05 avril 2005
christian
Site
dédié à la mémoire de
Christian Labruggère.
Un
ami décédé en avril 2005
qui
vivra à jamais dans le coeur de tout homme épris
de justice et de liberté.
Tu
m'as tant appris l'ami.... en si peu de temps.
Adieu
et que la paix soit sur toi........
Stanislas
kazal
06 novembre 2005
No future pour le CBGB
No future pour le CBGB
Dernier tomber de rideaux pour le club de légende qui a
lancé le mouvement punk aux Etats-Unis.
La nouvelle a retenti comme un riff d’une guitare mal
accordée. Le CBGB, club mythique de New York, ferme ses
portes. Pour une histoire de bail non renouvelé, le point de
rencontre des aficionados de rock a donc du tirer sa
révérence. C’est la
société Bowery’s Resident Comitee,
propriétaire de l’endroit, qui a
décidé qu’une page du rock devait se
tourner. Hilly Kristal, le fondateur du CBGB, était en effet
en conflit avec la société sur des
arriérés locatifs et une augmentation du loyer
atteignant les 19 000 dollars par mois.
Une sanction qui doit déplaîre souverainement
à Kristal, non seulement puisqu’elle signifie la
fin d’un club qu’il tient depuis près de
32 ans, mais surtout parce qu’elle contre son leitmotiv de
toujours : « Do it your way and fuck everybody else
!» (« Fais-le à ta manière et
emmerde les autres ! » ).
Un credo qui a été le cri de ralliement des
artistes underground de l’époque, et a
contribué à faire du CBGB le symbole de la
naissance du mouvement punk rock aux Etats-Unis. Pourtant,
à la base, ce n’était pas le but de
Hilly Kristal, et les initiales du club en sont la preuve : «
CBGB veut dire « Country BlueGrass Blues »,
c’est à dire la musique pour laquelle
j’ai fondé le club, mais pas celle grâce
à laquelle il est devenu connu ! », affirme le
fondateur.
L’année où le club est
fondé, 1973, représente
l’apogée des années disco, une
situation forcément horripilante pour les fans de rock, qui
décident alors de retourner aux bases du style en cherchant
à composer de façon « simple et
fraîche ». C’est la naissance du
« street rock », nom qui se changera rapidement en
« punk » - littéralement «
sans valeur ». Et pourtant, les punks qui jouent au CBGB en
ont une : « come as you are and do you own thing »
(« viens comme tu es et fais ton propre truc »).
Hilly Kristal adhère totalement à cette
idéologie et son but devient alors de trouver des musiciens
qui « jouent leur propre musique au lieu de copier celle des
autres. Pour moi, c’est l’originalité
d’abord, la technique ensuite ». Et c’est
ainsi que Patti Smith, Blondie, The Ramones font leurs premiers pas sur
la scène du CBGB sous les yeux d’Andy Warhol,
accompagné de son ami Lou Reed et du Velvet Underground.
Mais le groupe qui est le plus souvent assimilé au CBGB,
puisque c’est là qu’il a
réellement explosé, c’est The Talking
Heads. Considérés par Hilly Kristal comme
« les Bach du rock n’roll », leurs
débuts fracassants sur la scène du club furent
suivis de la carrière que l’on connaît.
Beaucoup des stars du rock qui doivent une fière chandelle
à Hilly Kristal se sont réunies en août
en un concert de solidarité au CBGB, et un groupe
d’artistes mené par Little Steven Van Zandt va
tout mettre en œuvre pour sauver le bar. Mais c’est
surtout sur l’intervention du maire de New York, Michael
Bloomberg, que tout le monde compte. Celui-ci s’est dit
prêt à « proposer une
médiation » pour sauver ce qu’il
considère comme « une grande institution de New
York, un morceau de notre culture» et
qu’il supporterait difficilement de voir ailleurs que dans la
Big Apple. Kristal avait effectivement
énoncé l’idée de
déménager le CBGB à Las Vegas. Pas
sûr que les casinos du Nevada soient remplis de rockers, mais
la communion pourrait peut-être se faire au niveau du
principe punk « pas de valeurs » !
Auteur : Virginie Le Baler
11 décembre 2005
Le CBGB’s fermera à l’Halloween 2006
Le CBGB’s fermera à
l’Halloween 2006 ![]()
Le Bowery Residents Committee, qui est propriétaire de l’édifice qui abrite le club, tente de l’évincer depuis la fin du bail, en août dernier. Le temple de la musique punk va finalement fermer sans avoir recours aux tribunaux.
Le CBGB’s a été ouvert en 1973 par Hilly Kristal qui assure qu’il est déjà à la recherche d’un nouvel espace à Manhattan afin de déménager après le 31 octobre 2006.
01 juin 2008
l'affaire sacco et vanzetti
BIOGRAPHIE de Sacco et Vanzetti par Carmen:
Nicola SACCO: il était né en 1891, d'une famille de 17 enfants à
Torremaggiore en Italie. A 14 ans, il quitte l'école pour aller
travailler aux champs. Avec son frère Sabino, ils rêvaient de voyages,
de partir aux Amériques. Ils partirent un jour de 1908 et débarquèrent
à Boston Est.
Nicola avait 17 ans. Sabino ne supporta pas longtemps l'exil, la vie
d'immigrant et moins d'un an après il repartait au pays. Nicola
persista. Il apprit un métier et devint spécialiste en fabrication de
chaussures. En 1913, il adhéra au groupe anarchiste local "Circolo di
Studi Sociali" et participa à l'organisation de meetings, dans les
villes voisines, distribua tracts et brochures, ouvrit des
souscriptions pour les grévistes et accueillit Tresca et Galleani,
révolutionnaires anarchistes très connus. En 1916 son groupe organisa
un meeting à Milford dans le but de recueillir des fonds pour soutenir
les grévistes d'une usine dans le Minnesota.
La préfecture n'ayant pas autorisé cette manifestation, les orateurs
furent arrêtés et parmi eux, Sacco. Il fût condamné à une amende et
c'est là, la seule peine qu'il a encouru avant son arrestation.
Bartolomeo VANZETTI: "Sans nom dans la foule des sans nom", ainsi
s'est-il décrit dans l'autobiographie de 20 pages qu'il a rédigée dans
la prison de Charlestown: Histoire d'une vie de prolétaire.
Bartolomeo était né en 1888 dans un petit village du Piémont italien:
Villafalleto. Doué pour l'étude et d'une intelligence particulièrement
éveillée, il aurait pu, selon ses professeurs devenir enseignant ou
même un savant. Son père, estimant que les études étaient trop
coûteuses, préféra le placer comme apprenti pâtissier plutôt que de le
laisser continuer à étudier. De place en place, besognant de ville en
ville, il attrapa une pleurésie si grave que son père vint le chercher
à Turin début 1907 pour le ramener à la maison.
Les jours qu'il passa chez lui, soigné admirablement par sa mère, ont été, a-t-il écrit plus tard les plus beaux de sa vie.
Mais ce bonheur fut éphémère, car sa mère atteinte d'un cancer devait
mourir au bout de 3 mois d'agonie. Vanzetti la soigna avec le même
dévouement et la même tendresse qu'elle avait eue pour le soigner. Il
s'embarqua au Havre pour l'Amérique après avoir traversé la France à
pied. De New York à Plymouth, Bartolomeo a trimé dur, errant de ville
en ville, faisant tous les métiers au bas de l'échelle sociale.
Pour combler son manque d'instruction, il avait lu Darwin, Spencer,
Hugo, Zola et Tolstoï mais il était depuis longtemps convaincu que
seule l'anarchie délivrerait l'humanité de ses chaînes et il étudiait
les oeuvres de Proudhon, Kropotkine et Malatesta qu'il affectionnait
particulièrement. Tout d'abord employé à la Compagnie de Cordages de
Plymouth comme la plupart des Italiens immigrés, il ne reprit jamais
son emploi après une longue grève de revendication salariale en 1916.
Un ami repartant pour l'Italie lui revendit sa charrette à bras et son
fond de commerce de poissons. C'est ainsi qu'il devint très connu et
très aimé dans le quartier. Pommettes saillantes, moustache tombante,
l'ami des enfants qui l'appelaient "Bart", effectuait tous les jours
ses livraisons de poissons en poussant sa baladeuse dans ces rues très
pauvres essentiellement peuplées d'Italiens et de Portugais.
Extraits de "L'Affaire Sacco et Vanzetti" de Ronald CREAGH:
Qui se souvient de cette magnifique chanson de Joan Baez sur une musique d'Ennio Morricone:
Here's to you, Nicola and Bart
Rest forever here in our hearts
The last and final moment is yours
That agony is your triumph
C'est aussi une chanson qui a été traduite en plusieurs langues et c'est Georges Moustaki qui l'a reprise en français:
Maintenant, Nicola et Bart
Vous dormez au fond de nos coeurs
Vous étiez tous seuls dans la mort
Mais par elle vous vaincrez !
C'est une chanson triste à la mémoire des 2 anarchistes condamnés à mort: "La Ballade de Sacco et Vanzetti". Paradoxalement, c'est une chanson qui a fait danser toute une génération en été 1971 !
LES FAITS
Sacco et Vanzetti ou les passions militantes: dans un pays aussi
implacablement procédurier que les Etats-Unis, les grands procès
tiennent une place non négligeable dans l'univers médiatique. La
tragédie de Nicola Sacco et de Bartolomeo Vanzetti, 2 anarchistes
accusés de crimes qu'ils se défendirent toujours d'avoir perpétré
déborde même du cadre de la politique intérieure par son retentissement
international, comparable à l'affaire Dreyfus en France.
Au delà d'un rappel des faits, ce sont les rapports réciproques entre
les passions et les idéologies qui appellent notre attention.
LES PALMER RAIDS
Depuis 1917, l'Etat a entrepris de liquider les anarchistes italiens. ils sont arrêtés par centaines et, en 1919, ces opérations sont, pour l'essentiel, achevées.
LE DRAME
Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti n'étaient pas anarchistes
lorsqu'ils arrivèrent sur le sol américain: ils le devinrent aux
Etats-Unis. Sacco était ouvrier fraiseur dans une usine de chaussures ;
Vanzetti, renvoyé d'une usine pour son action au cours d'une grève,
gagnait sa vie comme poissonnier ambulant.
Leurs compatriotes italiens étaient au plus bas de l'échelle sociale.
2 faits allaient marquer le destin des deux protagonistes. La veille de
Noël 1919, à Bridgewater dans le Massachusetts, une fourgonnette
transportant une importante somme d'argent fut attaquée par une voiture
mais réussit à s'échapper. Le 15 avril 1920, dans la ville industrielle
de South Braintree, à une vingtaine de kilomètres de Boston, un hold-up
sanglant et réussi dans une usine de chaussures aboutit à la saisie du
salaire des employés, seize mille dollars au total, qui ne seront
jamais retrouvés.
Vanzetti est accusé du premier attentat, condamné, puis présenté au
second procès. Il se trouve ainsi en posture de suspect. Alors qu'on
avait pris pour sa défense un avocat "classique", on décide de
recourir, pour le crime de South Braintree, à un avocat politiquement
engagé. Le résultat, en juillet 1921, est désastreux: Sacco et Vanzetti
sont condamnés à la peine de mort.
Les requêtes pour un nouveau procès se succèdent. Examinées chaque fois
par le même juge qui avait statué dans les affaires précédentes, elles
sont coup sur coup rejetées par lui, les décisions se faisant attendre
parfois plus d'un an.
En 1925, un gangster, Celestino Madeiros, confesse le crime de South Braintree. Nouvel appel devant la Cour suprême du Massachusetts, qui le renvoie au juge précédent. Celui-ci refuse de prendre en compte le fait nouveau. Une seconde requête devant la Cour suprême en 1927 aboutit au même résultat négatif. En dernier ressort, une pétition est présentée au gouverneur de l'Etat. Celui-ci refuse le pardon. Pourtant, les 2 anarchistes ont toujours nié toute participation aux crimes pour lesquels ils sont accusés.
LE RETENTISSEMENT ET SES INTERPRETES
Après 7 années de prison, le 23 août 1927, à minuit, Sacco et Vanzetti sont exécutés sur la chaise électrique. Ce jour-là, l'Amérique entière est mobilisée dans une ultime attente. A Boston, par exemple, tout ce que le pays compte d'écrivains de talent manifeste sur la place publique. A Detroit, dans le Michigan, 25000 personnes manifestent. A New York, une population immense se retrouve à Union Square, le grand lieu des rassemblements ouvriers.
L'echo favorable que les accusés reçoivent auprès d'un segment de l'opinion est l'effet de plusieurs facteurs: la ténacité du Comité de défense, qui réussit à mobiliser quelques journalistes ; les Civil Liberties Commities ; l'impression forte suscitée dans le monde ouvrier ; le rôle remarquable de quelques grandes bourgeoises bostoniennes. Il résulte aussi de l'exceptionnelle durée de l'attente avant l'exécution sur la chaise électrique -7 ans- des protestations d'innocence des accusés, enfin et surtout de leur personnalité d'une trempe exceptionnelle.
LES SAMARITAINS DE LA DERNIERE HEURE
Les historiens ont beaucoup parlé de certaines collectivités,
particulièrement représentatives: les communistes, les catholiques, les
intellectuels. Néanmoins, à de rares exceptions près, ces groupes ne
sont intervenus qu'à la fin de la crise.
Les communistes américains n'entrent en lice que dans la dernière année
en 1927. Leur stratégie est essentiellement orientée à se présenter
comme les meneurs de l'opération. Au-delà de leurs rodomontades, ils
utilisent le procès et ses victimes comme marchepied à leur propagande.
Les anarchistes, dont un nombre important a été expulsé du pays, ne
peuvent qu'agir en sous-main auprès de leurs compatriotes italiens,
auxquels ils réussissent à faire passer une information fiable, mais
aussi auprès des intellectuels, qui vont occuper les positions les plus
visibles.
La population italienne est très logiquement la première à se mobiliser
et à rechercher des informations honnêtes. Elle contribue
généreusement, pendant ces 7 années, à la défense des accusés.
Par ailleurs, les conflits entre fascistes et antifascistes vont se
multipliant tout au long de la campagne de défense des accusés. Les
Etats-Unis et l'Italie de Mussolini coopèrent au plus haut niveau pour
la répression des "agitateurs".
Un certain nombre de facteurs sont donc entrés en jeu: la xénophobie, les préjugés des Bostoniens, les brutalités policières, le désespoir des pauvres qui les incite à la violence. A ces données psychologiques s'ajoutent des éléments structurels: la lutte des classes, les inadéquations du système judiciaire...
LE POINT AVEUGLE DES IDEOLOGIES
Sur le procès de Sacco et Vanzetti plane le soupçon d'un réglement de
comptes: le Bureau of Investigation (ancêtre du FBI) n'ayant pas réussi
à démontrer leur participation à ces actions veut les leur faire payer
en leur imputant un crime.
Plus qu'une page noire de l'histoire américaine, l'affaire Sacco et
Vanzetti est la réaction cohérente d'institutions américaines soutenues
par les conservateurs, mais aussi par les libéraux. C'était en effet
une tragédie, dont le sens échappa à la plupart de ses participants: si
au lieu de définir leurs ennemis en termes trop généraux, ils avaient
visé une cible bien délimitée, le Bureau of Investigation, la partie
aurait peut-être eu une issue différente.
EN CONCLUSION
Le combat héroïque de 2 personnes contre cette institution avide d'argent et de pouvoir, qui allait devenir le FBI, donne à cette histoire une pertinence que ne démentira pas notre époque où le destin du monde se joue dans des bureaucraties nationales et multinationales impitoyables. Mais il existe aussi, maintenant, des femmes et des hommes qui veulent agiter la conscience planétaire, et cette rencontre de deux êtres avec leur destin ne pourra que les éclairer.






















