08 mai 2010
La meute ( the pack) le retour du cinéma de genre français...
Créature féminine, la goule est parfois une morte-vivante, parfois un "monstre" parfaitement vivant. Elle déterre les cadavres afin de les dévorer .Souvent, elle boit le sang à la manière du vampire, mais ne semble pas éprouver la moindre crainte devant ce qui le fait fuir : Ail, lumière du jour, crucifix, eau bénite, T shirt de Che Guevara... La goule a également la réputation de se transformer en belle jeune fille afin d'attirer à elle le voyageur. Dans le passé, au moyen orient la goule avait coutume de se jeter sur les passants du haut des toits, et ne se rabattait qu'à défaut de mieux sur les cadavres des cimetières. Depuis même si elle affectionne toujours autant les cimetières, elles préfère désormais les endroits peu fréquentés. Il paraîtrait que ses moeurs se seraient aussi considérablement assagis mais j'en doute si on en croit ce nouveau film fantastique Français : La meute de Franck RICHARD.
Loin des films de torture qui font florès sur nos écrans, franck Richard, nous invite à un retour au vrai fantastique où l'horreur n'est pas une fin mais un moyen. Il revient à un cinéma plus atmosphérique voire poétique au service d'une intrigue où le fantastique s'appuit sur le thriller et le survivor. Ainsi ce retour à un certain classicisme lui permet de mieux transgresser les codes pour créer une oeuvre transgenre et réimposer un certain cinéma populaire et intelligent qui se moque des hiérarchisations de la culture.
Ce film a été tourné en Belgique dans la régions de Mons dans la désaffection des anciens grands ensembles miniers.
On sent une acuité proche du John Carpenter de New-york 1997, avec une réflexion sur les décombres de l'ère post industrielle. Il y a quelque chose de subversif qui est éminemment suggéré de façon à la fois franche et diffuse, la collaboration de la dessinatrice TANXXX dans l'élaboration d'une esthétique du chaos prend ici tout son sens.
Les monstres, ces goules post moderne, nés de la boue et du sang des mineurs morts sous la terre ne peuvent vivre que dans la terre des terrils, des crassiers, ces tas de déchets, derniers vestiges d'une époque révolue. Ce jeune réalisateur qui s'inscrit dans cette génération montante qui peine à faire parler d'elle face au rouleau compresseur de l'entertainment américain, nous exhorte à passer au delà du simple constat de la destruction pour peut être y trouver du sens. Nos décombres sont hantés par des créatures, nos décombres sont vivants. On en a pas finit avec eux!
Un casting exemplaire pour un premier long métrage : Yolande Moreau, Philippe Nahon, Emilie Dequenne et Benjamin Biolay, nous laisse entrevoir un jeu d'acteur aussi prenant que peut l'être le scénario, je gage qu'une belle fleur vénéneuse fleurira sur tout ce nihilisme.

L’histoire : au milieu d’un paysage désolé, Charlotte (Emilie Dequenne) prend, sur le bord de la route, Max (Benjamin Biolay) en voiture. Entre eux, le courant passe. Ils s’arrêtent dans un routier, mais Max n’en ressort pas. Charlotte le recherche sans succès. Elle revient la nuit mais se fait capturer puis séquestrer par la tenancière, La Spack (Yolande Moreau) qui n’est autre que la mère de Max et a besoin de nourrir une drôle de meute goulue , celle des goules. Chinaski ( Philippe Nahon) mène l’enquête tandis que le calvaire de Charlotte commence.







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