José Bénazéraf - Stanislas kazal underground blog

Stanislas kazal underground blog

contre-culture,réflexions, poésie,cinéma de genres et d'auteurs, musiques, société,critiques,littérature, arts, révoltes, mousse au chocolat et couscous.....

12 novembre 2005

José Bénazéraf

 

José Bénazéraf
Réalisateur, Producteur français

josebenazeraf10042001Né(e) le 08 Janvier 1922 à Casablanca (Maroc)
Pour toute une génération qui ne le connaît sans doute pas, José Bénazéraf est un grand maître du cinéma érotique français. Durant sa longue carrière, il n'a cessé de livrer un véritable combat contre la censure au nom de la libre représentation du sexe à l'écran.
Celui qu'on surnomme le "Godard du porno" est aujourd'hui âgé de 79 ans. Même s'il hésite et cherche ses mots, ce vieil homme n'a rien perdu de sa verve et continue d'insulter ses anciens collaborateurs.

Né en 1922 à Casablanca, au Maroc, José Bénazéraf sort diplômé de Sciences Po à la Libération. En 1957, alors que rien ne le destinait à travailler dans le cinéma, il produit Les Lavandières du Portugal de Pierre Gaspard-Huit avec Darry Cowl et Jean-Claude Pascal. Lorsqu'on fait référence à ce film, il répond : "c'est tout ce que je n'aimais pas". Ses paroles ne sont d'ailleurs pas tendres lorsqu'il parle du cinéma français de cette époque : "un art approximatif, accessoire, pas premier mais dernier".

En 1960, José Bénazéraf passe réalisateur avec L'Eternité pour nous, film romantique exaltant la beauté des femmes. Il n'y a qu'à l'entendre parler de la splendide Monique Just, qui, dans une scène, apparaît vêtue d'une robe mouillée et se caresse le sein, et l'on comprend sa passion pour le corps féminin. Cette oeuvre fit évidemment scandale et tout concours financier lui fut retiré.

José Bénazéraf a également eu le mérite d'avoir fait tourner à leurs tous débuts Bruno Cremer et Mireille Darc dans Mourir d'amour en 1960, ainsi que Jean-Pierre Kalfon dans un polar très noir, La Drogue du vice, en 1962. Suivront dans les années 60 de nombreux films de série B, qui seront quelquefois interdits pour cause d'obscénité. Ce fut notamment le cas de Joe Caligula où transparaît une haine viscérale de la bourgeoisie et dont les copies furent retirées de toutes les salles de cinéma en 1966.

Tout en cherchant à biaiser avec la censure, il continue à rendre ses lettres de noblesse à l'acte d'amour. Frustration, qui met en scène en 1971, un trio amoureux entre une jeune femme célibataire (Janine Reynaud), sa soeur (Elizabeth Teissier) et le mari de celle-ci (Michel Lemoine), un médecin blasé, en est un brillant exemple. C'est sans doute l'oeuvre la plus aboutie du "Buñuel de l'érotisme". "Attachant et lyrique" sont les deux mots qui reviennent le plus souvent, sans doute par opposition au reste de sa filmographie tournée résolument vers le hard, dès le milieu des années 70.

Nous sommes en 1975 et la fameuse loi de finances du 31 décembre institue la classification des films pornographiques et d'incitation à la violence. C'est l'âge d'or du X et José Bénazéraf va s'en donner à coeur joie. Sa mise en scène devient de plus en plus crue, mais sa détermination à associer à l'érotisme la violence ou la politique est restée intacte. En cette époque warholienne où la sexualité est considérée comme chic, intellectuelle et bourgeoise, il oppose une vision délibéremment gauchiste. Tournés, comme il l'avoue aujourd'hui, "sans réelle passion, avec un sens profond de la dérision", ses films underground aux atmosphères troubles constituent de grands poèmes visuels, véritables odes à la lubricité.

Jusqu'au milieu des années 80, José Bénazéraf tourne à la va-vite de nombreux pornos, classiques du genre aux titres explicites, en y glissant toujours sa patte éminemment provocatrice et ses citations philosophiques : José Bénazéraf 1 (1975), une oeuvre brute de décoffrage qui ne s'embarrasse d'aucune intrigue, La Veuve lubrique (1975), La Soubrette perverse (1975), Une garce en chaleur (1977), Bordel SS (1978), Nicole par-dessus, par-dessous (1979), Le Majordome est bien monté (1983) dans lesquels ont tourné tour à tour les stars de l'époque : Brigitte Lahaie, dont il préfère ne pas parler, et Alban Ceray, le sosie de Bernard Pivot, qui faisait partie des "castings éternels".

Tout en restant évasif, José Bénazéraf ne mâche pas ses mots pour qualifier certaines actrices qui sont devenues des stars de la profession. Il considère ainsi Zara Whites, qui a officié dans le porno au début des années 90 et dont il a dressé le portrait, comme "une fille insupportable qu'il trouve assez conne". Il se moque également du rondouillard Alain Payet, l'un des derniers réalisateurs hard rescapés des seventies et qui continue de tourner à un rythme effréné. En revanche, il n'est pas indifférent à ce que peut réaliser Francis Leroi, auteur de la fantasmagorique saga des Rêves de cuir et des derniers volets sirupeux d'Emmanuelle.

Avec la fin du 35 mm, le précurseur du X tombe dans l'oubli et préfère tourner aux Etats-Unis, où ses oeuvres sulfureuses reçoivent un meilleur accueil. A Los Angeles, il dispose d'équipes techniques d'une trentaine de personnes, des décors naturels dans des endroits paradisiaques et de superbes actrices porteuses d'un "message érotique fort" et d'une "noblesse d'attitude et de gestes". Il peut ainsi donner libre cours à son principal plaisir : "caresser une femme avec la caméra". Il se distingue de ses confrères en préférant peaufiner les angles de caméra et filmer les expressions des visages au lieu de s'attarder sur les habituels gros plans chirurgicaux.

José Bénazéraf voue aujourd'hui un véritable culte à Paul Verhoeven et ne comprend pas pourquoi un film comme Showgirls, dont "les scènes lesbiennes sont à peine suggérées", se soit fait assassiner par les critiques américaine et française. Malgré son grand âge, il ne porte pas un regard nostalgique sur sa carrière et ne regrette pas l'époque du 35 mm. Au contraire, il ne tarit pas d'éloges sur les vertus du Net, qui est un véritable "instrument de liberté et de révolte".

A l'avenir, le "Godard du porno", même s'il n'aime pas qu'on l'appelle ainsi, va délaisser ce genre cinématographique pour se tourner vers la réalisation d'un film anglais à gros budget qui se déroulera sous la Convention (1791 - 1792), en pleine Révolution française. José Bénazéraf accorde énormément d'importance à cette parenthèse historique où prévalaient l'improvisation et le désordre. Ce vieux briscard n'a pas fini de nous surprendre...


Extrait de la filmographie
Anthologie des scenes interdites, erotiques et pornographiques (1982) de José Bénazéraf
Brantome 81: vie de dames galantes (1980) de José Bénazéraf
J.B.I. (1975) de José Bénazéraf
Le Sexe nu, un homme se penche sur son destin (1974) de José Bénazéraf
The French Love (1972) de José Bénazéraf
Le Désirable et le sublime (1969) de José Bénazéraf
Les Premieres Lueurs de l'aube, plaisirs pervers (1966) de José Bénazéraf
Joe Caligula (1966) de José Bénazéraf
L'Enfer sur la plage (1965) de José Bénazéraf
La Nuit la plus longue, l'enfer dans la peau (1964) de José Bénazéraf
Cover Girls (1963) de José Bénazéraf

Posté par kazal à 12:27 - cinéma de genre - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Commentaires

Mon voisin

C mon voisin et ami de mon père comme sa femme simone je ne sais pas quoi grande mannequin de son époque... lol

Posté par Jennifer, 07 mai 2006 à 21:59

Toi je te parle en privé...
stan

Posté par kazal, 08 mai 2006 à 02:26

Rien de changé en 2007

Pour avoir connu quelques temps M. Benazeraf, je souligne que ce "grand" Monsieur trouve toutes les femmes "connes et vulgaires". Il aurait mérité d'écrire sa vie si remplie et qu'il sait si bien raconter mais à trop dédaigner les femmes, y compris la sienne, il est passé à côté de ce que Dieu a créé de plus beau et mystérieux : la Femme...

Posté par cigale, 06 août 2007 à 14:30

benazeraf enfin en dvd

informations sur
http://josebenazeraf.fr

Posté par klaus, 27 octobre 2008 à 13:31

Benazeraf

C'est un détail mais parfois les détails révèlent plus que ce qu'on leur accorde: José Benazeraf n'est pas diplômé de Sciences po pour la bonne raison qu'il a dû quitter l'institution de la rue St Guillaume en raison de ses notes pitoyables. Son nom est inconnu à l'association des anciens élèves. Mais lui affirme qu'il détient son parchemin...

Posté par Boris31, 18 janvier 2009 à 07:55

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=33453&pid=988959

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :