31 mars 2005
simulation de guerre nucléaire
Simulation de guerre nucléaire

Depuis le temps que ça doit finir par arriver, ça
va finir par arriver !
Ginette Renaud Concierge (2005)
Une simulation, ma petite c'est utile au cas où t'y arriverai pas...
Prosper Merimel souteneur (1926)
On fait pas de champignon sans cassé d' omelette!
Marcel ricard taulier (1952)
Tout ce que vous vouliez savoir sur la guerre atomique ,Stanislas kazal
vous l'explique avant qu'il ne soit trop tôt ou trop tard pour vous faire
atomiser et vitrifier en toute conscience, en y prennant plaisir si possible.
1)Allons cueillir des champignons!
A)Les bombes A !
La fission nucléaire, utilisée pour
déclencher les explosion des bombes A, fait
apparaître des noyaux atomiques instables qui, en se
désintégrant en particules plus stables,
produisent des rayons alpha, bêta, ainsi que les rayons gamma
et neutroniques, extrêmement dangereux.
Les rayons gamma ont un pouvoir de pénétration
de: 30 cm dans le béton 30 à 60 cm dans la boue 1
mètre dans l'eau
Il y a deux types de rayons gamma, et comme certaines lames de rasoirs
bien connue, ils ont la propriété
d'être à double action: le ler entame l'humain, et
le 2eme achève l'humain avant qu'il ne se
rétracte soit le double effet kiss cool Nagasaki-Hiroshima.
1)Les rayons gamma "instantanés", produits lors de
l'explosion elle même n'ont en fait qu'une importance
mineure, car ils irradient une surface déjà
soumise à un effet de souffle dévastateur, et
à un puissant rayonnement thermique: ceux qui ont
été écrabouillés et
carbonisés, seront content d'apprendre que cela continu sans
eux parce qu'il ont déjà reçu et qu'il
en faut pour tout le monde en démocratie..
2)Les rayons gamma différés qui sont
émis par la désintégration radioactive
de particules produites par l'explosion: ils se condensent sur des
résidus de poussière que l'explosion arrache du
sol et expédie en altitude, où ils sont
disséminés au dessus de grands territoires,
créant de ce fait, de vastes champs de retombées.
Plus une explosion est puissante, plus ces débris sont
envoyés loin, parfois jusque dans la
stratosphère, et plus il leur faut de temps pour
redescendre: ils perdent ainsi beaucoup de leur
radioactivité. Donc, paradoxalement, plus une explosion est
puissante, moins ses retombées sont dangereuses. loin des
yeux, loin de la tumeur !
Toutefois, si des centrales nucléaire ou des
entrepôts de matériaux radioactifs
étaient touchés par des bombes de forte ou
très forte puissance, on assisteraient alors à la
formation de vastes déserts radioactifs dans lesquels le sol
et l'eau seraient empoisonnés pour des siècles,
et peut être des millénaires.
Il faut tout de même signaler qu'un bâtiment
réacteur de centrale résisterait sans
problème, avec la salle de commande, à une
explosion nucléaire tactique
(1 à 3 kT: la plus plausible sur ce type d'objectif). La
salle des machines (turbine, alternateur), dont les composants ne sont
pas radioactifs, serait rasée. Les objectifs de l'ennemi
serait donc atteints car sauf s'il s'agit de Fu Manchu ou de Fantomas
,leur but serait de réduire la production
d'électricité du pays cible, pas de provoquer une
catastrophe nucléaire, ouf un petit dîner au
chandelle en perspective, merci butagaz.
Le procédé utilisé est la fission
nucléaire!
B)Bombe H
En ce qui concerne les bombes H (à hydrogène),je
dirai simplement que l'énergie produite par 1 kg de
Deutérium lors du processus de Fusion dans ces bombes
là, est 6 fois supérieure à celle
produite par 1 kg d'Uranium dans le processus de Fission des bombes A.
Pour obtenir l'énergie nécessaire à
leur fonctionnement, on utilise justement l'explosion d'une bombe A en
guise d'allumette(réaction en chaîne).
NB: Le Deutérium est un isotope de l'hydrogène,
c.a.d.:un atome d'hydrogène avec un noyau de masse
différente. le procedé utilisé est la
fusion après un allumage par une petite bombe A.On peut
d'ailleurs s'amuser ainsi comme l'on fait nos chercheurs
fission,fusion,refision, refusion etc les effets s'en trouve
démultipiés en terme de souffle, thermique et radioactif...
C)La bombe N dite Bombe à Neutron
La bombe N est une arme destinée avant tout à
stopper des formations tactiques de blindés. Elle contient
une bombe A destinée à faire exploser une bombe H
modifiée pour libéré un max de
radiation mortifère . Les effets de souffle et les effets
thermiques sont réduits et correspondent pus ou moins ceux
d'une bombe A de 1 KT.
Par contre, ce sont donc les effets des radiations sont les plus
préoccupant!
-L'EFFET DE SOUFFLE: détruit tout dans un rayon de 250 m.
A 300 m, les chars résistent.
Les bâtiments tiennent debout à partir de 700 m et
les vitres se brisent à 1 000m
-L'EFFET THERMIQUE: Les chars résistent à 300
mètres.
A 750 m, le papier et le tissus s'enflamment spontanément
(les bâtiments qui auraient résisté
à l'effet de souffle peuvent donc prendre feu
jusqu'à 750m).
- L'EFFET DES RAYONS GAMMA:
A 600m: 10000 rems: mort immédiate.
A 900m: 1800 rems: mort entre 2 et 14 jours.
A 1300m: 200 rems: mort au bout de quelques semaines (sauf secour
efficace).
A 1800m: dose négligeable
- L'EFFET DES NEUTRONS:
A 900m: 12000 rems: mort immédiate
A 1300m: 750 rems: mort en quelques semaines
A 1800m: 50 rems: négigeable
- EFFETS DES RADIATIONS:
0,5 rems : limite annuelle d'exposition pour le public.
5 rems : Limite légale annuelle d'exposition pour un
professionnel (limite rarement approché en centrale).
10 Rems instantannés (modifications provisoire de la formule
sanguine (Nbre de globules blancs) pendant 3 jours.
100 Rems instantannés : Nausée, vomissements.
200 Rems inst. : Rougeurs sur la zone exposée. On notera que
les premiers chercheurs qui ne connaissaient pas les effets de la
radioactivité on utilisé ce symptôme
comme unité de mesure (!?!). On était
brûlé ou pas. Cependant ceux qui sont morts d'un
cancer (pas forcément imputables aux radiations, ne sont
morts que plusieurs (dizaines) d'années après.
250 Rems inst. : Perte des cheveux, de la pilosité, premiers
décès possibles (dans les jours suivants).
Dose semi-létale : 450 Rems instantanés. La dose
semi létale est déterminée comme
étant celle pour laquelle 50 % des personnes
exposées décèdent des causes des
radiations (dans un délai de 3 mois, la plupart du temps
dans les 3 jours) sans avoir reçu de soins
adaptés.
Les mutations génétiques ne sont quasiment pas
possibles, Car si une cellule est atteinte :
-Soit elle meurt.
-Soit elle se répare.
-Soit elle devient "incontrôlable" et cela aboutit
à un Cancer.
Une gamète sexuelle mâle (spermatozoïde)
peut comporter une aberration mais les
spermatozoïdes sont changés tous les 20 jours par
l'organisme (20 jours d'abstinence pour éviter
Eléphant man).
Pour les gamètes sexuelles femelles: les ovules sont
présents dans les ovaires depuis la naissance de la femme et
y restent jusqu'à l'expulsion du dernier d'entre eux . Une
femme en étant de procréer ne peut pas savoir,
dans les 15 premiers jours de la grossesse, qu'elle est enceinte: les
retards de règles n'ayant pas encore
été détectés. Or,je sais de
quoi je parle, le fœtus durant cette période est
très fragile et supporte mal l'exposition aux radiations. Il
peut mal se comporter mais dans la quasi-totalité des cas,
il mourra. Signalons aussi que les organes sexuels féminins
sont deux fois plus résistants que ceux des hommes.
On ne peut donc pas muter de son vivant (les gênes
architectes veillent !)
Le résultat d'une forte dose est moins spectaculaire :
Beaucoup de cellules meurent, et ne font plus leurs boulot: Perte des
fonctions digestives (foie HS, idem pour les intestins).
Genèse d'adrénaline HS. La plèvre
devient poreuse et les poumons se remplissent de sang, de lymphe, les
transmissions nerveuses sont altérées, le
système immunitaire devient défaillant...
En cas de fortes radiations, on ne se transforme donc pas en calamar
géant bleu fluo ni en hiroshiman le super héros,
on meurt, tout simplement. Les cancers, quant à eux,
n'interviennent qu'à moyen et long terme.
Petites remarques avant de continuer:
Il convient d'expliquer clairement ce qu'il ne pourrait pas arriver,
même avec l'explosion de toutes les armes atomiques:
-1: L'explosion pure et simple de la planète: il s'agit juste de
bombes atomiques, pas de l'apocalypse de st jean ni d'une vision de
Paco Rabannes, voyons !
-2: Faire bouillir les océans(mais que fait captain igloo)!
-3: Changer l'axe de rotation de la terre (je vais enfin trouver le
nord)!
-4: Faire fondre les pôles: pour une raison simple:il n'y a
rien à y détruire, ils ne seraient donc pas
visés le cas échéant (le
père Noël aura la vie sauve) !
-5: Engloutir des continents entiers: le manteau de la croûte
terrestre est solide, et il ne cédera pas si facilement( au
secours le lapin mangeur de planète).Par contre, il est
à craindre une montée des eaux en certains
endroits en raison de la rupture de digues dues aux explosions
nucléaires (en Hollande l'autre pays du barrage par exemple).
-6: La destruction totale de la vie sur la planète: en
effet, il existe dans les grandes fausses sous marines et dans certains
calbutes, des espèces qui seraient hors d'atteinte des
effets d'une guerre et qui n'ont pas besoin de lumière
solaire pour vivre. Qui sait, peut être la vie reprendrait
elle à la surface au bout de ... un millions
d'années: n'est-elle pas tout d'abord apparue dans l'eau ou
dans le slip du créateur ? Ceci dit, laissons là
le débat sur les origines de la vie et reprenons notre
propos:
2) L'OZONE SE FAIT ULTRA-VIOLET (mais que fait la police).
Les armes de plus de 200 KT atteignent la stratosphère , y
provoquent la combustion de l'atmosphère , et transforment
l'azote N2 de l'air en NO, N02, N03 ... or,ces NOx
détruisent la couche d'ozone.
La couche d'ozone supprimée ou au mieux gravement
endommagée, les rayons Ultraviolets du soleil ne seraient
plus arrêtés et se feront une joie de venir nous
fumer la couenne, provoquant des cancers, et en prime (oh merde!) une
altération du système immunitaire.
Mais il y a plus grave (re merde) les rayonnements Ultraviolets
menaceront la base de la chaîne alimentaire en
détruisant des plantes microscopiques (Phytoplancton) qui
servent d'aliments à certains animaux marins. En remontant
cette chaîne, on pourrait arriver jusqu'à l'homme
et au Medef. Les cultures ne seront pas non plus
épargnées par la disparition de l'ozone: en
quelque sorte, ce sera la "faim" mais pas la soif vu la cave de
Philippe ROUYER .
3) le grand incendie (qui as foutu le feu au bahut) !
Dans les villes et les raffineries sont concentrés sur une
faible surface des produits inflammables et toxiques (ou pouvant le
devenir lors de leur combustion). Si de tels objectifs
étaient visés en grand nombre. il en
découlerait des émanations importantes de
fumée et de suie qui empêcheraient la
lumière de passer: c'est ce que l'on appelle "l'hiver
nucléaire", car il supprimerait l'effet de serre
entraînant une chute des températures:
On a vu que les fortes explosions au sol propulseraient de fines
particules jusque dans la haute stratosphère: cette
poussière serait d'abord soulevée par la boule de
feu elle-même, puis aspirée par le pied du
champignon. Mais elles provoqueraient surtout de gigantesques incendies
renforcés par la rupture des conduites de gaz.
Le bois, le pétrole, le plastique, le bitume, le gaz naturel
brûlent très bien et sont présents en
grande quantité dans les agglomérations: de
véritables ouragans de flammes pourraient se
déclencher.
Or, les combustions vives transforment une bonne partie des
matières organiques en carbone
élémentaire, c'est à dire en
fumée de suie très noire.
Ces énormes paquets de fumée
s'élèveraient pour couvrir tout l'horizon.
Et c'est la que se situe le problème, car la
fumée, la suie, la poussière,
injectées à haute altitude,
empêcheraient la lumière solaire d'arriver au sol,
ce qui contribuerait déjà à refroidir
la terre: il risquerait de plus de faire presque aussi sombre le jour
que la nuit.
Mais ces épais voiles noirs ne pourraient surtout pas
permettre aux rayons solaires d'atteindre la basse
atmosphère qui contient principalement les gaz provoquant
l'effet de serre.
En effet certains gaz de l'atmosphère (CO2 et Vapeur d'eau),
laissent passer la lumière solaire visible, mais pas les
rayonnements infrarouges dont l'émission par la terre en
direction de l'espace tendrait à la refroidir. Ces gaz sont
donc comme un "manteau" qui réchauffe la terre.
L'effet de serre stoppé, un refroidissement
considérable de la terre serait à envisager. Il
est à signaler qu'un hypothétique lessivage par
les pluies n'entraînerait qu'une diminution de 10% de la
quantité de fumée.
La température moyenne d'un point
émergé du globe (selon sa position et les
saisons,l 'heure ) est de 13°c. Sans effet de serre, cette
température pourrait perdre entre 15 et 25°c,
entraînant un gel total durant des mois, et peut
être même quelques années, d'ou le nom
"d'hiver nucléaire". Une fois les fumées et les
radiations retombées, les rayons Ultraviolets s'en
donneraient à cœur joie pour tuer ce qui ne l'a
pas encore été...
-Une explosion nucléaire disperse des atomes de plutonium
non "brûlés" (isotopes, survivant des fissions,
...). Ce plutonium ainsi que d'autres produits de fission ne sont pas
que radioactifs, ils sont aussi très toxiques, puisque ce
sont des métaux lourds (plomb, plutonium, uranium, arsenic,
...).
1 gramme de Plutonium, par exemple, est 1000 fois plus dangereux par sa
toxicité que par ces effets radiologiques. Il y a donc aussi
de fortes chances de mourir d'empoisonnement .
Ajoutons à cela que, du fait des incendies des villes, il
est à craindre d'importantes émanations de gaz
toxiques (Pyrotoxines), ou encore, la dispersion sur un vaste
territoire de résidus de fibres d'amiante (qui sert
d'isolant dans beaucoup d'immeubles), entraînant des risques
prolongés de cancers.
Dans les raffineries de pétrole, les stocks de souffre issus
du carburant traité pourrait, en brûlant, former
des panaches d'acide sulfurique entraînés par le
vent. Il se produirait alors des pluies acides dans un rayon important
autour des raffineries.
Quoi qu'il en soit, une extermination massive des espèces
est à envisager, y compris celle de l'homme.
4) Le Chaos ( et c'est ainsi que cain -caha):
C'est la famine qui sera le facteur le plus dévastateur:
l'effondrement des systèmes politiques et sociaux fera
perdre toute valeur à l'argent: se nourrir deviendra le but
ultime. Or, les récoltes seront détruites, par le
feu et les radiations, puis le froid et l'obscurité qui
empêcheront le phénomène de
photosynthèse. Le manque de médecins, de
médicaments, de matériel médical et
d'hygiène accélérera la propagation
des infections et des maladies. Il ne faut pas s'attendre à
ce que des gens affamés, malades et
désespérés restent sages comme des
images de camenbert. Les pillages seront légion. La police
et l'armée, inexistantes ou très
désorganisées, suivant le gouvernement ne
pourront pas agir efficacement. La loi du plus fort s'imposera (ceux
qui possèdent des armes personnelles) dans un but
égocentrique de survie, au détriment des plus
faibles. Ceux-ci seront exterminés ou rejetés des
abris si il y en a, pour cause de manque de nourriture ou de place.
Les bases technologiques dévastées, les
ressources détruites, une haine sauvage contre les
scientifiques, les intellectuels et Stanislas Kazal seront à
craindre. Il y aurait un retour à la superstition et
à un très dur nationalisme. Ce serait la
destruction pure et simple de notre civilisation: une ère de
barbarie ferait son apparition.
A moins qu'on fasse des kibbouts ou que l'on vive en
communauté peace and love à poils dans des tipis (
dans tout les cas ne touchez pas à ma femme ou
sinon...)
5) Comment survivre avec stanislas Kazal(les gars, me laissez pas tomber)!
Pour pouvoir survivre, il faudrait d'abord:
-Echapper aux frappes directes, avoir la possibilité de se
mettre à l'abris du froid, de la radioactivité,
des rayons UV, posséder un stock de vivre et d'eau potable
suffisant, attendre que la suie et la radioactivité
retombent (ce qui pourrait prendre des mois), attendre encore que la
couche d'ozone se reforme (on ne sortirait que la nuit comme
à mon habitude). Une fois tous ces dangers
surmontés (si c'est possible), il faudra trouver un moyen
de subvenir à ses besoins sans trop de
difficultés. Voici l'ordre de priorité de ces
besoins:
1: Nourriture (animale,végétale,graines pour l'agriculture...)
2: Médicaments
3: Armement
4: Vêtements (il fera frisquet au début, n'oubliez
pas votre petite laine)
5: Moyen de transports
6: Objets divers( dont un album de stanislas kazal, on peut allumer un
feu avec un compact disc car on
peut s'en servir de miroir)
Les armes à feu seront très précieuses
mais les munitions se raréfieront vite. L'armement deviendra
de plus en plus artisanal au fur et à mesure que le temps
passera: un parc-mètre servirait de massue, un panneau de
bouclier, un saladier de casque, des morceaux de vitres de lames,le
disque de Kazal comme frizzbee coupant etc..
Quelqu'un qui a faim n'a rien à perdre sauf la raison: il
peut se montrer très très méchant et
moi vaut mieux m'habiller que me nourrir comme disait ma
mère.
La pénurie peut pousser à l'anthropophagie( moi,
je suis immangeable et vous me faite tous vomir) , ou à
exhumer les nombreux cadavres pour les dévorer
entraînant une prolifération de terribles maladies
(moi,c'est pour ça que je me ferai incinérer ; si
on empêche les poètes d'être bouffer par
les vers, alors).
L'espérance de vie chutera: A 40 ans, on sera
considéré comme un vieillard type academie
française(moi de toute façon j'aurai toujours 20
ans car quand on aime on à toujours 20 ans). Il est fort
possible que, dans un premier temps, Stanislas Kazal ,les savants et les
"vieux" disparaissent, rendus responsables de la catastrophe et
condamné par les cons qui sont en fait connement les
vrais responsables (je me comprends), c'est à dire
vous tous sans le savoir ( ne me tuez pas, je disais que mon disque
c'était une bombe pour de rire).
A ce moment les rois du monde sortiront de leurs abris vip, pour pisser
leurs champagnes avec leurs putes et leurs gardes personnelles et
imposeront un nouvel ordre genre travail, famille, patrie où
religion et politique seront confondues et l'histoire recommencera
jusqu'à que l'on n'en soit au même point ou que
l'on réussisse enfin à tout faire
péter(au moins un truc qu'on aura réussi) parce
que l'on n'aura de toute façon encore rien compris et
là se sera sans moi !
6)L'APOCALYPSE atomique de Stanislas Kazal
Ou la liste des 6 types d'hivers nucléaires
classés par ordre d'importance croissante:
Guerre nucléaire de classe 1:
-Très peu d'explosions nucléaires, les villes
sont épargnées.
-Les effets secondaires
(froid,obscurité,radioactivité,pyrotoxines ... )
sont très inférieurs aux effets directs des
bombes dans les pays en guerre, et insignifiants ailleurs, pas d'hiver
nucléaire.
Donc je n'annule pas ma tournée .
Guerre nucléaire de classe 2:
-Assez peu d'explosions nucléaires
-Quantité de fumée limitée
à un lessivage efficace par la pluie
-Abaissement de la température dans
l'hémisphère nord (il serait le plus
touché car 3/4 de la population mondiale y vit).
-Précipitation perturbées, entraînant
des problèmes graves pour l'agriculture et des famines.
-Ciel un peu assombri, et les pays non belligérants
ressentiront aussi les effets décrits ici.
-Pertes dues à l'hiver nucléaire < pertes
dues aux effets directs.
Finalement Ivan le disque on l'enregistre à Tahiti.
Guerre nucléaire de classe 3:
-Explosion de 3000 à 6000 têtes
stratégiques; refroidissement et obscurcissement sensible.
Sécheresse et dégagement important de
pyrotoxines; retombées radioactives et perturbations
atmosphériques: baisse moyenne de la
température:10°c.
-L'intensité lumineuse à midi sera
réduite au 2/3. Après plusieurs mois, elle
remontera pour dépasser son niveau antérieure
cause des rayons U.V.
-Effondrement de l'agriculture: très importante famine y
compris dans les pays non belligérants
-Pertes dues à l'hiver nucléaire=Pertes directes
dans les pays en guerre.
Et si On partait plutôt en tournée en terre
Adélie, les manchots ça se mangent, il
paraît ?
Guerre nucléaire de classe 4
Gelées massives au cœur des continents
bombardés: Graves perturbations climatiques. Importante
toxicité chimique et radioactive. Couche d'ozone
très endommagée dans
l'hémisphère nord. La lumière
atteignant le sol suffit tout juste au processus de
photosynthèse. Durant le 1 er mois, journées
couvertes; nuit sans étoiles. La survie de plusieurs
espèces sera menacée, dont celle de l'homme et du
MEDEF. Les retombées auront de graves
conséquences, mais secondaires par rapport aux
dégâts climatiques. Le flux accru des rayons U.V.
(de l'anticyclone des Açores) après dissipation
de la fumée affectera l'équilibre alimentaire
pendant des années.
On sort pas de notre studio de terre Adélie, de toute
façon Alpaye y'a les guitares à refaire !
Guerre nucléaire de classe 5:
-Moins de 1% de la lumière solaire nous parviendra; Durant
des mois: crépuscule en plein midi. Arrêt du
processus de photosynthèse et sévères
conséquences climatiques à long termes.
L'agriculture (utilisant des stocks de semences
épargnées à des vues
spéculatives)retombera au mieux à des rendements
moyenâgeux. Les ravages durables infligés
à la nature dépasseront de beaucoup les effets de
la guerre eux mêmes et une renaissance rapide de la
civilisation serait improbable: trop de radioactivité d'U.V.
presque plus d'ozone. L'existence des très rares survivants
ne serait peut être même plus assurée...
Il y'a une place dans ton sous-marin,Ivan ?
Guerre nucléaire de classe 6:
L'apocalypse total: toutes les armes nucléaires ou presque
sont envoyées sur les villes, les
dépôts de pétrole ... sur tout le
globe. Durant des mois (des années ?), il ferait aussi
sombre le jour qu'avant la guerre les nuits de pleine lune. Des
continents entier gèleront. Un tel hiver
nucléaire sera la pire chose qui puisse arriver à
tous les niveaux: la vie à la surface de la
planète sera, sauf miracle( de l'eau Lourdes), totalement
anéantie.
Toto,Il y'a t'il un auto-radio dans le sous-marin pour
écouter notre reprise yellow submarine des Beatles ?
bombes atomiques
Sources :
- U.S. Arms Control and Disarmament Agency, Projet Gutemberg
I Introduction
Actuellement, nos connaissances concernant l’armement
thermonucléaire semblent très
avancées, mais il n’en va pas de même
des conséquences physiques et biologiques d’une
guerre nucléaire.
Les études précédentes tendaient
à se focaliser sur les retombées radioactives
d’une telle guerre. Récemment, il a
été établi qu’au cours
d’une guerre nucléaire à grande
échelle, (10000 mégatonnes
d’explosions), 30 à 70% de la couche
d’ozone serait détruit dans
l’hémisphère Nord (centre probable du
conflit), ainsi que 20 à 40% dans
l’hémisphère sud. Une
régénération de cette couche prendrait
probablement 3 à 10 ans, mais un changement global
à long terme ne peut pas être
écarté.
Explosion nucléaire
La réduction de la concentration en ozone pourrait avoir un
certain nombre de conséquences en dehors des zones
touchées par les impacts : brûlures dues
à une augmentation de l’intensité des
ultraviolets, aveuglement dans les régions
enneigées, etc. Aussi étrange que cela paraisse,
l’augmentation des radiations ultraviolettes pourrait
être accompagnée d’une baisse de la
température moyenne. Les changements les plus importants
ayant lieu aux plus hautes latitudes, où la production
agricole dépend du nombre de journées au-dessus
de zéro, ainsi que d’autres facteurs
liés à la température. Il est
supposé qu’un rafraîchissement de
seulement un degré suffirait à
éliminer la production de blé du Canada.
II Mécanismes des explosions nucléaires
Au cours d’une explosion nucléaire, prêt
de 90% de l’énergie est
relâchée en moins d’un
millionième de seconde. Il s’agit principalement
d’une vague de chaleur et d’une onde de choc, qui
produisent les dégâts les plus impressionnants.
Si l’on compare la destruction immédiate colossale
dans la zone touchée aux effets moins visibles à
longs termes issus des 10% restant, ces derniers peuvent sembler
contingents. Mais la dimension spectaculaire de la catastrophe initiale
ne doivent pas occulter les effets secondaires d’une guerre
nucléaire.
Quand une arme est déclenchée à la
surface ou à basse altitude, la vague de chaleur vaporise
les matériaux de la bombe, la cible, les structures
alentours, le sol et les rochers environnants, tout cela
étant entraîné dans une boule de feu en
expansion, à l’élévation
rapide. Alors que la boule de feu
s’élève, elle
s’étend et se refroidit en produisant le
champignon distinctif qui fait la signature des explosions
nucléaires.
L’altitude atteinte par le nuage dépend de la
force de l’explosion. Pour une puissance
inférieure à 30 kilotonnes, le nuage restera dans
la basse atmosphère et ses effets seront
entièrement locaux. Mais quand la puissance
excède 30 kilotonnes, une partie du nuage sera
envoyée dans la stratosphère, à plus
11km d’altitude. Pour une charge de 2 à 5
mégatonnes ou plus,
l’intégralité du nuage de
débris radioactifs et de fine poussière sera
envoyé dans la stratosphère. Les
matériaux les plus lourds atteindront la limite
inférieure de celle-ci et retomberont assez vite. Mais les
particules les plus légères vont
pénétrer beaucoup plus loin, à des
altitudes supérieures à 20 km, et y rester pour
des mois, voire des années. Les courants
stratosphériques se chargeront ensuite de la diffusion de
ces matériaux à travers le monde.
III Retombées radioactives
Les retombées locales et mondiales dépendent
d’un ensemble de facteurs tels que le type de
l’arme, sa puissance, l’altitude et la latitude de
la détonation, le moment dans l’année,
et les conditions climatiques locales.
Toutes les armes nucléaires actuelles nécessitent
la séparation des éléments lourds
comme l’uranium et le plutonium.
L’énergie relâchée par le
processus de fission est des millions de fois plus grand, à
poids équivalent, que la réaction chimique
dégageant le plus d’énergie. La plus
petite arme nucléaire, de l’ordre du kilotonne, se
base uniquement sur l’énergie
relâchée dans le processus de fission, comme les
premières bombes qui dévastèrent
Hiroshima et Nagasaki en 1945. Les charges nucléaires plus
importantes dérivent une partie substantielle de leur force
explosive de la fusion de formes lourdes de
l’hydrogène (deutérium et tritium).
Comme il n’y a virtuellement pas de limite au volume des
matériaux de fusion dans une arme, et ces
matériaux étant moins coûteux que les
matières fissiles, l’utilisation de la fusion dans
les armes thermonucléaires "bombes H" a apporté
une augmentation radicale du pouvoir de destruction.
Néanmoins, le processus de fission est toujours
nécessaire pour atteindre les conditions de haute
température et pression nécessaires au
déclenchement de la réaction de fusion de
l’hydrogène. Ainsi, toute détonation
nucléaire produit des fragments radioactifs de fission
d’éléments lourds, ajoutant un
élément de radiation dans le processus de fusion.
Les fragments de la fission d’éléments
lourds les plus importants sont les radioéléments
(atomes radioactifs) qui se dégradent en émettant
des particules gamma. La période (durée de
demi-vie) de ces éléments peut aller de quelques
jours à plusieurs milliers d’années. Un
facteur important dans la contamination, est le fait que ces particules
pénètrent dans le corps par la respiration,
l’alimentation, etc. et s’intègrent dans
les tissus. Si cela se produit, les risques de dommages biologiques par
les radiations ionisantes sont multipliés.
La menace la plus sérieuse est probablement celle du
Césium 137, un émetteur de radiations gamma avec
une période de 30 ans. C’est une source de
radiation majeure dans les retombées nucléaires,
et comme il joue un rôle dans la chimie du potassium, il est
facilement absorbé dans le sang des animaux et des humains
et peut être incorporé aux tissus.
D’autres contaminants sont le Strontium 90, avec une
période de 28 ans, et l’Iode 131 avec une
période de seulement 8 jours. Le Strontium 90 suit la chimie
du calcium, il est ainsi incorporé dans les os et les dents,
spécialement chez les jeunes enfants qui ont reçu
du lait de vaches ayant absorbé des fourrages
contaminés. L’iode 131 est une menace similaire
pour les enfants à cause de sa concentration dans la glande
thyroïde. En addition, le Plutonium 239,
fréquemment utilisé dans les explosifs
nucléaires est assimilable dans les os comme le Strontium
90, il peut aussi se loger dans les poumons où il ses
radiations locales intenses peuvent causer des cancers ou
d’autres dommages. Il se dégrade en
émettant des radiations alpha (noyau
d’hélium) et possède une
période de 24 000 ans.
Suite à l’extension de la puissance explosive par
la fusion de l’hydrogène, deux autres
radioéléments : le Tritium ayant une
période de 12 ans et émettant des radiations
bêta, et le Carbone 14 émettant les même
radiations, mais avec une période de 5730 ans. Tous deux
s’intègre facilement dans le cycle alimentaire et
s’incorporent à la matière organique.
Deux types de dommages par radiation peuvent se produire :
* dommages corporels, principalement
leucémie et cancers de la thyroïde, des poumons,
des os, et de l’intestin.
* dommages
génétiques, naissances anormales, maladies
dégénératives dues à des
dommages aux gamètes des parents, troubles du
développement physique et mental. De fortes radiations (20
roentgen ou plus) sont nécessaires pour produire de tels
troubles. Ces effets seraient probablement observés
uniquement dans les zones d’importantes retombées
locales comme les nations combattantes, mais ne deviendrait pas un
problème global.
A Retombées locales
La plupart des risques par radiation issus de l’explosion
nucléaire viennent des radioéléments
à courte durée de vie, extérieurs au
corps. Ceux-ci sont généralement
confinés dans la zone sous le vent par rapport au point
d’explosion. Ces risques viennent de fragments de fission qui
ont des périodes allant de la demi-seconde à
quelque mois, et sont issus du sol ou d’autres
matériaux à proximité, rendus
radioactifs par le flux de neutron intense des réactions de
fusion et de fission.
Il a été estimé qu’une arme
avec une puissance de un mégatonne explosant au niveau du
sol, avec un vent de 25 km/h, produirait des retombées
s’étendant dans une ellipse longue de plusieurs
centaines de kilomètre en aval du point
d’explosion par rapport au vent. A une distance de trente
à quarante kilomètres sous le vent, une dose de
radiation mortelle (600 rads) serait accumulée par une
personne sans protection en 25 minutes après le
début des retombées. A une distance de
soixante-cinq à soixante-quinze kilomètres, une
personne aurait au plus trois heures après le
début des retombées pour trouver un abri. Des
doses considérablement moindres de radiation suffiraient
à rendre les gens sérieusement malades. Ainsi,
les chances de survie des personnes immédiatement sous le
vent par rapport au point d’explosion seraient maigres,
à moins qu’elles puissent être
abritées ou évacuées.
Il a été estimé qu’une
attaque sur les centres de population américains par une
centaine d’armes à fission de un
mégatonne tuerait jusqu'à 20% de la population
immédiatement par suite du souffle, de la chaleur, du choc
terrestre, et des radiations immédiates (neutrons et rayons
gammas). Une attaque avec un millier de ces armes détruirait
immédiatement presque la moitié de la population
américaine. Ces chiffres ne tiennent pas comptent des morts
additionnelles par le feu, le manque de soins, la famine ou les
retombées radioactives douchant le sol en aval des points
d’impact.
La plus grosse proportion des radioéléments
produits par la bombe se décompose rapidement. Quand bien
même, au-delà du rayon de souffle, il y aurait des
zones "chaudes" où les survivants ne pourraient pas entrer
à cause de la contamination radioactive par des isotopes
à longue durée de vie comme le Strontium 90 ou le
Césium 137 qui peuvent se concentrer dans la
chaîne alimentaire et s’intégrer au
corps humain. Les dommages seraient internes, avec des effets graves
apparaissant au fil des ans. Pour les survivants, le risque
prolongé d’irradiation peut représenter
une grave menace pendant un à cinq ans après
l’attaque.
B Effets mondiaux des retombées
La plupart des connaissances sur la production et la distribution de
radioéléments est dérivée
de la période d’essais nucléaires
intensifs dans les années cinquante et le début
des années soixante. On estime que plus de cinq cents
mégatonnes de charges nucléaires ont
été mises à feu dans
l’atmosphère entre 1945 et 1971, la
moitié étant de la puissance étant
libérée par des réactions de fission.
Un pic a été atteint entre 1961 et 1962 avec un
total de trois cent quarante mégatonnes
déclenchées dans
l’atmosphère par les USA et l’URSS. Le
traité de limitation sur le nucléaire de 1963 mit
fin aux tests à l’air libre pour les USA, le
Royaume Uni, et l’URSS. Les deux principaux absents lors des
signatures : la Chine et la France, ont continué leurs
essais nucléaires à un rythme de cinq
mégatonnes par an, en sous-sol pour la France.
Un scientifique du comité de l’ONU a
estimé que la dose de radiation accumulée pour la
population mondiale d’ici l’an 2000
résultant des tests en 1970 est
l’équivalent de deux ans d’exposition
à des radiations naturelles à la surface de la
terre. Pour le gros de la population mondiale, les doses de radiation
internes et externes d’origine naturelle se montent
à moins de 1/10e de RAD annuellement. Ainsi, les tests
nucléaires jusqu’ici ne semblent pas poser une
menace par radiation importante, de façon globale. Il
n’en irait pas de même pour une guerre
relâchant dix ou cent fois la puissance totale de toutes les
précédentes armes testées.
Les effets biologiques de toute forme de radiation ionisante ont
été calculés principalement par la
National Academy of Science. Si l’on se base sur leurs
calculs, les retombées pour les cinq cents
mégatonnes de tests en 1970° vont produire entre
deux et vingt-cinq cas de maladies génétiques par
million de naissances viables dans les
générations suivantes. Cela revient à
dire que trois à cinquante personnes par milliard de
naissance dans les générations suivant les tests
auront des dommages génétiques pour chaque
mégatonne de puissance utilisée. Avec une
incertitude similaire, il est possible d’estimer que
l’induction de cas de cancer irait de soixante-quinze
à trois cents par mégatonne pour un milliard
d’individus dans les générations
suivant les tests.
Si l’on applique ce cadre schématique à
une guerre nucléaire à grande échelle
dans laquelle dix mille mégatonnes de puissance
nucléaire sont utilisés, les effets sur une
population mondiale de cinq milliards d’êtres
humains semblent énormes. Sans tenir compte des incertitudes
liées à la dynamique d’une guerre
nucléaire possible, les cancers induits par radiations et
les dommages génétiques toucheraient dans une
période de trente ans de 1,5 à 30 millions
d’individus, soit 0,5% à 15% du taux de mort par
cancer en temps de paix dans les pays développés.
IV Altération globale de l'environnement
Une guerre nucléaire impliquerait une telle
élévation brève et
concentrée d’énergie à haute
température qu’il est nécessaire de
considérer un certain nombre d’effets potentiels
sur l’environnement.
Il est vrai que l’énergie des armes
nucléaires est faible comparée à de
nombreux autres phénomènes. Un ouragan peut avoir
la puissance de millions de bombes H. Mais
l’énergie dégagée,
même par les pires tempêtes est diffuse : elle se
disperse sur des zones étendues, et la différence
entre une zone orageuse et les régions environnantes est
relativement faible. Les explosions nucléaires sont tout
à l’opposé : très
concentrées avec des températures de plusieurs
millions de degrés Celsius. Parce qu’elles sont
très différentes des processus naturels, il est
nécessaire d’examiner leur potentiel à
altérer l’environnement dans différents
contextes.
Explosion nucléaire
A Poussière en haute altitude
Il a été estimé qu’une
guerre ayant vu exploser dix mille mégatonnes, dont la
moitié au niveau du sol soulèverait vingt-cinq
milliards de mètres cubes de roche et de sol ainsi
qu’une quantité substantielle de
poussière et de particules dans la stratosphère.
C’est à peu près deux fois le volume de
matériaux rejetés par le volcan
indonésien Krakatoa dont l’explosion en 1883 fut
la plus puissante jamais enregistrée sur terre. Les couchers
de soleil à travers le monde furent notablement rougis
pendant quelques années, indiquant les grandes
quantités de poussière volcanique
étant entrées dans la stratosphère.
Des études ultérieures sur les grosses explosions
volcaniques comme le Mt Agung sur Bali en 1963 ont soulevé
la possibilité qu’une introduction de
poussière en grande quantité dans la
stratosphère réduirait
l’intensité solaire et la température
à la surface, en augmentant l’absorption de
chaleur dans la haute atmosphère.
Les changements mineurs dans la température et la
lumière solaire pourrait affecter les récoltes.
Néanmoins, aucun changement catastrophique n’a
résulté d’explosions volcaniques, il
est ainsi peu probable que l’injection massive de particules
dans la stratosphère par un conflit à dix mille
mégatonnes puisse entraîner en lui-même
des changements climatiques importants.
B Ozone
Plus inquiétant, il y a les effets potentiels
d’explosions nucléaires sur l’ozone dans
la stratosphère. Les raisons sont les suivantes : tandis que
l’oxygène et l’azote des couches
supérieures de l’atmosphère peuvent
bloquer les ultraviolets solaires dont les photons ont une longueur
d’onde inférieure à 2420
angströms, l’ozone est le seul bouclier efficace
contre les radiations ultraviolettes solaires dont le spectre se situe
entre 2500 et 3000 A. Bien que l’ozone soit très
efficace pour filtrer les UV solaires dans cette région du
spectre, la partie supérieure de cette zone n’est
pas toujours bloquée (entre 2800 et 3200 A), causant des
coups de soleil, des cancers et un vieillissement
prématuré de la peau. Les UV solaires sont aussi
responsables d’aveuglements, et à forte dose,
peuvent inhiber la photosynthèse des plantes, bloquer leur
croissance, endommager ou détruire des bactéries,
champignons, insectes, et produire des altérations
génétiques.
En dépit du rôle important de l’ozone
dans un environnement viable à la surface de la terre, la
quantité totale d’ozone dans
l’atmosphère est assez faible (3ppp). De plus,
l’ozone n’est pas constituant statique ou durable
de l’atmosphère. Il est continuellement
crée, détruit et recrée par un
processus naturel. Ainsi, la présence d’ozone
à un moment donné est fonction de
l’équilibre atteint entre les réactions
chimiques de synthèse et de dégradation, ainsi
qu’entre les radiations solaires atteignant la haute
atmosphère.
Le mécanisme de production de l’ozone est
l’absorption par l’oxygène
d’une lumière UV à courte longueur
d’onde. La molécule de dioxygène se
sépare en deux atomes d’oxygène libres
qui s’unissent immédiatement avec
d’autres molécules de dioxygène. Cette
union forme l’ozone : O3. La chaleur
relâchée par la réaction de formation
d’ozone est la raison pour laquelle la température
s’élève avec l’altitude dans
la stratosphère (douze kilomètres au-dessus de la
surface minimum).
Tandis que la réaction chimique naturelle produit environ
4500 tonnes d’ozone par seconde dans la
stratosphère, ceci est contrebalancé par les
autres réactions naturelles dégradant
l’ozone. La plus signifiante est de loin celle impliquant le
monoxide d’azote NO qui sépare l’ozone
en molécules. Cet effet a été
découvert ces dernières années lors
d’études environnementales concernant
l’emploi de vols supersoniques fréquents dans la
basse stratosphère. Il semblerait donc que la
réaction du NO soit responsable de 50 à 70% de la
destruction de l’ozone.
Dans l’environnement naturel, il y a toute une
variété d’origines de la production de
NO et de vecteurs pour son transport vers la stratosphère.
Des bactéries dans le sol produisent du NO2 qui entre dans
la basse atmosphère et se diffuse lentement dans la
stratosphère où il réagit avec
l’oxygène libre pour former deux
molécules de NO. Un autre mécanisme pour la
production de NO dans la basse atmosphère est
basé sur les éclairs. Malgré le fait
que la plupart du NO soit balayé par la pluie, une partie
peut rejoindre la stratosphère. Des quantités
supplémentaires de NO sont produites directement dans la
stratosphère par les rayonnements cosmiques en provenance du
soleil et de sources interstellaires.
C’est à cause du rôle de catalyseur que
le NO joue dans la destruction de l’ozone qu’il est
important de considérer les effets d’explosions
nucléaires à forte puissance sur celle-ci. La
boule de feu nucléaire et l’air
entraîné à
l’intérieur propagent une grande chaleur, suivi
par un refroidissement rapide. Ces conditions sont idéales
pour la production de quantités énormes de NO
tiré de l’air. Les estimations vont
jusqu'à cinq mille tonnes de NO produit par
mégatonne.
Quels seraient les effets du NO conduit dans la stratosphère
par une guerre nucléaire globale impliquant la
détonation de dix mille mégatonnes de puissance
explosive dans l’hémisphère Nord ?
D’après les études récentes
de l’Académie des Sciences américaine,
le NO produit par les armes nucléaires pourrait
réduire le niveau de l’ozone dans
l’hémisphère Nord de 30 à
70%.
Pour commencer, une couche d’ozone
épuisée renverrait vers la terre moins de chaleur
que d’habitude, causant une chute de température
pouvant affecter sérieusement l’agriculture.
D’autres changements tels que de plus grosses
quantités de poussière ou une
végétation différente, pourraient de
façon subséquente renverser la chute de
température ou au contraire l’accentuer.
Plus important, la vie sur terre a évolué dans
une large mesure à l’abris du bouclier
d’ozone protecteur et est actuellement adaptée
assez précisément à la
quantité d’UV solaires qui le traversent. Pour se
défendre contre ce niveau faible d’ultraviolet,
les espèces ont développé des
protections extérieures (plumes, fourrure, cire sur les
fruits), et intérieures (mélanine dans la peau
humaine, flavonoïdes dans les tissus
végétaux), des stratégies
d’évitement (migration du plancton à
plus grande profondeur pendant la journée, recherche de
l’ombre par les iguanes), et dans presque tous les organismes
sauf les mammifères placentaires, des mécanismes
élaborés pour réparer les dommages
photochimiques.
Il est possible néanmoins, qu’une augmentation
importante des UV solaires puisse dépasser les
défenses de quelques ou de nombreuses formes de vie
terrestres. Des dommages directs et indirects peuvent se produire parmi
les bactéries, insectes plantes et autres maillons des
écosystèmes dont le bien-être de
l’homme dépend. Ce bouleversement,
particulièrement s’il prend place après
une guerre à grande échelle impliquant de
nombreux autres problèmes, peut constituer une menace
sérieuse supplémentaire pour le
rétablissement d’une société
post-nucléaire. Le rapport de
l’Académie des Sciences américaine
conclut qu’en 20 ans, les systèmes
écologiques devraient avoir
récupéré de l’augmentation
en radiations ultraviolettes, mais pas nécessairement de la
radioactivité ou d’autres
dégâts dans les secteurs proches des zones de
conflit. Néanmoins, bien que tardive,
l’augmentation des cancers de la peau dans
l’hémisphère Nord pourrait aller
jusqu'à 30%
V Quelques conclusions
Nous avons considéré les problèmes
d’une guerre nucléaire à grande
échelle du point de vue des pays
n‘étant pas directement attaqués, ainsi
que les problèmes qu’ils pourraient rencontrer
dans le redressement post-conflit. Il est vrai que la grosse partie de
l’horreur et de la tragédie de la guerre
nucléaire serait subie par les populations
exposées aux attaques directes, qui auraient sans doute
à affronter des obstacles extrêmes, sinon
insurmontables pour rétablir leur propre
société. Il n’est pas moins apparent
par ailleurs, que d’autres nations incluant celles
étrangères au conflit, pourraient souffrir
grandement des dommages causés à
l’environnement. Enfin, il est nécessaire de faire
mention au moins brièvement des effets résultants
de l’arrêt des activités
économiques et des communications. Depuis 1970, une fraction
croissante de la population a perdu la bataille pour
l’autosuffisance en nourriture, et doit s’appuyer
sur des importations massives. Un dysfonctionnement important de
l’agriculture et des transports dans les pays industriels et
exportateurs de céréales pourrait être
désastreux pour les pays important de la nourriture, des
machines agricoles, et des engrais (spécialement les pays se
débattant déjà avec des
problèmes de famine à grande échelle).
Par ailleurs, suite à un conflit nucléaire, les
puissances industrielles directement impliquées se
retrouveraient en compétition pour des ressources, avec les
pays aujourd’hui considérés comme
sous-développés. De même, la coupure
des communications internationales (satellites, câbles, et
même les liaisons radio haute fréquence) peut
être un obstacle majeur à l’effort de
redressement international.
Dans une tentative pour modéliser les effets à
long terme d’une guerre nucléaire à
grande échelle, nous avons considéré
de façon séparée les
différents types de dommages pouvant se produire. Il est
également possible néanmoins, que les
interactions se produisant entre ces effets ainsi, les
dégâts en s’associants entre eux
pourraient produire de nouveaux types inattendus de
problèmes. Par exemple, nous pouvons jauger individuellement
les conséquences de retombées radioactives au
niveau mondial, et celles d’une augmentation du niveau des
radiations ultraviolettes solaires. Mais l’on ne sait pas si
les deux agissant simultanément ne peuvent pas augmenter
significativement la sensibilité des hommes, des plantes et
des animaux à la maladie. En dépit de trente ans
de développement et d’études, il y a
encore beaucoup à apprendre, en particulier concernant les
effets d’une guerre nucléaire à grande
échelle.
Note 1 : Puissance des armes nucléaires
Le standard le plus usité pour mesurer la puissance
d’une arme nucléaire est exprimé en
équivalence avec la quantité d’explosif
chimique (TNT) qui produirait la même énergie. La
première arme atomique qui a rasé Hiroshima en
1945 avait une puissance de 13 kilotonnes (soit 13.000 tonnes de TNT).
Pour mémoire, la plus grosse bombe
lâchée pendant la 2e guerre mondiale contenait
environ 10 tonnes de TNT.
Depuis Hiroshima, la puissance des armes nucléaire a
beaucoup augmenté. La plus grosse détonation
déclenchée en 1962 par l’Union
Soviétique avait une charge de 58 mégatonnes. Un
missile balistique moderne peut contenir une tête ayant une
charge de 20 mégatonnes ou plus.
Même les guerres récentes ont
été relativement limitées en termes de
puissance de destruction totale due à des armes
non-nucléaires. Un seul avion ou missile peut
aujourd’hui transporter un engin nucléaire dont la
force surpasse celle de toutes les bombes utilisées dans les
guerres précédentes. Le nombre de bombes et de
missiles nucléaires que les superpuissances
possèdent actuellement dépassent le millier.
Note 2 : Type d'armes nucléaires
Les armes nucléaires peuvent être
rangées en deux catégories fondamentales de
réaction nucléaire :
La Fission qui implique la séparation
d’éléments lourds (ex : uranium)
La Fusion qui implique la combinaison
d’éléments légers (ex :
hydrogène)
La fission requiert qu’un minimum de matériaux ou
"masse critique" soit mis en contact pour que l’explosion
nucléaire se produise. Les armes à fission les
plus efficaces tendent à avoir une puissance dans la zone
des dix kilotonnes. Des charges plus importantes rendent les armes
incroyablement complexes et peu utilisables.
La fusion nucléaire permet la conception d’armes
à la puissance virtuellement illimitée. Avec la
fusion, selon la théorie atomique, quand les noyaux
d’atomes légers comme
l’hydrogène se rejoignent, la masse des noyaux
fusionnés est plus légère que celle
des deux noyaux originaux. La perte est exprimée par de
l’énergie. Dans les années 30, des
physiciens ont conclu qu’il s’agissait du processus
qui étaient à l’origine de
l’énergie du soleil et des étoiles.
Mais la fusion nucléaire est restée
d’un intérêt théorique
jusqu’à ce que l’on découvre
qu’une bombe atomique à fission pouvait
être utilisée comme un déclencheur pour
produire en un ou deux millionièmes de secondes, les
conditions de pression et de températures
nécessaires pour démarrer la réaction
de fusion. La fusion permet la conception d’armes
nucléaires de puissance illimitée, en utilisant
des matériaux bien moins coûteux.
Note 3 : Radioactivité
Plus familiers, des éléments naturels tels que
l’hydrogène, l’oxygène,
l’or et le plomb sont stables et durables à moins
d’être soumis à des forces
extérieures. Mais tous les éléments
peuvent exister sous des formes instables. Les noyaux de ces formes
instables ou isotopes ont un "déséquilibre" au
niveau des particules les composant et ils tendent à
diminuer cette instabilité interne à travers le
processus de décomposition radioactive.
Les trois modèles principaux de décomposition
radioactive sont les émissions de radiations alpha,
bêta et gamma.
Alpha : des noyaux instables émettent souvent des particules
alpha, c’est à dire des noyaux
d’hélium consistant en deux protons et deux
neutrons. De loin la plus massive des particules émises,
elle est aussi la plus lente, excédant rarement 1/10e de la
vitesse de la lumière. En résultante, son pouvoir
de pénétration est faible : elle peut
habituellement être stoppée par une simple feuille
de papier. Mais si un émetteur de particules alpha comme le
plutonium est introduit dans le corps humain, il crée une
sérieuse menace de cancer.
Bêta : une autre forme de décomposition
radioactive qui consiste en l’émission
d’une particule bêta ou électron. Cette
particule bêta a une masse seulement de 0,7% de celle de la
particule alpha, mais une vitesse équivalente à
8/10e de la vitesse de la lumière. Les particules
bêta pénètrent donc plus
profondément dans les tissus, et des doses de radiations
bêta externes représentent une menace bien plus
grande que des doses de particules alpha, plus lourdes et plus lentes.
Les isotopes émettant des radiations bêta sont
aussi nocifs que des émetteurs alpha si introduits dans le
corps humain.
Gamma : dans certains processus de décomposition
radioactive, l’émission consiste en un photon sans
masse se déplaçant à la vitesse de la
lumière. Les rayons gamma sont similaires aux photons des
rayons X, mais bien plus pénétrants (plusieurs
centimètres de béton). Elles peuvent causer de
gros dommages au corps humain.
Une chose commune à ces trois types de radiations est leur
capacité à ioniser les atomes neutres
à travers lesquels elles passent, leur conférant
une charge électrique. La particule alpha transportant une
charge électrique positive attire les électrons
des atomes rencontrés, tandis que les particules
bêta étant chargées
négativement, elles éjectent des
électrons des atomes neutres. Si une radiation
bêta passe suffisamment prêt d’un noyau,
elle peut produire des rayons X qui iront eux-mêmes ioniser
d’autres noyaux. Des radiations gammas peuvent retirer des
électrons des atomes neutres, de la même
manière que les rayons X, les laissant ionisés.
Une seule particule de radiation peut ioniser des centaines
d’atomes neutres dans le tissu, à travers de
multiples collisions, avant que toute son énergie soit
absorbée. Ceci interfère avec les liens chimiques
pour certaines structures cellulaires d’importance critique
comme le cytoplasme qui contient le code
génétique de la cellule, et peut
également produire des composants chimiques qui peuvent
causer autant de dommages que l’irradiation initiale.
Pour des raisons pratiques, une unité de radiation
appelée le "rad" a été
adoptée. Elle mesure la quantité
d’ionisation par unité de volume produite par les
particules issues de la décomposition radioactive.
Note 4 : Période d'un radioélément
Le concept de période ou "demi-vie" est une des bases de la
décomposition d’un
radioélément. A l’inverse de
systèmes physiques (bactéries, animaux, hommes et
étoiles), il est impossible de prédire avec
certitude la durée de vie d’un seul
radioélément.
Néanmoins, il est possible de faire abstraction du
comportement aléatoire d’un noyau individuel en
traitant statistiquement de grands nombres de noyaux d’un
isotope particulier. Dans le cas du thorium 232 par exemple, le
processus de décomposition radioactive est si lent que 14
milliards d’années doivent
s’écouler avant que la moitié de la
quantité initiale de thorium 232 se soit
décomposée en une configuration plus stable.
Ainsi, la demi-vie de cet isotope est de 14 milliards
d’années. Après
l’écoulement de la seconde demi-vie (à
nouveau 14 milliards d’années), seulement un quart
de la quantité initiale de thorium 232 subsistera, etc.
La plupart des isotopes radioactifs de synthèse ont des
périodes beaucoup plus courtes, allant de quelques secondes
ou jours à des milliers d’années. Le
plutonium 239, un isotope de synthèse, a une
période de 24 000 ans.
Pour l’isotope le plus courant de l’uranium, le
U-238, la période est de 4,5 milliards
d’années… environ
l’âge du système solaire. Le plus rare
et fissionable des isotopes de l’uranium, le U-235 a une
période de 700 millions d’années,
indiquant que son abondance actuelle n’est que 1% de ce
qu’elle était au moment où le
système solaire est né.
Note 5 : Oxygène, ozone et radiations ultraviolettes
L’oxygène, vitale pour les créatures
qui le respirent, constitue environ 20% de
l’atmosphère terrestre. Il se présente
occasionnellement sous la forme d’un atome solitaire
à haute température, mais la plupart du temps il
se combine avec un autre atome pour former une molécule de
dioxygène O2. L’oxygène que
l’on respire est principalement constitué de cette
forme stable.
L’oxygène a aussi une troisième forme
chimique dans laquelle trois atomes d’oxygène se
lient ensemble en une molécule O3 appelée ozone.
Bien que moins stable, bien plus rare que l’O2, et
principalement confinée aux niveaux supérieurs de
la stratosphère, les deux molécules jouent un
rôle vital dans la protection de la terre contre certaines
radiations solaires néfastes.
Les radiations les plus dangereuses se situent dans le spectre
ultraviolet, invisible à l’œil nu pour
les longueurs d’onde les plus courtes (sous 3000
Angström). A l’opposé des rayons X, les
photons ultraviolets ne sont pas assez "puissants" pour ioniser des
atomes, mais contiennent assez d’énergie pour
casser certains liens chimiques dans des molécules de
cellules vivantes et produire des anormalités biologiques et
génétiques, comme des tumeurs et des cancers.
Heureusement, grâce à
l’atmosphère terrestre, seulement quelques traces
de ces ultraviolets atteignent la terre. Au moment où la
lumière solaire atteint le haut de la
stratosphère (45 km d’altitude environ), la
plupart des radiations sur des longueurs d’ondes
inférieures à 1900 A ont
été absorbées par des
molécules d’azote et
d’oxygène. Au sein de la stratosphère
elle-même, le dioxygène absorbe les UV
à longueur d’onde plus
élevée, jusqu’à 2420 A, et
de l’ozone se forme suite à ce processus
d’absorption. C’est cet ozone qui absorbe ensuite
le reste des rayonnements UV, jusqu’à 3000 A, de
manière à ce que la plupart des radiations
solaires dangereuses sont éliminées avant
d’atteindre la surface de la terre.
12 novembre 2005
La pollution peut être aussi dans votre salon
Attention !
La pollution peut être aussi dans votre salon
L'air des rues est irrespirable ? Celui du salon ne vaudrait guère mieux. C'est d'autant plus préoccupant pour notre santé que nous passons, selon la saison, 70 a 90% de notre temps à l'intérieur. Comment mieux respirer chez soi ? Ne négligez pas les gestes simples.
En 1988, Georges Méar, commandant de bord à Air France, a le coup de foudre pour 2 000 m2 à bâtir en plein cœur du parc botanique de Brest. Mais ce qui aurait dû être l'aboutissement d'un rêve allait être le point de départ d'un cauchemar. A peine installée, Annie Méar commence à souffrir, d'abord d'oppression, de rhinite, puis de divers troubles (douleurs diffuses, pertes de mémoire...). Elle se plaint surtout d'une fatigue inexplicable. Son mari se trouve bientôt en proie aux mêmes symptômes qui lui retombent dessus à chaque retour de vol. Au fil des semaines, leur santé se dégrade. Il leur faudra des mois pour remonter à la source du problème.
"J'ai l'impression de ne pas respirer"
La solution, Georges Méar la saisit au réveil d'une sieste fenêtres grandes ouvertes qui le trouve « la tête prise » comme après une nuit confiné dans la chambre. Des coffres des volets roulants se dégage une odeur très forte. Les analyses le confirmeront: les bois traités et les panneaux de particules rejettent des quantités massives de formaldéhyde qu'une ventilation défectueuse rabat à l'intérieur. Les Méar déménageront. Neuf ans plus tard, dans la maison « empoisonnée », 270 m2 de bois collé émettent encore deux fois plus que des panneaux neufs homologués aux Etats-Unis
S'il est extrême, le cas des Méar braque le projecteur sur le problème de la qualité de l'air mtérieur. On commence tout juste à prendre la mesure de l'impact sur la santé de la pollution atmosphérique. Alors qu'on installe des capteurs pour surveiller l'air de nos villes quel cas fait-on de l'habitat ? « Est-ce réellement dans la rue que nous courons le plus grand danger ? » En posant cette question dès 1990 dans le numéro 75 de la revue « Respirer », le docteur Marie-Roger Ickovic, l'une des premières à s'inquiéter de ces « pollutions de la maison », ignorait qu'elle prenait dix ans d'avance sur l'actualité.
La pollution intérieure était au centre de la dernière conférence annuelle de 1'EPA (European Federation of allergic and asthmatic Associations) dont a rendu compte « Oasis Allergies » (oct. 99). Le sujet revient régulièrement lors de congrès scientifiques et il est assez préoccupant pour que l'Europe ait lancé plusieurs programmes de recherche et que la France annonce la création d'un Observatoire de l'air intérieur (voir encadré).
L'air des locaux se dégrade-t-il vraiment ?
Un faisceau d'indices le laisse penser. La vétusté de l'habitat ou des équipements (les intoxications au monoxyde de carbone tuent près de 500 personnes chaque année). Mais aussi des problèmes émergents comme l'amiante ou le radon, l'éternel problème du tabac et des problèmes plus récents liés à l'introduction massive dans la construction de matériaux nouveaux ou aux changements des habitudes « Nos maisons deviennent d'autant plus hermétiques que les habitants obstruent les entrées d'air réglementaires pour des raisons d'inconfort (vents coulis, froid, nuisances sonores...). La ventilation fait du bruit ? On l'arrête pour la nuit,que les occupants passent en vase clos », s'inquiète Séverine Kirchner, responsable du projet Qualité de l'air au CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment).
Des murs, ça rassure. Son pas de porte sitôt franchi, on se croit à l'abri quand la télé annonœ un pic de niveau 2 et invite à rester chez soi. Erreur n° 1: même à huis clos, une maison n'est jamais une bulle. Erreur n°2: sous couvert de se protéger, on ferme les fenêtres, ignorant qu'on peut se retrouver plus menacé. Car c'est de la maison elle-même et de ses occupants que provient le gros bataillon des polluants qui contaminent l'air intérieur. Matériaux, équipements et nos activités multiples (cuisine, bricolage, toilette, chauffage) libèrent toutes sortes de substances dont le confinement favorise l'accumulation. « L'air inhalé comporte alors des particules diverses d'autant plus dangereuses qu'elles pénètrent plus profondément dans le poumon, là où l'élimination naturelle est moins facile », expliquait le Dr Ickovic.
Démangeaisons yeux qui piquent, gorge irritée et autres manifestations banales d'inconfort; allergies et affections respiratoires maux de tête, insomnies ou, plus insolite: stérilités maladies auto-immunes, voire risque accru de canœr, pourraient avoir pour origine commune l'air que nous respirons à la maison.
Des COV, composants organiques volatils...
Le sujet des polluants chimiques domestiques est quasi méconnu en France. A l'étranger, des campagnes comme œlle de la Société suisse pour la protection de l'environnement (SPE) mettent officiellement en garde le grand public contre œs « toxiques de l'habitat », formaldéhydes et autres COV. Présents dans toutes sortes de produits de bricolage, d'entretien, les meubles de bois collé, les composés organiques volatils (hydrocarbures, cétones, alcanes, aldéhydes) qui s'évaporent à température ambiante et se retrouvent sous forme de gaz dans les maisons à des taux jusqu'à 10 ou 20 fois supérieurs à ceux de l'extérieur. Les solvants des colles, cires, vernis, peintures s'évaporent en quelques heures ou quelques jours...Théoriquement car, dans certaines conditions, les COV, massivement libérés lors du séchage, sont absorbés par toutes sortes de matériaux présents dans la pièce (rideaux, moquette, papiers peints, livres...) qui, durablement imprégnés, les relâcheront par la suite - irnpossible de prédire pendant combien de temps.
Les peintures « à l'huile » sont naturellement les plus riches en solvants. Faut-il, pour autant, prétérer les acryliques aux glycéros ? « Si la réponse est « oui » à court terme, elle est moins tranchée à plus longue échéance »,répond Lionnelle Nugon-Baudon, chargée de recherche à 1'INRA. Sans odeur, ces peintures « à l'eau » ne sont pas forcément sans danger. Si elles contiennent environ cent fois moins de COV, la plupart renferment d'autres substances comme les aldéhydes ou les éthers de glycol. Ces éthers, sous-produits du pétrole, dont une trentaine sont actuellement utilisés dans l'industrie, viemnent de faire l'objet d'une expertise collective de l'INSERM: « Ethers de glycols: quels risques pour la santé ? », dont les conclusions, publiées en octobre, ne sont pas de nature à rassurer. Reconnus toxiques pour la fertilité et le développement du fœtus, quatre de ces éthers ont été interdits à l'usage domestique en France en 1997 et 98. En 1998, un éther est reconnu cancérigène. Quant aux autres, les experts « recommandent » de réexaminer rapidement la classification d'une dizaine d'entre eux et de compléter les études Dans l'intervalle, ces éthers continueront à être employés sans restriction.
... au SBM: syndrome des bâtiments malsains
Que sait-on des effets de ces produits chimiques sur la santé ? La toxicité dépend de la concentration du polluant, de la durée d'exposition et certainement (les scientifiques insistent de plus en plus sur ce point) de la sensibilité individuelle. « Les liens entre COV, formaldéhyde et asthme ne sont pas clairs », note le Pr Frédéric de Blay,pneumologue au CHU de Strasbourg. On observe cependant que ces polluants peuvent indirectement aggraver les réactions allergiques: soit comme cofacteur amplifiant la réponse allergique; soit en induisant une inflammation bronchique qui se surajoute.
L'Union européenne n'a classé que quatre éthers de glycol toxiques pour la fertilité et le développement du fœtus, alors que les données sont suffisantes pour en classer treize autres depuis dix ans.
Des études récentes semblent ainsi confirmer le lien entre de forts taux d'émission de COV et le fameux « syndrome des bâtiments malsains » (ou SBS pour Sick Building Syndrom). Défini comme une « réaction » de la majorité des occupants d'un immeuble à leur environnement intérieur, le SBS qui, selon l'OMS, pourrait concerner jusqu'à 25 à 30 % des usagers du tertiaire, se rnanifeste par des troubles respiratoires, nerveux (maux de tête, fatigue), allergiques, qui se dissipent dès qu'on sort du bâtiment.
Le MCS (Multiple Chemical Sensitivity) prête aussi le flanc à la controverse. Une personne sensibilisée au départ, soit par une dose massive, soit par une exposition à une dose moindre mais prolongée, pourrait, par la suite, voir ses troubles réactivés par une exposition infime à un éventail de plus en large de substances chimiques. Une sorte d'allergie sans l'être: alors que l'allergie se manifeste par une réaction de défense excessive, il s'agirait, dans le cas présent, d'un perte de tolérance de l'organisme. Ces « hypersensibilités » agiraient en perturbant les grands systèmes, immunitaire ou endocrinien, d'où les manifestations les plus diverses.
Cette hypothèse qui semble prise très au sérieux, notamment aux Etats-Unis où le MCS est reconnu par des organismes officiels tels que l'American Public Health Association, entre autres, laisse plutôt sceptique en France, où les toxicologues ont un autre mot pour qualifier ces cas: SIOC (Syndrome d'intolérance aux odeurs chimiques). Un synonyme poli de « psychosomatique ». On peut comprendre ces médecins. Pas de biomarqueurs. Des maladies qui ne ressemblent à rien de connu, mais le prion non plus.
De grosses lacunes
Sans verser dans la paranoïa « psychochimique », on peut quand même s'interroger. Pour beaucoup de ces produits, le dossier toxicologique est « très mince », finit par admettre le docteur Robert Garnier (toxicologue au centre anti-poison de l'hôpital Fernand-Widal à Paris), membre du groupe sur les éthers de glycol. Moyennant quoi, prend-on vraiment les précautions voulues ? A l'origine du rapport de l'INSERM, l'ingénieur chimiste toxicologue André Cicolella (responsable de l'Unité d'évaluation des risques sanitaires à l'INERIS) estime « en retrait » les conclusions de la récente expertise: « L'Union européenne n'a classé que quatre éthers de glycol toxiques pour la reproduction, alors que les données sont suffisantes pour en classer treize autres depuis environ dix ans. Seuls neuf sont proposés pour une révision.Aucune mesure n'a été prise après la publication de l'étude positive du National Toxicology Program, en 1998, sur la cancérogénicité de l'éther de glycol le plus utilisé au plan domestique et industriel, l'EGBE. Au total, l'exemple des éthers de glycol est un exemple du dysfonctionnement du système de sécurité sanitaire des substances chimiques. Pour les éthers de glycol, comme pour les autres substances dites "HPV" (High Production Volume), il y a un manque important de données de toxicité chronique, essentielles pourtant pour des substances utilisées, pour la seule France, par des centaines de milliers de travailleurs et des millions de consommateurs. »
Un no man's land réglementaire
En France, il n'y a actuellement ni incitation pour les industriels à l'évaluation systématique de leurs produits, ni obligation d'étiquetage. Impossible de connaître la composition de la peinture X ou du vernis Y. Quant à interroger le fabricant: « secret défense ».
« Il existe bien une norme "NF environnement" pour les peintures, mais qui ne repose pas sur des critères prenant en compte la santé des applicateurs et des usagers », observe S. Kirchner. Et pourtant la demande existe: « Nos meilleures ventes », nous dit ce distributeur qui importe d'AIlemagne deux peintures « écologiques ». Une majorité des architectes du Bas-Rhin relèvent que 25 % de leurs clients manifestent un intérêt pour la relation « habitat/santé ». Faute de labels garantissant l'absence de COV, ils ne peuvent fournir ces chantiers en matériaux français. Seule alternative: faire venir de Suisse des produits classe « A » ou des panneaux de particules allemands « E1 », peu émissifs en formaldéhydes. Alors que les Etats-Unis et le Canada, l'Allemagne, la Suisse, les pays d'Europe du Nord disposent aujourd'hui de législations réglementant la fabrication des matériaux, rien de tel en France. Nous refusons le bœuf anglais ? Nos voisins boudent les matériaux de construction français. Dans un article de juin 1999 intitulé « Maisons poisons ? », la revue suisse « Fémina » met en garde ses lectrices: « Il convient de se méfier des produits importés de pays aux réglementations plus laxistes. »
Nous refusons le bœuf anglais? Nos voisins allemands ou suisses, qui disposent de législations réglementant la fabrication des matériaux, boudent, eux, les matériaux de construction français.
Alors que des niveaux d'alerte ont été définis pour la pollution extérieure, que des valeurs limite d'exposition sont établies pour quelque 600 polluants en milieu de travail, il n'en existe pas pour l'air ambiant dans l'habitat. De plus, lorsqu'une analyse d'atmosphère est réalisée se pose le problème de son interprétation. Faute de mieux, l'usage est de diviser par un facteur « variable » (allant de 3 à 50) les valeurs moyermes d'exposition professionnelle (alors que l'OMS recommande d'appliquer un facteur de sécurité de 100 à 1000) pour obtenir la valeur limite acceptable dans un environnement domestique. Approximation d'ailleurs critiquée par les spécialistes de l'environnement comme les partenaires du projet belge « Sandrine » qui, dans un récent article (à consulter sur Internet), s'expliquent: « L'extrapolation des données de la médecine du travail à la médecine environnementale devrait être proscrite. La médecine du travail s'adresse à des adultes en bonne santé, exposés 8 heures par jour et 5 jours par semaine.Tandis qu'une personne exposée chez elle peut l'être 24 heures sur 24 »... et des années durant. Sans compter qu'un enfant, une personne âgée ou malade, ne sera pas équipé d'une combinaison ni de gants. Dernier point, ces valeurs ne sont données que pour une substance unique. Or, il est rare de n'être exposé qu'à un polluant isolément: la nocivité des mélanges où les substances chimiques interagissent entre elles devient pratiquement impossible à évaluer.
De l'ignorance à l'omerta
On peut reprocher aux Verts de voir tout en noir. Lors du naufrage de l'Erika, « le Monde » n'a-t-il pas été, le 5 janvier dernier, le premier à démasquer les experts du Cedre, suspectés de collusion (« entente secrète en vue de tromper ou de causer préjudice », selon Larousse) avec les pétroliers ? Ce sont ces mêmes pétroliers qui se cachent, aujourd'hui, derrière les marques de peintures les plus distribuées. Le système est bien verrouillé.
Lorsqu'un problème se pose, les conditions sont réunies pour que toutes les démarches tournent court. D'abord faut-il faire le lien. La plupart des gens n'ont pas le réflexe d'associer un symptôme à leur habitat,non plus que les médecins qui ne savent pas traiter ces cas. En l'absence de réglementation, les industriels jouent sur du velours. Bien difficile, alors, de faire prendre en compte la nocivité d'un produit. On en a fait les frais avec l'amiante.
Paradoxe, alors qu'en 1995 le tribunal de grande instance de Brest reconnaît et les problèmes de santé du couple Méar et les erreurs techniques (notamment de ventilation), il ne reconnaît pas la relation avec les produits chimiques (tout en faisant payer les dépens aux parties adverses, dont les frais d'expertise chimique). C'est pour faire admettre ce lien de causalité que les Méar ont fait appel.
A quand des matériaux de construction clairement étiquetés ? Pour la première fois, dans le cadre du projet « Bâtiment et santé », le secrétariat d'Etat au Logement a exprimé la nécessité de « compléter les mesures réglementaires par une meilleure information du public », avec cet objectif d'aboutir à un marquage spécifique des produits. « Deux projets sont lancés,précise S. Kirchner, l'un au niveau européen, le second, français, cofinancé par l'ADEME. » Un vrai progrès qui se profile, mais pas avant plusieurs années.
L'air intérieur sous surveillance
« Bâtiment et santé »: c'est le nom du programme de prévention des risques sanitaires liés à l'habitat récemment lancé par les ministères du Logement, de la Santé, de l'Environnement et de la Recherche. Parmi les grands axes présentés en septembre demier . Ia création d'un « observatoire de la qualité de l'air intérieur des bâtiments ». Pendant du dispositif de surveillance de l'air extérieur, il s'agit de constituer, à l'échelle nationale, un réseau d'observation de la qualité de l'air intérieur des bâtiments. Objectifs: identifier les polluants présents, leur concentration, en suivant leur évolution afin de préciser l'exposition des habitants. Des mesures seront effectuées dans des bâtiments indicateurs (un millier environ), répartis dans des zones variées tant en ville qu'à la campagne. L'échantillon regroupera des locaux dans lesquels le temps passé est important (logements, bureaux, écoles, établissements de santé), mais aussi des lieux publics fréquentés dans ia journée, y compris les espaces souterrains. Les polluants sélectionnés (oxydes d'azote, monoxyde de carbone, formaldéhydes, COV dont benzène) le seront soit en raison de leurs effets sur la santé, soit parce qu'ils sont plus concentrés à l'intérieur en raison de sources internes. Ces résultats permettront de mieux identifier les sources de ces pollutions et d'apporter des éléments pour l'évaluation des risques. La mise en œuvre du projet, qui sera conduit avec l'lnstitut national de veille sanitaire, a été confiée au CSTB avec le réseau technique du ministère de l'Equipement et l'INERIS. 4 MF ont été débloqués pour la mise en place de l'observatoire.
Ces gestes simples qu'on néglige souvent
Mieux respirer chez soi ? Ce n'est ni sorcier ni dispendieux. En Finlande, des conseils comme ceux-ci sont publiés et distribués à tous. Quelques règles d'or pour un air plus sain au quotidien: Une maison qui respire est une maison entretenue. Qu'elle s'accumule dans les tapis ou se dépose sur le lino, la poussière est un réservoir de particules et d'allergènes aériens.
• Passer sur les sols lisses une serpillière humide plutôt qu'un balai qui la met en suspension.
• Choisir un bon aspirateur: suffisamment puissant, équipé de filtres efficaces et d'accessoires adaptés (buse, turbobrosse). Pour un nettoyage en profondeur (tous les 2 ou 3 ans), au shampooing (difficile à bien rincer) préférer l'injection/extraction. La méthode varie selon le type de pose et de fibres. Se renseigner lors de l'achat ou auprès de l'Union des fabricants de tapis de France, qui édite des brochures avec des conseils précis. Egalement sur Minitel: 3615 Info Moquette ou Internet: uftf.asso.fr. L'humidité favorise le développement des moisissures et des acariens, mais aussi (on le sait moins) la diffusion de substances comme le formaldéhyde libéré par les matériaux.
• Sécher immédiatement, au besoin remplacer, tout ce qui a été mouillé ou inondé.
• Dans les pièces humides (salle de bains, cuisine), prévoir une bonne ventilation. La présence de buée sur le miroir ou les vitres indique qu'elle est insuffisante.
• Eviter de faire sécher le linge dans des pièces fermées. Autre source d'humidité issue des activités domestiques et de la présence humaine, la condensation est d'autant plus importante que la température est basse: à 15 °C, la respiration de deux personnes au repos suffit à saturer une pièce de 30 m2en cinq heures. Un chauffage équilibré (autour de 20°C) contribue à assainir l'air ambiant. Une odeur peut signaler le développement de moisissures ou le dégagement de COV En chercher la source... ne pas la masquer. Eviter parfums d'intérieur et désodorisants, spécialementen aérosol. Dans tous les cas, aérer est le meilleur moyen de disperser poussières et polluants: même le radon, dont les concentrations atteignent un pic la nuit et fluctuent dans la joumée, au gré de l'ouverture des portes et des fenêtres.
• Ventiler régulièrement (et pas seulement lorsqu'on cuisine).Toute l'année, même en hiver, quelques minutes, trois à cinq fois par jour.
• Aérer les chambres avant de dormir et chaque matin au réveil; à défaut des fenêtres, laisser les portes ouvertes la nuit est une bonne chose.
• Attention, une ventilation, une climatisation mal conçue (ou mal entretenue) produisent l'effet inverse de celui recherché. Faire appel à des professionnels. Des travaux à prévoir ? Attendre la belle saison, lorsqu'il sera facile d'aérer. Eviter d'habiter la maison en travaux et patienter quelques jours (voire davantage pour les personnes sensibles), avant de retourner dommir dans la chambre qui vient d'être repeinte. Toujours vider les pièces au maximum (pour limiter le phénomène réservoir). Et, s'il y a lieu de changer un sol, le faire APRES la peinture.
Pollution des maisons: quelles sources, quelles menaces?
Matelas, tapis et autres nids à acariens, COV qui émanent du sol ou des meubles, fuite qu'on tarde à réparer, murs qui se lézardent, chaudière, tabac: autant de sources de polluants. Voici les principaux, dangereux pour la santé.
Les allergènes domestiques « aéroportés » responsables essentiellement de manifestations respiratoires. Au hit-parade: 1 ) les acariens, responsables de 70 % des allergies à la poussière de maison. 2) Les allergènes d'animaux (chats, chiens). 3) Les allergènes de blattes, mis en cause plus récemment: 9 à 10 % des allergiques y seraient sensibilisés. Les moisissures provoquent des allergies plus rares et plus difficiles à éradiquer.
L'amiante, composant de nombreux matériaux de construction largement utilisés entre 1950 et 1980. Reconnu comme cancérigène, l'amiante a fait l'objet, en 1996 et 1997, de nouvelles dispositions réglementaires imposant aux propriétaires immobiliers une obligation de diagnostic. Cette recherche d'amiante doit impérativement être réalisée par un contrôleur agréé. La campagne, initialement prévue jusqu'au 31/12/99, a été prolongée. Informations par Minitel (3615 amiante) ou via le web (www.equipement.gouv.fr).
Le radon, gaz rare radioactif naturellement présent dans le sol, peut se concentrer dans les habitations. Deuxième cause d'irradiation après les expositions médicales, le radon, à l'origine de 34 % de 1'exposition moyenne de la population française aux rayonnements ionisants, a été reconnu comme cancérigène par l'OMS en 1987. 27 départements seraient particulièrementconcernés. Des campagnes d'identification des zones à risque et de mesures ont été lancées début 1999. Des plaquettes d'information sont disponibles dans les DDE (directions départementales de l'équipement) et les DDASS, où l'on peut aussi se procurer un dosimètre (200 F).
Le monoxyde de carbone (CO), chef de file des gaz toxiques, est responsable de 5 000 intoxications et 400 décès par an. Des accidents souvent liés à une mauvaiseventilation: « En l'absence d'oxygène, les gaz de combustion ne se transforment plus en CO2, mais en CO », explique Jean-Pierre Buisset, ingénieur du génie sanitaire.Entretenir régulièrement les appareils de chauffage et ne pas obturer les aérations.
Le CO2 (libéré, entre autres, par notre respiration) se concentre dans les espaces confinés où l'oxygène se raréfie.
Les oxydes d'azote (libérés par les appareils à gaz, le tabac...) peuvent entrainer des troubles graves: allumer un four à gaz et trois brûleurs élève en 30 min le taux de dioxyde d'azote de la cuisine à 900 microgrammes/m3 d'air, alors qu'à l'extérieur, un taux de NO2 de 200 déclenche une alerte de niveau 1. De nombreux produits (désinfectants, peintures, colles) contiennent du formaldéhyde, également émis par les murs isolés par injection de mousses urée-formol, les panneaux de particules et contreplaqué, et la fumée de tabac. Irritant, sensibilisant, le formaldéhyde est classé cancérigène probable. Selon l'OMS, les valeurs dans l'air des habitations ne devraient pas dépasser 0,1 mg/m3 d'air chez les personnes en bonne santé. Dix fois moins pour les personnes sensibilisées (voir le numéro de janvier de « Que Choisir ? » . Il serait trop long de détailler la longue liste des milliers de COV présents dans de nombreux matériaux, produits d'entretien et de bricolage. Un des plus néfastes: le benzène (cancérigène avéré). Alors qu'une valeur limite de 10 microgrammes/m3 (à terme 5) vient d'être adoptée par l'Union européenne comme objectif de qualité, de récentes campagnes de mesures (Nancy, INERIS, 1998)trouvent des concentrations dépassant 20 microgrammes/m3 d'air dans les logements-témoins. Important. Ces composés présents dans l'air pénètrent dans l'organisme par voie respiratoire mais aussi à travers la peau: travailler toujours dans un local bien ventilé; porter des vêtements couvrants, lavés souvent et, si nécessaire, un masque et des gants adaptés. En cas de problème: s'adresser à la mairie, qui peut faire intervenir le service d'hygiène de la ville, ou les services techniques de la DDASS pour une inspection à vue et des prélèvements d'air.
Par Valérie Ferrier
L'ionisation des aliments

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L'ionisation
des aliments
source: les sens de nos vies.org

Vous avez déjà vu ce logo ? Pourtant, il devrait être apposé sur tout aliment ayant été ionisé... Essayons d'en savoir plus sur ce sujet qui demeure plutôt secret, bien qu'il soit évidemment sans danger pour la santé... Le fait que le logo ne soit pas très répandu ne veut pas dire qu'il n'y a rien à ioniser. Sinon, il n'y aurait pas tous ces sites spécialisés aux abords des grandes villes ( une carte serait bienvenue ! )
Ce qu'en dit IONISOS,
Société
Anonyme au capital de 6.782.848 € emploie 80 personnes sur 5
sites de
production. IONISOS est issue de la fusion en 1993 des
sociétés :
CONSERVATOME et AMPHYTRION ; dès 1997, IONISOS et CARIC se
sont
rapprochées afin de mettre en commun deux technologies
complémentaires
dans le domaine des rayons ionisants : les " électrons
accélérés " et
les " rayons Gamma ". Le métier de IONISOS :
IONISOS est prestataire de services pour le traitement par rayonnements
ionisants dont les utilisations principales sont :
Tous les jours l’ionisation
contribue à sauver des vies, à
préserver la santé et à
protéger l'environnement.
° Partout dans le monde, les usines d’ionisation
fonctionnent sans
risque et stérilisent efficacement les dispositifs
médicaux demandés
par les chirurgiens et autres professionnels du milieu
médical pour une
utilisation en bloc opératoire ou pour les soins (par
exemple, les
seringues, les aiguilles, les gants chirurgicaux, les compresses, les
champs opératoires, les implants, les poches pour solution
intraveineuse, etc...).
° Les biberons utilisés dans un grand nombre
d'unités de prématurés
sont ionisés pour éliminer tout risque
d'infection à cette étape
cruciale de la vie d'un bébé
prématuré.
° Les prothèses de hanches artificielles sont
stérilisées pour réduire
le risque d'infection et les complications post-opératoires.
° Les astronautes mangent des aliments ionisés pour
éviter les
intoxications alimentaires quand ils sont en mission dans l'espace.
° Les emballages alimentaires sont ionisés pour
prévenir les
contaminations bactériennes et pour préserver les
aliments . Les
exemples les plus fréquents sont les emballages pour les
produits
laitiers et les jus de fruit, ainsi que les récipients de
crèmes.
° Les bouchons en liège des bouteilles de vin sont
ionisés pour
détruire les moisissures responsables " du goût de
bouchon " abîmant le
vin.
° Les épices sont ionisées pour
détruire les bactéries pathogènes et
les parasites d'insectes dangereux qui les contaminent très
fréquemment. ° A travers le monde, une grande
variété d'aliments est
ionisée, pour réduire le gaspillage, prolonger la
durée de vie du
produit durant son stockage, et détruire les organismes
dangereux qui
peuvent provoquer des maladies ou même la mort. (...) source
:
http://www.ionisos.com/fr/lien1.htm
hum.......bizarre quand même
-Aliments
irradiés : le grand secret
dossier de http://www.bioweight.com/irradier.html
<< On ne peut pas dire la vérité à la télé … il y a trop de monde qui regarde. >> . Coluche.
Irradiation, ionisation, c'est quoi au juste ?
Irradier, veut dire soumettre à un rayonnement radioactif de type bêta (provenant de particules), ou de type gamma (cobalt 60) l' autre terme (plus discret) est l' ionisation. . L' irradiation au cobalt 60, émet des rayons gamma qui irradient alors, à quarante kilograys (KGy), des palettes entières d' aliments convoyés en boucle sur tapis roulants. . L' irradiation au césium 137, parce qu'il n' a pas besoin d' un couvercle d' eau, est d' un usage beaucoup plus pratique. Intégré dans une mini-centrale nucléaire mobile, il est transporté en camion, d' une usine à l' autre, au gré des contrats, en revanche il est beaucoup plus instable.
A quoi sert l'irradiation ?
L'
irradiation est utilisée pour retarder le
mûrissement des fruits, pour
empêcher les légumes de germer, pour tuer des
bactéries responsables du
pourrissement ou pour se débarrasser d' insectes sur les
aliments. Il y
a actuellement une forte pression internationale de la part de l'
industrie de l' irradiation et d' autres organisations (comme l' OMS !)
pour généraliser son l'utilisation.
Qui utilise l'irradiation ?
Actuellement, cinq pays de l' Union européenne autorisent l'
irradiation ou (ionisation) d' autres aliments : la Belgique (8), la
France* (16), la Hollande (8), l' Italie (3) et le Royaume-Unis (10). .
Pour voir la liste des aliments concernés : Ionisés : la liste secrète* ! . Jusqu' à présent, la pression de l' opinion publique a été forte pour s' opposer à l' ionisation des aliments. Ainsi, selon les organisations de consommateurs, cette technologie n' offre pas de réels bénéfices aux consommateurs, ce serait même plutôt le contraire et pourrait tromper ceux-ci sur la fraîcheur réelle des produits !
Les dangers
liés à << l' irradiation
>> des aliments
L'irradiation des aliments dégrade la qualité de
ceux-ci notamment en
détruisant les vitamines qu' ils contiennent et en faisant
apparaître
de nouveaux composés chimique dont certains sont
cancérigènes.
Malheureusement, voici une raison de plus pour manger naturel (Bio) (
ndlr :pourquoi malheureusement ???) . . Ainsi l' ionisation peut
détruire jusqu'à 80% de la vitamine A des
œufs et 48% du Béta-carotène
du jus d' orange ! (1) De plus l' ionisation des aliments peut faire
apparaître dans ceux-ci des composés
appelés cyclobutanones, qui sont
des promoteurs du développement de cancers et causent des
dommages
génétiques chez le rat. . Chez l' homme on sait
qu' il créent des
dommages aux cellules et au gènes (cytotoxicité
et géno- toxicité) (2).
D' autres composés tels les radicaux libres ou le
benzène, le toluène …
apparaissent lors de l' ionisation d' aliments (ces composés
sont
connus pour favoriser l' apparition de cancers, maladies
cardio-vasculaires, …). . Une riche littérature
scientifique illustre
ces dangers (3). Pourtant la Commission européenne ou l'OMS
(organisation mondiale de la santé) refusent toujours de
prendre en
compte ces dangers mis en évidence par ces études
scientifiques.
Pourquoi ?
La commission européenne refuse les conclusions d' une étude officielle européenne qui montre les dangers potentiels des aliments ionisés ! . . Une étude réalisée en 2002, par une équipe de chercheurs franco-allemands dans le cadre d' un programme de recherche interrégional de l' Union européenne a montré que certains cyclobuta- nones (les 2 alkylcyclobutanones) sont cytotoxiques, génotoxiques et sont des promoteurs du cancer du colon chez le rat (4). . Le comité scientifique de la nourriture (SCF : du service santé et protection du consommateur de la Commission européenne) a refusé ces conclusions alors que l' équipe de chercheurs qui a réalisé cette étude compte parmi les meilleurs spécialistes mondiaux ! . Les chercheurs n' ont d' ailleurs pas tardé à réagir pour maintenir leurs conclusions. .
Conclusion : l' irradiation ne se contente pas d' exterminer les germes indésirables, par la même occasion ils détruisent instantanément toutes les vitamines, les antioxydants, les enzymes, les acides gras, et dans le cas des viandes rouges, certains composants naturellement présents dans les fibres deviennent cancérigènes. . D' ailleurs, le professeur Samuel Epstein, de la faculté de médecine de l' Illinois, expert auprès de la FDA (Food and Drugs Administration), a bien tenté de soulever le problème, il n' a pas été entendu. . << C' est que les industriels ne s' interressent pas à la prévention, ils préfèrent souvent (pour un moindre prix) payer les pots cassés.>>
Pourquoi <<
l' irradiation >> à tout prix ?
Pour masquer de mauvaises pratiques en matière d'
hygiène et ne pas
inciter à accroître la propreté dans ce
domaine . L' OMC (Organisation
mondiale du commerce), presse l' Union européenne d'
assouplir sa
législation sur l' ionisation des aliments : elle y voit
là un moyen d'
accroître encore un peu plus la mondialisation des
échanges commerciaux
de nourriture au détriment des systèmes de
production locaux durables
et de petite taille, destabilisant encore davantage les
marchés en
concurrencant les productions locales avec des productions d' aliments
en provenance des pays en voie de déve- loppement
où les coûts de
production sont très bas. Ces produits dénutris
et sans fraîcheur
pourront ensuite être revendus sur nos marchés !
Etiquetage absent !
pourquoi ?
Pourquoi n' est-il pas systématiquement indiqué
que certains aliments
sont irradiés ? . Pourquoi le logo << RADURA
>> , qui est
censé figuré sur l' étiquetage n'
apparaît - il jamais ?
- Aliments irradiés et OGM : même refus d'étiquetage des multinationales ( comme par hasard !)
( lire à ce propos l'excellente synthèse de http://www.grainvert.com/article.php3?id_article=708 )
La commission de l' environnement du Parlement européen avait indiquée que l' irradiation (ionisation) devrait être indiquée sur l' emballage des aliments con- cernés. Obligatoire depuis un décret du 8 mai 1970, ainsi que toutes les importations depuis le 20 septembre 2000. En 1999, vingt mille tonnes de produits divers ont été irradiés. Lesquels exactement ? Bien malin qui pourrait le dire. Les entreprises et les distributeurs qui jouent la transparence ne sont pas nombreux. C' est le cas de la société Euro-contact de Boulogne- -sur-mer qui, depuis des années libelle ses étiquettes avec la mention << produit traité par rayon- nements ionisants >>, ce n' est pas du tout le cas en revanche, des producteurs de fromages frais distribués sur le marché français. Les viandes de volailles séparées mécaniquement, sont irradiées à raison de 6000 tonnes par an. On peut donc en conclure que la plupart des plats cuisinés à base de poulet sont irradiés.
Travailleurs et sécurité globale en danger
L' utilisation de l' ionisation des aliments n' est pas sans danger pour les travailleurs de ce secteur. De très nombreuses contaminations radioactives ont déjà eu lieu aux USA, en Italie, en Norvège, en Australie, … . De plus les sources de radioactivité sont très convoitées par des réseaux organisés afin d' être revendue sur le marché noir (chaque année, dans le monde se sont plus de 200 sources de radioactivités qui sont volées ! ). . Attention au terrorisme ! source : http://www.bioweight.com/irradier.html
L'irradiation (ionisation)
des aliments, SUITE ...
C'est connu, très peu d'êtres vivants
résistent à une forte
irradiation. C'est pourquoi quelques nucléocrates abrutis
(oui, c'est
un pléonasme) ont imaginé de se servir des
propriétés biocides de
certains produits radioactifs pour « nettoyer » les
aliments des
bactéries et autres animaux indésirables.
Cette méthode, aussi appelée ionisation (par abus de langage hypocrite et mercatique), pose les problèmes suivants :
· elle consiste à
multiplier les sources d'assez
forte radioactivité (souvent du Cobalt 60), ce qui pose un
problème de
santé publique, en augmentant les risques d'accident, de
dissémination
involontaire et de contamination ou d'irradiation des travailleurs
chargés de l'irradiation des aliments par des rayons
d'activité longue
et pénétrante (NB : irradiation = exposition
simple à de la
radioactivité de n'importe quelle nature; un
élément irradié —
même
détruit par cette irradiation — n'est pas
radioactif, s'il n'a pas été
contaminé | contamination radioactive = ajout d'un
élément radioactif,
par ex. par ingestion ou stagnation dans les poumons ou
pénétration
dans la peau ou fixation dans les cheveux et les reliefs de la peau. La
contamination provoque une irradiation aussi longtemps que dure la
radioactivté de l'élément contaminant,
soit de de quelques secondes à
plusieurs milliards d'années. Un
élément contaminé par de la
radiactivité est donc dangereux, puisqu'il peut
émettre des rayons
nocifs);
· risque de sélectionner rapidement des souches
bactériennes
particulièrement virulentes et résistantes; (de
nouvelles et dures
conditions de vie favorisent les mutations, une sorte de
sélection
accélérée);
· l'irradiation a tendance à altérer
les aliments, notamment leurs
vitamines, et à produire des radicaux libres, nocifs pour la
santé,
ainsi que de nouvelles molécules (appelées
produits de radiolyse) dont
on ignore la toxicité. La vitamine la plus
détruite est la B1, suivent
les A, E, B6, PP et K, puis la C (26 à 54 % de pertes sur
les carottes
pour cette dernière et 15% en moyenne sur les agrumes).
· les aliments irradiés présentent un
très faible risque (dû à une
erreur humaine) de contamination radioactive faible ou forte
après
traitement. Or moins l'organisme humain ingère de
radio-éléments, mieux
il se porte. En effet, les instances scientifiques officielles du
nucléaire pensent depuis quelques années qu'il
n'y a pas de seuil en
dessous duquel la radioactivité serait inoffensive,
même des faibles
doses répêtées pourraient bien tuer ou
causer des maladies.
· l'irradiation peut servir à rendre
présentables des viandes impropres
à la consommation, car elle modifie leur couleur. Ainsi, une
entreprise
française de négoce de viandes fut
condamnée en octobre 1999 pour ce
genre de pratiques, qui plus est sur des viandes
non-autorisées à
l'irradiation. Les enquêteurs se sont d'ailleurs
interrogés sur les
doses de radiations utilisées.
Pour ces raisons, il est prudent et responsable de boycotter tout
produit irradié.
En France, sont autorisés à l'irradiation :
Oignon, ail,
échalote, épices, plantes
médicinales, viandes de volaille
séparées mécaniquement, crevettes,
légumes et fruits secs ou congelés,
mélanges de flocons et de germes de
céréales, cuisses de grenouilles
congelées, gomme arabique pour
l'enrobage de médicaments et de bonbons, les
émulsions de sirops, de
flans en sachet, de sauces condimentaires.
(...)
Enfin, certains produits d'importation absents de cette liste ont pu
avoir été irradiés dans leur pays
d'origine, c'est notamment le cas de
divers produits Bio en provenance d'Israel, ce qui est d'autant plus
scandaleux qu'en Europe, l'irradiation des produits Bio est
heureusement interdite. source et point de vue : http://membres.lycos.fr/resister/additifs/2-conserv.html
Plus de précisions...
La liste des produits autorisés à l'ionisation s'établit actuellement ainsi* ) :
- Oignons, aulx, échalotes (arrêté du 9 août 1997).
- Épices et aromates (arrêté du 1 er septembre 1983 modifié par l'arrêté du 6 janvier 1998).
- Viandes de volailles (arrêté du 6 février 1985).
- Gomme arabique, légumes déshydratés, flocons et germes de céréales (arrêté du 16 juin 1985).
- Sang, plasma, cruor (arrêté du 19 novembre 1986).
- Légumes et fruits secs (arrêté du 6 janvier 1988).
- Cuisses de grenouille (arrêté du 3 août 1988).
- Matériaux en contact avec les aliments (arrêté du 12 août 1988).
- Farine de riz (arrêté du 4 novembre 1988).
- Fraises (arrêté du 29 décembre 1988).
- Viandes de volailles hachées (arrêté du 27 août 1990)
- Blanc d'oeuf (arrêté du 1 - octobre 1990)
- Crevettes décortiquées (arrêté du 2 octobre 1990)
- Caséines et caséinates destinés à l'alimentation humaine (arrêté du 17 juillet 1991)
- Colostrum bovin pour l'alimentation des veaux (arrêté du 9 janvier 1992)
- Camembert au tait cru hors Appellation d'origine contrôlée (AOC) (arrêté du 23 mars 1993)
- Abats de volailles (arrêté du 30 mai 1997)
* données de 1998 trouvées sur http://chefsimon.com/fichzip/ionisationmin.pdf d'après une fiche officielle du ministère de l'agriculture, mais pas trouvé sur le site http://www.agriculture.gouv.fr/spip/ :-((
- Ce qu'ils ne savent pas ne les choquera pas...
L'industrie de la biotechnologie qui soutient la modification génétique et l'industrie du nucléaire qui soutient l'irradiation semblent déterminer à faire des OGM et des aliments irradiés la norme sur les marchés mondiaux. Ils s'opposent invariablement à l'étiquetage des OGM et des aliments irradiés, ce qui ne facilite pas la tâche des consommateurs qui veulent savoir ce qu'ils mangent.
Le Codex Alimentarius est un groupe des Nations-Unies responsable en matière d'établissement de règles internationales alimentaires. En mai 1998, sous la pression de l'industrie de la biotechnologie, il a décidé que l'étiquetage des aliments génétiquement modifiés était discriminatoire et donc un obstacle au commerce infondé. Le gouvernement américain, sous la pression de l'industrie, n'étiquettera pas les aliments GM. Le message est clair : ne demandez rien parce qu'on ne vous le dira pas. Les aliment irradiés sont commercialisés avec une radura, un cercle autour d'une fleur. Ce symbole semble inoffensif et pour un consommateur non averti peut apparaître comme un symbole d'approbation.
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Ce consommateur n'est pas aidé par les efforts du lobby des pro-irradiation qui désigne ce procédé dangereux par des termes anodins comme 'processus électronique' ou 'pasteurisation à froid' .
La ligne à ne pas franchir : les gouvernements et les leaders de l'industrie craignent qu'un public informé induise une baisse des marges de profits. Des millions de dollars ont déjà été investis dans ces technologies et les investisseurs ne laisseront certainement pas leur argent se perdre. Vers qui vont-ils se tourner à présent ?
En avant vers les Pays du Sud !
Les industries de la biotechnologie et du nucléaire se sont tournées vers le Sud avec une batterie de textes alambiqués sur le commerce : la façade, aider les plus pauvres et les intentions, faire du profit. Pourtant leurs récoltes de mauvaise qualité nutritionnelle n'aideront pas une population en malnutrition sévère. Le dumping de l'aide alimentaire ne fait rien pour s'atteler aux causes sous jacentes de la famine, mais crée une dépendance plus grande à l'aide étrangère et pousse les populations indigènes au fermage locatif. Les partisans de la nourriture GM clament que les grains enrichis peuvent aider à traiter la malnutrition. Ils martèlent que le riz doré est une façon de parer à la déficience en vitamine A. Ce qu'ils ne disent pas c'est qu'un adulte devrait pour cela avaler 3,6 kg de riz par jour. De plus, un corps en malnutrition ne possède pas les graisses nécessaires à la conversion du béta-carotène du riz doré en vitamine A. Incontestablement l'irradiation des aliments cause des pertes nutritionnelles. L'utiliser pour nourrir une population en déficience nutritionnelle, est illogique et dangereux. L'industrie alimentaire est enthousiasmée par l'irradiation parce qu'elle augmente la durée de vie des aliments qui peuvent être alors transportés sur de longues distances sans qu'ils soient gâtés. Cela représente des économies importantes pour cette industrie et permet aux consommateurs des pays riches de consommer des fruits exotiques. Pourtant le pourcentage de perte nutritionnelle augmente pendant la période de stockage. Ainsi, la manière dont l'industrie souhaite utiliser l'irradiation pour aider les populations carencées sur le plan nutritionnel conduira à leur fournir des aliments carencés. Et en plus de cela, les personnes en malnutrition ont une résistance aux toxiques moins grande et donc les aliments irradiés avec leurs produits radiolytiques pourraient s'avérer mortels. Les aliments GM ou irradiés contribuent à la dépendance du Tiers Monde à un business international. Les semences GM "terminator" produisent des récoltes qui ne germeront pas d'une année sur l'autre, les agriculteurs devant alors racheter leurs semences tous les ans aux firmes de biotechnologie. Ces semences manipulées ne survivent pas sans application de produits chimiques achetés aux mêmes firmes. Les technologies génétiques coûtent cher et les agriculteurs se retrouveront locataires de leurs propres terres pour travailler pour le compte de firmes étrangères. De même, l'irradiation est un procédé hautement industrialisé qui dépend d'une production de masse et de regroupements d'entreprises pour pouvoir faire des profits. Comme l'irradiation permet de doubler ou tripler la durée de "vie" des aliments, tue les insectes parasites et masque les conditions sanitaires déplorables de la production de viandes industrielles, les firmes alimentaires internationales peuvent augmenter la production alimentaire dans les pays en voie de développement où le travail coûte moins cher et où l'utilisation des produits chimiques est souvent faite de manière illégale. Les producteurs locaux et de taille familiale ne peuvent lutter contre les exploitations de taille industrielle qui compte sur le travail bon marché. Leur disparition permet aux firmes de gagner en contrôle sur la production alimentaire mondiale.
Dans ce monde de prix bradés et de profits, les concepts de qualité, sûreté, durabilité et justice sont sans valeur. Au lieu de faire face aux vraies raisons de la famine mondiale, les firmes de la biotechnologie et du nucléaire promeuvent de part le monde des technologies dangereuses. Nous devons protéger notre sécurité alimentaire ! Source : http://www.grainvert.com/article.php3?id_article=708
Sur l'excellent et très riche site http://www.nanodata.com on peut lire l es résultats d'une petite enquête concernant l'irradiation des aliments auprès de 4 grands de la distribution en France : Carrefour, Auchan, Intermarché et Leclerc. voirhttp://nanodomains.com/doc/0003/IRRADIATION_DES_ALIMENTS_EN_FRANCE_EN_2004.pdf : apparemment, les mousquetaires et Leclerc n'ont pas répondu, Auchan l'avoue pour les abats de volailles, carrefour confirme que les fruits et légumes de carrefour bio ne sont pas ionisés !
l'idéal pour éviter de consommer irradié, c'est déjà de ne pas acheter dans ces endroits-là.
Quelqu'un aurait-il un lien pour avoir la carte des établissements où se pratique l'ionisation ? Merci d'avance et à suivre !!!
Voici les référence d'une brochure
très bien faite :
Irradier nos aliments? Non merci!
par Maria Denil et Paul Lannoye
Edité par le Groupe des Verts/ALE au Parlement
européen en décembre 2002
Les préoccupations relatives à la
sécurité alimentaire ont pris, à
juste titre, une place prépondérante dans le
débat politique. Il serait
alors dommageable d'ignorer ou même sous-estimer les risques
pour la
santé et les retombées pour la
société de certaines techniques
contestables utilisées dans la chaîne alimentaire.
L'irradiation des
aliments est de celle-ci. Même s'il s'agit d'une technique
peu
médiatisée et peu utilisée, elle n'en
est pas moins largement
cautionnée et même promotionnée par
l'OMS, alors qu'elle n'a fait la
preuve ni de son innocuité, ni de son utilité.
Cette brochure peut être
téléchargée ici
Une version papier peut être obtenue gratuitement
à l'adresse paul.lannoye@skynet.be
22 novembre 2005
Apocalypse Kesako
Apocalypse Kesako
L'Apocalypse
est le dernier livre de la Bible chrétienne. C'est une
révélation de la fin du monde et de
l'instauration du royaume de Dieu.
Signification
L'Apocalypse doit son nom à un terme grec
(Aποκάλυψις,
Apocalupsis) signifiant révélation, comme l'on
révéle un monument pour une inauguration. Le
livre commence par les mots «
Révélation de Jésus-Christ »
(Ap I.1), c'est en ce sens que le texte présentera la
personne de Jésus-Christ à son retour sur terre
et les événements l'entourant.
Apocryphes
Si l'Apocalypse de saint Jean est la seule reconnue dans le Canon des
Écritures, l'apocalypse est un genre littéraire
particulièrement développé dans les
apocryphes : Apocalyse de Pierre, Apocalyse de Baruch, Apocalypse
d'Abraham, Apocalypse de Daniel, Apocalypse d'Élie,
Apocalypse de Moïse, Apocalypse de Sophonie, Apocalyse de
Jacques, Apocalyse de Paul, Apocalyse d'Étienne et
même Apocalypse apocryphe de Jean
L'intégration du texte de Jean au canon biblique n'a pas
toujours été admise. Le nombre important des
apocalypses obligea les exégètes à
examiner ces textes pour finalement conclure que l'Apocalypse de Jean
se distinguait par sa vision moins pessimiste que les autres. En effet,
Jean oriente ses écrits vers l'espoir du retour du Christ.
Date de
rédaction
Il existe plusieurs hypothèses à ce sujet :
* Ecrite durant le règne de
Néron Sur la déclaration de Papias (70-155),
certains commentateurs comme Wetscoot, Lightfoot ou Salmon, ont
pensé que Néron était responsable de
l'emprisonnement de Jean dans l'ile de Patmos. Dans cette
hypothèse, l'Apocalypse aurait été
rédigée avant la chute de Jérusalem en
l'an 70. Période que proposent également
Clément d'Alexandrie, Origène et
Jérôme.
Selon la plupart des commentateurs le chiffre de la Bête
(666) d'Ap 13,18 correspondrait à "César
Néron" (gématrie). D'autre part saint Jean nous
dit que lorsqu'il écrivait le sixième "Roi"
était encore vivant (cf. Ap 17,10). Ce sixième
empereur, ou César, était justement
Néron. L'Apocalypse serait ainsi datée.
* D'autres, tel Denys d'Alexandrie (IIIe
siècle), ne pensaient pas que Jean (l'apôtre) fut
encore en vie à cette période. À sa
suite, Eusèbe (270-340) et d'autres théologiens
attribuent ce livre à Jean l'Ancien, qui aurait
été évéque
d'Éphèse à la fin du Ier
siècle.
Mais il faut remarquer que dans ses épîtres, Jean
l'apôtre se nomme seulement Jean l'Ancien, ou Jean le
presbytre (cf. 2 Jn 1 et 3 Jn 1). Il eût pu y avoir
confusion. En réalité, il n'y eut qu'un seul
Jean, et à Selçuk, près
d'Ephèse, il n'existe qu'une seule basilique Saint Jean (en
ruine) abritant son tombeau.
* Mais la plupart des
exégètes du monde antique (Tertullien, Hippolyte
et Victorius) et de notre époque attribuent ce livre
à l'apôtre Jean. Ainsi,
Irénée et Justin Martyr affirment qu'il est
revenu à Éphèse après sa
détention à Patmos et qu'il y a vécu
jusqu'au début du règne de Trajan, soit l'an 98.
Certains pensent que le texte fut écrit en l'an 95,
époque où l'empereur Domitien lanca de nombreuses
persécutions contre les chrétiens. Jean aurait
été exilé à Patmos par
mesure d'intimidation et aurait écrit ce livre sans aide. En
comparaison aux autres écrits de Jean (l'Evangile selon Jean
et les Epitres de Jean) où il aurait
été aidé, la pauvreté du
style de l'Apocalypse confirme cette version. En 397, le concile de
Laodicée admit cette hypothèse comme
étant la plus vraisemblable.
Pour information, le dix-neuvième centenaire de la
rédaction de l'Apocalypse a été
solennellement fêté en 1995, par les moines
orthodoxes de Patmos.
L'apôtre Jean
Le style d'écriture reste tout de même proche
entre le livre de l'Apocalypse et l'évangile de Jean. C'est
en particulier le cas du mot semaino (faire connaître, donner
un signe) (Ap I.1) que l'on retrouve huit fois dans son
évangile (Jn II.11, IV.54, V.36, VI.14, VI.19-21, IX.16,
XI.47 et XXI.2).
Controverse
L'Apocalypse est certainement le livre le plus controversé
des écritures, ceci est dû à la
diversité des interprétations et aux oppositions
qu'elles soulignent.
Interprétations générales
Le langage hautement symbolique de ce livre a ouvert la voie
à de très nombreuses interprétations.
Cependant on y retrouve en général quatre grands
courants.
Elles diffèrent suivant les mouvements chrétiens
et les époques.
* La thèse
idéaliste voit l'Apocalypse comme un combat entre les forces
du bien et celles du mal. Tout est affaire de symbole. Parmi les
adeptes de cette interprétation, on peut noter
Clément d'Alexendrie et Origène (IIIe
siècle).
* La thèse
prétériste (praeter : avant) considère
l'Apocalypse comme un livre d'histoire y retrouvant des
événements comparables à ceux survenus
durant le règne de Constantin Ier (IVe siècle).
* La thèse
présentiste ou historique fait le rapprochement de
l'actualité et des événements
décrits dans le texte. On note de nombreux grands
personnages soutenant cette vision, comme Wycliffe, Luther, Joseph Mede
ou encore Isaac Newton.
* La thèse futuriste voit
dans ce livre une peinture des événements
à venir, une prophétie. Cette vision apporte un
aspect déroutant aux événements
présents.
Divers commentateurs chrétiens modernes
considèrent que les thèses historique et
futuriste sont toutes les deux valables. La supposition de
départ est que, étant donné que
l'Apocalypse traite du jugement du monde, elle ne peut pas
être limitée à un regard actuel sur les
événements entourant Jean vers le milieu du 1er
siècle (temps de Néron). En même temps,
il serait exagéré de penser que Jean aurait
écrit ce texte uniquement à destination de
lecteurs du futur, fût-ce plusieurs siècles dans
l'avenir, sans qu'il n'ait d'intérêt pour ses
contemporains. Cette approche suppose donc que l'Apocalypse comportait
un message à destination de ses contemporains, mais en
même temps qu'elle revêtait un caractère
prophétique concernant les «temps de la
fin».
Le millénium est le terme employé pour
désigner le règne de mille ans de
Jésus-Christ sur Terre. Ce millénium est
décrit dans le chapitre 20 de l'Apocalypse. Il existe
plusieurs conceptions du millénium, que l'on peut
présenter globalement en trois catégories.
* Les postmillénaristes
pensent que le retour de Jésus-Christ se fera
après les mille ans du règne. Cette
période sera prospère et bénie puisque
Satan aura été enchaîné et
le mal aura été enrayé.
Les mille ans, et la première résurrection, d'Ap
20,1-6 correspondraient à une victoire provisoire de
l'Eglise du Christ après la chute annoncée de
l'empire romain (cf. Ap 18,21). En somme un temps de
chrétienté, avant un retour offensif de l'esprit
du mal (cf. Ap 20,7).
Le thèse de Gaston Georgel (Les quatre âges de
l'Humanité) s'inscrirait dans cette perspective qui situe le
millénium comme étant compris entre
l'édit de Milan (313, phonétiquement 1000 ans)et
la destruction de l'ordre des Templiers (1313). Cette thèse
basée sur les travaux d'un ecclésiastique, Mgr
Decouvoux, fait du millénium l'âge d'or du
christianisme, soit un prélude au
déchaînement de Satan à la fin du cycle.
* Les amillénaristes refusent
la pensée d'un règne de Jésus-Christ
sur Terre. Ils assimilent le millénium avec le
règne éternel (Chp 21 et 22) et appliquent les
prophéties concernant le rétablissement
d'Israël à l'Église.
* Les
prémillénaristes concoivent le retour de
Jésus-Christ avant le millénium. De
ceux-là, une partie la pense en deux étapes,
séparées par la venue de l'Antéchrist
: dans un premier temps, L'Eglise sera enlevée, puis suivra
un nouveau retour pour effectuer le millénium.
Malgré les divergences d'interprétations et la
complexité du sujet, ce soixante-sixième livre de
la Bible se recommande vivement à la lecture :
« Heureux celui qui lit et
ceux qui entendent les paroles de la prophétie et qui
gardent les choses qui y sont écrites ! Car le temps est
proche. » (Ap 1,3).
La critique interne de l'Apocalypse conduirait très
certainement à une datation de l'Apocalypse du temps de
Néron, et plus précisément du temps de
la persécution de Néron (vers 66-67).
La Bête de 666 (cf. Ap 13,18) ne serait autre que
Néron lui-même selon l'interprétation
la plus fréquemment donnée de cette
gématrie. D'autre part l'écrivain nous
déclare (cf. Ap 17,10) que lorsqu'il écrivait le
sixième "Roi" était encore vivant.
Or le sixième empereur romain (Basileus, en grec) fut
précisément Néron selon la
manière habituelle de compter des Anciens (cf.
Suétone:La Vie des douze Césars).
Soit:
1.César
2.Auguste
3.Tibère
4.Caligula
5.Claude
6.Néron
Cette manière de voir éclaire l'Apocalypse. Les
deux témoins de Ap 11,1-14 ne seraient autres que les
apôtres Pierre et Paul, victimes récentes de la
persécution de Néron. Babylone, la ville assise
sur 7 collines (cf. Ap 17,9) serait, bien sûr, Rome.
La Femme, mère de l'enfant mâle (cf. Ap 12), ne
peut être que Marie, mère du Christ, dont, on le
sait, Jean avait pris la charge (cf. Jn 19,27).
Le petit livre de Ap 10, révélé
à Jean mais non encore rédigé, n'est
autre que le futur quatrième évangile que Jean
méditait déjà dans sa retraite de
Patmos, avec sa division nettement septénaire : les sept
tonnerres, ou révélations, de Ap 10,3-4 (Voir
Plan septénaire de l'évangile de Jean).
La première tête de la Bête (cf. Ap
13,3) blessée à mort, mais qui reprit vie, fut
César, fondateur de la dynastie, assassiné aux
ides de mars (en - 44) mais ressuscité en la personne de ses
successeurs qui reprenaient son nom de César.
On peut interpréter le millénium d'Ap 20,1-6, et
la première résurrection, comme un temps de
réussite provisoire de l'Eglise du Christ, temps qui devait
suivre la chute de l'empire romain. En somme une époque de
chrétienté.
Il faut bien comprendre que l'Apocalypse ne prétend pas
décrire seulement la fin du monde, et les catastrophes qui
l'annonceront, mais bien toute l'histoire humaine, avec ses
péripéties: le présent (des Eglises)
cf. Ap 1,9 --- 3,22; le passé, éloigné
ou immédiat cf. Ap 4,1 --- 13,18; et l'avenir, proche ou
lointain cf. Ap 14,1 --- 22,5.
La parousie, et la Jérusalem d'en haut, sont seulement
présentées en finale: cf. Ap 20,11 --- 22,5.
L'Apocalypse fut un écrit de circonstance,
destiné à réconforter les
chrétiens par temps de persécution et
à prédire la ruine de l' "Antéchrist",
Néron actuellement régnant et dans son
acmé. Il se promenait en Grèce, près
de Patmos, lorsque Jean mettait par écrit sa
prophétie.
On s'explique que ce livre, appelé à circuler
sous le manteau, fût rédigé dans un
langage symbolique et même chiffré.
En aucun cas l'Apocalypse ne fut composée pendant la
persécution de Domitien, dont on n'est même pas
sûr qu'elle ait existé.
Irénée nous dit que l'auteur de l'Apocalypse, et
non pas l'Apocalypse elle-même, fut vu sous Trajan,
c'est-à-dire qu'il vécut très vieux;
on a une confirmation de ce fait dans la finale du IV e
évangile (cf. Jn 21,23).
La théorie documentaire qui fait de l'Apocalypse un
patchwork composé de morceaux rapportés, de
différentes époques ou de différents
auteurs, est vigoureusement réfutée, d'une part
par l'unité de style de ce petit ouvrage, et d'autre part
par la rigueur du plan septénaire qu'on peut y
découvrir et qui l'organise comme un tout.(Voir: Plan
septénaire de l'Apocalypse). Elle n'aurait pas de sens si
elle n'eût été
expédiée (dans son
intégralité) avant la chute et le suicide de
Néron (auxquels elle ne fait aucune allusion).
L'Apocalypse et le quatrième évangile, bien que
du même auteur, furent rédigés dans des
circonstances et à des époques très
différentes. L'Apocalypse est plus ancienne que
l'évangile de Jean, et son style nettement plus fruste, et
d'autre part truffé de réminiscences
vétérotestamentaires.
Dans ses épîtres, plus tardives
également, Jean ne déclarera plus que
Néron fût l'Antéchrist:
c'était désormais obsolète; mais bien
tout homme qui nie Jésus-Christ (cf. 1 Jn 2,22;4,3).
Plans de l'Apocalypse
On peut distinguer trois plans superposés de l'Apocalypse ,
qui se combinent sans se contredire. La présence
indéniable de ces trois plans, discernés par
l'analyse selon les niveaux de lecture, montre bien la prodigieuse
unité interne de ce fascicule énigmatique, qui
termine nos bibles.
Plan binaire (ou sommaire)
(Selon l'Apocalypse elle-même: cf. Ap 1,19)
I. "Le présent", ou les lettres aux sept Eglises: Ap 1,1 ---
3,22.
II. "Ce qui doit arriver plus tard", ou les visions
prophétiques: Ap 4,1 --- 22,21
Plan ternaire
(Selon Jean Ferrand, et d'après le contenu réel
des phases de la prophétie)
I. Le présent (des Eglises):Ap 1,9 --- 3;22
II. Le passé (de l'humanité),
éloigné ou immédiat:Ap 4,1 --- 13,18
III. Le futur, proche ou lointain: Ap 14,1 --- 22,5
Plan septénaire
(Selon Alfred Läpple, et d'après les nombreux
mots-charnières qui jalonnent le texte: premier,
deuxième, troisième, etc., après cela
je vis,après cela je vis, après cela je vis, etc.)
Prologue: Ap 1,1-3
I. Les sept lettres aux sept Eglises: Ap 1,4 --- 3,22
II. Les sept sceaux: Ap 4,1 --- 8,1
III. Les sept trompettes: Ap 8,2 --- 11,19
IV. Les sept visions de la Femme et de son combat avec le Dragon: Ap
12,1 --- 14,20
V. Les sept fléaux des sept coupes: Ap 15,1 --- 16,21
VI. Sept tableaux sur le châtiment de Rome: Ap 17,1 --- 19,10
VII. Sept visions finales de l'avenir: Ap 19,11 --- 22,5
Epilogue: Ap 22,6-21
On ne
peut entrer, ici, dans tous les détails de ce Plan
septénaire de l'Apocalypse, qui comporte des visions
liminaires ou intermédiaires, et même des
excursus, ni dans le détail de ses
mots-charnières. Se reporter à la documentation.
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Voici une version intégrale du texte de l'Apocalypse. Toutes les illustrations de cette page viennent de la tapisserie de l'Apocalypse d'Angers. Introduction Révélation de Jésus Christ, que Dieu lui a donnée pour montrer à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientôt, et qu'il a fait connaître, par l'envoi de son ange, à son serviteur Jean, lequel a attesté la parole de Dieu et le témoignage de Jésus Christ, tout ce qu'il a vu. Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie, et qui gardent les choses qui y sont écrites! Car le temps est proche. Jean aux sept Églises qui sont en Asie: que la grâce et la paix vous soient données de la part de celui qui est, qui était, et qui vient, et de la part des sept esprits qui sont devant son trône, et de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né des morts, et le prince des rois de la terre! A celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, et qui a fait de nous un royaume, des sacrificateurs pour Dieu son Père, à lui soient la gloire et la puissance, aux siècles des siècles! Amen! Voici, il vient avec les nuées. Et tout oeil le verra, même ceux qui l'ont percé; et toutes les tribus de la terre se lamenteront à cause de lui. Oui. Amen! Je suis l'alpha et l'oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était, et qui vient, le Tout Puissant. Moi Jean, votre frère, et qui ai part avec vous à la tribulation et au royaume et à la persévérance en Jésus, j'étais dans l'île appelée Patmos, à cause de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus. Je fus ravi en esprit au jour du Seigneur, et j'entendis derrière moi une voix forte, comme le son d'une trompette, qui disait: Ce que tu vois, écris-le dans un livre, et envoie-le aux sept Églises, à Éphèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie, et à Laodicée. Je me retournai pour connaître quelle était la voix qui me parlait. |
| Quand je le vis, je tombai à ses pieds comme mort. Il posa sur moi sa main droite en disant: Ne crains point! Je suis le premier et le dernier, et le vivant. J'étais mort; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clefs de la mort et du séjour des morts. Écris donc les choses que tu as vues, et celles qui sont, et celles qui doivent arriver après elles, le mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite, et des sept chandeliers d'or. Les sept étoiles sont les anges des sept Églises, et les sept chandeliers sont les sept Églises. |
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Lettres aux sept Eglises d'Asie
Écris à l'ange de l'Église
d'Éphèse: Voici ce que dit celui qui tient les
sept étoiles dans sa main droite, celui qui marche au milieu
des sept chandeliers d'or: Je connais tes oeuvres, ton travail, et ta
persévérance. Je sais que tu ne peux supporter
les méchants; que tu as éprouvé ceux
qui se disent apôtres et qui ne le sont pas, et que tu les as
trouvés menteurs; que tu as de la
persévérance, que tu as souffert à
cause de mon nom, et que tu ne t'es point lassé. Mais ce que
j'ai contre toi, c'est que tu as abandonné ton premier
amour. Souviens-toi donc d'où tu es tombé,
repens-toi, et pratique tes premières oeuvres; sinon, je
viendrai à toi, et j'ôterai ton chandelier de sa
place, à moins que tu ne te repentes. Tu as pourtant ceci,
c'est que tu hais les oeuvres des Nicolaïtes, oeuvres que je
hais aussi. Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit
aux Églises: A celui qui vaincra je donnerai à
manger de l'arbre de vie, qui est dans le paradis de Dieu. Écris
à l'ange de l'Église de Smyrne: Voici ce que dit
le premier et le dernier, celui qui était mort, et qui est
revenu à la vie: Je connais ta tribulation et ta
pauvreté (bien que tu sois riche), et les calomnies de la
part de ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui sont une
synagogue de Satan. Ne crains pas ce que tu vas souffrir. Voici, le
diable jettera quelques-uns de vous en prison, afin que vous soyez
éprouvés, et vous aurez une tribulation de dix
jours. Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te
donnerai la couronne de vie. Que celui qui a des oreilles entende ce
que l'Esprit dit aux Églises: Celui qui vaincra n'aura pas
à souffrir la seconde mort. Écris
à l'ange de l'Église de Pergame: Voici ce que dit
celui qui a l'épée aiguë, à
deux tranchants: Je sais où tu demeures, je sais que
là est le trône de Satan. Tu retiens mon nom, et
tu n'as pas renié ma foi, même aux jours
d'Antipas, mon témoin fidèle, qui a
été mis à mort chez vous,
là où Satan a sa demeure. Mais j'ai quelque chose
contre toi, c'est que tu as là des gens attachés
à la doctrine de Balaam, qui enseignait à Balak
à mettre une pierre d'achoppement devant les fils
d'Israël, pour qu'ils mangeassent des viandes
sacrifiées aux idoles et qu'ils se livrassent à
l'impudicité. De même, toi aussi, tu as des gens
attachés pareillement à la doctrine des
Nicolaïtes. Repens-toi donc; sinon, je viendrai à
toi bientôt, et je les combattrai avec
l'épée de ma bouche. Que celui qui a des oreilles
entende ce que l'Esprit dit aux Églises: A celui qui vaincra
je donnerai de la manne cachée, et je lui donnerai un
caillou blanc; et sur ce caillou est écrit un nom nouveau,
que personne ne connaît, si ce n'est celui qui le
reçoit. Écris
à l'ange de l'Église de Thyatire: Voici ce que
dit le Fils de Dieu, celui qui a les yeux comme une flamme de feu, et
dont les pieds sont semblables à de l'airain ardent: Je
connais tes oeuvres, ton amour, ta foi, ton fidèle service,
ta constance, et tes dernières oeuvres plus nombreuses que
les premières. Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu
laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse,
enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu'ils se livrent
à l'impudicité et qu'ils mangent des viandes
sacrifiées aux idoles. Je lui ai donné du temps,
afin qu'elle se repentît, et elle ne veut pas se repentir de
son impudicité. Voici, je vais la jeter sur un lit, et
envoyer une grande tribulation à ceux qui commettent
adultère avec elle, à moins qu'ils ne se
repentent de leurs oeuvres. Je ferai mourir de mort ses enfants; et
toutes les Églises connaîtront que je suis celui
qui sonde les reins et les coeurs, et je vous rendrai à
chacun selon vos oeuvres. A vous, à tous les autres de
Thyatire, qui ne reçoivent pas cette doctrine, et qui n'ont
pas connu les profondeurs de Satan, comme ils les appellent, je vous
dis: Je ne mets pas sur vous d'autre fardeau; seulement, ce que vous
avez, retenez-le jusqu'à ce que je vienne. A celui qui
vaincra, et qui gardera jusqu'à la fin mes oeuvres, je
donnerai autorité sur les nations. Il les paîtra
avec une verge de fer, comme on brise les vases d'argile, ainsi que
moi-même j'en ai reçu le pouvoir de mon
Père. Et je lui donnerai l'étoile du matin. Que
celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux
Églises! Écris à l'ange de l'Église de Sardes: Voici ce que dit celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles: Je connais tes oeuvres. Je sais que tu passes pour être vivant, et tu es mort. Sois vigilant, et affermis le reste qui est près de mourir; car je n'ai pas trouvé tes oeuvres parfaites devant mon Dieu. Rappelle-toi donc comment tu as reçu et entendu, et garde et repens-toi. Si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur, et tu ne sauras pas à quelle heure je viendrai sur toi. Cependant tu as à Sardes quelques hommes qui n'ont pas souillé leurs vêtements; ils marcheront avec moi en vêtements blancs, parce qu'ils en sont dignes. Celui qui vaincra sera revêtu ainsi de vêtements blancs; je n'effacerai point son nom du livre de vie, et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges. Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises! Écris à l'ange de l'Église de Philadelphie: Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre, et personne ne fermera, celui qui ferme, et personne n'ouvrira: Je connais tes oeuvres. Voici, parce que tu a peu de puissance, et que tu as gardé ma parole, et que tu n'as pas renié mon nom, j'ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer. Voici, je te donne de ceux de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui mentent; voici, je les ferai venir, se prosterner à tes pieds, et connaître que je t'ai aimé. Parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi, je te garderai aussi à l'heure de la tentation qui va venir sur le monde entier, pour éprouver les habitants de la terre. Je viens bientôt. Retiens ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne. Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n'en sortira plus; j'écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d'auprès de mon Dieu, et mon nom nouveau. Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises! Écris à l'ange de l'Église de Laodicée: Voici ce que dit l'Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la création de Dieu: Je connais tes oeuvres. Je sais que tu n'es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. Parce que tu dis: Je suis riche, je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, je te conseille d'acheter de moi de l'or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j'aime. Aie donc du zèle, et repens-toi. Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j'ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises! |
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Les visions prophétiques L'agneau reçoit le livre des destinées
Après cela, je regardai, et voici, une porte était ouverte dans le ciel. La première voix que j'avais entendue, comme le son d'une trompette, et qui me parlait, dit: Monte ici, et je te ferai voir ce qui doit arriver dans la suite. Aussitôt je fus ravi en esprit. Et voici, il y avait un trône dans le ciel, et sur ce trône quelqu'un était assis. Celui qui était assis avait l'aspect d'une pierre de jaspe et de sardoine; et le trône était environné d'un arc-en-ciel semblable à de l'émeraude. Autour du trône je vis vingt-quatre trônes, et sur ces trônes vingt-quatre vieillards assis, revêtus de vêtements blancs, et sur leurs têtes des couronnes d'or. Du trône sortent des éclairs, des voix et des tonnerres. Devant le trône brûlent sept lampes ardentes, qui sont les sept esprits de Dieu. Il y a encore devant le trône comme une mer de verre, semblable à du cristal. Au milieu du trône et autour du trône, il y a quatre êtres vivants remplis d'yeux devant et derrière. Le premier être vivant est semblable à un lion, le second être vivant est semblable à un veau, le troisième être vivant a la face d'un homme, et le quatrième être vivant est semblable à un aigle qui vole. Les quatre êtres vivants ont chacun six ailes, et ils sont remplis d'yeux tout autour et au dedans. Ils ne cessent de dire jour et nuit: Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout Puisant, qui était, qui est, et qui vient! Quand les êtres vivants rendent gloire et honneur et actions de grâces à celui qui est assis sur le trône, à celui qui vit aux siècles des siècles, les vingt-quatre vieillards se prosternent devant celui qui est assis sur le trône et ils adorent celui qui vit aux siècles des siècles, et ils jettent leurs couronnes devant le trône, en disant: Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire et l'honneur et la puissance; car tu as créé toutes choses, et c'est par ta volonté qu'elles existent et qu'elles ont été créées. Puis je vis dans la main droite de celui qui était assis sur le trône un livre écrit en dedans et en dehors, scellé de sept sceaux. Et je vis un ange puissant, qui criait d'une voix forte: Qui est digne d'ouvrir le livre, et d'en rompre les sceaux? Et personne dans le ciel, ni sur la terre, ni sous la terre, ne put ouvrir le livre ni le regarder. Et je pleurai beaucoup de ce que personne ne fut trouvé digne d'ouvrir le livre ni de le regarder. Et l'un des vieillards me dit: Ne pleure point; voici, le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, a vaincu pour ouvrir le livre et ses sept sceaux. Et je vis, au milieu du trône et des quatre êtres vivants et au milieu des vieillards, un agneau qui était là comme immolé. Il avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre. Il vint, et il prit le livre de la main droite de celui qui était assis sur le trône. Quand il eut pris le livre, les quatre êtres vivants et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l'agneau, tenant chacun une harpe et des coupes d'or remplies de parfums, qui sont les prières des saints. Et ils chantaient un cantique nouveau, en disant: Tu es digne de prendre le livre, et d'en ouvrir les sceaux; car tu as été immolé, et tu as racheté pour Dieu par ton sang des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, et de toute nation; tu as fait d'eux un royaume et des sacrificateurs pour notre Dieu, et ils régneront sur la terre. Je regardai, et j'entendis la voix de beaucoup d'anges autour du trône et des êtres vivants et des vieillards, et leur nombre était des myriades de myriades et des milliers de milliers. Ils disaient d'une voix forte: L'agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l'honneur, la gloire, et la louange. Et toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre, sur la mer, et tout ce qui s'y trouve, je les entendis qui disaient: A celui qui est assis sur le trône, et à l'agneau, soient la louange, l'honneur, la gloire, et la force, aux siècles des siècles! Et les quatre êtres vivants disaient: Amen! Et les vieillards se prosternèrent et adorèrent. Ouverture des sept sceaux Je regardai, quand l'agneau ouvrit un des sept sceaux, et j'entendis l'un des quatre êtres vivants qui disait comme d'une voix de tonnerre: Viens. Je regardai, et voici, parut un cheval blanc. Celui qui le montait avait un arc; une couronne lui fut donnée, et il partit en vainqueur et pour vaincre. Quand il ouvrit le second sceau, j'entendis le second être vivant qui disait: Viens. Et il sortit un autre cheval, roux. Celui qui le montait reçut le pouvoir d'enlever la paix de la terre, afin que les hommes s'égorgeassent les uns les autres; et une grande épée lui fut donnée. |
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Quand il ouvrit le troisième sceau, j'entendis le troisième être vivant qui disait: Viens. Je regardai, et voici, parut un cheval noir. Celui qui le montait tenait une balance dans sa main. Et j'entendis au milieu des quatre êtres vivants une voix qui disait: Une mesure de blé pour un denier, et trois mesures d'orge pour un denier; mais ne fais point de mal à l'huile et au vin. |
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Quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l'autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et à cause du témoignage qu'ils avaient rendu. Ils crièrent d'une voix forte, en disant: Jusques à quand, Maître saint et véritable, tarde-tu à juger, et à tirer vengeance de notre sang sur les habitants de la terre? Une robe blanche fut donnée à chacun d'eux; et il leur fut dit de se tenir en repos quelque temps encore, jusqu'à ce que fût complet le nombre de leurs compagnons de service et de leurs frères qui devaient être mis à mort comme eux. |
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Je regardai,
quand il ouvrit le sixième sceau; et il y eut un grand
tremblement de terre, le soleil devint noir comme un sac de crin, la
lune entière devint comme du sang, et les étoiles
du ciel tombèrent sur la terre, comme lorsqu'un figuier
secoué par un vent violent jette ses figues vertes. Le ciel
se retira comme un livre qu'on roule; et toutes les montagnes et les
îles furent remuées de leurs places. Les rois de
la terre, les grands, les chefs militaires, les riches, les puissants,
tous les esclaves et les hommes libres, se cachèrent dans
les cavernes et dans les rochers des montagnes. Et ils disaient aux
montagnes et aux rochers: Tombez sur nous, et cachez-nous devant la
face de celui qui est assis sur le trône, et devant la
colère de l'agneau; car le grand jour de sa
colère est venu, et qui peut subsister? Après
cela, je vis quatre anges debout aux quatre coins de la terre; ils
retenaient les quatre vents de la terre, afin qu'il ne
soufflât point de vent sur la terre, ni sur la mer, ni sur
aucun arbre. Et je vis un autre ange, qui montait du
côté du soleil levant, et qui tenait le sceau du
Dieu vivant; il cria d'une voix forte aux quatre anges à qui
il avait été donné de faire du mal
à la terre et à la mer, et il dit: Ne faites
point de mal à la terre, ni à la mer, ni aux
arbres, jusqu'à ce que nous ayons marqué du sceau
le front des serviteurs de notre Dieu. Et j'entendis le nombre de ceux
qui avaient été marqués du sceau, cent
quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils d'Israël:
de la tribu de Juda, douze mille marqués du sceau; de la
tribu de Ruben, douze mille; de la tribu de Gad, douze mille; de la
tribu d'Aser, douze mille; de la tribu de Nephthali, douze mille; de la
tribu de Manassé, douze mille; de la tribu de
Siméon, douze mille; de la tribu de Lévi, douze
mille; de la tribu d'Issacar, douze mille; de la tribu de Zabulon,
douze mille; de la tribu de Joseph, douze mille; de la tribu de
Benjamin, douze mille marqués du sceau. Après
cela, je regardai, et voici, il y avait une grande foule, que personne
ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, et
de toute langue. Ils se tenaient devant le trône et devant
l'agneau, revêtus de robes blanches, et des palmes dans leurs
mains. Et ils criaient d'une voix forte, en disant: Le salut est
à notre Dieu qui est assis sur le trône, et
à l'agneau. Et tous les anges se tenaient autour du
trône et des vieillards et des quatre êtres
vivants; et ils se prosternèrent sur leur face devant le
trône, et ils adorèrent Dieu, en disant: Amen! La
louange, la gloire, la sagesse, l'action de grâces,
l'honneur, la puissance, et la force, soient à notre Dieu,
aux siècles des siècles! Amen! Et l'un des
vieillards prit la parole et me dit: Ceux qui sont revêtus de
robes blanches, qui sont-ils, et d'où sont-ils venus? Je lui
dis: Mon seigneur, tu le sais. Et il me dit: Ce sont ceux qui viennent
de la grande tribulation; ils ont lavé leurs robes, et ils
les ont blanchies dans le sang de l'agneau. C'est pour cela qu'ils sont
devant le trône de Dieu, et le servent jour et nuit dans son
temple. Celui qui est assis sur le trône dressera sa tente
sur eux; ils n'auront plus faim, ils n'auront plus soif, et le soleil
ne les frappera point, ni aucune chaleur.Car l'agneau qui est au milieu
du trône les paîtra et les conduira aux sources des
eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux.
Quand il ouvrit le septième sceau, il y eut dans le ciel un silence d'environ une demi-heure. Et je vis les sept anges qui se tiennent devant Dieu, et sept trompettes leur furent données. Et un autre ange vint, et il se tint sur l'autel, ayant un encensoir d'or; on lui donna beaucoup de parfums, afin qu'il les offrît, avec les prières de tous les saints, sur l'autel d'or qui est devant le trône. La fumée des parfums monta, avec les prières des saints, de la main de l'ange devant Dieu. Et l'ange prit l'encensoir, le remplit du feu de l'autel, et le jeta sur la terre. Et il y eut des voix, des tonnerres, des éclairs, et un tremblement de terre. Et les sept anges qui avaient les sept trompettes se préparèrent à en sonner. |
| Le second ange sonna de la trompette. Et quelque chose comme une grande montagne embrasée par le feu fut jeté dans la mer; et le tiers de la mer devint du sang, et le tiers des créatures qui étaient dans la mer et qui avaient vie mourut, et le tiers des navires périt. |
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Le troisième ange sonna de la trompette. Et il tomba du ciel une grande étoile ardente comme un flambeau; et elle tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources des eaux. Le nom de cette étoile est Absinthe; et le tiers des eaux fut changé en absinthe, et beaucoup d'hommes moururent par les eaux, parce qu'elles étaient devenues amères. |
| Le cinquième ange sonna de la trompette. Et je vis une étoile qui était tombée du ciel sur la terre. La clef du puits de l'abîme lui fut donnée, et elle ouvrit le puits de l'abîme. Et il monta du puits une fumée, comme la fumée d'une grande fournaise; et le soleil et l'air furent obscurcis par la fumée du puits. De la fumée sortirent des sauterelles, qui se répandirent sur la terre; et il leur fut donné un pouvoir comme le pouvoir qu'ont les scorpions de la terre. Il leur fut dit de ne point faire de mal à l'herbe de la terre, ni à aucune verdure, ni à aucun arbre, mais seulement aux hommes qui n'avaient pas le sceau de Dieu sur le front. Il leur fut donné, non de les tuer, mais de les tourmenter pendant cinq mois; et le tourment qu'elles causaient était comme le tourment que cause le scorpion, quand il pique un homme. En ces jours-là, les hommes chercheront la mort, et ils ne la trouveront pas; ils désireront mourir, et la mort fuira loin d'eux. |
| Ces sauterelles ressemblaient à des chevaux préparés pour le combat; il y avait sur leurs têtes comme des couronnes semblables à de l'or, et leurs visages étaient comme des visages d'hommes. Elles avaient des cheveux comme des cheveux de femmes, et leurs dents étaient comme des dents de lions. Elles avaient des cuirasses comme des cuirasses de fer, et le bruit de leurs ailes était comme un bruit de chars à plusieurs chevaux qui courent au combat. Elles avaient des queues semblables à des scorpions et des aiguillons, et c'est dans leurs queues qu'était le pouvoir de faire du mal aux hommes pendant cinq mois. |
| Elles avaient sur elles comme roi l'ange de l'abîme, nommé en hébreu Abaddon, et en grec Apollyon. Le premier malheur est passé. Voici il vient encore deux malheurs après cela. Le sixième ange sonna de la trompette. Et j'entendis une voix venant des quatre cornes de l'autel d'or qui est devant Dieu, et disant au sixième ange qui avait la trompette: Délie les quatre anges qui sont liés sur le grand fleuve d'Euphrate. Et les quatre anges qui étaient prêts pour l'heure, le jour, le mois et l'année, furent déliés afin qu'ils tuassent le tiers des hommes. Le nombre des cavaliers de l'armée était de deux myriades de myriades: j'en entendis le nombre. |
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Les autres hommes qui ne furent pas tués par ces fléaux ne se repentirent pas des oeuvres de leurs mains, de manière à ne point adorer les démons, et les idoles d'or, d'argent, d'airain, de pierre et de bois, qui ne peuvent ni voir, ni entendre, ni marcher; et ils ne se repentirent pas de leurs meurtres, ni de leurs enchantements, ni de leur impudicité ni de leurs vols. Je vis un autre ange puissant, qui descendait du ciel, enveloppé d'une nuée; au-dessus de sa tête était l'arc-en-ciel, et son visage était comme le soleil, et ses pieds comme des colonnes de feu. Il tenait dans sa main un petit livre ouvert. Il posa son pied droit sur la mer, et son pied gauche sur la terre; et il cria d'une voix forte, comme rugit un lion. Quand il cria, les sept tonnerres firent entendre leurs voix. Et quand les sept tonnerres eurent fait entendre leurs voix, j'allais écrire; et j'entendis du ciel une voix qui disait: Scelle ce qu'ont dit les sept tonnerres, et ne l'écris pas. Et l'ange, que je voyais debout sur la mer et sur la terre, leva sa main droite vers le ciel, et jura par celui qui vit aux siècles des siècles, qui a créé le ciel et les choses qui y sont, la terre et les choses qui y sont, et la mer et les choses qui y sont, qu'il n'y aurait plus de temps, mais qu'aux jours de la voix du septième ange, quand il sonnerait de la trompette, le mystère de Dieu s'accomplirait, comme il l'a annoncé à ses serviteurs, les prophètes. |
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Et la voix, que j'avais entendue du ciel, me parla de nouveau, et dit: Va, prends le petit livre ouvert dans la main de l'ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre. Et j'allai vers l'ange, en lui disant de me donner le petit livre. Et il me dit: Prends-le, et avale-le; il sera amer à tes entrailles, mais dans ta bouche il sera doux comme du miel. Je pris le petit livre de la main de l'ange, et je l'avalai; il fut dans ma bouche doux comme du miel, mais quand je l'eus avalé, mes entrailles furent remplies d'amertume. |
| Puis on me dit: Il faut que tu
prophétises de nouveau sur beaucoup de peuples, de nations,
de langues, et de rois. On me donna un roseau semblable à une verge, en disant: Lève-toi, et mesure le temple de Dieu, l'autel, et ceux qui y adorent. Mais le parvis extérieur du temple, laisse-le en dehors, et ne le mesure pas; car il a été donné aux nations, et elles fouleront aux pieds la ville sainte pendant quarante-deux mois. Je donnerai à mes deux témoins le pouvoir de prophétiser, revêtus de sacs, pendant mille deux cent soixante jours. Ce sont les deux oliviers et les deux chandeliers qui se tiennent devant le Seigneur de la terre. Si quelqu'un veut leur faire du mal, du feu sort de leur bouche et dévore leurs ennemis; et si quelqu'un veut leur faire du mal, il faut qu'il soit tué de cette manière. Ils ont le pouvoir de fermer le ciel, afin qu'il ne tombe point de pluie pendant les jours de leur prophétie; et ils ont le pouvoir de changer les eaux en sang, et de frapper la terre de toute espèce de plaie, chaque fois qu'ils le voudront. |
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Après les trois jours et demi, un esprit de vie, venant de Dieu, entra en eux, et ils se tinrent sur leurs pieds; et une grande crainte s'empara de ceux qui les voyaient. Et ils entendirent du ciel une voix qui leur disait: Montez ici! Et ils montèrent au ciel dans la nuée; et leurs ennemis les virent. |
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A cette heure-là, il y eut un grand tremblement de terre, et la dixième partie de la ville, tomba; sept mille hommes furent tués dans ce tremblement de terre, et les autres furent effrayés et donnèrent gloire au Dieu du ciel. Le second malheur est passé. Voici, le troisième malheur vient bientôt. Le septième ange sonna de la trompette. Et il y eut dans le ciel de fortes voix qui disaient: Le royaume du monde est remis à notre Seigneur et à son Christ; et il régnera aux siècles des siècles. Et les vingt-quatre vieillards, qui étaient assis devant Dieu sur leurs trônes, se prosternèrent sur leurs faces, et ils adorèrent Dieu, en disant: Nous te rendons grâces, Seigneur Dieu tout puissant, qui es, et qui étais, de ce que car tu as saisi ta grande puissance et pris possession de ton règne. Les nations se sont irritées; et ta colère est venue, et le temps est venu de juger les morts, de récompenser tes serviteurs les prophètes, les saints et ceux qui craignent ton nom, les petits et les grands, et de détruire ceux qui détruisent la terre. Et le temple de Dieu dans le ciel fut ouvert, et l'arche de son alliance apparut dans son temple. Et il y eut des éclairs, des voix, des tonnerres, un tremblement de terre, et une forte grêle.
La femme et le dragon |
| Elle enfanta un fils, qui doit paître toutes les nations avec une verge de fer. Et son enfant fut enlevé vers Dieu et vers son trône. Et la femme s'enfuit dans le désert, où elle avait un lieu préparé par Dieu, afin qu'elle y fût nourrie pendant mille deux cent soixante jours. Et il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le dragon. Et le dragon et ses anges combattirent, mais ils ne furent pas les plus forts, et leur place ne fut plus trouvée dans le ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. Et j'entendis dans le ciel une voix forte qui disait: Maintenant le salut est arrivé, et la puissance, et le règne de notre Dieu, et l'autorité de son Christ; car il a été précipité, l'accusateur de nos frères, celui qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit. Ils l'ont vaincu à cause du sang de l'agneau et à cause de la parole de leur témoignage, et ils n'ont pas aimé leur vie jusqu'à craindre la mort. C'est pourquoi réjouissez-vous, cieux, et vous qui habitez dans les cieux. Malheur à la terre et à la mer! car le diable est descendu vers vous, animé d'une grande colère, sachant qu'il a peu de temps. Quand le dragon vit qu'il avait été précipité sur la terre, il poursuivit la femme qui avait enfanté l'enfant mâle. Et les deux ailes du grand aigle furent données à la femme, afin qu'elle s'envolât au désert, vers son lieu, où elle est nourrie un temps, des temps, et la moitié d'un temps, loin de la face du serpent. |
| Et, de sa bouche, le serpent lança de l'eau comme un fleuve derrière la femme, afin de l'entraîner par le fleuve. Et la terre secourut la femme, et la terre ouvrit sa bouche et engloutit le fleuve que le dragon avait lancé de sa bouche. Et le dragon fut irrité contre la femme, et il s'en alla faire la guerre au restes de sa postérité, à ceux qui gardent les commandements de Dieu et qui ont le témoignage de Jésus. |
| Le règne de la Bête |
| Et il lui fut donné une bouche qui proférait des paroles arrogantes et des blasphèmes; et il lui fut donné le pouvoir d'agir pendant quarante-deux mois. Et elle ouvrit sa bouche pour proférer des blasphèmes contre Dieu, pour blasphémer son nom, et son tabernacle, et ceux qui habitent dans le ciel. Et il lui fut donné de faire la guerre aux saints, et de les vaincre. Et il lui fut donné autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue, et toute nation. |
| Et tous les habitants de la terre l'adoreront, ceux dont le nom n'a pas été écrit dès la fondation du monde dans le livre de vie de l'agneau qui a été immolé. Si quelqu'un a des oreilles, qu'il entende! Si quelqu'un mène en captivité, il ira en captivité; si quelqu'un tue par l'épée, il faut qu'il soit tué par l'épée. C'est ici la persévérance et la foi des saints. Puis je vis monter de la terre une autre bête, qui avait deux cornes semblables à celles d'un agneau, et qui parlait comme un dragon. |
| Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom. 13.18 C'est ici la sagesse. Que celui qui a de l'intelligence calcule le nombre de la bête. Car c'est un nombre d'homme, et son nombre est six cent soixante-six. |
| Je regardai, et voici, l'agneau se tenait sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille personnes, qui avaient son nom et le nom de son Père écrits sur leurs fronts. Et j'entendis du ciel une voix, comme un bruit de grosses eaux, comme le bruit d'un grand tonnerre; et la voix que j'entendis était comme celle de joueurs de harpes jouant de leurs harpes. Et ils chantaient un cantique nouveau devant le trône, et devant les quatre êtres vivants et les vieillards. Et personne ne pouvait apprendre le cantique, si ce n'est les cent quarante-quatre mille, qui avaient été rachetés de la terre. |
| Ce sont ceux qui ne se sont pas souillés avec des femmes, car ils sont vierges; ils suivent l'agneau partout où il va. Ils ont été rachetés d'entre les hommes, comme des prémices pour Dieu et pour l'agneau; et dans leur bouche il ne s'est point trouvé de mensonge, car ils sont irrépréhensibles. Je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Évangile éternel, pour l'annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple. Il disait d'une voix forte: Craignez Dieu, et donnez-lui gloire, car l'heure de son jugement est venue; et adorez celui qui a fait le ciel, et la terre, et la mer, et les sources d'eaux. |
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Et un autre, un second ange suivit, en disant: Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande, qui a abreuvé toutes les nations du vin de la fureur de son impudicité! |
| Et un autre, un troisième ange les suivit, en disant d'une voix forte: Si quelqu'un adore la bête et son image, et reçoit une marque sur son front ou sur sa main, il boira, lui aussi, du vin de la fureur de Dieu, versé sans mélange dans la coupe de sa colère, et il sera tourmenté dans le feu et le soufre, devant les saints anges et devant l'agneau. Et la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles; et ils n'ont de repos ni jour ni nuit, ceux qui adorent la bête et son image, et quiconque reçoit la marque de son nom. C'est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus. Et j'entendis du ciel une voix qui disait: Écris: Heureux dès à présent les morts qui meurent dans le Seigneur! Oui, dit l'Esprit, afin qu'ils se reposent de leurs travaux, car leurs oeuvres les suivent. |
| Je regardai, et voici, il y avait une nuée blanche, et sur la nuée était assis quelqu'un qui ressemblait à un fils d'homme, ayant sur sa tête une couronne d'or, et dans sa main une faucille tranchante. Et un autre ange sortit du temple, criant d'une voix forte à celui qui était assis sur la nuée: Lance ta faucille, et moissonne; car l'heure de moissonner est venue, car la moisson de la terre est mûre. Et celui qui était assis sur la nuée jeta sa faucille sur la terre. Et la terre fut moissonnée. Et un autre ange sortit du temple qui est dans le ciel, ayant, lui aussi, une faucille tranchante. |
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Les sept fléaux Puis je vis dans le ciel un autre signe, grand et admirable: sept anges, qui tenaient sept fléaux, les derniers, car par eux s'accomplit la colère de Dieu. Et je vis comme une mer de verre, mêlée de feu, et ceux qui avaient vaincu la bête, et son image, et le nombre de son nom, debout sur la mer de verre, ayant des harpes de Dieu. Et ils chantent le cantique de Moïse, le serviteur de Dieu, et le cantique de l'agneau, en disant: Tes oeuvres sont grandes et admirables, Seigneur Dieu tout puissant! Tes voies sont justes et véritables, roi des nations! Qui ne craindrait, Seigneur, et ne glorifierait ton nom? Car seul tu es saint. Et toutes les nations viendront, et se prosterneront devant toi, parce que tes jugements ont été manifestés. Après cela, je regardai, et le temple du tabernacle du témoignage fut ouvert dans le ciel. Et les sept anges qui tenaient les sept fléaux sortirent du temple, revêtus d'un lin pur, éclatant, et ayant des ceintures d'or autour de la poitrine. Et l'un des quatre êtres vivants donna aux sept anges sept coupes d'or, pleines de la colère du Dieu qui vit aux siècles des siècles. Et le temple fut rempli de fumée, à cause de la gloire de Dieu et de sa puissance; et personne ne pouvait entrer dans le temple, jusqu'à ce que les sept fléaux des sept anges fussent accomplis. Et j'entendis une voix forte qui venait du temple, et qui disait aux sept anges: Allez, et versez sur la terre les sept coupes de la colère de Dieu. Le premier alla, et il versa sa coupe sur la terre. Et un ulcère malin et douloureux frappa les hommes qui avaient la marque de la bête et qui adoraient son image. |
| Le second versa sa coupe dans la mer. Et elle devint du sang, comme celui d'un mort; et tout être vivant mourut, tout ce qui était dans la mer. Le troisième versa sa coupe dans les fleuves et dans les sources d'eaux. Et ils devinrent du sang. Et j'entendis l'ange des eaux qui disait: Tu es juste, toi qui es, et qui étais; tu es saint, parce que tu as exercé ce jugement. Car ils ont versé le sang des saints et des prophètes, et tu leur as donné du sang à boire: ils en sont dignes. |
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Et j'entendis l'autel qui disait: Oui, Seigneur Dieu tout puissant, tes jugements sont véritables et justes. Le quatrième versa sa coupe sur le soleil. Et il lui fut donné de brûler les hommes par le feu; et les hommes furent brûlés par une grande chaleur, et ils blasphémèrent le nom du Dieu qui a l'autorité sur ces fléaux, et ils ne se repentirent pas pour lui donner gloire. Le cinquième versa sa coupe sur le trône de la bête. Et son royaume fut couvert de ténèbres; et les hommes se mordaient la langue de douleur, et ils blasphémèrent le Dieu du ciel, à cause de leurs douleurs et de leurs ulcères, et ils ne se repentirent pas de leurs oeuvres. Le sixième versa sa coupe sur le grand fleuve, l'Euphrate. Et son eau tarit, afin que le chemin des rois venant de l'Orient fût préparé. Et je vis sortir de la bouche du dragon, et de la bouche de la bête, et de la bouche du faux prophète, trois esprits impurs, semblables à des grenouilles. Car ce sont des esprits de démons, qui font des prodiges, et qui vont vers les rois de toute la terre, afin de les rassembler pour le combat du grand jour du Dieu tout puissant. Voici, je viens comme un voleur. Heureux celui qui veille, et qui garde ses vêtements, afin qu'il ne marche pas nu et qu'on ne voie pas sa honte! Ils les rassemblèrent dans le lieu appelé en hébreu Harmaguédon. Le septième versa sa coupe dans l'air. Et il sortit du temple, du trône, une voix forte qui disait: C'en est fait! Et il y eut des éclairs, des voix, des tonnerres, et un grand tremblement de terre, tel qu'il n'y avait jamais eu depuis que l'homme est sur la terre, un aussi grand tremblement. Et la grande ville fut divisée en trois parties, et les villes des nations tombèrent, et Dieu, se souvint de Babylone la grande, pour lui donner la coupe du vin de son ardente colère. Et toutes les îles s'enfuirent, et les montagnes ne furent pas retrouvées. Et une grosse grêle, dont les grêlons pesaient un talent, tomba du ciel sur les hommes; et les hommes blasphémèrent Dieu, à cause du fléau de la grêle, parce que ce fléau était très grand.
Babylone |
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Elle tenait dans sa main une coupe d'or, remplie d'abominations et des impuretés de sa prostitution. Sur son front était écrit un nom, un mystère: Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre. Et je vis cette femme ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus. Et, en la voyant, je fus saisi d'un grand étonnement. Et l'ange me dit: Pourquoi t'étonnes-tu? Je te dirai le mystère de la femme et de la bête qui la porte, qui a les sept têtes et les dix cornes. La bête que tu as vue était, et elle n'est plus. Elle doit monter de l'abîme, et aller à la perdition. Et les habitants de la terre, ceux dont le nom n'a pas été écrit dès la fondation du monde dans le livre de vie, s'étonneront en voyant la bête, parce qu'elle était, et qu'elle n'est plus, et qu'elle reparaîtra. C'est ici l'intelligence qui a de la sagesse. -Les sept têtes sont sept montagnes, sur lesquelles la femme est assise. Ce sont aussi sept rois: cinq sont tombés, un existe, l'autre n'est pas encore venu, et quand il sera venu, il doit rester peu de temps. Et la bête qui était, et qui n'est plus, est elle-même un huitième roi, et elle est du nombre des sept, et elle va à la perdition. Les dix cornes que tu as vues sont dix rois, qui n'ont pas encore reçu de royaume, mais qui reçoivent autorité comme rois pendant une heure avec la bête. Ils ont un même dessein, et ils donnent leur puissance et leur autorité à la bête. Ils combattront contre l'agneau, et l'agneau les vaincra, parce qu'il est le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois, et les appelés, les élus et les fidèles qui sont avec lui les vaincront aussi. Et il me dit: Les eaux que tu as vues, sur lesquelles la prostituée est assise, ce sont des peuples, des foules, des nations, et des langues. Les dix cornes que tu as vues et la bête haïront la prostituée, la dépouilleront et la mettront à nu, mangeront ses chairs, et la consumeront par le feu. Car Dieu a mis dans leurs coeurs d'exécuter son dessein et d'exécuter un même dessein, et de donner leur royauté à la bête, jusqu'à ce que les paroles de Dieu soient accomplies. Et la femme que tu as vue, c'est la grande ville qui a la royauté sur les rois de la terre. Après cela, je vis descendre du ciel un autre ange, qui avait une grande autorité; et la terre fut éclairée de sa gloire. Il cria d'une voix forte, disant: Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande! Elle est devenue une habitation de démons, un repaire de tout esprit impur, un repaire de tout oiseau impur et odieux, parce que toutes les nations ont bu du vin de la fureur de son impudicité, et que les rois de la terre se sont livrés avec elle à l'impudicité, et que les marchands de la terre se sont enrichis par la puissance de son luxe. Et j'entendis du ciel une autre voix qui disait: Sortez du milieu d'elle, mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés, et que vous n'ayez point de part à ses fléaux. Car ses péchés se sont accumulés jusqu'au ciel, et Dieu s'est souvenu de ses iniquités. Payez-la comme elle a payé, et rendez-lui au double selon ses oeuvres. Dans la coupe où elle a versé, versez-lui au double. Autant elle s'est glorifiée et plongée dans le luxe, autant donnez-lui de tourment et de deuil. Parce qu'elle dit en son coeur: Je suis assise en reine, je ne suis point veuve, et je ne verrai point de deuil! A cause de cela, en un même jour, ses fléaux arriveront, la mort, le deuil et la famine, et elle sera consumée par le feu. Car il est puissant, le Seigneur Dieu qui l'a jugée. Et tous les rois de la terre, qui se sont livrés avec elle à l'impudicité et au luxe, pleureront et se lamenteront à cause d'elle, quand ils verront la fumée de son embrasement. Se tenant éloignés, dans la crainte de son tourment, ils diront: Malheur! malheur! La grande ville, Babylone, la ville puissante! En une seule heure est venu ton jugement! Et les marchands de la terre pleurent et sont dans le deuil à cause d'elle, parce que personne n'achète plus leur cargaison, cargaison d'or, d'argent, de pierres précieuses, de perles, de fin lin, de pourpre, de soie, d'écarlate, de toute espèce de bois de senteur, de toute espèce d'objets d'ivoire, de toute espèce d'objets en bois très précieux, en airain, en fer et en marbre, de cinnamome, d'aromates, de parfums, de myrrhe, d'encens, de vin, d'huile, de fine farine, de blé, de boeufs, de brebis, de chevaux, de chars, de corps et d'âmes d'hommes. Les fruits que désirait ton âme sont allés loin de toi; et toutes les choses délicates et magnifiques sont perdues pour toi, et tu ne les retrouveras plus. Les marchands de ces choses, qui se sont enrichis par elle, se tiendront éloignés, dans la crainte de son tourment; ils pleureront et seront dans le deuil, et diront: Malheur! malheur! La grande ville, qui était vêtue de fin lin, de pourpre et d'écarlate, et parée d'or, de pierres précieuses et de perles! En une seule heure tant de richesses ont été détruites! Et tous les pilotes, tous ceux qui naviguent vers ce lieu, les marins, et tous ceux qui exploitent la mer, se tenaient éloignés, et ils s'écriaient, en voyant la fumée de son embrasement: Quelle ville était semblable à la grande ville? Ils jetaient de la poussière sur leurs têtes, ils pleuraient et ils étaient dans le deuil, ils criaient et disaient: Malheur! malheur! La grande ville, où se sont enrichis par son opulence tous ceux qui ont des navires sur la mer, en une seule heure elle a été détruite! Ciel, réjouis-toi sur elle! Et vous, les saints, les apôtres, et les prophètes, réjouissez-vous aussi! Car Dieu vous a fait justice en la jugeant. Alors un ange puissant prit une pierre semblable à une grande meule, et il la jeta dans la mer, en disant: Ainsi sera précipitée avec violence Babylone, la grande ville, et elle ne sera plus trouvée. Et l'on n'entendra plus chez toi les sons des joueurs de harpe, des musiciens, des joueurs de flûte et des joueurs de trompette, on ne trouvera plus chez toi aucun artisan d'un métier quelconque, on n'entendra plus chez toi le bruit de la meule, la lumière de la lampe ne brillera plus chez toi, et la voix de l'époux et de l'épouse ne sera plus entendue chez toi, parce que tes marchands étaient les grands de la terre, parce que toutes les nations ont été séduites par tes enchantements, et parce qu'on a trouvé chez elle le sang des prophètes et des saints et de tous ceux qui ont été égorgés sur la terre.
Les combats eschatologiques
Après cela, j'entendis dans le ciel comme une voix forte d'une foule nombreuse qui disait: Alléluia! Le salut, la gloire, et la puissance sont à notre Dieu, parce que ses jugements sont véritables et justes; car il a jugé la grande prostituée qui corrompait la terre par son impudicité, et il a vengé le sang de ses serviteurs en le redemandant de sa main. Et ils dirent une seconde fois: Alléluia! ...et sa fumée monte aux siècles des siècles. Et les vingt-quatre vieillards et les quatre êtres vivants se prosternèrent et adorèrent Dieu assis sur le trône, en disant: Amen! Alléluia! Et une voix sortit du trône, disant: Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, vous qui le craignez, petits et grands! Et j'entendis comme une voix d'une foule nombreuse, comme un bruit de grosses eaux, et comme un bruit de forts tonnerres, disant: Alléluia! Car le Seigneur notre Dieu tout puissant est entré dans son règne. Réjouissons-nous et soyons dans l'allégresse, et donnons-lui gloire; car les noces de l'agneau sont venues, et son épouse s'est préparée, et il lui a été donné de se revêtir d'un fin lin, éclatant, pur. Car le fin lin, ce sont les oeuvres justes des saints. Et l'ange me dit: Écris: Heureux ceux qui sont appelés au festin des noces de l'agneau! Et il me dit: Ces paroles sont les véritables paroles de Dieu. Et je tombai à ses pieds pour l'adorer; mais il me dit: Garde-toi de le faire! Je suis ton compagnon de service, et celui de tes frères qui ont le témoignage de Jésus. Adore Dieu. -Car le témoignage de Jésus est l'esprit de la prophétie. Puis je vis le ciel ouvert, et voici, parut un cheval blanc. Celui qui le montait s'appelle Fidèle et Véritable, et il juge et combat avec justice. Ses yeux étaient comme une flamme de feu; sur sa tête étaient plusieurs diadèmes; il avait un nom écrit, que personne ne connaît, si ce n'est lui-même; et il était revêtu d'un vêtement teint de sang. Son nom est la Parole de Dieu. Les armées qui sont dans le ciel le suivaient sur des chevaux blancs, revêtues d'un fin lin, blanc, pur. De sa bouche sortait une épée aiguë, pour frapper les nations; il les paîtra avec une verge de fer; et il foulera la cuve du vin de l'ardente colère du Dieu tout puissant. Il avait sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit: Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Et je vis un ange qui se tenait dans le soleil. Et il cria d'une voix forte, disant à tous les oiseaux qui volaient par le milieu du ciel: Venez, rassemblez-vous pour le grand festin de Dieu, afin de manger la chair des rois, la chair des chefs militaires, la chair des puissants, la chair des chevaux et de ceux qui les montent, la chair de tous, libres et esclaves, petits et grands. Et je vis la bête, et les rois de la terre, et leurs armées rassemblés pour faire la guerre à celui qui était assis sur le cheval et à son armée. Et la bête fut prise, et avec elle le faux prophète, qui avait fait devant elle les prodiges par lesquels il avait séduit ceux qui avaient pris la marque de la bête et adoré son image. Ils furent tous les deux jetés vivants dans l'étang ardent de feu et de soufre. Et les autres furent tués par l'épée qui sortait de la bouche de celui qui était assis sur le cheval; et tous les oiseaux se rassasièrent de leur chair. Puis je vis descendre du ciel un ange, qui avait la clef de l'abîme et une grande chaîne dans sa main. Il saisit le dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et il le lia pour mille ans. Il le jeta dans l'abîme, ferma et scella l'entrée au-dessus de lui, afin qu'il ne séduisît plus les nations, jusqu'à ce que les mille ans fussent accomplis. Après cela, il faut qu'il soit délié pour un peu de temps. Et je vis des trônes; et à ceux qui s'y assirent fut donné le pouvoir de juger. Et je vis les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, et de ceux qui n'avaient pas adoré la bête ni son image, et qui n'avaient pas reçu la marque sur leur front et sur leur main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec Christ pendant mille ans. Les autres morts ne revinrent point à la vie jusqu'à ce que les mille ans fussent accomplis. C'est la première résurrection. Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection! La seconde mort n'a point de pouvoir sur eux; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et de Christ, et ils régneront avec lui pendant mille ans. Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera relâché de sa prison. Et il sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre; leur nombre est comme le sable de la mer. Et ils montèrent sur la surface de la terre, et ils investirent le camp des saints et la ville bien-aimée. Mais un feu descendit du ciel, et les dévora. |
| Et le diable, qui les séduisait, fut jeté dans l'étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles. |
Puis je vis un grand trône blanc, et celui qui était assis dessus. La terre et le ciel s'enfuirent devant sa face, et il ne fut plus trouvé de place pour eux. Et je vis les morts, les grands et les petits, qui se tenaient devant le trône. Des livres furent ouverts. Et un autre livre fut ouvert, celui qui est le livre de vie. Et les morts furent jugés selon leurs oeuvres, d'après ce qui était écrit dans ces livres. La mer rendit les morts qui étaient en elle, la mort et le séjour des morts rendirent les morts qui étaient en eux; et chacun fut jugé selon ses oeuvres. Et la mort et le séjour des morts furent jetés dans l'étang de feu. C'est la seconde mort, l'étang de feu. Quiconque ne fut pas trouvé écrit dans le livre de vie fut jeté dans l'étang de feu.
La nouvelle Jérusalem
Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n'était plus. Et je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s'est parée pour son époux. Et j'entendis du trône une forte voix qui disait: Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. Et celui qui était assis sur le trône dit: Voici, je fais toutes choses nouvelles. Et il dit: Écris; car ces paroles sont certaines et véritables. Et il me dit: C'est fait! Je suis l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin. A celui qui a soif je donnerai de la source de l'eau de la vie, gratuitement. Celui qui vaincra héritera ces choses; je serai son Dieu, et il sera mon fils. Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort. Puis un des sept anges qui tenaient les sept coupes remplies des sept derniers fléaux vint, et il m'adressa la parole, en disant: Viens, je te montrerai l'épouse, la femme de l'agneau. Et il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne. Et il me montra la ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel d'auprès de Dieu, ayant la gloire de Dieu. Son éclat était semblable à celui d'une pierre très précieuse, d'une pierre de jaspe transparente comme du cristal. Elle avait une grande et haute muraille. Elle avait douze portes, et sur les portes douze anges, et des noms écrits, ceux des douze tribus des fils d'Israël: à l'orient trois portes, au nord trois portes, au midi trois portes, et à l'occident trois portes. La muraille de la ville avait douze fondements, et sur eux les douze noms des douze apôtres de l'agneau. Celui qui me parlait avait pour mesure un roseau d'or, afin de mesurer la ville, ses portes et sa muraille. La ville avait la forme d'un carré, et sa longueur était égale à sa largeur. Il mesura la ville avec le roseau, et trouva douze mille stades; la longueur, la largeur et la hauteur en étaient égales. Il mesura la muraille, et trouva cent quarante-quatre coudées, mesure d'homme, qui était celle de l'ange. La muraille était construite en jaspe, et la ville était d'or pur, semblable à du verre pur. Les fondements de la muraille de la ville étaient ornés de pierres précieuses de toute espèce: le premier fondement était de jaspe, le second de saphir, le troisième de calcédoine, le quatrième d'émeraude, le cinquième de sardonyx, le sixième de sardoine, le septième de chrysolithe, le huitième de béryl, le neuvième de topaze, le dixième de chrysoprase, le onzième d'hyacinthe, le douzième d'améthyste. Les douze portes étaient douze perles; chaque porte était d'une seule perle. La place de la ville était d'or pur, comme du verre transparent. Je ne vis point de temple dans la ville; car le Seigneur Dieu tout puissant est son temple, ainsi que l'agneau. La ville n'a besoin ni du soleil ni de la lune pour l'éclairer; car la gloire de Dieu l'éclaire, et l'agneau est son flambeau. Les nations marcheront à sa lumière, et les rois de la terre y apporteront leur gloire. Ses portes ne se fermeront point le jour, car là il n'y aura point de nuit. On y apportera la gloire et l'honneur des nations. Il n'entrera chez elle rien de souillé, ni personne qui se livre à l'abomination et au mensonge; il n'entrera que ceux qui sont écrits dans le livre de vie de l'agneau.
Et il me montra un fleuve d'eau de la vie, limpide comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l'agneau. Au milieu de la place de la ville et sur les deux bords du fleuve, il y avait un arbre de vie, produisant douze fois des fruits, rendant son fruit chaque mois, et dont les feuilles servaient à la guérison des nations. Il n'y aura plus d'anathème. Le trône de Dieu et de l'agneau sera dans la ville; ses serviteurs le serviront et verront sa face, et son nom sera sur leurs fronts. Il n'y aura plus de nuit; et ils n'auront besoin ni de lampe ni de lumière, parce que le Seigneur Dieu les éclairera. Et ils régneront aux siècles des siècles. Et il me dit: Ces paroles sont certaines et véritables; et le Seigneur, le Dieu des esprits des prophètes, a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientôt. Et voici, je viens bientôt. -Heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre!
C'est moi Jean, qui ai entendu et vu ces choses. Et quand j'eus entendu et vu, je tombai aux pieds de l'ange qui me les montrait, pour l'adorer. Mais il me dit: Garde-toi de le faire! Je suis ton compagnon de service, et celui de tes frères les prophètes, et de ceux qui gardent les paroles de ce livre. Adore Dieu. Et il me dit: Ne scelle point les paroles de la prophétie de ce livre. Car le temps est proche. Que celui qui est injuste soit encore injuste, que celui qui est souillé se souille encore; et que le juste pratique encore la justice, et que celui qui est saint se sanctifie encore. Voici, je viens bientôt, et ma rétribution est avec moi, pour rendre à chacun selon ce qu'est son oeuvre. Je suis l'alpha et l'oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d'avoir droit à l'arbre de vie, et d'entrer par les portes dans la ville! Dehors les chiens, les enchanteurs, les impudiques, les meurtriers, les idolâtres, et quiconque aime et pratique le mensonge! Moi, Jésus, j'ai envoyé mon ange pour vous attester ces choses dans les Églises. Je suis le rejeton et la postérité de David, l'étoile brillante du matin. Et l'Esprit et l'épouse disent: Viens. Et que celui qui entend dise: Viens. Et que celui qui a soif vienne; que celui qui veut, prenne de l'eau de la vie, gratuitement. Je le déclare à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre: Si quelqu'un y ajoute quelque chose, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce livre; et si quelqu'un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l'arbre de la vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre. Celui qui atteste ces choses dit: Oui, je viens bientôt. Amen! Viens, Seigneur Jésus! Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec tous!
27 novembre 2005
La page noire du christianisme
La page noire du christianisme
2000 ans de crimes, terreur, répression
["Croire en un Dieu cruel rend l'homme cruel"- Thomas Paine ]

www.christianisme.ch
Les
pages noires du Christianisme
Par Enrico Riboni, athée, libre-penseur.[Page personnelle de l'auteur] © Enrico Riboni, 1997-2004
Préface
Il y a près de 2000 ans, naissait en Galilée un fondateur de secte, qui finira crucifié environ 30 ans plus tard. Ses avant-derniers mots sur la croix furent "Donnez-moi à boire". Et pourtant! La secte qu'il avait fondé deviendra ensuite la plus grande de tous les temps. Elle prendra le pouvoir politique dans l'empire romain, abolira la liberté de religion, puis amoncellera des montagnes de cadavres: ses membres massacreront des millions d'"infidèles", "hérétiques", "sorcières" et autres, puis se massacreront entre eux en donnant à l'Europe les guerres les plus féroces qu'elle ait connu. Une telle histoire pourrait inciter à la modestie, mais les chrétiens revendiquent, au contraire, un monopole de l'éthique. Ils proclament qu'ils adorent le seul Dieu, dieu qui est "amour", et se considèrent meilleurs que le reste de l'humanité, qu'ils condamnent comme étant un ramassis d'adorateurs de faux dieux.
Seule idéologie à pouvoir partager avec le communisme et le nazisme le podium dédié aux idéologies les plus meurtrières de l'histoire humaine, le christianisme reste une idéologie dominante dans nombre de pays occidentaux, dont le gendarme du monde, les USA. Il est temps d'ouvrir le Livre Noir du Christianisme: 2000 ans de terreur, persécutions, répression. Commençons, modestement, par cette Page Noire du Christianisme, qui résume quelques-unes des pires atrocités commises au nom de cette idéologie qui prétend promouvoir l'amour du prochain.
An un
"Les dieux n'étaient plus, et Dieu n'était pas encore".
L'Empire Romain garantit la liberté de culte. L'athéisme et la raison dominent dans les villes. Les dieux sont des figures mythiques, des représentations allégoriques de forces de la nature [Référence]. C'est à cette époque que naît un type qui, disent certains juifs, perd la raison car il lit la Tora trop jeune. Il fonde une secte qui vise à interdire le culte de dieux autres que le sien. Le type est finalement mis à mort, mais sa secte se répand avec le succès que l'on sait.
Le culte de la personalité pour le fondateur de la secte atteint, chez les chrétiens, un niveau que même le stalinisme n'égalera pas: le fondateur est proclamé "vraiment homme et vraiment Dieu" ("Homme-Dieu", dirait-on en langage normal). Ceux qui en doutent sont proclamé sans ambages hérétiques, et subiront plus tard les foudres de l'inquisition. Dès le 4è siècle de notre ère commencera la mise à mort par des chrétiens de non-croyants.
50 -150
La secte chrétienne se développe. Des textes grecs, écrits par les membres de la secte hors de Palestine ("Les évangiles") relatent de la vie du fondateur de la secte: né d'une vierge, qui serait restée vierge malgré plusieurs autres enfants, il aurait guéri des malades, mais aussi maudit un figuier qui se serait desseché instantanément. Il aurait aussi fait précipiter des centaines de cochons qui ne lui appartenaient pas dans un lac. Ce personnage, qui défend les pauvres, mais affirme aussi "ceux qui ont tout seront comblés, et à ceux qui n'ont rien, il sera enlevé le peu qu'ils ont", un peu pathétique lorsqu'il maudit un figuier ou se laisse crucifier, est déclaré une incarnation du "Dieu unique". Le fait que, d'après les évangiles "canoniques", ses avant-dernières paroles sur la croix furent "Donnez-moi à boire" ne semble point troubler les adeptes de la secte, qui se répand bientôt dans l'ensemble de l'empire. [Référence]
Aux environs de l'an 50 aurait lieu le premier bûcher de livres: d'après Les Actes des Apôtres, un livre de la Bible, Paul, un des premiers chefs chrétiens, brûle avec ses adeptes pour "pour cinquante mille pièces d'argent" de livres
L'intolérance religieuse des chrétiens, qui visent ouvertement, dès le début, à imposer une interdiction des cultes de dieux autre que leur propre dieu, qui, insistent-ils, est le "seul Dieu", leur attirent bientôt les foudres de la justice romaine, qui défend la liberté de culte, qui est l'un des piliers de cette société complexe est multiculturelle qu'est l'empire romain des premiers siècles de notre ère. La propagande chrétienne retourne habilement la situation. Ceux qui sont condamnés par la justice romaine sont proclamés "martyrs", leurs restes sont vénérés dans les églises, on invente la légende comme quoi ils ont étés exécutés pour avoir "refusé de renier leur foi", ce qui bien sûr est mieux que la vérité nue, qui est qu'ils ont étés condamnés pour avoir été des fauteurs de troubles voulant imposer l'intolérance religieuse dans une société multiculturelle.
Les chrétiens développeront au moyen-âge toute une série de légendes de Martyrs antiques qui choisirent la mort plutôt que renier leur foi. Des morceaux d'ossements sont conservés dans des églises et vénérés par des fidèles, fresques et tableaux racontent des histoires aussi abominables qu'invraisemblables de vierges éffarrouchées préférant des morts horribles plutôt que le péché de la chair, et de courageux protochrétiens répondant non je ne rénie pas ma foi au lion qui menace de les dévorer au milieux des cris de la foule des païens en délire. Beacoup de chrétiens croient vraiment à ces mythes, même lorsqu'ils sont en contradiction complète avec l'histoire connue. Par exemple, en Suisse, il y a un Monastère Saint Maurice, dans la ville du même nom. Lorsqu'on visite ce monastère, l'on vous raconte, en vous montrant des petits fragments d'os dans des beaux reliquaires en appui du récit, que le monastère a été construit sur les lieux du martyr de la Légion Thébaine: d'après ce mythe chrétien, inventé par le premier évèque de Martigny à la fin du IVè siècle, en ces lieux, en 285, une légion, la Légion Thébaine, constituée de soldats chrétiens originaires d'Egypte et commandée par Maurice, un égyptien noir, refusa de participer à un culte païen, et l'empereur Maximien ordonna l'extermination des légionaires. Evidemment, non seulement aucun chroniste de l'époque n'a noté cet évènement, mais en plus il n'y avait pas de légion appellée Légion Thébaine à l'époque. Pourtant, le massacre par décapitation de 5% de l'armée romaine aurait pu difficilement passer inaperçu. Cela n'a pas empèché à ce saint qui n'a jamais existé de faire une belle carrière posthume, en devenant l'un des deux saint patrons des soldats, avec Saint George, blanc, à cheval. Saint Maurice est noir et va généralement à pied. Il va sans dire que les autres mythes de la martyrologie chrétienne antique ne sont pas plus vérifiables.
300 (ou 303, ou 309, date incertaine)
Le premier concile et la codification de l'antisémitisme chrétien: 19 évêques et 24 prêtres se réunissent à Elvira, dans le Sud de l'Espagne, et fixent les premiers canons de l'église qui soient parvenus jusqu'à nous. Ces canons prévoient des peines sévères pour une série de "péchés". Pour certains, comme le divorce, et l'adoration de dieux autres que le dieu chrétien (l'idolâtrie) l'expulsion définitive de l'église est prévue. Pour les péchés moins graves, la punition est l'exclusion de la communion pour des périodes allant jusqu'à 10 ans. Parmi les délits punissables d'excommunications de plusieurs années, l'on trouve, entres autres: laisser bénir sa récolte par un juif ou partager un repas avec un juif. Le concile jette ainsi les bases dans le droit canon de l'antisémitisme chrétien, dont les effets dévastateurs se déploieront en force dès le IVè siècle et dureront jusqu'au XXè siècle.
C'est également à ce concile que les prélats chrétiens décident officiellement que tout chrétien mis à mort pour participation à des destructions de temples ou de statues de déités non chrétiennes a droit au titre - évidemment posthume - de martyr.
Hors des conciles également, les leaders chrétiens prendront très vite des positions très dures à l'égard des Juifs. Origène, le fondateur du mouvement monastique égyptien, écrira que "Le sang de Jésus retombe non seulement sur les Juifs de l'époque mais sur toutes les générations de Juifs jusqu'à la fin du monde". Son contemporain Saint Jean Chrysostome écrira lui pour sa part "La synagogue est un bordel, une tanière de bêtes impures (...) jamais un juif n'a prié Dieu. (...) Ils sont posédés des démons".
C'est dans cette période que l'étrange obsession des chrétiens pour le sexe commence à déployer ses effets dévastateurs. Le même Origène, incapable de contrôler ses obsessions, prend à la lettre le bon mot de Jésus "car il y en a qui se font eunuques pour le royaume des cieux" et commet un geste irréparable sur sa personne.
L'eunuque Origène fonde sur son obsession du sexe un grand mouvement de masse: le mouvement monastique, qui perdure encore aujourd'hui: des centaines, puis des milliers de fanatiques, dont certains, au début, imiteront le geste tragique d'Origène sur leur personne, quittent les villes d'Egypte pour s'installer dans des grottes, puis des monastères dans le désert. Dés le début, ils accorderont refuge à leurs corréligionnaires recherchés par la justice criminelle, et sortirons périodiquement de leurs tanières pour porter la terreur en ville lorsques les autoritées religieuses le leur demandent. Ce sont ainsi des moines qui assassineront Hypathia. On peut imaginer la terreur des populations urbaines lorsqu'elles voyaient arriver, surgissant du désert, ces hordes de moines hirsutes, sales, vêtus de lambeaux de peux de bêtes, et prèts à tout et à toute violence pour accomplir la volonté de leur dieu.
La tradition d'utiliser les moines pour des actions de terrorisme se maintiendra dans l'église catholique: au moyen-âge, elle fera appel aux Franciscains et Dominicains pour l'inquistion. Pendant la 2è guerre mondiale, les Franciscains croates sortiront de leurs tanières pour travailler comme gardiens, bourreaux et même chefs de camps de concentration. Cette tradition du moine revenant dans la civilisation pour y semer la terreur du Christ prend ainsi ses racines au tout début de l'histoire chrétienne et perdure aujourd'hui.
312
Prise de pouvoir par les chrétiens: Au terme d'une guerre civile, Constantin prend le pouvoir. Peu après, il se converti officiellement au christianisme, et "autorise" dans un premier temps le culte du dieu unique chrétien par l'Edit de Milan: c'est le début de la persécution religieuse en Europe. Peu à peu, les cultes de dieux autres que le dieu chrétien seront interdit. Les sanctuaires classiques seront détruits, ou converti en églises chrétiennes. A la fin du 4è siècle, il n'y aura plus aucun temple païen dans tout le bassin méditerranéen.
315
Première loi antisémite dans l'empire christianisé: le prosélytisme juif est interdit, sous peine de mise à mort sur le bûcher. Les mises à mort sur le bûcher sont une passion que les chrétiens cultiveront pendant plus de 1'500 ans de leur histoire.
325
L'empereur chrétien Constantin ordonne au premier Concile de Nicée de changer la date de Pâques: "Il n'est pas seyant que, dans la plus sainte de nos fêtes, nous suivions les coutumes des Juifs; dorénavant, nous ne devons plus rien à avoir de commun avec cet odieux peuple". Les persécutions violentes des juifs par les chrétiens, qui commenceront à la fin du IVè siècle, sont la conséquence logique de la haine antisémite de l'église chrétienne des débuts.
L'antisémitisme chrétien restera ancré dans les rites catholiques jusqu'aux années 1960' et le concile de Vatican II. Jusqu'à cette date, l'on répétait à chaque messe, dans chaque église catholique, la prière "Oremus et pro perfidis judaeis: ut Deus et Dominus noster auferat velamen de cordibus eorum; ut et ispi agnostant Jesum Christum Dominum nostrum" ("Nous prions pour les perfides juifs notre Segneur et notre Dieu de retirer le voile de leur coeur, qu'ils puissent eux aussi connaître notre seigneur Jésus-Christ")
La christianisation du droit romain: dans les années qui suivent sa prise de pouvoir, Constantin entreprend de modifier le droit romain pour le mettre en conformité avec les fondements de l'idéologie chrétienne. Ainsi, la liste des délits pour lesquels la peine de mort est prévue est fortement allongée. Par exemple, l'enlèvement (avec consentement de l'enlevée) d'une jeune femme à sa famille par son amant, qui était une affaire relevant du droit civil, devient passible de la peine de mort pour l'enleveur, l'enlevée, et aussi tous les complices, y compris les esclaves des familles de l'enleveur de l'enlevée. Les relations sexuelles entre un esclave et sa maîtresse sont désormais interdites et passibles de mort. Il faut noter que par contre le premier empereur chrétien fait que la loi continue à considérer comme licites les relations sexuelles entre un maître et une femme esclave. Mettant en pratique les enseignements de la Bible, Constantin durcit significativement la condition des esclaves: par exemple, tuer un esclave en le frappant n'est plus considéré un meurtre que si l'on prouve qu'il y avait intention de tuer. Puis la loi devient encore plus clémente pour les maîtres cruels lorsque Constantin, en 326, interdit toute enquête à l'encontre d'un maître dont l'esclave serait mort des suites d'une punition physique. Les esclaves fuyards auront désormais le pied coupé ou seront mis à mort. Enfin, dureté suprême, Constantin non seulement interdit aux esclaves le recours à la justice, mais dispose que tout esclave ou serviteur qui déposerait plainte contre son maître (sauf dans le cas des délits suivants: adultère, haute trahison, fraude fiscale) sera exécuté de suite, sans témoins et sans enquête. La liste des délits pour lesquels la dénonciation du maître par un esclave est révélatrice de l'échelle des valeurs chrétiennes: le meurtre n'y figure pas, pas plus que vol ou le viol: ces crimes sont, pour l'empereur chrétien, moins importants que l'adultère: on décèle là à nouveau cette obsession étrange, si caractéristique du christianisme, pour le non-respect des interdits sexuels.
C'est aussi en cette année 326 que le terme de "concubinat" fait son entrée dans le droit romain: les concubins sont soumis à des tracasseries administratives sans précédents dans l'histoire romaine: il leur est interdit d'acquérir des propriétés immobilières et leur citoyenneté romaine leur est retirée.
D'autre part, mettant en pratique ce que les chrétiens appellent volontiers la charité envers les pauvres, Constantin fait voter une loi qui permet aux familles nécessiteuses de vendre leurs enfants comme esclaves, ce qui était évidemment interdit.[Référence]
363 - Un meurtre pour réaliser une prophétie
En 361 L'empereur Julien rétablit la liberté de religion dans l'empire. Il aurait pu passer à l'histoire comme Julien le Philosophe, ou Julien le Soldat en raison de ses succès militaires en Gaule et contre la Perse, mais sa décision de tolérer dans l'Empire les différentes sectes chrétiennes ainsi que les autres religions lui attire la foudre des chrétiens: après sa mort, il entrera dans l'histoire comme Julien l'Apostat.
Peu après son arrivée au pouvoir, il
publie plusieurs
livres à la gloire des vieux dieux ainsi que d'autres,
polémiques, contre diverses sectes philosophiques et,
naturellement,
contre le christianisme.
Notons à ce sujet que son traité "Contre
les Galiléens" (= les Chrétiens) est
à
peu près totalement perdu. Il n'en reste que des bribes
difficilement exploitables. Même les réfutations
qu'en ont faites les Chrétiens contemporains ont disparu,
ou ont étés expurgées des citation de
l'oeuvre
de Julien. Un des rares extraits qui nous est parvenu dit: "Il
me semble bon d'exposer à tous les hommes les raisons qui
m'ont persuadé que la machination des Galiléens
n'est qu'une fiction humaine, forgée par le vice. Bien
que cette fourberie n'ait rien de divin, elle a dupé la
partie de notre âme qui aime les fables, qui est
puérile
et insensée, et elle lui a fait ajouter foi à ces
monstruosités" [Julien, Contre les
Galiléens,
traduction de Christopher Gérard, éditions Ousia,
1995].
Bien sûr, les chrétiens se mobilisent rapidement
contre cette liberté religieuse qui leur est
intolérable.
Ils se lancent donc dans des actions de provocation,
espérant
déclencher ces "persécutions"
dont
ils sont si friands pour pouvoir avoir des martyrs. Entres autres,
les chrétiens
- profanent, puis incendient, puis incendient le temple de Daphné, près d'Antioche, où l'Empereur résidait
- sabotent des travaux de reconstruction du Temple de Jérusalem
- détruisent le temple de la Fortune à Césarée de Cappadoce
- détruisent, à Pessinonte, sous les yeux de l'Empereur, de l'autel de Cybèle, mère des dieux, une divinité à la gloire de laquelle Julien avait composé un traité
Cependant, Julien ne se vengea de ces crimes que par un pamphlet, intitulé "L'Ennemi de la Barbe", une satire mordante, autant dirigée contre sa propre personne que contre les frivoles habitants d'Antioche.
Julien payera de sa vie ses excès de mansuétude envers les chrétiens, en particulier contre Athanase, évêque d'Alexandrie. Athanase était un individu au passé criminel, qui avait été chassé de son siège épiscopal suite à des disputes entre les sectes chrétiennes. L'édit de 361 lui permet de retourner à Alexandrie, Il y excite une foule de fanatiques qui massacrent l'évêque arien de la ville Georges de Cappadoce et jette les lambeaux de son corps dans le Nil. L'évêque Georges était lui aussi un individu pour le moins discutable, qui avait pillé maints temples de l'Egypte antique, mais ce meurtre attire l'attention de l'Empereur sur le passé d'Athanase, et il ordonne son bannissement hors d'Egypte. Sans attendre l'intervention de la force publique, Athanase se retire dans le désert, se cache chez de moines, et prophétise la mort de l'Empereur:"Le Charpentier (=Jésus) prépare un cercueil (pour Julien)" annonce-t-il aux foules de fanatiques qui viennent l'écouter prêcher dans le désert. Mais Athanase est un homme intelligent, qui sait qu'il faut parfois des actions concrètes pour aider à réaliser des prophéties. Il promet la gloire éternelle, la rémission de tous ses péchés et toutes les joies du Paradis à un soldat chrétien qui allait accompagner l'empereur dans sa grande expédition en Mésopotamie. Le 26 juin 363, lors de la bataille décisive contre les Perses, il assassine Julien avec une lance dans le dos. On dit que Julien, mourant, aurait lancé au ciel quelques gouttes de son sang en s'écriant : "Tu as vaincu, Galiléen !". Sans doute ces propos sont-ils légendaires, mais Julien a peut-être réellement eu une telle pensée au moment où il s'effondrait et mourrait frappé dans le dos par un traître, pour cause de tolérance religieuse. [Référence]
380
L'empereur Théodose proclame officiellement le christianisme seule "Religion d'état". Il faudra attendre 12 ans avant que tous les autres cultes ne soient définitivement interdits.
381
Théodose,
empereur chrétien,
lance la chasse aux hérétiques: les hérétiques
sont des chrétiens qui ne reconnaissent pas dans certains
points de détail de la doctrine chrétienne. A ces
chrétiens non catholiques l'on interdit de: se
réunir,
d'enseigner, de discuter en public, d'ordonner des prêtres.
Leurs églises sont confisquées au profit des
évêques
catholiques. Les hérétiques
sont aussi
exclus de la fonction publique. Pour certaines
"hérésies",
les mesures sont plus dures: peine de mort pour les
manichéens,
et l'on arrache les yeux aux évêques marcionites
(une secte gnostique chrétienne). Les
livres sacrés des ariens - une secte chrétienne
qui considérait que Jésus avait
été
crée par Dieu le Père - sont livrés
aux flammes
en de joyeux holocaustes. En 15 ans de rêgne,
Théodose
promulguera pas moins de 15 Edits de Persécution
contre l'un ou l'autre des groupes hérétiques
chrétiens.
382
Théodose, empereur chrétien, lance la chasse aux apostats: une série de lois promulguées en 381, 383 et 391, prévoient bannissement social des apostats. Celui qui abandonne le christianisme au profit de toute autre religion, y compris le judaïsme: l'apostat sera exproprié, il lui sera interdit d'hériter, de participer à la vie sociale et de déménager: la loi spécifie clairement que l'apostat doit continuer à vire au lieu où il vit, tout en étant exilé de la société, car cela est plus dur qu'un exil dans des terres lointaines.
385
Théophile (aujourd'hui Saint Théophile) est nommée patriarche d'Alexandrie. Il commence aussitôt une violente campagne de destruction de tous les temples et sanctuaires non chrétiens. Il a l'appui du pieux empereur Théodose. On doit à Théophile la destruction, à Alexandrie, des temples de Mythriade et Dyonisius. Cette folie destructrice culminera en 391, avec la destruction du temple de Sérapis et de sa bibliothèque. Les pierres des sanctuaires détruits seront utilisées pour édifier des églises pour la nouvelle religion unique, le christianisme.
Ensuite, sans doute pour montrer qu'il est capable de persécuter aussi des chrétiens (dans la mesure où ils ne sont pas 100% orthodoxes), Théophile commande personnellement les troupes qui attaquent et détruisent les monastères qui adhéraient aux idées d'Origène, un théologien chrétien qui fut déclaré hérétique car il soutenait que dieu était purement immatériel.
C'est aussi en 385 que, pour la première fois, un hérétique est comdamné à être brulé vif, après avoir subi la torture. Cette pratique se généralisera à partir de 447. [Référence]
Pour la première fois, un évêque dicte à un empereur la politique à suivre: Saint Ambroise de Milan, en pleine cathédrale, se lève et, avec ce sens de la charité si particulier que les chrétiens ont, impose à l'empereur d'annuler l'ordre que ce dernier avait donné à l'évêque de Callinicum sur l'Euphrate de reconstruire une synagogue que l'évêque et et sa congrégation avaient détruite. L'église prend ainsi parti, dès ses débuts, pour les brûleurs de synagogues, parti qu'elle continuera à soutenir jusqu'aux années 1940'.[Référence]
390
L'empereur Théodose, pieux catholique, introduit la peine de mort pour toute personne qui fêterait Pâque à une date autre que celle qu'avait imposée le concile de Nicée, et publie un édit qui interdit définitivement le culte de dieux autres que le dieu chrétien dans tout l'empire romain.
Suite à l'édit de 390 du pieux empereur chrétien Théodose, peu à peu, les temples non chrétiens sont fermés au culte, les processions "païennes" sont interdites. Cette suppression de la liberté de religion au profit exclusif du christianisme cause parfois des émeutes, comme celles de 408 à Calama en Numidie.[Référence]. Dans cadre de cette campagne pour l'éradication de l'empire de tout ce qui n'est pas chrétien, l'empereur fait aussi, en 393, interdire les jeux olympiques.
Cette campagne d'interdiction est l'occasion de violents pogroms anti-païens. C'est dans ce cadre que les chrétiens abattenmt le temple de Sérapis à Alexandrie. En Gaule, le bon Saint Martin, celui qui avait donné la moitié de son manteau à un pauvre en plein hiver, parcourait les campagnes, accompagné d'une horde de moines fanatiques, détruisant tous les symboles de l'ancienne religion et convertissant les païens récalcitrants à coups de gourdin.
À Rome, Théodose imposa, à l'instigation du pape Sirice, un serment solennel aux sénateurs romains. Ils devaient solennellement renoncer au culte de Jupiter et jurer fidélité au Christ. La statue de la Victoire est enlevée du Sénat et remplacée par un crucifix.
C'est à la même époque qu'ont lieu en Germanie les premières exécutions de non-chrétiens, une belle tradition que l'église développera avec l'inquisition et perpétuera ensuite jusqu'en 1826.
Une foule de chrétiens comprennant grand nombre de moines fanatiques venus du désert, guidés par Saint Athanase et Saint Théophile, abat le temple et la grande statue de Sérapis à Alexandrie, deux chefs d'oeuvre de l'antiquité.[Référence] . La collection de littérature du temple est également détruite. Plusieurs païens soint tués dans l'assaut du temple, les statues d'or du temple sont fondues, et le précieux métal est incorporé dans le trésor de l'episcopat.
401
Saint Augustin, évêque de Carthage, Docteur de l'Eglise, est considéré comme le plus grand penseur de l'église antique, et sa Théorie de la guerre juste servira plus tard à justifier les croisades. Mais l'église a soin aujourd'hui d'être très discrète sur l'oeuvre de destruction de temples et statues à laquelle le saint consacra de son vivant tant d'énergie. Dès 399, l'on commence à Carthage à détruire temples et statues païennes. Saint Augustin applaudit. Constatant que l'enthousiasme destructeur de la populace catholique risque de faiblir, en juin 401, Saint Augustin emploie l'humour (chose rare dans l'histoire chrétienne), au cours d'une messe dominicale, pour relancer la folie destructrice: "Il est écrit Herculi Deo au pied d'une statue d'Hercule. Mais pourquoi ne parle-t-il pas ? Il est aussi muet que son épitaphe". La foule des croyants rigole. Saint Augustin lance alors "A Rome, les temples sont fermés, les idoles détruites ! Comme à Rome, ainsi à Carthage". Des bandes de catholiques enragés se lancent alors à l'assaut des statues et temples encore debout en ville et les détruisent. [Référence]
408
Les émeutes de Calama: enivré par son succès à Carthage, Saint Augustin exige la destruction de temples et statues aussi dans les villes de province. Peu à peu la parole du saint homme se répand dans l'Afrique du Nord, et des hordes de chrétiens se lancent à l'assaut des temples et des statues. A Calama ( aujourd'hui Guelma en Algérie ), une émeute éclate lorsque les chrétiens s'attaquent au temple d'Hercule: 60 personnes, chrétiens et païens, meurent dans la bagarre. [Référence]
412
Cyrille (aujourd'hui Saint Cyrille, Docteur de l'Eglise), est nommé évêque d'Alexandrie et succède ainsi à son oncle Théophile. Il excite les sentiments antisémites diffus parmi les chrétiens de la ville, et, à la tète d'une foule de chrétiens, incendie les synagogues de la ville et fait fuir les juifs. Il encourage ensuite les chrétiens à se saisir des biens que les juifs ont dû laisser derrière eux. [Référence]
Hypathia, la dernière grande mathématicienne de l'école d'Alexandrie, par ailleurs fille de Théon d'Alexandrie, directeur de la bibliothèque, est tuée par une foule de moines chrétiens inspirés par Cyrille, patriarche d'Alexandrie, que l'église canonisera. [Référence] . Après le lynchage par la foule, le corps de la mathématicienne est trainé dans la cathédrale par un groupe de moines aux ordres de Cyrille, et est mis en pièces à coups de fragments de tuiles. La motivation des chrétiens est que Hypatia, brillante enseignante de mathématiques, représentait une menace pour la diffusion du christianisme, en raison de son enseignement des sciences et du Néoplatonicisme. Le fait qu'elle était une femme, de plus, dit-on, belle et charismatique, rendait son existence encore plus intolérable aux yeux des chrétiens. Son assassinat marqua d'ailleurs un tournant: après sa mort, de nombreux chercheurs et philosophes quittent Alexandrie pour l'Inde et la Perse, et Alexandrie cesse d'être le grand centre de l'enseignement et de la science du monde antique. Désormais, la science régressera en Occident, et ne retrouvera un niveau comparable à celui de l'Alexandrie antique qu'à l'aube de la révolution industrielle. Les travaux de l'école d'Alexandrie concernant les mathématiques, la physique et l'astronomie seront préservés, en partie, par les Arabes, les Perses, les Indiens et aussi en Chine. L'Occident, pour sa part, plonge dans l'obscurantisme et ne commencera à en sortir que plus d'un millénaire plus tard.
En reconnaissance de ses mérites en matière de persécution de la communauté scientifique et des Juifs d'Alexandrie, Cyrille sera d'abord canonisé, puis promu à "Docteur de l'Eglise" en 1882. [Référence]
532
L'empereur Justinien fait fermer l'école de philosophie d'Athènes, considérée comme le dernier bastion du paganisme. Désormais, l'obscurantisme et l'ignorance règnent en maîtres dans tout le bassin méditerranéen. Les maîtres de l'école doivent quand à eux s'exiler en Perse.
Grégoire I, dit Le Grand, aujourd'hui Saint Grégoire, devient Pape. Il est considéré comme l'inventeur de la croisade. En effet, il envoie à Gennadius, gouverneur d'Afrique pour l'Empire Romain d'Orient, une longue lettre l'incitant à "engager de nombreuses guerres" ayant pour but de convertir de force au christianisme les populations des terre conquises. Saint Grégoire s'occupe aussi activement de la conversion des juifs au christianisme, en leur offrant des avantages financiers, tout en approuvant la politique de conversion forcée pratiquée à l'époque par le roi Wisigoth en Espagne. Ce saint homme est aussi un farouche adversaire des sciences et de la connaissance rationnelle. L'on connaît de lui une lettre à l'évêque de Vienne (France) où il écrit: "Nous avons eu voix d'une information dont je ne peux référer sans honte: il semble que dans ta congrégation l'on enseigne la grammaire". Outre la grammaire, il décourage ou interdit l'enseignement de la culture gréco-romaine en général, y compris les langues, la science, la philosophie et la mythologie.
En raison de son action contre la culture et son encouragement de la guerre sainte, Saint Grégoire Le Grand est considéré comme le fondateur de la doctrine sociale chrétienne qui sera réalisée pendant le moyen-âge en Europe.
VII-XV siècle
Le "Moyen âge Chrétien" . Profitant de la disparition des grandes bibliothèques romaines et de l'absence quasi-totale d'activité d'édition en Europe, l'église obtient de fait un monopole sur l'ensemble de l'écrit et de l'information. Le peuple est laissé volontairement dans l'ignorance, on le décourage de lire la bible au cas où il aurait accès à un exemplaire. Dès le XIIIè siècle, l'inquistion interdira même formellement la possession de livres de l'Ancien Testament. Peu à peu, l'église impose sa grippe sur la société. L'inquisition, le célibat des prêtres, le caractère obligatoire du mariage avant toute relation sexuelle, sont toutes des institutions qui datent de cette époque.
C'est aussi à cette époque que se développe ce qui deviendra une des plus riches traditions chrétiennes: brûler vifs des gens. Environ 1 million de "sorcières" seront brûlées au cours du moyen-âge. Les villes rivalisent pour battre le record du nombre de sorcières brûlées en un an. Un record durable est établi par la ville de Bamberg, siège épiscopal, qui brûle 600 sorcières en un an.
Nombre de membres de la hiérarchie ecclésiastique regrettent encore aujourd'hui cette époque où l'église dominait la vie de la société: les clercs chrétiens regrettent la "spiritualité" de l'époque, son art, qui laissait une large place à la mort - sujet qui a toujours passionné les chrétiens - et à de la musique envoûtante.
804
L'empereur chrétien Charlemagne convertit nombre de Saxons, en leur proposant le choix suivant: se convertir au catholicisme, ou avoir la tête coupée. Plusieurs dizaines de milliers de têtes tombent, avec la bénédiction de l'église: les prêtres présents participent au jeu de l'empereur.
897 - Un pape juge son prédécesseur
Etienne VI fait déterrer le cadavre de son prédécesseur, le pape Formose, pluisieurs mois après l'enterrement. Il fait traîner le cadavre par les pieds devant un synode qu'il avait convoqué. Là, ayant solennellement condamné le défut, il ordonne de lui couper 3 doigs de la main droite, puis fait jeter le cadavre dans le Tibre. Son corps sera récupéré et re-enterré en cachette. Làs, en 905, le nouveau pape, Sergius III, le fait re-déterrer. Il le fait revètir des vètements pontificaux et asseoir sur un trône et le fait re-juger. Ensuite, l'on décapita le cadavre, on lui coupa encore 3 doigs, puis le re-jeta dans le Tibre. Cette fois-ci, personne ne prend la peine de récupérer et enterrer le cadavre.
XI siècle
Schisme d'orient. Le patriarche de Constantinople prétend qu'il faut utiliser du pain avec levain pour l'Eucharistie, le rite théophage au centre de la messe chrétienne. Le Pape, évêque de Rome, affirme qu'il faut du pain sans levain. Sur cette question d'importance capitale, la chrétienté se scinde, et les deux patriarches, de Rome et Constantinople, s'excommunient mutuellement. Le schisme provoquera des morts jusqu'aux années 1990' (guerres civiles en Yougoslavie, catholiques contre orthodoxes).
XI -XII siècle
Face à la croissance de la population en Europe, l'Eglise propose une méthode de contrôle de la population "naturelle": les croisades. L'appel à la croisade est lancé en 1095. En 1099 Jérusalem est "libérée": lorsque les troupes croisées entrent dans la ville, le gouverneur musulman se rend contre la promesse que la population civile sera épargnée. Bien sûr, l'ensemble de la population (qui comprend essentiellement des juifs et des musulmans) est passée par les armes dans les heures qui suivent, mais les croisés ont soin de violer femmes et enfants avant de les égorger ou de leur ouvrir le ventre. On estime à 70'000 le nombre de civils massacrés. La dernière phase du massacre se joue dans les synagogues et mosquées de la ville, où les habitants terrifiés se sont réfugiés: ils espèrent que le caractère religieux des lieux pourrait inspirer les pieux croisés à la clémence. Il n'en est bien sûr rien: les croisés entrent, et transforment les lieux de cultes en de vastes charniers. Le massacre des milliers de civils agglutinés dans la grande mosquée de l'esplanade du temple durera plusieurs heures. "Tout ce qui respire" dans la ville a été tué, reportent avec fierté les commandants des croisés.
1090 - 1153 Saint Bernard de Clairvaux, Docteur de l'Eglise, Doctor Mellifluus
Saint Bernard de Clairvaux est canonisé dès 1174, puis promu à Docteur de l'Eglise en 1830 avant d'être proclamé Doctor Mellifluus en 1953 par le pape Pie XII. Il est donc un exemple intéressant de ce que l'église catholique considère, au 20è siècle, comme un comportement exemplaire au moyen-âge. En effet, les mérites de Saint Bernard sont grands: ses prêches pour le 2è croisades convainquents maints jeunes européens d'aller exterminer les hérétiques en Orient. Après avoir, en 1146, prêché pour la 2è croisade ensemble avec le roi de France en personne, il va en Allemagne prêcher la bonne parole avec une formule simple: la participation à la croisade est une bonne affaire, car elle donne automatiquement l'indulgence plénière pour tous les péchés. Mais les allemands sont moins faciles à convaincre que les Français, d'autant plus qu'à leurs frontières vivent des slaves non christianisés, que l'on pourrait exerminer tout en s'épargant le périllieux voyage jusqu'à la Palestine. Saint Bernard, pragmatique, obtient du Pape l'autorisation d'étendre la croisade, confirmée par la bulle papale Divini Dispensatione.
Mais le saint homme a une crainte: que les soldats allemands ne soient trop doux avec les slaves. Ses prêches deviennent donc plus précises. Le but de l'entreprise est l'extermination (Vernichtung) des "Païens de l'autre côté de l'Elbe". Il insiste: le but n'est pas la reconquète de terrains, comme en Palestine, mais bien une oeuvre d'extermination. Les armées des croisés doivent offrir à tous les païens rencontrés le choix suivant: "Extermination ou Conversion" (Vernichtung oder Bekehrung). Ensuite, la formule devriendra, pour des raisons de marketing & communication "La mort ou le baptème" (Tod oder Taufe). Le message est très bien compris par les slaves de l'Est de l'Elbe, qui accrochent tous à la porrte de leurs maison des croix et déclarent accepter la nouvelle religion avec enthousiasme. Saint Bernard sera déçu du peu de sang versé pendant cette croisade, alors que le Pape et la hiérarchie romaine se réjouiront de l'extension des évèchés d'Allemagne du Nord. Un autre motif de satisfation sera que cette croisade portera à l'établissement durable d'ordres de moines-guerriers qui continuront pendant plusieurs siècle à porter la Bonne Nouvelle du christianisme par l'épée dans les peuples slaves d'Europe du Nord-Ouest, si bien que la Pologne et une partie significative de la population des pays baltes sont aujourd'hui catholiques.
Non content d'avoir réussi à exciter nombre de catholiques à tuer des mécréans, Saint Bernard entre aussi en conflit avec plusieurs théologiens de son temps, dont Gilbert de la Porrée, qui est finalement condamné et exécuté grâce à Saint Bernard, et Arnoldo da Brescia, dont les cendres sont, après l'exécution à Rome, dispersées dans le Tibre. De nombreux sermons de Saint Bernard nous sont parvenus, dont le plus important est semble-t-il celui intitulé "L'amour de Dieu". [Référence 21]
Les "Pogroms latins" de Constantinople. Dans la ville du pieux patriarche qui mange du pain avec levain, s'établit, dans le début du XII siècle, une colonie de marchands "latins", essentiellement originaires de Venise, Gène, Pise et Amalfi. Mais ces gens ont tout pour déplaire aux prélats orthodoxes: non seulement ils utilisent du pain sans levain pour le rite de la l'eucharistie, mais ils font le signe de la croix dans le mauvais sens (de gauche à droite, et non de droite à gauche comme les orthodoxes) ! Les popes orthodoxes excitent la populace, et, enfin, en un jours radieux de mai 1182, la foule guidée par les popes se jette sur les "latins": plusieurs milliers de "latins", hommes, femmes, enfants sont tués.
La IV croisade fait un détour par Constantinople, à l'époque la plus grande ville de la Chrétienté. Mais les chrétiens savent se faire entre eux ce qu'ils font à d'autres: pendant 3 jours, Constantinople est mise à sac dans une orgie de violences innommables.
Croisade des Albigeois
Pendant la 2è moitié du XII siècle, l'immoralité des clercs chrétiens scandalise de plus en plus les populations européennes. Un des résultats de ce scandale est le développement d'églises chrétiennes alternatives à l'église catholique, bien sûr immédiatement décrétées hérétiques par cette dernière. Les plus importantes de ces hérésies sont l'hérésie vaudoise et l'hérésie cathare (ou des Albigeois). Les vaudois sont des protestants avant la lettre qui décident que l'on peut se passer des prêtres pour adorer dieu. Ils sont immédiatement pris en chasse par les autorités civiles et ecclésiastiques et doivent se réfugier dans des vallées alpines reculées. L'hérésie des Albigeois prend une importance bien plus grande: une bonne partie de la population du Sud de la France adhère à cette doctrine qui prêche une observance stricte des principes du Nouveau Testament chrétien, et impose en outre à ses "parfaits" des règles de vie très strictes. Le pape Innocent III lance l'appel à la croisade contre ces hérétiques en 1208, et peu après les opérations militaires sont lancées.
Le 21 juillet 1209, l'armée croisée, guidée par Arnaud Amaury, Prieur général de l'Ordre de Cîteau, chef légat du pape, atteint la ville catholique de Béziers. Amaudry remet alors à l'évêque de la ville une liste de 222 noms d'hérétiques cathares ou vaudois, lui intimant de les livrer au croisés, ou bien de quitter la ville en y abandonnant les 222 malheureux. En cas de refus, menace le père général des cisterciens, les catholiques subiront le même sort que les hérétiques. Seuls l'évêque et quelques catholiques quittent la ville. Le père général cistercien tien sa promesse: le lendemain, les croisés pénètrent dans la ville. Arnaud Amaury lance l'ordre qui assura sa postérité: "Tuez-les tous, dieu reconnaîtra les siens", et un carnage immense commence. Environ 1000 personnes se réfugient dans l'église de Sainte Madeleine, espérant que les croisés n'oseront pas tuer en ce lieu. Vain espoir, tous, y compris des prêtres catholiques, sont massacrés. La ville est livrée aux flammes. Arnaud Amaury célèbre un Te Deum pour remercier dieu d'une victoire si facile. Il a en effet motif de se réjouir, puisque l'on estime que 25'000 personnes ont été tuées pendant la journée, dont les 222 hérétiques recherchés. Les rares survivants errèrent plusieurs jours en agonisant autours de la ville, privés d'eau et de soins.
A part le cas célèbre de Bézier, cette guerre est le théàtre d'innombrables massacres de civils par les croisés. On citera l'exemple de Marmande: la ville se rend, en juin 1219, à une armée composée de 20 évêques, 600 chevaliers et 10'000 archers: la population de 5000 personne est entièrement massacrée, y compris les femmes et les petits enfants. Le plus grand bûcher de la croisade est semble-t-il celui érigé après la chute, le 3 mai 1211, du château de Lavaur (près de Castres): 400 cathares sont brûles sur un seul bûcher! La châtelaine est livrée aux soldats, qui, une fois qu'ils ont fini de s'amuser, la jettent vivante dans un puit et ensuite la couvre de pierres. La Provence et la région de Toulouse sont largement dépeuplées par cette guerre, qui est menée contre les populations civiles avec une férocité sans précédent en Europe depuis les invasions barbares. La population de nombreuses villes, dont Carcassonne, est entièrement exterminée. des régions entières de Provence sont totalement vidées de la population autochtone, puis des paysans catholiques sont importés d'autres régions de France.
Cette guerre, qui se double d'un génocide, ne s'arrètera qu'avec la chute de Monségur, dernière place-forte cathare, en février 1244. Le premier mars 1244, l'église catholique triomphante fait brûler vifs 205 hérétiques sur un seul grand bûcher. La civilisation d'Oc est détruite, la langue d'Oc ne survivra que par des écrits et quelques troubadours.
C'est pendant le génocide des cathares que l'église catholique crée l'institution de l'inquisition, qui continuera à brûler des suspects de sympathies cathares bien après la fin de la guerre. Par exemple, Guillaume Bélibaste, un parfait cathare vécu caché en Catalogne pendant des décennies. Rattrappé par l'inquisition, il sera brûlé vif en 1321 à Villerouge-Terménès (Aude), dont le château appartenait à l'archevèque de Narbonne. [Référence]
1224 - La légalisation de l'exécution des hérétiques
L'empereur Frédéric II décrète que l'hérésie doit être punie par la mort ou par la perte de la langue le choix étant laissé à la discretion du juge. Cette idée de légaliser une pratique en vigeur depuiis longtemps plaît aux seigneurs chrétiens, et une vague d'actes législatifs allant dans ce sens traverse l'Europe. En 1231, la constitution Sicilienne rend absolu le décret de brûler les hérétique, pour s'aligner à la pratique alors en vigueur en Allemagne. A Venise, le serment ducal est modifié: tout nouveau Doge doit, dès 1240, juger de brûler tous les hérétiques. En 1255, Alphonse X le Sage, roi de Castille et de Léon, ordonne de brûler sur le bûcher tous les chrétiens qui se convertiraient à l'Islam ou au judaïsme. En 1270, une loi française rend obligatoire de punir les hérétiques par le bûcher, bien que ce châtiment était déjà habituel dans ce pays depuis des siècles. L'Angleterre, qui avait déjà à l'époque une fâcheuse tendance à n'adopter que tardivement les lois et coutumes européennes, n'adoptera une loi semblable que en 1401.
La pratique de la chasse aux hérétiques reste disparate et et plus ou moins sévère dans les différents pays. Ainsi, alors qu'à Oxford, à partir de 1166 les hérétiques sont seulement marqués au fer rouge sur le visage, ils sont déjà mis à mort en grand nombre sur le continent. Par exemple, à Strasbourg, en 1199, l'on brûle pas moins de 90 hérétiques en un jour. Ce sont ces disparités maintes fois constatées des pratiques qui poussera l'église à créer l'inquisition.
1228 - Première loi antisémite espagnole
Le roi Jacques 1er d'Aragon décide, après une réunion avec plusieurs évêques (les évêques de Vich, de Barcellone et de Gérone participèrent), d'interdire aux juifs d'avoir des domestiques chrétiens. [Référence]
1234 - L'invention de l'étoile jaune
Le concile d'Arles décide d'introduire l'"obligation pour les juif de porter sur eux des signes distinctifs". Avec une avance de plus de 500 ans sur les administrations douanières suisses et suédoises (qui demanderont en 1938 aux allemands d'apposer un "J" sur le passeport des juifs allemands), et sur l'administration nazie (qui fera sienne l'invention de l'étoile jaune obligatoire), l'église catholique invente ainsi le concept d'apposer une marque sur les personnes à persécuter. Il faut dire que cette invention chrétienne sera peu appliquée. Mais elle permet de relancer l'antisémitisme en Europe, dont les conséquences seront dès 1391 tragiques. [Référence]
1226-1270
Louis IX Roi de France. Enfin un catholique réputé pieu et intègre accède à la couronne de France. L'église le canonise dès 1290, en reconnaissant ses mérites, qui, nul ne doute, sont exceptionnels. En effet, pendant son règne, Saint Louis lance deux croisades, qui se terminent toutes deux de manière catastrophique: peu importe, c'est intention (de tuer et de piller) qui compte au yeux de la miséricordieuse église catholique! Sur le plan intérieur, Saint Louis fait en sorte que la justice punisse de manière systématique les blasphémateurs: ils seront mis au piloris, et auront la langue percée au fer rouge.
1225-1274 - St Tomas, Docteur de l'Eglise, théoricien de l'extermination des hérétiques et Docteur angélique
Saint Thomas est encore considéré aujourd'hui comme le grand philosophe catholique. En particuliers, sa Summa Teologica est l'oeuvre de référence de la scholastique catholique et est amplement et souvent cité par le pape Jean-Paul II dans ses encycliques. St Thomas justifie entres autres, dans la Summa Teologica, la nécessité de tuer les hérétiques:
En ce qui concerne les hérétiques, il y a deux choses à considérer, une de leur côté, une autre du côté de l'Église. De leur côté il y a péché. Celui par lequel ils ont mérité non seulement d'être séparés de l'Église par l'excommunication, mais aussi d'être retranchés du monde par la mort. En effet, il est beaucoup plus grave de corrompre la foi qui assure la vie de l'âme que de falsifier la monnaie qui sert à la vie temporelle. Par conséquent, si les faux monnayeurs ou autres malfaiteurs sont immédiatement mis à mort en bonne justice par les princesséculiers, bien davantage les hérétiques, aussitôt qu'ils sont convaincus d'hérésie, peuvent-ils être non seulement excommuniés mais très justement mis à mort.
[Summa Teologica, Secunda Secundae Pars, Question 11, l'Hérésie, article 3]
Saint Thomas traite en détail la question dans quand faut-il tuer un hérétique: si il se renie l'hérésie, il ne faut pas le tuer, mais si il récidive, il faut impérativement le tuer:
Mais, quand ceux qu'on a accueillis retombent de nouveau, il semble que ce soit le signe de leur inconstance en matière de foi. C'est pourquoi, s'ils reviennent ultérieurement, ils sont bien admis à la pénitence, non pas cependant au point d'éviter la sentence de mort.
[Summa Teologica, Secunda Secundae Pars, Question 11, l'Hérésie, article 4]
Cette pratique sera institutionalisée par l'inquisition. Au moment de monter sur le bûcher, l'hérétique aura la possibilité de se repentir, et de "mourrir en bon chrétien". L'inquisition portera sa grande charité au point que celui qui se repent sur le bûcher sera tué par étranglement et non par les flammes.
St Thomas gette aussi les bases doctrinales de la persécution dont les juifs convertis seront victimes :Les Juifs, s'ils n'ont nullement reçu la foi, ne doivent nullement y être forcés. Mais, s'ils ont reçu la foi, il faut qu'on les mette de force dans la nécessité de la garder [Summa Teologica, Secunda Secundae Pars, Question 10, l'Infidélité en général, article 8]
Le Docteur angélique explique qu'il faut tolérer les rites des juifs, et c'est tout à son honneur, avant d'écrire:
Quant aux rites des autres infidèles, comme ils n'apportent aucun élément de vérité ni d'utilité, il n'y a pas de raison que ces rites soient tolérés.
[Summa Teologica, Secunda Secundae Pars, Question 10, l'Infidélité en général, article 11]
Saint Thomas est considéré aujourd'hui comme le philosophe catholique par l'église. Le Thomisme est la philosophie officielle de l'église catholique. Pour s'en convaincre, il suffit de lire l'encyclique de Jean-Paul II "Foi et raison" (qui date de 1998, disponible sur le site du Vatican), consacrée au rapport entre philosophie et religion: le pape y cite à maintes reprises le Docteur angélique et aucun autre philosophe catholique.
1231
Fondation de l'inquisition. Jusqu'en 1231, la tâche de découvrir, démasquer et punir les hérétiques était du ressort des évêques. Mais avec le temps, cette tâche devient trop lourde pour ces bergers du bon peuple chrétien, qui ont tant d'autres lourdes tâches à assumer. Le pape décide donc de créer une institution séparée, qui aura le temps et les moyens de se consacrer uniquement à l'éradication de l'hérésie et de la sorcellerie: l'inquisition. L'inquisition, au cours de son histoire, brûle plus de 1 million de personnes, essentiellement des hérétiques, des juifs et des musulmans convertis au christianisme et des "sorcières". La dernière sorcière sera brûlée en 1788. Le dernier "hérétique" devra attendre son tour jusqu'en 1826. L'inquisition et ses imitateurs protestants brûlent aussi des médecins et des scientifiques, lorsque l'occasion se présente. [Référence]
L'église ne reniera jamais l'inquisition, et garantira la continuité historique de l'institution jusqu'à nos jours, en se limitant à en modifier le nom: il faudra attendre Pie X, en 1906, pour que le "Saint office de l'inquisition" soit renommé "Saint Office", et 1965 pour que le dit office soit rebaptisé "Congrégation pour la doctrine de la foi". Enfin, en 1997, le pape ouvre les archives du Saint Office, et des historiens triés sur le volet sont autorisés à y mener des recherches. Les estimations du nombre total de victimes de l'inquisition sont fortement revues à la hausse, le consensus tourne aujourd'hui autours du million de personnes exécutées, auxquelles il faut ajouter d'innombrables personnes torturées et dont les biens ont étés saisis.[Référence]
Souvent, les chrétiens d'aujourd'hui tendent à argumenter que l'inquisition ne serait qu'une erreur n'âyant rien à voir avec le christianisme véritable. Ils oublient que l'institution exixte toujours, bien que sous un autre nom. Ils oublient aussi que les pratiques de l'inquisition (torture et exécution d'hérétiques) avaient commencé déjà peu après l'arrivée des chrétiens au pouvoir dans la Rome antique. L'inquisition en tant que pratique et institution traverse ainsi toute l'histoire du christianisme. Ils oublient aussi que le fondement de l'inquisition est à rechercher dans les Saintes Ecritures, en particuliers dans le Lévitique et ces deux versets du chapitre 22 de l'Exode:
Verset 18: Tu ne laisseras point vivre la magicienne (ou "la sorcière" dans d'autres traductions")
Verset 20: Celui qui offre des sacrifices à d'autres dieux qu'à l'Éternel seul sera voué à l'extermination.
Quand au mode d'exécution, le bûcher, il est aussi le résultat d'une lecture attentive de la Parole de Dieu: dans le 2è livre des Rois, il est expliqué le sort que réserve le Roi Josias (dont il est dit, dans le même livre (ch. 23 verset 25) "Avant Josias, il n'y eut point de roi qui, comme lui, revînt à l'Éternel de tout son coeur, de toute son âme et de toute sa force, selon toute la loi de Moïse; et après lui, il n'en a point paru de semblable." ) aux hérétiques de son temps, qui sont des prêtres qui ont voulu adorer dieu sur des monts autres que le mont du temple de Jérusalem (Ch. 23 verset 20):
"Il immola sur les autels tous les prêtres des hauts lieux, qui étaient là, et il y brûla des ossements d'hommes. Puis il retourna à Jérusalem".
Le même bon roi Josias s'était d'ailleurs lui aussi, comme l'inquisition, occupé aussi des "sorcières" de son temps: (Ch. 23 verset 24):
"De plus, Josias fit disparaître ceux qui évoquaient les esprits et ceux qui prédisaient l'avenir, et les théraphim, et les idoles, et toutes les abominations qui se voyaient dans le pays de Juda et à Jérusalem, afin de mettre en pratique les paroles de la loi, écrites dans le livre que le sacrificateur Hilkija avait trouvé dans la maison de l'Éternel".
Aujourd'hui, certains catholiques modérés et des protestants voudraient se distancer des agissements de l'inquistion et des chasseurs de sorcières protestants, et affirment que l'exécution par le feu d'hérétiques et de sorcières n'a rien de chrétien. Hélas, force est de constater que les inquisteurs et leur imitateurs protestants agissaient conformément aux enseignements des textes fondateurs de leur religion, et beaucoup, sans doute la vaste majorité mais en tout cas les plus célèbres comme Bernard Gui, Torquemada, et plus tard le Cardinal Bellarmino, étaient des hommes d'une grande intégrité et certainement de bonne foi, sincèrement convaincus d'agir pour le bien, même si ce bien était la volonté cruelle de leur dieu cruel.
Les chrétiens qui essayent aujourd'hui de dissocier christianisme et inquisition oublient aussi que le personnel de l'inquisition fut fourni essentiellement par deux ordres religieux qui existent encore de nos jours, et qui sont généralement très populaires dans les milieux chrétiens de l'Occident de l'aube du 21è siècle: les Franciscains et le Dominicains. Ces deux ordres pauvres, fondés au début du XIIIè siècle, avaient déjà plusieurs milliers de membres en 1231. D'après [Référence], ces deux ordres étaient aussi irréprochables l'un que l'autre, menant une vie pure, pleine de zèle religieux, à l'abri de toute corruption. Leurs principes fondamentaux sont: la pauvreté, le travail, l'humilité et la charité. Il est donc naturel que le Pape se tourne vers ces chrétiens intègres pour combattre l'hérésie et la sorcellerie. Dès 1244, les deux ordres dépendent uniquement de Rome. Les évêques étaient obligés de donner l'absolution à tout Dominicain ou Franciscain qui la demandait, sauf en cas de telles énormités que le pape seul pouvait être juge. Les prieurs des deux ordres mendiants sont eux autorisés à absoudre leurs frères de toutes les censures qui auraient pu leur être infligées et même de relever les ordres d'excommunication. En 1296, cette autonomie des ordres mendiants fut renforcée par une bulle papale qui libérait formellement les Dominicains et Franciscains de toute jurisdiction épiscopale et les statuts des ordres furent déclarés être les seules lois par lesquelles ils pouvaient êtres jugés. L'église avait ainsi à son service une véritable armée d'hommes entièrement dévoués à sa cause. Les premiers inquisiteurs furent tous Dominicains, mais dans les décennies qui suivirent, les postes d'inquisteurs furent, dans de plus en plus de pays, répartis entre les deux ordres.
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Dès qu'elle obtient l'autorisation de pratiquer la torture, l'inquisition est en droit de juger et de torturer les hommes dès 14 ans, et les femmes dès 12. Plus tard, l'Inquisition Espagnole supprimera cette discrimination, et, dans un soucis d'égalité des sexes qui est tout à son honneur, s'autorisa à juger et à soumettre à la torture les enfants des deux sexes dès 10 ans. Pour torturer et juger des enfants plus jeunes, l'inquistion élabora des stratagèmes légaux, le plus courant était celui de nommer un "curateur" qui avait la tutelle de l'enfant, et qui ensuite "assistait" l'enfant au cours de son procès. Il y a eu des cas d'enfants de 7 ans accusés, torturés et condamnés comme hérétiques. Les enfants d'hérétiques étaient généralement considérés comme hérétiques eux-mêmes. Si leur âge ne leur permettait pas d'êtres torturés et jugés, ils étaient "endormis": on les plaçait dans un bassin d'eau tiède, on les ligotait, et on leur coupait les artères aux poignets. Cette méthode était considérée comme particulièrement "miséricordieuse" par les inquisiteurs.
Image à droite [cliquer pour agrandir] : Saint Dominique présidant un tribunal de l'inquistion, dans une belle image de l'époque |
1237 - On déterre et brûle des cadavres
A Toulouse, alors que la guerre contre l'hérésie cathare est encore en cours, l'inquisition veut montrer que même la mort ne mets pas l'hérétique à l'abri de l'inquistion. L'on fait exhumer les corps de plusieurs personnes, dont des nobles, et, après avoir déclaré qu'ils sont morts en état d'hérésie, les fait trainer sur la place du Marché, où ils sont brûlés.
L'idée de déterrer des cadavres pour les brûler aura un franc succès, et continuera à être pratiquée tant par l'inquisition médiévale que, plus tard, par l'Inquistion Espagnole.
Le pape Innocent IV autorise enfin l'inquisition à pratiquer la torture. L'obtention d'aveux de culpabilité en est grandement facilitée. L'inquisition peut prononcer, sur la base d'aveux arrachés par la torture, des peines allant d'une simple prière ou un jeûne jusqu'à la confiscation des biens et même la prison à vie. Par contre, elle ne peut prononcer de condamnation à mort. Avec une subtilité tellement caractéristique de l'église catholique, l'inquisition peut par contre "passer" un hérétique au bras séculier de la justice pour une condamnation à mort sur la base des aveux obtenus sous la torture par l'inquisition. Cette subtilité de procédure permettra à l'église d'affirmer par la suite qu'elle n'a tué personne.
Il faut bien noter que la mise à mort d'hérétiques date de bien avant l'inquisition: elle commença dès l'antiquité. La nouveauté de 1231, est la fondation d'une institution spécialisée, chargée spécifiquement de la persécution des hérétiques. Il faut aussi prendre garde à la confusion qu'entretient volontiers l'église catholique entre "les 3 inquisitions": la médiévale, l'espagnole, et la "moderne" ou "romaine", cette dernière existant encore aujourd'hui: il s'agit en effet fondamentalement du même principe: l'on identifie les hérétiques, on les fait avouer par la torture, puis on les "abandonne" au bras séculier pour l'emprisonnement à vie ou la mort. Les différences entre les 3 inquisitions sont essentiellement des détails de procédure et de hiérarchie: l'inquision "médiévale" répond aux évèques et au pape, celle "espagnole" principalement aux rois Très Catholiques, l'inquisition "romaine", qui date de la contre-réforme, uniquement et directement au Pape. Il faut noter que l'inquisition espagnole et celle "médiévale" coexisteront avec l'inquistion "romaine" pendant plusieurs siècles après la contre-réforme.
1310 - Le Grand Autodafé de Toulouse
L'inquisiteur Bernard Gui préside un spectacles des plus iimpressionnnants: pendant 4 terribles journées, 18 personnes sont brûlées sur un bûcher devant leurs concitoyens. 65 sont emprisonnées à vie, dont 3 avec des chaînes, tandis que 20 sont condamnées à de terribles pèlerinages vers des terres lointaines d'où ils n'ont que peu de chances de revenir vivants.
Deux ans plus tard, le même Bernard Guy offre à Toulouse un nouveau grand spectacle, avec une innovation notable: les os de 36 morts sont exhumés et brûlés. Pour compléter le spectacle, 50 personnes sont condamnées à porter des croix et à des pèlerinages périllieux, 86 sont emprisonnées à vie. L'innovation consiste bien sûr à brûler, dans un même spectacle, les os d'hérétiques morts et des hérétiques vivants. En effet, le fait de déterrer des ossements pour les brûler était une pratique toulousaine depuis 1237.
Quelques chiffres sur les condamnations de l'inquistion
Les chrétiens du 20è et du 21è siècle ont fait de grands efforts pour relativiser les crimes de l'inquistion. Ils insistent sur le fait que les condamnations à mort ne représentaient qu'une minorité des condamnations. Cela est vraix, mais il faut avoir à l'esprit quelles étaient les autres condamnations:
- Le port des croix consistait à devoir porter à vie, ou pour plusieurs années, le Sanbenito: un vêtement sur lequel des croix étaient cousues. Le condamné ne pouvait enlever cette marque d'infâmie que dans l'intimité de son logement, et tous ses biens lui étaient confisqués. Le port des croix était donc une condamnation à la honte et à l'exclusion sociale.
- L'emprisonnement était en général un emprisonnement à vie. Une vie très courte, étant donné les conditions des prisons de l'époque, de l'ordre de quelques semaines pour la vaste majorité des cas. Souvent, des accusés mourraient en prison pendant la procédure. Ce fut le cas par exemple de 10 prisonniers qui, dans le grand autodafé de Toulouse de 1310, mourrurent en prison entre le moment où ils avaient confessé leur hérésie sous la torture et avant même d'avoir étés condamnés.
- Les pèlerinages, en ces époques où les voyages étaient très périllieux, équivalaient en pratique à des condamnations à mort: les retours d'un pèlerin condamné par l'inquisition était des évènements rares.
Il faut ajouter à ces considérations un commentaire sur le sort de ceux qui n'étaient pas condamnés. Un pourcentage qui n'est pas comnnu avec précison, mais de l'ordre de 10% des accusés échappaient à la condamnation. Cela impliquait de résister à la torture sans confesser. Ces survivants étaient donc des estropiés graves, qui survivaient mais étaient incapables de travailler ou d'avoir une vie plus ou moins normale.
Le Registre des Sentences de Bernad Gui, inquisiteur à Toulouse, couvrant une période de 1308 à 1322, révèle les chiffres suivants concernant les condamnations:
| Remis au bras séculier et brûlés: | 40 |
| Emprisonnés | 300 |
| Condamnés à porter des croix | 138 |
| Condamnés à des pèlerinages | 16 |
| Bannis en terre Sainte | 1 |
| Maisons détruites | 16 |
| Condamnation du Talmud | 1 |
| Fugitifs | 36 |
| Os exhumés et brûlés | 67 |
| Os Exhumésde ceux qui auraient dû êtres emrpisonnés | 21 |
On voit donc que sur un total d'accusés vivants de 548, pas moins de 356 (soit 65%) sont condamnés à mort ou à une peine équivalente à la peine de mort. Le chiffre de 40 condamnés à mort (7%) est donc fortement trompeur.
1314 - Le premier Autodafé en Espagne
Contrairement à ce que l'on croit parfois, l'inquisition ne fut pas une invention espagnole. Mais ce pays, parti en retard, mets les bouchées doubles pour rattraper, puis dépasser les autres pays européen. En Aragon le 12 mai 1314, 6 hérétiques vivants et plusieurs cadavres exhumés sont brûlés devant la foule en délire. L'autodafé espagnol est un spectacle complexe: D'abord, une cérémonie religieuse a lieu dans une église, au cours de laquelle on "réconciliait" les hérétiques (ceux vivants, pas les morts!) avec l'Eglise. Puis, les hérétiques étaient "abandonnés au bras séculier" qui s'occupait de leur exécution. Pour parfaire l'hypochrisie, les fonctionnaires séculiers ne participaient pas à la cérémonie religieuse. 40 jours d'indulgence étaient promis à tout fidèle qui assistait à l'autodafé. Très rapidement, l'Espagne devient le pays des grands autodafés: ainsi, en 1360, à Valence, l'on brûle pas moins de 80 hérétiques en un seul autodafé. Le record espagnol, imbattu à ce jours, est de 107 hérétiques exécutées en un autodafé, en 1499 à Cordoue.
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En Espagne, l'inquisition brûle des centaines de milliers de livres au cours de son histoire, essentiellement des Anciens Testaments et des livres de prières juives pris à des conversos. Brûler des livres est une tradition plurimillénaire des chrétiens. Saint Paul déjà brûlait des livres avec ses disciples. Les protochrétiens, déjà, avaient la fort mauvaise habitude d'incendier des bibliothèques, surtout lorsqu'elles étaient rattachées à des temples. Saint Grégoire le Grand inaugura son pontificat en mettant le feu à une grande bibliothèque surr le Palatin. Actuellement, les catholiques ont certes renoncé à cet usage, mais pas les protestants Nord-Américains. A l'aube du 3è millénaire, les Southern Baptists, une des plus grandes églises protestantes américaines, s'adonnent à de fréquents bûchers de livres. Les Harry Potter sont parmi leurs favoris pour ces exercices. |
Dans toute l'Europe sévit la Mort Noire, première grande épidémie de peste du continent. Les prélats catholiques ont tôt fait de désigner les coupables: des juifs auraient empoisonnés les puits. Le bruit se répand dans toute l'Europe, et d'innombrables Pogroms se succèdent. En Allemagne, on comptabilise 350 communautés juives totalement anéanties par des Pogroms dans cette période. Dans de nombreuse villes, l'on interdit ensuite l'entrée de la ville aux juifs, et cette interdiction restera en vigueur dans bien des villes importantes (comme Nürenberg par exemple) jusqu'au 18è siècle. En Italie, à Milan, les autorités civiles et religieuses ayant procédé à l'exécution sur le bûcher des "untori" (c'est ainsi que l'on appelle en italien les malheureux suspectés d'empoisonner les puits) juifs, elles élèvent une colonne commémorative pour célébrer leur exploit. La colonne passera à l'histoire sous le nom de "Colonna infame" lorsque, au 19è siècle, le romancier Manzoni aura, le premier, des siècles après les faits, le courage de dénoncer ce monument ignoble à la perversion religieuse.
1391 - Les débuts de la violence contre les Juifs en Espagne
Pendant la domination des Maures en Espagne, les 3 monothéismes méditerranéens (Ilsam, Judaïsme, christianisme) avaient coexisté pacifiquement pendant plusieurs siècles. Mais cette coexistance de plusieurs religion sur un sol désormais contrôlé par des rois chrétiens déplait aux prélats catholiques, qui n'ont de cesse de répandre l'antisémitisme dans la populace et aussi dans les plus hautes sphères du pouvoir. En 1391, la populace exitée par les prélats détruit les ghettos juifs de Séville, Barcellone, Valence, Tolède et d'autres centres importants. La furie destructrice de cette année culmine en juin à Seville, où la foule, exitée par l'archidiacre Martinez tue plus de 4'000 juifs. [Référence]
1415
Dans les années 1390', un prêtre de Prague commence à prêcher en tchèque plutôt que en latin: pour cette idée saugrenue de parler une langue que les fidèles comprennent, Jan Hus est accusé d'hérésie. Il fuit Prague. Lorsque le concile de Constance est convoquée, le roi d'Allemagne propose à Hus un sauf-conduit pour lui permettre d'aller exposer son point de vue au concile. mais c'est évidemment un piège: peu après son arrivée, il est emprisonné et mis au secret en novembre 1414. Suit un classique procès d'inquisition, qui conclut à la culpabilité de Jan Hus, hérétique obstiné et impénitent: il est mis à mort sur le bûcher le 6 juillet 1415.[Référence]
1478 - Fondation de l'Inquisition Espagnole
L'Espagne, désormais unifiée par le mariage d'Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon, est un pays qui se définit, à cette époque, essentiellement dans son opposition aux musulmans, qui dominent encore à cette date le Sud de la péninsule. Afin de combattre plus efficacement l'hérésie dans leur pays, Isabelle et Ferdinand obtiennent du pape Sixte IV, le pouvoir de nommer les Grands inquisiteurs en Castille et en Aragon. La décision a surtout des implications financières, puisque l'inquisition confisque les biens des condamnés. Mais le pape accepte, entres autres car il croit à la promesse des souverains espagnols, qui se sont engagés à utiliser les fonds pour financer la guerre contre les arabes, et depuis Saint Grégoire Le Grand les papes sont friands de guerres contre les infidèles.
1483
Tomás de Torquemada est nommé Grand Inquisiteur de Castille. Ce moine dominicain fait un ample usage de la torture et de la confiscation des biens de ses victimes. Les estimations du nombre de personnes brûlées pendant son mandat varie, selon les historiens de environ 2'000 [Référence] à 8'800 brûlées vifs auxquels il convient d'ajouter 9'654 torturés ou emprisonnés à vie. [Référence]
Torquemada deviendra le symbole vivant de l'inquisition. Le pape Eugène IV le nommera "défenseur de la foi". L'historien catholique espagnol Sebastian de Olmeda l'appellera "Lumière de l'Espagne, sauveur de son pays, honneur de son ordre". Certains catholiques, désireux de débarrasser l'histoire de leur église de cet encombrant personnage, ont inventé et décrit un Torquemada désireux de s'enrichir et violant des femmes. Or, la réalité est autre. L'homme est incontestablement d'une grande intégrité. Il refusera systématiquement des promotions hiérarchiques dans l'église et dans son ordre. Il ne cherchera jamais à obtenir un avantage financier pour son ordre. il aurait pu devenir évêque et même cardinal avec facilité. Ses biens personnels ne s'accrurent pas d'un centime au cours de ses longues années comme inquisiteur. Il n'utilisait que des vêtements simples de toile de chanvres et de coton, refusant ceux en lin. Patriote et chrétien, il participe à la politique de christianisation de l'Espagne en mettant en oeuvre deux préceptes qui figurent dans le chapitre 22 de l'Exode, un des textes fondamentaux de la bible:
Verset 18: Tu ne laisseras point vivre la magicienne (ou "la sorcière" dans d'autres traductions")
Verset 20: Celui qui offre des sacrifices à d'autres dieux qu'à l'Éternel seul sera voué à l'extermination.
Torquemada considérait sa mission comme sacrée. Son bagage culturel était imposant, son esprit large et son intelligence ouverte. Il n'était pas un fou ou un criminel au sens classique du terme, mais un chrétien sincère, instruit, et en même temps un Espagnol patriote, convaincu que les conversos et les hérétiques étaient un danger pour l'Espagne et la foi, et donc qu'il devait les combattre.
Dans les dernières années de sa vie, Torquemada investira toute son intelligence dans la rédaction d'un code inquisitorial, qu'il continuera à affiner jusqu'à une dernière édition en 1498, quelques mois avant sa mort. Ce code contient nombre de sages dispositions, comme le fait qu'il faut qu'au moins un, mais de préférence deux inquisiteurs doivent toujours être présent pendant les tortures des accusés.
Sous Torquemada, la torture est standardisée, laissant peu de place aux fantaisies perverses de bourreaux et inquisiteurs. Une procédure précise sera désormais suivie: dans un premier temps, les bourreaux, habillés de longues tuniques noires, des capuchons baissés sur la tête avec deux trous pour les yeux, un pour le nez et un pour la bouche, saisissent l'hérétique et le déshabillaient jusqu'à la ceinture. Alors les inquisiteurs se placent devant l'hérétique et, à plusieurs reprises, le supplie de confesser ses fautes. Si l'hérétique s'obstine à nier, alors les inquisiteurs ordonnent qu'il soit torturé, en avertissant tout d'abord l'hérétique qui va être torturé que, en cas de lésion, de fracture des membres ou de mort, la responsabilité doit être rejetée uniquement sur l'hérétique lui-même, car les tortures ne sont que la suite de sont entêtement récalcitrant.
La première phase du supplice était celle de la corde: les mains liées derrière le dos avec une corde qui glissait dans une poulie attachée au plafond, l'hérétique était soulevé et maintenu en suspension pendant un certain temps. Puis à l'improviste le bourreau lâchait la corde et le corps retombait alors brusquement jusqu'à environ 20 cm du sol: les jointures se déboîtaient sous le choc, tandis que la corde, souvent, coupait la chair des poignets jusqu'aux nerfs. Cette torture durait une heure et même plus.
La torture à l'eau constituait la 2è phase: on liait étroitement la personne après l'avoir étendue sur une sorte de chevalet en bois n'ayant comme support qu'une barre transversale, sur laquelle le corps, retombant en arrière, se courbait, amenant le patient en position renversée, les pieds vers le haut et la tête en bas. A cause de cette position, la respiration devenait extrêmement difficile et les mouvements que l'hérétique faisait automatiquement pour trouver un peu d'air provoquaient la torsion des mains et des pieds liés, et les cordes blessaient les tissus. On introduisait alors dans la bouche, en le faisant arriver jusqu'au fond de la gorge, un lige fin imbibé d'eau qui était disposé de façon à recouvrir entièrement les narines. C'est alors que l'on versait de l'eau dans bouche, goutte à goutte, si lentement que l'hérétique torturé en buvait environ un litre par heure. Le malheureux n'avait à aucun moment la possibilité de respirer librement. dans ses efforts pour aspirer de l'air, il il engloutissait de l'eau, et il en résultait une rupture des vaisseaux sanguins de la gorge: le chiffon était généralement retiré imbibé de sang.
Le troisième degré de la torture, le feu, était pratiqué en liant les mains et les pieds de façon à rendre impossible au prisonnier tout changement de position. Puis on frottait ses pieds avec de l'huile, du lard ou une autre matière graisseuse et on les exposait devant un feu jusqu'à ce que la peau se gerce et que les os et le nerfs se découvrent complètement.[Référence]
Il faut préciser que les inquisiteurs savaient qu'ils torturaient parfois des catholiques irréprochables. L'on sait que la chose a dù être discutée à l'intérieur de l'église, car le Cardinal Jiménes de Cisneros a écrit que les catholiques, si ils étaient injustement torturés, selon les lois de l'inquisition, s'envolaient directement au paradis.
La torture pouvait être, dans l'inquistion espagnole, appliquée aux enfants à partir de 10 ans et au vieux jusqu'à seulement 60 ans.
1485 - Le Martyr de Saint Pedro Arbuès
La nuit du 15 septembre 1485, l'inquisiteur d'Aragon, collègue de Torquemada, Pedro Arbuès, est agenouillé en prière devant le grand autel de la cathédrale de Saragosse quand 8 tueurs surgissent: l'homme sait qu'il n'a pas que des amis et porte un casque et une cotte de maille, mais rien n'y fait: un poignard traverse entièrement son cou, il s'effondre et meurt peu après entouré des chanoines de la cathédrale accourus à son secours.
Aussitôt l'inquisition se déchaîne: on accuse les conversos d'être derrière le crime, Dès décembre 1485, et jusqu'en 1492, l'on exécutera des "coupables" de la grande conjuration contre Saint Pedro. Les peines pour les tueurs présumés furent sévères: l'un d'eux eux les deux mains tranchées et clouées au portail du palais des députés, puis fut décapité. Son corps fut ensuite écartelé, et les morceaux de son corps pendus le long des rues de la ville pour servir d'exemple.
Le pauvre Pedro Arbuès sera béatifié par Alexandre VII en 1664, puis canonisé par le pape Pie IX le 29 juin 1867.[Référence]
1486 (ou 1487) - Publication d'un manuel de la chasse aux sorcières
| Deux dominicains allemands, Jakob Sprenger, Doyen de l'université de Cologne, et Heinrich Institoris (Kraemer de son vraix nom), professeur de théologie à l'université de Salzburg, publient le Malleus Maleficarum: il s'agit d'un épais volume de plus de 400 pages qui est un "guide" (bien sûr approuvé par la hiérarchie ecclésiastique) de la chasse aux sorcières: on y apprend comment les identifier (p. ex., une femme qui a caressé un chat noir alors qu'une personne s'est sentie mal à une distance de quelques centaines de mètres), les torturer pour les faire avouer, et comment les inquisiteurs peuvent s'absoudre mutuellement après la séance de torture. L'ouvrage affirme aussi que nier l'existence de la sorcellerie est en soi une hérésie très grave (passible de la mort sur le bûcher). Pendant plus de 2 1/2 siècles en Allemagne, après la publication du Malleus Malleficarum nier l'existence de la sorcellerie sera passible de la peine de mort. Le manuel devient un Best Seller. Le Malleus fera l'objet de pas moins de 26 éditions entre 1486 et 1600. il deviendra l'ouvrage de référence pour les chasseurs de sorcières catholiques, et aussi protestants. L'action des deux doctes universitaires dominicains est approuvée par le Pape Innocent VIII, qui les charges déjà en 1484, par la bulle Summis desiderantes affectibus, d'extirper la sorcellerie de l'Allemagne. Le texte de la bulle de Sa Sainteté le souverain pontife est inclus dans la préface des éditions catholique du livre. [Référence] | ![]() |
1492 - Explusion des juifs d'Espagne
Le pieu Ferdinand d'Aragon et sa très pieuse épouse Isabelle de Castille, rois d'Espagne, expulsent les juifs de leur royaume. Les juifs ont le choix entre se convertir, pour subir les foudres de l'inquisition (qui brûlera nombre d'entre eux en les accusant d'être des "faux convertis"), ou partir. Plus de 160'000 juifs quittent l'Espagne. La hiérarchie catholique ne reste pas indifférente à cette mesure d'une cruauté effarante: elle approuve la mesure, le pape encourage les autres souverains européens à s'inspirer de l'exemple espagnol. Dans toute l'Europe, les évêques se mobilisent pour pousser les gouvernements à empêcher l'entrée sur leur territoire aux juifs expulsés. [Référence] . En 1494, le pape accorde le titre de Rois Catholiques à Isabelle et Ferdinand pour les remercier.
Les juifs qui choisissent de se convertir seront persécutés par l'inquisition avec une détermination impressionnante: jusqu'au 18è siècles, l'on fera le "Test du Lard" aux convertis juifs et à leur descendants: une salade aux lardons est proposé au "converti": si l'on constate qu'il a écarté les lardons en mangeant, on le brûle comme "faux converti". La méthode sera aussi appliquée aux musulmans convertis et à leurs descendants.
Si l'expulsion des juifs d'Espagne est la plus grande expulsion du genre que l'histoire ait enregistré, elle ne fut pas la première. En France, les prélats catholiques avaient déjà obtenu une expulsion des juifs en 1306, qui fut ensuite révoquée, avant d'être confirmée en 1394. L'Angleterre avait déjà procédé à l'expulsion en 1290. En 1496, le Portugal imite son puissant voisin en expulsant à son tour les juifs de son territoire.
1493 - Le premier indien d'Amérique au paradis
Lorsque Christophe Colomb, qui a pris soin d'emmener un moine dans ses bagages, arrive en Amérique, il rencontre des indiens, qui, écrira-t-il, sont des gens amicaux et serviables. Sans doute pour leur montrer comment l'Europe chrétienne traite les étrangers amicaux et serviables, il enlève 12 d'entre eux qu'il amène en Espagne. A l'arrivée, l'un d'entre eux tombe malade: avant sa mort, il est baptisé en vitesse, ce qui permet à la cour des Rois Très Catholiques d'exulter, car un indigène du Nouveau Monde a pu entrer au paradis chrétien. Cette triste histoire marquera le début de la tragique christianisation des indiens d'Amérique, dont l'épisode des réductions du Paraguay et les persécutions des indiens Pueblo ne seront que deux épisodes parmi les plus tragiques.
C'est en cette année qu'a lieu le plus grand autodafé ("acte de foi") que l'histoire espagnole ait enregistré: en un seul autodafé, l'inquisiteur Diego Rodrigues Lucero brûle vifs pas moins de 107 juifs convertis au christianisme à Cordoue.
XVI siècle
Le drame des castrats. L'église ayant décidé que les femmes ne peuvent entrer dans le choeur des églises, un problème tragique se pose: comment ne pas torturer les oreilles des pieux prélats du Christ en les privant des voix hautes, si importantes dans les choeurs pour louer l'amour de dieu? Une solution barbare est trouvée: l'on privera d'organes sexuels de jeunes garçons dont la voix aura été reconnue comme belle. Les choeurs de la Sainte Eglise Catholique ne manqueront ainsi jamais de soprani et de contralti.
Cette pratique barbare ne cessera qu'en 1878, sur ordre du Pape Léon XIII. La pratique est encore très répandue pendant le 19è siècle, au point que Rossini, lorsqu'il compose sa "Petite Messe Molennelle" écrit, tout naturellement, qu'il suffira, pour exécuter celle-ci, "d'un piano et d'une douzaine de chanteurs des 3 sexes, hommes, femmes et castrats".[Référence:il s'agit ici d'une page Web]
1506 Le Pogrom de Lisbonne
Un nombre important de juifs expulsés d'Espagne en 1492 avaient trouvé refuge au Portugal. Les historiens citent des chiffres allant de 90'000 à 150'000. Ce fut une chance inouïe pour ce pays, car ces réfugiés étaient en bonne partie des personnes instruites, médecins, banquiers, commerçants, et certains arrivèrent au Portugal avec une partie de leur fortune. Les sentiments à leur égard de la population étaient donc au départ plutôt positifs. Mais cette population nouvelle déplaît à une partie du clergé, et suscite les convoitises de l'inquistion espagnole. Cette dernière soudoie donc des prélats portugais pour répandre l'antisémitisme. En quelques années, un succès important est obtenu: à Lisbonne, au cours d'une journée de folie meurtrière qui passera à l'histoire sous le nom de Pogrom de Lisbonne, 3'000 juifs sont tués par de pieux catholiques excités par les prélats. Mais le clergé portugais ne s'arrète pas en si bon chemin. Il demande la création d'une inquisition portugaise, sur le modèle de celle qu'ont la chance d'avoir leurs voisins espagnols. 1536 marque la date officielle de la création de l'inquisition portugaise. Dans ce pays où il fait bon vivre, l'inquisition entre lentement en action, et le premier Autodafé n'est célébré que en 1540. De 1540 à 1580 (date de l'invasion du Portugal par l'Espagne), l'inquisition portugaise célèbrera environ 40 Autodafés, avec un total de 2500 condamnations dont 170 au bûcher. L'arrivée de Philippe II, roi d'Espagne, au pouvoir en 1580 accélère enfin les choses: les autodafés se multiplient, et en 20 ans il y aura 3200 condamnations dont 160 au bûcher, soit une augmentation du ritme annuel de près de 100%.
XVI siècle
Jules II Della Rovere pape. Habile chef militaire, il porte l'armure pendant une messe, lorsqu'un moine insolent lui fait remarquer que l'habit n'est pas approprié. "Quand il s'agit de conquérir des terres, Dieu ne regarde pas l'habit, mais la foi de son serviteur", lui répond-il, et passe ainsi à l'histoire. Dieu lui permet effectivement de conquérir Bologna, qui est, comme il se doit, mise à sac.
Inspiré par l'Esprit Saint, qui n'avait apparemment rien d'autre à faire, un moine allemand, Martin LutherLand de Thüringen. traduit le "Nouveau Testament" en quelques semaines. Le diable vient le tenter pendant qu'il travaille: Luther ne trouve rien de mieux à faire que de lui lancer un encrier qui tache le mur! La tache est depuis religieusement préservée pour les touristes (château de Wartburg), dans le
L'événement pourrait sembler insignifiant. Il n'en est rien, car il inaugure le plus grand schisme de la chrétienté: dans les siècles qui suivront les chrétiens se massacreront entre eux avec encore plus d'enthousiasme qu'ils n'ont massacré et brûlé les non-chrétiens, les hérétiques, les sorcières, les juifs et musulmans convertis, etc.
Luther écrira et dira à plusieurs reprises qu'il faudrait brûler les synagogues et chasser les juifs des villes: il se situe ainsi dans la tradition initiée par les pères de l'église catholique, et qui sera perpétrée jusqu'au 19è siècle par l'inquisition, et même jusqu'au 20è par ses imitateurs en chemise brune.
En 1543, ce bon moine publie un pamphlet antisémite intitulé "Les juifs et leurs mensonges". Les brèves citations ci-dessous donnent une impression générale du niveau d'amour pour le prochain pratiqué par Luther:
"Leur [des juifs, note de traduction] haleine pue de l'or et de l'argent des païens; car il n'y a jamais eu sous le soleil, et il n'y a pas et il n'y aura jamais plus avare qu'eux, comme cela peut être contstaté dans leur usure malhonnète. Donc sachez, mes chers chrétiens, que, après le diable, vous n'avez point plus venimeux, plus véhément et plus ennemi qu'un véritable juif qui désire sincèrement être un juif ... Est-ce que leur Talmud et leurs rabbins n'enseignent-ils pas que ce n'est pas un péché que de tuer si un juif tue un païen, mais que c'est par contre un péché si il tue un frêre en Israel ? Ce n'est pas un péché pour lui de ne pas tenir une promesse envers un païen. Donc, voler - comme ils le font en prêtant de l'argent - d'un païen est un service divin ...maintenant, qu'allons-nous faire avec ces juifs, rejettés et condamnés ?"
Luther donne son conseil sincère sur quoi faire avec les juifs:
Brûler leurs synagogues, écoles, enterrer et couvrir avec de la saleté tout ce qui ne brûle pas (...) Je recommande de raser et détruire leurs maisons (...) Je recommande qu'on leur prenne leurs livres de prière, qui contiennent de telles idolâtries, mensonges, insultes et blasphèmes (...) Que l'on interdise à leurs rabbins d'enseigner sous peine de mort (...) Que l'on leur prenne leurs trésors d'or et d'argent (...) Mais si les autorités civiles sont réticentes à user de la force pour restreindre leur vice diabolique, alors les juifs devraient êtres expulsés de leur pays et renvoyés à Jérusalem ou ils pourront mentir, injurier, diffâmer, assassiner, voler, pratiquer l'usure et la moquerie, et se laisser aller à toutes ces infâmes abominations qu'ils pratiquent parmis nous.
[Traduit de l'anglais par le soussigné: je n'ai pas réussi à me procurer une version allemande ou française du livre]
Il faut préciser que les églises protestantes allemandes continuent à ce jours à considérer Luther comme un grand homme, à utiliser sa traduction de la bible, et à se référer à ses écrits.
1524 - Une année ordinaire de chasse aux sorcières
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Sans doute pour battre le record détenu par Bamberg de 600 sorcières brûlées en un an, l'on met à mort dans la province de Côme pas moins de 1000 sorcières en un an. Ensuite, pendant plusieurs années, l'on continue à en brûler un peu plus d'une centaine par année dans cette charmante petite ville. Ces chiffres peuvent impressionner, mais il faut se souvenir que à l'époque Cologne brûlait régulièrement environ 300 sorcières par an, et plusieurs villes européennes arrivent à maintenir un rythme tout à fait honorable de 200 exécutions de sorcières par an. |
1527
Sac de Rome: des soldats protestants massacrent la totalité de la population de Rome, soit environ 40'000 personnes, et pillent la ville. Le Pape est sauvé par les gardes suisses. Il s'enferme avec eux à Castel Sant'Angelo pendant que la population est massacrée. Lui-même s'en tire avec une grosse frayeur. Les Suisses catholiques y gagnent un débouché professionnel à l'étranger, qui se perpétue aujourd'hui.
1547 - La Limpieza - Des lois racistes d'inspiration religieuse
On a vu que l'Espagne fut, sous la domination Maure, un société multiculturelle où les trois monothéismes méditérranéens coexistaient. Lorsque les chrétiens reprirent le pouvoir dans la péninsule ibérique, ils eurent hâte de mettre fin à cette coexistence pacifique par une série de mesures poussant Maures et Juifs à se convertir. Mais cela ne suffisait pas au prélats catholiques, car ils suspectaient toujours que sous tout converti, et même sous tout descendant de converti, se cache en fait un faux chrétien qui continuait a pratiquer sa religion d'origine en cachette. Les ecclésiastiques catholiques inventent donc la notion de Limpieza, ou pureté raciale. Peu à peu des voix montent du clergé pour que les charges ecclésiastiques et étatiques soient réservées à ceux qui sont descendants de chrétiens et non de Maures ou de conversos. D'abord, l'Athénée (la future université) de Salamanque commence à exiger un certificat de limpieza de ses étudiants. Ces certificats sont délivrés par l'inquisition. Puis, en 1547, l'Archevèque de Tolède, Juan Martinez Siliceo, fait accepter un Statut de Limpieza pour tous les ecclésiastiques de la cathédrale. Le mouvement s'étend rapidement. A partir de 1560, après avoir pendant longtemps fourni les certificats de Limpieza demandés par d'autres instances, l'Inquisition décide de l'exiger aussi de ses propres employés. La Limpieza sera aussi exigée pour toutes les charges d'état, et même pour ceraines professions qui avaient étés traditionellement exercées par les juifs.
Il faudra attendre 1835 pour l'abolition des Statuts de Limpieza, mais le certificat de limpieza continuera à être exigé aux aspirants officiers de l'armée et aux candidats à certaines hautes charges de l'état jusqu'en 1865. Moins d'un siècle sépare la fin de la pratique de la Limpieza espagnole des lois nazies de Nurenberg.
1553
Calvin, qui condamne les excès de l'Eglise Catholique, fait décapiter le libre penseur et médecin Michel Servet, qui avait découvert la circulation du sang. Il n'est jamais que l'un des plus de 15 hérétiques que le réformateur fait exécuter pendant sa dictature sur Genève.
Calvin joue un rôle très actif dans l'arrestation, puis la condamnation à mort de Michel Servet. Il échangea d'abord une correspondance avec lui, puis, lorsque, fuyant l'inquisition, Servet arriva à Genève, Calvin le fit arrêter. Calvin avait dit à son ami le réformateur Farel que si Michel Servet devait venir à Genève, il le le laisserait pas repartir vivant. Il tient donc sa promesse en intervenant personnellement au procès en plaidant pour l'exécution. La seule clémence qu'il veut bien concéder à Servet est l'exécution par décapitation plutôt que par le bûcher. Après l'exécution, le corps de Michel Servet est brûlé, avec un exemplaire de l'un de ses livres.
1559
L'invention de l'imprimerie permettant à un nombre croissant de personnes de s'informer, l'église réagit en publiant l'Index (Index Additus Librorum Prohibitorum). Pour que cette publication soit tenue à jours avec soin, la Congrégation Spéciale de l'Index est fondée par le pape Saint Pie V en 1571. Cette institution édite régulièrement une liste de livres interdits. Dès l'institution de l'Index, des centaines d'imprimeurs italiens s'enfuient en Suisse et en Allemagne. La dernière édition de l'Index est publiée en 1961. Parmis les milliers de livres qui prirent place dans cette liste infâme, on citera le cas de l'Encyclopédie, publiée entre 1751 et 1765: l'Encyclopédie est non seulement mise à l'index, mais toute personne qui la lira sera passible d'excommunication automatique.
1566 -1572
Pie V pape. Ce Saint de l'Eglise catholique se vante publiquement plusieurs fois d'avoir, pendant sa carrière d'inquisiteur, allumé de ses propres mains plus de 100 bûchers d'hérétiques qu'il avait lui-même accusés, confondus et condamnés.
En 1569, il ordonne l'expulsion des juifs de l'Etat de l'église. Toutefois, avec un pragmatisme tout catholique, il permettra à certains commerçants juifs de rester à Rome et à Ancône, dans des conditions humiliantes. [Référence]
Les juifs romains sont désormais enfermés dans un ghetto, et en plus, une coutume, qui restera en vigueur jusqu'à la chute de l'Etat de l'Eglise est instaurée: pour humilier publiquement les juifs, chaque nouveau pape passe devant le ghetto, où le Grand Rabbin de Rome lui tend une copie du Pentateuque (une partie de l'Ancien Testament). Après quoi le pape lui restitue le texte accompagné de plusieurs pièces d'or, en déclarant que, si il respecte la loi de Moïse, il désapprouve le coeur dur des juifs. Cette cérémonie voulait marquer la conviction chrétienne que les juifs devraient reconnaître leur erreur et se convertir au christianisme.
Pie V publie aussi une nouvelle édition du catéchisme officiel de l'église, dans lequel l'amour du prochain et la miséricorde ont bien sûr une place importante.
A la fin de sa vie, ce pieux dominicain dira regretter surtout d'avoir été trop indulgent.
1568 - Le premier ordre de génocide des Temps Modernes
Le 16 février 1568, le Saint pape Pie V signe le premier ordre de génocide des Temps Modernes. Depuis quelques années, les habitants des Pays-Bas ont adhéré en majorité aux doctrines de Luther. Plus grave encore pour Saint Pie V, il semble que des actes d'iconoclastie se soient produits. Le Saint pape donne donc l'ordre à Philippe II, Roi d'Espagne et des Pays-Bas, de procéder à l'extermination de l'ensemble de la population, soit environ 3 millions d'habitants, saufs quelques personnes qu'ils nomme expressément dans son ordre. Le pieux Philippe II demande 10 jours plus tard au Duc D'Albe d'exécuter la sentence. Cet habile général est, depuis l'été 1567, au Pays-Bas, avec une petite armée de 10'000 fantassins, 1'200 cavaliers et pas moins de 2'000 courtisanes. Il se met vite à la tâche, malgré ses moyens limités. Dans une lettre à Philippe II il affirme avoir déjà éliminé "800 têtes" au cours de la seule Semaine Sainte de l'an 1568. Rapidement, la population se révolte en arme contre la petite armée chargée de l'exterminer. Combien de personnes mourront suite à la sentence papale ? Il est difficile de l'estimer. Selon le Duc D'Albe lui-même, il parviendra à exterminer 18'600 personnes en 6 ans de génocide. Après avoir échoué dans sa tentative de génocide aux Pays-Bas, le Duc sera rappellé en Espagne, et, après une brêve période de disgrâce, il se verra confier de nouvelles missions lors de l'invasion du Portugal. Il mourra finalement dans son lit, sans jamais regretter aucun de ses gestes aux Pays-Bas.
1547-1593
Les sous-sectes chrétiennes se livrent en France à une guerre civile sans merci, interrompue par plusieurs paix et trêves temporaires. Pendant une de celles-ci a lieu le massacre de 20'000 protestants, hommes, femmes et enfants, en une nuit (Nuit de la Saint-Barthélemy, 1572). En apprennant la bonne nouvelle du massacre, le pape Grégoire XIII est pris d'enthousiasme. Des festivités sont organisés à Rome, et il charge son peintre favori, Vasari, de préparer une grande fresque intitulée "L'élimination des hugenots".
1591 - Une 2è série d'Autodafés en Espagne
Ayant pris le pouvoir au Portugal en 1580, Philippe II, pieux souverain catholique espagnol, a assuré aux juifs et conversos de ce pays qu'ils pourraient désormais librement se déplacer en Espagne et Portugal. Hélas, de nombreux juifs et conversos, voyant le nouvel activisme de l'inquisition depuis l'arrivée de Philippe II au Portugal, pensent qu'ils seront plus tranquilles en Espagne. Mal leur en prend! Les inquisiteurs espagnols, qui n'ont eu, depuis des décennies, pratiquement que des sorcières et quelques blasphémateurs à se mettre sous la dent, voient cette arrivée de juifs et conversos comme une manne tombée du ciel. Immédiatement les dénonciations s'accumulent chez les inquisiteurs, qui saisissent l'opportunité de relancer leurs activités. En 1591, le premier autodafé de conversos, "nouvelle série", a lieu à Tolède: un seul malheureux monte sur le bûcher, alors qu'une trentaines de condamnés voient leurs biens saisis et doivent, pour certains, finir leur existance en prison, et pour d'autres entreprendres de périllieux pèlerinages en portant le Sanbenito. De nombreux Autodafés se succèdent, mais ici encore on remarque que le nombre de bûchers est faible par rapport à celui des condamnations à la prisons à vie. Cette retenue de l'inquision disparaîtra à la mort de Philippe II en 1598, et les choses ne se calmeront pour les conversos en Espagne que à partir de l'expulsion des Maures en 1609.
Fin du XVIè - début du XVIIIè siècle
La conversion forcée des Indiens Pueblo.
Remontant depuis la côte du Golfe du Mexique, les explorateurs Espagnols, toujours accompagnés de moines et de prêtres, entrent en 1598 en contact avec les Indiens "Pueblo" dans le territoire qui est aujourd'hui l'état US du Nouveau Mexique: différents des indiens nomades des plaines du Nord, et aussi des indiens plus combatifs que les Espagnols ont rencontré au Mexique et en Amérique du Sud, les Indiens Pueblo vivent dans des villages (les "Pueblos") de maisons de brique à 2-3 étages, sont pacifiques et pratiquent l'agriculture. Ils pratiquent une religion dans laquelle ils vénèrent le "Père Ciel" et la "Terre Mère", craignent des démons (les Skinnwalkers) qui marchent au soleil couchant sur la crête des montagnes, vénèrent les corbeaux comme étant des réincarnations de leurs ancêtres. Ils ont aussi un riche panthéon de dieux assez semblables aux dieux grecs, leur dieu principal étant la femme-araignée. Les cérémonies sont célébrées dans des petites églises familiales, les Kivas. Ces agriculteurs pacifiques deviennent immédiatement l'objet de l'attention des prêtres Espagnols, impatients de remplacer le culte de Père Ciel et Terre Mère par celui du dieu dont on boit le sang au cours des cérémonies: les chamanes indiens sont accusés de "sorcellerie" et exécutés. Les Kivas sont détruites par les militaires espagnols. Les cérémonies religieuses traditionnelles sont interdites, sous peine de mutilations. Les indiens surpris en train de célébrer une cérémonie traditionnelle auront un bras ou un pied coupé. Malgré tout, des indiens continuerons à pratiquer leurs cérémonies, en cachette, la nuit. Les prêtres catholiques utiliseront ce fait dans des sermons, que les indiens Pueblo citent encore aujourd'hui avec amertume: les prêtres déclareront que la religion indienne est celle des ténèbres, puisque les cérémonies se font de nuit, alors que le christianisme est la religion de la lumière, puisque l'on mange la chair et l'on boit le sang du dieu chrétien en plein jour. Plusieurs révoltes sanglantes jalonnent l'histoire de la christianisation des Pueblos. La persécution religieuse des indiens Pueblos ne cessera qu'après l'annexion du territoire par les USA en 1847.
Giordano Bruno est brûlé vif à Rome, condamné pour hérésie. Il avait osé définir l'univers comme étant "infini", et émis l'hypothèse de l'existence de formes de vie hors de la terre. C'en était trop pour l'église. Au bout de 8 ans de procès, au cours duquel des aveux lui sont arrachés par la torture, il est condamné à mort comme "hérétique obstiné et impénitent". Il se défend en essayant de montrer que ses idées ne sont pas en contradiction avec les doctrines chrétiennes, en vain. Il est brûlé en public à Rome, au Campo dei Fiori. On aura soin de le bâillonner avant de l'amener au lieu d'exécution, pour éviter tout risque que ses paroles ne troublent la foule venue assister au spectacle. Son principal accusateur, le Cardinal Bellarmin, un pieux et docte Jésuite, qui donnera tous ses biens aux pauvres, sera plus tard canonisé, et, en 1930, proclamé "Docteur de l'église". [Référence]
Il est intéressant de noter que, si, dans le cas de Galilée, l'église catholique exprimera quelques regrets à la fin du XXè siècle, et le réhabilitera même partiellement en 1992, elle ne se repentira jamais de l'exécution de Bruno. Bien au contraire, elle s'opposera avec véhémence à l'installation d'une statue de Giordano Bruno à Rome en 1889. En 1929, le pape demandera à Mussolini de détruire cette statue, avant de canoniser, puis de nommer "Docteur de l'Eglise" le Cardinal Roberto Bellarmino, accusateur de Giordano Bruno. Plus récemment, en février 2000, lorsque se tient à la faculté théologique de Naples une conférence sur Giordano Bruno, le Saint Siège fait envoyer au président de la conférence un "message", signé par le Cardinal Angelo Sodano, secrétaire d'état au Vatican, ou il est écrit que "Le cheminement de sa pensée [de Giordano Bruno, note de l'éditeur] (...) l'a porté porté à des choix intellectuels qui se révélèrent progressivement, sur certains points décisifs, incompatibles avec la doctrine chrétienne.". Le message attribue ensuite "l'issue violente" au "pouvoir civil" : autrement dit la faute n'est pas du commanditaire, l'inquisition, mais du pouvoir civil, qui exécuta la sentence demandée par l'inquisition (on rappelle que c'était le "bras séculier" qui exécutait les sentences de l'inquisition). Pour apprécier à sa juste valeur ce subtil dinstiguo des prélats de l'an 2000 défendant leurs collègues de 1600, il faut se souvenir que Rome était en 1600 une monarchie absolue ayant à sa tête le Pape, soit le chef de l'église catholique. Le document du Vatican continue sur le même ton en affirmant que "Ce qui émerge historiquement laisse penser que les juges du penseur étaient animés par le désir de servir la vérité et de promouvoir le bien commun, tout en faisant ce qui était possible pour lui sauver la vie". Il faut bien prendre conscience de ce fait que ce texte est une communication officielle et publique du Vatican datée du 17 février 2000, disponible sur Internet au site Vatican.va, et pas un obscur texte moyen-âgeux.
1609
Expulsion des Maures d'Espagne
Après l'expulsion des juifs d'Espagne, l'inquisition s'ennuyait un peu dans ce beau pays. Elle lance donc la chasse aux Morescos, les arabes convertis au christianisme. Sont suspectés d'être des faux convertis et exécutés tous ceux qui refusent de boire du vin ou de manger du porc, ou qui sont trop propres: en effet, l'Islam, contrairement au christianisme, prescrit des lavages périodiques. La propreté n'a jamais été aussi dangereuse qu'au XVI siècle en Espagne! Enfin, en 1609, craignant sans doute d'avoir raté des "Faux convertis", l'inquisition obtient du roi l'expulsion des Morescos vers l'Afrique du Nord. Le nombre d'expulsés est mal connu: les estimations varient entre 300'000 et 3 millions. Des régions rurales furent dépeuplées. Les expulsés arrivent en terre islamique, et l'Islam prévoit la peine de mort pour toute personne qui renie l'Islam.[Référence]
L'inquisiteur général Diego de Spinoza proclama après l'expulsion que "L'Espagne respire enfin avec soulagement", et salua l'opération comme le triomphe "de la propreté sur la pourriture".
1619
Le philosophe italien Lucilio Vanini est brûlé vif par l'inquisition. Ses fautes: il a donné des explications "naturelles" à des miracles, et émis l'hypothèse que l'homme pourrait descendre des grands singes, et, encore plus grave, il aurait nié l'immortalité de l'âme. Il doit fuir l'Italie, mais l'inquisition le rattrape à Toulouse. Il comparaît devant le Tribunal Ecclésiastique où il est reconnu coupable d'athéisme, et condamné à avoir la langue coupée avant d'être brûlé vif.
Les protestants à la chasse des sorcières
L'on croit souvent que la chasse aux sorcière serait une spécialité catholique. Hélas, les protestants partagent, dès la Réforme, cette passion de leurs frères catholiques. Il est difficile d'évaluer le nombre total de personnes brûlées vives pour sorcellerie par les protestants car il n'y a pas, pour les multiples églises protestantes, de fichier central bien ordonné comparable à celui du Saint Office de l'Inquisition (aujourd'hui Congrégation pour la doctrine de la foi) des catholiques. Or, les protestants intensifient la chasse aux sorcières que les catholiques avaient commencé avant eux. Sont en particuliers accusés de sorcellerie les personnes qui, en pays catholique, sont considérés comme douées de dons divins particuliers, comme les exorcistes et d'autres guérisseurs. Par exemple, à Genève, la folie meurtrière des clercs protestants porte à l'éxécution de 21 sorcières au cours du seul mois de mai 1571.
Pour donner une idée de l'étendue, sur la durée, de la chasse aux sorcières pratiquée par les protestants, en absence de chiffre globaux, nous prendrons l'exemple du Pays de Vaud, colonie Bernoise en Suisse Romande, dont le territoire correspond approximativement à l'actuel canton de Vaud en Suisse. Dans cette province rurale, la chasse aux sorcières tue, dans les 200 ans qui suivent la Réforme, 2000 personnes, soit presque une personne par mois. Le 90% des accusés sont condamnés à la peine capitale - exécutée sur le bûcher. En 1615, la folie de la chasse aux sorcières s'abat sur le petit village de Golion (Vaud): de ses 200 habitants, 25 seront brûlés vifs pour "sorcellerie" sur une période de 16 ans, à compter de 1615. Un à un, chaque accusé avoue avoir rencontré un diable, avoir signé avec lui un pacte, puis avoir accompli sur son ordre divers méfaits tels que l'empoisonnement de bétail ou le jet de mauvais sorts. Des marques diaboliques, qui peuvent être un simple mélanome ou une cicatrice, sont découverts sur le corps de chaque accusé. Chaque accusé avoue aussi le nom d'autres sorciers et sorcières. Il y a parmis les victimes des hommes et des femmes de tous âges et toutes conditions, à l'exception des nobles et des clercs de l'église réformée, car les nobles sont souvent les exécutants de cette chasse initiée par les pasteurs protestants.
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Supplice de la corde, détail du tableau "Le Procès" de Alessandro Magnasco, environ 1710-1720 |
Comme cela est usuel en pays protestant, les aveux sont obtenus par la corde: l'accusé a les bras liés derrières le dos, après quoi le bourreau le soulève par la corde qui lui tient les bras, et diverses fractures en résultent. Si l'accusé est récalcitrant et hésite à passer aux aveux, l'on utilise la corde avec les poids: des poids sont attachés au pieds de l'accusé, puis l'on procède à de nouveaux levages, jusqu'aux aveux. Comme les aveux ne sont considérés complets que si l'accusé a dénoncé d'autres sorcières, l'alimentation du système répressif protestant en matériel humain à torturer puis à brûler est assurée, et les fréquentes exécutions permettent de maintenir dans la population une saine crainte des diables. Il faudra attendre le siècle des lumières pour que la chasse aux sorcières cesse enfin en Suisse. |
Procès à Galilée. Pour avoir douté de la théorie géocentrique de Ptolémée (qui, soit dit en passant, n'était pas chrétien!) , Galileo Galilei est forcé à se rétracter: on lui montre les instruments de torture, qui seraient employés si il insiste.
Ses oeuvres avaient déjà été mises à l'index en 1616. Il passera le reste de sa vie confiné dans sa villa (arrêts domiciliaires). Sa réputation internationale de scientifique lui permet d'éviter des conséquences plus graves, et seule sa rétractation lui évite la torture.
L'Eglise catolique sera très lente à admettre le fait que la Terre tourne bien autour du soleil. Jusqu'en 1757, la Congrétation de l'Index interdira la parution d'ourages "traitant du mouvement de la terre". Les oeuvres de Galilée et de Copernic resteront inscrites à l'Index jusqu'en 1835.
Il faudra attendre le pape Jean-Paul II pour que l'église catholique reparle de Galilée. En 1979, il promet la formation d'une commission de l'Académie pontificale des sciences,chargée d'aprofondir "l'examen du cas Galilée (...) dans une reconnaissance loyale des torts de quelque côté qu'ils viennent". La commission est effectivement mise en place en 1981. En 1992, elle rendra ses conlusions au pape, qui émet de nombreuses réserves: tout en admettant les erreurs de juges de l'époque, le pape indique que ni Galilée, ni ses juges, ne surent faire la distinction qui s'impose entre "l'approche scientifique de phénomènes naturels" et "la réfléxion sur la nature de l'ordre philosophique". Galilée aurait, d'après le pape, fait une grave erreur en refusant la suggestion qui lui était faite de "présenter comme hypothèse le système de Copernic, tant qu'il n'était pas confirmé par des preuves irréfutables". La commission et le pape s'accordent pour laisser une large part de responsabilité à Galilée, car celui-ci a commis aussi une autre erreur: il avait cru que les marées étaient la preuve irréfutable du mouvement de la terre. L'église absout donc finalement Galilée, tout en insistant sur le fait qu'il est au moins aussi responsable qu'elle-même de sa condamnation.
1618 à 1648
Guerre des 30 ans. Les très catholiques souverains Habsbourg forcent à la conversion leurs sujets protestants de Bohème, déclenchant la plus grande guerre que le continent européen ait connu jusqu'alors. La population de l'Allemagne est réduite de moitié. De nombreuses villes sont dévastées. Des épidémies de peste dévastent toute l'Europe centrale, de la Lombardie à la Prusse.
Il s'agit bien d'une guerre de religion, même si les églises ont par la suite essayé de faire croire qu'il s'agissait d'un conflit politique: la guerre est déclenchée par un conflit religieux, par la suite des rois étrangers, comme Gustave II de Suède, interviennent sur la base de leurs convictions religieuses. Le cas de Gustave II de Suède est particulièrement significatif. il oblige ses soldats à chanter des cantiques chrétiens chaque soir, mais ceux-ci sont d'autre part de redoutables pilleurs: l'armée suédoise se verra conférer le titre de "Schrecken des Krieges" par la population allemande, qui craint les pillages (c'est à dire les cas où une armée entre dans une ville, égorge les hommes adultes, viole femmes et enfants avant d'égorger aussi tout ou partie de ces derniers et de mettre le feu à la ville) suédois encore plus que ceux de l'armée Habsbourg. [Référence].
Lorsque les négociations de paix s'ouvrent enfin en Westphalie en 1644, le légat du Pape, Fabio Chigi, ancien Grand Inquisiteur de Malte et futur Pape Alexandre VII, a pour instruction de faire en sorte que le conflit entre puissances catholiques (France contre Espagne et Empire) cesse, et que par contre la guerre continue contre les protestants. Chigi échoue: épuisés par la guerre, l'Empire conclut la paix avec les protestants. Le pape Innocent X condamne alors la paix, la déclarant nulle et non avenue dans la bulle Zelo Domus Dei (1648). Heureusement pour ce qui reste de la population allemande, la bulle est ignorée par tous les signataires, et la guerre des 30 ans sera la dernière grande guerre de religion en Allemagne.
L'archevêque d'Irlande James Ussher utilise la Bible pour calculer l'âge de la terre: celle-ci a été crée le dimanche 23 octobre de l'an 4004 avant Jésus-Christ. Cela peut faire sourire aujourd'hui. Mais il faut tout de même rappeler que un an avant (1649), Blaise Pascal construisait la première machine à calculer: on est en pleins temps modernes du point de vue scientifique et technique, mais l'église catholique persiste à rechercher la vérité sur les questions scientifiques dans la bible. Le calcul de Ussher est d'ailleurs toujours utilisé aujourd'hui par les créationistes américains, qui s'obstinent à nier tout ce qui a plus de 6000 ans d'âge: dérives des continents, fossiles anciens, etc sont, encore aujourd'hui, pour ces individus, des "oeuvres du démon" destinées à nous tromper.
1652 - La dernière sorcière exécutée à Genève
Il faut le reconnaître, l'Esprit de Genève, cet esprit tant vanté des nombreux maîtres du monde qui ont négocié des paix et des accords de désarmement à Genève, puise ses racines loin dans l'histoire. Genève cesse en effet les exécutions de sorcières des décennies avant les autres grandes villes européennes. La dernière malheureuse à mourir à Genève pour cause de pacte avec le diable est une dénommée Michée Chauderon, lavandière de son état, originaire de Boège en Faucigny. L'accusation provient d'une femme hystérique, qui se prétend possédée par le diable. Traditionnellement à Genève, le tribunal demandait un rapport médical, qui fournissait des preuves sous la forme de marques diaboliques sur le corps: une cicatrice, un grain de beauté, un mélanome, étaient vite reconnus comme tels, et l'on peut dire qu'à cette époque le cancer de la peau pouvait tuer très vite, indirectement. Mais en 1652 le corps médical se rebiffe: les deux experts médicaux déposent, avec un courage qui force l'admiration, un rapport disculpant la malheureuse. Poussé par des théologiens, le tribunal demanda un second rapport médical. Comme l'on ne trouvait pas à Genève de médecins disposés à contredire leurs confrères, on alla chercher à Nyon des médecins plus malléables: des médecins de cette petite ville des bords du la Léman consentirent, eux, à trouver sur le corps de la lavandière des marques diaboliques, et le 6 avril 1652, Michée Chauderon est brûlée sur la place publique pour le plus grand plaisir des théologiens calvinistes.
Première exécution de sorcières dans le nouveau monde. Les européens exportent cette tradition si importante pour les chrétiens. En Amérique, cette tradition culminera en 1692, par l'affaire des sorcières de Salem, qui se termine par l'exécution de 19 personnes (18 femmes, un homme), accusées d'être en liaison avec le diable.
XVIIIè siècle - L'Espagne et le Siècle des Lumières
Alors que l'Europe sort lentement de l'oscurantisme, en Espagne, l'inquisition termine son travail d'éradication des conversos. Il est difficile d'estimer le nombre de victimes au cours de tout le siècle, mais l'on sait que, au cours du seul règne de Philippe V (1700-1746), l'on célèbrera environ 60 Autodafés, avec un total d'environ 1000 condamnés, parmis lesquels 100 furent exécutés et plusieurs centaines finirent leur vie en prison. Les condamnés ne sont pas seulement des conversos, mais aussi des blasphémateurs, des possédés et des sorciers et sorcières.
"Affaire des réductions" au Paraguay. Le cas est particulièrement intéressant, car ici les catholiques se massacrent et s'excommunient entre eux. Les Jésuites, arrivés au Paraguay en 1604, avaient établi au XVIIè un petit empire privé, fait de "réductions", c'est à dire des petits villages fortifiés dans la forêt, ou vivent des indiens convertis au catholicisme. A partir de 1640, ces indiens sont munis d'armes fournies par les Jésuites, qui sont, dans ces village, tout à la fois curés, maires et administrateurs. Hélas, une correction de la frontière porte plusieurs de ces réductions dans le territoire portugais: or le Portugal, pays chrétien et catholique, perpétue à l'époque la tradition de l'esclavage: les portugais pensent prendre aux Jésuites leurs indiens pour les vendre comme esclaves.
Le pape intervient, excommunie les Jésuites des "réductions". Puis une armée, dont les canons et épées sont bénis par les prêtres de service, attaque les réductions. La guerre se prolongera: en 1756, les indiens obtiennent même une victoire décisive contre les portugais. La guerre se terminera en 1767: une armée commune des portugais en des espagnols massacre les Jésuites et prend les indiens comme esclaves. Un Te Deum est célébré pour la victoire, comme il se doit, et les Jésuites sont expulsés des territoires espagnols. [Référence]
Peu après, en 1773, le pape Clément XIV interdira l'ordre des Jésuites, coupable d'être trop intelligent et rationnel, et surtout de n'avoir pas assez loyalement servis la famille de Bourbon, rois de France et d'Espagne, monarques absolus et grands amis de l'église catholique. Il fait emprisonner le Père Général des Jésuites, qui mourra prisonnier au Château Saint-Ange à Rome.
En plein siècle des lumières, un jeune homme de 19 ans, le Chevalier de la Barre passe "à vingt pas d'une procession sans ôter son chapeau". Il est arrèté, soumis à la torture. Enfin, il est décapité, après qu'on lui ait coupé la langue. Son corps est alors placé sur un bûcher et brûlé ensemble avec un exemplaire du "Dictionnaire Philosophique" de Voltaire devant une foule enthousiaste. [Référence]
Dans le canton de Glaris, en Suisse, la dernière sorcière est brûlée.
Cette exécution n'est pas la dernière de l'inquisition, qui continuera à brûler des hérétiques jusqu'en 1826.
Kant, professeur de philosophie à Königsberg et "star" internationale de la philosophie moderne depuis la publication de "Kritik der reinen Vernunft" publie "Die Religion innerhalb der Grenzen der bloßen Vernuft" ("La religion dans les limites de la seule raison"), où il met les doctrines chrétiennes à l'épreuve de la raison et du "kategorische Imperativ". C'en est trop pour le pieux roi de Prusse. Poussé par des prélats protestants, il intervient et Kant est forcé de se rétracter publiquement sous peine de licenciement immédiat de son poste de professeur de l'université de Königsberg. Un à un, les autres professeurs de l'université doivent signer, sous peine de licenciement immédiat, un document où ils s'engagent à ne pas citer dans leur enseignement des écrits de Kant ayant trait à la religion. Comme dans le cas de Galilée, la renommée internationale de Kant le sauve de conséquences plus sévères. Kant songera à s'exiler, mais il est en cette fin de siècle peu de cieux cléments pour les penseurs qui osent critiquer des aspects de l'idéologie chrétienne: il finira donc la vie à Königsberg.
Le dernier hérétique est brûlé vif par l'inquisition en Espagne. Une riche tradition chrétienne prend fin. Désormais, l'église recourrera à des moyens plus subtiles pour tuer, comme par exemple en interdisant l'assistances aux femmes qui doivent avorter, en sabotant la planification familiale dans les pays pauvres, en interdisant le préservatif comme moyen d'endiguer l'épidémie du SIDA, etc.
1832 - la liberté de conscience condamnée
En 1830, l'Europe entière est secouée
par des
mouvements révolutionnaires: les peuples supportent mal
la chape absolutiste imposée par la restauration de 1815.
En France, le roi est chassé et remplacé par
Louis-Philippe,
qui se proclame Roi-Citoyen. Ces progrès de la
liberté
horrifient l'église catholique, au point que le pape
Grégoire
XVI publie une encyclique, Mirari Vos, où ils condamne
formellement la liberté de conscience:
De cette source empoisonnée de
l'indifférentisme,
découle cette maxime fausse et absurde ou plutôt
ce délire : qu'on doit procurer et garantir
à
chacun la liberté de conscience ; erreur des plus
contagieuses, à laquelle aplanit la voie cette
liberté
absolue et sans frein des opinions qui, pour la ruine de
l'Église
et de l'État, va se répandant de toutes parts, et
que certains hommes, par un excès d'impudence, ne craignent
pas de représenter comme avantageuse à la
religion.
Eh ! " quelle mort plus funeste pour les
âmes,
que la liberté de l'erreur ! " disait
saint
Augustin (S. Aug. Ep. CLXVI).
Le pontife condamne également nommément la liberté de la presse, la liberté d'association, la liberté d'enseignement, la souveraineté du peuple et le suffrage universel. Dans la lutte entre progrès et réaction, entre liberté et obscurantisme, l'église catholique choisit ainsi clairement son camp.
1847
Guerre du Sonderbund: la Suisse est déchirée par une guerre de religion. Les cantons catholiques, dont les gouvernements sont fortement influencés par des conseillers jésuites, fondent une alliance militaire spéciale (Sonderbund), qui réclame l'annexion aux cantons catholiques des régions catholiques des cantons majoritairement protestants. Ils appellent les monarques catholiques d'Autriche à leur aide, puis engagent les hostilités. Seule la victoire rapide des troupes fédérales/protestantes permet d'éviter une intervention autrichienne, qui aurait provoqué une extension du conflit à l'échelle européenne.
Les protestants se livrent pour leur part à des féroces "Chasses aux catholiques" dans les campagnes genevoises.
Les Jésuites, considérés comme responsables de la guerre, sont expulsés de Suisse, et leur expulsion restera en vigueur jusqu'aux années 1970'.
La population de Rome se révolte contre la dictature papale. Le pape Pie IX est chassé. Une république est proclamée et les murs du ghetto de Rome sont abattus. Le Pape sera est remis au pouvoir en 1849 par les troupes françaises dépêchées sur place par Louis - Napoléon Bonaparte, président de la république française. Les opposants sont fusillés. L'Etat de l'Eglise redevient une monarchie absolue dont le souverain est le pape. Le ghetto est refermé: les juifs de Rome devront attendre la chute du régime papal en 1871 pour pouvoir enfin circuler librement dans la ville éternelle. En 1849, à l'occasion d'un débat au parlement français, Victor Hugo décrira de manière poignante la réalité de l'Etat de l'Eglise catholique: "Pour toute législation, un chaos de lois féodales et monacales, qui produit la barbarie des juges criminels et vénalité des juges civils. Quatorze tribunaux d'exception qui fonctionnent en permanence; devant ces tribunaux, aucune garantie. Les débats sont secrets. La défense orale est interdite. Des juges ecclésiastiques jugent les causes et les personnes laïques. Les juifs sont parqués et enfermés tous les soirs comme au XVè siècle; le clergé est mêlé à tout, même à la police. Les gens de finance ne rendent compte qu'à Dieu, Deux censurent pèsent sur la pensée: la censure politique et la censure cléricale. L'une garrotte l'opinion, l'autre bâillonne la conscience. On vient en outre de rétablir l'inquisition".
Le pape Pie IX sera béatifié en septembre 2000.
La police pontificale enlève un enfant juif sur ordre du Pape: Une bonne (catholique) a fait secrètement baptiser un un enfant juif dont elle avait la garde. Sa motivation était que l'enfant était malade, et il fallait le sauver avant qu'il n'aille aux enfers en mourant. Hélas, cela se passe dans les états de l'Eglise: dès qu'elle est informée du baptême, la police pontificale enlève de force l'enfant à la famille. L'enfant, Edgardo Mortara, est adopté par le bienheureux Pape Pie IX (béatifié par Jean-Paul II en septembre 2'000), qui l'élève pour qu'il devienne un prêtre.
Le bienheureux Pape Pie IX publie le Syllabus. Ce document est un recensement des "erreurs" de la pensée moderne, que le pape condamne sans appel. Sont entre autres condamnées:
Le marriage civil, la tolérance en pays catholique de rites d'autres religions, la liberté de religion, le panthéisme, le libéralisme, le socialisme, la rébellion contre un souverain "légitime", la critique au pouvoir temporel du pape, la possibilité de progresser par la raison, la non-intervention du religieux dans les sciences et la philosophie. En 1870, il fera voter par le concile Vatican I l'infallibilité du pape avec effet rétroactif, pour s'assurer que ses condamnations ne soient plus remises en question.
1871
Le pape, qui est officiellement infaillible avec effet rétroactif depuis 1870, excommunie toute personne qui participerait à une quelconque élection de l'état italien, qui est défini comme étant "diabolique", car il avait privé les papes de leur état séculier. Cette sentence d'excommunication automatique n'empêchera pas le pape de bénir quelques années après un nouvellement fondé "Partito popolare", d'inspiration catholique, fondé et dirigé par un prêtre.
Les Pogroms russes commencent. Excités par des prélats orthodoxes, qui répandent une fausse rumeur comme quoi le Tzar Alexandre II aurait été assassiné par un juif, des foules se rassemblent dans plus de 200 villes russes, et détruisent les biens des juifs. Les Pogroms deviendront communs dans la pieuse Russie tzariste, surtout entre 1900 et 1907. Le plus violent d'entre eux à lieu à Kishinev en 1903: les autorités civiles et religieuses de la ville excitent la foule, qui s'en prend violemment au juifs: pendant deux jours, la foule tue 45 juifs, en blesse environ 600, et pille 1'500 maisons. Bien sûr, les responsables (Popes et politiciens) ne seront jamais inquiétés par la justice.
Civiltà Cattolica, journal romain contrôlé par des Jésuites, qui continuera à publier des articles sur la culpabilité de Dreyfuss des années après la réhabilitation de ce dernier, publie une série d'articles accusant les juifs de crucifier des enfants chrétiens. Le père Giuseppe Oreglia de San Stefano, Jésuite, remet sur la place publique une viellie accusation: les juifs pratiqueraient des meurtres rituels d'enfants chrétiens. Cela est trop fréquent, écrit le bon père jésuite. En Europe de l'Est, dit savoir le bon père, l'emploi de sang chrétien est une loi générale pesant sur la conscience de tous les hébreux. Chaque année, poursuit-il, les juifs crucifient un enfant chrétien en le faisant mourrir dans les tourments. Le ton et le contenu de ces articles sont malheureusement assez typiques pour la presse catholique de l'époque. La Croix, en France, publie des articles de nature semblable à la même époque.
Pour évaluer à sa juste mesure le poid de ces mots, il faut rappeller que ces articles paraissent alors que les personnes qui seront au pouvoir dans les années 30-40 du 20è siècle (dont le pape Pie XII) sont alors des enfants: ils grandiront baignés dans la haine des juifs, et pourront mettre en pratique au cours de la 2è guerre mondiale ce qu'ils auront appris comme enfants.
Dans une Rome libérée du joug papal, le 9 juin, est inaugurée une statue de Giordano Bruno au Campo dei Fiori, le lieu même où le penseur fut exécuté. Le Pape Léon XIII, très peiné, passera la journée entière en jeune aux pieds de la statue de Saint Pierre. La presse catholique se déchaîne: elle parlera d'"orgie satanique" en décrivant la manifestation d'inauguration, de "triomphe de la synagogue, des archimbandrites (') de la maçonnerie, des chefs du libéralisme démagogique", de "tintamarre de l'ignorance et de la malignité anticléricale". Au XXè siècle, l'église déploiera toute son influence pour faire abattre la statue.
1918-1945
Le parti pris pour les dictatures. L'église soutient activement la montée des totalitarismes en Europe, puis défend leurs crimes dans plusieurs cas, et renonce à les dénoncer dans d'autres.
En Autriche, le soutient de l'église catholique pour l'Austrofascisme est total. [Référence]
En Italie, le Vatican signe avec le régime fasciste un concordat, qui fait du catholicisme la religion d'état: les italiens peuvent à nouveau voter sans être excommuniés, dommage que cela serve peu en période de dictature. L'église sacrifie en grande partie ses propres associations: toutes, sauf l'Action Catholique, doivent intégrer des organisations fascistes. Le Vatican promet à Mussolini de faire en sorte que l'Action Catholique ne se laisse pas tenter par des actions antifascistes. [Référence]
En 1929, Mussolini ayant signé le concordat dit "Patti Lateranensi", il est qualifié par le pape d'homme de la providence ("Uomo della provvidenza"). En '32, l'Action Catholique ayant été remise au pas par la hiérarchie ecclésiastique, conformément aux voeux du dictateur, Mussolini reçoit des mains du Pape l'Ordre de l'éperon d'or, qui est la plus haute distinction que l'Etat du Vatican accorde. [Référence]
Cette belle harmonie résistera même à un moment de tension causée par la statue de Giordano Bruno . Le pape profite du concordat pour demander à son ami dictateur de détruire la statue de cette célèbre victime de l'inquisition, érigée en 1889 par le gouvernement libéral. Le dictateur, dont un des fils se prénomme Bruno, en honneur du penseur victime de l'inquisition, prend la défense, une fois n'est pas coutume, du libre penseur, et déclarera à la chambre des députés "La statue de Giordano Bruno, mélancolique comme le destin de ce moine, restera où elle est. J'ai l'impression que ce serait s'acharner contre ce philosophe qui, s'il s'est trompé et a persisté dans l'erreur, a cependant payé". Pour montrer qu'elle ne regrette rien, l'église canonisera alors Roberto Bellarmino, accusateur de Giordano Bruno, et le nommera même "Docteur de l'Eglise". Jamais l'église ne reconnaîtra une quelconque erreur de sa part concernant Bruno, ou n'exprimera une quelconque intention de le réhabiliter.
En Allemagne, en janvier 1933, le Zentrum, parti catholique, dont le leader est un prélat catholique (Prälat Kaas), vote les pleins pouvoirs à Hitler: ce dernier peut ainsi atteindre la majorité des 2/3 au Reichstag pour suspendre les droits garantis par la constitution. Avec une charité toute chrétienne, le bon prélat et ses ouailles du Zentrum accepte aussi de fermer un oeil sur les détails procéduriers discutables des nazis, comme l'arrestation des députés communistes avant le vote. Puis l'église commence à négocier un nouveau concordat avec l'Allemagne: dans ce cadre, elle "sacrifie" le Zentrum, alors seul parti significatif que les nazis n'ont pas interdit: en effet, il les a aidés à arriver au pouvoir. Le 5 juillet 1933, le Zentrum s'autodissous sur demande de la hiérarchie catholique, laissant le champ libre au NSDAP de Hitler, désormais parti unique. [Référence] Le prélat Kaas laisse les compatriotes se débrouiller avec la dictature qu'il a aidé à installer, et s'installe au Vatican, ou il entame une nouvelle carrière: alors que le monde s'embrase, Monseigneur Kaas, désormais évèque, dirigera des fouilles sous la Basilique de Saint Pierre qui aboutiront à la découverte du 2è crâne de Saint Pierre.
Hitler se proclame catholique dans "Mein Kampf", l'ouvrage où il annonce son programme politique. Il y affirme aussi qu'il est convaincu qu'il est un "instrument de Dieu". L'Eglise catholique ne mettra jamais "Mein Kampf" à l'Index, même avant l'accession de Hitler au pouvoir. Il faut croire que le programme antisémite du futur chancelier ne déplaisait pas à l'église. Hitler montrera sa reconnaissance en rendant obligatoire la prière à Jésus dans l'école publique allemande, et en réintroduisant la phrase "Gott mit uns" sur les uniformes de l'armée allemande.
En 1938, les SS et SA organisent la "Nuit de Cristal": déguisés en civils, les miliciens nazis attaquent synagogues et magasins appartenant à des juifs. La population allemande est à la fois horrifiée et terrifiée. L'évêque de Freiburg, Monseigneur Gröber, déclare alors, en réponse à des questions sur les lois raciales et les pogroms de la nuit de cristal: « On ne peut refuser à quiconque le droit de sauvegarder la pureté de sa race et d'élaborer les mesures nécessaires à cette fin.»
En Espagne, la république est établie en avril 1931, suite à la faillite de la dictature conservatrice de Miguel Primo de Riviera. Tout de suite, l'église catholique déclare la guerre à la démocratie: le 7 mai 1931, l'archevêque de Toledo, le Cardinal Pedro Segura publie une pastorale invitant les fidèles à prendre les armes contre la république. En réaction à cet appel public à la guerre civile, le 11 mai, des foules furieuses incendient plusieurs églises, et l'Eglise catholique accède ainsi au rang de "martyr" de la république, ce qui lui permettra de justifier son rôle dans la guerre civile. En effet, en 1935, un quarteron de généraux conservateurs tentent un coup d'état militaire, qui échoue et dégénère en guerre civile. L'église soutient la rébellion, prêtres et évêques bénissent les canons des insurgés dirigés par Franco, célèbrent en grande pompe des Te Deum pour ses victoires contre les forces du gouvernement républicain légitime. La guerre fait plus d'un million de morts, et Franco fait fusiller les prisonniers. On estime que au moins 200'000 personnes sont fusillées pendant la guerre, et 200'000 après. L'église soutient non seulement la guerre, mais aussi les exécutions de prisonniers. A quelques mois du début du conflit l'aviation allemande et nationaliste détruit Guernica. face à ce massacre, certains catholiques commencent à douter de la sainteté de la cause nationaliste. L'église vient donc au secours de Franco: non seulement elle justifie encore une fois la guerre, mais la hiérarchie catholique prend position officiellement pour les exécutions de prisonniers: une lettre, signée par deux cardinaux, six archevêques, 35 évêques et 5 vicaires généraux (la quasi-totalité de l'épiscopat espagnol), est adressée "à tous les évêques du monde". Elle définit la guerre civile comme étant une croisade et un plébiscite armé. Les signataires se réjouissent des exécutions de prisonniers car au moment de l'exécution, l'exécuté se réconcilie avec Dieu. Le 28 septembre 36, le Primat d'Espagne, l'archevêque de Toledo Isidro Gomà, lance un message de soutient aux nationalistes qui combattent à Toledo. Il les encouragent, dit-il, car ils se battent contre "ces maudits fils de Moscou, les juifs et les francs-maçons, les sociétés occultes contrôlées par l'internationale sémitique".
Dans le monde entier, l'église catholique se mobilise pour soutenir Franco contre la république. Les évêques allemands publient le 19 août 1936 une pastorale collective qui approuve l'aide apportée par Hitler à Franco. Aux USA, les catholiques réussissent à bloquer toute aide à la république. Roosevelt renonce à soutenir la république pour ne pas perdre les votes des catholiques. Le Pape proclame officiellement "martyr" toute personne tuée par les républicains, et reconnaît Franco dès 1937 (la guerre est alors en cours, et se prolongera jusqu'en 1939), en envoyant un délégué apostolique auprès de Franco, puis le 18 mai 1938 en nommant l'archevêque Gaetano Cicognani Nonce Apostolique, alors que Franco envoie un ambassadeur au Vatican. L'archevêque de Westmister écrit à Franco en 1938 "Vous êtes à mes yeux le plus grand défenseur de la vraie Espagne, le pays du catholicisme". Le Pape Pie XII salue la victoire finale de Franco en publiant un message intitulé "Avec immense joie".
Franco se montrera reconnaissant envers ses pieux alliés, en confiant l'éducation nationale à l'église catholique. Chaque citoyen est muni d'un "livret", où sont annotés ses options politiques et religieuses: il se crée un système avec deux classes de citoyens, et l'église a le mot de la fin quand à la classe de chacun. Puis, Franco nomme plusieurs membres de l'Opus Dei au gouvernement. L'influence de l'Opus Dei croîtra, au cours de la dictature Franquiste, au point où, dans le dernier gouvernement Franquiste, plus de la moitié des ministres seront membres de cette vénérable institution catholique.
Beaucoup plus tard, en mars 2001, le pape Jean-Paul II béatifiera 233 religieux martyrs des la guerre civile espagnole, en les présenants comme des victimes du terrorisme, faisant un parallèle explicite entre le gouvernement Espagnol de 1936-1939 et l'ETA de l'an 2001.
En France, l'église déclare dès 1940 que "Pétain, c'est la France": elle préfère en effet le Travail-Famille-Patrie de l'Etat Français aux Liberté-Egalité-Fraternité de la République, qui l'ont toujours horrifiée.
Au cours de la 2è guerre mondiale, le Vatican est au courant des exterminations de juifs par les nazis. On saura après la guerre que le pape a hésité à lancer un appel public, à plusieurs reprises, mais s'est finalement abstenu de le faire, essentiellement car il est communistophobe, et pense qu'une victoire russe serait "pire". En 1942, il pleure par contre parmi les ruines de Rome bombardée et condamne les bombardements alliés. Hélas, il oublie de mentionner que son allié politique Mussolini avait sollicité auprès d'Hitler "l'honneur de participer aux bombardements sur Londres" - il est vrai que le pape n'habite pas à Londres ...
En avril 1941, les allemands envahissent la Yugoslavie. Un fanatique catholique, Ante Pavelic, proclame l'indépendance de la Croatie, avec le but avoué d'en faire un état catholique modèle, selon l'enseignement de l'Eglise. Il reçoit immédiatement la bénédiction de l'Archvèque de Zagreb, Monseigneur Stepinac, . Pendant toue la guerre, Ante Pavelic, que Hitler et Mussolini méprisaient car ils le trouvaient trop violent à leur goût, enverra des rapports régulier au Pape Pie XII sur la progression de la catholicisation de la Croatie. Le chiffres sur les conversions (plus de 300'000 au cours de la guerre!) obtenues de gré ou de force que l'on trouve dans ces rapports au Saint Siège sont fournis par l'Archvèque Stepinac, qui sera béatifié par Jean-Paul II à la fin des guerres de Yougoslavie des années 1990. Dans les semaines qui suivent son arrivée au pouvoir, Pavelic fait ouvrir des camps de concentration pour les othodoxes. Beaucoup des gardiens et des bourreaux des camps de concentrations seront des frêres fanciscains. L'un d'eux, Frêre Mirosav Filipovic, sera même le commandant du camp de Jasenovac où plus de 40'000 hommes, femmes et enfants trouvent la mort. Dans toute la Croatie, des conversions forcées de masse ont lieu. Quelques fois, les prélats et les Oustachis célèbrent ces "conversions" avec le sang au lieu de l'eau, pour reprendre un bon mot Oustachi. Le clegé participe activement aussi à ces tueries. Par exemple, le père Ivan Raguz lance un appel public demandant de tuer tous les Serbes (Orthodoxes), y compris les enfants, "afin que même la semence de ces bêtes ne reste".. Le génocides d'orthodoxes pare le régime théocratique des Oustachis tue environ 400'000 personnes.
En été 1941, lorsque les armées de l'Axe progessent dans les steppes russes, le Vatican demande officiellement au commandement de la Wehrmacht de pouvoir envoyer des missionnaires dans le sillage des troupes allemandes pour convertir au catholicismes les paysans russes orthodoxes. Hitler refusera, non pour des motifs idéologiques, mais pour des motifs purement logistiques et pratiques: avec l'humour parfois caustique propre aux dictateurs, il dira à ses conseillers qui le pressent d'accepter "Si on laisse les catholiques y aller, il faudra le permettre aussi aux autres églises, et bientôt nous auront dans nos arrières des missionnaires des différentes sectes chrétiennes qui se battent à coup de crucifix". [Référence]
Il faut préciser que le pape persiste dans son parti-pris pour les nazis très longtemps pendant la guerre. En septembre 1943, suite à la capitulation de l'Italie face aux alliés, les allemands occupent Rome, et les rafles de juifs romains commencent. Le gouvernement allemand est inquiet des réactions possibles du Pape, et envoie à Rome le secrétaire d'état von Weitzsäcker pour examiner la situation.. Le 28 octobre 1943, il communique au ministère des affaires étrangères: "Malgré les pressions exercées sur lui de plusieurs côtés, le Pape ne s'est laissé pousser à faire aucune déclaration de protestation contre la déportation des juifs de Rome". Ensuite, le Pape prend ouvertement parti pour l'occupant contre les résistants: le 12 mars 1944, pendant la fête de son ascension sur le trône, il lance un appel contre l'insurrection populaire contre l'occupant. Le 23 mars 1944, alors que l'on entend, la nuit, dans le lointain, les artilleries alliées qui pillonent les lignes allemandes, des résistants tuent 32 soldats allemands. Le lendemain, 335 italiens sont exécutés: des prisonniers politiques, de droit commun et aussi des civils. L'exécution a lieu dans le plus grand secret, dans une grotte dont on dynamite ensuite l'entrée. Lorsque, le lendemain, le massacre est connu et les cadavres sont découverts, les allemands répandent le bruit qu'ils avaient offert aux résistants de se livrer pour éviter le massacre. Cela est faux, bien sûr (l'exécution des 335 civils a eu lieu le lendemain de l'attentat, entourée du plus grand secret), mais cela n'empêche pas le journal officiel du Saint Siège, l'Osservatore Romano, de publier un éditorial (non signé), intitulé Carità civile ("charité civile"), qui attribue textuellement la responsabilité des 335 personnes assassinées par les SS allemands aux résistants. L'article en appelle ensuite aux "irresponsables" dirigeants de la résistance, leur demandant de ne plus sacrifier de vies humaines, et lance un vague appel de modération aux "responsables de l'ordre public" (les autorités fascistes et national-socialistes).
Les églises protestantes européenes ne se comportent guère mieux que l'église catholique face à la persécution des juifs par les nazis. Seules des rares voix s'élèvent, pas pour défendre les juifs, mais seulement les juifs convertis au christiansime. En 1942, l'église protestante néerlandaise menace les nazis de protester plus bruyamment si les juifs convertis au protestantisme continuent à être inquiétés. Les nazis proposent alors aux prélats néerlandais un pacte véritablement diabolique: en échange de son silence, l'église protestante néerlandaise obtient des nazis qu'ils renoncent à déporter les juifs qui se sont convertis au protestantisme avant 1941. Il va sans dire que ceux qui se sont convertis après 1941, ou qui ont commis l'erreur de se convertir au catholicisme, ne sont pas épargnés.
Le pape déclare que toute personne qui voterait communiste, ou qui aiderait ce parti de quelque manière que ce soit, sera automatiquement excommuniée. La mesure divise des familles, provoque des exclusions socialement intolérables pour beaucoup, contraint à clandestinité nombre de communistes de zones rurales.
Les curés italiens s'empressent de traduire cette décision dans les faits, et appellent leurs ouailles à voter pour le grand parti anticommuniste (DC - Democrazia Cristiana). Le régime DC s'effondrera ensuite dans la corruption généralisée au milieu des années 1990'.
1961
Dernière édition de l'index (Index Additus Librorum Prohibitorum), qui cite comme auteurs dont l'ensemble de l'oeuvre est interdite de lecture pour les catholiques, entre autres: Jean-Paul Sartre, Alberto Moravia, André Gide. Ce n'est que en 1966 que l'index sera officiellement abrogé par l'église catholique.
Années 1980'
Après une période d'apparente libéralisation, le pape Jean-Paul II arrive à la tête de la plus grande secte du monde et renoue avec les traditions les plus terribles de l'église.
Sa condamnation du préservatif comme moyen d'endiguer la lutte contre le Sida provoque un nombre de morts difficile à estimer. Il pratique une politique active de sabotage des mesures de contrôle des naissances dans le tiers monde: les conséquences de cette action sont difficiles à chiffrer, mais se mesurent en terme de famine, misère, manque de soins médicaux aux niveau des continents les plus pauvres (Amérique du Sud, Afrique).
Dans la chasse aux hérétiques, il suspend "A Divinis" deux théologiens allemands qui avaient osé douter, l'un de l'infallibilité papale, l'autre de l'immaculée conception de Marie.
1985: La Théologie de la Libération face au Saint Office
Au début des années 1980, des théologiens catholiques brésiliens développent le concept de théologie de la libération: il affirment que le christianisme est censé être un défenseur des pauvres et et des opprimés, et que l'église devrait défendre les droits de l'homme. Cette interprétation des évangiles ne plaît pas, bien sûr, aux instances dirigeantes de l'église catholique, mais elle est plus ou moins tolérée jusqu'au jour ou l'un de ces théologiens, le père franciscain Leonardo Boff, se permets d'écrire que l'Eglise devrait elle aussi respecter les droits de l'homme.
La réaction ne se fait point attendre. La Congrégation pour la doctrine de la foi (le nouveau nom, depuis Vatican II, du Saint Office), convoque Leonardo Boff a Rome. La congrégation tient ses procès dans la même pièce qu'elle utilisait lorsqu'elle s'appelait Saint Office pour l'inquisition. Leonardo Boff a ainsi le privilège de s'asseoir sur le même siège où furent assis Galileo et Giordano Bruno. Leonardo Boff racontera plus tard qu'il a fait une révérence à cette chaise en entrant, avant de remercier le chef du Saint Office pour l'honneur qui lui était fait en lui permettant de s'asseoir dessus. Le résultat est que Boff est interdit de publication. Il peut rester prêtre, mais n'a plus le droit de rien publier. Comme il reste actif au sein de l'église brésilienne, participant à colloques et conférences diverses, il reçoit l'ordre de Rome de quitter le Brésil, pour au choix, un monastère aux Philippines ou un en Corée, et de se retirer complètement de tout contact avec l'extérieur. Il doit choisir entre quitter la prêtrise et l'exil cloîtré: il choisit finalement de quitter la prêtrise.
L'histoire est intéressante, car elle montre que l'église, et son Saint Office, continuent à opérer avec la même dureté que par le passé. Si Boff n'a pas été menacé de torture comme Galilée, cela est dû uniquement au fait que l'église n'en avait point la possibilité. Elle avait par contre la possibilité de le faire taire ou de le forcer à quitter sa profession, et elle a fait plein usage de cette possibilité. Elle montre aussi que le concept que le christianisme serait compatible avec les droits de l'hommes, tels que nous les comprenons depuis la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, est faux et officiellement, activement, combattu par l'église catholique.
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Ce souriant personnage au chapeau bizarre est le Cardinal Ratzinger, président de la Congrégation pour la doctrine de la foi (ex Inquisition) depuis 1987, responsable de bien des excommunications et suspensions. |
1987 - Le combat contre la procréation médicalement assistée
Les années 1980 voient des progrès importants en matière de procréation médicalement assistée. Les couples sans enfants peuvent désormais recourir a l'insémination par sperme de donneur et à la fécondation In-Vitro (FIV). Las, ces méthodes sont de nature à diminuer la souffrance - dans ce cas, des couples stériles - et ne peuvent donc plaire à l'église, qui sait malheur et désespoir sont des terreaux fertiles pour le christianisme, religion escathologique qui promet le bonnheur après la mort à ceux qui souffrent dans la vie. La Congrégation pour la doctrine de la foi (ex Inquisition) publie donc une Instruction, approuvée par le pape, intitulée Donum Vitae, qui condamne, pèle mêle, toute les nouvelles méthodes de procréation médicalement assistées. Avec des arguments obscurs résultant d'interprétations des paroles de prophètes-bédouins que l'on trouve dans la Bible, écrites à une époque où même l'insémination artificielle des chameaux était inconcevable, l'église jette l'opprobre sur la FIV et l'insémination artificielle par sperme de donneur. L'on pourrait rire de cet anathème lancé en l'an 1987 par une secte qui se base sur des textes de bédouins d'il y a 3000 ans, mais hélas, non seulement des catholiques suivent les instructions de leur secte et assument les souffrances qui en résultent, mais surtout l'église catholique dispose en 1987 dans de nombreux pays européens de partis démocrate-chrétiens. Dans les pays où ces partis sont les plus forts, Suisse et Allemagne, l'église n'arrive pas à interdire complètement la procréation assistée mais obtient tout de même que des législations très restrictives soient adoptée: le diagnostic pré-implantatoire (qui permet aux couples porteurs de gènes de maladies héréditaires graves comme la mucoviscidose) d'avoir des enfants sains) est interdit. L'insémination par sperme de donneur est entourée de tant d'interdits qu'elle est peu utilisée. Pour la FIV, l'église obtient l'interdiction de la congélation d'embryons, ce qui diminue les chances de succès de la procédure.
La combat contre la procréation assistée devient un des grands combats de l'église à la fin du 20è siècle. Elle se bat, généralement avec succès, pour que l'insémination avec sperme de donneurs soit interdites aux couples de femmes homosexuelles. En Suisse, elle obtient que la FIV ne soit pas remboursée par les assurances-maladie et des associations catholiques soutiennent en 2000 une initiative populaire visant à interdire la FIV. Le combat continue à l'heure ou j'écris ces lignes: au Sud des Alpes, l'église catholique s'agite pour obtenir en Italie aussi une loi restrictive sur la FIV, sur le "modèle" allemand.
Années 1990': Guerres de religion en Yougoslavie
La Yougoslavie était dans les années '80 de notre siècle une des terres favorites de vacances balnéaires pour les européens. Les publicités yougoslaves de l'époque vendent le caractère multireligieux du pays comme argument touristique, car il est vrai que l'on peut voir à Mostar et beaucoup d'autres charmants villages la mosquée et l'église d'un même coup d'oeil. Hélas, le pays s'effondre dans une série de guerres civiles que l'on se plaît à décrire comme "ethniques" alors qu'il s'agit en fait de guerres de religion. Le cas de la guerre de Croatie est le plus flagrant. Serbes et Croates partagent la même origine ethnique, et aussi la même langue, le Serbo-Croate, que l'on appelle Croato-Serbe quand il est écrit en caractères latins. Le plus ironique est que le "Serbo-Croate écrit en caractères latin", c'est à dire le Croato-Serbe, est aujourd'hui encore la langue officielle de l'armée Yougoslave, qui se bat contre l'OTAN au Kosovo, après s'être battue contre les Croates au début des années '90.
Hélas, la religion sépare Croates et Serbes: les "Croates" ont étés christianisés par Rome, et sont catholiques. Les Serbes, qui écrivent le Serbo-Croate en caractères cyrilliques, ont étés christianisés par les Byzantins et sont donc orthodoxes. Lorsque Milosevitch, le dictateur serbe, commence à agiter le spectre de la "Grande Serbie", la Croatie déclare son indépendance. Aussitôt, le Vatican et la RFA (dont le chancelier de l'époque se proclame "überzeugter Katholik" - catholique convaincu) reconnaissent la Croatie catholique comme état indépendant. Le Vatican dépêchera ses nonces dans tout l'Occident pour obtenir la reconnaissance du nouvel état catholique. Le pape multiplie appels, prières et messes pour l'indépendance de la Croatie. Pendant ce temps, le dictateur de la Croatie, ancien officier supérieur sous le régime communiste et catholique très observant, fait licencier tous les fonctionnaires orthodoxes, soit "Serbes". Il choisit comme drapeau national l'ancienne bannière des Oustachis qui, entre '40 et '44, avaient fait un génocide d'environ 600'000 serbes. La guerre civile est déclenchée.
A guerre finie, le Pape béatifiera le Cardinal Stepinac, qui avait qualifié Ante Palevitc, le dictateur Oustachi de '40-'44, de "Don de dieu" pour la Croatie et l'avait soutenu activement.
La guerre de Yougoslavie continue ensuite en Bosnie, où les membres des 3 groupes religieux (catholiques, orthodoxes, musulmans) s'affrontent dans une série de combats triangulaires dont les populations civiles sont les principales victimes. A l'heure ou j'écris ces lignes, la guerre est encore en cours au Kosovo, province agricole sans intérêt stratégique, avec velléités d'autonomie, que Belgrade ne veut pas lâcher car il s'y trouve nombre de monastères orthodoxes. Il va de soi que l'église orthodoxe s'active pour soutenir par prières et sermons la lutte des serbes contre les Kosovars musulmans.
Les guerres de Yougoslavie sont un cas emblématique de la catastrophe de l'intolérance qui est inhérente aux religions "révélées": des communautés religieuses s'affrontent, au 20è siècle, au nom de religions qu'elles ont reçu aux hasards de l'expansions de divers empires (Romain, Byzantin, Ottoman) au moyen-âge.
1994 - Sexe, mensonges et répression
L'église catholique oblige depuis le moyen-âge ses prêtres à renoncer à toute vie sexuelle au moment de leur ordination. Et, de tout temps, elle entretien des monastères de femmes, où vivent des nonnes qui ont elles aussi renoncé à toute vie sexuelle et se déclarent épouses du Christ. Les contacts entre prêtres et religieuses sont invévitables, entres autres car les prêtres confessent régulièrement les religieuses. De cette situation explosive naissent inévitablement des problèmes. La gravité du problème potentiel et ses causes sont connus depuis des lustres, mais l'église catholique s'acharne longtemps à le nier et aucune étude n'est faite sur la fréquence et l'extension du problème. Cette situation de je ne vois pas - je ne n'entend pas - je ne sais pas commence à s'effriter en 1994: une religieuse, qui est aussi médecin, soeur Maura O'Donohue, chargée de la coordination de la campagne contre le SIDA d'une organisation basée en Angleterre, remet un rapport qui recense des cas d'abus sexuels et de viols répétés de la part de prêtres sur des religieuses dans pas moins de 23 pays. La plupart des cas concernent l'Afrique, mais sont aussi cités des cas de viols et abus sexuels au Brésil, en Colombie, aux Philippines aux USA, en Irlande et en Italie. Le rapport est accablant. Parmi les cas les plus choquant qu'il cite, il y a celui d'une mère supérieure, relevée de ses fonction parce que elle avait signalé à son évêque la grossesse simultanée de 29 de ses soeurs, et le cas d'un prêtre qui a célébré la messe de requiem d'une religieuse qu'il avait contrainte à avorter après qu'elle fut devenue enceinte de lui, et qui est morte au cours de l'opération. La méthode que l'église catholique utilise pour "résoudre" ce genre des cas est exposée: généralement, la soeur enceinte est chassée du couvent, alors que le prêtre reste bien sûr en fonction.
D'après l'auteur du rapport, 2 raisons expliquent l'ampleur du phénomène en Afrique: d'une part, les prêtres considèrent les religieuses des partenaires "sûres", alors qu'ils craignent de contracter le SIDA auprès des prostituées. D'autre part, relève Maura O'Donohue, en Afrique, "il est impossible à une femme de dire non à un homme, spécialement à un ancien et à un prêtre".
Bien sûr, l'église garde le rapport dans le plus grand secret, et une partie de son contenu ne sera révélé au public que en mars 2001 par un journal catholique américain, le National Catholic Reporter.
Le rapport de Maura O'Donohue n'est pas le seul que la Vatican reçoit dénonçant le phénomène, son ampleur, et la couverture par la hiérarchie catholique des coupables. En 1998, une autre religieuse et médecin, Marie McDonald, supérieure des Missions de Notre Dame d'Afrique, allait dans le même sens et dénonçait "l'absence d'inspection et la conspiration du silence". Au cours du synode des évêques d'Océanie, qui s'était tenu à Rome en 1998, l'évêque de Sidney, Goeffroy Robinson, affirme que "les abus sexuels de la part de prêtres sont devenus le principal obstacle à la prédication de l'évangile en Océanie".
Le Vatican niera en bloc tout problème jusqu'à la publication du National Catholic Reporter. Ne pouvant plus nier, il s'emploie à minimiser, et son porte-parole déclare suite à cette publication qu'il ne faut pas oublier "la foi souvent héroïque manifestée par la grande majorité des hommes et des femmes des ordres religieux et du clergé". Il ne précise pas si l'héroïsme manifesté par les religieuses violées acceptant de garder le silence une fois chassées de leur communauté fait partie de cet héroïsme à admirer.
On retrouve ainsi, en 2001, les méthodes que l'église emploie depuis toujours. L'abus des faibles par les forts - dans ces cas les prêtres - est toléré, les victimes sont punies - dans ce cas par expulsion du monastère ou par des pressions pour avorter - et ceux qui osent dénoncer l'affaire, même à l'intérieur de la hiérarchie de l'église, sont également punis durement, comme la Mère supérieure qui fut relevée de ses fonction pour avoir signalé à son évêque la grossesse simultanée de 29 de ses soeurs.
1994 - Assistance aux génocidiares du Rwanda
A tout seigneur tout honneur, il faut reconnaître à l'église catholique le mérite de savoir pardonner à ceux qui ont fait du mal à autrui (surtout si ce sont des membres de son clergé qui ont fait le mal), et de savoir tendre la main au prochain dans le besoin, de préférence si le prochain est à la fois un criminel et un religieux. En 1994, l'Eglise catholique met un place un vaste réseau d'aide aux religieux accusés de participation au génocide du Rwanda.
On estime à 800'000 le nombre de Tutsi et Hutus modérés massacrés par les partisans du parti Hutu Power dès avril 1994. Les religieux catholiques, semble-t-ils, ne se comportent pas différemment que le reste de la population: certains religieux participent aux massacres, d'autres au contraire essayent de cacher ou défendre des victimes. En juillet, le troupes du FRP Front Populaire pour le Rwanda (Tutsi) entre à Kigali et met fin au massacre. Les génocidaires fuient en masse vers le pays voisins. Les conditions de vie de ces réfugiés sont très dures.
C'est donc avec une charité bien comprise commençant par soi-même que l'église catholique met un place un vaste réseau pour permettre à ses membres qui ont participé au génocide de retrouver des cieux plus clément et d'échapper à la justice internationale. L'affaire ne deviendra publique que en avril 2001, lorsque l'Europe stupéfiée découvre sur ses écrans de télévision deux religieuses Rwandaises accusées de participation à un génocide devant un tribunal belge. Soeur Gertrude et soeur Kisito étaient en avril 1994 respectivement Mère supérieure et Intendante de leur couvent lorsque des centaines de réfugiés cachés dans un hangar près de leur couvent et dans leur couvent sont massacrée et en partie brûlés vifs. Les deux soeurs auraient livré les réfugiés cachés dans leur couvent aux génocidaires, et apporté elles-mêmes des bidons d'essence pour enflammer le hangar plein de réfugiés. Soeur Kisito aurait même alimenté les flammes avec de l'herbe sèche. La cours reconnaîtra d'ailleurs la culpabilité des deux bonnes soeurs et les condamnera à de lourdes peines de prison. Dès août 1994, l'église catholique donne refuge aux deux soeurs dans un couvent au Sud de la Belgique. Le public européen découvre avec stupéfaction que le cas des deux soeurs n'est pas isolé. En Belgique, mais aussi dans d'autres pays européens, l'on trouve maints prêtres et religieux accusés de participation au génocide qui coulent des jours paisibles loin des tribunaux Rwandais et internationaux, grâce à l'aide de l'église catholique. Par exemple, le public découvre début 2001 que l'abbé Emmanuel Rukondo, prêtre officiant dans la paisible paroisse de Granges-Canal à Genève, figure sur une liste du gouvernement Rwandais de personnes mise en cause dans le génocide. Ce brave prêtre avait pu quitter le Rwanda après le génocide grâce à une bourse offerte par la Vatican. Après des études à l'Université Pontificale, nous le retrouvons aumônier à l'hôpital cantonal de Genève, où son expérience de la mort a dû sans doute lui être utile. Bien sûr, l'église catholique défend son prêtre: nul ne doute que si il est coupable de ce dont on l'accuse, son dieu l'a pardonné et donc l'église, en manque chronique de prêtre, le défend: dans le calendrier de la semaine sainte de Pâques 2001 de la paroisse de l'accusé de génocide, l'on trouve ainsi un étonnant communiqué intitulé "Rumeur infamante", et ce communiqué a été lu aux messes des 24 et 25 mars qui condamne fermement ceux qui ont osé dire que le prêtre est officiellement recherché par le Tribunal International pour le Rwanda. . Dans la meilleure tradition, l'église catholique se considère au-dessus des lois - y compris des lois internationales dans ce cas.[Référence] Quand enfin la police arrête le prêtre en juillet 2001, son supérieur hiérarchique, l'évêque de Lausanne-Genève-Fribourg Monseigneur Genoud ose affirmer à la télévision Suisse Romande qui l'interroge qu'il ne savait rien et que pour lui "c'est la consternation".
Comme d'habitude, l'Eglise nie l'évidence jusqu'au bout. Le cas des deux soeurs avait déjà été dénoncé par l'organisation des Droits de l'homme Africa Watch en 1995. [Référence].
1996 - Autodafés de préservatifs
Le 31 août 1996, le cardinal de Nairobi, Monseigneur le
Cardinal Maurice Otunga, remet au goût du jours une
vénérable tradition chrétienne:
l'Autodafé. Mais le Cardinal est un homme de son temps.
L'Afrique étant ravagée par
l'épidémie du SIDA, le saint homme ne livre pas
aux flammes des hérétiques, mais des
boîtes de préservatifs et des petits livres sur le
SIDA et comment s'en protéger. Une petite foule de 250
fidèles assiste à cette
cérémonie.
Mais le Cardinal n'en est pas à son coup d'essai. Un an
avant, il avait déjà fait preuve d'un esprit
oecuménique peu banal en procédant à
un premier Autodafé de préservatifs en compagnie
de l'Imam de la mosquée de Jamia en août 1995.
Le Cardinal Maurice Otunga n'est pas un personnage
insignifiant dans l'église catholique: il était
considéré comme un papable à
l'époque de l'élection du pape Jean-Paul II, et
ses Autodafés ne lui attirent aucun reproche du Vatican.
Les oeuvres que le Cardinal jette aux flammes ne sont pas de banals
manuels sur l'usage du préservatifs, mais des livrets
développés par des ONG locales au cours d'un long
travail sur deux ans financé par le Programme for
Appropriate Technology in Health du Kenya. Ces livrets
proposaient L'ABC de la protection contre le SIDA: "A for
abstinence, B for being faithful and C for condom use". Le C
ayant eu l'heur de déplaire aux prélats
catholiques, les livres finirent dans les flammes. D'autres
évèques Africains participent aussi à
la lutte contre le préservatif. Par exemple Monseigneur
Jean-Marie Untaoni Compaoré, archevêque de
Ougadougou au Burkina-Faso lance en 1996 le slogan: "Pour combattre le
sida, luttons d'abord contre le préservatif car celui-ci
empêche d'avoir une conception globale de la relation
sexuelle".
Pour saisir toute la gravité du geste du Cardinal kenyan, il faut rappeler que au moment de l'Autodafé de 1996, l'on estimait que 1 million de Kenyans (sur un total de 26 millions) étaient porteurs du virus HIV. L'église catholique étant très respectée au Kenya, les ONG qui avaient imprimé les livres brûlés n'osèrent pas attaquer de front la secte des incendiaires.
1999 - Contre les victimes de viols collectifs
En 1999, la situation depuis longtemps tendue au Kosovo, province de la
Serbie orthodoxe dont la population est à
majorité musulmane,
dégénère en guerre civile. A
l'intervention militaire de l'OTAN, les milices serbes
répliquent en chassant de leurs habitations les musulmans.
Nombre de femmes qui parviennent à atteindre les
frontières du Kosovo affirment avoir
été victimes d'odieux viols collectifs de la part
de miliciens. Les agences d'aides des Nations Unies et des Croix-Rouges
des pays de l'OTAN distribuent alors à celles de ces femmes
qui le demandent des pilules du lendemain.
La réaction de l'église, qui voit là
une opportunité unique de s'en prendre à des
personnes en détresse, est immédiate: le 13 avril
1999, le théologien moraliste du Vatican, Mgr Elio Sgreccia,
vice-président de l'Académie pontificale pour la
vie, condamne publiquement la distribution de pilules du lendemain aux
femmes et aux jeunes filles violées au Kosovo. Le
prélat souligne que cette pilule a une action abortive et
donc elle est inacceptable pour la morale catholique.
2001 - Prêtres pervers et petits enfants
Depuis un millénaire, l'église catholique impose le célibat à ses prêtres. Cette obligation attire bien sûr les personnes à sexualité "déviante", dont les pédophiles. Il suivent souvent inconsciemment - et seulement spirituellement - le mot de Jésus, qui avait dit qu'il y en a qui se font eunuques pour le royaume.
Hélas, l'église catholique fait de grands efforts pour endoctriner les enfants, et les prêtres sont impliqués dans ces actions de propapagande pour mineurs que l'on nomme le cathéchisme. Une situation explosive est donc crée: l'on attire, par la possibilité de "se faire eunuque", des pédophiles, puis on les soumet quotidiennement ou presque à la tentation.
Le problème est ancien, connu. Déjà au Siècle des Lumières, l'Abbé Bernier, baron d'Holbach, écrivait dans son Dictionnaire abrégé de la religion chrétienne, en parlant de la "compagnie de Jésus" :"(...) communément elle n' en veut point aux femmes, les petits garçons ne s' en tirent pas à si bon marché.". Mais ce n'est qu'à la fin du 20è siècle que toute la gravité et l'extension du problème deviennent visibles et médiatisés par de nombreuses affaires sordides au cours de la 2è moitié des années 1990. Ce qui frappe le public, dans toute ces affaires, ce n'est pas tant le délit en soi que la réaction de l'église catholique: systématiquement, celle ci s'active pour protéger ses clercs des foudres du bras séculier de la justice. Une première affaire retentissante de ces années est celle de l'ancien cardinal-archevêque de Vienne, un ami personnel de Jean-Paul II: l'église catholique lui permet d'aller passer sa retraite dans un monastère de nonnes en Allemagne, échappant ainsi à la justice autrichienne. Le 9 avril 1998, alors que plusieurs affaires de prêtres pédophiles secouent l'opinion publique belge, la justice traite enfin, pour la première fois de mémoire d'homme, l'église catholique comme une personne morale soumise aux même lois que le reste de la société: la 34è chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles non seulement condamne un prêtre pédophile, l'abbé André Vanderlyn, ancien curé de la paroisse bruxelloise de Jésus Travailleur à Saint- Gilles, coupable de plusieurs abus sexuels commis sur plusieurs enfants au catéchisme, à une peine de prison ferme, mais reconnaît aussi la responsabilité civile du Cardinal Danneels et son évêque auxiliaire, Mgr Paul Lanneau. Les deux hauts prélats étaient en effet au courant des agissements du prêtre pédophile, mais non seulement ils avaient gardé le silence, mais en outre ils n'avaient pris aucune mesure pour éviter le contact entre le pervers et ses victimes potentielles. A l'époque, les belges pensent que ce jugement fera jurisprudence, et que cela portera l'église à refréner les pulsions de ses prêtres pervers. Tous les regards se tournent vers Gand, où une autre affaire sordide est jugée: un prêtre a reconnu une relation homosexuelle avec un jeune paroissien, mais affirme qu'elle n'a commencé que lorsque la victime était majeure. Faux, accusent les parents de la victime, qui portent plainte: la 14è chambre correctionnelle du tribunal de Gand juge le 10 juin 1998 que la relation a bien commencé alors que la victime était mineure, avec la circonstance aggravante que le prêtre pédophile a abusé de sa position d'autorité. Le prêtre est condamné, mais par contre le tribunal refuse de reconnaître la responsabilité civile de l'évêque, son supérieur direct, au prétexte que l'autonomie du prêtre dans son travail est supérieure à celle d'un employé de son supérieur dans une autre société.
Les cas de prêtres pédophiles dénoncés se multipliant, l'épiscopat français, le dos au mur, proclame début 2001 qu'il ne couvrira plus les agissements des prêtres pédophiles. Hélas, en mars 2001, une nouvelle affaire de pédophilie d'un prêtre secoue la francophonie, cette fois en Suisse: à Vevey, l'on apprend que le curé est sous accusation pénale pour détournement de mineurs: il a eu des rapports sexuels avec un jeune de 15 ans à l'époque des faits. Le conseil de paroisse apprend les faits, et, immédiatement, lui pardonne et décide de cacher l'affaire aux paroissiens qui confient leurs enfants à cet individu lors du catéchisme. Mais les catholiques sont ainsi, ils sont toujours très prompts à se pardonner le mal fait à autrui. L'évêque ordonne de garder le secret sur l'affaire car ... les faits sont sans doute prescrits: ils datent des années 1980. Hélas pour l'église, la paroisse où le curé est accusé et n'échappera à la prison que grâce à la prescription a un 2è prêtre. Celui-ci s'indigne que l'on n'informe pas les paroissiens, et il semblerait qu'il ait passé à des tiers un "communiqué" que le conseil de paroisse avait préparé puis, après le pardon accordé au pédophile et l'ordre de silence de l'évêque, prudemment rangé dans un tiroir. Cette-fois-ci, la réaction de l'église est immédiate: le prêtre dénonciateur est licencié: comme il avait un statut de fonctionnaire, il n'a pas de droit à l'assurance chômage, et, en raison de son expérience professionnelle et de son âge, sa réinsertion professionnelle s'annonce difficile. L'église justifie sa punition par le fait que non seulement le prêtre a informé des tiers du passé criminel de son collègue, mais en plus il vit avec une femme! Le prêtre pédophile est réconforté et protégé. La hiérarchie lui confie une nouvelle affectation pour ne pas lui imposer de devoir soutenir des regards hostiles, et lui renouvelle sa confiance, justifiée par le fait que les faits reprochés sont sans doute prescrits. Nous retrouvons donc le schéma classique: le pédophile est protégé par la hiérarchie et reste prêtre, il continuera à s'occuper de l'éducation religieuse des enfants, il est "pardonné pour le moment d'égarement" (par l'église, pas par la victime), le dénonciateur est, lui, sévèrement puni.
Pour compléter le tableau, le Présidium
de
la Conférence des évêques suisses
se fend
d'un communiqué le 5 avril 2001: ils y dénonce
...
les médias qui ont ébruité l'affaire!
Sans
citer nommément Vevey, le communiqué s'insurge
contre
le fait que les médias auraient dit que des
prêtres
"succomberaient à des pulsions
pédophiles,
abusant ainsi de leur autorité face aux enfants".
Et le silence ? Il n'y a pas de silence, dit le communiqué,
qui ose: "Peut-être dans certains cas la
communication
aura-t-elle mal passé, peut-être le
désir
de protéger un présumé innocent ou une
probable
victime aura-t-il poussé à ne pas informer
suffisamment".
Enfin, les évêques réaffirment leur
plein
soutien aux prêtres qui seraient accusés, et
concluent
" dans les cas d'erreurs [ un abus sexuel d'une
enfant
est donc une erreur et non un crime, d'après les
évêques,
ndr ] commises par des hommes d'Eglise et
prouvées,
le devoir des évêques est d'implorer le pardon des
victimes, laissant à la justice la responsabilité
de punir les contrevenants de façon équitable"
: autrement dit: les prêtres pédophiles peuvent
compter
sur les évêques pour qu'ils essaient de pousser
les
victimes à ne pas porter plainte.
[Références]
Une fois que la tempète médiatique est enfin retombée, l'évèque responsable du diocèse où ont eu lieu les faits, Monseigneur Genoud, évèque de Lausanne-Genève-Fribourg, donne le 19 juin une conférence de presse pour condamner ... la masturbation ! Du haut de son autorité morale de protecteur de pédophiles, il explique la gravité extrème du geste. L'on ne peut que en conclure que pour l'évèque, il est plus grave qu'un adoléscent se masturbe que ne soit abusé sexuellement par un prêtre.
2001-2002 - La conspiration du silence
10 millions de Dollars! Telle est la somme que l'archidiocèse de Boston a investi discrètement entre 1997 et 2001 pour faire taire les victimes d'un prêtre pédophile actif, qui a agi dans le cadre de ses fonctions pendant plusieurs décennies, jusqu'en 1998. L'affaire serait restée secrète si elle n'avait été révélée par le journal Boston Globe. L'indignation est immense. En effet, en 1992, l'Eglise catholique américaine avait déjà été secouée par un fait semblable: plus de 100 victimes d'un prêtre pédophile obsédé, James Porter, du diocèse de Fall River, dans le Sud-Est du Massachussets, avaient apporté des preuves que le pervers avait été transféré de paroisse en paroisse pour le mettre à l'abri de la colère des parents d'enfants abusés, alors que son obsession et ses abus sur les enfants était connue de ses supérieurs. L'Eglise Catholique avait alors juré ses grands dieux que l'on ne l'y reprendrait plus. Elle avait en effet à ce moment là pris conscience que l'ère de l'impunité de ses clercs était passé. Déjà en 1985, un rapport confidentiel interne de l'église mettait en garde l'épiscopat sur le fait que "la confiance que nous pouvions avoir dans le passé sur les juges et procureurs catholiques pour qu'ils protègent les clercs du diocèse a disparu". En 1993, l'archevêque de Boston annonçait la mise en place de directives très sévères sur la pédophilie, qui prévoyaient entres autre que tout prêtre suspecté de pédophile devrait être temporairement éloigné de l'activité paroissiale. En janvier 2002, c'est le même Archevêque qui doit expliquer au public indigné pourquoi lui-même a ignoré les directives qu'il avait annoncé en 1993. Afin de lui permettre d'échapper à la justice américaine et à la vindicte populaire, l'église donne à l'archevèque un poste au Vatican en 2003.
Cette nouvelle affaire a un goût de déjà vu. Le prêtre a molesté plus de 130 enfants en près de 30 ans. Il gardera ses fonctions, et changera plusieurs fois de poste, jusqu'en 1998, alors que dès 1984 l'archevêque de Boston, Monseigneur Law, est averti par une lettre de l'obsession du père Geoghan. En 1985, il est en possession d'un rapport sur le traitement de la pédophilie, qui met en garde contre les risques très élevés de récidives. Mais le Monseigneur attend 1989 pour enfin demander au prêtre pervers de se soumettre à un traitement de 3 mois, après quoi il le renvoie en paroisse, où il est à nouveau en contact avec des enfants et fera de nouvelles victimes. Le prêtre s'attaque de préférence aux enfants de familles pauvres: il gagne la confiance des parents, achète des glaces aux enfants, après quoi il les abuse sexuellement. Lorsque des familles portent plainte, l'archevèché achète leur silence.
Le 24 juillet 2004, le State Attorney General (ministre de la justice de l'état) du Massachussets publie un rapport d'enquète sur les abus sexuels d'enfants par les prêtres dans l'archevèché de Boston: on y apprend que plus de 1000 enfants auraient étés abusés sexuellement. Que l'abus d'enfants était accepté et couvert par la hiérarchie pendant au moins 6 décennies, et que les abus ont étés "tellement massifs qu'ils sont presque incroyables". Le rapport indique aussi que l'archevèché n'a pas pris et ne prévoit pas de prendre des mesures adéquates pour (1) déterminer les "causes systémiques" des abus sexuels par les prêtres (2) éliminer de l'organisation les prêtres ayantz commis des actes pédophiles (3) prendre des mesures suite à son échec à prévenir les abus sexuels d'enfants (4) donner les informations à la justaice civile et (5) prendre des mesures pour prévenir de futurs cas d'abus sexuels.
Il faut dire que la politique du maintient du secret à tout prix que l'Archidiocèse de Boston a suivi dans le cas du père Geoghan est conforme aux règles de l'Eglise Catholique. En effet, dans une lettre datant de 2001, approuvée par le Pape Jean-Paul II, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a instruit la hiérarchie sur la méthode appropriée de traitement des cas de pédophile: ces cas sont soumis au secret.pontifical et traités exclusivement par des prêtres, dans des tribunaux ecclésiastiques dont procureurs, juges et défenseurs sont des prêtres et dont la procédure est évidemment secrète.
A l'aube du troisième millénaire, l'Eglise Catholique est ainsi encore un nid de pédophiles: les clercs coupables d'abus sexuels contre des enfants continuent apparemment à êtres protégés: protégés de la justice, puisque toute affaire doit être tenue secrète et traitée uniquement en interne. Et protégés de la vindicte populaire, puisque l'église reste prête à investir des millions de Dollars pour imposer le silence aux victimes de chaque clerc pédophile. [Référence]
Pour lire l'ensemble des articles lumineux de ce libre penseur
L'Église Catholique embrassa le Nazisme
L'Église Catholique embrassa le
Nazisme (sources)

Hitler athée ?!? «
Aujourd'hui s'éveille une foi nouvelle: le mythe du sang, la
croyance selon laquelle on peut, avec le sang, défendre
aussi l'essence divine de l'homme (...). Le sang nordique
représente ce mystère qui a remplacé
et surmonté les anciens sacrements (...). Le peuple allemand
n'est pas atteint par le péché originel, il
possède au contraire une noblesse originelle. »
(Extraits de Mein
Kampf, d'Adolf Hitler).
Si Hitler était athée, il ne parlait pas comme un
athée, n'a rien écrit qui ressemblât,
même de loin, à des pensées niant Dieu.
N'a rien commis qui s'éloignât des
méthodes historiques de la grande église
dominante...
Hitler athée ?!? « Je suis
catholique. La Providence l'a voulu. En effet, seul un catholique
connaît les points faibles de l'Eglise. Je sais de quelle
manière on peut attaquer ces gens-là . »
dixit A. Hitler, (Eric Lebec, Histoire
secrète de la diplomatie Vaticane, Albin
Michel, Paris, 1997) ... Si ce monstre d'Hitler
était athée, moi je m'appelle Atchoum, je suis le
nain qui prépare le p'tit-déj à
Blanche-neige. Et si l'Église catholique a
désavoué le nazisme, alors moi je m'appelle Mme
Pou-Yi, impératrice de 10'000 ans.
Janvier
1933, le Zentrum, parti catholique, dont le leader
est un prélat catholique (Prälat Kaas),
vote les pleins pouvoirs à Hitler: Ce dernier peut ainsi
atteindre la majorité des 2/3 au Reichstag pour suspendre
les droits garantis par la constitution. Avec une charité
toute chrétienne, le bon prélat et ses ouailles
du Zentrum accepte aussi de fermer un oeil sur les détails
procéduriers discutables des nazis, comme l'arrestation des
députés communistes avant le vote. Puis
l'église commence à négocier un
nouveau concordat avec l'Allemagne: dans ce cadre, elle "sacrifie" le
Zentrum, alors seul parti significatif que les nazis n'ont pas interdit
: en effet, il les a aidés à arriver au pouvoir.
Le 5 juillet 1933, le Zentrum s'autodissoud sur demande de la
hiérarchie catholique, laissant le champ libre au NSDAP de
Hitler, désormais parti unique. Le prélat Kaas
laisse les compatriotes se débrouiller avec la dictature
qu'il a aidé à installer, et
déménage au Vatican, où il entame une
nouvelle carrière: alors que le monde s'embrase, Monseigneur
Kaas, désormais évêque, dirigera des
fouilles sous la Basilique de Saint Pierre qui aboutiront à
la découverte du 2è crâne de Saint
Pierre.
(Enrico Riboni - Les pages Noires du Christianisme,
2000 ans de crime, terreur, répression )
Hitler
se proclame catholique dans Mein Kampf, l'ouvrage
où il annonce son programme politique. Il y affirme aussi
qu'il est convaincu qu'il est un "instrument de Dieu". L'Eglise
catholique ne mettra jamais "Mein Kampf" à l'Index,
même avant l'accession de Hitler au pouvoir. Il faut croire
que le programme antisémite du futur chancelier ne
déplaisait pas à l'église. Hitler
montrera sa reconnaissance en rendant obligatoire la prière
à Jésus dans l'école publique
allemande, et en réintroduisant la phrase "Gott mit uns" (Dieu est avec
Nous) sur les uniformes de l'armée allemande.
<<
Aujourd'hui s'éveille une foi nouvelle: le mythe du sang, la
croyance selon laquelle on peut, avec le sang, défendre
aussi l'essence divine de l'homme (...). Le sang nordique
représente ce mystère qui a remplacé
et surmonté les anciens sacrements (...). Le peuple allemand
n'est pas atteint par le péché originel, il
possède au contraire une noblesse originelle.>>
(Enrico Riboni - Les pages Noires du Christianisme,
2000 ans de crime, terreur, répression )
1938,
les SS et SA organisent la Nuit de Cristal :
déguisés en civils, les miliciens nazis attaquent
synagogues et magasins appartenant à des juifs. La
population allemande est à la fois horrifiée et
terrifiée. L'évêque de Freiburg, Monseigneur
Gröber, déclare alors, en
réponse à des questions sur les lois raciales et
les pogroms de la nuit de cristal: " On
ne peut refuser à quiconque le droit de sauvegarder la
pureté de sa race et d'élaborer les mesures
nécessaires à cette fin."
(Enrico Riboni - Les pages Noires du Christianisme,
2000 ans de crime, terreur, répression )

«
Hitler n'a jamais quitté
l'Église catholique » rappelle
d'ailleurs le Dr Otto Dietrich qui vécut
dans l'entourage immédiat du Führer. Et ce
précieux témoin ajoute :
« Il avait interdit
d'appeler Charlemagne le « boucher des Saxons »,
dans la presse ou ailleurs ; Charlemagne avait christianisé
les Allemands par la force de l'épée et on lui
donnait ce surnom à cause des luttes sanglantes qu'il avait
menées contre le duc de Saxe.
« Hitler
considérait Charlemagne comme l'un des plus grands hommes de
l'histoire d'Allemagne, car il voyait d'abord en lui l'unificateur des
Allemands et le créateur de l'Empire ; il l'approuvait
d'avoir, en vue de ce « but national suprême
», aussi bien introduit la religion chrétienne
dans les pays germaniques que d'avoir agi avec une rigueur impitoyable
contre tous ceux qui ne voulaient pas coopérer à
l'unification sous l'égide du christianisme.
C'était pour cela qu'il ne tolérait pas que l'on
pût critiquer les massacres du grand empereur
Charles… »
(Dr Otto Dietrich, Hitler
démasqué - Grasset, Paris 1955)
«
Après que le ministre des Affaires
étrangères du Reich lui eut transmis les hommages
du Führer, le pape ouvrit l'entretien en rappelant ses
dix-sept années d'activité en Allemagne. Il dit
que ces années passées dans l'orbite de la
culture allemande correspondaient certainement à la
période la plus agréable de sa vie, et que le
gouvernement du Reich pouvait être assuré que son
cœur battait, et battrait toujours, pour l'Allemagne
».
(11 mars 1940, extrait du rapport
sur la conversation entre von Ribbentrop, ministre des Affaires
étrangères du Reich nazi, et Pie XII. - Archives secrètes de la
Wilhelmstrasse, RAM. 10 A).
Le
« Basler Nachrichten » de
Bâle (27 mars 1942) n'a pas hésité
à écrire : «
Une des questions que pose l'action allemande en Russie et qui
intéresse au suprême degré le Vatican,
c'est celle de l'évangélisation de la Russie
».
Le R.P. Duclos, lui-même, confirme la
chose dans un ouvrage revêtu de l'imprimatur : « Au
cours de l'été 1941, Hitler fait appel
à toutes les forces chrétiennes… (il)
autorise les missionnaires catholiques à se rendre dans les
nouveaux territoires de l'Est… Selon C. Cianfarra,
l'ambassadeur Attolico, au nom de Mussolini, aurait
suggéré au cardinal Maglione, que le pape
écrivît à tous les
évêques de la chrétienté,
pour leur recommander d'exhorter à la levée de
volontaires contre les Soviets… » - (R.P. Duclos :
Le Vatican et la seconde guerre mondiale) Imprimatur, 4 octobre 1955.
Éditions A. Padone, Paris 1955.).
On n'a pas oublié, non plus, que le cardinal Baudrillart
et Mgr Mayol de Luppé se firent en
France les recruteurs des L.V.F. pour la croisade contre la Russie.
Et il faut encore citer Hans Kerll, ministre des
Affaires ecclésiastiques du IIIe Reich, s'écriant
dans une belle envolée mystique : «
De même que le Christ a rassemblé ses douze
disciples en une cohorte fidèle jusqu'au martyre, de
même sommes-nous témoins d'un spectacle identique,
Adolf Hitler est, en vérité, le Saint-Esprit
».
(André Guerber, Himmler
et ses crimes - Les documents Nuit et Jour, Paris
1946)
Au
cours de la deuxième guerre mondiale le Vatican est au
courant des exterminations de juifs par les nazis. On saura
après la guerre que le pape a hésité
à lancer un appel public, à plusieurs reprises,
mais s'est finalement abstenu de le faire, essentiellement car il est
communistophobe, et pense qu'une victoire russe serait "pire". En 1942,
il pleure par contre parmi les ruines de Rome bombardée et
condamne les bombardements alliés. Hélas, il
oublie de mentionner que son allié politique Mussolini avait
sollicité auprès d'Hitler « l'honneur de participer aux
bombardements sur Londres » - il est vrai que le
pape n'habite pas à Londres ...
(Enrico Riboni - Les pages Noires du Christianisme,
2000 ans de crime, terreur, répression )
En
avril 1941, les allemands envahissent la Yougoslavie. Un fanatique
catholique, Ante Palevic, proclame
l'indépendance de la Croatie, avec le but avoué
d'en faire un état catholique modèle, selon
l'enseignement de l'Eglise. Il reçoit
immédiatement la bénédiction de
l'Archevêque de Zagreb, Monseigneur Stepinac. Pendant toute
la guerre, Ante Palevic, que Hitler et Mussolini méprisaient
car ils le trouvaient trop violent à leur goût,
enverra des rapports réguliers au Pape Pie XII sur
la progression de la catholicisation de la Croatie. Les chiffres sur
les conversions (plus de 300'000 au cours de la guerre!) obtenues de
gré ou de force que l'on trouve dans ces rapports au Saint
Siège sont fournis par l'Archvèque Stepinac, qui
sera béatifié par Jean-Paul II à la
fin des guerres de Yougoslavie des années 1990. Dans les
semaines qui suivent son arrivée au pouvoir, Palevic fait
ouvrir des camps de concentration pour les orthodoxes. Beaucoup des
gardiens et des bourreaux des camps de concentrations seront des
frères franciscains. L'un d'eux, Frère
Mirosav Filipovic, sera même le commandant du camp
de Jasenovac où plus de 40'000 hommes, femmes et enfants
trouvent la mort. Dans toute la Croatie, des conversions
forcées de masse ont lieu. Quelquefois, les
prélats et les Oustachis célèbrent ces
"conversions" avec le sang au lieu de l'eau, pour reprendre un bon mot
Oustachi. Le clergé participe activement aussi à
ces tueries. Par exemple, le père Ivan Raguz
lance un appel public demandant de tuer tous les Serbes (Orthodoxes), y
compris les enfants, "afin que même la semence de ces
bêtes ne reste"... Le génocides d'orthodoxes par
le régime théocratique des Oustachis tue environ
400'000 personnes. |
Le 28
octobre 1943 l'ambassadeur von Weiszaecker
adressait à von Ribbentrop le message
suivant : « Ambassade allemande auprès du
Saint-Siège Rome, le 28 octobre 1943.
« Bien que pressé de toutes parts, le Pape ne
s'est laissé entraîner à aucune
réprobation démonstrative de la
déportation des Juifs de Rome. Encore qu'il doive s'attendre
à ce que cette attitude lui soit reprochée par
nos ennemis et qu'elle soit exploitée par les milieux
protestants des pays anglo-saxons dans leur propagande contre le
catholicisme, il a également tout fait dans cette question
délicate pour ne pas mettre à
l'épreuve les relations avec le gouvernement
allemand… ». Signé : Ernst von
Weiszaecker.
(Document retrouvé dans
les Archives secrètes de la Wilhelmstrasse
- Cité par Léon Poliakov).
«
En acquittant Franz von Papen, le tribunal de
Nuremberg a acquitté un des premiers responsables du
nazisme. Immense responsabilité, en
vérité, que celle qui pèse sur les
épaules de cet énigmatique personnage…
Il est toujours placé par ses maîtres aux
jointures essentielles, aux points cruciaux, partout où il y
a quelque chose à faire ou à
défaire… Hitler lui devait le pouvoir…
Relisons les promesses de Papen : « Le IIIe Reich est la
première puissance du monde, non seulement à
reconnaître, mais à traduire dans la pratique les
hauts principes de la papauté ».
(Robert d'Harcourt de l'Académie
Française, Franz von Papen l'homme à tout
faire…,
L'Aube, 3
octobre 1946)
«
Le Saint-Père, dans son amour paternel, adresse à
Oswald Pohl la bénédiction
apostolique comme garantie de la plus haute consolation
céleste ».
« Pohl a été condamné
à mort au procès de Nuremberg, mais jusqu'ici la
« justice » n'a pas appliqué la
sentence. Pohl, qui a reçu la plus haute
bénédiction de Pie XII, est l'homme qui a
ordonné la suppression de millions de Juifs, de Polonais et
d'autres qui ont été assassinés dans
les camps de la mort nazis… Il est l'homme qui porte la
responsabilité des crimes les plus atroces. C'est sur son
ordre que les camps de concentration ont été
dotés de chambres à gaz… ».
(Parallèles, 19 avril 1951)

Les
criminels de guerre en fuite, promus «
réfugiés politiques », secourus par la
Commission Pontificale d'Assistance.
Les
conspirateurs en soutane : traîtres et criminels
cachés dans les couvents, faux-papiers, relais et
chaînes d'évasion.
Martin
Bormann, condamné à mort, devient le
Père Martini.
Marcel
Déat se camoufle en frère franciscain.
Déat au « Russicum ». Il
reçoit une bénédiction
spéciale de Pie XII qui le cache à Castel
Gandolfo.
Darnand,
protégé du Saint-Père, utilise les
services de change du Vatican.
Pie
XII intervient en faveur des criminels de guerre japonais.
Un
revenant : Ante Pavelitch, l'homme « aux
vingt kilos d'yeux humains », goûte un repos bien
gagné en Argentine.
L'Assistance
Pontificale ne se borne pas aux vivants : le corps de Mussolini
caché dans le couvent de l'Angelicum, à Milan. Le
Saint-Père sait « reconnaître les siens
».
«
Je connais le parti clérical. Je sais à quel
point il manque de cœur et d'honneur… J'ai
répondu dans un langage d'homme et non par des phrases
honteuses qui renvoient dos à dos, avec une douceur
exécrable, le juste et l'injuste, la victime et le bourreau
».
(Scandale de la
vérité, p. 71 - Georges Bernanos)
«
Cinq supérieurs de divers ordres sont
arrêtés, ainsi que le président de la
Jeunesse catholique. Des perquisitions dans de nombreux couvents,
où se cachaient des traîtres, amènent
la découverte d'un vaste réseau dont les fils
remontent jusqu'au Vatican… Et voilà que
l'Église s'en mêle. Voilà qu'elle a,
elle aussi, son complot, ses conspirateurs en soutane ; ses
organisations clandestines, ses entreprises de faux papiers, ses relais
et ses chaînes pour l'évasion et la mise hors
d'atteinte au-delà de nos frontières de ceux que
les cours de justice recherchent. C'est la main tendue aux
collaborateurs et aux traîtres. Il était
déjà de notoriété publique
que les couvents pratiquaient avec persévérance
le droit d'asile le plus large et le plus attentif en faveur de tout ce
qui avait appartenu à la Milice, à la LV.F.,
à la Gestapo, pour peu que les ressortissants sachent
frapper à la bonne porte et selon le signe
convenu… Le départ de la chaîne, le
premier maillon vient d'Italie ».
(Franc-Tireur, 18 mars 1947)
|
Le
dimanche 23 décembre 1945, Son Éminence le cardinal
Faulhaber a inauguré solennellement, au camp des
SS de Dachau, l'église érigée pour et
par les anciens SS… Son Éminence fit son
entrée au camp, où elle se rendit
aussitôt, en compagnie de ses coadjuteurs, à
l'église. Aux accents sonores d'un chœur viril et
puissant, Son Éminence se mit aussitôt
à bénir les murs extérieurs,
après quoi les portails s'ouvrirent laissant entrevoir le
sanctuaire dans toute sa splendeur… Le cortège,
conduit par le cardinal et les autorités
ecclésiastiques, s'avança jusqu'au
presbytère, tandis que des SS remplissaient la vaste nef
jusqu'à la dernière place. Une fois de plus, Son
Éminence donna sa bénédiction aux
installations intérieures de l'église et gravit
ensuite les marches de la chaire afin de prononcer, de ce ton
à la fois magistral et paternel qu'on lui connaît,
un sermon émouvant à l'adresse des SS sur la
Sainte-Croix, la fidélité à la Croix
et la bénédiction de la Croix… «
Le R.P. Pfanzelt, curé de la paroisse de
Dachau, gagna l'autel pour célébrer la
première Sainte Messe dans la nouvelle église de
la Sainte-Croix ; celle-ci fut rehaussée par les harmonies
merveilleuses de l'excellent chœur des SS, ainsi que par
l'orchestre des internés, sous la direction
d'Émile Forst. Après la messe, le R.P. Pfanzelt
prit à son tour la parole pour remercier chaleureusement Son
Éminence du moment inoubliable que l'assistance venait de
passer… Son Éminence elle-même a
été profondément
impressionnée par la consécration de
l'église, ce dont fait foi sa proclamation à son
diocèse lors de la Saint-Sylvestre dans laquelle elle
précise « que la haute tenue religieuse des SS n'a
pas manqué de produire sur elle le plus profond effet
». |

Autriche
: En 1942, au cours d'une conférence
d'évêques autrichiens, les convois en direction
des camps furent rapidement passés sous silence.
Autriche
: Le jésuite Mario von Galli qualifiait les juifs de
"meurtriers de Dieu" et disait qu'ils méritaient les
persécutions qui leur étaient
infligées.
Autriche
: Les tsiganes n'ont pas, eux non plus, échappé
à la vindicte du clergé qui appelait à
leur dénonciation auprès de la police.
Autriche
: Le journal paroissial Erdberger Pfarrblatt encourageait les
catholiques à clamer "Un peuple, un Reich, un Fuehrer, un
Dieu".
Des
religieux, dont l'évêque Alois Hudal, ont
aidé près de 50000 criminels de guerre
à s'échapper ou à se cacher
à l'issue de la guerre, avec pour certains d'entre eux
l'émigration vers l'Amérique du Sud
organisée par le Vatican. Parmi eux, Franz Stangl,
commandant du camp de Treblinka en Pologne (800000 juifs
massacrés) reçut cette aide du clergé
et fut arrêté vingt ans après au
Brésil.
«
Des statistiques fournies par l'O.N.U. il résulte que 32
millions d'hommes ont été
tués sur les champs de bataille, 25 millions
de personnes sont mortes dans les camps de concentration,














































