Ma mythologie - Stanislas kazal underground blog

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20 mars 2005

Iggy pop and the stooges

 

 


Iggy Pop and the stooges


pop_iggyThe Stooges est un groupe de musique américain précurseur du rock à haute énergie et du.punk The Stooges est fondé en 1967 par James osterberg (devenu Iggy pop dont ce fut le premier groupe) avec les frères Asheton (Ron à la guitare et Scott à la batterie) ainsi que Dave Alexander à la basse.
D'un point de vue historique, les deux premiers albums sont les plus importants. Ils sont en effet situés à une charnière entre le rock psychédelique et le hard rock, mais aussi constituent une lignée spécifique dont ils sont l'archétype. On dit en effet que le son de tel ou groupe est « stoogien » pour exprimer l'appartenance à cette lignée. Celle-ci est définie par un son de guitare métallique mi-lourd, mi-agressif, en distorsion quasi-permanente, exprimant des mélodies simples et envoutantes à trois accords. La voix très expressive délivre un mélange d'ethousiasme et de résolution, caractéristique du rock psychédélique, et d'agressivité spécifique du début des année 70. Le rythme peut être très rapide, comme dans « 1970 », ou au contraire très rampant comme dans « Little doll », mais conserve dans tous les cas une structure très linéaire au cours du morceau.

Discographie
- stooges     (1969)
-fun houses  (1970)
-raw power   (1973)

 

Iggy marche sur la foule veritable messie du rock!

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BORN IN BOREDOMLAND

 
Tout à été dit ou presque sur la vie, les frasques de Iggy Pop, né James Osterbeg à Ann Harbor, bled du Michigan, il y a quelques années déjà. Très peu d'informations sont parvenues jusqu'à nous de la nuit de folie qui a abouti à sa procréation. Même les fainéants de chez ROLLING STONE ont été incapables de photographier sa naissance et d'interviewer Madame Pop en direct. C'est vous dire le peu de chose sur son enfance que vous allez apprendre en lisant cette prose !

       

Quoi qu'il en soit, nous devinons sans peine que l'adolescence du gamin se résume aux quelques vers de la chanson 1969. Respectons donc la volonté d'Iggy et n'en parlons pas d'avantage tellement elle sent le Prozac et l'emmerde la plus totale.

       

Sa carrière de rock star commence bizarrement derrière une batterie dans un combo qui s'appelle The Iguanas. Tiens donc ! Très vite, en bon observateur privilégié, il constate que la meilleure place dans un groupe est tout de même celle de chanteur. Il crée donc les Stooges. Très vite, en une paire d'album, THE STOOGES et FUN HOUSE, il se démarque des autres musiciens du combo et devient la figure emblématique de toute une génération qui en a plein le dos des sixties hippies abrutissantes. Pendant les années qui vont suivre, et jusqu'à la mort du groupe en 1975, les concerts d'Iggy ne seront qu'une succession de performances destroy sur fond de drogues dures. Le meilleur résumé de cette période reste le très amphétaminé LP RAW POWER, première coopération plus ou moins réussie avec David Bowie. Pour les durs de dur, nous retiendrons les images de Iggy marchant, tel un nouveau Messie, sur ses fans au festival de Cincinnati en 1970. Pour clore ce très très bref historique des Stooges, nous dirons seulement que Dave Alexander est le seul à s'en être bien sorti.
       

 


IN A RUT
        

Alors que les stars du futur mouvement punk en sont encore à composer leurs répertoires au fond des caves londoniennes, la carrière de Iggy est au point mort. Plus de groupe et plus de contrat discographique. Tout le monde l'a plus ou moins laissé tomber lassé par les frasques de son iguane de personnage. Heureusement, Bowie, alors au top de sa carrière, lui propose de retourner en studio pour un album solo. Le résultat est le plus que surprenant THE IDIOT à l'atmosphère très bowienne du sol au plafond. Si les fans des Stooges sont plutôt surpris par le son plutôt glacial de l'album, Iggy remporte un beau succès d'estime pour la première fois de sa carrière. Certes, des voix s'élèvent pour faire remarquer que THE IDIOT n'est ni plus ni moins qu'un album de Bowie avec un autre chanteur et que le thin white duke a allègrement castré son poulain en faisant fi de sa personnalité mais, au final, les chansons sont tout aussi inquiétantes que sur tous les album des Stooges. La sauvagerie physique s'est juste un peu intellectualisée.

       

L'album est enregistré en France, aux studios du château d'Hérouville et à Berlin. Les séances sont un peu hard car Iggy est un peu flemmard. Ses années post-Stooges lui ont un peu laminé la santé. Heureusement, en bon garde-chiourme conscient des immenses possibilités de son poulain, Bowie ne le lâche pas une seconde et veille à lui faire perdre ses fâcheuses habitudes. Très vite, il est décidé que cet album sera le premier d'une trilogie basée sur le même principe sonore. L'album est à peine sorti , suivi d'une tournée, en mars 77, que l'équipe reprend ses quartier au Hansa Studio de Berlin pour enregistrer LUST FOR LIFE dans la foulée. Bowie est un peu moins présent et laisse même Iggy composer un peu de musique. De ces différentes sessions, nous retiendrons une kyrielle de hits qui n'ont pas pris une ride en un peu plus de vingt ans. De Nightclubbing à Sister Midnight, en passant par Lust For Life et The Passenger, le meilleur d'Iggy en très peu de temps !

       

LIVE !

       

Dès la sortie de THE IDIOT, Iggy part sillonner l'Europe et l'Amérique du nord accompagné de Bowie aux claviers. Tout de suite, c'est un succès. La bête n'a rien perdu de ses qualités scéniques. Alors que le punk est maintenant bien implanté dans les esprits, c'est l'occasion pour le public de découvrir l'homme qui a influencé tous ces nouveaux groupes. Il est la référence ultime pour tous les amateurs de nihilisme et de mode de vie déstructurée à l'extrême. Les Sex Pistols clôturent leurs shows avec une interminable version de No Fun. Ils qualifient la chanson de véritable mantra de l'ennui. Les Damned, fin 76, enregistrent 1970. Plus tard, Sid Vicious chantera I Wanna Be Your Dog et Search & Destroy avant d'y laisser sa peau. Pas de problème pour la génération destroy, Iggy en est la clef de voûte.

       

En septembre 77, l'été de la haine a focalisé l'attention de tous les médias. Les Pistols ont finalisé No Fun en face B de Pretty Vacant. L'atmosphère est au lynchage pour les punks iconoclastes et Iggy en profite pour sortir LUST FOR LIFE. La tournée suit et arrive à Paris le 23 septembre.

       

CE N'EST QU'UN AU REVOIR DAVID…

       

A la fin de l'année 1977, les rapports entre Iggy et Bowie se sont un brin détériorés. Le premier juge son poulain un peu trop destroy à son goût et Iggy en a marre de lever le petit doigt chaque fois qu'il lui prend envie de pisser. Ils décident d'arrêter là leur collaboration. Pour des raisons de contrat, le troisième album studio se transforme en Live. Ce sera le très chaotique TV EYES LIVE 77 avec Bowie aux claviers sur certains titres de la tournée américaine de mars. Bizarrement, la trilogie studio se verra finaliser presque dix ans plus tard de bien curieuse façon. Alors que Iggy et Steve Jones, anciennement guitariste des Sex Pistols, enregistrent les démos d'un futur album, les comptables de Bowie s'aperçoivent qu'ils ont versés trop de royalties à Iggy. L'iguane se retrouve donc débiteur d'une coquette somme qu'il n'a pas envie, bien évidemment, de rembourser. L'arrangement est donc trouvé : Bowie produira l'album BLAH BLAH BLAH. C'est non sans humour que Iggy révélera la chose lors du concert Solidays de 1999 pendant une interview avec Philippe Manœuvre. Par la même occasion, remarquons au passage, qu'une nouvelle fois, c'est David Bowie qui relance la carrière d'Iggy encore au creux de la vague ! Ces deux là, ils sont faits pour s'entendre.

       

MAUVAISE PASSE

       

A partir de 1978 et jusqu'en 1983, Iggy enregistre plusieurs albums avec chaque fois des musiciens différents, et de moins en moins de succès. Il s'épuise en tournées mal préparées par des boites de disques qui s'en foutent royalement. Bien sûr, il faut bien reconnaître que SOLDIER, NEW VALUES, PARTY ET ZOMBIE BIRDHOUSE ne sont pas de grandes réussites. Les chansons ne sont pas mauvaises mais il y manque la touche de folie qui est la marque d'Iggy. On peut même dire que le summum de l'emmerde est atteint avec ZOMBIE BIRDHOUSE, produit par Chris Stein de Blondie. Les concerts sont à l'avenant. Pour mémoire, citons brièvement la vidéo "souvenir" LIVE IN SAN FRANCISCO (25 novembre 1981) pour s'en convaincre. Soixante minutes à patienter pour quelque chose et que dalle au final… Incapable de gérer sa carrière, Iggy s'enfonce dans les concerts de merde et dans la dope. En 1983, il se retrouve exactement au même point qu'à la séparation des Stooges.
 

       


Pendant ce temps, Bowie prépare la sortie de son nouvel album. Parmi les titres enregistrés, China Girl, chanson qu'il a écrit avec Iggy pour l'album THE IDIOT. Le titre est tellement carton qu'il est édité en single et devient un hit mondial. Pour la première fois de sa vie, l'iguane touche des droits d'auteur à plus savoir quoi en foutre. Du jour au lendemain, sa vie change. Il est enfin stabilisé financièrement. Pas rancunier pour un clou envers son bienfaiteur indécrottable, c'est Iggy, l'année suivante, qui ira chercher le Music Award de Bowie pour la meilleure chanson de l'année. Plein d'humour, il exprimera son étonnement d'avoir écrit une chanson à succès en 1976 sans s'en être aperçu !
Maintenant plein d'oseille, Iggy décide de faire un break salutaire assorti d'une bonne cure de désintoxication. Il nage en plein bonheur, trouve chaussure à son pied et fini même par s'occuper de son fils.

       

BACK IN THE SADDLE

     

Profitant à fond de son tout nouveau temps libre, Iggy fait même un peu de cinéma. On peut brièvement le voir dans LA COULEUR DE L'ARGENT, le film de Scorcese, SID & NANCY d'Alex Cox et même dans MIAMI VICE où sa prestation est finalement coupée au montage. En 1986, comme nous l'avons déjà dit, il coupe le cordon ombilical qui le reliait encore à Bowie en le laissant produire L'album BLAH BLAH BLAH. C'est leur dernière collaboration, Iggy solde les comptes et veut marcher tout seul. Dans la foulée, il reprend les concerts. C'est d'autant plus facile que, maintenant, il peut les produire et s'éviter les galères des années passées. Ainsi, d'octobre 86 à juillet 87, il enchaîne quelques cent trente concerts à travers le monde entier. Puis, c'est à nouveau un long break d'un an.

       

Pendant que ses fans patientent, Iggy, aidé, entre autre, par Steve Jones, peaufine ses nouvelles compositions dans le plus grand secret. Beaucoup de gens le pensent définitivement assagi et rincé après son marathon de l'année passée. C'est donc avec une stupeur bien évidente qu'ils prennent l'album INSTINCT en pleine tronche. C'est le grand retour de l'Iguane. Encore plus violent que RAW POWER ! Comme quoi, la sérénité mène à tout à condition d'en sortir. La tournée qui suit est peut-être la meilleure depuis le LUST FOR LIFE TOUR 77. Le groupe qui l'accompagne arrache tout sur son passage. On note même la présence d'un ancien UK Subs à la basse. Malheureusement pour nous, la prestation parisienne est une des plus poussives qui soit. Le groupe joue au Zénith et le son est abominable. Curieusement, lors du rappel, c'est tout le contraire. Iggy se rattrape et passe le public au rouleau compresseur. Ouf, on a eu chaud !

       

1988 A BEAT'EM UP

       

Depuis INSTINCT, Iggy prend un malin plaisir à surprendre son public en sortant des albums radicalement différents. En 1990, c'est la sortie de BRICK BY BRICK qui en étonne plus d'un. La pochette, géniale, est signée Charles Burns, un grand dessinateur de l'underground américain. Histoire de montrer qu'il n'a plus besoin de Bowie pour faire des hit, Iggy se paye même un duo à succès avec une des chanteuses des B52'S. Dans la tournée qui suit, il se fait accompagner par le groupe de son fils. En France, c'est à l'Olympia, qu'il choisit de nous fracasser les tympans. La place est tellement surbookée que la sortie de l'événement en vidéo permet à plus d'un détenteur de billet de pouvoir enfin voir le concert :
En 1993, AMERICAN CAESAR débarque dans les bacs. Tout de suite, c'est un tollé. Les médias américains prennent très mal le contenu du disque. Iggy est heureux, c'est ce qu'il voulait. Sur la pochette du CD, un avertissement est directement imprimé "Parental Warning : This is An Iggy Pop Record ". Très vite, un avertissement légal est collé par dessus afin de ne pas choquer les ligues de bonnes mœurs.



Suite à ça, les rapports avec Virgin se dégradent. Iggy en rajoute même dans les interviews qui suivent la sortie du très spécial (disons moyen) NAUGHY LITTLE DOGGIE en laissant entendre qu'il considère cet album comme une punition pour son label ! Sacré Iggy, c'est comme ça qu'on l'aime mais, malheureusement, il n'y a pas que le label qui est puni dans l'histoire tant cet album manque de surprise (même s'il contient d'excellents titres comme I Wanna Live ou Innocent World.)
Parallèlement à ce disque, Iggy cartonne grâce à la B.O. du film TRANSPOTTING qui remet le titre Lust For Life aux goûts du jour.
Pendant les années qui suivent, Iggy n'en fait qu'à sa tête : les concerts sont excellents et l'iguane écrit même en 1997 le générique d'un dessin animé complètement loufoque : SPACE GOOFS (Les zinzins de l'espace).
En 1999, les rapport avec Virgin semblent de bien meilleure qualité alors que se profile la sortie de AVENUE B. Album plus intimiste que les précédent, AVENUE B peut aussi bien être considéré par certains comme le nouveau LUST FOR LIFE tout comme d'autres vous assureront le contraire. Satisfait par le contenu de l'album (qui est tout de même balaise), Virgin se fend même d'un communiqué de presse peu avant le premier concert de l'Elysée-Montmartre, le 08 novembre 1999. Persuadé que l'iguane s'est enfin assagie, Virgin annonce fièrement un concert faisant la part belle aux instrument acoustiques afin de mettre bien en avant le côté crooner de Iggy sur lequel le label compte à mort pour relancer les ventes. Evidemment, c'était sans compter sur l'homme qui commence le concert par No Shit, Nazi Girlfriend avant de passer au bout de quelques morceaux à l'artillerie lourde habituelle avec Search & Destroy. Il y aura bien un passage acoustique au cours du show mais celui-ci sera tellement rapide qu'il ne marquera pas vraiment les esprits présents. A partir de là, les rapports avec le label se refroidissent à nouveau, surtout que les ventes de l'album sont plus proches d'un électroencéphalogramme plat qu'autre chose. Pourtant, Virgin insiste encore et arrache l'accord d'Iggy pour un show télé entièrement acoustique qui serait diffusé en fin d'année sur une chaîne à péage française. Une nouvelle fois, c'est le délire question invités : Johnny Depp et Vanessa Paradis pour des duos sympathiques quoi que très anecdotiques. Pour en finir avec ce concert pour la télé, dès le départ Iggy n'est pas enthousiaste. Très vite, il apprend qu'il ne jouera pas devant ses fans mais devant un public d'invités trié sur le volet en tenues de soirée de surcroît ! Pour cette dernière raison, plusieurs journalistes refusent de se déplacer et préfèrent donner leurs invitations à des fans purs et durs. C'est comme ça qu'une fan apprendra après le concert que suite à un problème technique, certains instruments doivent être enregistrés à nouveau et qu'Iggy est d'une humeur de chien.
Malgré toutes les qualités de AVENUE B, l'échec de l'album se confirme au cours de l'année 2000 et des rumeurs comment à circuler sur l'enregistrement d'un album très musclé pour l'année suivante. Après quelques soucis, l'album BEAT'EM UP sort en 2001 malgré le décès du bassiste Mooseman au cours d'un règlement de compte entre gangs. L'album surprend une nouvelle fois par son contenu hétéroclite : si les chansons sont effectivement beaucoup plus rentre-dedans que celles d'AVENUE B, la plupart font pas mal de concessions à la vogue du Metal sans pour autant être exceptionnelles. D'un autre côté, vu les merdes habituellement sorties par l'industrie du disque, un album moyen d'Iggy Pop reste un grand album n'en déplaise à tous les fans casse couilles qui préfèrent jouer aux perpétuelles insatisfaits plutôt que de chercher à séparer l'ivraie du bon grain chaque fois que sort un album d'Iggy. Avec BEAT'EM UP, il devient évident que les disques d'Iggy sont beaucoup trop longs pour être efficaces. Beaucoup de nouveaux titres ne sont rien d'autre que du remplissage et nuisent à l'équilibre des albums. Depuis l'apparition du CD et la possibilité de remplir l'objet avec plus d'une heure (et des fois plus…) de musique, la mode du bonus à tout crin perturbe les musiciens chaque fois qu'ils rentrent en studio. Alors qu'un album standard est constitué de 10 à 12 chansons pour une durée maximale de 40 minutes, les maisons de disques prennent l'habitude de remplir les CD jusqu'à la gorge pour une raison de marketing et la quantité prend alors le pas sur la qualité. Depuis plusieurs années, les albums d'Iggy contiennent des titres qui ne seraient même pas sortis en face B à la grande époque du vinyle.

       

MAINTENANT

       

En 2002, alors que le nouvel album est en préparation, des bruits concernant une réunion des Stooges commencent à circuler sur Internet. Et cela d'autant plus que les frères Asheton viennent jouer une paire de dates en Europe sans Iggy. Pendant ce temps, l'iguane se débat avec quelques problèmes physiques qui l'empêchent de briller sur scène comme à son habitude. Les concerts de l'été 2002 sont quelquefois assez moyens mais à force de se jeter dans la batterie tous les soirs, il est un peu normal qu'Iggy soit quelques fois obligé de lever le pied. Malgré ça, à plus de 50 ans, ce type reste un miracle humain quand on voit ce qu'il est capable de faire malgré une hanche et des genoux en carafe.
Alors que les Trolls empilent les nouveaux titres en studio entre deux séries de concerts, les génies du marketing de chez Virgin commencent à proposer des idées de collaboration avec tout un paquet d'artistes de la maison. Les pires bruits commencent à circuler et la rumeur devient officielle : effectivement, Iggy va enregistrer un duo avec Sum41. Alors que les fans commencent à déprimer, un coup de tonnerre éclate sur la toile : Iggy enregistre avec les Stooges ! Là, c'est tout de suite la folie et toute la planète Pop se met à spéculer à fond la caisse sur l'album qui s'annonce. Une nouvelle fois, SKULL RING déclenche une véritable bataille d'Ernanie trois mois avant sa sortie quelque peu repoussé suite à des problèmes de pressage. Sur les 17 titres, 9 sont des duos avec Sum 41, les Stooges, Green Day et la chanteuse techno-punkoïde Peaches ! Derrière ce florilège d'invités, les Trolls sont les grands cocus de l'histoire car leurs compositions, même si elles sont les meilleures de l'album, sont complètement passées sous l'éteignoir à cause de l'encombrante présence des invités. D'un autre côté, les duos, pour la plupart, très écoutables mais l'album est une nouvelle fois beaucoup trop long pour espérer faire bander le fan à mort de A jusqu'à Z.


Le 13 septembre 2003, Iggy & the Stooges se produisent pour la première fois en France lors du Bol d'Or de Nevers - Magny Cour. Pendant plus d'une heure, c'est la folie totale devant environ 70 000 spectateurs. De l'avis des gens présents, c'est un des plus grands concerts de rock and roll jamais donné en France.
(merci au Géant vert)
      


erratum reçu  par Mail

   

 

Bonjour, Je viens de lire, sur votre blog, le début de votre article : "The Stooges est un groupe de musique américain précurseur du rock à haute énergie et du.punk The Stooges est fondé en 1967 par James osterberg (devenu Iggy pop dont ce fut le premier groupe)" Il me semble que le premier groupe d'Iggy Pop s'appelait les (los?) Iguanas ! (j'ai des cd ré-éditions de ce groupe où iggy est crédité... À la batterie !! Il me semble aussi que c'est pour ça qu'il a eu le surnom d'iguane... Voilà... A moins que je ne me trompe... ! bye

Posté par kazal à 19:18 - Ma mythologie - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


05 avril 2005

Joy Division

   

Joy Division : L'histoire

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Chapître I - Origines (The Stiff Kittens & Warsaw) :


En 1976, le mouvement punk fit brutalement irruption et tira la musique pop de son apathie. Les
leaders du mouvement furent les Sex Pistols, dont les titres fameux , comme "Anarchy in the UK" ou
"God save the Queen", allaient être les hymnes de cette génération du "no future" . La plupart des
musiciens punks ne savaient pas jouer, mais ne voyaient pas cela comme un obstacle pour atteindre
leur but : monter sur scène et hurler leur rage à la face du monde !
Beaucoup étaient influencés par de célèbres groupes cultes de la fin des années 60 et du début des
années 70 : Le Velvet Underground, Lou Reed, David Bowie, Alice Cooper, Les Stooges, Iggy Pop, Les Doors, etc...

Pendant la tournée Anarchy in the UK, les Pistols jouèrent à Manchester le 4 juin. Dans le public ce
soir là se trouvaient trois jeunes gens vivant dans les environs de Manchester : Peter Hook et Bernard
Albrecht, deux copains d'école, ainsi que Ian Curtis. Quelques jours plus tard, Peter et Bernard
décidaient de monter un groupe, avec Peter à la basse et Bernard à la guitare; ils engagèrent Terry
Mason comme batteur, mais avaient besoin d'un chanteur. Pour en trouver un, ils passèrent une offre
au magasin de disques Virgin de Manchester. Ian y répondit et devint le chanteur du groupe, appelé
alors the Stiff Kittens. Il devait également écrire les textes des chansons.

Ils répétèrent beaucoup durant quelques mois, et composèrent leurs premières chansons, dans le
plus pur style punk. En mai 1977 le groupe changea son nom en Warsaw (en référence à "Warszawa"
de Bowie) et Terry fut remplacé par Tony Tabac. Un mois plus tard, Tony quittait le groupe et Steve
Brotherdale prenait sa place. Ce fut à ce moment que Paul Morley du NME et que le DJ Rob Gretton
découvrirent le groupe et perçurent son remarquable potentiel. Warsaw enregistra une cassette de
démo incluant cinq chansons aux Pennine Sound Studios en juillet, mais Steve quitta le groupe
quelques jours après.
Finalement, Stephen Morris rejoignit le groupe. En octobre, ils jouèrent à l'Electric Circus, qui devait
fermer, avec The Fall et The Buzzcocks. Quelques morceaux furent enregistrés par Virgin comme
témoignage de la scène punk de Manchester.

En décembre, ils enregistrèrent quatre titres, qui devaient apparaître plus tard sur "An Ideal For
Living". En janvier 1978 le groupe changea de nouveau de nom pour s'appeler Joy Division, pour éviter toute confusion avec un autre groupe. Ils répètèrent intensément et composèrent de nouvelles
chansons. Le 14 avril , ils participèrent avec 16 autres groupes à un concours : Tony Wilson, qui
travaillait pour la chaîne Granada TV, et Rob Gretton furent grandement impressionnés par leur
performance.



Joy Division
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Chapître II - Naissance d'une légende (Joy Division - Factory) :


Joy Division entra en studio pour l'enregistrement de onze titres avec le label RCA. Pour la première
fois, ils ne sonnaient pas comme tous les autres groupes punks. Mais certaines modifications faites
par le producteur, et les conditions du contrat avec RCA leur déplurent.
Pour cette raison le 21 mai, Bernard put faire de Rob le manager du groupe. Le 8 juin, Tony ouvrait
un club à Manchester, appelé The Factory I (d'après le nom du Factory de Warhol). Peter Saville, un
jeune artiste local, conçut une affiche pour l'événement, et Joy Division sembla plein de promesses à
beaucoup de critiques.

Ils répètèrent tout l'été ce qui eut pour effet immédiat de faire mûrir leur musique. Avec l'aide de
Rob Gretton, ils purent empêcher la sortie du disque de RCA (qui devint plus tard le pirate
"Warsaw"). Du fait de toutes ces répétions et de tous ces concerts, ils s'étaient considérablement
améliorés, et les critiques comme le public étaient de plus en plus impressionnés. Le 20 septembre,
ils passèrent sur Granada TV en live, et décidèrent de jouer "Shadowplay", un de leurs titres récents.
Ils donnèrent un autre concert à the Factory où des exemplaires gratuits de "An Ideal for Living"
furent distribués aux journalistes. Ce fut à cette occasion que les routes de Martin Hannett et de Joy
Division se croisèrent pour la première fois.

A la fin de 1978, Tony Wilson et Alan Erasmus, un acteur de théâtre , fondèrent une maison de
disques appelée "Factory Records", qui deviendra le label indépendant le plus célèbre et créatif de
son époque. Peter Saville fut choisi comme designer, et Martin Hannett comme producteur.
En octobre,  Hannett produisit deux titres de Joy Division, qui apparurent sur une compilation
appelée "A Factory Sample". Les mois suivants, Rob Gretton organisa des concerts à Manchester,
Leeds, Liverpool, Canterbury, Bristol, York et Londres, et le groupe commença à se créer un véritable
public. Ils durent cependant faire face à un problème sérieux, car Ian était maintenant victime de
crises d'épilepsie.

Le 31 janvier 1979 , ils enregistrèrent quatre morceaux pour John Peel, DJ sur BBC Radio 1. Cette
Peel session fut diffusée deux semaines plus tard, et suivie d'un autre concert à Londres, puis d'une
scéance d'enregistrement avec le label WEA, et enfin d'autres concerts, avec The Cure.
Sur scène, Joy Division avait quelques caractéristiques spéciales : ils choisissaient les chansons qu'ils
allaient interpréter juste avant le début du spectacle, et ils jouaient avec très peu de lumière à cause
de l'épilepsie de Ian.



Joy Division
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Chapître III - Unknown Pleasures :


Rob Gretton et Tony Wilson se mirent d'accord pour produire le premier album du groupe. Joy
Division répéta quasiment jour et nuit tout le mois d'avril, et composa environ quinze nouvelles
chansons. Avec Martin Hannet ils travaillèrent intensément sur "Unknown Pleasures". Les dix titres
sont remarquables, de par la musique et les paroles bien sûr, mais aussi grâce à l'apport incontestable
de Hannett qui sut les entourer d'une aura particulière. L'atmosphère, le son des morceaux sont
oppressants, sombres et claustrophobes, mais en même temps puissants, émouvants, et éclatants.

Puis ils reprirent la route, jouant en Angleterre avec Orchestral Manoeuvres In The Dark et quelques
autres, et enregistrèrent plusieurs titres pour une radio locale, Piccadilly  Radio.
L'impact et le renom de Joy Division grandissait rapidement, même s'ils refusaient les interviews de
façon presque systématique - pensant que leur musique parlait parfaitement pour eux. Ils n'avaient
pas de promotion publicitaire : simplement des concerts, des concerts et encore des concerts, surtout
dans la région de Manchester.
En juillet 1979 parut "Unknown Pleasures", dans sa pochette noire, agrémentée d'un simple dessin en
noir et blanc. Le design de Peter Saville n'incluait aucune photo ou aucun nom des membres du
groupe.
L'album reçut des critiques particulièrement élogieuses - meilleur disque depuis le LA. Woman des
Doors - et resta longtemps dans les classements anglais indépendants. Bizarrement, tous étaient
encore des amateurs, avec chacun un métier !

La batterie claque comme des coups de feu, sauf quand Steven délivre de furieux roulements sur ses
fûts, la basse est omniprésente, parfois menaçante, parfois plus calme, mais toujours utilisée d'une
manière tout à fait inhabituelle pour un groupe pop, avec un rôle primordial dans l'architecture des
chansons et la mélodie. La guitare joue souvent avec la basse, dans une sorte de contrepoint; le son
varie, distordu ou clair, plus ou moins aggressif, flou ou brillant et à la précision chirurgicale.
Le chant et les paroles de Ian élèvent encore le niveau : on sent que Joy Division ne triche pas, mais se dévoile et s'expose. La colère ou la peur que l'on entend dans sa voix sont simplement la vérité nue.



       "I've been waiting for a guide to come and take me by the hand,
       Could these sensations make me feel the pleasures of a normal man?
       ..."   (Disorder)


       "I guess you were right, when we talked in the heat,
       There's no room for the weak, no room for the weak.
       ..."   (Day of the Lords)


       "Corrupted from memory,
       No longer the power,
       It's creeping up slowly,
       That last fatal hour.
       ..."   (Candidate)


       "Guess your dreams always end.
       They don't rise up just descend,
       But I don't care anymore,
       I've lost the will to want more,
       I'm not afraid not at all,
       I watch them all as they fall,
       But I remember when we were young.
       ..."   (Insight)


       "A change of speed, a change of style.
       A change of scene, with no regrets,
       A chance to watch, admire the distance,
       Still occupied, though you forget.
       Different colours, different shades,
       Over each mistakes were made.
       I took the blame.
       Directionless so plain to see,
       A loaded gun won't set you free.
       So you say.
       We'll share a drink and step outside,
       An angry voice and one who cried,
       'We'll give you everything and more,
       The strain's too much, can't take much more.'
       I've walked on water, run through fire,
       Can't seem to feel it anymore.
       It was me, waiting for me,
       Hoping for something more,
       Me, seeing me this time,
       Hoping for something else."   (New Dawn Fades)


       "Confusion in her eyes that says it all.
       She's lost control.
       And she's clinging to the nearest passer by,
       She's lost control.
       ...
       And she turned around and took me by the hand
       And said I've lost control again.
       And how I'll never know just why or understand
       She said I've lost control again.
       And she screamed out kicking on her side
       And said I've lost control again.
       And seized up on the floor, I thought she'd die.
       ..."   (She's Lost Control)


       "I did everything, everything I wanted to,
       I let them use you for their own ends,
       ..."   (Shadowplay).


       "What did you see there?
       I saw all knowledge destroyed.
       I travelled far and wide through many different times.
       ...
       What did you see there?
       The blood of Christ on their skins,
       I travelled far and wide through many different times.
       I travelled far and wide and unknown martyrs died,
       What did you see there?
       I saw the one sided trials,
       What did you see there?
       I saw the tears as they cried,
       ..."   (Wilderness)


       "Down the dark streets, the houses looked the same,
       Getting darker now, faces look the same,
       And I walked round and round.
        ...
       Had to think again,
       Trying to find a clue, trying to find a way to get out!
       ..."   (Interzone)


       "Get weak all the time, may just pass the time,
       Me in my own world, and you there beside,
       The gaps are enormous, we stare from each side,
       We were strangers for way too long.
       Violent, more violent, his hand cracks the chair,
       Moves on reaction, then slumps in despair,
       Trapped in a cage and surrendered to soon,
       Me in my own world, the one that you knew,
       For way too long.
       ..."   (I Remember Nothing)


Sur ces bases remarquables, l'apport de Hannett, incluant des synthétiseurs et du bruitage, plus un
extraordinaire travail sur le son des instruments (avec Chris Nagle) crée une atmosphère unique de
tension et de chaos.

A la fin juillet, Paul Slattery photographia Joy Division à Stockport, et le groupe donna une
interview au NME. Au même moment, il travaillait avec Martin Hannett sur deux autres morceaux
pour un single. Il repartit en tournée en août, principalement à Londres, avec Echo And The
Bunnymen et Orchestral Manoeuvres, et à Liverpool. Ian, Peter, Steve et Bernard purent quitter leur
autre job et se dédier totalement à Joy Division.

Leur performance au Leeds Futurama One festival fut grandement appréciée - ils jouèrent avec
d'autres groupes comme Cabaret Voltaire, A Certain Ratio, Public Image Limited, Orchestral Manoeuvres In The Dark ... - ainsi qu'au Nashville Club à Londres. Invités par la BBC, ils jouèrent
deux chansons pour le show TV "Something Else".
Après un autre concert à The Factory I, ils firent une tournée au Royaume-Uni en première partie des
Buzzcocks : Liverpool, Leeds, Newcastle, Glasgow, Edinburgh, Aberdeen, Dundee, Bangor,
Sheffield, Derby, Birmingham, Manchester, Leicester, Oxford, Bournemouth, Cardiff, Bristol,
London, entre autres.
Chaque nuit, le public était surpris et interpellé par la musique de Joy Division et l'intensité de leur
performance sur scène. A Liverpool le public quitta les lieux juste après la prestation de Joy Division,
comme s'il savait que rien d'aussi fort ne pourrait survenir, même si beaucoup n'avaient jamais
entendu parler du groupe. A Bristol, les gens furent totalement vidés après leur apparition. De
nombreux critiques, du NME, de Melody Maker ou de Sounds, partageaient exactement le même
sentiment. Naturellement, les Buzzcocks devinrent jaloux du succès de Joy Division...
Entre les concerts de la tournée, ils jouèrent aux environs de Manchester, et pour la première fois
hors de Grande-Bretagne, à Bruxelles.

Le goupe fut alors contacté par le vice-président de Warner Brothers Records, qui leur offrit un
million de dollars pour les signer sur son label. Rob Gretton et le groupe déclinèrent l'offre.

Le 26 novembre, Joy Division enregistra une seconde John Peel session avec Tony Wilson, qui fut diffusée quelques semaines plus tard sur Radio One.



Joy Division
closer1


Chapître IV - Closer :


Rob Gretton planifia une tournée en Europe pour Joy Division en décembre 1979 et janvier 1980.
Onze dates en France, aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne. Le premier concert fut donné à
Paris, aux Bains-Douches : Bernard Lenoir, le John Peel français, diffusa le groupe live sur les ondes
de la radio française; puis eurent lieu un concert à Manchester dans la nuit du Nouvel An, et celui du
Paradiso à Amsterdam, où Joy Division, qui n'avait pu trouver de première partie, joua deux fois de
suite !
Les shows suivants se déroulèrent à La Haye, Nimègues, Anvers, Cologne - dans une ancienne église,
Rotterdam, Bruxelles, Eindhoven, Groningue et Berlin.
De retour en Angleterre, ils travaillèrent à la composition de nouveaux morceaux - dont "Love Will
Tear Us Apart" - et jouèrent à cinq reprises, à Londres, High Wycombe, Preston, Londres de nouveau
et Bristol, A Certain Ratio assurant la première partie.
Lors du concert de Preston, ils eurent de nombreux problèmes techniques, et Ian parla longuement
au public, pour le faire patienter!

En mars 1980, ils entrèrent aux Britannia Row Studios pour enregistrer leur second album avec
Martin Hannett. Entre temps ils avaient gravé "Atmosphere" et "Dead Souls", pour le single "Licht
Und Blindheit", dans une édition française limitée à 1578 copies.
Dans cet album, "Closer", ils fouillèrent encore plus profondément leurs pensées et leurs sentiments.
Encore une fois, le travail et le talent incroyables de Martin Hannett offrirent à la superbe musique
de Joy Division l'écrin le plus parfait.
Après l'enregistrement, en avril, le groupe donna quelques concerts : à Londres, au Moonlight Club,
et au Raibow Theatre, où les lumières, trop fortes, déclenchèrent chez Ian une terrible crise
d'épilepsie à la fin du spectacle. Mais le groupe devait donner un deuxième concert la même soirée,
à nouveau au Moonlight Club. Après un début furieux, Ian s'effondra, incapable de bouger ou de chanter.

Le groupe était déjà considéré comme culte, et toutes ses prestations étaient à deux doigts de provoquer l'émeute ou le chaos, aussi bien interne qu'externe :  "Joy Division me convainc que je pourais cracher à la face de Dieu."  (Neil Norman, NME).

Joy Division devait préparer sa première tournée aux US avec les Buzzcocks, et huit concerts furent
organisés à cet effet : mais la santé de Ian se détériorant, seuls cinq eurent lieu, à Malvern, Bury -
où Ian ne put tenir très longtemps son rôle, Manchester, Derby et Birmingham le 2 mai.

"Closer" devait être publié sous peu - Factory avait entre temps sorti un 45 tours flexible gratuit avec
de nouveaux titres, Joy Division devait partir pour les Etats-Unis et Warner Brothers Records leur
avait de nouveau offert un contrat d'un million de dollars, assorti d'une totale liberté artistique.

Mais Ian n'en pouvait plus : sa santé et des problèmes sentimentaux l'accablaient. Le 17 mai, il revint
dans sa maison à Macclesfield, regarda Stroszek, un film de Werner Herzog, l'histoire d'un chanteur,
un paumé, qui finit par se suicider, écouta l'album d'Iggy Pop "The Idiot" et le matin du 18 mai se
pendit dans sa cuisine. Il fut incinéré au cimetière de Macclesfield le 23 mai.

John Peel annonça la mort de Ian sur Radio One le 19 mai, et rendit hommage au groupe et à
l'homme avec "Atmosphere", qui était alors quasi-inconnu au Royaume-Uni. Peter, Steve, Bernard,
Martin et Tony étaient tout simplement anéantis par le suicide de Ian . "Closer" et le single "Love Will
Tear Us Apart" sortirent finalement à la fin de juin 1980. Les pochettes, qui avaient été choisies des
mois auparavant, étaient comme toujours designées par Peter Saville : elles incluaient deux photos
en noir et blanc de Bernard Pierre Wolff, un remarquable photographe français, prises dans le
cimetière de Gênes, Il Staglieno : un Christ mort entouré de personnes le veillant pour "Closer", et un
ange se lamentant pour "LWTUA".

"LWTUA" inclut deux versions de la chanson, car ni Joy Division ni Martin Hannett n'avaient pu se
décider sur la version qu'ils préféraient. Le titre atteignit la cinquième place des classements Indies.
Une video du morceau fut égalemnt diffusée.
La beauté et la force de "Closer" viennent de la convergence du travail intense du groupe, du monde
intérieur de Ian avant que celui-ci ne s'effondre, et des visions et de la magie de Martin.



       "Asylums with doors open wide,
       Where people had paid to see inside,
       For entertainment they watch his body twist,
       Behind his eyes he says, 'I still exist.'
       This is the way, step inside.
       ..."   (Atrocity Exhibition)


       "Mother  I tried please believe me,
       I'm doing the best that I can.
       I'm ashamed of the things I've been put through,
       I'm ashamed of the person I am.
       ..."   (Isolation)


       "This is a crisis I knew had to come,
       Destroying the balance I'd kept.
       Doubting, unsettling and turning around,
       Wondering what will come next.
       Is this the role that you wanted to live?
       I was foolish to ask for so much.
       Without the protection and infancy's guard,
       It all falls apart at first touch.
       ..."   (Passover)


       "A worried parent's glance, a kiss, a last goodbye,
       Hands him the bag she packed, the tears she tries to hide,
       A cruel wind that bows down to our lunacy,
       And leaves him standing cold here in this colony.
       I can't see why all these confrontations,
       I can't see why all these dislocations,
       No family life, this makes me feel uneasy,
       Stood alone here in this colony.
       ..."   (Colony)


       "We fought for good, stood side by side,
       Our friendship never died.
       On stranger waves, the lows and highs,
       Our vision touched the sky,
       ..."   (A Means to an End)


       "You take my place in the showdown,
       I'll observe with a pitiful eye,
       I'd humbly ask for forgiveness,
       A request well beyond you and I.
       ...
       An abyss that laughs at creation,
       A circus complete with all fools,
       Foundations that lasted the ages,
       Then ripped apart at their roots.
       Beyond all this good is the terror,
       The grip of a mercenary hand,
       When savagery turns all good reason,
       There's no turning back, no last stand.
       ...
       Existence well what does it matter?
       I exist on the best terms I can.
       The past is now part of my future,
       The present is well out of hand.
       ..."   (Heart and Soul)


       "Now that I've realised how it's all gone wrong,
       Gotta find some therapy, this treatment takes too long.
       Deep in the heart of where sympathy held sway,
       Gotta find my destiny, before it gets too late."  (Twenty-four Hours)


       "Procession moves on, the shouting is over,
       Praise to the glory of loved ones now gone.
       Talking aloud as they sit round their tables,
       Scattering flowers washed down by the rain.
       Stood by the gate at the foot of the garden,
       Watching them pass like clouds in the sky,
       Try to cry out in the heat of the moment,
       Possessed  by a fury that burns from inside.
       Cry like a child, though these years make me older,
       With children my time is so wastefully spent,
       A burden to keep, though their inner communion,
       Accept like a curse an unlucky deal.
       Played by the gate at the foot of the garden,
       My view stretches out from the fence to the wall,
       No words could explain, no actions determine,
       Just watching the trees and the leaves as they fall."   (The Eternal)


       "Here are the young men, the weight on their shoulders,
       Here are the young men, well where have they been?
       We knocked on the doors of Hell's darker chamber,
       Pushed to the limit, we dragged ourselves in,
       Watched from the wings as the scenes were replaying,
       We saw ourselves now as we never had seen.
       Portrayal of the trauma and degeneration,
       The sorrows we suffered and never were free.
       Where have they been?
       Weary inside, now our heart's lost forever,
       Can't replace the fear, or the thrill of the chase,
       Each ritual showed up the door for our wanderings,
       Open then shut, then slammed in our face.
       Where have they been?"   (Decades)


Les chansons semblent venir - plus que jamais - d'un autre monde, avec les paroles de Ian remplies
de doutes, d'inquiétude et de peurs, la basse bourdonnante de Peter, les riffs tranchants et acérés
de la guitare de Bernard et la batterie hypnotisante de Steve, encore une fois sublimés par l'apport de
Martin (synthétiseurs, travail sur le son ..., avec l'assistance de John Caffery et de Michael Johnson).

"Closer" atteignit la sixième place des charts anglais, et les critiques furent unanimes à le louer.
"LWTUA" monta jusqu'à la treizième place du classement des singles, et Joy Division fit la razzia du classement annuel du NME.
Bien que leur musique ne ressemblait à aucune autre, elle fut classée comme new-wave, cold-wave
ou gothic, mais quel que soit son nom, elle influença de nombreux goupes new-wave (The Cure,
Echo and the Bunnymen, U2, etc...) .







Chapître V - New Order :


Les membres du groupe s'étaient mis d'accord pour qu'en cas de départ de l'un d'entre-eux, quelle
qu'en soit la raison, Joy Division s'arrête.
Peter Hook, Stephen Morris et Bernard Albrecht (maintenant Sumner) formèrent New Order, avec
Gillian Gilbert aux claviers, Bernard prenant en charge le chant. Mais, de leur premier album, "Movement" - sombre, encore une fois produit par Martin Hannett et toujours dans la lignée de Joy
Division - à leurs chansons de danse décalées, ceci est une autre histoire, qui inclut le plus grand hit
de la musique pop : "Blue Monday".

En 1980 et 1981, Factory publia le single "Atmosphere" et l'album "Still", avec des titres rares et les
chansons du concert de Birmingham de mai 1980, qui atteignit la cinquième place des charts anglais.
En 1982 Ikon sortit une vidéo de Joy Division, filmée lors de plusieurs concerts du groupe "Here are
the young men", et en 1986 et 1987, les "Peel Sessions" furent éditées. Factory publia un CD appelé
"Substance" en 1988, avec les singles de Joy Division et quelques morceaux inédits, en même temps
qu'un autre "Substance", pour New Order celui-là. Une vidéo pour "Atmosphere" fut tournée par
Anton Corbijn, qui avait photographié le groupe à diverses occasions.

En 1995, quinze ans après la mort de Ian, une nouvelle compilation "Permanent" fut éditée, et en 1998
un coffret de 4 CD "Heart And Soul" fut commercialisé, suivi en 1999 par le concert de Preston,
"Preston 28 February 1980". Les Peel sessions furent rééditées en 2000 dans le CD "The Complete BBC Recordings", et le concert de Paris, "Les Bains Douches 18 December 1979" sortit en 2001.

De nombreux livres ont été écrits sur Joy Division, New Order et Ian Curtis dans plusieurs pays,
dont la biographie de Ian par sa veuve, Deborah.

Comme Joy Division avait conquis un public très fidèle, et atteint cette réputation de groupe culte, de
nombreux enregistrements pirates sont recensés, issus des différents concerts du groupe, à cette
époque où la musique était composée et jouée par des hommes.

Posté par kazal à 22:28 - Ma mythologie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

leonard cohen

   


Biographie de Leonard Cohen
par Georges Lang, 1997
avec la participation de Leonard Cohen.

leonard_cohen



Lorsque l’on évoque Leonard Cohen, le monde se partage immédiatement en deux camps : les contres, les indifférents, ceux qui le trouvent triste et barbant, rasant, et les pour, les admirateurs, ceux qui voient en lui un grand auteur-compositeur, un spécimen unique dans l’histoire du rock. Mais dans un cas comme dans l’autre, Leonard Cohen ne laisse personne indifférent, ce qui est sans doute la marque de son immense talent. Un talent dont la parution du CD More Best Of, un portrait de l’artiste couvrant les années 84 à 97 permet une nouvelle fois de mesurer toute l’étendue

Leonard Cohen est né en 1934 dans la province du Québec, à Westmount, un quartier riche et anglophone de Montréal, d’une famille juive russo-polonaise. Il est très tôt passionné par la littérature et la poésie où ses goûts ne se limitent pas uniquement aux auteurs anglo-saxons.

    Leonard Cohen :

    Quand j’étais jeune j’ai commencé à lire vraiment avec les romanciers français comme Camus et Sartre comme tout le monde ! Je lis très peu de poésie maintenant, mais j’étais très influencé par quelques poètes. Parmi eux  Federico Garcia Lorca, le grand poète espagnol, William Butler Yeats, le poète irlandais et… la Bible, les poésies de la Bible, beaucoup. 

    

A 17 ans Leonard Cohen entreprend des études d’histoire à l’université de Mc Gill, tout en écrivant ses premiers poèmes. Parallèlement il s’intéresse déjà  à la musique et il participe à la formation d’un trio de country-musique et de folk "Les Buckskin Boys". En 1956, il publie un premier recueil de poèmes  Let Us Compare Mythologies  grâce à une souscription lancée dans le journal de l’université : le McGill News Paper ; d’une manière générale le livre est bien reçu, même si ses ventes ne dépassent pas les quelques centaines d’exemplaires.

En 59, avec l’aide d’une bourse qui lui est allouée par les affaires culturelles du gouvernement canadien, Leonard Cohen se rend en Europe.

Leonard Cohen séjourne quelques temps à Londres, puis en Grèce où il loue une maison sur l’île d’Hydra qui n’est pas encore  le haut lieu touristique qu’elle est devenue aujourd’hui. C’est à l’époque un refuge très apprécié des artistes qui y trouvent l’accueil et le calme propice à l’inspiration. C’est à Hydra où il va finalement séjourner  7 ans que Leonard Cohen écrit Flowers for Hitler un recueil de poèmes très controversé qui paraît en 1964 ou il raconte notamment sa rencontre avec Marianne Ihlen, sa compagne dans une librairie de l’île. Il publie aussi deux romans : The Favorite Game en 63 (un portrait d’un artiste jeune juif dans Montréal) et Beautiful Losers en 66, décrit comme une désagréable épopée religieuse d’une grande beauté. Lors de la publication de Beautiful Losers, le Boston Globe écrit : "James Joyce n’est pas mort. Il vit à Montréal sous le nom de Leonard Cohen", ce qui est certes élogieux mais ne nourrit pas son homme car le livre se vend mal; 3000 exemplaires au États-Unis et un millier au Canada et Leonard Cohen voit bien qu’il lui faut trouver une  autre voie  pour gagner sa vie. La musique s’impose tout naturellement à Cohen car depuis son enfance et au travers de son expérience avec les "Buckskin Boys", elle a toujours occupé une place de choix dans sa vie.

    Leonard Cohen :

    J’aimais bien toutes les oeuvres de Segovia et les guitaristes flamenco, les folkloriques portugais, les fados, toutes les chansons du Moyen-Est et naturellement les musiques pop dans les juke-box de tous les cafés de Montréal.  Real Audio

Leonard Cohen décide de se rendre à Nashville pour tenter d’enregistrer un album de country-western. En chemin il fait halte à New York où il découvre Joan Baez, Bob Dylan, Phil Ochs, Joni Mitchell et Tim Buckley. Cohen se met alors à fréquenter Greenwich Village où il tente de placer ses chansons auprès des artistes de la scène folk et c’est ainsi qu’il rencontre Judy Collins.

    Leonard Cohen :

    J’ai rencontré Judy Collins à New York un certain moment et j’ai joué quelques chansons pour elle et elle m’a dit qu’elle n’aime pas exactement … elle aime ce que je fais mais si j’ai quelque chose dans l’avenir… Quand j’ai terminé Suzanne je lui ai téléphoné de Montréal et je lui ai chanté cette chanson et elle a dit qu’elle veut l’enregistrer cette chanson et elle m’a aidé beaucoup. Real Audio

La version de Suzanne qui figure sur  l’album In My Life de Judy Collins permet à Leonard Cohen de se faire un petit nom sur la scène new-yorkaise. Il rencontre ainsi Allen Ginsberg et Andy Warhol, ainsi que des musiciens comme Lou Reed, Jakson Brown et Nico. Il fait aussi la connaissance du producteur et découvreur de talent John Hammond qui l’aide à signer chez C.B.S., la maison de disque de Bob Dylan. Un premier album, Songs Of Leonard Cohen paraît en janvier 68. Pour les Américains, Songs of Leonard Cohen n’est que l’œuvre d’un auteur relativement connu qui veut prouver qu’il sait aussi écrire des chansons. Pour les Européens c’est une découverte totale puisque aucun de ses livres n’a encore été traduit. L’album parfaitement maîtrisé pour une première oeuvre est une suite de classiques, de Suzanne à So Long Marianne en passant bien sûr par Sisters Of Mercy.

Leonard Cohen est à la mode et sa maison de disques le presse de réaliser un second album, il choisit de le faire à Nashville qui est, rappelons-le, le but initial de son passage à New York, et c’est Bob Johnston qui a déjà à son actif  des albums de Simon et Garfunkel, Johnny Cash et  Bob Dylan qui est chargé de la production. Le résultat: Songs From A Room qui est publié en avril 69.

Le premier album de Leonard Cohen a reçu un accueil enthousiaste en Europe où des chansons comme Suzanne, Sisters Of Mercy et So Long Marianne sont mises au rang de classique. Un an plus tard, Songs From A Room, son deuxième album qui s’ouvre sur Bird On A Wire ne déçoit pas. Cohen y aborde des problèmes comme la religion, l’histoire, l’engagement politique à coté du suicide et de la drogue. C’est un énorme succès en Angleterre où l’album se classe N°2 ainsi que dans les pays francophones où l’on s’attarde sur sa version bilingue de la Chanson du Partisan d’Anna Marly.

Leonard Cohen effectue sa première tournée Européenne en 70 accompagné du groupe "The Army" au sein duquel on remarque un certain Charlie Daniels au violon et à la guitare acoustique. A Aix en Provence on frôle la catastrophe lorsque Cohen qui, rappelons le, vit en Grèce se voit traité de fasciste par des spectateurs qui lui reprochent de cautionner le régime des colonels

    Leonard Cohen :

    J’ai pas passé beaucoup de temps quand les colonels étaient là ; j’ai passé du temps dans les années 60 la plus part du temps, mais j’avais des amis là-bas pendant tout ça et j’avais une vie, c’est pas une question de supporter le untel ou quelque chose comme ça !.   Real Audio

A l’île de Wight,  Leonard Cohen fait un triomphe dont on retrouve un extrait sur l’album Songs Of Love And Hate en avril 71. Entre temps il s’est installé à Nashville. C’est donc très logiquement dans cette ville qu’il a enregistré le disque avec toujours Bob Johnston aux commandes et le groupe "The Army" pour l’accompagner. C’est la première fois qu’apparaissent des arrangements de cuivres et de cordes. Elles sont l’œuvre de Paul Buckmaster dont Leonard Cohen avait apprécié le travail sur un album d’Elton John. Songs Of Love And Hate contient quelques grands titres de Cohen comme Famous Blue Raincoat ou Joan Of Arc. Pourtant l’album s’attire les foudres d’une certaine critique qui lui reproche son manque de sobriété musicale

Leonard Cohen prend alors quelques distances avec la chanson et en 73, Columbia doit se contenter de publier un album public Live Songs où l’on trouve quand même 5 inédits ! S’il reste absent de la scène musicale, Cohen n’en est pas moins actif mais dans d’autres domaines. En vrac, il publie un nouveau recueil de poésies The Energy Of Slaves, il fait deux enfants : Adam et Lorca à sa compagne Suzanne, il quitte Hydra et il rejoint Israël en pleine guerre du Kippour par devoir et comme alibi pour s’éloigner de la maison confie-t-il ! On retrouve d’ailleurs un aspect guerrier dans le nouvel album de Cohen New Skin For The Old Ceremony  qui paraît finalement en septembre 74. Ici les chansons ont pour titre Field Commander Cohen, Who by fire, This is a War, ce qui révèle une certaine humeur belliqueuse. On retient aussi Lover Lover Lover le tube de l’album et Chelsea Hotel dédié à la mémoire de Janis Joplin. Les arrangements ont été confiés à John Lissauer qui a su mettre en valeur la voix de Cohen et lui redonner le souffle qu’il semblait avoir perdu.

Après New Skin For The Old Ceremony, le rythme de parution des albums de Leonard Cohen ralentit sérieusement. A part un Greatest Hits en novembre 75, c’est le silence à tel point que Bob Dylan dédicace son album Desire à Leonard s’il est encore dans le coin. Cohen répond en l’invitant à chanter sur son nouvel album Death Of Ladies Man. Le disque a été réalisé par Phil Spector, le producteur génial des Ronets, et autre Ike et Tina Turner. On s’étonne que Cohen ai choisi Spector qui traîne une réputation de paranoïaque, de fou dangereux. A moins que ce soit Spector qui ai choisi Cohen.

    Leonard Cohen :

    On a eu un ami mutuel et il m’a appelé à un concert que j’ai donné dans le Troubadour alors Phil est venu et il nous a invité à sa maison, il fermé la porte et on avait pas le droit de sortir, moi je lui ai dit "si nous sommes ici, allons nous faire quelque chose ensemble" et c’est commencé comme ça.  Real Audio

C’est la première fois que Cohen travaille en duo. Lui se chargeant des textes et Spector de la musique. En studio, l’ambiance est inquiétante avec des gardes du corps armés jusqu’aux dents, des balles et des bouteilles de vins qui jonchent le sol. Pour finir Phil Spector confisque les bandes de l’album et les mixe tout seul, sans l’avis de l’artiste !. Le résultat, contestable et contesté en son temps, poussera Cohen à revenir à une forme plus traditionnelle pour son disque suivant.

L’album Recent Songs paraît en septembre 79. On y retrouve une instrumentation plus proche de l’image habituelle de Leonard Cohen avec parfois des accents orientaux ou mexicains comme sur Un Canadien Errant une vieille chanson du Québec écrite en 1847 par Gerain Lajoie. Désormais Cohen prend son temps .De toute façon, c’est un perfectionniste, un travailleur acharné qui n’est jamais satisfait de son travail. Et ce temps il le lui faut pour écrire des chansons.

    Leonard Cohen :

     J’ai honte mais c’est vrai il y a des gens qui écrivent des très grandes chansons dans un taxi ou sur une serviette dans un café mais je ne sais pas; peut-être je suis-je paresseux ou lent, je ne sais pas, mais ça prend des mois, même des années.  Real Audio

En 1984, Leonard Cohen publie un recueil  de psaumes Le Livre De Miséricorde et il tourne même dans un épisode dans la série télévisée "Deux flics à Miami". Son rôle, celui du grand patron d’Interpol, sera malheureusement coupé au montage. Plus sérieusement il passe de l’autre coté de la camera pour réaliser I Am A Hotel un film d’une demie-heure dont il est aussi le scénariste et qui gagne le premier prix au festival international de télévision de Montreux. En 84, toujours, Leonard Cohen écrit le texte de la comédie musicale de Lewis Furey Night Magic qui est portée à l’écran avec dans les principaux rôles : Carole Laure, Nick Mancuso, Jean Carmet et Stéphane Audran. Un nouvel album de Leonard Cohen Various Positions paraît en décembre 84. Il y développe sa réflexion sur la religion au travers de titres comme Hallelujah ou The Law, véritables psaumes contemporains émanant très certainement d’une longue et pénible odyssée spirituelle.

I Am Your Man parait en 1988. Cet album a été enregistré principalement à Montréal et mixé à Los Angeles, là où réside désormais Leonard Cohen, mais s’il a choisi la Californie ce n’est ni pour son soleil, ni pour ses palmiers.

    Leonard Cohen :

    J’aime bien la Californie parce que c’est la fin du monde, de l’essence de l’apocalypse, même le tremblement de terre, la société à même dans une condition de déchiré, même le paysage mental est dans un état d’explosion. Real Audio

I Am Your Man est  un disque résolument moderne qui n’a rien à envier aux autres productions de son époque et où l’on découvre pour la première fois dans l’œuvre de Cohen des séquenceurs  et des synthétiseurs. Autres signes des temps, deux clips tournés en France à Cabourg et à Trouville accompagnent les singles I Am Your Man et First We Take Manhattan.

En novembre 92, vingt cinq ans après Suzanne et Bird on the Wire, Leonard Cohen est à nouveau sous les feux de l’actualité avec son nouvel album The Future. Il s’est écoulé 4 ans depuis I Am Your Man, c’est long et Leonard Cohen s’en explique.

    Leonard Cohen :

    Mon fils a eu un accident de voiture et j’ai arrêté complètement parce qu’il a passé 6 mois à l’hôpital et à cause de ça j’ai arrêté complètement et c’était un peu dur de recommencer. Mais quand même ça prend des années pour perfectionner, pour préciser une strophe, une ligne, même un mot.  Real Audio

Comme à l’habitude c’est un disque grave, sur des thèmes sombres, J’ai vu l’avenir, chérie et c’est le meurtre, ça va déraper dans toutes les directions chante Cohen dès le premier morceau de l’album. Pourtant, comme à chaque fois, la séduction opère et on se laisse prendre. Leonard Cohen c’est l’art de faire du beau avec du triste même s’il prétend que ses chansons sont pleines de rires étouffés et ses fidèles en redemandent.

En juin 94, Leonard Cohen nous propose Cohen Live, un album public enregistré lors de ses tournées mondiales de 1988 et 1993. Le disque couvre la période 67-88, mais il s’attache plus particulièrement au début, là où sont les classiques du poète de Montréal. Leonard Cohen à coutume de dire qu’il construit ses chansons comme des Volvos, c’est à dire pour une bonne trentaine d’années. Et c’est vrai que des titres comme Joan Of Arc, Suzanne, There is a War n’ont pas pris une ride. Les arrangements et une interprétation remaniés permettent encore mieux d’en apprécier la modernité.

On le sait, Leonard Cohen est un adepte du bouddhisme zen qu’il pratique de longue date avec son ami et professeur Sasaki Roshi, une moine Japonais âgé de 90 ans. Entre 1994 et 1996, Leonard Cohen passe l’essentiel de son temps à méditer au centre zen du Mont Baldy en plein désert californien avant de franchir le pas et d’être ordonné officiellement moine bouddhiste le 9 août 96 sous le nom de Jikan, ce qui signifie "le silencieux". Pour tous ses fans la question est de savoir si depuis sa retraite monacale du Mont Baldy,  Jikan-Cohen éprouve encore le besoin d’écrire des chansons et de les faire partager au monde. Il semble bien que oui. En attendant ses nouvelles créations, Sony publie aujourd’hui More Best Of, un portrait de l’artiste recoupant la seconde partie de sa carrière et recoupant ses morceaux clés de ses 4 derniers albums . En prime 2 inédits The Great Event et Never Any Good.

Beaucoup d’artistes on chanté Cohen sur disque ou sur scène tel que Neil Diamont, Diana Ross, Joan Baez, Joe Cocker, Bob Dylan ou plus récemment le regretté Jeff Buckley. On se souvient aussi en 1987 de Famous Blue Raincoat, un album de Jennifer Warnes entièrement consacré aux chansons de Leonard Cohen.

De I’Am Your Fan en 91 et de Tower Of Songs en 95, hommage de la scène alternative, de la pop, du rock de la country au grand homme de Montréal. Toutes ces initiatives font de Leonard Cohen, ce pessimiste dans l’âme, ce personnage énigmatique et charmeur, un artiste aujourd’hui unanimement reconnu et respecté. Elle sont aussi une preuve de l’immense talent d’écriture de celui qu’on à appelé un jour "le dépressif non chimique le plus puissant du monde".

Voilà, vous connaissez un peu mieux maintenant l’histoire de Leonard Cohen...



© Saga RTL du 25 Octobre 1997 présentée par Georges Lang.
Merci à Jean-Claude Engasser pour le transcript.
Merci à Marc Gaffié pour son aide.


PS. Si certaines grosses erreurs ont été corrigées, nous en avons laissé quelques-unes.
De plus, Leonard Cohen ne vit plus au centre Zen de Mount Baldy depuis le printemps 1999, il vit maintenant à Los Angeles.

Des chansons marquantes:
(qui a dit que les chansons en anglais ne veulent rien dire?)

Sisters Of Mercy



Oh the sisters of mercy, they are not departed or gone.
They were waiting for me when I thought that I just can't go on.
And they brought me their comfort and later they brought me this song.
Oh I hope you run into them, you who've been travelling so long.

Yes you who must leave everything that you cannot control.
It begins with your family, but soon it comes around to your soul.
Well I've been where you're hanging, I think I can see how you're pinned:
When you're not feeling holy, your loneliness says that you've sinned.

Well they lay down beside me, I made my confession to them.
They touched both my eyes and I touched the dew on their hem.
If your life is a leaf that the seasons tear off and condemn
they will bind you with love that is graceful and green as a stem.

When I left they were sleeping, I hope you run into them soon.
Don't turn on the lights, you can read their address by the moon.
And you won't make me jealous if I hear that they sweetened your night:
We weren't lovers like that and besides it would still be all right,
We weren't lovers like that and besides it would still be all right.

Adaptation française de Graeme Allwright :



Les Soeurs de la Miséricorde

Les Soeurs de la Miséricorde n'ont jamais disparu,
Elles étaient là et m'aidaient quand je me sentais perdu.
Elles m'ont réconforté, m'ont donné des chansons et du pain.
J'espère que tu les trouveras, toi qui voyages au loin.

Tu avais pourtant tout quitté, ta famille, ton métier.
Mais, bientôt, c'est ton âme que tu ne pourras plus contrôler.
Je suis passé par là, et je sais qu'on est vite épinglé.
Et que, toujours, la solitude reconnaît le Péché.

J'espère que tu les trouveras, toi qui cherches fortune.
N'allume pas la lumière, leur adresse est écrite sur la lune,
Et je ne serais pas jaloux de savoir que tu tentes ta chance.
On ne s'aimait pas comme ça, et c'est sans importance.

Je me suis confessé à elles, à mes cotés couchées,
Elles ont touché mes yeux, sur leurs mains j'ai senti la rosée.
Si ta vie est une feuille que les saisons arrachent et déchirent,
Ouvre à l'amour qui est gravé gracieux comme une tige.
Ouvre à l'amour qui est gravé gracieux comme une tige.

Suzanne

Suzanne takes you down to her place near the river
You can hear the boats go by
You can spend the night beside her
And you know that she's half crazy
But that's why you want to be there
And she feeds you tea and oranges
That come all the way from China
And just when you mean to tell her
That you have no love to give her
Then she gets you on her wavelength
And she lets the river answer
That you've always been her lover
And you want to travel with her
And you want to travel blind
And you know that she will trust you
For you've touched her perfect body with your mind.

And Jesus was a sailor
When he walked upon the water
And he spent a long time watching
From his lonely wooden tower
And when he knew for certain
Only drowning men could see him
He said "All men will be sailors then
Until the sea shall free them"
But he himself was broken
Long before the sky would open
Forsaken, almost human
He sank beneath your wisdom like a stone
And you want to travel with him
And you want to travel blind
And you think maybe you'll trust him
For he's touched your perfect body with his mind.

Now Suzanne takes your hand
And she leads you to the river
She is wearing rags and feathers
From Salvation Army counters
And the sun pours down like honey
On our lady of the harbour
And she shows you where to look
Among the garbage and the flowers
There are heroes in the seaweed
There are children in the morning
They are leaning out for love
And they will lean that way forever
While Suzanne holds the mirror
And you want to travel with her
And you want to travel blind
And you know that you can trust her
For she's touched your perfect body with her mind.

Adaptation française de Graeme Allwright :

Suzanne

Suzanne t'emmène écouter les sirènes
Elle te prend par la main pour passer une nuit sans fin
Tu sais qu'elle est à moitié folle c'est pourquoi tu veux rester
Sur un plateau d'argent elle te sert du thé au jasmin
Et quand tu veux lui dire que tu n'as pas d'amour pour elle
Elle te prend dans se ondes et laisse la mer répondre
Que depuis toujour tu l'aimes

Tu veux rester à ses côtés maintenant tu n'as plus peur
De voyager les yeux fermés
Une flame brûle dans ton coeur.

Il y avait un pêcheur venu sur la terre
Qui a veillé très longtemps du haut d'une solitaire
Et quand il a compris que seul les hommes perdus le voyaient
Il a dit qu'on voguerait jusqu'à ce que les vagues nous libèrent
Mais lui même fut brisé bien avant que le ciel s'ouvre
Délaissé et presqu'un homme il a coulé sous votre sagesse
Comme une pierre

Tu veux rester à ses côtés maintenant tu n'as plus peur
De voyager les yeux fermés
Une flame brûle dans ton coeur

Suzanne t'emmène écouter les sirènes
Elle te prend par la main pour passer une nuit sans fin
Comme du miel le soleil coule sur Notre Dame des pleurs
Elle te montre où chercher parmi les déchets et les fleurs
Dans les algues il y a des rêves des enfants au petit matin
Qui se penchent vers l'amour, ils se penchent comme ca toujours
Et Suzanne tient le miroir

Tu veux rester à ses côtés maintenant tu n'as plus peur
De voyager les yeux fermés
Une blessure étrange dans ton coeur.

Famous Blue Raincoat

It's four in the morning, the end of december
I'm writing you now just to see if you're better
New York is cold but I like where I'm living
There's music on Clinton Street all thru the evening.
I hear that you're building your little house deep in the desert
You're living for nothing now I hope you're keeping some kind of a record

Yes and Jane came by with a lock of your hair
She said that you gave it to her
That night that you planned to go clear
Did you ever go clear?

The last time we saw you, you looked so much older
Your famous blue raincoat was torn at the shoulder
You'd been to the station to meet every train
You came home alone without Lili Marlene.
And you treated my woman to flake of your life
And when she came back she was nobody's wife

Well, I see you there with a rose in your teeth
One more thin gypsy thief
Well, I see Jane's awake
She sends her regards.

And what can I tell you my brother, my killer
What can I possiby say
I guess that I miss you, I guess I forgive you
I'm glad you stood in my way.
If you ever come by here for Jane or for me
Well, your enemie is sleeping and your woman is free

Yes, and thanks for the trouble you took from her eyes
I thought it was there for good so I never tried.

And Jane came by with a lock of you hair
She said that you gave it to her
That night that you planned to go clear
Sincerely, L. Cohen.

Traduction française.
Version collective élaborée sur le forum du Cahier Interdit.

Ton célèbre imperméable bleu

Il est quatre heures du matin, fin de décembre. Je t'écris juste pour savoir si tu te sens mieux. New york est glacial mais j'aime l'endroit où je vis. Il y a de la musique sur Clinton Street, tout au long de la soirée. On m'a dit que tu construisais ton refuge au fond du désert. Tu vis pour rien maintenant... j'espère quand même que tu prends quelques notes. Oui, et Jane est revenue avec une boucle de tes cheveux. Elle m'a dit que tu lui as donné, cette nuit où tu as décidé de t'effacer. T'es-tu jamais effacé?

La dernière fois que nous t'avons vu, tu semblais tellement plus vieux. Ton célèbre imperméable bleu était déchiré à l'épaule. Tu étais allé à la gare, pour attendre chaque train, mais tu es rentré seul, sans Lili Marlène. Et tu as donné à ma femme un éclat de ta vie. Mais quand elle est revenue, elle n'était plus la femme de personne. Je te revois, une rose entre les dents... encore un gitan, maigre et voleur. Et voici Jane qui s'éveille, elle t'envoie ses pensées.

Et que puis-je te dire, mon frère, mon meurtrier ? Que puis-je vraiment dire? Je crois bien que tu me manques, je crois bien que je te pardonne, je suis content que tu te sois dressé sur mon chemin. Si jamais tu reviens par ici, pour Jane ou pour moi : voilà, ton ennemi dort, et sa femme est libre. Oui, et merci pour la peine que tu pris dans ses yeux. Je croyais qu'elle y était pour toujours, alors je n'ai jamais essayé.

Et Jane est revenue avec une boucle de tes cheveux. Elle a dit que tu lui as donné
cette nuit, où tu as décidé de t'effacer.

Sincèrement, L. Cohen

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11 novembre 2005

LOU REED

   


LOU REED



Lou Reed, né à Freeport, New York le 02 mars 1942

LA BIOGRAPHIE DE LOU REED


A l'université, Lewis Alan Reed alias Lou Reed rencontre les deux figures qui influenceront sa carrière artistique. Le poète Delmore Schwartz, qui l'incitera à écrire et le guitariste Sterling Morrison. Après sa rencontre avec le multi-instrumentiste John Cale, Lou décide de s'installer à New York. Ils entraînent Morrison avec eux et se mettent à rejouer les compositions de Reed. Avec l'intégration de Maureen ("Moe") Tucker à la batterie naît The Velvet Underground. Lou Reed y est guitariste et compose nombre de titres restés populaires après la séparation du groupe en 1970 ('Heroin', 'I'm waiting for the man',…). Après l'aventure Velvet, Lou Reed se lance dans une carrière en solo. Il sort son premier album éponyme deux ans plus tard. Sans véritables nouveautés, cet opus est un échec. Mais Reed rebondit aussitôt en sortant la même année 'Transformer', produit par David Bowie (et ça s'entend !) et Mick Ronson. Le succès est au rendez-vous, avec notamment le célèbrissime titre 'Walk on the wild side'. L'apogée artistique de Lou Reed se situe entre 1972 et 1976, avec les albums 'Berlin', 'Sally Can't Dance', ou encore 'Coney Island Baby'. Suivent des années peu fertiles au niveau artistique après lesquelles Reed refait un retour fracassant avec un de ses meilleurs albums, 'New York' et retrouve John Cale pour un hommage à Andy Warhol, 'Songs for Drella'. Son dernier album, 'The Raven', est une référence à Edgar Allan Poe, mêlant musique et poésie.
                                                                                           

Discographie:                                reed_berlin

The velvet underground:
1967     -The Velvet Underground & Nico
1967     -White light White heat
1969     -The Velvet Underground
1970     -Loaded
1985     -VU

Lou Reed solo:

1972     -Lou Reed
1972     -Transformer
1972     -American Poet
1973     -Berlin
1974     -Rock n' roll animal
1974     -Sally can't dance
1975     - Lou Reed Live
1975     -Metal machine music
1975     -Coney Island Baby
1976     -Rock n' Roll heart
1978     -Street Hassle
1975     -Take no prisoners
1979     -The Bells
1980     -Growing up in public
1982     -The Blue mask
1983     -Legendary hearts
1983     -Lou Reed: Live in Italy
1986     - Mistrial
1989     -New york
1990     -Songs for Drella
1992     -Magic and Loss
1996     -Set the twilight Reeling
1998     -Perfect Night Live in London
2000     -Ecstasy
2003     -The raven

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13 novembre 2005

Interview de Georges Brassens, Jacques Brel et Léo Ferré

   

Interview de Georges Brassens, Jacques Brel et Léo Ferré


Il n'y en avait jamais eu, il n'y en aurait jamais plus : la rencontre du 6 janvier 1969 à Paris entre Léo Ferré, Jacques Brel et Georges Brassens est restée unique à jamais.

Sur une proposition du magazine "Rock'n Folk" et en collaboration avec RTL, une interview exceptionnelle est organisée dans un petit appartement de la rue Saint-Placide à Paris qui réuni Georges Brassens, Jacques Brel et Léo Ferré. Autour d'une table ronde, les trois "monstres sacrés" de la chanson française échangeront leurs opinions sur le monde et la musique. La rencontre organisée par le journaliste de "Rock'n Folk", François-René Christiani, sera immortalisée par une photographie noir et blanc de Jean-Pierre Leloir.

vous connaissez la photo...


et maintenant ....

Ecoutez l'émission du 6 janvier 1969

                                                                                                                                                                                                      
L'Interview de Brassens, Brel et Ferré / partie 1ogg - 9.4 Momp3 - 16.8 Mo18 min 16 sec
L'Interview de Brassens, Brel et Ferré / partie 2ogg - 8.9 Momp3 - 15.9 Mo17 min 20 sec
L'Interview de Brassens, Brel et Ferré / partie 3ogg - 9.9 Momp3 - 17.6 Mo19 min 15 sec
L'Interview de Brassens, Brel et Ferré / partie 4ogg - 5,4 Momp3 - 15,9 Mo10 min 05 sec
Bonus : l'interview de François-René Cristiani, le journaliste de cette enregistrement par Radio Canada.
L'Interview de François-René Cristianiogg - 3.0 Momp3 - 6.5 Mo07 min 01 sec

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16 novembre 2005

Ecoutez des interviews de Léo Ferré!

Ecoutez des interviews de Léo Ferré
                                                                                                                                                                                       

dessin_leo_ferre1On nous présente Ferré comme une sorte d'archétype et c'est vrai! Ne lui en déplaise, il était à la fois  éloigné et prôche de sa propre légende en restant hermétique aux considérations de la renommée.
Mais qui était il vraiment? Avec le concours du plus qu'excellent site l'Arbre du Poète tentons de découvrir l'homme qui palpite dans le poète non pas pour lever son mystère mais pour  sentir notre vieux Léo  plus vivant que jamais dans notre coeur de révolté!
Pour écoutez Leo Ferré
en interview cliquer ici

Ou là


Interviews à télécharger

 

Apostrophes - Bernard Pivot - 1980

Campus - 1971

Découvertes - 1984

D'hier et d'aujourd'hui - Georges de Caunes - 1973

Discorama - Denise Glaser - 1961

Discorama - Denise Glaser - 1965

Discorama - Denise Glaser - 1967

Discorama - Denise Glaser - 1974

Discorama - Denise Glaser - 1974 (vidéo)

Écran Total - France Inter - avril 1990

Émile Noel 1971 et Jean Lefebvre 1977

Fréquences Mômes - William Leymergie - France Inter

Grand Format - Évelyne Pagès - RTL - 1987

Interviews - INA

Intervista - Marco Sisi - 1981

Léo et Charles Estienne

Merci et encore Bravo - Christine Bravo - FR 3 - 1991

Mirages - Jacques Pradel - France Inter - novembre 1979

Pop Club - José Arthur - France Inter - février 1980

Pop Club - José Artur - France Inter - 1981

Radio bleue - 1990

Radio bleue - 1991

Radio Canada - Sel de la semaine - 1970

Radio Canada - Sel de la semaine - 1970 (vidéo)

Radio libre à - Yvan Levaï - Europe 1 - 1982

Radioscopie - Jacques Chancel - France Inter - 1975

Radioscopie - Jacques Chancel - France Inter - 1980

RMC - juillet 1979

Robert Kudelka - 1991

Table Ronde - RTL - 1969

Une nuit avec Léo - France Culture - janvier 1988

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27 novembre 2005

Giordano Bruno

Giordano Bruno



Giordano Bruno

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Giordano Bruno

Giordano Bruno, né à Nola en 1548, mort à Rome le 17 février 1600, philosophe et théologien italien.

Se basant sur les travaux de Nicolas Copernic et Nicolas de Cuse, il démontre, de manière philosophique, la pertinence d'un Univers infini, peuplé d'une quantité innombrable de mondes identiques au nôtre.

Accusé d'hérésie par l'Inquisition (entre autres parce que cela impliquerait une multitude de crucifixions), il meurt sur le bûcher, après huit années de procès.

Bio

Filippo Bruno naît en janvier 1548 à Nola, bourgade proche de Naples, d'un couple de gentilshommes sans titre. La famille dispose de revenus modestes, c'est l'école la plus proche qui lui donne une instruction. Imprégné d'humanisme, d'auteurs classiques, d'étude de la langue et de la grammaire latine, il restera toutefois marqué par le pédantisme qui accompagne l'enseignement, et le rebute. Il part rejoindre l'université publique, à Naples, où il découvrira la mnémotechnique, l'art de la mémoire, qui constituera rapidement l'une de ses disciplines d'excellence. Il prend aussi des cours particuliers, qui le mettent au cœur des débats philosophiques entre platoniciens et aristotéliciens.

Sa culture, alors essentiellement humaniste, va s'enrichir d'un apport théologique déterminant. En effet, il entre le 15 juin 1565 chez les Frères prêcheurs de San Domenico Maggiore, prestigieux couvent dominicain, d'une part pour la qualité des titres qu'il attribue, titres incontestés et réputés dans toute l'Italie, d'autre part parce qu'il est un précieux refuge en ces temps de disette et d'épidémie. Il y rencontre Giordano Crispo, maître en métaphysique, auquel il rend hommage en en adoptant le prénom. Il est alors un dominicain modèle, vivant selon la devise verba et exempla (par le verbe et par l'exemple) et ordonné prêtre en 1573.

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La rupture

Il devient Lecteur en Théologie en juillet 1575. S'il semble continuer sa carrière de dominicain modèle (il soutient une thèse sur la pensée de Thomas d'Aquin et de Pierre Lombard), Bruno dissimule en fait une rebellion contre le carcan théologique. Au fil des années, il a su se forger une culture éclectique et peu orthodoxe, sans cesse alimentée par un appétit vorace de lecture et des capacités exceptionnelles de mémorisation. Il est tout particulièrement adepte des œuvres d'Érasme, humaniste hérétique. Pire, il a le goût de l'hermétisme, la magie. Enfin grandit une passion prémonitoire pour la cosmologie détachée de l'approche théologique.

La rupture qui couvait finit par être consommée. Dès sa première année de noviciat, il avait ôté des images saintes de sa chambre, notamment celles représentant Marie, s'attirant l'accusation de profanation du culte de Marie. Au fil des années, les heurts deviennent plus durs, tout particulièrement au sujet de la Trinité, dogme qu'il repousse. Finalement, en février 1576, il doit abandonner le froc dominicain et fuir, une instruction ayant été ouverte à son encontre qui doit le déclarer hérétique.


L'errance (1576-1592)

Illustration d'un des livres de Giordano Bruno sur la mnémotechnique: on y distingue les quatre éléments classiques: la terre, l'air, l'eau et le feu

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Illustration d'un des livres de Giordano Bruno sur la mnémotechnique: on y distingue les quatre éléments classiques: la terre, l'air, l'eau et le feu

Dans un premier temps, Bruno espère rester en Italie. Il survit, de 1576 à 1578, par des leçons de grammaire ou d'astronomie, mais sa condition d’apostat l’amène à changer fréquemment de ville ou de région : Gênes, Noli, Savone, Turin, Venise, Padoue, Brescio, Naples abritent successivement ses doutes et ses recherches. Durant ces deux années, il ne pourra publier qu’un seul ouvrage, dont on ne connaît que le titre : Des signes des temps.

Épuisé par sa condition, il finit par s’exiler, à Chambéry tout d’abord, puis dans la Genève calviniste ensuite. Mais son intégration dans la communauté évangélique ne durera qu’un temps : une dispute avec la hiérarchie (il conteste la compétence d’un de ses membres) lui vaut arrestation et excommunication, le 6 août 1578.

Il repart et rejoint Lyon, puis Toulouse, alors sujette au dogmatisme catholique le plus intègre. Toutefois, il parvient à enseigner deux ans durant, alternant la physique et les mathématiques, et à publier un ouvrage sur la mnémotechnique : Clavis Magna. Intéressé par l’ouvrage et impressionné par la mémoire colossale de Bruno, Henri III le fait venir à la cour et devient son protecteur, lui offrant, jusqu'en 1583, cinq années de paix et de sécurité.

Il figure parmi les philosophes attitrés de la cour, enseigne au Collège des lecteurs royaux (le Collège de France) et développe sa pensée. Son discours s’arrondit, et face aux tensions religieuses, adopte une position tolérante. En 1582, son talent d’écrivain, ironique et lyrique, vivant, imagé, se confirme dans Candelaio (Le Chandelier), comédie satirique sur son temps.

En avril 1583, Bruno se rend en Angleterre, à Londres puis à Oxford, où il reçoit un accueil hostile. Précédées par une réputation brillante mais sulfureuse, ses idées malmènent l’église anglicane ; il essuie de nombreuses critiques. Sûr de lui et de ses idées, plein de mépris pour les idées de ses contradicteurs, Bruno consacre deux années à répliquer ; il apparaît alors comme un philosophe, théologien et scientifique novateur mais impertinent. En 1584 paraissent :

     
  • La Cena de le Ceneri (Le banquet des cendres)
  •  
  • De la causa, principio, et Uno (La cause, le principe et l’un)
  •  
  • De l’infinito universo et Mondi (De l’infini, l'univers et les mondes)

Dans ces ouvrages il expose sa vision cosmographique audacieuse et révolutionnaire. Il y soutient les thèses coperniciennes du monde, et va au-delà encore en imaginant un univers peuplé d’une infinité de mondes.

En 1585, trois nouveaux ouvrages approfondissent et poursuivent ses audaces :

     
  • Spaccio de la Bestia Trionfante (L’expulsion de la bête triomphante) s'attaque aux attitudes calvinistes et catholiques.
  •  
  • Cabala del cavallo Pegaseo (La cabale du cheval de Pégase), opuscule satirique, démolit systématiquement la vénérable référence aristotélicienne.
  •  
  • De gl’ heroici furori (Les fureurs héroïques) élimine l’idée d’un monde centré, présente un univers où Dieu n’a plus de lieu.

Mais les positions religieuses se durcissent : Henri III ne peut plus se permettre de défendre un révolutionnaire du savoir. De plus, une dispute avec Mordente, géomètre associé aux ligueurs, qui l'accuse de s’attribuer la paternité du compas différentiel, l’oblige à s’exiler en Allemagne en juin 1586 ; l'université de Marbourg puis celle de Wittenberg l’accueillent. Le voilà donc intégré à la communauté luthérienne, mais à l’automne 1588, Giordano Bruno apprend son excommunication de l’église luthérienne, après des heurts avec sa nouvelle hiérarchie.

Il reprend donc la route, toujours en Allemagne ; ses ouvrages témoignent alors de sa volonté d’organiser sa pensée :

     
  • De innumerabilibus, immenso, et infigurabili réexamine sa cosmographie.
  •  
  • Dans De monade numero et figura, Bruno mène une réflexion sur le rapport entre nombres et les figures géométriques.
  •  
  • De triplici minimo et mensura, réflexions sur l’infiniment petit (précurseur des études sur l’atome).
  •  
  • De imaginum, signorum et idearum compositione (De la composition des images, des signes et des idées), introduit un prodigieux système     mnémotechnique.


Le procès (1592-1600)

À l'issue d'une dernière expulsion, Bruno accepte en août 1591 l'invitation à Venise du patricien Giovanni Mocenigo. Les deux hommes ne s'entendent pas : Bruno revient probablement motivé par l'envie d'être nommé à la chaire de mathématiques de l'université de Padoue (chaire que Galilée obtiendra à sa place), mais Mocenigo attend de Bruno qu'il lui enseigne la mnémotechnique et l'art d'inventer. Le patricien considère vite qu'il n'en a pas pour son argent, alors que Bruno considère que sa présence est déjà un honneur pour son hôte. Déçu, Bruno veut repartir et froisse Mocenigo, qui commence par le retenir prisonnier puis, ne parvenant pas à se le soumettre, finit par le dénoncer à l'inquisition vénitienne, le 23 mai 1592.

Au fur et à mesure du procès, qui durera huit années, l'acte d'accusation va évoluer :

Le premier acte d'accusation se concentre sur ses positions théologiques hérétiques : sa pensée antidogmatique, le rejet de la transsubstantiation que le concile de Trente vient de confirmer, et de la trinité, son blasphème contre le Christ, sa négation de la virginité de Marie. Mais ses activités philosophiques et scientifiques sont déjà relevées : sa pratique de l'art divinatoire, sa croyance en la métempsychose, sa vision cosmologique. Au long du procès durera, l'acte d'accusation ne cessera de croître.

Blanchi par les tribunaux vénitiens, Bruno est presque libéré. Mais la Curie romaine semble vouloir lui faire payer son apostasie. Sur intervention personnelle du pape auprès du doge, une procédure tout à fait exceptionnelle, Rome obtient l'extradition et Bruno se retrouve dans les redoutables geôles vaticanes du Saint-Office.

En 1593, dix nouveaux chefs d'accusation sont ajoutés. Bruno subit sept années de procès, ponctuées par une vingtaine d'interrogatoires menés par le cardinal Robert Bellarmin, qui instruira aussi le procès du système de Copernic en 1616. Sous la torture, il lui arrive de concéder un geste de rétractation, mais se reprend toujours. Le pape Clément VIII somme une dernière fois Bruno de se soumettre, mais Bruno répond : « Je ne crains rien et je ne rétracte rien, il n'y a rien à rétracter et je ne sais pas ce que j'aurais à rétracter. » Le 20 janvier 1600, Clément VIII ordonne au tribunal de l'Inquisition de prononcer son jugement. À la lecture de sa condamnation au bûcher, Bruno commente : « Vous éprouvez sans doute plus de crainte à rendre cette sentence que moi à l'accepter. »

Le 17 février 1600, il est supplicié sur le bûcher installé sur le Campo Dei Fiori.

Pourquoi ont ils brûlé Bruno et non Galilée?

Pourquoi l'église s'est elle excusée, avec cinq siècle de retard, d'avoir intimidé Galilée mais n'a-t-elle jamais regretté d'avoir brûlé Bruno? Derrière une analogie superficielle, leurs cas sont complètement différents. Avant tout, Galilée, comme Copernic sont des savants, on dirait aujourd'hui des scientifiques. Ils ne se préoccupent pas de religion et si leurs découvertes peuvent contredire les convictions des représentants de l'église, ça n'est pas à dessin. Bruno, durant son procès, prétendra être dans le même cas. Mais ce n'est qu'un adroit système de défense. Giordano Bruno n'a jamais été un homme de science. Parmi les thèses qu'on lui reproche, la réincarnation, la non-création du monde et la non virginité de Marie préoccupent certainement beaucoup plus ses accusateurs que les mouvements respectifs de la Terre et du soleil. C'est un prêtre défroqué, anarchiste avant l'heure, dégoutté de la religion et ennemi déclaré du christianisme, à travers le quel il perçoit hypocrisie, exploitation des masses, obscurantisme et persécution. Si ses ennemis finiront par lui donner raison, au moins sur ce dernier point, il y mettra du sien.
Car, c'est la seconde différence avec Galilée et les siens. Ils sont roseaux, il est chêne. Galilée, qui s'était déjà montré plus futé pour soutenir le principe d'inertie, a bien compris que "Et pourtant, elle tourne." est une phrase qui ne se prononce qu'à voix basse. Bruno pendant sept ans, de 1593 jusqu'à la fin que l'on sait, va jouer avec ses tortionnaires un incroyable jeu de chat et de la souris. Il se rétracte... mais pas tout à fait. Il n'a jamais voulu dire que... mais il maintient que... Il abjure tout, mais à condition que le Pape lui donne raison! Un jour, il n'a plus pour sortir qu'à signer une déclaration dont il a négocié chaque virgule et, tout à coup, un doute lui vient sur tel point de détail. Pendant tout ce temps, il est affamé, torturé et on a l'impression que c'est lui qui mène la danse. Il use ses bourreaux, il excède l'Inquisiteur Suprême, le Cardinal de Santaseverina, il tue à la tâche ses tortionnaires.


NEANMOINS, TOUT N'EST PAS CLAIR DANS L'AFFAIRE BRUNO. Au départ, c'est un banal litige entre le philosophe et son logeur, une simple affaire de loyer impayé, en somme. Mais Mocenigo, le propriétaire, qui sait que Bruno a déjà eu affaire aux tribunaux de l'inquisition et qui semble en avoir entendu des vertes et des pas mures sur le Pape, la Vierge et tutti quanti, dans la bouche de son locataire, plutôt que de lui faire un procès le dénonce à l'inquisition vénitienne. Le procès s'ouvre le 26 Mai 1592. Bruno, avec plus d'adresse que de sincérité, plaide la recherche purement scientifique indépendante des questions de foi. Il y ajoute le plus profond repentir, qu'il réussit à jouer sans renier un mot de ce qu'il avait dit. Et il fait un triomphe. C'est tout juste si les juges ne l'embrassent pas. Après chaque procès, l'inquisiteur de Venise envoie à son collègue de Rome un compte rendu. Pure formalité, la justice vénitienne est indépendante. Rome est avisée, pour ainsi dire, par politesse. Le 12 Septembre, la dernière farce de Giordano Bruno prend une tournure macabre. Pour la première et seule fois dans l'Histoire, Rome remet en cause un verdict vénitien, en réclamant l'extradition de l'accusé. Pourquoi?


Qu'est ce qui justifie un tel souci de Rome pour une affaire issue d'une querelle d'épiciers? A l'époque Bruno n'a pas le prestige d'un Galilée, c'est l'église qui va faire sa renommée. Il est accusé d'avoir publié des livres que la censure a laissé passer et tenu en privé des propos dont il se repent bien volontiers. Il n'y a pas de quoi justifier un incident diplomatique. Pourtant, c'est bien devenu une affaire d'état. C'est le Cardinal de Santaseverina qui réclame l'extradition de l'impertinent. Et quand il est débouté, loin de faire machine arrière, Rome oppose à Venise un personnage plus haut placé. Plus haut que l' Inquisiteur Suprême? C'est le Pape qui réclame à présent Bruno. Et il envoie à Venise rien de moins que le nonce apostolique, Ludovico Taverna, en personne. Le 22 décembre, Taverna soutient la requête papale devant le Collège vénitien. L'extradition n'étant pas juridiquement fondée, il ment sur le passé judiciaire de Bruno. Il remporte le bras de fer et le 9 Janvier, une galère emporte Giordano Bruno vers son destin.


A Rome, les bizarreries continuent. Après le zèle dont il a été fait preuve pour récupérer l'ennemi publique, on s'attendrait à une fin expéditive. Le bûcher dans les quinze jours, c'était dans l'ordre du temps. Hé bien non. Il y aura d'abord deux ans de procès. Admettons. Et puis voila que, quand il ne manque plus que le verdict, on oublie complètement le prévenu, pendant encore trois ans. Puis on l'exhorte à abjurer. Et commence cette longue comédie, voir plus haut, où Bruno brûle les planches, dans tous les sens du terme, et dont le dernier acte est donné en publique, le 16 Février de l'an de grâce 1600.

Une dernière chose. La légendaire réplique de Giordano Bruno à ses juges: Vous avez plus peur que moi. n'a pas été lancée du haut du bûcher mais au tribunal. Sur le bûcher, il n'a rien dit du tout. Pour la bonne raison qu'on lui avait coupé la langue. Selon certaines sources ont l'aurait simplement bâillonné. Quoi qu'il en soit, on était bien pressé de le réduire au silence. On justifie cela par les injures qu'il aurait lancé à ses juges. Voila qui est tout de même étrange, alors que l'église, comme plus tard les procureurs staliniens, s'efforçait toujours d'assurer son triomphe par la contrition publique des condamnés bien plus que par leur exécution. Quand on pense aux efforts déployés durant huit ans pour obtenir cette contrition de Bruno!

Héritage


Influences

L'œuvre de Bruno est d'une rare complexité. On pourrait aussi ajouter qu'elle se montre parfois paradoxale : souvent extraordinairement pionnier (en astronomie, en physique ou en philosophie), Bruno reste un homme de son temps dans ses attirances pour l'occulte (n'oublions pas les travaux d'astrologie de Kepler et de Newton). De même, sa vie foisonne de combats et de péripéties. Tout cela est un terreau idéal pour l'imagination, l'inspiration mais aussi la récupération.


Philosophie

     
  • En Bruno, Leibniz admire le visionnaire, relevant ses théories sur l'univers et l'infini, mais il lui reproche ses travaux sur l'art de la mémoire et la magie lullienne.
  •  
  • Diderot l'inscrit dans l'Encyclopédie comme un progressiste face aux despotes.
  •  
  • On retrouve la pensée de Bruno dans l'œuvre de Goethe, y compris dans Faust. Mais le poète, lui aussi, lui reproche sa passion pour les mathématiques mystiques.
  •  
  • Dans les Leçons sur l'Histoire de la Philosophie, Hegel lui consacre une longue analyse, ce qui fera de lui un précurseur du matérialisme.


Art et littérature

La liste des œuvres consacrées à Bruno est immense :

     
  • Des romans (L'Homme incendié de Serge Filippini, qui explique sa vie autour de l'hypothèse de son homosexualité)
  •  
  • des films
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  • un opéra
  •  
  • Bertolt Brecht l'évoque dans sa pièce La vie de Galilée.
  •  
  • L'ouvrage général (c’est-à-dire ni religieux ni politique) ayant eu le plus fort tirage en France, Le Tour de France par deux enfants, était signé du pseudonyme de G. Bruno, en hommage à Giordano Bruno.
  •  
  • L'Œuvre au noir de Marguerite Yourcenar évoque un personnage ayant des dispositions d'esprit similaires, et une fin similaire aussi.


Politique et Religion

     
  • C'est au XVIIIe siècle que Bruno devient un athée et un libre penseur. On fait de lui un héritier du matérialisme antique, un précurseur de Spinoza.
  •  
  • À l'inverse, il passe aussi pour quelques théologiens allemands, ironie de l'histoire, pour un martyr de la réforme luthérienne.
  •  
  • À la fin du XIXe la réaction positiviste italienne contre l'église et la monarchie l'identifie à un radical franc-maçon. L'Italie est alors en pleine réappropriation de ses symboles nationaux, qui permet de fonder la nation italienne une et indivisible autour du Risorgimento.
  •  
  • En France, Le Tour de France par deux enfants est publié en 1877 sous le pseudonyme de G.Bruno. Grand succès de librairie de l'école laïque, ce petit livre rouge de la République est un manuel scolaire. Avec cet ouvrage, G. Bruno est propulsé à l'origine de la pensée moderne, et désigné fondateur d'une philosophie strictement rationaliste, annonciateur de Descartes ou de Kant, de l'égalité et de la laïcité, et de la Révolution française.
  •  
  • Un comité international a été créé qui veut réhabiliter sa mémoire. Malheureusement, le siège de ce comité correspond, à Rome, à celui d'une secte d'extrême droite controversée : la Nouvelle Acropole.

Toutes ces interprétations nous empêchent aujourd'hui de saisir l'engagement originel de Bruno. On remarquera d'ailleurs que le point commun, immédiat, entre toutes ces récupérations est le rejet de l'Église Catholique. Le clergé de celle-ci, en retour, ne ménage pas sa mémoire : on en prendra pour preuve la commission spéciale « pour l'étude de la controverse ptoléméo-copernicienne aux XVIe et XVIIe siècles, dans laquelle s'insère le cas Galilée », qui finit par revenir sur la condamnation de Galilée, mais réaffirme sa condamnation de G. Bruno : « la condamnation pour hérésie de Bruno indépendamment du jugement qu'on veuille porter sur la peine capitale qui lui fut imposée, se présente comme pleinement motivé [car] le copernicanisme de Bruno ne prête aucun intérêt aux raisons scientifiques ».

Cela n'a pas empêché le Concile Vatican II de se pencher sur la question de la pluralité des mondes - un des points évoqués par Bruno - en y introduisant un élément insolite : la distinction entre mondes qui auraient connu eux aussi le péché originel et ceux qui auraient réussi à s'en abstenir.

Bibliographie

     
  • De umbris idearum (1582)
  •  
  • Cantus Circaeus (1582)
  •  
  • De compendiosa architectura (1582)
  •  
  • Candelaio (1582)
  •  
  • Ars reminiscendi (1583)
  •  
  • Explicatio triginta sigillorum (1583)
  •  
  • Sigillus sigillorum (1583)
  •  
  • La Cena de le Ceneri (La banquet des cendres) (1584)
  •  
  • De la causa, principio, et Uno (1584)
  •  
  • De l'infinito universo et Mondi (1584)
  •  
  • Spaccio de la Bestia Trionfante (L'expulsion de la bête triomphante) (1584)
  •  
  • Cabala del cavallo Pegaseo- Asino Cillenico(1585)
  •  
  • De gl' heroici furori (1585)
  •  
  • Figuratio Aristotelici Physici auditus (1585)
  •  
  • Dialogi duo de Fabricii Mordentis Salernitani (1586)
  •  
  • Idiota triumphans (1586)
  •  
  • De somni interpretatione (1586)
  •  
  • Animadversiones circa lampadem lullianam (1586)
  •  
  • Lampas triginta statuarum (1586)
  •  
  • Centum et viginti articuli de natura et mundo adversus peripateticos (1586)
  •  
  • Delampade combinatoria Lulliana (1587)
  •  
  • De progressu et lampade venatoria logicorum (1587)
  •  
  • Oratio valedictoria (1588)
  •  
  • Camoeracensis Acrotismus (1588)
  •  
  • De specierum scrutinio (1588)
  •  
  • Articuli centum et sexaginta adversus huius tempestatismathematicos atque Philosophos (1588)
  •  
  • Oratio consolatoria (1589)
  •  
  • De vinculis in genere (1591)
  •  
  • De triplici minimo et mensura (1591)
  •  
  • De monade numero et figura (1591)
  •  
  • De innumerabilibus,immenso, et infigurabili (1591)
  •  
  • De imaginum, signorum et idearum compositione (1591)
  •  
  • Summa terminorum metaphisicorum (1595)
  •  
  • Artificium perorandi (1612)



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11 décembre 2005

Pulp

 

Pulp

 

I. Les débuts de Pulp : 1978-1982

Pulp vers 1978

L'histoire de Pulp commence en 1978, au collège de Sheffield, South Yorkshire, dans le nord de l'Angleterre.

Jarvis Cocker décide de fonder un groupe avec trois copains. La formation initiale comprend Mark Swift aux percussions, David Lockwood à la basse, Peter Dalton à la guitare et Jarvis Cocker au chant et à la guitare. Le groupe s'appelle alors Arabacus Pulp. Le nom provient d'une marchandise dont Jarvis a entendu parler pendant un cours d'économie. Mais comme personne ne comprend ce terme, le groupe est rapidement rebaptisé tout simplement Pulp.
Le groupe commence par répéter chez la grand-mère de Jarvis, et la toute première chanson du groupe s'intitule Shakespeare Rock. Le départ de David Lockwood marque le début d'une longue tradition chez les membres de Pulp : quitter le groupe. David est remplacé par Philip Thompson.
La première réalisation du groupe est étonnamment un film, The Three Spartans, "Les Trois Spartiates" qui est projeté dans leur école.

En 1980, ils ont déjà été cités dans le livret accompagnant la compilation Bouquet of Steel, qui regroupe des titres de groupes du South Yorkshire. En juillet 1980, ils donnent leur premier concert au Rotherham Arts Centre. Mark Swift a déjà quitté le groupe, et est remplacé à la batterie par Jimmy Sellars, qui lui-même laissera bientôt place à Wayne Furniss. Philip Thompson part également à cette période, Jamie Pinchbeck lui succède.
Un mois plus tard, Russell Senior rencontre Pulp pour la première fois, au Sheffield Leadmill, et les interviewe pour son fanzine The Bath Banker.

Les premiers enregistrements sont réalisés avec cette nouvelle formation en juin 1981, et donnés à John Peel de Radio 1 au cours d'une tournée de son émission, qui passe à Sheffield. C'est ainsi que l'on demande au groupe de descendre à Londres pour une séance en studio enregistrée par Dale Griffin, le batteur de Mott the Hoople. Les enregistrements sont entendus par Nigel Burnham de Statik Records et apportent le titre What Do You Say ? à la compilation Your Secret's Safe With Us, qui sort début 1982. Cette année-là, tous les membres quittent l'école de Sheffield, ce qui oblige Jamie et Peter à abandonner le groupe, car ils continuent leur scolarité à l'université.


II. Les premiers disques et l'époque Fire : 1983-1988

Pulp dans les années 1980

Tony Perrin, qui travaillait avec Pulp, arrange pour le groupe l'enregistrement d'un mini album. Il s'agit de It, réalisé à Noël 1982. Pulp compte alors pour membres Jarvis, Wayne (à la batterie), Peter Boam à la basse, Simon Hinkler aux claviers, David Hinkler aux claviers et au trombone, Gary Wilson aux percussions (il apparaît sous le nom de "Beefy Gary O" dans le livret), Barry Thompson à la flûte et à la clarinette, et enfin Gill Taylor et Saskia Cocker, la sœur de Jarvis, aux chœurs. Le disque sort en avril 1983 chez Red Rhino Records, en même temps que le single My Lighthouse.

Après ces sorties et le single Everybody's Problem, sur lequel le manager de Pulp essaie de les faire musicalement ressembler à Wham, le groupe se sépare véritablement. Jarvis tente alors plusieurs expériences, entre autres avec Heroes of the Beach, Repressive Minority, Michael's Foot et the Jarvis Cocker Explosion Experience. Le succès n'est pas vraiment au rendez-vous.

C'est à ce moment que Russell Senior allie ses forces à celles de Jarvis pour tenter de ressusciter Pulp. Russell essayait alors de faire produire sa pièce, The Fruits Of Passion, œuvre "apparemment dadaïste". Jarvis et Russell sont rapidement rejoints par Magnus Doyle à la batterie, puis par Peter Mansell, un ami de Magnus, à la basse, et par Tim Allcard, qui s'occupe des claviers et de la lecture de poésies... Cette nouvelle formation joue son premier concert à la Brunel University, en tant que remplaçante d'un groupe jouant des chansons de rugby. Le concert s'achève par l'invasion de la scène par le public, ce dernier ayant beaucoup de mal à comprendre la nouvelle orientation du groupe (Tim lisait des poésies entre chaque chanson), et étant sûrement très déçu de ne pas avoir entendu le groupe prévu au départ...

Quand Tim part, quelques temps plus tard, il est remplacé (seulement aux claviers) par la sœur de Magnus, Candida. Le soir du premier concert auquel participe Candida, Johnny Waller, de Fire Records, signe le groupe, et le single Little Girl (With Blue Eyes) sort en décembre 1985.

C'est alors que Jarvis a son fameux accident, qui constitue l'anecdote la plus connue à son sujet avec l'épisode des Brit Awards. Un jour de 1985, il rentre chez lui, avec une fille qu'il aime bien. La semaine précédente, il avait assisté à la démonstration d'un type, qui était sorti sur le rebord d'une fenêtre, et était rentré par une autre fenêtre. Voulant impressionner la fille, et, il faut le préciser, légèrement saoul, Jarvis décide de réitérer l'exploit. Malheureusement, une fois sur le rebord de la fenêtre, il perd l'équilibre, et tombe de trois étages. Il se casse le poignet, la cheville et le bassin, reste six semaines à l'hôpital, et garde les deux jambes dans le plâtre pendant plusieurs mois. Il passe plus d'un an dans une chaise roulante. La fille eut quelques problèmes avec la police. On pensait que Jarvis et elle s'étaient disputés, et qu'elle l'avait jeté par la fenêtre. Apparemment, elle avait une certaine réputation...

En juin 1986, quand Jarvis est suffisamment remis pour donner des concerts, dans sa chaise roulante bien sûr, on sort le single Dogs Are Ewerywhere. Le disque Freaks est enregistré le même mois, en une semaine seulement, en raison du petit budget accordé. Pourtant, Fire ne sort l'album qu'en mai 1987, époque où le groupe s'était à nouveau séparé. Pendant le tournage houleux du clip de They Suffocate At Night, le groupe se modifie une fois encore : Candida et Peter s'en vont, suivis par Magnus. Ces deux derniers prenaient apparemment Pulp trop à la rigolade pour Jarvis et Russell, qui se retrouvent deux seuls membres de Pulp, même s'ils sont parfois accompagnés par un certain Captain Sleep aux claviers. Fin 1987, alors que Jarvis faisaient des essais de sons disco sur le Yamaha Portasound de sa grand-mère, Candida revient, Nick Banks rejoint le groupe à la batterie, ainsi que Steven Havenhand, à la basse. Mais Steven joue trop doucement, alors il est vite remplacé par Anthony Genn, qui rencontrera la célébrité en apparaissant nu avec Elastica à Glastonbury quelques années plus tard.
Le "nouveau" Pulp se lance alors dans une série de "concept concerts", où le public est soumis à des projections de films, de diapositives, à la neige carbonique, à des senteurs préparées par Russell, à des feuilles d'aluminium et à des arbres (?). "Expérience de mandarine cosmique multi média" est l'expression utilisée par Russell pour décrire les concerts de cette époque... Cette formule certainement très amusante à regarder ne dure pas très longtemps : cela demande du temps, n'est pas très fiable, et détourne l'attention du public de la musique elle-même.


III. Les premiers succès : 1988-1993

Anthony Genn quitte alors le groupe, et le laisse dans le désarroi le plus total. En raison de l'absence de nouveau projet et du manque d'animation en dehors de Sheffield, Jarvis préfère partir étudier le cinéma à Londres. Là-bas, il rencontre Steve Mackey, qui rejoint le groupe peu de temps après, à la basse. Après une prestation de Pulp à The Sounds Christmas party, en 1988, Fire est intéressé par l'enregistrement d'un autre album, et Separations est réalisé en 1989. Mais encore une fois, Fire se fait prier pour sortir le disque. Pulp est peu sollicité jusqu'à Noël 1990, où le groupe donne un concert secret Sheffield Leadmill, et un autre concert est enregistré par Granada Television pour l'émission New Sessions. En mars 1991, Fire sort enfin un premier single du nouvel album, c'est My Legendary Girlfriend, qui devient même single de la semaine dans le fameux magazine NME. Mais Fire refuse toujours de sortir l'album, alors un deuxième single, Countdown, est ré-enregistré, et commercialisé en septembre 1991. On demande alors à Pulp de jouer à un festival organisé par Les Inrockuptibles, et la France devient donc le premier pays étranger où le groupe ait joué. Peu après ce festival, lassés d'attendre le bon vouloir de Fire, les membres de Pulp décident de changer de label. Ils enregistrent le single O.U. (Gone, Gone) pour Gift Records, single qui s'accompagne de la toute première tournée du groupe et d'un passage dans l'émission Mark Radcliffe radio 5 session. Fire sort enfin Separations en juillet 1992.
Le deuxième single pour Gift, Babies, est commercialisé en octobre 1992, et obtient un grand succès dans les charts indie, suivi par Razzmatazz en février 1993, qui constitue le dernier disque fait pour Gift. Pulp part alors en tournée avec St-Etienne, et conquiert de nouveaux fans. Pulp signe chez Island Records, qui sort tout d'abord une compilation à moitié prix comprenant les enregistrements effectués pour Gift, Pulp Intro. Puis le single Lipgloss suit en novembre, et culmine à la 50ème place du top 50 britannique.


IV. L'apogée du succès : 1994-1996 

L'album His'N'Hers est achevé en février 1994, et le single Do You Remember The First Time ? sort en mars, accompagné d'un film de 25 minutes réalisé par Jarvis et Steve. His'N'Hers sort en avril 1994 et obtient un grand succès critique, et le groupe arrive deuxième aux Mercury Music Awards. Le succès est également commercial, l'album atteignant la neuvième place du classement des albums. Le groupe part en tournée en France, et donne ensuite des concerts à Stockholm et Amsterdam. Devant le nouveau succès de Pulp, Island décide de ressortir Babies dans The Sisters EP, où l'on trouve également trois nouvelles chansons, et qui atteint la dix-neuvième place des charts. Fire suit le mouvement en sortant une compilation, Masters Of The Universe, et en publiant It en CD, tout cela pendant l'été 1994, que le groupe passe tranquillement à faire des apparitions dans plusieurs festivals, avant de partir en septembre en tournée avec Blur aux Etats-Unis. Ils sont accueillis par des filles hystériques à Los Angeles et New York (sans exagérer, ça ne vous rappelle rien ?). De retour à Londres, ils apparaissent encore avec Blur à l'Aston Villa Leisure Centre et au London's Alexandra Palace. L'année s'achève avec une invitation au Princes Trust Gala Concert et à un spectacle de Noël au Theatre Royal de Drury Lane, événement qui laisse une énorme fissure au balcon, causée par les fans de Pulp qui dansaient !

En mai 1995, Pulp connaît son grand moment avec le single Common People, qui atteint la deuxième place des charts. Pulp fait ensuite en juin une apparition triomphale au festival de Glastonbury, remplaçant au dernier moment les Stone Roses. C'est à ce moment que Mark Webber, qui travaillait depuis longtemps avec le groupe, en étant à la tête du fan club officiel, Pulp People, en organisant les tournées et en jouant aux claviers et à la guitare, devient membre à part entière du groupe.

Les tabloids s'intéressent à Pulp quand ils sortent le single aux deux faces A, Mis-Shapes / Sorted For E's & Wizz. En effet, le livret contient des instructions pour fabriquer un emballage pour cacher de la drogue. Le Daily Mirror titre "BAN THIS SICK STUNT", ce qui signifie "Interdisez ce coup de pub écoeurant". Des réunions de crise sont tenues dans les studios de Top of the Pops. Le single atteint la deuxième place des ventes. Pendant une tournée, Russell est abordé par un inconnu et se voit proposer de la drogue. Il refuse et s'aperçoit de la présence d'un photographe, caché de l'autre côté de la route, attendant que Russell accepte. L'agitation autour de Jarvis devient si rentable que son père (qui avait quitté la famille de Jarvis pour partir en Australie quand ce dernier avait 7 ans) est contacté, des articles paraissent à propos de son club de santé secret, de son sex appeal, et du départ supposé du groupe pour les Etats-Unis.

 

                         
      

Comment cacher de la drogue ? Première Partie

      

Comment cacher de la drogue ? Troisième Partie

      
      

Comment cacher de la drogue ? Deuxième Partie

      

Comment cacher de la drogue ? Dernière Partie

      


Avec la publicité acquise grâce à l'épisode Mis-Shapes / Sorted For E's & Wizz, et au statut de Common People, single le plus écouté de l'été, l'album Different Class sort à un moment où le public est particulièrement bien disposé, et reçoit d'excellentes critiques. L'album est commercialisé en octobre 1995, et se trouve directement propulsé à la première place des ventes d'album en Grande-Bretagne. Une édition limitée du livret permettait aux fans de choisir entre douze couvertures. Ce disque vaut à Pulp le Mercury Music Prize Award, qui est rebaptisé le Pulp Award par Jarvis au cours de son discours un peu arrosé, et qu'il décerne à l'album Warchild.

En octobre toujours, le groupe commence une tournée de dix-neuf dates, en Grande-Bretagne puis dans toute l'Europe, avec des concerts pour la première fois en Espagne et en Allemagne, et de nouveau en France, en Belgique, et aux Pays-Bas. En France, le concert de Paris est une catastrophe : Jarvis est saoul, et le groupe ne joue aucun rappel. Finalement, Nick tente d'apaiser le public au bord de l'émeute par un discours d'excuse.

Fin 1995, Pulp et Jarvis en particulier sont dans les revues de fin d'année de quasiment tous les magazines, et tous leurs singles et leur album de l'année sont acclamés par la presse. Jarvis est élu homme de l'année par Melody Maker, Candida fait partie des 10 femmes de l'année dans ce même magazine, et Common People entre dans le hit des paroles de l'année de Smash Hits. Le groupe est invité à l'émission réunissant les gagnants du sondage réalisé auprès des lecteurs de Smash Hits, ainsi qu'à l'émission de Noël de Top of the Pops.
En janvier 1996, les membres de Pulp goûtent un repos bien mérité avant de partir en tournée au Japon et en Scandinavie, où ils sont très bien accueillis.

 

                                              
      

CMJ - Mai 1998

      
      

Top of the Pops - 1996

      
      

Deluxe - Mai 1998

      
      

Vox - vers 1996

      
      

The Face - vers 1998

      

 


V. L'épisode des Brit Awards 1996

De retour en Grande-Bretagne, Pulp obtient 4 nominations aux Brit Awards. Révoltés par la prestation grandiloquente et quasi messianique de Michael Jackson, Jarvis et Peter Mansell, ex membre du groupe et boyfriend de Candida, montent sur scène et baissent leur pantalon en guise de protestation. Un des gardes du corps de Michael Jackson essaie de faire descendre Jarvis de scène, et l'incident atteint son paroxysme lorsque Jarvis est emmené au commissariat de police de South Kensington pour "les aider dans leur enquête" concernant des enfants blessés. Les tabloïds condamnent immédiatement Jarvis. Le retournement est spectaculaire : le jour suivant, on diffuse la prestation de Michael Jackson où l'on voit bien que Jarvis n'a blessé aucun enfant. Il est déclaré héros national, et un journal affirme même qu'on devrait l'anoblir ! Des sondages téléphoniques sont organisés pour que les gens témoignent de leur soutien ou de leur choc face à l'attitude de Cocker, et sa sœur et sa mère apparaissent dans une émission du matin très célèbre en Grande-Bretagne, assurant les téléspectateurs que l'intervention de Jarvis n'était pas prévue, et qu'il n'avait aucune intention de blesser personne. Finalement, toute charge contre Jarvis est retirée.


VI. La fin de la frénésie : 1996

Le lendemain des Brit Awards, le groupe commence leur tournée UK Arena Tour, qui est soutenue par Denim et Edwyn Collins.

En mars 1996, Fire sort une autre compilation intitulée Countdown 1992-1983. Le livret constitue une biographie intéressante du groupe. La chanson Something Changed est choisie pour être le dernier single extrait de Different Class, sort ce même mois de mars, et entre dans les charts à la dixième place.

Pulp part en tournée aux Etats-Unis et au Canada pendant l'été 1996, et apparaissent dans plusieurs grands festivals, comme le festival Chelmsford's 96, et le festival Torhout Werchter en Belgique.


VII. Calme apparent mais grands changements : 1997-2001

Le travail sur l'album suivant commence et s'achève en novembre 1996, car Jarvis en a assez et part trois semaines à New York pour y voir un peu plus clair, ce qu'il considère maintenant comme ayant été une "mauvaise idée".

Jarvis devant le couverture de This Is Hardcore

Puis en janvier 1997, Russell Senior décide de quitter le groupe, ce qui bien sûr amène le groupe à un questionnement sérieux, étant donné que Russell représentait le deuxième pilier de Pulp. Finalement, le groupe tient bon, mais le travail sur le nouvel album s'en trouve encore plus retardé.

Le single Help The Aged sort en octobre 1997, premier extrait de l'album This Is Hardcore, et arrive à la huitième place des classements. La face B Tomorrow Never Lies est en fait la chanson qui avait été commandée à Pulp pour être le thème du nouveau James Bond, Tomorrow Never Dies. La chanson n'est sans doute pas jugée suffisamment "jamesbondesque", et n'est pas retenue (la chanson titre du film est finalement une chanson de Sheryl Crow !). L'album This Is Hardcore sort le 27 mars 1998, et obtient un grand succès critique. Définitivement plus mûr artistiquement que Different Class, il obtient un succès commercial bien moindre. Les singles qui suivent sont This Is Hardcore, puis A Little Soul et Party Hard. Pulp participe à 2 B.O., avec Like A Friend pour le film Great Expectations, dans lequel joue Gwyneth Paltrow, et Born To Cry pour Notting Hill.


VIII. L'enregistrement de We Love Life : une véritable épopée

Le single The Trees / Sunrise, est disponible le 8 octobre 2001, et le nouvel album, We Love Life, ne sort que le 22 octobre 2001, soit trois ans et demi après This Is Hardcore ! Explications.

Quand les membres du groupe se mettent au travail sur le nouvel album, ils imaginent le boucler en trois semaines. Ils font appel à Chris Thomas, leur producteur depuis Different Class, en pensant que leur déjà assez ancienne collaboration par le passé accélèrera le processus. Mais les premiers enregistrements ne sont pas très satisfaisants. Pour une fois, Jarvis & Co savent ce qu'ils veulent, mais ils ne parviennent pas à le formuler. Ils savent juste qu'ils reconnaîtront l'atmosphère qu'ils cherchent quand ils l'entendront (!). Ils essaient avec d'autres producteurs, mais là non plus, ils n'obtiennent pas ce qu'ils veulent. Le travail s'arrête donc momentanément, le groupe commence à douter de la qualité des chansons elles-mêmes, et Candida songe à partir.

Le 24 juin 2000, Jarvis et Steve se produisent au Meltdown Festival, prestigieux festival londonien dirigé en 2000 par Scott Walker. La prestation est désastreuse selon Steve. Scott Walker vient les voir brièvement dans leur loge juste après, et Steve a tellement honte qu'il a envie de se cacher… Quelques jours plus tard, le manager de Pulp demande à Walker s'il accepterait de produire le nouvel album (à moins que ce ne soit Scott Walker qui ait proposé sa collaboration - les versions de l'histoire diffèrent). La réponse est oui. Apparemment, c'est une surprise pour le groupe, qui n'avait jamais vraiment envisagé de travailler avec lui. Jarvis en particulier doute : en effet, Scott Walker est un héros pour lui, comme pour toute la Grande-Bretagne. Il a influencé de nombreux artistes, et on le considère encore aujourd'hui comme un dieu vivant. Si cela ne collait pas entre Scott et le groupe, la déception serait grande. Mais étant donnée l'impasse dans laquelle ils se trouvent, les membres de Pulp acceptent de tenter l'expérience. Cocker et Walker discutent de leurs idées sur l'album, et s'aperçoivent qu'ils sont sur la même longueur d'onde. Ils enregistrent quatre chansons à titre d'essai : The Birds In Your Garden, Bad Cover Version, Sunrise et Weeds. Comme tout se passe bien, ils poursuivent l'enregistrement et l'achèvent rapidement, en trois mois environ. Entre temps, Pulp va se produire au festival de Reading, en août 2000. Le groupe décide d'y tester cinq nouvelles chansons, faisant confiance à l'appréciation du public. Les réactions s'avèrent bonnes, cela leur donne une confiance supplémentaire.

Pulp en voiture pour "We Love Life"Une petite anecdote : Bad Cover Version. Sur cette chanson, Jarvis fait une liste de choses ratées : les épisodes de Tom & Jerry dans lesquels ils parlent, l'adaptation télé de La Planète des Singes (dont Jarvis est un immense fan), … et la deuxième face du cinquième album de Scott Walker, 'Til The Band Comes In ! Cette chanson avait bien sûr été écrite bien avant que ne commence la collaboration entre Pulp et Walker. Jarvis se rend compte rapidement de la situation, et il a peur que Scott ne soit très vexé. Ce problème le hante vraiment, il n'arrive pas à se décider à tout lui dire. Finalement, après y avoir longuement pensé pendant le trajet en train, une fois au studio, il fonce voir Scott Walker dans la salle de contrôle, lui explique tout et lui présente ses excuses. Apparemment, Scott ne se souvenait même pas de l'existence de cet album, et prend la chose très bien avec un ironique "Merci beaucoup les gars !"

Discographie


singles

     
  • Novembre 1993 "Lipgloss" #50 UK
  •  
  • Avril 1994 "Do You Remember the First Time" #33 UK
  •  
  • Juin 1994 "The Sisters EP" (Babies/Your Sister's Clothes/Seconds/His 'n' Hers) #19 UK
  •  
  • Juin 1995 "Common People" #2 UK
  •  
  • Octobre 1995 "Mis-Shapes"/"Sorted for E's & Wizz" #2 UK
  •  
  • Decembre 1995 "Disco 2000" #7 UK
  •  
  • Avril 1996 "Something Changed" #10 UK
  •  
  • Novembre 1997 "Help the Aged" #8 UK
  •  
  • Mars 1998 "This is Hardcore" #12 UK
  •  
  • Mars 1998 "Like A Friend" U.S. release only
  •  
  • Juin 1998 "A Little Soul" #22 UK
  •  
  • Septembre 1998 "Party Hard" #29 UK
  •  
  • Octobre 2001 "Sunrise/The Trees" #23 UK
  •  
  • Avril 2002 "Bad Cover Version" #27 UK

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02 février 2006

Serge Gainsbourg

   

Serge Gainsbourg

gainsbourgSerge Gainsbourg, de son vrai nom Lucien Ginsburg, est un auteur-compositeur-interprète et chanteur français né à Paris le 2 avril 1928, de parents juifs russes, et mort à Paris le 2 mars 1991. Il fut l'un des auteurs-compositeurs les plus fertiles de son époque, touchant à tous les styles musicaux, mais aussi au cinéma et à la littérature. Il est l'auteur de plusieurs films et vidéo-clips et de plus de quarante bandes sonores de films. Enfin il s'était crée l'image d'un poéte maudit et provocateur. Il est enterré avec ses parents au cimetière du Montparnasse à Paris où sa tombe est l'une des plus visitées avec celles de Jean-Paul Sartre - Simone de Beauvoir et de Charles Baudelaire qu'il mit en musique (Baudelaire. Le serpent qui danse, 1962, Album n°4).


Biographie


C'est en 1918 que Joseph et Olga Ginsburg quittent la Russie pour Paris, fuyant le bolchevisme. Joseph est pianiste de bar et de cabaret. Ils ont un premier fils, Marcel, qui meurt en bas âge. Ils auront ensuite une fille en 1927, puis des faux jumeaux en 1928, dont l'un est Lucien Ginsburg.

Dans son enfance, le petit Lucien vit à Paris dans les quartiers populaires. Son père lui apprend le piano classique et le poussera vers le monde de la peinture.

gainsbourg1Les années de la guerre sont dures pour lui, il se réfugie en province et il est obligé de porter l'étoile jaune. Il devra même se cacher trois jours durant dans une forêt tandis que les SS recherchent les juifs.

De retour à Paris, la petite famille s'installe dans le XVIe arrondissement de Paris. Lucien est en échec scolaire et abandonne peu avant le bac. Il s'inscrit alors aux Beaux-Arts mais est rebuté par les hautes études mathématiques et abandonne. Il rencontrera là sa première femme, Elisabeth Levitsky, qui a des accointances avec les surréalistes.

L'année 1948 est une année importante pour Lucien qui fait son service militaire où il sera mis tout bonnement au trou pour insoumission. Il commence là sa « période » éthylique ; privé de permission, il s'enivre au vin avec ses camarades de régiment.

Un déclic avec Boris Vian

Jusqu'à l'âge de trente ans, Serge vit de petits boulots. Il est tour à tour professeur de dessin, de chant, pion… Mais son activité principale est la peinture. Il aurait aimé être un génie de la peinture comme Francis Bacon ou Fernand Léger, dont il fut l'élève, mais il abandonne rapidement la bohème pour devenir crooner de piano-bar dans les casinos de la côte comme Deauville et dans des boîtes parisiennes comme Madame Arthur.

Il a une révélation en voyant Boris Vian, qui s'accompagne à la trompette sur des textes provocateurs, drôles, cyniques, qui font grincer des dents, loin des vedettes du moment, Dario Moreno ou Annie Cordy.

gainsbourg_2En 1957, c'est par hasard que Michèle Arnaud, chanteuse « rive gauche », qu'il accompagne dans son tour de chant au cabaret Milord l'Arsouille (où, le reste du temps, il est pianiste d'ambiance), découvre avec stupéfaction les compositions de Gainsbourg et l'incite à interpréter son propre répertoire au même cabaret. Elle sera d'ailleurs sa première interprète en enregistrant, dès 1958, les titres La Recette de l'amour fou, Douze belles dans la peau, Jeunes femmes et vieux messieurs et La Femme des uns sous le corps des autres.
C'est là qu'il fait ses premières armes, compose de nombreuses chansons et même une revue. Il se lance aussi dans sa course effrénée des femmes, qu'il séduit en grand nombre, ce qui le fait s'éloigner de son épouse d'avec qui il divorce en 1957, six ans après leur mariage.

Son premier album, Du chant à la une d'où est extrait Le Poinçonneur des Lilas, détonne mais est un échec commercial. Il est remarqué par Marcel Aymé, qui dit que ses chansons « ont la dureté d'un constat ». Son maître Boris Vian, avant de mourir en 1959, le compare à Cole Porter.

Lorsque l'époque des yéyés arrive, il est alors âgé de 32 ans, il n'est pas très à l'aise : il passe en première partie de Brel ou Gréco, mais le public le rejette et les critiques cruels se moquent de ses grandes oreilles et de son nez proéminent.

gainsbourg_and_birkin

L'Eurovision pour France Gall

C'est en écrivant pour Juliette Gréco et Petula Clark qu'il rencontre ses premiers succès, mais c'est avec Françoise Hardy (Comment te dire adieu) et surtout France Gall qu'il va réussir à séduire un public jeune. En 1965, France Gall remporte le Grand Prix du Concours Eurovision de la chanson après avoir choisi le titre Poupée de cire, poupée de son parmi les dix qu'on lui proposait. La chanson lauréate devient un tube international qui passe sur toutes les ondes et que Gall enregistre même en japonais. Il continue sur la veine du succès en 1966 avec Baby pop et surtout grâce aux Sucettes à l'anis.

Fin 1967, il vit ensuite une passion courte mais torride avec Brigitte Bardot à qui il dédie la chanson Initials B.B.

Sur le plateau du tournage de Slogan, en 1968, il rencontre Jane Birkin pour laquelle il sera à nouveau auteur-compositeur. C'est Je t'aime moi non plus puis 69 année érotique, immenses succès qui dépassent les frontières.

Ils deviennent pendant dix ans un couple très médiatique, les Lennon-Yoko Ono français, à la pointe de l'actualité, chacun enchaînant tournage après tournage.

Ses années 70 sont marquées par l'écriture et la composition de 4 albums phares : Histoire de Melody NelsonVu de l'extérieur en 73, Rock around the bunker en 75 et L'homme à la tête de chou en 76. Si, au départ, ces albums rencontrent peu de succès commercial (les ventes plafonnent à 30000 exemplaires), ils le hissent au rang de l'avant-garde de la chanson française. en 71,

Melody Nelson est accueilli par la presse comme « le premier vrai poème symphonique de l'âge pop ».

En mai 1973, Serge Gainsbourg est victime d'une crise cardiaque. Il continue pourtant de boire et de fumer, fidèle au personnage qu'il est en train de devenir.

L'album Vu de l'extérieur comporte un tube : Je suis venu te dire que je m'en vais et un titre de « poèsie pétomane » qui donnera matière à son roman Evguenie Sokolov. Avec Rock around the bunker il régle un vieux compte avec l'Allemagne nazie dont il fut l'une des nombreuses victimes. L'album est radicalement rejeté par les programmateurs de radio qui ne voient dans cette farce à la Boris Vian qu'une provocation scandaleuse avec des titres comme Nazi rock ou Tata teutonne. Pourtant, à la fin de la décennie 1980, il sera couvert de disques d'or.


Marseillaise reggae

On lui demande des bandes sonores de films. Il abandonne sans regret la scène jusqu'en 1979, réconcilié avec le public grâce à sa Marseillaise revue « à la sauce reggae », avec la participation des choristes de Bob Marley et des musiciens de Peter Tosh.

Ses disques solo lorgnent d'abord vers le jazz et les rythmes afro-cubains, c'est le fameux « Gainsbourg Percussions » avec des rimes audacieuses hachées menu. Il cultive son aura d'artiste culte en participant à de nombreux films. Malheureusement pour lui, s'il est considéré comme un acteur de talent, il ne tournera pratiquement que dans des films de peu d'ampleur.

En 1976 il se lance pour la première fois dans la réalisation cinématographique. Son film Je t'aime moi non plusÉquateur en 1983, Charlotte for ever en 1986 et enfin Stan the flasher en 1990. Ses films auront peu de succès, les sujets abordés étant toujours provocateurs, que ce soit l'inceste (Charlotte for ever), la pédophilie, l'exhibitionnisme (Stan the flasher) ou l'homosexualité… obtient très vite une réputation sulfureuse avec un scénario audacieux touchant aux tabous de l'homosexualité et de l'érotisme. Il réalisera encore trois films,

Il compose des tubes comme L'Ami Caouette mais surtout le fameux et sombre album L'Homme à tête de chou avec ses sulfureuses Variations sur Marilou. En 1979, il rejoint le groupe rock Bijou sur scène et verse une larme : le jeune public rock lui fait une ovation.

Son nouvel album enregistré à Kingston devient disque de platine en quelques mois. La Marseillaise reggae choque le journaliste du Figaro Michel Droit et des parachutistes, ce qui n'empêche pas Serge d'entamer une tournée triomphale avec ses acolytes reggae, les fameux Sly Dunbar et Robbie Shakespeare accompagnés des choristes de Bob Marley.


gainsbourg_bar_200« Gainsbarre »

Les boîtes de nuit, les bitures… On voit de plus en plus « Gainsbarre » succéder à Gainsbourg avec quelques apparitions télévisées plus ou moins alcoolisées. Il forge ainsi sa légende de poète maudit mal rasé et ivre qui lui vaut tantôt l'admiration tantôt le dégoût. Au bout de dix ans Jane Birkin n'en peut plus et le quitte.

Gainsbourg écrit son nouvel album reggae avec ces paroles sur Ecce Homo : « Il est reggae hilare, le cœur percé de part en part ».

Il rencontre une nouvelle égérie, Bambou, pour laquelle, manie gainsbourienne, il ne peut s'empêcher de composer. Il lui fait chanter quelques titres qui ne rencontreront pas les faveurs du public (Album Made in China - 1989 ).

Son œuvre intégrale sort en coffret CD avec de nombreux introuvables que les collectionneurs s'arrachaient à prix d'or ; toutefois, les chansons écrites pour ses interprètes ne sont pas incluses. Il part ensuite pour New York où il va enregistrer ses deux derniers albums, Love on the beat' et You're under arrest'. Après le reggae, il se frotte au hip-hop et au funk. Il se produit de longues semaines en concert au Casino de Paris.

Serge Gainsbourg s'éteint en 1991 suite à une cinquième crise cardiaque, un comble pour celui qui suivait affligé les enterrements de ses cardiologues successifs !

On peut dire, en 2005, que Gainsbourg demeure une présence influente et importante de la chanson française. De nombreux chanteurs de la « nouvelle scène française » le citent en référence ainsi que certains rappeurs comme Stomy Bugsy et MC Solaar.

Serge Gainsbourg est le père de l'actrice Charlotte Gainsbourg, issue de son union avec la comédienne et chanteuse Jane Birkin. Il a interprété, avec sa fille, le morceau Lemon Incest dans l'album Love on the beat en 1984.

Il est également le père d'un garçon, Lucien dit Lulu, né de son union avec Bambou. Il a deux autres enfants, Natacha et Paul, nés d'un précédent mariage avec Françoise Pancrazzi, dite Béatrice, dite « la princesse Galitzine » avec laquelle il vécut un peu moins d'une décennie dans les annnées 60.


Influence

Serge Gainsbourg marque fortement la musique française. Il n'hésite pas à métisser ses compositions avec des influences musicales très variées, contribuant à en populariser certaines en France :

     
  • le reggae, avec l'album Aux armes et caetera... suivi de Mauvaises nouvelles des étoiles enregistrés à Kingston (Jamaïque),
  •  
  • le rap avec You're under arrest,
  •  
  • la musique afro-cubaine,
  •  
  • le jazz,
  •  
  • le classique : plusieurs de ses morceaux sont inspirés de thèmes classiques tels que Lemon Incest ou Ma Lou Marylou,
  •  
  • le rock progressif : Melody Nelson.

La musique de Gainsbourg sera par la suite fréquemment échantillonnée et réutilisée par des artistes aussi bien français (ex : MC Solaar pour Nouveau Western) qu'internationaux (ex : Massive Attack dans son Karmacoma (Portishead experience) ou Jennifer Charles, d’Elysian Fields, qui reprend Les Amours Perdues, sur un album de reprises de Gainsbourg).

Serge Gainsbourg imprime en outre durablement sa marque grâce à ses textes. Dans un style poétique, il n'hésite pas à produire des rimes complexes (Comment te dire adieu). Friand de jeux de mots, il s'appuie fréquemment sur le double sens. Les allusions érotiques sont de plus en plus fréquentes au fur et à mesure de sa carrière. Certaines de ses chansons marquent les mémoires par leur caractère provocateur, ainsi les allusions appuyées à la fellation dans Les sucettes, qui provoquent l'émoi dans la bouche d'une France Gall d'à peine dix-sept ans (elle dira n'avoir compris que des années après le double sens du texte), Jane Birkin feignant l'orgasme dans Je t'aime, moi non plus ou l'évocation par Charlotte Gainsbourg de l'inceste dans Lemon Incest, qui suscite une levée de boucliers.

Serge Gainsbourg écrit pour de nombreuses interprètes féminines, seules ou le temps d'un duo à ses côtés, notamment :

     
  • Isabelle Adjani : Pull Marine
  •  
  • Brigitte Bardot : Bonnie and Clyde,     Harley Davidson
  •  
  • Jane Birkin : son égérie
  •  
  • Catherine Deneuve : Dieu est un fumeur de havanes
  •  
  • France Gall : Poupée de cire, poupée de son, Les sucettes
  •  
  • Juliette Gréco : Accordéon
  •  
  • Françoise Hardy : Comment te dire adieu
  •  
  • Anna Karina : Sous le soleil exactement,     Roller Girl
  •  
  • Valérie Lagrange : La guérilla
  •  
  • Vanessa Paradis : Dis-lui toi que tu m'aimes, Tandem
  •  
  • Régine : Les petits papiers

À sa demande, il écrit deux albums pour Alain Chamfort.

Il participe en outre à la création de la bande originale de plusieurs films, parmi lesquels :

     
  • Cannabis
  •  
  • Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine
  •  
  • Goodbye, Emmanuelle
  •  
  • Les Bronzés
  •  
  • Tenue de soirée


Citations

Sur l’antisémitisme : Vous savez qui a coulé le Titanic ? Iceberg, encore un Juif !

Sur la gauche : En 1981 je me baladais rue Saint-Denis, là je tombe sur un pute superbe, je lui dis - tu sais comment je m'appelle, mais toi quel est ton nom ? - socialisme. Alors je monte avec elle et dans la chambre je m'aperçois que c'est un immonde travelo, elle me dit alors - prends-moi par le communisme !

Sur la guerre d'Afghanistan : J’ai 7 mots à dire, les Russes sont des en cu lés.

Quand on n’a pas ce que l’on aime, il faut aimer ce que l’on a.

J’ai eu une une crise cardiaque ce qui prouve que j’ai un cœur.

J’arrête de fumer toutes les 5 minutes.

La connerie est la décontraction de l’intelligence. Il m'arrive d'être con sciemment

Mieux vaut ne penser à rien que de ne pas penser du tout.

Rien c’est bien mieux, rien c’est bien mieux que tout.

Une Lolita , c'est une fleur qui vient d'éclore et qui prend conscience de son parfum et de ses piquants.

Juif : ce n'est pas une religion. Aucune religion ne fait pousser un nez comme ça.

Je fume, je bois, je baise. Triangle équilatéral.

Le snobisme, c'est une bulle de champagne qui hésite entre le rot et le pet.

J'ai retourné ma veste quand je me suis aperçu qu'elle était doublée de vison.

La chance est un oiseau de proie survolant un aveugle aux yeux bandés.

Un homme démaquillé est ambigu, alors qu'une femme maquillée est confuse.

Le succés et la gloire ne nous griserons jamais que les tempes.

Je ne sais pas ce qu'il faut faire, mais je sais ce qu'il ne faut pas faire.

Le masque tombe, l'homme reste, et le héros s'évanouit.

Qui promène son chien est au bout de la laisse.

L’amour est aveugle et sa canne est rose.

Nous nous sommes dit tu. Nous nous sommes dit tout. Nous nous sommes dit vous, puis nous nous sommes tus.

Je trouve la gauche assez à droite, et la droite un peu gauche.


Discographie

     
  • 1958 : Du chant à la une !
  •  
  • 1959 : Serge Gainsbourg N°2
  •  
  • 1961 : l'Étonnant Serge Gainsbourg
  •  
  • 1962 : Serge Gainsbourg N° 4
  •  
  • 1963 : Gainsbourg Confidentiel
  •  
  • 1964 : Gainsbourg Percussions
  •  
  • 1967 : Anna
  •  
  • 1967 : Gainsbourg & Brigitte Bardot : Bonnie & Clyde
  •  
  • 1968 : Gainsbourg & Brigitte Bardot : Initials B.B.
  •  
  • 1969 : Jane Birkin & Serge Gainsbourg : Année érotique
  •  
  • 1971 : Histoire de Melody Nelson
  •  
  • 1973 : Vu de l'extérieur
  •  
  • 1975 : Rock around the bunker
  •  
  • 1976 : l'Homme à la tête de chou
  •  
  • 1979 : Aux armes et cætera (incluant une reprise de la Marseillaise en version reggae)
  •  
  • 1980 : Enregistrement public au Théâtre Le Palace
  •  
  • 1981 : Mauvaises nouvelles des étoiles
  •  
  • 1984 : Love on the beat
  •  
  • 1985 : Serge Gainsbourg live (Casino de Paris)
  •  
  • 1987 : You're under arrest
  •  
  • 1988 : le Zénith de Gainsbourg
  •  
  • 1989 : De Gainsbourg à Gainsbarre (Compilation, Coffret 9 CD)
  •  
  • 2001 : Gainsbourg Forever (Coffret Intégrale)
  •  
  • 2001 : le Cinéma de Gainsbourg (Coffret 3 CD)


Bibliographie

(Ouvrages écrits par ou en collaboration avec Serge Gainsbourg)

     
  • 1968 : Chansons cruelles
  •  
  • 1971 : Melody Nelson
  •  
  • 1980 : Evguenie Sokolov
  •  
  • 1980 : Au pays des malices
  •  
  • 1981 : Bambou et les poupées
  •  
  • 1983 : Black out, avec Jacques Armand (Bande dessinée)
  •  
  • 1986, 1992 : Gainsbourg, avec Alain Coelho et Franck Lhomeau
  •  
  • 1987, 1991 : Mon propre rôle 1 - Folio ISBN 2-07-038445-4
  •  
  • 1987, 1991 : Mon propre rôle 2 - Folio ISBN 2-07-038446-2
  •  
  • 1987 : Où es-tu Melody ?, avec Lusse (Bande dessinée)
  •  
  • 1991 : Mauvaises nouvelles des étoiles
  •  
  • 1994 : Dernières nouvelles des étoiles - Librairie Plon/Pocket ISBN 2-266-06792-3


Biographies

(Ouvrages de référence sur Serge Gainsbourg)

     
  • 1986 : Lucien Rioux, Serge Gainsbourg - Éditions Seghers, Paris ISBN 2-221-04526-2
  •  
  • 1994 : Gilles Verlant & Isabelle Salmon, Gainsbourg Et Caetera
  •  
  • 2000 : Gilles Verlant, Gainsbourg - Éditions Albin Michel, Paris ISBN 2-226-12060-2
  •  
  • 2005 : Franck Maubert, Gainsbourg for ever
  •  
  • 2005 : Christophe Marchand-Kiss , Le génie sinon rien
  •  
  • 2005 : Yves-Ferdinand Bouvier, Serge Vincendet,     L'intégrale et caetera - 970 pages de textes de Serge Gainsbourg, dont 117 inédits.


Filmographie


en tant que réalisateur

     
  • 1976 : Je t'aime… moi non plus
  •  
  • 1981 : le Physique et le figuré (court-métrage)
  •  
  • 1983 : Équateur
  •  
  • 1984 : Clip de Morgane de toi de Renaud
  •  
  • 1985 : Clip de Lemon Incest
  •  
  • 1986 : Charlotte for Ever
  •  
  • 1986 : Clip de Tes yeux noirs de Indochine
  •  
  • 1987 : Clip de Charlotte For Ever de Charlotte Gainsbourg
  •  
  • 1990 : Stan the Flasher
  •  
  • 1990 : Clip de Amours des feintes de Jane Birkin


en tant qu'acteur

     
  • 1959 : Voulez-vous danser avec moi ? de Michel Boisrond
  •  
  • 1961 : La Révolte des esclaves de Nunzio Malasomma
  •  
  • 1962 : Hercule se déchaîne de Gianfranco Parolini
  •  
  • 1962 : Samson contre Hercule de Gianfranco Parolini
  •  
  • 1963 : Strip-tease de Jacques Poitrenaud
  •  
  • 1963 : L'Inconnue de Hong Kong de Jacques Poitrenaud
  •  
  • 1966 : Le Jardinier d'Argenteuil de Jean-Paul Le Chanois
  •  
  • 1967 : Toutes folles de lui de Norbert Carbonnaux
  •  
  • 1967 : Estouffade à la Caraïbe de Jacques Besnard
  •  
  • 1967 : Anna, comédie musicale de Pierre Koralnik, paroles et musiques de Gainsbourg
  •  
  • 1968 : L'Inconnu de Shandigor de Jean-Louis Roy
  •  
  • 1968 : Vivre la nuit de Marcel Camus
  •  
  • 1968 : Le Pacha, de Georges Lautner
  •  
  • 1968 : Ce sacré grand-père de Jacques Poitrenaud
  •  
  • 1969 : Erotissimo de Gérard Pirès
  •  
  • 1969 : Slogan, de Pierre Grimblat
  •  
  • 1969 : Les chemins de Katmandou, d'André Cayatte
  •  
  • 1969 : Mister Freedom, de William Klein
  •  
  • 1969 : Paris n'existe pas, de Robert Benayoun
  •  
  • 1970 : Cannabis, de Pierre Koralnik
  •  
  • 1971 : Le Voleur de chevaux, d'Abraham Polonsky
  •  
  • 1971 : Le Traître de Milutin Kosovac
  •  
  • 1972 : Trop jolies pour être honnêtes de Richard Balducci
  •  
  • 1972 : La Dernière Violette d'André Hardellet
  •  
  • 1974 : Les Diablesses d'Anthony M. Dawson
  •  
  • 1975 : Sérieux comme le plaisir de Robert Benayoun
  •  
  • 1980 : Je vous aime, de Claude Berri


courts métrages et clips

     
  • 1981 : Le Physique et le figuré
  •  
  • 1982 : Marianne Faithfull
  •  
  • 1982 : Scarface
  •  
  • 1984 : Renaud, Morgane de toi
  •  
  • 1985 : Total
  •  
  • 1985 : Bubble gum
  •  
  • 1985 : Serge et Charlotte Gainsbourg, Lemon Incest
  •  
  • 1986 : Indochine, Tes yeux noirs
  •  
  • 1987 : Springtime in Bourges
  •  
  • 1987 : Charlotte Gainsbourg, Charlotte For Ever
  •  
  • 1990 : Jane Birkin, Amours des feintes



Récompenses

     
  • 1996 : César de la meilleure musique (décerné à titre posthume) pour le film Élisa de Jean Becker (1994)
     
  • 1965 : Remporte le Concours Eurovision de la chanson avec le titre Poupée de cire, poupée de sonWhite and Black Blues interprété par Joëlle Ursull (France) et cinquième en 1967 avec Boum badaboum interprété par France Gall qui concourt pour le… Luxembourg.


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13 avril 2006

MIKE TYSON


                                        
Mike Tyson MIKE TYSON

Boxeur américain
      Né à Brooklyn, New york le 30 juin 1966
      
                           
      
Entraîné par Cus d'Amato depuis l'âge de 13 ans, il fait ses débuts comme boxeur professionnel le 6 mars 1985. En 1986 il est le plus jeune champion du monde des poids lourd, à l'âge de 20 ans. Possédant une force de frappe égale à 1982 kg de pression dans chaque bras, il fut le boxeur le plus puissant de l'histoire.       
 
      



                           


LA BIOGRAPHIE DE MIKE TYSON

Il n'y a pas 36 solutions pour se sortir du ghetto de Brownsville dans les années 70, surtout lorsque l'on vit seul avec sa mère. Michael Gerard Tyson a choisi la manière forte. Inscrit à la Tryon School, il rencontre Cus D'Amato qui va lui enseigner la base du noble art et devenir même son père adoptif après la mort de sa mère. Tyson impressionne et devient champion amateur mais, battu, ne va pas aux JO. Il fait ses débuts professionnels en 1985, année où il disputera 15 combats, tous gagnés par KO ou KO technique  ! D'Amato décède ce qui n'empêche pas le boxeur de devenir le plus jeune champion du monde à 20 ans. ' Iron Mike ' est né. Alors qu'il domine depuis trois ans, les ennuis commencent. Son mariage avec Robin Givens tourne au cauchemar. Coaché par Don King, la boxe de TysonJames Buster Douglas qui fait tomber ' l' animal '. C'est le début d'une descente aux enfers faite de nombreux procès, de séjours en prison et de combats arrangés. Reconverti à l'islam, Tyson remonte sur le ring,  le 11 juin 2005 Mike Tyson subit sa sixième défaite en professionel (contre Kevin McBride) et annonce qu'il met fin à sa carrière.


LES ANECDOTES SUR MIKE TYSON


> Fulgurant
Quand on voulait voir boxer Tyson, il valait mieux être à l'heure. Spécialiste des KO dans les 3 premiers rounds, il mit 85 secondes à triompher de McNeely en 1995 ! !

> Champion et vorace
En 1997, lors de sa revanche contre Holyfield, Tyson disjoncta : excédé par les coups de tête de son adversaire, Iron Mike lui arracha un bout d'oreille avec ses dents.


Palmarès

     
  • 59 combats ;
     
  • 50 victoires (dont 44 K.O.) ;
     
  • 6 défaites ; (KO face à Lennox Lewis, le 8 juin 2002, à Memphis, dans le Tennessee)
     
  • 2 no contest.


Condamnations judiciaires

     
  • Condamné en 1992 à 10 ans de prison pour viol ;
     
  • Condamné en 1999 à 2 ans de prison, dont 1 an ferme, à cause d’une agression (alors qu'il était encore en liberté conditionnelle) ;
     
  • Mike Tyson s’est vu retirer sa licence de boxeur professionnel pendant deux ans pour avoir mordu à l’oreille son compatriote Evander Holyfield lors d'un combat les opposant à Las Vegas.






SES CITATIONS
 

« Je préfère être le premier et rien dans les poches que riche et d’avoir la deuxième place. »
[ Mike Tyson ]


« Les gens que tu croises quand tu montes vers les sommets, tu peux les recroiser quand tu descends vers l’enfer. »
[ Mike Tyson ]

Posté par kazal à 19:04 - Ma mythologie - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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