Activisme - Stanislas kazal underground blog

Stanislas kazal underground blog

contre-culture,réflexions, poésie,cinéma de genres et d'auteurs, musiques, société,critiques,littérature, arts, révoltes, mousse au chocolat et couscous.....

03 avril 2005

Activisme1

Vous voulez faire valoir vos droits, défendre votre liberté, protester et vous vous sentez démuni. Stanislasundergroundblog vous donne quelques recettes qui ont fait leurs preuves!
en esperant  qu'elles vous inspirent en ces temps troublés......


Action directe et activisme



La plupart des actions directes ne requièrent pas d'effectifs importants, elles peuvent être mises en place sans trop de moyens et dans des délais assez brefs. L'action directe peut revêtir de multiples formes suivant la situation et en fonction de la créativité des participants. Elle peut être individuelle ou collective, légale ou non, offensive ou défensive, violente ou non violente. Son caractère légal importe peu, à mon sens, car la légalité n'est jamais qu'une limite arbitraire fixée par la bourgeoisie pour défendre ses intérêts, il faut juste en tenir compte pour évaluer les risques juridiques. La notion de violence, par contre, est à manipuler avec précaution. Ma philosophie personnelle ( et celle de stanislas kazal) est incompatible avec la violence physique envers les personnes, sauf en cas de défense, c'est pourquoi cet aspect ne sera pas abordé.
Du point de vue stratégique, elle est également peu recommandable, la CIA s'en est d'ailleurs servi pour décrédibiliser certains mouvements révolutionnaires en les infiltrant, en les finançant et en les poussant à la lutte armée pour mieux les criminaliser en tant que terroriste et casser leur image auprès du grand public, c'est le cas des Brigades rouges en Italie ou de la fraction armée rouge en Allemagne. De plus, je ne pense pas que ce soit en cognant sur un fasciste que l'on parvient à lui faire changer d'avis ou à faire reculer le fascisme, et ce n'est pas en tuant un Ministre de l'intérieur ou un patron du Medef, que le système s'en trouvera changé. Les personnes, si puissantes soient-elles parfois, et quel que soit leur niveau hiérarchique, sont interchangeables, ce ne sont jamais que des pièces d'une énorme mécanique. Par contre, les actions "violentes" purement matérielles tels que les actes de sabotage entrepris par les FTP en plastiquant plusieurs locaux du Front National de nuit, m'apparaissent légitimes, mais là encore, c'est une question de point de vue. Sans aller jusque là, on peut présenter un répertoire, non exhaustif, d'actions possibles, qui dépassent parfois le cadre de l'action directe au sens syndical, car la frontière est mince entre techniques de lutte, communication, propagande par le fait, action directe, désobéissance civile ou organisation alternative.

PROPAGANDE

Distributions de tracts La plus simple des techniques de propagande, une des moins coûteuse également lorsque l’accès à la photocopieuse est possible au travail par exemple. La distribution peut se faire dans la rue, dans les facs, à la sorties des usines… l’autre possibilité est de diffuser le tract dans les boîtes aux lettres des quartiers populaires, par exemple. Pour optimiser le taux de lecture, le contenu doit être concis, aéré et agrémenté d’éléments graphiques percutants: Le tract est plus facilement conservé et lu s’il contient un intérêt graphique : Texte au recto et montage photo ou caricature au verso.

Diffusion de fanzines et journaux indépendants - Radios - Distros La réalisation d'un fanzine, même si elle est intéressante et riche en contacts, est assez coûteuse par rapport au volume de diffusion, et forcément (largement) déficitaire.

Les journaux indépendants du type Monde Libertaire, qui sort chaque semaine à 7000 exemplaires, demandent un travail énorme et régulier, ainsi qu'une logistique importante, le budget est très serré là encore, notamment à cause des invendus en librairies qui frôlent les 80% (60% pour un journal classique) Mais l'existence du ML est indispensable, ses origines remontent en 1858 avec son ancêtre "le Libertaire" et il a vu passer des permanents tels que Brassens, Ferré ou Camus. La récente nouvelle version du ML a permis de relancer ses abonnements, on lui souhaite longue vie.
D'autres médias alternatifs sont utilisables, telles que les radios associatives ou indépendantes (comme Radio Libertaire qui émet à Paris sur 89.4) ou encore la VPC sans profit qui permet d'envoyer des infos, tracts, flyers ou autocollant en même temps que les commandes.

Collages

Coller des affiches et autocollants si possible sur les affiches de fachos pour faire d'une pierre deux coups, ou sur les centres commerciaux, les banques, les agences d'intérim, les casernes, les églises, les administrations, les panneaux publicitaires, les panneaux électoraux quand il y en a…, renommer les rues, détourner des publicités… bref, adapter le contenu et la forme du collage à l'environnement urbain. Le collage est quasi forcément sauvage, les zones d'affichage public ayant été réduit au strict minimum légal pour mieux criminaliser le mouvement social (-70% à Rennes en 2001, sous gouvernement et mairie " socialistes ")
Bombages

Les bombages, par l'intermédiaire de pochoirs par exemple, sont souvent plus durables que les affiches, mais aussi plus risqués légalement. Des supports originaux peuvent attirer l'attention (en évitant les murs des logements…) : Sur le sol, voir sur les bandes blanches des passages piétons, les horodateurs, les pubs 4x3…

Manifestations

Moments propices à ces formes d’actions, ainsi qu’aux discours et conférences publiques et aux déploiements de banderoles, car, malgré la présence policière, le risque d’interpellation est plus limité du fait du nombre et la solidarité du cortège libertaire ou black bloc. Les moustachus hésitent (parfois) à déclencher une émeute pour arrêter quelqu’un. Dans ce cas, il faut également penser à un repli groupé après la manifestation, sinon, se reporter au «guide du manifestant inculpé»… Ecrire aux médias pour leur demander des articles, documentaires ou reportages sur votre cause.

Campagne de destruction d’image de marque

L’image de marque est ce qu’une multinationale possède de plus précieux, mais aussi de plus fragile, c’est son talon d’Achille et c’est la qu’il faut frapper. Des activistes ont réussi à faire plier la Lufthansa (équivalent d’Air France en Allemagne) pour qu’elle cesse de participer au renvoi de sans papiers par charters : Ils ont créé des brochures aux couleurs de la compagnie pour présenter la nouvelle « Classe Déportation » qu’ils distribuaient massivement dans les aéroports, en uniforme de la compagnie. La Lufthansa, observant l’impact sur son image a fini par céder. Des actions similaires sont en cours de réalisation contre Air France, dans le cadre des nouveaux charters de Sarkosy. Nike, Macdo ou Microsoft sont des habitués de ces campagnes et on ne compte plus les détournements les concernant.
Autre forme de destruction de l’image de marque : Le lancement de rumeurs ou de contre informations, sur internet par exemple, qui peuvent parfois prendre des proportions importantes. On peut citer le cas de ce japonais mécontent de son magnétoscope et du service après vente Toshiba, qui a inlassablement squatté les forums en ligne d’associations de consommateurs et de sites spécialisés dans l’audiovisuel pour se plaindre de la qualité du produit, la médiatisation de sa persévérance a entraîné une chute en bourse du cours de l’action Toshiba de près de 5%.

Boycott

L'effet d'un boycott est souvent difficile à mesurer, mais là encore c'est un moyen de porter un sujet à la connaissance du public. Pour prendre l'exemple d'un boycott de marque qui a bénéficié d'un fort taux de médiatisation : Celui de Danone, lors des licenciements massifs dans les usines bénéficiaires (licenciements boursiers) On a alors parlé d'une chute de 10% des ventes sur les produits laitiers, ce qui est assez important pour faire réfléchir le patronat, mais la classe politique du moment a tenté de récupérer ce boycott à son compte, comme celui de Total plus récemment, pour nous refaire le coup du " capitalisme à visage humain ". Il est aussi très probable que les achats se sont reportés sur les produits Nestlé, par exemple, qui n'a rien à envier à Danone en terme de destruction sociale. Mais ce boycott de Danone, comme d'autres, a eu le mérite d'associer la population à la lutte des (ex)salariés.

INTERNET Hacking /Cracking

Pour ceux à qui ces mots barbares n'évoque rien de précis, il faut rappeler que les objectifs des hackers sont de : - Créer des logiciels libres au code source accessible et donc gratuits, évolutifs et personnalisables... - Mettre en évidence la fragilité d'une société excessivement gérée par informatique - Dénoncer les utilisations abusives des bases de données d'informations sur les individus que s'échangent le gouvernement (police, armée, RG, services sociaux...) et les sociétés privées - Dénoncer la politique de monopole et de surveillance de sociétés comme Micro$oft - Sauvegarder Internet en tant qu'outil de communication, et non en tant qu'instrument purement commercial ou d'espionnage et de contrôle du peuple. Diffuser les outils de protection de la vie privée - Instaurer la gratuité et le partage des connaissances Les crackers, par contre, ne sont pas forcément des programmateurs, ils utilisent des outils, techniques et logiciels pour s'introduire dans les réseaux, détruire ou modifier les informations, ce qui peut s'avérer également très utile (pour pirater les sites fascistes, par exemple) L'un des premiers mouvements organisés de hackers fut celui des allemands du Chaos Computer Club en 1984. Ces libertaires ont réalisé le piratage d'infrastructures informatiques gouvernementales afin d’alerter les médias sur les menaces pesant sur la vie privée des citoyens : le gouvernement allemand constituait alors un système de fichiers croisés sous prétexte de lutte contre le terrorisme. Le Cult of the Dead Cow, (les concepteurs du logiciel Back Orifice) a annoncé qu'il fournirait des outils informatiques permettant de lancer des attaques virtuelles sur des institutions et des gouvernements ne respectant pas les droits de l'homme Le plus connu des Hackers/crackers, Kevin Mitnik s'est déjà introduit dans les systèmes informatiques les plus sécurisés qui soient: Le FBI (mis en défaut leur système de localisation d'appels), l'US Air Force, la NSA, la NASA, l'unité centrale de la défense aérienne américaine dans le Colorado, l'université de Leeds en Angleterre ainsi que de nombreuses multinationales (Nissan...) font parties de son tableau de chasse. L'efficacité d'un groupe de plusieurs dizaines ou centaines de hackers/crackers coordonnés sur un même objectif pourrait être énorme : Il est possible, par exemple, de transvaser des comptes bancaires, bloquer des systèmes d'écoute et de surveillance, neutraliser certains centres de communication de l'armée, paralyser la bourse... D'après le F.B.I. il y aurait aujourd'hui près de 100 000 " pirates " en activité… Les hackers sont de plus en plus attirés par l'action politique, ce phénomène a été symbolisé lors de la troisième convention des Hackers on Planet Earth, en juillet 2000 à San Francisco : L'orateur invité était Jello Biafra, (ex chanteur des Dead Kennedys, faut-il le préciser ?) son discours d'une heure et demie appelant à l'action révolutionnaire Hacktiviste a, semble -t-il, littéralement galvanisé l'auditoire. Pas étonnant quand on connaît la verve et le charisme du personnage… Des Hackmeeting similaires s'organisent en Italie (3000 personnes à Bologne en 2002), en Espagne, en Allemagne et plus récemment en France, sur des bases politiques proches de l'anarchisme

Cybermanifestions

Une cybermanifestation consiste à saturer le serveur d'un site internet pour le mettre hors service, cette action ne demande pas de compétences particulières en informatique. On peut prendre l'exemple de l'action lancée par le groupe prozapatiste américain Electronic Disturbance Theater qui a lancé un appel aux internautes et a fourni un petit logiciel qui réalise des demandes de connexion en boucle. Les 18000 participants répartis dans 46 pays on donc pris pour cible, avec succès, les serveurs web du gouvernement mexicain et du pentagone pour protester contre la répression des rebelles zapatistes et le soutien fourni par le gouvernement américain Le Jam echelon day est une cybermanifestation internationale annuelle visant à saturer de mots clés les systèmes d’écoute de la NSA. L’efficacité est quasiment nulle dans ce cas, puisque la NSA peut facilement se préparer à cette « attaque », mais l’intérêt est là encore d’attirer l’attention sur ce Big Brother moderne. Les activistes allemands contre la « classe déportation » de la Lufthansa (voir destruction de l’image de marque) se sont également pris simultanément au serveur du site de réservation en ligne, en multipliant les demandes de réservations bidons, et l’ont mis HS, causant un manque à gagner important à cette compagnie aérienne

Mass mailing

Cette technique, apparentée au spamming (envoi de mail non sollicités) mais ici sans but commercial, a l’intérêt d’être quasi gratuite, rapide et relativement efficace. Des logiciels permettent de collecter les adresses email sur le net et d’autres permettent d’envoyer les messages en rafale. A utiliser avec modération et pertinence pour ne pas avoir un effet contre-productif (un message par mois par exemple, avec système de «désabonnement» pour ceux qui ne souhaitent plus recevoir d’infos) L’efficacité de ces envois est facilement mesurable avec quelques outils statistiques dans le cadre de la promotion d’un site. Pour donner un exemple concret, la collecte de plus de 3500 email d’assos, zines, distros et groupes anarchoïdes a permis de développer de la Fédération Anarchopunk à partir d’un mailing présentant la création de l’APF en France, avec un résultat significatif: +400% d’adhésions en un mois.

INTERPOSITION PHYSIQUE

Occupation de locaux (Anpe, préfecture, entreprise, administration, facs…) Le matériel présent dans les locaux occupés (fax, téléphone, photocopieuse…) peut être utilisé à des fins de lutte : * A Londres, des militants se sont introduits dans le siège général de Shell, se sont barricadés dans le bureau du directeur pendant une matinée et ont envoyé des messages de solidarité aux peuples du delta du niger. *Au Nigeria, les jeunes Ijaw lancent l'opération 'changement climatique' et occupent un grand nombre de plates-formes pétrolières. Blocage d’un chantier, d’un transport de matériaux nucléaires ou d’armement… *Les cheminots grecs ont bloqué un train transportant de l'équipement militaire au sol pour le Kosovo *Plus de 100 personnes sont arrêtées chaque jour parce qu'elles résistent à la construction d'une décharge nucléaire sur un site indigène protégé du territoire australien. *Tandis que des militants écologistes fêtent un an d'occupation d'un arbre pour protéger les forêts ancestrales de l'Oregon, des activistes anglais résistent 17 jours terrés sous terre dans un tunnel afin d'empêcher la destruction d'un parc communautaire et coûtent ainsi des centaines de milliers de francs aux compagnies de construction. *Lors de la reprise des chantiers de construction de l'axe E7 dans la vallée d'Aspes, paysans, habitants locaux et militants écologistes s'unissent pour occuper le terrain et empêchent les travaux en campant autour des bulldozers. *Des femmes et enfants indigènes bloquent un bulldozer appartenant à une compagnie pétrolière dans la jungle équatorienne et prennent ses conducteurs en otage, afin de demander l'arrêt de la construction d'un oléoduc qui avait contaminé leurs ressources en eau potable. *Des milliers d'indiens menacent de se noyer avec leur maison, pour résister à une série de barrages hydro-électriques qui vont détruire des centaines de villages sur les rives de la rivière Narmada. Obstruction aux expulsions Que ce soit dans le cas d’expulsions de sans-papier ou d’expulsions de squat, il est arrivé qu’une mobilisation importante retarde l’échéance ou même fasse plier la procédure. Une autre méthode pour soutenir les sans-papiers consiste à faire pression sur la compagnie aérienne (voir campagne de destruction d’image de marque) *A Prague, des squatters empêchent l'expulsion de leur maison par les forces de police en restant sur le toit pendant 3 jours. Bouclier humain en cas de guerre On l’a remarqué dans le cadre de la guerre d’Irak, cette initiative courageuse ne permet pas d’arrêter les bombes de pleuvoir. Les boucliers humains ont été déplacés comme des pions par le régime Irakien, et les USA ne sont plus à quelques bavures près. Encore une fois, c’est la médiatisation de ces actions qui ont eu symboliquement le plus d’impact.

Sabotage

Le collectif Souriez vous êtes filmés avait commencé à diffuser le plan des implantations de caméras de vidéosurveillance dans certaines grandes villes. Projet difficile étant donné leur prolifération actuelle, mais qu’il serait intéressant de développer pour organiser un sabotage coordonné de ces instruments d’espionnage. *En Ecosse, 2 militantes pacifistes nagent pendant une heure et demi en direction d'une base militaire puis s'attaquent à un sous-marin nucléaire qu'elles repeignent et endommagent, causant des dégâts économiques considérables. *Des paysans français démontent un MacDonald's en construction et amènent un débat public sur l'OMC et la nourriture industrielle. *Le 18 juillet 1999, 700 militants se réunissent pour détruire un champ de tournesol génétiquement modifié de la taille de 24 terrains de football. *L'opposition aux O.G.M se répand sur les cinq continents, en France et en Angleterre des militants détériorent un grand nombre de champ-test, des paysans indiens et français sabotent des laboratoires de recherche sur les O.G.M à Montpellier, tandis qu'en Inde l'opération 'brûlons Monsanto' est inauguré par la mise à feu de champs d'O.G.M.

Entartage

L'internationale anarcho-pâtissière est en marche ! Noël Gaudin l'entarteur des pompeux cornichons, (Bill Gates, Nicolas Sarkozy, Philippe Douste-Blazy et les autres) a fait des émules : *Le dirigeant de  l'Organisation Mondiale du Commerce est pris en embuscade et entarté par le la Biotic Baking Brigade, organisation spécialisée dans le lançage de tartes à la crème qui s'est déjà attaqué dans la seule année 1999 à quelques dizaines de criminels en costumes 3 pièces et autres P.D.G de multinationales. Les médias sont friands de ce genre d’opérations burlesques, et outre le fait de ridiculiser la cible, l’entartage sonne comme un avertissement pour les dirigeants de ce monde, même l’homme le plus riche de la planète n’est pas à l’abri d’un attentat pâtissier, et donc d’un attentat tout court. La violence reste symbolique et le ton humoristique permet au message d’être bien perçu par le public.

REAPPROPRIATION

Réappropriation temporaire ou plus durable, réappropriation matérielle ou celle de son temps, réappropriation de terres gouvernementales ou privées, d'infrastructures, de biens de consommation, de moyens de production, de services publics… réappropriation de l'espace, des rues, des bâtiments officiels... le choix est vaste : Squat (Voir brochure "le squat de A à Z") Alors même que deux millions de logements sont vides et inutilisés en France, on estime à environ 400.000 le nombre de SDF (le chiffre officiel de 86000 semble largement sous estimé, du fait de la difficulté de recenser cette population) La réappropiation des logements, Le squat, peut être vécu comme une mesure d’urgence pour se mettre à l’abri ou comme une démarche politique : *De Genève à Prague en passant par Berlin, des squatters reprennent des espaces vides pour en faire des lieux d'activités autogérés : logement, crèches, bibliothèques, ateliers, salles de spectacle, jardins communautaires etc. Réappropriation des terres Le Mouvement des Sans Terre au Brésil cherche depuis 1979 à se réapproprier de manière légale ou non des terres inutilisées appartenant à de grands propriétaires. Quand les possibilités légales sont épuisées, les paysans s'installent de nuit sur des terres laissées en friche, en édifiant des campements. 140 000 familles ont pu être relogées en 10 ans sur des terres prises grâce à l'action directe. 7 millions d'hectares ont ainsi été repris, mais il reste 4,5 millions de familles sans terre alors que 416 millions d'hectares sont toujours en friche. Le mouvement des Sans Terre fait partie d'une coordination mondiale plus vaste : L'Action Mondiale des Peuples qui regroupe des organisations populaires d'une trentaine de pays. L'AMP n'est pas étrangère à l'émergence du réseau alter-mondialiste. En effet, au départ de l'AMP, l'action directe venue de l'Inde a influencé l'Europe, puis les événements de Seattle en 1999 qui ont eux-mêmes encouragé l'amplification de la mobilisation à Prague et à Gênes. Lors de la 3ème conférence de l'AMP, en 2001 en Bolivie, les indiens ont annoncé que leur mouvement paysan était à présent coordonné au niveau national et, apparemment "en partie grâce à la dynamique lancée par la Caravane Intercontinentale en Europe"
Il est intéressant d'observer l'émulation et les interactions qui traversent ce réseau dont voici la traduction des principes de bases :
1. Un rejet très clair du féodalisme, du capitalisme, et de l'impérialisme, ainsi que de tous les accords commerciaux, institutions et gouvernements promoteurs d'une mondialisation destructrice
2. Un rejet très clair de toutes formes et systèmes de domination et de discrimination dont (et de manière non exhaustive) le patriarcat, le racisme et le fondamentalisme religieux de toutes croyances. Nous reconnaissons la dignité entière de tous les êtres humains
3. Une attitude de confrontation, puisque nous ne pensons pas que le " lobbying " puisse avoir un impact majeur sur des organisations à tel point partiales et antidémocratiques, pour lesquelles le capital transnational est le seul facteur réel déterminant leur politique.
4. Un appel à l'action directe et à la désobéissance civile, au soutien aux luttes des mouvements sociaux, mettant en avant des formes de résistance qui maximisent le respect pour la vie et pour les droits des peuples opprimés, ainsi qu'à la construction d'alternatives locales au capitalisme mondial.
5. Une philosophie organisationnelle fondée sur la décentralisation et l'autonomie.

Réappropriation des moyens de production
Très récemment en Argentine, suite à la crise économique et à la fuite des capitaux, certains patrons se sont évanouis dans la nature et les anciens salariés des usines viables ont continué la production en s’organisant en autogestion. Voir également dans les actions directes anarchosyndicales
Réappropriation des prises de décision Toujours en Argentine, des assemblées de quartier se créent pour les décisions collectives sur le principe du consensus. *Des centaines de zapatistes continuent à s'organiser en 'municipalités autonomes' afin de reprendre le contrôle de leur vie face aux propriétaires terriens, aux grosses compagnies et aux 70 ans de dictature du parti au pouvoir. En France, le Communalisme Libertaire de Merlieux est une des plus abouties des expériences autogestionnaires puisqu'il s'agit de la gestion collective d'un village, avec une population majoritairement non-anarchiste à l'origine : En 1973, Dominique de la FA et ses amis de la communauté anarchiste du Moulin de Paris s'installent dans ce village, et leur implication dans la vie de la commune démontre progressivement aux habitants la viabilité de leurs projets pour faire revivre le village, et de leur mode d'action. La communauté anarchiste gagne peu à peu la confiance puis la reconnaissance de la population.
Après de multiples réunions publiques, les candidats aux élections municipales s'engagent sur 3 points :
1°) étudier les projets de revitalisation du village ;
2°) associer directement la population aux décisions et partager le pouvoir le plus largement possible avec un souci permanent d'information ;
3°) défendre l'intérêt collectif à l'exclusion de tout intérêt individuel pour les mandatés. Sur ces bases, une école, une bibliothèque de plus de 5000 livres, des logements sont construits et gérés avec la participation active de la population, sans laquelle ces réalisations auraient été impossibles par manque de moyen. Des emplois sont créés parallèlement à ce regain d'activité, notamment avec la création d'un café-concert ou d'un atelier de télétravail. Le financement s'appuie beaucoup sur les nombreuses fêtes communales qui renforcent également le lien social. La fête du livre est créée dans ce cadre et attire maintenant chaque année 15.000 à 20.000 visiteurs. Elle associe la fête populaire classique et un salon littéraire important, démocratisant ainsi l'accès à la lecture. Pour la petite histoire la communauté anarchiste s'est même vue confier les clés de l'école, de la mairie et de l'église ! Des expériences similaires, à plus grande échelle, se déroulent dans certaines communes Italiennes comme Spezzano Albanese avec la "fédération municipale de base"
Transports gratuits

Le collectif des transports gratuits (RATP pour Réseau pour l'Abolition des Transports Payants) a lancé une opération nommée " Zéro Franc Zéro Fraude ", et a sorti des tickets de bus portant cette inscription, à présenter au contrôleur le cas échéant, les amendes étant regroupées et négociées en gros au tribunal par un avocat. Cet acte de désobéissance civile est motivé par les constats suivants : - A la RATP, la billetterie ne représente que 28% des recettes, ce qui rembourse à peine la fabrication des billets, l'entretien des machines à composter, les contrôles… - Ce sont les personnes les plus précaires économiquement qui payent le plus le droit à se déplacer - 83% de nos déplacements sont contraints (pour aller au travail, faire des courses…) Les employeurs, les grandes surfaces sont les premiers bénéficiaires des transports en commun. Il serait donc logique que ça soit eux qui payent. - 60% des conflits entre agents de la RATP et usagers se produisent lors de la vérification du titre de transport.

Les ZAT


Le concept de Zone d’Autonomie Temporaire lancé par Hackim Bey, désigne tous les espaces, virtuels ou réels, qui sont libérés temporairement des contraintes étatiques, religieuses et économiques. Ce sont des enclaves de temps où les individus peuvent expérimenter leur liberté, les ZAT peuvent aussi bien désigner des manifestations, des festivals, des sites internet de contre information, des périodes de loisirs ou encore des fêtes du type potlatch, banquets au cours duquel on s’échange des présents :
le principe étant de faire la fête, dans un souci d'égalité, de gratuité et de convivialité L’aspect festif et ludique est inhérent aux ZAT, car le mode de communication utilisé dans ce cas permet d’optimiser les relations humaines dans une optique constructive. D’ailleurs, qu’il s’agisse d’arts graphiques utilisant la rue comme support, d’happening, de théâtre de rue, de concerts, de fêtes de rue, de caravanes anticapitalistes…, la créativité, le côté ludique et convivial des formes d’expression artistiques urbaines font l’attractivité et parfois le succès d’une action.

Des tentatives de ZAP (zone d’autonomie Permanente) sont en cours, notamment en Australie ou une communauté d’environ 5000 personnes reconstruit une vie alternative et met en pratique les principes libertaires et écologistes. *Des sans-papiers à qui il avait été refusé l'obtention d'un train gratuit pour aller manifester à Paris passent la nuit à faire la fête dans un tunnel ferroviaire. *Les écologistes de Reclaim the Streets, agissent en solidarité avec les travailleurs du métro londonien, occupent le siège de la compagnie, et organisent une fête du premier mai à l'intérieur de rames de métro. *Ils organisent un faux carambolage à l'intersection de 2 grands boulevards londoniens, installent un café, un système de son et une ambiance de carnaval autour des 2 voitures bloquées au milieu de la voie publique pendant quelques heures *Ils bloquent une autoroute du nord de Londres pour y organiser une fête avec plus de 9000 personnes pendant 9 heures.

ACTIONS DIRECTES CONSTRUCTIVES

Systèmes d’échange locaux Les S.E.L sont basés sur des échanges de biens, services ou compétences. La différence avec un troc, où deux personnes doivent échanger deux choses de valeur similaire, le SEL est un échange multilatéral qui fait intervenir plusieurs acteurs. Ainsi dans un SEL simple à trois acteurs, Pierre donne des cours de guitare à Paul, Paul fourni des légumes de son jardin à Jacques, et Jacques aide Pierre dans ses travaux domestiques. Parfois, pour permettre la gestion des SEL comportant de nombreux intervenants, on s’appuie sur une monnaie virtuelle sans aucune relation ni correspondance avec la monnaie classique, qui est établie sur la reconnaissance de la valeur de chacun. (ex : une heure de services = 60 unités) Il existe actuellement plus de 300 S.E.L  en France. Infos et listes des SEL sur http://www.selidaire.org
En argentine 1.200.000 personnes participent au réseau de troc mis en place pour faire face à la crise, une monnaie populaire est crée et utilisée comme moyen d’échange, de flux et non de capitalisation. Ecole libertaire L’école autogérée Bonaventure à Oléron a accueilli gratuitement pendant 10 ans des enfants de 3 à 9 ans. Cette école a permis de démontrer qu’une autre éducation était possible, avec des résultats remarquables malgré des moyens de financement faibles. Outre les enseignements littéraires, mathématiques, historiques, etc., les enfants y ont surtout appris à vivre en société, à partager, à être responsables et solidaires et à savoir gérer les conflits. Collectivités d’achat Se rassembler pour acheter : Non, ce n’est pas une incitation à la consommation... Les avantages sont multiples : L’achat en gros et la suppression des intermédiaires permettent une réduction des coûts, la possibilité de se fournir ailleurs que dans les supermarchés, en partageant les éventuels frais logistiques, c’est à dire directement chez le petit exploitant, l’agriculteur, pour prendre l’exemple d’un achat de produits alimentaires, ou chez l’artisan… Cela permet d’avoir des produits souvent de meilleure qualité, de soutenir les petits producteurs indépendants tout en boycottant les marques, les grandes surfaces et leurs profits réalisés en étouffant leurs fournisseurs, parfois contraints de vendre à perte. En outre, cela permet de maintenir un lien social et de connaître l’origine du produit et la manière dont il est réalisé.
Collectivités de production
Projet plus ambitieux, mais d’autant plus intéressant, qui consiste à mettre en commun des ressources et compétences pour développer une activité socialement utile. Une structure associative ou encore une SCOP (société coopérative de production) sont les statuts adéquats à ce genre de projet. La SCOP est une société qui fonctionne en autogestion, sans hiérarchie, avec des revenus équitables quelle que soit la fonction et un partage égal des éventuels bénéfices. Ce n’est pas une panacée, puisqu’elle reste dépendante de l’économie de marché et qu’il s’agit plus d’une sorte de capitalisme collectif que de l’abolition totale de l’actionnariat, mais çà permet de limiter les dégâts dans un contexte exclusivement capitaliste. Il y a actuellement environ 1500 scop en France, Il s’en crée de 100 à 150 chaque année. Leur nombre a progressé de 16% en dix ans. Cette organisation est viable, même dans le système économique actuel, car la motivation, l’implication et la responsabilisation des coopérateurs sont nettement supérieures par rapport à un système classique de salariat.

Collectivités d’habitation

La démarche du squat est radicale et représente l’exemple type d’une réappropriation, mais à l’exception de quelques exemples (comme les Tanneries à Dijon), c’est souvent une expérience assez limitée dans le temps. Il est possible d’expérimenter l’organisation collective sous la forme d’une collocation pour le logement ou de la tenue d’un local autogéré et financé collectivement, pouvant abriter une librairie, une bibliothèque alternative et un lieu de réunion, comme c’est souvent le cas, ou même un local de répétition voir un lieu de concert si la place et le voisinage le permettent. Une douzaine de personnes peut être un effectif suffisant pour lancer ce projet.

Offre de prêt sans intérêts

Il existe des fédérations de collectivités de production, qui organisent et financent le soutient des coopératives, qui mettent en place des centrales d’achat et font jouer la solidarité et les synergies inter-collectivités. Le développement de cette caisse commune, pourrait donner l’occasion de soutenir la création de nouvelles scop, à travers la mise en place d’un système de prêts remboursables sans intérêt. Les nouveaux venus viennent alors grossir les rangs et la caisse commune. Les prêts sans intérêt sont déjà expérimentés dans certains pays, tel que l’Inde, par des ONG, ils permettent aux plus pauvres de créer leur activité. Le taux de remboursement est largement supérieur à celui des banques classiques, et atteint 98%.

Distribution gratuite de nourriture

On peut reprocher aux restos du cœur d’être devenus une sorte d’institution dont la présence, 17 ans après sa création, semble presque normale, comme si la misère elle-même était inéluctable. Mais de manière pragmatique, les 40 000 bénévoles tentent de réparer les dégâts du système capitaliste et de l’Etat en fournissant 60 millions de repas par an, c’est donc une forme d’action directe solidaire particulièrement utile. Cette forme de soupe populaire d’initiative non-étatique trouve de nombreux exemples : Devant la misère sociale qui régnaient dans les ghettos noirs des grandes villes américaines, et devant le manque de volonté des politiques d’apporter les moyens nécessaires, le mouvement des Black Panthers avait décidé de reprendre les choses en main et d’organiser quotidiennement des déjeuners gratuits, notamment pour les enfants des quartiers. une partie des argentins et les zapatistes appliquent actuellement cette méthode. La CNT-FAI, dans l’Espagne libertaire de 36-39, a mis en place des repas gratuits pour tous. De même que pour les squats, la distribution de nourriture a également pour objectif de revendiquer le droit de chacun à la satisfaction des besoins fondamentaux tel que se nourrir ou se loger Communalisme Libertaire (voir plus haut)

TECHNIQUES DE LUTTE ANARCHO-SYNDICALISTES


La protestation verbale

C' est le type de lutte le plus simple, tant qu'on est en democratie notre liberté d'expression et un tant soit peu garatie, profitons'en!

La pétition

C'est un écrit dénonçant, réclamant, exprimant un désaveu, un désir.
La pétition peut quelque fois influencer, faire obtenir de menus avantages le plus souvent illusoires et démagogiques. Certains syndicats ne faisant ou ne voulant rien faire, ils se dédouanent par une pétition à des fins électorales ou pour avoir bonne conscience

Le débrayage

C'est la cessation d'activité pendant une courte durée maximum quelques heures.
Le débrayage exprime déjà un mécontentement plus grand, la naissance d'une certaine radicalité. Le débrayage est utilisé comme pression pour des négociations sur des effets à court terme ou des revendications mineures. Exemple : manque de chauffage, problèmes de primes, de salissures ou de casse-croûte etc.
La grève perlée

Débrayage d'une partie du personnel puis reprise tandis qu'une autre partie débraye et ainsi de suite. Avantage : perte de salaire minimum par individu tandis que l'établissement est pratiquement paralysé et que l'employeur paie ses salariés devenus peu productifs voire inactifs. L'employeur tentera de faire travailler les non-grévistess, l'encadrement ou les intérimaires. Si cela ne s'avère pas suffisant, il fermera l'entreprise pour un temps, c'est le lock out qui lui évite de verser des salaires à des gens inactifs.

Le coulage

Freiner la production en étant le moins productif possible. La grève du zèle Application stricte ou excessive des consignes et des règlements entravant le bon fonctionnement de la production. La grève limitée Les salariés cessent le travail pour une durée limitée. *Une variante : 2500 pilotes d'American Airlines se mettent d'un commun accord simultanément en congés maladies. La grève illimitée Cessation du travail par les salariés jusqu'à ce que ceux-ci décident de reprendre le travail. Avantage : exprime une certaine radicalité, une participation à la lutte, bloque tout ou partie de la production. Inconvénient : perte de salaire importante pour les grévistes. L'établissement peut continuer à produire avec des intérimaires, des non-grévistes. La production peut être réalisée sur un autre site. Le piquet de grève Mise en place de barrages pour empêcher les non-grévistes de pénétrer dans l'établissement pour réaliser l'ouvrage. Les conditions matérielles du piquet sont souvent déplorables : pas d'abris, soumis aux intempéries. Une partie des non-grévistes arrivent parfois à pénétrer dans l'établissement ou bloqués à l'intérieur ils continuent d'assurer la production.

La grève avec occupation

Les grévistes investissent le secteur visé, évacuent les non-grévistess, détournent à leur profit la logistique : salles de réunions, réfectoires, dortoirs, photocopieuses, téléphones et véhicules. La lutte intra muros qui se limite à l'intérieur de l'établissement La lutte extra muros Qui consiste à envahir et occuper tel établissement ou une administration favorable à l'employeur : Direction Départementale du Travail et de Emploi, justice, mairie, local de parti politique, siège d'un journal, Chambre de Commerce et d'Industrie, quartier résidentiel des cadres ou de l'employeur, entreprise où a été transférée la production.

La manifestation de ville

Elle fait découvrir le conflit, popularise la lutte, maintient la pression, permet de jauger le rapport de force. La manifestation nationale voire internationale Suit les mêmes règles que celle de ville mais à une plus grande échelle.

L'intox

Produire rumeurs, informations en tout genre pour fragiliser l'adversaire.

Le discrédit


Rendre publiques des critiques sur la qualité des produits ou services de l'établissement.

Le sabotage

Cette vieille méthode de lutte est toujours pratiquée bien que non médiatisée. Elle doit être manipulée par des individus conscients des risques ou de l'effet catastrophique à terme de certaines destructions pouvant entraîner la fermeture de l'entreprise. Peut être qu'une graduation doit être introduite pour éviter des problèmes néfastes. Le sabotage est une arme très efficace, peu coûteuse pour les grévistes, très nocive pour l'employeur. Il faut toujours conserver à l'esprit que la lutte doit nuire à l'employeur, exploiteur mais pas aux usagers salariés eux-mêmes, ex : les services publics, les transports, EDF, santé, alimentation, etc.

La réappropriation


Reprise sous le contrôle des salariés de biens produits par l'entreprise c'est-à-dire par eux-mêmes.

La vente sauvage

Vente par les grévistes des stocks de l'entreprise pour constituer un trésor de guerre qui les indemnisera.

La production sauvage

Les grévistes utilisent les machines de l'entreprise pour produire des biens qu'ils vendent directement à la population en en réduisant le prix ce qui satisfera tout le monde et apportera des liquidités aux grévistes.

Le travail sauvage

Utilisant leurs propres outils les grévistes réparent fabriquent ou rendent des services aux particuliers moyennant finances. Exemples les coiffeurs de Rennes qui, sur une place publique coupèrent les cheveux. L'argent payé pour ce service allait à la caisse de grève. En Australie, les chauffeurs de tramway, pendant une grève mirent les trams en circulation gratuitement pour la population.

Le boycott

Sur demande des salariés en lutte dans une entreprise, ne pas utiliser ou acheter telle production ou tel service fournis par cette même entreprise. Exemple : le comité de lutte appelle la population à ne pas consommer telle marque de produit tant que les revendications ne sont pas satisfaites. La désobéissance civile Refus d'appliquer, de se soumettre aux lois de l'Etat. Exemple : soutenir et aider des personnes réprimées. Ne pas payer l'impôt, refuser de présenter ses papiers d'identité, de faire l'armée... etc.

La grève généralisée


Situation de grève touchant tout un secteur ou plusieurs secteurs de production ou bien une région, un pays ou un groupe de pays.
La grève générale Grève intercatégorielle, intersectorielle sur un territoire donné région, pays, international. Action consciente et concertée, ce qui la différencie de la grève généralisée. C'est l'arme voulue, souhaitée, défendue par les anarcho-syndicalistes. C'est l'acte ou toute une masse, qu'elle le sache ou non, s'anarchosyndicalise. En effet, à ce stade, les gens en lutte entendent défier leurs adversaires. Ils ne s'en remettent pas au verdict des urnes, ni au gouvernement qui en est issu, ni aux promesses à venir. Les gens en lutte, s'appuyant sur l'action directe, entendent ici et maintenant faire aboutir leurs revendications. La grève générale marque et exprime l'affrontement de classes clairement. Si elle est massive, le rapport de force est optimum et d'autres choix peuvent apparaître. *Une grève générale a immobilisé à 80 % l'économie péruvienne grâce à l'union des étudiants, des travailleurs et des paysans.

La grève générale insurrectionnelle

Les grévistes, pour diverses raisons, deviennent émeutiers, barricadiers. Le peuple se soulève ouvrant la perspective d'une possible expropriation des capitalistes. En 1934, au Portugal, la CGT déclenche une grève générale insurrectionnelle La grève générale expropriatrice Les grévistes, maîtres de la rue, s'emparent des moyens de production, d'échange, de communication. Les entreprises, le commerce, les administrations sont placés sous le contrôle des comités de luttes. C'est le prélude à un changement social profond d'où peut sortir le communisme libertaire ou autre chose mais attention danger. On trouve un exemple de grève générale expropriatrice et insurrectionnelle dans les événements du 19 juillet 1936 en Espagne, alors que la CNT et la FAI regroupaient plus d’1,2 millions d’adhérents

La liberté ne se demande pas, elle se prend !
(merci à subsociety et à la cnt)

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09 avril 2005

education

   

Le système éducatif actuel ou
"Comment programmer un enfant".

    Dans la reconstruction d'une nouvelle société, la priorité qui s'impose clairement est l'éducation. La société idéale, l'objectif à atteindre, devra être une société ou chaque individu quelque soit son âge, sa couleur, son sexe, ses opinions... puisse apprendre tout au long de sa vie. C'est un des principes de l'éducation populaire proposée par les anarchistes avec les méthodes d'éducation alternatives (type Freinet ou autre) appliquées dans certaines écoles (l'école libertaire de Bonaventure à Oléron par exemple). Une société, donc, ou la Culture, les Arts et les Sciences sont accessibles à tous gratuitement, sous de multiples formes, sur tous les supports possibles pour faire progresser le niveau intellectuel moyen en encourageant la création, la connaissance, la compréhension, la logique dans une "école perpétuelle".

Il faut diversifier les méthodes d'apprentissages, le fond et la forme des cours. L'expérience doit accompagner la théorie et celle-ci ne doit pas être dispensée en vrac: L'éducation dans les écoles actuelles du premier cycle s'apparente plus à un bourrage de crâne de données diverses présentées sans lien apparent ou à un apprentissage d'outils et de méthodes isolées dont on ne nous explique pas l'utilité concrète.

Au lieu d'une ouverture d'esprit et de l'envie d'apprendre de connaître et de comprendre, c'est l'ennui et le dégoût que provoque souvent ce système éducatif. C'est l'échange de connaissances et de points de vue entre individus, le débat, l'enrichissement au contact des autres et l'émulation qui doivent être encouragés, et non la compétition, or, on nous apprend dès notre plus jeune âge à considérer l'autre comme un ennemi. Les élèves en difficulté doivent être particulièrement soutenus et aidés, et non exclus. Il est prouvé que l'intelligence dépend beaucoup moins de l'hérédité que de l'environnement dans lequel s'est développé l'individu, et même en cas de faiblesse mentale, le phénomène n'est pas irréversible. En effet une étude portant sur des personnes en difficulté montre qu'un changement de milieu socio-éducatif, apporte un gain, en moyenne, de 19 points de QI.
Il est évident que l'influence du patrimoine génétique d'un individu est, sinon nulle (les spécialistes en débattent encore) au moins négligeable, comparée à celle de l'environnement social, familial, amical, professionnel, éducatif, géographique, culturel, médiatique... Ce que certains considéreront parfois comme des traits de caractères héréditaires ne seront que des acquis marqués par l'empreinte de l'influence parentale. D'ailleurs selon les généticiens, les hommes sont identiques à 99.95%.
L'intelligence est une notion très complexe à définir. Il y a plusieurs formes d'intelligences, certains en trouvent 7, par exemple, on peut distinguer l'intelligence logique, pratique, émotionnelle, conceptuelle, spatiale, l'intelligence de soi et celle des autres... Je pense qu'on dispose de tout un dégradé, d'une infinité d'intelligences mais que les niveaux de toutes ces formes d'intelligences sont variables selon les personnes et même pour un individu (selon l'entraînement, la fatigue, les facteurs extérieurs...), il est probable qu'un manque dans telle ou telle aptitude peut déclencher une compensation dans un autre domaine comme dans le cas de la perte d'un sens: L'aveugle aura un toucher et une ouie plus sensibles. De même, un autiste pour qui l'aptitude à communiquer sera bloquée, pourra développer d'autres fonctions de son cerveau telle que la mémoire.
L'intelligence, tout comme la mémoire ne s'use que si l'on ne s'en sert pas. On peut développer toute forme d'intelligence par l'exercice, de même qu'on accroît ses capacités physiques par l'entraînement. C'est pourquoi il est possible de combler ses "lacunes mentales". La détection de ces lacunes est impossible à un individu isolé car il ne peut avoir conscience de ce qu'il n'a pas, alors que la confrontation avec autrui lui apportera une autre conception du possible, des potentiels humains. Nous avons tous ces lacunes, il n'y a que par la diversité des fréquentations qu'on peut les combler. Les différences culturelles, raciales... entre les individus doivent être considérées comme une force, comme une richesse potentielle.

A propos d'intelligence, voici ce qu'Albert Einstein disait du système capitaliste:

                       "Le capital privé tend à se concentrer dans quelques mains... Le
                       résultat de ces développements est une oligarchie du capital
                       privé dont la puissance colossale ne peut être réellement
                       contrôlée même par une société politiquement organisée de
                       façon démocratique. Ceci est vrai puisque les membres des
                       organisations législatives sont choisis par des partis politiques,
                       financés en grande partie, ou, en tout cas, influencés par des
                       capitalistes privés qui, pour des raisons d'ordre pratique,
                       séparent l'électorat de la législature."

                      "Ceci a pour conséquence que les représentants de la population
                       ne protègent pas suffisamment efficacement les intérêts des
                       parties sous privilégiées de celle-ci. De plus, dans certaines
                       conditions, les capitalistes privés contrôlent inévitablement,
                       directement ou indirectement, les sources principales
                       d'information (presse, radio, enseignement). Il est donc
                       extrêmement difficile, et, en réalité dans la plupart des cas tout à
                       fait impossible, pour un individu de parvenir à des conclusions
                       objectives et d'utiliser intelligemment ses droits politiques."

                       Remarquons également que "la situation prédominante dans une
                       économie basée sur la propriété privée du capital se caractérise
                       par des principes incluant de façon primordiale, le fait que la
                       production est poursuivie dans un but de profit, et non dans un
                       but lié à l'utilisation de celle-ci."

  Stanislas kazal prône l'abolilition des barrières genérationelles.........

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30 avril 2005

GAUCHISME

   

GAUCHISME

Le terme de gauchisme appartient, au sens strict, au vocabulaire marxiste puisqu’il a été popularisé par Lénine dans une brochure publiée en 1920 et intitulée Le Gauchisme, la maladie infantile du communisme . Depuis lors, le mot a souvent été utilisé, en particulier par les communistes, pour discréditer les tendances les plus extrémistes du mouvement ouvrier. Il a surtout été appliqué aux militants qui se sont inquiétés de l’option faite par les partis communistes en faveur de l’action légale.

Toutefois, la vogue du terme date des années 1965-1968, lorsque les États-Unis puis l’Europe occidentale furent tour à tour touchés par des mouvements de contestation nés en milieu universitaire et qui ont mobilisé rapidement de larges secteurs de la jeunesse.

La complexité du phénomène, le fait que les marxistes «orthodoxes» appelaient déjà «gauchiste» cette nouvelle génération de révolutionnaires ont amené les médias à reprendre le mot en élargissant considérablement sa signification. Gauchisme est devenu synonyme de contestation et on qualifia indifféremment de gauchistes des militants révolutionnaires appartenant à des familles politiques pourtant très précisément typées. On classe sous cette étiquette des mouvements qui remettent en cause les sociétés actuelles, leur organisation comme leur fonctionnement, les relations entre les sexes comme les modes de production et la protection de l’environnement.

Au-delà du socialisme scientifique

L’origine

Lorsque Lénine publie Le Gauchisme, la maladie infantile du communisme , c’est pour combattre une tendance qui se manifeste au sein de la IIIe Internationale et qui est particulièrement sensible dans les sections de Grande-Bretagne et d’Allemagne. À la veille du IIe congrès de l’Internationale communiste, exaltés par le succès de la révolution bolchevique en Russie, un certain nombre de communistes se montrent partisans de l’usage des seuls moyens illégaux et critiquent la notion de parti car ils pensent que le peuple peut conduire, de sa propre initiative, une révolution à la victoire. Ces «puristes» se déclarent favorables à l’action révolutionnaire immédiate. Au sens strict du terme, le gauchisme appartient donc au langage politique marxiste et désigne les révolutionnaires trop pressés.

Les précurseurs

Les idées de ces derniers sont à rattacher à la tradition du socialisme utopique que les marxistes ont toujours cherché à discréditer en lui opposant leur méthode d’analyse qu’ils jugent scientifique.

Sans rejeter l’apport de Marx et d’Engels, les gauchistes s’efforcent de réhabiliter un autre courant du mouvement ouvrier: la tradition libertaire illustrée par Proudhon, Bakounine et Kropotkine. Pendant des années en effet, en particulier durant toute la période du stalinisme, la multiplicité des voies de passage au socialisme n’était pas admise et les recherches dans ce domaine étaient bloquées par l’absence même de débat. Il a fallu qu’intervienne, dans un premier temps, la critique de l’expérience soviétique pour que petit à petit se développe une nouvelle analyse révolutionnaire.

En ce sens, des philosophes comme Karl Korsch et György Lukács ouvrent la route. Dans un remarquable essai sur Les Origines du gauchisme , Richard Gombin note à ce propos: «En séparant l’être et la conscience, non seulement Lénine nie tout rapport dialectique entre la théorie et la praxis, mais, en outre, il fait du matériel, de l’être un absolu, une catégorie idéelle. On le voit, la querelle philosophique débouchait sur l’appréciation du mouvement révolutionnaire en tant qu’agent autonome ou non de la dialectique de l’histoire, et c’est toute la primauté du parti qui est visée puisque c’est le prolétariat en tant que classe qui saisit et dépasse les réalités historiques et d’abord sa propre aliénation.»

La critique du régime soviétique, présenté comme donnant naissance à une «bureaucratie», a amené toute une partie de la gauche à remettre en cause non seulement la politique de construction du socialisme appliquée en U.R.S.S., mais également la méthode bolchevique elle-même, c’est-à-dire la stratégie léniniste de passage au socialisme.

Gauchisme et extrême gauche

Cette interrogation sur le léninisme détermine d’ailleurs le clivage le plus important au sein de ce qui constitue la nouvelle extrême gauche révolutionnaire et qui se voit généralement qualifiée de gauchiste.

On doit en effet distinguer l’extrême gauche qui se situe dans la tradition marxiste et prend totalement en compte la révolution de 1917, du gauchisme ou «ultra-gauche». Cette extrême gauche est composée de communistes extrémistes qui se rattachent soit au trotskisme, soit au maoïsme. Si, lors de leurs actions, ils se trouvent généralement au coude à coude avec les gauchistes, si nombre de leurs thèmes de mobilisation recoupent ceux de l’ultra-gauche, leurs bases politiques en général et leurs analyses stratégiques en particulier restent très différenciées.

Le spontanéisme

Les gauchistes, pour leur part, en remettant en cause le schéma léniniste, ont été amenés à redécouvrir les débats du début du siècle sur le rôle du parti et sur l’organisation du mouvement révolutionnaire.

C’est la figure de Rosa Luxemburg qui émerge le plus nettement dans cette recherche des précurseurs. De nombreux militants ont été sensibles à son analyse selon laquelle le mouvement révolutionnaire trouve dans la lutte ses propres formes d’organisation. La révolution, dans cette optique, est largement spontanée: il n’est plus question de déclencher le conflit décisif à un moment déterminé par l’état-major du parti révolutionnaire.

Cette théorie spontanéiste débouche naturellement sur la critique des organisations ouvrières traditionnelles et emprunte de nombreux éléments à l’anarchisme et à la théorie du communisme des conseils ouvriers élaborée en particulier par le Hollandais Anton Pannekoek.

Changer la vie

À ce premier héritage il convient également d’adjoindre la critique de la vie quotidienne qui est devenue l’une des sources principales de l’activité gauchiste. Ici, les nouveaux révolutionnaires se montrent notamment les continuateurs du philosophe français Henri Lefebvre. Il s’agit pour eux de dépasser les notions purement économistes de la division de la société en classes. Leur prolétariat ne correspond plus à la notion marxiste traditionnelle mais se confond avec la notion d’aliénation. Or cette aliénation ne découle pas seulement de l’organisation capitaliste du travail, mais se retrouve dans toutes les structures de la société, l’école par exemple, et dans toutes les dimensions de la vie, la sexualité en particulier.

En outre, les formes de la production contemporaine et de la consommation sont remises en cause au nom de l’écologie. Si les fondements de cette science des relations entre les êtres vivants remontent au XIXe siècle, l’expression politique de ce courant d’idées n’a émergé que durant les décennies soixante et soixante-dix, parallèlement au développement du gauchisme.

Une révolte antiautoritaire

Les positions théoriques vécues par les militants sont plus schématiques. Pour les partis de gauche traditionnels, socialistes et communistes, l’homme est asservi par le système économique qui fait de lui un producteur salarié travaillant pour le plus grand profit des possesseurs de capitaux. En renversant ce système économique, on doit donc libérer l’individu. Les gauchistes, constatant la situation des citoyens dans les sociétés où le capitalisme a été renversé, ont poussé plus loin le raisonnement. Tout en admettant la réalité de cet asservissement d’origine économique et en souhaitant y mettre un terme, ils expliquent que l’individu est victime de bien d’autres contraintes dans sa vie quotidienne. La famille, par exemple, se fait oppressive dans la mesure où elle est construite sur un schéma hiérarchique classique. L’autorité vient d’en haut et ne peut être discutée. Déjà habitué à obéir dans le cadre familial, l’enfant continue d’être formé dans la même optique par l’école. Quand il devient un producteur, dans son usine ou dans son bureau, les réflexes acquis continuent à jouer et il subit toujours une autorité imposée. Sur le plan moral, il en va de même. Entre une double barrière d’interdictions de toute nature, l’individu ne se voit offrir comme seule perspective que la possibilité de se marier pour faire quelques enfants. Mais comme tout est prévu, il pourra néanmoins, en sacrifiant le fruit d’un certain nombre d’heures de salaire, s’offrir l’illusion de la liberté – y compris de la liberté sexuelle – au cinéma ou devant son écran de télévision. Au terme de cette analyse, le gauchisme s’en prend donc à tous les éléments de la vie et de la société, et pas uniquement à l’organisation du travail et de l’économie.

La constante de ce combat est la lutte antiautoritaire. Nombreux sont d’ailleurs les gauchistes qui ne manquent pas de rappeler que les partis, dans leur forme courante, reproduisent en leur sein le schéma hiérarchique fondé sur la notion d’autorité.

Le refus de la productivité

Cette contestation porte également sur le caractère productiviste des sociétés industrielles, qu’elles soient de type capitaliste ou de type socialiste. Une réévaluation de la notion de travail est donc proposée, la finalité même de la production industrielle étant remise en cause. Cette attitude se manifeste notamment à travers le courant écologiste dont des pans entiers sont assimilables au phénomène gauchiste. À plusieurs reprises, des convergences sont apparues entre des groupes de l’ultra-gauche prônant parfois la violence et des mouvements d’écologistes dont la philosophie est généralement proche de la non-violence.

Tel a été, en particulier, le cas, lors de manifestations contre le développement des centrales nucléaires.

À cette occasion, en effet, ont convergé le courant écologiste et celui des «autonomes». La violence de ces derniers – qui entendaient répondre à la violence de l’État – n’a pas été comprise par les défenseurs, volontiers légalistes, du «pouvoir vert».

La spécialisation

Comme il est difficile d’offrir des réponses à tous les sujets ainsi soulevés, les gauchistes ont eu tendance à se spécialiser. Certains se sont penchés plutôt sur la vie de l’individu, d’autres sur l’organisation de la société.

Cette situation explique que souvent le phénomène de l’underground  soit assimilé à celui, à l’origine strictement politique, du gauchisme. Le mouvement de révolte devant la société a amené des ouvriers à quitter leur usine, des lycéens et des étudiants à rejoindre ceux qui vivaient en marge et tentaient de construire une contre-société. Cette «société souterraine» (underground), qui s’est développée de manière importante aux États-Unis, en Scandinavie et en Allemagne fédérale, a possédé sa presse, son cinéma, sa musique, ses zones réservées, ses organismes d’entraide.

Les courants gauchistes

L’underground européen

La théorie gauchiste, ou plus exactement l’ébauche de théorie, se limite dans la pratique à une revendication d’autogestion. Ou bien cette mise en place de l’autogestion est recherchée sur le plan de la société tout entière, ce qui est le cas des groupes gauchistes politiques (avec toujours la divergence de stratégie entre l’extrême gauche léniniste et l’ultra-gauche), ou bien on tente de la faire vivre dès maintenant à travers des expériences limitées comme les communes ou les communautés.

L’itinéraire des groupes politiques est directement lié au contexte national de chaque pays. L’underground européen s’insère pour sa part dans un mouvement plus large. Le phénomène hippy, qui a connu son âge d’or aux États-Unis en 1966-1967, a touché en Europe les pays dont le type de civilisation est le plus proche du modèle américain. Le phénomène des communautés s’est répandu dans les pays scandinaves sous le nom de familles, puis, de là, il a peu à peu conquis la jeunesse anglo-saxonne, laissant l’Europe latine à l’écart. Les groupes gauchistes français et italiens se sont toujours montrés plus politisés et plus enclins aux débats idéologiques.

Happening et situationnisme

En France, les thèmes ont d’abord été véhiculés par quelques rares personnalités du monde intellectuel parisien, comme Jean-Jacques Lebel, organisateur de happenings, et le groupe Mandala qui se référait à l’Inde et au psychédélisme. Cette mode apparaissait alors beaucoup plus comme un sous-produit du surréalisme que comme le signe annonciateur du débarquement en Europe de la culture hippie.

La transition entre l’extrémisme politique et ces recherches a plutôt été assurée par un groupe comme l’Internationale situationniste qui traitait dans sa revue les problèmes formant le fonds idéologique de l’underground. En mai 1968, l’extrême gauche française n’était pas encore à même de comprendre ce langage qui, en Allemagne, commençait juste à toucher des couches plus larges du mouvement étudiant. «La révolution, expliquait l’Internationale situationniste, cesse dès l’instant où il faut se sacrifier pour elle. Ceux qui parlent de révolution et de lutte de classes sans se référer explicitement à la vie quotidienne, sans comprendre ce qu’il y a de subversif dans l’amour et de positif dans le refus des contraintes, ceux-là ont dans la bouche un cadavre.» Ce cadavre, pour les adeptes de l’Internationale situationniste, est celui du marxisme.

La contestation

À la diversité du gauchisme quant à ses origines et à ses axes stratégiques s’oppose l’unité de sa méthode d’action: la contestation. Il s’agit fondamentalement d’une technique révolutionnaire dont le but est de révéler aux gens toutes les entraves que la société met à leur épanouissement personnel, qu’il s’agisse de la morale, de l’éducation ou, d’une façon plus générale, de l’univers gris et triste des sociétés techniciennes: d’où, par exemple, la réhabilitation de la fête.

La contestation peut toutefois prendre des formes diverses et les techniques révolutionnaires varient considérablement selon les courants. Aux révolutionnaires clandestins, militairement organisés, du Front de libération du Québec, des Tupamaros d’Uruguay ou de l’Armée rouge japonaise s’opposaient des propagandistes plus pacifiques en Europe occidentale où les thèses du théoricien brésilien de la guérilla urbaine, Carlos Marighela, n’ont pas été mises en application.

Les autonomes

Encore convient-il de relever l’apparition des «autonomes». Fonctionnant tantôt sous forme d’assemblées générales dans des locaux universitaires, tantôt par le biais de commandos plus ou moins violents, ils se veulent un mouvement à la fois spontanéiste et informel. Intellectuellement ce courant puise ses bases dans le phénomène allemand de la bande à Baader et dans l’exemple italien des Brigades rouges. Il a trouvé une tribune en septembre 1977 à Bologne lors d’un «colloque sur la répression». En Allemagne fédérale, les autonomes ont notamment organisé, en janvier 1978 à Berlin-Ouest, le rassemblement «Tunix» (Tue nichts : ne fais rien). En France, le phénomène est, là encore, demeuré d’une ampleur limitée, se bornant à des heurts avec les forces de l’ordre en marge de manifestations politiques et syndicales ou à quelques opérations de vandalisme. Les autonomes se sont exprimés à travers quelques revues comme Camarades  (autodissoute en 1978), Marge  ou Matin d’un blues . Ce courant autonome a servi de refuge à de jeunes marginaux. Il attira aussi des adeptes de groupes de défense de prisonniers, de groupes féministes ou homosexuels. Ce recrutement très typé n’a pas tardé à submerger les éléments de l’extrême gauche marxiste présents à l’origine.

L’idéologie véhiculée par le courant autonome est fondée sur le refus de toutes les structures d’encadrement de quelque nature qu’elles soient. Elle n’est pas sans évoquer les thèses libertaires, voire un certain nihilisme. Cette position conduit au refus du salariat comme du militantisme. Indépendamment du recours à la violence, présentée comme une forme d’autodéfense mais aussi comme un témoignage, les autonomes usent volontiers de la dérision (valorisation de l’absentéisme par exemple). Ils accordent enfin une grande importance à la notion de désir. Parmi les actions auxquelles ils se sont trouvés associés, on peut relever le développement des mouvements de squatters et des radios pirates.

Les écologistes

Le seul courant héritier, au moins en partie, du gauchisme qui ait su se développer de manière significative dans les opinions occidentales demeure l’écologie. Relayés par un consumérisme qui s’est également développé à partir de la fin des années soixante, les écologistes ont recruté au sein de l’ultra-gauche. En France, par exemple, Pierre Fournier dans Hara-Kiri hebdo , puis en lançant La Gueule ouverte , développe un discours catastrophiste, une prophétie de fin du monde tout en tenant la chronique de la vie communautaire. Rassemblés par le refus de l’énergie nucléaire et une non-violence conduisant à des formes d’antimilitarisme, gauchisme et écologie ont mêlé leurs thèmes et leurs troupes aussi bien dans la contestation du surgénérateur Superphénix à Malville (juill. 1977) que face à la confiscation des terres des paysans du Larzac au profit d’un terrain militaire (août 1973). La prééminence des écologistes se traduit, vingt ans plus tard, par l’affirmation d’une réalité électorale que l’extrême gauche n’est jamais parvenue à asseoir. C’est ainsi que, en 1991, Pierre Juquin, ancien membre du bureau politique du Parti communiste français, après avoir échoué dans son projet de rassemblement du gauchisme et des écologistes, a dû solliciter le droit d’adhérer chez les Verts.

Répression et récupération

Face à l’extension de la contestation gauchiste dans les pays occidentaux développés, un double phénomène de répression et de récupération s’est engagé. D’une part, les divers gouvernements se sont efforcés d’adapter leurs systèmes de sécurité et leur législation aux formes nouvelles d’activité politique et parfois de délinquance qui apparaissaient. D’autre part, un certain nombre de thèmes mis en avant par les gauchistes – environnement, situation des travailleurs immigrés, transports, etc. – ont été repris en compte par les forces politiques traditionnelles.


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20 juin 2005

Petit historique de l'anarchisme

   

Petit historique de l'anarchisme


L'anarchisme ne s'est vraiment constitué en mouvement politique qu'au XIXème siècle.
Certains auteurs, comme Jean Préposiet, considèrent que les philosophes cyniques de l'Antiquité ont pensé et vécu en libertaires. Durant le Moyen-Age, le politique et le sacré étaient très liés. Il est donc difficile de reconnaître le caractère anarchiste de certaines hérésies, qui ont pourtant provoqué de grandes aspirations à plus de justice. Elles ont amené de très fortes contestations et oppositions à l'ordre établi. A la Renaissance, divers mouvements apparurent structurant d'avantage leur contestation et séparant la politique du sacré, avec l'appui des philosophes. Enfin, des précurseurs, comme le curé Meslier apparurent à la fin du XVIIème siècle.
Les grands théoriciens de l'Anarchisme vécurent au XIXème et s'investirent dans les mythes de cette époque. C'est ainsi que Bakounine, Proudhon, Reclu, Kropotkine, participèrent aux diverses révolutions qui jalonnèrent ce siècle . C'est en 1864 que les ouvriers européens décident de se fédérer au sein de l'AIT, 1ère Internationale, qui est fondée à Londres le 28 septembre . Dès 1869, les ennuis commencent car Marx et ses fidèles veulent imposer leur vue autoritaire de l'action ouvrière. En 1872, au 5ème congrès de l'AIT à La Haye, c'est la scission et les anarchistes sont exclus de l'Internationale, alors qu'ils représentaient la majeure partie des travailleurs, mais Marx avait bien manœuvré...
Le 15 septembre 1872, les exclus de l'AIT se réunirent à Saint Imier, et déclarèrent :
" -Que la destruction de tout pouvoir politique est le premier devoir du prolétariat.
-Que toute organisation d'un pouvoir politique soit-disant provisoire et révolutionnaire, pour amener cette destruction, ne peut être qu'une tromperie de plus et serait aussi dangereuse pour le prolétariat que tous les gouvernements existants aujourd'hui. "
En 1871, la Commune de Paris a été écrasé dans le sang. Les lois " scélérates " sont promulguées et la propagande par le fait provoque quelques feux d'artifice dans les marmites . De cette époque, il reste des idées préconçues sur les anarchistes... En effet, vers 1900, les choses changent et les anarchistes comprennent qu'il leurs agir différemment. Ils investissent les syndicats et permettent à ces derniers de retrouver leur vigueur en prônant l'action directe, c'est à dire l'action de travailleurs eux-mêmes pour la réalisation de leurs revendications : journée de 8 heures, salaire décent, etc. C'est ainsi que la CGT, à sa fondation, adopte des principes anarchistes d'organisation... Il semblerait que cela ait changé . Des tentatives pacifistes menées par des anarchistes essayent d'éviter la boucherie de 14-18 .
En 1917, la révolution russe a été au début menée par les anarchistes, on l'oublie souvent. Mais les Bolcheviques ont pris le contrôle (merci Lénine) et ont écrasé tout ce qui était anarchiste.
Ainsi, en 1921, le soviet de Cronstadt, lieu où l'organisation anarchiste avait fait ses preuves dès le début de la Révolution, fut massacré par Trotsky, merci Léon.
Makhno, en Ukraine, a, dans les mêmes années, fédéré un mouvement de paysans, qui pratiquait l'autogestion et l'anarchisme au quotidien. Liquidé par l'Armée Rouge.
Puis en 1936, ce fut la guerre d'Espagne. " Pendant 3 ans, l'Espagne a vu se réaliser sur son sol le communisme libertaire. Le conflit militaire entre les armées loyalistes et les rebelles nationaux, s'est doublé, à l'intérieur du camp républicain, d'une révolution sociale du type anarchiste. "
Faire la guerre et la révolution, une vraie révolution spontanée et populaire, cela en inquiétait plus d'un. Ainsi, les communistes espagnols, à l'aide de leurs copains staliniens, ont commencé à flinguer les libertaires et à redonner des terres aux grands propriétaires franquistes. Les camps de concentration ont fini d'achever les quelques survivants de la guerre d'Espagne.
Depuis, les anarchistes ont continué à mener des luttes, en Hongrie en 1956, contre la guerre d'Algérie, pour l'objection de conscience avec Louis Lecoin, et en 1968.

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12 août 2005

Le catéchisme du révolutionnaire

   

Heureusement pour nous et pour toi que la révolution ne s'accomplit pas uniquemement de cette manière...mais attention société garde toi bien que  trop d'injustices et de désespoir fassent de nous des hommes comme Netchaïev!
Stanislas Kazal


Qui a dit que les révolutionnaires étaient tous des idéalistes romantiques!

Le catéchisme du révolutionnaire


Serge Netchaïev
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ATTITUDE DU RÉVOLUTIONNAIRE ENVERS LUI-MÊME

1. Le révolutionnaire est un homme condamné d'avance : il n'a ni intérêts personnels, ni affaires, ni sentiments ni attachements, ni propriété, ni même de nom. Tout en lui est absorbé par un seul intérêt, une seule pensée, une seule passion — la Révolution.

2. Au fond de lui-même, non seulement en paroles mais en pratique, il a rompu tout lien avec l'ordre public et avec le monde civilisé, avec toute loi, toute convention et condition acceptée, ainsi qu'avec toute moralité. En ce qui concerne ce monde civilisé, il en est un ennemi implacable, et s'il continue à y vivre, ce n'est qu'afin de le détruire plus complètement.

3. Le révolutionnaire méprise tout doctrinarisme, il a renoncé à la science pacifique qu'il abandonne aux générations futures. Il ne connaît qu'une science — celle de la destruction. C'est dans ce but et dans ce but seulement qu'il étudie la mécanique, la physique, peut-être la médecine, c'est dans ce but qu'il étudie jour et nuit la science vivante des hommes, des caractères, des situations, et de toutes les modalités de l'ordre social tel qu'il existe dans les différentes classes de l'humanité. Quant à son but, il n'en a qu'un : la destruction la plus rapide et la plus sûre de cet ordre abject.

4. Il méprise l'opinion publique. Il méprise et hait dans tous ses motifs et toutes ses manifestations la moralité sociale actuelle. A ses yeux il n'y a de moral que ce qui contribue au triomphe de la Révolution ; tout ce qui l'empêche est immoral.
5. Le révolutionnaire est un homme condamné d'avance. Implacable envers l'État et envers tout ce qui représente la société, il ne doit s'attendre à aucune pitié de la part de cette société. Entre elle et lui c'est la guerre incessante sans réconciliation possible, une guerre ouverte ou secrète, mais à mort. Il doit chaque jour être prêt à mourir. Il doit s'habituer à supporter les tortures.

6. Sévère envers lui-même, il doit l'être envers les autres. Tout sentiment tendre et amollissant de parenté, d'amitié, d'amour, de gratitude et même d'honneur doit être étouffé en lui par l'unique et froide passion révolutionnaire. Il n'existe pour lui qu'une seule volupté, une seule consolation, récompense ou satisfaction — le succès de la Révolution. Jour et nuit, il ne doit avoir qu'une pensée, qu'un but — la destruction la plus implacable. Travaillant froidement et sans répit à ce but, il doit être prêt à périr lui-même, et à faire périr de sa main tout ce qui empêche cet accomplissement.

7. Le caractère du véritable révolutionnaire exclut tout romantisme, toute sensibilité, tout enthousiasme ou élan. Il exclut même la haine et la vengeance personnelles. La passion révolutionnaire étant devenue sa seconde nature, doit s'appuyer sur le calcul le plus froid. Partout et toujours, il doit incarner non pas ce à quoi le poussent ses entraînements personnels, mais ce que lui prescrit l'intérêt de la révolution.

ATTITUDE DU RÉVOLUTIONNAIRE ENVERS SES CAMARADES

8. Le révolutionnaire ne peut chérir et traiter en ami que celui qui a réellement fait preuve d'une activité révolutionnaire égale à la sienne. La mesure de l'amitié, du dévouement et autres devoirs envers un camarade, est déterminée exclusivement par le degré d'utilité de celui-ci au point de vue des effets pratiques de la révolution destructrice.

9. Nous n'avons pas à insister sur la solidarité des révolutionnaires entre eux. C'est en cette solidarité que réside toute la force de l'action révolutionnaire. Les camarades révolutionnaires qui possèdent au même degré la passion révolutionnaire, doivent autant que possible discuter en commun et résoudre à l'unanimité toutes les affaires importantes. Mais en ce qui concerne l'exécution du plan conçu, chacun doit travailler seul à la réalisation de l'action destructrice, et n'avoir recours aux conseils et à l'aide de ses camarades qu' au cas où cela serait indispensable pour le succès de l'entreprise.

10. Chaque camarade doit avoir sous la main plusieurs révolutionnaires de seconde et de troisième catégorie, c'est-à-dire à moitié initiés. Il doit les considérer comme faisant partie du capital révolutionnaire mis à sa disposition. Il dépensera avec économie la partie du capital qui lui est échue, cherchant toujours à en tirer le plus grand profit. Il doit être dépensé pour le triomphe de la cause révolutionnaire, un capital dont il ne pourra disposer sans le consentement de toute la confrérie des initiés.
11. Lorsqu'un malheur arrive à quelque camarade, et que le révolutionnaire doit décider s'il faut, oui ou non, lui porter secours, il ne devra tenir compte des sentiments personnels, mais uniquement de l'intérêt de la cause révolutionnaire. Aussi devra-t-il peser d'une part l'utilité que présente le camarade en question, d'autre part la dépense des forces révolutionnaires nécessaires pour le sauver; il prendra sa décision en conséquence.

ATTITUDE DU RÉVOLUTIONNAIRE ENVERS LA SOCIÉTÉ

12. L'admission d'un nouveau membre, dont le zèle ne se serait manifesté qu'en paroles et non en action, ne peut être votée qu'à l'unanimité.

13. Le révolutionnaire ne pénètre dans les sphères de l'État, des castes et de la société dite civilisée, et n'y vit, que dans le but de leur destruction aussi totale que rapide. Il n'est pas un vrai révolutionnaire s'il regrette quelque chose dans ce monde, si la situation et les relations d'un homme appartenant à ce monde (où tout doit lui être également haïssable) le font hésiter. Tant pis pour lui s'il a gardé dans ces sphères des relations de parenté, d'amitié ou d'amour; il n'est pas un vrai révolutionnaire si elles peuvent faire hésiter sa main.

14. Dans le but d'une destruction implacable, le révolutionnaire peut et doit vivre au sein de la société et chercher à paraître tout différent de ce qu'il est en réalité. Le révolutionnaire devra pénétrer partout, dans toutes les classes moyennes ou supérieures — dans la boutique du commerçant, dans l'église, dans l'hôtel du noble, dans le monde bureaucratique, militaire, ainsi que dans celui des lettres, dans le IIIème Bureau et même au Palais d'Hiver.

15. Toute cette société abjecte doit, être divisée en plusieurs catégories : première catégorie : elle est condamnée à mort sans délai. Qu'on établisse une liste de ces personnes selon le degré auquel elles peuvent être nuisibles au succès de la cause révolutionnaire, afin que ceux qui portent les premiers numéros périssent avant les autres.

16. En établissant l'ordre de cette liste, il ne faudra pas s'inspirer des méfaits personnels de tel ou tel individu, ni même de la haine que ces méfaits ont provoquée chez le peuple. Provisoirement, ces méfaits et cette haine peuvent même être utiles, car ils aident à éveiller la révolte populaire. Il faudra donc s'inspirer du degré d'utilité qui pourra résulter de la mort de cet individu, pour la cause révolutionnaire. Aussi, faudra-t-il supprimer en premier lieu les hommes tout particulièrement nuisibles à l'organisation révolutionnaire, ainsi que ceux dont la mort violente et subite pourra inspirer le plus de terreur au gouvernement. En privant celui-ci d'hommes fermes et intelligents on arrivera à ébranler son pouvoir.

17. La seconde catégorie devra précisément comprendre les hommes auxquels on confère la vie provisoirement, afin qu'ils provoquent la révolte inéluctable du peuple par une série d'actes féroces.

18. La troisième catégorie comprend un nombre considérable de brutes haut placées et de personnalités qui, grâce à leur situation, bénéficient de la richesse, des relations puissantes, de l'influence et du pouvoir. Il faut les exploiter de toutes les manières, leur faire perdre pied, les rendre bredouilles, et en faire ses esclaves en mettant la main sur leurs vils secrets. Leur influence, leurs relations, leur pouvoir, leurs richesses et leur force deviendront ainsi un trésor inépuisable et un puissant secours pour les organisations révolutionnaires.

19. La quatrième catégorie comprend les hommes d'État ambitieux et les libéraux de toute nuance. Il est permis de conspirer en leur compagnie et selon leur programme, en faisant semblant de leur obéir aveuglément, tandis qu'en réalité on les asservit, on s'empare de leurs secrets, on les compromet définitivement, afin de leur couper la retraite et jeter le trouble dans l'État par leur entremise.

20. La cinquième catégorie comprend les doctrinaires, les conspirateurs et les révolutionnaires, se livrant à des vaines palabres dans les cercles politiques et dans leurs écrits. Il faut sans cesse les pousser, les entraîner, les obligeant à faire des déclarations concrètes et dangereuses, dont le résultat sera la faillite définitive de la majorité et l'éducation révolutionnaire de quelques-uns.
21. La sixième catégorie, fort importante, comprend les femmes, qu'il faut diviser en trois sous-catégories : les unes légères, stupides et sans âme, dont on pourra user de même que de la troisième et de la quatrième catégorie des hommes; les autres — passionnées, dévouées, mais n'étant pas des nôtres, parce qu'elles n'ont pas encore élaboré une conception réelle, pratique et sans phrases de la cause révolutionnaire. Il faudra en tirer parti de même que des hommes de la cinquième catégorie. Enfin, les femmes qui sont entièrement des nôtres, c'est à dire pleinement initiées et ayant accepté l'ensemble de notre programme. Celles-ci sont nos camarades, et nous devons les envisager comme notre plus précieux trésor, car nous ne saurions nous en passer.

ATTITUDE DE LA CONFRÉRIE ENVERS LE PEUPLE


22. La Confrérie n'a pas d'autre but que l'entière libération et le bonheur du peuple - c'est-à-dire des travailleurs. Mais convaincue que cette libération et ce bonheur ne sont possibles qu'au moyen d'une révolution populaire qui balayerait tout sur son passage, la Confrérie contribuera de toutes ses forces et de toutes ses ressources au développement et à l'extension des souffrances qui épuiseront la patience du peuple et le pousseront à un soulèvement général.

23. La Confrérie n'entend pas sous «révolution populaire» un mouvement réglé selon les idées de l'Occident, et qui s'arrêterait respectueusement devant la propriété et les traditions de l'ordre social, et devant ce qu'on appelle la civilisation et la moralité. Ce genre de mouvement s'est borné jusqu'ici à renverser une forme politique, afin de la remplacer par une autre et de créer l'État dit révolutionnaire. Seule peut être salutaire au peuple une révolution qui détruira jusqu'aux racines de l'État, et supprimera toutes les traditions, les classes et l'ordre même existant en Russie.

24. Aussi, la Confrérie n'a nulle intention d'imposer au peuple une organisation venant d'en haut. La future organisation sera sans aucun doute élaborée par le mouvement et la vie populaire elle-même — mais c'est là l'affaire des générations futures. Notre oeuvre à nous est une destruction terrible, entière, générale et implacable.

25. Aussi, en cherchant un rapprochement avec le peuple, nous devons tout d'abord nous joindre aux éléments populaires qui, depuis la fondation de l'État moscovite, n'ont pas cessé de protester non seulement en paroles, mais en actes, contre tout ce qui est lié directement et indirectement au pouvoir : la noblesse, les fonctionnaires, les corporations, le commerçant exploiteur. Joignons-nous aux brigands hardis, qui sont les seuls véritables révolutionnaires de la Russie.

26. Fondre ces bandes en une force invincible qui détruira tout sur son passage - telle sera l'oeuvre de notre organisation, de notre conspiration, tel sera notre but.

Serge Netchaïev

De toute façon moi j'aime pas les catéchismes ça me rappelle nos curés thanatophiles!




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20 août 2005

L'anarchie est la formulation politique du désespoir

 



"L'anarchie est la formulation politique du désespoir"
                                                              ou "Introduction à l'anarchie"

Par Léo FERRE

L'anarchie est la formulation politique du désespoir. L'anarchie n'est pas un fait de solitaire; le désespoir non plus. Ce sont les autres qui nous informent sur notre destinée. Ce sont les autres qui nous font, qui nous détruisent. Avec les autres on est un autre. Alors, nous détruisons les autres, et, ce faisant, c'est nous-mêmes que nous détruisons. Cela a été dit; il importe que cela soit redit. Le Christ, le péché, le malheur, le riche, le pauvre... nous vivons embrigadés dans des idées-mots. Nous sommes des conceptuels, des abstraits, rien. Une morale de l'anarchie ne peut se concevoir que dans le refus. C'est en refusant que nous créons. C'est en refusant que nous nous mettons dans une situation d'attente, et le taux d'agressivité que recèle notre prise de position, notre négativité est la mesure même de l'agressivité inverse : tout est fonction des pôles. Nous sommes de l'électricité consciente ou que nous croyons telle, cela devant nous suffire. Les postulats, les théorèmes, le quid éternel qui est notre condition d'homo curiosus, tout nous porte vers des solutions d'altérité à des problèmes que nous fabriquons. L'énoncé du problème est suspect par cela même qu'il s'exprime dans un langage conventionnel. Muller, au siècle dernier, s'inquiétait de savoir pourquoi le passé du verbe to love n'est le passé que dans le suffixe. Loved ... et le passé s'étale, dramatique.  Ce n'est rien d'entendre dire : love; c'est un présent qui nous satisfait ou nous informe, simplement. Il suffit que la désinence entre dans le jeu pour que tout change, en dehors même du problème linguistique. Ce d, ce loved suscite immédiatement le regret qui est de la révolte civilisée. Tout un potentiel d'irréversibilité s'inscrit dans cette lettre qui semble conventionnelle et qui n'est que le résultat d'une longue évolution phonétique tendant vers la simplicité, vers la clarté de la parole. La grammaire soumise, il reste cet outil, ce mot faisant du passé, fabriquant une conscience, des pensées, de la mélancolie, de l'histoire. Nous ne savons pas que les conventions, qu'elles soient linguistiques, morales, religieuses, économiques, nous enferment dans le "social" comme une toile invisible qui nous met en situation de faire quelque chose, de penser cette chose comme si de toute évidence elle était une création de notre volonté de faire et de penser, alors que nous sommes la mouche prise, réduite, par une araignée qui nous observe sans nous manger. L'homme est mangé par la société mais il se réinvente perpétuellement, par une sorte de connivence inconsciente qui fait de la victime l'élan vital de son bourreau. Sans crime, point de bourreau, pardi! Ce sont les juges qui fabriquent les délinquants. Comme le dit Sartre à propos de la trahison, la répression est un crime adventice, un crime au second degré qui ne saurait montrer son visage le premier, c'est pour cela que les sociétés sont répressives : elles tuent par délégation, en second lieu ou mieux, par ricochet. Elles tuent par la Morale, aussi tranchante, mais enfermée et garantie de par la procédure. La procédure est une façon mécano-graphique de tuer son prochain.
L'histoire de l'Humanité est une statistique de la contrainte. Je ne pense pas, dans nos modes habituels de penser, qu'il puisse y avoir une vie possible sans la contrainte. La Loi, quelle qu'elle soit - fût-elle la plus désintéressée - comprend toujours ce qui est en dehors d'elle, son contraire, l'anti-loi, ce qui est derrière la promulgation. Il y a dans la pensée du législateur des coins d'ombre où mûrissent les activités louches et nécessaires de la jurisprudence. Une loi contre la torture n'est pas une loi complète si elle ne prévoit pas la torture pour qui torture ...
"Pour un œil, deux yeux ... pour une dent, toute la gueule" disait Lénine, je crois, avec un sens troublant de la métaphysique de la vengeance et de ses intérêts composés ...
Ce qui saute aux yeux et à la gorge de l'homme c'est bien cette contrainte sans quoi la société ne pourrait subsister, et c'est bien de subsistance qu'il s'agit. Cette force contraignante qui me fait m'habiller aux mieux des canons de la mode contemporaine afin de ne point forcer le rire de ceux qui me regardent, en dit assez long sur l'accoutumance du citoyen à la règle du ça se fait, ça ne se fait pas. Ce qui me hante, c'est la contrainte et pourquoi je m'y donne. Montrez-moi donc un homme dans cet univers de matricule !
La destruction est un ordre inversé. C'est la négation du Bien social que j'analyse dans la grenade amorcée. Qu'est-ce que le Bien social sinon ce qu'aujourd'hui je définis comme étant le Mal, mon Mal, ce Mal qui me bâillonne, qui me soumet. Le gonds de la porte sautés, je rentre dans la Cité, des fleurs noires à la main, et on me lynche. J'entre avec mon Bien qui devient leur supplice, leur Mal par moi donné. Je suis devenu le diable. La contrainte est cette exonération de principe qui me justifie dans ma prudente obéissance, véritable image du civisme.
J'obéis, sans ordre. J'obéis, parce que membre de cette société je m'ordonne de me taire. Il y a chez tout domestique une heureuse disposition d'esprit qui le fait se plier sans casse jamais. Les images contraignantes me sont projetées jour après jour selon des normes acquises et tellement envahissantes d'admirables techniques que le poste de réception qui me transmet les mots d'ordre est réglé pour le son et pour la juste valeur des points, des lignes, par moi. J'ai cessé de penser par moi. Chez moi, je pense ON. Le JE est défiguré par une grammaire nouvelle qui me désapprend la solitude et le courage, celui qui me met à portée de voix de la vraie vie s'est émasculé. J'ai coupé les plombs à mon courage. Je suis noir. Dehors, si je le sortais indemne; il y a fort à parier qu'on me le rapporterait avec un catalogue de pénalités. Nul droit privé, nul droit public; ce sont des mots de doctrine. Il n'est qu'un droit : pénal. Rien ne va plus dans l'obligation que je me mets sur le dos en signant au bas du contrat, sans l'assortiment prévu de contraintes pécuniaires, si je ne m'oblige pas. Pourquoi n'assure-t-on pas la contrainte ? Parce que la peine ne peut se garantir. Elle est assumée de toute éternité. J'en suis l'artisan. Si je la révoque, elle se retourne et me gifle. À genoux, je rythme la cadence des coups qu'elle me porte, sous le charme, malgré tout, du délai et de la grâce.
Dans ce Bien, dans ce Mal, je me sens étranger. Je suis un forain de la Morale. Si le Bien est femelle, le Mal laboure. Un troisième sexe m'importe davantage et c'est peut-être cela, l'indifférence. L'indifférent s'est dépossédé de son droit. Il n'invoque plus rien. Il regarde, le cas échéant, il regarde le droit : signal d'alarme, rue barrée, conscience du fait social. Je crois en une relativité juridique dès que j'ai sabordé les postulats fondant la règle de droit. Nous sommes encore des romanistes. Le Code civil est un traité pratique de droit romain revu par une séquelle révolutionnaire.  Nous ne sommes guère loin du sacramentum in rem, de l'in jure cessio, et des formules du très ancien droit qui sanctionnait telle manigance juridique. On a simplement dénigrifié les actions de la loi pour en arriver à cette tartufferie jurisprudentielle qui saute de l'article 1382 à l'article 1384 et qui inclut de la responsabilité dans une arche de béton, s'il le faut. La responsabilité des choses a mis le risque dans la gueule du chien. Le maître mord par procuration, et c'est cela la civilisation du droit : donner une pensée à la matière inerte, mettre l'homme au ras de la chose, le dépersonnaliser au point de transformer ce qu'une morale antique nommait la faute en un risque latent. Le risque c'est de la faute antidatée.
De cette machinerie dont je suis le serf, de cette incessante ingérence de mes viscères, de mon sang, de mes nerfs, de cette prison définitive où l'on m'a mis - moi, mammifère bipède - je ne me libère que par des mots. Ma pensée, régie par mes humeurs, mon imagination qui se règle sur le déjà fait, le déjà vu, me sont une tromperie supplémentaire. Mon désespoir est un désespoir chimique. Je me meurs de mourir à chaque seconde. Je n'ai de salut que dans le refus, une tromperie de plus mais terriblement suractivante.
Je suis roi de ma douleur et c'est elle qui me soumet. Au fond, la douleur serait un plaisir, n'était la démangeaison qui me la met toujours en épigraphe. Sur le livre de notre vie, un mot plein, signifiant : "Souffre!"
Le chien qui crie, un homme qui gueule, rien ne les différencie. Je me sens particulièrement "chien" à mes heures de retrait du monde. D'ailleurs, je prends mes facultés de parole. Je ne me parle jamais. Je me chante. Je me mathématique. Je me nature. Je parlerai de cette grammaire qui nous a muselés depuis longtemps. Je ne puis supporter la faute d'orthographe. La règle, à ce point ancrée, est au-dessus de la règle. Elle est transcendée, dirait le philosophe ... Et la règle se surpassant devient "moi". La morale, d'où qu'elle émane, est bien près de cette autodictature. Ce ne sont pas les tyrans qui gouvernent. Le monde c'est de l'anarchie tempérée par des règlements de solitaires et quelques barèmes policiers.
La propriété ? C'est le mot qu'il faut changer. Je suis propriétaire de mon droit de revendiquer "cette" propriété, objet de ma convoitise et dont la sanction possessive ne s'en remet qu'à l'argent qu'il me faut pour en devenir le maître, à moins que je n'aie décidé de transgresser l'ordre établi et de m'emparer par la force ou par la ruse d'un bien que je considère, de toute éternité, comme devant m'appartenir. Et ce qui m'appartient, je peux le casser : c'est ça le droit de propriété, le droit de détruire ... ad libitum ! Le droit de propriété sur le Van Gogh que j'ai payé trois cent millions, ça n'est pas celui de le mettre à la banque en attendant les jours maigres, ça n'est pas non plus celui de le regarder tout seul, chez moi, en maugréant ou non sur les façons particulières que le peintre avait d'aller au bordel, le rasoir dans la poche et l'oreille aux aguets ... Non, mon véritable droit de propriété sur ce tableau est de pouvoir le brûler, dans ma cheminée, sur un bûcher d'indifférence, avec, dans l'œil et dans cette mémoire imaginée qui ne se trompe guère car les choses tournent en rond, les critiques d'art de l'époque qui n'ont rien vu du génie de Vincent. Or, moi, je vois et je suis devenu seul à "voir" dans cette pyromanie critique !
Je ne vois pas la pâtée de mon chien parce que je ne mange pas "chien". Ce n'est pas si sûr que ça, d'ailleurs. Dans le confort de mon salaire, de ma quinzaine, de ma paie, de mes émoluments, de mes honoraires (curieuse façon de multiplier le vocabulaire du fric ...), je ne regarde même pas le chien manger. C'est un monde qui m'indiffère. Moi, je suis un homme qui pense et qui mange du sauté de veau, du caviar frais ou du laitage, car le médecin me l'a recommandé. Mais ce système niveleur qui consisterait à me mettre à portée animale, à mesurer l'étendue, le territoire de la faim, de l'hydre jusqu'aux abonnés de la cantine communautaire, à souscrire au garde-manger des mouches tirées à quatre épingles sur la toile d'araignée en me disant : "C'est très bien, je "m'araigne", j'en ai encore pour quatre jours ...", cela, jamais, et pourtant ... Si je meurs de faim, je broute, je dure, je ne pense plus au manger "chien" ou "homme" mais il importe que je "tienne" parce que la société m'a identifié, elle m'a donné un nom, je suis le fils de quelqu'un. Ce n'est pas un droit, la filiation, c'est un état. Un chien qui vole reçoit un coup de pied. Si je vole un pain, on m'enferme. Mon travail donc me vaut de n'être pas aux fers. Il vaut mieux, des heures durant, planter des clous dans l'imbécile planning de la merde prolétarienne que de bayer aux corneilles et, le soir venu, tendre des filets aux "honnêtes" gens et puis aller faire des comptes au commissariat de police. Le contentieux correctionnel que j'évite me fait l'esclave de quelqu'un et, aujourd'hui, d'un être précis : la société anonyme. Je veux dire par là, non pas l'artifice juridique qui met le Capital dans une action cotée en Bourse, mais ces gueules multiples du trottoir et du métro, le Peuple, l'humus sur lequel pousse tous les quatre ou cinq ans ce qu'il est convenu d'appeler le suffrage universel ! Les gens que je ne vois n'existent pas. Si je ne suis pas un bandit c'est parce que le Peuple a voté pour qu'on invente le Procureur de la République.
Le peuple, c'est le fourrier de la tyrannie.
Une psychanalyse de la patrimonialité commencerait par nommer : le droit se parle. Mon patrimoine ne saurait vaincre jamais les prétentions de l'État à me soumettre à ses vues d'expropriation ou l'appréhension d'un voisin arguant d'une servitude de mitoyenneté si je ne produis pas la preuve cadastrale de mon bien. Qu'est-ce que le Mien sinon une convention achetée ? Mon chêne à moi, mon chêne est centenaire. Une vue plus saine m'indiquerait qu'il est à celui qui l'a planté, au chêne père de la libre nature, au paysage dont il est un point mouvant dans la tempête ou statique dans l'été bleu. Qu'il est à lui-même, enfin ! Mon rein est à moi ...
Cette parole qui m'enchaîne au droit patrimonial est une parole de circonstance, une parole admise, écrite au bas de l'acte notarié et transcrite sur le registre des hypothèques, autre certitude d 'authenticité. Le mot est lâché : "authentique". Je m'en remets au parchemin, à l'écriture serve de cette parole inventée par le jeu social.
Nous jouons à nous barricader dans les mots de possession : ma maison, ma femme, mon stylo, ton droit, son chien, Karl Marx n'a pas assez médité sur la conjugaison possessive, la seule à ne jamais craindre les fautes d'orthographe, la conjugaison du mien et du tien. Toute l'Économie Politique repose sur un geste : la main qui livre, la main qui prend. Les théories sont en marge et n'expliquent qu'une certaine psychologie dans la détente de la production.  Les macrodécisions ont des doigts d'acier. Le sien reste plus objectif : le sien est une parole d'attente. Le sien est un bien ignoré du bourgeois et en vitrine pour le gangster. En dehors des normes juridiques - et, singulièrement, des contraintes pénales - le sien perd de son objectivité : il peut devenir mien ou tien. C'est dans une telle perspective langagière qu'il convient d'étudier la psychologie du voleur. Le voleur, sorti du chemin légal, ne prend qu'un bien vacant, et qui est vacant à l'heure de la technique, au moment où l'attirail du fric-frac est mis en œuvre, au moment du "guet" - ce qui est un travail dur et précis, au même titre qu'un travail sur un objet manufacturé. Le voleur ne prend pas "ses" risques. Il assume sa condition de voleur : il a contre lui la loi et, pour lui, l'anti-loi c'est-à-dire sa loi propre.  Il est significatif que cette loi dite "du milieu" qu'un romantisme sommaire a reléguée dans la mythologie du film policier soit en réalité une façon marginale de dire le droit, aussi, ou plutôt de dire l'anti-droit. Dans le cas précis du "milieu", le code d'honneur est un code du silence. Celui qui parle, qui se met "à table" est passé de l'autre côté. La trahison lui a servi de support pour rentrer dans le rang. Et le rang, c'est une façon d'attendre les décorations ou le règlement de comptes. Au fond, la trahison est une morale du bien-être social, et le bourgeois trahit par omission.
Sans situation juridique il n'y a pas de droit. Sans mot pour le nommer il n'y a pas d'arbre. Nous faisons nos chaînes : par la règle, par les mots. J'entends par mot - cela va de soit - l'immédiat concept qui me rive au discours intérieur. Sans le mot "arbre" toute une tranche de ma connaissance s'évanouit : je ne vois plus de forêts, je ne sais plus m'y promener, je perd le feu et, perdant le feu, mon sang se fige, je suis perdu à tout jamais. J'entends bien le désespoir me sonner dans la brume de cette constatation. Je ne parle plus. Je ne vois plus les nids, le recommencement total à chaque fois des mêmes vols, des mêmes cris, des mêmes chants. Sans arbre, où se nicheront les oiseaux ? Quand je les vois voler, pourquoi ne puis-je plus penser au mouvement des ailes, à cette géométrie apprise et que je retrouve dans le vol du corbeau, encore que, croassant, il inquiète les données magiques, apprises elles aussi ?
Quand je vois un corbeau, je retrouve Poë et, ce faisant, les fiches psychanalytiques de Marie Bonaparte, et je me demande quel est celui de deux qu'il fallait mettre à la question. Le corbeau est devenu, pour moi, un fait littéraire et c'est cela que je nomme le désespoir. Je ne sais plus voir le corvidé. Je vois une forme allusive du destin et sa résonance littéraire ou poétique : trois coups portés à la vitre.
L'anarchie, cela vient du dedans. Il n'y a pas de modèle d'anarchie, aucune définition non plus. Définir, c'est s'avouer vaincu d'avance. Définir, c'est arrêter le train qui roule dans la nuit quand il s'écartèle à l'aiguillage. Autant dire qu'on est pressé d'en finir avec l'intelligence de l'événement. C'est par son inaptitude foncière à ne savoir rien définir que l'homme piaffe dans les remarques et la philosophie. Un train à l'aiguillage, c'est un devoir bien fait, c'est de la route honnêtement vendue à moi, passager, acheteur de cette ligne de nuit qui me conduit à X en passant par l'aiguillage Y, bretelle nécessaire mais dont j'ignore la raison déviationniste. On ne me dévie pas de ma route, on me la rend parfaite et sûre. Moi, je ne pense qu'au bruit d'enfer et la peur m'envahit. Je définis l'aiguillage par rapport à mon problème de solitaire roulant. Si je pense au bloc dispensateur de voie libre, j'y pense en imaginant l'homme aux manettes et à la possibilité d'une fausse manœuvre.  Je ne donne pas la définition de l'ingénieur, je ne vois pas la route en coupe où je risquerais de comprendre techniquement la croisée des rails. Je ne sais pas qu'après mon passage - et il est bien question de MON et non pas d'une donnée objective et chiffrée par le trafic - cette soupape se fermera, des bras de fer illuminés de vert se mettront en garde, pour laisser glisser vers un point X, mon semblable, ce "prochain" de la gare que j'ai vu naguère sur le quai, hélant un porteur et s'installant dans le train suiveur, à cinq minutes, ce train suiveur qui me court aux fesses - et j'y pense - et qui trouvera la route libre sur ce chiffre de fer tordu, objet de mon ressentiment. Il n'y a pas que moi dans le monde des trains. Et pourtant, c'est cela qui me retire tout à fait du monde à ce moment précis où - contre toute évidence - je me crois seul, fait comme un rat dans ce véhicule qui, au dépôt, n'est jamais qu'une abstraction de plus fuyant dans la nuit. Dans cette solitude du muscle, je ne me connais et ne me reconnais aucun maître, et voilà que je suis contraint de me solidariser avec le rail, le rail de mon inquiétude et le rail des autres, de tous les autres. J'ai le moyen de m'immoler à cette peur et je n'en ai qu'un, immédiat, auquel je n'ose me rapporter : le signal d'alarme, car au-delà de cette poignée que je crois être de sécurité, il y a un tarif de pénalité, ce nivellement de l'autonomie, un simple avis qui me muselle. Ainsi de l'homme en société : il n'ose jamais tirer le signal, garant de sociabilité.
  Le mot "seul" est chargé de brume, c'est une parole de réflexion, de lumière réfléchie, noire, à peine valide. C'est dans le "seul" que je me retrouve chaque soir après la pause des travaux journaliers et divertissants. Dans la rue, le solitaire est agréé par l'identique, par le monsieur qui marche au-devant et qui lui réfléchit cette lumière particulière qui fait d'un dos commun, courbé, le propre dos du suiveur, de l'attente. Cette solitude viscérale est à la portée de toutes les consciences. Qui n'a dit qu'il se sentait seul dans une foule ? Cliché piteux qui fait de cette foule un creuset de misère mentale. Aussitôt embrigadé, aussitôt muselé, défenestré, tapi dans le lieu commun politique. Il faut des lieux communs aux tyrans qui s'essuient sur le multiple de la sottise. Les tyrans, ce jour, ont beau jeu. Politiquement, la solitude est un non-sens. Il n'y a même pas de quoi faire un solitaire dans l'arsenal démocratique. L'isoloir est une place publique. Cette psychologie du vote secret est un rejet de la confession. On se confesse à un bulletin. L'isoloir, vespasienne sèche, ce couvent du socialisme à l'heure apéritive ... J'enrage à la pensée que des hommes acceptent de s'isoler administrativement autrement que pour uriner. La souveraineté nationale à ce point traquée dans un cabinet municipal, cela monte du fond de mon cœur comme une nausée de principe. Les idées qui sentent, je ne sais rien de plus définitif dans notre condition de Peuple-Roi.

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02 octobre 2005

Oser et comprendre la pensée libertaire…

 

  Dans son oeuvre, Léo Ferré fait constamment référence à l'anarchie.
S'il est bien évident que chaque anarchiste possède sa propre
interprétation du concept, il n'est pas inutile de préciser ici
les bases communément admises qui rassemblent tous les anarchistes
 

Oser et comprendre la pensée libertaire…
“C'est l'anarchie !"

"C'est l'anarchie!". Les gens de pouvoir, les médias utilisent à profusion le terme anarchie pour désigner le chaos économique, politique et moral de notre société. L'emploi du mot anarchie tendrait à faire croire que ce monde est livré aux mains de forces diaboliques qui veulent renverser le bel édifice que les peuples disciplinés, conduits par les Etats, ont bâti au cours des siècles. Pourtant, ce sont bien les Etats qui se partagent et gouvernent la planète C'est bien à eux que l'on doit le désordre économique dans lequel nous vivons. Faire mieux que les Etats dans les domaines du chaos et de l'horreur est difficile...  Qui peut croire encore que le pouvoir est synonyme d'organisation ? Ceux qui vivent du pouvoir, très certainement. Mais pas les anarchistes. Le chaos institutionnalisé, le pouvoir et l'esclavage ont fait leur temps. Aujourd'hui, choisir l'anarchisme, c'est faire preuve de réalisme et de sens organisationnel. Nos détracteurs (des fascistes aux marxistes en passant par les démocrates) nous considèrent comme des terroristes ou des idéalistes en retard d'une révolution. Il y a ceux aussi qui prétendent défendre l'anarchisme, mais qui préconisent une société sans règle, sans morale, sans contrainte, dans laquelle on pourrait faire ce que l'on veut. Quel choix le citoyen raisonnable pourra-t-il faire entre les propositions d'autoritaires de toutes sortes qui ont montré leur faillite, et celles des nihilistes de tout poil qui prétendent que demain on rasera gratis, tout étant résolu par la suppression pure et simple de toutes les institutions mises en place jusqu'à nos jours ?
La pensée libertaire englobe un projet de société  différent de tous les modèles connus jusqu'à présent.
Alors, l'anarchie, c'est quoi ?
C’est l’état d'un peuple, et plus exactement encore, d'un milieu social sans gouvernement. Hormis les anarchistes, tous les philosophes, tous les moralistes, tous les sociologues, y compris les théoriciens démocrates et les doctrinaires socialistes, affirment qu'en l'absence d'un gouvernement, d'une législation et d'une répression qui assure le respect de la loi et sévit contre toute infraction à celle-ci, il ne peut y avoir que désordre et criminalité. Les anarchistes affirment que "l'anarchie est la plus haute expression de l'ordre".
Anarchie et ordre ?
Notre ordre repose sur l'entente (principe de Liberté, opposé au principe d’Autorité). Au contraire, les autres propositions d'organisation de la société - socialisme, libéralisme, marxisme… - ont toujours octroyé à une minorité de privilégiés le droit de gérer la société à la place des concernés et pour leur propre profit. Ce mode de gestion porte un nom : l'État.
L'État est l'expression politique du régime économique auquel est soumise la société. Il permet et justifie l'oppression et l'exploitation de l'homme par l'homme : il confisque à l’individu son pouvoir - en dictature comme en démocratie (élections) - et met ce pouvoir au service du capital (répression des mouvements sociaux, aides financières…).
L'État,  à  force d'être  omniprésent, finit  par  se  superposer à  la société,  et  tente de  faire  croire  qu'en-dehors de  lui  elle  ne saurait  fonctionner.  Cette illusion  est d’autant  plus pathétique  que l’Etat  constitue  de fait  un  groupe  social à  part  entière, coupé  des réalités  des individus  et  des  autres groupes  sociaux.  Il  ne sert  qu’à  maintenir l’ordre  (fonctions législative  et répressive)  au  service  des intérêts de la classe exploiteuse, qu’on la nomme patronat, bourgeoisie ou nomenklatura.
Il s'appuie pour cela sur une morale dégradante et humiliante pour l'être humain, secondé en ce sens par la religion qui légitime elle aussi l'exploitation et la domination, se contentant parfois d'en condamner les manifestations les plus brutales, sans jamais émettre de critique de fond ni proposer d’autre modèle que patriarcal, conservateur, hiérarchique et caritatif. Les anarchistes refusent ce modèle sociétaire, oppresseur, exploiteur, négation de l'individu et de ses aspirations. Ils cherchent par tous les moyens à montrer qu’il est possible et souhaitable de vivre dans une société égalitaire, gérée directement et librement par ses diverses composantes : individus, groupements sociaux, économiques, culturels, et ce dans le cadre du fédéralisme libertaire.
Le refus de l'autorité.
Le refus de l'autorité n'est pas apparu avec les théories libertaires. Il les précède largement au travers des actes, des attitudes d'individus ou de groupements sociaux. Certains événements historiques nous le rappellent : par exemple les révoltes des esclaves dans la Rome antique, les jacqueries paysannes du Moyen âge, l'essor de la Renaissance, les philosophes des Lumières, la Révolution française. Plus près de nous, ces théories ont participé au déclenchement de la Révolution de 1848, de la Commune de Paris, de la Révolution russe et de la Révolution espagnole. Autant de lieux, de situations, dans lesquels des hommes ont cherché à desserrer, voire à abolir l'étau oppressif dans lequel ils se sentaient pris au piège.
En replaçant ces événements dans le contexte historique et social qui leur a donné naissance, on s'aperçoit qu'ils visent le même but : l'amélioration des conditions d'existence, le partage des richesses, le droit à la connaissance, l'instruction, le bien-être, bref une aspiration au bonheur. Ces mouvements de révolte ont été pour la plupart écrasés (les esclaves, les paysans, la Commune de Paris), ou récupérés au profit d'une classe ou d'un parti (la bourgeoisie émergente sous la Révolution française, les Bolcheviks dans la Révolution russe), ou encore détournés de leur but (les monarques dits "éclairés" du Siècle des Lumières). Car malgré l'embryon de liberté qu'ils contenaient, ils n'étaient pas suffisamment forts ni structurés pour renverser le cours des choses. Ils étaient des utopies dans le sens où ils ont osé projeter sur l'écran de l'avenir des images en contradiction avec celles de leur temps.
Héritages.
Cet héritage philosophique a été théorisé puis mis en pratique au XIXème siècle, coïncidant en cela - et non sans raison - avec l'apparition du nationalisme et de l'étatisme.
On s'accorde aujourd'hui à dire que Pierre - Joseph Proudhon est le "père" de l'anarchisme, le théoricien du système mutualiste et du fédéralisme, et l’inspirateur du syndicalisme ouvrier. Son influence sur le mouvement ouvrier a été réelle, puisqu'au sein de l'Association Internationale des Travailleurs (A.I.T.) existait un courant nettement proudhonien. Le Congrès de Saint-Imier (1872) jette les bases de l'anarchisme. Les délégués réunis proclament "que la destruction de tout pouvoir politique est le premier devoir du prolétariat", "que toute organisation d'un pouvoir politique soi-disant provisoire et révolutionnaire pour amener cette destruction, ne peut être qu'une tromperie et serait aussi dangereuse pour le prolétariat que tous les gouvernements existant aujourd'hui...".
Ces idées, reprises de Michel Bakounine et de la Première Internationale, resteront présentes jusqu'à nos jours. Elles seront l'apanage de Louise Michel (Commune de Paris), du  1er Mai 1885 (Etats-Unis), de Fernand Pelloutier (Bourses du Travail), des explications du monde d'Elisée Reclus, éminent géographe, de Pierre Besnard (anarchosyndicalisme), de Pierre Kropotkine et du communisme libertaire, de Paul Robin et de son école libertaire de Cempuis, de Jean Grave et de ses quarante ans de propagande anarchiste, de Gustave Landauer, fusillé par la soldatesque en 1919 pour sa lutte au côté des Conseils Ouvriers de Bavière, de Nestor Makhno et de son engagement dans la révolution russe, de Sacco et Vanzetti, assassinés par chaise électrique pour leurs idées, d'Erich Mühsam, poète et dramaturge allemand, mort dans un camp de concentration en 1933, de Buenaventura Durruti pendant la guerre d'Espagne, d'Armand Robin et ses langues multiples, pour ne citer que quelques-uns.
Après la seconde guerre mondiale, elles resurgiront et verront la création de la Fédération Anarchiste, de l'Internationale des Fédérations Anarchistes dans le monde; elles impulseront la reconstruction de la Confédération Nationale du Travail, anarcho-syndicaliste, affiliée à l'A.I.T., elles souffleront dans les rangs de Mai 68 et de la contre-culture, dans le mouvement social...
De l'anarchie à l'anarchisme.
Ainsi donc, l'anarchie est ce que nous entrevoyons (société libertaire) ; l'anarchisme est le mouvement social qui poursuit la réalisation de l'idéal anarchiste. L'anarchisme est une lutte incessante, sous les formes les plus variées, contre les préjugés, l’obscurantisme, le fait autoritaire. Il s'articule principalement autour de deux types de tâches : les unes destructives, les autres reconstructives. Les actions destructives consistent à saper profondément le principe d'autorité dans toutes ses manifestations, le démasquer, combattre toutes les manœuvres par lesquelles il tente de se réhabiliter et de se survivre sous une autre forme. Les actions reconstructives, parfois parallèles aux destructives, visent à mettre en place un fonctionnement fédéraliste et de gestion directe. Pour cela, il faut un outil adapté, une organisation…
Organisation.
L'organisation est fonction du degré de conscience, atteint par les discussions, débats et confrontation d'idées, et dans l’action. Plus cette conscience sera grande et plus la vitalité de l'organisation sera élevée. Pour aboutir à une organisation souple et forte, en même temps conforme à l'esprit libertaire, il faut aller de la base au sommet, de l'unité au nombre, du particulier au collectif. Nous nous accordons entre individus et groupes sur un ensemble de principes généraux, de conceptions fondamentales et d'applications pratiques (voir nos 'Principes de base') : c'est le fédéralisme qui permet à chacun de rester lui-même, de se soustraire à tout écrasement, de garder son autonomie, de prendre une part active à la vie de l'organisation, d'émettre son opinion. Une telle organisation laisse à chacun de ses éléments la totalité des forces qui lui sont propres, tandis que par l'association de ces forces, elle atteint elle-même son maximum de vitalité.
Action.
L’action n’est pas l’agitation. Elle doit correspondre à un but, la révolution libertaire, et à une stratégie, plus circonstancielle. Parfois, la situation sociale est provisoirement calme, parfois elle s’emballe. L’organisation doit s’adapter à ces différentes phases. En tout état de cause, la place des militants anarchistes est dans la lutte sociale, expression de la lutte des classes, y compris dans les luttes dites réformistes (lutte contre la précarité, contre les licenciements, augmentation des salaires, défense des services publics…), avec nos pratiques antiautoritaires et d’action directe (contrôle et révocabilité des mandatés…), et nos perspectives d’ensemble. C’est de la confrontation entre nos idées, nos pratiques, et les masses, que peut surgir ou naître progressivement la conscience révolutionnaire.
Des propositions.
L'anarchisme, enfin, est un ensemble de propositions et de pratiques tendant à l'émancipation totale de l'homme en société. Si la société existe en tant qu'entité sociologique, l'individu existe tout autant, sans rapport hiérarchique à cette société. C'est donc l'harmonie entre ces deux éléments que recherchent les anarchistes. L'émancipation est de triple nature. Emancipation économique d'abord, par la réappropriation des outils de production, leur gestion directe par les travailleurs eux mêmes, et par la répartition égalitaire des richesses. Emancipation politique ensuite, par le remplacement de la bureaucratie d'État, par une organisation fédéraliste des secteurs de la société, maintenant la cohésion et préservant l'autonomie.
Emancipation intellectuelle, enfin, via la prise en charge par l'individu de son rôle social, reléguant la religion et toute forme de soumission au musée des horreurs.
Une société sans classe et sans Etat, organisée par et pour les femmes et les hommes,
Voilà ce que veut l'anarchisme. L'anarchiste est par tempérament et par définition réfractaire à tout embrigadement qui trace à l'esprit des limites et encercle la vie. Il nie le principe d'autorité dans l'organisation sociale. Il ne peut donc y avoir de catéchisme libertaire.
L'organisation anarchiste de la société, émanation directe de la volonté des individus et des groupements sociaux, ne pourra se réaliser qu'en dehors et contre la tutelle de tous les organismes et structures autoritaires établis sur l'inégalité économique et sociale.
Les fondements éthiques et organiques du fédéralisme libertaire sont :
la liberté comme base,
l'égalité économique et sociale comme moyen,
la fraternité comme but.
Cette définition marque la profonde différence entre le fédéralisme libertaire et le "fédéralisme étatique".
Nous appelons de toutes nos forces une société de type fédéraliste, fondée sur la possession collective ou individuelle des moyens de production et de distribution (excluant toute possibilité pour certains de vivre du travail d'autres), l’entraide, l'abolition du salariat et de l'exploitation de l'homme par l'homme.
Les anarchistes n'accordent aucun crédit à un simple changement des personnes qui exercent l'autorité : les mêmes causes engendrent les mêmes effets. Toutes les formes d'autorité se tiennent. En laisser subsister une seule, c'est favoriser la réapparition de toutes.
Vers une société libertaire.
Pour arriver à instaurer une société libertaire, il faut se doter de moyens en accord avec la finalité. Tel que l'exprime Errico Malatesta, "ces moyens ne sont pas arbitraires, ils dérivent nécessairement des fins que l'on se propose et des circonstances dans lesquelles on lutte. En se trompant sur le choix des moyens, on n'atteint pas le but envisagé, mais on s'en éloigne, vers des réalités souvent opposées et qui sont la conséquence naturelle et nécessaire des méthodes que l'on emploie".
Il est possible de vivre dans une société égalitaire, gérée directement et librement par ses diverses composantes (individus, groupements sociaux, économiques, culturels, ethniques...) dans le cadre du fédéralisme.
Les règles qui vont faire fonctionner une telle société sont basées sur des contrats mutuels, égalitaires, réciproques, pouvant être remis en cause à tout instant. Ces contrats peuvent être écrits ou tacites.
Mandatements.
Une telle société ne peut évidemment pas fonctionner sans entraide ni coopération volontaire. La délégation de responsabilité permettra de discuter au niveau fédéral. Mais attention, entendons-nous sur les mots : pour les anarchistes, chaque délégué reçoit un mandat précis. L'assemblée qui l'a mandaté exerce un contrôle permanent sur son travail, et, surtout, peut le révoquer à tout moment si le travail qu'il effectue ne correspond pas à son mandat.
L'anarchisme est une proposition globale de société cherchant à promouvoir une civilisation réellement différente.
L’anarchisme oppose
le principe de liberté au principe d'autorité,
l'entraide à la loi de la jungle,
l'égalité à la discrimination.

"Aussi longtemps que la société sera basée sur l'autorité, les anarchistes
resteront en état perpétuel d'insurrection"
(Elisée Reclus)
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12 novembre 2005

Comment faire passer sa parole à la télé ?

   

Comment faire passer sa parole à la télé ?


Petit manuel en neuf points, à l’usage de qui veut faire entendre sa voix

un article de Brigitte Tijou, responsable de la communication d’Act Up-Paris, paru dans le n°1 de la revue Vacarme pour contribuer au débat sur les conditions d’interventions des mouvements contestataires dans les médias.


Vous êtes un groupe, mouvement ou association, vous ne disposez pas a priori d’une parcelle de parole autorisée à la télévision. Vous voulez cependant utiliser la télé comme instrument de propagation de votre discours, mais sans trop en être victime, sans que votre discours y soit déformé, tronqué, ou détourné.

Inutile de rêver à votre propre émission, vous serez toujours inscrit dans un dispositif avec lequel il vous faudra jouer Une seule exception à notre connaissance : la chronique francilienne du Télé Bobine, qui nous a fait rêver durant 4 mois d’une télé ouverte sur la réalité. Sans contrôle lors de l’enregistrement ni censure au montage, cet espace fut investi précisément par les plus exclus de la télé. Mais c’est fini, et ce n’était pas l’audience de TF1.

Autrement, il faut bien bricoler. Tous les groupes, associations, ou mouvements issus de luttes sociales et politiques, ne peuvent se passer de l’instrument qu’est la télévision. Certains ont donc intégré une stratégie particulière envers la télévision, dès leur création. C’est le cas, entre autres, de Greenpeace, d’Act Up et du DAL (Droit au logement). Cela demande une connaissance minimale de l’aménagement technique du temps et de l’espace publics que se sont appropriés ceux qui exercent le pouvoir médiatique.

Voici donc plusieurs procédés, expérimentés à ce jour, pour tenter de vous faire entendre à la télé.

1) Créer un événement

Cette stratégie repose sur l’attrait des médias pour le spectaculaire et l’inédit. L’actualité est souvent constituée par ce qui ferait désordre dans un ordre supposé établi et continu des choses. Elle s’adresse en premier lieu aux journaux télévisés. Il s’agit avant tout de fournir de l’illustration, des images, et à cette occasion d’inviter les médias à faire leur propre enquête.

Greenpeace utilise systématiquement cette stratégie, tout comme Act Up (« encapotage » de l’obélisque de la place de la Concorde), ou encore les militants anti-FN (banderole déployée sur la façade de l’Opéra Garnier), le DAL investissant des immeubles inoccupés, etc. Ce procédé d’action a malheureusement aussi été intégré par les commandos anti-avortement. Mais pour ces derniers, par delà la portée médiatique, il s’agit surtout de traumatiser les femmes qu’ils empêchent d’avorter.

À jouer ainsi sur la fabrication d’images fortes et émotionnelles, le risque principal est d’abandonner entièrement au journaliste le soin de fabriquer le discours. L’image est traditionnellement le lieu de l’émotionnel et le texte celui de la rationalité. Essayez donc d’adapter votre discours aux normes du journal télévisé, prévoyez des interventions courtes et un langage à la limite du slogan, intégrez votre discours aux images par exemple sur des pancartes ou des banderoles. Là encore, malheureusement, cette forme de pensée par slogans et simplifications semble mieux convenir au FN qui s’attaque avant tout aux grands fantasmes collectifs, qu’aux pensées plus subtiles et plus élaborées. Mais il faut alors savoir opposer une inventivité et une étrangeté de slogans multiples (« silence = mort », « nature = vie », etc.) au ressassement sombre des deux, trois mêmes équations simplistes (immigration = chômage).
Choisissez enfin une date creuse en événements, faites jouer la concurrence entre les différentes chaînes, et sachez vous faire désirer, notamment, en ne dévoilant jamais complètement à l’avance l’événement que vous allez créer


2) Fournir de l’information

Il s’agit de se constituer en agence de presse, dont les informations peuvent être reprises par les journaux télévisés, et par toutes les émissions de débats. C’est une méthode efficace si le dossier est suffisamment complet, et sans grand risques. Sauf peut-être celui de heurter la susceptibilité des journalistes professionnels qui refusent de vous considérer comme une véritable agence de presse. Vous pouvez avoir parfois la désagréable surprise de voir votre dossier réduit quelques points d’une importance secondaire pour vous.


3) Se faire inviter sur son thème

Si vous êtes déjà un peu reconnu en tant que groupe, ou en tant que personne, vous pouvez avoir l’opportunité de participer à une émission. Réussir à placer quelques unes de ses revendications au cours des débats ne va pas sans difficultés. Tout intervenant va se retrouver prisonnier d’une règle du jeu qu’il ne maîtrise pas, soumis aux décisions du présentateur qui distribue les temps de parole, et fait généralement du chantage au temps.

Les conditions « naturelles » de la discussion, de l’expression et de la réflexion sont largement faussées et entamées par les dispositifs techniques de ces émissions. Il vaut mieux renoncer à ce genre de participation, si l’on ne se sent pas le courage de supporter tout cela et de batailler avec, si l’on ne possède pas une certaine connaissance du mode d’intervention instauré dans l’émission et du statut de sa parole. Ne pas rêver au quart d’heure de gloire, car on sort la plupart du temps frustré et humilié Pour éviter la dépression « post-passage à télé », mieux vaut ne pas se laisser emporter par la logique du débat, ne pas se disperser en répondant à des questions qui n’ont aucun rapport avec votre propos. Il faut essayer de réduire son discours à un point, et y revenir au besoin. Un dernier conseil : renoncer définitivement aux talk-shows du type « Mireille Dumas et ses amis ».


4) Perturber l’émission (Hors règle du jeu)

La stratégie consistant à profiter du dire pour créer un scandale en interrompant l’émission, quels qu’en soient le genre et thème, fait beaucoup rêver. Il y a quelque années, l’irruption intempestive demeure envisageable.Aujourd’hui la télévision transformée en bunker, particulièrement les studios de direct. L’arrivée d’une trentaine sans-papiers, devant le hall de France 2 à 20 heures, provoqua cet hiver la fermeté immédiate de toutes les issues et le déploiement de C.R.S. dans toutes les rues avoisinantes.
Rêvons un peu ! Vous parvenez quand même à franchir le triple sas de l’entrée, vous arrivez jusqu’au plateau sans perdre la moitié des militants en route, vous déployez votre banderole et vos pancartes devant les caméras sans trop vous prendre les pieds dans les câbles. Mais attention ! Vous risquez fort d’être avalés par l’émission et intégrés au décor, en particulier dans ces shows « bric-à-brac » qui digèrent tout ce qui se présente. Vous n’aurez pas le temps de dire grand chose d’intéressant, et vous passerez finalement pour des guignols. La télévision ne supporte pas que soit cassé le rythme et le rituel établis.


5) Perturber une émission (De l’intérieur)

Certaines émissions de débats prévoient l’intervention du public, il est a priori relativement aisé d’y participer. Il faut alors entrer au moment opportun dans le débat. Vous êtes dans une position relativement privilégiée, qui permet d’éviter le strict face à face dans lequel le présentateur enferme souvent les interlocuteurs principaux, réduisant leurs discours à une opposition circonstancielle. En outre, vous bénéficiez du respect et de la politesse que la télé instaure envers cet intervenant venu du public, peut-être parce que son statut fait de lui une figure emblématique du téléspectateur Cependant il faut savoir qu’on ne vous donnera pas la parole à plusieurs reprises. Il vaut mieux donc se limiter à une seule intervention et surtout, ne jamais rendre la parole avant d’avoir tout dit.


6) Produire ses propres images

Vous aurez ainsi l’avantage de maîtriser toutes les étapes : élaboration du discours, tournage et montage. Avec un minimum de matériel et quelques compétences techniques, tout groupe peut envisager la fabrication de produits audiovisuels. Cela peut aller des simples images de ses actions qui pourront être utilisées par les journaux télévisés, au film ou clip plus élaborés. Pour ces derniers, trouver un diffuseur à la télévision devient plus difficile ; toute image quelque peu militante se voit généralement refusée par les chaînes.


7) Vendre sa structure

Dès qu’un groupe connaît une certaine renommée, les émissions de reportages s’intéressent à son fonctionnement. Les durées souvent conséquentes de ces reportages permettent de vendre l’image du groupe et d’instiller dans le PAF les messages que l’on veut faire passer, même s’ils disparaissent très souvent derrière la fascination pour les structures. Il vous sera difficile de contrôler ce qui est filmé, et vous ne posséderez aucune maîtrise des différentes étapes de la production. Cependant il en restera toujours quelque chose !


8) Se greffer sur un autre événement

Du défilé du 14 juillet à la visite de la crèche locale par un ministre, tout événement qui attire des caméras peut être investi, qu’il soit ou non en relation directe avec le discours que l’on veut faire passer. Mais on court le risque de voir son intervention devenir purement anecdotique, de faire partie du décorum, et d’être au mieux réduit au rôle de figurants dans deux plans de quatre secondes (voir point 4). Il vaut mieux ne pas trop s’engager dans ce genre d’action, sachant que plus l’événement est considérable - et donc potentiellement porteur - plus il devient difficile de le détourner.


9) Participer à l’élaboration d’un émission

Les « professionnels » de la télé ne lâchent pas facilement une partie de leur pouvoir, essentiellement par peur des dérapages. Cela peut se produire dans les grands shows humanitaires, type Téléthon et Sidaction. Même en participant aux premières étapes de la fabrication de ces émissions, vous vous retrouverez rapidement en porte-à-faux. Jamais considéré comme un véritable collaborateur, vous serez rapidement contraint de faire des compromis, et de laisser l’ultime pouvoir de décision aux « professionnels », d’autant plus que vous aurez des velléités de discours politique. Il faudra essayer de rattraper in extremis le flux de l’émission, et ne pas hésiter à se plaindre sur le plateau, en direct (voir Act Up lors des Sidactions).


Vous connaissez les limites et les difficultés de l’utilisation de la télévision à des fins politiques. Mais ne vous privez pas de cet espace public, ce serait ridicule. Envisager la télévision comme un lieu infréquentable est une position réservée à ceux qui ont d’autres lieux de diffusion de leurs idées. Vous regrettez que la télévision devienne l’arbitre l’accès à l’existence politique ? Sachez vous en servir malgré tout. Vous hésitez encore à le faire ? Espérez-vous garder une sorte de virginité par rapport la télé ? Ne soyez pas si naïf.


Il est toujours possible de s’inscrire dans cet espace public, ne serait-ce que dans quelque interstices du flux télévisuel, car le mode de communication de la télé est tel qu’il suffit d’occuper quelques parcelles de la continuité pour y prendre une place visible. On peut considérer la télévision comme dangereuse pour la démocratie, car soumise à la logique de l’audimat. On peut aussi y voir une technique qui participe à sa manière aux processus de démocratisation. Des mouvements ou groupes politiques ont réussi à faire passer leurs idées en grande partie grâce à la télévision.


Apprendre à se servir de la télévision, ne plus être passif et analphabète devant son fonctionnement peut aider à transformer les normes télévisuelles et à investir cet espace public qui pourrait être davantage un miroir detoute la société.


Enfin, rappelez-vous que pour toute action publique, il n’y a aujourd’hui rien de mieux qu’une caméra de télévision pour vous protéger de la violence toujours possible de la police, des vigiles, des militants FN. Encore que depuis Saint-Bernard, on ne soit plus sûr de rien...



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03 février 2006

MAIRES ET ELUS qui ont SOUTENU LES "FASCISTES" FN-MNR

   

PRESIDENTIELLES 2002
MAIRES ET ELUS qui ont SOUTENU LES FASCISTES FN-MNR
Attendez vous à ce qu'ils recommencent!



                  



                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          
ELECTION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
J.O. Numéro 84 du 10 Avril 2002


Listes des élus ayant apporté leur soutien aux candidats de l'Extrème droite


F N - Jean-Marie LePenMNR - Bruno Mégret


AinAin
Gilbert CARRON, maire de LES NEYROLLESAnnick VEILLEROT, conseiller régional
Jules EMERY, maire de CESSYGustave MICHEL, maire de PLAGNE
Michel THIEBAUT, maire d'EVOSGES Jaqui REY, maire de PRIAY
Olivier WYSSA, conseiller régional André CLAVEL, conseiller régional
 Antoine PLANTIER, maire de GRAND-CORENT
 Bruno PELLEGRINI, maire de PORT
AisneAisne
Agnès DHENNEQUIN, maire de CERNY-EN-LAONNOIS Hugues MANGOT, maire de WIEGE-FATY
Benoît WIART, maire de MENNEVILLE Philippe GYSELINCK, maire de BONY
Christine WATREMEZ, maire de CRUPILLY Fabrice BEROUDIAUX, maire de PAISSY
Claude MACQUART, maire de LAUNOY Eric HALLE, maire de LES AUTELS
Colette FECCI-PINATEL, conseiller régional Jean-Paul VUILLIOT, maire de CHATILLON-LES-SONS
Daniel LIOTARD, maire de LEUZE Jacques MARTIN, maire de JUMENCOURT
Denis GANDON, maire de FRESNES-EN-TARDENOISAndré NOGAS, maire de NEUFCHATEL-SUR-AISNE
Franck BRIFFAUT, conseiller régional André EVRARD, maire d'EPARCY
Jean MARLIER, maire de CONCEVREUX Claude LEFEVRE, maire de VIGNEUX-HOCQUET
Jean-Guy NAURY, maire de MONTBAVIN  
Jean-Marie TAMPIGNY, maire de BEAUVOIS-EN-VERMANDOIS  
Jean-Pierre AGOUTIN, maire de CRAONNELLE  
Marie-Jeanne MILHEM, maire de RAMICOURT  
Nicolas BERTIN, maire d'AMBRIEF  
Pascale LOUARD, maire de NOROY-SUR-OURCQ  
Paul PREVOST, maire de SOMMETTE-EAUCOURT 
Wallerand DE SAINT-JUST, conseiller régional 
Yves GRIFFON, maire d'URVILLERS 
AllierAllier
Alain LOCHON, maire de LE VEURDRE Michel ROBERT, maire de SAINT-MARTINIEN
Fernand BOFFETY, maire de SAINT-CLEMENTJacques MAYADOUX, conseiller régional
Gabriel CHABANON, maire de SANSSAT Gérard FENOUILLET, maire de SAUVAGNY
Louis GUINATIER, maire de MONTOLDRE Lucien DHONDT, maire de MONTEIGNET SUR L 'ANDELOT
René CHAVIGNON, maire de DROITURIER  
Alpes-de-Haute-ProvenceAlpes-de-Haute-Provence
 André LATIL, maire délégué de commune associée de LINCEL
 Jean-François GIACOMINO, maire de CLAMENSANE
 Mireille D'ORNANO, conseiller régional
Hautes AlpesHautes Alpes
Aristide BONNAFFOUX, maire de RISOUL Jean-Claude CATELAN, maire de LA CHAPELLE-EN-VALGAUDEMAR
Eric DEGUILLAME, maire de SALERANS 
Gilbert SOURDAN, maire d'ANCELLE 
Robert VERET, président de communauté de communes  
de RIBIERS-VAL DE MEOUGE 
Alpes MaritimesAlpes Maritimes
Gérard DE GUBERNATIS, conseiller régionalRené OTTO-BRUC, maire de MARIE
Jean THIERY, conseiller régionalJean-Paul RIPOLL, conseiller régional
Jean-Claude FRAPPA, conseiller régional  
Jean-Pierre SCHENARDI, conseiller régional 
Marcel REBUFFEL, maire de LE MAS 
Marie-Rose PRAT, conseiller régional 
Robert CREPIN, conseiller régional  
Sylvain BUTTELLI, maire de VALDEROURE  
ArdècheArdèche
Cyrille BELIN, maire de LANARCEHenry DESPRES, conseiller régional
Jean-Marie REDON, maire de LE BEAGE  
Michel LASSARA, maire d'EMPURANY 
ArdennesArdennes
Claude VAROQUAUX, maire de MARGUT Jean-Pierre LELARGE, maire de LOUVERGNY
Jacques PLAINCHAMP, maire de MARGNYPatrice MARONGUI, maire de CHARNOIS
Jean-Claude ETIENNE, maire de BUZANCY Anne-Marie DELBE, conseiller régional
Dominique LAPIE, maire d'HAUTEVILLELudovic DASNOIS, maire de BAALONS
Pierre RIVA, maire de COUCYFrançois BECHECLOUX, maire de MENIL-ANNELLES
 Michel GAUVAIN, maire de VAUX-LES-RUBIGNY
 Hervé LAHOTTE, maire de SENUC
 Lucette REGNIER, maire délégué de commune associée de LA HARDOYE
 Patrick DEMORGNY, maire de PREZ-LA-CERLEAU
 Marie-Thérèse ROBERT, maire de RUBECOURT-ET-LAMECOURT
 Marie-Pascale PONSIGNON, maire d'YONCQ
 Xavier GUILLAUME, maire de ROIZY
 Nicolas MALHERBE, maire de LONGWE
 Dominique TASSOT, maire d'ANNELLES
 Daniel PONSARDIN, maire délégué de commune associée de REMONVILLE
 Michel CARTELET, maire d'AURE
 Jean-Louis LEKEUX, maire délégué de commune associée de BEAULIEU
 Philipe LENICE, maire de SAINT-FERGEUX
 Daniel RAUSSART, maire de CHESNOIS-AUBONCOURT
 Francis BOUCHE, maire de CAUROY
 Patrick RATAUX, maire délégué de commune associée de PRIMAT
 Jean DAY, maire de GRANDCHAMP
 Dominique FOURNY, maire de SERAINCOURT
 Jacques GROSSELIN, maire de TOURCELLES-CHAUMONT
 Daniel DOZIERES, maire d'EUILLY-LOMBUT
 Pascal GENTY, maire délégué de commune associée d'ANDEVANNE
 Pierre GRANDVALET, maire d'EXERMONT
 Michel BOITELET, maire de CHILLY
 Georges PHILIPPE, maire de MONTMEILLANT
 René MARLOIS, maire de CHAPPES
 J.-Claude CANARD, maire délégué de commune associée de WADIMONT
 Daniel DENIS, Président de la Communauté des Communes de la Vallée de la Sem
 Michel DONDELLE, maire de SORCY-BAUTHEMONT NE FAIT PAS PARTIE DE CETTE LISTE ET A ETE CITE PAR ERREUR
 J. Pierre LELARGE, maire de LOUVERGNY
AriègeAriège
Franco ARNAUD, maire de BESSETJacques ALABERT, maire de TREMOULET
AubeAube
Annie MOREL, maire de CHANNESAndré DIETZ, maire de FEUGES
Bruno SUBTIL, conseiller régional Sylviane LHUILLIER, maire de LIGNIERES
Claude JEROME, maire de BOUY-SUR-ORVIN Jacques CHARNEY, maire de VILLIERS-LE-BOIS
Françoise DENIZET, maire de LA VILLE-AUX-BOISArlette MACKOWICZ, maire d'ALLIBAUDIERES
Georges VENIEL, maire de PRECY-NOTRE-DAMEJean-Pierre HARMAND, maire de PRECY-SAINT-MARTIN
Gilbert FAURE, maire de VILLACERF J.-Charles BERGEON, maire de LA CHAISE
Gilbert PORTIER, maire d'ETOURVY Jean-Louis RICHOUX, maire de POLIGNY
Lucien DESHAMS, maire de THORSJean-Marie DUPONT, maire de MONTSUZAIN
Marc MALARMEY, conseiller régional Jeanine SENECAT, maire de POUY-SUR-VANNES
Marcel GUIBERT, maire de MAROLLES-SOUS-LIGNIERES Micheline JEANSON, maire de RANCES
Max CHAMPION, maire de DONNEMENT  
Michel ADOLPHE, maire de LA LOGE-POMBLIN 
Pierre LHUILLIER, maire de MONTMORENCY-BEAUFORT 
Philippe MACARY, maire de VERNONVILLIERS 
AudeAude
Pierre DE VOLONTAT, maire de SAINT-COUAT-D'AUDEHenri ESCORTELL, conseiller régional
 Christian CONDOURET, maire de BELFLOU
  Irènee COMBES, maire de MARQUEIN
 Jean-François LHUILIER, maire de RENNES-LE-CHATEAU
AveyronAveyron
Guy CASSANIS, maire de VILLENEUVELouis MARCILHAC, maire de SAINTE-EULALIE-D'OLT
Philippe VARSI, maire de CONQUES 
Bouches-du-RhôneBouches-du-Rhône
Jackie BLANC, conseiller régional Yvon CLAIRE, conseiller régional
Jean-Jacques SUSINI, conseiller régionalHubert FAYARD, conseiller régional
Joëlle MELIN, conseiller régional Philippe ADAM, conseiller régional
Maurice GROS, conseiller régionalBruno MEGRET, conseiller régional
Michèle CARAYON, conseiller régionalMarie-Claude ROUSSEL, conseiller régional
René MOUCADEL, maire de MAILLANE Catherine MEGRET, maire de VITROLLES
Ronald PERDOMO, conseiller régionalDamien BARILLER, conseiller régional
Stéphane DURBEC, conseiller régional Hubert SAVON, conseiller régional
 Daniel SIMONPIERI, maire de MARIGNANE
CalvadosCalvados
Benoît CHATEL, maire de LONGUEVILLE André GAUBERT, maire de SAINT-GERMAIN-DE-MONTGOMMERY
Christian GUERET DU MANOIR, conseiller régionalPierre SEBERT, maire de SAONNET
Dominique JULLIENNE, maire de LE PRE-D'AUGEMichel BRASIL, maire délégué de commune associée d'ORBOIS
Erick DEWAELE, maire de VIGNATSSerge MOURICE, maire de LA ROCQUE
Jean-Claude LECLERCQ, maire d'ESQUAY-SUR-SEULLES Philippe CHAPRON, conseiller régional
Michel VERGER, maire de LE BREVEDENT Rosine BARABE, maire délégué de commune associée de SAINT-PAIR-DU-MONT
Paulette STAUBERMANN, maire de CANTELOUP Elie ALIZON, maire de COURVAUDON
Roger TOURLAND, maire de SAINT-OMERJean-Louis BLIN, maire de LA BREVIERE
 Bernard JULIEN, maire de LE MESNIL-DURAND
 Roland TOSTAIN, maire de LISON
 Christian ALLAIS, maire de LE MARAIS-LA-CHAPELLE       
 Olivier SAINTVILLE, maire de BOURGEAUVILLE
 Yves DUPRES, conseiller régional
CantalCantal
Jean MAGE, maire de MONTGRELEIX André JUGIEU, maire de LA TRINITAT
Jean- Marie MEZANGE, maire de NARNHACGuy GENDRE, maire d'ESPINASSE
Philippe GANDILHON, maire de LAVIGERIERobert ANTIGNAC, maire délégué de commune associée de TOURNIAC
CharenteCharente
Alain LEROY, conseiller régional Serge FRUGIER, maire d'YVRAC-ET-MALLEYRAND
Alain SEGUIN, maire de MAREUILJoël TROUVE, maire de SAINT-MARTIN-DU-CLOCHER
Jacky PAPOT, maire de LONGRE René POTEVIN, maire de SAINT-CLAUD
Pierre BROUILLET, maire de NABINAUD  
Charente-MaritimeCharente-Maritime
Bernard GILLET, maire de CELLES Pascal MARKOWSKY, conseiller régional
Jean-Louis OLIVIER, maire d'ARS-EN-RE Gérard CHARRASSIER, maire de CHENAC-SAINT-SEURIN-D'UZET
Jean-Marc PERMENAS, maire de VERGNEJean-Pierre MIGAUD, maire de BREUIL-MAGNE
Michel BONNIN, maire d'ECOYEUX Jean-François GALVAIRE, conseiller régional
 René SIMONET, maire de FONTAINE-CHALENDRAY
 Gérard MARTIN, maire d'EPARGNES
 Gilbert PANIZZI, maire de BARZAN
CherCher
Alain SOGNI, conseiller régionalPierre FLEURET, maire de VERDIGNY
Amélie JOCHYMS, maire de SAINTE-LUNAISEFrancis DUCREUX, conseiller régional
Jean D'OGNY, conseiller régional  
Jean-Marie DESDIONS, maire de THOU  
Maurice RAT, maire de COUARGUES  
Rémi ROGER, maire d'AZY 
Corse du SudCorse du Sud
Jean JALPI, conseiller à l'Assemblée de Corse Paul LECA, maire de VALLE-DI-MEZZANA
Jean-François NICOLI, maire de REZZAAnge ALIOTTI, maire de COGNOCOLI-MONTICCHI
Jean-Toussaint TOMA, maire de SARI-SOLENZARA  J.-Pierre BOZZI, maire de FORCIOLO
 Dominique ROSTINI, maire d'OTA
Corse du NordCorse du Nord
André MICHELI, maire de SAN-GIULIANOJulie GIUDICI, maire de POLVEROSO
Charles POLI, maire de PRUNOCharles BELLINI, maire de VALLECALLE
Christian REBOUL, maire d'AVAPESSAR-Emmanuel ALESSANDRINI, maire de CAMPI
Dominique GOZZI, maire de MOITAP.-Louis NICOLAI, maire de CERVIONE
Etienne MARCELLI, maire de SANT'ANTONINO Lucien COSTA, maire de POPOLASCA
Jacques BARTOLI, maire d'ISOLACCIO-DI-FIUMORBOJ.-Pierre GRAZIANI, maire de PRATO-DI-GIOVELLINA
Jean-Claude FONDACCI DE PAOLI, maire de RAPALE Jean-Claude FONDACCI DE PAOLI, maire de RAPALE
Jean-Noël LESCHI, maire de VALLE-DI-ROSTINOJean-Noël LESCHI, maire de VALLE-DI-ROSTINO
Jean-Pasquin MATTEI, maire d'OCCHIATANA 
Joseph GUGLIELMI, maire de FELCE 
Mathieu SECONDI, maire de SCATA 
P.-Baptiste MAESTRACCI, maire de VILLE-DI-PARASO 
Côte d'OrCôte d'Or
Alain GUYOT, maire de BARJONGuy VOISINE, maire de SAVIGNY-SOUS-MALAIN
Benoît DE VALOUS, maire de PUITS Michel GUICHARD, maire de BARBIREY-SUR-OUCHE
Charles CAVIN, conseiller régionalHubert FEVRE, maire de BLAISY-HAUT
Christian LEFOL, maire de LA ROCHE-VANNEAUBernard TILQUIN, maire de BEAUNOTTE
Colette LENOBLE, maire de TELLECEY James PUY, maire de CUSSY-LE-CHATEL
Gérard PIERROT, maire de BESSEY-EN-CHAUME J.-Luc LECOUR, maire de GRENAND-LES-SOMBERNON
Gilbert JAGER, maire de QUEMIGNY-SUR-SEINE Jean-Claude CHARLOT, maire de CHASSEY
Marc BON, maire de BEIRE-LE-FORT François LOUET, maire de BLAISY-BAS
Marcel MARION, maire de MONTIGNY-SUR-ARMANÇONMichel MAIRET, maire de TURCEY
Michel REVENU, maire de MOLINOT Liliane FLOIRAS, conseiller régional
Michel SOMMET, maire de MONTMOYEN 
Pierre JABOULET-VERCHERRE, conseiller régional  
Claude GUILLAUME, maire de SAINT-BROING-LES-MOINES 
CreuseCreuse
 Georges NICOULAUD, maire d'AUGE
DordogneDordogne
Marc ROBERT, maire de CHAMPNIERS-ET-REILHACPhilippe LACHAUD, maire de SAINT-ROMAIN-ET-SAINT-CLEMENT
 Guy TALLET, maire de BADEFOLS-SUR-DORDOGNE
 Georges MASSIAS, maire de SAINT-MARTIN-DES-COMBES
 Lucien POMEDIO, maire de SAINT-PERDOUX
 Robert MOLLAT, maire de SAINT-AUBIN-DE-NABIRAT
 Marcel MEZERGUES, maire de BESSE
 Jean-Pierre GOUAUD, conseiller général de LE BUGUE
 Elisabeth BONNARD, maire de CHAMPS-ROMAIN
 Roland COLLINET, maire de BREUILH
 Guy BEBOT, maire de VIEUX-MAREUIL
 Claude JACQUOT, maire de CLERMONT-D'EXCIDEUIL
 Louis HERBRETEAU, maire de SAINT-LAURENT-DES-BATONS
DoubsDoubs
Alain SEBILLE, conseiller régional Christian GRANIE, maire de LES ALLIES
Arlette SOEUR, maire de VAIRE-LE-PETITClaude MAGNIN, maire de LOMONT-SUR-CRETE
Bernard EUSTACHE, maire délégué de commune associée de CHAZOYJean-François BEURTHERET, maire de VERRIERES-DU-GROSBOIS
Christian BRAND, maire de BELVOIR Joseph CUENOT, maire de MESANDANS
Claude VERMOT, conseiller général de MORTEAUPierre DESTAING, maire de SARAZ
Jean-Luc BART, conseiller régionalJean-Marie ROTH, maire de CHAMPVANS-LES-MOULINS
Pierre MILLOZ, conseiller régionalJérôme RENAUD, maire de LE NARBIEF
Raymond MINOTTO, maire de ROSUREUXRoland FAIVRE, maire d'ADAM-LES-PASSAVANT
Robert QUINTERNET, maire de VILLERS-GRELOTJean-Louis MORTEAU, maire de COTEBRUNE
Sophie MONTEL, conseiller régionalMaurice VUILLEMIN, maire de LAVAL-LE-PRIEURE
J.Luc de TROGOFF, conseiller régionalRaymond BOUCON, maire de PALISE
 Michel LARTOT, maire d'OSSELLE
 Serge TORTEAU, maire de THORAISE
 Jean BAUD, maire délégué de commune associée de BOUJEONS
DrômeDrôme
Albert ROSSET, conseiller régional Michaël BORDAS, maire de SAINT-MARTIN-D'AOUT
André FAVIER, maire de TRESCHENU-CREYERSAndré FAVIER, maire de TRESCHENU-CREYERS
André MARTIN, maire de LA CHAUDIERE  
Annick MORISSE, maire d'ARNAYON  
Bernard PINET, conseiller régional  
Chantal BOUVET, maire de CROZES-HERMITAGE  
Christian BEAUME, maire de SEDERON  
Christian BONNET, maire de LA ROCHE-SUR-GRANE  
Christian GILLOUIN, maire d'AUREL  
Eric CHAREYRE, maire de VAUNAVEYS-LA-ROCHETTE 
Francis AUBERT, maire de REILHANETTE 
Gérard BLACHE, maire de BRETTE 
Joël CHEVAL, conseiller régional  
Josiane GENEVIER, maire de BEAUMONT-MONTEUX 
Michel TAVAN, conseiller général de VALENCE-3 
Pierre BOUCHET, maire de LE CHAFFAL 
Pierre JOLY, maire de MERINDOL-LES-OLIVIERS 
Sylviane RASPAIL, maire de BOUVIERES 
Charles BRES, maire de VOLVENT 
Juliette CHEVALLIER, maire de ROTTIER 
EureEure
Achille FOUBERT, maire de LA CHAPELLE-HARENG Marie-Dominique ROUAS, maire de BOSGOUET
Francis SABINE, maire de SAINT-DENIS-DES-MONTSChantal RIVARD, maire de DURANVILLE
Guy DUGRES, conseiller régionalPaul CHAUVELIN, conseiller régional
Jean-Pierre DACBERT, maire de MARTAGNY Stéphane DUYCK, maire de CHAMP-DOLENT
Max BERTAULD, maire de CORMEILLES André METTAIS, maire de HECTOMARE
Michel JOUYET, conseiller général d'ECOS Gérard SWERTVAEGER, maire de THUIT-HEBERT
Pierre BRANGEON, maire de MALOUYJ.-Pierre LUSSAN, conseiller régional
René POTEL, maire de BERNIERES-SUR-SEINE Bernard BOUCHER, maire de BERENGEVILLE-LA-CAMPAGNE
 Yves DUPONT, conseiller régional
 Patrice VALLEYE, maire de SAINT-JULIEN-DE-LA-LIEGUE
 Bernard TAILLIEU, maire d'ECOS
Eure-et-LoirEure-et-Loir
André BAURAIN, maire de MOTTEREAUDaniel PORCHER, maire de FONTAINE-LES-RIBOUTS
Bernard DUVERGER, maire de SAINT-LUCIEN 
François AVON, conseiller régional 
Gisèle SOULIER, maire de LANGEY  
Jacques DAUTREME, conseiller régional 
Jean-Lin LACAPELLE, conseiller régional  
Marcel COUPPE, maire de VITRAY-EN-BEAUCE 
Philippe GLANARD, maire de GUAINVILLE 
FinistèreFinistère
 Olivier MORIZE, conseiller régional
 Claudine DUPONT TINGAUD, conseiller régional
GardGard
Joël MANZANERE, maire de MONTFAUCONJulien GOYOT, maire de SAINT-CHRISTOL-DE-RODIERES
Max JANIN, conseiller régional Serge MARTINEZ, conseiller régional
 Marie-Josée CROS, conseiller régional
 Elizabeth PASCAL, conseiller régional
 André ROUDIL, conseiller régional
Haute-GaronneHaute-Garonne
Louis ALIOT, conseiller régionalCharles BAYLE, maire de LILHAC
René JEAN-JEAN, maire de SAUSSENSThierry SALLES, maire de FRONTIGNAN-SAVES
Robert MAUHOURAT, maire de SAIGUEDE Nadege SAINTOMER, conseiller régional
Serge LAROZE, conseiller régionalJ.-Pascal SERBERA, conseiller régional
GersGers
Mitrophan BREOUS, maire de SAVIGNAC-MONA Joël DURREY, maire d'AVEZAN
René COUZINET, maire d'ARROUEDE Pierre MOURAY, maire de TUDELLE
Pierre AGUT, maire de de MOUREDEAlain PAYSSE, maire d-BELLOC
 Alain BACQUE, maire de RAMOUZENS
 Alain DALLA-BARBA, maire de CLERMONT-SAVES
 Jean LARTIGUE, maire de COULOUME-MONDEBAT
 Joël BONNEAU, maire de BARCUGNAN
 Daniel MENON, maire de ROQUEFORT
 Gérard GOURGUES, maire de BRETAGNE-D'ARMAGNAC
 Max LAMOTHE, maire de CATONVIELLE
GirondeGironde
André BOULIN, maire de SAINT-LAURENT-DU-PLAN Alain DE PERETTI, conseiller régional
André RICHARD, maire de SAINT-EXUPERY 
Jacques COLOMBIER, conseiller régional  
Maurice LE GENTIL, conseiller régional  
HéraultHérault
France JAMET, conseiller régional Georges BARTOLI, maire de GABIAN
Francine COMMENGE, conseiller régional Jean-Claude MANIFACIER, conseiller régional
Georges NOUGUIER, maire de VALMASCLERoger GRANIER, maire de ROUET
Jean-Louis PELLETIER, conseiller régional 
Vincent PIGANEAU, maire de COULOBRES 
Ille-et-VilaineIlle-et-Vilaine
Jacques DORE, conseiller régional Pierre MAUGENDRE, conseiller régional
Louis ROCHEFORT, maire de TINTENIAC Constant SAFFRAY, maire de BOISTRUDAN
 Roland BOUVET, maire de COMBOURTILLE
IndreIndre
Bernard GUILLON, maire de VILLEGONGISAndré BALDINI, maire de LA BERTHENOUX
Guy JULO, maire de POULAINES  
Jacques DUMONT, maire de POMMIERS 
Jean PETIPEZ, maire de BRIANTES 
Michel HUBAULT, conseiller régional 
Stéphane GOURIER, maire de SEGRY  
Indre-et-LoireIndre-et-Loire
Franck HIDALGO, maire de LA GUERCHE Agnès BELBEOCH, conseiller régional
Jean TROUBAT, maire de CRISSAY-SUR-MANSE Gérard JACQUES, maire de CIGOGNE
Jean VERDON, conseiller régional 
Jean-Marie SAVATON, maire de BRAYE-SOUS-FAYE 
Joël RABUSSEAU, maire de SAINT-BAULD  
Marcel FORTIN, conseiller général de LE-GRAND-PRESSIGNY 
Natalie SENNEGON, maire de NEUIL  
Yves MOYER, maire de CROTELLES 
IsèreIsère
Alain DUGELAY, conseiller régional Eric BRUNOT, conseiller régional
Daniel MEURICE, conseiller régionalLucien BERAY, maire de BREZINS
Eric GARNIER, maire de QUINCIEUChristian VELLIEUX, conseiller régional
Georges THEIL, conseiller régionalPatrick PACAUD, maire de MONTAGNE
Hugues PETIT, conseiller régionalClaude BLANC-COQUAND, maire de SAINTE-AGNES
Jacques BOURGEAT, maire de BEAUVOIR-EN-ROYANS Joël SAVOY, maire de SUCCIEU
Marie-Thérèse ROCHE, maire de GONCELIN 
Michel GONIN, maire de SAINTE-MARIE-DU-MONT  
JuraJura
Bernadette MENOUILLARD, maire de PLAISIA Jean-Etienne NORMAND, conseiller régional
Daniel GAILLY, maire de MIREBELLouis IONI, maire de LOUVENNE
Daniel MAIROT, maire de VILLENEUVE-D'AVAL Marcel BRIDE, maire de MARNEZIA
Gérard THEVENIN, maire de LEZATMarcel ODOBEL, maire de VIRY
Henri VUITTON, maire de LAVANS-SUR-VALOUSE Jean-Pierre GROS, maire d'ALIEZE
Jean-Noël LAGARDE, maire de LARGILLAY-MARSONNAY Daniel DUVERNOIS, maire de TAXENNE
Michel FAVERGE, maire de DIGNALuc BEJEAN, maire de MONTEPLAIN
Serge ROULLE, maire de LEMUYJean PERROTIN, maire d'ECLEUX
 Gilles CARNET, maire de GENOD
 Claude JACQUENOT, maire de MONT-SUR-MONNET
 André PROST, maire d'ARESCHES
 Jean-Charles KOEHREN, maire de SOUVANS
 Louis VUILLET, maire de SAVIGNA
 Gilbert BOUILLOD, maire de GRUSSE
 Bernard ROUSSEL, maire de VERIA
 Alain OUBIBET, maire de LA MOUILLE
 Jean VALLET, maire de LOMBARD
 Fernand JANET, conseiller général de SAINT-JULIEN
 Noël NOIROT, maire de RYE
 Gabriel GIROUDET, maire de SERGENON
 Jean-Noël GUYON, maire de BRETENIERES
 Gérard DEPRES, maire de CHEMILLA
 Antoine MARCELLIN, maire délégué de la commune associée LE BOUCHAUD
LandesLandes
Michel DUBAQUIER, maire de LACAJUNTEMichel DUBAQUIER, maire de LACAJUNTE
Loir-et-CherLoir-et-Cher
Guy RIMBERT, maire de DHUIZON Michel DENIAU, maire d'EPUISAY
Jacky DEFORGES, maire d'ANGEJean-Pierre GIRODON, maire de BOUFFRY
Miguel DE PEYRECAVE, conseiller régional  
Henri COCHELIN, conseiller général de MONDOUBLEAU 
LoireLoire
Charles PERROT, conseiller régional Frédéric GRANJON, conseiller régional
Christian BARJON, maire d'ESTIVAREILLES Alain GIRARDET, maire de SAINT-SYMPHORIEN-DE-LAY       
Christian GRANGIS, conseiller régionalMichel SEON, maire de SAINT-DENIS-SUR-COISE
Joël DE CURRAIZE, maire de MORNANDHenri GROSDENIS, maire d'ARCINGES
Joël EPINAT, maire de SAINT-BONNET-LE-COURREAUGérard LLILIO, conseiller régional
Michel PAROIS, maire de CHALMAZELJean CLAVIER, maire de SOLEYMIEUX
René SERRAILLE, maire de SAINT-BATHELEMY-LESTRAGérard TOURNAIRE, conseiller régional
 Georges THOMAS, maire de SAINT-ROMAIN-D'URFE
 Norbert CHETAIL, conseiller régional
Haute-LoireHaute-Loire
Jean-Louis COTTIER, maire de BESSAMOREL Théodore CHAZAL, maire de SAINT-GEORGES-D'AURAC
 Jacques BARRAT, maire de SAINT-PIERRE-DU-CHAMP
 Monique CHARREYRON, maire de MALVALETTE
 Paul BRULE, conseiller régional
 Joachim MAZOYER, maire de VAZEILLES-LIMANDRE
 Jean FAYARD, maire de MONTFAUCON EN VELAY
Loire-AtlantiqueLoire-Atlantique
Philippe ROUGER, conseiller régional Hervé LUBERT, maire de JOUE-SUR-ERDRE
Samuel MARECHAL, conseiller régional Arnaud DE PERIER, conseiller régional
LoiretLoiret
Claude BAUCHE, maire de LANGESSEGérard BEAUDOIN, maire de RUAN
Jean CAVAILLES, maire de BUCY-SAINT-LIPHARD Martial BERNARDON, conseiller régional
Solange FROTTIER, maire de BATILLY-EN-PUISAYE Jean-Pierre VACHER, maire de PRESNOY
 Denis DAUDE, conseiller régional
 William CHARPENTIER, maire de MORMANT-SUR-VERNISSON
 Bernard LESAGE, maire de LION-EN-BEAUCE
 Maurice ETIENNE, conseiller régional
 Xavier GUILLEMOT, conseiller régional
 Jacky SUARD, maire de MELLEROY
LotLot
Guy PLEIMPON, maire de LUNEGARDE  
Lot-et-GaronneLot-et-Garonne
 Eddy MARSAN, conseiller régionalMaurice BOUTIN, maire de POMPIEY
Françoise GROLET, conseiller régionalJean-Pierre LUSSAGNET, maire de NOMDIEU
Frédéric BRISOT, maire de MOUSTIERRoland SOCA, maire de PINEL-HAUTERIVE
Laurent DEBONO, maire de GRAYSSASJean-Romain ARGACHA, conseiller général de DAMAZAN
 Geneviève DE POURTALES, maire de LASSERRE
 Guy JOFFRE, maire d'ESPIENS
 Bernard CAUBET, maire de BEAUZIAC
 J. Marc RIVES, maire de RIVES
LozèreLozère
Bernard BONICEL, maire de LAVAL-DU-TARN Gabriel ROUSSET, maire de GABRIAS
Christian CABIROU, maire de TRELANSJacques PRADEILLES, maire délégué de la commune associée LA CAPELLE
Colette SALEIL, maire de SAINT-SATURNINJean-Claude LONGEAC, maire délégué de commune associée d'AUXILLAC
Denis GRAS, maire de LA CHAZE-DE-PEYRE  
Gérard ODOUL, maire de CHAUCHAILLES 
Pierre CHAYLA, maire de SAINT-JUERY 
Maine-et-LoireMaine-et-Loire
Jean-Claude VARANNE, conseiller régional Jean-Louis ROY, maire d'EPIEDS
 Jean-René LEFORT, maire de TREMONT
 Bernard BERNIER, maire de TANCOIGNE
 J.-Philippe MOTTE, conseiller régional
 Jean-Claude RAIMBAULT, maire de MONTPOLLIN
MancheManche
André PERIER, maire de CAMPRONDJean-Marie LEMOINE-LE CHESNAY, conseiller régional
Bernadette LETOUSEY, maire de LA MEURDRAQUIERE Jean-Jacques BREGUET, maire de SEBEVILLE
Bernard ENAULT, maire de PRETOT-SAINTE-SUZANNE Louis SENOVILLE, conseiller régional
Félix LEDENTU, maire de SAINT-ANDRE-DE-BOHONJean BOISNEL, maire de SENOVILLE
Gérard LADROUE, maire de LE MESNIL-HERMAN Yves DUVAL, maire de BLOSVILLE
Jean-Luc PIGNET, maire de LENGRONNEDaniel HAMCHIN, maire d'ANGOVILLE AU PLAIN
Michel AUMONT, maire de SAINT-SAUVEUR-LA-POMMERAYE Michel AUMONT, maire de SAINT-SAUVEUR-LA-POMMERAYE
Raymond SORET, maire de BOUTTEVILLE 
Roger LECHEVALIER, maire de SAINT-PIERRE-D'ARTHEGLISE 
Roland LEGRAND, maire de SAVIGNY-LE-VIEUX 
J.Pierre PERRODIN, maire de SAINT-MALO DE LALANDE 
Pierre FAUVEL, maire de SAINT-CÖME DU MONT 
MarneMarne
Dominique THOMAS, maire de SELLESAlain BROCHET, maire d'ECUEIL
François HILBERT, maire de LOUVOIS Jacques LOISELET, maire de FAVRESSE
Jacky BAILLOT, maire de CUISPaul JENY, maire de SOMME-BIONNE
Jacqueline NAEYAERT, maire d'ANTHENAY Michel POLY, maire de GIVRY-LES-LOISY
Jérôme MALARMEY, conseiller régionalAndré VARLET, maire de REUIL
Michelle MACHEREZ, maire de LA CHAPELLE-LASSON François CURE, maire de BANNAY
Stéphane DUCHENE, conseiller régional 
Haute-MarneHaute-Marne
Catherine ETIENNE, conseiller régionalPaul DIDIER, maire délégué de commune associée de LECOURT
Colette COLOMBO, maire délégué de commune associée de SAINT-MARTIN-SUR-LA-RENNEMaryse MOUSSUT, maire délégué de commune associée de ROOCOURT COTE
Eric THERIOT, maire de MERREY Guy SAUVAGEOT, maire de MOUILLERON
Gérard BOUSSEL, maire délégué de commune associée de TREMILLY Jean-Marie HUTINET, maire de MAIZIERES-SUR-AMANCE
Gérard MARCHAND, maire de BRACHAYPatrick PARISEL, maire de CHOISEUL
Gilbert RAMAGET, maire de MARDOR Christian BOULY, maire délégué de commune associée de PRANGEY
Guy MAITROT, maire de SILVAROUVRES Hervé DHEU, maire délégué de commune associée de SAUVAGE-MAGNY
Pierre BERTAUX, maire délégué de commune associée de BEAUCHARMOY Marcel HUMBLOT, maire de MORIONVILLIERS
Robert LEFAIVRE, maire d'AIGREMONTJean-Marc MONIOT, maire de BLUMERAY
Jean-M CHALICARNE, maire délégué des communes associées de VILLIERS AUX CHENESJean-François FONTAINE, maire de GILLAUME
 Michel GUILLAUME, maire de LAVILLE-AUX-BOIS
 Daniel MONIOT, maire délégué de commune associée d'ANGLUS
 Bernard BREDELET, maire de SOYERS
 Claude ROYER, maire de SAINT-URBAIN-MACONCOURT
 Maryse URBAIN, maire de PAROY-SUR-SAULX
 Pierre SUCK, maire délégué de commune associée de HARMEVILLE
 André CAMUS, maire délégué de commune associée de SAINT-MICHEL
 Jean-Claude MARCHAL, maire délégué de commune associée de BRONCOURT
 Pascal DESANLIS, maire de MAIZIERES-LES-JOINVILLE
 Dominique MULLER, maire délégué de commune associée de BROUTHIERES
MayenneMayenne
Clotilde FAGUER, maire de SAINT-MICHEL-DE-LA-ROE Claude DEROUARD, maire de BLANDOUET
Michel PEUDENIER, maire de LA PELLERINE Gaspard SAVER, maire de SAINT-MARS-DU-DESERT
Meurthe et MoselleMeurthe et Moselle
Bernard LEMBERT, maire de VILLETTE Jacques PEYROU, conseiller régional
Bernard MICLO, maire de BERTRICHAMPS Jérôme DENOLLE, conseiller régional
Claude RICHARD, maire d'ETREVALBernard BUZON, maire de RAUCOURT
Denis KRYZS, maire de BROUVILLEJ.-Claude BARDET, conseiller régional
Gérard BARGOIN, conseiller régional 
Henri ANTOINE, maire de SAULXEROTTE  
Joël GERARD, maire de MARAINVILLER 
Michel PETITCOLAS, maire de HOUDREVILLE  
Patrice MALGRAS, maire de RAVILLE-SUR-SANON  
Robert LAGRUE, maire de SIVRY  
Bernard LOUIS, maire de NEUVILLE-LES-BADONVILLE 
MeuseMeuse
Bernard ROBERT, maire de HERMEVILLE-EN-WOEVRELucien HICKEL, maire de GERY
Ernest VAN ELSEN, maire de NOYERS-AUZECOURT André VAUTHIER, maire de NAIVES-EN-BLOIS
François BAUDOT, maire de HAN-SUR-MEUSEJean-Michel NORBERT, maire de RAMBLUZIN-ET-BENOITE-VAUX
François VICH, maire de VAUX-LES-PALAMEIX Jack ANTION, maire de TRONVILLE-EN-BARROIS
Françoise FLAMINI, maire de LANHERESEdouard HECKEL, maire de COURCELLES-EN-BARROIS
Gaston KINTZIG, maire de VERNEUIL-PETIT André PETIT, maire de VILOSNES-HARAUMONT
Jean-Jacques GERARD, maire de MOULINS-SAINT-HUBERT Marcel FISCHER, maire délégué de commune associée de RAULECOURT
Jean-Marie GILLET, maire de WAVRILLE Denis DEMANGE, maire délégué de commune associée d'AULNOIS-SOUS-VERTUZEY
Luc BREUIL, maire de RIBEAUCOURTLouis ROUYER, conseiller régional
Luc FLEURANT, maire de ROBERT-Espagne Claude VILLAIN, maire de BANNONCOURT
Nicole LATOUCHE, maire de VILLERS-LES-MANGIENNESBruno LANTERNE, maire délégué de commune associée de MALAUMONT
Patrick MAURY, maire de VOUTHON-BAS Serge KIMENAU, maire de SILMONT
Pierre NAU, maire de BLANZEEJean-Luc NICOLAS, maire de LONGCHAMPS-SUR-AIRE
Roger POUPART, maire de REMBERCOURT-SOMMAISNEClaude ANSMANT, maire de SAULMORY-ET-VILLEFRANCHE
Jacques EVRARD, maire de BAZEILLES-SUR-OTHAINJean LAMBERT, maire de GOURAINCOURT
Georges GODART, maire de MONTSECThierry GEOFFROY, maire de RUMONT
 Marcel CONREUX, maire de SAINT-GERMAIN-SUR-MEUSE
 Christian LANOIX, maire de BUREY-EN-VAUX
 Jean-Pierre VICHERAT, maire délégué de commune associée de COUSANCES-AUX-BOIS
  Jacques CHERRIER, maire de TANNOIS
 Monique COULAUD, maire d'EPIEZ-SUR-MEUSE
 Henri ROUYER, maire de DAGONVILLE
 Guy AUBRY, maire de LIGNIERES-SUR-AIRE
 Bernard MILLERY, maire d'AMANTY
 Claudy MALJEAN, maire délégué de commune associée de SENONVILLE
 Martine MARCHAL, maire de BISLEE
MorbihanMorbihan
René-Marie BOUIN, conseiller régional Daniel POULAIN, maire de KERGRIST
 A.-Marie KERLEO, conseiller régional
MoselleMoselle
Albert BOHN, maire d'OGYJean RENAUT, maire de SILLY-EN-SAULNOIS
Bernard ILLY, maire de BOUSTROFF François GOSSLER, maire de BANNAY
Edouard SCHAMING, maire de REYERSVILLER Hervé SENSER, maire de LEMUD
Germain VAILLANT, maire de ROUPELDANGE Albert WEISBECKER, maire de KEMPLICH
Guy HERLORY, conseiller régionalRoland GERARDIN, maire de TRAGNY
Jean-Marie BAUER, maire d'ENNERYDidier MUNIER, maire d'AJONCOURT
Thierry GOURLOT, conseiller régional Jacques MARCHAL, conseiller régional
Martin BAUER, maire de BOUSSEVILLERJean-Marie SIQUOIR, maire de LOUDREFING
 Hubert CHLOUP, maire de VILLERS-STONCOURT
 Irma GRANDCLAUDE, maire de GONDREXANGE
 Bernard LEMALE, maire de VILLERS-SUR-NIED
 Jean-Claude CHATEAUX, maire de LOSTROFF
 Camille GLAD, maire de RICHELING
 Evelyne DUBOIS, maire de DESSELING
 Virginie BARLEMONT, conseiller régional
 Gilbert NOMINE, maire de WALSCHBRONN
 Jean-Marie KLYSNIN, maire de BENESTROFF
 Gilbert TRITZ, maire de LAUMESFELD
 Pierre HUSSON, maire de VAL-DE-BRIDE
 Jean-Christophe MOULON, maire d'AUBE
 Michel AUBRIOT, maire de LAFRIMBOLLE
 Hervé BELLOY, maire de LUPPY
 Gabriel COLLIGNON, maire délégué de commune associée de GUIRLANGE
 J.-Marie NICOLAY, conseiller régional
 Christian KUHN, maire de FLASTROFF
 Jean-Denis FRANTZ, maire de ROCHONVILLERS
NièvreNièvre
Alain VITURAT, maire de RAVEAURenée RENAULT, maire d'ARZEMBOUY
Denis GAUDRY, maire de TRACY-SUR-LOIREJacques BRAZY, maire de LA COLLANCELLE
Guy PIRON, maire de BEARDMichel VENEAU, conseiller général de COSNE-COURS-SUR-LOIRE-SUD
J.-Dominique JURIK, maire de SAINT-FRANCHY  
Philippe CONNANT, maire de NEUFFONTAINES 
Philippe RAFFEAU, maire de BUSSY-LA-PESLE 
Régis LE POITTEVIN DE LA CROIX-VAUBOIS, conseiller régional  
Michel SOUDAN, maire de CHAMPALLEMENT 
NordNord
Bernard DEGAND, maire de HAYNECOURTJacques BOURREZ, conseiller régional
Charles DEGARDIN, maire de SAINT-WAAST-LA-VALLEE Philippe EYMERY, conseiller régional
Claude DERESNES, conseiller régionalEvelyne GUISLAIN, maire de MAULDE
Dominique SLABOLEPSZY, conseiller régional 
Jacques DISDIER, conseiller régional 
Jean-Pierre MONNIER, maire de NOYELLES-SUR-SAMBRE 
Marine LE PEN, conseiller régional 
Michel KERFYSER, maire de WULVERDINGHE 
Michel XIMENES, conseiller régional  
Patricia MOONE, maire de BERTHEN 
Philippe BERNARD, conseiller régional 
Philippe DUCROUX, maire de CATILLON-SUR-SAMBRE 
Pierre GRAVEZ, maire de CHOISIES 
Robert MOREAU, conseiller régional  
Roger OBLEZ, maire d'ANNEUX 
Jacqueline BRAUN, conseiller régional 
OiseOise
Edouard DE COSSE BRISSAC, maire de LE FAYELRégis MONTOIS, maire de REUIL-SUR-BRECHE
Eric BOULY DE LESDAIN, maire de MONTEPILLOYLaurent ISORE, conseiller régional
Eric MIKO, maire de LE PLOYRONEric DELCROIX, conseiller régional
Guy DESESSART, conseiller régionalJean-Marie DEFASQUELLE, maire de VIEFVILLERS
Guy MOREAU, maire de ROUVRES-EN-MULTIENSanguy BOCQUET, maire de ROMESCAMPS
Jacqueline CHARLET, maire de MARGNY-AUX-CERISES Michel LADOUBART, maire de LE HAMEL
Jacques BOCQUET, maire de TRICOTPatrick BROCARD, conseiller régional
Jacques VILLET, maire de DARGIESPhilippe BROU, maire de BAILLY
Jean DELACROIX, maire d'IVORS Gilbert VEREECKE, maire de VILLERS-SUR-BONNIERES       
Jean VARENNE, maire de RIVECOURTRené SOHIER, maire de LALANDELLE
Jean-Pierre DUPETIT, maire de LITZ Alain BAUDIN, maire de QUINQUEMPOIX
Michel GUINIOT, conseiller régionalJ.-Pierre HEU, maire de SOMMEREUX
Pascal LEMMENS, maire de SAINT-PIERRE-LES-BITRY René RIVA, maire de PRECY-SUR-OISE
Pierre DESCAVES, conseiller général de NOYONJean-Pierre MAYOT, maire de FOSSEUSE
Régis FLAMAND, maire d'ESSUILESMichel LADOUBART, maire de LE HAMEL
René GOURGUECHON, maire de NOROY Michel LASNIER, maire de SAINT-SAMSON LA POTERIE
OrneOrne
Brigitte LECOEUR, conseiller régionalBrigitte LECOEUR, conseiller régional
Christophe GUIARD, maire de LA MADELEINE-BOUVET Christophe GUIARD, maire de LA MADELEINE-BOUVET
Daniel GUITTON, maire de LES ASPRES 
Daniel JEAN, maire d'APPENAI-SOUS-BELLEME  
Guy MONHEE, maire de TOUROUVRE  
Hubert GOUPIL, maire de COMBLOT