04 novembre 2006

10 novembre 2006
La mairie de Bordeaux s'essuie sur la liberté d'expression par soucis hygièniste!
La
mairie de Bordeaux s'essuie sur la liberté
d'expression par soucis hygièniste!
Interdiction des affiches et les tracts parce qu'ils
salissent les rues et pourquoi tant qu'on y est ne pas interdire les
chiens?
Alain Juppé faux -écolo, vrai -Dictateur...ou
tout nouveau monsieur propre?
Je constaste qu'a Bordeaux les crottes de chiens sont plus
appréciées par l'administration que les moyens
démocratiques de diffusion de l'opinion que sont l'affichage
et le tractage .
Il est vrai qu'une Déjection canine n'a jamais suscité de
débat sur la légitimité contestée d'une
éléction municipale ou sur l'opacité
suspecte d'opérations immobilières.
Si vous venez à Bordeaux vous devez savoir qu'
être citoyen c'est à dire un individu conscient
avec des opinions personnelles et qui ose en plus les exprimer sur la
place publique, c'est sale !
Vous devez savoir que le débat d'idée ici, c'est
crados!
Que vouloir informer et s'informer autrement que par des voies
controlées , c'est dégueux !
Que demander des comptes à des répresentants
élus pour le bien commun donc mandatés
par le peuple pour gérer la
collectivité, c'est crasseux...
En gros à Bordeaux, votre avis c'est de la merde!Pas du caca, de la fiente, des selles, des féces, de l'étron , du colombin, du guaneau, du lisier, du crottin tout ça est tolérer dans notre ville si propre!
Non votre opinion c'est juste de la merde pour la mairie de Bordeaux!
Ils Vous marchent dessus et croient que ça porte bonheur!
Attention comme l'a souligné Albert Camus ! "le
fascisme commence quand s'installe le
mépris"


Juppé même si il a le crâne de monsieur
propre, j'émets quand même quelques
réserves qu'en à la propreté du fond
de son slip!
Lisez la suite vous comprendrez mieux....
Ces derniers temps, des militants ont été
confrontés de manière inattendue au manque de
liberté d'expression sur Bordeaux.
1)Ce
sont tout d'abord des militantes d'Hacktvismes et d'AC! Gironde qui ont
été arrêtées par la police
nationale alors qu'elles pensaient exercer
leur droit le plus simple qui est celui de s'exprimer ouvertement sur
des sujets de politique et de citoyenneté.
Alors que sur Bordeaux la campagne électorale battait son
plein, Alain Juppé et ses décrets
liberticides envoient quatre militantes au tribunal.
Mercredi 4 octobre 2006, alors
qu’elles distribuaient des tracts pour appeler à
un rassemblement anti-Juppé, Myriam
et Harinala , militantes d’Hacktivismes, ont
été interpellées par la Police
Nationale, rue Sainte Catherine, aux alentours de 17h15.
Dans un premier temps, les tracts ont
été saisis.
Les cartes d’identité ont
été contrôlées.
Finalement, les deux agents rendent les tracts
(avec interdiction de les distribuer) mais signifient aux
deux militantes qu’elles seront convoquées au
tribunal.
Le lendemain, vers 12h, toujours rue Ste
Catherine, Marie-Claude
et Joëlle (militantes d’AC! Gironde),
Paulina et Myriam (militantes
d’Hacktivismes) étaient interpellées et
embarquées vers le commissariat
central.
Au bout d’une heure, on les laissait repartir
libres en leur notifiant qu’elles seraient
convoquées au tribunal pour distribution illégale
de tracts.
Il est interdit de diffuser de l’information
dans les rues de Bordeaux sans autorisation préalable de la
Mairie.
En
effet, l'arrêté municipal du 5 avril 2000 interdit
la distribution de
tracts dans les voies et places de Bordeaux. Tout le centre-ville est
interdit au nom de la propreté et de la
sécurité.
A l’évidence, dans cette ville,
avec Monsieur Juppé, notre liberté
d’expression se réduit comme une peau de chagrin.
Avant de partir au Canada dans les conditions que l’on sait, il
avait aussi mis en place un décret municipal interdisant
l’affichage libre.
Pourtant à l’heure même
où les quatre militantes étaient victimes de la
répression policière, monsieur Alain
Juppé lançait, place de la
Victoire, son opération "10 000 sonnettes"
pour aller sonner aux portes des Bordelais, leurs présenter
les projets
de la majorité sortante et les mobiliser en vue du scrutin
du 8 octobre.
Ces
« faits divers » en disent long sur la marge de
manœuvre qu’il reste
aux militants dans les actions qu’ils peuvent
légalement mener.
Elle est quasi nulle.
D’autant que la Police Nationale veille et
surveille et ne remet pas souvent en question la
justesse des lois et des décrets qu’elle est
sensée faire appliquer.
Serions-nous rendus aux heures sombres où il
faut choisir son camp ?
2)Plus
tard, c'est la présidente du comité anti-In
cité de Bordeaux qui se
voit affliger une amende de 900€ pour des affiches
annonçant la
prochaine réunion du comité.
900 euros c’est le
montant de l’amende qui a été
notifiée à la présidente du
Comité contre
le projet dit de restructuration et de revitalisation du centre
historique de Bordeaux Claire Chartier-Grimaud, association qui lutte
contre l’agence de spéculation
immobilière de la mairie InCité.
Son
crime ?
Des
affichettes de format A4 qui annonçaient une
réunion du Comité ont été
collées sur des murs de la rue Buhan, de la rue Saint James
et de la
rue du Hâ, le jeudi 12 octobre, vraisemblablement sur
initiative d’une
sympathisante du Comité.
Ne voulant pas offrir de
prétexte à la mairie habituée aux
méthodes sournoises contre les
opposants, dès que Claire a appris que des affichettes
avaient été
collées au nom du Comité, aussitôt,
avec les adhérents, ils les ont
immédiatement enlevé.
La mairie de Bordeaux cependant, s’est empressé de
lui envoyer une amende de 900 euros pour affichage
sauvage.
Pourtant la ficelle de l’amende
imposée au Comité anti-InCité
était un peu grosse. Cette fois-ci
l’opposition municipale a réagi. Les
conseillers Jacques Respaud (socialiste) et Pierre
Hurmic (Verts) ont
souligné dans un communiqué l'effet
scélérat qu'il peut y avoir dans
l'application de la loi contre l’affichage sauvage si
l'autorité s'en
sert au tout premier écart.
Apportez votre
soutien à Claire Chartier-Grimaud en la contactant (73,
rue du Pas St-George, 33000 Bordeaux, Tel. 05 56 48 17
21 )
Ce n'est pas la première fois que des associations Bordelaises se heurtent à des décrêts municipaux visant à réduire au silence les forces d'opposition ou à faire disparaître toute culture non officielle.
La Centrale, L'Athénée Libertaire, l'association Andromac... et beaucoup d'acteurs culturels qui ne peuvent plus afficher sur les murs de notre ville les annonces de leur manifestations sans qu'aucune autre possibilité ne leur soit offerte.
Cependant, en faisant tomber l'arrêté municipal antibivouac, Stéphane Lhomme nous a donné l'espoir que l'on peut faire basculer le cours de choses, que nous pouvons avoir prise sur notre réel.
Afin de réfléchir à
des moyens d'actions pour défendre notre liberté
d'_expression,
l'association Hacktivismes convie associations, collectifs,
comités,
particulier-e-s à une réunion :
Pour ceux qui sont sur
Bordeaux
Mercredi 15 novembre
21h
Salle de la Cheminée de l'Utopia
Pour tout le monde parce qui se passe à Bordeaux peut se
passer chez vous et que l'union fait la force!
N'hésitez pas à apporter votre soutien
à mon amie Myriam et à l'association Hacktivisme
Le site Hacktivisme : http://hacktivismes.org/
Le blog de l'association : http://hacktivisme.blogspirit.com/
Le mail de l'association faites une bise de
ma part à Myriam : hacktivismes@hotmail.com
19 novembre 2006
Lydia Lunch
Lydia Lunch

Musicienne, performeuse, actrice, écrivain et photographe,
Lydia Lunch fut la
véritable égérie du mouvement
underground new-yorkais des années 80.

Lydia Lunch est née en 1960 à Rochester aux
États-Unis.
A seize ans, L. Lunch fuit le foyer incestueux pour gagner les rues de
New York. Prostitution, drogue, alcool deviennent son lot quotidien.
Mais loin d'être une victime, l'auteur s'incarne en
prédatrice, avec une avidité toute
particulière pour le sexe violent.
On la remarque pour la première fois comme "cri primal" au
sein du groupe Teenage Jesus and the Jerks sur l'album anthologique de
Brian Eno paru en 1977: No New York considéré
comme un pilier fondateur du mouvement No Wave. Egérie du
mouvement Underground et No Wave new-yorkais, auteure d'une trentaine
d'albums, a également enregistré avec Sonic Youth
et Nick Cave, a publié en collaboration avec Exene Cervenka
l'album "Rude Hieroglyphics". Actrice dans le cinéma
underground, elle a participé à de nombreux films
notament la serie "hardcore" du photographe réalisateur
Richard Kern.
Lydia Lunch vit aujourd’hui à Barcelone.
Elle a publié en France un
ouvrage autobiographique intitulé Paradoxia, journal
d’une prédatrice et elle continue de se produire
sur scène surtout en Europe.
Lydia est une artiste underground prolifique mut par l'excès
dans une créativité
frénétique, son oeuvre imposante force
l'admiration de par sa qualité, sa diversité et
son integrité !
A titre de repère voici
quelques éléments....
Musique
* Babydoll b/w Freud In Flop, Teenage
Jesus & the Jerks (7" / Lust/Unlust, 1979)
* Try Me b/w Staircase, Beirut Slump (7"
/ Lust/Unlust, 1979)
* Orphans b/w Less of Me, Teenage Jesus
& the Jerks (7" / Migraine, 1979)
* Pink, Teenage Jesus & the
Jerks (12" / Lust/Unlust, 1979)
* Pre-Teenage Jesus, Teenage Jesus
& the Jerks (12" / ZE, 1979)
* Off White, James White and the Blacks
(LP / ZE, 1979; credited as Stella Rico)
* Queen of Siam, solo (LP / ZE, 1979)
* Diddy Wah Diddy b/w Dead Me You
B-Side, 8-Eyed Spy (7" / Fetish, 1980)
* 8-Eyed Spy, 8-Eyed Spy (LP / Fetish,
1981)
* Live, 8-Eyed Spy (cassette / ROIR,
1981)
* Devil Dogs (live in Italy /
unreleased, 1981)
* 13.13, solo (LP / Ruby, 1981)
* The Agony is the Ectasy, solo (split
12" EP w. The Birthday Party / 4AD, 1982)
* Some Velvet Morning, w. Rowland S.
Howard (12" EP / 4AD, 1982)
* Der Karbische Western, Die Haut (12"
EP, 1982)
* Thirsty Animal, Einstürzende
Neubauten (12" EP, 1982)
* Boy-Girl, Sort Sol (7", 1983)
* Dagger & Guitar, Sort Sol (LP,
1983)
* In Limbo, w. Thurston Moore (12" EP /
Widowspeak, 1984)
* The Drowning of Lucy Hamilton, w. Lucy
Hamilton aka China Berg of MARS (12" EP / Widowspeak, 1985)
* A Dozen Dead Roses, No Trend (LP, 1985)
* Heart of Darkness, w. No Trend (10" EP
/ Widowspeak, 1985)
* Death Valley '69, w. Sonic Youth (12",
1986)
* Hysterie, best-of compilation (LP,
1986)
* The Crumb, w. Thurston Moore (12" EP /
Widowspeak, 1987)
* Honeymoon In Red, w. members of The
Birthday Party (LP, 1987)
* Stinkfist, w. Clint Ruin (12" EP, 1987)
* Naked In Garden Hills, Harry Crews
(1987)
* Don't Fear the Reaper, w. Clint Ruin
(12" EP, 1991)
* Shotgun Wedding, w. Rowland S. Howard
(CD, 1991)
* Head On, Die Haut (CD / Triple X, 1992)
* Sweat, Die Haut (CD / Triple X, 1992)
* Twisted, solo (7", 1992)
* Unearthly Delights, solo (7", 1992)
* Transmutation + Shotgun Wedding Live
in Siberia, w. Rowland S. Howard (CD, 1994)
* Everything, Teenage Jesus &
the Jerks (CD re-issue/ Atavistic, 1995)
* Luncheone, 8-Eyed Spy (CD re-issue/
Atavistic, 1995)
* No Excuse b/w A Short History of
Decay, w. Lee Ranaldo) (7" / Figurehead, 1997)
* The Desperate Ones, w. Glyn Styler)
(CD EP / Atavistic, 1997)
* York (First Exit To Brooklyn), w. The
Foetus Symphony Orchestra (CD, 1997)
* Matrikamantra, solo (CD, 1997)
* Widowspeak: The Orginal Soundtrack,
solo best-of compilation (2CD / NMC, 1998)
* Smoke In The Shadows, solo (CD /
Atavistic, 2004)
Paroles
(spoken word)
* Better An Old Demon Than A New God,
Giorno Poetry Systems comp. f/ William S. Burroughs, Psychic TV,
Richard Hell and others (1984)
* The Uncensored, solo (1984)
* Hard Rock, solo (split cassette w.
Michael Gira / Ecstatic Peace, 1984)
* Oral Fixation, solo (12", 1988)
* Our Fathers who Aren't in Heaven, w.
Henry Rollins, Hubert Selby Jr. and Don Bajema (1990)
* Conspiracy of Women, solo (1990)
* South of Your Border, w. Emilio
Cubeiro (1991)
* POW, solo (1992)
* Crimes Against Nature, solo
spoken-word anthology (Tripple X/Atavistic, 1994)
* Rude Hieroglyphics, w. Exene Cervenka
(Rykodisc, 1995)
* Universal Infiltrators, (Atavistic,
1996)
* The Devil's Racetrack (2000)
Filmographie
Actrice
* Like Dawn to Dust (197?)
* She Had Her Gun All Ready (1978)
* Guerillere Talks (1978)
* Black Box (1979)
* Beauty Becomes the Beast (1979)
* The Offenders (1979-1980)
* Liberty's Booty (1980)
* Subway Riders (1981)
* Vortex (1983)
* Submit to Me (1985)
* The Right Side of My Brain (1985)
* Fingered (1986)
* Submit to Me Now (1987)
* Mondo New York (1987)
* Penn & Teller's Invisible
Thread (1987)
* Penn & Teller's BBQ Death
Squad (198?)
* Thanatopsis (1991)
* Visiting Desire (1996)
* Power of the Word (1996)
* The Heart is Deceitful Above all
Things (2004)
* Psychomentsrum (unreleased)
Réalisatrice
* Men in Orbit (1981)
Scenariste
* The Right Side of My Brain (1985)
* Fingered (1986)
Compositrice
* The Offenders (1980)
* Vortex (1983)
* The Right Side of My Brain (1985)
* Goodbye 42nd Street (1986)
* Fingered (1986)
* I Pass for Human (2004)
Narratrice
* American Fame Part 1: Drowning River
Phoenix (2004)
Bibliographie
* Adulterers Anonymous (1982 with Exene
Cervenka)
* Incriminating Evidence (1992)
* Paradoxia; a Predator's Diary (1997)
Regardez et écoutez Lydia Lunch
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Article ici
29 novembre 2006
Stratégie de la tension
Stratégie de la tension
La stratégie de la tension est un terme désignant des opérations de déstabilisation d'un pays par le biais d'attentats false flag, c'est-à-dire mis sur le dos de la partie adverse. Le terme trouve ses origines dans l'histoire de l'Italie, en particulier durant les années de plomb où de nombreux attentats ont été commis, dont certains (par exemple l'attentat de la piazza Fontana en 1969 ou l'attentat de la gare de Bologne en 1980) par l'extrême droite, qui a ensuite accusé les Brigades rouges. Selon un rapport parlementaire de la coalition de centre-gauche de L'Olivier de 2000, les Etats-Unis ont soutenu en Italie « une stratégie de la tension visant à empêcher le PCI et, dans une moindre mesure, le PSI, d'accéder au pouvoir exécutif. » On a aussi parlé de stratégie de la tension dans d'autres pays, dont la Belgique (tueries du Brabant dans les années 1980 et, plus récemment, les plans du groupe néo-nazi BBET, découverts en septembre 2006).
La « stratégie de la tension » en Italie
Dans les milieux d’affaires ont craint une contagion de Mai 68. Les États-Unis craignent le spectre d’un gouvernement de gauche incluant le Parti Socialiste Italien (PSI) ou le Parti Communiste Italien (PCI) dans un pays abritant d’importantes bases militaires américaines. Les réseaux stay behind de l'OTAN, appelés en Italie "Gladio", et la loge P2 ont mis en place une stratégie de la tension pour influencer l’opinion et l’amener à accepter un gouvernement autoritaire anti-communiste, ainsi qu'empêcher le compromis historique entre la Démocratie Chrétienne et le PCI. L'assassinat, en mai 1978, du leader de la Démocratie Chrétienne, Aldo Moro, par le second groupe des Brigades rouges, a mis fin à un tel compromis historique. Déjà, à l'époque, des rumeurs accusant la CIA d'avoir manipulé cet assassinat circulent. La thèse de la stratégie de la tension est confirmée en 2000 par un rapport parlementaire de la coalition de centre-gauche de L'Olivier, qui affirme que Washington a soutenu en Italie « une stratégie de la tension visant à empêcher le PCI et, dans une moindre mesure, le PSI, d'accéder au pouvoir exécutif. »
Au début des années 1980, le terroriste néofasciste Vincenzo Vinciguerra avait déjà avoué à la justice que l'attentat de la Piazza Fontana du 12 décembre 1969 visait à pousser l'Etat italien à « déclarer l'état d'urgence » et à instaurer un régime autoritaire anti-communiste. A l'époque, le mouvement autonome, les « gauchistes et anarchistes », sont immédiatement pointés du doigt; 400 personnes sont arrêtées, ainsi que le cheminot libertaire Giuseppe Pinelli, arrêté le soir même. Il « tombera accidentellement » par une fenêtre du 4ème étage du commissariat central de Milan, où il était détenu. Le soir du 20 décembre, l’ambassadeur états-unien Ackley cable à Washington : « Il faut se préparer à un scénario à la grecque ». Le régime des colonels est en place depuis 1967.
L'attentat de la piazza Fontana a été le point de départ des années de plomb en Italie, qu'on considère habituellement achevées avec l'attentat de la gare de Bologne en 1980, lui aussi perpétré par des néofascistes. On arrête peu après Licio Gelli, le grand-maître de Propaganda Due (P2), une loge maçonnique néofasciste. Lors de perquisitions chez lui, on découvre un « plan de renaissance démocratique » qui détaille la marche à suivre pour installer un régime néofasciste en Italie. En outre, on découvre la liste des membres de P2, qui inclut tous les dirigeants des services secrets italiens (SISMI, etc.), ainsi que de nombreux juges, politiques (dont Silvio Berlusconi), et journalistes.
Belgique
On a soupçonné, sans que la commission parlementaire d'enquête à ce sujet ne puisse apporter de preuve définitive, des groupes néo-nazis (tels que le Westland New Post) liés au réseau stay-behind belge de l'OTAN, d'implication dans les tueries du Brabant en 1980. L'arrestation en septembre 2006 de membres du groupe néo-nazi Bloed-Bodem-Eer en Trouw (BBET), qui aurait projeté d'assassiner Filip Dewinter, le dirigeant anversois du parti d'extreme droite Vlaams Belang, puis Dyab Abou Jajhah, leader du groupe islamiste Ligue arabe européenne, afin d'instaurer une dictature fasciste en Belgique a réveillé des souvenirs liés aux années de plomb .
30 novembre 2006
Gladio
Gladio
Gladio (Glaive en italien) désigne le réseau italien des stay-behind, cette structure clandestine de l'OTAN créée après la Seconde Guerre mondiale pour parer à une menace d'invasion soviétique. On désigne couramment par ce nom l'ensemble des armées secrètes européennes, dont l'existence a été révélée publiquement le 24 octobre 1990 par le Premier ministre italien Giulio Andreotti. Les lectures conspirationnistes de l'histoire de Gladio et des Stay-behind sont très nombreuses, notamment en Italie.
Gladio a été mis en place dès les lendemains de la Seconde Guerre mondiale sous l'égide de la CIA et du MI6, comme structure de l'OTAN répondant directement au SHAPE. Ils avaient comme fonction de « rester derrière » en cas d'invasion soviétique, afin de mener une guerre de partisans. Dans cet objectif, des caches d'armes étaient disposées un peu partout. Pour s'assurer de la loyauté de ses membres, les espions étaient principalement recrutés dans les milieux d'extrême droite. En Allemagne, par exemple, c'est Reinhard Gehlen lui-même, premier chef des services secrets allemands et organisateur des rat-lines par lesquelles le réseau ODESSA aidait les criminels de guerre Nazis à s'échapper, qui constitua la branche allemande de Gladio.
Cependant, sous direction de la CIA, Gladio aurait aussi tenté d'influencer la politique de certains pays, notamment en Italie, en Grèce ou en Turquie. Cela fut désigné en Italie par l'expression « stratégie de la tension », qui aurait débuté avec l'attentat de la place Fontana, à Milan le 12 décembre 1969, qui devait, selon Vincenzo Vinciguerra, pousser l'État italien à déclarer l'état d'urgence. Le massacre de la gare de Bologne, de 1980, est également imputé à Gladio.
Malgré ces multiples actes de terrorisme et la découverte de réseaux qui, semble-t-il, fonctionnaient parfois sans même la connaissance des gouvernements nationaux, comme en Autriche, s'il faut en croire les déclarations de Nicholas Burns, alors porte-parole du Département d'État sous Clinton, seuls l'Italie, la Suisse et la Belgique ont créé des commissions d'enquête à ce sujet. La Belgique s'est d'ailleurs dotée d'un comité permanent de contrôle des services secrets afin d'assujettir ces structures au contrôle parlementaire, afin d'éviter que des événements comme ceux qui se sont produits en Italie pendant les années de plomb ne se répètent. Quant à la France elle serait restée "en dehors" de tout cela selon le ministre de le défense de l'époque J.P Chevènement.
Historique des accusations et théories relatives à Gladio
La conspiration
Selon un rapport parlementaire italien de 2000 de la coalition de centre-gauche « L'Olivier », Gladio a favorisé en Italie une stratégie de la tension, avec l'aide de la loge maçonnique P2, dirigée par Licio Gelli, destinée à « empêcher le PCI et, dans une moindre mesure, le PSI, à accéder au pouvoir exécutif ». Perpétré dans des circonstances non élucidées par le second groupe des Brigades rouges (les fondateurs étaient alors en prison), l'assassinat du leader de la Démocratie Chrétienne (DC), Aldo Moro, en mai 1978, a mis fin à tout espoir d'un compromis historique entre la DC et le PCI. De 1969 à 1980, plus de 600 attentats ont fait en Italie 362 morts et 172 blessés [1].
Le général Gianadelio Maletti, ancien chef des services italiens, a confirmé en mars 2001 que la CIA aurait pu favoriser le terrorisme en Italie [2]. Le général Nino Lugarese, chef du SISMI de 1981 à 1984, a témoigné de l'existence d'un « Super Gladio » de 800 hommes responsables de l'« intervention intérieure » contre des cibles politiques nationales [3]
L'attentat de la piazza Fontana, 12 décembre 1969
Voir aussi attentat de la piazza Fontana pour les détails
Le 12 décembre 1969, l'attentat de la piazza Fontana fait 16 morts et 98 blessés à Milan. L'extrême gauche, en particulier le mouvement autonome, est immédiatement désigné comme responsable de l'attentat. 400 personnes sont arrêtées [4].L'anarchiste Giuseppe Pinelli, accusé d'être l'auteur du massacre, est arrêté par la police. Il meurt défenestré quelques jours plus tard.
Dans les années 1980, le terroriste néofasciste Vincenzo Vinciguerra a affirmé au juge Felice Casson que l'attentat de la Piazza Fontana visait à pousser l'État italien à proclamer l'état d'urgence afin de favoriser un régime autoritaire en Italie. En 1989, le fondateur d' Avanguardia Nazionale, Stefano Delle Chiaie, est arrêté à Caracas et extradé en Italie afin d'être jugé pour ses responsabilités dans l'attentat de 1969. Il fut cependant acquitté par la Cour d'assise de Catanzaro en 1989, de même que son camarade Massimiliano Fachini.
En 1995, Carlo Rocchi, l'homme de la CIA à Milan, est surpris lors de recherches à propos d'information concernant l'opération Gladio, montrant ainsi que la CIA continuait à s'intéresser de près aux déroulements de l'affaire Gladio en Italie [5].
En 1997, trois anciens militants néo-fascistes du groupe néofasciste Ordine Nuovo, Carlo Maria Maggi, Delfo Zorzi et Giancarlo Rognoni, sont mis en examen pour l'attentat. En 1998, David Carrett, un officier de la US Navy, est aussi mis en examen pour sa participation à l'attentat; il est aussi accusé d'espionnage politique et militaire. Le juge Guido Salvini ouvre aussi une enquête contre Sergio Minetto, un responsable italien du service d'intelligence de l'Otan, et le pentito (« repenti ») Carlo Digilio, soupçonné d'être un indicateur de la CIA [5].
Mais le 12 mars 2004, la cour d’appel de Milan annula les peines prononcées contre les trois accusés d'Ordine Nuovo, condamnés en première instance. Le repenti Carlo Digilio, soupçonné d'être un indicateur de la CIA, recevait l'immunité en échange de sa participation aux enquêtes, en accord avec le statut italien des pentiti. Concernant cet attentat, nul lien direct n'a été établi par la justice, dans son dernier jugement, entre les terroristes néofascistes et l'organisation Gladio.
Démission de Vito Miceli, chef du SIOS et membre de P2, en 1974 [
En 1974, Vito Miceli, membre de P2 et chef du SIOS (Servizio Informazioni), les services de l'armée, à partir de 1969, puis du SID de 1970 à 1974, a été arrêté dans le cadre de l'enquête sur Rosa dei venti, un groupe terroriste d'extrême droite infiltré par l'Etat. Accusé de "conspiration contre l'Etat", Vito Miceli révèle l'existence d'un réseau stay-behind organisé par l'Otan. Suite à son arrestation, les services secrets italiens sont réorganisés en 1977 afin de les "démocratiser". La loi n°810 du 24 octobre 1977 divise le SID en plusieurs services: le SISMI (Servizio per le Informazioni e la Sicurezza Militare), le SISDE (Servizio per le Informazioni e la Sicurezza Democratica) et le CESIS (Comitato Esecutivo per i Servizi di Informazione e Sicurezza), auquel on donne un rôle de coordination — le CESIS dépend directement du président du Conseil italien.
Assassinat d'Aldo Moro en mai 1978
Certains éléments du meurtre d'Aldo Moro, en 1978 par les Brigades Rouges (BR), ont été analysé par la gauche comme faisant partie du contexte général d'une stratégie de la tension visant à préparer un coup d'État en Italie. En effet, le refus intransigeant de l'État italien a toujours été jugé suspect par certains commentateurs. De fait, c'est en lisant des lettres qu'Aldo Moro avait envoyé de sa prison que la juge Felice Casson découvert l'existence de Gladio. Le meurtre du général Carlo Alberto Dalla Chiesa, qui avait arrêté les fondateurs des BR en Septembre 1974, par Pino Greco, un des assassins favoris du parrain Salvatore Riina, a pu être, selon certaines théories, un nouveau développement de cette stratégie - il n'est pas impossible que Dalla Chiesa aie su trop de choses (il aurait en effet détenu les pages manquantes des écrits qu'Aldo Moro avait écrit pendant ses 55 jours de captivité par les brigades rouges).
Massacre de Bologne le 2 août 1980
Voir aussi le massacre de Bologne pour plus d'information.
Le massacre de Bologne du 2 août 1980 a été attribué à des terroristes néofascistes. Le 16 janvier 1991, The Guardian écrit que : « les pièces ayant servies à la fabrication de la bombe (...) venaient d'un arsenal utilisé par Gladio (...) selon une commission parlementaire sur le terrorisme » [6] En novembre 1995, les terroristes néofascistes Valerio Fioravanti et Francesca Mambro sont condamnés à la perpétuité comme exécutants du massacre de 1980 ; Licio Gelli, le chef de la P2, est condamné pour « obstruction à l'enquête », de même que Francesco Pazienza et les officiers du SISMI Pietro Musumeci et Giuseppe Belmonte. Stefano Delle Chiaie, le fondateur d' Avanguardia Nazionale, qui a été arrêté à Caracas pour être jugé lors de ce procès, est aussi accusé d'être impliqué dans l'attentat [7] [8].
Liens présumés avec la politique sud-américaine
Certains terroristes membres présumés de Gladio, tel Stefano Delle Chiaie, auraient eu des contacts avec des agents de l'Opération Condor en Amérique latine — selon Le Monde diplomatique, Stefano Delle Chiaie aurait aussi rencontré le numéro deux des Loups gris, Abdullah Catli, en 1982 à Miami [9]. Ainsi, Michael Townley, un agent de la DINA chilienne, aurait-t-il mis en contact la DINA avec Stefano Delle Chiaie afin que ce dernier prépare la tentative d'assassinat de Bernardo Leighton à Rome. Delle Chiaie aurait aussi participé, aux côtés de Klaus Barbie, au coup d'État bolivien de 1980 (le "Cocaine Coup").
Manuel militaire US
Le "Field Manual 30-31" de l'armée américaine, accompagné des appendices FM 30-31 A et FM 30-31B (selon le "U.S. Department of State" l'appendice B est officiellement un faux document d'origine soviétique ), écrits par des experts du terrorisme appartenant à la DIA (Defense Intelligence Agency), le service secret du Pentagone, détaillait la stratégie de la tension employée lors de la guerre froide, en affirmant la nécessité dans certaines circonstances de mener des opérations false flag sans en informer les gouvernements concernés: "Il peut avoir des moments où les gouvernements hôtes montrent de la passivité ou de l'indécision en face de subversion communiste et, selon l'interprétation des services secrets américains, ne réagissent pas avec suffisamment d'efficacité (...) Les services secrets de l'armée US doivent avoir les moyens de lancer des opérations spéciales qui convaincront les gouvernements hôtes et l'opinion publique de la réalité du danger insurrectionnel. Afin d'atteindre cet objectif, les services américains doivent chercher à infiltrer les insurgés par le biais d'agents en mission spéciale, qui doivent former des groupes d'action spéciale parmi les éléments les plus radicalisés des insurgés (...) Au cas où il n'a pas été possible d'infiltrer avec succès de tels agents dans le commandement des rebelles, il peut être utile d'instrumentaliser des organisations d'extrême-gauche à ses propres fins afin d'atteindre les buts décrits ci-dessus. (...) Ces opérations spéciales doivent rester strictement secrètes. Seuls les personnes qui agissent contre l'insurrection révolutionnaire sauront l'implication de l'armée américaine dans les affaires intérieures d'un pays allié." [10] Cet appendice au manuel qui justifiait l'infiltration de groupes et l'utilisation d'attaques "false flag" (attaques terroristes menées sous "drapeau ennemi") a émergé plusieurs fois au cours de l'histoire. Sa publication a d'abord été annoncée par le journal turque Baris en 1973, en plein milieu des "années de plomb" turques qui mèneront au coup d'État de septembre 1980. Le journaliste de Baris qui annonça cette prochaine publication disparut sans laisser de traces. Talhat Turhan publia néanmoins, malgré les dangers apparents, une traduction turque du manuel deux ans plus tard, tandis qu'il était aussi publié en Espagne et en Italie. Après la découverte de Gladio en 1990, le cinéaste américain Allan Francovich le présenta dans son documentaire sur "Gladio" pour la BBC à des responsables américains. Ray Cline, vice-directeur de la CIA dans les années 1960, confirma qu'il s'agissait d'un "document authentique", tandis que William Colby, directeur de la CIA de 1973 à 76, affirma qu'il "n'en avait jamais entendu parlé". L'expert de la CIA Michael Ledeen (aujourd'hui devenu le principal conseiller de Karl Rove concernant les affaires internationales, et qui travailla en Italie comme "consultant" pour les services secrets lors des années de plomb) prétendit qu'il s'agissait d'un faux fabriqué par les Soviétiques. Licio Gelli, quant à lui, affirma à Francovich que "la CIA [lui] avait donné" [11].
Bibliographie [modifier]
- Daniele Ganser, Operation Gladio and Terrorism in Western Europe (Franck Cass, London, 2005)
Références
- ↑ « Le chef de l'Etat italien a du reconnaître son existence », L'Humanité, 29 novembre 1990
- ↑ (en) "Terrorism in Western Europe: An Approach to NATO's Secret Armies", Daniele Ganser, 2005, Whitehead Journal of Diplomacy and Strategic Studies, PDF
- ↑ (en) « Secret agents, freemasons, fascists... and a top-level campaign of political "destabilisation" », in The Guardian, 5 décembre 1990
- ↑ (en) « 1969: Deadly bomb blasts in Italy », BBC
- ↑ 5,0 5,1 « Strage di Piazza Fontana spunta un agente USA », La Repubblica, 11 février 1998
- ↑ (en) « The makings of the bomb… came from an arsenal used by Gladio… according to a parliamentary commission on terrorism... » in The Guardian du 16 janvier 1991, accessible sur le site de Statewatch
- ↑ (it) Site de l'association des victimes de l'attentat de Bologne du 2 août 1980
- ↑ « Le chef du gouvernement italien a du reconnaître son existence », L'Humanité, 29 novembre 1990
- ↑ "La Turquie, plaque tournante du trafic de drogue", Le Monde diplomatique, juillet 1998
- ↑ Le Field Manual 30-31 est accessible, traduit en Allemand, sur le site suisse de l'ESN en PDF. Il est aussi cité p.234-235 du livre de D. Ganser, 2005
- ↑ Ces précisions concernant l'historique du Field Manual et le documentaire d'Allan Francovich se trouvent p.234-235 du livre de Ganser, 2005























