03 avril 2005
Activisme1
Vous
voulez faire valoir vos droits, défendre votre liberté, protester et
vous vous sentez démuni. Stanislasundergroundblog vous donne quelques
recettes qui ont fait leurs preuves!
en esperant qu'elles vous inspirent en ces temps troublés......
Action directe et activisme
La
plupart des actions directes ne requièrent pas d'effectifs importants,
elles peuvent être mises en place sans trop de moyens et dans des
délais assez brefs. L'action directe peut revêtir de multiples formes
suivant la situation et en fonction de la créativité des participants.
Elle peut être individuelle ou collective, légale ou non, offensive ou
défensive, violente ou non violente. Son caractère légal importe peu, à
mon sens, car la légalité n'est jamais qu'une limite arbitraire fixée
par la bourgeoisie pour défendre ses intérêts, il faut juste en tenir
compte pour évaluer les risques juridiques. La notion de violence, par
contre, est à manipuler avec précaution. Ma philosophie personnelle (
et celle de stanislas kazal) est incompatible avec la violence physique
envers les personnes, sauf en cas de défense, c'est pourquoi cet aspect
ne sera pas abordé.
Du point de vue stratégique, elle est
également peu recommandable, la CIA s'en est d'ailleurs servi pour
décrédibiliser certains mouvements révolutionnaires en les infiltrant,
en les finançant et en les poussant à la lutte armée pour mieux les
criminaliser en tant que terroriste et casser leur image auprès du
grand public, c'est le cas des Brigades rouges en Italie ou de la
fraction armée rouge en Allemagne. De plus, je ne pense pas que ce soit
en cognant sur un fasciste que l'on parvient à lui faire changer d'avis
ou à faire reculer le fascisme, et ce n'est pas en tuant un Ministre de
l'intérieur ou un patron du Medef, que le système s'en trouvera changé.
Les personnes, si puissantes soient-elles parfois, et quel que soit
leur niveau hiérarchique, sont interchangeables, ce ne sont jamais que
des pièces d'une énorme mécanique. Par contre, les actions "violentes"
purement matérielles tels que les actes de sabotage entrepris par les
FTP en plastiquant plusieurs locaux du Front National de nuit,
m'apparaissent légitimes, mais là encore, c'est une question de point
de vue. Sans aller jusque là, on peut présenter un répertoire, non
exhaustif, d'actions possibles, qui dépassent parfois le cadre de
l'action directe au sens syndical, car la frontière est mince entre
techniques de lutte, communication, propagande par le fait, action
directe, désobéissance civile ou organisation alternative.
PROPAGANDE
Distributions
de tracts
La plus simple des techniques de propagande, une des moins coûteuse
également lorsque l’accès à la photocopieuse est possible au travail
par exemple. La distribution peut se faire dans la rue, dans les facs,
à la sorties des usines… l’autre possibilité est de diffuser le tract
dans les boîtes aux lettres des quartiers populaires, par exemple. Pour
optimiser le taux de lecture, le contenu doit être concis, aéré et
agrémenté d’éléments graphiques percutants: Le tract est plus
facilement conservé et lu s’il contient un intérêt graphique : Texte au
recto et montage photo ou caricature au verso.
Diffusion de fanzines et journaux indépendants - Radios -
Distros
La réalisation d'un fanzine, même si elle est intéressante et riche en
contacts, est assez coûteuse par rapport au volume de diffusion, et
forcément (largement) déficitaire.
Les
journaux indépendants du type Monde Libertaire, qui sort chaque semaine
à 7000 exemplaires, demandent un travail énorme et régulier, ainsi
qu'une logistique importante, le budget est très serré là encore,
notamment à cause des invendus en librairies qui frôlent les 80% (60%
pour un journal classique) Mais l'existence du ML est indispensable,
ses origines remontent en 1858 avec son ancêtre "le Libertaire" et il a
vu passer des permanents tels que Brassens, Ferré ou Camus. La récente
nouvelle version du ML a permis de relancer ses abonnements, on lui
souhaite longue vie.
D'autres médias alternatifs sont utilisables,
telles que les radios associatives ou indépendantes (comme Radio
Libertaire qui émet à Paris sur 89.4) ou encore la VPC sans profit qui
permet d'envoyer des infos, tracts, flyers ou autocollant en même temps
que les commandes.
Collages
Coller des
affiches et autocollants si possible sur les affiches de fachos pour
faire d'une pierre deux coups, ou sur les centres commerciaux, les
banques, les agences d'intérim, les casernes, les églises, les
administrations, les panneaux publicitaires, les panneaux électoraux
quand il y en a…, renommer les rues, détourner des publicités… bref,
adapter le contenu et la forme du collage à l'environnement urbain. Le
collage est quasi forcément sauvage, les zones d'affichage public ayant
été réduit au strict minimum légal pour mieux criminaliser le mouvement
social (-70% à Rennes en 2001, sous gouvernement et mairie "
socialistes ")
Bombages
Les bombages, par l'intermédiaire de pochoirs par exemple, sont
souvent plus durables que les affiches, mais aussi plus risqués
légalement. Des supports originaux peuvent attirer l'attention (en
évitant les murs des logements…) : Sur le sol, voir sur les bandes
blanches des passages piétons, les horodateurs, les pubs 4x3…
Manifestations
Moments propices à ces formes d’actions, ainsi qu’aux discours et
conférences publiques et aux déploiements de banderoles, car, malgré la
présence policière, le risque d’interpellation est plus limité du fait
du nombre et la solidarité du cortège libertaire ou black bloc. Les
moustachus hésitent (parfois) à déclencher une émeute pour arrêter
quelqu’un. Dans ce cas, il faut également penser à un repli groupé
après la manifestation, sinon, se reporter au «guide du manifestant
inculpé»…
Ecrire aux médias pour leur demander des articles, documentaires ou
reportages sur votre cause.
Campagne de destruction d’image de marque
L’image de marque
est ce qu’une multinationale possède de plus précieux, mais aussi de
plus fragile, c’est son talon d’Achille et c’est la qu’il faut frapper.
Des activistes ont réussi à faire plier la Lufthansa (équivalent d’Air
France en Allemagne) pour qu’elle cesse de participer au renvoi de sans
papiers par charters : Ils ont créé des brochures aux couleurs de la
compagnie pour présenter la nouvelle « Classe Déportation » qu’ils
distribuaient massivement dans les aéroports, en uniforme de la
compagnie. La Lufthansa, observant l’impact sur son image a fini par
céder. Des actions similaires sont en cours de réalisation contre Air
France, dans le cadre des nouveaux charters de Sarkosy.
Nike, Macdo ou Microsoft sont des habitués de ces campagnes et on ne
compte plus les détournements les concernant.
Autre forme de destruction de l’image de marque :
Le lancement de rumeurs ou de contre informations, sur internet par
exemple, qui peuvent parfois prendre des proportions importantes. On
peut citer le cas de ce japonais mécontent de son magnétoscope et du
service après vente Toshiba, qui a inlassablement squatté les forums en
ligne d’associations de consommateurs et de sites spécialisés dans
l’audiovisuel pour se plaindre de la qualité du produit, la
médiatisation de sa persévérance a entraîné une chute en bourse du
cours de l’action Toshiba de près de 5%.
Boycott
L'effet d'un boycott est souvent difficile à mesurer, mais là encore
c'est un moyen de porter un sujet à la connaissance du public. Pour
prendre l'exemple d'un boycott de marque qui a bénéficié d'un fort taux
de médiatisation : Celui de Danone, lors des licenciements massifs dans
les usines bénéficiaires (licenciements boursiers) On a alors parlé
d'une chute de 10% des ventes sur les produits laitiers, ce qui est
assez important pour faire réfléchir le patronat, mais la classe
politique du moment a tenté de récupérer ce boycott à son compte, comme
celui de Total plus récemment, pour nous refaire le coup du "
capitalisme à visage humain ". Il est aussi très probable que les
achats se sont reportés sur les produits Nestlé, par exemple, qui n'a
rien à envier à Danone en terme de destruction sociale. Mais ce boycott
de Danone, comme d'autres, a eu le mérite d'associer la population à la
lutte des (ex)salariés.
INTERNET
Hacking /Cracking
Pour
ceux à qui ces mots barbares n'évoque rien de précis, il faut rappeler
que les objectifs des hackers sont de :
- Créer des logiciels libres au code source accessible et donc
gratuits, évolutifs et personnalisables...
- Mettre en évidence la fragilité d'une société excessivement gérée par
informatique
- Dénoncer les utilisations abusives des bases de données
d'informations sur les individus que s'échangent le gouvernement
(police, armée, RG, services sociaux...) et les sociétés privées
- Dénoncer la politique de monopole et de surveillance de sociétés
comme Micro$oft
- Sauvegarder Internet en tant qu'outil de communication, et non en
tant qu'instrument purement commercial ou d'espionnage et de contrôle
du peuple. Diffuser les outils de protection de la vie privée
- Instaurer la gratuité et le partage des connaissances Les crackers,
par contre, ne sont pas forcément des programmateurs, ils utilisent des
outils, techniques et logiciels pour s'introduire dans les réseaux,
détruire ou modifier les informations, ce qui peut s'avérer également
très utile (pour pirater les sites fascistes, par exemple)
L'un des premiers mouvements organisés de hackers fut celui des
allemands du Chaos Computer Club en 1984. Ces libertaires ont réalisé
le piratage d'infrastructures informatiques gouvernementales afin
d’alerter les médias sur les menaces pesant sur la vie privée des
citoyens : le gouvernement allemand constituait alors un système de
fichiers croisés sous prétexte de lutte contre le terrorisme.
Le Cult of the Dead Cow, (les concepteurs du logiciel Back Orifice) a
annoncé qu'il fournirait des outils informatiques permettant de lancer
des attaques virtuelles sur des institutions et des gouvernements ne
respectant pas les droits de l'homme
Le plus connu des Hackers/crackers, Kevin Mitnik s'est déjà introduit
dans les systèmes informatiques les plus sécurisés qui soient: Le FBI
(mis en défaut leur système de localisation d'appels), l'US Air Force,
la NSA, la NASA, l'unité centrale de la défense aérienne américaine
dans le Colorado, l'université de Leeds en Angleterre ainsi que de
nombreuses multinationales (Nissan...) font parties de son tableau de
chasse.
L'efficacité d'un groupe de plusieurs dizaines ou centaines de
hackers/crackers coordonnés sur un même objectif pourrait être énorme :
Il est possible, par exemple, de transvaser des comptes bancaires,
bloquer des systèmes d'écoute et de surveillance, neutraliser certains
centres de communication de l'armée, paralyser la bourse... D'après le
F.B.I. il y aurait aujourd'hui près de 100 000 " pirates " en activité…
Les hackers sont de plus en plus attirés par l'action politique, ce
phénomène a été symbolisé lors de la troisième convention des Hackers
on Planet Earth, en juillet 2000 à San Francisco : L'orateur invité
était Jello Biafra, (ex chanteur des Dead Kennedys, faut-il le préciser
?) son discours d'une heure et demie appelant à l'action
révolutionnaire Hacktiviste a, semble -t-il, littéralement galvanisé
l'auditoire. Pas étonnant quand on connaît la verve et le charisme du
personnage… Des Hackmeeting similaires s'organisent en Italie (3000
personnes à Bologne en 2002), en Espagne, en Allemagne et plus
récemment en France, sur des bases politiques proches de l'anarchisme
Cybermanifestions
Une cybermanifestation consiste à saturer le serveur d'un site internet
pour le mettre hors service, cette action ne demande pas de compétences
particulières en informatique.
On peut prendre l'exemple de l'action lancée par le groupe prozapatiste
américain Electronic Disturbance Theater qui a lancé un appel aux
internautes et a fourni un petit logiciel qui réalise des demandes de
connexion en boucle. Les 18000 participants répartis dans 46 pays on
donc pris pour cible, avec succès, les serveurs web du gouvernement
mexicain et du pentagone pour protester contre la répression des
rebelles zapatistes et le soutien fourni par le gouvernement américain
Le Jam echelon day est une cybermanifestation internationale annuelle
visant à saturer de mots clés les systèmes d’écoute de la NSA.
L’efficacité est quasiment nulle dans ce cas, puisque la NSA peut
facilement se préparer à cette « attaque », mais l’intérêt est là
encore d’attirer l’attention sur ce Big Brother moderne.
Les activistes allemands contre la « classe déportation » de la
Lufthansa (voir destruction de l’image de marque) se sont également
pris simultanément au serveur du site de réservation en ligne, en
multipliant les demandes de réservations bidons, et l’ont mis HS,
causant un manque à gagner important à cette compagnie aérienne
Mass mailing
Cette technique, apparentée au spamming (envoi de mail non
sollicités) mais ici sans but commercial, a l’intérêt d’être quasi
gratuite, rapide et relativement efficace. Des logiciels permettent de
collecter les adresses email sur le net et d’autres permettent
d’envoyer les messages en rafale. A utiliser avec modération et
pertinence pour ne pas avoir un effet contre-productif (un message par
mois par exemple, avec système de «désabonnement» pour ceux qui ne
souhaitent plus recevoir d’infos)
L’efficacité de ces envois est facilement mesurable avec quelques
outils statistiques dans le cadre de la promotion d’un site.
Pour donner un exemple concret, la collecte de plus de 3500 email
d’assos, zines, distros et groupes anarchoïdes a permis de développer
de la Fédération Anarchopunk à partir d’un mailing présentant la
création de l’APF en France, avec un résultat significatif: +400%
d’adhésions en un mois.
INTERPOSITION PHYSIQUE
Occupation de locaux
(Anpe, préfecture, entreprise, administration, facs…) Le matériel
présent dans les locaux occupés (fax, téléphone, photocopieuse…) peut
être utilisé à des fins de lutte :
* A Londres, des militants se sont introduits dans le siège général de
Shell, se sont barricadés dans le bureau du directeur pendant une
matinée et ont envoyé des messages de solidarité aux peuples du delta
du niger.
*Au Nigeria, les jeunes Ijaw lancent l'opération 'changement
climatique' et occupent un grand nombre de plates-formes pétrolières.
Blocage
d’un chantier, d’un transport de matériaux nucléaires ou d’armement…
*Les cheminots grecs ont bloqué un train transportant de l'équipement
militaire au sol pour le Kosovo
*Plus de 100 personnes sont arrêtées chaque jour parce qu'elles
résistent à la construction d'une décharge nucléaire sur un site
indigène protégé du territoire australien.
*Tandis que des militants écologistes fêtent un an d'occupation d'un
arbre pour protéger les forêts ancestrales de l'Oregon, des activistes
anglais résistent 17 jours terrés sous terre dans un tunnel afin
d'empêcher la destruction d'un parc communautaire et coûtent ainsi des
centaines de milliers de francs aux compagnies de construction.
*Lors de la reprise des chantiers de construction de l'axe E7 dans la
vallée d'Aspes, paysans, habitants locaux et militants écologistes
s'unissent pour occuper le terrain et empêchent les travaux en campant
autour des bulldozers.
*Des femmes et enfants indigènes bloquent un bulldozer appartenant à
une compagnie pétrolière dans la jungle équatorienne et prennent ses
conducteurs en otage, afin de demander l'arrêt de la construction d'un
oléoduc qui avait contaminé leurs ressources en eau potable.
*Des milliers d'indiens menacent de se noyer avec leur maison, pour
résister à une série de barrages hydro-électriques qui vont détruire
des centaines de villages sur les rives de la rivière Narmada.
Obstruction aux expulsions
Que ce soit dans le cas d’expulsions de sans-papier ou d’expulsions de
squat, il est arrivé qu’une mobilisation importante retarde l’échéance
ou même fasse plier la procédure. Une autre méthode pour soutenir les
sans-papiers consiste à faire pression sur la compagnie aérienne (voir
campagne de destruction d’image de marque)
*A Prague, des squatters empêchent l'expulsion de leur maison par les
forces de police en restant sur le toit pendant 3 jours.
Bouclier humain en cas de guerre
On l’a remarqué dans le cadre de la guerre d’Irak, cette initiative
courageuse ne permet pas d’arrêter les bombes de pleuvoir. Les
boucliers humains ont été déplacés comme des pions par le régime
Irakien, et les USA ne sont plus à quelques bavures près. Encore une
fois, c’est la médiatisation de ces actions qui ont eu symboliquement
le plus d’impact.
Sabotage
Le collectif Souriez vous êtes filmés avait commencé à diffuser
le plan des implantations de caméras de vidéosurveillance dans
certaines grandes villes. Projet difficile étant donné leur
prolifération actuelle, mais qu’il serait intéressant de développer
pour organiser un sabotage coordonné de ces instruments d’espionnage.
*En Ecosse, 2 militantes pacifistes nagent pendant une heure et demi en
direction d'une base militaire puis s'attaquent à un sous-marin
nucléaire qu'elles repeignent et endommagent, causant des dégâts
économiques considérables.
*Des paysans français démontent un MacDonald's en construction et
amènent un débat public sur l'OMC et la nourriture industrielle.
*Le 18 juillet 1999, 700 militants se réunissent pour détruire un champ
de tournesol génétiquement modifié de la taille de 24 terrains de
football.
*L'opposition aux O.G.M se répand sur les cinq continents, en France et
en Angleterre des militants détériorent un grand nombre de champ-test,
des paysans indiens et français sabotent des laboratoires de recherche
sur les O.G.M à Montpellier, tandis qu'en Inde l'opération 'brûlons
Monsanto' est inauguré par la mise à feu de champs d'O.G.M.
Entartage
L'internationale anarcho-pâtissière est en marche ! Noël Gaudin
l'entarteur des pompeux cornichons, (Bill Gates, Nicolas Sarkozy,
Philippe Douste-Blazy et les autres) a fait des émules :
*Le dirigeant de l'Organisation Mondiale du Commerce est pris en
embuscade et entarté par le la Biotic Baking Brigade, organisation
spécialisée dans le lançage de tartes à la crème qui s'est déjà attaqué
dans la seule année 1999 à quelques dizaines de criminels en costumes 3
pièces et autres P.D.G de multinationales.
Les médias sont friands de ce genre d’opérations burlesques, et outre
le fait de ridiculiser la cible, l’entartage sonne comme un
avertissement pour les dirigeants de ce monde, même l’homme le plus
riche de la planète n’est pas à l’abri d’un attentat pâtissier, et donc
d’un attentat tout court. La violence reste symbolique et le ton
humoristique permet au message d’être bien perçu par le public.
REAPPROPRIATION
Réappropriation temporaire ou plus durable, réappropriation matérielle
ou celle de son temps, réappropriation de terres gouvernementales ou
privées, d'infrastructures, de biens de consommation, de moyens de
production, de services publics… réappropriation de l'espace, des rues,
des bâtiments officiels... le choix est vaste :
Squat (Voir brochure "le squat de A à Z")
Alors même que deux millions de logements sont vides et inutilisés en
France, on estime à environ 400.000 le nombre de SDF (le chiffre
officiel de 86000 semble largement sous estimé, du fait de la
difficulté de recenser cette population) La réappropiation des
logements, Le squat, peut être vécu comme une mesure d’urgence pour se
mettre à l’abri ou comme une démarche politique :
*De Genève à Prague en passant par Berlin, des squatters reprennent des
espaces vides pour en faire des lieux d'activités autogérés : logement,
crèches, bibliothèques, ateliers, salles de spectacle, jardins
communautaires etc.
Réappropriation des terres
Le Mouvement des Sans Terre au Brésil cherche depuis 1979 à se
réapproprier de manière légale ou non des terres inutilisées
appartenant à de grands propriétaires. Quand les possibilités légales
sont épuisées, les paysans s'installent de nuit sur des terres laissées
en friche, en édifiant des campements. 140 000 familles ont pu être
relogées en 10 ans sur des terres prises grâce à l'action directe. 7
millions d'hectares ont ainsi été repris, mais il reste 4,5 millions de
familles sans terre alors que 416 millions d'hectares sont toujours en
friche. Le mouvement des Sans Terre fait partie d'une coordination
mondiale plus vaste : L'Action Mondiale des Peuples qui regroupe des
organisations populaires d'une trentaine de pays.
L'AMP n'est pas étrangère à l'émergence du réseau alter-mondialiste. En
effet, au départ de l'AMP, l'action directe venue de l'Inde a influencé
l'Europe, puis les événements de Seattle en 1999 qui ont eux-mêmes
encouragé l'amplification de la mobilisation à Prague et à Gênes. Lors
de la 3ème conférence de l'AMP, en 2001 en Bolivie, les indiens ont
annoncé que leur mouvement paysan était à présent coordonné au niveau
national et, apparemment "en partie grâce à la dynamique lancée par la
Caravane Intercontinentale en Europe"
Il
est intéressant d'observer l'émulation et les interactions qui
traversent ce réseau dont voici la traduction des principes de bases :
1. Un rejet très clair du féodalisme, du capitalisme, et de
l'impérialisme, ainsi que de tous les accords commerciaux, institutions
et gouvernements promoteurs d'une mondialisation destructrice
2. Un rejet très clair de toutes formes et systèmes de domination
et de discrimination dont (et de manière non exhaustive) le patriarcat,
le racisme et le fondamentalisme religieux de toutes croyances. Nous
reconnaissons la dignité entière de tous les êtres humains
3. Une attitude de confrontation, puisque nous ne pensons pas que
le " lobbying " puisse avoir un impact majeur sur des organisations à
tel point partiales et antidémocratiques, pour lesquelles le capital
transnational est le seul facteur réel déterminant leur politique.
4. Un appel à l'action directe et à la désobéissance civile, au
soutien aux luttes des mouvements sociaux, mettant en avant des formes
de résistance qui maximisent le respect pour la vie et pour les droits
des peuples opprimés, ainsi qu'à la construction d'alternatives locales
au capitalisme mondial.
5. Une philosophie organisationnelle fondée sur la décentralisation et l'autonomie.
Réappropriation des moyens de production
Très récemment en Argentine, suite à la crise économique et à la
fuite des capitaux, certains patrons se sont évanouis dans la nature et
les anciens salariés des usines viables ont continué la production en
s’organisant en autogestion.
Voir également dans les actions directes anarchosyndicales
Réappropriation des prises de décision
Toujours en Argentine, des assemblées de quartier se créent pour les
décisions collectives sur le principe du consensus.
*Des centaines de zapatistes continuent à s'organiser en 'municipalités
autonomes' afin de reprendre le contrôle de leur vie face aux
propriétaires terriens, aux grosses compagnies et aux 70 ans de
dictature du parti au pouvoir.
En France, le Communalisme Libertaire de Merlieux est une des plus
abouties des expériences autogestionnaires puisqu'il s'agit de la
gestion collective d'un village, avec une population majoritairement
non-anarchiste à l'origine :
En 1973, Dominique de la FA et ses amis de la communauté anarchiste du
Moulin de Paris s'installent dans ce village, et leur implication dans
la vie de la commune démontre progressivement aux habitants la
viabilité de leurs projets pour faire revivre le village, et de leur
mode d'action. La communauté anarchiste gagne peu à peu la confiance
puis la reconnaissance de la population.
Après de multiples réunions publiques, les candidats aux élections municipales s'engagent sur 3 points :
1°) étudier les projets de revitalisation du village ;
2°)
associer directement la population aux décisions et partager le pouvoir
le plus largement possible avec un souci permanent d'information ;
3°) défendre l'intérêt collectif à l'exclusion de tout intérêt
individuel pour les mandatés.
Sur ces bases, une école, une bibliothèque de plus de 5000 livres, des
logements sont construits et gérés avec la participation active de la
population, sans laquelle ces réalisations auraient été impossibles par
manque de moyen. Des emplois sont créés parallèlement à ce regain
d'activité, notamment avec la création d'un café-concert ou d'un
atelier de télétravail. Le financement s'appuie beaucoup sur les
nombreuses fêtes communales qui renforcent également le lien social. La
fête du livre est créée dans ce cadre et attire maintenant chaque année
15.000 à 20.000 visiteurs. Elle associe la fête populaire classique et
un salon littéraire important, démocratisant ainsi l'accès à la
lecture. Pour la petite histoire la communauté anarchiste s'est même
vue confier les clés de l'école, de la mairie et de l'église !
Des expériences similaires, à plus grande échelle, se déroulent dans
certaines communes Italiennes comme Spezzano Albanese avec la
"fédération municipale de base"
Transports gratuits
Le collectif des transports gratuits (RATP pour Réseau pour
l'Abolition des Transports Payants) a lancé une opération nommée " Zéro
Franc Zéro Fraude ", et a sorti des tickets de bus portant cette
inscription, à présenter au contrôleur le cas échéant, les amendes
étant regroupées et négociées en gros au tribunal par un avocat. Cet
acte de désobéissance civile est motivé par les constats suivants :
- A la RATP, la billetterie ne représente que 28% des recettes, ce qui
rembourse à peine la fabrication des billets, l'entretien des machines
à composter, les contrôles…
- Ce sont les personnes les plus précaires économiquement qui payent le
plus le droit à se déplacer
- 83% de nos déplacements sont contraints (pour aller au travail, faire
des courses…) Les employeurs, les grandes surfaces sont les premiers
bénéficiaires des transports en commun. Il serait donc logique que ça
soit eux qui payent.
- 60% des conflits entre agents de la RATP et usagers se produisent
lors de la vérification du titre de transport.
Les ZAT
Le concept de Zone d’Autonomie Temporaire lancé par Hackim Bey, désigne
tous les espaces, virtuels ou réels, qui sont libérés temporairement
des contraintes étatiques, religieuses et économiques. Ce sont des
enclaves de temps où les individus peuvent expérimenter leur liberté,
les ZAT peuvent aussi bien désigner des manifestations, des festivals,
des sites internet de contre information, des périodes de loisirs ou
encore des fêtes du type potlatch, banquets au cours duquel on
s’échange des présents :
le principe étant de faire la fête, dans
un souci d'égalité, de gratuité et de convivialité
L’aspect festif et ludique est inhérent aux ZAT, car le mode de
communication utilisé dans ce cas permet d’optimiser les relations
humaines dans une optique constructive.
D’ailleurs, qu’il s’agisse d’arts graphiques utilisant la rue comme
support, d’happening, de théâtre de rue, de concerts, de fêtes de rue,
de caravanes anticapitalistes…, la créativité, le côté ludique et
convivial des formes d’expression artistiques urbaines font
l’attractivité et parfois le succès d’une action.
Des tentatives de ZAP (zone d’autonomie Permanente) sont en
cours, notamment en Australie ou une communauté d’environ 5000
personnes reconstruit une vie alternative et met en pratique les
principes libertaires et écologistes.
*Des sans-papiers à qui il avait été refusé l'obtention d'un train
gratuit pour aller manifester à Paris passent la nuit à faire la fête
dans un tunnel ferroviaire.
*Les écologistes de Reclaim the Streets, agissent en solidarité avec
les travailleurs du métro londonien, occupent le siège de la compagnie,
et organisent une fête du premier mai à l'intérieur de rames de métro.
*Ils organisent un faux carambolage à l'intersection de 2 grands
boulevards londoniens, installent un café, un système de son et une
ambiance de carnaval autour des 2 voitures bloquées au milieu de la
voie publique pendant quelques heures
*Ils bloquent une autoroute du nord de Londres pour y organiser une
fête avec plus de 9000 personnes pendant 9 heures.
ACTIONS DIRECTES CONSTRUCTIVES
Systèmes d’échange locaux Les S.E.L sont basés sur des échanges de
biens, services ou compétences. La différence avec un troc, où deux
personnes doivent échanger deux choses de valeur similaire, le SEL est
un échange multilatéral qui fait intervenir plusieurs acteurs. Ainsi
dans un SEL simple à trois acteurs, Pierre donne des cours de guitare à
Paul, Paul fourni des légumes de son jardin à Jacques, et Jacques aide
Pierre dans ses travaux domestiques. Parfois, pour permettre la gestion
des SEL comportant de nombreux intervenants, on s’appuie sur une
monnaie virtuelle sans aucune relation ni correspondance avec la
monnaie classique, qui est établie sur la reconnaissance de la valeur
de chacun. (ex : une heure de services = 60 unités) Il existe
actuellement plus de 300 S.E.L en France. Infos et listes des SEL
sur http://www.selidaire.org
En argentine 1.200.000 personnes participent au réseau de troc mis
en place pour faire face à la crise, une monnaie populaire est crée et
utilisée comme moyen d’échange, de flux et non de capitalisation.
Ecole libertaire
L’école autogérée Bonaventure à Oléron a accueilli gratuitement pendant
10 ans des enfants de 3 à 9 ans. Cette école a permis de démontrer
qu’une autre éducation était possible, avec des résultats remarquables
malgré des moyens de financement faibles. Outre les enseignements
littéraires, mathématiques, historiques, etc., les enfants y ont
surtout appris à vivre en société, à partager, à être responsables et
solidaires et à savoir gérer les conflits.
Collectivités d’achat
Se rassembler pour acheter : Non, ce n’est pas une incitation à la
consommation... Les avantages sont multiples : L’achat en gros et la
suppression des intermédiaires permettent une réduction des coûts, la
possibilité de se fournir ailleurs que dans les supermarchés, en
partageant les éventuels frais logistiques, c’est à dire directement
chez le petit exploitant, l’agriculteur, pour prendre l’exemple d’un
achat de produits alimentaires, ou chez l’artisan… Cela permet d’avoir
des produits souvent de meilleure qualité, de soutenir les petits
producteurs indépendants tout en boycottant les marques, les grandes
surfaces et leurs profits réalisés en étouffant leurs fournisseurs,
parfois contraints de vendre à perte. En outre, cela permet de
maintenir un lien social et de connaître l’origine du produit et la
manière dont il est réalisé.
Collectivités de production
Projet plus ambitieux, mais d’autant plus intéressant, qui consiste
à mettre en commun des ressources et compétences pour développer une
activité socialement utile. Une structure associative ou encore une
SCOP (société coopérative de production) sont les statuts adéquats à ce
genre de projet. La SCOP est une société qui fonctionne en autogestion,
sans hiérarchie, avec des revenus équitables quelle que soit la
fonction et un partage égal des éventuels bénéfices. Ce n’est pas une
panacée, puisqu’elle reste dépendante de l’économie de marché et qu’il
s’agit plus d’une sorte de capitalisme collectif que de l’abolition
totale de l’actionnariat, mais çà permet de limiter les dégâts dans un
contexte exclusivement capitaliste.
Il y a actuellement environ 1500 scop en France, Il s’en crée de 100 à
150 chaque année. Leur nombre a progressé de 16% en dix ans. Cette
organisation est viable, même dans le système économique actuel, car la
motivation, l’implication et la responsabilisation des coopérateurs
sont nettement supérieures par rapport à un système classique de
salariat.
Collectivités d’habitation
La démarche du squat est radicale et représente l’exemple type d’une
réappropriation, mais à l’exception de quelques exemples (comme les
Tanneries à Dijon), c’est souvent une expérience assez limitée dans le
temps. Il est possible d’expérimenter l’organisation collective sous la
forme d’une collocation pour le logement ou de la tenue d’un local
autogéré et financé collectivement, pouvant abriter une librairie, une
bibliothèque alternative et un lieu de réunion, comme c’est souvent le
cas, ou même un local de répétition voir un lieu de concert si la place
et le voisinage le permettent. Une douzaine de personnes peut être un
effectif suffisant pour lancer ce projet.
Offre de prêt sans intérêts
Il existe des fédérations de collectivités de production, qui
organisent et financent le soutient des coopératives, qui mettent en
place des centrales d’achat et font jouer la solidarité et les
synergies inter-collectivités. Le développement de cette caisse
commune, pourrait donner l’occasion de soutenir la création de
nouvelles scop, à travers la mise en place d’un système de prêts
remboursables sans intérêt. Les nouveaux venus viennent alors grossir
les rangs et la caisse commune.
Les prêts sans intérêt sont déjà expérimentés dans certains pays, tel
que l’Inde, par des ONG, ils permettent aux plus pauvres de créer leur
activité. Le taux de remboursement est largement supérieur à celui des
banques classiques, et atteint 98%.
Distribution gratuite de nourriture
On peut reprocher aux restos du cœur d’être devenus une sorte
d’institution dont la présence, 17 ans après sa création, semble
presque normale, comme si la misère elle-même était inéluctable. Mais
de manière pragmatique, les 40 000 bénévoles tentent de réparer les
dégâts du système capitaliste et de l’Etat en fournissant 60 millions
de repas par an, c’est donc une forme d’action directe solidaire
particulièrement utile.
Cette forme de soupe populaire d’initiative non-étatique trouve de
nombreux exemples :
Devant la misère sociale qui régnaient dans les ghettos noirs des
grandes villes américaines, et devant le manque de volonté des
politiques d’apporter les moyens nécessaires, le mouvement des Black
Panthers avait décidé de reprendre les choses en main et d’organiser
quotidiennement des déjeuners gratuits, notamment pour les enfants des
quartiers. une partie des argentins et les zapatistes appliquent
actuellement cette méthode.
La CNT-FAI, dans l’Espagne libertaire de 36-39, a mis en place des
repas gratuits pour tous.
De même que pour les squats, la distribution de nourriture a également
pour objectif de revendiquer le droit de chacun à la satisfaction des
besoins fondamentaux tel que se nourrir ou se loger
Communalisme Libertaire (voir plus haut)
TECHNIQUES DE LUTTE ANARCHO-SYNDICALISTES
La protestation verbale
C' est le type de lutte le plus simple, tant qu'on est en
democratie notre liberté d'expression et un tant soit peu garatie,
profitons'en!
La pétition
C'est un écrit dénonçant, réclamant, exprimant un désaveu, un désir.
La
pétition peut quelque fois influencer, faire obtenir de menus avantages
le plus souvent illusoires et démagogiques. Certains syndicats ne
faisant ou ne voulant rien faire, ils se dédouanent par une pétition à
des fins électorales ou pour avoir bonne conscience
Le débrayage
C'est la cessation d'activité pendant une courte durée maximum quelques heures.
Le
débrayage exprime déjà un mécontentement plus grand, la naissance d'une
certaine radicalité. Le débrayage est utilisé comme pression pour des
négociations sur des effets à court terme ou des revendications
mineures. Exemple : manque de chauffage, problèmes de primes, de
salissures ou de casse-croûte etc.
La grève perlée
Débrayage
d'une partie du personnel puis reprise tandis qu'une autre partie
débraye et ainsi de suite. Avantage : perte de salaire minimum par
individu tandis que l'établissement est pratiquement paralysé et que
l'employeur paie ses salariés devenus peu productifs voire inactifs.
L'employeur tentera de faire travailler les non-grévistess,
l'encadrement ou les intérimaires. Si cela ne s'avère pas suffisant, il
fermera l'entreprise pour un temps, c'est le lock out qui lui évite de
verser des salaires à des gens inactifs.
Le coulage
Freiner la
production en étant le moins productif possible.
La grève du zèle
Application stricte ou excessive des consignes et des règlements
entravant le bon fonctionnement de la production.
La grève limitée
Les salariés cessent le travail pour une durée limitée.
*Une variante : 2500 pilotes d'American Airlines se mettent d'un commun
accord simultanément en congés maladies.
La grève illimitée
Cessation du travail par les salariés jusqu'à ce que ceux-ci décident
de reprendre le travail. Avantage : exprime une certaine radicalité,
une participation à la lutte, bloque tout ou partie de la production.
Inconvénient : perte de salaire importante pour les grévistes.
L'établissement peut continuer à produire avec des intérimaires, des
non-grévistes. La production peut être réalisée sur un autre site.
Le piquet de grève
Mise en place de barrages pour empêcher les non-grévistes de pénétrer
dans l'établissement pour réaliser l'ouvrage. Les conditions
matérielles du piquet sont souvent déplorables : pas d'abris, soumis
aux intempéries. Une partie des non-grévistes arrivent parfois à
pénétrer dans l'établissement ou bloqués à l'intérieur ils continuent
d'assurer la production.
La grève avec occupation
Les grévistes investissent le secteur visé, évacuent les
non-grévistess, détournent à leur profit la logistique : salles de
réunions, réfectoires, dortoirs, photocopieuses, téléphones et
véhicules.
La lutte intra muros
qui se limite à l'intérieur de l'établissement
La lutte extra muros
Qui consiste à envahir et occuper tel établissement ou une
administration favorable à l'employeur : Direction Départementale du
Travail et de Emploi, justice, mairie, local de parti politique, siège
d'un journal, Chambre de Commerce et d'Industrie, quartier résidentiel
des cadres ou de l'employeur, entreprise où a été transférée la
production.
La manifestation de ville
Elle fait découvrir le conflit, popularise la lutte, maintient la pression, permet de jauger le rapport de force.
La manifestation nationale voire internationale
Suit les mêmes règles que celle de ville mais à une plus grande échelle.
L'intox
Produire rumeurs, informations en tout genre pour fragiliser l'adversaire.
Le discrédit
Rendre publiques des critiques sur la qualité des produits ou services de l'établissement.
Le sabotage
Cette
vieille méthode de lutte est toujours pratiquée bien que non
médiatisée. Elle doit être manipulée par des individus conscients des
risques ou de l'effet catastrophique à terme de certaines destructions
pouvant entraîner la fermeture de l'entreprise. Peut être qu'une
graduation doit être introduite pour éviter des problèmes néfastes. Le
sabotage est une arme très efficace, peu coûteuse pour les grévistes,
très nocive pour l'employeur. Il faut toujours conserver à l'esprit que
la lutte doit nuire à l'employeur, exploiteur mais pas aux usagers
salariés eux-mêmes, ex : les services publics, les transports, EDF,
santé, alimentation, etc.
La réappropriation
Reprise sous le contrôle des salariés de biens produits par l'entreprise c'est-à-dire par eux-mêmes.
La vente sauvage
Vente par les grévistes des stocks de l'entreprise pour constituer un trésor de guerre qui les indemnisera.
La production sauvage
Les
grévistes utilisent les machines de l'entreprise pour produire des
biens qu'ils vendent directement à la population en en réduisant le
prix ce qui satisfera tout le monde et apportera des liquidités aux
grévistes.
Le travail sauvage
Utilisant
leurs propres outils les grévistes réparent fabriquent ou rendent des
services aux particuliers moyennant finances. Exemples les coiffeurs de
Rennes qui, sur une place publique coupèrent les cheveux. L'argent payé
pour ce service allait à la caisse de grève. En Australie, les
chauffeurs de tramway, pendant une grève mirent les trams en
circulation gratuitement pour la population.
Le boycott
Sur demande des salariés en lutte dans une entreprise, ne pas utiliser
ou acheter telle production ou tel service fournis par cette même
entreprise. Exemple : le comité de lutte appelle la population à ne pas
consommer telle marque de produit tant que les revendications ne sont
pas satisfaites.
La désobéissance civile
Refus d'appliquer, de se soumettre aux lois de l'Etat. Exemple :
soutenir et aider des personnes réprimées. Ne pas payer l'impôt,
refuser de présenter ses papiers d'identité, de faire l'armée... etc.
La grève généralisée
Situation de grève touchant tout un secteur ou
plusieurs secteurs de production ou bien une région, un pays ou un
groupe de pays.
La grève générale
Grève intercatégorielle, intersectorielle sur un territoire donné
région, pays, international. Action consciente et concertée, ce qui la
différencie de la grève généralisée. C'est l'arme voulue, souhaitée,
défendue par les anarcho-syndicalistes. C'est l'acte ou toute une
masse, qu'elle le sache ou non, s'anarchosyndicalise. En effet, à ce
stade, les gens en lutte entendent défier leurs adversaires. Ils ne
s'en remettent pas au verdict des urnes, ni au gouvernement qui en est
issu, ni aux promesses à venir. Les gens en lutte, s'appuyant sur
l'action directe, entendent ici et maintenant faire aboutir leurs
revendications. La grève générale marque et exprime l'affrontement de
classes clairement. Si elle est massive, le rapport de force est
optimum et d'autres choix peuvent apparaître.
*Une grève générale a immobilisé à 80 % l'économie péruvienne grâce à
l'union des étudiants, des travailleurs et des paysans.
La grève générale insurrectionnelle
Les
grévistes, pour diverses raisons, deviennent émeutiers, barricadiers.
Le peuple se soulève ouvrant la perspective d'une possible
expropriation des capitalistes.
En 1934, au Portugal, la CGT déclenche une grève générale
insurrectionnelle
La grève générale expropriatrice
Les grévistes, maîtres de la rue, s'emparent des moyens de production,
d'échange, de communication. Les entreprises, le commerce, les
administrations sont placés sous le contrôle des comités de luttes.
C'est le prélude à un changement social profond d'où peut sortir le
communisme libertaire ou autre chose mais attention danger.
On trouve un exemple de grève générale expropriatrice et
insurrectionnelle dans les événements du 19 juillet 1936 en Espagne,
alors que la CNT et la FAI regroupaient plus d’1,2 millions d’adhérents
La liberté ne se demande pas, elle se prend !
(merci à subsociety et à la cnt)
09 avril 2005
education
Le système
éducatif actuel ou
"Comment
programmer un enfant".
Dans la reconstruction d'une nouvelle
société, la priorité qui s'impose
clairement est l'éducation. La société
idéale, l'objectif à atteindre, devra
être une société ou chaque individu
quelque soit son âge, sa couleur, son sexe, ses opinions...
puisse apprendre tout au long de sa vie. C'est un des principes de
l'éducation populaire proposée par les
anarchistes avec les méthodes d'éducation
alternatives (type Freinet ou autre) appliquées dans
certaines écoles (l'école libertaire de
Bonaventure à Oléron par exemple). Une
société, donc, ou la Culture, les Arts et les
Sciences sont accessibles à tous gratuitement, sous de
multiples formes, sur tous les supports possibles pour faire progresser
le niveau intellectuel moyen en encourageant la création, la
connaissance, la compréhension, la logique dans une
"école perpétuelle".
Il faut diversifier les méthodes d'apprentissages, le fond
et la forme des cours. L'expérience doit accompagner la
théorie et celle-ci ne doit pas être
dispensée en vrac: L'éducation dans les
écoles actuelles du premier cycle s'apparente plus
à un bourrage de crâne de données
diverses présentées sans lien apparent ou
à un apprentissage d'outils et de méthodes
isolées dont on ne nous explique pas l'utilité
concrète.
Au lieu d'une ouverture d'esprit et de l'envie d'apprendre de
connaître et de comprendre, c'est l'ennui et le
dégoût que provoque souvent ce système
éducatif. C'est l'échange de connaissances et de
points de vue entre individus, le débat, l'enrichissement au
contact des autres et l'émulation qui doivent être
encouragés, et non la compétition, or, on nous
apprend dès notre plus jeune âge à
considérer l'autre comme un ennemi. Les
élèves en difficulté doivent
être particulièrement soutenus et
aidés, et non exclus. Il est prouvé que
l'intelligence dépend beaucoup moins de
l'hérédité que de l'environnement dans
lequel s'est développé l'individu, et
même en cas de faiblesse mentale, le
phénomène n'est pas irréversible. En
effet une étude portant sur des personnes en
difficulté montre qu'un changement de milieu
socio-éducatif, apporte un gain, en moyenne, de 19 points de
QI.
Il est évident que l'influence du patrimoine
génétique d'un individu est, sinon nulle (les
spécialistes en débattent encore) au moins
négligeable, comparée à celle de
l'environnement social, familial, amical, professionnel,
éducatif, géographique, culturel,
médiatique... Ce que certains considéreront
parfois comme des traits de caractères
héréditaires ne seront que des acquis
marqués par l'empreinte de l'influence parentale. D'ailleurs
selon les généticiens, les hommes sont identiques
à 99.95%.
L'intelligence est une notion très complexe à
définir. Il y a plusieurs formes d'intelligences, certains
en trouvent 7, par exemple, on peut distinguer l'intelligence logique,
pratique, émotionnelle, conceptuelle, spatiale,
l'intelligence de soi et celle des autres... Je pense qu'on dispose de
tout un dégradé, d'une infinité
d'intelligences mais que les niveaux de toutes ces formes
d'intelligences sont variables selon les personnes et même
pour un individu (selon l'entraînement, la fatigue, les
facteurs extérieurs...), il est probable qu'un manque dans
telle ou telle aptitude peut déclencher une compensation
dans un autre domaine comme dans le cas de la perte d'un sens:
L'aveugle aura un toucher et une ouie plus sensibles. De
même, un autiste pour qui l'aptitude à communiquer
sera bloquée, pourra développer d'autres
fonctions de son cerveau telle que la mémoire.
L'intelligence, tout comme la mémoire ne s'use que si l'on
ne s'en sert pas. On peut développer toute forme
d'intelligence par l'exercice, de même qu'on
accroît ses capacités physiques par
l'entraînement. C'est pourquoi il est possible de combler ses
"lacunes mentales". La détection de ces lacunes est
impossible à un individu isolé car il ne peut
avoir conscience de ce qu'il n'a pas, alors que la confrontation avec
autrui lui apportera une autre conception du possible, des potentiels
humains. Nous avons tous ces lacunes, il n'y a que par la
diversité des fréquentations qu'on peut les
combler. Les différences culturelles, raciales... entre les
individus doivent être considérées
comme une force, comme une richesse potentielle.
A propos d'intelligence, voici ce qu'Albert Einstein disait du
système capitaliste:
"Le capital privé tend à se concentrer dans
quelques mains... Le
résultat de ces développements est une oligarchie
du capital
privé dont la puissance colossale ne peut être
réellement
contrôlée même par une
société politiquement organisée de
façon démocratique. Ceci est vrai puisque les
membres des
organisations législatives sont choisis par des partis
politiques,
financés en grande partie, ou, en tout cas,
influencés par des
capitalistes privés qui, pour des raisons d'ordre pratique,
séparent l'électorat de la
législature."
"Ceci a pour conséquence que les représentants de
la population
ne protègent pas suffisamment efficacement les
intérêts des
parties sous privilégiées de celle-ci. De plus,
dans certaines
conditions, les capitalistes privés contrôlent
inévitablement,
directement ou indirectement, les sources principales
d'information (presse, radio, enseignement). Il est donc
extrêmement difficile, et, en réalité
dans la plupart des cas tout à
fait impossible, pour un individu de parvenir à des
conclusions
objectives et d'utiliser intelligemment ses droits politiques."
Remarquons également que "la situation
prédominante dans une
économie basée sur la
propriété privée du capital se
caractérise
par des principes incluant de façon primordiale, le fait que
la
production est poursuivie dans un but de profit, et non dans un
but lié à l'utilisation de celle-ci."
Stanislas kazal prône l'abolilition des barrières genérationelles.........
30 avril 2005
GAUCHISME
GAUCHISME
Le
terme de gauchisme appartient, au sens strict, au vocabulaire marxiste
puisqu’il a été popularisé
par Lénine dans une brochure publiée en 1920 et
intitulée Le
Gauchisme, la maladie infantile du communisme .
Depuis lors, le mot a
souvent été utilisé, en particulier
par les communistes, pour discréditer les
tendances les plus extrémistes du mouvement ouvrier. Il a
surtout été appliqué
aux militants qui se sont inquiétés de
l’option faite par les partis
communistes en faveur de l’action légale.
Toutefois,
la vogue du terme date des années
1965-1968, lorsque les États-Unis puis l’Europe
occidentale furent tour à tour
touchés par des mouvements de contestation nés en
milieu universitaire et qui
ont mobilisé rapidement de larges secteurs de la jeunesse.
La
complexité du phénomène, le fait que
les
marxistes «orthodoxes» appelaient
déjà «gauchiste» cette
nouvelle génération de
révolutionnaires ont amené les médias
à reprendre le mot en élargissant
considérablement sa signification. Gauchisme est devenu
synonyme de
contestation et on qualifia indifféremment de gauchistes des
militants
révolutionnaires appartenant à des familles
politiques pourtant très
précisément typées. On classe sous
cette étiquette des mouvements qui remettent
en cause les sociétés actuelles, leur
organisation comme leur fonctionnement,
les relations entre les sexes comme les modes de production et la
protection de
l’environnement.
Au-delà
du socialisme scientifique
L’origine
Lorsque
Lénine publie Le
Gauchisme, la maladie infantile du communisme ,
c’est pour combattre une
tendance qui se manifeste au sein de la IIIe Internationale
et qui est
particulièrement sensible dans les sections de
Grande-Bretagne et d’Allemagne.
À la veille du IIe congrès
de l’Internationale communiste, exaltés par le
succès de la révolution bolchevique en Russie, un
certain nombre de communistes
se montrent partisans de l’usage des seuls moyens
illégaux et critiquent la
notion de parti car ils pensent que le peuple peut conduire, de sa
propre
initiative, une révolution à la victoire. Ces
«puristes» se déclarent
favorables à l’action révolutionnaire
immédiate. Au sens strict du terme, le
gauchisme appartient donc au langage politique marxiste et
désigne les
révolutionnaires trop pressés.
Les
précurseurs
Les
idées de ces derniers sont à rattacher
à la tradition du socialisme utopique
que les marxistes ont toujours cherché à
discréditer en lui opposant leur
méthode d’analyse qu’ils jugent
scientifique.
Sans
rejeter l’apport de Marx et d’Engels, les
gauchistes s’efforcent de réhabiliter un autre
courant du mouvement ouvrier: la
tradition libertaire illustrée par Proudhon, Bakounine et
Kropotkine. Pendant
des années en effet, en particulier durant toute la
période du stalinisme, la
multiplicité des voies de passage au socialisme
n’était pas admise et les
recherches dans ce domaine étaient bloquées par
l’absence même de débat. Il a
fallu qu’intervienne, dans un premier temps, la critique de
l’expérience
soviétique pour que petit à petit se
développe une nouvelle analyse révolutionnaire.
En
ce sens, des philosophes comme Karl Korsch
et György Lukács ouvrent la route. Dans un
remarquable essai sur Les
Origines du gauchisme ,
Richard Gombin note à ce propos: «En
séparant l’être
et la conscience, non seulement Lénine nie tout rapport
dialectique entre la
théorie et la praxis, mais, en outre, il fait du
matériel, de l’être un absolu,
une catégorie idéelle. On le voit, la querelle
philosophique débouchait sur
l’appréciation du mouvement
révolutionnaire en tant qu’agent autonome ou non
de
la dialectique de l’histoire, et c’est toute la
primauté du parti qui est visée
puisque c’est le prolétariat en tant que classe
qui saisit et dépasse les
réalités historiques et d’abord sa
propre aliénation.»
La
critique du régime soviétique,
présenté
comme donnant naissance à une
«bureaucratie», a amené toute une partie
de la
gauche à remettre en cause non seulement la politique de
construction du
socialisme appliquée en U.R.S.S., mais également
la méthode bolchevique
elle-même, c’est-à-dire la
stratégie léniniste de passage au socialisme.
Gauchisme
et extrême gauche
Cette
interrogation sur le léninisme détermine
d’ailleurs le clivage le plus
important au sein de ce qui constitue la nouvelle extrême
gauche
révolutionnaire et qui se voit
généralement qualifiée de gauchiste.
On
doit en effet distinguer l’extrême gauche
qui se situe dans la tradition marxiste et prend totalement en compte
la
révolution de 1917, du gauchisme ou
«ultra-gauche». Cette extrême gauche est
composée de communistes extrémistes qui se
rattachent soit au trotskisme, soit
au maoïsme. Si, lors de leurs actions, ils se trouvent
généralement au coude à
coude avec les gauchistes, si nombre de leurs thèmes de
mobilisation recoupent
ceux de l’ultra-gauche, leurs bases politiques en
général et leurs analyses
stratégiques en particulier restent très
différenciées.
Le
spontanéisme
Les
gauchistes, pour leur part, en remettant en cause le schéma
léniniste, ont été
amenés à redécouvrir les
débats du début du siècle sur le
rôle du parti et sur
l’organisation du mouvement révolutionnaire.
C’est
la figure de Rosa Luxemburg qui émerge le
plus nettement dans cette recherche des précurseurs. De
nombreux militants ont
été sensibles à son analyse selon
laquelle le mouvement révolutionnaire trouve
dans la lutte ses propres formes d’organisation. La
révolution, dans cette
optique, est largement spontanée: il n’est plus
question de déclencher le
conflit décisif à un moment
déterminé par l’état-major
du parti
révolutionnaire.
Cette
théorie spontanéiste débouche
naturellement sur la critique des organisations ouvrières
traditionnelles et
emprunte de nombreux éléments à
l’anarchisme et à la théorie du
communisme des
conseils ouvriers élaborée en particulier par le
Hollandais Anton Pannekoek.
Changer
la vie
À
ce premier héritage il convient également
d’adjoindre la critique de la vie
quotidienne qui est devenue l’une des sources principales de
l’activité
gauchiste. Ici, les nouveaux révolutionnaires se montrent
notamment les
continuateurs du philosophe français Henri Lefebvre. Il
s’agit pour eux de
dépasser les notions purement économistes de la
division de la société en
classes. Leur prolétariat ne correspond plus à la
notion marxiste
traditionnelle mais se confond avec la notion
d’aliénation. Or cette aliénation
ne découle pas seulement de l’organisation
capitaliste du travail, mais se
retrouve dans toutes les structures de la
société, l’école par
exemple, et dans
toutes les dimensions de la vie, la sexualité en particulier.
En
outre, les formes de la production
contemporaine et de la consommation sont remises en cause au nom de
l’écologie.
Si les fondements de cette science des relations entre les
êtres vivants
remontent au XIXe siècle,
l’expression politique de ce courant
d’idées
n’a émergé que durant les
décennies soixante et soixante-dix, parallèlement
au
développement du gauchisme.
Une
révolte antiautoritaire
Les
positions théoriques vécues par les militants
sont plus schématiques. Pour les
partis de gauche traditionnels, socialistes et communistes,
l’homme est asservi
par le système économique qui fait de lui un
producteur salarié travaillant
pour le plus grand profit des possesseurs de capitaux. En renversant ce
système
économique, on doit donc libérer
l’individu. Les gauchistes, constatant la
situation des citoyens dans les sociétés
où le capitalisme a été
renversé, ont
poussé plus loin le raisonnement. Tout en admettant la
réalité de cet
asservissement d’origine économique et en
souhaitant y mettre un terme, ils
expliquent que l’individu est victime de bien
d’autres contraintes dans sa vie
quotidienne. La famille, par exemple, se fait oppressive dans la mesure
où elle
est construite sur un schéma hiérarchique
classique. L’autorité vient d’en haut
et ne peut être discutée.
Déjà habitué à
obéir dans le cadre familial, l’enfant
continue d’être formé dans la
même optique par l’école. Quand il
devient un
producteur, dans son usine ou dans son bureau, les réflexes
acquis continuent à
jouer et il subit toujours une autorité imposée.
Sur le plan moral, il en va de
même. Entre une double barrière
d’interdictions de toute nature, l’individu ne
se voit offrir comme seule perspective que la possibilité de
se marier pour
faire quelques enfants. Mais comme tout est prévu, il pourra
néanmoins, en
sacrifiant le fruit d’un certain nombre d’heures de
salaire, s’offrir
l’illusion de la liberté – y
compris de la liberté sexuelle – au
cinéma ou devant son écran
de télévision. Au terme de cette analyse, le
gauchisme s’en prend donc à tous
les éléments de la vie et de la
société, et pas uniquement à
l’organisation du
travail et de l’économie.
La
constante de ce combat est la lutte
antiautoritaire. Nombreux sont d’ailleurs les gauchistes qui
ne manquent pas de
rappeler que les partis, dans leur forme courante, reproduisent en leur
sein le
schéma hiérarchique fondé sur la
notion d’autorité.
Le
refus de la productivité
Cette
contestation porte également sur le caractère
productiviste des sociétés
industrielles, qu’elles soient de type capitaliste ou de type
socialiste. Une réévaluation
de la notion de travail est donc proposée, la
finalité même de la production
industrielle étant remise en cause. Cette attitude se
manifeste notamment à
travers le courant écologiste dont des pans entiers sont
assimilables au
phénomène gauchiste. À plusieurs
reprises, des convergences sont apparues entre
des groupes de l’ultra-gauche prônant parfois la
violence et des mouvements
d’écologistes dont la philosophie est
généralement proche de la non-violence.
Tel
a été, en particulier, le cas, lors de
manifestations contre le développement des centrales
nucléaires.
À
cette occasion, en effet, ont convergé le
courant écologiste et celui des
«autonomes». La violence de ces derniers – qui
entendaient répondre à la
violence de l’État – n’a
pas été comprise par les défenseurs,
volontiers
légalistes, du «pouvoir vert».
La
spécialisation
Comme
il est difficile d’offrir des réponses
à tous les sujets ainsi soulevés, les
gauchistes ont eu tendance à se spécialiser.
Certains se sont penchés plutôt
sur la vie de l’individu, d’autres sur
l’organisation de la société.
Cette
situation explique que souvent le
phénomène de l’underground
soit assimilé à celui, à
l’origine strictement politique, du gauchisme. Le mouvement
de révolte devant
la société a amené des ouvriers
à quitter leur usine, des lycéens et des
étudiants à rejoindre ceux qui vivaient en marge
et tentaient de construire une
contre-société. Cette
«société souterraine»
(underground), qui s’est développée
de manière importante aux États-Unis, en
Scandinavie et en Allemagne fédérale,
a possédé sa presse, son cinéma, sa
musique, ses zones réservées, ses
organismes d’entraide.
Les
courants gauchistes
L’underground
européen
La
théorie gauchiste, ou plus exactement
l’ébauche de théorie, se limite dans la
pratique
à une revendication d’autogestion. Ou bien cette
mise en place de l’autogestion
est recherchée sur le plan de la
société tout entière, ce qui est le
cas des
groupes gauchistes politiques (avec toujours la divergence de
stratégie entre
l’extrême gauche léniniste et
l’ultra-gauche), ou bien on tente de la faire
vivre dès maintenant à travers des
expériences limitées comme les communes ou
les communautés.
L’itinéraire
des groupes politiques est
directement lié au contexte national de chaque pays.
L’underground européen
s’insère pour sa part dans un mouvement plus
large. Le phénomène hippy, qui a
connu son âge d’or aux États-Unis en
1966-1967, a touché en Europe les pays
dont le type de civilisation est le plus proche du modèle
américain. Le
phénomène des communautés
s’est répandu dans les pays scandinaves sous le
nom
de familles, puis, de là, il a peu à peu conquis
la jeunesse anglo-saxonne,
laissant l’Europe latine à
l’écart. Les groupes gauchistes
français et italiens
se sont toujours montrés plus politisés et plus
enclins aux débats
idéologiques.
Happening
et situationnisme
En
France, les thèmes ont d’abord
été véhiculés par quelques
rares personnalités
du monde intellectuel parisien, comme Jean-Jacques Lebel, organisateur
de
happenings, et le groupe Mandala qui se référait
à l’Inde et au
psychédélisme.
Cette mode apparaissait alors beaucoup plus comme un sous-produit du
surréalisme que comme le signe annonciateur du
débarquement en Europe de la
culture hippie.
La
transition entre l’extrémisme politique et
ces recherches a plutôt été
assurée par un groupe comme l’Internationale
situationniste qui traitait dans sa revue les problèmes
formant le fonds
idéologique de l’underground. En mai 1968,
l’extrême gauche française
n’était
pas encore à même de comprendre ce langage qui, en
Allemagne, commençait juste
à toucher des couches plus larges du mouvement
étudiant. «La révolution,
expliquait l’Internationale situationniste, cesse
dès l’instant où il faut se
sacrifier pour elle. Ceux qui parlent de révolution et de
lutte de classes sans
se référer explicitement à la vie
quotidienne, sans comprendre ce qu’il y a de
subversif dans l’amour et de positif dans le refus des
contraintes, ceux-là ont
dans la bouche un cadavre.» Ce cadavre, pour les adeptes de
l’Internationale
situationniste, est celui du marxisme.
La
contestation
À
la diversité du gauchisme quant à ses origines et
à ses axes stratégiques
s’oppose l’unité de sa
méthode d’action: la contestation. Il
s’agit
fondamentalement d’une technique révolutionnaire
dont le but est de révéler aux
gens toutes les entraves que la société met
à leur épanouissement personnel,
qu’il s’agisse de la morale, de
l’éducation ou, d’une façon
plus générale, de
l’univers gris et triste des sociétés
techniciennes: d’où, par exemple, la
réhabilitation de la fête.
La
contestation peut toutefois prendre des
formes diverses et les techniques révolutionnaires varient
considérablement
selon les courants. Aux révolutionnaires clandestins,
militairement organisés,
du Front de libération du Québec, des Tupamaros
d’Uruguay ou de l’Armée rouge
japonaise s’opposaient des propagandistes plus pacifiques en
Europe occidentale
où les thèses du théoricien
brésilien de la guérilla urbaine, Carlos
Marighela,
n’ont pas été mises en application.
Les
autonomes
Encore
convient-il de relever l’apparition des
«autonomes». Fonctionnant tantôt sous
forme d’assemblées générales
dans des locaux universitaires, tantôt par le
biais de commandos plus ou moins violents, ils se veulent un mouvement
à la
fois spontanéiste et informel. Intellectuellement ce courant
puise ses bases
dans le phénomène allemand de la bande
à Baader et dans l’exemple italien des
Brigades rouges. Il a trouvé une tribune en septembre 1977
à Bologne lors d’un
«colloque sur la répression». En
Allemagne fédérale, les autonomes ont
notamment organisé, en janvier 1978 à
Berlin-Ouest, le rassemblement «Tunix» (Tue
nichts :
ne fais rien). En France, le phénomène est,
là encore, demeuré
d’une ampleur limitée, se bornant à des
heurts avec les forces de l’ordre en
marge de manifestations politiques et syndicales ou à
quelques opérations de
vandalisme. Les autonomes se sont exprimés à
travers quelques revues comme Camarades
(autodissoute en 1978), Marge
ou Matin d’un blues .
Ce courant autonome a servi
de refuge à de jeunes marginaux. Il attira aussi des adeptes
de groupes de
défense de prisonniers, de groupes féministes ou
homosexuels. Ce recrutement
très typé n’a pas tardé
à submerger les éléments de
l’extrême gauche marxiste
présents à l’origine.
L’idéologie
véhiculée par le courant autonome
est fondée sur le refus de toutes les structures
d’encadrement de quelque
nature qu’elles soient. Elle n’est pas sans
évoquer les thèses libertaires,
voire un certain nihilisme. Cette position conduit au refus du salariat
comme
du militantisme. Indépendamment du recours à la
violence, présentée comme une
forme d’autodéfense mais aussi comme un
témoignage, les autonomes usent
volontiers de la dérision (valorisation de
l’absentéisme par exemple). Ils
accordent enfin une grande importance à la notion de
désir. Parmi les actions
auxquelles ils se sont trouvés associés, on peut
relever le développement des
mouvements de squatters et des radios pirates.
Les
écologistes
Le
seul courant héritier, au moins en partie, du gauchisme qui
ait su se
développer de manière significative dans les
opinions occidentales demeure
l’écologie. Relayés par un
consumérisme qui s’est également
développé à partir
de la fin des années soixante, les écologistes
ont recruté au sein de
l’ultra-gauche. En France, par exemple, Pierre Fournier dans Hara-Kiri
hebdo ,
puis en lançant La
Gueule
ouverte ,
développe un discours catastrophiste, une
prophétie de fin du
monde tout en tenant la chronique de la vie communautaire.
Rassemblés par le
refus de l’énergie nucléaire et une
non-violence conduisant à des formes
d’antimilitarisme, gauchisme et écologie ont
mêlé leurs thèmes et leurs troupes
aussi bien dans la contestation du surgénérateur
Superphénix à Malville (juill.
1977) que face à la confiscation des terres des paysans du
Larzac au profit
d’un terrain militaire (août 1973). La
prééminence des écologistes se
traduit,
vingt ans plus tard, par l’affirmation d’une
réalité électorale que
l’extrême
gauche n’est jamais parvenue à asseoir.
C’est ainsi que, en 1991, Pierre
Juquin, ancien membre du bureau politique du Parti communiste
français, après
avoir échoué dans son projet de rassemblement du
gauchisme et des écologistes,
a dû solliciter le droit d’adhérer chez
les Verts.
Répression
et récupération
Face
à l’extension de la contestation gauchiste dans
les pays occidentaux
développés, un double
phénomène de répression et de
récupération s’est engagé.
D’une part, les divers gouvernements se sont
efforcés d’adapter leurs systèmes
de sécurité et leur législation aux
formes nouvelles d’activité politique et
parfois de délinquance qui apparaissaient. D’autre
part, un certain nombre de
thèmes mis en avant par les gauchistes – environnement,
situation des
travailleurs immigrés, transports, etc. – ont
été repris en compte par
les forces politiques traditionnelles.
20 juin 2005
Petit historique de l'anarchisme
Petit
historique de l'anarchisme
L'anarchisme ne s'est vraiment constitué en mouvement
politique qu'au XIXème siècle.
Certains auteurs, comme Jean Préposiet,
considèrent que les philosophes cyniques de
l'Antiquité ont pensé et vécu en
libertaires. Durant le Moyen-Age, le politique et le sacré
étaient très liés. Il est donc
difficile de reconnaître le caractère anarchiste
de certaines hérésies, qui ont pourtant
provoqué de grandes aspirations à plus de
justice. Elles ont amené de très fortes
contestations et oppositions à l'ordre établi. A
la Renaissance, divers mouvements apparurent structurant d'avantage
leur contestation et séparant la politique du
sacré, avec l'appui des philosophes. Enfin, des
précurseurs, comme le curé Meslier apparurent
à la fin du XVIIème siècle.
Les grands théoriciens de l'Anarchisme vécurent
au XIXème et s'investirent dans les mythes de cette
époque. C'est ainsi que Bakounine, Proudhon, Reclu,
Kropotkine, participèrent aux diverses
révolutions qui jalonnèrent ce siècle
. C'est en 1864 que les ouvriers européens
décident de se fédérer au sein de
l'AIT, 1ère Internationale, qui est fondée
à Londres le 28 septembre . Dès 1869, les ennuis
commencent car Marx et ses fidèles veulent imposer leur vue
autoritaire de l'action ouvrière. En 1872, au
5ème congrès de l'AIT à La Haye, c'est
la scission et les anarchistes sont exclus de l'Internationale, alors
qu'ils représentaient la majeure partie des travailleurs,
mais Marx avait bien manœuvré...
Le 15 septembre 1872, les exclus de l'AIT se réunirent
à Saint Imier, et déclarèrent :
" -Que la destruction de tout pouvoir politique est le premier devoir
du prolétariat.
-Que toute organisation d'un pouvoir politique soit-disant provisoire
et révolutionnaire, pour amener cette destruction, ne peut
être qu'une tromperie de plus et serait aussi dangereuse pour
le prolétariat que tous les gouvernements existants
aujourd'hui. "
En 1871, la Commune de Paris a été
écrasé dans le sang. Les lois "
scélérates " sont promulguées et la
propagande par le fait provoque quelques feux d'artifice dans les
marmites . De cette époque, il reste des idées
préconçues sur les anarchistes... En effet, vers
1900, les choses changent et les anarchistes comprennent qu'il leurs
agir différemment. Ils investissent les syndicats et
permettent à ces derniers de retrouver leur vigueur en
prônant l'action directe, c'est à dire l'action de
travailleurs eux-mêmes pour la réalisation de
leurs revendications : journée de 8 heures, salaire
décent, etc. C'est ainsi que la CGT, à sa
fondation, adopte des principes anarchistes d'organisation... Il
semblerait que cela ait changé . Des tentatives pacifistes
menées par des anarchistes essayent d'éviter la
boucherie de 14-18 .
En 1917, la révolution russe a été au
début menée par les anarchistes, on l'oublie
souvent. Mais les Bolcheviques ont pris le contrôle (merci
Lénine) et ont écrasé tout ce qui
était anarchiste.
Ainsi, en 1921, le soviet de Cronstadt, lieu où
l'organisation anarchiste avait fait ses preuves dès le
début de la Révolution, fut massacré
par Trotsky, merci Léon.
Makhno, en Ukraine, a, dans les mêmes années,
fédéré un mouvement de paysans, qui
pratiquait l'autogestion et l'anarchisme au quotidien.
Liquidé par l'Armée Rouge.
Puis en 1936, ce fut la guerre d'Espagne. " Pendant 3 ans, l'Espagne a
vu se réaliser sur son sol le communisme libertaire. Le
conflit militaire entre les armées loyalistes et les
rebelles nationaux, s'est doublé, à
l'intérieur du camp républicain, d'une
révolution sociale du type anarchiste. "
Faire la guerre et la révolution, une vraie
révolution spontanée et populaire, cela en
inquiétait plus d'un. Ainsi, les communistes espagnols,
à l'aide de leurs copains staliniens, ont
commencé à flinguer les libertaires et
à redonner des terres aux grands propriétaires
franquistes. Les camps de concentration ont fini d'achever les quelques
survivants de la guerre d'Espagne.
Depuis, les anarchistes ont continué à mener des
luttes, en Hongrie en 1956, contre la guerre d'Algérie, pour
l'objection de conscience avec Louis Lecoin, et en 1968.
12 août 2005
Le catéchisme du révolutionnaire
Heureusement pour nous et pour toi que la
révolution ne s'accomplit pas uniquemement de cette
manière...mais attention société garde
toi bien que trop d'injustices et de désespoir
fassent de nous des hommes comme Netchaïev!
Stanislas Kazal
Qui a dit que
les révolutionnaires étaient tous des
idéalistes romantiques!
Le catéchisme du révolutionnaire
Serge Netchaïev
.
ATTITUDE DU
RÉVOLUTIONNAIRE ENVERS LUI-MÊME
1. Le révolutionnaire est un homme
condamné d'avance : il n'a ni intérêts
personnels, ni affaires, ni sentiments ni attachements, ni
propriété, ni même de nom. Tout en lui
est absorbé par un seul intérêt, une
seule pensée, une seule passion — la
Révolution.
2. Au fond de lui-même, non seulement en paroles mais en
pratique, il a rompu tout lien avec l'ordre public et avec le monde
civilisé, avec toute loi, toute convention et condition
acceptée, ainsi qu'avec toute moralité. En ce qui
concerne ce monde civilisé, il en est un ennemi implacable,
et s'il continue à y vivre, ce n'est qu'afin de le
détruire plus complètement.
3. Le révolutionnaire méprise tout doctrinarisme,
il a renoncé à la science pacifique qu'il
abandonne aux générations futures. Il ne
connaît qu'une science — celle de la destruction.
C'est dans ce but et dans ce but seulement qu'il étudie la
mécanique, la physique, peut-être la
médecine, c'est dans ce but qu'il étudie jour et
nuit la science vivante des hommes, des caractères, des
situations, et de toutes les modalités de l'ordre social tel
qu'il existe dans les différentes classes de
l'humanité. Quant à son but, il n'en a qu'un : la
destruction la plus rapide et la plus sûre de cet ordre
abject.
4. Il méprise l'opinion publique. Il méprise et
hait dans tous ses motifs et toutes ses manifestations la
moralité sociale actuelle. A ses yeux il n'y a de moral que
ce qui contribue au triomphe de la Révolution ; tout ce qui
l'empêche est immoral.
5. Le révolutionnaire est un homme condamné
d'avance. Implacable envers l'État et envers tout ce qui
représente la société, il ne doit
s'attendre à aucune pitié de la part de cette
société. Entre elle et lui c'est la guerre
incessante sans réconciliation possible, une guerre ouverte
ou secrète, mais à mort. Il doit chaque jour
être prêt à mourir. Il doit s'habituer
à supporter les tortures.
6. Sévère envers lui-même, il doit
l'être envers les autres. Tout sentiment tendre et
amollissant de parenté, d'amitié, d'amour, de
gratitude et même d'honneur doit être
étouffé en lui par l'unique et froide passion
révolutionnaire. Il n'existe pour lui qu'une seule
volupté, une seule consolation, récompense ou
satisfaction — le succès de la
Révolution. Jour et nuit, il ne doit avoir qu'une
pensée, qu'un but — la destruction la plus
implacable. Travaillant froidement et sans répit
à ce but, il doit être prêt à
périr lui-même, et à faire
périr de sa main tout ce qui empêche cet
accomplissement.
7. Le caractère du véritable
révolutionnaire exclut tout romantisme, toute
sensibilité, tout enthousiasme ou élan. Il exclut
même la haine et la vengeance personnelles. La passion
révolutionnaire étant devenue sa seconde nature,
doit s'appuyer sur le calcul le plus froid. Partout et toujours, il
doit incarner non pas ce à quoi le poussent ses
entraînements personnels, mais ce que lui prescrit
l'intérêt de la révolution.
ATTITUDE DU
RÉVOLUTIONNAIRE ENVERS SES CAMARADES
8. Le révolutionnaire ne peut chérir et traiter
en ami que celui qui a réellement fait preuve d'une
activité révolutionnaire égale
à la sienne. La mesure de l'amitié, du
dévouement et autres devoirs envers un camarade, est
déterminée exclusivement par le degré
d'utilité de celui-ci au point de vue des effets pratiques
de la révolution destructrice.
9. Nous n'avons pas à insister sur la solidarité
des révolutionnaires entre eux. C'est en cette
solidarité que réside toute la force de l'action
révolutionnaire. Les camarades révolutionnaires
qui possèdent au même degré la passion
révolutionnaire, doivent autant que possible discuter en
commun et résoudre à l'unanimité
toutes les affaires importantes. Mais en ce qui concerne
l'exécution du plan conçu, chacun doit travailler
seul à la réalisation de l'action destructrice,
et n'avoir recours aux conseils et à l'aide de ses camarades
qu' au cas où cela serait indispensable pour le
succès de l'entreprise.
10. Chaque camarade doit avoir sous la main plusieurs
révolutionnaires de seconde et de troisième
catégorie, c'est-à-dire à
moitié initiés. Il doit les considérer
comme faisant partie du capital révolutionnaire mis
à sa disposition. Il dépensera avec
économie la partie du capital qui lui est échue,
cherchant toujours à en tirer le plus grand profit. Il doit
être dépensé pour le triomphe de la
cause révolutionnaire, un capital dont il ne pourra disposer
sans le consentement de toute la confrérie des
initiés.
11. Lorsqu'un malheur arrive à quelque camarade, et que le
révolutionnaire doit décider s'il faut, oui ou
non, lui porter secours, il ne devra tenir compte des sentiments
personnels, mais uniquement de l'intérêt de la
cause révolutionnaire. Aussi devra-t-il peser d'une part
l'utilité que présente le camarade en question,
d'autre part la dépense des forces
révolutionnaires nécessaires pour le sauver; il
prendra sa décision en conséquence.
ATTITUDE DU
RÉVOLUTIONNAIRE ENVERS LA SOCIÉTÉ
12. L'admission d'un nouveau membre, dont le zèle ne se
serait manifesté qu'en paroles et non en action, ne peut
être votée qu'à l'unanimité.
13. Le révolutionnaire ne pénètre dans
les sphères de l'État, des castes et de la
société dite civilisée, et n'y vit,
que dans le but de leur destruction aussi totale que rapide. Il n'est
pas un vrai révolutionnaire s'il regrette quelque chose dans
ce monde, si la situation et les relations d'un homme appartenant
à ce monde (où tout doit lui être
également haïssable) le font hésiter.
Tant pis pour lui s'il a gardé dans ces sphères
des relations de parenté, d'amitié ou d'amour; il
n'est pas un vrai révolutionnaire si elles peuvent faire
hésiter sa main.
14. Dans le but d'une destruction implacable, le
révolutionnaire peut et doit vivre au sein de la
société et chercher à
paraître tout différent de ce qu'il est en
réalité. Le révolutionnaire devra
pénétrer partout, dans toutes les classes
moyennes ou supérieures — dans la boutique du
commerçant, dans l'église, dans l'hôtel
du noble, dans le monde bureaucratique, militaire, ainsi que dans celui
des lettres, dans le IIIème Bureau et même au
Palais d'Hiver.
15. Toute cette société abjecte doit,
être divisée en plusieurs catégories :
première catégorie : elle est
condamnée à mort sans délai. Qu'on
établisse une liste de ces personnes selon le
degré auquel elles peuvent être nuisibles au
succès de la cause révolutionnaire, afin que ceux
qui portent les premiers numéros périssent avant
les autres.
16. En établissant l'ordre de cette liste, il ne faudra pas
s'inspirer des méfaits personnels de tel ou tel individu, ni
même de la haine que ces méfaits ont
provoquée chez le peuple. Provisoirement, ces
méfaits et cette haine peuvent même être
utiles, car ils aident à éveiller la
révolte populaire. Il faudra donc s'inspirer du
degré d'utilité qui pourra résulter de
la mort de cet individu, pour la cause révolutionnaire.
Aussi, faudra-t-il supprimer en premier lieu les hommes tout
particulièrement nuisibles à l'organisation
révolutionnaire, ainsi que ceux dont la mort violente et
subite pourra inspirer le plus de terreur au gouvernement. En privant
celui-ci d'hommes fermes et intelligents on arrivera à
ébranler son pouvoir.
17. La seconde catégorie devra
précisément comprendre les hommes auxquels on
confère la vie provisoirement, afin qu'ils provoquent la
révolte inéluctable du peuple par une
série d'actes féroces.
18. La troisième catégorie comprend un nombre
considérable de brutes haut placées et de
personnalités qui, grâce à leur
situation, bénéficient de la richesse, des
relations puissantes, de l'influence et du pouvoir. Il faut les
exploiter de toutes les manières, leur faire perdre pied,
les rendre bredouilles, et en faire ses esclaves en mettant la main sur
leurs vils secrets. Leur influence, leurs relations, leur pouvoir,
leurs richesses et leur force deviendront ainsi un trésor
inépuisable et un puissant secours pour les organisations
révolutionnaires.
19. La quatrième catégorie comprend les hommes
d'État ambitieux et les libéraux de toute nuance.
Il est permis de conspirer en leur compagnie et selon leur programme,
en faisant semblant de leur obéir aveuglément,
tandis qu'en réalité on les asservit, on s'empare
de leurs secrets, on les compromet définitivement, afin de
leur couper la retraite et jeter le trouble dans l'État par
leur entremise.
20. La cinquième catégorie comprend les
doctrinaires, les conspirateurs et les révolutionnaires, se
livrant à des vaines palabres dans les cercles politiques et
dans leurs écrits. Il faut sans cesse les pousser, les
entraîner, les obligeant à faire des
déclarations concrètes et dangereuses, dont le
résultat sera la faillite définitive de la
majorité et l'éducation
révolutionnaire de quelques-uns.
21. La sixième catégorie, fort importante,
comprend les femmes, qu'il faut diviser en trois
sous-catégories : les unes légères,
stupides et sans âme, dont on pourra user de même
que de la troisième et de la quatrième
catégorie des hommes; les autres —
passionnées, dévouées, mais
n'étant pas des nôtres, parce qu'elles n'ont pas
encore élaboré une conception réelle,
pratique et sans phrases de la cause révolutionnaire. Il
faudra en tirer parti de même que des hommes de la
cinquième catégorie. Enfin, les femmes qui sont
entièrement des nôtres, c'est à dire
pleinement initiées et ayant accepté l'ensemble
de notre programme. Celles-ci sont nos camarades, et nous devons les
envisager comme notre plus précieux trésor, car
nous ne saurions nous en passer.
ATTITUDE DE LA CONFRÉRIE ENVERS LE PEUPLE
22. La Confrérie n'a pas d'autre but que
l'entière libération et le bonheur du peuple -
c'est-à-dire des travailleurs. Mais convaincue que cette
libération et ce bonheur ne sont possibles qu'au moyen d'une
révolution populaire qui balayerait tout sur son passage, la
Confrérie contribuera de toutes ses forces et de toutes ses
ressources au développement et à l'extension des
souffrances qui épuiseront la patience du peuple et le
pousseront à un soulèvement
général.
23. La Confrérie n'entend pas sous
«révolution populaire» un mouvement
réglé selon les idées de l'Occident,
et qui s'arrêterait respectueusement devant la
propriété et les traditions de l'ordre social, et
devant ce qu'on appelle la civilisation et la moralité. Ce
genre de mouvement s'est borné jusqu'ici à
renverser une forme politique, afin de la remplacer par une autre et de
créer l'État dit révolutionnaire.
Seule peut être salutaire au peuple une révolution
qui détruira jusqu'aux racines de l'État, et
supprimera toutes les traditions, les classes et l'ordre même
existant en Russie.
24. Aussi, la Confrérie n'a nulle intention d'imposer au
peuple une organisation venant d'en haut. La future organisation sera
sans aucun doute élaborée par le mouvement et la
vie populaire elle-même — mais c'est là
l'affaire des générations futures. Notre oeuvre
à nous est une destruction terrible, entière,
générale et implacable.
25. Aussi, en cherchant un rapprochement avec le peuple, nous devons
tout d'abord nous joindre aux éléments populaires
qui, depuis la fondation de l'État moscovite, n'ont pas
cessé de protester non seulement en paroles, mais en actes,
contre tout ce qui est lié directement et indirectement au
pouvoir : la noblesse, les fonctionnaires, les corporations, le
commerçant exploiteur. Joignons-nous aux brigands hardis,
qui sont les seuls véritables révolutionnaires de
la Russie.
26. Fondre ces bandes en une force invincible qui détruira
tout sur son passage - telle sera l'oeuvre de notre organisation, de
notre conspiration, tel sera notre but.
Serge Netchaïev
De toute façon moi j'aime pas les catéchismes ça me rappelle nos curés thanatophiles!
20 août 2005
L'anarchie est la formulation politique du désespoir
"L'anarchie est la formulation politique du désespoir"
ou
"Introduction à l'anarchie"
Par Léo FERRE
L'anarchie est la formulation politique du désespoir.
L'anarchie n'est pas un fait de solitaire; le désespoir non
plus. Ce sont les autres qui nous informent sur notre
destinée. Ce sont les autres qui nous font, qui nous
détruisent. Avec les autres on est un autre. Alors, nous
détruisons les autres, et, ce faisant, c'est
nous-mêmes que nous détruisons. Cela a
été dit; il importe que cela soit redit. Le
Christ, le péché, le malheur, le riche, le
pauvre... nous vivons embrigadés dans des
idées-mots. Nous sommes des conceptuels, des abstraits,
rien. Une morale de l'anarchie ne peut se concevoir que dans le refus.
C'est en refusant que nous créons. C'est en refusant que
nous nous mettons dans une situation d'attente, et le taux
d'agressivité que recèle notre prise de position,
notre négativité est la mesure même de
l'agressivité inverse : tout est fonction des
pôles. Nous sommes de l'électricité
consciente ou que nous croyons telle, cela devant nous suffire. Les
postulats, les théorèmes, le quid
éternel qui est notre condition d'homo curiosus, tout nous
porte vers des solutions d'altérité à
des problèmes que nous fabriquons.
L'énoncé du problème est suspect par
cela même qu'il s'exprime dans un langage conventionnel.
Muller, au siècle dernier, s'inquiétait de savoir
pourquoi le passé du verbe to love n'est le passé
que dans le suffixe. Loved ... et le passé
s'étale, dramatique. Ce n'est rien d'entendre dire
: love; c'est un présent qui nous satisfait ou nous informe,
simplement. Il suffit que la désinence entre dans le jeu
pour que tout change, en dehors même du problème
linguistique. Ce d, ce loved suscite immédiatement le regret
qui est de la révolte civilisée. Tout un
potentiel d'irréversibilité s'inscrit dans cette
lettre qui semble conventionnelle et qui n'est que le
résultat d'une longue évolution
phonétique tendant vers la simplicité, vers la
clarté de la parole. La grammaire soumise, il reste cet
outil, ce mot faisant du passé, fabriquant une conscience,
des pensées, de la mélancolie, de l'histoire.
Nous ne savons pas que les conventions, qu'elles soient linguistiques,
morales, religieuses, économiques, nous enferment dans le
"social" comme une toile invisible qui nous met en situation de faire
quelque chose, de penser cette chose comme si de toute
évidence elle était une création de
notre volonté de faire et de penser, alors que nous sommes
la mouche prise, réduite, par une araignée qui
nous observe sans nous manger. L'homme est mangé par la
société mais il se réinvente
perpétuellement, par une sorte de connivence inconsciente
qui fait de la victime l'élan vital de son bourreau. Sans
crime, point de bourreau, pardi! Ce sont les juges qui fabriquent les
délinquants. Comme le dit Sartre à propos de la
trahison, la répression est un crime adventice, un crime au
second degré qui ne saurait montrer son visage le premier,
c'est pour cela que les sociétés sont
répressives : elles tuent par
délégation, en second lieu ou mieux, par
ricochet. Elles tuent par la Morale, aussi tranchante, mais
enfermée et garantie de par la procédure. La
procédure est une façon
mécano-graphique de tuer son prochain.
L'histoire de l'Humanité est une statistique de la
contrainte. Je ne pense pas, dans nos modes habituels de
penser, qu'il puisse y avoir une vie possible sans la contrainte. La
Loi, quelle qu'elle soit - fût-elle la plus
désintéressée - comprend toujours ce
qui est en dehors d'elle, son contraire, l'anti-loi, ce qui est
derrière la promulgation. Il y a dans la pensée
du législateur des coins d'ombre où
mûrissent les activités louches et
nécessaires de la jurisprudence. Une loi contre la torture
n'est pas une loi complète si elle ne prévoit pas
la torture pour qui torture ...
"Pour un œil, deux yeux ... pour une dent, toute la gueule"
disait Lénine, je crois, avec un sens troublant de la
métaphysique de la vengeance et de ses
intérêts composés ...
Ce qui saute aux yeux et à la gorge de l'homme c'est bien
cette contrainte sans quoi la société ne pourrait
subsister, et c'est bien de subsistance qu'il s'agit. Cette force
contraignante qui me fait m'habiller aux mieux des canons de la mode
contemporaine afin de ne point forcer le rire de ceux qui me regardent,
en dit assez long sur l'accoutumance du citoyen à la
règle du ça se fait, ça ne se fait
pas. Ce qui me hante, c'est la contrainte et pourquoi je m'y donne.
Montrez-moi donc un homme dans cet univers de matricule !
La destruction est un ordre inversé. C'est la
négation du Bien social que j'analyse dans la grenade
amorcée. Qu'est-ce que le Bien social sinon ce
qu'aujourd'hui je définis comme étant le Mal, mon
Mal, ce Mal qui me bâillonne, qui me soumet. Le gonds de la
porte sautés, je rentre dans la Cité, des fleurs
noires à la main, et on me lynche. J'entre avec mon Bien qui
devient leur supplice, leur Mal par moi donné. Je suis
devenu le diable. La contrainte est cette exonération de
principe qui me justifie dans ma prudente obéissance,
véritable image du civisme.
J'obéis, sans ordre. J'obéis, parce que membre de
cette société je m'ordonne de me taire. Il y a
chez tout domestique une heureuse disposition d'esprit qui le fait se
plier sans casse jamais. Les images contraignantes me sont
projetées jour après jour selon des normes
acquises et tellement envahissantes d'admirables techniques que le
poste de réception qui me transmet les mots d'ordre est
réglé pour le son et pour la juste valeur des
points, des lignes, par moi. J'ai cessé de penser par moi.
Chez moi, je pense ON. Le JE est défiguré par une
grammaire nouvelle qui me désapprend la solitude et le
courage, celui qui me met à portée de voix de la
vraie vie s'est émasculé. J'ai coupé
les plombs à mon courage. Je suis noir. Dehors, si je le
sortais indemne; il y a fort à parier qu'on me le
rapporterait avec un catalogue de pénalités. Nul
droit privé, nul droit public; ce sont des mots de doctrine.
Il n'est qu'un droit : pénal. Rien ne va plus dans
l'obligation que je me mets sur le dos en signant au bas du contrat,
sans l'assortiment prévu de contraintes
pécuniaires, si je ne m'oblige pas. Pourquoi n'assure-t-on
pas la contrainte ? Parce que la peine ne peut se garantir. Elle est
assumée de toute éternité. J'en suis
l'artisan. Si je la révoque, elle se retourne et me gifle.
À genoux, je rythme la cadence des coups qu'elle me porte,
sous le charme, malgré tout, du délai et de la
grâce.
Dans ce Bien, dans ce Mal, je me sens étranger. Je
suis un forain de la Morale. Si le Bien est femelle, le Mal laboure. Un
troisième sexe m'importe davantage et c'est
peut-être cela, l'indifférence.
L'indifférent s'est
dépossédé de son droit. Il n'invoque
plus rien. Il regarde, le cas échéant, il regarde
le droit : signal d'alarme, rue barrée, conscience du fait
social. Je crois en une relativité juridique dès
que j'ai sabordé les postulats fondant la règle
de droit. Nous sommes encore des romanistes. Le Code civil est un
traité pratique de droit romain revu par une
séquelle révolutionnaire. Nous ne
sommes guère loin du sacramentum in rem, de l'in jure
cessio, et des formules du très ancien droit qui
sanctionnait telle manigance juridique. On a simplement
dénigrifié les actions de la loi pour en arriver
à cette tartufferie jurisprudentielle qui saute de l'article
1382 à l'article 1384 et qui inclut de la
responsabilité dans une arche de béton, s'il le
faut. La responsabilité des choses a mis le risque dans la
gueule du chien. Le maître mord par procuration, et c'est
cela la civilisation du droit : donner une pensée
à la matière inerte, mettre l'homme au ras de la
chose, le dépersonnaliser au point de transformer ce qu'une
morale antique nommait la faute en un risque latent. Le risque c'est de
la faute antidatée.
De cette machinerie dont je suis le serf, de cette incessante
ingérence de mes viscères, de mon sang, de mes
nerfs, de cette prison définitive où l'on m'a mis
- moi, mammifère bipède - je ne me
libère que par des mots. Ma pensée,
régie par mes humeurs, mon imagination qui se
règle sur le déjà fait, le
déjà vu, me sont une tromperie
supplémentaire. Mon désespoir est un
désespoir chimique. Je me meurs de mourir à
chaque seconde. Je n'ai de salut que dans le refus, une tromperie de
plus mais terriblement suractivante.
Je suis roi de ma douleur et c'est elle qui me soumet. Au fond, la
douleur serait un plaisir, n'était la
démangeaison qui me la met toujours en épigraphe.
Sur le livre de notre vie, un mot plein, signifiant : "Souffre!"
Le chien qui crie, un homme qui gueule, rien ne les
différencie. Je me sens particulièrement "chien"
à mes heures de retrait du monde. D'ailleurs, je prends mes
facultés de parole. Je ne me parle jamais. Je me chante. Je
me mathématique. Je me nature. Je parlerai de cette
grammaire qui nous a muselés depuis longtemps. Je ne puis
supporter la faute d'orthographe. La règle, à ce
point ancrée, est au-dessus de la règle. Elle est
transcendée, dirait le philosophe ... Et la règle
se surpassant devient "moi". La morale, d'où qu'elle
émane, est bien près de cette autodictature. Ce
ne sont pas les tyrans qui gouvernent. Le monde c'est de l'anarchie
tempérée par des règlements de
solitaires et quelques barèmes policiers.
La propriété ? C'est le mot qu'il faut changer.
Je suis propriétaire de mon droit de revendiquer "cette"
propriété, objet de ma convoitise et dont la
sanction possessive ne s'en remet qu'à l'argent qu'il me
faut pour en devenir le maître, à moins que je
n'aie décidé de transgresser l'ordre
établi et de m'emparer par la force ou par la ruse d'un bien
que je considère, de toute éternité,
comme devant m'appartenir. Et ce qui m'appartient, je peux le casser :
c'est ça le droit de propriété, le
droit de détruire ... ad libitum ! Le droit de
propriété sur le Van Gogh que j'ai
payé trois cent millions, ça n'est pas celui de
le mettre à la banque en attendant les jours maigres,
ça n'est pas non plus celui de le regarder tout seul, chez
moi, en maugréant ou non sur les façons
particulières que le peintre avait d'aller au bordel, le
rasoir dans la poche et l'oreille aux aguets ... Non, mon
véritable droit de propriété sur ce
tableau est de pouvoir le brûler, dans ma
cheminée, sur un bûcher d'indifférence,
avec, dans l'œil et dans cette mémoire
imaginée qui ne se trompe guère car les choses
tournent en rond, les critiques d'art de l'époque qui n'ont
rien vu du génie de Vincent. Or, moi, je vois et je suis
devenu seul à "voir" dans cette pyromanie critique !
Je ne vois pas la pâtée de mon chien parce que je
ne mange pas "chien". Ce n'est pas si sûr que ça,
d'ailleurs. Dans le confort de mon salaire, de ma quinzaine, de ma
paie, de mes émoluments, de mes honoraires (curieuse
façon de multiplier le vocabulaire du fric ...), je ne
regarde même pas le chien manger. C'est un monde qui
m'indiffère. Moi, je suis un homme qui pense et qui mange du
sauté de veau, du caviar frais ou du laitage, car le
médecin me l'a recommandé. Mais ce
système niveleur qui consisterait à me mettre
à portée animale, à mesurer
l'étendue, le territoire de la faim, de l'hydre jusqu'aux
abonnés de la cantine communautaire, à souscrire
au garde-manger des mouches tirées à quatre
épingles sur la toile d'araignée en me disant :
"C'est très bien, je "m'araigne", j'en ai encore pour quatre
jours ...", cela, jamais, et pourtant ... Si je meurs de faim, je
broute, je dure, je ne pense plus au manger "chien" ou "homme" mais il
importe que je "tienne" parce que la société m'a
identifié, elle m'a donné un nom, je suis le fils
de quelqu'un. Ce n'est pas un droit, la filiation, c'est un
état. Un chien qui vole reçoit un coup de pied.
Si je vole un pain, on m'enferme. Mon travail donc me vaut de
n'être pas aux fers. Il vaut mieux, des heures durant,
planter des clous dans l'imbécile planning de la merde
prolétarienne que de bayer aux corneilles et, le soir venu,
tendre des filets aux "honnêtes" gens et puis aller faire des
comptes au commissariat de police. Le contentieux correctionnel que
j'évite me fait l'esclave de quelqu'un et, aujourd'hui, d'un
être précis : la société
anonyme. Je veux dire par là, non pas l'artifice juridique
qui met le Capital dans une action cotée en Bourse, mais ces
gueules multiples du trottoir et du métro, le Peuple,
l'humus sur lequel pousse tous les quatre ou cinq ans ce qu'il est
convenu d'appeler le suffrage universel ! Les gens que je ne vois
n'existent pas. Si je ne suis pas un bandit c'est parce que le Peuple a
voté pour qu'on invente le Procureur de la
République.
Le peuple, c'est le fourrier de la tyrannie.
Une psychanalyse de la patrimonialité commencerait par
nommer : le droit se parle. Mon patrimoine ne saurait vaincre jamais
les prétentions de l'État à me
soumettre à ses vues d'expropriation ou
l'appréhension d'un voisin arguant d'une servitude de
mitoyenneté si je ne produis pas la preuve cadastrale de mon
bien. Qu'est-ce que le Mien sinon une convention achetée ?
Mon chêne à moi, mon chêne est
centenaire. Une vue plus saine m'indiquerait qu'il est à
celui qui l'a planté, au chêne père de
la libre nature, au paysage dont il est un point mouvant dans la
tempête ou statique dans l'été bleu.
Qu'il est à lui-même, enfin ! Mon rein est
à moi ...
Cette parole qui m'enchaîne au droit patrimonial est une
parole de circonstance, une parole admise, écrite au bas de
l'acte notarié et transcrite sur le registre des
hypothèques, autre certitude d 'authenticité. Le
mot est lâché : "authentique". Je m'en remets au
parchemin, à l'écriture serve de cette parole
inventée par le jeu social.
Nous jouons à nous barricader dans les mots de possession :
ma maison, ma femme, mon stylo, ton droit, son chien, Karl Marx n'a pas
assez médité sur la conjugaison possessive, la
seule à ne jamais craindre les fautes d'orthographe, la
conjugaison du mien et du tien. Toute l'Économie Politique
repose sur un geste : la main qui livre, la main qui prend. Les
théories sont en marge et n'expliquent qu'une certaine
psychologie dans la détente de la production. Les
macrodécisions ont des doigts d'acier. Le sien reste plus
objectif : le sien est une parole d'attente. Le sien est un bien
ignoré du bourgeois et en vitrine pour le gangster. En
dehors des normes juridiques - et, singulièrement, des
contraintes pénales - le sien perd de son
objectivité : il peut devenir mien ou tien. C'est dans une
telle perspective langagière qu'il convient
d'étudier la psychologie du voleur. Le voleur, sorti du
chemin légal, ne prend qu'un bien vacant, et qui est vacant
à l'heure de la technique, au moment où
l'attirail du fric-frac est mis en œuvre, au moment du "guet"
- ce qui est un travail dur et précis, au même
titre qu'un travail sur un objet manufacturé. Le voleur ne
prend pas "ses" risques. Il assume sa condition de voleur : il a contre
lui la loi et, pour lui, l'anti-loi c'est-à-dire sa loi
propre. Il est significatif que cette loi dite "du milieu"
qu'un romantisme sommaire a reléguée dans la
mythologie du film policier soit en réalité une
façon marginale de dire le droit, aussi, ou plutôt
de dire l'anti-droit. Dans le cas précis du "milieu", le
code d'honneur est un code du silence. Celui qui parle, qui se met
"à table" est passé de l'autre
côté. La trahison lui a servi de support pour
rentrer dans le rang. Et le rang, c'est une façon d'attendre
les décorations ou le règlement de comptes. Au
fond, la trahison est une morale du bien-être social, et le
bourgeois trahit par omission.
Sans situation juridique il n'y a pas de droit. Sans mot pour le nommer
il n'y a pas d'arbre. Nous faisons nos chaînes : par la
règle, par les mots. J'entends par mot - cela va de soit -
l'immédiat concept qui me rive au discours
intérieur. Sans le mot "arbre" toute une tranche de ma
connaissance s'évanouit : je ne vois plus de
forêts, je ne sais plus m'y promener, je perd le feu et,
perdant le feu, mon sang se fige, je suis perdu à tout
jamais. J'entends bien le désespoir me sonner dans la brume
de cette constatation. Je ne parle plus. Je ne vois plus les nids, le
recommencement total à chaque fois des mêmes vols,
des mêmes cris, des mêmes chants. Sans arbre,
où se nicheront les oiseaux ? Quand je les vois voler,
pourquoi ne puis-je plus penser au mouvement des ailes, à
cette géométrie apprise et que je retrouve dans
le vol du corbeau, encore que, croassant, il inquiète les
données magiques, apprises elles aussi ?
Quand je vois un corbeau, je retrouve Poë et, ce faisant, les
fiches psychanalytiques de Marie Bonaparte, et je me demande quel est
celui de deux qu'il fallait mettre à la question. Le corbeau
est devenu, pour moi, un fait littéraire et c'est cela que
je nomme le désespoir. Je ne sais plus voir le
corvidé. Je vois une forme allusive du destin et sa
résonance littéraire ou poétique :
trois coups portés à la vitre.
L'anarchie, cela vient du dedans. Il n'y a pas de modèle
d'anarchie, aucune définition non plus. Définir,
c'est s'avouer vaincu d'avance. Définir, c'est
arrêter le train qui roule dans la nuit quand il
s'écartèle à l'aiguillage. Autant dire
qu'on est pressé d'en finir avec l'intelligence de
l'événement. C'est par son inaptitude
foncière à ne savoir rien définir que
l'homme piaffe dans les remarques et la philosophie. Un train
à l'aiguillage, c'est un devoir bien fait, c'est de la route
honnêtement vendue à moi, passager, acheteur de
cette ligne de nuit qui me conduit à X en passant par
l'aiguillage Y, bretelle nécessaire mais dont j'ignore la
raison déviationniste. On ne me dévie pas de ma
route, on me la rend parfaite et sûre. Moi, je ne pense qu'au
bruit d'enfer et la peur m'envahit. Je définis l'aiguillage
par rapport à mon problème de solitaire roulant.
Si je pense au bloc dispensateur de voie libre, j'y pense en imaginant
l'homme aux manettes et à la possibilité d'une
fausse manœuvre. Je ne donne pas la
définition de l'ingénieur, je ne vois pas la
route en coupe où je risquerais de comprendre techniquement
la croisée des rails. Je ne sais pas qu'après mon
passage - et il est bien question de MON et non pas d'une
donnée objective et chiffrée par le trafic -
cette soupape se fermera, des bras de fer illuminés de vert
se mettront en garde, pour laisser glisser vers un point X, mon
semblable, ce "prochain" de la gare que j'ai vu naguère sur
le quai, hélant un porteur et s'installant dans le train
suiveur, à cinq minutes, ce train suiveur qui me court aux
fesses - et j'y pense - et qui trouvera la route libre sur ce chiffre
de fer tordu, objet de mon ressentiment. Il n'y a pas que moi dans le
monde des trains. Et pourtant, c'est cela qui me retire tout
à fait du monde à ce moment précis
où - contre toute évidence - je me crois seul,
fait comme un rat dans ce véhicule qui, au
dépôt, n'est jamais qu'une abstraction de plus
fuyant dans la nuit. Dans cette solitude du muscle, je ne me connais et
ne me reconnais aucun maître, et voilà que je suis
contraint de me solidariser avec le rail, le rail de mon
inquiétude et le rail des autres, de tous les autres. J'ai
le moyen de m'immoler à cette peur et je n'en ai qu'un,
immédiat, auquel je n'ose me rapporter : le signal d'alarme,
car au-delà de cette poignée que je crois
être de sécurité, il y a un tarif de
pénalité, ce nivellement de l'autonomie, un
simple avis qui me muselle. Ainsi de l'homme en
société : il n'ose jamais tirer le signal, garant
de sociabilité.
Le mot "seul" est chargé de brume, c'est une
parole de réflexion, de lumière
réfléchie, noire, à peine valide.
C'est dans le "seul" que je me retrouve chaque soir après la
pause des travaux journaliers et divertissants. Dans la rue, le
solitaire est agréé par l'identique, par le
monsieur qui marche au-devant et qui lui
réfléchit cette lumière
particulière qui fait d'un dos commun, courbé, le
propre dos du suiveur, de l'attente. Cette solitude
viscérale est à la portée de toutes
les consciences. Qui n'a dit qu'il se sentait seul dans une foule ?
Cliché piteux qui fait de cette foule un creuset de
misère mentale. Aussitôt embrigadé,
aussitôt muselé, défenestré,
tapi dans le lieu commun politique. Il faut des lieux communs aux
tyrans qui s'essuient sur le multiple de la sottise. Les tyrans, ce
jour, ont beau jeu. Politiquement, la solitude est un non-sens. Il n'y
a même pas de quoi faire un solitaire dans l'arsenal
démocratique. L'isoloir est une place publique. Cette
psychologie du vote secret est un rejet de la confession. On se
confesse à un bulletin. L'isoloir, vespasienne
sèche, ce couvent du socialisme à l'heure
apéritive ... J'enrage à la pensée que
des hommes acceptent de s'isoler administrativement autrement que pour
uriner. La souveraineté nationale à ce point
traquée dans un cabinet municipal, cela monte du fond de mon
cœur comme une nausée de principe. Les
idées qui sentent, je ne sais rien de plus
définitif dans notre condition de Peuple-Roi.
02 octobre 2005
Oser et comprendre la pensée libertaire…
Dans son oeuvre, Léo Ferré fait constamment
référence à l'anarchie.
S'il est bien évident que chaque anarchiste
possède sa propre
interprétation du concept, il n'est pas inutile de
préciser ici
les bases communément admises qui rassemblent tous les
anarchistes
Oser et comprendre la pensée libertaire…
“C'est l'anarchie !"
"C'est l'anarchie!". Les gens de pouvoir, les médias
utilisent à profusion le terme anarchie pour
désigner le chaos économique, politique et moral
de notre société. L'emploi du mot anarchie
tendrait à faire croire que ce monde est livré
aux mains de forces diaboliques qui veulent renverser le bel
édifice que les peuples disciplinés, conduits par
les Etats, ont bâti au cours des siècles.
Pourtant, ce sont bien les Etats qui se partagent et gouvernent la
planète C'est bien à eux que l'on doit le
désordre économique dans lequel nous vivons.
Faire mieux que les Etats dans les domaines du chaos et de l'horreur
est difficile... Qui peut croire encore que le pouvoir est
synonyme d'organisation ? Ceux qui vivent du pouvoir, très
certainement. Mais pas les anarchistes. Le chaos
institutionnalisé, le pouvoir et l'esclavage ont fait leur
temps. Aujourd'hui, choisir l'anarchisme, c'est faire preuve de
réalisme et de sens organisationnel. Nos
détracteurs (des fascistes aux marxistes en passant par les
démocrates) nous considèrent comme des
terroristes ou des idéalistes en retard d'une
révolution. Il y a ceux aussi qui prétendent
défendre l'anarchisme, mais qui préconisent une
société sans règle, sans morale, sans
contrainte, dans laquelle on pourrait faire ce que l'on veut. Quel
choix le citoyen raisonnable pourra-t-il faire entre les propositions
d'autoritaires de toutes sortes qui ont montré leur
faillite, et celles des nihilistes de tout poil qui
prétendent que demain on rasera gratis, tout
étant résolu par la suppression pure et simple de
toutes les institutions mises en place jusqu'à nos jours ?
La pensée libertaire englobe un projet de
société différent de tous
les modèles connus jusqu'à présent.
Alors, l'anarchie, c'est quoi ?
C’est l’état d'un peuple, et plus
exactement encore, d'un milieu social sans gouvernement. Hormis les
anarchistes, tous les philosophes, tous les moralistes, tous les
sociologues, y compris les théoriciens démocrates
et les doctrinaires socialistes, affirment qu'en l'absence d'un
gouvernement, d'une législation et d'une
répression qui assure le respect de la loi et
sévit contre toute infraction à celle-ci, il ne
peut y avoir que désordre et criminalité. Les
anarchistes affirment que "l'anarchie est la plus haute expression de
l'ordre".
Anarchie et ordre ?
Notre ordre repose sur l'entente (principe de Liberté,
opposé au principe d’Autorité). Au
contraire, les autres propositions d'organisation de la
société - socialisme, libéralisme,
marxisme… - ont toujours octroyé à une
minorité de privilégiés le droit de
gérer la société à la place
des concernés et pour leur propre profit. Ce mode de gestion
porte un nom : l'État.
L'État est l'expression politique du régime
économique auquel est soumise la
société. Il permet et justifie l'oppression et
l'exploitation de l'homme par l'homme : il confisque à
l’individu son pouvoir - en dictature comme en
démocratie (élections) - et met ce pouvoir au
service du capital (répression des mouvements sociaux, aides
financières…).
L'État, à force
d'être omniprésent,
finit par se superposer
à la
société, et tente
de faire croire qu'en-dehors
de lui elle ne
saurait fonctionner. Cette illusion est
d’autant plus
pathétique que
l’Etat constitue de
fait un groupe social
à part entière,
coupé des
réalités des
individus et des autres
groupes sociaux. Il ne
sert qu’à maintenir
l’ordre (fonctions
législative et
répressive) au service des
intérêts de la classe exploiteuse,
qu’on la nomme patronat, bourgeoisie ou nomenklatura.
Il s'appuie pour cela sur une morale dégradante et
humiliante pour l'être humain, secondé en ce sens
par la religion qui légitime elle aussi l'exploitation et la
domination, se contentant parfois d'en condamner les manifestations les
plus brutales, sans jamais émettre de critique de fond ni
proposer d’autre modèle que patriarcal,
conservateur, hiérarchique et caritatif. Les anarchistes
refusent ce modèle sociétaire, oppresseur,
exploiteur, négation de l'individu et de ses aspirations.
Ils cherchent par tous les moyens à montrer qu’il
est possible et souhaitable de vivre dans une
société égalitaire,
gérée directement et librement par ses diverses
composantes : individus, groupements sociaux, économiques,
culturels, et ce dans le cadre du fédéralisme
libertaire.
Le refus de l'autorité.
Le refus de l'autorité n'est pas apparu avec les
théories libertaires. Il les précède
largement au travers des actes, des attitudes d'individus ou de
groupements sociaux. Certains événements
historiques nous le rappellent : par exemple les révoltes
des esclaves dans la Rome antique, les jacqueries paysannes du Moyen
âge, l'essor de la Renaissance, les philosophes des
Lumières, la Révolution française.
Plus près de nous, ces théories ont
participé au déclenchement de la
Révolution de 1848, de la Commune de Paris, de la
Révolution russe et de la Révolution espagnole.
Autant de lieux, de situations, dans lesquels des hommes ont
cherché à desserrer, voire à abolir
l'étau oppressif dans lequel ils se sentaient pris au
piège.
En replaçant ces événements dans le
contexte historique et social qui leur a donné naissance, on
s'aperçoit qu'ils visent le même but :
l'amélioration des conditions d'existence, le partage des
richesses, le droit à la connaissance, l'instruction, le
bien-être, bref une aspiration au bonheur. Ces mouvements de
révolte ont été pour la plupart
écrasés (les esclaves, les paysans, la Commune de
Paris), ou récupérés au profit d'une
classe ou d'un parti (la bourgeoisie émergente sous la
Révolution française, les Bolcheviks dans la
Révolution russe), ou encore détournés
de leur but (les monarques dits "éclairés" du
Siècle des Lumières). Car malgré
l'embryon de liberté qu'ils contenaient, ils
n'étaient pas suffisamment forts ni structurés
pour renverser le cours des choses. Ils étaient des utopies
dans le sens où ils ont osé projeter sur
l'écran de l'avenir des images en contradiction avec celles
de leur temps.
Héritages.
Cet héritage philosophique a été
théorisé puis mis en pratique au
XIXème siècle, coïncidant en cela - et
non sans raison - avec l'apparition du nationalisme et de
l'étatisme.
On s'accorde aujourd'hui à dire que Pierre - Joseph Proudhon
est le "père" de l'anarchisme, le théoricien du
système mutualiste et du fédéralisme,
et l’inspirateur du syndicalisme ouvrier. Son influence sur
le mouvement ouvrier a été réelle,
puisqu'au sein de l'Association Internationale des Travailleurs
(A.I.T.) existait un courant nettement proudhonien. Le
Congrès de Saint-Imier (1872) jette les bases de
l'anarchisme. Les délégués
réunis proclament "que la destruction de tout pouvoir
politique est le premier devoir du prolétariat", "que toute
organisation d'un pouvoir politique soi-disant provisoire et
révolutionnaire pour amener cette destruction, ne peut
être qu'une tromperie et serait aussi dangereuse pour le
prolétariat que tous les gouvernements existant
aujourd'hui...".
Ces idées, reprises de Michel Bakounine et de la
Première Internationale, resteront présentes
jusqu'à nos jours. Elles seront l'apanage de Louise Michel
(Commune de Paris), du 1er Mai 1885 (Etats-Unis), de Fernand
Pelloutier (Bourses du Travail), des explications du monde
d'Elisée Reclus, éminent géographe, de
Pierre Besnard (anarchosyndicalisme), de Pierre Kropotkine et du
communisme libertaire, de Paul Robin et de son école
libertaire de Cempuis, de Jean Grave et de ses quarante ans de
propagande anarchiste, de Gustave Landauer, fusillé par la
soldatesque en 1919 pour sa lutte au côté des
Conseils Ouvriers de Bavière, de Nestor Makhno et de son
engagement dans la révolution russe, de Sacco et Vanzetti,
assassinés par chaise électrique pour leurs
idées, d'Erich Mühsam, poète et
dramaturge allemand, mort dans un camp de concentration en 1933, de
Buenaventura Durruti pendant la guerre d'Espagne, d'Armand Robin et ses
langues multiples, pour ne citer que quelques-uns.
Après la seconde guerre mondiale, elles resurgiront et
verront la création de la Fédération
Anarchiste, de l'Internationale des Fédérations
Anarchistes dans le monde; elles impulseront la reconstruction de la
Confédération Nationale du Travail,
anarcho-syndicaliste, affiliée à l'A.I.T., elles
souffleront dans les rangs de Mai 68 et de la contre-culture, dans le
mouvement social...
De l'anarchie à l'anarchisme.
Ainsi donc, l'anarchie est ce que nous entrevoyons
(société libertaire) ; l'anarchisme est le
mouvement social qui poursuit la réalisation de
l'idéal anarchiste. L'anarchisme est une lutte incessante,
sous les formes les plus variées, contre les
préjugés, l’obscurantisme, le fait
autoritaire. Il s'articule principalement autour de deux types de
tâches : les unes destructives, les autres reconstructives.
Les actions destructives consistent à saper
profondément le principe d'autorité dans toutes
ses manifestations, le démasquer, combattre toutes les
manœuvres par lesquelles il tente de se
réhabiliter et de se survivre sous une autre forme. Les
actions reconstructives, parfois parallèles aux
destructives, visent à mettre en place un fonctionnement
fédéraliste et de gestion directe. Pour cela, il
faut un outil adapté, une organisation…
Organisation.
L'organisation est fonction du degré de conscience, atteint
par les discussions, débats et confrontation
d'idées, et dans l’action. Plus cette conscience
sera grande et plus la vitalité de l'organisation sera
élevée. Pour aboutir à une
organisation souple et forte, en même temps conforme
à l'esprit libertaire, il faut aller de la base au sommet,
de l'unité au nombre, du particulier au collectif. Nous nous
accordons entre individus et groupes sur un ensemble de principes
généraux, de conceptions fondamentales et
d'applications pratiques (voir nos 'Principes de base') : c'est le
fédéralisme qui permet à chacun de
rester lui-même, de se soustraire à tout
écrasement, de garder son autonomie, de prendre une part
active à la vie de l'organisation, d'émettre son
opinion. Une telle organisation laisse à chacun de ses
éléments la totalité des forces qui
lui sont propres, tandis que par l'association de ces forces, elle
atteint elle-même son maximum de vitalité.
Action.
L’action n’est pas l’agitation. Elle doit
correspondre à un but, la révolution libertaire,
et à une stratégie, plus circonstancielle.
Parfois, la situation sociale est provisoirement calme, parfois elle
s’emballe. L’organisation doit s’adapter
à ces différentes phases. En tout état
de cause, la place des militants anarchistes est dans la lutte sociale,
expression de la lutte des classes, y compris dans les luttes dites
réformistes (lutte contre la
précarité, contre les licenciements, augmentation
des salaires, défense des services publics…),
avec nos pratiques antiautoritaires et d’action directe
(contrôle et révocabilité des
mandatés…), et nos perspectives
d’ensemble. C’est de la confrontation entre nos
idées, nos pratiques, et les masses, que peut surgir ou
naître progressivement la conscience
révolutionnaire.
Des propositions.
L'anarchisme, enfin, est un ensemble de propositions et de pratiques
tendant à l'émancipation totale de l'homme en
société. Si la société
existe en tant qu'entité sociologique, l'individu existe
tout autant, sans rapport hiérarchique à cette
société. C'est donc l'harmonie entre ces deux
éléments que recherchent les anarchistes.
L'émancipation est de triple nature. Emancipation
économique d'abord, par la réappropriation des
outils de production, leur gestion directe par les travailleurs eux
mêmes, et par la répartition égalitaire
des richesses. Emancipation politique ensuite, par le remplacement de
la bureaucratie d'État, par une organisation
fédéraliste des secteurs de la
société, maintenant la cohésion et
préservant l'autonomie.
Emancipation intellectuelle, enfin, via la prise en charge par
l'individu de son rôle social, reléguant la
religion et toute forme de soumission au musée des horreurs.
Une société sans classe et sans Etat,
organisée par et pour les femmes et les hommes,
Voilà ce que veut l'anarchisme. L'anarchiste est par
tempérament et par définition
réfractaire à tout embrigadement qui trace
à l'esprit des limites et encercle la vie. Il nie le
principe d'autorité dans l'organisation sociale. Il ne peut
donc y avoir de catéchisme libertaire.
L'organisation anarchiste de la société,
émanation directe de la volonté des individus et
des groupements sociaux, ne pourra se réaliser qu'en dehors
et contre la tutelle de tous les organismes et structures autoritaires
établis sur l'inégalité
économique et sociale.
Les fondements éthiques et organiques du
fédéralisme libertaire sont :
la liberté comme base,
l'égalité économique et sociale comme
moyen,
la fraternité comme but.
Cette définition marque la profonde différence
entre le fédéralisme libertaire et le
"fédéralisme étatique".
Nous appelons de toutes nos forces une société de
type fédéraliste, fondée sur la
possession collective ou individuelle des moyens de production et de
distribution (excluant toute possibilité pour certains de
vivre du travail d'autres), l’entraide, l'abolition du
salariat et de l'exploitation de l'homme par l'homme.
Les anarchistes n'accordent aucun crédit à un
simple changement des personnes qui exercent l'autorité :
les mêmes causes engendrent les mêmes effets.
Toutes les formes d'autorité se tiennent. En laisser
subsister une seule, c'est favoriser la réapparition de
toutes.
Vers une société libertaire.
Pour arriver à instaurer une société
libertaire, il faut se doter de moyens en accord avec la
finalité. Tel que l'exprime Errico Malatesta, "ces moyens ne
sont pas arbitraires, ils dérivent nécessairement
des fins que l'on se propose et des circonstances dans lesquelles on
lutte. En se trompant sur le choix des moyens, on n'atteint pas le but
envisagé, mais on s'en éloigne, vers des
réalités souvent opposées et qui sont
la conséquence naturelle et nécessaire des
méthodes que l'on emploie".
Il est possible de vivre dans une société
égalitaire, gérée directement et
librement par ses diverses composantes (individus, groupements sociaux,
économiques, culturels, ethniques...) dans le cadre du
fédéralisme.
Les règles qui vont faire fonctionner une telle
société sont basées sur des contrats
mutuels, égalitaires, réciproques, pouvant
être remis en cause à tout instant. Ces contrats
peuvent être écrits ou tacites.
Mandatements.
Une telle société ne peut évidemment
pas fonctionner sans entraide ni coopération volontaire. La
délégation de responsabilité permettra
de discuter au niveau fédéral. Mais attention,
entendons-nous sur les mots : pour les anarchistes, chaque
délégué reçoit un mandat
précis. L'assemblée qui l'a mandaté
exerce un contrôle permanent sur son travail, et, surtout,
peut le révoquer à tout moment si le travail
qu'il effectue ne correspond pas à son mandat.
L'anarchisme est une proposition globale de
société cherchant à promouvoir une
civilisation réellement différente.
L’anarchisme oppose
le principe de liberté au principe d'autorité,
l'entraide à la loi de la jungle,
l'égalité à la discrimination.
"Aussi longtemps que la société sera
basée sur l'autorité, les anarchistes
resteront en état perpétuel d'insurrection"
(Elisée Reclus)
********************
12 novembre 2005
Comment faire passer sa parole à la télé ?
Comment faire passer sa parole à la télé ?
Petit manuel en neuf points, à l’usage de qui veut faire entendre sa voix
un article de Brigitte Tijou, responsable de la communication d’Act Up-Paris, paru dans le n°1 de la revue Vacarme pour contribuer au débat sur les conditions d’interventions des mouvements contestataires dans les médias.
Vous êtes un groupe, mouvement ou association, vous ne disposez pas a priori d’une parcelle de parole autorisée à la télévision. Vous voulez cependant utiliser la télé comme instrument de propagation de votre discours, mais sans trop en être victime, sans que votre discours y soit déformé, tronqué, ou détourné.
Inutile de rêver à votre propre émission, vous serez toujours inscrit dans un dispositif avec lequel il vous faudra jouer Une seule exception à notre connaissance : la chronique francilienne du Télé Bobine, qui nous a fait rêver durant 4 mois d’une télé ouverte sur la réalité. Sans contrôle lors de l’enregistrement ni censure au montage, cet espace fut investi précisément par les plus exclus de la télé. Mais c’est fini, et ce n’était pas l’audience de TF1.
Autrement, il faut bien bricoler. Tous les groupes, associations, ou mouvements issus de luttes sociales et politiques, ne peuvent se passer de l’instrument qu’est la télévision. Certains ont donc intégré une stratégie particulière envers la télévision, dès leur création. C’est le cas, entre autres, de Greenpeace, d’Act Up et du DAL (Droit au logement). Cela demande une connaissance minimale de l’aménagement technique du temps et de l’espace publics que se sont appropriés ceux qui exercent le pouvoir médiatique.
Voici donc plusieurs procédés, expérimentés à ce jour, pour tenter de vous faire entendre à la télé.
1) Créer un événement
Cette stratégie repose sur l’attrait des médias pour le spectaculaire et l’inédit. L’actualité est souvent constituée par ce qui ferait désordre dans un ordre supposé établi et continu des choses. Elle s’adresse en premier lieu aux journaux télévisés. Il s’agit avant tout de fournir de l’illustration, des images, et à cette occasion d’inviter les médias à faire leur propre enquête.
Greenpeace utilise systématiquement cette stratégie, tout comme Act Up (« encapotage » de l’obélisque de la place de la Concorde), ou encore les militants anti-FN (banderole déployée sur la façade de l’Opéra Garnier), le DAL investissant des immeubles inoccupés, etc. Ce procédé d’action a malheureusement aussi été intégré par les commandos anti-avortement. Mais pour ces derniers, par delà la portée médiatique, il s’agit surtout de traumatiser les femmes qu’ils empêchent d’avorter.
À jouer ainsi sur la
fabrication d’images fortes et
émotionnelles, le risque principal est
d’abandonner entièrement au
journaliste le soin de fabriquer le discours. L’image est
traditionnellement le lieu de l’émotionnel et le
texte celui de la
rationalité. Essayez donc d’adapter votre discours
aux normes du
journal télévisé, prévoyez
des interventions courtes et un langage à la
limite du slogan, intégrez votre discours aux images par
exemple sur
des pancartes ou des banderoles. Là encore, malheureusement,
cette
forme de pensée par slogans et simplifications semble mieux
convenir au
FN qui s’attaque avant tout aux grands fantasmes collectifs,
qu’aux
pensées plus subtiles et plus
élaborées. Mais il faut alors savoir
opposer une inventivité et une
étrangeté de slogans multiples
(« silence = mort »,
« nature = vie », etc.) au
ressassement sombre des
deux, trois mêmes équations simplistes
(immigration = chômage).
Choisissez enfin une date creuse en événements,
faites jouer la
concurrence entre les différentes chaînes, et
sachez vous faire
désirer, notamment, en ne dévoilant jamais
complètement à l’avance
l’événement que vous allez
créer
2) Fournir de l’information
Il s’agit de se constituer en agence de presse, dont les informations peuvent être reprises par les journaux télévisés, et par toutes les émissions de débats. C’est une méthode efficace si le dossier est suffisamment complet, et sans grand risques. Sauf peut-être celui de heurter la susceptibilité des journalistes professionnels qui refusent de vous considérer comme une véritable agence de presse. Vous pouvez avoir parfois la désagréable surprise de voir votre dossier réduit quelques points d’une importance secondaire pour vous.
3) Se faire inviter sur son thème
Si vous êtes déjà un peu reconnu en tant que groupe, ou en tant que personne, vous pouvez avoir l’opportunité de participer à une émission. Réussir à placer quelques unes de ses revendications au cours des débats ne va pas sans difficultés. Tout intervenant va se retrouver prisonnier d’une règle du jeu qu’il ne maîtrise pas, soumis aux décisions du présentateur qui distribue les temps de parole, et fait généralement du chantage au temps.
Les conditions « naturelles » de la discussion, de l’expression et de la réflexion sont largement faussées et entamées par les dispositifs techniques de ces émissions. Il vaut mieux renoncer à ce genre de participation, si l’on ne se sent pas le courage de supporter tout cela et de batailler avec, si l’on ne possède pas une certaine connaissance du mode d’intervention instauré dans l’émission et du statut de sa parole. Ne pas rêver au quart d’heure de gloire, car on sort la plupart du temps frustré et humilié Pour éviter la dépression « post-passage à télé », mieux vaut ne pas se laisser emporter par la logique du débat, ne pas se disperser en répondant à des questions qui n’ont aucun rapport avec votre propos. Il faut essayer de réduire son discours à un point, et y revenir au besoin. Un dernier conseil : renoncer définitivement aux talk-shows du type « Mireille Dumas et ses amis ».
4) Perturber l’émission (Hors règle du
jeu)
La stratégie consistant
à profiter du dire pour créer
un scandale en interrompant l’émission, quels
qu’en soient le genre et
thème, fait beaucoup rêver. Il y a quelque
années, l’irruption
intempestive demeure envisageable.Aujourd’hui la
télévision transformée
en bunker, particulièrement les studios de direct.
L’arrivée d’une
trentaine sans-papiers, devant le hall de France 2 à 20
heures,
provoqua cet hiver la fermeté immédiate de toutes
les issues et le
déploiement de C.R.S. dans toutes les rues avoisinantes.
Rêvons un peu ! Vous parvenez quand même
à franchir le triple sas de
l’entrée, vous arrivez jusqu’au plateau
sans perdre la moitié des
militants en route, vous déployez votre banderole et vos
pancartes
devant les caméras sans trop vous prendre les pieds dans les
câbles.
Mais attention ! Vous risquez fort d’être
avalés par l’émission et
intégrés au décor, en particulier dans
ces shows
« bric-à-brac » qui
digèrent tout ce qui se présente. Vous
n’aurez pas le temps de dire
grand chose d’intéressant, et vous passerez
finalement pour des
guignols. La télévision ne supporte pas que soit
cassé le rythme et le
rituel établis.
5) Perturber une émission (De
l’intérieur)
Certaines émissions de débats prévoient l’intervention du public, il est a priori relativement aisé d’y participer. Il faut alors entrer au moment opportun dans le débat. Vous êtes dans une position relativement privilégiée, qui permet d’éviter le strict face à face dans lequel le présentateur enferme souvent les interlocuteurs principaux, réduisant leurs discours à une opposition circonstancielle. En outre, vous bénéficiez du respect et de la politesse que la télé instaure envers cet intervenant venu du public, peut-être parce que son statut fait de lui une figure emblématique du téléspectateur Cependant il faut savoir qu’on ne vous donnera pas la parole à plusieurs reprises. Il vaut mieux donc se limiter à une seule intervention et surtout, ne jamais rendre la parole avant d’avoir tout dit.
6) Produire ses propres images
Vous aurez ainsi l’avantage de maîtriser toutes les étapes : élaboration du discours, tournage et montage. Avec un minimum de matériel et quelques compétences techniques, tout groupe peut envisager la fabrication de produits audiovisuels. Cela peut aller des simples images de ses actions qui pourront être utilisées par les journaux télévisés, au film ou clip plus élaborés. Pour ces derniers, trouver un diffuseur à la télévision devient plus difficile ; toute image quelque peu militante se voit généralement refusée par les chaînes.
7) Vendre sa structure
Dès qu’un groupe connaît une certaine renommée, les émissions de reportages s’intéressent à son fonctionnement. Les durées souvent conséquentes de ces reportages permettent de vendre l’image du groupe et d’instiller dans le PAF les messages que l’on veut faire passer, même s’ils disparaissent très souvent derrière la fascination pour les structures. Il vous sera difficile de contrôler ce qui est filmé, et vous ne posséderez aucune maîtrise des différentes étapes de la production. Cependant il en restera toujours quelque chose !
8) Se greffer sur un autre événement
Du défilé du 14 juillet à la visite de la crèche locale par un ministre, tout événement qui attire des caméras peut être investi, qu’il soit ou non en relation directe avec le discours que l’on veut faire passer. Mais on court le risque de voir son intervention devenir purement anecdotique, de faire partie du décorum, et d’être au mieux réduit au rôle de figurants dans deux plans de quatre secondes (voir point 4). Il vaut mieux ne pas trop s’engager dans ce genre d’action, sachant que plus l’événement est considérable - et donc potentiellement porteur - plus il devient difficile de le détourner.
9) Participer à l’élaboration
d’un émission
Les « professionnels » de la télé ne lâchent pas facilement une partie de leur pouvoir, essentiellement par peur des dérapages. Cela peut se produire dans les grands shows humanitaires, type Téléthon et Sidaction. Même en participant aux premières étapes de la fabrication de ces émissions, vous vous retrouverez rapidement en porte-à-faux. Jamais considéré comme un véritable collaborateur, vous serez rapidement contraint de faire des compromis, et de laisser l’ultime pouvoir de décision aux « professionnels », d’autant plus que vous aurez des velléités de discours politique. Il faudra essayer de rattraper in extremis le flux de l’émission, et ne pas hésiter à se plaindre sur le plateau, en direct (voir Act Up lors des Sidactions).
Vous connaissez les limites et les difficultés de
l’utilisation de la
télévision à des fins politiques. Mais
ne vous privez pas de cet espace
public, ce serait ridicule. Envisager la
télévision comme un lieu
infréquentable est une position
réservée à ceux qui ont
d’autres lieux
de diffusion de leurs idées. Vous regrettez que la
télévision devienne
l’arbitre l’accès à
l’existence politique ? Sachez vous en servir
malgré tout. Vous hésitez encore à le
faire ? Espérez-vous garder une
sorte de virginité par rapport la
télé ? Ne soyez pas si naïf.
Il est toujours possible de s’inscrire dans cet espace
public, ne
serait-ce que dans quelque interstices du flux
télévisuel, car le mode
de communication de la télé est tel
qu’il suffit d’occuper quelques
parcelles de la continuité pour y prendre une place visible.
On peut
considérer la télévision comme
dangereuse pour la démocratie, car
soumise à la logique de l’audimat. On peut aussi y
voir une technique
qui participe à sa manière aux processus de
démocratisation. Des
mouvements ou groupes politiques ont réussi à
faire passer leurs idées
en grande partie grâce à la
télévision.
Apprendre à se servir de la
télévision, ne plus être passif et
analphabète devant son fonctionnement peut aider
à transformer les
normes télévisuelles et à investir cet
espace public qui pourrait être
davantage un miroir detoute la société.
Enfin, rappelez-vous que pour toute action publique, il n’y a
aujourd’hui rien de mieux qu’une caméra
de télévision pour vous
protéger de la violence toujours possible de la police, des
vigiles,
des militants FN. Encore que depuis Saint-Bernard, on ne soit plus
sûr
de rien...
03 février 2006
MAIRES ET ELUS qui ont SOUTENU LES "FASCISTES" FN-MNR
PRESIDENTIELLES 2002
MAIRES ET ELUS qui ont
SOUTENU LES FASCISTES FN-MNR
Attendez vous à ce qu'ils recommencent!
| ELECTION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE | ||
| J.O. Numéro 84 du 10 Avril 2002 | ||
| Listes des élus ayant apporté leur soutien aux candidats de l'Extrème droite | ||
| F N - Jean-Marie LePen | MNR - Bruno Mégret | |
| Ain | Ain | |
| Gilbert CARRON, maire de LES NEYROLLES | Annick VEILLEROT, conseiller régional | |
| Jules EMERY, maire de CESSY | Gustave MICHEL, maire de PLAGNE | |
| Michel THIEBAUT, maire d'EVOSGES | Jaqui REY, maire de PRIAY | |
| Olivier WYSSA, conseiller régional | André CLAVEL, conseiller régional | |
| Antoine PLANTIER, maire de GRAND-CORENT | ||
| Bruno PELLEGRINI, maire de PORT | ||
| Aisne | Aisne | |
| Agnès DHENNEQUIN, maire de CERNY-EN-LAONNOIS | Hugues MANGOT, maire de WIEGE-FATY | |
| Benoît WIART, maire de MENNEVILLE | Philippe GYSELINCK, maire de BONY | |
| Christine WATREMEZ, maire de CRUPILLY | Fabrice BEROUDIAUX, maire de PAISSY | |
| Claude MACQUART, maire de LAUNOY | Eric HALLE, maire de LES AUTELS | |
| Colette FECCI-PINATEL, conseiller régional | Jean-Paul VUILLIOT, maire de CHATILLON-LES-SONS | |
| Daniel LIOTARD, maire de LEUZE | Jacques MARTIN, maire de JUMENCOURT | |
| Denis GANDON, maire de FRESNES-EN-TARDENOIS | André NOGAS, maire de NEUFCHATEL-SUR-AISNE | |
| Franck BRIFFAUT, conseiller régional | André EVRARD, maire d'EPARCY | |
| Jean MARLIER, maire de CONCEVREUX | Claude LEFEVRE, maire de VIGNEUX-HOCQUET | |
| Jean-Guy NAURY, maire de MONTBAVIN | ||
| Jean-Marie TAMPIGNY, maire de BEAUVOIS-EN-VERMANDOIS | ||
| Jean-Pierre AGOUTIN, maire de CRAONNELLE | ||
| Marie-Jeanne MILHEM, maire de RAMICOURT | ||
| Nicolas BERTIN, maire d'AMBRIEF | ||
| Pascale LOUARD, maire de NOROY-SUR-OURCQ | ||
| Paul PREVOST, maire de SOMMETTE-EAUCOURT | ||
| Wallerand DE SAINT-JUST, conseiller régional | ||
| Yves GRIFFON, maire d'URVILLERS | ||
| Allier | Allier | |
| Alain LOCHON, maire de LE VEURDRE | Michel ROBERT, maire de SAINT-MARTINIEN | |
| Fernand BOFFETY, maire de SAINT-CLEMENT | Jacques MAYADOUX, conseiller régional | |
| Gabriel CHABANON, maire de SANSSAT | Gérard FENOUILLET, maire de SAUVAGNY | |
| Louis GUINATIER, maire de MONTOLDRE | Lucien DHONDT, maire de MONTEIGNET SUR L 'ANDELOT | |
| René CHAVIGNON, maire de DROITURIER | ||
| Alpes-de-Haute-Provence | Alpes-de-Haute-Provence | |
| André LATIL, maire délégué de commune associée de LINCEL | ||
| Jean-François GIACOMINO, maire de CLAMENSANE | ||
| Mireille D'ORNANO, conseiller régional | ||
| Hautes Alpes | Hautes Alpes | |
| Aristide BONNAFFOUX, maire de RISOUL | Jean-Claude CATELAN, maire de LA CHAPELLE-EN-VALGAUDEMAR | |
| Eric DEGUILLAME, maire de SALERANS | ||
| Gilbert SOURDAN, maire d'ANCELLE | ||
| Robert VERET, président de communauté de communes | ||
| de RIBIERS-VAL DE MEOUGE | ||
| Alpes Maritimes | Alpes Maritimes | |
| Gérard DE GUBERNATIS, conseiller régional | René OTTO-BRUC, maire de MARIE | |
| Jean THIERY, conseiller régional | Jean-Paul RIPOLL, conseiller régional | |
| Jean-Claude FRAPPA, conseiller régional | ||
| Jean-Pierre SCHENARDI, conseiller régional | ||
| Marcel REBUFFEL, maire de LE MAS | ||
| Marie-Rose PRAT, conseiller régional | ||
| Robert CREPIN, conseiller régional | ||
| Sylvain BUTTELLI, maire de VALDEROURE | ||
| Ardèche | Ardèche | |
| Cyrille BELIN, maire de LANARCE | Henry DESPRES, conseiller régional | |
| Jean-Marie REDON, maire de LE BEAGE | ||
| Michel LASSARA, maire d'EMPURANY | ||
| Ardennes | Ardennes | |
| Claude VAROQUAUX, maire de MARGUT | Jean-Pierre LELARGE, maire de LOUVERGNY | |
| Jacques PLAINCHAMP, maire de MARGNY | Patrice MARONGUI, maire de CHARNOIS | |
| Jean-Claude ETIENNE, maire de BUZANCY | Anne-Marie DELBE, conseiller régional | |
| Dominique LAPIE, maire d'HAUTEVILLE | Ludovic DASNOIS, maire de BAALONS | |
| Pierre RIVA, maire de COUCY | François BECHECLOUX, maire de MENIL-ANNELLES | |
| Michel GAUVAIN, maire de VAUX-LES-RUBIGNY | ||
| Hervé LAHOTTE, maire de SENUC | ||
| Lucette REGNIER, maire délégué de commune associée de LA HARDOYE | ||
| Patrick DEMORGNY, maire de PREZ-LA-CERLEAU | ||
| Marie-Thérèse ROBERT, maire de RUBECOURT-ET-LAMECOURT | ||
| Marie-Pascale PONSIGNON, maire d'YONCQ | ||
| Xavier GUILLAUME, maire de ROIZY | ||
| Nicolas MALHERBE, maire de LONGWE | ||
| Dominique TASSOT, maire d'ANNELLES | ||
| Daniel PONSARDIN, maire délégué de commune associée de REMONVILLE | ||
| Michel CARTELET, maire d'AURE | ||
| Jean-Louis LEKEUX, maire délégué de commune associée de BEAULIEU | ||
| Philipe LENICE, maire de SAINT-FERGEUX | ||
| Daniel RAUSSART, maire de CHESNOIS-AUBONCOURT | ||
| Francis BOUCHE, maire de CAUROY | ||
| Patrick RATAUX, maire délégué de commune associée de PRIMAT | ||
| Jean DAY, maire de GRANDCHAMP | ||
| Dominique FOURNY, maire de SERAINCOURT | ||
| Jacques GROSSELIN, maire de TOURCELLES-CHAUMONT | ||
| Daniel DOZIERES, maire d'EUILLY-LOMBUT | ||
| Pascal GENTY, maire délégué de commune associée d'ANDEVANNE | ||
| Pierre GRANDVALET, maire d'EXERMONT | ||
| Michel BOITELET, maire de CHILLY | ||
| Georges PHILIPPE, maire de MONTMEILLANT | ||
| René MARLOIS, maire de CHAPPES | ||
| J.-Claude CANARD, maire délégué de commune associée de WADIMONT | ||
| Daniel DENIS, Président de la Communauté des Communes de la Vallée de la Sem | ||
| Michel DONDELLE, maire de SORCY-BAUTHEMONT NE FAIT PAS PARTIE DE CETTE LISTE ET A ETE CITE PAR ERREUR | ||
| J. Pierre LELARGE, maire de LOUVERGNY | ||
| Ariège | Ariège | |
| Franco ARNAUD, maire de BESSET | Jacques ALABERT, maire de TREMOULET | |
| Aube | Aube | |
| Annie MOREL, maire de CHANNES | André DIETZ, maire de FEUGES | |
| Bruno SUBTIL, conseiller régional | Sylviane LHUILLIER, maire de LIGNIERES | |
| Claude JEROME, maire de BOUY-SUR-ORVIN | Jacques CHARNEY, maire de VILLIERS-LE-BOIS | |
| Françoise DENIZET, maire de LA VILLE-AUX-BOIS | Arlette MACKOWICZ, maire d'ALLIBAUDIERES | |
| Georges VENIEL, maire de PRECY-NOTRE-DAME | Jean-Pierre HARMAND, maire de PRECY-SAINT-MARTIN | |
| Gilbert FAURE, maire de VILLACERF | J.-Charles BERGEON, maire de LA CHAISE | |
| Gilbert PORTIER, maire d'ETOURVY | Jean-Louis RICHOUX, maire de POLIGNY | |
| Lucien DESHAMS, maire de THORS | Jean-Marie DUPONT, maire de MONTSUZAIN | |
| Marc MALARMEY, conseiller régional | Jeanine SENECAT, maire de POUY-SUR-VANNES | |
| Marcel GUIBERT, maire de MAROLLES-SOUS-LIGNIERES | Micheline JEANSON, maire de RANCES | |
| Max CHAMPION, maire de DONNEMENT | ||
| Michel ADOLPHE, maire de LA LOGE-POMBLIN | ||
| Pierre LHUILLIER, maire de MONTMORENCY-BEAUFORT | ||
| Philippe MACARY, maire de VERNONVILLIERS | ||
| Aude | Aude | |
| Pierre DE VOLONTAT, maire de SAINT-COUAT-D'AUDE | Henri ESCORTELL, conseiller régional | |
| Christian CONDOURET, maire de BELFLOU | ||
| Irènee COMBES, maire de MARQUEIN | ||
| Jean-François LHUILIER, maire de RENNES-LE-CHATEAU | ||
| Aveyron | Aveyron | |
| Guy CASSANIS, maire de VILLENEUVE | Louis MARCILHAC, maire de SAINTE-EULALIE-D'OLT | |
| Philippe VARSI, maire de CONQUES | ||
| Bouches-du-Rhône | Bouches-du-Rhône | |
| Jackie BLANC, conseiller régional | Yvon CLAIRE, conseiller régional | |
| Jean-Jacques SUSINI, conseiller régional | Hubert FAYARD, conseiller régional | |
| Joëlle MELIN, conseiller régional | Philippe ADAM, conseiller régional | |
| Maurice GROS, conseiller régional | Bruno MEGRET, conseiller régional | |
| Michèle CARAYON, conseiller régional | Marie-Claude ROUSSEL, conseiller régional | |
| René MOUCADEL, maire de MAILLANE | Catherine MEGRET, maire de VITROLLES | |
| Ronald PERDOMO, conseiller régional | Damien BARILLER, conseiller régional | |
| Stéphane DURBEC, conseiller régional | Hubert SAVON, conseiller régional | |
| Daniel SIMONPIERI, maire de MARIGNANE | ||
| Calvados | Calvados | |
| Benoît CHATEL, maire de LONGUEVILLE | André GAUBERT, maire de SAINT-GERMAIN-DE-MONTGOMMERY | |
| Christian GUERET DU MANOIR, conseiller régional | Pierre SEBERT, maire de SAONNET | |
| Dominique JULLIENNE, maire de LE PRE-D'AUGE | Michel BRASIL, maire délégué de commune associée d'ORBOIS | |
| Erick DEWAELE, maire de VIGNATS | Serge MOURICE, maire de LA ROCQUE | |
| Jean-Claude LECLERCQ, maire d'ESQUAY-SUR-SEULLES | Philippe CHAPRON, conseiller régional | |
| Michel VERGER, maire de LE BREVEDENT | Rosine BARABE, maire délégué de commune associée de SAINT-PAIR-DU-MONT | |
| Paulette STAUBERMANN, maire de CANTELOUP | Elie ALIZON, maire de COURVAUDON | |
| Roger TOURLAND, maire de SAINT-OMER | Jean-Louis BLIN, maire de LA BREVIERE | |
| Bernard JULIEN, maire de LE MESNIL-DURAND | ||
| Roland TOSTAIN, maire de LISON | ||
| Christian ALLAIS, maire de LE MARAIS-LA-CHAPELLE | ||
| Olivier SAINTVILLE, maire de BOURGEAUVILLE | ||
| Yves DUPRES, conseiller régional | ||
| Cantal | Cantal | |
| Jean MAGE, maire de MONTGRELEIX | André JUGIEU, maire de LA TRINITAT | |
| Jean- Marie MEZANGE, maire de NARNHAC | Guy GENDRE, maire d'ESPINASSE | |
| Philippe GANDILHON, maire de LAVIGERIE | Robert ANTIGNAC, maire délégué de commune associée de TOURNIAC | |
| Charente | Charente | |
| Alain LEROY, conseiller régional | Serge FRUGIER, maire d'YVRAC-ET-MALLEYRAND | |
| Alain SEGUIN, maire de MAREUIL | Joël TROUVE, maire de SAINT-MARTIN-DU-CLOCHER | |
| Jacky PAPOT, maire de LONGRE | René POTEVIN, maire de SAINT-CLAUD | |
| Pierre BROUILLET, maire de NABINAUD | ||
| Charente-Maritime | Charente-Maritime | |
| Bernard GILLET, maire de CELLES | Pascal MARKOWSKY, conseiller régional | |
| Jean-Louis OLIVIER, maire d'ARS-EN-RE | Gérard CHARRASSIER, maire de CHENAC-SAINT-SEURIN-D'UZET | |
| Jean-Marc PERMENAS, maire de VERGNE | Jean-Pierre MIGAUD, maire de BREUIL-MAGNE | |
| Michel BONNIN, maire d'ECOYEUX | Jean-François GALVAIRE, conseiller régional | |
| René SIMONET, maire de FONTAINE-CHALENDRAY | ||
| Gérard MARTIN, maire d'EPARGNES | ||
| Gilbert PANIZZI, maire de BARZAN | ||
| Cher | Cher | |
| Alain SOGNI, conseiller régional | Pierre FLEURET, maire de VERDIGNY | |
| Amélie JOCHYMS, maire de SAINTE-LUNAISE | Francis DUCREUX, conseiller régional | |
| Jean D'OGNY, conseiller régional | ||
| Jean-Marie DESDIONS, maire de THOU | ||
| Maurice RAT, maire de COUARGUES | ||
| Rémi ROGER, maire d'AZY | ||
| Corse du Sud | Corse du Sud | |
| Jean JALPI, conseiller à l'Assemblée de Corse | Paul LECA, maire de VALLE-DI-MEZZANA | |
| Jean-François NICOLI, maire de REZZA | Ange ALIOTTI, maire de COGNOCOLI-MONTICCHI | |
| Jean-Toussaint TOMA, maire de SARI-SOLENZARA | J.-Pierre BOZZI, maire de FORCIOLO | |
| Dominique ROSTINI, maire d'OTA | ||
| Corse du Nord | Corse du Nord | |
| André MICHELI, maire de SAN-GIULIANO | Julie GIUDICI, maire de POLVEROSO | |
| Charles POLI, maire de PRUNO | Charles BELLINI, maire de VALLECALLE | |
| Christian REBOUL, maire d'AVAPESSA | R-Emmanuel ALESSANDRINI, maire de CAMPI | |
| Dominique GOZZI, maire de MOITA | P.-Louis NICOLAI, maire de CERVIONE | |
| Etienne MARCELLI, maire de SANT'ANTONINO | Lucien COSTA, maire de POPOLASCA | |
| Jacques BARTOLI, maire d'ISOLACCIO-DI-FIUMORBO | J.-Pierre GRAZIANI, maire de PRATO-DI-GIOVELLINA | |
| Jean-Claude FONDACCI DE PAOLI, maire de RAPALE | Jean-Claude FONDACCI DE PAOLI, maire de RAPALE | |
| Jean-Noël LESCHI, maire de VALLE-DI-ROSTINO | Jean-Noël LESCHI, maire de VALLE-DI-ROSTINO | |
| Jean-Pasquin MATTEI, maire d'OCCHIATANA | ||
| Joseph GUGLIELMI, maire de FELCE | ||
| Mathieu SECONDI, maire de SCATA | ||
| P.-Baptiste MAESTRACCI, maire de VILLE-DI-PARASO | ||
| Côte d'Or | Côte d'Or | |
| Alain GUYOT, maire de BARJON | Guy VOISINE, maire de SAVIGNY-SOUS-MALAIN | |
| Benoît DE VALOUS, maire de PUITS | Michel GUICHARD, maire de BARBIREY-SUR-OUCHE | |
| Charles CAVIN, conseiller régional | Hubert FEVRE, maire de BLAISY-HAUT | |
| Christian LEFOL, maire de LA ROCHE-VANNEAU | Bernard TILQUIN, maire de BEAUNOTTE | |
| Colette LENOBLE, maire de TELLECEY | James PUY, maire de CUSSY-LE-CHATEL | |
| Gérard PIERROT, maire de BESSEY-EN-CHAUME | J.-Luc LECOUR, maire de GRENAND-LES-SOMBERNON | |
| Gilbert JAGER, maire de QUEMIGNY-SUR-SEINE | Jean-Claude CHARLOT, maire de CHASSEY | |
| Marc BON, maire de BEIRE-LE-FORT | François LOUET, maire de BLAISY-BAS | |
| Marcel MARION, maire de MONTIGNY-SUR-ARMANÇON | Michel MAIRET, maire de TURCEY | |
| Michel REVENU, maire de MOLINOT | Liliane FLOIRAS, conseiller régional | |
| Michel SOMMET, maire de MONTMOYEN | ||
| Pierre JABOULET-VERCHERRE, conseiller régional | ||
| Claude GUILLAUME, maire de SAINT-BROING-LES-MOINES | ||
| Creuse | Creuse | |
| Georges NICOULAUD, maire d'AUGE | ||
| Dordogne | Dordogne | |
| Marc ROBERT, maire de CHAMPNIERS-ET-REILHAC | Philippe LACHAUD, maire de SAINT-ROMAIN-ET-SAINT-CLEMENT | |
| Guy TALLET, maire de BADEFOLS-SUR-DORDOGNE | ||
| Georges MASSIAS, maire de SAINT-MARTIN-DES-COMBES | ||
| Lucien POMEDIO, maire de SAINT-PERDOUX | ||
| Robert MOLLAT, maire de SAINT-AUBIN-DE-NABIRAT | ||
| Marcel MEZERGUES, maire de BESSE | ||
| Jean-Pierre GOUAUD, conseiller général de LE BUGUE | ||
| Elisabeth BONNARD, maire de CHAMPS-ROMAIN | ||
| Roland COLLINET, maire de BREUILH | ||
| Guy BEBOT, maire de VIEUX-MAREUIL | ||
| Claude JACQUOT, maire de CLERMONT-D'EXCIDEUIL | ||
| Louis HERBRETEAU, maire de SAINT-LAURENT-DES-BATONS | ||
| Doubs | Doubs | |
| Alain SEBILLE, conseiller régional | Christian GRANIE, maire de LES ALLIES | |
| Arlette SOEUR, maire de VAIRE-LE-PETIT | Claude MAGNIN, maire de LOMONT-SUR-CRETE | |
| Bernard EUSTACHE, maire délégué de commune associée de CHAZOY | Jean-François BEURTHERET, maire de VERRIERES-DU-GROSBOIS | |
| Christian BRAND, maire de BELVOIR | Joseph CUENOT, maire de MESANDANS | |
| Claude VERMOT, conseiller général de MORTEAU | Pierre DESTAING, maire de SARAZ | |
| Jean-Luc BART, conseiller régional | Jean-Marie ROTH, maire de CHAMPVANS-LES-MOULINS | |
| Pierre MILLOZ, conseiller régional | Jérôme RENAUD, maire de LE NARBIEF | |
| Raymond MINOTTO, maire de ROSUREUX | Roland FAIVRE, maire d'ADAM-LES-PASSAVANT | |
| Robert QUINTERNET, maire de VILLERS-GRELOT | Jean-Louis MORTEAU, maire de COTEBRUNE | |
| Sophie MONTEL, conseiller régional | Maurice VUILLEMIN, maire de LAVAL-LE-PRIEURE | |
| J.Luc de TROGOFF, conseiller régional | Raymond BOUCON, maire de PALISE | |
| Michel LARTOT, maire d'OSSELLE | ||
| Serge TORTEAU, maire de THORAISE | ||
| Jean BAUD, maire délégué de commune associée de BOUJEONS | ||
| Drôme | Drôme | |
| Albert ROSSET, conseiller régional | Michaël BORDAS, maire de SAINT-MARTIN-D'AOUT | |
| André FAVIER, maire de TRESCHENU-CREYERS | André FAVIER, maire de TRESCHENU-CREYERS | |
| André MARTIN, maire de LA CHAUDIERE | ||
| Annick MORISSE, maire d'ARNAYON | ||
| Bernard PINET, conseiller régional | ||
| Chantal BOUVET, maire de CROZES-HERMITAGE | ||
| Christian BEAUME, maire de SEDERON | ||
| Christian BONNET, maire de LA ROCHE-SUR-GRANE | ||
| Christian GILLOUIN, maire d'AUREL | ||
| Eric CHAREYRE, maire de VAUNAVEYS-LA-ROCHETTE | ||
| Francis AUBERT, maire de REILHANETTE | ||
| Gérard BLACHE, maire de BRETTE | ||
| Joël CHEVAL, conseiller régional | ||
| Josiane GENEVIER, maire de BEAUMONT-MONTEUX | ||
| Michel TAVAN, conseiller général de VALENCE-3 | ||
| Pierre BOUCHET, maire de LE CHAFFAL | ||
| Pierre JOLY, maire de MERINDOL-LES-OLIVIERS | ||
| Sylviane RASPAIL, maire de BOUVIERES | ||
| Charles BRES, maire de VOLVENT | ||
| Juliette CHEVALLIER, maire de ROTTIER | ||
| Eure | Eure | |
| Achille FOUBERT, maire de LA CHAPELLE-HARENG | Marie-Dominique ROUAS, maire de BOSGOUET | |
| Francis SABINE, maire de SAINT-DENIS-DES-MONTS | Chantal RIVARD, maire de DURANVILLE | |
| Guy DUGRES, conseiller régional | Paul CHAUVELIN, conseiller régional | |
| Jean-Pierre DACBERT, maire de MARTAGNY | Stéphane DUYCK, maire de CHAMP-DOLENT | |
| Max BERTAULD, maire de CORMEILLES | André METTAIS, maire de HECTOMARE | |
| Michel JOUYET, conseiller général d'ECOS | Gérard SWERTVAEGER, maire de THUIT-HEBERT | |
| Pierre BRANGEON, maire de MALOUY | J.-Pierre LUSSAN, conseiller régional | |
| René POTEL, maire de BERNIERES-SUR-SEINE | Bernard BOUCHER, maire de BERENGEVILLE-LA-CAMPAGNE | |
| Yves DUPONT, conseiller régional | ||
| Patrice VALLEYE, maire de SAINT-JULIEN-DE-LA-LIEGUE | ||
| Bernard TAILLIEU, maire d'ECOS | ||
| Eure-et-Loir | Eure-et-Loir | |
| André BAURAIN, maire de MOTTEREAU | Daniel PORCHER, maire de FONTAINE-LES-RIBOUTS | |
| Bernard DUVERGER, maire de SAINT-LUCIEN | ||
| François AVON, conseiller régional | ||
| Gisèle SOULIER, maire de LANGEY | ||
| Jacques DAUTREME, conseiller régional | ||
| Jean-Lin LACAPELLE, conseiller régional | ||
| Marcel COUPPE, maire de VITRAY-EN-BEAUCE | ||
| Philippe GLANARD, maire de GUAINVILLE | ||
| Finistère | Finistère | |
| Olivier MORIZE, conseiller régional | ||
| Claudine DUPONT TINGAUD, conseiller régional | ||
| Gard | Gard | |
| Joël MANZANERE, maire de MONTFAUCON | Julien GOYOT, maire de SAINT-CHRISTOL-DE-RODIERES | |
| Max JANIN, conseiller régional | Serge MARTINEZ, conseiller régional | |
| Marie-Josée CROS, conseiller régional | ||
| Elizabeth PASCAL, conseiller régional | ||
| André ROUDIL, conseiller régional | ||
| Haute-Garonne | Haute-Garonne | |
| Louis ALIOT, conseiller régional | Charles BAYLE, maire de LILHAC | |
| René JEAN-JEAN, maire de SAUSSENS | Thierry SALLES, maire de FRONTIGNAN-SAVES | |
| Robert MAUHOURAT, maire de SAIGUEDE | Nadege SAINTOMER, conseiller régional | |
| Serge LAROZE, conseiller régional | J.-Pascal SERBERA, conseiller régional | |
| Gers | Gers | |
| Mitrophan BREOUS, maire de SAVIGNAC-MONA | Joël DURREY, maire d'AVEZAN | |
| René COUZINET, maire d'ARROUEDE | Pierre MOURAY, maire de TUDELLE | |
| Pierre AGUT, maire de de MOUREDE | Alain PAYSSE, maire d-BELLOC | |
| Alain BACQUE, maire de RAMOUZENS | ||
| Alain DALLA-BARBA, maire de CLERMONT-SAVES | ||
| Jean LARTIGUE, maire de COULOUME-MONDEBAT | ||
| Joël BONNEAU, maire de BARCUGNAN | ||
| Daniel MENON, maire de ROQUEFORT | ||
| Gérard GOURGUES, maire de BRETAGNE-D'ARMAGNAC | ||
| Max LAMOTHE, maire de CATONVIELLE | ||
| Gironde | Gironde | |
| André BOULIN, maire de SAINT-LAURENT-DU-PLAN | Alain DE PERETTI, conseiller régional | |
| André RICHARD, maire de SAINT-EXUPERY | ||
| Jacques COLOMBIER, conseiller régional | ||
| Maurice LE GENTIL, conseiller régional | ||
| Hérault | Hérault | |
| France JAMET, conseiller régional | Georges BARTOLI, maire de GABIAN | |
| Francine COMMENGE, conseiller régional | Jean-Claude MANIFACIER, conseiller régional | |
| Georges NOUGUIER, maire de VALMASCLE | Roger GRANIER, maire de ROUET | |
| Jean-Louis PELLETIER, conseiller régional | ||
| Vincent PIGANEAU, maire de COULOBRES | ||
| Ille-et-Vilaine | Ille-et-Vilaine | |
| Jacques DORE, conseiller régional | Pierre MAUGENDRE, conseiller régional | |
| Louis ROCHEFORT, maire de TINTENIAC | Constant SAFFRAY, maire de BOISTRUDAN | |
| Roland BOUVET, maire de COMBOURTILLE | ||
| Indre | Indre | |
| Bernard GUILLON, maire de VILLEGONGIS | André BALDINI, maire de LA BERTHENOUX | |
| Guy JULO, maire de POULAINES | ||
| Jacques DUMONT, maire de POMMIERS | ||
| Jean PETIPEZ, maire de BRIANTES | ||
| Michel HUBAULT, conseiller régional | ||
| Stéphane GOURIER, maire de SEGRY | ||
| Indre-et-Loire | Indre-et-Loire | |
| Franck HIDALGO, maire de LA GUERCHE | Agnès BELBEOCH, conseiller régional | |
| Jean TROUBAT, maire de CRISSAY-SUR-MANSE | Gérard JACQUES, maire de CIGOGNE | |
| Jean VERDON, conseiller régional | ||
| Jean-Marie SAVATON, maire de BRAYE-SOUS-FAYE | ||
| Joël RABUSSEAU, maire de SAINT-BAULD | ||
| Marcel FORTIN, conseiller général de LE-GRAND-PRESSIGNY | ||
| Natalie SENNEGON, maire de NEUIL | ||
| Yves MOYER, maire de CROTELLES | ||
| Isère | Isère | |
| Alain DUGELAY, conseiller régional | Eric BRUNOT, conseiller régional | |
| Daniel MEURICE, conseiller régional | Lucien BERAY, maire de BREZINS | |
| Eric GARNIER, maire de QUINCIEU | Christian VELLIEUX, conseiller régional | |
| Georges THEIL, conseiller régional | Patrick PACAUD, maire de MONTAGNE | |
| Hugues PETIT, conseiller régional | Claude BLANC-COQUAND, maire de SAINTE-AGNES | |
| Jacques BOURGEAT, maire de BEAUVOIR-EN-ROYANS | Joël SAVOY, maire de SUCCIEU | |
| Marie-Thérèse ROCHE, maire de GONCELIN | ||
| Michel GONIN, maire de SAINTE-MARIE-DU-MONT | ||
| Jura | Jura | |
| Bernadette MENOUILLARD, maire de PLAISIA | Jean-Etienne NORMAND, conseiller régional | |
| Daniel GAILLY, maire de MIREBEL | Louis IONI, maire de LOUVENNE | |
| Daniel MAIROT, maire de VILLENEUVE-D'AVAL | Marcel BRIDE, maire de MARNEZIA | |
| Gérard THEVENIN, maire de LEZAT | Marcel ODOBEL, maire de VIRY | |
| Henri VUITTON, maire de LAVANS-SUR-VALOUSE | Jean-Pierre GROS, maire d'ALIEZE | |
| Jean-Noël LAGARDE, maire de LARGILLAY-MARSONNAY | Daniel DUVERNOIS, maire de TAXENNE | |
| Michel FAVERGE, maire de DIGNA | Luc BEJEAN, maire de MONTEPLAIN | |
| Serge ROULLE, maire de LEMUY | Jean PERROTIN, maire d'ECLEUX | |
| Gilles CARNET, maire de GENOD | ||
| Claude JACQUENOT, maire de MONT-SUR-MONNET | ||
| André PROST, maire d'ARESCHES | ||
| Jean-Charles KOEHREN, maire de SOUVANS | ||
| Louis VUILLET, maire de SAVIGNA | ||
| Gilbert BOUILLOD, maire de GRUSSE | ||
| Bernard ROUSSEL, maire de VERIA | ||
| Alain OUBIBET, maire de LA MOUILLE | ||
| Jean VALLET, maire de LOMBARD | ||
| Fernand JANET, conseiller général de SAINT-JULIEN | ||
| Noël NOIROT, maire de RYE | ||
| Gabriel GIROUDET, maire de SERGENON | ||
| Jean-Noël GUYON, maire de BRETENIERES | ||
| Gérard DEPRES, maire de CHEMILLA | ||
| Antoine MARCELLIN, maire délégué de la commune associée LE BOUCHAUD | ||
| Landes | Landes | |
| Michel DUBAQUIER, maire de LACAJUNTE | Michel DUBAQUIER, maire de LACAJUNTE | |
| Loir-et-Cher | Loir-et-Cher | |
| Guy RIMBERT, maire de DHUIZON | Michel DENIAU, maire d'EPUISAY | |
| Jacky DEFORGES, maire d'ANGE | Jean-Pierre GIRODON, maire de BOUFFRY | |
| Miguel DE PEYRECAVE, conseiller régional | ||
| Henri COCHELIN, conseiller général de MONDOUBLEAU | ||
| Loire | Loire | |
| Charles PERROT, conseiller régional | Frédéric GRANJON, conseiller régional | |
| Christian BARJON, maire d'ESTIVAREILLES | Alain GIRARDET, maire de SAINT-SYMPHORIEN-DE-LAY | |
| Christian GRANGIS, conseiller régional | Michel SEON, maire de SAINT-DENIS-SUR-COISE | |
| Joël DE CURRAIZE, maire de MORNAND | Henri GROSDENIS, maire d'ARCINGES | |
| Joël EPINAT, maire de SAINT-BONNET-LE-COURREAU | Gérard LLILIO, conseiller régional | |
| Michel PAROIS, maire de CHALMAZEL | Jean CLAVIER, maire de SOLEYMIEUX | |
| René SERRAILLE, maire de SAINT-BATHELEMY-LESTRA | Gérard TOURNAIRE, conseiller régional | |
| Georges THOMAS, maire de SAINT-ROMAIN-D'URFE | ||
| Norbert CHETAIL, conseiller régional | ||
| Haute-Loire | Haute-Loire | |
| Jean-Louis COTTIER, maire de BESSAMOREL | Théodore CHAZAL, maire de SAINT-GEORGES-D'AURAC | |
| Jacques BARRAT, maire de SAINT-PIERRE-DU-CHAMP | ||
| Monique CHARREYRON, maire de MALVALETTE | ||
| Paul BRULE, conseiller régional | ||
| Joachim MAZOYER, maire de VAZEILLES-LIMANDRE | ||
| Jean FAYARD, maire de MONTFAUCON EN VELAY | ||
| Loire-Atlantique | Loire-Atlantique | |
| Philippe ROUGER, conseiller régional | Hervé LUBERT, maire de JOUE-SUR-ERDRE | |
| Samuel MARECHAL, conseiller régional | Arnaud DE PERIER, conseiller régional | |
| Loiret | Loiret | |
| Claude BAUCHE, maire de LANGESSE | Gérard BEAUDOIN, maire de RUAN | |
| Jean CAVAILLES, maire de BUCY-SAINT-LIPHARD | Martial BERNARDON, conseiller régional | |
| Solange FROTTIER, maire de BATILLY-EN-PUISAYE | Jean-Pierre VACHER, maire de PRESNOY | |
| Denis DAUDE, conseiller régional | ||
| William CHARPENTIER, maire de MORMANT-SUR-VERNISSON | ||
| Bernard LESAGE, maire de LION-EN-BEAUCE | ||
| Maurice ETIENNE, conseiller régional | ||
| Xavier GUILLEMOT, conseiller régional | ||
| Jacky SUARD, maire de MELLEROY | ||
| Lot | Lot | |
| Guy PLEIMPON, maire de LUNEGARDE | ||
| Lot-et-Garonne | Lot-et-Garonne | |
| Eddy MARSAN, conseiller régional | Maurice BOUTIN, maire de POMPIEY | |
| Françoise GROLET, conseiller régional | Jean-Pierre LUSSAGNET, maire de NOMDIEU | |
| Frédéric BRISOT, maire de MOUSTIER | Roland SOCA, maire de PINEL-HAUTERIVE | |
| Laurent DEBONO, maire de GRAYSSAS | Jean-Romain ARGACHA, conseiller général de DAMAZAN | |
| Geneviève DE POURTALES, maire de LASSERRE | ||
| Guy JOFFRE, maire d'ESPIENS | ||
| Bernard CAUBET, maire de BEAUZIAC | ||
| J. Marc RIVES, maire de RIVES | ||
| Lozère | Lozère | |
| Bernard BONICEL, maire de LAVAL-DU-TARN | Gabriel ROUSSET, maire de GABRIAS | |
| Christian CABIROU, maire de TRELANS | Jacques PRADEILLES, maire délégué de la commune associée LA CAPELLE | |
| Colette SALEIL, maire de SAINT-SATURNIN | Jean-Claude LONGEAC, maire délégué de commune associée d'AUXILLAC | |
| Denis GRAS, maire de LA CHAZE-DE-PEYRE | ||
| Gérard ODOUL, maire de CHAUCHAILLES | ||
| Pierre CHAYLA, maire de SAINT-JUERY | ||
| Maine-et-Loire | Maine-et-Loire | |
| Jean-Claude VARANNE, conseiller régional | Jean-Louis ROY, maire d'EPIEDS | |
| Jean-René LEFORT, maire de TREMONT | ||
| Bernard BERNIER, maire de TANCOIGNE | ||
| J.-Philippe MOTTE, conseiller régional | ||
| Jean-Claude RAIMBAULT, maire de MONTPOLLIN | ||
| Manche | Manche | |
| André PERIER, maire de CAMPROND | Jean-Marie LEMOINE-LE CHESNAY, conseiller régional | |
| Bernadette LETOUSEY, maire de LA MEURDRAQUIERE | Jean-Jacques BREGUET, maire de SEBEVILLE | |
| Bernard ENAULT, maire de PRETOT-SAINTE-SUZANNE | Louis SENOVILLE, conseiller régional | |
| Félix LEDENTU, maire de SAINT-ANDRE-DE-BOHON | Jean BOISNEL, maire de SENOVILLE | |
| Gérard LADROUE, maire de LE MESNIL-HERMAN | Yves DUVAL, maire de BLOSVILLE | |
| Jean-Luc PIGNET, maire de LENGRONNE | Daniel HAMCHIN, maire d'ANGOVILLE AU PLAIN | |
| Michel AUMONT, maire de SAINT-SAUVEUR-LA-POMMERAYE | Michel AUMONT, maire de SAINT-SAUVEUR-LA-POMMERAYE | |
| Raymond SORET, maire de BOUTTEVILLE | ||
| Roger LECHEVALIER, maire de SAINT-PIERRE-D'ARTHEGLISE | ||
| Roland LEGRAND, maire de SAVIGNY-LE-VIEUX | ||
| J.Pierre PERRODIN, maire de SAINT-MALO DE LALANDE | ||
| Pierre FAUVEL, maire de SAINT-CÖME DU MONT | ||
| Marne | Marne | |
| Dominique THOMAS, maire de SELLES | Alain BROCHET, maire d'ECUEIL | |
| François HILBERT, maire de LOUVOIS | Jacques LOISELET, maire de FAVRESSE | |
| Jacky BAILLOT, maire de CUIS | Paul JENY, maire de SOMME-BIONNE | |
| Jacqueline NAEYAERT, maire d'ANTHENAY | Michel POLY, maire de GIVRY-LES-LOISY | |
| Jérôme MALARMEY, conseiller régional | André VARLET, maire de REUIL | |
| Michelle MACHEREZ, maire de LA CHAPELLE-LASSON | François CURE, maire de BANNAY | |
| Stéphane DUCHENE, conseiller régional | ||
| Haute-Marne | Haute-Marne | |
| Catherine ETIENNE, conseiller régional | Paul DIDIER, maire délégué de commune associée de LECOURT | |
| Colette COLOMBO, maire délégué de commune associée de SAINT-MARTIN-SUR-LA-RENNE | Maryse MOUSSUT, maire délégué de commune associée de ROOCOURT COTE | |
| Eric THERIOT, maire de MERREY | Guy SAUVAGEOT, maire de MOUILLERON | |
| Gérard BOUSSEL, maire délégué de commune associée de TREMILLY | Jean-Marie HUTINET, maire de MAIZIERES-SUR-AMANCE | |
| Gérard MARCHAND, maire de BRACHAY | Patrick PARISEL, maire de CHOISEUL | |
| Gilbert RAMAGET, maire de MARDOR | Christian BOULY, maire délégué de commune associée de PRANGEY | |
| Guy MAITROT, maire de SILVAROUVRES | Hervé DHEU, maire délégué de commune associée de SAUVAGE-MAGNY | |
| Pierre BERTAUX, maire délégué de commune associée de BEAUCHARMOY | Marcel HUMBLOT, maire de MORIONVILLIERS | |
| Robert LEFAIVRE, maire d'AIGREMONT | Jean-Marc MONIOT, maire de BLUMERAY | |
| Jean-M CHALICARNE, maire délégué des communes associées de VILLIERS AUX CHENES | Jean-François FONTAINE, maire de GILLAUME | |
| Michel GUILLAUME, maire de LAVILLE-AUX-BOIS | ||
| Daniel MONIOT, maire délégué de commune associée d'ANGLUS | ||
| Bernard BREDELET, maire de SOYERS | ||
| Claude ROYER, maire de SAINT-URBAIN-MACONCOURT | ||
| Maryse URBAIN, maire de PAROY-SUR-SAULX | ||
| Pierre SUCK, maire délégué de commune associée de HARMEVILLE | ||
| André CAMUS, maire délégué de commune associée de SAINT-MICHEL | ||
| Jean-Claude MARCHAL, maire délégué de commune associée de BRONCOURT | ||
| Pascal DESANLIS, maire de MAIZIERES-LES-JOINVILLE | ||
| Dominique MULLER, maire délégué de commune associée de BROUTHIERES | ||
| Mayenne | Mayenne | |
| Clotilde FAGUER, maire de SAINT-MICHEL-DE-LA-ROE | Claude DEROUARD, maire de BLANDOUET | |
| Michel PEUDENIER, maire de LA PELLERINE | Gaspard SAVER, maire de SAINT-MARS-DU-DESERT | |
| Meurthe et Moselle | Meurthe et Moselle | |
| Bernard LEMBERT, maire de VILLETTE | Jacques PEYROU, conseiller régional | |
| Bernard MICLO, maire de BERTRICHAMPS | Jérôme DENOLLE, conseiller régional | |
| Claude RICHARD, maire d'ETREVAL | Bernard BUZON, maire de RAUCOURT | |
| Denis KRYZS, maire de BROUVILLE | J.-Claude BARDET, conseiller régional | |
| Gérard BARGOIN, conseiller régional | ||
| Henri ANTOINE, maire de SAULXEROTTE | ||
| Joël GERARD, maire de MARAINVILLER | ||
| Michel PETITCOLAS, maire de HOUDREVILLE | ||
| Patrice MALGRAS, maire de RAVILLE-SUR-SANON | ||
| Robert LAGRUE, maire de SIVRY | ||
| Bernard LOUIS, maire de NEUVILLE-LES-BADONVILLE | ||
| Meuse | Meuse | |
| Bernard ROBERT, maire de HERMEVILLE-EN-WOEVRE | Lucien HICKEL, maire de GERY | |
| Ernest VAN ELSEN, maire de NOYERS-AUZECOURT | André VAUTHIER, maire de NAIVES-EN-BLOIS | |
| François BAUDOT, maire de HAN-SUR-MEUSE | Jean-Michel NORBERT, maire de RAMBLUZIN-ET-BENOITE-VAUX | |
| François VICH, maire de VAUX-LES-PALAMEIX | Jack ANTION, maire de TRONVILLE-EN-BARROIS | |
| Françoise FLAMINI, maire de LANHERES | Edouard HECKEL, maire de COURCELLES-EN-BARROIS | |
| Gaston KINTZIG, maire de VERNEUIL-PETIT | André PETIT, maire de VILOSNES-HARAUMONT | |
| Jean-Jacques GERARD, maire de MOULINS-SAINT-HUBERT | Marcel FISCHER, maire délégué de commune associée de RAULECOURT | |
| Jean-Marie GILLET, maire de WAVRILLE | Denis DEMANGE, maire délégué de commune associée d'AULNOIS-SOUS-VERTUZEY | |
| Luc BREUIL, maire de RIBEAUCOURT | Louis ROUYER, conseiller régional | |
| Luc FLEURANT, maire de ROBERT-Espagne | Claude VILLAIN, maire de BANNONCOURT | |
| Nicole LATOUCHE, maire de VILLERS-LES-MANGIENNES | Bruno LANTERNE, maire délégué de commune associée de MALAUMONT | |
| Patrick MAURY, maire de VOUTHON-BAS | Serge KIMENAU, maire de SILMONT | |
| Pierre NAU, maire de BLANZEE | Jean-Luc NICOLAS, maire de LONGCHAMPS-SUR-AIRE | |
| Roger POUPART, maire de REMBERCOURT-SOMMAISNE | Claude ANSMANT, maire de SAULMORY-ET-VILLEFRANCHE | |
| Jacques EVRARD, maire de BAZEILLES-SUR-OTHAIN | Jean LAMBERT, maire de GOURAINCOURT | |
| Georges GODART, maire de MONTSEC | Thierry GEOFFROY, maire de RUMONT | |
| Marcel CONREUX, maire de SAINT-GERMAIN-SUR-MEUSE | ||
| Christian LANOIX, maire de BUREY-EN-VAUX | ||
| Jean-Pierre VICHERAT, maire délégué de commune associée de COUSANCES-AUX-BOIS | ||
| Jacques CHERRIER, maire de TANNOIS | ||
| Monique COULAUD, maire d'EPIEZ-SUR-MEUSE | ||
| Henri ROUYER, maire de DAGONVILLE | ||
| Guy AUBRY, maire de LIGNIERES-SUR-AIRE | ||
| Bernard MILLERY, maire d'AMANTY | ||
| Claudy MALJEAN, maire délégué de commune associée de SENONVILLE | ||
| Martine MARCHAL, maire de BISLEE | ||
| Morbihan | Morbihan | |
| René-Marie BOUIN, conseiller régional | Daniel POULAIN, maire de KERGRIST | |
| A.-Marie KERLEO, conseiller régional | ||
| Moselle | Moselle | |
| Albert BOHN, maire d'OGY | Jean RENAUT, maire de SILLY-EN-SAULNOIS | |
| Bernard ILLY, maire de BOUSTROFF | François GOSSLER, maire de BANNAY | |
| Edouard SCHAMING, maire de REYERSVILLER | Hervé SENSER, maire de LEMUD | |
| Germain VAILLANT, maire de ROUPELDANGE | Albert WEISBECKER, maire de KEMPLICH | |
| Guy HERLORY, conseiller régional | Roland GERARDIN, maire de TRAGNY | |
| Jean-Marie BAUER, maire d'ENNERY | Didier MUNIER, maire d'AJONCOURT | |
| Thierry GOURLOT, conseiller régional | Jacques MARCHAL, conseiller régional | |
| Martin BAUER, maire de BOUSSEVILLER | Jean-Marie SIQUOIR, maire de LOUDREFING | |
| Hubert CHLOUP, maire de VILLERS-STONCOURT | ||
| Irma GRANDCLAUDE, maire de GONDREXANGE | ||
| Bernard LEMALE, maire de VILLERS-SUR-NIED | ||
| Jean-Claude CHATEAUX, maire de LOSTROFF | ||
| Camille GLAD, maire de RICHELING | ||
| Evelyne DUBOIS, maire de DESSELING | ||
| Virginie BARLEMONT, conseiller régional | ||
| Gilbert NOMINE, maire de WALSCHBRONN | ||
| Jean-Marie KLYSNIN, maire de BENESTROFF | ||
| Gilbert TRITZ, maire de LAUMESFELD | ||
| Pierre HUSSON, maire de VAL-DE-BRIDE | ||
| Jean-Christophe MOULON, maire d'AUBE | ||
| Michel AUBRIOT, maire de LAFRIMBOLLE | ||
| Hervé BELLOY, maire de LUPPY | ||
| Gabriel COLLIGNON, maire délégué de commune associée de GUIRLANGE | ||
| J.-Marie NICOLAY, conseiller régional | ||
| Christian KUHN, maire de FLASTROFF | ||
| Jean-Denis FRANTZ, maire de ROCHONVILLERS | ||
| Nièvre | Nièvre | |
| Alain VITURAT, maire de RAVEAU | Renée RENAULT, maire d'ARZEMBOUY | |
| Denis GAUDRY, maire de TRACY-SUR-LOIRE | Jacques BRAZY, maire de LA COLLANCELLE | |
| Guy PIRON, maire de BEARD | Michel VENEAU, conseiller général de COSNE-COURS-SUR-LOIRE-SUD | |
| J.-Dominique JURIK, maire de SAINT-FRANCHY | ||
| Philippe CONNANT, maire de NEUFFONTAINES | ||
| Philippe RAFFEAU, maire de BUSSY-LA-PESLE | ||
| Régis LE POITTEVIN DE LA CROIX-VAUBOIS, conseiller régional | ||
| Michel SOUDAN, maire de CHAMPALLEMENT | ||
| Nord | Nord | |
| Bernard DEGAND, maire de HAYNECOURT | Jacques BOURREZ, conseiller régional | |
| Charles DEGARDIN, maire de SAINT-WAAST-LA-VALLEE | Philippe EYMERY, conseiller régional | |
| Claude DERESNES, conseiller régional | Evelyne GUISLAIN, maire de MAULDE | |
| Dominique SLABOLEPSZY, conseiller régional | ||
| Jacques DISDIER, conseiller régional | ||
| Jean-Pierre MONNIER, maire de NOYELLES-SUR-SAMBRE | ||
| Marine LE PEN, conseiller régional | ||
| Michel KERFYSER, maire de WULVERDINGHE | ||
| Michel XIMENES, conseiller régional | ||
| Patricia MOONE, maire de BERTHEN | ||
| Philippe BERNARD, conseiller régional | ||
| Philippe DUCROUX, maire de CATILLON-SUR-SAMBRE | ||
| Pierre GRAVEZ, maire de CHOISIES | ||
| Robert MOREAU, conseiller régional | ||
| Roger OBLEZ, maire d'ANNEUX | ||
| Jacqueline BRAUN, conseiller régional | ||
| Oise | Oise | |
| Edouard DE COSSE BRISSAC, maire de LE FAYEL | Régis MONTOIS, maire de REUIL-SUR-BRECHE | |
| Eric BOULY DE LESDAIN, maire de MONTEPILLOY | Laurent ISORE, conseiller régional | |
| Eric MIKO, maire de LE PLOYRON | Eric DELCROIX, conseiller régional | |
| Guy DESESSART, conseiller régional | Jean-Marie DEFASQUELLE, maire de VIEFVILLERS | |
| Guy MOREAU, maire de ROUVRES-EN-MULTIEN | Sanguy BOCQUET, maire de ROMESCAMPS | |
| Jacqueline CHARLET, maire de MARGNY-AUX-CERISES | Michel LADOUBART, maire de LE HAMEL | |
| Jacques BOCQUET, maire de TRICOT | Patrick BROCARD, conseiller régional | |
| Jacques VILLET, maire de DARGIES | Philippe BROU, maire de BAILLY | |
| Jean DELACROIX, maire d'IVORS | Gilbert VEREECKE, maire de VILLERS-SUR-BONNIERES | |
| Jean VARENNE, maire de RIVECOURT | René SOHIER, maire de LALANDELLE | |
| Jean-Pierre DUPETIT, maire de LITZ | Alain BAUDIN, maire de QUINQUEMPOIX | |
| Michel GUINIOT, conseiller régional | J.-Pierre HEU, maire de SOMMEREUX | |
| Pascal LEMMENS, maire de SAINT-PIERRE-LES-BITRY | René RIVA, maire de PRECY-SUR-OISE | |
| Pierre DESCAVES, conseiller général de NOYON | Jean-Pierre MAYOT, maire de FOSSEUSE | |
| Régis FLAMAND, maire d'ESSUILES | Michel LADOUBART, maire de LE HAMEL | |
| René GOURGUECHON, maire de NOROY | Michel LASNIER, maire de SAINT-SAMSON LA POTERIE | |
| Orne | Orne | |
| Brigitte LECOEUR, conseiller régional | Brigitte LECOEUR, conseiller régional | |
| Christophe GUIARD, maire de LA MADELEINE-BOUVET | Christophe GUIARD, maire de LA MADELEINE-BOUVET | |
| Daniel GUITTON, maire de LES ASPRES | ||
| Daniel JEAN, maire d'APPENAI-SOUS-BELLEME | ||
| Guy MONHEE, maire de TOUROUVRE | ||
| Hubert GOUPIL, maire de COMBLOT | ||




















