le Film Fantastique - Stanislas kazal underground blog

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20 janvier 2006

le Film Fantastique



le Film Fantastique ( source la cité du cinéma )



Fondé sur l’irruption de l’étrange au sein même de la réalité, le fantastique utilise des moyens semblables aussi bien pour décrire le réel que l’irréel, cultivant ainsi l’ambiguïté entre deux concepts apparemment distincts. Parce que son but est de provoquer l’effroi ou la fascination chez le spectateur, ce genre, qui englobe les films d’épouvante et d’horreur, se distingue du merveilleux des comptes de fées d’une part, où surnaturel ne signifie pas pour autant anormalité, et de la science-fiction d’autre part, où l’imaginaire est généralisé au point de créer un univers nouveau se superposant à la réalité sans véritablement s’y opposer

Caractéristiques Et Évolutions Du Genre
       
Afin de perturber la distinction entre rationnel et irrationnel, les films fantastiques déclinent des thèmes qui leur sont propres, tels les êtres hybrides, les monstres, les morts-vivants et les fantômes, ou bien encore certains états intermédiaires de la conscience comme la folie et le rêve. Ennemi de tout ce qui tend à définir, analyser ou même comprendre un événement ou une situation donné, le fantastique joue avant tout sur ce que Sigmund Freud nommé "unheimlich" l’inquiétant, l’étrange ; et les œuvres illustrant ce genre cherchent à faire naître, dans l’espace intime et quotidien du spectateur, une inquiétude d’autant plus troublante qu’elle reste quelques fois diffuse.



       C’est en Allemagne qu’apparaît pour la première fois un film véritablement fantastique, intitulé L’étudiant de Prague, et mis en scène par Stellan Rye en 1913. Mais ce n’est qu’après la guerre, dans l’atmosphère sombre et désespérée de la défaite, que les cinémas allemands seront alimentés par des films qui imposeront définitivement le fantastique au grand écran. Les réalisateurs de ce nouveau genre, comme Robert Wiene, qui présente Le Cabinet du Docteur Caligari en 1920, ou Friedrich-Wilhelm Murnau, qui tourne Nosferatu le Vampire en 1922, sont fortement influencés par l’éclosion de l’expressionnisme, dont la vigueur expressive utilise les ressources du décor, de l’espace et de la lumière.



       A strictement parler, seuls ces films allemands, nourris par l’expressionnisme d’après guerre, sont considérés comme des œuvres de fantastique pur, car, dès la fin des années 1920, le genre évolue dans de multiples directions et principalement vers le film d’épouvante ou d’horreur. Tout au long du XXème siècle, le fantastique viendra enrichir la filmographie de grands cinéastes tels que Roman Polanski, réalisant Rosemary's Baby en 1968, David Lynch, tournant Blue Velvet en 1986, ou Francis Ford Coppola, présentant Dracula en 1991. Mais c’est à Hollywood, au lendemain de la révolution du cinéma sonore, que le fantastique en tant que genre, clairement définit, connaîtra son âge d’or.

   
Thèmes Favoris Du Fantastique
       

Dès les années 1930 et l’appropriation du genre par les studios hollywoodiens, le fantastique tend à limiter son intérêt à la peur, voire la terreur, qu’il peut susciter chez le spectateur, ce qui donnera véritablement naissance au film d’épouvante. Les pionniers de cette nouvelle impulsion du fantastique sont Frankenstein, de James Whale, ou L’île du Docteur Moreau, d’Erle C. Kenton, réalisés respectivement en 1931 et 1932, et présentant des créatures monstrueuses, thème qui deviendra incontournable dans les films à succès du genre. Minés par la grande dépression qui sape leur traditionnel optimisme, les américains sont rapidement séduits par ces oeuvres, dont le climat d’inquiétude fait échos à leur sombre  quotidien.



       Pendant plus de dix ans, entre 1930 et 1940, le genre connaîtra un engouement indéniable grâce à des films comme L’assassinat de la Rue Morgue, tourné par Robert Florey en 1931, Les Poupées du Diable, présenté par Tod Browning en 1936, sans oublier l’emblématique King Kong, réalisé en 1933 par Ernest Beaumont Schoedsack et Merian C. Cooper. Toutes ces œuvres se basent sur la représentation obsessionnelle du monstrueux, du bestial et de l’anormal, ce qui engendre un effroi viscéral faisant inconsciemment resurgir les hantises de l’enfance ; les vampires, les loup-garous et les monstres préhistoriques n’étant que les cousins des dragons, des sorcières ou des ogres qui peuplent les comptes de fées.



       Cette épouvante élémentaire nourrira de nombreux films, films qui par ailleurs s’inspireront régulièrement de la littérature anglaise du 19ième siècle, sans prendre réellement le soin d’en évoquer la dimension symbolique. Avec Dracula, mis en scène par Tod Browning en 1931, une composante érotique, qui deviendra inhérente au genre, s’introduit dans les films de vampire où désormais le baiser sera aussi bien un symbole d’agression sadique que de possession amoureuse. Au cours des années 1950, Terence Fisher accentuera cette dimension érotique et se servira des ressources de la couleur, tout en continuant à broder sur le thème des créatures monstrueuses.

   Le Fantastique Et L'Ambiguïté

       

Outre la volonté de créer la confusion entre le réel et l'imaginaire, les films fantastiques jouent quelques fois sur l'ambiguïté psychologique des personnages, comme le montre parfaitement Docteur Jekyll et Mister Hyde, présenté sur les écrans en 1933, et dans lequel le réalisateur, Rouben Mamoulian, parvient à faire entrer le spectateur dans la peau de Hyde, le double monstrueux de Jekyll. Plus rares que les nombreuses mises en scène brodant sur le thème de la créature maléfique, ces œuvres subtiles réveillent l'effroi devant le vertige de la double personnalité et l'angoisse indicible qui née face à la schizophrénie.


       Mais les films fantastiques savent aussi faire appel à la confusion psychologique du spectateur lui-même qui, par un jeu complexe de sadisme et de masochisme, finit par s'identifier autant à l'agresseur qu'à la victime qu'il terrorise. Cette ambivalence de la relation bourreau-supplicier est le support de La nuit du Chasseur, signé par Charles Laughton en 1955, qui demeure l'un des chefs d'œuvre du fantastique, et dont la mise en scène des liens extrêmement troubles chasseur-chassé alimente une vive angoisse, en évoquant, de manière excessivement juste, les aspects les plus inquiétants de notre ambiguïté psychologique.


       De ce travail sur la confusion et l'ambivalence est né des œuvres marquantes qui ont porté le genre à sa perfection. Parmi elles figurent Les Mains d'Orlac, réalisé par Karl Freund en 1935, Psychose, tourné par Alfred Hitchcock en 1961, ou encore L'étrangleur de Boston, présenté en 1968 par Richard Fleisher, chacune évoquant la folie meurtrière d'un individu double. Dans le registre du sadisme et du masochisme, Les Chasses du Comptes Zaroff, présenté en 1932 par Ernest Beaumont Schoedsack, et Le Voyeur, réalisé par Michael Powell en 1959, restent des films incontournables.


    




   








    




   










    




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