12 novembre 2005
Comment faire passer sa parole à la télé ?
Comment faire passer sa parole à la télé ?
Petit manuel en neuf points, à l’usage de qui veut faire entendre sa voix
un article de Brigitte Tijou, responsable de la communication d’Act Up-Paris, paru dans le n°1 de la revue Vacarme pour contribuer au débat sur les conditions d’interventions des mouvements contestataires dans les médias.
Vous êtes un groupe, mouvement ou association, vous ne disposez pas a priori d’une parcelle de parole autorisée à la télévision. Vous voulez cependant utiliser la télé comme instrument de propagation de votre discours, mais sans trop en être victime, sans que votre discours y soit déformé, tronqué, ou détourné.
Inutile de rêver à votre propre émission, vous serez toujours inscrit dans un dispositif avec lequel il vous faudra jouer Une seule exception à notre connaissance : la chronique francilienne du Télé Bobine, qui nous a fait rêver durant 4 mois d’une télé ouverte sur la réalité. Sans contrôle lors de l’enregistrement ni censure au montage, cet espace fut investi précisément par les plus exclus de la télé. Mais c’est fini, et ce n’était pas l’audience de TF1.
Autrement, il faut bien bricoler. Tous les groupes, associations, ou mouvements issus de luttes sociales et politiques, ne peuvent se passer de l’instrument qu’est la télévision. Certains ont donc intégré une stratégie particulière envers la télévision, dès leur création. C’est le cas, entre autres, de Greenpeace, d’Act Up et du DAL (Droit au logement). Cela demande une connaissance minimale de l’aménagement technique du temps et de l’espace publics que se sont appropriés ceux qui exercent le pouvoir médiatique.
Voici donc plusieurs procédés, expérimentés à ce jour, pour tenter de vous faire entendre à la télé.
1) Créer un événement
Cette stratégie repose sur l’attrait des médias pour le spectaculaire et l’inédit. L’actualité est souvent constituée par ce qui ferait désordre dans un ordre supposé établi et continu des choses. Elle s’adresse en premier lieu aux journaux télévisés. Il s’agit avant tout de fournir de l’illustration, des images, et à cette occasion d’inviter les médias à faire leur propre enquête.
Greenpeace utilise systématiquement cette stratégie, tout comme Act Up (« encapotage » de l’obélisque de la place de la Concorde), ou encore les militants anti-FN (banderole déployée sur la façade de l’Opéra Garnier), le DAL investissant des immeubles inoccupés, etc. Ce procédé d’action a malheureusement aussi été intégré par les commandos anti-avortement. Mais pour ces derniers, par delà la portée médiatique, il s’agit surtout de traumatiser les femmes qu’ils empêchent d’avorter.
À jouer ainsi sur la
fabrication d’images fortes et
émotionnelles, le risque principal est
d’abandonner entièrement au
journaliste le soin de fabriquer le discours. L’image est
traditionnellement le lieu de l’émotionnel et le
texte celui de la
rationalité. Essayez donc d’adapter votre discours
aux normes du
journal télévisé, prévoyez
des interventions courtes et un langage à la
limite du slogan, intégrez votre discours aux images par
exemple sur
des pancartes ou des banderoles. Là encore, malheureusement,
cette
forme de pensée par slogans et simplifications semble mieux
convenir au
FN qui s’attaque avant tout aux grands fantasmes collectifs,
qu’aux
pensées plus subtiles et plus
élaborées. Mais il faut alors savoir
opposer une inventivité et une
étrangeté de slogans multiples
(« silence = mort »,
« nature = vie », etc.) au
ressassement sombre des
deux, trois mêmes équations simplistes
(immigration = chômage).
Choisissez enfin une date creuse en événements,
faites jouer la
concurrence entre les différentes chaînes, et
sachez vous faire
désirer, notamment, en ne dévoilant jamais
complètement à l’avance
l’événement que vous allez
créer
2) Fournir de l’information
Il s’agit de se constituer en agence de presse, dont les informations peuvent être reprises par les journaux télévisés, et par toutes les émissions de débats. C’est une méthode efficace si le dossier est suffisamment complet, et sans grand risques. Sauf peut-être celui de heurter la susceptibilité des journalistes professionnels qui refusent de vous considérer comme une véritable agence de presse. Vous pouvez avoir parfois la désagréable surprise de voir votre dossier réduit quelques points d’une importance secondaire pour vous.
3) Se faire inviter sur son thème
Si vous êtes déjà un peu reconnu en tant que groupe, ou en tant que personne, vous pouvez avoir l’opportunité de participer à une émission. Réussir à placer quelques unes de ses revendications au cours des débats ne va pas sans difficultés. Tout intervenant va se retrouver prisonnier d’une règle du jeu qu’il ne maîtrise pas, soumis aux décisions du présentateur qui distribue les temps de parole, et fait généralement du chantage au temps.
Les conditions « naturelles » de la discussion, de l’expression et de la réflexion sont largement faussées et entamées par les dispositifs techniques de ces émissions. Il vaut mieux renoncer à ce genre de participation, si l’on ne se sent pas le courage de supporter tout cela et de batailler avec, si l’on ne possède pas une certaine connaissance du mode d’intervention instauré dans l’émission et du statut de sa parole. Ne pas rêver au quart d’heure de gloire, car on sort la plupart du temps frustré et humilié Pour éviter la dépression « post-passage à télé », mieux vaut ne pas se laisser emporter par la logique du débat, ne pas se disperser en répondant à des questions qui n’ont aucun rapport avec votre propos. Il faut essayer de réduire son discours à un point, et y revenir au besoin. Un dernier conseil : renoncer définitivement aux talk-shows du type « Mireille Dumas et ses amis ».
4) Perturber l’émission (Hors règle du
jeu)
La stratégie consistant
à profiter du dire pour créer
un scandale en interrompant l’émission, quels
qu’en soient le genre et
thème, fait beaucoup rêver. Il y a quelque
années, l’irruption
intempestive demeure envisageable.Aujourd’hui la
télévision transformée
en bunker, particulièrement les studios de direct.
L’arrivée d’une
trentaine sans-papiers, devant le hall de France 2 à 20
heures,
provoqua cet hiver la fermeté immédiate de toutes
les issues et le
déploiement de C.R.S. dans toutes les rues avoisinantes.
Rêvons un peu ! Vous parvenez quand même
à franchir le triple sas de
l’entrée, vous arrivez jusqu’au plateau
sans perdre la moitié des
militants en route, vous déployez votre banderole et vos
pancartes
devant les caméras sans trop vous prendre les pieds dans les
câbles.
Mais attention ! Vous risquez fort d’être
avalés par l’émission et
intégrés au décor, en particulier dans
ces shows
« bric-à-brac » qui
digèrent tout ce qui se présente. Vous
n’aurez pas le temps de dire
grand chose d’intéressant, et vous passerez
finalement pour des
guignols. La télévision ne supporte pas que soit
cassé le rythme et le
rituel établis.
5) Perturber une émission (De
l’intérieur)
Certaines émissions de débats prévoient l’intervention du public, il est a priori relativement aisé d’y participer. Il faut alors entrer au moment opportun dans le débat. Vous êtes dans une position relativement privilégiée, qui permet d’éviter le strict face à face dans lequel le présentateur enferme souvent les interlocuteurs principaux, réduisant leurs discours à une opposition circonstancielle. En outre, vous bénéficiez du respect et de la politesse que la télé instaure envers cet intervenant venu du public, peut-être parce que son statut fait de lui une figure emblématique du téléspectateur Cependant il faut savoir qu’on ne vous donnera pas la parole à plusieurs reprises. Il vaut mieux donc se limiter à une seule intervention et surtout, ne jamais rendre la parole avant d’avoir tout dit.
6) Produire ses propres images
Vous aurez ainsi l’avantage de maîtriser toutes les étapes : élaboration du discours, tournage et montage. Avec un minimum de matériel et quelques compétences techniques, tout groupe peut envisager la fabrication de produits audiovisuels. Cela peut aller des simples images de ses actions qui pourront être utilisées par les journaux télévisés, au film ou clip plus élaborés. Pour ces derniers, trouver un diffuseur à la télévision devient plus difficile ; toute image quelque peu militante se voit généralement refusée par les chaînes.
7) Vendre sa structure
Dès qu’un groupe connaît une certaine renommée, les émissions de reportages s’intéressent à son fonctionnement. Les durées souvent conséquentes de ces reportages permettent de vendre l’image du groupe et d’instiller dans le PAF les messages que l’on veut faire passer, même s’ils disparaissent très souvent derrière la fascination pour les structures. Il vous sera difficile de contrôler ce qui est filmé, et vous ne posséderez aucune maîtrise des différentes étapes de la production. Cependant il en restera toujours quelque chose !
8) Se greffer sur un autre événement
Du défilé du 14 juillet à la visite de la crèche locale par un ministre, tout événement qui attire des caméras peut être investi, qu’il soit ou non en relation directe avec le discours que l’on veut faire passer. Mais on court le risque de voir son intervention devenir purement anecdotique, de faire partie du décorum, et d’être au mieux réduit au rôle de figurants dans deux plans de quatre secondes (voir point 4). Il vaut mieux ne pas trop s’engager dans ce genre d’action, sachant que plus l’événement est considérable - et donc potentiellement porteur - plus il devient difficile de le détourner.
9) Participer à l’élaboration
d’un émission
Les « professionnels » de la télé ne lâchent pas facilement une partie de leur pouvoir, essentiellement par peur des dérapages. Cela peut se produire dans les grands shows humanitaires, type Téléthon et Sidaction. Même en participant aux premières étapes de la fabrication de ces émissions, vous vous retrouverez rapidement en porte-à-faux. Jamais considéré comme un véritable collaborateur, vous serez rapidement contraint de faire des compromis, et de laisser l’ultime pouvoir de décision aux « professionnels », d’autant plus que vous aurez des velléités de discours politique. Il faudra essayer de rattraper in extremis le flux de l’émission, et ne pas hésiter à se plaindre sur le plateau, en direct (voir Act Up lors des Sidactions).
Vous connaissez les limites et les difficultés de
l’utilisation de la
télévision à des fins politiques. Mais
ne vous privez pas de cet espace
public, ce serait ridicule. Envisager la
télévision comme un lieu
infréquentable est une position
réservée à ceux qui ont
d’autres lieux
de diffusion de leurs idées. Vous regrettez que la
télévision devienne
l’arbitre l’accès à
l’existence politique ? Sachez vous en servir
malgré tout. Vous hésitez encore à le
faire ? Espérez-vous garder une
sorte de virginité par rapport la
télé ? Ne soyez pas si naïf.
Il est toujours possible de s’inscrire dans cet espace
public, ne
serait-ce que dans quelque interstices du flux
télévisuel, car le mode
de communication de la télé est tel
qu’il suffit d’occuper quelques
parcelles de la continuité pour y prendre une place visible.
On peut
considérer la télévision comme
dangereuse pour la démocratie, car
soumise à la logique de l’audimat. On peut aussi y
voir une technique
qui participe à sa manière aux processus de
démocratisation. Des
mouvements ou groupes politiques ont réussi à
faire passer leurs idées
en grande partie grâce à la
télévision.
Apprendre à se servir de la
télévision, ne plus être passif et
analphabète devant son fonctionnement peut aider
à transformer les
normes télévisuelles et à investir cet
espace public qui pourrait être
davantage un miroir detoute la société.
Enfin, rappelez-vous que pour toute action publique, il n’y a
aujourd’hui rien de mieux qu’une caméra
de télévision pour vous
protéger de la violence toujours possible de la police, des
vigiles,
des militants FN. Encore que depuis Saint-Bernard, on ne soit plus
sûr
de rien...
José Bénazéraf
José
Bénazéraf
Réalisateur,
Producteur français
Né(e) le 08
Janvier 1922 à Casablanca (Maroc)
Pour toute une génération qui ne le
connaît sans doute pas, José
Bénazéraf est un grand maître du
cinéma érotique français. Durant sa
longue carrière, il n'a cessé de livrer un
véritable combat contre la censure au nom de la libre
représentation du sexe à l'écran.
Celui qu'on surnomme le "Godard du porno" est aujourd'hui
âgé de 79 ans. Même s'il
hésite et cherche ses mots, ce vieil homme n'a rien perdu de
sa verve et continue d'insulter ses anciens collaborateurs.
Né en 1922 à Casablanca, au Maroc,
José Bénazéraf sort
diplômé de Sciences Po à la
Libération. En 1957, alors que rien ne le destinait
à travailler dans le cinéma, il produit Les
Lavandières du Portugal de Pierre Gaspard-Huit avec Darry
Cowl et Jean-Claude Pascal. Lorsqu'on fait
référence à ce film, il
répond : "c'est tout ce que je n'aimais pas". Ses paroles ne
sont d'ailleurs pas tendres lorsqu'il parle du cinéma
français de cette époque : "un art approximatif,
accessoire, pas premier mais dernier".
En 1960, José Bénazéraf passe
réalisateur avec L'Eternité pour nous, film
romantique exaltant la beauté des femmes. Il n'y a
qu'à l'entendre parler de la splendide Monique Just, qui,
dans une scène, apparaît vêtue d'une
robe mouillée et se caresse le sein, et l'on comprend sa
passion pour le corps féminin. Cette oeuvre fit
évidemment scandale et tout concours financier lui fut
retiré.
José Bénazéraf a également
eu le mérite d'avoir fait tourner à leurs tous
débuts Bruno Cremer et Mireille Darc dans Mourir d'amour en
1960, ainsi que Jean-Pierre Kalfon dans un polar très noir,
La Drogue du vice, en 1962. Suivront dans les années 60 de
nombreux films de série B, qui seront quelquefois interdits
pour cause d'obscénité. Ce fut notamment le cas
de Joe Caligula où transparaît une haine
viscérale de la bourgeoisie et dont les copies furent
retirées de toutes les salles de cinéma en 1966.
Tout en cherchant à biaiser avec la censure, il continue
à rendre ses lettres de noblesse à l'acte
d'amour. Frustration, qui met en scène en 1971, un trio
amoureux entre une jeune femme célibataire (Janine Reynaud),
sa soeur (Elizabeth Teissier) et le mari de celle-ci (Michel Lemoine),
un médecin blasé, en est un brillant exemple.
C'est sans doute l'oeuvre la plus aboutie du "Buñuel de
l'érotisme". "Attachant et lyrique" sont les deux mots qui
reviennent le plus souvent, sans doute par opposition au reste de sa
filmographie tournée résolument vers le hard,
dès le milieu des années 70.
Nous sommes en 1975 et la fameuse loi de finances du 31
décembre institue la classification des films
pornographiques et d'incitation à la violence. C'est
l'âge d'or du X et José
Bénazéraf va s'en donner à coeur joie.
Sa mise en scène devient de plus en plus crue, mais sa
détermination à associer à
l'érotisme la violence ou la politique est restée
intacte. En cette époque warholienne où la
sexualité est considérée comme chic,
intellectuelle et bourgeoise, il oppose une vision
délibéremment gauchiste. Tournés,
comme il l'avoue aujourd'hui, "sans réelle passion, avec un
sens profond de la dérision", ses films underground aux
atmosphères troubles constituent de grands poèmes
visuels, véritables odes à la
lubricité.
Jusqu'au milieu des années 80, José
Bénazéraf tourne à la va-vite de
nombreux pornos, classiques du genre aux titres explicites, en y
glissant toujours sa patte éminemment provocatrice et ses
citations philosophiques : José
Bénazéraf 1 (1975), une oeuvre brute de
décoffrage qui ne s'embarrasse d'aucune intrigue, La Veuve
lubrique (1975), La Soubrette perverse (1975), Une garce en chaleur
(1977), Bordel SS (1978), Nicole par-dessus, par-dessous (1979), Le
Majordome est bien monté (1983) dans lesquels ont
tourné tour à tour les stars de
l'époque : Brigitte Lahaie, dont il
préfère ne pas parler, et Alban Ceray, le sosie
de Bernard Pivot, qui faisait partie des "castings éternels".
Tout en restant évasif, José
Bénazéraf ne mâche pas ses mots pour
qualifier certaines actrices qui sont devenues des stars de la
profession. Il considère ainsi Zara Whites, qui a
officié dans le porno au début des
années 90 et dont il a dressé le portrait, comme
"une fille insupportable qu'il trouve assez conne". Il se moque
également du rondouillard Alain Payet, l'un des derniers
réalisateurs hard rescapés des seventies et qui
continue de tourner à un rythme
effréné. En revanche, il n'est pas
indifférent à ce que peut réaliser
Francis Leroi, auteur de la fantasmagorique saga des Rêves de
cuir et des derniers volets sirupeux d'Emmanuelle.
Avec la fin du 35 mm, le précurseur du X tombe dans l'oubli
et préfère tourner aux Etats-Unis, où
ses oeuvres sulfureuses reçoivent un meilleur accueil. A Los
Angeles, il dispose d'équipes techniques d'une trentaine de
personnes, des décors naturels dans des endroits
paradisiaques et de superbes actrices porteuses d'un "message
érotique fort" et d'une "noblesse d'attitude et de gestes".
Il peut ainsi donner libre cours à son principal plaisir :
"caresser une femme avec la caméra". Il se distingue de ses
confrères en préférant peaufiner les
angles de caméra et filmer les expressions des visages au
lieu de s'attarder sur les habituels gros plans chirurgicaux.
José Bénazéraf voue aujourd'hui un
véritable culte à Paul Verhoeven et ne comprend
pas pourquoi un film comme Showgirls, dont "les scènes
lesbiennes sont à peine suggérées", se
soit fait assassiner par les critiques américaine et
française. Malgré son grand âge, il ne
porte pas un regard nostalgique sur sa carrière et ne
regrette pas l'époque du 35 mm. Au contraire, il ne tarit
pas d'éloges sur les vertus du Net, qui est un
véritable "instrument de liberté et de
révolte".
A l'avenir, le "Godard du porno", même s'il n'aime pas qu'on
l'appelle ainsi, va délaisser ce genre
cinématographique pour se tourner vers la
réalisation d'un film anglais à gros budget qui
se déroulera sous la Convention (1791 - 1792), en pleine
Révolution française. José
Bénazéraf accorde
énormément d'importance à cette
parenthèse historique où prévalaient
l'improvisation et le désordre. Ce vieux briscard n'a pas
fini de nous surprendre...
Extrait de la filmographie
Anthologie des scenes interdites, erotiques et pornographiques (1982)
de José Bénazéraf
Brantome 81: vie de dames galantes (1980) de José
Bénazéraf
J.B.I. (1975) de José Bénazéraf
Le Sexe nu, un homme se penche sur son destin (1974) de José
Bénazéraf
The French Love (1972) de José
Bénazéraf
Le Désirable et le sublime (1969) de José
Bénazéraf
Les Premieres Lueurs de l'aube, plaisirs pervers (1966) de
José Bénazéraf
Joe Caligula (1966) de José Bénazéraf
L'Enfer sur la plage (1965) de José
Bénazéraf
La Nuit la plus longue, l'enfer dans la peau (1964) de José
Bénazéraf
Cover Girls (1963) de José Bénazéraf
LA PORNOGRAPHIE N’EST PLUS CE QU’ELLE ÉTAIT!
LA PORNOGRAPHIE N’EST PLUS CE QU’ELLE ÉTAIT!
par Jean Streff,
Un an après Mai 68, qui prônait la libéralisation sexuelle tous azimuts, Bernard Rancillac proposa à la galerie Templon une installation comportant une série d’images mélangeant peinture et photographie réalisées par l’artiste et censées représenter une graduation dans la pornographie. Il distribuait un questionnaire aux visiteurs. Ceux-ci devaient noter à partir de quelle image était franchie la frontière entre art, érotisme et pornographie. On s’en doute, cette frontière fut différente pour chacun. Car le problème avec la pornographie est bien là, c’est qu’elle est parfaitement subjective.
En fait la pornographie en soi-même n’existe pas, elle dépend d’une époque, d’un pays, d’une société, d’une culture, d’une religion et d’un individu. En ce sens la seule chose qui soit véritablement pornographique, c’est ce qui la régit : à savoir la censure, puisqu’elle décide au nom de critères extrêmement fluctuants de ce qui l’est ou ne l’est pas.
Ainsi le premier film « pornographique » que j’ai personnellement eu la jouissance de voir au tout début des sixties s’intitulait Un été avec Monika. Il était interdit au moins de 16 ans, la plus infamante des interdictions de l’époque, et se jouait dans une salle spécialisée des Grands Boulevards à Paris. Ce qui, à mes yeux d’adolescent, le classait sans ambages dans la catégorie des films à caractère pornographique (il faut reconnaître qu’on y apercevait un bout de sein). Je rappelle que Un été avec Monika est un film signé Ingmar Bergman. Dans le même ordre d’idée L’âge d’or de Luis Bunuel fut totalement interdit en 1930 par le préfet de Paris pour violence, pornographie et anticléricalisme.
Qui songerait de nos jours à qualifier Bergman ou Bunuel de cinéastes pornographiques ? Et pourtant la loi et ses représentants en ont à un moment décidé ainsi. Mais, comme à force de légiférer et délégiférer, la censure est devenue une vieille dame gâteuse, elle brandit généralement cses ciseaux lorsqu’elle se sent dépassée par les événements, soit de la manière la plus idiote puisque ces événements sont en fait le reflet de l’époque. Prenons, pour en rester au cinéma, l’exemple des années 75 et 76. Le 25 juin 1975, Claudine Beccarie devient la première porno-star avec Exhibition de Jean-François Davy. Du 6 au 12 août se déroule à Paris le premier Festival du film porno, qui couronne Frédéric Lansac et Francis Leroi pour Le sexe qui parle. Cette même semaine le porno crève un plafond historique avec 65 salles d’exclusivité Paris/périphérie. Septembre de la même année : le très sérieux magazine L’Express fait sa couverture sur le très mauvais Histoire d’O de Just Jaeckin. Rappelons pour mémoire qu’Emmanuelle, sortie l’année précédente, avait fait la carrière triomphale que l’on sait. Dès lors, Anastasie s’affole. Le 31 octobre 75, elle fait voter la loi qui institue le classement X, remplaçant l’ordre moral par la castration économique. Des 3000 salles projetant du porno en France en 75 n’en restent en 1976 que 111, qui disparaîtront peu à peu.
Mais, je le répète, comme la censure a toujours été atteinte de la maladie d’Alzeimer, elle n’avait évidemment pas anticipé l’avènement de la vidéo. Plus de porno dans les salles, pas de problème, chacun l’aura à portée de commande à distance sur son magnétoscope, puis plus tard sur Canal +, les chaînes du câble et du satellite et encore plus tard en DVD ou sur le Net. Il semblerait d’ailleurs depuis quelque temps qu’à nouveau la duègne édentée veuille se rouvrir l’appétit, puisqu’à travers Dominique Baudis et autre Blandine (lâchez les lions !) Kriegel, elle fasse feu de tous bois.
Pour en revenir aux effets pervers de la loi X, de très nombreux films « licencieux » à gros budget qui voulaient s’engouffrer dans la brèche ouverte par Emmanuelle seront remisés au placard. Je parle en connaissance de cause, puisque j’étais à cette époque en train d’adapter Béacul, fort beau roman érotique édité par Régine Deforges, qui, excusez du peu, devait être produit par Pierre Braunberger, (producteur entre autres de Renoir et Godard) et interprété par Laurent Terzieff. Dire que personne ne saura jamais que j’aurais pu être le Bataille du cinéma ! à propos de Georges Bataille, je crois me souvenir qu’en ces mêmes années, Fassbinder planchait sur Le Bleu du ciel, projet qui connaîtra pour les mêmes raisons un sort identique.
Un autre problème du cinéma porno est que, si la censure a la vue basse, lui-même ne pète pas très haut. Je me souviens, lors d’une récente émission de Titi-pomme-Q-Ardisson sur Paris-Première consacrée au sujet, avoir été regardé comme un détraqué sexuel par HPG et Ovidie, célèbres hardeur et hardeuse de notre temps, parce que j’avais osé insinuer que le gant ôté langoureusement par Rita Hayworth dans une scène culte de Gilda entraînait chez moi une érection bien plus intense que n’importe quelle bite s’enfonçant en gros plan dans une chatte.
La pornographie à l’écran a cela de profondément ennuyeux, elle reste, à quelques exceptions près, spécifiquement anatomique. Or l’anatomie, tous les étudiants en Médecine (dont je fus) vous le confirmeront est la discipline la plus rébarbative qui soit. Finalement ce qu’il y a d’intéressant dans la pornographie, ce sont ses déviances : fétichisme, sadomasochisme, gang-bangs, zoophilie, hard-crad, etc. Au moins le spectateur peut s’y éduquer, apprendre des choses auxquelles il n’aurait pas pensé de son propre fait, imaginer, fantasmer, rêver et même, avec l’invasion des bandes amateurs, s’identifier aux fantasmes des autres. En ce sens la pornographie fait don d’enseignement, elle devrait dépendre des ministères de l’Éducation Nationale et de la Culture et avoir chaire en Sorbonne. Je plaisante, mais pas tout à fait. Car, comme le fait fort judicieusement remarqué Marcela Iacub, juriste, chercheuse au CNRS et récente auteur du, aussi désopilant que malin, Qu’avez vous fait de la libération sexuelle ?, nous n’avons jamais réussi à dédramatiser la sexualité. Pour y parvenir, il faudrait pouvoir l’intégrer dans la vie comme un objet de culture, comme une activité humaine sur laquelle on peut réfléchir, discuter, et que l’on peut représenter ». En gros l’idée que mettre papa dans maman n’est pas forcément le summum de l’érotisme. Même si c’est juste pour le fun.
Ceux qui sont contre la pornographie l’associent fréquemment à la violence. Ceux qui sont pour l’en dissocient avec tout autant de virulence. En fait si la pornographie suscite périodiquement des prises de positions radicales, voire des querelles aussi hystériques que vaines, c’est parce qu’elle touche à quelque chose de plus fondamental que le sexe : la reproduction même de l’espèce. Exactement comme la violence renvoie à la mort. Naissance et mort, les deux extrémités de la vie dont l’homme, et pas seulement l’homme religieux, n’a pas encore dénoué tous les mystères. Et, comme chacun le sait, l’homme en général, et celui de pouvoir plus particulièrement, n’aime pas trop que l’on vienne jouer dans des jardins qu’il n’a pas encore totalement défrichés, que l’on s’aventure dans des zones qu’il ne maîtrise pas complètement. Dès lors l’homme de pouvoir, tous les hommes de tous les pouvoirs sortent leurs ciseaux et sont prêts à vous crever les yeux.
Il a suffi jusqu’à nos jours de les baisser un certain temps et d’attendre que leur crise d’acné sénile passe pour pouvoir les relever. Espérons que cela continue.
Pour finir sur une note amusante, rappelons que Rose bonbon, édité chez Gallimard, a failli il y a quelques semaines être interdit au moins de 18 ans par notre cher Nicolas, pas celui des vins l’autre de l’Intérieur, pour encouragement à la pédophilie. Question pertinente : sachant que la pédophilie s’exerce entre une personne mineure et une personne majeure, ne serait-il pas plus judicieux d’interdire ce livre au plus de 18 ans. Je laisse cette pernicieuse interrogation à votre saine réflexion.
Ce texte est dédié à José Bénazéraf (le « Racine du porno » selon la revue Positif) qui me fit faire mes premiers pas dans le cinéma, à tous mes potes du Midi-Minuit (cinéma mythique du boulevard Poissonnière qui alternait films de cul et films fantastiques) : Jacques Zimmer, Michel Caen, Jean-Pierre Bouyxou, Gérard Lenne, Jean-Claude Romer... et à Francis Leroi, mon ami pornocrate récemment disparu.
Jean Streff
Jean Streff est écrivain et cinéaste. Il connaît bien les problèmes de censure puisque son premier livre Le Masochisme au cinéma, publié en 1978 eut droit à sa sortie aux trois interdictions : mineurs, affichage, publicité. Il fallut attendre 1981 et Jack Lang pour voir celles-ci sauter. Dernier livre paru : Les Extravagances du désir, Éditions La Musardine, 2002.
La pollution peut être aussi dans votre salon
Attention !
La pollution peut être aussi dans votre salon
L'air des rues est irrespirable ? Celui du salon ne vaudrait guère mieux. C'est d'autant plus préoccupant pour notre santé que nous passons, selon la saison, 70 a 90% de notre temps à l'intérieur. Comment mieux respirer chez soi ? Ne négligez pas les gestes simples.
En 1988, Georges Méar, commandant de bord à Air France, a le coup de foudre pour 2 000 m2 à bâtir en plein cœur du parc botanique de Brest. Mais ce qui aurait dû être l'aboutissement d'un rêve allait être le point de départ d'un cauchemar. A peine installée, Annie Méar commence à souffrir, d'abord d'oppression, de rhinite, puis de divers troubles (douleurs diffuses, pertes de mémoire...). Elle se plaint surtout d'une fatigue inexplicable. Son mari se trouve bientôt en proie aux mêmes symptômes qui lui retombent dessus à chaque retour de vol. Au fil des semaines, leur santé se dégrade. Il leur faudra des mois pour remonter à la source du problème.
"J'ai l'impression de ne pas respirer"
La solution, Georges Méar la saisit au réveil d'une sieste fenêtres grandes ouvertes qui le trouve « la tête prise » comme après une nuit confiné dans la chambre. Des coffres des volets roulants se dégage une odeur très forte. Les analyses le confirmeront: les bois traités et les panneaux de particules rejettent des quantités massives de formaldéhyde qu'une ventilation défectueuse rabat à l'intérieur. Les Méar déménageront. Neuf ans plus tard, dans la maison « empoisonnée », 270 m2 de bois collé émettent encore deux fois plus que des panneaux neufs homologués aux Etats-Unis
S'il est extrême, le cas des Méar braque le projecteur sur le problème de la qualité de l'air mtérieur. On commence tout juste à prendre la mesure de l'impact sur la santé de la pollution atmosphérique. Alors qu'on installe des capteurs pour surveiller l'air de nos villes quel cas fait-on de l'habitat ? « Est-ce réellement dans la rue que nous courons le plus grand danger ? » En posant cette question dès 1990 dans le numéro 75 de la revue « Respirer », le docteur Marie-Roger Ickovic, l'une des premières à s'inquiéter de ces « pollutions de la maison », ignorait qu'elle prenait dix ans d'avance sur l'actualité.
La pollution intérieure était au centre de la dernière conférence annuelle de 1'EPA (European Federation of allergic and asthmatic Associations) dont a rendu compte « Oasis Allergies » (oct. 99). Le sujet revient régulièrement lors de congrès scientifiques et il est assez préoccupant pour que l'Europe ait lancé plusieurs programmes de recherche et que la France annonce la création d'un Observatoire de l'air intérieur (voir encadré).
L'air des locaux se dégrade-t-il vraiment ?
Un faisceau d'indices le laisse penser. La vétusté de l'habitat ou des équipements (les intoxications au monoxyde de carbone tuent près de 500 personnes chaque année). Mais aussi des problèmes émergents comme l'amiante ou le radon, l'éternel problème du tabac et des problèmes plus récents liés à l'introduction massive dans la construction de matériaux nouveaux ou aux changements des habitudes « Nos maisons deviennent d'autant plus hermétiques que les habitants obstruent les entrées d'air réglementaires pour des raisons d'inconfort (vents coulis, froid, nuisances sonores...). La ventilation fait du bruit ? On l'arrête pour la nuit,que les occupants passent en vase clos », s'inquiète Séverine Kirchner, responsable du projet Qualité de l'air au CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment).
Des murs, ça rassure. Son pas de porte sitôt franchi, on se croit à l'abri quand la télé annonœ un pic de niveau 2 et invite à rester chez soi. Erreur n° 1: même à huis clos, une maison n'est jamais une bulle. Erreur n°2: sous couvert de se protéger, on ferme les fenêtres, ignorant qu'on peut se retrouver plus menacé. Car c'est de la maison elle-même et de ses occupants que provient le gros bataillon des polluants qui contaminent l'air intérieur. Matériaux, équipements et nos activités multiples (cuisine, bricolage, toilette, chauffage) libèrent toutes sortes de substances dont le confinement favorise l'accumulation. « L'air inhalé comporte alors des particules diverses d'autant plus dangereuses qu'elles pénètrent plus profondément dans le poumon, là où l'élimination naturelle est moins facile », expliquait le Dr Ickovic.
Démangeaisons yeux qui piquent, gorge irritée et autres manifestations banales d'inconfort; allergies et affections respiratoires maux de tête, insomnies ou, plus insolite: stérilités maladies auto-immunes, voire risque accru de canœr, pourraient avoir pour origine commune l'air que nous respirons à la maison.
Des COV, composants organiques volatils...
Le sujet des polluants chimiques domestiques est quasi méconnu en France. A l'étranger, des campagnes comme œlle de la Société suisse pour la protection de l'environnement (SPE) mettent officiellement en garde le grand public contre œs « toxiques de l'habitat », formaldéhydes et autres COV. Présents dans toutes sortes de produits de bricolage, d'entretien, les meubles de bois collé, les composés organiques volatils (hydrocarbures, cétones, alcanes, aldéhydes) qui s'évaporent à température ambiante et se retrouvent sous forme de gaz dans les maisons à des taux jusqu'à 10 ou 20 fois supérieurs à ceux de l'extérieur. Les solvants des colles, cires, vernis, peintures s'évaporent en quelques heures ou quelques jours...Théoriquement car, dans certaines conditions, les COV, massivement libérés lors du séchage, sont absorbés par toutes sortes de matériaux présents dans la pièce (rideaux, moquette, papiers peints, livres...) qui, durablement imprégnés, les relâcheront par la suite - irnpossible de prédire pendant combien de temps.
Les peintures « à l'huile » sont naturellement les plus riches en solvants. Faut-il, pour autant, prétérer les acryliques aux glycéros ? « Si la réponse est « oui » à court terme, elle est moins tranchée à plus longue échéance »,répond Lionnelle Nugon-Baudon, chargée de recherche à 1'INRA. Sans odeur, ces peintures « à l'eau » ne sont pas forcément sans danger. Si elles contiennent environ cent fois moins de COV, la plupart renferment d'autres substances comme les aldéhydes ou les éthers de glycol. Ces éthers, sous-produits du pétrole, dont une trentaine sont actuellement utilisés dans l'industrie, viemnent de faire l'objet d'une expertise collective de l'INSERM: « Ethers de glycols: quels risques pour la santé ? », dont les conclusions, publiées en octobre, ne sont pas de nature à rassurer. Reconnus toxiques pour la fertilité et le développement du fœtus, quatre de ces éthers ont été interdits à l'usage domestique en France en 1997 et 98. En 1998, un éther est reconnu cancérigène. Quant aux autres, les experts « recommandent » de réexaminer rapidement la classification d'une dizaine d'entre eux et de compléter les études Dans l'intervalle, ces éthers continueront à être employés sans restriction.
... au SBM: syndrome des bâtiments malsains
Que sait-on des effets de ces produits chimiques sur la santé ? La toxicité dépend de la concentration du polluant, de la durée d'exposition et certainement (les scientifiques insistent de plus en plus sur ce point) de la sensibilité individuelle. « Les liens entre COV, formaldéhyde et asthme ne sont pas clairs », note le Pr Frédéric de Blay,pneumologue au CHU de Strasbourg. On observe cependant que ces polluants peuvent indirectement aggraver les réactions allergiques: soit comme cofacteur amplifiant la réponse allergique; soit en induisant une inflammation bronchique qui se surajoute.
L'Union européenne n'a classé que quatre éthers de glycol toxiques pour la fertilité et le développement du fœtus, alors que les données sont suffisantes pour en classer treize autres depuis dix ans.
Des études récentes semblent ainsi confirmer le lien entre de forts taux d'émission de COV et le fameux « syndrome des bâtiments malsains » (ou SBS pour Sick Building Syndrom). Défini comme une « réaction » de la majorité des occupants d'un immeuble à leur environnement intérieur, le SBS qui, selon l'OMS, pourrait concerner jusqu'à 25 à 30 % des usagers du tertiaire, se rnanifeste par des troubles respiratoires, nerveux (maux de tête, fatigue), allergiques, qui se dissipent dès qu'on sort du bâtiment.
Le MCS (Multiple Chemical Sensitivity) prête aussi le flanc à la controverse. Une personne sensibilisée au départ, soit par une dose massive, soit par une exposition à une dose moindre mais prolongée, pourrait, par la suite, voir ses troubles réactivés par une exposition infime à un éventail de plus en large de substances chimiques. Une sorte d'allergie sans l'être: alors que l'allergie se manifeste par une réaction de défense excessive, il s'agirait, dans le cas présent, d'un perte de tolérance de l'organisme. Ces « hypersensibilités » agiraient en perturbant les grands systèmes, immunitaire ou endocrinien, d'où les manifestations les plus diverses.
Cette hypothèse qui semble prise très au sérieux, notamment aux Etats-Unis où le MCS est reconnu par des organismes officiels tels que l'American Public Health Association, entre autres, laisse plutôt sceptique en France, où les toxicologues ont un autre mot pour qualifier ces cas: SIOC (Syndrome d'intolérance aux odeurs chimiques). Un synonyme poli de « psychosomatique ». On peut comprendre ces médecins. Pas de biomarqueurs. Des maladies qui ne ressemblent à rien de connu, mais le prion non plus.
De grosses lacunes
Sans verser dans la paranoïa « psychochimique », on peut quand même s'interroger. Pour beaucoup de ces produits, le dossier toxicologique est « très mince », finit par admettre le docteur Robert Garnier (toxicologue au centre anti-poison de l'hôpital Fernand-Widal à Paris), membre du groupe sur les éthers de glycol. Moyennant quoi, prend-on vraiment les précautions voulues ? A l'origine du rapport de l'INSERM, l'ingénieur chimiste toxicologue André Cicolella (responsable de l'Unité d'évaluation des risques sanitaires à l'INERIS) estime « en retrait » les conclusions de la récente expertise: « L'Union européenne n'a classé que quatre éthers de glycol toxiques pour la reproduction, alors que les données sont suffisantes pour en classer treize autres depuis environ dix ans. Seuls neuf sont proposés pour une révision.Aucune mesure n'a été prise après la publication de l'étude positive du National Toxicology Program, en 1998, sur la cancérogénicité de l'éther de glycol le plus utilisé au plan domestique et industriel, l'EGBE. Au total, l'exemple des éthers de glycol est un exemple du dysfonctionnement du système de sécurité sanitaire des substances chimiques. Pour les éthers de glycol, comme pour les autres substances dites "HPV" (High Production Volume), il y a un manque important de données de toxicité chronique, essentielles pourtant pour des substances utilisées, pour la seule France, par des centaines de milliers de travailleurs et des millions de consommateurs. »
Un no man's land réglementaire
En France, il n'y a actuellement ni incitation pour les industriels à l'évaluation systématique de leurs produits, ni obligation d'étiquetage. Impossible de connaître la composition de la peinture X ou du vernis Y. Quant à interroger le fabricant: « secret défense ».
« Il existe bien une norme "NF environnement" pour les peintures, mais qui ne repose pas sur des critères prenant en compte la santé des applicateurs et des usagers », observe S. Kirchner. Et pourtant la demande existe: « Nos meilleures ventes », nous dit ce distributeur qui importe d'AIlemagne deux peintures « écologiques ». Une majorité des architectes du Bas-Rhin relèvent que 25 % de leurs clients manifestent un intérêt pour la relation « habitat/santé ». Faute de labels garantissant l'absence de COV, ils ne peuvent fournir ces chantiers en matériaux français. Seule alternative: faire venir de Suisse des produits classe « A » ou des panneaux de particules allemands « E1 », peu émissifs en formaldéhydes. Alors que les Etats-Unis et le Canada, l'Allemagne, la Suisse, les pays d'Europe du Nord disposent aujourd'hui de législations réglementant la fabrication des matériaux, rien de tel en France. Nous refusons le bœuf anglais ? Nos voisins boudent les matériaux de construction français. Dans un article de juin 1999 intitulé « Maisons poisons ? », la revue suisse « Fémina » met en garde ses lectrices: « Il convient de se méfier des produits importés de pays aux réglementations plus laxistes. »
Nous refusons le bœuf anglais? Nos voisins allemands ou suisses, qui disposent de législations réglementant la fabrication des matériaux, boudent, eux, les matériaux de construction français.
Alors que des niveaux d'alerte ont été définis pour la pollution extérieure, que des valeurs limite d'exposition sont établies pour quelque 600 polluants en milieu de travail, il n'en existe pas pour l'air ambiant dans l'habitat. De plus, lorsqu'une analyse d'atmosphère est réalisée se pose le problème de son interprétation. Faute de mieux, l'usage est de diviser par un facteur « variable » (allant de 3 à 50) les valeurs moyermes d'exposition professionnelle (alors que l'OMS recommande d'appliquer un facteur de sécurité de 100 à 1000) pour obtenir la valeur limite acceptable dans un environnement domestique. Approximation d'ailleurs critiquée par les spécialistes de l'environnement comme les partenaires du projet belge « Sandrine » qui, dans un récent article (à consulter sur Internet), s'expliquent: « L'extrapolation des données de la médecine du travail à la médecine environnementale devrait être proscrite. La médecine du travail s'adresse à des adultes en bonne santé, exposés 8 heures par jour et 5 jours par semaine.Tandis qu'une personne exposée chez elle peut l'être 24 heures sur 24 »... et des années durant. Sans compter qu'un enfant, une personne âgée ou malade, ne sera pas équipé d'une combinaison ni de gants. Dernier point, ces valeurs ne sont données que pour une substance unique. Or, il est rare de n'être exposé qu'à un polluant isolément: la nocivité des mélanges où les substances chimiques interagissent entre elles devient pratiquement impossible à évaluer.
De l'ignorance à l'omerta
On peut reprocher aux Verts de voir tout en noir. Lors du naufrage de l'Erika, « le Monde » n'a-t-il pas été, le 5 janvier dernier, le premier à démasquer les experts du Cedre, suspectés de collusion (« entente secrète en vue de tromper ou de causer préjudice », selon Larousse) avec les pétroliers ? Ce sont ces mêmes pétroliers qui se cachent, aujourd'hui, derrière les marques de peintures les plus distribuées. Le système est bien verrouillé.
Lorsqu'un problème se pose, les conditions sont réunies pour que toutes les démarches tournent court. D'abord faut-il faire le lien. La plupart des gens n'ont pas le réflexe d'associer un symptôme à leur habitat,non plus que les médecins qui ne savent pas traiter ces cas. En l'absence de réglementation, les industriels jouent sur du velours. Bien difficile, alors, de faire prendre en compte la nocivité d'un produit. On en a fait les frais avec l'amiante.
Paradoxe, alors qu'en 1995 le tribunal de grande instance de Brest reconnaît et les problèmes de santé du couple Méar et les erreurs techniques (notamment de ventilation), il ne reconnaît pas la relation avec les produits chimiques (tout en faisant payer les dépens aux parties adverses, dont les frais d'expertise chimique). C'est pour faire admettre ce lien de causalité que les Méar ont fait appel.
A quand des matériaux de construction clairement étiquetés ? Pour la première fois, dans le cadre du projet « Bâtiment et santé », le secrétariat d'Etat au Logement a exprimé la nécessité de « compléter les mesures réglementaires par une meilleure information du public », avec cet objectif d'aboutir à un marquage spécifique des produits. « Deux projets sont lancés,précise S. Kirchner, l'un au niveau européen, le second, français, cofinancé par l'ADEME. » Un vrai progrès qui se profile, mais pas avant plusieurs années.
L'air intérieur sous surveillance
« Bâtiment et santé »: c'est le nom du programme de prévention des risques sanitaires liés à l'habitat récemment lancé par les ministères du Logement, de la Santé, de l'Environnement et de la Recherche. Parmi les grands axes présentés en septembre demier . Ia création d'un « observatoire de la qualité de l'air intérieur des bâtiments ». Pendant du dispositif de surveillance de l'air extérieur, il s'agit de constituer, à l'échelle nationale, un réseau d'observation de la qualité de l'air intérieur des bâtiments. Objectifs: identifier les polluants présents, leur concentration, en suivant leur évolution afin de préciser l'exposition des habitants. Des mesures seront effectuées dans des bâtiments indicateurs (un millier environ), répartis dans des zones variées tant en ville qu'à la campagne. L'échantillon regroupera des locaux dans lesquels le temps passé est important (logements, bureaux, écoles, établissements de santé), mais aussi des lieux publics fréquentés dans ia journée, y compris les espaces souterrains. Les polluants sélectionnés (oxydes d'azote, monoxyde de carbone, formaldéhydes, COV dont benzène) le seront soit en raison de leurs effets sur la santé, soit parce qu'ils sont plus concentrés à l'intérieur en raison de sources internes. Ces résultats permettront de mieux identifier les sources de ces pollutions et d'apporter des éléments pour l'évaluation des risques. La mise en œuvre du projet, qui sera conduit avec l'lnstitut national de veille sanitaire, a été confiée au CSTB avec le réseau technique du ministère de l'Equipement et l'INERIS. 4 MF ont été débloqués pour la mise en place de l'observatoire.
Ces gestes simples qu'on néglige souvent
Mieux respirer chez soi ? Ce n'est ni sorcier ni dispendieux. En Finlande, des conseils comme ceux-ci sont publiés et distribués à tous. Quelques règles d'or pour un air plus sain au quotidien: Une maison qui respire est une maison entretenue. Qu'elle s'accumule dans les tapis ou se dépose sur le lino, la poussière est un réservoir de particules et d'allergènes aériens.
• Passer sur les sols lisses une serpillière humide plutôt qu'un balai qui la met en suspension.
• Choisir un bon aspirateur: suffisamment puissant, équipé de filtres efficaces et d'accessoires adaptés (buse, turbobrosse). Pour un nettoyage en profondeur (tous les 2 ou 3 ans), au shampooing (difficile à bien rincer) préférer l'injection/extraction. La méthode varie selon le type de pose et de fibres. Se renseigner lors de l'achat ou auprès de l'Union des fabricants de tapis de France, qui édite des brochures avec des conseils précis. Egalement sur Minitel: 3615 Info Moquette ou Internet: uftf.asso.fr. L'humidité favorise le développement des moisissures et des acariens, mais aussi (on le sait moins) la diffusion de substances comme le formaldéhyde libéré par les matériaux.
• Sécher immédiatement, au besoin remplacer, tout ce qui a été mouillé ou inondé.
• Dans les pièces humides (salle de bains, cuisine), prévoir une bonne ventilation. La présence de buée sur le miroir ou les vitres indique qu'elle est insuffisante.
• Eviter de faire sécher le linge dans des pièces fermées. Autre source d'humidité issue des activités domestiques et de la présence humaine, la condensation est d'autant plus importante que la température est basse: à 15 °C, la respiration de deux personnes au repos suffit à saturer une pièce de 30 m2en cinq heures. Un chauffage équilibré (autour de 20°C) contribue à assainir l'air ambiant. Une odeur peut signaler le développement de moisissures ou le dégagement de COV En chercher la source... ne pas la masquer. Eviter parfums d'intérieur et désodorisants, spécialementen aérosol. Dans tous les cas, aérer est le meilleur moyen de disperser poussières et polluants: même le radon, dont les concentrations atteignent un pic la nuit et fluctuent dans la joumée, au gré de l'ouverture des portes et des fenêtres.
• Ventiler régulièrement (et pas seulement lorsqu'on cuisine).Toute l'année, même en hiver, quelques minutes, trois à cinq fois par jour.
• Aérer les chambres avant de dormir et chaque matin au réveil; à défaut des fenêtres, laisser les portes ouvertes la nuit est une bonne chose.
• Attention, une ventilation, une climatisation mal conçue (ou mal entretenue) produisent l'effet inverse de celui recherché. Faire appel à des professionnels. Des travaux à prévoir ? Attendre la belle saison, lorsqu'il sera facile d'aérer. Eviter d'habiter la maison en travaux et patienter quelques jours (voire davantage pour les personnes sensibles), avant de retourner dommir dans la chambre qui vient d'être repeinte. Toujours vider les pièces au maximum (pour limiter le phénomène réservoir). Et, s'il y a lieu de changer un sol, le faire APRES la peinture.
Pollution des maisons: quelles sources, quelles menaces?
Matelas, tapis et autres nids à acariens, COV qui émanent du sol ou des meubles, fuite qu'on tarde à réparer, murs qui se lézardent, chaudière, tabac: autant de sources de polluants. Voici les principaux, dangereux pour la santé.
Les allergènes domestiques « aéroportés » responsables essentiellement de manifestations respiratoires. Au hit-parade: 1 ) les acariens, responsables de 70 % des allergies à la poussière de maison. 2) Les allergènes d'animaux (chats, chiens). 3) Les allergènes de blattes, mis en cause plus récemment: 9 à 10 % des allergiques y seraient sensibilisés. Les moisissures provoquent des allergies plus rares et plus difficiles à éradiquer.
L'amiante, composant de nombreux matériaux de construction largement utilisés entre 1950 et 1980. Reconnu comme cancérigène, l'amiante a fait l'objet, en 1996 et 1997, de nouvelles dispositions réglementaires imposant aux propriétaires immobiliers une obligation de diagnostic. Cette recherche d'amiante doit impérativement être réalisée par un contrôleur agréé. La campagne, initialement prévue jusqu'au 31/12/99, a été prolongée. Informations par Minitel (3615 amiante) ou via le web (www.equipement.gouv.fr).
Le radon, gaz rare radioactif naturellement présent dans le sol, peut se concentrer dans les habitations. Deuxième cause d'irradiation après les expositions médicales, le radon, à l'origine de 34 % de 1'exposition moyenne de la population française aux rayonnements ionisants, a été reconnu comme cancérigène par l'OMS en 1987. 27 départements seraient particulièrementconcernés. Des campagnes d'identification des zones à risque et de mesures ont été lancées début 1999. Des plaquettes d'information sont disponibles dans les DDE (directions départementales de l'équipement) et les DDASS, où l'on peut aussi se procurer un dosimètre (200 F).
Le monoxyde de carbone (CO), chef de file des gaz toxiques, est responsable de 5 000 intoxications et 400 décès par an. Des accidents souvent liés à une mauvaiseventilation: « En l'absence d'oxygène, les gaz de combustion ne se transforment plus en CO2, mais en CO », explique Jean-Pierre Buisset, ingénieur du génie sanitaire.Entretenir régulièrement les appareils de chauffage et ne pas obturer les aérations.
Le CO2 (libéré, entre autres, par notre respiration) se concentre dans les espaces confinés où l'oxygène se raréfie.
Les oxydes d'azote (libérés par les appareils à gaz, le tabac...) peuvent entrainer des troubles graves: allumer un four à gaz et trois brûleurs élève en 30 min le taux de dioxyde d'azote de la cuisine à 900 microgrammes/m3 d'air, alors qu'à l'extérieur, un taux de NO2 de 200 déclenche une alerte de niveau 1. De nombreux produits (désinfectants, peintures, colles) contiennent du formaldéhyde, également émis par les murs isolés par injection de mousses urée-formol, les panneaux de particules et contreplaqué, et la fumée de tabac. Irritant, sensibilisant, le formaldéhyde est classé cancérigène probable. Selon l'OMS, les valeurs dans l'air des habitations ne devraient pas dépasser 0,1 mg/m3 d'air chez les personnes en bonne santé. Dix fois moins pour les personnes sensibilisées (voir le numéro de janvier de « Que Choisir ? » . Il serait trop long de détailler la longue liste des milliers de COV présents dans de nombreux matériaux, produits d'entretien et de bricolage. Un des plus néfastes: le benzène (cancérigène avéré). Alors qu'une valeur limite de 10 microgrammes/m3 (à terme 5) vient d'être adoptée par l'Union européenne comme objectif de qualité, de récentes campagnes de mesures (Nancy, INERIS, 1998)trouvent des concentrations dépassant 20 microgrammes/m3 d'air dans les logements-témoins. Important. Ces composés présents dans l'air pénètrent dans l'organisme par voie respiratoire mais aussi à travers la peau: travailler toujours dans un local bien ventilé; porter des vêtements couvrants, lavés souvent et, si nécessaire, un masque et des gants adaptés. En cas de problème: s'adresser à la mairie, qui peut faire intervenir le service d'hygiène de la ville, ou les services techniques de la DDASS pour une inspection à vue et des prélèvements d'air.
Par Valérie Ferrier
L'ionisation des aliments

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L'ionisation
des aliments
source: les sens de nos vies.org

Vous avez déjà vu ce logo ? Pourtant, il devrait être apposé sur tout aliment ayant été ionisé... Essayons d'en savoir plus sur ce sujet qui demeure plutôt secret, bien qu'il soit évidemment sans danger pour la santé... Le fait que le logo ne soit pas très répandu ne veut pas dire qu'il n'y a rien à ioniser. Sinon, il n'y aurait pas tous ces sites spécialisés aux abords des grandes villes ( une carte serait bienvenue ! )
Ce qu'en dit IONISOS,
Société
Anonyme au capital de 6.782.848 € emploie 80 personnes sur 5
sites de
production. IONISOS est issue de la fusion en 1993 des
sociétés :
CONSERVATOME et AMPHYTRION ; dès 1997, IONISOS et CARIC se
sont
rapprochées afin de mettre en commun deux technologies
complémentaires
dans le domaine des rayons ionisants : les " électrons
accélérés " et
les " rayons Gamma ". Le métier de IONISOS :
IONISOS est prestataire de services pour le traitement par rayonnements
ionisants dont les utilisations principales sont :
Tous les jours l’ionisation
contribue à sauver des vies, à
préserver la santé et à
protéger l'environnement.
° Partout dans le monde, les usines d’ionisation
fonctionnent sans
risque et stérilisent efficacement les dispositifs
médicaux demandés
par les chirurgiens et autres professionnels du milieu
médical pour une
utilisation en bloc opératoire ou pour les soins (par
exemple, les
seringues, les aiguilles, les gants chirurgicaux, les compresses, les
champs opératoires, les implants, les poches pour solution
intraveineuse, etc...).
° Les biberons utilisés dans un grand nombre
d'unités de prématurés
sont ionisés pour éliminer tout risque
d'infection à cette étape
cruciale de la vie d'un bébé
prématuré.
° Les prothèses de hanches artificielles sont
stérilisées pour réduire
le risque d'infection et les complications post-opératoires.
° Les astronautes mangent des aliments ionisés pour
éviter les
intoxications alimentaires quand ils sont en mission dans l'espace.
° Les emballages alimentaires sont ionisés pour
prévenir les
contaminations bactériennes et pour préserver les
aliments . Les
exemples les plus fréquents sont les emballages pour les
produits
laitiers et les jus de fruit, ainsi que les récipients de
crèmes.
° Les bouchons en liège des bouteilles de vin sont
ionisés pour
détruire les moisissures responsables " du goût de
bouchon " abîmant le
vin.
° Les épices sont ionisées pour
détruire les bactéries pathogènes et
les parasites d'insectes dangereux qui les contaminent très
fréquemment. ° A travers le monde, une grande
variété d'aliments est
ionisée, pour réduire le gaspillage, prolonger la
durée de vie du
produit durant son stockage, et détruire les organismes
dangereux qui
peuvent provoquer des maladies ou même la mort. (...) source
:
http://www.ionisos.com/fr/lien1.htm
hum.......bizarre quand même
-Aliments
irradiés : le grand secret
dossier de http://www.bioweight.com/irradier.html
<< On ne peut pas dire la vérité à la télé … il y a trop de monde qui regarde. >> . Coluche.
Irradiation, ionisation, c'est quoi au juste ?
Irradier, veut dire soumettre à un rayonnement radioactif de type bêta (provenant de particules), ou de type gamma (cobalt 60) l' autre terme (plus discret) est l' ionisation. . L' irradiation au cobalt 60, émet des rayons gamma qui irradient alors, à quarante kilograys (KGy), des palettes entières d' aliments convoyés en boucle sur tapis roulants. . L' irradiation au césium 137, parce qu'il n' a pas besoin d' un couvercle d' eau, est d' un usage beaucoup plus pratique. Intégré dans une mini-centrale nucléaire mobile, il est transporté en camion, d' une usine à l' autre, au gré des contrats, en revanche il est beaucoup plus instable.
A quoi sert l'irradiation ?
L'
irradiation est utilisée pour retarder le
mûrissement des fruits, pour
empêcher les légumes de germer, pour tuer des
bactéries responsables du
pourrissement ou pour se débarrasser d' insectes sur les
aliments. Il y
a actuellement une forte pression internationale de la part de l'
industrie de l' irradiation et d' autres organisations (comme l' OMS !)
pour généraliser son l'utilisation.
Qui utilise l'irradiation ?
Actuellement, cinq pays de l' Union européenne autorisent l'
irradiation ou (ionisation) d' autres aliments : la Belgique (8), la
France* (16), la Hollande (8), l' Italie (3) et le Royaume-Unis (10). .
Pour voir la liste des aliments concernés : Ionisés : la liste secrète* ! . Jusqu' à présent, la pression de l' opinion publique a été forte pour s' opposer à l' ionisation des aliments. Ainsi, selon les organisations de consommateurs, cette technologie n' offre pas de réels bénéfices aux consommateurs, ce serait même plutôt le contraire et pourrait tromper ceux-ci sur la fraîcheur réelle des produits !
Les dangers
liés à << l' irradiation
>> des aliments
L'irradiation des aliments dégrade la qualité de
ceux-ci notamment en
détruisant les vitamines qu' ils contiennent et en faisant
apparaître
de nouveaux composés chimique dont certains sont
cancérigènes.
Malheureusement, voici une raison de plus pour manger naturel (Bio) (
ndlr :pourquoi malheureusement ???) . . Ainsi l' ionisation peut
détruire jusqu'à 80% de la vitamine A des
œufs et 48% du Béta-carotène
du jus d' orange ! (1) De plus l' ionisation des aliments peut faire
apparaître dans ceux-ci des composés
appelés cyclobutanones, qui sont
des promoteurs du développement de cancers et causent des
dommages
génétiques chez le rat. . Chez l' homme on sait
qu' il créent des
dommages aux cellules et au gènes (cytotoxicité
et géno- toxicité) (2).
D' autres composés tels les radicaux libres ou le
benzène, le toluène …
apparaissent lors de l' ionisation d' aliments (ces composés
sont
connus pour favoriser l' apparition de cancers, maladies
cardio-vasculaires, …). . Une riche littérature
scientifique illustre
ces dangers (3). Pourtant la Commission européenne ou l'OMS
(organisation mondiale de la santé) refusent toujours de
prendre en
compte ces dangers mis en évidence par ces études
scientifiques.
Pourquoi ?
La commission européenne refuse les conclusions d' une étude officielle européenne qui montre les dangers potentiels des aliments ionisés ! . . Une étude réalisée en 2002, par une équipe de chercheurs franco-allemands dans le cadre d' un programme de recherche interrégional de l' Union européenne a montré que certains cyclobuta- nones (les 2 alkylcyclobutanones) sont cytotoxiques, génotoxiques et sont des promoteurs du cancer du colon chez le rat (4). . Le comité scientifique de la nourriture (SCF : du service santé et protection du consommateur de la Commission européenne) a refusé ces conclusions alors que l' équipe de chercheurs qui a réalisé cette étude compte parmi les meilleurs spécialistes mondiaux ! . Les chercheurs n' ont d' ailleurs pas tardé à réagir pour maintenir leurs conclusions. .
Conclusion : l' irradiation ne se contente pas d' exterminer les germes indésirables, par la même occasion ils détruisent instantanément toutes les vitamines, les antioxydants, les enzymes, les acides gras, et dans le cas des viandes rouges, certains composants naturellement présents dans les fibres deviennent cancérigènes. . D' ailleurs, le professeur Samuel Epstein, de la faculté de médecine de l' Illinois, expert auprès de la FDA (Food and Drugs Administration), a bien tenté de soulever le problème, il n' a pas été entendu. . << C' est que les industriels ne s' interressent pas à la prévention, ils préfèrent souvent (pour un moindre prix) payer les pots cassés.>>
Pourquoi <<
l' irradiation >> à tout prix ?
Pour masquer de mauvaises pratiques en matière d'
hygiène et ne pas
inciter à accroître la propreté dans ce
domaine . L' OMC (Organisation
mondiale du commerce), presse l' Union européenne d'
assouplir sa
législation sur l' ionisation des aliments : elle y voit
là un moyen d'
accroître encore un peu plus la mondialisation des
échanges commerciaux
de nourriture au détriment des systèmes de
production locaux durables
et de petite taille, destabilisant encore davantage les
marchés en
concurrencant les productions locales avec des productions d' aliments
en provenance des pays en voie de déve- loppement
où les coûts de
production sont très bas. Ces produits dénutris
et sans fraîcheur
pourront ensuite être revendus sur nos marchés !
Etiquetage absent !
pourquoi ?
Pourquoi n' est-il pas systématiquement indiqué
que certains aliments
sont irradiés ? . Pourquoi le logo << RADURA
>> , qui est
censé figuré sur l' étiquetage n'
apparaît - il jamais ?
- Aliments irradiés et OGM : même refus d'étiquetage des multinationales ( comme par hasard !)
( lire à ce propos l'excellente synthèse de http://www.grainvert.com/article.php3?id_article=708 )
La commission de l' environnement du Parlement européen avait indiquée que l' irradiation (ionisation) devrait être indiquée sur l' emballage des aliments con- cernés. Obligatoire depuis un décret du 8 mai 1970, ainsi que toutes les importations depuis le 20 septembre 2000. En 1999, vingt mille tonnes de produits divers ont été irradiés. Lesquels exactement ? Bien malin qui pourrait le dire. Les entreprises et les distributeurs qui jouent la transparence ne sont pas nombreux. C' est le cas de la société Euro-contact de Boulogne- -sur-mer qui, depuis des années libelle ses étiquettes avec la mention << produit traité par rayon- nements ionisants >>, ce n' est pas du tout le cas en revanche, des producteurs de fromages frais distribués sur le marché français. Les viandes de volailles séparées mécaniquement, sont irradiées à raison de 6000 tonnes par an. On peut donc en conclure que la plupart des plats cuisinés à base de poulet sont irradiés.
Travailleurs et sécurité globale en danger
L' utilisation de l' ionisation des aliments n' est pas sans danger pour les travailleurs de ce secteur. De très nombreuses contaminations radioactives ont déjà eu lieu aux USA, en Italie, en Norvège, en Australie, … . De plus les sources de radioactivité sont très convoitées par des réseaux organisés afin d' être revendue sur le marché noir (chaque année, dans le monde se sont plus de 200 sources de radioactivités qui sont volées ! ). . Attention au terrorisme ! source : http://www.bioweight.com/irradier.html
L'irradiation (ionisation)
des aliments, SUITE ...
C'est connu, très peu d'êtres vivants
résistent à une forte
irradiation. C'est pourquoi quelques nucléocrates abrutis
(oui, c'est
un pléonasme) ont imaginé de se servir des
propriétés biocides de
certains produits radioactifs pour « nettoyer » les
aliments des
bactéries et autres animaux indésirables.
Cette méthode, aussi appelée ionisation (par abus de langage hypocrite et mercatique), pose les problèmes suivants :
· elle consiste à
multiplier les sources d'assez
forte radioactivité (souvent du Cobalt 60), ce qui pose un
problème de
santé publique, en augmentant les risques d'accident, de
dissémination
involontaire et de contamination ou d'irradiation des travailleurs
chargés de l'irradiation des aliments par des rayons
d'activité longue
et pénétrante (NB : irradiation = exposition
simple à de la
radioactivité de n'importe quelle nature; un
élément irradié —
même
détruit par cette irradiation — n'est pas
radioactif, s'il n'a pas été
contaminé | contamination radioactive = ajout d'un
élément radioactif,
par ex. par ingestion ou stagnation dans les poumons ou
pénétration
dans la peau ou fixation dans les cheveux et les reliefs de la peau. La
contamination provoque une irradiation aussi longtemps que dure la
radioactivté de l'élément contaminant,
soit de de quelques secondes à
plusieurs milliards d'années. Un
élément contaminé par de la
radiactivité est donc dangereux, puisqu'il peut
émettre des rayons
nocifs);
· risque de sélectionner rapidement des souches
bactériennes
particulièrement virulentes et résistantes; (de
nouvelles et dures
conditions de vie favorisent les mutations, une sorte de
sélection
accélérée);
· l'irradiation a tendance à altérer
les aliments, notamment leurs
vitamines, et à produire des radicaux libres, nocifs pour la
santé,
ainsi que de nouvelles molécules (appelées
produits de radiolyse) dont
on ignore la toxicité. La vitamine la plus
détruite est la B1, suivent
les A, E, B6, PP et K, puis la C (26 à 54 % de pertes sur
les carottes
pour cette dernière et 15% en moyenne sur les agrumes).
· les aliments irradiés présentent un
très faible risque (dû à une
erreur humaine) de contamination radioactive faible ou forte
après
traitement. Or moins l'organisme humain ingère de
radio-éléments, mieux
il se porte. En effet, les instances scientifiques officielles du
nucléaire pensent depuis quelques années qu'il
n'y a pas de seuil en
dessous duquel la radioactivité serait inoffensive,
même des faibles
doses répêtées pourraient bien tuer ou
causer des maladies.
· l'irradiation peut servir à rendre
présentables des viandes impropres
à la consommation, car elle modifie leur couleur. Ainsi, une
entreprise
française de négoce de viandes fut
condamnée en octobre 1999 pour ce
genre de pratiques, qui plus est sur des viandes
non-autorisées à
l'irradiation. Les enquêteurs se sont d'ailleurs
interrogés sur les
doses de radiations utilisées.
Pour ces raisons, il est prudent et responsable de boycotter tout
produit irradié.
En France, sont autorisés à l'irradiation :
Oignon, ail,
échalote, épices, plantes
médicinales, viandes de volaille
séparées mécaniquement, crevettes,
légumes et fruits secs ou congelés,
mélanges de flocons et de germes de
céréales, cuisses de grenouilles
congelées, gomme arabique pour
l'enrobage de médicaments et de bonbons, les
émulsions de sirops, de
flans en sachet, de sauces condimentaires.
(...)
Enfin, certains produits d'importation absents de cette liste ont pu
avoir été irradiés dans leur pays
d'origine, c'est notamment le cas de
divers produits Bio en provenance d'Israel, ce qui est d'autant plus
scandaleux qu'en Europe, l'irradiation des produits Bio est
heureusement interdite. source et point de vue : http://membres.lycos.fr/resister/additifs/2-conserv.html
Plus de précisions...
La liste des produits autorisés à l'ionisation s'établit actuellement ainsi* ) :
- Oignons, aulx, échalotes (arrêté du 9 août 1997).
- Épices et aromates (arrêté du 1 er septembre 1983 modifié par l'arrêté du 6 janvier 1998).
- Viandes de volailles (arrêté du 6 février 1985).
- Gomme arabique, légumes déshydratés, flocons et germes de céréales (arrêté du 16 juin 1985).
- Sang, plasma, cruor (arrêté du 19 novembre 1986).
- Légumes et fruits secs (arrêté du 6 janvier 1988).
- Cuisses de grenouille (arrêté du 3 août 1988).
- Matériaux en contact avec les aliments (arrêté du 12 août 1988).
- Farine de riz (arrêté du 4 novembre 1988).
- Fraises (arrêté du 29 décembre 1988).
- Viandes de volailles hachées (arrêté du 27 août 1990)
- Blanc d'oeuf (arrêté du 1 - octobre 1990)
- Crevettes décortiquées (arrêté du 2 octobre 1990)
- Caséines et caséinates destinés à l'alimentation humaine (arrêté du 17 juillet 1991)
- Colostrum bovin pour l'alimentation des veaux (arrêté du 9 janvier 1992)
- Camembert au tait cru hors Appellation d'origine contrôlée (AOC) (arrêté du 23 mars 1993)
- Abats de volailles (arrêté du 30 mai 1997)
* données de 1998 trouvées sur http://chefsimon.com/fichzip/ionisationmin.pdf d'après une fiche officielle du ministère de l'agriculture, mais pas trouvé sur le site http://www.agriculture.gouv.fr/spip/ :-((
- Ce qu'ils ne savent pas ne les choquera pas...
L'industrie de la biotechnologie qui soutient la modification génétique et l'industrie du nucléaire qui soutient l'irradiation semblent déterminer à faire des OGM et des aliments irradiés la norme sur les marchés mondiaux. Ils s'opposent invariablement à l'étiquetage des OGM et des aliments irradiés, ce qui ne facilite pas la tâche des consommateurs qui veulent savoir ce qu'ils mangent.
Le Codex Alimentarius est un groupe des Nations-Unies responsable en matière d'établissement de règles internationales alimentaires. En mai 1998, sous la pression de l'industrie de la biotechnologie, il a décidé que l'étiquetage des aliments génétiquement modifiés était discriminatoire et donc un obstacle au commerce infondé. Le gouvernement américain, sous la pression de l'industrie, n'étiquettera pas les aliments GM. Le message est clair : ne demandez rien parce qu'on ne vous le dira pas. Les aliment irradiés sont commercialisés avec une radura, un cercle autour d'une fleur. Ce symbole semble inoffensif et pour un consommateur non averti peut apparaître comme un symbole d'approbation.
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Ce consommateur n'est pas aidé par les efforts du lobby des pro-irradiation qui désigne ce procédé dangereux par des termes anodins comme 'processus électronique' ou 'pasteurisation à froid' .
La ligne à ne pas franchir : les gouvernements et les leaders de l'industrie craignent qu'un public informé induise une baisse des marges de profits. Des millions de dollars ont déjà été investis dans ces technologies et les investisseurs ne laisseront certainement pas leur argent se perdre. Vers qui vont-ils se tourner à présent ?
En avant vers les Pays du Sud !
Les industries de la biotechnologie et du nucléaire se sont tournées vers le Sud avec une batterie de textes alambiqués sur le commerce : la façade, aider les plus pauvres et les intentions, faire du profit. Pourtant leurs récoltes de mauvaise qualité nutritionnelle n'aideront pas une population en malnutrition sévère. Le dumping de l'aide alimentaire ne fait rien pour s'atteler aux causes sous jacentes de la famine, mais crée une dépendance plus grande à l'aide étrangère et pousse les populations indigènes au fermage locatif. Les partisans de la nourriture GM clament que les grains enrichis peuvent aider à traiter la malnutrition. Ils martèlent que le riz doré est une façon de parer à la déficience en vitamine A. Ce qu'ils ne disent pas c'est qu'un adulte devrait pour cela avaler 3,6 kg de riz par jour. De plus, un corps en malnutrition ne possède pas les graisses nécessaires à la conversion du béta-carotène du riz doré en vitamine A. Incontestablement l'irradiation des aliments cause des pertes nutritionnelles. L'utiliser pour nourrir une population en déficience nutritionnelle, est illogique et dangereux. L'industrie alimentaire est enthousiasmée par l'irradiation parce qu'elle augmente la durée de vie des aliments qui peuvent être alors transportés sur de longues distances sans qu'ils soient gâtés. Cela représente des économies importantes pour cette industrie et permet aux consommateurs des pays riches de consommer des fruits exotiques. Pourtant le pourcentage de perte nutritionnelle augmente pendant la période de stockage. Ainsi, la manière dont l'industrie souhaite utiliser l'irradiation pour aider les populations carencées sur le plan nutritionnel conduira à leur fournir des aliments carencés. Et en plus de cela, les personnes en malnutrition ont une résistance aux toxiques moins grande et donc les aliments irradiés avec leurs produits radiolytiques pourraient s'avérer mortels. Les aliments GM ou irradiés contribuent à la dépendance du Tiers Monde à un business international. Les semences GM "terminator" produisent des récoltes qui ne germeront pas d'une année sur l'autre, les agriculteurs devant alors racheter leurs semences tous les ans aux firmes de biotechnologie. Ces semences manipulées ne survivent pas sans application de produits chimiques achetés aux mêmes firmes. Les technologies génétiques coûtent cher et les agriculteurs se retrouveront locataires de leurs propres terres pour travailler pour le compte de firmes étrangères. De même, l'irradiation est un procédé hautement industrialisé qui dépend d'une production de masse et de regroupements d'entreprises pour pouvoir faire des profits. Comme l'irradiation permet de doubler ou tripler la durée de "vie" des aliments, tue les insectes parasites et masque les conditions sanitaires déplorables de la production de viandes industrielles, les firmes alimentaires internationales peuvent augmenter la production alimentaire dans les pays en voie de développement où le travail coûte moins cher et où l'utilisation des produits chimiques est souvent faite de manière illégale. Les producteurs locaux et de taille familiale ne peuvent lutter contre les exploitations de taille industrielle qui compte sur le travail bon marché. Leur disparition permet aux firmes de gagner en contrôle sur la production alimentaire mondiale.
Dans ce monde de prix bradés et de profits, les concepts de qualité, sûreté, durabilité et justice sont sans valeur. Au lieu de faire face aux vraies raisons de la famine mondiale, les firmes de la biotechnologie et du nucléaire promeuvent de part le monde des technologies dangereuses. Nous devons protéger notre sécurité alimentaire ! Source : http://www.grainvert.com/article.php3?id_article=708
Sur l'excellent et très riche site http://www.nanodata.com on peut lire l es résultats d'une petite enquête concernant l'irradiation des aliments auprès de 4 grands de la distribution en France : Carrefour, Auchan, Intermarché et Leclerc. voirhttp://nanodomains.com/doc/0003/IRRADIATION_DES_ALIMENTS_EN_FRANCE_EN_2004.pdf : apparemment, les mousquetaires et Leclerc n'ont pas répondu, Auchan l'avoue pour les abats de volailles, carrefour confirme que les fruits et légumes de carrefour bio ne sont pas ionisés !
l'idéal pour éviter de consommer irradié, c'est déjà de ne pas acheter dans ces endroits-là.
Quelqu'un aurait-il un lien pour avoir la carte des établissements où se pratique l'ionisation ? Merci d'avance et à suivre !!!
Voici les référence d'une brochure
très bien faite :
Irradier nos aliments? Non merci!
par Maria Denil et Paul Lannoye
Edité par le Groupe des Verts/ALE au Parlement
européen en décembre 2002
Les préoccupations relatives à la
sécurité alimentaire ont pris, à
juste titre, une place prépondérante dans le
débat politique. Il serait
alors dommageable d'ignorer ou même sous-estimer les risques
pour la
santé et les retombées pour la
société de certaines techniques
contestables utilisées dans la chaîne alimentaire.
L'irradiation des
aliments est de celle-ci. Même s'il s'agit d'une technique
peu
médiatisée et peu utilisée, elle n'en
est pas moins largement
cautionnée et même promotionnée par
l'OMS, alors qu'elle n'a fait la
preuve ni de son innocuité, ni de son utilité.
Cette brochure peut être
téléchargée ici
Une version papier peut être obtenue gratuitement
à l'adresse paul.lannoye@skynet.be
Timothy Leary:
Timothy Leary:
«Il semble
évident depuis plusieurs milliers d'années que la
nature
intrinsèque de l'univers est une complexité
extrême, un désordre
inexplicable, une splendeur confuse et mystérieuse connue
sous le nom
de Chaos…
La théorie du chaos permet de prendre conscience de la
tâche qui est la
nôtre: comprendre, apprécier et glorifier la
nature merveilleuse de
l'univers tout entier, y compris le paradoxe délirant de
notre cerveau.»
Timothy Leary
Le docteur Leary est né à Springfield dans le
Massachusetts, dans une famille importante de la Nouvelle Angleterre.
Il a étudié pendant un bref temps à
l'université College of the holy Cross, à
Worcester, Massachusetts, mais a mal réagi à la
formation stricte de l'établissement Jésuite. Il
a également essayé West Point pendant un certain
temps mais a été renvoyé
après 18 mois. Il a obtenu une licence en psychologie
à l'université d'Alabama en 1943. Il a par la
suite atteint un doctorat en psychologie à
l'université de Californie, Berkeley, en 1950. Il a
continué pour devenir un professeur auxiliaire Berkeley
(1950-1955), un directeur de recherche de la fondation Kaiser
(1955-1958), et un conférencier en psychologie à
l'université de Harvard (1959-1963). Leary plus tard a
décrit ces années avec dédain,
écrivant ce qu'il avait été:
un employé institutionnel anonyme qui a conduit pour
travailler chaque matin dans une longue ligne des voitures de
banlieusard et a conduit à la maison chaque nuit et a bu des
martinis.... comme plusieurs millions, classe moyenne,
libéral, robots intellectuels.
Durant des vacances au Mexique, il essayait les champignons
hallucinogènes composés de psilocybine, une
expérience qui changera énormément le
cours de sa vie. Dès son retour à Harvard en
1960, Leary s'associe, notamment avec le Dr. Richard Alpert (plus tard
connu sous le nom de RAM Dass), et commença à
conduire des recherches sur les effets de la psylocybine et puis sur le
LSD avec les étudiants.
Le docteur Leary dit que le LSD, utilisé au bon dosage (de
préférence avec les conseils d'un professionnel),
pourrait changer le comportement des manières sans
précédent. Ses expériences n'ont
produit aucun meurtre, suicide, psychose, et en principe aucun de ces
« bad trips ». Les buts de la recherche de Leary,
étaient de trouver de meilleurs moyens pour traiter
l'alcoolisme et réhabiliter les criminels. Plusieurs des
participants sur les recherches de Leary disent avoir vécu
des expériences mystiques et spirituelles profondes, qui,
affirment-ils, ont changé leurs vies d'une façon
très positive.
Leary et Alpert ont été
écartés de Harvard en 1963 : leurs
collègues étaient incommodés par la
nature de leur recherche, et des parents puissants ont
commencé à porter plainte à
l'administration de l'université au sujet de la distribution
des hallucinogènes à leurs enfants. Ils ont
été déplacés dans un grand
manoir à New York appelé Millbrook,
d'où ils ont continué leurs
expériences. Leary plus tard a écrit :
Nous nous sommes vus comme des anthropologues du 21iéme
siècle habitant un module de temps placé quelque
part dans les âges sombres des années 60. Dans
cette colonie de l'espace nous essayions de créer un nouveau
paganisme et un nouvel attachement à la vie comme art.
Les incursions répétées du FBI ont
amené la fin de l'ère Millbrook.
Leary a été condamné pour
détention de drogue, s'est enfui, et par la suite a
été emprisonné pendant plusieurs
années. Quand il est arrivé en prison, il a
passé les tests psychologiques standards que la prison
assignait aux détenus pour l'attribution des
tâches de travail. Comme c'est lui qui avait écrit
ce test, il pouvait donner les réponses qui lui permirent de
travailler dans la bibliothèque de la prison.
Leary, plus tard, a continué de proposer son
modèle de huit circuits de conscience, dans lequel il a
supposé que l'esprit humain est composé de huit
circuits de conscience. Il pensait que la plupart des personnes
n'accédaient qu'à quatre de ces circuits durant
leurs vies. Les quatre autres, disait Leary, étaient des
ramifications révolutionnaires des quatre premiers, et
étaient présentés pour permettre la
vie dans l'espace, et aussi pour l'expansion de la conscience qui
serait nécessaire pour accomplir davantage de
progrès scientifique et social.
Leary a suggéré que certains puissent
accéder au quatre autres circuits par la
méditation et autres efforts spirituels. Un exemple de
l'information, Leary citait comme évidence afin des quatre
circuits « plus élevés »,
était le sentiment de flotter et d'inhibition des mouvements
éprouvé par l'utilisateur de marijuana. Dans le
modèle de huit circuits de la conscience, une fonction
théorique primaire du cinquième circuit (le
premier des huit développés pendant la vie dans
l'espace extra-atmosphérique) est de permettre à
des humains de s'habituer à la vie dans un environnement
zéro ou de pesanteur faible.
De toute façon, son séjour en prison a
été interrompu en 1970 où, contre une
caution, Weather Underground Organization a sorti Leary hors de prison.
Avec son épouse « Rosemary Woodruff Leary
», il quitta clandestinement les USA pour Alger dans un
refuge préparé par les « Black Panther
Eldridge Cleaver ». Découvert, le couple se sauva
en Suisse.
Séparé de Rosemary, Timothy Leary a
été enlevée par des agents d'Interpol
en Suisse et extradé aux USA en 1974, où il a
coopéré avec le FBI pour les enquêtes
sur le Weather Underground. Il a été
libéré le 21 avril 1976, par le Gouverneur Jerry
Brown.
Durant sa vie, Leary fut le sujet d'une chanson de Moody Blues
« Legend of a Mind », qui a rendu
célèbre l'expression,"Timothy Leary's dead. No,
no, he's outside looking in" « Timothy Leary est mort. Non,
non, il est à l'extérieur et regarde à
l'intérieur ».
Réciproquement, et peut-être en opposition, il fut
la référence dans une chanson des the Who's,
« The Seeker », à peu près
à la même époque; le protagoniste,
recherchant une certaine vérité universelle,
déclara : "I asked Timothy Leary, but he couldn't help me
either" « J'ai demandé à Timothy Leary,
mais il ne pouvait pas m'aider non plus ».
Leary a, à plusieurs occasions, flirté avec
l'occulte et était un membre de l'ordre magique the
Illuminates of Thanateros.
Un mois avant sa mort d'un cancer inopérable de la prostate,
Leary a écrit un livre appelé le "Design for
Dying" « Conception de la mort ». Ce livre
était une tentative de montrer aux gens une nouvelle
manière de regarder la mort et mourir.
En 1964, il a co-écrit un livre avec Ralph Metzner
appelé "A psychedelic manual" « Un manuel
psychédélique », en apparence
basé sur le livre tibétain des morts. Dans
celui-ci il écrit :
Une expérience psychédélique est un
voyage à de nouveaux royaumes de conscience. La
portée et la teneur de l'expérience est sans
limites, mais ses caractéristiques sont la transcendance des
concepts verbaux, des dimensions d'espace-temps, et du moi ou de
l'identité. De telles expériences de conscience
agrandie peuvent se produire par une multitude de moyens : la privation
sensorielle, exercices de yoga, par les extasies
disciplinées de méditation, religieux ou
esthétiques, ou spontanément. Plus
récemment, ces expériences sont devenues
disponibles à n'importe qui par l'ingestion des drogues
psychédéliques telles que le LSD, le psilocybine,
la mescaline, le DMT, etc. Bien sûr, la drogue ne produit pas
l'expérience transcendante. Elle agit simplement en tant que
clef chimique - elle ouvre l'esprit, libère le
système nerveux de ses modèles et structures
ordinaires.
Pendant un certain nombre d'années, Leary a
été excité par la
possibilité de geler son corps dans la suspension
cryogénique. En tant que scientifique lui-même, il
n'a pas cru qu'il serait ressuscité dans l'avenir, mais il a
identifié l'importance des possibilités
cryogéniques et était
généralement un avocat des sciences futures. Il
l'a appelé son « devoir en tant que futurologue
», et a aidé en faisant de la publicité
pour ces systèmes. Leary a eu des rapports avec deux
organismes de cryogénie, l'ALCOR original et puis la filiale
CRYOCARE. Quand ces rapports se sont
détériorés en raison d'un grand manque
de confiance, Leary a demandé que son corps soit
incinéré ; ses cendres furent
distribuées à ses amis et à sa famille.
La mort de Leary a été enregistrée en
vidéo pour la postérité, capturant ses
dernier mots pour toujours. À un certain point, dans son
délire final, il a itéré les mots "why
not." « pourquoi pas. » Il a poussé
l'expression à plusieurs reprises, dans
différentes intonations, et est mort peu après.
Son dernier mot, selon Zach Leary, son fils, était
"beautiful" « beau ». La bande vidéo a
été transformée en un film. Le film
est appelé « le dernier voyage de Timothy Leary,
» et les réalisateurs de cinéma ont
profité de son désir initial pour la conservation
cryogénique en créant secrètement un
ordre falsifié de décapitation, sans permission
de Leary ou de sa famille. Après la sortie du film, les
réalisateurs ont refusé d'admettre le mensonge,
probablement une méthode pour faire sensation et faire
mousser la vente de billets.
La scène truquée a été si
efficace que beaucoup doutent qu'il y ait eu trucage. C'est devenu un
sujet de discussion intense ; ceux qui clament que c'est
truqué ne peuvent pas fournir les preuves ; la
vérité est demeurée inconnue.
Après sa mort, sept grammes des cendres de Leary ont
été envoyés par son ami chez Celestis,
pour être envoyés dans l'espace à bord
d'une fusée portant les restes de 24 autres personnes,
notamment Gene Roddenberry (créateur de Star Trek), Gerard
O'Neill (physicien de l'espace), Krafft Ehricke (scientifique
spécialisé dans les fusées), et
autres...
L'expression Timothy Leary tickets est le sobriquet affectueux
donné aux petits carrés de papier buvard
imbibés de LSD. Vraisemblablement, parce qu'ils offrent un
« billet » pour un nouveaux spectacle : un
« voyage » dans des univers jusqu'ici encore
inconnus.
Leary est le parrain de l'actrice américaine
célèbre Winona Ryder.
Publications
* Change Your Brain. Leary, Timothy.
1988. (ISBN 1579510175)
* Your Brain is God. Leary, Timothy.
1988. (ISBN 1579510523)
* Flashbacks. Leary, Timothy. 1983.
(ISBN 0874774977)
* High Priest. Leary, Timothy. 1968.
(ISBN 0914171801)
* The Politics of Ecstasy. Leary,
Timothy. 1968.
* Start Your Own Religion. Leary,
Timothy. 1967.
* Psychedelic Prayers & Other
Meditations. Leary, Timothy. 1966.
* The Psychedelic Experience: A Manual
Based on the Tibetan Book of the Dead. Leary, Timothy and Ralph
Metzner, Richard Alpert, Karma-Glin-Pa Bar Do Thos Grol. 1964. (ISBN
0806516526)
* The Interpersonal Diagnosis of
Personality. Leary, Timothy. 1957.
* Confessions of a Hope Fiend. Leary,
Timothy. 1973.
Les
24 stades de
l'évolution humaine
extrait
de "Mémoires Acides" de Timothy
Leary,
éditions Robert Laffont
|
Les 12 premiers stades sont vécus ordinairement par chaque humain. |
|
1. Réflexe de
la tétée |
Timothy Leary |
|
Les 12 stades suivants tracent la voie pour l'évolution potentielle de nos perceptions et de nos fonctions mentales. Ils ont lieu
après que l'individu (et finalement l'espèce) ait
transcendé les 12 empreintes primitives liées
à la survie pour se mettre à apprendre la
"neuro-technologie de soi".
|
Niveaux d'évolution d'une civilisation
Niveau 1
Maitrise de l'outil, capacité d'abstraction et d'imagination
alliée à une capacité de
réaliser la chose imaginée.
Niveau 2
Conscience de la mort, organisation de sépultures.
Conscience métaphysique, recherche d'un ordre global de
l'univers.
Niveau 3
Civilisation. Création de villages ou de cités.
Création de systèmes de transport et
d'échange. Gestion organisée des ressources.
Niveau 4
Civilisation planétaire. Connaissance de la
planète dans son ensemble par ses habitants. Structures de
transport, de production d'objets, et d'échange
d'informations à l'échelle de la
planète.
Niveau 5
Civilisation planétaire réalisée.
Disparition totale des pratiques destructrices, à
l'échelle collective et inter-individuelle, et envers toutes
les autres espèces vivantes. Respect absolu du Premier
Commandement Universel: "Tu ne tueras point".
Ou formulé de façon extensive: Tu ne nuiras point
à d'autre vies, de quelque manière que ce soit.
Niveau 6
Découverte des structures intimes de la matière.
Accès à une énergie
illimitée. Connaissance des lois fondamentales des
organismes vivants (ADN) et de la biosphère
(écosystèmes).
Niveau 7
Civilisation planétaire avancée. Epanouissement
de l'intelligence, de la créativité, de la
communication. Claire conscience des fondements de l'univers, de la
matière, de l'énergie, et de l'esprit.
Développement conscient du potentiel individuel et
inter-individuel. Développement des facultés
avancées de l'esprit. Communication avec les autres
espèces vivantes.
Niveau 8
Civilisation inter-planétaire. Maitrise des voyages spaciaux
au-delà du système solaire d'origine.
Développement de relations avec les civilisations d'autres
planètes.
Niveau 9
Civilisation inter-galactique. Maitrise des voyages au-delà
de la galaxie d'origine. Utilisation de l'énergie
universelle. Connaissance des structures fondamentales de l'univers et
de l'espace-temps.
Ces étapes forment une suite logique idéale, mais elles ne sont pas toujours réalisées dans l'ordre. Ainsi, le grand problème de la Terre est que notre civilisation a atteint le stade 6 (pouvoir démesuré donné par la maitrise de la matière et de l'ADN) avant d'avoir réalisé le stade 5 (respect absolu de la vie sous toutes ses formes).
Science sans conscience...
























