
       We were strangers for way too long.
       Violent, more violent, his hand cracks the chair,
       Moves on reaction, then slumps in despair,
       Trapped in a cage and surrendered to soon,
       Me in my own world, the one that you knew,
       For way too long.
       ..."   (I Remember Nothing)


Sur ces bases remarquables, l'apport de Hannett, incluant des synthétiseurs et du bruitage, plus un
extraordinaire travail sur le son des instruments (avec Chris Nagle) crée une atmosphère unique de
tension et de chaos.

A la fin juillet, Paul Slattery photographia Joy Division à Stockport, et le groupe donna une
interview au NME. Au même moment, il travaillait avec Martin Hannett sur deux autres morceaux
pour un single. Il repartit en tournée en août, principalement à Londres, avec Echo And The
Bunnymen et Orchestral Manoeuvres, et à Liverpool. Ian, Peter, Steve et Bernard purent quitter leur
autre job et se dédier totalement à Joy Division.

Leur performance au Leeds Futurama One festival fut grandement appréciée - ils jouèrent avec
d'autres groupes comme Cabaret Voltaire, A Certain Ratio, Public Image Limited, Orchestral Manoeuvres In The Dark ... - ainsi qu'au Nashville Club à Londres. Invités par la BBC, ils jouèrent
deux chansons pour le show TV "Something Else".
Après un autre concert à The Factory I, ils firent une tournée au Royaume-Uni en première partie des
Buzzcocks : Liverpool, Leeds, Newcastle, Glasgow, Edinburgh, Aberdeen, Dundee, Bangor,
Sheffield, Derby, Birmingham, Manchester, Leicester, Oxford, Bournemouth, Cardiff, Bristol,
London, entre autres.
Chaque nuit, le public était surpris et interpellé par la musique de Joy Division et l'intensité de leur
performance sur scène. A Liverpool le public quitta les lieux juste après la prestation de Joy Division,
comme s'il savait que rien d'aussi fort ne pourrait survenir, même si beaucoup n'avaient jamais
entendu parler du groupe. A Bristol, les gens furent totalement vidés après leur apparition. De
nombreux critiques, du NME, de Melody Maker ou de Sounds, partageaient exactement le même
sentiment. Naturellement, les Buzzcocks devinrent jaloux du succès de Joy Division...
Entre les concerts de la tournée, ils jouèrent aux environs de Manchester, et pour la première fois
hors de Grande-Bretagne, à Bruxelles.

Le goupe fut alors contacté par le vice-président de Warner Brothers Records, qui leur offrit un
million de dollars pour les signer sur son label. Rob Gretton et le groupe déclinèrent l'offre.

Le 26 novembre, Joy Division enregistra une seconde John Peel session avec Tony Wilson, qui fut diffusée quelques semaines plus tard sur Radio One.



Joy Division
closer1


Chapître IV - Closer :


Rob Gretton planifia une tournée en Europe pour Joy Division en décembre 1979 et janvier 1980.
Onze dates en France, aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne. Le premier concert fut donné à
Paris, aux Bains-Douches : Bernard Lenoir, le John Peel français, diffusa le groupe live sur les ondes
de la radio française; puis eurent lieu un concert à Manchester dans la nuit du Nouvel An, et celui du
Paradiso à Amsterdam, où Joy Division, qui n'avait pu trouver de première partie, joua deux fois de
suite !
Les shows suivants se déroulèrent à La Haye, Nimègues, Anvers, Cologne - dans une ancienne église,
Rotterdam, Bruxelles, Eindhoven, Groningue et Berlin.
De retour en Angleterre, ils travaillèrent à la composition de nouveaux morceaux - dont "Love Will
Tear Us Apart" - et jouèrent à cinq reprises, à Londres, High Wycombe, Preston, Londres de nouveau
et Bristol, A Certain Ratio assurant la première partie.
Lors du concert de Preston, ils eurent de nombreux problèmes techniques, et Ian parla longuement
au public, pour le faire patienter!

En mars 1980, ils entrèrent aux Britannia Row Studios pour enregistrer leur second album avec
Martin Hannett. Entre temps ils avaient gravé "Atmosphere" et "Dead Souls", pour le single "Licht
Und Blindheit", dans une édition française limitée à 1578 copies.
Dans cet album, "Closer", ils fouillèrent encore plus profondément leurs pensées et leurs sentiments.
Encore une fois, le travail et le talent incroyables de Martin Hannett offrirent à la superbe musique
de Joy Division l'écrin le plus parfait.
Après l'enregistrement, en avril, le groupe donna quelques concerts : à Londres, au Moonlight Club,
et au Raibow Theatre, où les lumières, trop fortes, déclenchèrent chez Ian une terrible crise
d'épilepsie à la fin du spectacle. Mais le groupe devait donner un deuxième concert la même soirée,
à nouveau au Moonlight Club. Après un début furieux, Ian s'effondra, incapable de bouger ou de chanter.

Le groupe était déjà considéré comme culte, et toutes ses prestations étaient à deux doigts de provoquer l'émeute ou le chaos, aussi bien interne qu'externe :  "Joy Division me convainc que je pourais cracher à la face de Dieu."  (Neil Norman, NME).

Joy Division devait préparer sa première tournée aux US avec les Buzzcocks, et huit concerts furent
organisés à cet effet : mais la santé de Ian se détériorant, seuls cinq eurent lieu, à Malvern, Bury -
où Ian ne put tenir très longtemps son rôle, Manchester, Derby et Birmingham le 2 mai.

"Closer" devait être publié sous peu - Factory avait entre temps sorti un 45 tours flexible gratuit avec
de nouveaux titres, Joy Division devait partir pour les Etats-Unis et Warner Brothers Records leur
avait de nouveau offert un contrat d'un million de dollars, assorti d'une totale liberté artistique.

Mais Ian n'en pouvait plus : sa santé et des problèmes sentimentaux l'accablaient. Le 17 mai, il revint
dans sa maison à Macclesfield, regarda Stroszek, un film de Werner Herzog, l'histoire d'un chanteur,
un paumé, qui finit par se suicider, écouta l'album d'Iggy Pop "The Idiot" et le matin du 18 mai se
pendit dans sa cuisine. Il fut incinéré au cimetière de Macclesfield le 23 mai.

John Peel annonça la mort de Ian sur Radio One le 19 mai, et rendit hommage au groupe et à
l'homme avec "Atmosphere", qui était alors quasi-inconnu au Royaume-Uni. Peter, Steve, Bernard,
Martin et Tony étaient tout simplement anéantis par le suicide de Ian . "Closer" et le single "Love Will
Tear Us Apart" sortirent finalement à la fin de juin 1980. Les pochettes, qui avaient été choisies des
mois auparavant, étaient comme toujours designées par Peter Saville : elles incluaient deux photos
en noir et blanc de Bernard Pierre Wolff, un remarquable photographe français, prises dans le
cimetière de Gênes, Il Staglieno : un Christ mort entouré de personnes le veillant pour "Closer", et un
ange se lamentant pour "LWTUA".

"LWTUA" inclut deux versions de la chanson, car ni Joy Division ni Martin Hannett n'avaient pu se
décider sur la version qu'ils préféraient. Le titre atteignit la cinquième place des classements Indies.
Une video du morceau fut égalemnt diffusée.
La beauté et la force de "Closer" viennent de la convergence du travail intense du groupe, du monde
intérieur de Ian avant que celui-ci ne s'effondre, et des visions et de la magie de Martin.



       "Asylums with doors open wide,
       Where people had paid to see inside,
       For entertainment they watch his body twist,
       Behind his eyes he says, 'I still exist.'
       This is the way, step inside.
       ..."   (Atrocity Exhibition)


       "Mother  I tried please believe me,
       I'm doing the best that I can.
       I'm ashamed of the things I've been put through,
       I'm ashamed of the person I am.
       ..."   (Isolation)


       "This is a crisis I knew had to come,
       Destroying the balance I'd kept.
       Doubting, unsettling and turning around,
       Wondering what will come next.
       Is this the role that you wanted to live?
       I was foolish to ask for so much.
       Without the protection and infancy's guard,
       It all falls apart at first touch.
       ..."   (Passover)


       "A worried parent's glance, a kiss, a last goodbye,
       Hands him the bag she packed, the tears she tries to hide,
       A cruel wind that bows down to our lunacy,
       And leaves him standing cold here in this colony.
       I can't see why all these confrontations,
       I can't see why all these dislocations,
       No family life, this makes me feel uneasy,
       Stood alone here in this colony.
       ..."   (Colony)


       "We fought for good, stood side by side,
       Our friendship never died.
       On stranger waves, the lows and highs,
       Our vision touched the sky,
       ..."   (A Means to an End)


       "You take my place in the showdown,
       I'll observe with a pitiful eye,
       I'd humbly ask for forgiveness,
       A request well beyond you and I.
       ...
       An abyss that laughs at creation,
       A circus complete with all fools,
       Foundations that lasted the ages,
       Then ripped apart at their roots.
       Beyond all this good is the terror,
       The grip of a mercenary hand,
       When savagery turns all good reason,
       There's no turning back, no last stand.
       ...
       Existence well what does it matter?
       I exist on the best terms I can.
       The past is now part of my future,
       The present is well out of hand.
       ..."   (Heart and Soul)


       "Now that I've realised how it's all gone wrong,
       Gotta find some therapy, this treatment takes too long.
       Deep in the heart of where sympathy held sway,
       Gotta find my destiny, before it gets too late."  (Twenty-four Hours)


       "Procession moves on, the shouting is over,
       Praise to the glory of loved ones now gone.
       Talking aloud as they sit round their tables,
       Scattering flowers washed down by the rain.
       Stood by the gate at the foot of the garden,
       Watching them pass like clouds in the sky,
       Try to cry out in the heat of the moment,
       Possessed  by a fury that burns from inside.
       Cry like a child, though these years make me older,
       With children my time is so wastefully spent,
       A burden to keep, though their inner communion,
       Accept like a curse an unlucky deal.
       Played by the gate at the foot of the garden,
       My view stretches out from the fence to the wall,
       No words could explain, no actions determine,
       Just watching the trees and the leaves as they fall."   (The Eternal)


       "Here are the young men, the weight on their shoulders,
       Here are the young men, well where have they been?
       We knocked on the doors of Hell's darker chamber,
       Pushed to the limit, we dragged ourselves in,
       Watched from the wings as the scenes were replaying,
       We saw ourselves now as we never had seen.
       Portrayal of the trauma and degeneration,
       The sorrows we suffered and never were free.
       Where have they been?
       Weary inside, now our heart's lost forever,
       Can't replace the fear, or the thrill of the chase,
       Each ritual showed up the door for our wanderings,
       Open then shut, then slammed in our face.
       Where have they been?"   (Decades)


Les chansons semblent venir - plus que jamais - d'un autre monde, avec les paroles de Ian remplies
de doutes, d'inquiétude et de peurs, la basse bourdonnante de Peter, les riffs tranchants et acérés
de la guitare de Bernard et la batterie hypnotisante de Steve, encore une fois sublimés par l'apport de
Martin (synthétiseurs, travail sur le son ..., avec l'assistance de John Caffery et de Michael Johnson).

"Closer" atteignit la sixième place des charts anglais, et les critiques furent unanimes à le louer.
"LWTUA" monta jusqu'à la treizième place du classement des singles, et Joy Division fit la razzia du classement annuel du NME.
Bien que leur musique ne ressemblait à aucune autre, elle fut classée comme new-wave, cold-wave
ou gothic, mais quel que soit son nom, elle influença de nombreux goupes new-wave (The Cure,
Echo and the Bunnymen, U2, etc...) .







Chapître V - New Order :


Les membres du groupe s'étaient mis d'accord pour qu'en cas de départ de l'un d'entre-eux, quelle
qu'en soit la raison, Joy Division s'arrête.
Peter Hook, Stephen Morris et Bernard Albrecht (maintenant Sumner) formèrent New Order, avec
Gillian Gilbert aux claviers, Bernard prenant en charge le chant. Mais, de leur premier album, "Movement" - sombre, encore une fois produit par Martin Hannett et toujours dans la lignée de Joy
Division - à leurs chansons de danse décalées, ceci est une autre histoire, qui inclut le plus grand hit
de la musique pop : "Blue Monday".

En 1980 et 1981, Factory publia le single "Atmosphere" et l'album "Still", avec des titres rares et les
chansons du concert de Birmingham de mai 1980, qui atteignit la cinquième place des charts anglais.
En 1982 Ikon sortit une vidéo de Joy Division, filmée lors de plusieurs concerts du groupe "Here are
the young men", et en 1986 et 1987, les "Peel Sessions" furent éditées. Factory publia un CD appelé
"Substance" en 1988, avec les singles de Joy Division et quelques morceaux inédits, en même temps
qu'un autre "Substance", pour New Order celui-là. Une vidéo pour "Atmosphere" fut tournée par
Anton Corbijn, qui avait photographié le groupe à diverses occasions.

En 1995, quinze ans après la mort de Ian, une nouvelle compilation "Permanent" fut éditée, et en 1998
un coffret de 4 CD "Heart And Soul" fut commercialisé, suivi en 1999 par le concert de Preston,
"Preston 28 February 1980". Les Peel sessions furent rééditées en 2000 dans le CD "The Complete BBC Recordings", et le concert de Paris, "Les Bains Douches 18 December 1979" sortit en 2001.

De nombreux livres ont été écrits sur Joy Division, New Order et Ian Curtis dans plusieurs pays,
dont la biographie de Ian par sa veuve, Deborah.

Comme Joy Division avait conquis un public très fidèle, et atteint cette réputation de groupe culte, de
nombreux enregistrements pirates sont recensés, issus des différents concerts du groupe, à cette
époque où la musique était composée et jouée par des hommes.

Posté par kazal à 22:28 - Ma mythologie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1  2  3  4   Page suivante »