Semaine 36 / 2006 : Tous les messages - Stanislas kazal underground blog

Stanislas kazal underground blog

contre-culture,réflexions, poésie,cinéma de genres et d'auteurs, musiques, société,critiques,littérature, arts, révoltes, mousse au chocolat et couscous.....

05 septembre 2006

La Vérité sur les attentats du 11 septembre 2 ?

   

La Vérité sur les attentats du 11 septembre ?
la suite de l'enquête....





La vidéo la plus dangereuse de 2006 contre l'admistration Bush!

   

La vidéo la plus dangereuse de l'année contre l'administration Bush !

Du brio ....

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Voici quelques suggestions et réactions à ma grande première grande cause inhumanitaire....

   

Voici quelques suggestions et réactions à ma grande première grande cause inhumanitaire....
offrons un cerveau aux skinheads nazis!

pour comprendre cliquez ici


Mon cher Stanislas,
Si seulement tu réfléchissais un peu aux conséquences de tes actes...
Saches que les Skinheads ne sont pas tous des fachos tabasseurs de blacks et arabes et sympathisants Le Pen.
On trouve divers mouvements politiques chez les Skinheads.
D'ailleur, ceux que tu accuses d'être des Skinheads racistes and co, sont en réalités surnommés les "Boneheads" par les Skin de gauche.
Pourquoi je te dis tout cela ? Parce que mon frère est ce qu'on appelle un Skinhead. Sauf que lui, il tape sur les fachos. Pas les beurs ou imigrés. Au contraire, c'est un de ces skin qui va à toutes les manifs de soutien aux Sans Papiers, qui va manifester contre des mouvements anti-avortement et qui enfin essaye de faire comprendre aux gens que tous les Skinheads ne sont pas racistes.
Je te livre ici ce qu'on peut appeler un droit de réponse. Et cela serait fort sympathique de ta part de faire passer le message à tes autres "friends" qui ont reçu le bulletin.
Je ne défends d'aucune façon les connards et les Boneheads, je suis totalement antifasciste et antiraciste. Je ne fais que souligner un amalgame fait par beaucoup trop de gens. Non, tous les Skinheads ne sont pas des racistes.
Il existe ce qu'on appelle les Redskin, soit les skinhead communistes, il existe aussi les Apolitiques. Ceux qui restent neutres entre les guerres de gauchos et d'extreme droite.
Renseigne-toi avant de lancer ce genre de bulletin.
D'avance merci.
Tink.

c'est vrai j'ai rajouté les bonnes mentions...
avec une pensée solidaire pour les redskins
il est vrai que l'amalgame peut se cacher souvent là où on ne l'attend pas!

stan

Moi je dis que les bonbons, valent mieux que la raison :)

Pimouss


j'ai bien une idée.......
à eux tous ils devraient bien finir par faire un cerveau presque complet...une lobotomie??
au pire ils nous foutraient la paix !
quelle bande d'abrutis!!!
merci stan de nous montrer ça...

karine


En tout cas, les skinheads ont quelque chose en commun : leur mauvais goût ! et puis aussi leur envie de taper.
Salutations

Benedicte


apprend déjà ce qu'est réelment un skinhead

Melodie

ouais le skin je l'ai pris dans la gueule!


Yep Tink ... attention a la critique a tout va ... l'amalgame n'est jamais loin ... et si au lieu de toujours etre en opposition a quelque chose ... on se mettais dans une optique de construction ... etre pour quelque chose ... c bien aussi ... sinon on va finir les skin contre les red, les juifs contre les moslims , l'occident contre le reste du monde ... et ainsi de suite ... construire ca prend du temps ... et un peu plus que des paroles...

La critique genere de la colere ... et de l'opposition ... d'autre part elle est generalement issus d'une projection ... ce qu'on voit chez l'autre ... on le porte toujours en soi meme ... et a voir des "vilains" partout ... on deviens soi meme le "vilain" d'autres... bref on tourne en rond ...
tof


La colère pour de juste raison n'est pas un péché..... c'est une étape..
rien n'est pire que l'indifférence

stan


Il faut les droguer! Leur donner une pillule de l'amour ou un truc comme ça et qu'une personne de couleur trèèèèèèèèèès large d'esprit le soumette à elle sexuellement. Peut être deviendra-t-il esclave de cette exotique jeune femme et deviendra l'ami de tous les kikis!

PS (pas le parti l'autre): je crois que les greffons seraient rejeté, je pensent que ces mecs là sont complêtement irrécupérables. Dommage, qu'on les laissent en liberté, d'autant qu'avec leur façon d'aboyer ils pourraient facilement se trouver une place en chenile.

Cécile

Sauf que  y'en qui feront exprès d'être skin pour être traités de la sorte....
ça fait envie!

Stan


c'est triste...
ce qu'il faudrait leur montrer c'est qu'il y a "de tout partout ".
il généralise trop.
est ce qu'il se mette à la place de leur victime ?...
bon courage à vous en tout cas.
si je peux vous aider je vous aiderai.
cordialement.
def


LOLLLLL tout à fait d'accord!!!!
Ceci dit, ne soyons pas angéliques, le racisme anti-blanc existe ;-)

MORTS AUX CONS

On en veut pas de ces fouteurs de merde!!!!!!

Marica


KEL GACHI DE DEPENSER DE L'ARGENT ET DU TEMPS POUR CE GENRE D'INDIVIDUS!!!Sans garanti de résultat car il faut pour k'une greffe tienne un receveur sain,et je doute ke se soit leur cas!!!!

Chote

seul remede les tuer lol

Sallia

Voyons sallia!


La meilleurs chose pour nous c'est de les ignorer et surtout de ne même pas en parler pour qu'ils finissent tous un jour tous seul à se repentir de leurs conneries ou peu être à chanter de la raga....Sinon pour leurs cerveau qui n'est entre autre qu'une boulle de graisse, voir a recuperer la graisse que les grosses bourgoise se font lipossucer!

Krinedebez


Tout d'abord, bonjour Stan, j'espère que ça va bien !

Je suis de retour de vacances, toute bronzée et j'avais le moral au top, jusqu'à ce que je voie ton bulletin. J'ai regardé l'extrait du "vrai journal", émission que je me réjouissais de regarder, et donc je regrette l'arrêt.

Que dire après cela??

Franchement, j'ai pas de solution, mais une chose est sûre et j'ai pas honte de le dire, j'ai franchement peur.

Le racisme est un thème très délicat, et je pense que peu de gens en réalité connaissent le sens réel de la définition de ce mot ; en tous les cas, je l'espère fortement.
Mais tu sais, Stan, entre nous, ce ne sont pas les Skin qui me font le plus peur ; eux on sait qu'ils sont perdus dans une société qui va trop vite et que cette violence qu'ils revendiquent est leur façon de réagir face au chomage et à leur désarroi. Cela ne les excuse pas, loin de là, même si on leur greffait un cerveau, encore faudrait-ils qu'ils sachent s'en servir !!
Non, ce ne sont pas eux qui me font peur. Celui qui me terrifie, c'est le moyen français, qui dit être raciste, mais qui a des potes magrébins ! Et quand on lui dit : "Ben tu m'avais pas dit que t'étais raciste?" il trouve rien de mieux que de rétorquer : "Si, si je le suis, j'peux pas blairer les arabes, mais lui c'est pas pareil, c'est un pote !" Ce genre de comportement me fait peur, c'est le genre de type à aller voter Le Pen, sans connaître vraiment les conséquences de son acte.

Non, là je sèche, j'ai pas de solution. Des conseils, en revanche, j'en ai : sortez de chez vous, apprenez à connaître ceux que vous dénigrez, ce ne sont pas des monstres, juste des gens comme vous qui ont leurs soucis. Si je peux vous conseiller un film, c'est de regarder "American History X", la chambre du Héros du film me fait penser à celle du type dans le reportage (Quand la réalité rejoint la fiction......)

Sur ce, je vais me pendre avec une ficelle.........

Bisous
LNA


Posté par kazal à 15:13 - Offrons-un cerveau aux Skinheads nazis - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 septembre 2006

Le mouvement Skinhead

   

Le mouvement Skinhead[1]

merci Jc cabanel 

 

Un skinhead (terme signifiant en anglais tête de peau) est à l'origine un jeune prolétaire anglais au crâne tondu issu du croisement des mods[2] et des rudies jamaïcains[3] se voulant radicalement différent de ce qui existait déjà. Il a horreur des choses branchées (telles que la vague psychédélique et le mouvement hippie) et rejette le conformisme.

Le skinhead anglais est l'équivalent du rudie jamaïcain. Il porte des Doc Martens[4] à 8 trous, des bretelles, des chapeaux et des jeans coupés assez haut. Il écoute principalement du ska[i] avec des groupes tels que Simaryp et Alurel Aitken[5].

En 1969, un véritable raz-de-marée skinhead envahit l'Angleterre. Les chansons parlent de leur vie quotidienne : émeutes, conditions sociales, contestation, mais aussi sexe et football.

Profitant de l'apparition des punks[ii] fin 70's, les skinheads réapparaissent en masse dans les années 1980 pour se mêler à eux en écoutant et en jouant de la oi![6].

Le look sera récupéré après par les groupuscules d'extrême droite, qui terniront excessivement l'attitude originelle.

Parmi les skinheads politisés aujourd'hui, on peut distinguer :

     

  • Redskin (Peau rouge) : skinhead communiste. La plupart portent des lacets rouges (couleur du communisme) sur leurs Doc Marteen's.
  •  

  • R.A.S.H. : Red and Anarchist Skin Head. Aussi appelé symboliquement skin rouge et noir.
  •  

  • S.H.A.R.P : skinhead engagé contre l'extrême droite.
  •  

  • Bonehead[iii] : skinhead nationaliste et d'extrême droite.

La naissance : 

Cet historique nous permet de remarquer que les skins fachos (les boneheads) ne sont qu’une minorité du grand mouvement skinhead, et même une dégénérescence (comment peut-on être raciste et se déclarer appartenir à un mouvement par essence multiracial et multiculturel ?). Un historique et un schéma qui vous feront comprendre que les véritables skins, contrairement aux blah-blah des médias (mais rien d’étonnant à cette intox : souvenez-vous de la guerre du Golfe, de la créature de Roswell, ou encore des grèves de novembre et décembre 1995...), ne sont ni racistes ni fascistes, bien au contraire ! Être skinhead signifie appartenir à la classe ouvrière et se battre pour son émancipation ! Être skinhead signifie appartenir à une culture multiraciale, d’échange, de rencontre, et de partage ! Skinhead signifie Unité et Solidarité ! Voilà pourquoi nous sommes Skinheads et Fiers de l’être ! 

C’est en Grande-Bretagne, à la fin des années 60, que le mouvement skinhead voit le jour. Il est le résultat de la rencontre entre les hard mods anglais et les rudes boys jamaïcains. Les hard mods constituaient la frange prolétaire des mods qui, à cette époque se dirigeaient vers la mouvance hippie. Ces mods purs et durs refusaient d’intégrer un mouvement instigué et supporté principalement par les enfants des classes bourgeoises. En effet, comment parler de paix, de spiritualité, de délires mystiques et psychédéliques, alors que partout ne règnent qu’injustice économique et violence sociale. Ces mods ne pouvaient se reconnaître dans les facéties bourgeoises d’une jeunesse dorée en mal de sensations fortes. C’est donc tout naturellement dans leurs quartiers, dans leurs rues, qu’ils ont rencontré les immigrants jamaïcains et antillais, et plus particulièrement les rudes boys. De cette rencontre multiraciale et multiculturelle, et de ce refus de compromis avec la bourgeoisie marquant l’affirmation de l’appartenance à la working class, naît le mouvement skinhead. Par essence, anti-raciste et prolétaire. A ces débuts, le mouvement n’est pas politisé. Si ce n’est, comme pour toute autre partie du prolétariat, certains ayant pris conscience de l’intérêt de classes et de la nécessité de la lutte et de l’engagement. C’est aussi de cette époque que date le look skin : Un mélange de fringues destinées à singer les bourgeois et de tenues de travail. C’est ainsi qu’apparaissent pour la première fois le port des chaussures de sécurité (tels les Doc Martens), en référence aux origines prolos. 

En 1977 éclate la tempête punk, et avec elle le mouvement skinhead connaît un renouveau. Mais là aussi, alors qu’une partie de la scène keupon tourne vers le plastic punk (aujourd’hui appelé MTV punk) où la rébellion n’est plus qu’une simple vue de l’esprit, avant de devenir un produit commercial de plus, quelques groupes (tels SHAM 69 ou THE BUSINESS) se radicalisent plus sur des positions de classe et une expression working class. C’est la naissance de

la Oi

!. Et c’est à cette période qu’entrent en jeu les idées d’extrême-droite. De tout temps, l’extrême-droite a recruté dans le Lumpen-proletariat. Et le mouvement skinhead n’a pas échappé à cette règle. D’autant que l’absence d’idéologie politique précise dès le début du mouvement a fortement contribué à faire passer certaines idées puantes chez certains. Le National Front, et consorts, a donc tout naturellemnt tenté de récupérer cette scène dans laquelle se trouvaient des jeunes exploités ayant envie de réagir, mais sans véritable conscience ni culture politiques (cf : le film "American History X"). Apparaissent dès lors les "skins" fachos, que les skinheads appellent Boneheads. 

A cette fin des années 70 et début 80, c’est aussi le revival ska avec le mouvement 2-TONE (tels THE SPECIALS, BAD MANNERS ou MADNESS). Ce renouveau permet aux skinheads de (se) rappeler les racines et origines du mouvement en portant le damier noir et blanc SKA, symbolisant l’antiracisme et l’unité. Mais les médias, toujours à l'affût du sensationnel, voient dans la dérive de certains une putain d’aubaine. Dès lors, pour l’ "opinion publique", le mouvement skinhead est assimilé aux errements sanglants et criminels de quelques groupuscules boneheads. En réaction à cet amalgame, fruit de la course à l’audience des mass-media, se créent des tendances comme les SHARP (SkinHeads Againt Racial Prejudice - Skinheads contre les préjugés raciaux) ou encore les RASH (Red and Anarchist SkinHeads). Au sein de ces groupes s’affirme bien la nécessité d’un engagement politique radical et d’une veritable transformation sociale et économique, et de ne plus simplement se contenter d’un anti-racisme bon teint et de principe. 

 

Les différents types de skinheads :

1ère époque (1967-1977) 

Le MOD (1962-67) 

Issu de la classe ouvrière, singeant et combattant la jeunesse petite bourgeoise. A la moitié des 60's, la plupart tournent hippies, mais les gangs de hard mods deviennent de plus en plus "durs". 

Le RUDE BOY (1960-70) 

Mouvement de jeunesse jamaïcain, copiant l'habillement des gangsters. Il se répand sur la jeunesse immigrée antillaise en Angleterre. Alliés des mods, ils deviennent vite un "modèle" pour les premiers skins. 

Le SKINHEAD (1967-71) 

Issus du mélange des hard mods et des rude boys, les skinheads apparaissent lors de l'explosion du Ska en Grande-Bretagne, choisissant ainsi la musique jamaïcaine comme base à leur contre-culture. 

Le SUEDEHEAD (1970-73) 

Après quelques années, les cheveux repoussent un peu et les vêtements sont de plus en plus élégants. Plus de style, mais le même esprit. 

Le SMOOTHIE (1971-74) 

Les cheveux encore un peu plus longs, mais le même goût des stades de foot et de la musique noire. Ils adoptent également le Glam Rock (David Bowie, The Cure). 

Le BOOT BOY (1972-77) 

Le style "de rue" des suedeheads / smoothies. Il restera très vivant jusqu'à l'arrivée du punk, surtout hors des villes. (Un look que l'on retrouve dans "Orange mécanique" de Stanley Kubrick.) 

 

Le Revival Skinhead (1978 à aujourd'hui) 

Le SKIN TRADITIONNEL (TROJAN) (1978 à nos jours) 

Principalement relancé par l'apparition du label Ska 2-tone. Le mouvement se retourne vers ses racines, en réaction à la "nazification" qui commence. 

Le SKIN OI ! (1978 à nos jours) 

Apparu autour de la scène Oi !. Ce style, pas du tout "nazifié", trouve dans

la Oi

! music une expression plus working class de la révolte Punk. De nos jours, la scène Oi ! et la scène 2-Tone Revival sont très souvent liées. 

Le BONEHEAD (1978 à nos jours) 

Vient d'une partie "nazifiée" de la scène Oi!. Le bonehead s'est ensuite créé sa propre musique : le RAC (Rock Against Communism), et n'a plus aujourd'hui que de très lointaines similitudes vestimentaires avec le mouvement skin originel. 

Le REDSKIN (1978 à nos jours) 

Apparu autour du groupe de Soul et de Rythm'n Blues "The Redskins". Cette sorte de skin se crée peu à peu sa propre culture musicale, mais certains de ces skins communistes se rapprochent aujourd'hui souvent des racines du mouvement skinhead. 

Le SKUNK (1978 à nos jours) 

Sorte d'hybride entre le punk et le skin. Il se retrouve souvent aujourd'hui autour de la scène hardcore. 



 

[1] Montage de divers articles, dont plusieurs de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

 

[2] A la fin des années 1960, les Mods (abréviation de "modernistes") sont des jeunes aisés de la middle class anglaise voulant se distinguer des Noirs américains : sans cesse à la recherche de l'extase avec leurs scooters couverts de phares, la drogue et la violence. Ils se retrouvent dans des rallies de scooters.

Cheveux courts, chemises, costume et chaussures classes, anorak de l'armée pour les déplacements, bons danseurs, ils s'opposent aux rockers amateurs de rock'n'roll traditionnel comme les teddy boys (émeutes de Brighton en 1969). Leur groupe culte est The Who.

Dans les années 1970, le croisement des mods et des rudies jamaïcains donnera vie aux skinheads, plus orientés ska. Aujourd'hui, la scène scooteriste existe toujours.

 

[3] Les Rude Boys et Rude Girls étaient de jeunes voyous jamaïcains des ghettos, tombés dans la délinquance et semant la terreur. Les musiciens appellent souvent, dans leurs paroles, les rude boys à se calmer et à s'assagir. En rage contre les institutions, la fatalité économique, ils crachent leur hargne du chômage, des injustices et de l'immobilisme de la société capitaliste. Tout le contraire des teddy boys.

Ils fréquentent assidûment les sound ssystems où ils jouent parfois pour gagner leur vie.

Leur look innovant, leur est caractéristique : treillis militaires, pantalons pattes d'éph, t-shirts décolorés, badges, cheveux longs… puis plus soigné au contact des mods anglais dans les années 1970, ce qui donnera naissance aux skinheads.

Ils adorent les westerns et les gangsters, thème récurrent dans les chansons de l'époque pour les retenir dans les soirées. Quand les rude boys aimaient un titre, ils jetaient tous leurs bouteilles sur le sol ou sur le mur : c'était les break-bottles.

Synonymes : bandulo, bad boy, rudies. 

 

[4]

La Doc Martens

est une chaussure en cuir, conçue à l'origine dans un but orthopédique, puis utilisée dans les milieux ouvriers comme chaussure de sécurité.

La "doc" est vite devenue populaire chez les skinheads, puis chez les punks dix ans plus tard. Elle se démocratisa et devint même à la mode vers 1985.

Aujourd'hui, véritable symbole d'une génération,

la Doc Martens

est portée par tous et existe sous de nombreuses formes. 

 

[5] Laurel Aitken est un artiste jamaïcain né à Cuba et exilé en Angleterre, pratiquant la musique ska. Il est le préféré des skinheads à la fin des années 1960.

 

[6]

La Oi

! (onomatopée issue de l'argot anglais, contraction de hey you! (hé toi !)) est un style musical fédérant punks et skinheads, un mélange ressemblant fortement au punk rock, avec des paroles souvent ponctués de "oi! oi!" Les S.H.A.R.P. (SkinHeads Against Racial Prejudice ou Skinheads anti-racistes prolétaires) sont un mouvement de skinheads apparus pendant la vague 2-tone de 1979 pour lutter contre l'extrême droite et plus spécifiquement les boneheads (qui sont des skinheads d'extrême droite). 

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Reconnaître un Bonehead

   

Reconnaître un Bonehead

Vous sont ici présentés divers éléments pour permettre au nouveau-venu dans le monde merveilleux des zéras de distinguer le bonehead (naziskin) du véritable skinhead, et de ne plus traiter le premier tondu venu de tous les noms.
On s'attachera dans un premier temps à relever les indices vestimentaires, ensuite nous tenterons un panorama des diverses symboliques utilisées par eux, qui sont autant de précisions sur leurs références idéologiques.



La panoplie du bonehead est principalement composée de tenue para-militaire (treillis, veste de combat, paraboots ferrés...) soit en version camouflage, soit tout en noir (souvenirs, souvenirs...). Leur crâne est plutôt rasé à blanc. Ils affectionnent aussi particulièrement les docs martens coquées hautes (14 trous ou plus).

Mais ceci n'est pas une règle, ils peuvent aussi avoir une tenue plus "classique", semblable à n'importe quel skinhead. Il existe alors quelques indices, quelques signes extérieurs qui permettent de les différencier :

La couleur des lacets peut être un bon moyen de les reconnaître : Les lacets blancs signifient White Power (et plus généralement l'appartenance aux idées d'extrême-droite) alors que les rouges symbolisent des idées d'extrême-gauche. Mais là aussi, si c'est généralement juste, ce n'est pas une règle stricte.

Le moyen le plus sûr de reconnaître un bonehead, c'est à ses décorations de noël : badges, broches (pin's), écussons (patches), T-shirts, tatouages, etc. Voici ci-dessous les différentes symboliques qui sont employées et portées par les boneheads.



Le symbole que l'on rencontre le plus souvent chez les boneheads (et autres fachos) est la croix celtique, symbole de l'appartenance à la culture celte et de la défense de la race blanche (white power).

   

On retrouve aussi tous les insignes nazis et relatifs au IIIème Reich allemand :
Croix gammée (swastika), Insignes SS (Totenkopf), Ou encore le nombre 88
signifiant HH -Heil Hitler- (8 pour la huitième lettre de l'alphabet qui est H).


On retrouve beaucoup également de références aux cultures celtes et nordiques (viking) avec nombre de signes runiques.
   

On peut également rencontrer
des symboles monarchistes et royalistes.
   

Certains boneheads arborent des drapeaux
d'organisations fascistes ou néo-nazis d'autres pays
(ci-dessous la croix afrikaaner (les 3 sept) et le drapeau
à la croix flêchée des fascistes hongrois
maintenant symbole de la Crosstar organization).

   

Ici, nous avons des logos provenant des Etats-Unis : WAR - White Aryan Resistance (Résistance aryenne blanche) ; Aryan Nation (Nation aryenne) ou Christian Identity Ideology (Idéologie de l'identité chrétienne) ; ou encore la croix du KKK - Ku Klux Klan.





Un autre emblème en provenance des USA usité chez les boneheads : Le drapeau des confédérés.

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Le mouvement Skinhead(s) 2

   

Le mouvement Skinhead(s)


Des Mods aux Skinheads

Les Skinheads sont issus de la vague modernist : après 1967 beaucoup de Mods virent vers le flower powerhard mods, ou encore heavy mods. Ils portent le costume cintré et le chapeau pork-pie pour danser, mais des vêtements de sport ou de travail pour traîner dans la rue (polo Fred Perry, chaussures Doc Marten's…). Ils prennent le contre-pied de la mode branchée de l'époque (telle que la vague psychédélique ou le mouvement hippie), rejettent le conformisme et affichent fièrement leurs origines ouvrières (working class). Ces hard mods se crispent sur l'identité modernist de la période 1962-1966 : musique noire américaine, luxe italien (Dolce Vita), style urbain et moderne, scooters Vespa ou Lambretta... et le psychédélisme. Certains préservent le style originel et radicalisent leur look : ce sont les

Comme ils vivent dans les même banlieues et quartiers ouvriers, les hard mods fréquentent les rude boys, ou rudies, jeunes immigrés antillais, surtout jamaïcains, dont le look est proche et avec qui ils partagent le goût pour la musique noire américaine (soul, rythm'n'blues) et jamaïcaine (ska et rocksteady). Vers 1968 les hard mods et les rudies se confondent pour devenir les skinheads. Certains prétendent qu'ils se sont tondus les cheveux pour se distinguer des hippies. Ou parce que nombre d'entre eux travaillaient dans les usines, avoir les cheveux courts était la norme pour éviter les incidents au contact des machines. Plus sûrement c'est une manière d'échapper à la police montée lors des émeutes. Le look skinhead se standardise : cheveux courts (tondus ou coupés courts, mais rarement rasés à blanc à cette époque), favoris, polo style Fred Perry, chemise style Ben Sherman ou encore Levis Sta Prest, bretelles, blue jean style 501 coupé court (rejet des pattes d'éléphant), chaussures Doc Marten's, rangers ou baskets, blouson style bomber, harrington ou encore donkey jacket (manteau de docker), écharpe de son club de football préféré... Notons que le blouson harrington, porté par les mods, puis les skinheads et enfin les punks, n'est pas une marque mais un type de veste légère en toile de coton unie doublée de tissus à carreaux écossais. Le nom vient du héros de la série télévisée américaine "Peyton Place", très populaire au début des années 60, Mr Harrington, qui portait ce vêtement. Le look skinhead est donc un mélange de sportswear, de vêtements de travail et de surplus militaires. Mais le costume cintré, héritage modernist, est encore porté pour danser ou frimer en soirée. Ces adolescents et ces jeunes adultes s'approprient, comme ceux d'aujourd'hui, certaines marques devant emblématiques : Fred Perry, Lonsdale, Ben Sherman, Everlast, ou encore Adidas…


1969, les Skinheads popularisent le reggae

En 1969, un véritable raz-de-marée skinhead envahit le Royaume Uni. Cette contre-culture devient soudain très à la mode et unit les jeunes des quartiers ouvriers, tant blancs que noirs. Les skinheads écoutent de la soul, du rythm'n'blues (de chez Stax ou Motown), du mod's beat (soul-rock anglais des Who et autres Kinks ou Small Faces), mais surtout du ska, du rocksteady et du reggae avec des artistes noirs venus des Caraïbes tels Simaryp, Laurel Aitken, Desmond Dekker et même les Skatalites, les Upsetters, Jimmy Cliff ou Bob Marley, les Wailers... Le reggae et le rocksteady, bien plus que le ska, apparaîssent comme le son skinhead par excellence. Pour les puristes on parle alors de skinhead reggae, de reggae one drop ou encore d'early reggae. Dans la tradition modernist, les skinheads aiment danser. Ils rivalisent de pas de danse compliqués pour frimer lors des discoes, l'équivalent des boums françaises. Les chansons parlent de leur vie quotidienne : émeutes, condition ouvrière, dificultés de tous les jours, contestation sociale, mais aussi sexe, danse et football. Les principales maisons de disques éditrices de ska et de skinhead reggae sont Trojan records et Pama records. Le logo Trojan (un casque de guerrier troyen) a été repris par la suite pour désigner les skinheads originels (spirit of 69). Les filles sont appelées skinhead girls plutôt que birds ou birdies (terme péjoratif équivalent du français "pouffe").

Ces gangs de jeunes ont parfois un comportement violent et les hooligans adoptent vite le style skinhead. Certains avancent que les skinheads sont issu du hooliganisme. C'est à la fois vrai et faux : les jeunes britanniques des classes moyennes et populaires se comportent souvent en hooligans dans les stades de football, mais le hooliganisme est plus ancien que le style skinhead (début du XX° siècle) et les codes vestimentaires des hooligans varient beaucoup avec les modes (la plupart de hooligans actuels n'ont absolument pas le look skinhead). L'abus d'alcool et de drogues diverses (surtout les amphétamines, pour pouvoir danser toute la nuit, le LSD est plutôt une mode de hippies) n'arrangent rien à l'image des skinheads. La presse tabloid peut dès lors stigmatiser les skinheads, comme elle l'avait fait auparavant pour les mods ou les rockers. C'est la nouvelle menace.

L'usage fréquent des couleurs nationales ou du drapeau (Union Jack pour l'ensemble des Britanniques ou Saint Georges Cross pour les Anglais) par les skinheads de cette époque est abusivement interprêté comme un glissement vers le nationalisme. En fait les jeunes Britanniques font souvent preuve d'un patriotisme cocardier tel qu'on peut le rencontrer dans les tribunes des stades de football. Il n'est généralement fondé sur aucun nationalisme au sens strict. Les mods auparavant arboraient les couleurs nationales et les punks par la suite feront de même. Notons aussi que les Britanniques pavoisent beaucoup plus fréquemment que les Français. Cette fierté d'appartenir à la nation britannique est même un élément unificateur pour les jeunes Anglais blancs et les Antillais noirs venus de la Jamaïque ou de Sainte-Lucie (états du Commonwealth, dont les habitants sont assimilés aux Britanniques puisque sujets de la même reine).

Mais il est vrai que les skinheads de cette époque font preuve de méfiance à l'encontre, non pas des noirs, mais des jeunes Indiens et Pakistanais, dont le style vestimentaire et les goûts musicaux les rapprochent des hippies. Certains organisent de véritable ratonnades à leur encontre : le paki bashing. Ceux-ci réagissent et fondent des gangs de skinhead scalpers. Cette opposition entre skinheads noirs et blancs d'une part et jeunes indo-pakistanais de l'autre n'a cependant jamais été une généralité lors de la première vague skinhead. C'est plutôt une réalité circonscrite à certains quartiers de Londres. Les archives montrent d'ailleurs de nombreux skinheads au type asiatique.

Cette première vague skinhead est donc avant-tout une mode, un style musical et vestimentaire largement méconnu hors de Grande-Bretagne. Pour la plupart des journalistes les skinheads ne sont qu'une nouvelle sorte de voyous incontrôlables (à l'époque la France a ses blousons noirs). Le mouvement n'est peu ou pas politisé. Si John Lennon adopte quelques mois un look skinhead, c'est parce qu'il se sent proche de cette jeunesse ouvrière tumultueuse et rebelle.

Vers 1971 la vague skinhead s'essoufle. De nouvelles modes apparaissent : le style glam rock pour les jeunes blancs et les rastafarisme pour les noirs. Les skinheads authentiques, qui rejettent le racisme et la violence gratuite, adoptent le style suedehead (crâne de velour): le look devient plus recherché, à la manière des mods, les cheveux repoussent.


1979, les Skinheads réapparaissent puis se politisent

Après 1971 l'esprit skinhead ne disparaît pas pour autant et survit à travers les suedeheads puis les smoothies (ces-derniers portent les cheveux assez longs). Les deux adoptent le style bootboy lorsqu'ils descendent dans la rue : blue jean retroussé, Doc Marten's montantes, bretelles... C'est le style vestimentaire arboré dans le film de Stanley Kubrick "Orange mécanique". L'œuvre est violente mais le message est plus subtil qu'il n'y paraît : une critique des théories comportementalistes et une caricature des aspects les plus ridicules des sociétés modernes.

Les mods eux-aussi sont has been mais restent nombreux, en particulier dans le nord de l'Angleterre où ils sont à l'origine d'un style musical particulier, influencé par la musique noire américaine, le northern soul.

Les codes musicaux changent et chez les bootboys le reggae, le rocksteady et le ska sont vite supplantés par le glam rock (cf David Bowwie ou The New York Dolls), le pub rock (cf Elvis Costello) puis le punk rock (genre musical inventé aux États-Unis par les Stooges, les New York Dolls, encore eux, et les Ramones vers 1973-1975). Nombre des premiers punks anglais (fin 1976-début 1977) ont le style bootboy, à commencer par les Clash (par ailleurs fans de reggae et de pub rock).

Profitant de l'explosion médiatique punk en 1977, les skinheads et même les mods réapparaissent et se mêlent au punks. Ils sont alors peu nombreux, noyés dans la masse punk. Le film Quadrophenia (1979) et le groupe The Jam participent à la relance du courant modernist. Après 1979 cependant, le punk-rock n'a plus la faveur des médias et les punks se radicalisent : ils deviennent not dead (de l'expression « punk's not dead »), ou adoptent le style des skinheads. Dès lors le mouvement skinhead connaît une nouvelle heure de médiatisation.

Ces nouveaux skinheads écoutent ou jouent du street punk et de la oi !, c’est-à-dire des formes violentes et radicales de punk-rock.Oi!, en argot cockney, est la contraction de l'apostrophe : Hey you! On entend Oï! pour la première fois sur un morceau des Clash en 1977 (Career opportunities). Les groupes précurseurs sont Menace, Angelic Upstart ou Sham 69, puis viennent Cockney Rejects, Business, Cocksparrers, The 4 Skins, Last Resort, The Oppressed, Blitz...

Cette époque connaît aussi un revival rocksteady, ska et skinhead reggae qui contribue à populariser le style skinhead avec des groupes comme Madness, The Specials, Bad Manners ou The Selecter de chez 2Tone Records. Ces musiciens adoptent un style vestimentaire plutôt modernist, mais le public est largement skinhead. De nombreux artistes jamaïcains tombés dans l'oubli refont surface (par exemple le chanteur Laurel Aitken, godfather of ska music). Le ska, énergisé par les influences punk-rock, remporte les faveurs du public skinhead de l'époque.

Mais en 1979, contrairement à 1969, la très grande majorité des skinheads sont blancs. C'est aussi de cette époque que date l'habitude de se raser les cheveux à blanc et la musique Oï de cette époque est qualifiée de closed shave (rasée de près). Le slogan ACAB (all the cops are bastards, "tous les flics sont des bâtards") fait son apparition. Dès 1979 la mode skinhead dépasse les îles britanniques et touche l'Amérique du Nord et l'Europe de l'Ouest (en France la première compilation skin-punk Chaos sort en 1982). C'est une contre-culture particulièrement vivace dans les années 1980, même si elle ne draîne pas la masse des jeunes. En France, Camera silens ou La Souris Déglinguée draînent un public skinhead. Il en va de même pour les Skarfaces, légende vivante du ska en France. À New York les inventeurs de la musique punk hardcore sont généralement des skinheads (Agnostic Front, Madball, MOD...), et revendiquent encore aujourd'hui leur appartenance au mouvement. Ces skinheads évoluent dans une mouvance plus large : le punk-rock, le hard-core ou encore le rock alternatif.

A la fin des années 1970 l'extrême droite britannique (British National Party et National Front) s'implante parmi les jeunes punks et skinheads blancs issus généralement des classes sociales les plus défavorisées et en situation de marginalisation. Les provocations de quelques punks, comme Sid Vicious qui arborait souvent un t-shirt à croix gammée, ont fait penser à certains que les vrais rebelles étaient les nazis. Ian Stuart, chanteur du groupe punk Skrewdriver, est un exemple typique de cette dérive. Skrewdriver était un groupe street punk apolitique (comme l'immense majorité des groupes punks à cette époque), mais particulièrement provocateur, né en 1977. Il est l'auteur du tube Antisocial. Après un split de courte durée Ian Stuart reconstitue le groupe en 1979, mais sous une forme politisée ouvertement néonazie, puis il crée Blood and Honour au début des années 80. C'est un mouvement nationaliste, raciste et en particulier antisémite. Ian Stuart ne cache pas sa fascination pour Hitler et ne tarde pas à apporter son soutien aux associations néonazies, aussi bien au Royaume Uni qu'en Allemagne. Il est suivi par une partie des skinheads qui adoptent un comportement de plus en plus violent et basculent vers l'extrême-droite. Beaucoup sont des hooligans fascinés par la violence sous toutes ses formes. Ils hurlent Sieg Heil! ou Heil Hitler dans les concerts et déclenchent de fréquentes rixes avec les autres skinheads ou les punks, sans parler des agressions envers les noirs ou les immigrés. Certains skinheads ont pu se rapprocher de l'extrême-droite pour prendre le contrepied des punks de la période 1979-1982 : rejet de la saleté, du look "destroy" mal rasé, de la clochardisation, de l'anarchisme braillard, des drogues dures... respect des valeurs familiales, du travail, de la patrie, allure physique et vestimentaire saine et propre... C'est à dire le rejet de la marginalisation et l'attachement à des valeurs à la fois populaires et conservatrices. Idéologiquement ces premiers skinheads nationalistes ratissent très large : rescapés du nazisme anglais des années trente qui servent de mentors, antisémites de tout poil, xénophobes échaudés par l'immigration, anticommunistes qui dénoncent les états soviétiques, hooligans violentissimes, punks et skinheads dépourvus de repères idéologiques qui aiment provoquer en arborant des insignes nazis (alors que leurs parents ont souvent combattu contre les nazis en 1939-45)...

Écœurés par cette récupération de leur contre-culture et fidèles à leurs racines jamaïcaines, les skinheads antiracistes se regroupent au sein des SHARP (SkinHeads Against Racial Prejudice, mouvement fondé à New York en 1980). La figure emblématique du mouvement SHARP est Roddy Moreno, leader du groupe The Oppressed et importateur du SHARP au Royaume-Uni. The Oppressed chantent Work together (clin d'œil marxiste, prolétaires de tous pays, unissez-vous!). Les Sham 69 adaptent le chant révolutionnaire chilien El pueblo unido jamas sera vencido en If the kids are united they will never be defeated. Ces groupes réaffirment leur fierté d'appartenir à la classe ouvrière et de partager ses valeurs : fraternité, solidarité, luttes sociales... A la même époque les Dead Kennedys (groupe punk californien) dénoncent la dérive des skinheads nazis dans le morceau Nazi punks. Fuck off!. Beaucoup de skinheads sharp sont engagés au sein du Socialist Workers Party, organisation marxiste révolutionnaire qui organise de grandes grèves à partir de 1980 en réaction à la politique du gouvernement Thatcher, perçue comme très capitaliste. Les skinheads sharp sont appelés reds (rouges) par les nationalistes qui les accusent de vouloir faire basculer l'Occident dans la sphère soviétique (en fait la plupart des skinheads sharp se désignent comme travaillistes ou syndicalistes, rarement comme communistes). Les skinheads sharp considèrent les nationalistes et les néonazis comme de faux skinheads et les appellent boneheads (crânes d'os).

Dès le début des années 1980 la scène skinhead se divise. La presse focalise sur les néonazis, à tel point que l'opinion publique retient surtout cette simpliste équation : skinhead = brute néonazie. Il faut dire que dans de nombreuses régions du monde, comme l'Europe de l'Est, le style skinhead n'apparaît guère que sous sa forme d'extrême-droite. Mais les médias portent une lourde part de responsabilité dans la diabolisation du mouvement skinhead, préférant montrer des skinheads néonazis plutôt que des skinheads fans de reggae. La peur fait vendre du papier à sensations.


Les Skinheads aujourd'hui

Aujourd'hui la mouvance skinhead est profondément divisée et hétéroclite. Les skinheads sont en fait à l'image de la société : leur sensibilité politique va de l'extrême droite à l'extrême gauche en passant par la gauche et la droite classique. Certains sont démocrates, alors que d'autres sont attirés par des discours réactionnaires qui prônent soit la dictature du prolétariat de type marxiste-léniniste soit une dictature de type fasciste. Certains sont radicalement racistes, alors que d'autres rejètent en bloc tout type de racisme (ethnique, mais aussi religieux et social). Certains sont athées ou agnostiques, alors que d'autres sont croyants (christianisme, croyances païennes de type paganisme, bouddhisme, etc).

Malgré cette diversité, il y des points communs qui les rassemblent (presque) tous : ils sont généralement issus des classes sociales modestes ou moyennes, et sont fiers de leurs origines sociales. Ils méprisent avec vitalité la police, les bourgeois et les hippies. Ils soutiennent généralement l'équipe de football de leur ville et optionnellement leur équipe nationale. Leur goût pour la provocation et la bagarre les rassemble aussi. De même, ils adorent se déhancher sur les pistes de danse lors de soirées 60's au son des musiques mod, soul ou jamaïcaines, ou pogoter lors de concerts Street Punk et Oi. Enfin, les skinheads sont également très actifs dans la rédaction et la diffusion de fanzines dédiés à la musique, au football et à d'autres cultures (comme le tatouage par exemple).

 

Aujourd'hui, le monde skinhead se divise en 2 tendances : les skinheads non-politisés et les skinheads politisés.

 

     
  • Les skinheads non-politisés :

Ils sont présents partout en Europe, aux Amériques, en Australie, en Asie... En fait, ils sont présents partout dans le monde où il y a une scène skinhead. Ils constituent très vraisemblement la majorité silencieuse du monde skinhead. Ces derniers refusent toute récupération politique et rejètent toute aliénation à une idéologie politique ou syndicale. Toutefois, cela ne signifie pas que ces skinheads sont dépourvus de conscience politique. Bien au contraire. En réalité, ces derniers n'ont tout simplement pas envie de mélanger musique et culture skinhead avec politique. Pour eux, la politique est un poison et la scène skinhead doit revenir à ses racines des années 60, à savoir redevenir aussi apolitique que les scènes mod, psycho, scooterist ou rocker. Souvent patriotes, les skinheads non-politisés ne sont pas pour autant unis. Ceci s'explique par des sensibilités politiques hétéroclites et surtout par une culture des bandes inhérente au milieu skinhead.

Les skinheads apolitiques ne sont pas racistes. Certains d'entre eux, las de voir leur culture taxée de raciste par les médias, se sont fédérés autour du SHARP (Skinheads Against Racial Prejudice). Ce mouvement est apparu à New York vers 1980 puis a été importé en Europe par les membres du groupe britannique The Oppressed. Le SHARP se veut libre de toute affiliation à un parti ou un syndicat. Il s'agit de réaffirmer le lien étroit entre la culture skinhead et la classe ouvrière (working class) et de combattre le racisme et particulièrement l'idéologie néo-nazie. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, là où le SHARP est le mieux implanté, les skinheads SHARP s'affichent souvent comme patriotes. Toutefois certains skinheads non-politisés méprisent le SHARP taxé d'être trop à gauche. De même, certains skinheads non-politisés et nombreux skinheads d'extrême gauche reprochent à certains apos d'être trop en conivence avec des skinheads d'extrême droite.

Chez les skinheads non-politisés, il existe les Trojan skinheads ou skinheads traditionnels : perpétuateurs de l'esprit de 1969, fans de reggae, de soul, de rocksteady et de ska, ils circulent souvent en scooter comme les mods, ils ne mêlent guère musique et politique. Ces derniers affichent un antiracisme sincère et revendiquent leur appartenance à la working class. Ils sont, au sens historique, les fidèles continuateurs de la première vague skinhead.

Parmi les groupes de musique skinhead non-politisés, on peut citer The Last Resort, 4-Skins, Cock Sparrer, Warzone ou encore Warrior Kids.

 

     
  • Les skinheads politisés

Les skinheads politisés sont des militants politiques, syndicaux et/ou associatifs qui partagent soit une idéologie d'extrême gauche soit une idéogie d'extrême-droite. Leur volonté est de faire passer un message politique radical à travers leurs concerts ou à travers leurs différents fanzines et actions. Leur militantisme politique est souvent quasi-religieux. Les skinheads d'extrême gauche et d'extrême droite partagent - souvent pour des raisons différentes - des idées communes: la nécessité d'une révolution pour renverser le système existant, l'anticapitalisme, l'antimondialisme, l'anti-impérialisme américain, la haine de l'Etat d'Israël et un penchant pro-Arabe au nom de leur antisionisme exacerbé. Mais le racisme des skinheads White Power d'extrême droite et l'antiracisme radical des skinheads d'extrême gauche les opposent violemment.


Parmi les groupuscules d'extrême gauche, on trouve :

- Les Redskins. À l'origine, ce ne sont pas des skinheads, mais des fans d'un groupe de soul anglais des années 1970, The Redskins (dont plusieurs membres appartenaient au Socialist Workers Party, et qui avait un discours révolutionnaire sur fond de soul-rythm'n'blues mâtiné de punk-rock). Les premiers redskins affichaient un look plutôt punk ou alternatif. Certains se sont ensuite rapproché du style skinhead en conservant quelques particularismes : bomber retourné côté doublure orange, lacets rouges, insignes communistes divers... Mais tous les redskins ne se considèrent pas pour autant skinheads. Certains redskins, en plus d'être internationalistes, sont également nationalistes, mais pas au sens du nationalisme xénophobe d'extrême droite. Leur nationalisme est un combat pour l'indépendance et la souveraineté de leur région, et pour la préservation de leur culture et de leur langue. En Catalogne, au Pays Basque ou encore en Bretagne, beaucoup de skinheads communistes sont nationalistes. Mais souvent ces derniers préfèrent le terme "régionaliste" ou "indépendantiste" à celui de "nationaliste" trop connoté négativement et à droite.

- RASH Skinheads : Red and Anarchist Skinheads. Le RASH, surtout européen, regroupe depuis les années 1990 d'anciens redskins de la première vague et de nouveaux skinheads engagés à l'extrême-gauche. Ses membres considèrent leur appartenance au mouvement skinhead comme un complément de leur engagement militant, le skinhead devenant une forme d'idéal ouvriériste. La plupart des skinheads RASH gravitent autour de : l'Union Anarchiste, la Fédération Anarchiste, the Anarchist Black Cross, l'Union Communiste libertaire, la CNT (syndicat anarchiste), voire la Ligue Communiste Révolutionnaire et des groupuscules guévaristes... Le RASH est un mouvement de tendance anarcho-communiste qui ne s'adresse pas qu'aux seuls skinheads. Dans ses concerts, il ratisse large : outre la présence de redskins et de skinheads anarchistes, il y a beaucoup de punks, de jeunes issus des différents milieux alternatifs et quelques hippies tous plus ou moins acquis à la cause anarchiste. Ce mouvement très actif revendique un antiracisme et un antifascisme radical, ce qui le rend très populaire auprès des jeunes. Cependant, malgré sa popularité, il ne fait pas l'unanimité au sein de la scène skinhead non-raciste (politisée ou pas), et certains les renvoient dos à dos avec les néonazis à cause de leurs comportements fascisants.

Parmi la scène skinhead d'extrême gauche, on peut citer le groupe nationaliste catalan Opcio K-95 ou encore le groupe anarcho-communiste français Brigada Flores Magon.

 

À l'extrême droite, on trouve  :


- Les skinheads nationalistes identitaires : ces derniers sont proche des partis d'extrême droite traditionnelle, comme le Front National en France. Ces skinheads ne sont ni néonazis ni suprêmaciste. Ils sont en fait nationalistes, radicalement anti-gauchistes et homophobes. Nombre d'entre eux sont proche de certains milieux royalistes ou de mouvements chrétiens fondamentalistes. Leur anticommunisme exacerbé et leur xénophobie latente les amènent à cotoyer les Boneheads lors de concerts ou lors de manifestations politiques.

- Les Boneheads : skinheads white power d'extrême droite ouvertement néonazis, suprêmacistes et ségrégationnistes. On parle aussi de naziskins. Ils sont très actifs (mais assez discrets en France, à part en Alsace) et regroupés dans diverses organisations telles Blood and Honour, Hammerskins ou Combat 18 (groupe terroriste clandestin). Les boneheads sont très visibles en Scandinavie ou dans certaines régions des États-Unis où ils sont organisés en réseau avec d'autres organisations d'extrême-droite comme le Ku Klux Klan. Le look Bonehead se distingue un peu du look skinhead originel : il est franchement paramilitaire, les cheveux sont généralement rasés à blanc. Les insignes sont la croix gammée, les écussons de la LVF ou de la division Das Reich, la croix celtique, les galons de la Wehrmacht ou de la SS... La symbolique germanique, viking ou celte est souvent utilisée par les bonheads qui marquent ainsi leur rejet des valeurs judéo-chrétiennes et prônent un retour au paganisme indo-européen. Les bonheads se reconnaissent grâce au sigle NS (national-socialiste, c'est-à-dire nazi), généralement accolé au nombre 88 (pour HH, huitième lettre de l'alphabet et initiales de "Heil Hitler"). Les boneheads se réclament aussi de la classe ouvrière. Dans les années 80 beaucoup d'entre-eux se considéraient comme les fils spirituels des SA (Sections d'assaut, brigades de militants nazis des années 1930 en Allemagne). Ces SA tenaient un discours à la fois nationaliste, raciste mais aussi social et étaient issus du monde ouvrier et de la petite bourgeoisie. Ils réclamaient des mesures sociales avancées et la constitution d'une armée populaire. Leurs chefs furent exécutés par les SS aux ordres d'Hitler lors de la "nuit des longs couteaux" en 1933. Hitler montrait ainsi son refus de toute opposition interne au sein de son parti.

 


Enfin, de manière plus anecdotique, il existe d'autres mouvements skinheads.


- Skinheads chrétiens: Il ne faut pas les confondre avec les skinheads nationalistes identitaires. Leur positionnement est ouvertement antiraciste et antinazi. Très présents en Amérique du Nord (Canada et USA) où la scène punk-rock chrétienne est gigantesque, les skinheads chrétiens font de plus en plus parler d'eux en Europe. Ces derniers sont beaucoup plus présents dans le milieu hardcore et straight edge que dans le milieu Oi! ou Street Punk. Parmi, les groupes skins chrétiens, on peut citer le groupe de ska/rocksteady américain The Israelites, le groupe de hardcore américain The Deal, ou encore les groupes de oi! allemand Jesus Skins et Suspekt.


- Les Gayskins : skinhead homosexuel. Le skinhead est devenu un thème classique de la pornographie homosexuelle masculine. C'est un avatar du working class boy, et le look skinhead est arboré ostensiblement par certains gays, parfois de manière caricaturale (cheveux rasés à blanc, lacets blancs, attitude martiale, vêtements paramilitaires...). Mais il existe aussi un groupuscule gay néonazi fondé par un roadie de Skrewdriver : les Gay Aryan Skinheads, qui se réfèrent aux SA (et aux mœurs grecques de certains d'entre eux). Mais ces skinheads homosexuels nazis pratiquent beaucoup moins l'art du second degré que les autres skins gays.


Conclusion

Il faut retenir que les premiers skinheads sont apparus il y a près de 40 ans et qu'ils n'étaient en aucun cas politisés et racistes. Leur point commun était leur origine sociale modeste,leur amour de la musique et leur goût pour la bagarre. Avec l'apparition du punk-rock en 1977 et le chômage qui frappe de plein fouet l'Europe à la fin des années 70, beaucoup de skinheads sont séduits par les textes néonazis du groupe britannique reformé Skrewdriver. La rupture est née.

Aujourd'hui, chacun des courants skinheads évolue à part et se crée sa propre culture.



Posté par kazal à 11:52 - Le mouvement Skinhead - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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