12 novembre 2005
José Bénazéraf
José
Bénazéraf
Réalisateur,
Producteur français
Né(e) le 08
Janvier 1922 à Casablanca (Maroc)
Pour toute une génération qui ne le
connaît sans doute pas, José
Bénazéraf est un grand maître du
cinéma érotique français. Durant sa
longue carrière, il n'a cessé de livrer un
véritable combat contre la censure au nom de la libre
représentation du sexe à l'écran.
Celui qu'on surnomme le "Godard du porno" est aujourd'hui
âgé de 79 ans. Même s'il
hésite et cherche ses mots, ce vieil homme n'a rien perdu de
sa verve et continue d'insulter ses anciens collaborateurs.
Né en 1922 à Casablanca, au Maroc,
José Bénazéraf sort
diplômé de Sciences Po à la
Libération. En 1957, alors que rien ne le destinait
à travailler dans le cinéma, il produit Les
Lavandières du Portugal de Pierre Gaspard-Huit avec Darry
Cowl et Jean-Claude Pascal. Lorsqu'on fait
référence à ce film, il
répond : "c'est tout ce que je n'aimais pas". Ses paroles ne
sont d'ailleurs pas tendres lorsqu'il parle du cinéma
français de cette époque : "un art approximatif,
accessoire, pas premier mais dernier".
En 1960, José Bénazéraf passe
réalisateur avec L'Eternité pour nous, film
romantique exaltant la beauté des femmes. Il n'y a
qu'à l'entendre parler de la splendide Monique Just, qui,
dans une scène, apparaît vêtue d'une
robe mouillée et se caresse le sein, et l'on comprend sa
passion pour le corps féminin. Cette oeuvre fit
évidemment scandale et tout concours financier lui fut
retiré.
José Bénazéraf a également
eu le mérite d'avoir fait tourner à leurs tous
débuts Bruno Cremer et Mireille Darc dans Mourir d'amour en
1960, ainsi que Jean-Pierre Kalfon dans un polar très noir,
La Drogue du vice, en 1962. Suivront dans les années 60 de
nombreux films de série B, qui seront quelquefois interdits
pour cause d'obscénité. Ce fut notamment le cas
de Joe Caligula où transparaît une haine
viscérale de la bourgeoisie et dont les copies furent
retirées de toutes les salles de cinéma en 1966.
Tout en cherchant à biaiser avec la censure, il continue
à rendre ses lettres de noblesse à l'acte
d'amour. Frustration, qui met en scène en 1971, un trio
amoureux entre une jeune femme célibataire (Janine Reynaud),
sa soeur (Elizabeth Teissier) et le mari de celle-ci (Michel Lemoine),
un médecin blasé, en est un brillant exemple.
C'est sans doute l'oeuvre la plus aboutie du "Buñuel de
l'érotisme". "Attachant et lyrique" sont les deux mots qui
reviennent le plus souvent, sans doute par opposition au reste de sa
filmographie tournée résolument vers le hard,
dès le milieu des années 70.
Nous sommes en 1975 et la fameuse loi de finances du 31
décembre institue la classification des films
pornographiques et d'incitation à la violence. C'est
l'âge d'or du X et José
Bénazéraf va s'en donner à coeur joie.
Sa mise en scène devient de plus en plus crue, mais sa
détermination à associer à
l'érotisme la violence ou la politique est restée
intacte. En cette époque warholienne où la
sexualité est considérée comme chic,
intellectuelle et bourgeoise, il oppose une vision
délibéremment gauchiste. Tournés,
comme il l'avoue aujourd'hui, "sans réelle passion, avec un
sens profond de la dérision", ses films underground aux
atmosphères troubles constituent de grands poèmes
visuels, véritables odes à la
lubricité.
Jusqu'au milieu des années 80, José
Bénazéraf tourne à la va-vite de
nombreux pornos, classiques du genre aux titres explicites, en y
glissant toujours sa patte éminemment provocatrice et ses
citations philosophiques : José
Bénazéraf 1 (1975), une oeuvre brute de
décoffrage qui ne s'embarrasse d'aucune intrigue, La Veuve
lubrique (1975), La Soubrette perverse (1975), Une garce en chaleur
(1977), Bordel SS (1978), Nicole par-dessus, par-dessous (1979), Le
Majordome est bien monté (1983) dans lesquels ont
tourné tour à tour les stars de
l'époque : Brigitte Lahaie, dont il
préfère ne pas parler, et Alban Ceray, le sosie
de Bernard Pivot, qui faisait partie des "castings éternels".
Tout en restant évasif, José
Bénazéraf ne mâche pas ses mots pour
qualifier certaines actrices qui sont devenues des stars de la
profession. Il considère ainsi Zara Whites, qui a
officié dans le porno au début des
années 90 et dont il a dressé le portrait, comme
"une fille insupportable qu'il trouve assez conne". Il se moque
également du rondouillard Alain Payet, l'un des derniers
réalisateurs hard rescapés des seventies et qui
continue de tourner à un rythme
effréné. En revanche, il n'est pas
indifférent à ce que peut réaliser
Francis Leroi, auteur de la fantasmagorique saga des Rêves de
cuir et des derniers volets sirupeux d'Emmanuelle.
Avec la fin du 35 mm, le précurseur du X tombe dans l'oubli
et préfère tourner aux Etats-Unis, où
ses oeuvres sulfureuses reçoivent un meilleur accueil. A Los
Angeles, il dispose d'équipes techniques d'une trentaine de
personnes, des décors naturels dans des endroits
paradisiaques et de superbes actrices porteuses d'un "message
érotique fort" et d'une "noblesse d'attitude et de gestes".
Il peut ainsi donner libre cours à son principal plaisir :
"caresser une femme avec la caméra". Il se distingue de ses
confrères en préférant peaufiner les
angles de caméra et filmer les expressions des visages au
lieu de s'attarder sur les habituels gros plans chirurgicaux.
José Bénazéraf voue aujourd'hui un
véritable culte à Paul Verhoeven et ne comprend
pas pourquoi un film comme Showgirls, dont "les scènes
lesbiennes sont à peine suggérées", se
soit fait assassiner par les critiques américaine et
française. Malgré son grand âge, il ne
porte pas un regard nostalgique sur sa carrière et ne
regrette pas l'époque du 35 mm. Au contraire, il ne tarit
pas d'éloges sur les vertus du Net, qui est un
véritable "instrument de liberté et de
révolte".
A l'avenir, le "Godard du porno", même s'il n'aime pas qu'on
l'appelle ainsi, va délaisser ce genre
cinématographique pour se tourner vers la
réalisation d'un film anglais à gros budget qui
se déroulera sous la Convention (1791 - 1792), en pleine
Révolution française. José
Bénazéraf accorde
énormément d'importance à cette
parenthèse historique où prévalaient
l'improvisation et le désordre. Ce vieux briscard n'a pas
fini de nous surprendre...
Extrait de la filmographie
Anthologie des scenes interdites, erotiques et pornographiques (1982)
de José Bénazéraf
Brantome 81: vie de dames galantes (1980) de José
Bénazéraf
J.B.I. (1975) de José Bénazéraf
Le Sexe nu, un homme se penche sur son destin (1974) de José
Bénazéraf
The French Love (1972) de José
Bénazéraf
Le Désirable et le sublime (1969) de José
Bénazéraf
Les Premieres Lueurs de l'aube, plaisirs pervers (1966) de
José Bénazéraf
Joe Caligula (1966) de José Bénazéraf
L'Enfer sur la plage (1965) de José
Bénazéraf
La Nuit la plus longue, l'enfer dans la peau (1964) de José
Bénazéraf
Cover Girls (1963) de José Bénazéraf
Commentaires
Mon voisin
C mon voisin et ami de mon père comme sa femme simone je ne sais pas quoi grande mannequin de son époque... lol
Toi je te parle en privé...
stan
Rien de changé en 2007
Pour avoir connu quelques temps M. Benazeraf, je souligne que ce "grand" Monsieur trouve toutes les femmes "connes et vulgaires". Il aurait mérité d'écrire sa vie si remplie et qu'il sait si bien raconter mais à trop dédaigner les femmes, y compris la sienne, il est passé à côté de ce que Dieu a créé de plus beau et mystérieux : la Femme...
benazeraf enfin en dvd
informations sur
http://josebenazeraf.fr
Benazeraf
C'est un détail mais parfois les détails révèlent plus que ce qu'on leur accorde: José Benazeraf n'est pas diplômé de Sciences po pour la bonne raison qu'il a dû quitter l'institution de la rue St Guillaume en raison de ses notes pitoyables. Son nom est inconnu à l'association des anciens élèves. Mais lui affirme qu'il détient son parchemin...
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