Ma mythologie - Stanislas kazal underground blog

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20 mars 2005

Iggy pop and the stooges

 

 


Iggy Pop and the stooges


pop_iggyThe Stooges est un groupe de musique américain précurseur du rock à haute énergie et du.punk The Stooges est fondé en 1967 par James osterberg (devenu Iggy pop dont ce fut le premier groupe) avec les frères Asheton (Ron à la guitare et Scott à la batterie) ainsi que Dave Alexander à la basse.
D'un point de vue historique, les deux premiers albums sont les plus importants. Ils sont en effet situés à une charnière entre le rock psychédelique et le hard rock, mais aussi constituent une lignée spécifique dont ils sont l'archétype. On dit en effet que le son de tel ou groupe est « stoogien » pour exprimer l'appartenance à cette lignée. Celle-ci est définie par un son de guitare métallique mi-lourd, mi-agressif, en distorsion quasi-permanente, exprimant des mélodies simples et envoutantes à trois accords. La voix très expressive délivre un mélange d'ethousiasme et de résolution, caractéristique du rock psychédélique, et d'agressivité spécifique du début des année 70. Le rythme peut être très rapide, comme dans « 1970 », ou au contraire très rampant comme dans « Little doll », mais conserve dans tous les cas une structure très linéaire au cours du morceau.

Discographie
- stooges     (1969)
-fun houses  (1970)
-raw power   (1973)

 

Iggy marche sur la foule veritable messie du rock!

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BORN IN BOREDOMLAND

 
Tout à été dit ou presque sur la vie, les frasques de Iggy Pop, né James Osterbeg à Ann Harbor, bled du Michigan, il y a quelques années déjà. Très peu d'informations sont parvenues jusqu'à nous de la nuit de folie qui a abouti à sa procréation. Même les fainéants de chez ROLLING STONE ont été incapables de photographier sa naissance et d'interviewer Madame Pop en direct. C'est vous dire le peu de chose sur son enfance que vous allez apprendre en lisant cette prose !

       

Quoi qu'il en soit, nous devinons sans peine que l'adolescence du gamin se résume aux quelques vers de la chanson 1969. Respectons donc la volonté d'Iggy et n'en parlons pas d'avantage tellement elle sent le Prozac et l'emmerde la plus totale.

       

Sa carrière de rock star commence bizarrement derrière une batterie dans un combo qui s'appelle The Iguanas. Tiens donc ! Très vite, en bon observateur privilégié, il constate que la meilleure place dans un groupe est tout de même celle de chanteur. Il crée donc les Stooges. Très vite, en une paire d'album, THE STOOGES et FUN HOUSE, il se démarque des autres musiciens du combo et devient la figure emblématique de toute une génération qui en a plein le dos des sixties hippies abrutissantes. Pendant les années qui vont suivre, et jusqu'à la mort du groupe en 1975, les concerts d'Iggy ne seront qu'une succession de performances destroy sur fond de drogues dures. Le meilleur résumé de cette période reste le très amphétaminé LP RAW POWER, première coopération plus ou moins réussie avec David Bowie. Pour les durs de dur, nous retiendrons les images de Iggy marchant, tel un nouveau Messie, sur ses fans au festival de Cincinnati en 1970. Pour clore ce très très bref historique des Stooges, nous dirons seulement que Dave Alexander est le seul à s'en être bien sorti.
       

 


IN A RUT
        

Alors que les stars du futur mouvement punk en sont encore à composer leurs répertoires au fond des caves londoniennes, la carrière de Iggy est au point mort. Plus de groupe et plus de contrat discographique. Tout le monde l'a plus ou moins laissé tomber lassé par les frasques de son iguane de personnage. Heureusement, Bowie, alors au top de sa carrière, lui propose de retourner en studio pour un album solo. Le résultat est le plus que surprenant THE IDIOT à l'atmosphère très bowienne du sol au plafond. Si les fans des Stooges sont plutôt surpris par le son plutôt glacial de l'album, Iggy remporte un beau succès d'estime pour la première fois de sa carrière. Certes, des voix s'élèvent pour faire remarquer que THE IDIOT n'est ni plus ni moins qu'un album de Bowie avec un autre chanteur et que le thin white duke a allègrement castré son poulain en faisant fi de sa personnalité mais, au final, les chansons sont tout aussi inquiétantes que sur tous les album des Stooges. La sauvagerie physique s'est juste un peu intellectualisée.

       

L'album est enregistré en France, aux studios du château d'Hérouville et à Berlin. Les séances sont un peu hard car Iggy est un peu flemmard. Ses années post-Stooges lui ont un peu laminé la santé. Heureusement, en bon garde-chiourme conscient des immenses possibilités de son poulain, Bowie ne le lâche pas une seconde et veille à lui faire perdre ses fâcheuses habitudes. Très vite, il est décidé que cet album sera le premier d'une trilogie basée sur le même principe sonore. L'album est à peine sorti , suivi d'une tournée, en mars 77, que l'équipe reprend ses quartier au Hansa Studio de Berlin pour enregistrer LUST FOR LIFE dans la foulée. Bowie est un peu moins présent et laisse même Iggy composer un peu de musique. De ces différentes sessions, nous retiendrons une kyrielle de hits qui n'ont pas pris une ride en un peu plus de vingt ans. De Nightclubbing à Sister Midnight, en passant par Lust For Life et The Passenger, le meilleur d'Iggy en très peu de temps !

       

LIVE !

       

Dès la sortie de THE IDIOT, Iggy part sillonner l'Europe et l'Amérique du nord accompagné de Bowie aux claviers. Tout de suite, c'est un succès. La bête n'a rien perdu de ses qualités scéniques. Alors que le punk est maintenant bien implanté dans les esprits, c'est l'occasion pour le public de découvrir l'homme qui a influencé tous ces nouveaux groupes. Il est la référence ultime pour tous les amateurs de nihilisme et de mode de vie déstructurée à l'extrême. Les Sex Pistols clôturent leurs shows avec une interminable version de No Fun. Ils qualifient la chanson de véritable mantra de l'ennui. Les Damned, fin 76, enregistrent 1970. Plus tard, Sid Vicious chantera I Wanna Be Your Dog et Search & Destroy avant d'y laisser sa peau. Pas de problème pour la génération destroy, Iggy en est la clef de voûte.

       

En septembre 77, l'été de la haine a focalisé l'attention de tous les médias. Les Pistols ont finalisé No Fun en face B de Pretty Vacant. L'atmosphère est au lynchage pour les punks iconoclastes et Iggy en profite pour sortir LUST FOR LIFE. La tournée suit et arrive à Paris le 23 septembre.

       

CE N'EST QU'UN AU REVOIR DAVID…

       

A la fin de l'année 1977, les rapports entre Iggy et Bowie se sont un brin détériorés. Le premier juge son poulain un peu trop destroy à son goût et Iggy en a marre de lever le petit doigt chaque fois qu'il lui prend envie de pisser. Ils décident d'arrêter là leur collaboration. Pour des raisons de contrat, le troisième album studio se transforme en Live. Ce sera le très chaotique TV EYES LIVE 77 avec Bowie aux claviers sur certains titres de la tournée américaine de mars. Bizarrement, la trilogie studio se verra finaliser presque dix ans plus tard de bien curieuse façon. Alors que Iggy et Steve Jones, anciennement guitariste des Sex Pistols, enregistrent les démos d'un futur album, les comptables de Bowie s'aperçoivent qu'ils ont versés trop de royalties à Iggy. L'iguane se retrouve donc débiteur d'une coquette somme qu'il n'a pas envie, bien évidemment, de rembourser. L'arrangement est donc trouvé : Bowie produira l'album BLAH BLAH BLAH. C'est non sans humour que Iggy révélera la chose lors du concert Solidays de 1999 pendant une interview avec Philippe Manœuvre. Par la même occasion, remarquons au passage, qu'une nouvelle fois, c'est David Bowie qui relance la carrière d'Iggy encore au creux de la vague ! Ces deux là, ils sont faits pour s'entendre.

       

MAUVAISE PASSE

       

A partir de 1978 et jusqu'en 1983, Iggy enregistre plusieurs albums avec chaque fois des musiciens différents, et de moins en moins de succès. Il s'épuise en tournées mal préparées par des boites de disques qui s'en foutent royalement. Bien sûr, il faut bien reconnaître que SOLDIER, NEW VALUES, PARTY ET ZOMBIE BIRDHOUSE ne sont pas de grandes réussites. Les chansons ne sont pas mauvaises mais il y manque la touche de folie qui est la marque d'Iggy. On peut même dire que le summum de l'emmerde est atteint avec ZOMBIE BIRDHOUSE, produit par Chris Stein de Blondie. Les concerts sont à l'avenant. Pour mémoire, citons brièvement la vidéo "souvenir" LIVE IN SAN FRANCISCO (25 novembre 1981) pour s'en convaincre. Soixante minutes à patienter pour quelque chose et que dalle au final… Incapable de gérer sa carrière, Iggy s'enfonce dans les concerts de merde et dans la dope. En 1983, il se retrouve exactement au même point qu'à la séparation des Stooges.
 

       


Pendant ce temps, Bowie prépare la sortie de son nouvel album. Parmi les titres enregistrés, China Girl, chanson qu'il a écrit avec Iggy pour l'album THE IDIOT. Le titre est tellement carton qu'il est édité en single et devient un hit mondial. Pour la première fois de sa vie, l'iguane touche des droits d'auteur à plus savoir quoi en foutre. Du jour au lendemain, sa vie change. Il est enfin stabilisé financièrement. Pas rancunier pour un clou envers son bienfaiteur indécrottable, c'est Iggy, l'année suivante, qui ira chercher le Music Award de Bowie pour la meilleure chanson de l'année. Plein d'humour, il exprimera son étonnement d'avoir écrit une chanson à succès en 1976 sans s'en être aperçu !
Maintenant plein d'oseille, Iggy décide de faire un break salutaire assorti d'une bonne cure de désintoxication. Il nage en plein bonheur, trouve chaussure à son pied et fini même par s'occuper de son fils.

       

BACK IN THE SADDLE

     

Profitant à fond de son tout nouveau temps libre, Iggy fait même un peu de cinéma. On peut brièvement le voir dans LA COULEUR DE L'ARGENT, le film de Scorcese, SID & NANCY d'Alex Cox et même dans MIAMI VICE où sa prestation est finalement coupée au montage. En 1986, comme nous l'avons déjà dit, il coupe le cordon ombilical qui le reliait encore à Bowie en le laissant produire L'album BLAH BLAH BLAH. C'est leur dernière collaboration, Iggy solde les comptes et veut marcher tout seul. Dans la foulée, il reprend les concerts. C'est d'autant plus facile que, maintenant, il peut les produire et s'éviter les galères des années passées. Ainsi, d'octobre 86 à juillet 87, il enchaîne quelques cent trente concerts à travers le monde entier. Puis, c'est à nouveau un long break d'un an.

       

Pendant que ses fans patientent, Iggy, aidé, entre autre, par Steve Jones, peaufine ses nouvelles compositions dans le plus grand secret. Beaucoup de gens le pensent définitivement assagi et rincé après son marathon de l'année passée. C'est donc avec une stupeur bien évidente qu'ils prennent l'album INSTINCT en pleine tronche. C'est le grand retour de l'Iguane. Encore plus violent que RAW POWER ! Comme quoi, la sérénité mène à tout à condition d'en sortir. La tournée qui suit est peut-être la meilleure depuis le LUST FOR LIFE TOUR 77. Le groupe qui l'accompagne arrache tout sur son passage. On note même la présence d'un ancien UK Subs à la basse. Malheureusement pour nous, la prestation parisienne est une des plus poussives qui soit. Le groupe joue au Zénith et le son est abominable. Curieusement, lors du rappel, c'est tout le contraire. Iggy se rattrape et passe le public au rouleau compresseur. Ouf, on a eu chaud !

       

1988 A BEAT'EM UP

       

Depuis INSTINCT, Iggy prend un malin plaisir à surprendre son public en sortant des albums radicalement différents. En 1990, c'est la sortie de BRICK BY BRICK qui en étonne plus d'un. La pochette, géniale, est signée Charles Burns, un grand dessinateur de l'underground américain. Histoire de montrer qu'il n'a plus besoin de Bowie pour faire des hit, Iggy se paye même un duo à succès avec une des chanteuses des B52'S. Dans la tournée qui suit, il se fait accompagner par le groupe de son fils. En France, c'est à l'Olympia, qu'il choisit de nous fracasser les tympans. La place est tellement surbookée que la sortie de l'événement en vidéo permet à plus d'un détenteur de billet de pouvoir enfin voir le concert :
En 1993, AMERICAN CAESAR débarque dans les bacs. Tout de suite, c'est un tollé. Les médias américains prennent très mal le contenu du disque. Iggy est heureux, c'est ce qu'il voulait. Sur la pochette du CD, un avertissement est directement imprimé "Parental Warning : This is An Iggy Pop Record ". Très vite, un avertissement légal est collé par dessus afin de ne pas choquer les ligues de bonnes mœurs.



Suite à ça, les rapports avec Virgin se dégradent. Iggy en rajoute même dans les interviews qui suivent la sortie du très spécial (disons moyen) NAUGHY LITTLE DOGGIE en laissant entendre qu'il considère cet album comme une punition pour son label ! Sacré Iggy, c'est comme ça qu'on l'aime mais, malheureusement, il n'y a pas que le label qui est puni dans l'histoire tant cet album manque de surprise (même s'il contient d'excellents titres comme I Wanna Live ou Innocent World.)
Parallèlement à ce disque, Iggy cartonne grâce à la B.O. du film TRANSPOTTING qui remet le titre Lust For Life aux goûts du jour.
Pendant les années qui suivent, Iggy n'en fait qu'à sa tête : les concerts sont excellents et l'iguane écrit même en 1997 le générique d'un dessin animé complètement loufoque : SPACE GOOFS (Les zinzins de l'espace).
En 1999, les rapport avec Virgin semblent de bien meilleure qualité alors que se profile la sortie de AVENUE B. Album plus intimiste que les précédent, AVENUE B peut aussi bien être considéré par certains comme le nouveau LUST FOR LIFE tout comme d'autres vous assureront le contraire. Satisfait par le contenu de l'album (qui est tout de même balaise), Virgin se fend même d'un communiqué de presse peu avant le premier concert de l'Elysée-Montmartre, le 08 novembre 1999. Persuadé que l'iguane s'est enfin assagie, Virgin annonce fièrement un concert faisant la part belle aux instrument acoustiques afin de mettre bien en avant le côté crooner de Iggy sur lequel le label compte à mort pour relancer les ventes. Evidemment, c'était sans compter sur l'homme qui commence le concert par No Shit, Nazi Girlfriend avant de passer au bout de quelques morceaux à l'artillerie lourde habituelle avec Search & Destroy. Il y aura bien un passage acoustique au cours du show mais celui-ci sera tellement rapide qu'il ne marquera pas vraiment les esprits présents. A partir de là, les rapports avec le label se refroidissent à nouveau, surtout que les ventes de l'album sont plus proches d'un électroencéphalogramme plat qu'autre chose. Pourtant, Virgin insiste encore et arrache l'accord d'Iggy pour un show télé entièrement acoustique qui serait diffusé en fin d'année sur une chaîne à péage française. Une nouvelle fois, c'est le délire question invités : Johnny Depp et Vanessa Paradis pour des duos sympathiques quoi que très anecdotiques. Pour en finir avec ce concert pour la télé, dès le départ Iggy n'est pas enthousiaste. Très vite, il apprend qu'il ne jouera pas devant ses fans mais devant un public d'invités trié sur le volet en tenues de soirée de surcroît ! Pour cette dernière raison, plusieurs journalistes refusent de se déplacer et préfèrent donner leurs invitations à des fans purs et durs. C'est comme ça qu'une fan apprendra après le concert que suite à un problème technique, certains instruments doivent être enregistrés à nouveau et qu'Iggy est d'une humeur de chien.
Malgré toutes les qualités de AVENUE B, l'échec de l'album se confirme au cours de l'année 2000 et des rumeurs comment à circuler sur l'enregistrement d'un album très musclé pour l'année suivante. Après quelques soucis, l'album BEAT'EM UP sort en 2001 malgré le décès du bassiste Mooseman au cours d'un règlement de compte entre gangs. L'album surprend une nouvelle fois par son contenu hétéroclite : si les chansons sont effectivement beaucoup plus rentre-dedans que celles d'AVENUE B, la plupart font pas mal de concessions à la vogue du Metal sans pour autant être exceptionnelles. D'un autre côté, vu les merdes habituellement sorties par l'industrie du disque, un album moyen d'Iggy Pop reste un grand album n'en déplaise à tous les fans casse couilles qui préfèrent jouer aux perpétuelles insatisfaits plutôt que de chercher à séparer l'ivraie du bon grain chaque fois que sort un album d'Iggy. Avec BEAT'EM UP, il devient évident que les disques d'Iggy sont beaucoup trop longs pour être efficaces. Beaucoup de nouveaux titres ne sont rien d'autre que du remplissage et nuisent à l'équilibre des albums. Depuis l'apparition du CD et la possibilité de remplir l'objet avec plus d'une heure (et des fois plus…) de musique, la mode du bonus à tout crin perturbe les musiciens chaque fois qu'ils rentrent en studio. Alors qu'un album standard est constitué de 10 à 12 chansons pour une durée maximale de 40 minutes, les maisons de disques prennent l'habitude de remplir les CD jusqu'à la gorge pour une raison de marketing et la quantité prend alors le pas sur la qualité. Depuis plusieurs années, les albums d'Iggy contiennent des titres qui ne seraient même pas sortis en face B à la grande époque du vinyle.

       

MAINTENANT

       

En 2002, alors que le nouvel album est en préparation, des bruits concernant une réunion des Stooges commencent à circuler sur Internet. Et cela d'autant plus que les frères Asheton viennent jouer une paire de dates en Europe sans Iggy. Pendant ce temps, l'iguane se débat avec quelques problèmes physiques qui l'empêchent de briller sur scène comme à son habitude. Les concerts de l'été 2002 sont quelquefois assez moyens mais à force de se jeter dans la batterie tous les soirs, il est un peu normal qu'Iggy soit quelques fois obligé de lever le pied. Malgré ça, à plus de 50 ans, ce type reste un miracle humain quand on voit ce qu'il est capable de faire malgré une hanche et des genoux en carafe.
Alors que les Trolls empilent les nouveaux titres en studio entre deux séries de concerts, les génies du marketing de chez Virgin commencent à proposer des idées de collaboration avec tout un paquet d'artistes de la maison. Les pires bruits commencent à circuler et la rumeur devient officielle : effectivement, Iggy va enregistrer un duo avec Sum41. Alors que les fans commencent à déprimer, un coup de tonnerre éclate sur la toile : Iggy enregistre avec les Stooges ! Là, c'est tout de suite la folie et toute la planète Pop se met à spéculer à fond la caisse sur l'album qui s'annonce. Une nouvelle fois, SKULL RING déclenche une véritable bataille d'Ernanie trois mois avant sa sortie quelque peu repoussé suite à des problèmes de pressage. Sur les 17 titres, 9 sont des duos avec Sum 41, les Stooges, Green Day et la chanteuse techno-punkoïde Peaches ! Derrière ce florilège d'invités, les Trolls sont les grands cocus de l'histoire car leurs compositions, même si elles sont les meilleures de l'album, sont complètement passées sous l'éteignoir à cause de l'encombrante présence des invités. D'un autre côté, les duos, pour la plupart, très écoutables mais l'album est une nouvelle fois beaucoup trop long pour espérer faire bander le fan à mort de A jusqu'à Z.


Le 13 septembre 2003, Iggy & the Stooges se produisent pour la première fois en France lors du Bol d'Or de Nevers - Magny Cour. Pendant plus d'une heure, c'est la folie totale devant environ 70 000 spectateurs. De l'avis des gens présents, c'est un des plus grands concerts de rock and roll jamais donné en France.
(merci au Géant vert)
      


erratum reçu  par Mail

   

 

Bonjour, Je viens de lire, sur votre blog, le début de votre article : "The Stooges est un groupe de musique américain précurseur du rock à haute énergie et du.punk The Stooges est fondé en 1967 par James osterberg (devenu Iggy pop dont ce fut le premier groupe)" Il me semble que le premier groupe d'Iggy Pop s'appelait les (los?) Iguanas ! (j'ai des cd ré-éditions de ce groupe où iggy est crédité... À la batterie !! Il me semble aussi que c'est pour ça qu'il a eu le surnom d'iguane... Voilà... A moins que je ne me trompe... ! bye

Posté par kazal à 19:18 - Ma mythologie - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 avril 2005

Joy Division

   

Joy Division : L'histoire

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Chapître I - Origines (The Stiff Kittens & Warsaw) :


En 1976, le mouvement punk fit brutalement irruption et tira la musique pop de son apathie. Les
leaders du mouvement furent les Sex Pistols, dont les titres fameux , comme "Anarchy in the UK" ou
"God save the Queen", allaient être les hymnes de cette génération du "no future" . La plupart des
musiciens punks ne savaient pas jouer, mais ne voyaient pas cela comme un obstacle pour atteindre
leur but : monter sur scène et hurler leur rage à la face du monde !
Beaucoup étaient influencés par de célèbres groupes cultes de la fin des années 60 et du début des
années 70 : Le Velvet Underground, Lou Reed, David Bowie, Alice Cooper, Les Stooges, Iggy Pop, Les Doors, etc...

Pendant la tournée Anarchy in the UK, les Pistols jouèrent à Manchester le 4 juin. Dans le public ce
soir là se trouvaient trois jeunes gens vivant dans les environs de Manchester : Peter Hook et Bernard
Albrecht, deux copains d'école, ainsi que Ian Curtis. Quelques jours plus tard, Peter et Bernard
décidaient de monter un groupe, avec Peter à la basse et Bernard à la guitare; ils engagèrent Terry
Mason comme batteur, mais avaient besoin d'un chanteur. Pour en trouver un, ils passèrent une offre
au magasin de disques Virgin de Manchester. Ian y répondit et devint le chanteur du groupe, appelé
alors the Stiff Kittens. Il devait également écrire les textes des chansons.

Ils répétèrent beaucoup durant quelques mois, et composèrent leurs premières chansons, dans le
plus pur style punk. En mai 1977 le groupe changea son nom en Warsaw (en référence à "Warszawa"
de Bowie) et Terry fut remplacé par Tony Tabac. Un mois plus tard, Tony quittait le groupe et Steve
Brotherdale prenait sa place. Ce fut à ce moment que Paul Morley du NME et que le DJ Rob Gretton
découvrirent le groupe et perçurent son remarquable potentiel. Warsaw enregistra une cassette de
démo incluant cinq chansons aux Pennine Sound Studios en juillet, mais Steve quitta le groupe
quelques jours après.
Finalement, Stephen Morris rejoignit le groupe. En octobre, ils jouèrent à l'Electric Circus, qui devait
fermer, avec The Fall et The Buzzcocks. Quelques morceaux furent enregistrés par Virgin comme
témoignage de la scène punk de Manchester.

En décembre, ils enregistrèrent quatre titres, qui devaient apparaître plus tard sur "An Ideal For
Living". En janvier 1978 le groupe changea de nouveau de nom pour s'appeler Joy Division, pour éviter toute confusion avec un autre groupe. Ils répètèrent intensément et composèrent de nouvelles
chansons. Le 14 avril , ils participèrent avec 16 autres groupes à un concours : Tony Wilson, qui
travaillait pour la chaîne Granada TV, et Rob Gretton furent grandement impressionnés par leur
performance.



Joy Division
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Chapître II - Naissance d'une légende (Joy Division - Factory) :


Joy Division entra en studio pour l'enregistrement de onze titres avec le label RCA. Pour la première
fois, ils ne sonnaient pas comme tous les autres groupes punks. Mais certaines modifications faites
par le producteur, et les conditions du contrat avec RCA leur déplurent.
Pour cette raison le 21 mai, Bernard put faire de Rob le manager du groupe. Le 8 juin, Tony ouvrait
un club à Manchester, appelé The Factory I (d'après le nom du Factory de Warhol). Peter Saville, un
jeune artiste local, conçut une affiche pour l'événement, et Joy Division sembla plein de promesses à
beaucoup de critiques.

Ils répètèrent tout l'été ce qui eut pour effet immédiat de faire mûrir leur musique. Avec l'aide de
Rob Gretton, ils purent empêcher la sortie du disque de RCA (qui devint plus tard le pirate
"Warsaw"). Du fait de toutes ces répétions et de tous ces concerts, ils s'étaient considérablement
améliorés, et les critiques comme le public étaient de plus en plus impressionnés. Le 20 septembre,
ils passèrent sur Granada TV en live, et décidèrent de jouer "Shadowplay", un de leurs titres récents.
Ils donnèrent un autre concert à the Factory où des exemplaires gratuits de "An Ideal for Living"
furent distribués aux journalistes. Ce fut à cette occasion que les routes de Martin Hannett et de Joy
Division se croisèrent pour la première fois.

A la fin de 1978, Tony Wilson et Alan Erasmus, un acteur de théâtre , fondèrent une maison de
disques appelée "Factory Records", qui deviendra le label indépendant le plus célèbre et créatif de
son époque. Peter Saville fut choisi comme designer, et Martin Hannett comme producteur.
En octobre,  Hannett produisit deux titres de Joy Division, qui apparurent sur une compilation
appelée "A Factory Sample". Les mois suivants, Rob Gretton organisa des concerts à Manchester,
Leeds, Liverpool, Canterbury, Bristol, York et Londres, et le groupe commença à se créer un véritable
public. Ils durent cependant faire face à un problème sérieux, car Ian était maintenant victime de
crises d'épilepsie.

Le 31 janvier 1979 , ils enregistrèrent quatre morceaux pour John Peel, DJ sur BBC Radio 1. Cette
Peel session fut diffusée deux semaines plus tard, et suivie d'un autre concert à Londres, puis d'une
scéance d'enregistrement avec le label WEA, et enfin d'autres concerts, avec The Cure.
Sur scène, Joy Division avait quelques caractéristiques spéciales : ils choisissaient les chansons qu'ils
allaient interpréter juste avant le début du spectacle, et ils jouaient avec très peu de lumière à cause
de l'épilepsie de Ian.



Joy Division
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Chapître III - Unknown Pleasures :


Rob Gretton et Tony Wilson se mirent d'accord pour produire le premier album du groupe. Joy
Division répéta quasiment jour et nuit tout le mois d'avril, et composa environ quinze nouvelles
chansons. Avec Martin Hannet ils travaillèrent intensément sur "Unknown Pleasures". Les dix titres
sont remarquables, de par la musique et les paroles bien sûr, mais aussi grâce à l'apport incontestable
de Hannett qui sut les entourer d'une aura particulière. L'atmosphère, le son des morceaux sont
oppressants, sombres et claustrophobes, mais en même temps puissants, émouvants, et éclatants.

Puis ils reprirent la route, jouant en Angleterre avec Orchestral Manoeuvres In The Dark et quelques
autres, et enregistrèrent plusieurs titres pour une radio locale, Piccadilly  Radio.
L'impact et le renom de Joy Division grandissait rapidement, même s'ils refusaient les interviews de
façon presque systématique - pensant que leur musique parlait parfaitement pour eux. Ils n'avaient
pas de promotion publicitaire : simplement des concerts, des concerts et encore des concerts, surtout
dans la région de Manchester.
En juillet 1979 parut "Unknown Pleasures", dans sa pochette noire, agrémentée d'un simple dessin en
noir et blanc. Le design de Peter Saville n'incluait aucune photo ou aucun nom des membres du
groupe.
L'album reçut des critiques particulièrement élogieuses - meilleur disque depuis le LA. Woman des
Doors - et resta longtemps dans les classements anglais indépendants. Bizarrement, tous étaient
encore des amateurs, avec chacun un métier !

La batterie claque comme des coups de feu, sauf quand Steven délivre de furieux roulements sur ses
fûts, la basse est omniprésente, parfois menaçante, parfois plus calme, mais toujours utilisée d'une
manière tout à fait inhabituelle pour un groupe pop, avec un rôle primordial dans l'architecture des
chansons et la mélodie. La guitare joue souvent avec la basse, dans une sorte de contrepoint; le son
varie, distordu ou clair, plus ou moins aggressif, flou ou brillant et à la précision chirurgicale.
Le chant et les paroles de Ian élèvent encore le niveau : on sent que Joy Division ne triche pas, mais se dévoile et s'expose. La colère ou la peur que l'on entend dans sa voix sont simplement la vérité nue.



       "I've been waiting for a guide to come and take me by the hand,
       Could these sensations make me feel the pleasures of a normal man?
       ..."   (Disorder)


       "I guess you were right, when we talked in the heat,
       There's no room for the weak, no room for the weak.
       ..."   (Day of the Lords)


       "Corrupted from memory,
       No longer the power,
       It's creeping up slowly,
       That last fatal hour.
       ..."   (Candidate)


       "Guess your dreams always end.
       They don't rise up just descend,
       But I don't care anymore,
       I've lost the will to want more,
       I'm not afraid not at all,
       I watch them all as they fall,
       But I remember when we were young.
       ..."   (Insight)


       "A change of speed, a change of style.
       A change of scene, with no regrets,
       A chance to watch, admire the distance,
       Still occupied, though you forget.
       Different colours, different shades,
       Over each mistakes were made.
       I took the blame.
       Directionless so plain to see,
       A loaded gun won't set you free.
       So you say.
       We'll share a drink and step outside,
       An angry voice and one who cried,
       'We'll give you everything and more,
       The strain's too much, can't take much more.'
       I've walked on water, run through fire,
       Can't seem to feel it anymore.
       It was me, waiting for me,
       Hoping for something more,
       Me, seeing me this time,
       Hoping for something else."   (New Dawn Fades)


       "Confusion in her eyes that says it all.
       She's lost control.
       And she's clinging to the nearest passer by,
       She's lost control.
       ...
       And she turned around and took me by the hand
       And said I've lost control again.
       And how I'll never know just why or understand
       She said I've lost control again.
       And she screamed out kicking on her side
       And said I've lost control again.
       And seized up on the floor, I thought she'd die.
       ..."   (She's Lost Control)


       "I did everything, everything I wanted to,
       I let them use you for their own ends,
       ..."   (Shadowplay).


       "What did you see there?
       I saw all knowledge destroyed.
       I travelled far and wide through many different times.
       ...
       What did you see there?
       The blood of Christ on their skins,
       I travelled far and wide through many different times.
       I travelled far and wide and unknown martyrs died,
       What did you see there?
       I saw the one sided trials,
       What did you see there?
       I saw the tears as they cried,
       ..."   (Wilderness)


       "Down the dark streets, the houses looked the same,
       Getting darker now, faces look the same,
       And I walked round and round.
        ...
       Had to think again,
       Trying to find a clue, trying to find a way to get out!
       ..."   (Interzone)


       "Get weak all the time, may just pass the time,
       Me in my own world, and you there beside,
       The gaps are enormous, we stare from each side,
       We were strangers for way too long.
       Violent, more violent, his hand cracks the chair,
       Moves on reaction, then slumps in despair,
       Trapped in a cage and surrendered to soon,
       Me in my own world, the one that you knew,
       For way too long.
       ..."   (I Remember Nothing)


Sur ces bases remarquables, l'apport de Hannett, incluant des synthétiseurs et du bruitage, plus un
extraordinaire travail sur le son des instruments (avec Chris Nagle) crée une atmosphère unique de
tension et de chaos.

A la fin juillet, Paul Slattery photographia Joy Division à Stockport, et le groupe donna une
interview au NME. Au même moment, il travaillait avec Martin Hannett sur deux autres morceaux
pour un single. Il repartit en tournée en août, principalement à Londres, avec Echo And The
Bunnymen et Orchestral Manoeuvres, et à Liverpool. Ian, Peter, Steve et Bernard purent quitter leur
autre job et se dédier totalement à Joy Division.

Leur performance au Leeds Futurama One festival fut grandement appréciée - ils jouèrent avec
d'autres groupes comme Cabaret Voltaire, A Certain Ratio, Public Image Limited, Orchestral Manoeuvres In The Dark ... - ainsi qu'au Nashville Club à Londres. Invités par la BBC, ils jouèrent
deux chansons pour le show TV "Something Else".
Après un autre concert à The Factory I, ils firent une tournée au Royaume-Uni en première partie des
Buzzcocks : Liverpool, Leeds, Newcastle, Glasgow, Edinburgh, Aberdeen, Dundee, Bangor,
Sheffield, Derby, Birmingham, Manchester, Leicester, Oxford, Bournemouth, Cardiff, Bristol,
London, entre autres.
Chaque nuit, le public était surpris et interpellé par la musique de Joy Division et l'intensité de leur
performance sur scène. A Liverpool le public quitta les lieux juste après la prestation de Joy Division,
comme s'il savait que rien d'aussi fort ne pourrait survenir, même si beaucoup n'avaient jamais
entendu parler du groupe. A Bristol, les gens furent totalement vidés après leur apparition. De
nombreux critiques, du NME, de Melody Maker ou de Sounds, partageaient exactement le même
sentiment. Naturellement, les Buzzcocks devinrent jaloux du succès de Joy Division...
Entre les concerts de la tournée, ils jouèrent aux environs de Manchester, et pour la première fois
hors de Grande-Bretagne, à Bruxelles.

Le goupe fut alors contacté par le vice-président de Warner Brothers Records, qui leur offrit un
million de dollars pour les signer sur son label. Rob Gretton et le groupe déclinèrent l'offre.

Le 26 novembre, Joy Division enregistra une seconde John Peel session avec Tony Wilson, qui fut diffusée quelques semaines plus tard sur Radio One.



Joy Division
closer1


Chapître IV - Closer :


Rob Gretton planifia une tournée en Europe pour Joy Division en décembre 1979 et janvier 1980.
Onze dates en France, aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne. Le premier concert fut donné à
Paris, aux Bains-Douches : Bernard Lenoir, le John Peel français, diffusa le groupe live sur les ondes
de la radio française; puis eurent lieu un concert à Manchester dans la nuit du Nouvel An, et celui du
Paradiso à Amsterdam, où Joy Division, qui n'avait pu trouver de première partie, joua deux fois de
suite !
Les shows suivants se déroulèrent à La Haye, Nimègues, Anvers, Cologne - dans une ancienne église,
Rotterdam, Bruxelles, Eindhoven, Groningue et Berlin.
De retour en Angleterre, ils travaillèrent à la composition de nouveaux morceaux - dont "Love Will
Tear Us Apart" - et jouèrent à cinq reprises, à Londres, High Wycombe, Preston, Londres de nouveau
et Bristol, A Certain Ratio assurant la première partie.
Lors du concert de Preston, ils eurent de nombreux problèmes techniques, et Ian parla longuement
au public, pour le faire patienter!

En mars 1980, ils entrèrent aux Britannia Row Studios pour enregistrer leur second album avec
Martin Hannett. Entre temps ils avaient gravé "Atmosphere" et "Dead Souls", pour le single "Licht
Und Blindheit", dans une édition française limitée à 1578 copies.
Dans cet album, "Closer", ils fouillèrent encore plus profondément leurs pensées et leurs sentiments.
Encore une fois, le travail et le talent incroyables de Martin Hannett offrirent à la superbe musique
de Joy Division l'écrin le plus parfait.
Après l'enregistrement, en avril, le groupe donna quelques concerts : à Londres, au Moonlight Club,
et au Raibow Theatre, où les lumières, trop fortes, déclenchèrent chez Ian une terrible crise
d'épilepsie à la fin du spectacle. Mais le groupe devait donner un deuxième concert la même soirée,
à nouveau au Moonlight Club. Après un début furieux, Ian s'effondra, incapable de bouger ou de chanter.

Le groupe était déjà considéré comme culte, et toutes ses prestations étaient à deux doigts de provoquer l'émeute ou le chaos, aussi bien interne qu'externe :  "Joy Division me convainc que je pourais cracher à la face de Dieu."  (Neil Norman, NME).

Joy Division devait préparer sa première tournée aux US avec les Buzzcocks, et huit concerts furent
organisés à cet effet : mais la santé de Ian se détériorant, seuls cinq eurent lieu, à Malvern, Bury -
où Ian ne put tenir très longtemps son rôle, Manchester, Derby et Birmingham le 2 mai.

"Closer" devait être publié sous peu - Factory avait entre temps sorti un 45 tours flexible gratuit avec
de nouveaux titres, Joy Division devait partir pour les Etats-Unis et Warner Brothers Records leur
avait de nouveau offert un contrat d'un million de dollars, assorti d'une totale liberté artistique.

Mais Ian n'en pouvait plus : sa santé et des problèmes sentimentaux l'accablaient. Le 17 mai, il revint
dans sa maison à Macclesfield, regarda Stroszek, un film de Werner Herzog, l'histoire d'un chanteur,
un paumé, qui finit par se suicider, écouta l'album d'Iggy Pop "The Idiot" et le matin du 18 mai se
pendit dans sa cuisine. Il fut incinéré au cimetière de Macclesfield le 23 mai.

John Peel annonça la mort de Ian sur Radio One le 19 mai, et rendit hommage au groupe et à
l'homme avec "Atmosphere", qui était alors quasi-inconnu au Royaume-Uni. Peter, Steve, Bernard,
Martin et Tony étaient tout simplement anéantis par le suicide de Ian . "Closer" et le single "Love Will
Tear Us Apart" sortirent finalement à la fin de juin 1980. Les pochettes, qui avaient été choisies des
mois auparavant, étaient comme toujours designées par Peter Saville : elles incluaient deux photos
en noir et blanc de Bernard Pierre Wolff, un remarquable photographe français, prises dans le
cimetière de Gênes, Il Staglieno : un Christ mort entouré de personnes le veillant pour "Closer", et un
ange se lamentant pour "LWTUA".

"LWTUA" inclut deux versions de la chanson, car ni Joy Division ni Martin Hannett n'avaient pu se
décider sur la version qu'ils préféraient. Le titre atteignit la cinquième place des classements Indies.
Une video du morceau fut égalemnt diffusée.
La beauté et la force de "Closer" viennent de la convergence du travail intense du groupe, du monde
intérieur de Ian avant que celui-ci ne s'effondre, et des visions et de la magie de Martin.



       "Asylums with doors open wide,
       Where people had paid to see inside,
       For entertainment they watch his body twist,
       Behind his eyes he says, 'I still exist.'
       This is the way, step inside.
       ..."   (Atrocity Exhibition)


       "Mother  I tried please believe me,
       I'm doing the best that I can.
       I'm ashamed of the things I've been put through,
       I'm ashamed of the person I am.
       ..."   (Isolation)


       "This is a crisis I knew had to come,
       Destroying the balance I'd kept.
       Doubting, unsettling and turning around,
       Wondering what will come next.
       Is this the role that you wanted to live?
       I was foolish to ask for so much.
       Without the protection and infancy's guard,
       It all falls apart at first touch.
       ..."   (Passover)


       "A worried parent's glance, a kiss, a last goodbye,
       Hands him the bag she packed, the tears she tries to hide,
       A cruel wind that bows down to our lunacy,
       And leaves him standing cold here in this colony.
       I can't see why all these confrontations,
       I can't see why all these dislocations,
       No family life, this makes me feel uneasy,
       Stood alone here in this colony.
       ..."   (Colony)


       "We fought for good, stood side by side,
       Our friendship never died.
       On stranger waves, the lows and highs,
       Our vision touched the sky,
       ..."   (A Means to an End)


       "You take my place in the showdown,
       I'll observe with a pitiful eye,
       I'd humbly ask for forgiveness,
       A request well beyond you and I.
       ...
       An abyss that laughs at creation,
       A circus complete with all fools,
       Foundations that lasted the ages,
       Then ripped apart at their roots.
       Beyond all this good is the terror,
       The grip of a mercenary hand,
       When savagery turns all good reason,
       There's no turning back, no last stand.
       ...
       Existence well what does it matter?
       I exist on the best terms I can.
       The past is now part of my future,
       The present is well out of hand.
       ..."   (Heart and Soul)


       "Now that I've realised how it's all gone wrong,
       Gotta find some therapy, this treatment takes too long.
       Deep in the heart of where sympathy held sway,
       Gotta find my destiny, before it gets too late."  (Twenty-four Hours)


       "Procession moves on, the shouting is over,
       Praise to the glory of loved ones now gone.
       Talking aloud as they sit round their tables,
       Scattering flowers washed down by the rain.
       Stood by the gate at the foot of the garden,
       Watching them pass like clouds in the sky,
       Try to cry out in the heat of the moment,
       Possessed  by a fury that burns from inside.
       Cry like a child, though these years make me older,
       With children my time is so wastefully spent,
       A burden to keep, though their inner communion,
       Accept like a curse an unlucky deal.
       Played by the gate at the foot of the garden,
       My view stretches out from the fence to the wall,
       No words could explain, no actions determine,
       Just watching the trees and the leaves as they fall."   (The Eternal)


       "Here are the young men, the weight on their shoulders,
       Here are the young men, well where have they been?
       We knocked on the doors of Hell's darker chamber,
       Pushed to the limit, we dragged ourselves in,
       Watched from the wings as the scenes were replaying,
       We saw ourselves now as we never had seen.
       Portrayal of the trauma and degeneration,
       The sorrows we suffered and never were free.
       Where have they been?
       Weary inside, now our heart's lost forever,
       Can't replace the fear, or the thrill of the chase,
       Each ritual showed up the door for our wanderings,
       Open then shut, then slammed in our face.
       Where have they been?"   (Decades)


Les chansons semblent venir - plus que jamais - d'un autre monde, avec les paroles de Ian remplies
de doutes, d'inquiétude et de peurs, la basse bourdonnante de Peter, les riffs tranchants et acérés
de la guitare de Bernard et la batterie hypnotisante de Steve, encore une fois sublimés par l'apport de
Martin (synthétiseurs, travail sur le son ..., avec l'assistance de John Caffery et de Michael Johnson).

"Closer" atteignit la sixième place des charts anglais, et les critiques furent unanimes à le louer.
"LWTUA" monta jusqu'à la treizième place du classement des singles, et Joy Division fit la razzia du classement annuel du NME.
Bien que leur musique ne ressemblait à aucune autre, elle fut classée comme new-wave, cold-wave
ou gothic, mais quel que soit son nom, elle influença de nombreux goupes new-wave (The Cure,
Echo and the Bunnymen, U2, etc...) .







Chapître V - New Order :


Les membres du groupe s'étaient mis d'accord pour qu'en cas de départ de l'un d'entre-eux, quelle
qu'en soit la raison, Joy Division s'arrête.
Peter Hook, Stephen Morris et Bernard Albrecht (maintenant Sumner) formèrent New Order, avec
Gillian Gilbert aux claviers, Bernard prenant en charge le chant. Mais, de leur premier album, "Movement" - sombre, encore une fois produit par Martin Hannett et toujours dans la lignée de Joy
Division - à leurs chansons de danse décalées, ceci est une autre histoire, qui inclut le plus grand hit
de la musique pop : "Blue Monday".

En 1980 et 1981, Factory publia le single "Atmosphere" et l'album "Still", avec des titres rares et les
chansons du concert de Birmingham de mai 1980, qui atteignit la cinquième place des charts anglais.
En 1982 Ikon sortit une vidéo de Joy Division, filmée lors de plusieurs concerts du groupe "Here are
the young men", et en 1986 et 1987, les "Peel Sessions" furent éditées. Factory publia un CD appelé
"Substance" en 1988, avec les singles de Joy Division et quelques morceaux inédits, en même temps
qu'un autre "Substance", pour New Order celui-là. Une vidéo pour "Atmosphere" fut tournée par
Anton Corbijn, qui avait photographié le groupe à diverses occasions.

En 1995, quinze ans après la mort de Ian, une nouvelle compilation "Permanent" fut éditée, et en 1998
un coffret de 4 CD "Heart And Soul" fut commercialisé, suivi en 1999 par le concert de Preston,
"Preston 28 February 1980". Les Peel sessions furent rééditées en 2000 dans le CD "The Complete BBC Recordings", et le concert de Paris, "Les Bains Douches 18 December 1979" sortit en 2001.

De nombreux livres ont été écrits sur Joy Division, New Order et Ian Curtis dans plusieurs pays,
dont la biographie de Ian par sa veuve, Deborah.

Comme Joy Division avait conquis un public très fidèle, et atteint cette réputation de groupe culte, de
nombreux enregistrements pirates sont recensés, issus des différents concerts du groupe, à cette
époque où la musique était composée et jouée par des hommes.

Posté par kazal à 22:28 - Ma mythologie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

leonard cohen

   


Biographie de Leonard Cohen
par Georges Lang, 1997
avec la participation de Leonard Cohen.

leonard_cohen



Lorsque l’on évoque Leonard Cohen, le monde se partage immédiatement en deux camps : les contres, les indifférents, ceux qui le trouvent triste et barbant, rasant, et les pour, les admirateurs, ceux qui voient en lui un grand auteur-compositeur, un spécimen unique dans l’histoire du rock. Mais dans un cas comme dans l’autre, Leonard Cohen ne laisse personne indifférent, ce qui est sans doute la marque de son immense talent. Un talent dont la parution du CD More Best Of, un portrait de l’artiste couvrant les années 84 à 97 permet une nouvelle fois de mesurer toute l’étendue

Leonard Cohen est né en 1934 dans la province du Québec, à Westmount, un quartier riche et anglophone de Montréal, d’une famille juive russo-polonaise. Il est très tôt passionné par la littérature et la poésie où ses goûts ne se limitent pas uniquement aux auteurs anglo-saxons.

    Leonard Cohen :

    Quand j’étais jeune j’ai commencé à lire vraiment avec les romanciers français comme Camus et Sartre comme tout le monde ! Je lis très peu de poésie maintenant, mais j’étais très influencé par quelques poètes. Parmi eux  Federico Garcia Lorca, le grand poète espagnol, William Butler Yeats, le poète irlandais et… la Bible, les poésies de la Bible, beaucoup. 

    

A 17 ans Leonard Cohen entreprend des études d’histoire à l’université de Mc Gill, tout en écrivant ses premiers poèmes. Parallèlement il s’intéresse déjà  à la musique et il participe à la formation d’un trio de country-musique et de folk "Les Buckskin Boys". En 1956, il publie un premier recueil de poèmes  Let Us Compare Mythologies  grâce à une souscription lancée dans le journal de l’université : le McGill News Paper ; d’une manière générale le livre est bien reçu, même si ses ventes ne dépassent pas les quelques centaines d’exemplaires.

En 59, avec l’aide d’une bourse qui lui est allouée par les affaires culturelles du gouvernement canadien, Leonard Cohen se rend en Europe.

Leonard Cohen séjourne quelques temps à Londres, puis en Grèce où il loue une maison sur l’île d’Hydra qui n’est pas encore  le haut lieu touristique qu’elle est devenue aujourd’hui. C’est à l’époque un refuge très apprécié des artistes qui y trouvent l’accueil et le calme propice à l’inspiration. C’est à Hydra où il va finalement séjourner  7 ans que Leonard Cohen écrit Flowers for Hitler un recueil de poèmes très controversé qui paraît en 1964 ou il raconte notamment sa rencontre avec Marianne Ihlen, sa compagne dans une librairie de l’île. Il publie aussi deux romans : The Favorite Game en 63 (un portrait d’un artiste jeune juif dans Montréal) et Beautiful Losers en 66, décrit comme une désagréable épopée religieuse d’une grande beauté. Lors de la publication de Beautiful Losers, le Boston Globe écrit : "James Joyce n’est pas mort. Il vit à Montréal sous le nom de Leonard Cohen", ce qui est certes élogieux mais ne nourrit pas son homme car le livre se vend mal; 3000 exemplaires au États-Unis et un millier au Canada et Leonard Cohen voit bien qu’il lui faut trouver une  autre voie  pour gagner sa vie. La musique s’impose tout naturellement à Cohen car depuis son enfance et au travers de son expérience avec les "Buckskin Boys", elle a toujours occupé une place de choix dans sa vie.

    Leonard Cohen :

    J’aimais bien toutes les oeuvres de Segovia et les guitaristes flamenco, les folkloriques portugais, les fados, toutes les chansons du Moyen-Est et naturellement les musiques pop dans les juke-box de tous les cafés de Montréal.  Real Audio

Leonard Cohen décide de se rendre à Nashville pour tenter d’enregistrer un album de country-western. En chemin il fait halte à New York où il découvre Joan Baez, Bob Dylan, Phil Ochs, Joni Mitchell et Tim Buckley. Cohen se met alors à fréquenter Greenwich Village où il tente de placer ses chansons auprès des artistes de la scène folk et c’est ainsi qu’il rencontre Judy Collins.

    Leonard Cohen :

    J’ai rencontré Judy Collins à New York un certain moment et j’ai joué quelques chansons pour elle et elle m’a dit qu’elle n’aime pas exactement … elle aime ce que je fais mais si j’ai quelque chose dans l’avenir… Quand j’ai terminé Suzanne je lui ai téléphoné de Montréal et je lui ai chanté cette chanson et elle a dit qu’elle veut l’enregistrer cette chanson et elle m’a aidé beaucoup. Real Audio

La version de Suzanne qui figure sur  l’album In My Life de Judy Collins permet à Leonard Cohen de se faire un petit nom sur la scène new-yorkaise. Il rencontre ainsi Allen Ginsberg et Andy Warhol, ainsi que des musiciens comme Lou Reed, Jakson Brown et Nico. Il fait aussi la connaissance du producteur et découvreur de talent John Hammond qui l’aide à signer chez C.B.S., la maison de disque de Bob Dylan. Un premier album, Songs Of Leonard Cohen paraît en janvier 68. Pour les Américains, Songs of Leonard Cohen n’est que l’œuvre d’un auteur relativement connu qui veut prouver qu’il sait aussi écrire des chansons. Pour les Européens c’est une découverte totale puisque aucun de ses livres n’a encore été traduit. L’album parfaitement maîtrisé pour une première oeuvre est une suite de classiques, de Suzanne à So Long Marianne en passant bien sûr par Sisters Of Mercy.

Leonard Cohen est à la mode et sa maison de disques le presse de réaliser un second album, il choisit de le faire à Nashville qui est, rappelons-le, le but initial de son passage à New York, et c’est Bob Johnston qui a déjà à son actif  des albums de Simon et Garfunkel, Johnny Cash et  Bob Dylan qui est chargé de la production. Le résultat: Songs From A Room qui est publié en avril 69.

Le premier album de Leonard Cohen a reçu un accueil enthousiaste en Europe où des chansons comme Suzanne, Sisters Of Mercy et So Long Marianne sont mises au rang de classique. Un an plus tard, Songs From A Room, son deuxième album qui s’ouvre sur Bird On A Wire ne déçoit pas. Cohen y aborde des problèmes comme la religion, l’histoire, l’engagement politique à coté du suicide et de la drogue. C’est un énorme succès en Angleterre où l’album se classe N°2 ainsi que dans les pays francophones où l’on s’attarde sur sa version bilingue de la Chanson du Partisan d’Anna Marly.

Leonard Cohen effectue sa première tournée Européenne en 70 accompagné du groupe "The Army" au sein duquel on remarque un certain Charlie Daniels au violon et à la guitare acoustique. A Aix en Provence on frôle la catastrophe lorsque Cohen qui, rappelons le, vit en Grèce se voit traité de fasciste par des spectateurs qui lui reprochent de cautionner le régime des colonels

    Leonard Cohen :

    J’ai pas passé beaucoup de temps quand les colonels étaient là ; j’ai passé du temps dans les années 60 la plus part du temps, mais j’avais des amis là-bas pendant tout ça et j’avais une vie, c’est pas une question de supporter le untel ou quelque chose comme ça !.   Real Audio

A l’île de Wight,  Leonard Cohen fait un triomphe dont on retrouve un extrait sur l’album Songs Of Love And Hate en avril 71. Entre temps il s’est installé à Nashville. C’est donc très logiquement dans cette ville qu’il a enregistré le disque avec toujours Bob Johnston aux commandes et le groupe "The Army" pour l’accompagner. C’est la première fois qu’apparaissent des arrangements de cuivres et de cordes. Elles sont l’œuvre de Paul Buckmaster dont Leonard Cohen avait apprécié le travail sur un album d’Elton John. Songs Of Love And Hate contient quelques grands titres de Cohen comme Famous Blue Raincoat ou Joan Of Arc. Pourtant l’album s’attire les foudres d’une certaine critique qui lui reproche son manque de sobriété musicale

Leonard Cohen prend alors quelques distances avec la chanson et en 73, Columbia doit se contenter de publier un album public Live Songs où l’on trouve quand même 5 inédits ! S’il reste absent de la scène musicale, Cohen n’en est pas moins actif mais dans d’autres domaines. En vrac, il publie un nouveau recueil de poésies The Energy Of Slaves, il fait deux enfants : Adam et Lorca à sa compagne Suzanne, il quitte Hydra et il rejoint Israël en pleine guerre du Kippour par devoir et comme alibi pour s’éloigner de la maison confie-t-il ! On retrouve d’ailleurs un aspect guerrier dans le nouvel album de Cohen New Skin For The Old Ceremony  qui paraît finalement en septembre 74. Ici les chansons ont pour titre Field Commander Cohen, Who by fire, This is a War, ce qui révèle une certaine humeur belliqueuse. On retient aussi Lover Lover Lover le tube de l’album et Chelsea Hotel dédié à la mémoire de Janis Joplin. Les arrangements ont été confiés à John Lissauer qui a su mettre en valeur la voix de Cohen et lui redonner le souffle qu’il semblait avoir perdu.

Après New Skin For The Old Ceremony, le rythme de parution des albums de Leonard Cohen ralentit sérieusement. A part un Greatest Hits en novembre 75, c’est le silence à tel point que Bob Dylan dédicace son album Desire à Leonard s’il est encore dans le coin. Cohen répond en l’invitant à chanter sur son nouvel album Death Of Ladies Man. Le disque a été réalisé par Phil Spector, le producteur génial des Ronets, et autre Ike et Tina Turner. On s’étonne que Cohen ai choisi Spector qui traîne une réputation de paranoïaque, de fou dangereux. A moins que ce soit Spector qui ai choisi Cohen.

    Leonard Cohen :

    On a eu un ami mutuel et il m’a appelé à un concert que j’ai donné dans le Troubadour alors Phil est venu et il nous a invité à sa maison, il fermé la porte et on avait pas le droit de sortir, moi je lui ai dit "si nous sommes ici, allons nous faire quelque chose ensemble" et c’est commencé comme ça.  Real Audio

C’est la première fois que Cohen travaille en duo. Lui se chargeant des textes et Spector de la musique. En studio, l’ambiance est inquiétante avec des gardes du corps armés jusqu’aux dents, des balles et des bouteilles de vins qui jonchent le sol. Pour finir Phil Spector confisque les bandes de l’album et les mixe tout seul, sans l’avis de l’artiste !. Le résultat, contestable et contesté en son temps, poussera Cohen à revenir à une forme plus traditionnelle pour son disque suivant.

L’album Recent Songs paraît en septembre 79. On y retrouve une instrumentation plus proche de l’image habituelle de Leonard Cohen avec parfois des accents orientaux ou mexicains comme sur Un Canadien Errant une vieille chanson du Québec écrite en 1847 par Gerain Lajoie. Désormais Cohen prend son temps .De toute façon, c’est un perfectionniste, un travailleur acharné qui n’est jamais satisfait de son travail. Et ce temps il le lui faut pour écrire des chansons.

    Leonard Cohen :

     J’ai honte mais c’est vrai il y a des gens qui écrivent des très grandes chansons dans un taxi ou sur une serviette dans un café mais je ne sais pas; peut-être je suis-je paresseux ou lent, je ne sais pas, mais ça prend des mois, même des années.  Real Audio

En 1984, Leonard Cohen publie un recueil  de psaumes Le Livre De Miséricorde et il tourne même dans un épisode dans la série télévisée "Deux flics à Miami". Son rôle, celui du grand patron d’Interpol, sera malheureusement coupé au montage. Plus sérieusement il passe de l’autre coté de la camera pour réaliser I Am A Hotel un film d’une demie-heure dont il est aussi le scénariste et qui gagne le premier prix au festival international de télévision de Montreux. En 84, toujours, Leonard Cohen écrit le texte de la comédie musicale de Lewis Furey Night Magic qui est portée à l’écran avec dans les principaux rôles : Carole Laure, Nick Mancuso, Jean Carmet et Stéphane Audran. Un nouvel album de Leonard Cohen Various Positions paraît en décembre 84. Il y développe sa réflexion sur la religion au travers de titres comme Hallelujah ou The Law, véritables psaumes contemporains émanant très certainement d’une longue et pénible odyssée spirituelle.

I Am Your Man parait en 1988. Cet album a été enregistré principalement à Montréal et mixé à Los Angeles, là où réside désormais Leonard Cohen, mais s’il a choisi la Californie ce n’est ni pour son soleil, ni pour ses palmiers.

    Leonard Cohen :

    J’aime bien la Californie parce que c’est la fin du monde, de l’essence de l’apocalypse, même le tremblement de terre, la société à même dans une condition de déchiré, même le paysage mental est dans un état d’explosion. Real Audio

I Am Your Man est  un disque résolument moderne qui n’a rien à envier aux autres productions de son époque et où l’on découvre pour la première fois dans l’œuvre de Cohen des séquenceurs  et des synthétiseurs. Autres signes des temps, deux clips tournés en France à Cabourg et à Trouville accompagnent les singles I Am Your Man et First We Take Manhattan.

En novembre 92, vingt cinq ans après Suzanne et Bird on the Wire, Leonard Cohen est à nouveau sous les feux de l’actualité avec son nouvel album The Future. Il s’est écoulé 4 ans depuis I Am Your Man, c’est long et Leonard Cohen s’en explique.

    Leonard Cohen :

    Mon fils a eu un accident de voiture et j’ai arrêté complètement parce qu’il a passé 6 mois à l’hôpital et à cause de ça j’ai arrêté complètement et c’était un peu dur de recommencer. Mais quand même ça prend des années pour perfectionner, pour préciser une strophe, une ligne, même un mot.  Real Audio

Comme à l’habitude c’est un disque grave, sur des thèmes sombres, J’ai vu l’avenir, chérie et c’est le meurtre, ça va déraper dans toutes les directions chante Cohen dès le premier morceau de l’album. Pourtant, comme à chaque fois, la séduction opère et on se laisse prendre. Leonard Cohen c’est l’art de faire du beau avec du triste même s’il prétend que ses chansons sont pleines de rires étouffés et ses fidèles en redemandent.

En juin 94, Leonard Cohen nous propose Cohen Live, un album public enregistré lors de ses tournées mondiales de 1988 et 1993. Le disque couvre la période 67-88, mais il s’attache plus particulièrement au début, là où sont les classiques du poète de Montréal. Leonard Cohen à coutume de dire qu’il construit ses chansons comme des Volvos, c’est à dire pour une bonne trentaine d’années. Et c’est vrai que des titres comme Joan Of Arc, Suzanne, There is a War n’ont pas pris une ride. Les arrangements et une interprétation remaniés permettent encore mieux d’en apprécier la modernité.

On le sait, Leonard Cohen est un adepte du bouddhisme zen qu’il pratique de longue date avec son ami et professeur Sasaki Roshi, une moine Japonais âgé de 90 ans. Entre 1994 et 1996, Leonard Cohen passe l’essentiel de son temps à méditer au centre zen du Mont Baldy en plein désert californien avant de franchir le pas et d’être ordonné officiellement moine bouddhiste le 9 août 96 sous le nom de Jikan, ce qui signifie "le silencieux". Pour tous ses fans la question est de savoir si depuis sa retraite monacale du Mont Baldy,  Jikan-Cohen éprouve encore le besoin d’écrire des chansons et de les faire partager au monde. Il semble bien que oui. En attendant ses nouvelles créations, Sony publie aujourd’hui More Best Of, un portrait de l’artiste recoupant la seconde partie de sa carrière et recoupant ses morceaux clés de ses 4 derniers albums . En prime 2 inédits The Great Event et Never Any Good.

Beaucoup d’artistes on chanté Cohen sur disque ou sur scène tel que Neil Diamont, Diana Ross, Joan Baez, Joe Cocker, Bob Dylan ou plus récemment le regretté Jeff Buckley. On se souvient aussi en 1987 de Famous Blue Raincoat, un album de Jennifer Warnes entièrement consacré aux chansons de Leonard Cohen.

De I’Am Your Fan en 91 et de Tower Of Songs en 95, hommage de la scène alternative, de la pop, du rock de la country au grand homme de Montréal. Toutes ces initiatives font de Leonard Cohen, ce pessimiste dans l’âme, ce personnage énigmatique et charmeur, un artiste aujourd’hui unanimement reconnu et respecté. Elle sont aussi une preuve de l’immense talent d’écriture de celui qu’on à appelé un jour "le dépressif non chimique le plus puissant du monde".

Voilà, vous connaissez un peu mieux maintenant l’histoire de Leonard Cohen...



© Saga RTL du 25 Octobre 1997 présentée par Georges Lang.
Merci à Jean-Claude Engasser pour le transcript.
Merci à Marc Gaffié pour son aide.


PS. Si certaines grosses erreurs ont été corrigées, nous en avons laissé quelques-unes.
De plus, Leonard Cohen ne vit plus au centre Zen de Mount Baldy depuis le printemps 1999, il vit maintenant à Los Angeles.

Des chansons marquantes:
(qui a dit que les chansons en anglais ne veulent rien dire?)

Sisters Of Mercy



Oh the sisters of mercy, they are not departed or gone.
They were waiting for me when I thought that I just can't go on.
And they brought me their comfort and later they brought me this song.
Oh I hope you run into them, you who've been travelling so long.

Yes you who must leave everything that you cannot control.
It begins with your family, but soon it comes around to your soul.
Well I've been where you're hanging, I think I can see how you're pinned:
When you're not feeling holy, your loneliness says that you've sinned.

Well they lay down beside me, I made my confession to them.
They touched both my eyes and I touched the dew on their hem.
If your life is a leaf that the seasons tear off and condemn
they will bind you with love that is graceful and green as a stem.

When I left they were sleeping, I hope you run into them soon.
Don't turn on the lights, you can read their address by the moon.
And you won't make me jealous if I hear that they sweetened your night:
We weren't lovers like that and besides it would still be all right,
We weren't lovers like that and besides it would still be all right.

Adaptation française de Graeme Allwright :



Les Soeurs de la Miséricorde

Les Soeurs de la Miséricorde n'ont jamais disparu,
Elles étaient là et m'aidaient quand je me sentais perdu.
Elles m'ont réconforté, m'ont donné des chansons et du pain.
J'espère que tu les trouveras, toi qui voyages au loin.

Tu avais pourtant tout quitté, ta famille, ton métier.
Mais, bientôt, c'est ton âme que tu ne pourras plus contrôler.
Je suis passé par là, et je sais qu'on est vite épinglé.
Et que, toujours, la solitude reconnaît le Péché.

J'espère que tu les trouveras, toi qui cherches fortune.
N'allume pas la lumière, leur adresse est écrite sur la lune,
Et je ne serais pas jaloux de savoir que tu tentes ta chance.
On ne s'aimait pas comme ça, et c'est sans importance.

Je me suis confessé à elles, à mes cotés couchées,
Elles ont touché mes yeux, sur leurs mains j'ai senti la rosée.
Si ta vie est une feuille que les saisons arrachent et déchirent,
Ouvre à l'amour qui est gravé gracieux comme une tige.
Ouvre à l'amour qui est gravé gracieux comme une tige.

Suzanne

Suzanne takes you down to her place near the river
You can hear the boats go by
You can spend the night beside her
And you know that she's half crazy
But that's why you want to be there
And she feeds you tea and oranges
That come all the way from China
And just when you mean to tell her
That you have no love to give her
Then she gets you on her wavelength
And she lets the river answer
That you've always been her lover
And you want to travel with her
And you want to travel blind
And you know that she will trust you
For you've touched her perfect body with your mind.

And Jesus was a sailor
When he walked upon the water
And he spent a long time watching
From his lonely wooden tower
And when he knew for certain
Only drowning men could see him
He said "All men will be sailors then
Until the sea shall free them"
But he himself was broken
Long before the sky would open
Forsaken, almost human
He sank beneath your wisdom like a stone
And you want to travel with him
And you want to travel blind
And you think maybe you'll trust him
For he's touched your perfect body with his mind.

Now Suzanne takes your hand
And she leads you to the river
She is wearing rags and feathers
From Salvation Army counters
And the sun pours down like honey
On our lady of the harbour
And she shows you where to look
Among the garbage and the flowers
There are heroes in the seaweed
There are children in the morning
They are leaning out for love
And they will lean that way forever
While Suzanne holds the mirror
And you want to travel with her
And you want to travel blind
And you know that you can trust her
For she's touched your perfect body with her mind.

Adaptation française de Graeme Allwright :

Suzanne

Suzanne t'emmène écouter les sirènes
Elle te prend par la main pour passer une nuit sans fin
Tu sais qu'elle est à moitié folle c'est pourquoi tu veux rester
Sur un plateau d'argent elle te sert du thé au jasmin
Et quand tu veux lui dire que tu n'as pas d'amour pour elle
Elle te prend dans se ondes et laisse la mer répondre
Que depuis toujour tu l'aimes

Tu veux rester à ses côtés maintenant tu n'as plus peur
De voyager les yeux fermés
Une flame brûle dans ton coeur.

Il y avait un pêcheur venu sur la terre
Qui a veillé très longtemps du haut d'une solitaire
Et quand il a compris que seul les hommes perdus le voyaient
Il a dit qu'on voguerait jusqu'à ce que les vagues nous libèrent
Mais lui même fut brisé bien avant que le ciel s'ouvre
Délaissé et presqu'un homme il a coulé sous votre sagesse
Comme une pierre

Tu veux rester à ses côtés maintenant tu n'as plus peur
De voyager les yeux fermés
Une flame brûle dans ton coeur

Suzanne t'emmène écouter les sirènes
Elle te prend par la main pour passer une nuit sans fin
Comme du miel le soleil coule sur Notre Dame des pleurs
Elle te montre où chercher parmi les déchets et les fleurs
Dans les algues il y a des rêves des enfants au petit matin
Qui se penchent vers l'amour, ils se penchent comme ca toujours
Et Suzanne tient le miroir

Tu veux rester à ses côtés maintenant tu n'as plus peur
De voyager les yeux fermés
Une blessure étrange dans ton coeur.

Famous Blue Raincoat

It's four in the morning, the end of december
I'm writing you now just to see if you're better
New York is cold but I like where I'm living
There's music on Clinton Street all thru the evening.
I hear that you're building your little house deep in the desert
You're living for nothing now I hope you're keeping some kind of a record

Yes and Jane came by with a lock of your hair
She said that you gave it to her
That night that you planned to go clear
Did you ever go clear?

The last time we saw you, you looked so much older
Your famous blue raincoat was torn at the shoulder
You'd been to the station to meet every train
You came home alone without Lili Marlene.
And you treated my woman to flake of your life
And when she came back she was nobody's wife

Well, I see you there with a rose in your teeth
One more thin gypsy thief
Well, I see Jane's awake
She sends her regards.

And what can I tell you my brother, my killer
What can I possiby say
I guess that I miss you, I guess I forgive you
I'm glad you stood in my way.
If you ever come by here for Jane or for me
Well, your enemie is sleeping and your woman is free

Yes, and thanks for the trouble you took from her eyes
I thought it was there for good so I never tried.

And Jane came by with a lock of you hair
She said that you gave it to her
That night that you planned to go clear
Sincerely, L. Cohen.

Traduction française.
Version collective élaborée sur le forum du Cahier Interdit.

Ton célèbre imperméable bleu

Il est quatre heures du matin, fin de décembre. Je t'écris juste pour savoir si tu te sens mieux. New york est glacial mais j'aime l'endroit où je vis. Il y a de la musique sur Clinton Street, tout au long de la soirée. On m'a dit que tu construisais ton refuge au fond du désert. Tu vis pour rien maintenant... j'espère quand même que tu prends quelques notes. Oui, et Jane est revenue avec une boucle de tes cheveux. Elle m'a dit que tu lui as donné, cette nuit où tu as décidé de t'effacer. T'es-tu jamais effacé?

La dernière fois que nous t'avons vu, tu semblais tellement plus vieux. Ton célèbre imperméable bleu était déchiré à l'épaule. Tu étais allé à la gare, pour attendre chaque train, mais tu es rentré seul, sans Lili Marlène. Et tu as donné à ma femme un éclat de ta vie. Mais quand elle est revenue, elle n'était plus la femme de personne. Je te revois, une rose entre les dents... encore un gitan, maigre et voleur. Et voici Jane qui s'éveille, elle t'envoie ses pensées.

Et que puis-je te dire, mon frère, mon meurtrier ? Que puis-je vraiment dire? Je crois bien que tu me manques, je crois bien que je te pardonne, je suis content que tu te sois dressé sur mon chemin. Si jamais tu reviens par ici, pour Jane ou pour moi : voilà, ton ennemi dort, et sa femme est libre. Oui, et merci pour la peine que tu pris dans ses yeux. Je croyais qu'elle y était pour toujours, alors je n'ai jamais essayé.

Et