Activisme - Stanislas kazal underground blog

Stanislas kazal underground blog

contre-culture,réflexions, poésie,cinéma de genres et d'auteurs, musiques, société,critiques,littérature, arts, révoltes, mousse au chocolat et couscous.....

03 avril 2005

Activisme1

Vous voulez faire valoir vos droits, défendre votre liberté, protester et vous vous sentez démuni. Stanislasundergroundblog vous donne quelques recettes qui ont fait leurs preuves!
en esperant  qu'elles vous inspirent en ces temps troublés......


Action directe et activisme



la plupart des actions directes ne requièrent pas d'effectifs importants, elles peuvent être mises en place sans trop de moyens et dans des délais assez brefs. L'action directe peut revêtir de multiples formes suivant la situation et en fonction de la créativité des participants. Elle peut être individuelle ou collective, légale ou non, offensive ou défensive, violente ou non violente. Son caractère légal importe peu, à mon sens, car la légalité n'est jamais qu'une limite arbitraire fixée par la bourgeoisie pour défendre ses intérêts, il faut juste en tenir compte pour évaluer les risques juridiques. La notion de violence, par contre, est à manipuler avec précaution. Ma philosophie personnelle ( et celle de stanislas kazal) est incompatible avec la violence physique envers les personnes, sauf en cas de défense, c'est pourquoi cet aspect ne sera pas abordé.
Du point de vue stratégique, elle est également peu recommandable, la CIA s'en est d'ailleurs servi pour décrédibiliser certains mouvements révolutionnaires en les infiltrant, en les finançant et en les poussant à la lutte armée pour mieux les criminaliser en tant que terroriste et casser leur image auprès du grand public, c'est le cas des Brigades rouges en Italie ou de la fraction armée rouge en Allemagne. De plus, je ne pense pas que ce soit en cognant sur un fasciste que l'on parvient à lui faire changer d'avis ou à faire reculer le fascisme, et ce n'est pas en tuant un Ministre de l'intérieur ou un patron du Medef, que le système s'en trouvera changé. Les personnes, si puissantes soient-elles parfois, et quel que soit leur niveau hiérarchique, sont interchangeables, ce ne sont jamais que des pièces d'une énorme mécanique. Par contre, les actions "violentes" purement matérielles tels que les actes de sabotage entrepris par les FTP en plastiquant plusieurs locaux du Front National de nuit, m'apparaissent légitimes, mais là encore, c'est une question de point de vue. Sans aller jusque là, on peut présenter un répertoire, non exhaustif, d'actions possibles, qui dépassent parfois le cadre de l'action directe au sens syndical, car la frontière est mince entre techniques de lutte, communication, propagande par le fait, action directe, désobéissance civile ou organisation alternative.

PROPAGANDE

Distributions de tracts La plus simple des techniques de propagande, une des moins coûteuse également lorsque l’accès à la photocopieuse est possible au travail par exemple. La distribution peut se faire dans la rue, dans les facs, à la sorties des usines… l’autre possibilité est de diffuser le tract dans les boîtes aux lettres des quartiers populaires, par exemple. Pour optimiser le taux de lecture, le contenu doit être concis, aéré et agrémenté d’éléments graphiques percutants: Le tract est plus facilement conservé et lu s’il contient un intérêt graphique : Texte au recto et montage photo ou caricature au verso.

Diffusion de fanzines et journaux indépendants - Radios - Distros La réalisation d'un fanzine, même si elle est intéressante et riche en contacts, est assez coûteuse par rapport au volume de diffusion, et forcément (largement) déficitaire.

Les journaux indépendants du type Monde Libertaire, qui sort chaque semaine à 7000 exemplaires, demandent un travail énorme et régulier, ainsi qu'une logistique importante, le budget est très serré là encore, notamment à cause des invendus en librairies qui frôlent les 80% (60% pour un journal classique) Mais l'existence du ML est indispensable, ses origines remontent en 1858 avec son ancêtre "le Libertaire" et il a vu passer des permanents tels que Brassens, Ferré ou Camus. La récente nouvelle version du ML a permis de relancer ses abonnements, on lui souhaite longue vie.
D'autres médias alternatifs sont utilisables, telles que les radios associatives ou indépendantes (comme Radio Libertaire qui émet à Paris sur 89.4) ou encore la VPC sans profit qui permet d'envoyer des infos, tracts, flyers ou autocollant en même temps que les commandes.

Collages

Coller des affiches et autocollants si possible sur les affiches de fachos pour faire d'une pierre deux coups, ou sur les centres commerciaux, les banques, les agences d'intérim, les casernes, les églises, les administrations, les panneaux publicitaires, les panneaux électoraux quand il y en a…, renommer les rues, détourner des publicités… bref, adapter le contenu et la forme du collage à l'environnement urbain. Le collage est quasi forcément sauvage, les zones d'affichage public ayant été réduit au strict minimum légal pour mieux criminaliser le mouvement social (-70% à Rennes en 2001, sous gouvernement et mairie " socialistes ")
Bombages

Les bombages, par l'intermédiaire de pochoirs par exemple, sont souvent plus durables que les affiches, mais aussi plus risqués légalement. Des supports originaux peuvent attirer l'attention (en évitant les murs des logements…) : Sur le sol, voir sur les bandes blanches des passages piétons, les horodateurs, les pubs 4x3…

Manifestations

Moments propices à ces formes d’actions, ainsi qu’aux discours et conférences publiques et aux déploiements de banderoles, car, malgré la présence policière, le risque d’interpellation est plus limité du fait du nombre et la solidarité du cortège libertaire ou black bloc. Les moustachus hésitent (parfois) à déclencher une émeute pour arrêter quelqu’un. Dans ce cas, il faut également penser à un repli groupé après la manifestation, sinon, se reporter au «guide du manifestant inculpé»… Ecrire aux médias pour leur demander des articles, documentaires ou reportages sur votre cause.

Campagne de destruction d’image de marque

L’image de marque est ce qu’une multinationale possède de plus précieux, mais aussi de plus fragile, c’est son talon d’Achille et c’est la qu’il faut frapper. Des activistes ont réussi à faire plier la Lufthansa (équivalent d’Air France en Allemagne) pour qu’elle cesse de participer au renvoi de sans papiers par charters : Ils ont créé des brochures aux couleurs de la compagnie pour présenter la nouvelle « Classe Déportation » qu’ils distribuaient massivement dans les aéroports, en uniforme de la compagnie. La Lufthansa, observant l’impact sur son image a fini par céder. Des actions similaires sont en cours de réalisation contre Air France, dans le cadre des nouveaux charters de Sarkosy. Nike, Macdo ou Microsoft sont des habitués de ces campagnes et on ne compte plus les détournements les concernant.
Autre forme de destruction de l’image de marque : Le lancement de rumeurs ou de contre informations, sur internet par exemple, qui peuvent parfois prendre des proportions importantes. On peut citer le cas de ce japonais mécontent de son magnétoscope et du service après vente Toshiba, qui a inlassablement squatté les forums en ligne d’associations de consommateurs et de sites spécialisés dans l’audiovisuel pour se plaindre de la qualité du produit, la médiatisation de sa persévérance a entraîné une chute en bourse du cours de l’action Toshiba de près de 5%.

Boycott

L'effet d'un boycott est souvent difficile à mesurer, mais là encore c'est un moyen de porter un sujet à la connaissance du public. Pour prendre l'exemple d'un boycott de marque qui a bénéficié d'un fort taux de médiatisation : Celui de Danone, lors des licenciements massifs dans les usines bénéficiaires (licenciements boursiers) On a alors parlé d'une chute de 10% des ventes sur les produits laitiers, ce qui est assez important pour faire réfléchir le patronat, mais la classe politique du moment a tenté de récupérer ce boycott à son compte, comme celui de Total plus récemment, pour nous refaire le coup du " capitalisme à visage humain ". Il est aussi très probable que les achats se sont reportés sur les produits Nestlé, par exemple, qui n'a rien à envier à Danone en terme de destruction sociale. Mais ce boycott de Danone, comme d'autres, a eu le mérite d'associer la population à la lutte des (ex)salariés.

INTERNET Hacking /Cracking

Pour ceux à qui ces mots barbares n'évoque rien de précis, il faut rappeler que les objectifs des hackers sont de : - Créer des logiciels libres au code source accessible et donc gratuits, évolutifs et personnalisables... - Mettre en évidence la fragilité d'une société excessivement gérée par informatique - Dénoncer les utilisations abusives des bases de données d'informations sur les individus que s'échangent le gouvernement (police, armée, RG, services sociaux...) et les sociétés privées - Dénoncer la politique de monopole et de surveillance de sociétés comme Micro$oft - Sauvegarder Internet en tant qu'outil de communication, et non en tant qu'instrument purement commercial ou d'espionnage et de contrôle du peuple. Diffuser les outils de protection de la vie privée - Instaurer la gratuité et le partage des connaissances Les crackers, par contre, ne sont pas forcément des programmateurs, ils utilisent des outils, techniques et logiciels pour s'introduire dans les réseaux, détruire ou modifier les informations, ce qui peut s'avérer également très utile (pour pirater les sites fascistes, par exemple) L'un des premiers mouvements organisés de hackers fut celui des allemands du Chaos Computer Club en 1984. Ces libertaires ont réalisé le piratage d'infrastructures informatiques gouvernementales afin d’alerter les médias sur les menaces pesant sur la vie privée des citoyens : le gouvernement allemand constituait alors un système de fichiers croisés sous prétexte de lutte contre le terrorisme. Le Cult of the Dead Cow, (les concepteurs du logiciel Back Orifice) a annoncé qu'il fournirait des outils informatiques permettant de lancer des attaques virtuelles sur des institutions et des gouvernements ne respectant pas les droits de l'homme Le plus connu des Hackers/crackers, Kevin Mitnik s'est déjà introduit dans les systèmes informatiques les plus sécurisés qui soient: Le FBI (mis en défaut leur système de localisation d'appels), l'US Air Force, la NSA, la NASA, l'unité centrale de la défense aérienne américaine dans le Colorado, l'université de Leeds en Angleterre ainsi que de nombreuses multinationales (Nissan...) font parties de son tableau de chasse. L'efficacité d'un groupe de plusieurs dizaines ou centaines de hackers/crackers coordonnés sur un même objectif pourrait être énorme : Il est possible, par exemple, de transvaser des comptes bancaires, bloquer des systèmes d'écoute et de surveillance, neutraliser certains centres de communication de l'armée, paralyser la bourse... D'après le F.B.I. il y aurait aujourd'hui près de 100 000 " pirates " en activité… Les hackers sont de plus en plus attirés par l'action politique, ce phénomène a été symbolisé lors de la troisième convention des Hackers on Planet Earth, en juillet 2000 à San Francisco : L'orateur invité était Jello Biafra, (ex chanteur des Dead Kennedys, faut-il le préciser ?) son discours d'une heure et demie appelant à l'action révolutionnaire Hacktiviste a, semble -t-il, littéralement galvanisé l'auditoire. Pas étonnant quand on connaît la verve et le charisme du personnage… Des Hackmeeting similaires s'organisent en Italie (3000 personnes à Bologne en 2002), en Espagne, en Allemagne et plus récemment en France, sur des bases politiques proches de l'anarchisme

Cybermanifestions

Une cybermanifestation consiste à saturer le serveur d'un site internet pour le mettre hors service, cette action ne demande pas de compétences particulières en informatique. On peut prendre l'exemple de l'action lancée par le groupe prozapatiste américain Electronic Disturbance Theater qui a lancé un appel aux internautes et a fourni un petit logiciel qui réalise des demandes de connexion en boucle. Les 18000 participants répartis dans 46 pays on donc pris pour cible, avec succès, les serveurs web du gouvernement mexicain et du pentagone pour protester contre la répression des rebelles zapatistes et le soutien fourni par le gouvernement américain Le Jam echelon day est une cybermanifestation internationale annuelle visant à saturer de mots clés les systèmes d’écoute de la NSA. L’efficacité est quasiment nulle dans ce cas, puisque la NSA peut facilement se préparer à cette « attaque », mais l’intérêt est là encore d’attirer l’attention sur ce Big Brother moderne. Les activistes allemands contre la « classe déportation » de la Lufthansa (voir destruction de l’image de marque) se sont également pris simultanément au serveur du site de réservation en ligne, en multipliant les demandes de réservations bidons, et l’ont mis HS, causant un manque à gagner important à cette compagnie aérienne

Mass mailing

Cette technique, apparentée au spamming (envoi de mail non sollicités) mais ici sans but commercial, a l’intérêt d’être quasi gratuite, rapide et relativement efficace. Des logiciels permettent de collecter les adresses email sur le net et d’autres permettent d’envoyer les messages en rafale. A utiliser avec modération et pertinence pour ne pas avoir un effet contre-productif (un message par mois par exemple, avec système de «désabonnement» pour ceux qui ne souhaitent plus recevoir d’infos) L’efficacité de ces envois est facilement mesurable avec quelques outils statistiques dans le cadre de la promotion d’un site. Pour donner un exemple concret, la collecte de plus de 3500 email d’assos, zines, distros et groupes anarchoïdes a permis de développer de la Fédération Anarchopunk à partir d’un mailing présentant la création de l’APF en France, avec un résultat significatif: +400% d’adhésions en un mois.

INTERPOSITION PHYSIQUE

Occupation de locaux (Anpe, préfecture, entreprise, administration, facs…) Le matériel présent dans les locaux occupés (fax, téléphone, photocopieuse…) peut être utilisé à des fins de lutte : * A Londres, des militants se sont introduits dans le siège général de Shell, se sont barricadés dans le bureau du directeur pendant une matinée et ont envoyé des messages de solidarité aux peuples du delta du niger. *Au Nigeria, les jeunes Ijaw lancent l'opération 'changement climatique' et occupent un grand nombre de plates-formes pétrolières. Blocage d’un chantier, d’un transport de matériaux nucléaires ou d’armement… *Les cheminots grecs ont bloqué un train transportant de l'équipement militaire au sol pour le Kosovo *Plus de 100 personnes sont arrêtées chaque jour parce qu'elles résistent à la construction d'une décharge nucléaire sur un site indigène protégé du territoire australien. *Tandis que des militants écologistes fêtent un an d'occupation d'un arbre pour protéger les forêts ancestrales de l'Oregon, des activistes anglais résistent 17 jours terrés sous terre dans un tunnel afin d'empêcher la destruction d'un parc communautaire et coûtent ainsi des centaines de milliers de francs aux compagnies de construction. *Lors de la reprise des chantiers de construction de l'axe E7 dans la vallée d'Aspes, paysans, habitants locaux et militants écologistes s'unissent pour occuper le terrain et empêchent les travaux en campant autour des bulldozers. *Des femmes et enfants indigènes bloquent un bulldozer appartenant à une compagnie pétrolière dans la jungle équatorienne et prennent ses conducteurs en otage, afin de demander l'arrêt de la construction d'un oléoduc qui avait contaminé leurs ressources en eau potable. *Des milliers d'indiens menacent de se noyer avec leur maison, pour résister à une série de barrages hydro-électriques qui vont détruire des centaines de villages sur les rives de la rivière Narmada. Obstruction aux expulsions Que ce soit dans le cas d’expulsions de sans-papier ou d’expulsions de squat, il est arrivé qu’une mobilisation importante retarde l’échéance ou même fasse plier la procédure. Une autre méthode pour soutenir les sans-papiers consiste à faire pression sur la compagnie aérienne (voir campagne de destruction d’image de marque) *A Prague, des squatters empêchent l'expulsion de leur maison par les forces de police en restant sur le toit pendant 3 jours. Bouclier humain en cas de guerre On l’a remarqué dans le cadre de la guerre d’Irak, cette initiative courageuse ne permet pas d’arrêter les bombes de pleuvoir. Les boucliers humains ont été déplacés comme des pions par le régime Irakien, et les USA ne sont plus à quelques bavures près. Encore une fois, c’est la médiatisation de ces actions qui ont eu symboliquement le plus d’impact.

Sabotage

Le collectif Souriez vous êtes filmés avait commencé à diffuser le plan des implantations de caméras de vidéosurveillance dans certaines grandes villes. Projet difficile étant donné leur prolifération actuelle, mais qu’il serait intéressant de développer pour organiser un sabotage coordonné de ces instruments d’espionnage. *En Ecosse, 2 militantes pacifistes nagent pendant une heure et demi en direction d'une base militaire puis s'attaquent à un sous-marin nucléaire qu'elles repeignent et endommagent, causant des dégâts économiques considérables. *Des paysans français démontent un MacDonald's en construction et amènent un débat public sur l'OMC et la nourriture industrielle. *Le 18 juillet 1999, 700 militants se réunissent pour détruire un champ de tournesol génétiquement modifié de la taille de 24 terrains de football. *L'opposition aux O.G.M se répand sur les cinq continents, en France et en Angleterre des militants détériorent un grand nombre de champ-test, des paysans indiens et français sabotent des laboratoires de recherche sur les O.G.M à Montpellier, tandis qu'en Inde l'opération 'brûlons Monsanto' est inauguré par la mise à feu de champs d'O.G.M.

Entartage

L'internationale anarcho-pâtissière est en marche ! Noël Gaudin l'entarteur des pompeux cornichons, (Bill Gates, Nicolas Sarkozy, Philippe Douste-Blazy et les autres) a fait des émules : *Le dirigeant de  l'Organisation Mondiale du Commerce est pris en embuscade et entarté par le la Biotic Baking Brigade, organisation spécialisée dans le lançage de tartes à la crème qui s'est déjà attaqué dans la seule année 1999 à quelques dizaines de criminels en costumes 3 pièces et autres P.D.G de multinationales. Les médias sont friands de ce genre d’opérations burlesques, et outre le fait de ridiculiser la cible, l’entartage sonne comme un avertissement pour les dirigeants de ce monde, même l’homme le plus riche de la planète n’est pas à l’abri d’un attentat pâtissier, et donc d’un attentat tout court. La violence reste symbolique et le ton humoristique permet au message d’être bien perçu par le public.

REAPPROPRIATION

Réappropriation temporaire ou plus durable, réappropriation matérielle ou celle de son temps, réappropriation de terres gouvernementales ou privées, d'infrastructures, de biens de consommation, de moyens de production, de services publics… réappropriation de l'espace, des rues, des bâtiments officiels... le choix est vaste : Squat (Voir brochure "le squat de A à Z") Alors même que deux millions de logements sont vides et inutilisés en France, on estime à environ 400.000 le nombre de SDF (le chiffre officiel de 86000 semble largement sous estimé, du fait de la difficulté de recenser cette population) La réappropiation des logements, Le squat, peut être vécu comme une mesure d’urgence pour se mettre à l’abri ou comme une démarche politique : *De Genève à Prague en passant par Berlin, des squatters reprennent des espaces vides pour en faire des lieux d'activités autogérés : logement, crèches, bibliothèques, ateliers, salles de spectacle, jardins communautaires etc. Réappropriation des terres Le Mouvement des Sans Terre au Brésil cherche depuis 1979 à se réapproprier de manière légale ou non des terres inutilisées appartenant à de grands propriétaires. Quand les possibilités légales sont épuisées, les paysans s'installent de nuit sur des terres laissées en friche, en édifiant des campements. 140 000 familles ont pu être relogées en 10 ans sur des terres prises grâce à l'action directe. 7 millions d'hectares ont ainsi été repris, mais il reste 4,5 millions de familles sans terre alors que 416 millions d'hectares sont toujours en friche. Le mouvement des Sans Terre fait partie d'une coordination mondiale plus vaste : L'Action Mondiale des Peuples qui regroupe des organisations populaires d'une trentaine de pays. L'AMP n'est pas étrangère à l'émergence du réseau alter-mondialiste. En effet, au départ de l'AMP, l'action directe venue de l'Inde a influencé l'Europe, puis les événements de Seattle en 1999 qui ont eux-mêmes encouragé l'amplification de la mobilisation à Prague et à Gênes. Lors de la 3ème conférence de l'AMP, en 2001 en Bolivie, les indiens ont annoncé que leur mouvement paysan était à présent coordonné au niveau national et, apparemment "en partie grâce à la dynamique lancée par la Caravane Intercontinentale en Europe"
Il est intéressant d'observer l'émulation et les interactions qui traversent ce réseau dont voici la traduction des principes de bases :
1. Un rejet très clair du féodalisme, du capitalisme, et de l'impérialisme, ainsi que de tous les accords commerciaux, institutions et gouvernements promoteurs d'une mondialisation destructrice
2. Un rejet très clair de toutes formes et systèmes de domination et de discrimination dont (et de manière non exhaustive) le patriarcat, le racisme et le fondamentalisme religieux de toutes croyances. Nous reconnaissons la dignité entière de tous les êtres humains
3. Une attitude de confrontation, puisque nous ne pensons pas que le " lobbying " puisse avoir un impact majeur sur des organisations à tel point partiales et antidémocratiques, pour lesquelles le capital transnational est le seul facteur réel déterminant leur politique.
4. Un appel à l'action directe et à la désobéissance civile, au soutien aux luttes des mouvements sociaux, mettant en avant des formes de résistance qui maximisent le respect pour la vie et pour les droits des peuples opprimés, ainsi qu'à la construction d'alternatives locales au capitalisme mondial.
5. Une philosophie organisationnelle fondée sur la décentralisation et l'autonomie.

Réappropriation des moyens de production
Très récemment en Argentine, suite à la crise économique et à la fuite des capitaux, certains patrons se sont évanouis dans la nature et les anciens salariés des usines viables ont continué la production en s’organisant en autogestion. Voir également dans les actions directes anarchosyndicales
Réappropriation des prises de décision Toujours en Argentine, des assemblées de quartier se créent pour les décisions collectives sur le principe du consensus. *Des centaines de zapatistes continuent à s'organiser en 'municipalités autonomes' afin de reprendre le contrôle de leur vie face aux propriétaires terriens, aux grosses compagnies et aux 70 ans de dictature du parti au pouvoir. En France, le Communalisme Libertaire de Merlieux est une des plus abouties des expériences autogestionnaires puisqu'il s'agit de la gestion collective d'un village, avec une population majoritairement non-anarchiste à l'origine : En 1973, Dominique de la FA et ses amis de la communauté anarchiste du Moulin de Paris s'installent dans ce village, et leur implication dans la vie de la commune démontre progressivement aux habitants la viabilité de leurs projets pour faire revivre le village, et de leur mode d'action. La communauté anarchiste gagne peu à peu la confiance puis la reconnaissance de la population.
Après de multiples réunions publiques, les candidats aux élections municipales s'engagent sur 3 points :
1°) étudier les projets de revitalisation du village ;
2°) associer directement la population aux décisions et partager le pouvoir le plus largement possible avec un souci permanent d'information ;
3°) défendre l'intérêt collectif à l'exclusion de tout intérêt individuel pour les mandatés. Sur ces bases, une école, une bibliothèque de plus de 5000 livres, des logements sont construits et gérés avec la participation active de la population, sans laquelle ces réalisations auraient été impossibles par manque de moyen. Des emplois sont créés parallèlement à ce regain d'activité, notamment avec la création d'un café-concert ou d'un atelier de télétravail. Le financement s'appuie beaucoup sur les nombreuses fêtes communales qui renforcent également le lien social. La fête du livre est créée dans ce cadre et attire maintenant chaque année 15.000 à 20.000 visiteurs. Elle associe la fête populaire classique et un salon littéraire important, démocratisant ainsi l'accès à la lecture. Pour la petite histoire la communauté anarchiste s'est même vue confier les clés de l'école, de la mairie et de l'église ! Des expériences similaires, à plus grande échelle, se déroulent dans certaines communes Italiennes comme Spezzano Albanese avec la "fédération municipale de base"
Transports gratuits

Le collectif des transports gratuits (RATP pour Réseau pour l'Abolition des Transports Payants) a lancé une opération nommée " Zéro Franc Zéro Fraude ", et a sorti des tickets de bus portant cette inscription, à présenter au contrôleur le cas échéant, les amendes étant regroupées et négociées en gros au tribunal par un avocat. Cet acte de désobéissance civile est motivé par les constats suivants : - A la RATP, la billetterie ne représente que 28% des recettes, ce qui rembourse à peine la fabrication des billets, l'entretien des machines à composter, les contrôles… - Ce sont les personnes les plus précaires économiquement qui payent le plus le droit à se déplacer - 83% de nos déplacements sont contraints (pour aller au travail, faire des courses…) Les employeurs, les grandes surfaces sont les premiers bénéficiaires des transports en commun. Il serait donc logique que ça soit eux qui payent. - 60% des conflits entre agents de la RATP et usagers se produisent lors de la vérification du titre de transport.

Les ZAT


Le concept de Zone d’Autonomie Temporaire lancé par Hackim Bey, désigne tous les espaces, virtuels ou réels, qui sont libérés temporairement des contraintes étatiques, religieuses et économiques. Ce sont des enclaves de temps où les individus peuvent expérimenter leur liberté, les ZAT peuvent aussi bien désigner des manifestations, des festivals, des sites internet de contre information, des périodes de loisirs ou encore des fêtes du type potlatch, banquets au cours duquel on s’échange des présents :
le principe étant de faire la fête, dans un souci d'égalité, de gratuité et de convivialité L’aspect festif et ludique est inhérent aux ZAT, car le mode de communication utilisé dans ce cas permet d’optimiser les relations humaines dans une optique constructive. D’ailleurs, qu’il s’agisse d’arts graphiques utilisant la rue comme support, d’happening, de théâtre de rue, de concerts, de fêtes de rue, de caravanes anticapitalistes…, la créativité, le côté ludique et convivial des formes d’expression artistiques urbaines font l’attractivité et parfois le succès d’une action.

Des tentatives de ZAP (zone d’autonomie Permanente) sont en cours, notamment en Australie ou une communauté d’environ 5000 personnes reconstruit une vie alternative et met en pratique les principes libertaires et écologistes. *Des sans-papiers à qui il avait été refusé l'obtention d'un train gratuit pour aller manifester à Paris passent la nuit à faire la fête dans un tunnel ferroviaire. *Les écologistes de Reclaim the Streets, agissent en solidarité avec les travailleurs du métro londonien, occupent le siège de la compagnie, et organisent une fête du premier mai à l'intérieur de rames de métro. *Ils organisent un faux carambolage à l'intersection de 2 grands boulevards londoniens, installent un café, un système de son et une ambiance de carnaval autour des 2 voitures bloquées au milieu de la voie publique pendant quelques heures *Ils bloquent une autoroute du nord de Londres pour y organiser une fête avec plus de 9000 personnes pendant 9 heures.

ACTIONS DIRECTES CONSTRUCTIVES

Systèmes d’échange locaux Les S.E.L sont basés sur des échanges de biens, services ou compétences. La différence avec un troc, où deux personnes doivent échanger deux choses de valeur similaire, le SEL est un échange multilatéral qui fait intervenir plusieurs acteurs. Ainsi dans un SEL simple à trois acteurs, Pierre donne des cours de guitare à Paul, Paul fourni des légumes de son jardin à Jacques, et Jacques aide Pierre dans ses travaux domestiques. Parfois, pour permettre la gestion des SEL comportant de nombreux intervenants, on s’appuie sur une monnaie virtuelle sans aucune relation ni correspondance avec la monnaie classique, qui est établie sur la reconnaissance de la valeur de chacun. (ex : une heure de services = 60 unités) Il existe actuellement plus de 300 S.E.L  en France. Infos et listes des SEL sur http://www.selidaire.org
En argentine 1.200.000 personnes participent au réseau de troc mis en place pour faire face à la crise, une monnaie populaire est crée et utilisée comme moyen d’échange, de flux et non de capitalisation. Ecole libertaire L’école autogérée Bonaventure à Oléron a accueilli gratuitement pendant 10 ans des enfants de 3 à 9 ans. Cette école a permis de démontrer qu’une autre éducation était possible, avec des résultats remarquables malgré des moyens de financement faibles. Outre les enseignements littéraires, mathématiques, historiques, etc., les enfants y ont surtout appris à vivre en société, à partager, à être responsables et solidaires et à savoir gérer les conflits. Collectivités d’achat Se rassembler pour acheter : Non, ce n’est pas une incitation à la consommation... Les avantages sont multiples : L’achat en gros et la suppression des intermédiaires permettent une réduction des coûts, la possibilité de se fournir ailleurs que dans les supermarchés, en partageant les éventuels frais logistiques, c’est à dire directement chez le petit exploitant, l’agriculteur, pour prendre l’exemple d’un achat de produits alimentaires, ou chez l’artisan… Cela permet d’avoir des produits souvent de meilleure qualité, de soutenir les petits producteurs indépendants tout en boycottant les marques, les grandes surfaces et leurs profits réalisés en étouffant leurs fournisseurs, parfois contraints de vendre à perte. En outre, cela permet de maintenir un lien social et de connaître l’origine du produit et la manière dont il est réalisé.
Collectivités de production
Projet plus ambitieux, mais d’autant plus intéressant, qui consiste à mettre en commun des ressources et compétences pour développer une activité socialement utile. Une structure associative ou encore une SCOP (société coopérative de production) sont les statuts adéquats à ce genre de projet. La SCOP est une société qui fonctionne en autogestion, sans hiérarchie, avec des revenus équitables quelle que soit la fonction et un partage égal des éventuels bénéfices. Ce n’est pas une panacée, puisqu’elle reste dépendante de l’économie de marché et qu’il s’agit plus d’une sorte de capitalisme collectif que de l’abolition totale de l’actionnariat, mais çà permet de limiter les dégâts dans un contexte exclusivement capitaliste. Il y a actuellement environ 1500 scop en France, Il s’en crée de 100 à 150 chaque année. Leur nombre a progressé de 16% en dix ans. Cette organisation est viable, même dans le système économique actuel, car la motivation, l’implication et la responsabilisation des coopérateurs sont nettement supérieures par rapport à un système classique de salariat.

Collectivités d’habitation

La démarche du squat est radicale et représente l’exemple type d’une réappropriation, mais à l’exception de quelques exemples (comme les Tanneries à Dijon), c’est souvent une expérience assez limitée dans le temps. Il est possible d’expérimenter l’organisation collective sous la forme d’une collocation pour le logement ou de la tenue d’un local autogéré et financé collectivement, pouvant abriter une librairie, une bibliothèque alternative et un lieu de réunion, comme c’est souvent le cas, ou même un local de répétition voir un lieu de concert si la place et le voisinage le permettent. Une douzaine de personnes peut être un effectif suffisant pour lancer ce projet.

Offre de prêt sans intérêts

Il existe des fédérations de collectivités de production, qui organisent et financent le soutient des coopératives, qui mettent en place des centrales d’achat et font jouer la solidarité et les synergies inter-collectivités. Le développement de cette caisse commune, pourrait donner l’occasion de soutenir la création de nouvelles scop, à travers la mise en place d’un système de prêts remboursables sans intérêt. Les nouveaux venus viennent alors grossir les rangs et la caisse commune. Les prêts sans intérêt sont déjà expérimentés dans certains pays, tel que l’Inde, par des ONG, ils permettent aux plus pauvres de créer leur activité. Le taux de remboursement est largement supérieur à celui des banques classiques, et atteint 98%.

Distribution gratuite de nourriture

On peut reprocher aux restos du cœur d’être devenus une sorte d’institution dont la présence, 17 ans après sa création, semble presque normale, comme si la misère elle-même était inéluctable. Mais de manière pragmatique, les 40 000 bénévoles tentent de réparer les dégâts du système capitaliste et de l’Etat en fournissant 60 millions de repas par an, c’est donc une forme d’action directe solidaire particulièrement utile. Cette forme de soupe populaire d’initiative non-étatique trouve de nombreux exemples : Devant la misère sociale qui régnaient dans les ghettos noirs des grandes villes américaines, et devant le manque de volonté des politiques d’apporter les moyens nécessaires, le mouvement des Black Panthers avait décidé de reprendre les choses en main et d’organiser quotidiennement des déjeuners gratuits, notamment pour les enfants des quartiers. une partie des argentins et les zapatistes appliquent actuellement cette méthode. La CNT-FAI, dans l’Espagne libertaire de 36-39, a mis en place des repas gratuits pour tous. De même que pour les squats, la distribution de nourriture a également pour objectif de revendiquer le droit de chacun à la satisfaction des besoins fondamentaux tel que se nourrir ou se loger Communalisme Libertaire (voir plus haut)

TECHNIQUES DE LUTTE ANARCHO-SYNDICALISTES


La protestation verbale

C' est le type de lutte le plus simple, tant qu'on est en democratie notre liberté d'expression et un tant soit peu garatie, profitons'en!

La pétition

C'est un écrit dénonçant, réclamant, exprimant un désaveu, un désir.
La pétition peut quelque fois influencer, faire obtenir de menus avantages le plus souvent illusoires et démagogiques. Certains syndicats ne faisant ou ne voulant rien faire, ils se dédouanent par une pétition à des fins électorales ou pour avoir bonne conscience

Le débrayage

C'est la cessation d'activité pendant une courte durée maximum quelques heures.
Le débrayage exprime déjà un mécontentement plus grand, la naissance d'une certaine radicalité. Le débrayage est utilisé comme pression pour des négociations sur des effets à court terme ou des revendications mineures. Exemple : manque de chauffage, problèmes de primes, de salissures ou de casse-croûte etc.
La grève perlée

Débrayage d'une partie du personnel puis reprise tandis qu'une autre partie débraye et ainsi de suite. Avantage : perte de salaire minimum par individu tandis que l'établissement est pratiquement paralysé et que l'employeur paie ses salariés devenus peu productifs voire inactifs. L'employeur tentera de faire travailler les non-grévistess, l'encadrement ou les intérimaires. Si cela ne s'avère pas suffisant, il fermera l'entreprise pour un temps, c'est le lock out qui lui évite de verser des salaires à des gens inactifs.

Le coulage

Freiner la production en étant le moins productif possible. La grève du zèle Application stricte ou excessive des consignes et des règlements entravant le bon fonctionnement de la production. La grève limitée Les salariés cessent le travail pour une durée limitée. *Une variante : 2500 pilotes d'American Airlines se mettent d'un commun accord simultanément en congés maladies. La grève illimitée Cessation du travail par les salariés jusqu'à ce que ceux-ci décident de reprendre le travail. Avantage : exprime une certaine radicalité, une participation à la lutte, bloque tout ou partie de la production. Inconvénient : perte de salaire importante pour les grévistes. L'établissement peut continuer à produire avec des intérimaires, des non-grévistes. La production peut être réalisée sur un autre site. Le piquet de grève Mise en place de barrages pour empêcher les non-grévistes de pénétrer dans l'établissement pour réaliser l'ouvrage. Les conditions matérielles du piquet sont souvent déplorables : pas d'abris, soumis aux intempéries. Une partie des non-grévistes arrivent parfois à pénétrer dans l'établissement ou bloqués à l'intérieur ils continuent d'assurer la production.

La grève avec occupation

Les grévistes investissent le secteur visé, évacuent les non-grévistess, détournent à leur profit la logistique : salles de réunions, réfectoires, dortoirs, photocopieuses, téléphones et véhicules. La lutte intra muros qui se limite à l'intérieur de l'établissement La lutte extra muros Qui consiste à envahir et occuper tel établissement ou une administration favorable à l'employeur : Direction Départementale du Travail et de Emploi, justice, mairie, local de parti politique, siège d'un journal, Chambre de Commerce et d'Industrie, quartier résidentiel des cadres ou de l'employeur, entreprise où a été transférée la production.

La manifestation de ville

Elle fait découvrir le conflit, popularise la lutte, maintient la pression, permet de jauger le rapport de force. La manifestation nationale voire internationale Suit les mêmes règles que celle de ville mais à une plus grande échelle.

L'intox

Produire rumeurs, informations en tout genre pour fragiliser l'adversaire.

Le discrédit


Rendre publiques des critiques sur la qualité des produits ou services de l'établissement.

Le sabotage

Cette vieille méthode de lutte est toujours pratiquée bien que non médiatisée. Elle doit être manipulée par des individus conscients des risques ou de l'effet catastrophique à terme de certaines destructions pouvant entraîner la fermeture de l'entreprise. Peut être qu'une graduation doit être introduite pour éviter des problèmes néfastes. Le sabotage est une arme très efficace, peu coûteuse pour les grévistes, très nocive pour l'employeur. Il faut toujours conserver à l'esprit que la lutte doit nuire à l'employeur, exploiteur mais pas aux usagers salariés eux-mêmes, ex : les services publics, les transports, EDF, santé, alimentation, etc.

La réappropriation


Reprise sous le contrôle des salariés de biens produits par l'entreprise c'est-à-dire par eux-mêmes.

La vente sauvage

Vente par les grévistes des stocks de l'entreprise pour constituer un trésor de guerre qui les indemnisera.

La production sauvage

Les grévistes utilisent les machines de l'entreprise pour produire des biens qu'ils vendent directement à la population en en réduisant le prix ce qui satisfera tout le monde et apportera des liquidités aux grévistes.

Le travail sauvage

Utilisant leurs propres outils les grévistes réparent fabriquent ou rendent des services aux particuliers moyennant finances. Exemples les coiffeurs de Rennes qui, sur une place publique coupèrent les cheveux. L'argent payé pour ce service allait à la caisse de grève. En Australie, les chauffeurs de tramway, pendant une grève mirent les trams en circulation gratuitement pour la population.

Le boycott

Sur demande des salariés en lutte dans une entreprise, ne pas utiliser ou acheter telle production ou tel service fournis par cette même entreprise. Exemple : le comité de lutte appelle la population à ne pas consommer telle marque de produit tant que les revendications ne sont pas satisfaites. La désobéissance civile Refus d'appliquer, de se soumettre aux lois de l'Etat. Exemple : soutenir et aider des personnes réprimées. Ne pas payer l'impôt, refuser de présenter ses papiers d'identité, de faire l'armée... etc.

La grève généralisée


Situation de grève touchant tout un secteur ou plusieurs secteurs de production ou bien une région, un pays ou un groupe de pays.
La grève générale Grève intercatégorielle, intersectorielle sur un territoire donné région, pays, international. Action consciente et concertée, ce qui la différencie de la grève généralisée. C'est l'arme voulue, souhaitée, défendue par les anarcho-syndicalistes. C'est l'acte ou toute une masse, qu'elle le sache ou non, s'anarchosyndicalise. En effet, à ce stade, les gens en lutte entendent défier leurs adversaires. Ils ne s'en remettent pas au verdict des urnes, ni au gouvernement qui en est issu, ni aux promesses à venir. Les gens en lutte, s'appuyant sur l'action directe, entendent ici et maintenant faire aboutir leurs revendications. La grève générale marque et exprime l'affrontement de classes clairement. Si elle est massive, le rapport de force est optimum et d'autres choix peuvent apparaître. *Une grève générale a immobilisé à 80 % l'économie péruvienne grâce à l'union des étudiants, des travailleurs et des paysans.

La grève générale insurrectionnelle

Les grévistes, pour diverses raisons, deviennent émeutiers, barricadiers. Le peuple se soulève ouvrant la perspective d'une possible expropriation des capitalistes. En 1934, au Portugal, la CGT déclenche une grève générale insurrectionnelle La grève générale expropriatrice Les grévistes, maîtres de la rue, s'emparent des moyens de production, d'échange, de communication. Les entreprises, le commerce, les administrations sont placés sous le contrôle des comités de luttes. C'est le prélude à un changement social profond d'où peut sortir le communisme libertaire ou autre chose mais attention danger. On trouve un exemple de grève générale expropriatrice et insurrectionnelle dans les événements du 19 juillet 1936 en Espagne, alors que la CNT et la FAI regroupaient plus d’1,2 millions d’adhérents

La liberté ne se demande pas, elle se prend !
(merci à subsociety et à la cnt)
le stanislasunderground n'appartient à aucuns courants et se veux libre de toutes attaches pour préserver son indépendance!
Ce qui n'empêche pas la sympathie!

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09 avril 2005

education

   

Le système éducatif actuel ou
"Comment programmer un enfant".

    Dans la reconstruction d'une nouvelle société, la priorité qui s'impose clairement est l'éducation. La société idéale, l'objectif à atteindre, devra être une société ou chaque individu quelque soit son âge, sa couleur, son sexe, ses opinions... puisse apprendre tout au long de sa vie. C'est un des principes de l'éducation populaire proposée par les anarchistes avec les méthodes d'éducation alternatives (type Freinet ou autre) appliquées dans certaines écoles (l'école libertaire de Bonaventure à Oléron par exemple). Une société, donc, ou la Culture, les Arts et les Sciences sont accessibles à tous gratuitement, sous de multiples formes, sur tous les supports possibles pour faire progresser le niveau intellectuel moyen en encourageant la création, la connaissance, la compréhension, la logique dans une "école perpétuelle".

Il faut diversifier les méthodes d'apprentissages, le fond et la forme des cours. L'expérience doit accompagner la théorie et celle-ci ne doit pas être dispensée en vrac: L'éducation dans les écoles actuelles du premier cycle s'apparente plus à un bourrage de crâne de données diverses présentées sans lien apparent ou à un apprentissage d'outils et de méthodes isolées dont on ne nous explique pas l'utilité concrète.

Au lieu d'une ouverture d'esprit et de l'envie d'apprendre de connaître et de comprendre, c'est l'ennui et le dégoût que provoque souvent ce système éducatif. C'est l'échange de connaissances et de points de vue entre individus, le débat, l'enrichissement au contact des autres et l'émulation qui doivent être encouragés, et non la compétition, or, on nous apprend dès notre plus jeune âge à considérer l'autre comme un ennemi. Les élèves en difficulté doivent être particulièrement soutenus et aidés, et non exclus. Il est prouvé que l'intelligence dépend beaucoup moins de l'hérédité que de l'environnement dans lequel s'est développé l'individu, et même en cas de faiblesse mentale, le phénomène n'est pas irréversible. En effet une étude portant sur des personnes en difficulté montre qu'un changement de milieu socio-éducatif, apporte un gain, en moyenne, de 19 points de QI.
Il est évident que l'influence du patrimoine génétique d'un individu est, sinon nulle (les spécialistes en débattent encore) au moins négligeable, comparée à celle de l'environnement social, familial, amical, professionnel, éducatif, géographique, culturel, médiatique... Ce que certains considéreront parfois comme des traits de caractères héréditaires ne seront que des acquis marqués par l'empreinte de l'influence parentale. D'ailleurs selon les généticiens, les hommes sont identiques à 99.95%.
L'intelligence est une notion très complexe à définir. Il y a plusieurs formes d'intelligences, certains en trouvent 7, par exemple, on peut distinguer l'intelligence logique, pratique, émotionnelle, conceptuelle, spatiale, l'intelligence de soi et celle des autres... Je pense qu'on dispose de tout un dégradé, d'une infinité d'intelligences mais que les niveaux de toutes ces formes d'intelligences sont variables selon les personnes et même pour un individu (selon l'entraînement, la fatigue, les facteurs extérieurs...), il est probable qu'un manque dans telle ou telle aptitude peut déclencher une compensation dans un autre domaine comme dans le cas de la perte d'un sens: L'aveugle aura un toucher et une ouie plus sensibles. De même, un autiste pour qui l'aptitude à communiquer sera bloquée, pourra développer d'autres fonctions de son cerveau telle que la mémoire.
L'intelligence, tout comme la mémoire ne s'use que si l'on ne s'en sert pas. On peut développer toute forme d'intelligence par l'exercice, de même qu'on accroît ses capacités physiques par l'entraînement. C'est pourquoi il est possible de combler ses "lacunes mentales". La détection de ces lacunes est impossible à un individu isolé car il ne peut avoir conscience de ce qu'il n'a pas, alors que la confrontation avec autrui lui apportera une autre conception du possible, des potentiels humains. Nous avons tous ces lacunes, il n'y a que par la diversité des fréquentations qu'on peut les combler. Les différences culturelles, raciales... entre les individus doivent être considérées comme une force, comme une richesse potentielle.

A propos d'intelligence, voici ce qu'Albert Einstein disait du système capitaliste:

                       "Le capital privé tend à se concentrer dans quelques mains... Le
                       résultat de ces développements est une oligarchie du capital
                       privé dont la puissance colossale ne peut être réellement
                       contrôlée même par une société politiquement organisée de
                       façon démocratique. Ceci est vrai puisque les membres des
                       organisations législatives sont choisis par des partis politiques,
                       financés en grande partie, ou, en tout cas, influencés par des
                       capitalistes privés qui, pour des raisons d'ordre pratique,
                       séparent l'électorat de la législature."

                      "Ceci a pour conséquence que les représentants de la population
                       ne protègent pas suffisamment efficacement les intérêts des
                       parties sous privilégiées de celle-ci. De plus, dans certaines
                       conditions, les capitalistes privés contrôlent inévitablement,
                       directement ou indirectement, les sources principales
                       d'information (presse, radio, enseignement). Il est donc
                       extrêmement difficile, et, en réalité dans la plupart des cas tout à
                       fait impossible, pour un individu de parvenir à des conclusions
                       objectives et d'utiliser intelligemment ses droits politiques."

                       Remarquons également que "la situation prédominante dans une
                       économie basée sur la propriété privée du capital se caractérise
                       par des principes incluant de façon primordiale, le fait que la
                       production est poursuivie dans un but de profit, et non dans un
                       but lié à l'utilisation de celle-ci."

  Stanislas kazal prône l'abolilition des barrières genérationelles.........

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30 avril 2005

GAUCHISME

   

GAUCHISME

Le terme de gauchisme appartient, au sens strict, au vocabulaire marxiste puisqu’il a été popularisé par Lénine dans une brochure publiée en 1920 et intitulée Le Gauchisme, la maladie infantile du communisme . Depuis lors, le mot a souvent été utilisé, en particulier par les communistes, pour discréditer les tendances les plus extrémistes du mouvement ouvrier. Il a surtout été appliqué aux militants qui se sont inquiétés de l’option faite par les partis communistes en faveur de l’action légale.

Toutefois, la vogue du terme date des années 1965-1968, lorsque les États-Unis puis l’Europe occidentale furent tour à tour touchés par des mouvements de contestation nés en milieu universitaire et qui ont mobilisé rapidement de larges secteurs de la jeunesse.

La complexité du phénomène, le fait que les marxistes «orthodoxes» appelaient déjà «gauchiste» cette nouvelle génération de révolutionnaires ont amené les médias à reprendre le mot en élargissant considérablement sa signification. Gauchisme est devenu synonyme de contestation et on qualifia indifféremment de gauchistes des militants révolutionnaires appartenant à des familles politiques pourtant très précisément typées. On classe sous cette étiquette des mouvements qui remettent en cause les sociétés actuelles, leur organisation comme leur fonctionnement, les relations entre les sexes comme les modes de production et la protection de l’environnement.

Au-delà du socialisme scientifique

L’origine

Lorsque Lénine publie Le Gauchisme, la maladie infantile du communisme , c’est pour combattre une tendance qui se manifeste au sein de la IIIe Internationale et qui est particulièrement sensible dans les sections de Grande-Bretagne et d’Allemagne. À la veille du IIe congrès de l’Internationale communiste, exaltés par le succès de la révolution bolchevique en Russie, un certain nombre de communistes se montrent partisans de l’usage des seuls moyens illégaux et critiquent la notion de parti car ils pensent que le peuple peut conduire, de sa propre initiative, une révolution à la victoire. Ces «puristes» se déclarent favorables à l’action révolutionnaire immédiate. Au sens strict du terme, le gauchisme appartient donc au langage politique marxiste et désigne les révolutionnaires trop pressés.

Les précurseurs

Les idées de ces derniers sont à rattacher à la tradition du socialisme utopique que les marxistes ont toujours cherché à discréditer en lui opposant leur méthode d’analyse qu’ils jugent scientifique.

Sans rejeter l’apport de Marx et d’Engels, les gauchistes s’efforcent de réhabiliter un autre courant du mouvement ouvrier: la tradition libertaire illustrée par Proudhon, Bakounine et Kropotkine. Pendant des années en effet, en particulier durant toute la période du stalinisme, la multiplicité des voies de passage au socialisme n’était pas admise et les recherches dans ce domaine étaient bloquées par l’absence même de débat. Il a fallu qu’intervienne, dans un premier temps, la critique de l’expérience soviétique pour que petit à petit se développe une nouvelle analyse révolutionnaire.

En ce sens, des philosophes comme Karl Korsch et György Lukács ouvrent la route. Dans un remarquable essai sur Les Origines du gauchisme , Richard Gombin note à ce propos: «En séparant l’être et la conscience, non seulement Lénine nie tout rapport dialectique entre la théorie et la praxis, mais, en outre, il fait du matériel, de l’être un absolu, une catégorie idéelle. On le voit, la querelle philosophique débouchait sur l’appréciation du mouvement révolutionnaire en tant qu’agent autonome ou non de la dialectique de l’histoire, et c’est toute la primauté du parti qui est visée puisque c’est le prolétariat en tant que classe qui saisit et dépasse les réalités historiques et d’abord sa propre aliénation.»

La critique du régime soviétique, présenté comme donnant naissance à une «bureaucratie», a amené toute une partie de la gauche à remettre en cause non seulement la politique de construction du socialisme appliquée en U.R.S.S., mais également la méthode bolchevique elle-même, c’est-à-dire la stratégie léniniste de passage au socialisme.

Gauchisme et extrême gauche

Cette interrogation sur le léninisme détermine d’ailleurs le clivage le plus important au sein de ce qui constitue la nouvelle extrême gauche révolutionnaire et qui se voit généralement qualifiée de gauchiste.

On doit en effet distinguer l’extrême gauche qui se situe dans la tradition marxiste et prend totalement en compte la révolution de 1917, du gauchisme ou «ultra-gauche». Cette extrême gauche est composée de communistes extrémistes qui se rattachent soit au trotskisme, soit au maoïsme. Si, lors de leurs actions, ils se trouvent généralement au coude à coude avec les gauchistes, si nombre de leurs thèmes de mobilisation recoupent ceux de l’ultra-gauche, leurs bases politiques en général et leurs analyses stratégiques en particulier restent très différenciées.

Le spontanéisme

Les gauchistes, pour leur part, en remettant en cause le schéma léniniste, ont été amenés à redécouvrir les débats du début du siècle sur le rôle du parti et sur l’organisation du mouvement révolutionnaire.

C’est la figure de Rosa Luxemburg qui émerge le plus nettement dans cette recherche des précurseurs. De nombreux militants ont été sensibles à son analyse selon laquelle le mouvement révolutionnaire trouve dans la lutte ses propres formes d’organisation. La révolution, dans cette optique, est largement spontanée: il n’est plus question de déclencher le conflit décisif à un moment déterminé par l’état-major du parti révolutionnaire.

Cette théorie spontanéiste débouche naturellement sur la critique des organisations ouvrières traditionnelles et emprunte de nombreux éléments à l’anarchisme et à la théorie du communisme des conseils ouvriers élaborée en particulier par le Hollandais Anton Pannekoek.

Changer la vie

À ce premier héritage il convient également d’adjoindre la critique de la vie quotidienne qui est devenue l’une des sources principales de l’activité gauchiste. Ici, les nouveaux révolutionnaires se montrent notamment les continuateurs du philosophe français Henri Lefebvre. Il s’agit pour eux de dépasser les notions purement économistes de la division de la société en classes. Leur prolétariat ne correspond plus à la notion marxiste traditionnelle mais se confond avec la notion d’aliénation. Or cette aliénation ne découle pas seulement de l’organisation capitaliste du travail, mais se retrouve dans toutes les structures de la société, l’école par exemple, et dans toutes les dimensions de la vie, la sexualité en particulier.

En outre, les formes de la production contemporaine et de la consommation sont remises en cause au nom de l’écologie. Si les fondements de cette science des relations entre les êtres vivants remontent au XIXe siècle, l’expression politique de ce courant d’idées n’a émergé que durant les décennies soixante et soixante-dix, parallèlement au développement du gauchisme.

Une révolte antiautoritaire

Les positions théoriques vécues par les militants sont plus schématiques. Pour les partis de gauche traditionnels, socialistes et communistes, l’homme est asservi par le système économique qui fait de lui un producteur salarié travaillant pour le plus grand profit des possesseurs de capitaux. En renversant ce système économique, on doit donc libérer l’individu. Les gauchistes, constatant la situation des citoyens dans les sociétés où le capitalisme a été renversé, ont poussé plus loin le raisonnement. Tout en admettant la réalité de cet asservissement d’origine économique et en souhaitant y mettre un terme, ils expliquent que l’individu est victime de bien d’autres contraintes dans sa vie quotidienne. La famille, par exemple, se fait oppressive dans la mesure où elle est construite sur un schéma hiérarchique classique. L’autorité vient d’en haut et ne peut être discutée. Déjà habitué à obéir dans le cadre familial, l’enfant continue d’être formé dans la même optique par l’école. Quand il devient un producteur, dans son usine ou dans son bureau, les réflexes acquis continuent à jouer et il subit toujours une autorité imposée. Sur le plan moral, il en va de même. Entre une double barrière d’interdictions de toute nature, l’individu ne se voit offrir comme seule perspective que la possibilité de se marier pour faire quelques enfants. Mais comme tout est prévu, il pourra néanmoins, en sacrifiant le fruit d’un certain nombre d’heures de salaire, s’offrir l’illusion de la liberté – y compris de la liberté sexuelle – au cinéma ou devant son écran de télévision. Au terme de cette analyse, le gauchisme s’en prend donc à tous les éléments de la vie et de la société, et pas uniquement à l’organisation du travail et de l’économie.

La constante de ce combat est la lutte antiautoritaire. Nombreux sont d’ailleurs les gauchistes qui ne manquent pas de rappeler que les partis, dans leur forme courante, reproduisent en leur sein le schéma hiérarchique fondé sur la notion d’autorité.

Le refus de la productivité

Cette contestation porte également sur le caractère productiviste des sociétés industrielles, qu’elles soient de type capitaliste ou de type socialiste. Une réévaluation de la notion de travail est donc proposée, la finalité même de la production industrielle étant remise en cause. Cette attitude se manifeste notamment à travers le courant écologiste dont des pans entiers sont assimilables au phénomène gauchiste. À plusieurs reprises, des convergences sont apparues entre des groupes de l’ultra-gauche prônant parfois la violence et des mouvements d’écologistes dont la philosophie est généralement proche de la non-violence.

Tel a été, en particulier, le cas, lors de manifestations contre le développement des centrales nucléaires.

À cette occasion, en effet, ont convergé le courant écologiste et celui des «autonomes». La violence de ces derniers – qui entendaient répondre à la violence de l’État – n’a pas été comprise par les défenseurs, volontiers légalistes, du «pouvoir vert».

La spécialisation

Comme il est difficile d’offrir des réponses à tous les sujets ainsi soulevés, les gauchistes ont eu tendance à se spécialiser. Certains se sont penchés plutôt sur la vie de l’individu, d’autres sur l’organisation de la société.

Cette situation explique que souvent le phénomène de l’underground  soit assimilé à celui, à l’origine strictement politique, du gauchisme. Le mouvement de révolte devant la société a amené des ouvriers à quitter leur usine, des lycéens et des étudiants à rejoindre ceux qui vivaient en marge et tentaient de construire une contre-société. Cette «société souterraine» (underground), qui s’est développée de manière importante aux États-Unis, en Scandinavie et en Allemagne fédérale, a possédé sa presse, son cinéma, sa musique, ses zones réservées, ses organismes d’entraide.

Les courants gauchistes

L’underground européen

La théorie gauchiste, ou plus exactement l’ébauche de théorie, se limite dans la pratique à une revendication d’autogestion. Ou bien cette mise en place de l’autogestion est recherchée sur le plan de la société tout entière, ce qui est le cas des groupes gauchistes politiques (avec toujours la divergence de stratégie entre l’extrême gauche léniniste et l’ultra-gauche), ou bien on tente de la faire vivre dès maintenant à travers des expériences limitées comme les communes ou les communautés.

L’itinéraire des groupes politiques est directement lié au contexte national de chaque pays. L’underground européen s’insère pour sa part dans un mouvement plus large. Le phénomène hippy, qui a connu son âge d’or aux États-Unis en 1966-1967, a touché en Europe les pays dont le type de civilisation est le plus proche du modèle américain. Le phénomène des communautés s’est répandu dans les pays scandinaves sous le nom de familles, puis, de là, il a peu à peu conquis la jeunesse anglo-saxonne, laissant l’Europe latine à l’écart. Les groupes gauchistes français et italiens se sont toujours montrés plus politisés et plus enclins aux débats idéologiques.

Happening et situationnisme

En France, les thèmes ont d’abord été véhiculés par quelques rares personnalités du monde intellectuel parisien, comme Jean-Jacques Lebel, organisateur de happenings, et le groupe Mandala qui se référait à l’Inde et au psychédélisme. Cette mode apparaissait alors beaucoup plus comme un sous-produit du surréalisme que comme le signe annonciateur du débarquement en Europe de la culture hippie.

La transition entre l’extrémisme politique et ces recherches a plutôt été assurée par un groupe comme l’Internationale situationniste qui traitait dans sa revue les problèmes formant le fonds idéologique de l’underground. En mai 1968, l’extrême gauche française n’était pas encore à même de comprendre ce langage qui, en Allemagne, commençait juste à toucher des couches plus larges du mouvement étudiant. «La révolution, expliquait l’Internationale situationniste, cesse dès l’instant où il faut se sacrifier pour elle. Ceux qui parlent de révolution et de lutte de classes sans se référer explicitement à la vie quotidienne, sans comprendre ce qu’il y a de subversif dans l’amour et de positif dans le refus des contraintes, ceux-là ont dans la bouche un cadavre.» Ce cadavre, pour les adeptes de l’Internationale situationniste, est celui du marxisme.

La contestation

À la diversité du gauchisme quant à ses origines et à ses axes stratégiques s’oppose l’unité de sa méthode d’action: la contestation. Il s’agit fondamentalement d’une technique révolutionnaire dont le but est de révéler aux gens toutes les entraves que la société met à leur épanouissement personnel, qu’il s’agisse de la morale, de l’éducation ou, d’une façon plus générale, de l’univers gris et triste des sociétés techniciennes: d’où, par exemple, la réhabilitation de la fête.

La contestation peut toutefois prendre des formes diverses et les techniques révolutionnaires varient considérablement selon les courants. Aux révolutionnaires clandestins, militairement organisés, du Front de libération du Québec, des Tupamaros d’Uruguay ou de l’Armée rouge japonaise s’opposaient des propagandistes plus pacifiques en Europe occidentale où les thèses du théoricien brésilien de la guérilla urbaine, Carlos Marighela, n’ont pas été mises en application.

Les autonomes

Encore convient-il de relever l’apparition des «autonomes». Fonctionnant tantôt sous forme d’assemblées générales dans des locaux universitaires, tantôt par le biais de commandos plus ou moins violents, ils se veulent un mouvement à la fois spontanéiste et informel. Intellectuellement ce courant puise ses bases dans le phénomène allemand de la bande à Baader et dans l’exemple italien des Brigades rouges. Il a trouvé une tribune en septembre 1977 à Bologne lors d’un «colloque sur la répression». En Allemagne fédérale, les autonomes ont notamment organisé, en janvier 1978 à Berlin-Ouest, le rassemblement «Tunix» (Tue nichts : ne fais rien). En France, le phénomène est, là encore, demeuré d’une ampleur limitée, se bornant à des heurts avec les forces de l’ordre en marge de manifestations politiques et syndicales ou à quelques opérations de vandalisme. Les autonomes se sont exprimés à travers quelques revues comme Camarades  (autodissoute en 1978), Marge  ou Matin d’un blues . Ce courant autonome a servi de refuge à de jeunes marginaux. Il attira aussi des adeptes de groupes de défense de prisonniers, de groupes féministes ou homosexuels. Ce recrutement très typé n’a pas tardé à submerger les éléments de l’extrême gauche marxiste présents à l’origine.

L’idéologie véhiculée par le courant autonome est fondée sur le refus de toutes les structures d’encadrement de quelque nature qu’elles soient. Elle n’est pas sans évoquer les thèses libertaires, voire un certain nihilisme. Cette position conduit au refus du salariat comme du militantisme. Indépendamment du recours à la violence, présentée comme une forme d’autodéfense mais aussi comme un témoignage, les autonomes usent volontiers de la dérision (valorisation de l’absentéisme par exemple). Ils accordent enfin une grande importance à la notion de désir. Parmi les actions auxquelles ils se sont trouvés associés, on peut relever le développement des mouvements de squatters et des radios pirates.

Les écologistes

Le seul courant héritier, au moins en partie, du gauchisme qui ait su se développer de manière significative dans les opinions occidentales demeure l’écologie. Relayés par un consumérisme qui s’est également développé à partir de la fin des années soixante, les écologistes ont recruté au sein de l’ultra-gauche. En France, par exemple, Pierre Fournier dans Hara-Kiri hebdo , puis en lançant La Gueule ouverte , développe un discours catastrophiste, une prophétie de fin du monde tout en tenant la chronique de la vie communautaire. Rassemblés par le refus de l’énergie nucléaire et une non-violence conduisant à des formes d’antimilitarisme, gauchisme et écologie ont mêlé leurs thèmes et leurs troupes aussi bien dans la contestation du surgénérateur Superphénix à Malville (juill. 1977) que face à la confiscation des terres des paysans du Larzac au profit d’un terrain militaire (août 1973). La prééminence des écologistes se traduit, vingt ans plus tard, par l’affirmation d’une réalité électorale que l’extrême gauche n’est jamais parvenue à asseoir. C’est ainsi que, en 1991, Pierre Juquin, ancien membre du bureau politique du Parti communiste français, après avoir échoué dans son projet de rassemblement du gauchisme et des écologistes, a dû solliciter le droit d’adhérer chez les Verts.

Répression et récupération

Face à l’extension de la contestation gauchiste dans les pays occidentaux développés, un double phénomène de répression et de récupération s’est engagé. D’une part, les divers gouvernements se sont efforcés d’adapter leurs systèmes de sécurité et leur législation aux formes nouvelles d’activité politique et parfois de délinquance qui apparaissaient. D’autre part, un certain nombre de thèmes mis en avant par les gauchistes – environnement, situation des travailleurs immigrés, transports, etc. – ont été repris en compte par les forces politiques traditionnelles.


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20 juin 2005

Petit historique de l'anarchisme

   

Petit historique de l'anarchisme


L'anarchisme ne s'est vraiment constitué en mouvement politique qu'au XIXème siècle.
Certains auteurs, comme Jean Préposiet, considèrent que les philosophes cyniques de l'Antiquité ont pensé et vécu en libertaires. Durant le Moyen-Age, le politique et le sacré étaient très liés. Il est donc difficile de reconnaître le caractère anarchiste de certaines hérésies, qui ont pourtant provoqué de grandes aspirations à plus de justice. Elles ont amené de très fortes contestations et oppositions à l'ordre établi. A la Renaissance, divers mouvements apparurent structurant d'avantage leur contestation et séparant la politique du sacré, avec l'appui des philosophes. Enfin, des précurseurs, comme le curé Meslier apparurent à la fin du XVIIème siècle.
Les grands théoriciens de l'Anarchisme vécurent au XIXème et s'investirent dans les mythes de cette époque. C'est ainsi que Bakounine, Proudhon, Reclu, Kropotkine, participèrent aux diverses révolutions qui jalonnèrent ce s