03 avril 2005
Activisme1
Vous
voulez faire valoir vos droits, défendre votre liberté, protester et
vous vous sentez démuni. Stanislasundergroundblog vous donne quelques
recettes qui ont fait leurs preuves!
en esperant qu'elles vous inspirent en ces temps troublés......
Action directe et activisme
la
plupart des actions directes ne requièrent pas d'effectifs importants,
elles peuvent être mises en place sans trop de moyens et dans des
délais assez brefs. L'action directe peut revêtir de multiples formes
suivant la situation et en fonction de la créativité des participants.
Elle peut être individuelle ou collective, légale ou non, offensive ou
défensive, violente ou non violente. Son caractère légal importe peu, à
mon sens, car la légalité n'est jamais qu'une limite arbitraire fixée
par la bourgeoisie pour défendre ses intérêts, il faut juste en tenir
compte pour évaluer les risques juridiques. La notion de violence, par
contre, est à manipuler avec précaution. Ma philosophie personnelle (
et celle de stanislas kazal) est incompatible avec la violence physique
envers les personnes, sauf en cas de défense, c'est pourquoi cet aspect
ne sera pas abordé.
Du point de vue stratégique, elle est
également peu recommandable, la CIA s'en est d'ailleurs servi pour
décrédibiliser certains mouvements révolutionnaires en les infiltrant,
en les finançant et en les poussant à la lutte armée pour mieux les
criminaliser en tant que terroriste et casser leur image auprès du
grand public, c'est le cas des Brigades rouges en Italie ou de la
fraction armée rouge en Allemagne. De plus, je ne pense pas que ce soit
en cognant sur un fasciste que l'on parvient à lui faire changer d'avis
ou à faire reculer le fascisme, et ce n'est pas en tuant un Ministre de
l'intérieur ou un patron du Medef, que le système s'en trouvera changé.
Les personnes, si puissantes soient-elles parfois, et quel que soit
leur niveau hiérarchique, sont interchangeables, ce ne sont jamais que
des pièces d'une énorme mécanique. Par contre, les actions "violentes"
purement matérielles tels que les actes de sabotage entrepris par les
FTP en plastiquant plusieurs locaux du Front National de nuit,
m'apparaissent légitimes, mais là encore, c'est une question de point
de vue. Sans aller jusque là, on peut présenter un répertoire, non
exhaustif, d'actions possibles, qui dépassent parfois le cadre de
l'action directe au sens syndical, car la frontière est mince entre
techniques de lutte, communication, propagande par le fait, action
directe, désobéissance civile ou organisation alternative.
PROPAGANDE
Distributions
de tracts
La plus simple des techniques de propagande, une des moins coûteuse
également lorsque l’accès à la photocopieuse est possible au travail
par exemple. La distribution peut se faire dans la rue, dans les facs,
à la sorties des usines… l’autre possibilité est de diffuser le tract
dans les boîtes aux lettres des quartiers populaires, par exemple. Pour
optimiser le taux de lecture, le contenu doit être concis, aéré et
agrémenté d’éléments graphiques percutants: Le tract est plus
facilement conservé et lu s’il contient un intérêt graphique : Texte au
recto et montage photo ou caricature au verso.
Diffusion de fanzines et journaux indépendants - Radios -
Distros
La réalisation d'un fanzine, même si elle est intéressante et riche en
contacts, est assez coûteuse par rapport au volume de diffusion, et
forcément (largement) déficitaire.
Les
journaux indépendants du type Monde Libertaire, qui sort chaque semaine
à 7000 exemplaires, demandent un travail énorme et régulier, ainsi
qu'une logistique importante, le budget est très serré là encore,
notamment à cause des invendus en librairies qui frôlent les 80% (60%
pour un journal classique) Mais l'existence du ML est indispensable,
ses origines remontent en 1858 avec son ancêtre "le Libertaire" et il a
vu passer des permanents tels que Brassens, Ferré ou Camus. La récente
nouvelle version du ML a permis de relancer ses abonnements, on lui
souhaite longue vie.
D'autres médias alternatifs sont utilisables,
telles que les radios associatives ou indépendantes (comme Radio
Libertaire qui émet à Paris sur 89.4) ou encore la VPC sans profit qui
permet d'envoyer des infos, tracts, flyers ou autocollant en même temps
que les commandes.
Collages
Coller des
affiches et autocollants si possible sur les affiches de fachos pour
faire d'une pierre deux coups, ou sur les centres commerciaux, les
banques, les agences d'intérim, les casernes, les églises, les
administrations, les panneaux publicitaires, les panneaux électoraux
quand il y en a…, renommer les rues, détourner des publicités… bref,
adapter le contenu et la forme du collage à l'environnement urbain. Le
collage est quasi forcément sauvage, les zones d'affichage public ayant
été réduit au strict minimum légal pour mieux criminaliser le mouvement
social (-70% à Rennes en 2001, sous gouvernement et mairie "
socialistes ")
Bombages
Les bombages, par l'intermédiaire de pochoirs par exemple, sont
souvent plus durables que les affiches, mais aussi plus risqués
légalement. Des supports originaux peuvent attirer l'attention (en
évitant les murs des logements…) : Sur le sol, voir sur les bandes
blanches des passages piétons, les horodateurs, les pubs 4x3…
Manifestations
Moments propices à ces formes d’actions, ainsi qu’aux discours et
conférences publiques et aux déploiements de banderoles, car, malgré la
présence policière, le risque d’interpellation est plus limité du fait
du nombre et la solidarité du cortège libertaire ou black bloc. Les
moustachus hésitent (parfois) à déclencher une émeute pour arrêter
quelqu’un. Dans ce cas, il faut également penser à un repli groupé
après la manifestation, sinon, se reporter au «guide du manifestant
inculpé»…
Ecrire aux médias pour leur demander des articles, documentaires ou
reportages sur votre cause.
Campagne de destruction d’image de marque
L’image de marque
est ce qu’une multinationale possède de plus précieux, mais aussi de
plus fragile, c’est son talon d’Achille et c’est la qu’il faut frapper.
Des activistes ont réussi à faire plier la Lufthansa (équivalent d’Air
France en Allemagne) pour qu’elle cesse de participer au renvoi de sans
papiers par charters : Ils ont créé des brochures aux couleurs de la
compagnie pour présenter la nouvelle « Classe Déportation » qu’ils
distribuaient massivement dans les aéroports, en uniforme de la
compagnie. La Lufthansa, observant l’impact sur son image a fini par
céder. Des actions similaires sont en cours de réalisation contre Air
France, dans le cadre des nouveaux charters de Sarkosy.
Nike, Macdo ou Microsoft sont des habitués de ces campagnes et on ne
compte plus les détournements les concernant.
Autre forme de destruction de l’image de marque :
Le lancement de rumeurs ou de contre informations, sur internet par
exemple, qui peuvent parfois prendre des proportions importantes. On
peut citer le cas de ce japonais mécontent de son magnétoscope et du
service après vente Toshiba, qui a inlassablement squatté les forums en
ligne d’associations de consommateurs et de sites spécialisés dans
l’audiovisuel pour se plaindre de la qualité du produit, la
médiatisation de sa persévérance a entraîné une chute en bourse du
cours de l’action Toshiba de près de 5%.
Boycott
L'effet d'un boycott est souvent difficile à mesurer, mais là encore
c'est un moyen de porter un sujet à la connaissance du public. Pour
prendre l'exemple d'un boycott de marque qui a bénéficié d'un fort taux
de médiatisation : Celui de Danone, lors des licenciements massifs dans
les usines bénéficiaires (licenciements boursiers) On a alors parlé
d'une chute de 10% des ventes sur les produits laitiers, ce qui est
assez important pour faire réfléchir le patronat, mais la classe
politique du moment a tenté de récupérer ce boycott à son compte, comme
celui de Total plus récemment, pour nous refaire le coup du "
capitalisme à visage humain ". Il est aussi très probable que les
achats se sont reportés sur les produits Nestlé, par exemple, qui n'a
rien à envier à Danone en terme de destruction sociale. Mais ce boycott
de Danone, comme d'autres, a eu le mérite d'associer la population à la
lutte des (ex)salariés.
INTERNET
Hacking /Cracking
Pour
ceux à qui ces mots barbares n'évoque rien de précis, il faut rappeler
que les objectifs des hackers sont de :
- Créer des logiciels libres au code source accessible et donc
gratuits, évolutifs et personnalisables...
- Mettre en évidence la fragilité d'une société excessivement gérée par
informatique
- Dénoncer les utilisations abusives des bases de données
d'informations sur les individus que s'échangent le gouvernement
(police, armée, RG, services sociaux...) et les sociétés privées
- Dénoncer la politique de monopole et de surveillance de sociétés
comme Micro$oft
- Sauvegarder Internet en tant qu'outil de communication, et non en
tant qu'instrument purement commercial ou d'espionnage et de contrôle
du peuple. Diffuser les outils de protection de la vie privée
- Instaurer la gratuité et le partage des connaissances Les crackers,
par contre, ne sont pas forcément des programmateurs, ils utilisent des
outils, techniques et logiciels pour s'introduire dans les réseaux,
détruire ou modifier les informations, ce qui peut s'avérer également
très utile (pour pirater les sites fascistes, par exemple)
L'un des premiers mouvements organisés de hackers fut celui des
allemands du Chaos Computer Club en 1984. Ces libertaires ont réalisé
le piratage d'infrastructures informatiques gouvernementales afin
d’alerter les médias sur les menaces pesant sur la vie privée des
citoyens : le gouvernement allemand constituait alors un système de
fichiers croisés sous prétexte de lutte contre le terrorisme.
Le Cult of the Dead Cow, (les concepteurs du logiciel Back Orifice) a
annoncé qu'il fournirait des outils informatiques permettant de lancer
des attaques virtuelles sur des institutions et des gouvernements ne
respectant pas les droits de l'homme
Le plus connu des Hackers/crackers, Kevin Mitnik s'est déjà introduit
dans les systèmes informatiques les plus sécurisés qui soient: Le FBI
(mis en défaut leur système de localisation d'appels), l'US Air Force,
la NSA, la NASA, l'unité centrale de la défense aérienne américaine
dans le Colorado, l'université de Leeds en Angleterre ainsi que de
nombreuses multinationales (Nissan...) font parties de son tableau de
chasse.
L'efficacité d'un groupe de plusieurs dizaines ou centaines de
hackers/crackers coordonnés sur un même objectif pourrait être énorme :
Il est possible, par exemple, de transvaser des comptes bancaires,
bloquer des systèmes d'écoute et de surveillance, neutraliser certains
centres de communication de l'armée, paralyser la bourse... D'après le
F.B.I. il y aurait aujourd'hui près de 100 000 " pirates " en activité…
Les hackers sont de plus en plus attirés par l'action politique, ce
phénomène a été symbolisé lors de la troisième convention des Hackers
on Planet Earth, en juillet 2000 à San Francisco : L'orateur invité
était Jello Biafra, (ex chanteur des Dead Kennedys, faut-il le préciser
?) son discours d'une heure et demie appelant à l'action
révolutionnaire Hacktiviste a, semble -t-il, littéralement galvanisé
l'auditoire. Pas étonnant quand on connaît la verve et le charisme du
personnage… Des Hackmeeting similaires s'organisent en Italie (3000
personnes à Bologne en 2002), en Espagne, en Allemagne et plus
récemment en France, sur des bases politiques proches de l'anarchisme
Cybermanifestions
Une cybermanifestation consiste à saturer le serveur d'un site internet
pour le mettre hors service, cette action ne demande pas de compétences
particulières en informatique.
On peut prendre l'exemple de l'action lancée par le groupe prozapatiste
américain Electronic Disturbance Theater qui a lancé un appel aux
internautes et a fourni un petit logiciel qui réalise des demandes de
connexion en boucle. Les 18000 participants répartis dans 46 pays on
donc pris pour cible, avec succès, les serveurs web du gouvernement
mexicain et du pentagone pour protester contre la répression des
rebelles zapatistes et le soutien fourni par le gouvernement américain
Le Jam echelon day est une cybermanifestation internationale annuelle
visant à saturer de mots clés les systèmes d’écoute de la NSA.
L’efficacité est quasiment nulle dans ce cas, puisque la NSA peut
facilement se préparer à cette « attaque », mais l’intérêt est là
encore d’attirer l’attention sur ce Big Brother moderne.
Les activistes allemands contre la « classe déportation » de la
Lufthansa (voir destruction de l’image de marque) se sont également
pris simultanément au serveur du site de réservation en ligne, en
multipliant les demandes de réservations bidons, et l’ont mis HS,
causant un manque à gagner important à cette compagnie aérienne
Mass mailing
Cette technique, apparentée au spamming (envoi de mail non
sollicités) mais ici sans but commercial, a l’intérêt d’être quasi
gratuite, rapide et relativement efficace. Des logiciels permettent de
collecter les adresses email sur le net et d’autres permettent
d’envoyer les messages en rafale. A utiliser avec modération et
pertinence pour ne pas avoir un effet contre-productif (un message par
mois par exemple, avec système de «désabonnement» pour ceux qui ne
souhaitent plus recevoir d’infos)
L’efficacité de ces envois est facilement mesurable avec quelques
outils statistiques dans le cadre de la promotion d’un site.
Pour donner un exemple concret, la collecte de plus de 3500 email
d’assos, zines, distros et groupes anarchoïdes a permis de développer
de la Fédération Anarchopunk à partir d’un mailing présentant la
création de l’APF en France, avec un résultat significatif: +400%
d’adhésions en un mois.
INTERPOSITION PHYSIQUE
Occupation de locaux
(Anpe, préfecture, entreprise, administration, facs…) Le matériel
présent dans les locaux occupés (fax, téléphone, photocopieuse…) peut
être utilisé à des fins de lutte :
* A Londres, des militants se sont introduits dans le siège général de
Shell, se sont barricadés dans le bureau du directeur pendant une
matinée et ont envoyé des messages de solidarité aux peuples du delta
du niger.
*Au Nigeria, les jeunes Ijaw lancent l'opération 'changement
climatique' et occupent un grand nombre de plates-formes pétrolières.
Blocage
d’un chantier, d’un transport de matériaux nucléaires ou d’armement…
*Les cheminots grecs ont bloqué un train transportant de l'équipement
militaire au sol pour le Kosovo
*Plus de 100 personnes sont arrêtées chaque jour parce qu'elles
résistent à la construction d'une décharge nucléaire sur un site
indigène protégé du territoire australien.
*Tandis que des militants écologistes fêtent un an d'occupation d'un
arbre pour protéger les forêts ancestrales de l'Oregon, des activistes
anglais résistent 17 jours terrés sous terre dans un tunnel afin
d'empêcher la destruction d'un parc communautaire et coûtent ainsi des
centaines de milliers de francs aux compagnies de construction.
*Lors de la reprise des chantiers de construction de l'axe E7 dans la
vallée d'Aspes, paysans, habitants locaux et militants écologistes
s'unissent pour occuper le terrain et empêchent les travaux en campant
autour des bulldozers.
*Des femmes et enfants indigènes bloquent un bulldozer appartenant à
une compagnie pétrolière dans la jungle équatorienne et prennent ses
conducteurs en otage, afin de demander l'arrêt de la construction d'un
oléoduc qui avait contaminé leurs ressources en eau potable.
*Des milliers d'indiens menacent de se noyer avec leur maison, pour
résister à une série de barrages hydro-électriques qui vont détruire
des centaines de villages sur les rives de la rivière Narmada.
Obstruction aux expulsions
Que ce soit dans le cas d’expulsions de sans-papier ou d’expulsions de
squat, il est arrivé qu’une mobilisation importante retarde l’échéance
ou même fasse plier la procédure. Une autre méthode pour soutenir les
sans-papiers consiste à faire pression sur la compagnie aérienne (voir
campagne de destruction d’image de marque)
*A Prague, des squatters empêchent l'expulsion de leur maison par les
forces de police en restant sur le toit pendant 3 jours.
Bouclier humain en cas de guerre
On l’a remarqué dans le cadre de la guerre d’Irak, cette initiative
courageuse ne permet pas d’arrêter les bombes de pleuvoir. Les
boucliers humains ont été déplacés comme des pions par le régime
Irakien, et les USA ne sont plus à quelques bavures près. Encore une
fois, c’est la médiatisation de ces actions qui ont eu symboliquement
le plus d’impact.
Sabotage
Le collectif Souriez vous êtes filmés avait commencé à diffuser
le plan des implantations de caméras de vidéosurveillance dans
certaines grandes villes. Projet difficile étant donné leur
prolifération actuelle, mais qu’il serait intéressant de développer
pour organiser un sabotage coordonné de ces instruments d’espionnage.
*En Ecosse, 2 militantes pacifistes nagent pendant une heure et demi en
direction d'une base militaire puis s'attaquent à un sous-marin
nucléaire qu'elles repeignent et endommagent, causant des dégâts
économiques considérables.
*Des paysans français démontent un MacDonald's en construction et
amènent un débat public sur l'OMC et la nourriture industrielle.
*Le 18 juillet 1999, 700 militants se réunissent pour détruire un champ
de tournesol génétiquement modifié de la taille de 24 terrains de
football.
*L'opposition aux O.G.M se répand sur les cinq continents, en France et
en Angleterre des militants détériorent un grand nombre de champ-test,
des paysans indiens et français sabotent des laboratoires de recherche
sur les O.G.M à Montpellier, tandis qu'en Inde l'opération 'brûlons
Monsanto' est inauguré par la mise à feu de champs d'O.G.M.
Entartage
L'internationale anarcho-pâtissière est en marche ! Noël Gaudin
l'entarteur des pompeux cornichons, (Bill Gates, Nicolas Sarkozy,
Philippe Douste-Blazy et les autres) a fait des émules :
*Le dirigeant de l'Organisation Mondiale du Commerce est pris en
embuscade et entarté par le la Biotic Baking Brigade, organisation
spécialisée dans le lançage de tartes à la crème qui s'est déjà attaqué
dans la seule année 1999 à quelques dizaines de criminels en costumes 3
pièces et autres P.D.G de multinationales.
Les médias sont friands de ce genre d’opérations burlesques, et outre
le fait de ridiculiser la cible, l’entartage sonne comme un
avertissement pour les dirigeants de ce monde, même l’homme le plus
riche de la planète n’est pas à l’abri d’un attentat pâtissier, et donc
d’un attentat tout court. La violence reste symbolique et le ton
humoristique permet au message d’être bien perçu par le public.
REAPPROPRIATION
Réappropriation temporaire ou plus durable, réappropriation matérielle
ou celle de son temps, réappropriation de terres gouvernementales ou
privées, d'infrastructures, de biens de consommation, de moyens de
production, de services publics… réappropriation de l'espace, des rues,
des bâtiments officiels... le choix est vaste :
Squat (Voir brochure "le squat de A à Z")
Alors même que deux millions de logements sont vides et inutilisés en
France, on estime à environ 400.000 le nombre de SDF (le chiffre
officiel de 86000 semble largement sous estimé, du fait de la
difficulté de recenser cette population) La réappropiation des
logements, Le squat, peut être vécu comme une mesure d’urgence pour se
mettre à l’abri ou comme une démarche politique :
*De Genève à Prague en passant par Berlin, des squatters reprennent des
espaces vides pour en faire des lieux d'activités autogérés : logement,
crèches, bibliothèques, ateliers, salles de spectacle, jardins
communautaires etc.
Réappropriation des terres
Le Mouvement des Sans Terre au Brésil cherche depuis 1979 à se
réapproprier de manière légale ou non des terres inutilisées
appartenant à de grands propriétaires. Quand les possibilités légales
sont épuisées, les paysans s'installent de nuit sur des terres laissées
en friche, en édifiant des campements. 140 000 familles ont pu être
relogées en 10 ans sur des terres prises grâce à l'action directe. 7
millions d'hectares ont ainsi été repris, mais il reste 4,5 millions de
familles sans terre alors que 416 millions d'hectares sont toujours en
friche. Le mouvement des Sans Terre fait partie d'une coordination
mondiale plus vaste : L'Action Mondiale des Peuples qui regroupe des
organisations populaires d'une trentaine de pays.
L'AMP n'est pas étrangère à l'émergence du réseau alter-mondialiste. En
effet, au départ de l'AMP, l'action directe venue de l'Inde a influencé
l'Europe, puis les événements de Seattle en 1999 qui ont eux-mêmes
encouragé l'amplification de la mobilisation à Prague et à Gênes. Lors
de la 3ème conférence de l'AMP, en 2001 en Bolivie, les indiens ont
annoncé que leur mouvement paysan était à présent coordonné au niveau
national et, apparemment "en partie grâce à la dynamique lancée par la
Caravane Intercontinentale en Europe"
Il
est intéressant d'observer l'émulation et les interactions qui
traversent ce réseau dont voici la traduction des principes de bases :
1. Un rejet très clair du féodalisme, du capitalisme, et de
l'impérialisme, ainsi que de tous les accords commerciaux, institutions
et gouvernements promoteurs d'une mondialisation destructrice
2. Un rejet très clair de toutes formes et systèmes de domination
et de discrimination dont (et de manière non exhaustive) le patriarcat,
le racisme et le fondamentalisme religieux de toutes croyances. Nous
reconnaissons la dignité entière de tous les êtres humains
3. Une attitude de confrontation, puisque nous ne pensons pas que
le " lobbying " puisse avoir un impact majeur sur des organisations à
tel point partiales et antidémocratiques, pour lesquelles le capital
transnational est le seul facteur réel déterminant leur politique.
4. Un appel à l'action directe et à la désobéissance civile, au
soutien aux luttes des mouvements sociaux, mettant en avant des formes
de résistance qui maximisent le respect pour la vie et pour les droits
des peuples opprimés, ainsi qu'à la construction d'alternatives locales
au capitalisme mondial.
5. Une philosophie organisationnelle fondée sur la décentralisation et l'autonomie.
Réappropriation des moyens de production
Très récemment en Argentine, suite à la crise économique et à la
fuite des capitaux, certains patrons se sont évanouis dans la nature et
les anciens salariés des usines viables ont continué la production en
s’organisant en autogestion.
Voir également dans les actions directes anarchosyndicales
Réappropriation des prises de décision
Toujours en Argentine, des assemblées de quartier se créent pour les
décisions collectives sur le principe du consensus.
*Des centaines de zapatistes continuent à s'organiser en 'municipalités
autonomes' afin de reprendre le contrôle de leur vie face aux
propriétaires terriens, aux grosses compagnies et aux 70 ans de
dictature du parti au pouvoir.
En France, le Communalisme Libertaire de Merlieux est une des plus
abouties des expériences autogestionnaires puisqu'il s'agit de la
gestion collective d'un village, avec une population majoritairement
non-anarchiste à l'origine :
En 1973, Dominique de la FA et ses amis de la communauté anarchiste du
Moulin de Paris s'installent dans ce village, et leur implication dans
la vie de la commune démontre progressivement aux habitants la
viabilité de leurs projets pour faire revivre le village, et de leur
mode d'action. La communauté anarchiste gagne peu à peu la confiance
puis la reconnaissance de la population.
Après de multiples réunions publiques, les candidats aux élections municipales s'engagent sur 3 points :
1°) étudier les projets de revitalisation du village ;
2°)
associer directement la population aux décisions et partager le pouvoir
le plus largement possible avec un souci permanent d'information ;
3°) défendre l'intérêt collectif à l'exclusion de tout intérêt
individuel pour les mandatés.
Sur ces bases, une école, une bibliothèque de plus de 5000 livres, des
logements sont construits et gérés avec la participation active de la
population, sans laquelle ces réalisations auraient été impossibles par
manque de moyen. Des emplois sont créés parallèlement à ce regain
d'activité, notamment avec la création d'un café-concert ou d'un
atelier de télétravail. Le financement s'appuie beaucoup sur les
nombreuses fêtes communales qui renforcent également le lien social. La
fête du livre est créée dans ce cadre et attire maintenant chaque année
15.000 à 20.000 visiteurs. Elle associe la fête populaire classique et
un salon littéraire important, démocratisant ainsi l'accès à la
lecture. Pour la petite histoire la communauté anarchiste s'est même
vue confier les clés de l'école, de la mairie et de l'église !
Des expériences similaires, à plus grande échelle, se déroulent dans
certaines communes Italiennes comme Spezzano Albanese avec la
"fédération municipale de base"
Transports gratuits
Le collectif des transports gratuits (RATP pour Réseau pour
l'Abolition des Transports Payants) a lancé une opération nommée " Zéro
Franc Zéro Fraude ", et a sorti des tickets de bus portant cette
inscription, à présenter au contrôleur le cas échéant, les amendes
étant regroupées et négociées en gros au tribunal par un avocat. Cet
acte de désobéissance civile est motivé par les constats suivants :
- A la RATP, la billetterie ne représente que 28% des recettes, ce qui
rembourse à peine la fabrication des billets, l'entretien des machines
à composter, les contrôles…
- Ce sont les personnes les plus précaires économiquement qui payent le
plus le droit à se déplacer
- 83% de nos déplacements sont contraints (pour aller au travail, faire
des courses…) Les employeurs, les grandes surfaces sont les premiers
bénéficiaires des transports en commun. Il serait donc logique que ça
soit eux qui payent.
- 60% des conflits entre agents de la RATP et usagers se produisent
lors de la vérification du titre de transport.
Les ZAT
Le concept de Zone d’Autonomie Temporaire lancé par Hackim Bey, désigne
tous les espaces, virtuels ou réels, qui sont libérés temporairement
des contraintes étatiques, religieuses et économiques. Ce sont des
enclaves de temps où les individus peuvent expérimenter leur liberté,
les ZAT peuvent aussi bien désigner des manifestations, des festivals,
des sites internet de contre information, des périodes de loisirs ou
encore des fêtes du type potlatch, banquets au cours duquel on
s’échange des présents :
le principe étant de faire la fête, dans
un souci d'égalité, de gratuité et de convivialité
L’aspect festif et ludique est inhérent aux ZAT, car le mode de
communication utilisé dans ce cas permet d’optimiser les relations
humaines dans une optique constructive.
D’ailleurs, qu’il s’agisse d’arts graphiques utilisant la rue comme
support, d’happening, de théâtre de rue, de concerts, de fêtes de rue,
de caravanes anticapitalistes…, la créativité, le côté ludique et
convivial des formes d’expression artistiques urbaines font
l’attractivité et parfois le succès d’une action.
Des tentatives de ZAP (zone d’autonomie Permanente) sont en
cours, notamment en Australie ou une communauté d’environ 5000
personnes reconstruit une vie alternative et met en pratique les
principes libertaires et écologistes.
*Des sans-papiers à qui il avait été refusé l'obtention d'un train
gratuit pour aller manifester à Paris passent la nuit à faire la fête
dans un tunnel ferroviaire.
*Les écologistes de Reclaim the Streets, agissent en solidarité avec
les travailleurs du métro londonien, occupent le siège de la compagnie,
et organisent une fête du premier mai à l'intérieur de rames de métro.
*Ils organisent un faux carambolage à l'intersection de 2 grands
boulevards londoniens, installent un café, un système de son et une
ambiance de carnaval autour des 2 voitures bloquées au milieu de la
voie publique pendant quelques heures
*Ils bloquent une autoroute du nord de Londres pour y organiser une
fête avec plus de 9000 personnes pendant 9 heures.
ACTIONS DIRECTES CONSTRUCTIVES
Systèmes d’échange locaux Les S.E.L sont basés sur des échanges de
biens, services ou compétences. La différence avec un troc, où deux
personnes doivent échanger deux choses de valeur similaire, le SEL est
un échange multilatéral qui fait intervenir plusieurs acteurs. Ainsi
dans un SEL simple à trois acteurs, Pierre donne des cours de guitare à
Paul, Paul fourni des légumes de son jardin à Jacques, et Jacques aide
Pierre dans ses travaux domestiques. Parfois, pour permettre la gestion
des SEL comportant de nombreux intervenants, on s’appuie sur une
monnaie virtuelle sans aucune relation ni correspondance avec la
monnaie classique, qui est établie sur la reconnaissance de la valeur
de chacun. (ex : une heure de services = 60 unités) Il existe
actuellement plus de 300 S.E.L en France. Infos et listes des SEL
sur http://www.selidaire.org
En argentine 1.200.000 personnes participent au réseau de troc mis
en place pour faire face à la crise, une monnaie populaire est crée et
utilisée comme moyen d’échange, de flux et non de capitalisation.
Ecole libertaire
L’école autogérée Bonaventure à Oléron a accueilli gratuitement pendant
10 ans des enfants de 3 à 9 ans. Cette école a permis de démontrer
qu’une autre éducation était possible, avec des résultats remarquables
malgré des moyens de financement faibles. Outre les enseignements
littéraires, mathématiques, historiques, etc., les enfants y ont
surtout appris à vivre en société, à partager, à être responsables et
solidaires et à savoir gérer les conflits.
Collectivités d’achat
Se rassembler pour acheter : Non, ce n’est pas une incitation à la
consommation... Les avantages sont multiples : L’achat en gros et la
suppression des intermédiaires permettent une réduction des coûts, la
possibilité de se fournir ailleurs que dans les supermarchés, en
partageant les éventuels frais logistiques, c’est à dire directement
chez le petit exploitant, l’agriculteur, pour prendre l’exemple d’un
achat de produits alimentaires, ou chez l’artisan… Cela permet d’avoir
des produits souvent de meilleure qualité, de soutenir les petits
producteurs indépendants tout en boycottant les marques, les grandes
surfaces et leurs profits réalisés en étouffant leurs fournisseurs,
parfois contraints de vendre à perte. En outre, cela permet de
maintenir un lien social et de connaître l’origine du produit et la
manière dont il est réalisé.
Collectivités de production
Projet plus ambitieux, mais d’autant plus intéressant, qui consiste
à mettre en commun des ressources et compétences pour développer une
activité socialement utile. Une structure associative ou encore une
SCOP (société coopérative de production) sont les statuts adéquats à ce
genre de projet. La SCOP est une société qui fonctionne en autogestion,
sans hiérarchie, avec des revenus équitables quelle que soit la
fonction et un partage égal des éventuels bénéfices. Ce n’est pas une
panacée, puisqu’elle reste dépendante de l’économie de marché et qu’il
s’agit plus d’une sorte de capitalisme collectif que de l’abolition
totale de l’actionnariat, mais çà permet de limiter les dégâts dans un
contexte exclusivement capitaliste.
Il y a actuellement environ 1500 scop en France, Il s’en crée de 100 à
150 chaque année. Leur nombre a progressé de 16% en dix ans. Cette
organisation est viable, même dans le système économique actuel, car la
motivation, l’implication et la responsabilisation des coopérateurs
sont nettement supérieures par rapport à un système classique de
salariat.
Collectivités d’habitation
La démarche du squat est radicale et représente l’exemple type d’une
réappropriation, mais à l’exception de quelques exemples (comme les
Tanneries à Dijon), c’est souvent une expérience assez limitée dans le
temps. Il est possible d’expérimenter l’organisation collective sous la
forme d’une collocation pour le logement ou de la tenue d’un local
autogéré et financé collectivement, pouvant abriter une librairie, une
bibliothèque alternative et un lieu de réunion, comme c’est souvent le
cas, ou même un local de répétition voir un lieu de concert si la place
et le voisinage le permettent. Une douzaine de personnes peut être un
effectif suffisant pour lancer ce projet.
Offre de prêt sans intérêts
Il existe des fédérations de collectivités de production, qui
organisent et financent le soutient des coopératives, qui mettent en
place des centrales d’achat et font jouer la solidarité et les
synergies inter-collectivités. Le développement de cette caisse
commune, pourrait donner l’occasion de soutenir la création de
nouvelles scop, à travers la mise en place d’un système de prêts
remboursables sans intérêt. Les nouveaux venus viennent alors grossir
les rangs et la caisse commune.
Les prêts sans intérêt sont déjà expérimentés dans certains pays, tel
que l’Inde, par des ONG, ils permettent aux plus pauvres de créer leur
activité. Le taux de remboursement est largement supérieur à celui des
banques classiques, et atteint 98%.
Distribution gratuite de nourriture
On peut reprocher aux restos du cœur d’être devenus une sorte
d’institution dont la présence, 17 ans après sa création, semble
presque normale, comme si la misère elle-même était inéluctable. Mais
de manière pragmatique, les 40 000 bénévoles tentent de réparer les
dégâts du système capitaliste et de l’Etat en fournissant 60 millions
de repas par an, c’est donc une forme d’action directe solidaire
particulièrement utile.
Cette forme de soupe populaire d’initiative non-étatique trouve de
nombreux exemples :
Devant la misère sociale qui régnaient dans les ghettos noirs des
grandes villes américaines, et devant le manque de volonté des
politiques d’apporter les moyens nécessaires, le mouvement des Black
Panthers avait décidé de reprendre les choses en main et d’organiser
quotidiennement des déjeuners gratuits, notamment pour les enfants des
quartiers. une partie des argentins et les zapatistes appliquent
actuellement cette méthode.
La CNT-FAI, dans l’Espagne libertaire de 36-39, a mis en place des
repas gratuits pour tous.
De même que pour les squats, la distribution de nourriture a également
pour objectif de revendiquer le droit de chacun à la satisfaction des
besoins fondamentaux tel que se nourrir ou se loger
Communalisme Libertaire (voir plus haut)
TECHNIQUES DE LUTTE ANARCHO-SYNDICALISTES
La protestation verbale
C' est le type de lutte le plus simple, tant qu'on est en
democratie notre liberté d'expression et un tant soit peu garatie,
profitons'en!
La pétition
C'est un écrit dénonçant, réclamant, exprimant un désaveu, un désir.
La
pétition peut quelque fois influencer, faire obtenir de menus avantages
le plus souvent illusoires et démagogiques. Certains syndicats ne
faisant ou ne voulant rien faire, ils se dédouanent par une pétition à
des fins électorales ou pour avoir bonne conscience
Le débrayage
C'est la cessation d'activité pendant une courte durée maximum quelques heures.
Le
débrayage exprime déjà un mécontentement plus grand, la naissance d'une
certaine radicalité. Le débrayage est utilisé comme pression pour des
négociations sur des effets à court terme ou des revendications
mineures. Exemple : manque de chauffage, problèmes de primes, de
salissures ou de casse-croûte etc.
La grève perlée
Débrayage
d'une partie du personnel puis reprise tandis qu'une autre partie
débraye et ainsi de suite. Avantage : perte de salaire minimum par
individu tandis que l'établissement est pratiquement paralysé et que
l'employeur paie ses salariés devenus peu productifs voire inactifs.
L'employeur tentera de faire travailler les non-grévistess,
l'encadrement ou les intérimaires. Si cela ne s'avère pas suffisant, il
fermera l'entreprise pour un temps, c'est le lock out qui lui évite de
verser des salaires à des gens inactifs.
Le coulage
Freiner la
production en étant le moins productif possible.
La grève du zèle
Application stricte ou excessive des consignes et des règlements
entravant le bon fonctionnement de la production.
La grève limitée
Les salariés cessent le travail pour une durée limitée.
*Une variante : 2500 pilotes d'American Airlines se mettent d'un commun
accord simultanément en congés maladies.
La grève illimitée
Cessation du travail par les salariés jusqu'à ce que ceux-ci décident
de reprendre le travail. Avantage : exprime une certaine radicalité,
une participation à la lutte, bloque tout ou partie de la production.
Inconvénient : perte de salaire importante pour les grévistes.
L'établissement peut continuer à produire avec des intérimaires, des
non-grévistes. La production peut être réalisée sur un autre site.
Le piquet de grève
Mise en place de barrages pour empêcher les non-grévistes de pénétrer
dans l'établissement pour réaliser l'ouvrage. Les conditions
matérielles du piquet sont souvent déplorables : pas d'abris, soumis
aux intempéries. Une partie des non-grévistes arrivent parfois à
pénétrer dans l'établissement ou bloqués à l'intérieur ils continuent
d'assurer la production.
La grève avec occupation
Les grévistes investissent le secteur visé, évacuent les
non-grévistess, détournent à leur profit la logistique : salles de
réunions, réfectoires, dortoirs, photocopieuses, téléphones et
véhicules.
La lutte intra muros
qui se limite à l'intérieur de l'établissement
La lutte extra muros
Qui consiste à envahir et occuper tel établissement ou une
administration favorable à l'employeur : Direction Départementale du
Travail et de Emploi, justice, mairie, local de parti politique, siège
d'un journal, Chambre de Commerce et d'Industrie, quartier résidentiel
des cadres ou de l'employeur, entreprise où a été transférée la
production.
La manifestation de ville
Elle fait découvrir le conflit, popularise la lutte, maintient la pression, permet de jauger le rapport de force.
La manifestation nationale voire internationale
Suit les mêmes règles que celle de ville mais à une plus grande échelle.
L'intox
Produire rumeurs, informations en tout genre pour fragiliser l'adversaire.
Le discrédit
Rendre publiques des critiques sur la qualité des produits ou services de l'établissement.
Le sabotage
Cette
vieille méthode de lutte est toujours pratiquée bien que non
médiatisée. Elle doit être manipulée par des individus conscients des
risques ou de l'effet catastrophique à terme de certaines destructions
pouvant entraîner la fermeture de l'entreprise. Peut être qu'une
graduation doit être introduite pour éviter des problèmes néfastes. Le
sabotage est une arme très efficace, peu coûteuse pour les grévistes,
très nocive pour l'employeur. Il faut toujours conserver à l'esprit que
la lutte doit nuire à l'employeur, exploiteur mais pas aux usagers
salariés eux-mêmes, ex : les services publics, les transports, EDF,
santé, alimentation, etc.
La réappropriation
Reprise sous le contrôle des salariés de biens produits par l'entreprise c'est-à-dire par eux-mêmes.
La vente sauvage
Vente par les grévistes des stocks de l'entreprise pour constituer un trésor de guerre qui les indemnisera.
La production sauvage
Les
grévistes utilisent les machines de l'entreprise pour produire des
biens qu'ils vendent directement à la population en en réduisant le
prix ce qui satisfera tout le monde et apportera des liquidités aux
grévistes.
Le travail sauvage
Utilisant
leurs propres outils les grévistes réparent fabriquent ou rendent des
services aux particuliers moyennant finances. Exemples les coiffeurs de
Rennes qui, sur une place publique coupèrent les cheveux. L'argent payé
pour ce service allait à la caisse de grève. En Australie, les
chauffeurs de tramway, pendant une grève mirent les trams en
circulation gratuitement pour la population.
Le boycott
Sur demande des salariés en lutte dans une entreprise, ne pas utiliser
ou acheter telle production ou tel service fournis par cette même
entreprise. Exemple : le comité de lutte appelle la population à ne pas
consommer telle marque de produit tant que les revendications ne sont
pas satisfaites.
La désobéissance civile
Refus d'appliquer, de se soumettre aux lois de l'Etat. Exemple :
soutenir et aider des personnes réprimées. Ne pas payer l'impôt,
refuser de présenter ses papiers d'identité, de faire l'armée... etc.
La grève généralisée
Situation de grève touchant tout un secteur ou
plusieurs secteurs de production ou bien une région, un pays ou un
groupe de pays.
La grève générale
Grève intercatégorielle, intersectorielle sur un territoire donné
région, pays, international. Action consciente et concertée, ce qui la
différencie de la grève généralisée. C'est l'arme voulue, souhaitée,
défendue par les anarcho-syndicalistes. C'est l'acte ou toute une
masse, qu'elle le sache ou non, s'anarchosyndicalise. En effet, à ce
stade, les gens en lutte entendent défier leurs adversaires. Ils ne
s'en remettent pas au verdict des urnes, ni au gouvernement qui en est
issu, ni aux promesses à venir. Les gens en lutte, s'appuyant sur
l'action directe, entendent ici et maintenant faire aboutir leurs
revendications. La grève générale marque et exprime l'affrontement de
classes clairement. Si elle est massive, le rapport de force est
optimum et d'autres choix peuvent apparaître.
*Une grève générale a immobilisé à 80 % l'économie péruvienne grâce à
l'union des étudiants, des travailleurs et des paysans.
La grève générale insurrectionnelle
Les
grévistes, pour diverses raisons, deviennent émeutiers, barricadiers.
Le peuple se soulève ouvrant la perspective d'une possible
expropriation des capitalistes.
En 1934, au Portugal, la CGT déclenche une grève générale
insurrectionnelle
La grève générale expropriatrice
Les grévistes, maîtres de la rue, s'emparent des moyens de production,
d'échange, de communication. Les entreprises, le commerce, les
administrations sont placés sous le contrôle des comités de luttes.
C'est le prélude à un changement social profond d'où peut sortir le
communisme libertaire ou autre chose mais attention danger.
On trouve un exemple de grève générale expropriatrice et
insurrectionnelle dans les événements du 19 juillet 1936 en Espagne,
alors que la CNT et la FAI regroupaient plus d’1,2 millions d’adhérents
La liberté ne se demande pas, elle se prend !
(merci à subsociety et à la cnt)
le stanislasunderground n'appartient à aucuns courants et se veux libre de toutes attaches pour préserver son indépendance!
Ce qui n'empêche pas la sympathie!
09 avril 2005
education
Le système
éducatif actuel ou
"Comment
programmer un enfant".
Dans la reconstruction d'une nouvelle
société, la priorité qui s'impose
clairement est l'éducation. La société
idéale, l'objectif à atteindre, devra
être une société ou chaque individu
quelque soit son âge, sa couleur, son sexe, ses opinions...
puisse apprendre tout au long de sa vie. C'est un des principes de
l'éducation populaire proposée par les
anarchistes avec les méthodes d'éducation
alternatives (type Freinet ou autre) appliquées dans
certaines écoles (l'école libertaire de
Bonaventure à Oléron par exemple). Une
société, donc, ou la Culture, les Arts et les
Sciences sont accessibles à tous gratuitement, sous de
multiples formes, sur tous les supports possibles pour faire progresser
le niveau intellectuel moyen en encourageant la création, la
connaissance, la compréhension, la logique dans une
"école perpétuelle".
Il faut diversifier les méthodes d'apprentissages, le fond
et la forme des cours. L'expérience doit accompagner la
théorie et celle-ci ne doit pas être
dispensée en vrac: L'éducation dans les
écoles actuelles du premier cycle s'apparente plus
à un bourrage de crâne de données
diverses présentées sans lien apparent ou
à un apprentissage d'outils et de méthodes
isolées dont on ne nous explique pas l'utilité
concrète.
Au lieu d'une ouverture d'esprit et de l'envie d'apprendre de
connaître et de comprendre, c'est l'ennui et le
dégoût que provoque souvent ce système
éducatif. C'est l'échange de connaissances et de
points de vue entre individus, le débat, l'enrichissement au
contact des autres et l'émulation qui doivent être
encouragés, et non la compétition, or, on nous
apprend dès notre plus jeune âge à
considérer l'autre comme un ennemi. Les
élèves en difficulté doivent
être particulièrement soutenus et
aidés, et non exclus. Il est prouvé que
l'intelligence dépend beaucoup moins de
l'hérédité que de l'environnement dans
lequel s'est développé l'individu, et
même en cas de faiblesse mentale, le
phénomène n'est pas irréversible. En
effet une étude portant sur des personnes en
difficulté montre qu'un changement de milieu
socio-éducatif, apporte un gain, en moyenne, de 19 points de
QI.
Il est évident que l'influence du patrimoine
génétique d'un individu est, sinon nulle (les
spécialistes en débattent encore) au moins
négligeable, comparée à celle de
l'environnement social, familial, amical, professionnel,
éducatif, géographique, culturel,
médiatique... Ce que certains considéreront
parfois comme des traits de caractères
héréditaires ne seront que des acquis
marqués par l'empreinte de l'influence parentale. D'ailleurs
selon les généticiens, les hommes sont identiques
à 99.95%.
L'intelligence est une notion très complexe à
définir. Il y a plusieurs formes d'intelligences, certains
en trouvent 7, par exemple, on peut distinguer l'intelligence logique,
pratique, émotionnelle, conceptuelle, spatiale,
l'intelligence de soi et celle des autres... Je pense qu'on dispose de
tout un dégradé, d'une infinité
d'intelligences mais que les niveaux de toutes ces formes
d'intelligences sont variables selon les personnes et même
pour un individu (selon l'entraînement, la fatigue, les
facteurs extérieurs...), il est probable qu'un manque dans
telle ou telle aptitude peut déclencher une compensation
dans un autre domaine comme dans le cas de la perte d'un sens:
L'aveugle aura un toucher et une ouie plus sensibles. De
même, un autiste pour qui l'aptitude à communiquer
sera bloquée, pourra développer d'autres
fonctions de son cerveau telle que la mémoire.
L'intelligence, tout comme la mémoire ne s'use que si l'on
ne s'en sert pas. On peut développer toute forme
d'intelligence par l'exercice, de même qu'on
accroît ses capacités physiques par
l'entraînement. C'est pourquoi il est possible de combler ses
"lacunes mentales". La détection de ces lacunes est
impossible à un individu isolé car il ne peut
avoir conscience de ce qu'il n'a pas, alors que la confrontation avec
autrui lui apportera une autre conception du possible, des potentiels
humains. Nous avons tous ces lacunes, il n'y a que par la
diversité des fréquentations qu'on peut les
combler. Les différences culturelles, raciales... entre les
individus doivent être considérées
comme une force, comme une richesse potentielle.
A propos d'intelligence, voici ce qu'Albert Einstein disait du
système capitaliste:
"Le capital privé tend à se concentrer dans
quelques mains... Le
résultat de ces développements est une oligarchie
du capital
privé dont la puissance colossale ne peut être
réellement
contrôlée même par une
société politiquement organisée de
façon démocratique. Ceci est vrai puisque les
membres des
organisations législatives sont choisis par des partis
politiques,
financés en grande partie, ou, en tout cas,
influencés par des
capitalistes privés qui, pour des raisons d'ordre pratique,
séparent l'électorat de la
législature."
"Ceci a pour conséquence que les représentants de
la population
ne protègent pas suffisamment efficacement les
intérêts des
parties sous privilégiées de celle-ci. De plus,
dans certaines
conditions, les capitalistes privés contrôlent
inévitablement,
directement ou indirectement, les sources principales
d'information (presse, radio, enseignement). Il est donc
extrêmement difficile, et, en réalité
dans la plupart des cas tout à
fait impossible, pour un individu de parvenir à des
conclusions
objectives et d'utiliser intelligemment ses droits politiques."
Remarquons également que "la situation
prédominante dans une
économie basée sur la
propriété privée du capital se
caractérise
par des principes incluant de façon primordiale, le fait que
la
production est poursuivie dans un but de profit, et non dans un
but lié à l'utilisation de celle-ci."
Stanislas kazal prône l'abolilition des barrières genérationelles.........
30 avril 2005
GAUCHISME
GAUCHISME
Le
terme de gauchisme appartient, au sens strict, au vocabulaire marxiste
puisqu’il a été popularisé
par Lénine dans une brochure publiée en 1920 et
intitulée Le
Gauchisme, la maladie infantile du communisme .
Depuis lors, le mot a
souvent été utilisé, en particulier
par les communistes, pour discréditer les
tendances les plus extrémistes du mouvement ouvrier. Il a
surtout été appliqué
aux militants qui se sont inquiétés de
l’option faite par les partis
communistes en faveur de l’action légale.
Toutefois,
la vogue du terme date des années
1965-1968, lorsque les États-Unis puis l’Europe
occidentale furent tour à tour
touchés par des mouvements de contestation nés en
milieu universitaire et qui
ont mobilisé rapidement de larges secteurs de la jeunesse.
La
complexité du phénomène, le fait que
les
marxistes «orthodoxes» appelaient
déjà «gauchiste» cette
nouvelle génération de
révolutionnaires ont amené les médias
à reprendre le mot en élargissant
considérablement sa signification. Gauchisme est devenu
synonyme de
contestation et on qualifia indifféremment de gauchistes des
militants
révolutionnaires appartenant à des familles
politiques pourtant très
précisément typées. On classe sous
cette étiquette des mouvements qui remettent
en cause les sociétés actuelles, leur
organisation comme leur fonctionnement,
les relations entre les sexes comme les modes de production et la
protection de
l’environnement.
Au-delà
du socialisme scientifique
L’origine
Lorsque
Lénine publie Le
Gauchisme, la maladie infantile du communisme ,
c’est pour combattre une
tendance qui se manifeste au sein de la IIIe Internationale
et qui est
particulièrement sensible dans les sections de
Grande-Bretagne et d’Allemagne.
À la veille du IIe congrès
de l’Internationale communiste, exaltés par le
succès de la révolution bolchevique en Russie, un
certain nombre de communistes
se montrent partisans de l’usage des seuls moyens
illégaux et critiquent la
notion de parti car ils pensent que le peuple peut conduire, de sa
propre
initiative, une révolution à la victoire. Ces
«puristes» se déclarent
favorables à l’action révolutionnaire
immédiate. Au sens strict du terme, le
gauchisme appartient donc au langage politique marxiste et
désigne les
révolutionnaires trop pressés.
Les
précurseurs
Les
idées de ces derniers sont à rattacher
à la tradition du socialisme utopique
que les marxistes ont toujours cherché à
discréditer en lui opposant leur
méthode d’analyse qu’ils jugent
scientifique.
Sans
rejeter l’apport de Marx et d’Engels, les
gauchistes s’efforcent de réhabiliter un autre
courant du mouvement ouvrier: la
tradition libertaire illustrée par Proudhon, Bakounine et
Kropotkine. Pendant
des années en effet, en particulier durant toute la
période du stalinisme, la
multiplicité des voies de passage au socialisme
n’était pas admise et les
recherches dans ce domaine étaient bloquées par
l’absence même de débat. Il a
fallu qu’intervienne, dans un premier temps, la critique de
l’expérience
soviétique pour que petit à petit se
développe une nouvelle analyse révolutionnaire.
En
ce sens, des philosophes comme Karl Korsch
et György Lukács ouvrent la route. Dans un
remarquable essai sur Les
Origines du gauchisme ,
Richard Gombin note à ce propos: «En
séparant l’être
et la conscience, non seulement Lénine nie tout rapport
dialectique entre la
théorie et la praxis, mais, en outre, il fait du
matériel, de l’être un absolu,
une catégorie idéelle. On le voit, la querelle
philosophique débouchait sur
l’appréciation du mouvement
révolutionnaire en tant qu’agent autonome ou non
de
la dialectique de l’histoire, et c’est toute la
primauté du parti qui est visée
puisque c’est le prolétariat en tant que classe
qui saisit et dépasse les
réalités historiques et d’abord sa
propre aliénation.»
La
critique du régime soviétique,
présenté
comme donnant naissance à une
«bureaucratie», a amené toute une partie
de la
gauche à remettre en cause non seulement la politique de
construction du
socialisme appliquée en U.R.S.S., mais également
la méthode bolchevique
elle-même, c’est-à-dire la
stratégie léniniste de passage au socialisme.
Gauchisme
et extrême gauche
Cette
interrogation sur le léninisme détermine
d’ailleurs le clivage le plus
important au sein de ce qui constitue la nouvelle extrême
gauche
révolutionnaire et qui se voit
généralement qualifiée de gauchiste.
On
doit en effet distinguer l’extrême gauche
qui se situe dans la tradition marxiste et prend totalement en compte
la
révolution de 1917, du gauchisme ou
«ultra-gauche». Cette extrême gauche est
composée de communistes extrémistes qui se
rattachent soit au trotskisme, soit
au maoïsme. Si, lors de leurs actions, ils se trouvent
généralement au coude à
coude avec les gauchistes, si nombre de leurs thèmes de
mobilisation recoupent
ceux de l’ultra-gauche, leurs bases politiques en
général et leurs analyses
stratégiques en particulier restent très
différenciées.
Le
spontanéisme
Les
gauchistes, pour leur part, en remettant en cause le schéma
léniniste, ont été
amenés à redécouvrir les
débats du début du siècle sur le
rôle du parti et sur
l’organisation du mouvement révolutionnaire.
C’est
la figure de Rosa Luxemburg qui émerge le
plus nettement dans cette recherche des précurseurs. De
nombreux militants ont
été sensibles à son analyse selon
laquelle le mouvement révolutionnaire trouve
dans la lutte ses propres formes d’organisation. La
révolution, dans cette
optique, est largement spontanée: il n’est plus
question de déclencher le
conflit décisif à un moment
déterminé par l’état-major
du parti
révolutionnaire.
Cette
théorie spontanéiste débouche
naturellement sur la critique des organisations ouvrières
traditionnelles et
emprunte de nombreux éléments à
l’anarchisme et à la théorie du
communisme des
conseils ouvriers élaborée en particulier par le
Hollandais Anton Pannekoek.
Changer
la vie
À
ce premier héritage il convient également
d’adjoindre la critique de la vie
quotidienne qui est devenue l’une des sources principales de
l’activité
gauchiste. Ici, les nouveaux révolutionnaires se montrent
notamment les
continuateurs du philosophe français Henri Lefebvre. Il
s’agit pour eux de
dépasser les notions purement économistes de la
division de la société en
classes. Leur prolétariat ne correspond plus à la
notion marxiste
traditionnelle mais se confond avec la notion
d’aliénation. Or cette aliénation
ne découle pas seulement de l’organisation
capitaliste du travail, mais se
retrouve dans toutes les structures de la
société, l’école par
exemple, et dans
toutes les dimensions de la vie, la sexualité en particulier.
En
outre, les formes de la production
contemporaine et de la consommation sont remises en cause au nom de
l’écologie.
Si les fondements de cette science des relations entre les
êtres vivants
remontent au XIXe siècle,
l’expression politique de ce courant
d’idées
n’a émergé que durant les
décennies soixante et soixante-dix, parallèlement
au
développement du gauchisme.
Une
révolte antiautoritaire
Les
positions théoriques vécues par les militants
sont plus schématiques. Pour les
partis de gauche traditionnels, socialistes et communistes,
l’homme est asservi
par le système économique qui fait de lui un
producteur salarié travaillant
pour le plus grand profit des possesseurs de capitaux. En renversant ce
système
économique, on doit donc libérer
l’individu. Les gauchistes, constatant la
situation des citoyens dans les sociétés
où le capitalisme a été
renversé, ont
poussé plus loin le raisonnement. Tout en admettant la
réalité de cet
asservissement d’origine économique et en
souhaitant y mettre un terme, ils
expliquent que l’individu est victime de bien
d’autres contraintes dans sa vie
quotidienne. La famille, par exemple, se fait oppressive dans la mesure
où elle
est construite sur un schéma hiérarchique
classique. L’autorité vient d’en haut
et ne peut être discutée.
Déjà habitué à
obéir dans le cadre familial, l’enfant
continue d’être formé dans la
même optique par l’école. Quand il
devient un
producteur, dans son usine ou dans son bureau, les réflexes
acquis continuent à
jouer et il subit toujours une autorité imposée.
Sur le plan moral, il en va de
même. Entre une double barrière
d’interdictions de toute nature, l’individu ne
se voit offrir comme seule perspective que la possibilité de
se marier pour
faire quelques enfants. Mais comme tout est prévu, il pourra
néanmoins, en
sacrifiant le fruit d’un certain nombre d’heures de
salaire, s’offrir
l’illusion de la liberté – y
compris de la liberté sexuelle – au
cinéma ou devant son écran
de télévision. Au terme de cette analyse, le
gauchisme s’en prend donc à tous
les éléments de la vie et de la
société, et pas uniquement à
l’organisation du
travail et de l’économie.
La
constante de ce combat est la lutte
antiautoritaire. Nombreux sont d’ailleurs les gauchistes qui
ne manquent pas de
rappeler que les partis, dans leur forme courante, reproduisent en leur
sein le
schéma hiérarchique fondé sur la
notion d’autorité.
Le
refus de la productivité
Cette
contestation porte également sur le caractère
productiviste des sociétés
industrielles, qu’elles soient de type capitaliste ou de type
socialiste. Une réévaluation
de la notion de travail est donc proposée, la
finalité même de la production
industrielle étant remise en cause. Cette attitude se
manifeste notamment à
travers le courant écologiste dont des pans entiers sont
assimilables au
phénomène gauchiste. À plusieurs
reprises, des convergences sont apparues entre
des groupes de l’ultra-gauche prônant parfois la
violence et des mouvements
d’écologistes dont la philosophie est
généralement proche de la non-violence.
Tel
a été, en particulier, le cas, lors de
manifestations contre le développement des centrales
nucléaires.
À
cette occasion, en effet, ont convergé le
courant écologiste et celui des
«autonomes». La violence de ces derniers – qui
entendaient répondre à la
violence de l’État – n’a
pas été comprise par les défenseurs,
volontiers
légalistes, du «pouvoir vert».
La
spécialisation
Comme
il est difficile d’offrir des réponses
à tous les sujets ainsi soulevés, les
gauchistes ont eu tendance à se spécialiser.
Certains se sont penchés plutôt
sur la vie de l’individu, d’autres sur
l’organisation de la société.
Cette
situation explique que souvent le
phénomène de l’underground
soit assimilé à celui, à
l’origine strictement politique, du gauchisme. Le mouvement
de révolte devant
la société a amené des ouvriers
à quitter leur usine, des lycéens et des
étudiants à rejoindre ceux qui vivaient en marge
et tentaient de construire une
contre-société. Cette
«société souterraine»
(underground), qui s’est développée
de manière importante aux États-Unis, en
Scandinavie et en Allemagne fédérale,
a possédé sa presse, son cinéma, sa
musique, ses zones réservées, ses
organismes d’entraide.
Les
courants gauchistes
L’underground
européen
La
théorie gauchiste, ou plus exactement
l’ébauche de théorie, se limite dans la
pratique
à une revendication d’autogestion. Ou bien cette
mise en place de l’autogestion
est recherchée sur le plan de la
société tout entière, ce qui est le
cas des
groupes gauchistes politiques (avec toujours la divergence de
stratégie entre
l’extrême gauche léniniste et
l’ultra-gauche), ou bien on tente de la faire
vivre dès maintenant à travers des
expériences limitées comme les communes ou
les communautés.
L’itinéraire
des groupes politiques est
directement lié au contexte national de chaque pays.
L’underground européen
s’insère pour sa part dans un mouvement plus
large. Le phénomène hippy, qui a
connu son âge d’or aux États-Unis en
1966-1967, a touché en Europe les pays
dont le type de civilisation est le plus proche du modèle
américain. Le
phénomène des communautés
s’est répandu dans les pays scandinaves sous le
nom
de familles, puis, de là, il a peu à peu conquis
la jeunesse anglo-saxonne,
laissant l’Europe latine à
l’écart. Les groupes gauchistes
français et italiens
se sont toujours montrés plus politisés et plus
enclins aux débats
idéologiques.
Happening
et situationnisme
En
France, les thèmes ont d’abord
été véhiculés par quelques
rares personnalités
du monde intellectuel parisien, comme Jean-Jacques Lebel, organisateur
de
happenings, et le groupe Mandala qui se référait
à l’Inde et au
psychédélisme.
Cette mode apparaissait alors beaucoup plus comme un sous-produit du
surréalisme que comme le signe annonciateur du
débarquement en Europe de la
culture hippie.
La
transition entre l’extrémisme politique et
ces recherches a plutôt été
assurée par un groupe comme l’Internationale
situationniste qui traitait dans sa revue les problèmes
formant le fonds
idéologique de l’underground. En mai 1968,
l’extrême gauche française
n’était
pas encore à même de comprendre ce langage qui, en
Allemagne, commençait juste
à toucher des couches plus larges du mouvement
étudiant. «La révolution,
expliquait l’Internationale situationniste, cesse
dès l’instant où il faut se
sacrifier pour elle. Ceux qui parlent de révolution et de
lutte de classes sans
se référer explicitement à la vie
quotidienne, sans comprendre ce qu’il y a de
subversif dans l’amour et de positif dans le refus des
contraintes, ceux-là ont
dans la bouche un cadavre.» Ce cadavre, pour les adeptes de
l’Internationale
situationniste, est celui du marxisme.
La
contestation
À
la diversité du gauchisme quant à ses origines et
à ses axes stratégiques
s’oppose l’unité de sa
méthode d’action: la contestation. Il
s’agit
fondamentalement d’une technique révolutionnaire
dont le but est de révéler aux
gens toutes les entraves que la société met
à leur épanouissement personnel,
qu’il s’agisse de la morale, de
l’éducation ou, d’une façon
plus générale, de
l’univers gris et triste des sociétés
techniciennes: d’où, par exemple, la
réhabilitation de la fête.
La
contestation peut toutefois prendre des
formes diverses et les techniques révolutionnaires varient
considérablement
selon les courants. Aux révolutionnaires clandestins,
militairement organisés,
du Front de libération du Québec, des Tupamaros
d’Uruguay ou de l’Armée rouge
japonaise s’opposaient des propagandistes plus pacifiques en
Europe occidentale
où les thèses du théoricien
brésilien de la guérilla urbaine, Carlos
Marighela,
n’ont pas été mises en application.
Les
autonomes
Encore
convient-il de relever l’apparition des
«autonomes». Fonctionnant tantôt sous
forme d’assemblées générales
dans des locaux universitaires, tantôt par le
biais de commandos plus ou moins violents, ils se veulent un mouvement
à la
fois spontanéiste et informel. Intellectuellement ce courant
puise ses bases
dans le phénomène allemand de la bande
à Baader et dans l’exemple italien des
Brigades rouges. Il a trouvé une tribune en septembre 1977
à Bologne lors d’un
«colloque sur la répression». En
Allemagne fédérale, les autonomes ont
notamment organisé, en janvier 1978 à
Berlin-Ouest, le rassemblement «Tunix» (Tue
nichts :
ne fais rien). En France, le phénomène est,
là encore, demeuré
d’une ampleur limitée, se bornant à des
heurts avec les forces de l’ordre en
marge de manifestations politiques et syndicales ou à
quelques opérations de
vandalisme. Les autonomes se sont exprimés à
travers quelques revues comme Camarades
(autodissoute en 1978), Marge
ou Matin d’un blues .
Ce courant autonome a servi
de refuge à de jeunes marginaux. Il attira aussi des adeptes
de groupes de
défense de prisonniers, de groupes féministes ou
homosexuels. Ce recrutement
très typé n’a pas tardé
à submerger les éléments de
l’extrême gauche marxiste
présents à l’origine.
L’idéologie
véhiculée par le courant autonome
est fondée sur le refus de toutes les structures
d’encadrement de quelque
nature qu’elles soient. Elle n’est pas sans
évoquer les thèses libertaires,
voire un certain nihilisme. Cette position conduit au refus du salariat
comme
du militantisme. Indépendamment du recours à la
violence, présentée comme une
forme d’autodéfense mais aussi comme un
témoignage, les autonomes usent
volontiers de la dérision (valorisation de
l’absentéisme par exemple). Ils
accordent enfin une grande importance à la notion de
désir. Parmi les actions
auxquelles ils se sont trouvés associés, on peut
relever le développement des
mouvements de squatters et des radios pirates.
Les
écologistes
Le
seul courant héritier, au moins en partie, du gauchisme qui
ait su se
développer de manière significative dans les
opinions occidentales demeure
l’écologie. Relayés par un
consumérisme qui s’est également
développé à partir
de la fin des années soixante, les écologistes
ont recruté au sein de
l’ultra-gauche. En France, par exemple, Pierre Fournier dans Hara-Kiri
hebdo ,
puis en lançant La
Gueule
ouverte ,
développe un discours catastrophiste, une
prophétie de fin du
monde tout en tenant la chronique de la vie communautaire.
Rassemblés par le
refus de l’énergie nucléaire et une
non-violence conduisant à des formes
d’antimilitarisme, gauchisme et écologie ont
mêlé leurs thèmes et leurs troupes
aussi bien dans la contestation du surgénérateur
Superphénix à Malville (juill.
1977) que face à la confiscation des terres des paysans du
Larzac au profit
d’un terrain militaire (août 1973). La
prééminence des écologistes se
traduit,
vingt ans plus tard, par l’affirmation d’une
réalité électorale que
l’extrême
gauche n’est jamais parvenue à asseoir.
C’est ainsi que, en 1991, Pierre
Juquin, ancien membre du bureau politique du Parti communiste
français, après
avoir échoué dans son projet de rassemblement du
gauchisme et des écologistes,
a dû solliciter le droit d’adhérer chez
les Verts.
Répression
et récupération
Face
à l’extension de la contestation gauchiste dans
les pays occidentaux
développés, un double
phénomène de répression et de
récupération s’est engagé.
D’une part, les divers gouvernements se sont
efforcés d’adapter leurs systèmes
de sécurité et leur législation aux
formes nouvelles d’activité politique et
parfois de délinquance qui apparaissaient. D’autre
part, un certain nombre de
thèmes mis en avant par les gauchistes – environnement,
situation des
travailleurs immigrés, transports, etc. – ont
été repris en compte par
les forces politiques traditionnelles.
20 juin 2005
Petit historique de l'anarchisme
Petit
historique de l'anarchisme
L'anarchisme ne s'est vraiment constitué en mouvement
politique qu'au XIXème siècle.
Certains auteurs, comme Jean Préposiet,
considèrent que les philosophes cyniques de
l'Antiquité ont pensé et vécu en
libertaires. Durant le Moyen-Age, le politique et le sacré
étaient très liés. Il est donc
difficile de reconnaître le caractère anarchiste
de certaines hérésies, qui ont pourtant
provoqué de grandes aspirations à plus de
justice. Elles ont amené de très fortes
contestations et oppositions à l'ordre établi. A
la Renaissance, divers mouvements apparurent structurant d'avantage
leur contestation et séparant la politique du
sacré, avec l'appui des philosophes. Enfin, des
précurseurs, comme le curé Meslier apparurent
à la fin du XVIIème siècle.
Les grands théoriciens de l'Anarchisme vécurent
au XIXème et s'investirent dans les mythes de cette
époque. C'est ainsi que Bakounine, Proudhon, Reclu,
Kropotkine, participèrent aux diverses
révolutions qui jalonnèrent ce s




















