01 avril 2006
Costes
Costes toujours
Costes, chanteur scato et parodique, est trainé en justice pour propos racistes. Problème : en singeant la haine des autres, il voulait surtout dénoncer l'horreur du fachisme. Histoire d'un incompris.
par Agnès Giard, 21
mars 2001
Il a
enregistré plus de cinquante cassettes,
une trentaine de CD, donné des centaines de concerts
internationaux et
réalisé des dizaines d'opérettes
hallucinées. Mais Costes n'aurait
jamais pensé devenir aussi
célèbre : depuis le 16 mars 1997, il est
poursuivi devant les tribunaux par toutes sortes d'associations (Union
des Etudiants Juifs de France, Licra, MRAP, etc.) pour la publication
sur son site Internet des paroles de l'album " Livrez les blanches aux
bicots "…
Les doigts sur les murs
Florilège : " Trop de
bicots dans les rues, trop de négros dans le
métro / Trop de négresses
accroupies dans les chiottes turcs chient à
côté dans l'obscurité /
S'essuient les doigts sur les murs et touchent la monnaie / Et quand je
prends la monnaie je touche leur merde. " Le tout hurlé
d'une voix
suraiguë et noyé dans d'autres flots de paroles
où Costes se chie
dessus. Le voilà ainsi attaqué pour des textes
qui n'ont pas été
compris : Costes n'est pas raciste, ne l'a jamais
été.
Bête immonde
Au contraire. Le performer tourne en
dérision les amis de Le Pen en parodiant à
l'extrême leur discours. Un
enfant de 5 ans comprendrait ça. Mais, depuis trois ans, de
musicien
provo et underground, Jean-Louis Costes a accédé
au statut peu enviable
de bête immonde prônant un racisme ordurier
à caractère scatologique.
Comme une erreur de transmission. " Je vous le jure, Costes, c'est
vraiment un type bien. " Là où vivent les
oubliés de Saint-Denis, les
immigrés du 93 qui croupissent dans des maisons quasi
insalubres,
Costes a la cote.
Hiroshima sonores
Les gosses du quartier
l'adorent. Lui-même n'aspire qu'à la
tranquillité. Costes ne sort
presque jamais de chez lui. Il passe son temps à jouer dans
la cave. Et
puis à se branler aussi. Dans cet antre, près du
canal, il compose des
Hiroshima sonores, chansons hurlées, maxi trash mega provoc'
(" Je
m'appelle Costes, Jean-Louis Costes, né à Paris
en 1954, un vieux con
de Français. J'suis un vieux con de Français,
fils de Français, arrière
petit-fils de Français.
L'anus marron
Blanc de la tête aux pieds, bon,
pas tout à fait blanc, c'est vrai. J'ai la queue marron,
bon, ouais,
j'te jure, j'ai la queue marron, tu veux que j'te l'prouve ?
J't'assure, j'ai même l'anus marron, tu veux que j'te prouve
que j'ai
l'anus marron ? Tu crois que j'suis pas cap' de te prouver que
j'ai
l'anus marron devant toute la cité ? Tu veux que
j'baisse mon froc et
que j'te prouve que j'suis pas vraiment un blanc de la tête
aux pieds ?
" Extrait de Sperme blanc sur l'album Nik ta race).
Des cris d'amour
Loin de l'humour potache des
salles de garde ou du Caca's Club, ces chansons sont
également des
murmures d'agonie ou… des cris d'amour. Car le secret de
Costes -
pincez-vous le nez -, c'est l'amour. " L'amour dans toute sa
déchirante
atrocité, commente Jérôme Noirez,
musicologue sympathisant. L'amour,
dans ce qu'il a de plus lyrique et en même temps de plus cru.
Mystique et coincé
Costes se situe dans la grande
tradition du fin'amor, de cette poésie courtoise qui
alternait avec des
"contre-textes" obscènes, violents et
anticléricaux ". Costes,
troubadour moderne ? Peut-être. Mais c'est surtout
un créateur fou qui
traite de sujets sensibles (violence, caca, racisme, cul…)
parce que
l'amour, c'est bien, mais - quand on est martyr, mystique et
très
coincé - ça fait mal ! Prenez l'amour
filial par exemple. Costes en a
mal au cœur : " Père militaire violent et
mère catho grave complice. "
Fourreaux suggestifs
" Pas un seul souvenir
heureux de ma vie de 0 à 18 ans ", confesse-t-il.
L'adolescence n'est
guère plus brillante : " Totalement asocial, aucun
ami, passe mon temps
dans ma chambre à me branler et à faire joujou au
suicide avec des
rasoirs. Je hais tout, tout le monde et surtout moi-même. "
Dans ce
contexte, l'art se présente comme un exutoire
salvateur : Costes
fabrique des " poupées de bite ". Il enfile des fourreaux
suggestifs
sur son sexe en érection et, devant le miroir, se fait des
petits
strip-tease, ôtant un à un les rubans de tissu et
de cellophane dans un
lent dévoilement érotique.
Trop belle
Costes fait de la performance et
sublime déjà beaucoup : le
voilà éperdument amoureux d'une fille du
Lycée - Anne van Der Linden - " trop belle " pour lui et qui
alimente
ses fantasmes. A 18 ans, son destin d'artiste frustré
branleur prend
forme : il quitte ses parents et " vire zonard
drogué ".
Paradoxalement, ça lui sauve la vie. " J'étais
tellement complexé que,
sans la drogue et l'alcool, j'aurais jamais réussi
à baiser une fille.
Ça commence bien comme histoire, hein ? Les
origines d'un génie. "
Musique et masturbation
Effectivement, ça prend
forme : Costes fait des débuts fracassants dans la
musique : " Je
jouais des claviers dans des groupes rock de drogués
où on passait plus
de temps allongé sous le piano qu'a jouer dessus. "
Qu'importe. Il
tient le bon bout. En 1983, il a 29 ans. Plus asocial que jamais, il
s'enferme définitivement chez lui pour se consacrer
à ses œuvres :
musique et masturbation. " Solitaire, sans plus aucune contrainte, ma
musique se radicalise à toute vitesse.
Une petite minorité crie au
génie
Tout le monde
se fout de ma gueule, ce qui a pour effet de rendre mon style toujours
plus agressif. Je suis décidé a faire chier un
max ! " De temps en
temps, lors de sorties surprises, il distribue gratuitement ses
cassettes à la sortie des concerts branchouilles. Les gens
refusent,
effrayés. D'autres acceptent, puis veulent lui casser la
gueule après
les avoir écoutées. Une petite
minorité crie au génie.
Sifflets et crachats
Costes enregistre des
chansons bouleversantes. L'art c'est la guerre, en 1986, est un de ses
plus magnifiques albums. En 1986, justement, c'est le début
d'un
(relatif) succès : Costes fait des
concerts ! " Toujours aussi complexé
et persuadé de ma nullité, je pense que me voir
seul sur scène brailler
mes chansons bruyantes doit être chiant pour le public.
Idée confirmée
par les sifflets et crachats des punks lors de mes premiers concerts,
tous interrompus au bout de cinq minutes. " Ça ne fait rien,
il
continue.
Yaourt-épinard-chocolat
Distribuée par le biais
du mail-art, son œuvre dépasse les
frontières. Il part aux Etats-Unis
et tombe amoureux de Lisa Suckdog qui, comme son nom l'indique, est
aussi adorable et timbrée que lui. Elle l'épouse.
Quand elle apparaît
sur scène - drapée de nudité candide
et juvénile -, le public arrête de
siffler. Costes en profite pour créer des "
opéras pornos sociaux " où
la violence de ses chansons se transforme en sévices sexuels
simulés et
barbouillages au yaourt-épinard-chocolat. Ça
passe ou ça casse.
Sabre rouillé
Ces shows plaisent rapidement.
Costes tourne en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. Là-bas,
il a même
des groupies : " Je tombe chez le manager de ma
tournée, dans une
maison de samouraï en ruines. C'est un
pédé fou amoureux de moi qui me
répète "I love you Costèsse", qui se
glisse la nuit nu dans mon lit et
qui finit par vouloir me tuer avec un sabre rouillé. ".
Anecdote
authentique. Les ennemis de Costes sont tout aussi dangereux. Parmi
eux : Kool Shen.
NTM-FN
Sous prétexte que Costes est amoureux de
sa copine, Shen débarque un soir, pas cool, et tente de
défoncer la
porte en hurlant des menaces. Le lendemain, Costes commence la
première
chanson de l'album NTM-FN, brûlot délirant
entièrement dédié à la
dénonciation du célèbre duo de rap
français, présentés comme de
vulgaires démagos. On y entend Kool Shen dire " Y a pas que
ta mère que
je baise, y a aussi ta meuf. " Un message personnel laissé
sur le
répondeur du chanteur fou. Quand on a une embrouille avec
Costes,
toutes la ville est au courant.
Carrière de martyr
Autres gentils messages : ceux
des fachos. Parce qu'ils le haïssent, des néonazis
téléphonent un soir
à Costes et lui disent qu'ils vont tuer un Pakistanais.
Costes raconte
cette histoire sur son site Internet. Après quoi, un
journaliste écrit
dans un article que Costes a tué un homme. " Le pire, c'est
que même
les plus sceptiques, les plus contestataires y croient. Il se disent
"Si c'est dans le journal, ça doit être vrai."
C'est le début du
quiproquo. " Parce qu'il choque trop et qu'il renvoie dos à
dos toutes
les idéologies, Costes entame une carrière de
martyr.
Invendable
" A l'école, j'avais pas le droit de
chanter tellement je chantais faux, ça foutait en l'air la
chorale. Et
je continue à foutre en l'air, la chorale, qu'elle soit
techno ou rap,
c'est pareil ! " Parce qu'il fait de la provocation sur Radio
Libertaire, même les anarchistes le virent. Parce qu'il
écrit des
chansons antiracistes intitulées Les races puent, il se fait
poursuivre
pour " incitation à la haine raciale ". Trop destroy,
invendable,
inclassable.
Grandes causes
En 1997, c'est le début de son
odyssée. L'Union des Etudiants Juifs de France le poursuit
en justice
pour avoir mis sur son site les paroles de son album "Livrez les
blanches aux bicots" (un album qui caricature et parodie les racistes).
Costes va à la Ligue des Droits de l'Homme pour obtenir de
l'aide.
Mais, quelques jours plus tard, il apprend que la Ligue porte
également
plainte contre lui. " Les pourfendeurs du mal, les chevaliers des
grandes causes, ils se débinent. "
Harcèlement judiciaire
" Raciste, quelle horreur…
Si encore on m'accusait d'être porno ou antiflic,
là je pourrais
compter sur tous les révolutionnaires de salon. Mais le mot
"raciste"
paralyse tout le monde, même si c'est faux." En trois ans, il
gagne
successivement trois procès contre ses accusateurs. Peine
perdue : à
force de harcèlement judiciaire, l'UEJF, la LDH, la Licra et
le Mrap
obtiennent la levée de la prescription sur Internet.
Résultat
immédiat : l'extrême droite profite de
cette décision pour tenter de
réduire au silence un site antifacho.
Lopin en Guyane
La Ligue des Droits de l'Homme
s'aperçoit, mais trop tard, qu'elle a marqué
contre son propre camp.
Dégoûté, Costes s'est acheté
un lopin en Guyane… A tout prendre, les
singes sont moins cons que les hommes. De temps en temps, il part dans
la jungle pour manger des bananes et puis, quand il revient, c'est pour
se battre, comme un martyr : " Enfant, je trippais et me
branlais sur
les vies de saints si sexy bouffés nus par les lions devant
tout le
monde.
Sorte de cri fécal
" Je veux être bouffé nu par
les antiracistes sous l'œil froid de mille webcams
reliées aux cinq
continents ". On l'aura compris : Costes emmerde le bon sens
et le
goût. Sorte de cri fécal, ses productions ne
flattent pas l'oreille
mais hérissent le poil. Notre côté
socialement correct trouvera ça au
choix " nul ", " inutile " ou " gratuit " (ce qui n'est pas si mal dans
un monde où tout est payant). Mais la petite fille
démoniaque qui
sommeille en nous ne pourra que ricaner.
Un hérétique
Costes est ce qui reste de
l'individu 2001 quand on lui a arraché tous ses appendices
sociaux : le
bon sens, la raison, la décence, la dignité, la
fierté, l'apparence, la
race, le genre sexuel… Reste un trou noir qui
éructe et défèque
quelques vérités bien fumantes. Il vous met le
nez dans la merde
jusqu'à s'éclabousser lui-même. Dans
une époque qui a la religion du
bon goût et de la frime, Costes est un
hérétique.
Jusqu'à la mort
" Désormais, je ne crie plus seul
dans une cave au fond d'une banlieue. Je me bats, jusqu'à la
mort,
contre l'ordre moral, en pleine lumière sur Internet. Ma
première
cassette s'appelait "L'art c'est la guerre". Maintenant c'est la
réalité : J'ai fait la preuve qu'avec
l'art, un branleur vraiment
branleur à mort peut faire trembler les pouvoirs. "
JL Costes est un performeur hardcore qui fait de la musique autoproduite et hors SACEM depuis plus de 20 ans. Il crache sa haine du showbiz sur un ton bien enlevé.

Le blues du show-biz par JL Costes
Je ramasse un libé pourri dans une poubelle du métro et qu'est-ce que je lis ? Les putains de maisons de disques qui pleurent parce qu'elles vendent moins de disques.
Ces connards qui chialent parce qu 'ils ont vendu 480 millions de cds au lieu de 490 millions l'année dernière. Et que les putains de maison de disques pleurent et que Libé pleurer avec elles. Warner qu'il n'a gagné que 480 milliards de dollars (et que Costes qu'il a perdu que 14,5 euros !). Comme c'est triste !
Comme je jouis oui ! Ca me fait trop plaisir de voir ces ordures crever. Les maisons de disques ! Les assassins des artistes !
Vous m'avez fait crever, et bien crevez maintenant !
Quand je pense à tout le mal que vous avez fait, enculés ! Vous avez détruit la musique, détruit les artistes, détruit la culture pour tout transformer en bouillie formatée, en machine à faire du fric, en juke-box à vous payer des piscines.
Tout ce fric de merde fait en vendant la musique marketing de merde, n'a servi à rien d'autre qu'à payer des piscines, des caisses et des bites viagra aux mongols du show-biz. La culture cassée et le talent ruiné pour des piscines des caisses et des bites viagra ! Vous êtes vraiment trop nuls les mongols du show-biz ! C'est pas moi qui vais pleurer sur la faillite de votre business de merde. Je m'appelle pas Libé l'ami du show-biz moi, je m'appelle Costes l'ennemi mortel du show-biz!
Quand je pense à tout le mal que vous m'avez fait...
Je me souviens enfant écoutant votre musique de merde. Ces tubes que j'ai repassé mille fois sur le tourne-disque, ces fausses chansons d'amour et ces fausses révolutions, j'ai tout gobé comme un con ! Enfant j'ai cru 100% aux beaux sentiments et aux faux idéaux que vos chanteurs faussaires, faux artiste de merde, débitaient pour la monnaie. Bruel parlait d'amour et j'y croyais et je pleurais. Disco prêchait la fête le corps et je suais sur les rythmes abrutissants. Dylan prêchait la révolution la drogue la mort et j'y croyais, et je m'enfonçais dans la misère en annonnant connement la propagande mortifère des artistes collabos au service du show-biz qui tue.
Oui, le show-biz qui pleure avec Libé sur ses millions en moins est une bande d'assassins des sentiments purs des enfants. Ils exploitent la naïveté, l'ignorance, l'enthousiasme de l'enfant, pour lui vendre les mélodies frelatés et les messages mensongers, fausses révolte des ados encouragées par les sales vieux requins d'universal Warner de merde. Hippies, punks, rappeurs... tous ces enfants exploités enculés pour l'argent. Des peuples entiers culturellement génocidés et Libé pleure avec les assassins !
Non je ne pleure pas quand je lis dans Libé de merde trouvé dans une poubelle à Carrefour Pleyel (Où sont passés les pianos Pleyel et les Chopin ?). Je souhaite la mort du show-biz. Je jouis en lisant dans Libé la faillite des maisons de disques. Faites faillite vite fait, crevez bandes d'enculés, directeurs artistiques et directeurs du marketing et directeurs de consciences; dégagez et laissez les enfants respirer et grandir loin de votre propagande de merde qui tue l'esprit et suce l'argent.
Et tue aussi l'art, le talent.
Car le show-bizz encule les enfants et les grands enfants qui le consomment, mais ils tuent aussi les artistes.
Ah je me souviens rampant avec ma maquette à Polygram Sony et partout subir leur mépris de maffieux, leur ricanements de sadiques, leur arrogance de nouveaux riches ! " Costes, ta musique c'est de la merde, invendable, inclassable, trop extrême, nul quoi ! " Et je repartais en larmes dans le métro vers mon taudis penser au suicide, gratter besogneusement de nouveaux accords plus en accord avec les exigences des chefs de la maffia de la musique.
Je croyais encore à ma chance mais je n'avais aucune chance, car dans le show-biz il y a un élu et un million de morts. Bruel, Tchao, les minables bien placés, les soumis, les collabos, les potes et les cousins sont milliardaires. Et les génies crèvent dans un coin sombre et froid, loin des médias. Trois ou quatre mecs super friqués, super méchants et super malhonnêtes jouent les artistes de service à la télé et quatre millions de musiciens morts, ou au mieux dans le métro à faire la manche avec leur guitare cassée. 1970, 1980, 1990, les vrais artistes crèvent loin de la une de Libé et les faux artistes de merde se pavanent à la télé.
1970, 1980... les maisons de disques tiennent tout. Enregistrement, promotion, diffusion, quatre majors tiennent 90% du marché et la Fnac vend 80% des disques. Le choix est alors simple pour un musicien : se plier aux exigences du show-biz ou crever. Mais l'arrivée du magnétophone multi-pistes pas cher, de la cassette, de l'ordinateur, du cdr et enfin de l'internet et du mp3 vont changer la donne. En dix ans, les artistes asphixiés par les majors qui contrôlent toute la chaîne de production, se libèrent peu à peu du joug du business. Ils enregistrent dans leur home-studio, gravent leurs cds sur leur pc, font la promo sur leur site web et diffusent leur musique dans le monde entier par mp3 sur internet. Et les connards du show-biz, assis sur leur monopole et abrutis par la coke, ne voient pas le coup venir. Ils croient tout tenir et ne voient pas que peu à peu les musiciens indépendants construisent un réseau et une économie parallèle qui va les détruite, et d'un coup plouf, 2003, 15% de disques vendus en moins !
Et c'est le blues du show-biz repris en choeur par Libé et toute la clique. Le show-biz crève, c'est la musique qui crève. C'est faux bande d'enculés ! Le show biz crève et la musique ressuscite ! Alleluia !
Libé peut pleurer, pas moi. J'ai passé vingt ans dans une cave à résister, et pour moi et des millions d'artistes opprimés, la faillite de la Fnac sera le jour de la Victoire. Jour férié ! J'espère que l'année prochaine tout le show-biz sera dans le métro à faire la manche. Bruel avec avec ta vois cassée et ton talent mort-né, tu feras pas le poids dans le métro face à la maffia des accordéonistes roumains, tu fais une fausse note, ils en font mille justes ! Eh Tchao, révises ta salsa, tu vas pas faire le poids avec tes deux accords minables face au brésilien de Balard-Créteil !
Bon ok, j'aurai pitié, je vous jetterai en passant le vieux Libé pourri trouvé dans une poubelle à Carrefour Pleyel. Le Libé qui pleurait sur votre ruine, vous pouvez le bouffer, enculés !
Et en plus, tous ces enculés, trop paniqués de perdre leur piscine, leur caisse et leur bite en viagra, ils accusent les autres de leur faillite évidemment. Et Libé de reprendre docilement le refrain pourri, le blues du show-bizz : "C'est la faute à internet ! C'est la faute des pirates !" Soi disant que si on achète plus leur merde c'est pas parce qu'on en a marre de se faire enculer les oreilles par leur merde, non. Si on achète plus leurs merdes de cds à 20 euros, c'est parce qu'on peut trouver sur internet leurs chansons de merde gratuit. Si ils peuvent plus vendre la connerie c'est à cause de la piraterie ! C'est le show-biz qui l'a dit, c'est Libé qui le dit. Et c'est FAUX.
Evidemment il y a toujours quelques cons pour télécharger du Bruel gratos (ou du Tchao) sur Napster bis. Mais la plupart des gens qui chargent des mp3 sur le net ça fait belle lurette qu'ils écoutent plus du Bruel de merde. Ils écoutent du Costes, du truc , du machin, des millions de chansons differentes faites par des millions d'artistes maudits qui balancent gratuit sur internet leur musique étouffée par le show-bizz de merde.
Ah Warner machin Universal n'a pas voulu signer Costes ! Ah la Fnac refuse de distribuer les disques de Costes ?! Eh ben Costes il balance gratos ses chansons en mp3 sur son site http://costes.org, et un million de chansons de Costes sont téléchargées. Un million de chansons écoutées par un million d'internautes qui n'achèteront pas un million de chansons au show-bizz. Et le show bizz a vendu un million de chansons en moins. Et bientot la faillite pour Warner et la Fnac, youpie !
Libé trouvé dans une poubelle à la station Pleyel reprend le refrain pourri, le blues du show-biz : " C'est la faute à internet ! C'est la faute aux pirates ! ". Non Bruel, non la Sacem, c'est pas la faute aux pirates, c'est la faute à la liberté! Tous les musiciens que vous avez empêchés de s'exprimer dans votre système " une star / 1 milliard de clochards ", tous ces musiciens pauvres et sans moyens de diffusion, se sont jettés sur internet pour se sauver. Sur internet le musicien clochard peut faire son site pour rien. Il balance ses morceaux en mp3, les gens les chargent et les aiment, et ils oublient d'acheter la musique de merde du show-biz de merde. A quoi bon surpayer de la musique de merde alors qu'on peut écouter gratuit de la musique meilleure qui sort des tripes et pas de l'anus.
Un million de musiciens indépendants inconnus, chacun piquant à Warner Machin 0,00001% de part de marché, ca fait accumulé 100 millions de cds ! Cent millions de cds vendus en moins pour la Fanc et Warner.
0,0000001% de part de marché chacun ! Allez les musiciens indépendants, créez en toute liberté ! Diffusez gratuit sur internet et détruisez vite fait le show-bizz de merde qui vous à ruinés, humiliés, désespérés.
Et quand nous en serons à 0,00002% de part de marché chacun, alors ca sera la fin pour la Fnac et Warner. Ils crèveront, ils feront la manche dans le métro et je leur jetterai en passant méprisant le vieux libé pourri trouvé dans une poubelle qui chantait le blues du show-bizz " C'est la faute à internet ! C'est la faute aux pirates ! ", au lieu de dire la vérité : " C'est la faute à internet, oui ! C'est la faute aux artistes, les vrais ! ".
Ce que ne vous dit pas Libé : les mp3 les plus téléchargés sur internet ne sont pas des chansons du show-biz mais des œuvres d'artistes indépendants. L'œuvre musicale la plus téléchargée au monde n'est pas une chanson de Bruel mais un morceau de piano d'un vieux pianiste mexicain qui n'a jamais signé de sa vie avec une maison de disques, joue seul chez lui depuis cinquante ans (et c'est son fils chômeur qui fait seul la promo sur les newgroups de la musique à Papa!) Allez poubelle les directeurs artistiques et les directeurs de marketing et les directeurs de consciences ! Papa fait du piano et Fiston fait la promo, et allez vous faire enculer les capitalistes de la culture !
Le blues du show-bizz, c'est pas les pirates, c'est les artistes les vrais. Les artistes les vrais qui concurencent grave le show-biz en diffusant eux-mêmes leurs oeuvres sur le net. C'est la victoire de l'art contre le bizeness, de l'honneteté contre le mensonge, de la passion contre le calcul.
C'est la vengeance des artistes des vrais. C'est le blues du show-biz.
|
JEAN-LOUIS COSTES |
| J’ai découvert le travail de Jean Louis Costes en 1989. Un ami m’a fait écouter Les Oxyures, un cd d’1 H 30 consacré aux "petits vers blancs qui rampent à l’intérieur des gens". La jaquette du CD était immonde. Dix pages de pastels gras représentants des oxyures baveux, torchées par Anne Van Der Linden. Les titres étaient grossièrement écrit au stylo bille. La musique était quasi inaudible, des bruits de casseroles plaqués sur des sons de synthétiseur pour enfant. Les paroles étaient braillées en boucle comme les phrases que se répètent le soir les gamins dans leur chambre jusqu’à s’en donner le vertige. J’avais jamais entendu un truc comme ça. C’était effarant. Ça m’a fait rire. J’ai trouvé ça effroyablement touchant. Peu après le même ami m’a fait écouter Livrez les blanches aux bicots. "Celui là, il est grave", il m’a averti, "depuis que ce disque est sorti , Costes s’est fait griller dans les milieux autonomes. Même eux ils en veulent plus. Ils le prennent pour un raciste". Le livret était aussi crade que le précédent. On trouvait à l’intérieur quelques photos ratées de Costes se faisant faussement violer par un mannequin en papier mâché censé représenter "Bicot-Négro", à la queue démesurée. La musique était un tout petit peu plus travaillée. On distinguait de vagues airs populaires, des squelettes de comptines mutilées. Les textes étaient pires que tout. Même le pire des racistes aurait été gêné de la haine qui se dégageait des chansons. C’était viscéral. Malade. On sentait le type écumant de bave, comme un chien enragé. Et pourtant, en y regardant de plus près, beaucoup plus ambigu que ça. Le disque commençait par "Facho je t’encule, Facho, ton cul, c’est comme la fosse commune à Auchwitz, Facho, ton cul c’est Stalingrad, c’est le ghetto de Varsovie en flammes !!!". A un morceau intitulé "Les arabes sentent la merde", succédait "les blancs sentent bon le savon". Le cd s’achevait sur une vision de Costes amputé rampant dans les décombres de la civilisation blanche en geignant "pardon, bicots negro, je recommencerai jamais". Tout ça était beaucoup plus triste et grotesque que raciste. Il s’en dégageait la vision d’une humanité malade, bouffée par ses pulsions. Costes était raciste envers le genre humain. Lui même se décrivait comme un pantin taré, engendré par le monde occidental dégénéré. Je me suis dit que le bonhomme était à suivre. |
| J’ai
fait circuler des copies cassettes de ses CD à mes amis.
Sorti d’un cercle restreint ça passait souvent
mal. Au bout de deux minutes j’arrêtais, ayant
l’impression de faire subir quelque chose
d’insupportable. " C’est de la merde".
"Oui mais il ne s’en cache pas. C’est
drôle, je trouve, enfin tragique... T’as
déjà vu son catalogue. Il écrit : je
n’ai jamais écouté aucune de ces K7,
j’en ai rien à foutre. Il y a quelque chose de
grave là dedans, il ne s’épargne pas,
c’est sincère". " Oui mais
c’est pas suffisant". "Pas en tant que
tel, à priori, mais il le pousse vraiment'. 'Musicalement,
c’est nul. Je sais pas, je peux pas écouter un
truc comme ça... '. Un autre ami m’a prêté Je m’encule. Costes racontait comment il s’introduisait tout ce qui lui passait sous la main, de la limace à la carotte, dans le cul. C’était hystérique, comme d’habitude, et pathétique. Sa frustration faisait systématiquement tout merder. En fin de compte il avouait qu’il se retrouvait acculé au fond du trou qu’il avait creusé dans son appart, autour duquel il avait construit des murs surmontés de barbelés. " Même si je voulais appeler à l’aide personne ne m’entendrait. Je me suis coupé du monde, je ne peux plus communiquer". Encore une fois j’ai été touché. J’écoutais presque jamais les K7, mais dès que je tombais sur un nouvel enregistrement, je craquais. Costes produisait comme un forcené. Jusqu’à 6 K7 de 90 mm par an. Plus les disques, les cassettes vidéo. En 91, je me souviens qu’on écoutait Partouze à Koweït City" entre deux flashs d’Info consacrés à l’annihilation des Irakiens. Le chaos mental de Costes faisait écho à celui de l’actualité. Rires cyniques, écroulé dans un canapé, un pétard à la main. J’ai commencé à plus trop comprendre la vie. Rire de tout ça comme si c’était pour de faux, sans trop y croire. Costes n’épargnait rien : du viol de bébé à la torture d’animaux en passant par tous les génocides imaginables, placé sous le signe de la frustration sexuelle. Je l’imaginais pleurant, la queue en sang au milieu des montages de doubles de lui même qu’il n’arrêterait jamais de tuer. " J’AI MAL, JE SOUFFRE MERDE ALORS JE FAIS MAL !!!". S’enregistrant tout seul au fond de sa cave. A la fois victime ridicule d’impuissance et tortionnaire grotesque. Je rigolais pour pas chialer. Pour donner l’apparence de digérer toute cette merde sans sourciller. Puis on est tombé sur les vidéos. Costes en avait fait une quinzaine. Des enregistrements de shows incohérents et même des "films". C’était plus nul encore que les pires de ses cassettes. Un petit bonhomme nerveux éructant ses conneries en plaine rue, chiant sur le périphérique où se masturbant dans sa chambre. Aussi mauvais que le pire des films d’amateur. Mais bien plus expérimental et sincère que tout ce que je pouvais voire à la télé. J’ai commencé à me poser pas mal de questions sur le bonhomme. De quel milieu vient il ? Quelle a été son histoire ? Dans quelle mesure est-il conscient de ce qu’il fait ? Tout s’annule, dans son truc, il est pas attaquable, il s’en prend trop à lui même pour être considéré comme intolérant. Dans le fond c’était ça le truc, le côté ouvertement suicidaire de la démarche, présentée comme un caprice. Je me suis toujours dit qu’il était irrécupérable. Facilement méprisable, mais irrécupérable. Il ne prenait pas position contre au nom d’une utopie dangereuse. Il prenait position contre tout et contre tous, à commencer par lui même. Que pourrait faire un mouvement politique d’un type comme lui ? J’imaginais Le Pen forcé d’écouter les cassettes de Costes : il le considérerait comme un malade mental, un dégénéré. Costes à sorti "Terminator Moule", qui a été vendu à la FNAC pendant quelques mois avant d’être interdit par la direction. Terminator Moule c’était du concentré de frustrations, truffé de cris de détresse. Après avoir exhorté les hommes à massacrer les femelles vampires, il les renvoyait à leur néant affectif. A pleurer de rire. Puis il y a eut Debout les blancs, le pire de tous. Costes y décrivait le triomphe du fascisme en France, les camps de concentration dans le Vercor, les rafles chez les Antillais de paris, les miliciens violants les jolies arabes qui avait eut le toupet de refuser leurs avances, les chambres à gaz, les charniers en forêt de Fontainebleau, les arabes kapo... C’était immonde. La première fois je me suis vraiment senti gêné. Est-ce que je pouvait cautionner ça ? En réécoutant la cassette une deuxième fois, ça s’est un peu éclairci. Je fais pas ça contre les black ou pour les blancs. J’en ai rien à foutre des races, la seule race qui me dégoutte c’est l’espèce humaine". Ce qui était vraiment gênant dedans, c’était l’intensité de la haine qui s’en dégageait. Du double concentré de haine. De l’acide. A côté, Livrez les blanches aux bicots, c’était du pipi de chat. Je me suis forcé à l’écouter deux, trois fois. Les sentiments dont il était question ne m’étaient pas inconnus, loin de là. Mais étalés aussi nettement ça faisait peur. En y réfléchissant ça m’a plus fait flipper que n’importe quel tract mettant en garde contre le front national où le nazisme. Si un jour le pays basculle, ça se passera comme ça exactement comme ça. Mon dieu. Ce con a mis le doigt dessus. Les frustrations libérées d’un coup, ça donnerait ça. J’ai rigolé et je me suis dit qu’il allait peut-être falloir me remettre à voter. |
L'Enfer Bourgeois
par Jean-Louis Costes
Texte publié dans le hors-série Bloy de Cancer! (juin 2003), à l'occasion de la lecture publique et intégrale de l'Exégèse des lieux communs.
Déjà faudrait dire à Soral que ses ouvriers de merde bourrés devant la télé ils me font chier. Vous crachez sur les bourgeois. Vous les imaginez dans la piscine à se tirer mille beurettes à deux balles qui mouillent pour leur fric. En vrai ils crèvent comme des merdes, la bouche pleine des ouvriers pourris qu'ils ont avalés et qu'ils ne peuvent pas vomir, le prix du fric. Moi je suis né dans l'enfer bourgeois et je vais vous dire la vérité. Mon grand père gagnait par jour ce que n'a pas gagné en une vie le grand-père de Soral. Et pourtant : Mon grand-père est mort dans la merde comme le dernier des intouchables. On a retrouvé son cadavre enterré dans sa propre merde, la bouche pleine de sa diarrhée qui l'avait étouffé. C'EST LA VERITE.
Mon grand père est mort de faim comme le dernier des intouchables. Son cadavre pourri pesait 27 kilos, Auschwitz à la maison et pourtant il était antisémite. C EST LA VERITE.
Mon grand père est mort seul comme le dernier des intouchables. Ses enfants le haïssaient et sa bonne s'est cassée avec l'argenterie. C'est l'odeur de son cadavre pourri et de son palais en feu qui a attiré les pompiers, les croque-morts et les héritiers. Il y avait 300 millions de francs sur son compte mais c'est pas ça qui l'a empêché de crever comme le dernier des intouchables, car maladie folie guerre et vengeance des juifs sont plus forts que trois cents millions.
Mon grand père vivait au Vézinet dans un palais délabré au milieu d'un parc de trois hectares plein de statues de salopes nues et de grottes en cristal. Caché dans la grotte je me branlais en matant les salopes nues en attendant le goûter, et c'est vrai que c'était mieux que zoner dans la cour de la cité. Mais moi je suis pas le bourgeois qui a mangé les ouvriers pourris plein de maladies, le prix du fric. Je suis le fils de bourgeois qui profite sans rien foutre. Et là je parle pas de la damnation du fils de bourgeois qui coule dans la drogue, je parle de la damnation du bourgeois empoisonné par les ouvriers pourris qu'il a bouffé. Ah bande de cons, vous enviez les riches et les haïssez ! Mais les bourgeois français ne sont pas les juifs des start-up. Ce sont pas des mecs qui spéculent sur le net au bord de la piscine à Tati. Les bourgeois qui ont construit la France à coups de triques sont des pauvres qui ont réussi à sortir de l'enfer des usines du XIXème siècle en trahissant leurs frères et en assassinant leurs pères-mères de leurs propres mains. Au temps de mon grand-père, pas d'Internet, pas de violence virtuelle et d'exploitation délocalisée. Non ! Au temps où ya pas de télé et de téléphone pour enculer à Hong-Kong, l'ouvrier faut l'égorger soi-même et lui sucer le sang avec ses propres dents. Le bourgeois français est un vrai vampire à couilles qui bouffe ses frères sans intermédiaires.
Ah vous les connards branchés qui bandez sur les serial-killers et les flibustiers, et méprisez le bourgeois en le croyant papi en pantoufles et fauteuil roulant, vous vous plantez grave ! Le bourgeois genre mon papi tua de ses mains, dans son usine à exterminer les ouvriers à la sueur et au gaz chimique, mille fois plus d'ouvriers que l'Ukrainien d'Auschwitz. Eh vous les néo-nazis à deux balles qui bandez pour Hitler et méprisez le bourgeois mou du cul, vous vous plantez grave de grave. Mon grand-père avait exterminé tellement d'ouvriers dans sa moulinette à fric que pour lui les nazis c'était des rigolos. Papi m'a dit "Les juifs ?... Ah... Je n'aurais pas appuyé sur le bouton... mais bon..." Une pause... Il fait slurp avec son dentier en touillant son pain rassis dans son oeuf cru (Ouais les milliardaires durs à cuire du XIXème siècle ils bouffent à midi un oeuf cru avec du pain rassis. Le champagne c'est pour droguer les OS de bureau du XXème siècle, leur faire croire qu'ils sont riches. Et les milliardaires durs à cuire du XIXème siècle ils portent pas des Nike mais les mêmes vieilles pantoufles trouées qu'en 1900. Les Nike 2000 c'est pour droguer les clodos négros bicots, leur faire croire qu'ils sont blancs)... donc Papi fait slurp l'œuf cru avec son dentier, me regarde oeil de verre avec sa morve qui pend de sa moustache à la Hitler et bégaye : "Mais ça leur a rapporté combien aux boches de tuer les youpins" (Moi à l'époque je m'en fous, j'écoute les Beatles et je trouve le papi gâteux qui pue du cul dégueulasse avec sa morve d'œuf et son oeil de verre. Et je le trouve vachement bourgeois ringard car je vois que le décor en or et pas les millions de morts enterrés dans le jardin du milliardaire).
Mon grand-père à dix ans bossait dans l'atelier enfumé de 1900 et crachait déjà ses poumons sang sous les coups de la noblesse. Haïssant le père communiste syndicaliste à la solde du patron qui se contentait de sa paye de collabo et la mère ivrogne putasse de bouiboui, il travaille la nuit les maths et la physique. Pas par amour de la science mais par haine des ouvriers et amour du fric. Il va utiliser la science, l'électricité, le charbon, l'acier pour enculer ses frères à coups de guerres et de poutres en fer, et devenir milliardaire. Non le bourgeois n'a pas gagné au loto, non il n'a pas hérité de Louis XVI ! Il a bossé comme un dingue 4 millions de jours et nuits à donner 4 milliards de coups de triques à 40 millions d'ouvriers dans l'usine de fer et à la guerre, avant de crever affamé cramé comme le dernier des intouchables de Bombay. Il a vu son bébé blond chéri mourir et sa femme folir et mourir. Il a vu sa fille unique encastrée dans la XM sous le Saviem. Et il a vu son petit fils Jean-louis overdosé dans les WC. Il a bossé, il a pleuré et il a crevé. C'EST LA VERITE.
Mon grand-père était très riche, un riche trop riche comme Soral les hait, et tous les petits cons se branlent sur sa cuisse de vieux. OK il était putain de riche. Mais il a vécu comme une merde et est mort comme une merde. Il n'a pas dépensé un franc des milliards volés à ses frères ouvriers. Il n'avait pas de télé, pas de portable, pas de bagnole, pas de chauffage. Trois milliards sur le compte et trois francs dans le porte-monnaie. Juste assez de monnaie pour acheter Le Figaro. Son seul luxe et son seul loisir, Le Figaro! Et en plus il le lisait à la loupe car il avait même pas de lunettes ! Comme ont vécu et sont morts les bourgeois français qui ont construit ce pays à coups de triques dans la gueule de leurs frères pères et mères, pas un seul de ces socialos bureaucrates de merde qui profitent de l'or arnaqué par ces bourges et manifestent pour leur retraite molle n'accepterait de vivre. Papi a vécu debout sur son or plus pauvrement qu'un immigré couché sur son RMI. C'EST LA VERITE, JE L'AI VU, C'ETAIT MON GRAND PERE MILLIARDAIRE.
Vous pissez sur les cuisses des vieux bourgeois, vous les jalousez et vous les haïssez, vous rêvez de prendre leur place, et bien prenez ! Prenez l'usine en haillons pieds nus à dix ans. Prenez les nuits de glace à ânonner les maths sous les coups de bouteille du père communiste et de la mère bourrés. Prenez le poids du péché millions d'ouvriers pourris qui vous bouchent le nez. Et prenez aussi la guerre de 14 et les juifs et les nazis et la pneumonie et la folie et les enfants morts et l'amour mort éternellement pleuré. Ces enculés de socialos crachent sur les bourgeois. Ils veulent le fric sans payer le prix du fric, la mort, la maladie, la culpabilité et la folie... ET LA PUNITION.
Vous voulez le confort sans effort. Pour votre confort Papi est mort. Les pompiers sont venus trop tard et ils ont trouvé Papi en feu tout nu, juif de 27 kilos dans sa chemise de nuit fondue et sa ceinture anti-hernie fondue, plastique fondu de ses usines à fric mêlé à sa chair à vif plus de peau. Papi brûlé à 95 % et même pas mort ! Coriace l'enculé de bourge !
J'ai été le voir à l'hôpital la nuit de sa mort. Ca faisait 36 jours et nuits de hurlements qu'il agonisait et il puait le brûlé jusque dans le couloir. Dans la chambre pas d'or, pas de fric, pas de famille en larmes pour le veiller. Juste des chaînes et des poulies pour attacher le bourgeois exploiteur au lit du jugement. Il faisait très sombre, juste une veilleuse sanglante et l'éclat de son oeil de verre fondu dans son cerveau. Pourtant il a deviné une présence. "Claire, ma petite Claire, c'est toi ?" et il a pris ma main dans son moignon brûlé paralysé infecté. "Claire, mon bébé, tu as bien dormi ?" Ils lui avaient donné un max de morphine pour apaiser vaguement son corps brûlé à vif. Totalement shooté à la morph, Papi me prenait pour son bébé chéri à boucles blondes, Claire, la fille de cinq ans morte de pneumonie malgré les milliards à papa en 1932, l'ange parti éternellement pleuré. L'ange était mort, première punition du bourgeois la bouche pleine d'ouvriers. Puis la femme avait sombré dans la folie et lente agonie de trente ans dans les asiles de misère de luxe. Deuxième punition du bourgeois la bouche pleine d'ouvriers. Puis la guerre les nazis les américains l'usine bombardée la vengeance des juifs, troisième punition du bourgeois la bouche pleine d'ouvriers. Il m'a dit Claire, il m'a dit Hitler... et il est mort. Il m'a dit "Ma petite Claire chérie, Papa part en voyage, soit gentille avec Maman et travaille bien à l'école." Sa main s'est serrée sur ma main et son bras est tombé sur le drap. J'ai crié "Papi est mort!", la main coincée dans le moignon du mort, et l'infirmière est venue. Et les héritiers sont arrivés. Et je suis parti me shooter dans les chiottes avec le reste de morph à Papi. Papi mort vivant dépecé sous mes yeux. J'enfonce la seringue et je ferme les yeux. Il erre dans le ciel sans paix des milliardaires, poursuivi par les ouvriers vengeurs menés par Soral, poursuivant l'ange blond qui fuit en riant, pour l'éternité. J'ai eu peur. J'ai pas les couilles pour faire bourgeois la bouche pleine d'ouvriers. Trop de dégoût, trop de culpabilité. Je suis qu'une merde molle de fils à papi qui se drogue. Je préfère me défoncer et crever que défoncer et crever. Tout le monde veut le fric mais personne veut défoncer et crever de l'ouvrier et du juif. Défoncer de l'ouvrier et du juif, c'est le prix du fric. Papi avant de crever m'a dit le prix du fric "Sois gentille avec Maman et travaille bien à l'école." J'ai eu peur et je suis devenu pauvre.
Costes
Texte publié dans le hors-série Bloy de Cancer! (juin 2003)
Mon grand-père, immigré fasciste raciste anti-français
Jean-Louis
Costes
août 2001
inédit
Je m'appelle Jean-Louis Garnick Philippe Costes.
Garnick parce que mon grand-père s'appelait Garnick Sarkissian.
C'était un immigré arménien. Une merde. Un rien du tout. Il arrivait toujours pas à parler français après 50 ans en France, et en plus il avait oublié l'arménien ! Tout ce qu'il savait me dire, complètement bourré, voûté devant la télé, emmitouflé dans sa vieille pelisse en peau (de ?) mitée, c'est « salouparrrd, faaniant, ba a rrrien, ta ma daga ! ».
(« Ta ma daga » ? J'ai jamais compris ce que ça voulait dire… Peut être une insulte en arménien ?)
Quand j'étais enfant, et jusqu'à sa mort, il me terrorisait. Tout le monde avait peur de lui. Il était ultraviolent. Il restait toujours dans son coin sans rien dire (juste « ta ma daga ! ») en crachant par terre (il fumait trois paquets de gauloises sans filtre par jour).
Il dormait pas avec ma grand-mère (il se branlait ? il bandait encore ? il avait perdu la queue pendant la guerre ?).
Il dormait à part tout seul dans une petite piaule pourrave au dernier étage de la maison pourrave au fond de la banlieue pourrave. Personne ne rentrait jamais dans sa piaule qui puait sur le palier porte fermée (mais qu'est-ce qu'il gardait dedans ? des peaux de chèvre ? des cadavres ? il chiait par terre ou quoi ?).
Il nous avait tellement menacés qu'on était tous persuadés, petits-enfants et grand-mère, qu'il nous tuerait si jamais on rentrait dans sa piaule pourrave (de toute façon rien que l'odeur antre de l'ours nous terrorisait et tenait à distance, tout en nous fascinant, regard furtif de biais par porte entrebâillée vers le mystère de la chambre jaune pisse caca).
Des fois on arrivait à jeter un coup d'œil dedans : on voyait tout un bordel de vieux trucs de clochard : des bouts de carton, des France-Soir jusqu'au plafond, des vieilles fringues moisies (en peau de ?)… et des armes, partout des armes, des fusils, des sabres, des baïonnettes… Le musée de la guerre de 14 ! Et pour nous « bon-papa qui pique » (« qui pique » parce qu'il se rasait jamais de près et avait une énorme moustache de Staline), « bon-papa qui pique », c'était comme un ogre qui vous fait des bisous à la sortie de la messe en vous tripotant le cul ; mais qui après à la maison bourré un jour va me dévorer. Si je suis pas sage ; et même si je suis sage.
Il fermait tout à clé : sa piaule où il dormait seul loin de ma grand-mère (elle dormait à l'étage en dessous). Elle se vantait carrément crûment de pas avoir fait l'amour avec lui depuis au moins 40 ans. On aurait dit que dans sa petite tête bête de poule beaufe boulette, elle voulait comme se disculper à nos yeux pour s'être accouplée avec l'Arménien : « Bon d'accord, elle avait baisé avec l'Arménien, mais c'était une erreur de jeunesse ; elle était amoureuse (elle mouillait ! bonne-maman qui mouillait ! vous imaginez ?) ; elle recommencerait pas. » (De toute façon elle avait 75 ans couverte de poils ; on aurait dit une boule de graisse puante poilue ; et ma pire hantise c'était qu'elle m'embrasse… Elle adorait les bisous merde ! Ses baisers bave de dentier avec cette mystérieuse tenace odeur de chatte rance c'était mon cauchemar, bien pire que les baisers pédophiles virils de « bon-papa qui pique ».)
Et pas moyen de nous échapper. Elle nous sautait dessus, la vioque en chaleur. Elle se pendait à mon cou (elle était tellement naine que déjà à 7 ans j'étais plus grand qu'elle), elle s'accrochait, elle se frottait, et aussi, je sais pas pourquoi, elle larmoyait. On aurait dit que ça la rendait triste de nous embrasser, comme si elle nous considérait comme des enfants morts-nés, agonisants, handicapés ? Et elle nous embrassait et elle pleurait et elle bavait (je me demande si elle se pissait pas dessus aussi ? ça aurait expliqué l'odeur louche sous le parfum très louche). Elle était franchement dégueulasse.
Pas étonnant que bon-papa voulait pas la baiser ! Pas étonnant que je sois devenu pédé ! J'ai passé toute mon enfance élevé comme un hamster par une grand-mère boule de gras puante collante sous l'odeur de faux Chanel à deux balles — « Chamel » ça s'appelait ; et effectivement ça puait bien la chamelle mon pull, après que la vieille en rut éternel se soit frottée bisou-bisou beurk à mon cou. Et je voulais prendre une douche et changer de fringues pour échapper à son odeur sur moi qui me suivait partout jusque dans mon lit (j'ai eu mes premières bandaisons secrètes nocturnes baignant dans l'odeur rance « Chamel » chamelle des bisous à bonne-maman… traumatisé normal !). Je voulais prendre une douche…
Mais (1964) y'avait pas de douche. Fallait se laver tout nu, se faire frotter les couilles par la vieille avec son sale gant de toilette dans la cuisine glacée avec le vieux voûté devant la télé qui clopait sans jamais rien dire à part un « ta ma daga ! » par-ci par-là (il commentait la télé ? il insultait sa femme ? il parlait de ma quéquette recroquevillée sous l'eau glacée dans la main gantée de crin de la vieille experte ?).
Mon grand-père ne parlait jamais à sa femme ; il ne la regardait jamais. Il fixait l'écran télé sans arrêt, sans dévier, obnubilé buté sur Guy Lux. On aurait dit qu'il faisait semblant exprès. Je parie que la télé il en avait rien à foutre : il regardait la télé comme une insulte permanente à ma grand-mère : « ta vois salape, ja prafar ragarde la talé ka toi ». La télé, on savait tous pertinemment qu'il y bitait que dalle. Il voyait même pas les images. Il voyait que le cadre avec une lampe au milieu. Une lampe ka faisait des couleurs ka bougeaient, ça l'hypnotisait ! En plus, il comprenait pas le français ; il pouvait à peine lire (juste regarder ?) toujours le même vieux numéro en russe d'un journal pour immigrés tout déchiré. Pourquoi donc alors qu'il regardait tous les soirs « Des chiffres et des lettres » ?
Pour bien nous montrer qu'il avait rien à voir avec nous notre famille de Français de merde qu'il pouvait pas saquer. (On lui avait fait sentir pendant 50 ans qu'il était qu'une merde d'Arménien et qu'il ferait jamais parti du clan de petits petits tout petits-bourges de vrais Français, alors maintenant il la jouait snob devant la télé, sa dernière arme à faire mal. Les bâtards tonton tata papy mamie avaient bavé partout que ma grand-mère il l'avait envoûtée avec son sale « charme slave » et ses cheveux gominés en arrière aplatis noirs de maquereau à grosses bagouzes, et le Garnick ils l'avaient boycotté ; pas de Noël en famille, pas de vacances à la campagne, pas de cartes postales : « Ah petite salope, tu t'es maquée avec l'Arménien et ben dégage avec tes trois gosses tubards et tes gnons dans la gueule, t'es plus not' fille ! »)
Cette petite conne de ma grand-mère, poulette provinciale naïve, s'était fait sauter à sa descente du train après un verre de vodka par le sale immigré ; et il avait fallu la marier avec le monstre comme elle était en cloque de ma mère. Mais quand au mariage ils ont vu sa gueule ses manières à l'Arménien (il paraît qu'il leur a fait le plan à la cosaque totalement pété à quatre heures du mat violant sa dulcinée dans la cuisine, son voile de vierge dans la purée), jamais jamais le clan des « fils de mon fils » l'avait accepté : ignoré renié méprisé le Garnick Sarkissian par Monsieur et Madame Chabert, leurs vieux et leurs enfants. Les enculés de Français ! Ca valait bien quelques « ta ma daga ! » les yeux rivés sur Cloclo !
Donc il haïssait sa belle-famille, puis aussi logique sa femme — ça s'était vite dégradé l'histoire d'amour dans la chambre de bonne pourrie entre la petite salope provinciale qui voulait « vivre, profiter, réussir » et son gigolo d'Arménien qui branlait rien (de toute façon il savait rien faire). Des fois il livrait du caviar pour Petrossian chez les riches et il m'emmenait dans la deux-chevaux camionnette. À l'arrière je voyais Paris défiler à l'envers dans les cahots par le hublot, accroupi entre les caisses de caviar et saumon qui puait. (Ca ressemblait l'odeur de bonne-maman baisers pourrie de la moule.) Mais la plupart du temps il était chômeur au temps de pas de sécu pas de rmi, et il aurait crevé de faim sur le pavé si y'avait pas eu la naïve provinciale perdue à la gare et il l'avait « aidée » à porter sa grosse valise et trouver l'hôtel ; tellement serviable et belle moustache que ça valait bien un écartage de cuisses.
Mais vite l'idylle avait merdé : direct il lui avait éjaculé ma mère dans le cul, mais, bien avant qu'elle soit née, c'était déjà haine rancœur pleurs malheur. Elle bossait chienne femme de ménage dans les étages bourgeois du bas ; et il zonait les cafés, rouge gauloise rouge gauloise. Et le soir il la violait à la cosaque bourré, puis il lui cassait la gueule parce qu'elle avait vaguement versé une larme ou parlé de maman ou n'importe quel prétexte. Il aurait voulu faire jardinier chez les beaux-parents mais ils avaient toujours refusé qu'il foute les pieds, jamais ! Et la haine en lui avait grandi.
Il avait compris que la France serait la prison définitive où il mourrait, et il se vengea sur elle, la petite boule rose française à sa merci ; la jeune fille qui l'avait tant aimé un soir après la gare. Et en tous deux avec le temps la haine grossit, au temps où le divorce était pire que les coups la haine les pleurs le malheur. Mieux valait mariée à l'Arménien que fille mère à l'asile pour les salopes.
Donc elle encaissa 50 ans et la haine fut sans limite : il brandit le sabre, lui tailla la joue et un sein ; il chargea le fusil et tira dans le berceau — le berceau fut percé mais ma mère intacte tendit ses menottes vers papa, et bonne-maman parla toujours de miracle (je suis né du cul d'une miraculée ! sans la bienveillance divine pas de Costes !).
Elle était à sa merci, seule dans Paris dans les bras puissants de l'immigré, rejetée par sa famille, épuisée par les bourgeois, berçant bébé, seul bonheur entre les guerres qui tuent les frères, les crises économiques ; tout ça de la bibine à côté de la vie dans la piaule du sixième où les cris les coups les pleurs pour les voisins n'étaient que du bruit. Ca suffit ce bruit ! Il lui cognait dessus et les voisins cognaient au plafond.
Et 50 ans plus tard, moi né eux vieux, je passe les week-ends « débarrassons-nous des enfants pour aller au club d'échangistes » chez « bon-papa et bonne-maman », et je vois la haine les coups mais plus de pleurs. Juste des lèvres closes, des yeux mi-clos, des professionnels de la haine au quotidien. Depuis le temps ils savaient gérer ! Je comprenais rien mais je sentais. Quelque chose confusément. J'étais dégoûté par l'odeur de malheur de la vieille et terrorisé par le vieillard tueur.
Mais où donc que ma grand-mère elle l'avait trouvé son Arménien ?
Mon grand-père Garnick Sarkissian est né en 1900 dans la partie de l'Arménie déchiquetée entre Empire ottoman et Empire russe. Son père était un marchand de chevaux prospère (les chevaux, alors arme de guerre numéro un, se vendaient bien dans ces régions frontalières presque toujours en guerre : on chargeait encore au sabre, cavalerie corps d'élite des armées) ; et ma foi, papa à Garnick accumulait pépètes dans bas de laine moujik.
Garnick, seul fils, serait riche héritier. Garnick, le fils adoré adulé couvé par le père (mère morte génocide 1915).
Garnick, élevé par papa poule bouffeur de moujiks, était heureux : force juvénile, beauté du mâle dans les steppes à cheval, admiration des filles. Destin heureux tout tracé : il vendrait des chevaux comme papa. Ca tombait bien, il adorait les chevaux. Il se marierait avec une de ses nombreuses amantes qui risquaient la mort (code d'honneur virginité tueur) pour prendre sa grosse queue de fils de riche beau bronzé bon parti dans les prés. Il se marierait avec celle de ses amantes engrossées non exécutée par son frère.
Celles qui le suppliaient de l'épouser sinon « mon frère me tuera », à coups de pieds dans le ventre gonflé il les jetaient. Mais un jour passé vingt ans, poussé par son père, il finirait par accepter la loi le mariage l'âge adulte l'héritage. L'amante numéro 883 elle ne serait pas piétinée à mort dans le purin, il l'épouserait et, sauvée in extremis du martyre, heureuse et fière échappée belle, il la prendrait dans ses bras à la sortie de l'église, et les moujiks beurrés danseraient sur les genoux et le pope bienveillant donnerait sa bénédiction d'encens…
Donc, en 1917, « bon-papa qui pique » était bien barré dans la vie. Tout baignait : la santé, la beauté, le fric, la classe, les moules mouillées. Tout baignait pour sa bite.
Mais le destin, l'Histoire, hélas… pour bon-papa Arménien de 1917 comme pour les Juifs de 1933… le destin, l'Histoire, hélas… pour le petit enculé fils à papa ça tourna carrément mal :
À Moscou c'est la révolution. Tous les marchands de chevaux koulaks traîtres ennemis du prolétariat les bolchos les liquident. Alors évidemment papa à Garnick ça le branche pas. Les cocos débarquent dans les bleds, pendent les maquignons et échangent les chevaux aux moujiks contre des moules. C'est le bordel la révolution.
Et un jour inévitable, les cocos la tchéqua toute la clique débarquent : ils encerclent, ils rassemblent, tous les habitants sur la place devant l'église de bois, hommes femmes enfants vieillards chiens. Un chien favori qui piaille dès le début est abattu ; ça jette un froid. Un gentil chien que tout le monde aimait et tous se regardent inquiets.
Ils gueulent à droite les moujiks à gauche les riches. Pour les riches le tour est vite fait : y'a que mon arrière-grand-père, sa fille et le pope (riche ça voulait juste dire pas crever de faim).
Tous les moujiks se jettent en tas à droite à gauche des mitrailleuses. Y savent pas où c'est la droite la gauche les riches les pauvres ! C'est à qui le plus vite le plus veule revendiquera sa misère, son infériorité ça vaut mieux.
Et au centre de la place comme des cons restent le vieux Sarkissian et sa fille. Le pope lui il est déjà à genoux devant le chef coco, en train de le supplier comme Dieu le matin. Pan il prend une balle et les moujiks se signent. Furieux le chef coco, de voir les moujiks se signer, leur envoie une rafale mitraillette et dans le tas cent crèvent ; mais il en reste encore plein qui pleurent bavent à genoux devant le chef coco qui s'y croit icône tsar.
Alors chef coco vers arrière-bon-papa son regard pleins phares. Le sous-chef du futur rencontre le sous-chef du passé et c'est un instant calme de compréhension mutuelle. Il y a toujours un perdant un gagnant ; on est entre gens qui savent comment ça marche…
Arrière-bon-papa réfléchit à très vite à l'heure ; il pense corruption combien de pognon, combien de chevaux, combien de femmes ?
— Tout le pognon, tous les chevaux, toutes les femmes + ta peau : le Bien c'est cher.
Alors il comprend c'est foutu, il pousse sa fille au loin (pas qu'il y croie, juste le geste mélodrame), genre « toi sauve-toi, moi je reste seul face à la mort ». Évidemment sur mon arrière-grand-tante éternelle enfant le chef coco porte ses couilles d'œil.
Et nue ils la mirent devant le père et le peuple. Chacun regarde et garde ses pensées inavouables. Et c'est le viol les chiens devant témoins, la première leçon de catéchisme coco : le chef coco sort sa queue et devant le peuple réuni insémine la vierge avant de la donner à manger à Médor (dialectique).
Que pensa arrière-bon-papa quand sa fille sous ses yeux sa moustache en paille de fer, fut violée déchiquetée gâchée ? Quinze ans d'amour pour ça… (je t'aime tata éternellement jeune).
Tandis que le chien grogne les intestins de l'enfant chérie dans les pieds des pauvres, chef coco gueule en russe. Les moujiks comprennent pas le russe mais ils comprennent que c'est le moment ou jamais de se défouler. « Toi pas comprendre ? Chef coco toi montrer. Ca caillou ça koulak, caillou koulak caillou koulak, toi compris ? »
Oui oui moujik compris ! Et tous femmes enfants vieillards prennent les cailloux et lynchent arrière-bon-papa à qui mieux mieux. Ils se disputent les plus grosses pierres sous l'œil attendri satisfait de chef coco ; justice est faite.
Toute la nuit, tandis qu'au clocher en feu pendent le pope et arrière-bon-papa, le chien grogne rogne les os de tata éternelle jeunesse.
Pendant ce temps Garnick cavale dans les steppes, heureux, loin de la révolution derrière les Juives amoureuses terrorisées fuyant vers le sous-bois propice au viol ; et au loin beugle la synagogue quand il jouit.
Et elle lui dit : « Mon chéri tu sais ton père ta sœur… — Quoi mon père ma sœur ? » Fou de rage il piétine son ventre pourtant plat et part vers sa vengeance.
Toute la nuit il rampe autour des rouges. Il voit la yourte en feu, les cocos beuverie dans la cour branlant les chevaux sodomie servante collabo. Papa au clocher nu grince ; le chien joue avec la chatte sœurette.
Sabre à la main rampant comme Makhno, jusqu'à l'étable où ronflait chef coco couché sur servante bourrin dans le cul… La haine aiguise le sabre.
Et le matin les moujiks facilement émerveillés, virent au clocher pointu plantée la tête à coco ; et tous surent que Lénine comme Dieu désormais régnait au sommet du clocher.
Garnick était déjà loin sur le chemin sanglant vers Denikine, les Cosaques…
Et en chemin, cavalant la steppe brûlée et les réfugiés, lui remontait il y a longtemps, 1915.
Garnick enfant, si jeune, se souvenait à peine. Maman éventrée, frérot foetus pendouillant dans sa tripe merde sang sur le carrelage de la première maison.
1915 là-bas très loin à l'est. Les Turcs étaient venus, ils avaient tout massacré, les Arméniens, le chien, les chevaux, maman, frérot foetus. Garnick si jeune ne se souvient de rien, sauf maman frérot dans tripe caca sang sur le carrelage ; et la steppe brûlée les réfugiés. Comme aujourd'hui 1917.
À nouveau il fuit, mais cette fois seul. Deuxième massacre a pris ceux qui restaient. 1915 maman frérot, 1917 papa sœurette. Il fuit Garnick Sarkissian seul rescapé, enfin seul. Bon débarras les vieux devoir destin la nation. Il est libre, plein de jeune fougueuse haine, il bande. Il tient un prétexte qui le tient : vengeance. Il se sent bien. Il ne s'est jamais senti aussi bien, aussi fort, aussi débarrassé, que sur la piste steppe brûlée réfugiés qui le mène vers Dénikine, chef des Cosaques, le matin du pogrom. Il avait enfin un bon vrai incontestable prétexte (tripe merde sang papa maman frérot sœurette) ; il pouvait tuer tant qu'il voulait. Il avait le droit ; il se vengeait. Vengeance ! Le but sans but qui le tenait il le tenait. Tout venger : venger tripe merde sang papa maman frérot sœurette… mais aussi fleur épice femme ami pourquoi pas ? Ca aussi tripe merde sang mélangé ; il suffit d'écraser.
Tout s'écrase, tout se mélange, tout est inclus. Dans sa tête tout se mélange, sèche et durcit.
Il est bien accueilli. Tous les rescapés solitaires zombies sont bienvenus chez les Blancs.
Ils feront l'affaire tueurs. Cavalier il sera Cosaque. Il a le sabre le cheval la fourrure la moustache la queue, et la haine. Une authentique haine d'Arménien 1915+1917. Assoiffé de vengeance tripe caca sang, Garnick Sarkissian sabre au clair fera l'affaire. N'importe quel sang fera l'affaire.
Papa maman frérot sœurette, tripes caca sang. Ils n'étaient pas moins coupables que les autres. S'ils avaient été les autres ils auraient fait comme les autres. Et moi Garnick maintenant je suis l'autre à cheval qui surgit dans les villages et tous pleurent supplient.
Je suis vous et vous êtes eux ; chacun son tour tripe caca sang. J'écrase, je mélange vos tripes votre merde votre sang comme papa maman frérot sœurette tripes caca sang. Je verse le sang sur la steppe et je la brûle.
Mais la steppe boira-t-elle le sang et acceptera-t-elle ton offrande, Garnick ? Je vois partout des flaques de sang refusées par la terre écœurée et des fleurs dans la cendre. Est-ce bon signe des flaques de sang qui reflètent joliment le ciel et des fleurs mignonettes quand on tue ?
Mais « bon-papa qui pique » n'a pas le temps de douter, trop occupé à massacrer pogromer brûler violer. Il a de belles moustaches, les couilles pleines, de la viande volée chaude faisandée sous la selle quand il rentre dans les villages au galop et enlève les filles. Il se penche sur la selle, les soulève les enlève les viole, les aime et les laisse éventrées dans la steppe. En souvenir d'une petite salope arménienne il la tripe caca sang (rien à voir avec papa maman frérot sœurette ; ce n'est qu'un prétexte).
Combien de moujiks bourgeois juifs hors catégorie rêves as-tu empalés sabrés entre la mer de Crimée et Moscou, bon-papa ? Ta traînée tripes caca sang cosaque me trouble m'excite m'attire. Combien de moujiks bourgeois juifs hors catégorie rêves empalés sabrés, bon-papa ? Es-tu un héros ? Un exemple ? L'aïeul dernier fil qui me relie aux temps barbares gloire. Cosaques blancs de Dénikine 1918 ; 10 000 kilomètres tripes caca sang entre Crimée et Moscou. Ce fut la dernière charge héroïque des anciens fous sabreurs face aux mitrailleuses modernité. À l'ancienne, ils brûlèrent bétail maisons démons hommes pêle-mêle ; pas de pitié pas de tri. Sauf si, par-ci par-là, une petite salope épargnée, laissée nue debout tremblante spermée au milieu des maisons champs en feu tripes caca sang papa maman frérot. Laissée là, épargnée, pour rien, comme ça, pas par pitié, juste sa beauté. La beauté du tableau ex-vierge nue parmi maisons champs en feu tripes caca sang ; ça vaut le coup d'œil quand on se retourne.
Ah ! On s'en souvient encore au fond de la Russie 1999, les vieilles, ex-vierges épargnées, de ta cavalcade héroïque « bon-papa qui pique » ! Franchement tu piquais grave de grave !
J'ai rencontré à Paris vers 1985 une vieille très vieille Juive (ton âge bon-papa, si le cancer ne t'avait pas). Elle yiddisho-français radotait « le Cosaque est passé (1918) ». Papa maman frérot tripes caca sang… puis s'était penché, moustaches viande faisandée sous la selle couilles pleines, et l'avait traînée par ses nattes blondes jusqu'au fond du champ bord de la steppe. Il l'avait prise (frappée à quoi bon Garnick je t'aime), et Dieu sait pourquoi (fatigué de sabrer ? juste pour la beauté ?), abandonnée en vie enceinte dans la steppe en feu. Plus tard elle avait porté jusqu'à Paris l'enfant du Cosaque comme un précieux don du feu. Et maintenant toujours encore jusqu'à la fin, elle radota « le Cosaque, il était si beau ». Elle l'aimait encore entre ses cuisses ridées. Sa chatte mouillait miraculeusement pour l'image de l'homme faisandé.
Alors je me demande, était-ce toi « bon-papa qui pique », qui elle lui en 1918, sur ta route de tripes caca sang entre Crimée et Moscou ? Après tout c'est possible, car tous Rouges Blancs Juifs hors catégorie survivants finirent à Paris en 1920 une fois la steppe brûlée gorgée de sang, écœurée au point de laisser des flaques.
À Paris parce que Makhno, les partisans ukrainiens, les bolchos, finirent par vous baiser. Comment est-ce possible ? Vous les Cosaques, toi l'Arménien plein de sa seule pure sainte vengeance, comment avez-vous pu céder à 150 km de Moscou les coupoles d'or en vue ?
La neige ? Non, vous veniez de la neige. La fatigue ? Mais quelle différence entre 10 000 kilomètres et 10 150 ? Quelle différence entre 10 000 morts et 10 150 ? Non, vous n'avez pas été vaincus.
Vous ne pouviez pas être vaincus battus conquis ; vous ne pouviez qu'être morts.
Trop cinglés vengeurs but sans but pour calcul marchandage prisonnier défaite et même victoire. Trop cinglés pour perdre ou gagner.
Si tu as survécu, si tu as rebroussé chemin à bride abattue et repercé la steppe en sens inverse, tripes caca sang à l'envers, c'est que vous étiez des Cosaques, libres indisciplinés individualistes désespérés.
Vous alliez vers le but sans but (tuer la vie), sans plan sans conquête sans victoire sans défaite.
Vous avez juste changé d'avis. À 150 km de Moscou Lénine la clique égorgeable ? T'as juste changé d'avis ! (Peut-être que t'as pensé d'un coup à ex-vierge nue seule dans la steppe à l'est ?)
Vous étiez trop tripes caca sang, tuer la vie, pour conquérir victoire repos. Car au repos qu'aurais-tu fait ? (Télé vinasse gauloises… autant retarder ça.) La conquête de la ville sainte communiste pour quoi faire ? Il vous suffisait d'avoir fait le chemin pélerinage tripes caca sang, l'essentiel.
Vous étiez des Cosaques, des tueurs purs incapables de rien faire d'autre : tuer pour se sentir en vie, voilà votre vie. En vie sur les chevaux, sabre à la main, feu dans les yeux, charogne sous la selle. Ca vous suffisait. Aux autres la corvée la conquête la bureaucratie la gestion le profit la propriété. Et quand vous avez vu que Moscou, le faux but le prétexte, allait tomber sous vos coups et qu'après vous ne seriez plus que vainqueurs repus, plus de tripes caca sang (sauf réchauffés dans l'assiette), brutalement vous avez rebroussé chemin.
Car cosaques vous n'êtes faits que pour le chemin cavalcade calvaire.
Et vous vous en êtes retournés pour parfaire le chemin de souffrance dans la steppe. Les rares survivants, les ex-vierges nues, vous les avez changés en croix blanches d'os, souvenirs de votre gloire passagère, derniers des Huns.
Bravo « bon-papa qui pique » et tes potes ! 20 000 bornes aller-retour de pogroms sans discrimination toutes races tous peuples toutes classes confondues, et toujours la moustache fringante et les couilles rechargées à chaque étape, même pour une vieille sèche au retour quand la vierge se faisait rare. Vous fûtes les derniers Huns pourfendeurs d'hommes, tueurs d'hommes purement et simplement, pour éradiquer l'engeance et voilà tout. Comme tu me fais peur et comme je te comprends, planqué frustré, « bon-papa qui pique » !
Venger papamamanfrérot sœurette tu t'en foutais évidemment : tu les haïssais ! T'as fait ça gratuit avec tes potes pour t'éclater, dépenser la vie, l'écraser la mélanger, brûler la steppe ton pays pour régénerer. Et effectivement aujourd'hui la steppe est à nouveau pleine de virginettes jeunettes et de poussettes forêttes. Mais combien comprennent, parmi ces Ukrainiens Russes Arméniens moujiks à walkman, que c'est grâce à bon-papa et ses potes qui brûlèrent le vieux monde pour que pousse le nouveau, afin que nous puissions le brûler à notre tour.
Et 1919, Garnick Sarkissian et ses potes, même pas fatigués, vous vous êtes embarqués pour Paris en rigolant de vos exploits et de la gueule défaite des généraux et des bourgeois bouffis déçus que vous n'ayez que tripes caca sang et pas reconquis les esclaves haciendas etc.
Mais ils vous prenaient pour des cons ces cons ! Il croyaient que « bon-papa qui pique », Arménien survivant pogroms purges, vengeur du rien au but sans but, allait cavaler de Crimée à Moscou pour rendre à Saint Patron sa maison et ses ronds ? Oh non les cons ! Ha, ha, ha !
Et tu as embarqué pour Paris avec le sauf-conduit complice français. Cosaque blanc allié koulak capitaliste anticommuniste… merde, tu le méritais bien le sauf-conduit !
Et à toi Paris la belle vie tu croyais…
À Paris Garnick Sarkissian rencontra le terrible ennemi qui abat les guerriers, les Huns. Le vicieux l'expérimenté, t'attendait. Français, deux mille ans d'esclavage servage christianage, tu pouvais redouter, mais trop de force à l'arrivée Marseille dans tes couilles moustaches pour douter. Il est pourtant redoutable le vicieux expérimenté patient recycleur de Huns et autres Cosaques en clochards inoffensives épaves à vinasse gauloises sans filtre devant sa télé.
C'est ce jour là que tout a merdé pour toi. Le jour où tu t'es embarqué pour Paris. Tu quittais la steppe, en montant sur le pont, pour les rues, les piaules, les papiers ; vie pourrie confinée puante, tchéka des petits tout petits bourgeois rats.
Dans la steppe tu étais roi bon-papa. Tu régnais sans camp sans patrie sur tes crimes. Ton royaume tripes caca sang allait de Crimée à Moscou, et partout selon ton humeur tes méfaits. Là où tu laissais ta trace tripe caca sang tu étais chez toi. Partout chez toi donc et libre au pays des pogroms et 10 millions de morts. Mais là, 1920 Paris douane, petites moustaches à la Hitler des bons bons-papas français, toi t'as l'air de quoi avec ta grosse moustache ? Ici un Cosaque a l'air d'un con.
Le premier soir certes tu dis « merci la France » quand bordel tu baises la chaude-pisse. Dans moule parfumée, t'es bourré. Valse champagne ha ha ha !, ça te change de vodka cris des morts. Et tu t'amuses.
Mais le tourisme ne dure qu'une nuit. Le lendemain nu plus de kopecks, médaillon d'or à maman échangé contre salope bretonne, t'as l'air bien clodo le Cosaque d'un coup. Sans ton sabre ton cheval (et même avec ton sabre ton cheval ; cirque de Moscou !) t'es définitivement une merde bon-papa au pays liberté égalité fraternité. Et déjà (lendemain matin) tu traînes. Tu vois les Russes blancs les vrais les bourges les Petrossian qui font la queue devant la banque Paris-Moscou. Tu n'as pas de compte à la banque Paris-Moscou ? Alors dégage !
Dédale de rues… tu ne penses déjà qu'à t'échapper. Tu sens venir vinasse gauloises sans filtre télé ! Mais où aller ? Apatride pas de papier, la France droit d'asile droits de l'homme t'a pris à son piège sucré. Ils ne veulent pas bien sûr t'aider ; ils veulent utiliser ta haine tripes caca sang pour faire à leur place les guerres coloniales qu'ils n'ont pas les couilles (deux mille ans d'esclavage servage christianage, ça découille, mais ça coupe pas calcul pognon etc.). Le deal français pour toi c'est ça : T'es un Cosaque de merde dans la merde. T'as pas de papiers au pays des papiers, tu peux pas retourner dans la steppe des tueurs bolchos, t'as pas le choix. Pour continuer à vivre tripes caca sang, la France t'offre, grandeur magnanimité, le Maroc, l'Algérie, l'Indochine, paquet de tripes caca sang pour toi Cosaque. Et comme, couilles trop pleines moustaches trop paille de fer, tu ne veux pas crever dans la ville clodo, tu vas signer connard coincé : cinq ans tripes caca sang mais t'en feras quinze.
Juste avant midi tu vas au Bureau de la Légion et tu t'engages avec ton pote bourré de bordel. Clodo boulot, trop la honte. Vous préférez encore tripes caca sang. Vous tripiez caca sang pour les Blancs, désormais vous triperez caca sang pour les Français. Au fond pas de différence : sabre cosaque ou baïonnette française, tripes caca sang toujours la même odeur. Montagnes déserts jungles, Noirs Jaunes Arabes, vous triperez caca sang partout tout.
Comme c'est bizarre ! Cosaque caca sang désormais va bosser pour Monsieur Français, étripeur au Maroc comme jardinier à Passy.
Et ainsi, novembre 1920, à peine deux jours après Paris bordel, te voici Garnick à Marseille, attente du bateau, vers les Arabes à tuer.
Tuer les Arabes, que t'importe ? 1915, tu as vu maman-frérot éventrés et ils chantaient. 1917, tu as vu papa-sœurette écartelés brûlés et ils chantaient. Maintenant tu chantes à Tanger, et tu vas vers le Rif les montagnes le Kif vers tripes caca sang arabes.
Tu vas tous les massacrer ; t'en as rien à foutre de leur gueule. T'es un tueur « bon-papa qui pique » !
(Pas étonnant que tu me faisais peur avec ta grosse moustache en paille de fer. Je ne savais rien de tripes caca sang, mais j'avais l'instinct de bébé singe grimpe au palmier quand gros gorille s'énerve.)
T'es une merde d'Arménien cosaque légionnaire ; tu sais ce que les Français attendent de toi, et tu fais bien ton boulot :
12 000 morts à Tizi-Ouzou 1922. Tu les as calmés les bougnouls ! Koulak cosaque blanc légionnaire, le cv à mon bon-papa il est pas très clean mrap licra ! Che-Chaouen 1923 : 700 femelles tripes à l'air. Bon-papa et ses potes sont passés par là, et les Français sont contents, et les Berbères pleurent, et Garnick s'en fout. À quoi tu penses Garnick quand tu patrouilles dans la Casbah fumante ? Tu fumes du kif et tu baïonnettes. Et à la perm, tu niques des putes. Ca va pas plus loin dans ta tête durcie par tripes caca sang papamamanfrérotsœurette écrasés mélangés secs.
Et les Arabes roulent dans les ravins du Kif. Bof…
Vous avez tout brûlé entre Tanger et Alger, une traînée tripes caca sang aller et retour, comme entre Crimée et Moscou. Et ici encore tu n'as rien gagné, rien conquis, tueur but sans but, parfait légionnaire.Tu n'as rien gagné sauf tes crimes, même pas quelques sales francs francais que tu hais car francais, et tu les jettes ivre aux putes arabes en un soir, le prix de 10 000 frères morts. Et elles s'en gavent les salopes de frères morts et pères agonisants plantés sur les minarets. Finalement la pute arabepogromée est ta sœur parfaite vivante, bon-papa pogromé ; et tu l'aurais épousée si… mais l'armée…
Bourré tu regardes la salope arabe écrasée sous ta bite et tu penses (penses-tu à ?) sœurette violée maman éventrée, ex-vierge nue abandonnée. La pute arabe elle aussi est sœur mère ex-vierge. Tu n'as pas pitié d'elle comme tu n'as pas pitié de toi, mais tu la comprends, car tu es toi aussi pogrommeur-pogromé.
La pute arabe comme toi baise avec tripes caca sang. Elle ne fait l'amour (très bien) qu'avec des légionnaires couverts du sang de sa race qui pue encore ; et toi tu la baises bandes comme jamais, émerveillé par cette complicité. Vous êtes tous les deux dans l'Histoire : tu étais glorieux cavalier dans les monts purs d'Arménie, elle était Berbère couverte d'or dans les champs de chanvre. Mais les petits bourgeois de Paris qui vous payent et vous gagnent n'ont rien compris à votre beauté. (Lénine Trotsky étaient aussi des petits bourgeois de Paris pourris.)
Ils t'avaient dit, les enculés de Français, cinq ans dans la légion tripes caca sang, et à toi les papiers français, la liberté. Les enculés ! T'as fait cinq ans, 10 000 morts, des tripes pourries plein le Rif et le chef il a dit : « les papiers français ? la liberté ? » et t'as dû faire encore cinq ans et encore cinq ans. Qu'est-ce que tu pouvais faire d'autre ? Apatride arménien clochard sans papiers sans fric sans famille sans sabre ? Ils t'ont bien baisé ta gueule, ta vie ! 15 ans de légion t'as fait. C'était l'école préparatoire à clochard : tu te croyais toujours Cosaque tripes caca sang… tripes caca sang oui mais Cosaque non. Garde-à-vous garde-à-vous garde-à-vous. Quinze ans d'armée française c'est pas un an à galoper dans la steppe. Ca te casse net définitif jour après jour, en pente droit direct vers clodo clopes gros rouge télé.
Ils te donnaient le vin gratuit et les gauloises et la monnaie. Tu te croyais soldat massacreur pur protégé. Tu parles ! T'étais peu à peu gangréné par garde-à-vous garde-à-vous marche au pas. Robot… clodo… rien à voir avec Cosaque la claque.
Et ployant sous le harnais des crimes planifiés quinze ans, peu a peu ils t'ont cassé. En sortant, tout ce que t'étais capable de casser, toi le tueur, c'était la gueule à bonne-maman !
1935, ils te lâchent à nouveau dans Paris des putes ; tu as cent balles et 33 ans. La guerre du Rif/Kif est finie. Tu les as tous flingués matés les bicots et t'es plus bon à rien pour l'armée des Français, trop cassé usé, plus assez cosaque. Alors on te débarque gare de Lyon, et là tu rencontres bonne-maman sur le quai qui sort du train d'en face. Tu allais baiser les putes, et là t'en trouves une de pute, gratuite. Une provinciale paumée, et tu la baises aussitôt dans sa piaule de bonniche à deux balles.
La suite je l'ai racontée au début.
Et maintenant c'est Hitler à la radio, les croix de fer les croix de feu. Pogroms dans les rues et toi t'es livreur de caviar pour Petrossian. Petrossian, roi d'Arménie 1915 et président d'Arménie 1995… toi « bon-papa qui pique » t'as été son moujik de merde qui puait le poisson putain ! Ah les enculés de Français, leur sale fausse armée, ils t'avaient bien cassé ! Tu vois, je te l'avais dit, tu as beau reculer reculer ton temps clochard vinasse télé, rêver toi Cosaque libre toujours, massacrer massacrer, de colonie française en protectorat français, ils t'auront. Tu finiras clochard au pays du bourgeois roi.
Ils te forcent pas, ils te parlent pas, ils te voient pas (ils appellent ça la démocratie). Ils prennent métro trottoir taxi. Ils ne te voient pas mais ils te voient très bien dans le coin de leur œil de surveillance. Ils te laissent t'user contre les murs des maisons. C'est eux qui ont les clés. Deux mille ans d'esclavage servage christianage, c'est un avantage ici.
Et toi le sauvage de la steppe, vas user ta queue contre le mur pissotière de monsieur Costes mon arrière-grand-père.
« Bon-papa qui pique » ils t'ont eu peu à peu comme ils ont les racailles 1999 au bas des escaliers cités ; à l'usure. Pillez brûlez, tripes caca sang, racailles sauvages Cosaques Huns Vikings négros bicots. Nous les enfants de deux mille ans esclavage servage christianage savons qu'à trente-trois ans le Christ racaille est mort. C'est l'âge où le bourgeois commence tout juste à engraisser.
En tout cas : 1935, 33 ans, réfugié arménien retour d'Algérie légion étrangère clochard, tu es désormais mon grand-père immigré fasciste raciste anti-francais.
Et de toi je naîtrai ; donc je tiendrai ?
Après on quitte définitivement toute gloire passée pour vivre l'affligeante réalité moderne quotidienne : t'es plus qu'un sale beauf facho voûté devant la télé.
1939. C'est la guerre mais tu ne te bats pas. C'est la première fois qu'on massacre autour de toi et ce n'est pas toi qui meurs ni qui tues. Ca a dû te faire bizarre, te déprimer ! Ca prouvait à quel point tu étais terminé. Le plus grand massacre pogrom de tous les temps record absolu se passe devant chez toi, sur ton palier les Juifs emmenés, et toi tu fais que regarder par le judas. La honte ! T'as passé toute la guerre à casser la gueule à ta femme et tu l'as même pas tuée ! Dès 1935 (39-45) t'étais déjà le bon-papa clochard vinasse gauloise télé des vacances scolaires 1960-1975.
Le seul truc un peu classe : t'as grillé une dernière gauloise entre les tuyaux gorge trouée cancer hôpital interdit de fumer, après ton opération, avant ta mort. Et c'est moi qui te l'ai apportée et allumée.
Bon (39-45) t'as bien trafiqué un peu, caviar de contrebande, pour les fêtes SS collabos… et après (50-60) quoi ? Bonne-maman a acheté une télé, et t'as clopé vinassé 30 ans comme une merde ; me donnant à moi l'enfant avide d'admirer, ce vieux corps cassé.
Et d'un coup je comprends. C'était la honte autant que la haine qui rivait tes yeux sur la télé plutôt que sur moi, l'enfant avide d'admirer, sans pitié pour les losers pogromeurs pogromés. Tu ne m'as jamais regardé. J'ai cru que tu me haïssais. Peut-être que tu voulais me dire « autrefois tripes caca sang », mais comment dire, comment me faire comprendre, à moi enfoncé dans bourgeois, la gloire cosaque pue du cul ?
Tu avais honte d'être vinasse gauloise télé coincé. Tu es resté muet face à la télé bavarde qui meublait, et je n'ai rien su de ta gloire, de toi, la steppe les Cosaques, tripes caca sang. Dommage car ça aurait plu à l'enfant qui haïssait papa-maman-frérot-sœurette, traîtres lâches chiens miens, de savoir qu'en Arménie en 1915-1917, papa-maman-frérot-sœurette, on les écrasait mélangeait, tripes caca sang, et ça durcissait comme un baume une armure sur le cœur.
Je n'ai vu que les défroques lamentables sabre rouillé par la porte entrebaillée de ta chambre interdite.
Mais un sabre entrevu, plus ton sperme injecté de force dans mamie la salope, ont suffi pour me transmettre un peu l'image le goût la haine, ta gloire : tripes caca sang. Cosaque 1917-1919.
Deux ans aller retour tripes caca sang entre Crimée et Moscou, c'est tellement plus que papa bourgeois bedonnant, moi artiste planqué ! Plus que héros télé ! Plus que Viêtnam, Algérie, Biafra, Rwanda, Bosnie accumulés… Tripes caca sang écrasés mélangés ; bon-papa tu as fait ce que je rêve en rêve de…
Saloperie de famille m'a appris « bon-papa Garnick sale clochard immigré travaille pas parle pas français tape bonne-maman bourré ». Maintenant je sais que tu étais le dernier héros Hun Attila terreur des bourgeois. Dernière charge au sabre de l'Histoire face aux mitrailleuses ; tu en étais !
Une fois je me souviens que mon cousin t'a dit qu'il savait ce que c'est que la souffrance… « Ma na, ta sa pas ka sa quoi », ka ta répondu sans sortir les yeux de la télé… « Mais si bon-papa, qu'est-ce que tu crois ? Un jeune d'aujourd'hui aussi il peut souffrir. » Putain ! Tu t'es levé d'un coup (toi qu'avais l'air d'un paralytique !), et t'as commencé à le tabasser à mort ! « Ma na, ta sa pas ka sa quoi ! Ta ma daga ! » Et bonne-maman qui roulait sur toi sa boule de gras en te suppliant d'arrêter « Garnick ! tu vas le tuer ! », et le cousin qui piaillait flippait sa race dessous ! Grandiose !
Aujourd'hui j'aimerais bien te poser quelques questions sur… mais bon tu m'enverrais de toute façon chier. Trop méchant, trop triste, trop bourré : « Salouparrrd, faaniant, ba a rrrien, ta ma daga ! »
Mais y voulait dire quoi « ta ma daga » ?
Ecoutez Jean-Louis Costes
Ecoutez
Jean-Louis Costes
Attention: ceci est une certaine forme d'expression artistique...
Costes n'est ni raciste, ni homophobe, ni misogyne, ni misanthrope....
Costes est l'incarnation de notre humanité malade!
Costes
c'est le courage cathartique du paradoxe de la haine dans l'amour...
Méfiez-vous des
conclusions hatives...
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02 avril 2006
JEAN-LOUIS COSTES - Grand Père (2006)
JEAN-LOUIS COSTES - Grand Père (2006)
| Incipit - [Livre audio mp3] (lecture par Costes) | |
| « Je m’appelle Jean-Louis Garnick
Philippe
Costes. Garnick parce que mon grand-père s’appelait Garnick Sarkissian. C’était un immigré arménien. Un clodo. Une merde. Il parlait toujours pas français après 50 ans passés en France, en plus il avait oublié l’arménien ! […] » Achetez le livre sur Fnac.com---
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03 avril 2006
Il n'y pas que dans les religions minoritaires en France qu'il y'a des minorités excitées Obscurantistes
Il n'y pas que dans les religions minoritaires en France qu'il y'a des minorités excitées Obscurantistes
Chrétienté-Solidarité
:
Président : Bernard Antony ; Vice-Président : Alain Sanders.
Mouvement catholique traditionaliste lié à la Fraternité Saint-Pierre. Le mouvement édite un mensuel, Reconquête, et organise des conférences dans les locaux parisiens du Centre Henri et André Charlier. L'une d'elles, le 23 mars 1997, avait pour thème la défense des écrivains "politiquement incorrects", c'est à dire souvent collaborateurs pendant la dernière guerre, comme Alphonse de Chateaubriant, Drieu la Rochelle, Brasillach, Henri Béraud. La devise du groupe est "Dieu ; Famille ; Patrie". Il a commémoré séparément en 1996 l'année Clovis pour réaffirmer la vocation de "fille aînée de l'Eglise" de la France.
L'AGRIF (Association
générale
contre le racisme et pour le respect de l'identité
française et chrétienne)
:
Fondée en 1984, a pour but d'intenter des procès dans tous les cas où elle estime la religion catholique diffamée. On la remarqua particulièrement lors de ces "nuits de cristal", qui virent des cinémas parisiens incendiés par des cocktails Molotov et saccagés par grenades offensives, à l'occasion de projections du film de Martin Scorcèse, La Dernière Tentation du Christ.
Contre-Réforme catholique
:
Direction : Abbé Georges de
Nantes · Publication : La
Contre-Réforme catholique
La CRC, basée dans l'Aube, est un mouvement sectaire politico-religieux violemment antisémite et anti-maçon. Son idéal politique est la monarchie ou une dictature de salut public de type pétainiste, salazariste ou franquiste. L'abbé de Nantes, bâtit autour de sa personne un véritable culte de la personnalité. Le mouvement a connu une scission d'une partie des religieuses de la communauté de Saint-Parres lès Vaudes (Aube), et le retour à la Restauration Nationale d'un de ses plus brillants éléments, Hilaire de Crémiers.
Fraternité sacerdotale
Saint-Pie
X :
Supérieur du District de France : Abbé Benoît de Jorna- · Publication : Fideliter (bimestriel)
Basée en Suisse, la Fraternité poursuit
l'œuvre de Mgr Lefebvre et compte
en France 100 prêtres, 40 prieurés et 22
écoles privées. Hostile à la
réforme
liturgique, à l'œcuménisme et aux
innovations introduites par le concile
Vatican II concernant les relations avec le judaïsme, elle
réfute le
modernisme et combat ce qu'elle pense être la "subversion"
à
l'intérieur de l'Église. Elle organise chaque
Pentecôte un "Pèlerinage
de Tradition" entre Chartres et Paris, et forme ses membres
dans les
Cercles de la tradition catholique, qui ont leur propre bulletin,
lequel vend
une cassette intitulée : Du peuple élu
aux juifs perfides : le mystère
d'Israël.
Institut culturel et technique
d'utilité sociale (ICTUS) :
Président : Jacques
Trémollet de Villers - ·Publication :
Permanences
Ce mouvement catholique traditionaliste fidèle à Rome, présidé par l'avocat de Paul Touvier, continue l'œuvre de la Cité catholique, avec pour objectif de faire régner la doctrine sociale de l'Église sur la société. Il ne fonctionne plus en "cellules", mais autour de clubs-vidéo, et sa doctrine a été modifié pour faire une place plus grande à la culture, afin d'élargir son public. ICTUS agit principalement en direction des élites : industriels, hauts fonctionnaires et militaires, enseignants et cadres supérieurs et n'a presque aucune activité publique.
Union des
Nation pour l'Europe Chrétienne
(UNEC) :
Président : Xavier Codderens ; Vice-président : Armand Kastner ; Secrétaire général : W. Wuermeling
Depuis 1986, cette organisation catholique traditionnaliste organise des campagnes internationales contre l'avortement, qu'elle présente comme "un nouveau génocide". Pour accentuer le parallèle établi avec la Shoah, l'UNEC a tenté dans le passé d'organiser des pèlerinages à Auschwitz. L'UNEC est implantée en Allemagne ; Autriche ; Belgique ; Hongrie ; Suisse, et depuis 1995 en Ukraine.
Restauration nationale-Action
française :
Direction : Pierre Pujo ; secrétaire général : Stéphane Tilloy
Mouvement royaliste, la Restauration Nationale
édite l'hebdomadaire l'Action
française. Les jeunes de la RN éditant
le journal Insurrection
royaliste.
La Trêve de Dieu :
Président: Thierry Lefevre
La trève de Dieu est le premier mouvement a avoir
organisé des commandos
anti-IVG. Son actuel président est en liaison avec les
associations "
pro-life " américaines.
SOS Tout-Petit :
Président : Xavier Dor
L'association du docteur Dor est avec la Trêve de Dieu
l'autre groupuscule a
avoir importé des Etats-Unis les actions commados.
L'association n'a pas de
statut légal. Dor est omniprésent dans les
manifestations.
Association pour la promotion de
la famille ( APF) :
Une association créée par l'Opus Dei dans
laquelle se retrouve la fille du
professeur Lejeune,
Associations familiales
catholiques (AFC) :
Président : Régis de
Crépy
Les AFC, par leur double position - au sein de l'Eglise et des
institutions de défense
de la famille - représentent pour les croisés
d'un nouvel ordre moral un pôle
de pouvoir séduisant.
Provie :
Présidente: Angela de Malherbe.
L'association milite pour " la promotion de la relance d'une
éducation spécifiquement
chrétienne ".
Comité d'initiative pour
le
respect de la dignité humaine (CID) :
Ce comité a été
créé par F-M Algoud et Alain Touzla. L'objectif
du CID est
de semer le doute sur l'efficacité du préservatif
afin de faire " barrage
à la vague de perversion qui tente de submerger le pays " .
L'expert désigné,
dans le rôle de caution scientifique de
l'opération, est le professeur
Lestradet de l'Académie nationale de médecine. Ce
vieux professeur travaille
également pour la secte Moon.
Renaissance catholique :
Président : Jean-Pierre
Maugendre
Renaissance Catholique veut reconstruire la Cité catholique.
L'association a été
organisée après le sacre d'Ecône dans
l'orbite de la Fraternite Saint Pie X.
Elle joue un rôle intégriste majeur à
la paroisse de Marly-le-Roi. Les
membres de Renaissance catholique participent aux commandos de la
Trêve de
Dieu. Pour Renaissance catholique, l'avortement est pire que la Shoah.
Les scouts d'Europe
L'Opus Dei :
L'Opus Dei (l'Œuvre de Dieu) a été créé en 1928 par le prêtre Josemaria Escriva de Balaguer dans l'esprit militant de restaurer la foi chrétienne tout en luttant contre le communisme. La publication en 1934 de "Camino" rencontra un immense succès qui afficha l'organisation naissante et la fit reconnaître, d'abord par l'Eglise espagnole puis par Rome. La vision politique du monde par Escriva de Balaguer était comparable à celle de Pie XII à savoir qu'il s'accommodait très bien du trio Mussolini, Franco, Hitler.
Caractérisée par l'effacement personnel devant l'institution, cette organisation travaillera dans l'ombre à attirer l'élite et pour ce faire prospecte dans les universités pour recruter les cadres de demain. Il s'agit là d'une tentative de récupération des étudiants en vue de leur incorporation à l'ordre en veillant bien à ne pas en alerter la famille. Ainsi en Espagne, l'université de Pampelune est un solide bastion opusien.
La force de la secte est sa hiérarchie et le secret qui l'entoure, le devoir qu'a chacun de ses membres de ne pas révéler son appartenance à la pieuvre. Un ennemi est plus difficile à éliminer s'il est moins identifiable. L'Opus Dei est un véritable groupe de pression qui agit sur les responsables politiques d'autant plus facilement qu'il a derrière lui une vraie puissance financière avec banques à l'appui.
La suprématie de cette "Sainte Mafia" apparût de manière définitive lorsqu'en 1982, le pape Jean Paul II la fit accéder au rang de "prélature personnelle". L'Opus Dei ne dépend donc plus de l'évêché du lieu considéré mais reçoit ses ordres directement du pape d'où une liberté de manœuvre beaucoup plus grande. Jean Paul II s'est ainsi constitué une garde rapprochée qui dame le pion aux Jésuites.
Cette secte, gourmande, a su se constituer un vrai empire financier qui s'est vu sérieusement ébranlé par quelques scandales. La première banque tombée dans ses tentacules fut le Banco Popular Espanol dans les années 50 suivi par d'autres banques ibères. Le scandale le plus retentissant eut lieu en 1969 avec l'affaire Matesa : 700 millions de francs disparurent par l'opération du Saint Esprit.
En conclusion, l'Opus Dei aura donc grandement bénéficié de l'accession à la papauté de Karol Wojtyla, un ami de longue date, et cela en dépit du fait que cette secte contient tous les traits caractéristiques de l'organisation mafieuse : puissance financière, secret, infiltration dans la vie politique.
Femmes et Extrême Droite
A
l'usage de ces pauvres connes qui perpétuent leur
aliénation au nom d'un ordre pseudo morale qui les
réduit à la portion congrue .
Femmes et Extrême Droite
Article paru dans
le journal No Pasaran n°2 (nouvelle
formule) - Octobre 2002 rien à changer!
Aujourd’hui, remettre en cause les rapports entre sexes est chose difficile. D’une part, la vague de revendication féministe des années 70, pour l’émancipation féminine, le droit à l’avortement... qui a apporté quelques améliorations (par exemple la loi Veil autorisant l’IVG qu’il faut aujourd’hui défendre contre un retour à l’ordre moral) a subi un “backlash” [1] cinglant. D’autre part, une idée perdure, celle affirmant que le sexe, c’est du biologique et rien que du biologique, une donnée de la “nature”, et que la sexualité, les rapports de sexe, seraient “naturels”, donc immuables et bons [2].
Cette croyance
n’est pas le fait d’extrémistes, elle
déborde les
notions de droite et de gauche : le commun des mortel-le-s
pense tout
simplement que le sexe sort du domaine de la réflexion
critique.
Partout, on ne rencontre qu’incompréhension
lorsque l’on suggère
seulement que le sexe, encore aujourd’hui, pourrait
être le paramètre
construit de l’inégalité sociale et
politique.
Il
serait possible de faire ici une analyse critique portant sur les
rôles
laissés aux femmes dans notre société
“égalitaire”, pour montrer que
cette différence des rôles émane
directement d’un rapport de
domination, mais nous nous concentrerons plutôt sur les
extrémistes de
droite et catholiques, qui considèrent explicitement les
rapports de
sexe comme une donnée naturelle formant la base de
l’édifice social.
Ainsi, en étudiant le discours naturaliste
légitimant à l’extrême et
voulant reproduire une société de domination (de
l’homme sur la femme,
du natif sur l’étranger...), il sera plus facile
de voir en quoi ce
discours n’est en fait qu’une image grossissante
des prises de position
par ailleurs plus discrètes sur les rapports de sexe,
héritage de la
pensée nationaliste et traditionaliste et
aujourd’hui bien implantées
dans les moeurs.
La femme vue par l’extrême droite
Si on connaît le Front National sur son engagement autour de thèmes qui lui sont chers : sécurité, identité nationale, immigration... ses positions concernant la structure familiale et le rôle de la femme sont moins médiatisées. Le FN étant un melting pot de différents courants d’extrême-droite, on ne sera pas surpris d’y retrouver une branche catholique intégriste, principal vecteur du discours théorique et prescriptif sur les femmes, la famille, la morale et les moeurs, sur laquelle repose une grande partie de l’étude présentée ici. Quant au MNR de Bruno Mégret, il reprend intégralement le discours de son grand frère et n’innove en rien sur ce point.
La famille
La femme entre dans
le discours de
l’extrême droite comme vectrice passive
d’une soi-disant “identité
nationale”, dans cette optique, une fonction de transmission
de
l’héritage, autant biologique que culturel, lui
est imposée. La
structure familiale, appréhendée comme
clé de voûte de la société
et de
l’identité nationale est également
âprement défendue dans le discours
frontiste. Le programme général du Front National
inclut une “politique
familiale”, nataliste et proposant des valeurs sociales
où le noyau
familial et la femme au foyer occupent une place
prépondérante. Dès
1973, dans le premier programme du Front, apparaissent les notions de
revenu maternel (transformé plus tard en “revenu
parental”, plus
politiquement correct) et de vote familial -c’est
à dire une voix par
famille, pondérée par le nombre
d’enfants, et donc soumise au chef de
famille, détenant “l’autorité
sacrée”. Dès cette époque,
le Front se
place radicalement contre le droit à l’IVG, en
accord avec sa branche
intégriste catholique.
Sur le sujet de la famille, la plupart des
doctrines d’extrême droite sont
d’accord : la nature (ou la volonté
divine pour les intégristes religieux) donnerait aux hommes
et aux
femmes des fonctions différenciées,
hiérarchisées et complémentaires.
Dans un tel discours, les notions de
“virilité” et
“féminité” sont
sacralisées et mises en valeur. De plus, la famille y est
vue comme la
cellule de base (soutenue par le pouvoir du chef de famille) et
modèle
des autres institutions (soutenue par le pouvoir du chef de la nation,
de Dieu...).
La doctrine de l’Eglise à ce sujet est
présentée dans Fideliter
(septembre-octobre 1988) ; on peut y lire que “La
famille est le siège
de la première autorité,
l’autorité du père de famille...
L’Eglise
donne à l’autorité son
caractère sacré. Car
l’autorité, même civile est
exercée au nom de Dieu. L’autorité,
celle du prince comme celle du père
de famille, est sacrée. En gros, du moment que les femmes
font bien la
vaisselle, élèvent bien les enfants et
obéissent en tout à leur
seigneur et époux, elles correspondent aux
critères de bon goût de
l’Eglise. Pour noircir un peu plus le tableau, on peut citer
Ruffard de
Brienne (dans le numéro de février 1988 de
“Lecture et Tradition”),
pour qui “la nature donne au père la direction de
la famille, et donc
de 1’autorité”.
Le FN n’est pas en reste, promettant à la femme
moderne de la renvoyer à ses fourneaux et aux couches sales,
mais de
manière plus élégante. Le Pen utilise
à cette occasion un procédé de
style qu’il affectionne tout particulièrement,
l’utilisation des mots à
contre-emploi ; ainsi lorsqu’il parle de
“la libération et
l’émancipation de la femme dans notre
culture” on peut entendre
exactement le contraire. Pour Le Pen, cette
“libération” et
“émancipation” correspond à
un “retour aux sources”, à un retour de
la
femme vers sa place originelle : la famille où elle
pourra, protégée,
étouffée, pourquoi pas battue (la violence contre
les femmes n’est
critiquée que lorsqu’elle est commise par
“l’étranger”) par son mari,
perpétrer des traditions arriérées et
élever de bons petits fran« ais.
La famille reste donc un instrument efficace de domination des femmes.
Moi homme, toi femme
L’extrême
droite, comme nous l’avons
vu, est fortement naturaliste. Or, dans l’ordre
naturel-social, chacun
et chacune a une place bien définie. Cette notion de place
est
extrêmement importante pour l’extrême
droite, qui - ressent le besoin
de catégorisations, de repères naturels fixes
(fran« ais/immigré,
bien/mal, homme/femme...). Sortir de ces catégorisations,
par le
mélange, le métissage, est
per« u comme dangereux pour l’ordre
naturel
(d’où les visions apocalyptiques de la
“décadence” dans laquelle nous
vivrions aujourd’hui). Cela s’illustre par le
racisme, le mythe d’une
“race” fran« aise, mais
peut-être encore plus par la hantise de la
“confusion des sexes”, de leur
“indifférenciation”, ou de leur
“inversion”. Aux notions
d’égalitarisme, d’universalisme et
d’individualisme, l’extrême droite oppose
la distinction, la
complémentarité et la hiérarchie. Pour
le FN, l’homme doit être fort,
respecté, il doit apporter à la famille, base de
l’édifice social, de
quoi manger et la protéger ; la femme doit
être aimante, dévouée et
soumise à l’homme. Ceci est illustré
par un article paru dans
“Itinéraires” qui rappelle aux bonnes
chrétiennes que “la mère
chrétienne est celle qui fait de la maternité un
sacerdoce[...], la
femme qui abdique au profit d’une sujétion
austère les satisfactions de
la vanité ou du plaisir, qui préfère
à la capricieuse liberté du monde
la volontaire servitude du foyer [...] enseigne à sa fille
la modestie
et le dévouement, inculque à son fils
l’amour des vertus viriles et la
passion du devoir”. Dans la logique de
l’extrême droite, comme dans
celle des catholiques intégristes, le rapport homme-femme se
résout à
un rapport de domination-servitude où la femme doit crier sa
joie
d’être enfermée dans la douce prison du
foyer familial. Les rôles sont
bien définis, dès la naissance, la femme se voit
imposer un dévouement
pour l’homme qu’elle devra
préférer à sa propre
liberté.
Il est
important d’insister encore une fois sur le fait que dans
toute
doctrine d’extrême-droite ou catholique
intégriste, la différence
naturelle entre hommes et femmes fonde la différence de
leurs fonctions
sociales. Etre épouse et mère,
procréer et éduquer, tel est le rôle
naturel des femmes. Ces intégristes rencontrent cependant un
problème :
pourquoi de plus en plus de femmes travaillent-elles à
l’extérieur ? Là
encore, c’est la société
“pervertie” qui en serait la cause.
Cependant,
sur la division hommes-femmes, pas de doute : la biologie
c’est le
destin, et les fonctions “naturelles” sont
spiritualisées en tant que
missions sociales et nationales. Pas question
d’échanger des valeurs
entre sexes où, d’après ces tristes
sires, les hommes deviendraient des
femmelettes et nous courerions vers l’apocalypse de
l’indifférencié !
Tu ne disposeras pas de ton corps
Une des
préoccupations de l’extrême
droite concernant les femmes a trait au droit à
l’avortement, ce qui
met en lumière l’articulation entre
volonté d’ordre moral et sexuel,
politique nataliste et idéologies nationalistes, racistes et
antisémites.
Le FN remet en cause et demande l’abolition de la loi
Veil (votée en 1974, prorogée en 1979), refusant
le remboursement de
l’avortement, dans l’immédiat, par la
sécurité sociale. Pour les
milieux catholiques intégristes, on observe dès
1986 des “opérations de
sauvetage” menées par des commandos anti-IVG. La
chose est révélée en
1990, où une attaque de la maternité des Lilas
parvient aux oreilles
des féministes... De plus, les commandos se
révèlent être une
spécialité bien fran« aise,
exportée trois ans plus tôt de l’autre
côté
de l’Atlantique par “SOS tout-petits”.
Jusqu’au milieu des années 90,
ils sont de plus en plus médiatisés, au
début de la dernière décennie,
on se met à compter les actions commando (destructions de
matériel,
agressions d’infirmières, agressions de femmes
venues pour une IVG...)
au rythme de une par mois. Ces interventions ont lieu dans les
hôpitaux, dans la rue ou les églises. Une grande
partie de ces
militants sont issus des rangs du FN, mais ces groupes recrutent
beaucoup plus largement dans les milieux catholiques traditionalistes.
L’acquisition
par les femmes du droit à l’avortement, obtenu sur
la base du droit des
femmes à disposer de leur corps, contrôler leur
fécondité et plus
largement leur vie, découle de
l’émancipation issue des mouvements des
Seventies. Au contraire, les opposants à ce droit
élémentaire
prétendent défendre le “droit
à la vie” des “enfants
non-nés” (beaucoup
de ces militant-e-s se disent également
opposé-e-s à la contraception,
qui s’oppose au “droit divin” (sic)). Le
deuxième angle d’attaque des
groupes “pro-vie” est l’assimilation de
l’avortement à un eugénisme
aboutissant à terme à l’extermination
des handicapés et des malades.
D’après la théorie de ces groupes, les
partisans de l’avortement sont
des partisans de la mort, des nazis. L’avortement serait un
“génocide”
(le plus important, voire le seul) : la campagne contre
l’avortement se
rapproche à ce point de vue de plus en plus clairement du
négationnisme
et de l’antisémitisme, tant cet argument dramatise
l’avortement et
banalise la Shoah dans un même mouvement. Le discours visant
à faire
interdire l’avortement est surtout un discours
basé sur l’émotionnel et
l’affectif même si on retrouve en toile de fond
l’argumentaire
politique et démographique classique des organisations
catholiques
traditionalistes : l’avortement cause le
déclin démographique et le
vieillissement de l’Occident face à
l’invasion étrangère. Certaines
associations, dont “Laissez-les-Vivre” parlent,
à l’instar d’un
Jean-Marie Le Pen, d’une “subversion plus
générale” et d’un
“complot”
organisé.
Le rôle de la femme vu par l’extrême droite est donc celui d’une pondeuse rivée à son foyer, complètement déresponsabilisée au niveau social et politique. Pour l’avortement, si les femmes sont parfois présentées comme auteures ou complices de ce “crime”, ces groupes les décrivent comme des victimes contraintes à refuser la maternité malgré leur désir. On leur refuse la liberté, on les dépossède de leur corps (qui ne devrait servir qu’a donner la vie et appartient plus à la société qu’à elles-mêmes) et de leur vie même qu’elles devraient à leur cher époux. Comment alors comprendre l’engagement de femmes dans des mouvements d’extrême-droite ou catholiques intégristes ?
Les femmes d’extrême droite
D’abord,
il faut rappeler que le vote
d’extrême-droite est un vote à
majorité masculin, ainsi pour les
présidentielles de 1995, Le Pen recueille au premier tour
19% des voix
des hommes contre 12% de celles des femmes ; chez les 18-24
ans, ce
sont 19% des gar« ons et 10% seulement des
filles ; enfin, chez les
étudiant-e-s, ces chiffres tombent à 16% des
gar« ons contre 6% des
filles. Il y a plusieurs raisons à cet écart. La
première tient à la
remise en cause par le Front National de droits acquis de haute lutte
par les femmes : droit de disposer de leur corps, droit au
travail...
or le FN s’est prononcé à plusieurs
reprises, on l’a vu, contre le
remboursement de l’IVG, et il prône le retour au
foyer des jeunes mères
et l’instauration d’un salaire maternel. Nombre de
femmes de ce pays,
même si elles n’ont pas milité dans les
mouvements féministes, n’en
sont pas moins attachées à leurs nouveaux droits
et ne sont pas
disposées à brader l’autonomie dont
elles disposent désormais. La
deuxième raison vient du fait que le FN défend
une manière guerrière,
violente de faire de la politique. Or, on voit au travers de plusieurs
enquêtes que les femmes admettent plus difficilement le
conflit, la
guerre, la violence, que les hommes [3], et qu’elles aspirent
à une vie
politique plus pacifiée. Cependant, encore une fois,
certaines femmes
adhèrent à l’idéologie
d’extrême-droite, comment expliquer ce
phénomène ?
Une étude basée sur le parti des Republikaner
(Allemagne) a montré que le thème du
rôle féminin traditionnel et de la
famille n’était pas le thème
privilégié des femmes
d’extrême-droite ;
au contraire, pour certaines d’entre-elles, c’est
“la seule chose avec
laquelle elles ne sont pas d’accord” (pas assez,
cependant pour ne pas
adhérer), même si la famille est
encensée comme “un mode de vie
fondamental et important”. Cette étude sur le
parti des Republikaner
montre aussi que la femme d’extrême-droite
n’est pas exclusivement là
pour suivre son mari. Les conceptions politiques des femmes
interrogées
sont bien davantage marquées par des positions typiques de
l’extrême-droite. On compte par exemple parmi
celles-ci la politique
relative aux immigré-e-s et aux étranger-e-s,
mêlée à des
revendications sécuritaires,
c’est-à-dire la lutte contre la drogue,
contre la formation de bandes de jeunes et contre la
criminalité, tout
ce volet que nous ne développerons pas ici tant il est
classique de
l’extrême-droite, qu’elle soit
féminine ou masculine.
Comme le
montre bien l’étude de Flora Bolter [4],
l’engagement des femmes
d’extrême droite est vu comme un
supplétif aux défaillances masculines,
dont un des meilleurs exemples est Catherine Mégret,
remplaçant son
époux à la mairie et quittant ses casseroles pour
seconder un mari qui
en traîne trop (mais qui continue à tirer les
ficelles de la
politique). De la même manière, Jeanne
d’Arc est une figure
emblématique de ce courant de pensée car elle a
su pallier aux
déficiences de la royauté, tout en terminant
martyr de la nation.
Certaines
femmes adhèrent à l’ensemble des
revendications d’extrême-droite,
retour au foyer compris. L’enquête menée
en Allemagne avance
l’hypothèse que les qualités
conventionnellement “féminines”
(maternité, altruisme) servent chez ces femmes les
thèses de
l’exclusion, de l’exploitation et de la violence.
On peut difficilement
cerner les raisons de “la” femme
d’extrême-droite, mais 77% de celles
qui votent Front national semblent le faire pour deux principales
raisons : le regroupement autour de la figure rassurante du
père, du
leader, et la définition exacte des rôles de
chacun, c’est à dire un
total abandon dans la sécurité des structures
fortes, du foyer. Le
maître mot semble être “je m’en
remets à mon mari, au chef qui saura
mieux que moi me protéger de l’autre
(l’immigré, le
“violeur”...)”.
L’action des femmes d’extrême-droite
Le cercle national
des femmes d’Europe
(CNFE) a été fondé le 23 mai 1985 par
Martine Lehideux (vice-présidente
du FN en 1997, conseillère régionale
d’Île de France). Ce cercle se
veut un “cercle de réflexion et
d’influence afin que les femmes
prennent conscience des problèmes familiaux, sociaux,
éducatifs,
culturels, et politiques auxquels elles sont quotidiennement
confrontées, et pour leur rappeler que la renaissance de
l’Europe ne se
fera pas sans elle”. Aujourd’hui en perte de
vitesse, le CNFE
revendiquait en 1995 un millier d’adhérentes. Sa
problématique et ses
thèmes sont directement issus du FN
(“violeur” ou “sidaoeque”,
c’est
toujours l’autre qui commet le mal, cet Autre
étant suivant les cas,
simple immigré ou asocial : “toxicomanes
au dernier degré, pédophiles
forcenés, psychopathes...”) .
Le CNFE reste cependant spécialisé
dans des domaines plus “naturellement”
féminins : famille, morale,
santé, éducation... L’école
publique est vivement critiquée, les
manuels scolaires pris pour cible et soigneusement
épluchés, le CNFE
publie des fiches-conseil en direction des parents. Les livres de
biologie, par exemple serviraient à “remettre en
cause les valeurs
familiales” par le biais de l’éducation
sexuelle “imposée aux enfants”.
De plus, ultime outrage, on parle en cours du fonctionnement des
appareils génitaux , et même de l’acte
sexuel et de la fécondation !
Les livres de fran« ais sont accusés,
eux, de dévaloriser la langue
fran« aise par un
“appauvrissement” des textes proposés.
La violence
à l’école est également un
thème récurrent dans ces milieux : on y
regrette les “bagarres viriles” d’antan
(qu’on ne pourrait pas, selon
ces dames, associer à de la violence à
l’école), les responsables
désignés étant encore et toujours les
mêmes (la répétition ne fait pas
peur au CNFE) et on prône “l’exclusion
des fauteurs de troubles [...]
des délinquants étrangers, punition de tous les
coupables [...] la
présentation de la carte de séjour pour lutter
contre l’immigration
clandestine”. Visiblement, à
l’extrême droite, on est aussi con-ne
quand on est une femme que quand on est un homme.
Les revendications
quant à la suppression du droit à
l’avortement sont un des points
majeurs de l’action de ces femmes. Le CNFE propose
différentes mesures
visant à faire subir aux femmes de très fortes
pressions morales et à
alourdir considérablement les procédures. En
effet, la préoccupation du
CNFE reste bien la famille, socle de la société
et de l’ordre moral. La
restauration de la famille, et de tout ce qui en découle,
fonde
l’action de ces
femmes et la légitime à leurs yeux. A ce propos,
le
CNFE demande des mesures contre le
“divorce-répudiation”. Outre le fait
qu’on se demande quelles pourraient être ces
mesures, cela situe les
femmes comme victimes, alors que ce sont majoritairement elles qui
demandent le divorce. La procédure de divorce par
consentement mutuel
est fortement remise en cause. Le message qui transparaît
pourrait
être : “Tapez-vous dessus, mais restez
ensemble coûte que coûte et
faites des enfants !”
Le militantisme féminin d’extrême droite
repose sur des actions bien spécifiques :
c’est généralement une
pratique d’infiltration dans le réseau associatif
et la vie politique
locale. Le CNFE a appelé ses sympathisantes à
investir les conseils de
parents d’élèves existants, et
à créer ses propres conseils de parents
ou les thèmes frontistes sont
présentés. Ces militantes ont compris
l’intérêt d’être
présentes sur le terrain en créant
“Fraternité
Fran« aise”, travaillant au plus
près de la population. Elles ne
rechignent pas à aller vers “le pauvre”
lui porter leur soutien moral,
plus un petit colis... pourvu que “le pauvre” soit
blanc, cela va sans
dire. Ce type d’action est terriblement efficace sur le
terrain et a
probablement ouvert l’accès de villes comme Toulon
au FN.
Les femmes d’extrême-droite, celles du CNFE, ne remettent pas le moins du monde les principes d’extrême-droite en cause. Bien au contraire, elles revendiquent comme un honneur le retour aux valeurs traditionnelles où la femme, enfin libérée du travail et de la vie hors du foyer qui “lui sont imposés et l’oppressent” pourrait retrouver la joie du dévouement, de la vaisselle bien faite et de la totale dépendance vis à vis d’un mari-maître omnipotent.
La présentation de cet extrême fait réfléchir : où en sommes-nous aujourd’hui pour que ce discours ne choque pas plus les bonnes âmes ? Lorsqu’on parle du FN, de l’extrême-droite, on met le doigt sur le racisme, pas sur le sexisme et la volonté d’écraser l’émancipation des femmes. Serait-ce que les convictions privées demeurent fortement empreintes d’un vieux fond culturel dans lequel la domination masculine est une évidence ? Ce grossissement par le biais d’un discours extrême doit nous amener à réfléchir sur la situation des femmes aujourd’hui, dans une société “égalitaire”, et sur l’implantation réelle des thèmes de l’émancipation féminine trente ans après la seconde vague féministe. On ne peut aujourd’hui faire l’économie des apports des luttes passées qui ont bien montré l’artificialité (l’origine culturelle) des catégories masculines et féminines : pour citer Fiammetta Venner [5] “Comment […] prétendre lutter contre une idéologie réactionnaire sans être capable de remettre en cause le terreau sur lequel elle pousse depuis toujours : un essentialisme abêtissant, dont l’extrême droite n’est jamais rien d’autre que le projet politique ?”
Piotr el Rojo (avec une maigre contribution de Pirouli)
[1] Terme
emprunté au titre de l’ouvrage de Susan Faludi,
aux Ed. des Femmes
[2]
Les informations de cet article sont tirées d’un
ouvrage de référence
sur le sujet : L’extrême droite et les
femmes, sous la direction de
Claudie Lesselier et Fiammetta Venner, Ed. Golias, 1997
[3] voir l’article Construction des genres et domination
masculine, No Pasaran n°75 ancienne formule, Mars 2000
[4] Flora Bolter, Les femmes du MNR et du Front National, in Prochoix,
septembre-octobre 2000
[5]
L’extrême droite et
l’antiféminisme, Fiammetta Venner, in Un
siècle
d’antiféminisme, sous la direction de Christine
Bard, Ed. Fayard, 1999,
p. 429
05 avril 2006
Anarchie ,faut pas confondre....
Anarchie
Faut pas confondre....
L’anarchie (du grec an-, préfixe privatif : absence de, et archos, le commandement, ou « ce qui est premier ») désigne la situation d’une société où il n’existe ni autorité, ni pouvoir, ni domination, ayant un caractère coercitif, ni non plus une quelconque hiérarchie entre les hommes. L’anarchie peut étymologiquement également être expliquée comme le refus de tout principe premier, de toute cause première, et comme revendication de la multiplicité face à l’unicité.
Le mot anarchie est employé tantôt comme synonyme de désordre social (qu’on retrouve dans le sens courant, qui se rapproche de l’anomie), tantôt comme un but pratique à atteindre dans le cadre d'une idéologie (c’est le cas pour les anarchistes).
Anarchie et anomie
Le sens courant
Le mot anarchie est souvent employé comme un repoussoir par des personnes considérant essentiel le principe fondamental d’autorité pour indiquer une situation de désordre, de désorganisation, de chaos, sur la base de l’hypothèse implicite que l’ordre nécessite une hiérarchie. On retrouve déjà dans le Littré (le mot est très peu usité avant le XVIIe siècle) la définition de l’anarchie comme « absence de gouvernement, et par suite désordre et confusion ». Par extension ce sont toutes les formes de trouble et de désordre qui sont appelées anarchie ; c’est cette façon d’employer le mot qui prévaut dans l’usage courant, comme dans la plupart des dictionnaires.
L’anomie
Le mot correct pour une situation de désordre social, sans lois, sans règles, où les différends se régleraient par la seule violence physique (armée ou non), est l’anomie. L’anomie est une dissolution des normes sociales, règles, lois, coutumes : cette situation peut être liée à une volonté de domination réciproque de plusieurs pouvoirs concurrents, à une réaction de désespoir face une société moribonde.
À ce sujet, bien que Anomie soit mieux adapté, le terme « Anarchie » est utilisé systématiquement par les pouvoirs pour indiquer une situation politique qu’ils ne maîtrisent pas (et qu’ils désireraient maîtriser), où leur pouvoir politique est en difficulté (du fait de leur hiérarchie).
[modifier]
Termes historiques
Les exemples historiques tels que L’anarchie militaire dans l’Empire romain dans les années 235-268, ou l’utilisation d’Anarchie (The Anarchy) pour définir la guerre civile anglaise qui opposa deux concurrents au pouvoir, Mathilde l'Emperesse et Étienne de Blois entre 1135 et 1154, est révélateur de ce fait : il ne s’agit en aucune façon de situations qui puissent s’apparenter à l’anarchie au sens strict, auquel cas il n’y aurait plus de pouvoir, ni d’autorité, mais il s’agit juste d’une désorganisation liée aux pouvoirs concurrents, d’une période politique troublée
Utilisation péjorative du terme « anarchie »
Bien souvent, le terme « anarchie » est utilisé pour décrire le chaos, les guerres civiles et les situations de désordre social.
On peut y voir deux raisons.
La première, sans doute la moins importante, provient du terme « anarchie », interprété comme l’absence d’ordre, de règles et de structures organisées, bref : le chaos de l’anomie sociale. Ce n’est pourtant pas ce que prônent les anarchistes. Pour éviter cette confusion entre anarchie politique et anomie, confusion qui dénature les idées de l’anarchisme, les anarchistes utilisent parfois le mot « acratie » ou libertaire (terme inventé par Joseph Déjacque, défenseur de la liberté politique), comme synonymes d’anarchiste.
La seconde, plus concrète et plus forte, provient des luttes anarchistes au tournant des XIXe siècle et XXeillégaux ou illégalistes qui voulaient sans attendre pratiquer l’anarchisme (et donc ignorer purement et simplement les « lois », considérées comme illégitimes), le diffuser (théorie de la propagande par le fait) et lutter activement contre les oppressions, y compris par la violence. Concrètement, des anarchistes ont escroqué, volé et tué au nom de leur doctrine, avec comme victimes des puissants (princes, ministres, riches, compagnies d’assurances, etc.), des serviteurs de l’État (douaniers, policiers, etc.), et des gens plus ordinaires. Quelle qu’ait été l’importance réelle de ce courant, il a énormément frappé les esprits. Par ailleurs et inversement, par non violence, des anarchistes pacifistes, refusaient la conscription et pratiquaient l’insoumission : dans le contexte de l’époque, cela était aussi (voire plus !) insupportable. Tout cela a justifié des « lois scélérates » à la fin du siècle en Europe. À cette époque, le mouvement anarchiste a été marqué par les XIXe siècle dans de nombreux pays et stigmatisé l’ensemble des anarchistes, tandis que « anarchiste » ou « Ravachol » devenait une injure.
L’usage du terme libertaire s’est d’ailleurs répandu en France avec l’interdiction des mots de l’anarchisme, pour des raisons sociales et juridiques (être l’auteur de « propagande anarchiste » est resté passible de prison jusqu’en 1994).
L’anarchie comme but de l’anarchisme
Les anarchistes face à l’anarchie-anomie
Les anarchistes
rejettent en général la conception courante de
l’anarchie (utilisée
dans le langage courant, par les médias et les pouvoirs
politiques).
Pour eux, au contraire, l’ordre naît de la
liberté, tandis que les pouvoirs engendrent le
désordre (voir termes historiques). Certains anarchistes
useront du terme acratie, du grec « kratos »
(le pouvoir) donc littéralement « absence
de pouvoir », plutôt que du
terme « anarchie »,
d’étymologie grecque lui aussi, qui leur semble
devenu ambigu, porteur d’un aspect positif mais
d’une trop grande
connotation négative pour pouvoir être
employé comme synonyme d’un
objectif désirable. De même, les anarchistes
auront plutôt tendance à
utiliser le terme de « libertaires »
pour se désigner, ou indifféremment ceux de
« fédéralistes »,
« anti-étatistes » ou
« anti-autoritaires ».
Il est arrivé à Bakounine lui-même
d’utiliser « anarchie »
au sens de désordre, et l’on retrouve cette
acception dans les écrits du Comité
central de l’Internationale genevoise. Ces
formulations ne se retrouvent toutefois plus chez les anarchistes
actuels.
L’anarchie, société libertaire
Cependant, les anarchistes utilisent encore le terme, porteur d’une histoire indissociable d’autres notions qui s’y rattachent comme l’anarchisme ou l’anarchie positive de Proudhon (qui est d’ailleurs le premier à donner un sens précis au mot anarchie, utilisé auparavant en guise d’insulte dans les milieux politiques sans avoir jamais été véritablement défini).
L’anarchie aux yeux des anarchistes n’est pas un chaos, mais la situation harmonieuse résultant de l’abolition de l’État et de toutes les formes de l’exploitation de l’homme par l’homme " c'est l'ordre moins le pouvoir ", "la plus haute expression de l'ordre" (Elisée Reclus). Basée sur l’égalité entre les individus, l’association libre, bien souvent la fédération et l’autogestion, voire pour certains le collectivisme, l’anarchie est donc organisée, structurée, sans admettre pour autant, aux yeux des anarchistes anticapitalistes, de principe de supériorité quelconque de l'organisation sur l'individu.
On peut noter que chez tous les anarchistes la qualité indispensable est la responsabilité individuelle (associé au droit naturel) qui permet d’agir dans l’intérêt personnel sans pour autant attenter à la liberté des autres. Les seuls mandatés le sont dans un but et sur un mandat précis, et il n’existe ainsi nulle forme de domination ni de gouvernement.
Regardez ce qu'on fait aux animaux en Chine....
10 avril 2006
Là ,j'avoue que j'ai les boules! Je vous recommande ce livre....Ainsi que d'écouter cette interview sur radio canada
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La
face cachée du pétrole
Le journaliste Éric Laurent analyse
le monde contemporain à travers les enjeux
pétroliers. Depuis une
centaine d'années, le pétrole est la source de
tractations géopolitique
: « Toute l'histoire du pétrole est une histoire
totalement secrète.
Tout est lié au pétrole. Pour comprendre les
problèmes, suivez le
pétrole », indique le journaliste. Le choc
pétrolier risque d'arriver
très vite, prévient Éric
Laurent.
11 avril 2006
Vive la zététique avec Nicolas Vivant
Vive la zététique avec Nicolas Vivant...
Voilà c'est tout!
12 avril 2006
Regardez et écoutez Serge Gainsbourg :
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