05 mai 2005
FERLINGHETTI LAWRENCE (1919- )
FERLINGHETTI
(L.)
FERLINGHETTI
LAWRENCE (1919- )
Le
plus engagé politiquement des poètes
américains, Lawrence Ferlinghetti n’est
sûr ni du lieu ni de la date de sa naissance. Selon lui, son
père mourut peu
avant qu’il ne vînt au monde, sa mère
entra dans un hôpital psychiatrique et
une parente l’emmena en France, où il passa la
plus grande partie de son
enfance. Rentré aux États-Unis, il fut officier
dans la marine américaine
pendant la Seconde Guerre mondiale; il avait entrepris des
études universitaires,
qui le menèrent jusqu’à la Sorbonne,
où il obtint un doctorat en 1951.
C’est
Ferlinghetti qui créa le beat
movement
à San Francisco, vers 1955.
Sa librairie City Lights ,
la première librairie des États-Unis à
ne vendre que
des livres brochés, est l’un des premiers
rendez-vous des poètes de la beat
generation
qui rejettent le style formel et académique
prévalant à l’époque,
pour composer des œuvres où sensations et
sentiments seraient saisis dans ce
qu’ils ont de plus immédiat, sans se soucier de
l’incohérence et du
morcellement produits. Éditeur, Ferlinghetti est le premier
à publier dans le
cadre des éditions City Lights Books leurs recueils de
poèmes, notamment en
1956, Howl
d’Allen Ginsberg.
Ferlinghetti
compose parfois ses poèmes sur bande
magnétique, la plupart étant destinés
à être lus à haute voix. Il est
l’auteur
de plusieurs recueils de poèmes, parmi lesquels Images
du monde disparu (Pictures
of the Gone
World ,
1955); En partant de San
Francisco (Starting
from San
Francisco ,
1961); Le Sens
caché des choses (The
Secret Meaning of
Things ,
1968); Nuit mexicaine (Mexican
Night ,
1970). Il a écrit aussi deux
pièces de théâtre, Débats
à armes inégales avec l’existence (Unfair
Arguments with
Existence ,
1963), Routines
(1964), et un roman, Her
(1960), traduit en français
sous le titre de La
Quatrième Personne du singulier .
Il continue à écrire des
poèmes à tendance politique, comme le
suggèrent les titres suivants: Mille
Paroles de crainte pour Fidel Castro (One
Thousand Fearful
Words for Fidel Castro ,
1961), Où est le
Vietnam (Where
Is Vietnam ,
1965) et Tyrannus Nix
(1969). Un choix de poèmes
est imprimé à Londres en 1967 sous le titre Un
œil sur le monde (An
Eye on the World ).
Il a également traduit du
français un choix de poèmes tirés de Paroles
de Jacques Prévert (1958).
L’œuvre
de Ferlinghetti se poursuit avec des
recueils de poèmes tels que Œil
ouvert , Cœur
ouvert (Open
Eye , Open
Heart ,
1973) et, en 1979, Paysages
des vivants et des morts (Landscapes
of Living and Dying ).
En 1984, Au-dessus de
toutes les frontières obscènes (Over
all the Obscene
Boundaries )
rassemble des textes publiés en revue. Une œuvre
abondante donc,
contestataire, mais qui rejoint la tradition américaine de
la responsabilité
morale de l’écrivain, comme en
témoignent ses deux manifestes populistes (Populist
Manifesto ,
1974 et Adieu à
Charlot ; Second
Populist Manifesto ,
1979). Ferlinghetti eût fait
sienne la devise du romancier Sinclair Lewis: «Je
n’aime pas l’Amérique, je
l’adore».
SNYDER GARY (1930- )
SNYDER
(G.)
Pour
Jack Kerouac et Allen Ginsberg, arrivant de la côte est
à San Francisco (où le
mouvement beat a pris naissance), Gary Snyder, natif du Nord-Ouest
(Oregon),
était «le type le plus fou et le plus intelligent
que nous ayons jamais
rencontré». Si Kerouac a tendance à se
perdre dans une religiosité vague et naïvement
enthousiaste, si Ginsberg, lui, tend à se transformer
parfois en moulin à
paroles, Snyder (il est Japhy Ryder, le personnage central du roman de
Kerouac,
Les Clochards
célestes , The
Dharma Bums , 1963)
donne l’impression d’une personnalité
beaucoup plus homogène, à
l’esprit plus clair, à la parole plus
économe, aux gestes plus précis. Il se
situe au centre de ce mouvement américain (et non
américain) actuel qui tend
vers une «conscience écologique»:
nouveaux rapports entre l’homme et la nature,
liés à une nouvelle compréhension de
la nature de l’homme lui-même; mouvement
qui comporte pêle-mêle des
éléments de primitivisme,
d’orientalisme et
d’utopisme. On pense aussi, bien sûr, à
la leçon de ces deux grands ancêtres
que sont Thoreau et Whitman. Ayant, sur un fond
d’idées anarchistes et
socialistes, fait des études d’anthropologie
(tribus indiennes de la côte
nord-ouest), des études de chinois et de japonais, Snyder,
après avoir fait un
séjour de plusieurs années au Japon et
trouvé une unité en lui-même (A
Range
of Poems ,
1966; Regarding Wave , 1970; Turtle
Island , 1974),
se tourne de plus en plus vers la société:
«Le
mouvement en Occident s’appelle révolution
sociale; le mouvement en Orient
s’appelle pénétration individuelle dans
le vide fondamental du soi. Nous avons
besoin des deux.» Dans son petit livre de notes et
d’essais, Le Retour
des
tribus (Earth
House Hold ,
1969), Snyder trace son itinéraire physique et spirituel qui
l’a mené des
solitudes boisées du Nord-Ouest, par un tour du monde comme
matelot sur divers
bateaux, jusqu’à un séjour dans un
monastère zen au Japon, pour finalement
revenir s’installer aux États-Unis avec
l’idée d’y trouver, d’y
créer, ne
serait-ce que microsocialement, une unité autre
qu’étatique, unité dont il voit
les germes et les prototypes chez les taoïstes, les sufis, les
bouddhistes zen et tantriques,
les gnostiques et, dans le monde chrétien, les
frères du Libre-Esprit. Il
s’agit, pour citer le titre d’un de ses
poèmes, d’une «révolution
dans la
révolution dans la révolution». Gary
Snyder a développé son point de vue dans
un recueil d’essais, The
Practice of the Wild (1990, Pratique
du monde sauvage ).
BIBLIOGRAPHIE
Riprap. 1959.
Myths & Texts. 1960.
Riprap and Cold Mountain Poems. 1965.
Six Sections from Mountains and Rivers Without End. 1965.
A Range of Poems. 1966.
The Back Country. 1967.
Earth House Hold. 1969.
Regarding Wave. 1969.
Six Sections from Mountains and Rivers Without End Plus One. 1970.
Le Retour de la Tribu. Ed. Christian Bourgeois, 1972.
Turtle Island (Prix Pulitzer). 1974.
He Who Hunted Birds in His Father's Village: The Dimensions of a Haida
Myth. 1979.
Axe Handles. 1983.
Passage through India. 1983.
Left out in the Rain. 1986.
No Nature. 1992.
Premier Chant du Chaman & Autres Poèmes. Ed. La
Différence, 1992.
La Pratique Sauvage (Essais pour une nouvelle écologie). Ed.
du Rocher, 1999.
EXTRAITS
PREMIER CHANT DU CHAMAN
Dans le villages des morts,
Remué des ossements épars
mangé la poix d'une branche morte
(graisse de baleine)
Orties et peuplier. L'herbe fume
au soleil
Des troncs roulent dans la rivière
le sable écorche les pieds.
Deux jours sans manger, des camions passent
dans la poussière et la lumière, les
rivières
montent.
Dégel dans les hautes prairies. Vers l'ouest en juillet.
Les huîtres molles pourrissent, à marée
basse
les parcs puent.
Assis sans penser à rien au bord du chemin de rondins
J'ébauche un nouveau mythe
en regardant les loutres
le dernier camion disparu.
CHANSONNETTE POUR GAÏA
Reveillé par l'horloge sur le coup de cinq heures
Le jour déjà,
Je vois encore le rêve
Trois Vierges du Maïs en vert
Feuilles vertes, jupe, manches —
En promenade,
Je
détournai les yeux, sachant ne point regarder.
Et m'éveille songeant :
J'aurais dû mieux observer
Pour voir comment c'est fait
Les Vierges du Maïs en vert.
Visage en feuille verte, aussi
Yeux détournés.
Mais alors je suis content d'avoir su pour une fois
Ne pas trop regarder quand
Vraiment là.
Ou essayer de l'écrire
12 mai 2005
Corso
Corso
Gregory
Nunzio Corso est né à New-York le 26 mars 1930.
Sa mère, âgée de seulement 16 ans
lorsqu'elle donne naissance à Gregory, abandonne sa famille
et son fils un an après sa naissance pour retourner vivre en
Italie. Corso va donc passer la majeure partie de son enfance entre
orphelinats et maisons d'accueil. Son père se remarie alors
que Gregory est âgé de 11 ans, et il obtient la
garde de son fils, mais le jeune garçon fugue à
plusieurs reprises. Il est alors placé en pension, mais il
s'en échappe aussi. Durant son adolescence
agitée, il passe quelques mois dans une prison NYorkaise
(The Tombs) à cause d'une affaire de vol de radio.
Après avoir purgé cette peine il est
placé en observation à l'hôpital
Bellevue pendant trois mois. A l'âge de 17 ans, il est
reconnu coupable de vol et condamné à une peine
de trois ans de prison. Pendant son incarcération
à la "Clinton State Prison", il lit
énormément et commence à
écrire de la poésie. Après sa sortie
en 1950, il rencontre Allen Ginsberg, grace à qui il fera la
connaissance de Jack Kerouac et William Burroughs, ainsi que d'autres
artistes et écrivains NYorkais : la future Beat
Generation... En 1952 il travaille pour le "Los Angeles Examiner", puis
sert dans la marine marchande. En 1954 il travaille à
l'Université d'Harvard, où les
étudiants contribuent à la publication de son
premier recueil de poèmes "The Vestal Lady on Brattle and
other poems". Deux ans plus tard, il se rend à San Francisco
où Lawrence Ferlinghetti (City Lights Books) vient de
publier son recueil de poèmes "Gasoline". Il devient
célèbre et en 1957 il rejoint Kerouac et Ginsberg
pour une série de lectures et d'interviews. En 1958
paraît son poème le plus
célèbre, "Bomb", texte en forme de champignon
nucléaire. A partir de cette époque, il va
beaucoup voyager, notamment au Mexique et en Europe de l'Est. Ses
principales publications après "Gasoline" sont "The Happy
Birthday of Death" (1960), "The American Express" (1961), "Long Live
Man" (1962), "Elegiac Feelings American" (1970), "Herald of The
Autochthonic Spirit" (1981), "Mindfield" (1989). Il
décède des suites d'un cancer de la prostate,
chez sa fille Sheri Langerman à Minneapolis, le 17 janvier
2001, à l'âge de 70 ans.
BIBLIOGRAPHIE
The Vestal Lady on Brattle and other poems. Richard Brukenfeld, 1955
Gasoline. City Lights Books, 1958
A Pulp Magazine for the Dead Generation : poems with Henk Marsman. Dead
Language, 1959
The Happy Birthday of Death. New Directions, 1960
Minutes to Go (with Sinclair Beiles, William Burroughs and Brion
Gysin). Two Cities, 1960
The American Express. Olympia, 1961
The Minicab War : The Gotla War-Interview with Minicab Driver and
Cabbie. Matrix Press, 1961
Long Live Man. New Directions, 1962
Selected poems. Eyre & Spottiswoode, 1962
The Mutation of The Spirit. Death Press, 1964
The Geometric Poem. Cosmopresse, 1966
10 Times a Poem. Poets Press, 1967
Elegiac Feelings American. New Directions, 1970
Ankh. Phoenix Book Shop, 1971
The Night Last Night Was at Its Lightest. Phoenix Book Shop, 1972
Earth Egg. Unmuzzled Ox, 1974
Way Out : A Poem in Discord. Bardo Matrix, 1974
Herald of The Autochthonic Spirit. New Directions, 1981
Mindfield. Thunder's Mouth Press, 1989
Sentiments Elegiaques Américains. Christian
DEUX POEMES
MER EN VRILLE
Se noyer être cheveux lents
Être poisson-ménestrel
Un œil écarquillé qui effleure
L'épave sondée pour voir —
Pour descendre toujours se noyer
Descendre dans le conclave du calmar
Toit noir le ventre de la baleine
Sol d'huîtres le tombeau —
Mon fantôme marin remonte
Et des cheveux plus lents
d'argent strient mes yeux
Plus haut plus haut je tourbillonne
Et me demande où —
Respirer dans la coupe de Neptune
Pousser du coude brise et tempête
Palper la sirène
Rester pour attacher mes cheveux
À l'étrier de l'hippocampe —
Diane Di Prima
Diane
Di Prima
Diane Di Prima est née le 6 août 1934 à
Brooklyn, New York. Elle commence à écrire
dès l'âge de sept ans, et prend la
décision de faire de la poésie sa vie
à l'âge de quatorze. Son premier livre, "This Kind
of Bird Flies Backward", paraît en 1957.
Elle vit à Manhattan pendant plusieurs années, et
est considérée comme la femme écrivain
la plus importante du mouvement Beat. Entre autres
activités, elle participe à la fondation du "New
York Poets Theatre", et crée avec son mari Alan Marlowe une
maison d'édition, "The Poets Press", qui publiera 29 livres
de prose et poésie d'auteurs tels que Gregory Corso, Herbert
Huncke, et bien d'autres. Puis, avec Amiri Baraka (LeRoi Jones), elle
fonde une revue littéraire mensuelle, "The Floating Bear",
une des revues beat les plus importantes de l'époque, et qui
existera durant 10 ans.
À la fin des années soixante, elle passe beaucoup
de temps sur la route. Elle vit d'abord à New-York, puis
rejoint la communauté psychédélique de
Timothy Leary à Milbrook, avant de traverser le pays dans un
fourgon VW jusqu'à San Francisco. Là-bas, elle
étudie le Bouddhisme Zen, le Sanskrit et l'Alchimie,
écrit l'un de ses poèmes les plus
célèbres, "Loba", et élève
ses cinq enfants. De 1980 à 1986, elle enseigne les
traditions ésotériques en poésie, au
"New College of California". Son travail a été
depuis traduit en une douzaine de langues. En 1983, elle veut
appronfondir son étude du Bouddhisme et devient
l'élève de Chogyan Trunga Rinpoche.
Aujourd'hui, elle vit et travaille à San Francisco,
où elle est l'un des fondateurs et professeur du "San
Francisco Institute of Magical and Healing Arts". Ses derniers travaux
sont "Not Quite Buffalo Stew", un roman satirique sur la vie
californienne, une autobiographie parue sous le titre "Recollections of
My Life as a Woman", et un livre sur Shelley en tant que
poète-magicien.
Diane Di Prima a publié 31 livres, collaboré
à plus de 300 revues et magazines littéraires,
est apparue dans 70 anthologies. Ses poèmes ont
été traduits en une trentaine de langues.
BIBLIOGRAPHIE
This Kind of Bird Flies Backward. Totem Press, 1957
Various Fables from Various Places. G.P. Putman, 1960
Dinners and Nightmares. Corinth Press, 1961
The New Handbook of Heaven. Auerhan Press, 1962
The Man Condemned To Death. 1963
Poets Vaudeville. Feed Folly Press, 1964
Seven Love Poems for The Middle Latin. Poets Press, 1965
Haiku. Love Press, 1966
New Mexico Poem. Poets Press, 1967
Earthsong. Poets Press, 1967
Hotel Albert. Poets Press, 1968
War Poems. Poets Press, 1968
L.A. Odyssey. Poets Press, 1969
Memoirs of a Beatnik. Olympia Press, 1969
The Book of Hours. Brownstone Press, 1970
Kerhonkson Journal. Oyez Press, 1971
Revolutionary Letters. City Lights Books, 1971
The Calculus of Variation. Eidolon Editions, 1972
The Floating Bear. Laurence McGilvery, 1973
Loba (Part I). Capra Press, 1973
Freddie Poems. Eidolon Editions, 1974
Selected Poems : 1956-1975. North Atlantic Books, 1975
Loba (Part II). Eidolon Editions, 1976
The Loba as Eve. The Phoenix Book Shop, 1977
Loba (Parts I-VIII). Wingbow Press, 1978
Memoirs of a Beatnik (réedition). Last Gasp Press, 1988
The Mysteries of Vision. Am Here Books, 1988
Wyoming Series. Eidolon Editions, 1988
Pieces of a Song : Selected Poems. City Lights Books, 1990
Seminary Poems. Floating Island, 1991
The Mask Is the Path of the Star. Thinker Review International, 1993
Zip Code. Coffeehouse Press, 1994
Recollections of My Life as a Woman. Viking Press, 2001
John Clellon Holmes
John
Clellon Holmes
John Clellon Holmes est né le 12 mars 1926 à
Holyoke, Massachussets. Il fréquente très
tôt les milieux littéraires de New-York et
rencontre Jack Kerouac, alors encore inconnu. Une solide
amitié, basée sur leurs aspirations
d'écrivains, se noue entre les deux jeunes hommes. En 1948,
Holmes demande à Kerouac quel terme pourrait
décrire les caractéristiques de sa
génération, et celui-ci répond avec le
terme "Beat Generation". En 1952 est publié le roman de
Holmes, "Go", où il décrit, cinq ans avant "Sur
la Route", les tribulations de Kerouac, Ginsberg et Cassady. Go attire
l'attention des médias et The New-York Times Magazine
demande à Holmes d'écrire un article sur
l'univers dont il est question dans son roman. Se souvenant de la
phrase de Kerouac pour qualifier cette
génération, il titre l'article "This is the Beat
Generation". Le terme est désormais connu du grand public.
Holmes est mort le 2 mars 1988 à Middleton, Connecticut, en
laissant derrière lui trois romans, des poésies,
des essais.
BIBLIOGRAPHIE
Go. 1952 (roman)
The Horn. (roman)
Get Home Free. (roman)
Night Music : Selected Poems. (poésie)
Passionate Opinions. (essai)
Displaced Person : The Travel Essays. (essai)
Representative Men : The Biographical Essays. (essai)
13 mai 2005
Philip Lamantia
Philip Lamantia
Philip Lamantia est né le 23 octobre 1927 à San
Francisco. Il commence à écrire de la
poésie très tôt, alors qu'il est
à l'école primaire. Plus tard, il lit les
œuvres d'Edgar Allan Poe et H.P. Lovecraft et se fait
renvoyer quelques jours de son collège pour
"délinquance intellectuelle". À l'âge
de seize ans, il découvre le surréalisme
à travers Miro et Dali, et commence à
écrire de la poésie surréaliste. Peu
après il déménage à
New-York pour y rencontrer les surréalistes
français exilés pendant la guerre, et parmi eux
André Breton, qui reconnaît
immédiatement son talent. En 1943, des poèmes de
Lamantia sont publiés par André Breton dans VVV,
revue surréaliste américaine. Son premier livre,
Erotic Poems, est publié en 1946, Philip Lamantia a 19 ans.
En 1950, il se rend à New-York où il se lie
d'amitié avec Carl Solomon, Allen Ginsberg et Jack Kerouac,
ainsi que d'autres membres de ce qui deviendra quelques
années plus tard la Beat Generation. Lamantia est l'un des
six poètes de la lecture d'octobre 1955 à la 6
Gallery. Il est le premier à monter sur scène et
lit ses poèmes ainsi que ceux d'un de ses amis, John
Hoofman, qui vient de mourir d'une overdose de peyotl à
Mexico. Son second livre, Ekstasis, est publié
après cette soirée. En 1959, il se rend
à Mexico puis en Europe où il vivra durant les
années 60 avant de revenir à San Francisco.
Considéré plus ou moins correctement comme un
poète beat, il est en tout cas celui qui a le plus
puisé dans les découvertes du
Surréalisme et apparaît comme le lien entre la
révolution surréaliste des années 20
en France et la Beat Generation. Son travail et sa
personnalité ont influencé beaucoup d'auteurs,
bien au-delà du cercle beat. Lamantia vit aujourd'hui
à San Francisco où il écrit toujours
de la poésie et fréquente les milieux de
l'avant-garde.
BIBLIOGRAPHIE
Erotic Poems. Bern Porter Books, 1946.
Ekstasis. Auerhahn Press, 1959.
Destroyed Works. Auerhahn Press, 1962.
Touch of the Marvelous. Oyez, 1966.
Selected Poems 1943-1966. City Lights Books, 1967.
The Blood of the Air. Four Seasons Foundation, 1970.
Becoming Visible. City Lights Books, 1981.
Meadowlark West. City Lights Books, 1986.
Bed of Sphinxes: New and Selected Poems 1943-1993. City Lights Books,
1997.
17 mai 2005
Philip Whalen
Philip Whalen
Philip Whalen est né le 20 octobre 1923 à
Portland, Oregon. Il rencontre au Reed Colege d'Oregon les futurs
poètes Gary Snyder et Lew Welch.
Whalen ne se destine pas à une carrière
poétique mais commence à écrire des
poèmes après que Snyder lui ait
demandé de participer à la lecture d'octobre 1955
à la 6 Gallery.
Tout comme Jack Kerouac et Gary Snyder, Whalen s'interesse de
très près au Bouddhisme. Il passe de nombreuses
années au Japon avant de revenir à San Francisco
en 1971. En 1973, il est ordonné moine bouddhiste puis en
1975 il devient le père supérieur du Centre Zen
de Tassajara Springs, en Californie.
Philip Whalen a publié de nombreux livres de
poésie et et a fini sa vie à San Francisco,
où il est mort le 26 juin 2002, à l'âge
de 78 ans.
BIBLIOGRAPHIE
Self-portrait From Another Direction. 1959.
The End, Of a Month of Sundays. 1959.
Memoirs of an Interglacial Age. 1960.
From Memoirs af an Interglacial Age. 1960.
Like I Say. 1960.
Hymnus Ad Patrem Sinensis. 1963.
Three Mornings. 1964.
Monday In The Evening, 21:VII:61. 1964.
Goddess. 1964.
Every Day. 1965.
Nobody Listening To You ? 1965.
Highgrade : Doodles, Poems. 1966.
You Didn't Even Try. 1967.
The Invention of the Letter. 1967.
Intransit. 1967.
T/O. 1967.
On Bear's Head. 1969.
Severance Pay. 1970.
Scenes of Life at The Capital. 1970.
Imaginery Speeches for a Brazen Head. 1972.
Looking for Help. 1972.
In The Night. 1972.
The Kindness of Strangers : Poems 1969-1974. 1976.
Decompressions. 1978.
The Diamond Noodle. 1980.
Enough Said : Fluctuat Nec Mergitur: Poems 1974 - 1979. 1980.
Tara. 1981.
Heavy Breathing. 1983.
A Vision of The Bodhisattvas. 1984.
The Elizabethan Phrase. 1985.
Two Novels. 1985.
Window Peak. 1986.
Driving Immediately Passed. 1989.
Canoeing Up Cabarga Creek : Buddhist Poems 1955-1986. 1996.
Michael McClure
Michael McClure
Michael McClure est né le 20 octobre 1932 à
Marysville, Kansas et grandit à Seattle. Il est
très tôt fasciné par la nature et la
vie sauvage, et compte devenir un scientifique en ce domaine. Encore
jeune, il se rend à San Francisco, participe aux ateliers
poétiques de Robert Duncan, et prend part à
l'émergence Beat de la renaissance poétique de
San Francisco.
McClure est l'un des six poètes à lire lors de la
soirée à la 6 Gallery. Son premier livre,
"Passage", est publié en 1956. Comme Gary Snyder, sa
poésie est habitée par la présence de
la nature, mais McClure porte un interêt particulier
à la conscience animale, que l'homme dénigre. Son
message est : "Lorsqu'un homme ne sait pas qu'il est un animal, il est
moins qu'un animal". Le royaume animal de McClure est peuplé
de pandas Bouddhistes, de chats Beats, de baleines
condamnées...
Michael McClure participe à l'Human Be-In de janvier 1967
avec Ginsberg et Snyder.
Ses pièces de théâtre, comme "The
Beard" ou "Josephine : The Mouse Singer", sont parmi les
pièces à succès des années
60 et 70. Au début des années 90, il entame une
collaboration musicale avec Ray Manzarek, le clavier des Doors.
Michael McClure continue d'écrire des poèmes, des
pièces de théâtre, des essais.
BIBLIOGRAPHIE
Passage. 1956.
For Artaud. 1959.
Hymns to St. Geryon and Other Poems. 1959.
The New Book/A Book of Torture. 1961.
Dark Brown. 1961.
Meat Science Essays. 1963.
Ghost Tantras. 1964.
The Blossom; or Billy the Kid. 1964.
13 Mad Sonnets. 1965.
The Beard. 1965.
Poisoned Wheat. 1965.
Unto Caesar. 1965.
(Mandalas) With Bruce Conner. 1966.
Love Lion Book. 1966.
Freewheelin' Frank, Secretary of the Angels. 1967.
The Sermons of Jean Harlow and the Curses of Billy the Kid. 1968.
Hail Thee Who Play. 1968.
Muscled Apple Swift. 1968.
Little Odes and The Raptors. 1969.
Star. 1970.
The Mad Cub. 1970.
The Adept. 1971.
Gargoyle Cartoons. 1971.
The Mammals. 1972.
The Book of Joanna. 1973.
Solstice Blossom. 1973.
Rare Angel. 1974.
A Fist-Full (1956-1957). 1974.
Fleas 189-195. 1974.
September Blackberries. 1974.
Jaguar Skies. 1975.
Gorf; or, Gorf and the Blind Dyke. 1976.
Antechamber. 1977.
The Grabbing of the Fairy. 1978.
Josephine The Mouse Singer. 1980.
Scratching the Beat Surface. 1982.
Fragments of Perseus. 1983.
The Beard; and Vktms: two plays. 1985.
Selected Poems. 1986.
Rebel Lions. 1991.
Lighting the Corners. 1993.
Simple Eyes and Other Poems. 1994.
General Gorgeous. 1998.
Huge Dreams. 1999.
Touching The Edge. 1999.
Rain Mirror : New Poems. 1999.
Plum Stones. 2002.
19 mai 2005
DUNCAN
DUNCAN
(R.)
DUNCAN
ROBERT (1919-1988)
La
naissance de Robert Duncan, à Oakland, le 7 janvier
1919, fut une
tragédie. Septième enfant d’un
manœuvre démuni, Robert Duncan causa, en
naissant, la mort de sa mère. Sept mois plus tard, une
famille sans enfants,
les Symmes, l’adoptait. Nouvelle tragédie
à l’âge de trois ans: le petit
garçon
court dans la neige vers sa mère adoptive; il tombe, les
lunettes qu’il porte
se brisent: dorénavant sa vue sera faussée. De
ces deux événements, le jeune
poète fera sa légende: il transformera ce
matériau biographique en défi. À
cette transformation il faut donner, d’ores et
déjà, une autre source: les
parents adoptifs du petit Robert étant férus
d’occultisme, son enfance se déroula
parmi les «pronostications», les cartes et les
tarots, au rythme des séances de
la communauté hermétique d’Oakland.
L’université
de Berkeley accueille Robert
Symmes, alias Robert Duncan, en 1935. Premières
expériences homosexuelles,
abandon des études au bout de trois ans. En 1940, Duncan
s’inscrit au Black
Mountain College en Caroline du Nord. Expulsé, il passe les
années de guerre à
Manhattan, au contact des artistes européens
réfugiés (André Breton,
Tanguy...). C’est l’époque de sa
«saison en enfer», marquée par une
courte cure
psychanalytique, une correspondance et une amitié
bientôt suspendues avec Anaïs
Nin. Appelé à l’armée en
1941, Symmes reprend son ancien patronyme et redevient
— définitivement — Robert Duncan. Retour
à l’université de Berkeley en 1943,
mariage, emploi auprès des éditions Dell
Publishing, publication en 1944 d’un
article retentissant, L’Homosexuel
et la société .
La rencontre en 1945 de
Kenneth Rexroth, poète et traducteur des
littératures orientales, lance le
mouvement qui aboutira à la San Francisco Renaissance des
années 1950,
couronnée par la lecture du Howl
d’Allan Ginsberg. Avec l’aide
de Jack Spicer, Willian Everson et Philip Lamantia, avec
l’apport du mouvement
anarchiste californien des Wobblies, les deux hommes créent
les conditions de
cette «renaissance » que les jeunes beatniks
new-yorkais donneront un moment
l’impression d’avoir confisquée
à leur profit.
L’œuvre
très singulière de Robert Duncan est
faite de syncrétisme religieux, de souffle épique
et d’une sensibilité
baudelairienne au malheur totalement uniques dans la
littérature américaine.
Comme si les traditions mariales catholiques et anarchistes
européennes avaient
fusionné dans cette langue par ailleurs rompue aux allures
sèches des Creeley
et des Olson, Duncan nous a donné, dans The
Opening of the Field
(1960), Roots and Branches
(1964) et Bending the Bow
(1968), provisions de bouche
et d’esprit pour le siècle qui vient. La culture,
nous dit-il, est éternel
émerveillement, éternelle nouveauté.
Richard Brautigan
Richard Brautigan
Richard Brautigan est né le 30 janvier 1935 à
Tacoma, Washington. On sait peu de chose sur son enfance, si ce n'est
qu'elle fut agitée. La rumeur dit même qu'il
ignorait qui était son père et que son
père lui-même n'apprit que Richard
était son fils qu'au moment de sa mort. Une autre rumeur dit
que Brautigan, à l'âge de vingt ans, jeta une
pierre à travers la fenêtre d'un commissariat de
police, avec pour conséquence d'être
enfermé à l'Oregon State Hospital, où
les médecins diagnostiqueront une paranoïa
schizophrénique.
Il débarque à San Francisco en 1955 et devient
presque immédiatement un membre du mouvement Beat. "The
Second Kingdom", son premier poème, est publié en
1956, et son premier livre "Lay the Marble Tea", en 1959. Entre-temps
il se marie avec Virginia Dionne Adler le 8 juin 1957 à
Reno, Nevada.
Dans les années 60, le travail de Brautigan gagne en
popularité et la plupart de ses œuvres les plus
célèbres seront publiées pendant cette
période. En 1972, il s'installe à Pine Creek,
Montana, et refusera d'accorder interviews et lectures pendant huit ans.
Il publie son dernier livre, Mémoires sauvés du
vent, en 1982. Le 25 octobre 1984, son corps sans vie est
découvert dans sa maison de Bolinas, Californie,
près d'une bouteille d'alcool et d'un révolver
calibre .44. Il en a été conclu qu'il
s'était suicidé.
BIBLIOGRAPHIE
L'avortement. Le Seuil, 1973 (livre de poche coll. Points)
La pêche à la truite. Christian Bourgeois, 1974
(livre de poche coll. 10/18)
Sucre de pastèque. Christian Bourgeois, 1974 (livre de poche
coll. 10/18)
Le général sudiste de Big Sur. Christian
Bourgeois, 1975 (poche coll. 10/18)
Le monstre des Hawkline. Christian Bourgeois, 1976 (poche coll. 10/18)
Willard et ses trophées de bowling. Christian Bourgeois,
1978 (poche coll. 10/18)
Retombées de sombrero. Christian Bourgeois, 1980 (poche
coll. 10/18)
Un privé à Babylone. Christian Bourgeois, 1980
(poche coll. 10/18)
Tokyo-Montana express. Christian Bourgeois, 1981 (poche coll. 10/18)
Mémoires sauvés du vent. Christian Bourgeois,
1983 (poche coll. 10/18)
La vengeance de la pelouse. Christian Bourgeois, 1983 (poche coll.
10/18)
Une tortue à son balcon. L'Incertain, 1989
Il pleut en amour. L'Incertain, 1991
Journal japonais : 13 mai-30 juin 1976. L'Incertain, 1992
Cahier d'un retour de Troie. Christian Bourgeois, 1994 (poche coll.
10/18)
POURQUOI LES POETES INCONNUS RESTENT INCONNUS BRAUTIGAN, RICHARD CASTOR ASTRAL, parut. 04/2003 (Un regrettable oublie lié à l'ignorance, merci underskor;)
























