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29 novembre 2005

Marilyn Monroe

 

Marilyn Monroe

Norma Jean Baker/Marilyn Monroe
normaEt oui depuis gamin, j'ai toujours eu un certain faible pour elle
avec  plus tard une certaine tristesse quant à sa vie d'exploitée....
Hommage à toi éternelle Marilyn! Tu n'es pas que ce bout de viande
qui montra le canibalisme à l'oeuvre, tu fus aussi Norma Jean Baker!
Tu n'es pas vraiment morte Norma Jean, ton calvaire continue
de se perpétuer sous d'autres visages.
Je te rencontre hélas trop souvent pour le savoir!
Stanislas Kazal



Marilyn Monroe est une actrice américaine née à Los Angeles le 1er juin 1926 et morte le 5 août 1962.

Elle est née Norma Jeane Mortenson, le prénom Norma étant choisi par sa mère en référence à l'actrice Norma Talmadge. La graphie de son nom est transformée par la suite en Norma Jean Mortenson, et elle fut également connue sous le nom Norma Jean Baker, Baker étant le nom du premier époux de sa mère.

Biographie


Enfance et adolescence

Norma Jeane Mortenson, la future Marilyn Monroe, naît le 1er juin 1926 à l'hôpital général de Los Angeles en Californie. Sur le certificat de naissance apparaissent les noms de sa maman, Gladys Monroe, et du mari de celle-ci à l'époque, Edward Mortenson . Il est à noter que Monroe est le nom de jeune fille de la grand-mère maternelle de Marilyn, que Gladys et Edward vivent déjà séparés au moment de sa naissance et qu'ils divorceront en août 1928.

Gladys, née le 24 mai 1900 au Mexique de parents américains, travaille comme monteuse dans l'industrie cinématographique et a déjà eu deux enfants, Hermitt Jack (1918-192?) et Bernice (1919-), d'un premier mariage avec Jack Baker. Très belle femme blonde, elle connaît autant de liaisons sentimentales sans lendemain que de problèmes psychologiques et de santé. Sur une très longue période, elle ne pourra pas s'occuper de sa fille qui sera confiée, entre autres, à des familles d'accueil, ainsi que de ses deux autres enfants.

Norma Jean vit ainsi chez Albert et Ida Bolender à Hawthorne en Californie pendant les sept premières années de sa vie. Dans son autobiographie , Marilyn mentionne qu'elle ne savait pas qui était cette femme blonde qui lui rendait visite de temps en temps pendant cette période, alors qu'il s'agissait de sa mère Gladys. En 1933, elle peut enfin vivre quelque temps avec elle, à Hollywood. En 1934, Gladys endure une nouvelle dépression et Norma Jean est placée successivement dans des foyers et dans un orphelinat. Grace McKee, épouse Goddard, la meilleure amie de Gladys, demande en 1936 à devenir la tutrice de Marilyn, ce qui sera officialisé en 1937. Norma Jean, les années suivantes, va vivre avec les Goddard à Van Nuys en Californie mais également dans un nouvel orphelinat. Cette année-là, elle a été agressée sexuellement par Ervin Goddard, le mari, ainsi que par son cousin Jack Monroe l'année suivante. La meilleure période de son enfance, elle l'a passée à cette même époque avec Ana Lower, la tante de Grace.

Dès 1938, Norma Jean utilise le nom de famille Baker, du premier mari de Gladys. Marilyn a écrit qu'elle a abandonné la puberté assez rapidement, vers les douze-treize ans, lorsque son corps a changé, bien en avance sur ses camarades. Elle était une enfant assez solitaire et seule.

En 1941, elle retourne chez Grace et fait la connaissance de Jim Dougherty, un voisin, ouvrier dans une usine d'aviation, de cinq ans son aîné. Grace, afin de se débarrasser de Norma Jean, organise le mariage de celle-ci avec Jim, qui a lieu le 19 juin 1942, soit quelques jours après son seizième anniversaire. Un an plus tard, Jim rejoint les marines et Norma Jean travaille dans une fabrique de parachutes.

Ce qu'a relaté Marilyn de sa vie de femme mariée ne correspond en rien aux affirmations que Jim a faites beaucoup plus tard. Alors qu'elle raconte que la sexualité ne l'intéressait pas à cet âge et qu'elle considérait Jim plutôt comme un grand frère, lui s'étend sur l'initiation dont il a fait profiter sa jeune épouse.


Carrière de modèle


En 1944, elle rencontre pour la première fois sa demi-soeur Bernice Baker dans le Tennessee (son demi-frère est décédé).

La première photo quasi professionnelle de Norma Jeane est prise à l'automne 1944 par le photographe David Conover dans le cadre d'une campagne de l'armée américaine pour illustrer l'implication des femmes dans l'effort de guerre. Tout s'enchaîne ensuite assez rapidement puisque, en quelques mois, elle fait la couverture d'une trentaine de magazines de pin-ups et commence à se faire connaître comme la Mmmmm girl. Elle éclaircit la couleur de sa chevelure et abandonne son travail pour se consacrer à sa carrière de modèle, notamment auprès de l'agence Blue Book Model. En décembre 1945, elle tourne son premier film test pour son agence, afin de promouvoir des maillots de bain. Elle partira quelques jours dans le Nevada et l'état de Washington avec le photographe André de Diennes pour une session importante de photos.

Elle et Jim, qui n'ont que peu de contacts en raison de l'éloignement de celui-ci, divorcent en 1946. Cette même année pendant quelques mois, elle arrive à prendre avec elle sa maman, mais celle-ci doit repartir assez vite dans une institution spécialisée afin d'être soignée.
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Premier pas dans le cinéma

1946-47. Norma Jean est remarquée par Howard Hughes qui veut l'engager dans sa société cinématographique, la RKO. Son agent pour le cinéma estime qu'une autre compagnie est plus importante: elle signe donc son premier contrat le 26 juillet 1946 avec la 20th Century Fox, qui sera non renouvelé après deux films. La Fox la renomme Marilyn Monroe, le prénom Marilyn provenant de l'actrice Marilyn Miller et le nom Monroe de sa mère. Elle gagne 75 dollars par semaine pendant 6 mois. C'est à cette époque que son nom apparaît pour la première fois dans la chronique de la célèbre Hedda Hopper. En mars et en mai 1947, tournages respectifs de Bagarre pour une blonde et Dangerous Years. En 1947, elle monte sur scène (théâtre) et aurait vécu son premier avortement.

1948-49. Elle obtient un nouveau contrat à la Columbia et tourne dans Les reines du music-hall (tournage: juillet 1948) dans lequel des critiques remarquent ses qualités de chanteuse. Elle rencontre Johnny Hyde, son nouvel agent (à la William Morris Agency) qui va faire beaucoup pour sa carrière. Il occupe dans sa vie non seulement une figure paternelle dont elle avait besoin mais également celle d'amant. Elle joue un tout petit rôle dans La Pêche au trésor des Marx Brothers (février 1949). Sous le nom de Mana Monroe, parce qu'elle a besoin d'argent, elle pose nue pour un calendrier pour le photographe Tom Kelly, photos qui vont faire le tour du monde quelques années plus tard lorsqu'elle sera devenue célèbre (cf. Nudité dans sa carrière). Autre film marquant: Quand la ville dort (octobre 1949).

1950. Elle obtient un petit rôle dans ce film très important qu'est Ève (mai 1950). En septembre, Photoplay magazine fait paraître le premier article de fond sur elle: How a star is born? (Comment vient de naître une star?), faisant référence au célèbre A Star Is Born de William A. Wellman (1937). Elle sera à l'écran six fois lors de cette faste année.

1951. En janvier elle rencontre pour la première fois le dramaturge Arthur Miller. Le 29 mars 1951, elle présente le prix du meilleur son que reçoit Ève aux Oscars; cela sera sa seule apparition à cette remise de prix. En mai 1951, elle signe un contrat de sept ans avec la Fox à 500 dollars par semaine, avec possibilité d'augmentation. Puis s'ensuivent Nid d'amour (juin 1951), Chéri, divorçons (juillet 1951), Le démon s'éveille la nuit (automne). À fin 1951, elle reçoit plus de courrier que certaines stars établies de la Fox. Certains commentateurs de sa vie mentionnent une tentative de suicide en décembre.


mariline12Consécration


1952. Début 1952, filmage de Troublez-moi ce soir, son premier grand rôle, puis de Chérie, je me sens rajeunir (janvier-février) où elle sera pour la première fois en blonde platine, sa nouvelle image et marque de fabrique. Elle rencontre Joe DiMaggio, légende vivante du baseball, qui vient de prendre sa retraite. En mars éclate l'histoire du calendrier, dont elle se sortira très bien (cf. Nudité dans sa carrière). 7 avril 1952: première apparition à la une de Life magazine. Son salaire est augmenté mais n'atteint toujours pas le niveau des stars de la Fox. La presse révèle que sa mère a été patiente dans un hôpital psychiatrique alors que Marilyn avait raconté être orpheline. Pour Le démon s'éveille la nuit qui sort cette année, son nom est pour la première fois au-dessus du titre du film. Autres films marquants: Niagara (juin), puis Les hommes préfèrent les blondes (novembre) pour lequel elle est payée environ 15 000 dollars alors que Jane Russell reçoit dix fois plus. Après ce film, les deux actrices sont appelées à marquer de leurs mains et chaussures le trottoir en face du Grauman's Chinese Theater, près du célèbre Walk of Fame sur Hollywood Boulevard.

1953. Premières pilules pour maintenir sa ligne. Comment épouser un millionnaire (mars 1953). Elle touche maintenant 1 500 dollars par semaine alors que des stars n'ayant pas son aura auprès du public en sont à environ 5 000, voire 10 000. La Rivière sans retour (août 1953). Elle refuse de tourner dans un film auquel la Fox l'a attachée, Pink Tights, car elle doit y (re)jouer une bête et sexy blonde.

1954. En janvier, le 14, elle épouse Joe DiMaggio. Le mois suivant, elle va divertir les soldats américains en Corée. C'est l'époque aussi des premiers somnifères. Elle travaille avec Ben Hecht sur son autobiographie dont elle recevra le premier jet en avril (mais le livre ne paraîtra qu'en 1974 pour la première fois, et très modifié). La Joyeuse Parade (mai 1954) pendant lequel elle a ses premières absences pour maladie. Elle confie à sa coach et amie Natasha Lytess que DiMaggio la bat. Elle enregistre des chansons pour la diffusion sur vinyles par la RCA. 1954 marquera aussi la rencontre avec la famille Strasberg: Lee, le professeur de La Méthode, Paula, sa femme qui deviendra aussi un coach pour Marilyn, et Susan qui joue avec elle dans ce film-ci. Sept ans de réflexion (août 1954). Octobre: divorce avec Joe DiMaggio qui sera officialisé un an plus tard, en octobre 1955; leur union n'aura donc duré que huit mois.

1955. En janvier, la société Marilyn Monroe Productions est fondée avec Milton Greene, un photographe de ses amis. Cours à l'Actors' Studio de Lee Strasberg. En mai, elle re-rencontre Arthur Miller. Au 31 décembre, elle signe un nouveau contrat avec la Fox qui lui donne enfin plus de pouvoir: 100 000 dollars par film ainsi que 500 dollars par semaine pour frais divers, regard sur le scénario, le metteur en scène et le chef de la photographie; elle peut jouer dans un nombre égal de films auprès de la concurrence qu'avec la Fox.

1956. En mars 1956, elle change officiellement son nom de Norma Jeane Mortenson en Marilyn Monroe. Arrêt d'autobus (printemps). Mariage en juin avec Arthur Miller qui a divorcé de sa femme Mary quelques mois auparavant et vient de témoigner devant la commission des activités anti-américaines sans révéler de noms de communistes. Le Prince et la danseuse (août 1956), pendant lequel on lui annonce qu'elle est enceinte; elle fera une fausse couche. Quelques mois plus tard, en 57, cette situation se répètera.

1957. Elle commence à voir presque tous les jours un psychiatre.

1958. Sa santé se détériore: elle prend du poids, boit, devient irascible. Elle refuse plusieurs films mais accepte Certains l'aiment chaud, tourné dès août. Une surdose de somnifères l'amène à l'hôpital en septembre. Marilyn tombe de nouveau enceinte, ce qui se solde par une nouvelle fausse couche.

1959. Contrat signé pour un film qui ne débutera que l'année suivante.

1960. Le Milliardaire (début 1960) et liaison avec Yves Montand. Marilyn voit son nouveau psychiatre, le Dr Ralph Greenson, quasi tous les jours: il exerce une influence marquée sur sa patiente. Au début de l'année, elle rencontre John F. Kennedy qu'elle connaissait déjà depuis 1954 ou 55. Les Désaxés (juillet) qui a été écrit pour elle par Arthur Miller. Elle vit une nouvelle surdose et un nouveau séjour à l'hôpital. La séparation avec Miller est constatée.

1961. Le divorce est prononcé en janvier. Elle se fait interner dans un hôpital mais passe par erreur quelques jours dans la section psychiatrique, où DiMaggio doit venir la délivrer. Elle et DiMaggio continuent à passer beaucoup de temps ensemble. Elle fait la connaissance de Robert Kennedy. Elle subit par ailleurs sa ixième opération d'ordre gynécologique (sur plusieurs années) due à des complications diverses. Marilyn rencontre sa demi-soeur, voit beaucoup Frank Sinatra, a ses premières discussions pour son prochain film, et passe le nouvel an avec DiMaggio.


mariline2La dernière année

1962. En janvier, elle acquiert ce qui sera sa dernière demeure, à Brentwood dans les environs de Los Angeles. Elle vit des allers-retours entre son médecin Greenson et DiMaggio ainsi qu'un coma dû à des barbituriques, tout cela alors qu'un nouveau film se met en place. En effet, en mai 1962 ont lieu les premières prises pour Something's Got to Give, tournage pendant lequel elle s'annonce très souvent en arrêt maladie. Pour ce film, elle reçoit 100 000 dollars alors qu'il semble que George Cukor (le réalisateur) et Dean Martin (co-star) vont toucher chacun 300 000 dollars, alors qu'elle est, elle, la plus grande star de l'époque puisque même la presse étrangère à Los Angeles lui décerne ce prix quelques semaines auparavant. Marilyn se déplace à New York pour l'anniversaire de JFK ce qui ne plaît ni à la Fox ni à Jacqueline Kennedy qui annule sa venue à la fête de son mari. Le 1er juin, le jour de son 36e anniversaire, elle est présente sur le plateau où une fête est organisée en fin de journée en son honneur: ce sera sa dernière apparition professionnelle. Le 7, la Fox la renvoie du tournage. Cependant, des négociations sont immédiatement engagées: le 20, la Fox annonce la reprise du tournage sous peu. Marilyn, dans le cadre d'une campagne de relations publiques pour restaurer son image auprès du grand public, permet des séances photo avec plusieurs photographes de premier plan et des interviews avec de grands magazines. DiMaggio et elle parlent remariage et une date est arrêtée au 8 juin 1962. D'autres projets de films sont discutés et lancés autour de Marilyn, comme I Love Louisa et The Jean Harlow Story. La dernière semaine de sa vie va être riche en ordonnances (pour des somnifères) prescrites par deux médecins au moins...

Le vendredi 3 août est consacré à de nombreux appels téléphoniques professionnels et privés, rencontres avec son psy, avec son amie Pat Newcomb. Le samedi est ressemblant: téléphones, travail dans le jardin, avec le Dr Greenson, balade sur la plage avec l'acteur Peter Lawford (beau-frère des Kennedy). Elle a été observée sous influence de tranquillisants et autres... À 19h45, elle a encore une convesration téléphonique avec Lawford où elle semble déprimée et confuse. Il rappelle plus tard mais la ligne est en dérangement, alors il opère plusieurs appels à des proches pour la joindre tout de même. Mme Murray, la femme-à-tout-faire vivant avec elle (engagée à la demande du Dr Greenson, sans aucune compétence, donc soupçonnée d'avoir été une espionne à la solde de celui-ci) indique qu'elle va bien (il est 20h30). L'auteur David Spoto pense que, à ce moment, Marilyn est soit déjà morte soit en train de mourir, d'overdose. À partir de ce moment-là, les versions diffèrent et divergent. Qui est venu, quand, pourquoi, averti par qui? Et quand Marilyn est-elle morte exactement? La police arrive à 4h35 du matin le dimanche 5 août 1962 et Marilyn est nue et morte, couchée dans son lit. Deux des médecins proches sont pourtant déjà sur place. Le mystère ne fait que commencer... (Voir Incertitudes autour de sa mort.)

Le 6 août, DiMaggio, avec la demi-soeur de Marilyn, réclame le corps et organise des funérailles privées pour le 8, où seules 24 personnes sont invitées, triées sur le volet.

Marilyn avait 36 ans et avait tourné dans seulement 30 films.





Nudité dans sa carrière

En mai 1949, alors qu'elle boucle difficilement son budget, Marilyn pose nue pour un calendrier mural (connu sous le nom de calendrier « Golden dreams », rêves dorés, à savoir les célèbres photographies sur un fond de velours rouge).
La poste américaine estima qu'il avait un caractère pornographique et en interdit la diffusion dans certains états. Une version retouchée est alors apparue avec des vêtements dessinés sur la photo originale.

En 1952, alors qu'elle bénéficie déjà d'une notoriété certaine, cela est découvert par la presse et créée un petit scandale dont Marilyn se sort très bien en mettant en avant le besoin dans lequel elle se trouvait financièrement; en décembre 1953, quelques-unes de ces photos apparaissent dans le premier numéro du magazine Playboy, Hugh Hefner, l'éditeur, ayant racheté les clichés.

Il y a également eu longtemps la rumeur que Marilyn avait joué, pour de semblables raisons pécuniaires à celle du calendrier, dans un film érotique ou pornographique, un blue movie intitulé Apple Knockers and the Coke Bottle (littéralement Nichons [en forme de] pommes et bouteille de coca) et des photos ont même été présentées dans des magazines érotiques dans le monde entier. En 1982, le magazine Playboy a infirmé cette croyance en précisant que l'actrice de ce film était une ancienne playmate de 1954, Arlene Hunter (aussi orthographiée Arline), une blonde qui ressemblait assez à Marilyn jeune, il est vrai.


Paternité

Un des grands mystères de la vie de Marilyn est l'identité de son père. La mère de Marilyn, Gladys Baker, ou Gladys Mortenson, ou Mortensen, était une femme instable et fragile, née Gladys Pearl Monroe le 24 mai 1900 à C.P. Diaz au Mexique. Gladys a un temps travaillé comme monteuse à la RKO, dans l'industrie cinématographique. On sait peu de chose de son premier mari si ce n'est qu'il se nommait Jack Baker et qu'il a été le père de deux enfants de Gladys : Hermitt Jack (24 janvier 1918-années 20, mort de tuberculose) et Bernice (30 juillet 1919-?, connue comme Bernice Miracle), les demi-frère et demi-soeur de Marilyn donc. À la naissance de Norma Jeane, Jack avait disparu depuis longtemps et Gladys a probablement alors entretenu diverses liaisons. C'est là que le père de Marilyn intervient : selon les biographes et spécialistes de Marilyn et selon ce qu'elle-même en a (peu) su et dit, deux possibilités coexistent :

    * Martin Edward Mortenson, ou Mortensen : second mari de Gladys (mariage le 11 octobre 1924), un boulanger né en Norvège en 1897 où il a abandonné femme et (trois) enfants pour se rendre aux États-Unis. Rapidement il quitta aussi Gladys et se tua dans un accident de moto le 18 juin 1929 en Ohio. Mais cela n'est pas aussi simple que cela : selon la littérature, un autre Martin Edward Mortenson est décédé en Californie en 1981, lequel clamait être le père de Marilyn et possédait une copie de son certificat de naissance. Sur le certificat de naissance de Marilyn, le nom du père mentionné est Edward Mortenson, ainsi que sur le certificat de mariage avec DiMaggio.
    * C. Stanley Gifford : il a été l'amant de Gladys entre 1925 et 1926 alors qu'ils étaient collègues de travail. Leur liaison s'est terminée lorsque Gladys lui a annoncé être enceinte. Marilyn pensait qu'il était son père et a essayé d'entrer en contact avec lui à plusieurs reprises, sans succès ; plus tard, c'est lui qui lui a écrit et téléphoné à quelques années d'intervalle, sans succès également : elle aurait commenté qu'"il était trop tard".



Mariages et maris

Elle se maria trois fois :

    * une première fois lorsqu'elle avait 16 ans avec James Dougherty, voisin et élève dans la même école secondaire qu'elle (juin 1942-septembre 1946);
    * avec le célèbre joueur de base-ball Joe DiMaggio (janvier 1954-octobre 1954); malgré leur divorce, ils ont été très proches l'un de l'autre jusqu'au décès de Marilyn, DiMaggio étant selon la légende resté amoureux d'elle jusqu'à la fin de sa vie (mars 1999) : ses dernières paroles selon son conseiller Morris Engelberg auraient été « I'll finally get to see Marilyn », soit « Je vais enfin revoir Marilyn »;
    * avec le dramaturge Arthur Miller (juin 1956-janvier 1961); celui-ci a écrit le film Les Désaxés pour elle.

Il est à noter qu'un quatrième mariage aurait été contracté avec un certain Robert Slatzer, qui a écrit avoir été son ami et amant sur une assez longue période. Selon lui, car il semble que les amis de Marilyn ne le connaissaient point. Robert Slatzer, qui était à cette époque journaliste, mentionne ainsi un mariage qui aurait duré quelques jours en octobre 1952 mais qui est sujet à forte caution en raison de l'absence de tout document: Slatzer a commenté plus tard que le mariage a été annulé sous la pression des studios. Marilyn a par ailleurs signé un chèque le 4 octobre 1952 dans une boutique de luxe à Los Angeles, ce qui invalide fortement les dires de Slatzer.


Vie amoureuse

Comme Marilyn s'est souvent confiée à des proches, la liste de ses amants a pu être quasi reconstituée et est quasi publique, entre autres (pour les plus connus et par ordre alphabétique): Marlon Brando (qui a toujours refusé de s'exprimer au sujet de Marilyn), Charlie Chaplin Jr. (le « fils de »), Sammy Davis Jr., André de Diènes, Howard Hughes, Elia Kazan, John F. Kennedy, Robert Kennedy, Yves Montand, Frank Sinatra. Bien évidemment tout cela est sujet à caution mais cela appartient à sa légende.

Incertitudes autour de sa mort

Marilyn commence, en 1962, le tournage de Something’s Got To Give de George Cukor. Ce tournage est interrompu en juin 1962, Marilyn est trop épuisée physiquement et ne peut continuer. Elle sera contrainte ainsi que Dean Martin son partenaire (qui prend sa défense) à payer des dommages et intérêts à la Fox pour rupture de contrat. Très déprimée, dans la nuit du 4 au 5 août, elle décède. Les vraies raisons de son décès restent aujourd'hui encore l'objet de polémiques.

Le rapport du médecin-légiste de Los Angeles parle de suicide probable, dû à une overdose de barbituriques.

Selon le romancier américain Norman Mailer, Marilyn aurait été victime d'un complot ourdi par le F.B.I. et la C.I.A. dans le but d'accumuler des preuves contre les Kennedy. L'écrivain en fait la première victime d'une série d'assassinats politiques incluant les Kennedy, Malcom X et Martin Luther King.

Selon Anthony Summers, qui enquêta sur sa mort, à tous les échelons des intimes et du pouvoir (Robert Kennedy, alors ministre de la Justice, était, dit-on, l'amant de l'actrice), on s'employa à faire du suicide volontaire ou involontaire de Marilyn quelque chose d'inévitable.

D'après Don Wolfe (Marilyn Monroe, Enquête sur un assassinat, 1998), Marilyn Monroe a été assassinée. Cette version impliquerait Robert Kennedy et tout un ensemble de proches de l'actrice qui se seraient tus pendant des années.

Aux dires de Donald Spoto, l'un de ses biographes, Marilyn est décédée à la suite d'une erreur médicale. On lui aurait administré un lavement à l'hydrate de chloral (le chloral lui permettait de dormir) alors qu'elle avait absorbé, préalablement, du Nembutal. Le mélange de ces deux substances peut, paraît-il, s'avérer fatal.

Cette mort a inspiré dès 1963 la chanson Who killed Norma Jean ? de Norman Rosten et Pete Seeger. Sa personne, son impact et sa disparition ont également inspiré la chanson Candle in the Wind d'Elton John en 1975.



Marilyn Monroe : une filmographie (1947 - 1962)

Comment s'y prendre à l'écran quand on est une blonde (teinte) et que l'on veut à tout prix parvenir au firmament ? La carrière cinématographique de Marilyn débute en 1947, et sans trop de surprise, dans une série de comédies légères et oubliées, où elles jouent brièvement les utilités candides et évanescentes, quand son emploi ne se limite pas à une quasi-figuration. Sa carrière prend un tournant considérable lorsqu'en 1950 elle réussit à décrocher deux autres rôles secondaires, mais cette fois dans "Asphalt Jungle" (Quand la ville dort) de John Huston et "All about Eve" de Joseph Mankiewicz. L'histoire le retiendra jusqu'à apposer plus tard sur les affiches de ces deux films le nom de Marilyn aux côtés de leurs vraies vedettes (Sterling Hayden pour le premier, Bette Davis pour le second).

Mais à l'époque, ce n'est pas encore suffisant pour se faire un nom. Marilyn va passer quelques années supplémentaires à tenter à tout prix de se faire remarquer dans des productions de deuxième et troisième catégorie, où elle emploie toute son énergie à voler la vedette lors des rares scènes où elle a l'occasion de se mettre en valeur. Au milieu de ces comédies de Drive-in, on peut isoler "Clash by night" de Fritz Lang en 1952 (Le Démon s'éveille la nuit, déjà un mélodrame), même si la prestation de Marilyn est là encore d'une importance très relative. La détermination de la comédienne finit néanmoins par payer et la même année, elle tourne "Monkey Business" d'Howard Hawks (Chérie, je me sens rajeunir) avec Cary Grant et Ginger Rogers. Ce rôle, celui d'une secrétaire sexy, va pérenniser le personnage qu'elle se construit (qu'on lui construit) depuis quelques années dans des productions de série B et lui permettre en même temps de faire d'elle une comédienne de premier plan. Trois ans plus tard, "The Seven Years itch" de Billy Wilder (Sept ans de réflexion) sera le point d'orgue de son image de star et femme fatale rendue miraculeusement accessible par le statut de "Girl next Door" que lui donne le cinéma et sa poudre aux yeux. Votre voisine de palier, c'est Marilyn !

A l'exception de "Niagara" d'Henry Hathaway en 1953, où son emploi de blonde irrésistible est noirci par le côté pervers de son personnage, ses rôles suivants sont une exploitation brillante et efficace de cette facette glamour et pétulante. La même année, "How to marry a Millionaire" du tâcheron Jean Negulesco et "Gentlemen prefer Blondes", à nouveau avec Howard Hawks, assoient tous deux sa notoriété, à force de consolider une formule qui fait l'unanimité. Par la suite, Marilyn et ses agents vont s'employer à diversifier son rôle de blonde et mettant à profit les qualités de chanteuse et de danseuse de la comédienne. Ses films seront immanquablement ponctués de moments musicaux quand ils n'appartiennent carrément pas au genre de la comédie musicale ("There's no business like show business" de Walter Lang en 1954, "The prince and the Showgirl" de Laurence Olivier en 1957 et le bien meilleur "Some like it hot" de Billy Wilder en 1959).

Après sa disparition tragique en 1962, les biographies s'emploieront davantage à mettre en lumière le côté "Cosette" de Marilyn. Ils exploitent alors sa chaotique vie privée et ses débuts difficiles. Des films célèbres mais peu considérés comme "Bus Stop" de Joshua Logan en 1956 (où Marilyn joue une pauvre fille) ou des échecs publics comme son avant-dernier film "The Misfits" ("Les Désaxés", où elle joue un personnage en lambeaux) seront davantage mis au premier plan dans sa filmographie. Il faut bien sûr voir dans la noirceur de "The Misfits" le résultat mortifère d'une vie d'épuisement montrée à l'écran (les autres vedettes du film sont aussi de stars fatiguées - Clark Gable - ou accidentés de la vie - Montgomery Clift). Pourtant, la fin de carrière de Marilyn fut essentiellement passée à tenter de reconquérir sa position de star en reprenant son emploi de blonde vivace et acidulée pour un ultime tour de piste. Le très poussif "Let's make love" de George Cukor ("Le Millionnaire") avec Yves Montand en 1960 et l'inachevé "Something's gor to give" du même auteur, deux ans plus tard et avec cette fois Dean Marin, sont exclusivement consacrés à cette ambition du retour en grâce (aux deux sens du terme). Mais, ultime signe d'un fatum typiquement hollywoodien, ils n'y sont pas parvenus.

1948 - SCUDDA HOO ! SCUDDA HAY !
(Bagarre pour une blonde) de F.Hugh Herbert.
1948 - DANGEROUS YEARS de Arthur Pierson
1948 - LADIES OF THE CHORUS
(Les reines du music-hall) de Phil Karlson
1950 - LOVE HAPPY
(La pêche au trésor) de David Miller
1950 - A TICKET TO TOMAHAWK
(Le petit train du Far-West / Peaux-rouges et visages pâles)
de Richard Sale

1950 - THE ASPHALT JUNGLE
(Quand la ville dort) de John Huston.
1950 - ALL ABOUT EVE (Eve)
de Joseph Mankiewicz.
1950 - THE FIREBALL (Les roi de la piste) de Tay Garnett
1950 - RIGHT CROSS (Tourment) de John Sturges.
1951 - HOMETOWN STORY de Arthur Pierson
1951 - AS YOUNG AS YOU FELL
(Rendez-moi ma femme) de Harmon Jones
1951 - LOVE NEST (Nid d'amour) de Joseph Newman
1951 - LET'S MAKE IT LEGAL (Chérie divorçons) de Richar Sale
1952 - CLASH BY NIGHT (Le démon s'éveille la nuit) de Fritz Lang
1952 - WE'RE NOT MARRIED
(Cinq mariages à l'essai) de Edmund Goulding
1952 - DON'T BROTHER TO KNOCK (Troublez-moi ce soir) de Roy Baker
1952 - MONKEY BUSINESS
(Chérie, je me sens rajeunir) de Howard Hawks
1952 - O. HENRY'S FULL HOUSE
(La sarabande des pantins / Le policier et le motet) de Henry Koster
1953 - NIAGARA de Henry Hathaway
1953 - GENTLEMEN PREFER BLONDES
(Les hommes préfèrent les blondes) de Howard Hawks
1953 - HOW TO MARRY A MILLIONAIRE
(Comment épouser un millionnaire) de Jean Negulesco
1954 - RIVER OF NO RETURN
(La rivière sans retour) de Otto Preminger
1954 - THERE'S NO BUSINESS LIKE SHOW BUSINESS
(La joyeuse parade) de Walter Lang
1955 - THE SEVEN YEAR ITCH
(Sept ans de réflexion) de Billy Wilder

1956 - BUS STOP (Arrêt d'autobus) de Joshua Logan
1957 - THE PRINCE AND THE SHOW GIRL
(Le prince et la danseuse) de Laurence Olivier
1959 - SOME LIKE IT HOT (Certains l'aiment chaud) de Billy Wider
1959 - LET'S MAKE LOVE (Le milliardaire) de George Cukor
1961 - THE MISFITS (Les désaxés) de John Huston
1962 - SOMETHING'S GOT TO GIVE
(Quelque chose doit craquer) de George Cukor

Source : Arte Julien Welter


Citations: ( Halte à l'exclusion des blondes, c'est lamentable!)


   

ACTRICE

"On vous dit de pleurer. juste une larme. mais si votre état d'âme vous en fait verser deux, c'est mauvais. dans un dialogue, si vous changez "le" en "un", on vous reprend. Une actrice n'est pas une machine, mais c'est pourtant ainsi qu'on à l'habitude de la traiter : comme une machine à faire des sous."

"Mes voyages ont tous été semblables. Peu importe où je suis allée et pourquoi j'y suis allée, tout se solde par la même chose. Je n'ai jamais rien vu. Devenir une star de cinéma, c'est vivre sur un manège."

"Cheveux blonds et poitrine, voilà comment j'ai démarré. Je ne savais pas jouer. Tout ce que je possédais, c'était mes cheveux blonds et un corps apprécié par les hommes. Les raisons pour lesquelles j'ai réussi, c'est la chance et l'opportunité de rencontrer les gens qu'il fallait."

"Je n'ai jamais aimé le nom de Marilyn. J'ai souvent regretté de ne pas avoir insisté pour m'appeler Jean Monroe comme je le souhaitais. Mais je suppose qu'il est trop tard pour y changer quoique ce soit !"

"Je n'appartiens qu'au public et au monde. Non pas parce que je suis talentueuse ou jolie, mais parce que je n'ai jamais appartenu à personne."

"J'ai l'impression que tout ce qui m'arrive concerne quelqu'un d'autre, tout près de moi. J'entends, je sens ce qui se passe, mais ce n'est pas vraiment moi."

AMBITION

"De grâce, ne vous moquez pas de moi. j'aime bien faire des plaisanteries mais j'ai horreur d'être un objet de risée. Je veux être une actrice intègre. mon travail est la seule chose pour laquelle je me sois battue. Je donne l'impression d'avoir une superstructure, mais pas de base.
C'est justement cela que je travaille maintenant." "La meilleure façon pour moi de m'affirmer en tant qu'être humain est de m'affirmer en tant qu'actrice."

"Tout ce qui compte vaut la peine d'attendre."

"Une carrière c'est fantastique, mais on ne peut pas se blottir contre elle la nuit lorsqu'on à froid."

"J'ai une grosse tête, vous savez. Bien sûr, il n'y a rien dedans mais elle est grosse tout de même ..."

"Je ne serais satisfaite que lorsque les gens apprécieront m'entendre chanter sans me regarder."

"L'argent ne m'intéresse pas. Je veux juste être merveilleuse."

CÉLÉBRITÉ

"La célébrité ne procure qu'un bonheur partiel et temporaire... Elle ne constituerait vraiment pas un menu quotidien idéal. C'est comme le caviar : c'est bon, le caviar, mais tous les jours à chaque repas. La célébrité passera, je dirai alors : "Adieu célébrité, je t'ai eue, et j'ai toujours su que tu étais inconstante. Au moins auras-tu été pour moi une expérience, mais tu n'es pas toute ma vie.""

"Etre une ratée à Hollywood c'est comme mourir de faim à la porte d'un banquet. L'odeur du filet mignon peut vous rendre folle."

"Je ne serai jamais une grande artiste, mais, en travaillant, je peux encore espérer en devenir une bonne."

"La célébrité passera ? Eh bien, qu'elle passe. Adieu célébrité, je t'ai eue, et j'ai toujours su que tu ne valais pas grand chose. Pour moi, tu auras été au moins une expérience, vrai, mais tu n'es pas ma vie."

"Je n'ai jamais voulu être méchante avec qui que ce soit, mais vous ne pouvez pas vous permettre d'être trop gentil avec les gens qui travaillent avec vous. Sinon, ils vous piétineraient à mort!"

"Si je suis une star, c'est parce que le public l'a voulu. Ni moi, ni les studios, juste le public."

"Quelque part, je suis heureuse d'être en retard. On est impatient, on m'attend, ça me rappelle toutes ces années où on se fichait que je sois là ou non."

"Si je suis une nouvelle Marilyn ? Non, c'est juste une nouvelle robe."

CHAMBRES SÉPARÉES

"Les chambres séparées respirent la solitude. J'estime que les gens ont besoin de chaleur humaine, même s'ils sont endormis et inconscients."

CHANEL N°5

"Que mettez-vous pour dormir Marilyn ? Quelques gouttes de Chanel n°5."

"Ce que je porte la nuit ? Mais ... N°5 de Chanel, bien sûr !."

CINÉMA

"Avec Joe di Maggio, au temps du cinéma muet, nous aurions fait un excellent couple."

"Les acteurs sont des gens merveilleux, mais je ne pourrais jamais en aimer un. Ce serait comme d'aimer un frère, qui aurait le même visage et les mêmes traits de famille que moi même."


ÉCRIVAINS

"Mes écrivains préférés sont Arthur Miller, Léon Tolstoî, Thomas Wolfe, Antoine de Saint-Exupéry."

A propos d'Arthur Miller, Marilyn disait : "C'est un merveilleux auteur, et un homme très brillant. Mais je pense qu'il est meilleur auteur que mari."

HOMME

"On m'a demandé : "Est-ce que cela ne vous ennuie pas de vivre dans un monde fait par et pour l'homme ?" J'ai toujours répondu : "Cela ne m'ennuie pas tant que je puis y être une femme.""

"Le véritable amant, c'est celui qui d'une légère caresse sur les cheveux, d'un simple sourire ou même d'un regard perdu dans le vague, vous fait chavirer de bonheur."

"Joe ne pense pas une seconde que quelqu'un d'autre que lui puisse m'aimer. Il est mon meilleure ami, et je ne veux pas le perdre. Mais je ne peux pas perdre Jose Balanos non plus. Oh, aidez-moi, quelqu'un..."

"Si j'aimerais vivre dans un monde d'hommes ? Oui, à condition d'y être une femme."

"Je pense qu'il est préférable d'être malheureux seul que malheureux avec quelqu'un."

"A vrai dire, je ne me suis jamais payée la tête de qui que ce soit. J'ai parfois laissé les hommes se piéger eux-mêmes."

METTEURS EN SCÈNE

"Mes metteurs en scène préférés sont George Cukor, John Ford, Alfred Hitchcock, John Huston, Elia Kazan, David Lean, Joshua Logan, Joseph Mankiewicz, Vincente Minelli, Carol Reed, Vittorio de Sica, George Stevens, Lee Strasberg, Billy Wilder, William Wyler, Fred Zinneman."

"Si Wilder demande à l'actrice de verser une larme, et qu'elle en verse deux, il crie "coupez !"."

ÉROTISME

"L'érotisme d'une nation diffère toujours de l'image que s'en font les autres. Chaque nation s'imagine qu'il y a plus d'érotisme dans les autres pays."

"Comme les mois passent vite... et les calendriers !"

NU

"Pourquoi avez-vous posé nue pour ce calendrier ? J'avais faim et quatre mois de loyer à payer. Avez-vous mis quelque chose ? oui, la radio."

En réponse à la question d'un journaliste de savoir si cela ne l'avait pas gêné de poser nue pour des photo Marilyn rétorqua : "Mais non, le plateau était chauffé !."

"Ce que j'avais mis pour la photo du calendrier ? La radio."

SEXUALITÉ

"Je vais, avec un peu de chance, découvrir pourquoi les gens sont tellement obsédés par les question de sexe. Ces questions me paraissent à moi aussi intéressantes que d'étaler du cirage sur une chaussure."

"S'il est vrai que je suis un symbole sexuel, je devrais gagner de l'or en barres. Mais je ne veux pas en profiter. En fait, c'est une véritable responsabilité d'être un symbole sexuel."

"A Hollywood la vertu d'une femme est beaucoup moins importante que sa coiffure. On vous juge sur votre apparence, et pas sur ce que vous êtes. A Hollywood, on vous paiera un baiser mille dollars, et on donnera cinquante cents pour votre âme. Je le sais, parce que j'ai très souvent refusé la première proposition, et très souvent mendié la seconde."

En réponse à la question d'un journaliste : "portez-vous de faux seins ?" Marilyn répondit : "Ceux qui me connaissent vraiment n'ont pas besoin de le demander !."


SINCÉRITÉ

"Je pratique un genre de stupide sincérité. J'entends par là que je ne veux pas dire les mêmes choses à tous ceux qui m'interviewent. Je veux que chacun ait quelque chose de nouveau, de différent, d'exclusif. Quand je me mets à m'inquiéter pour cela, je commence à avoir des maux d'estomac."

"Je n'ai jamais envie de blesser quelqu'un, mais vous ne pouvez pas être trop gentille avec les gens car ils vous piétineraient à mort !."

"Je dors toujours la bouche ouverte. Je le sais parce qu'elle est ouverte quand je m'éveille."

"L'argent ne m'intéresse pas. Je veux juste être merveilleuse."

"Les gens ont l'habitude de me regarder comme si j'étais une sorte de miroir au lieu d'une personne. Ils ne me voient pas, ils voient leurs propres pensées cachées, puis ils se blanchissent en prétendant que j'incarne ces pensées secrètes."

"La gravité finit toujours par vous rattraper."

"La jalousie ? C'est comme le sel sur un steak. Il ne faut pas exagérer mais elle est indispensable ..."

"Pourquoi n'ai-je pas le droit de grandir et de me développer comme tout le monde ?."

"Les chiens ne m'ont jamais mordue. Seulement les humains ..."

"Je ne comprends pas pourquoi les gens ne sont pas un peu plus généreux entre eux."

"J'aime les plaisanteries, mais je ne veux pas en être une."

"Pour le petit déjeuner, je prends deux oeufs battus dans un lait chaud. Je ne prends jamais de dessert. Je ne porte aucun sous vêtements parce que je pense qu'il est important de respirer librement. Je me lave les cheveux tous les jours et fais chaque fois un brushing. Et tous les matins, je marche dans mon appartement avec une bouteille de soda entre mes genoux pour conserver le chaloupé de ma démarche."

"Vous savez de qui j'ai toujours dépendu ? Pas d'inconnus, pas d'amis. Du téléphone ! C'est mon meilleur ami. Je n'aime pas faire ma correspondance, mais j'adore téléphoner à mes amis, spécialement tard dans la nuit, quand je n'arrive pas à dormir."

"J'ai toujours pensé que je n'étais personne. Et la seule façon pour moi de devenir quelqu'un... et bien c'est d'être quelqu'un d'autre !"

"J'ai été une erreur. Ma mère ne souhaitait pas m'avoir. Je pense qu'elle ne m'a jamais voulu. Mais je ne peux pas lui en vouloir, une femme divorcée a déjà assez de problème pour se remarier, alors une divorcée avec un enfant illégitime... J'espère pourtant, j'espère toujours qu'elle m'ait vraiment voulu..."

"Je voudrais vieillir sans aucun recours à la chirurgie. Je veux avoir le courage d'être loyale vis à vis de la tête que j'ai. Parfois, je pense qu'il vaut mieux mourir jeune, mais vous n'accomplissez pas votre vie, alors, non ? Vous ne savez alors jamais vraiment qui vous êtes."

"S'il vous plait, ne me tournez pas en ridicule, je vous en prie."
(Le 9 juillet 1962 au journaliste Richard Merryman)

TRAC

"Comment combattre le trac ? Tout d'abord déplacer l'objet de votre concentration. On appelle cela la Méthode*; une "remise en ordre"... Au lieu de penser à ce que vous ressentez quand vous rencontrez quelqu'un, observez simplement ce qu'il peut avoir d'étrange ou d'intéressant. Il suffit de modifier un peu votre intérêt, de le diriger sur quelque chose d'autre."
* Il s'agit de la méthode d'art dramatique de Lee Strasberg à l'Actor's Studio. des acteurs comme Paul Newman, James Dean, Marlon Brando, Montgomery Clift ont travaillé avec elle.

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23 janvier 2006

Louise Brooks

 

Louise Brooks (Loulou)


film_pandora22Louise Brooks est une actrice américaine, née le 14 novembre 1906 à Cherryvale (Kansas), et morte le 8 août 1985 d'une crise cardiaque à Rochester.
Son aura à la fois scandaleuse, naturelle, froide, sensuelle, rebelle et énigmatique me fascine...
Aucune actrice ne creva jamais plus l'écran avec une telle présence visuelle! Elle fut unique..... On la surnomma la Mona Lisa du cinéma...
Et pour moi, elle demeure éternellement loulou!

 

 

 

 

 



Biographie

 

Née à Cherryvale (Kansas) en 1906, de son vrai nom Mary Louise Brooks, cette actrice aux cheveux d'un noir d'ébène, à la coupe si singulière, est surtout connue pour ses rôles dans les films muets des années 20 aux États-Unis mais aussi, pour trois de ses films, en Europe en 1929 et 1930.

Ses parents sont quelque peu "absents", et bien qu'ils lui donnent le goût des livres et de la musique - sa mère était une pianiste de talent, lui jouant Debussy et Satie -, ils ne peuvent la protéger d'abus sexuels de la part d'un voisin. Cela aura une influence majeure sur sa vie et sa carrière - elle affirmera plus tard être incapable d'aimer vraiment.

brooks_kette1Encore adolescente, elle débute sa carrière d'artiste comme danseuse dans la révolutionnaire compagnie de danse moderne de Denishaw, où se trouvent également Martha Graham, Ruth St. Denis et Ted Shawn. Après son départ en raison d'une brouille due à son caractère trop obstiné, elle se tourne vers ses amis les plus influents et obtient bientôt un rôle de danseuse dans les Ziegfeld Follies à Broadway, où elle se fait immédiatement remarquer par les studios américains (à l'époque basés à New York) par sa grande beauté.

Elle signe chez Paramount où elle passera la plus grande partie de sa carrière. En 1925, elle obtient un rôle (non crédité) dans le film muet The Street of Forgotten Men. Bientôt, elle obtient les premiers rôles dans un certain nombre de comédies légères, jouant notamment aux côtés d'Adolphe Menjou et W. C. Fields. Elle se fait remarquer en Europe grâce à son rôle pivot d'une vamp dans le film muet de Howard Hawks, A Girl In Every Port (1928).

Elle trouve son meilleur rôle américain dans l'un des derniers films muets, Beggars Of Life (1928), dans le rôle d'une fille de la campagne en fuite, avec Richard Arlen et Wallace Beery qui interprètent des clochards qu'elle croise en route. Fait rare pour l'époque, la plus grande partie de ce film est tournée en extérieurs, et le boom microphone est inventé pour ce film par le réalisateur William Wellman qui en a besoin pour tourner l'une des premières scènes parlantes du cinéma.

3949_10594_21A cette période de sa vie, elle est au firmament. Elle est régulièrement invitée chez le milliardaire William Randolph Hearst, à San Simeon. Sa coiffure si unique déclenche une nouvelle mode, et elle est bientôt imitée par de nombreuses femmes dans le monde entier.

Peu après le tournage du film, Louise, qui se tient soigneusement à l'écart du "milieu" hollywoodien, refuse d'enregistrer des paroles pour le film muet The Canary Murder Case et part en Europee tourner sous la direction de G.W. Pabst, le célèbre réalisateur expressionniste allemand, mettant un terme à sa carrière à Hollywood.

Dans Loulou (1929), son rôle de Loulou, une femme misérable aux prises avec Jack l'éventreur après une série d'escapades salaces, fait d'elle une icône de la vie et de la mort dans la période jazzy. Ce film est renommé pour son traitement cru des moeurs sexuelles d'alors, y compris la première apparition à l'écran d'une lesbienne. Louise joue ensuite dans les sociodrames controversés que sont Diary Of A Lost Girl (1929) et Prix de beauté (1930), ce dernier étant tourné en France et offrant une fin aussi choquante que fascinante. Tous ces films sont largement censurés, étant très "adultes" dans leur propos et considérés comme choquants en raison de leur affichage de la sexualité, sans compter une critique acerbe de la société. Bien que passés inaperçus à l'époque en raison du succès des films parlants, ces trois films furent plus tard reconnus comme des pièces maîtresses du cinéma muet, son personnage de Loulou étant désormais mythique.

flouisebrooks1Louise est considérée comme l'une des premières actrices "naturelles" du cinéma, son jeu étant subtil et nuancé par rapport à de nombreux acteurs du cinéma muet. Le gros plan était en vogue chez les réalisateurs, et le visage de Louise s'y prêtait parfaitement.

Louise a toujours été égocentrique, parfois d'un caractère difficile, et elle n'hésitait pas à user de sa verve acidulée lorsque l'occasion s'en présentait. De plus, elle s'était promise de ne jamais sourire face à la caméra, sauf si elle y était obligée, et bien que la plupart de ses photos la montrent avec une expression neutre, on peut parfois la voir arborer un sourire éblouissant. De son propre aveu, c'était une femme libérée, encline aux expériences, posant même nue pour des photographes, et ses liaisons avec de nombreuses vedettes du cinéma sont (à juste titre ?) légendaires.

Elle était également dépensière, mais gentille et généreuse envers ses amis, presque à l'excès. Lorsqu'elle retourne à Hollywood, elle est sur liste noire et ne peut reconquérir son succès d'antan. Des rumeurs propagées par les studios laissent entendre que sa voix n'ést pas adaptée aux films parlants, ce qui est faux.

En 1938, après avoir été humiliée de se retrouver dans des films de série B où les studios l'avaient casée pour lui faire regretter son dédain d'antan, elle se retire du show business, et retourne à Wichita (Kansas), la ville de son enfance.

louise_brooks_19251Mais elle n'y trouve pas la tranquillité qu'elle y espérait. Elle écrit : "Les gens de Wichita étaient jaloux de mon succès, ou me méprisaient pour mes échecs. Et tout cela ne m'enchantait pas vraiment. Je dois reconnaître qu'une malédiction pèse sur moi : mon proche échec en tant qu'être humain dans cette société."

Elle retourne vers l'Est et travaille pendant quelques années comme vendeuse dans un magasin Saks sur la Cinquième Avenue à New York, puis vit aux frais de divers hommes fortunés. Hélas, Louise a toujours aimé l'alcool, elle y sombre bientôt, mais parvient à exorciser ses démons : c'est le début de sa seconde vie. Les historiens français du cinéma redécouvrent ses films au début des années 50, prétendant (souvent pour plaisanter) voir en elle une actrice dont le talent dépassait même celui de Marlene Dietrich et Greta Garbo, mais cela a pour effet de lui attirer un nouveau public et la réhabilite même dans son propre pays.

James Card, le conservateur des films de la George Eastman House, la retrouve recluse à New York et la persuade de le suivre à Rochester. Avec son aide, elle devient une scénariste reconnue. Un recueil de ses écrits, plein d'esprit et pertinents, paraîtra en 1982 sous le nom de Loulou à Hollywood. Le scénariste Kenneth Tynan dresse d'elle un portrait avantageux dans son essai La Fille au Casque Noir, dont le titre fait allusion à sa coupe de cheveux si particulière et devenue mondialement célèbre.

brooks_l22Elle donnait rarement des interviews, mais était en bons termes avec John Kobal et Kevin Brownlow, deux historiens du cinéma, et ils purent coucher sur papier certains aspects de son étonnante personnalité. Elle vécut seule, de son propre choix, pendant de nombreuses années, et mourut paisiblement en 1985 après avoir longtemps souffert d'arthrite et d'emphysème.

Après sa mort, un excellent film biographique, Louise Brooks: Looking For Lulu, fut réalisé en 1998.

Elle se maria deux fois mais n'eut jamais d'enfants - elle aimait à se décrire comme un ruisseau aride ("Barren Brook" en anglais). Son premier mari fut le réalisateur Edward Sutherland dont elle divorça. Le second fut le millionnaire de Chicago, Deering Davis qu'elle épousa en 1933. Deering la quitta 5 mois plus tard, et ils divorcèrent en 1937.

Louise Brooks est encore dans toutes les mémoires. Elle est considérée comme l'une des plus grandes actrices de l'histoire du cinéma, et l'une des plus belles stars jamais photographiées.


Filmographie sélective


films muets

     

  • 1926 : Au suivant de ces messieurs (A Social Celebrity) de     Malcolm Saint-Clair
  •  

  • 1927 : Un homme en habit (Evening Clothes) de Luther Reed
  •  

  • 1928 : Les Mendiants de la vie (Beggars of Life) de William A. Wellman
  •  

  • 1928 : Une fille dans chaque port (A Girl in Every Port) de Howard Hawks
  •  

  • 1929 : The Canary Murder Case de Malcolm Saint-Clair
  •  

  • 1929 : Loulou (Die Büsche der Pandora, Pandora's box) de Georg Wilhelm Pabst
  •  

  • 1929 : Le Journal d'une fille perdue (Das Tagebuch einer Verlorenen) de Georg Wilhelm Pabst


films parlants

     

  • 1930 : Prix de beauté de Augusto Genina
  •  

  • 1937 : Hollywood Boulevard (King of the Gamblers) de Robert Florey


Louise Brooks
louise31

A eu une romance avec :

     

  • Humphrey Bogart
  •  

  • Charlie Chaplin
  •  

  • Greta Garbo
  •  

  • William S. Paley

s'est mariée avec :

     

  • Edward Sutherland (réalisateur)
  •  

  • Deering Davis (playboy)



 

Rencontre avec Louise Brooks

interview de Patrice Hovald (1967)


"Aux yeux de tous les amoureux, de tous les "amants" vous êtes "Loulou". Pour des millions d'hommes et de femmes qui aiment le cinématographe, vous avez été ce personnage. C'est-à-dire que, pour nous, vous vous êtes identifiée avec l'héroïne du film de Georg Wilhelm Pabst. Vous êtes un des rares mythes du cinématographe. En êtes- vous consciente?"

"Votre première question? 'pour des millions d'hommes et de femmes qui aiment le cinématographe ...' m'a beaucoup intriguée! En effet, pour autant que je me souvienne et à une seule exception près, je n'ai jamais eu d'admiratrices pour mes films. Or, pour durer, une vedette ne doit pas seulement être admirée, mais imitée par les femmes. Ce qui m'intrigue, c'est de savoir pourquoi certaines stars sont imitées par les femmes alors que d'autres ne le sont pas. Dans les années Vingt, ce fut le cas de Clara Bow, mais pas celui de Colleen Moore; dans les années Trente Garbo mais pas Dietrich. Dans les années Cinquante, mes films ont été repris après plus de vingt ans au cours desquels je suis tombée dans l'oubli le plus total. En Novembre 1958, Henri Langlois m'a rendu hommage. Sauf lors de mon arrivée et à quelques autres occasion, j'ai passé ce mois à l'hôtel Royal Monceau, dans une petite chambre grise, dans un petit lit metallique recouvert d'un édredon rouge. Je ne voulais aller nulle part. C'est pourquoi, Langlois avait demandé à Lotte [Eisner] de venir me voir tous les aprés-midi. Quand elle entra dans ma chambre, le premier jour, elle me jeta un regard et dit: 'Je n'aime pas les femmes'. Peut-être était-elle au courant des bruits selon lesquels j'aurais été lesbienne. Quoi qu'il en soit, cela me fit tellement rire, qu'elle éclata, elle aussi de rire. Joyeux comme celui d'un enfant, ce rire scella entre nous une indéfectible amitié. Elle m'avait apporté du pain de seigle, du fromage et des pommes toutes dorées; je lui ai donné du café et du chocolat américain. Ensuite, nous avons parlé de gens et de films, mais surtout de littérature: Proust, Goethe, Tolstoï, Dickens, Samuel Johnson, Ring Lardner. Lotte semblait avoir lu tous ces génies dans leur propre langue et elle m'a beaucoup appris ..."


"Il y a eu des milliers de visages nés au cinema après le vôtre, dont celui de Marylin Monroe et plus récemment celui de Julie Christie. Et pourtant, le vôtre, après quarante ans, est resté inoubliable. Je pense que ce fait est dû à votre totale rupture avec ce qu'auparavant on avait vu à l'écran. Le visage de Loulou est celui - là même de la femme moderne, celui dont tout homme - et nombre de femmes - rêvent inconsciemment ou ... consciemment. Ai - je raison? Quel est votre sentiment à ce sujet?"

brooks30"Chaque fois que j'ai vu mes films, j'ai eu le sentiment d'une corvée plutôt stupide. En l'occurence, il ne peut y avoir pour moi ni mystère, ni surprise. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je ne suis pas curieuse. Je ne crois pas que l'on puisse apprendre une quelconque technique d'interprétation, sauf celle d'un autre acteur qui apprendre son métier. Les comédiennes qui me fascinent sont celles qui, comme Greta Garbo et Simone Signoret, offrent un insondable mystère dans la manière dont elles réagissent devant une situation donnée; celles qui, comme Marylin Monroe, conservent une constante pureté en dépit de danses 'sexy' strictement vulgaires; celles qui, comme Jean Harlow et Ava Gardner, m'écrasent de leur générosité. La rapidité explosive et l'esthétique qui partecipent des gestes de Shirley MacLaine me coupent le souffle."




"Marlène Dietrich était issue de Josef von Sternberg, Garbo de Maurice Stiller,
Louise Brooks est - elle issue de Pabst?"

"Pabst n'a pas créé Louise Brooks: il l'a réalisée, libérée. En 1928, il m'avait vue dans A girl in every port de Howard Hawks et avait pris des contacts à Hollywood pour Loulou. Bien qu'il ne m'eût jamais rencontrée et qu'il ignorât tout de moi jusqu'à mon arrivée à Berlin, il avait, je ne sais comment, deviné que j'étais 'sa' Loulou. En 1958, j'ai envoyé à Pabst un mot amer parce que, 'maintenant', on me considérait comme une grande comédienne. Il me répondit: "Vous étiez une grande comédienne parce que vous aviez une forte personnalité."


"Quels ont été vos rapports avec Pabst pendant le tournage de Loulou? Il est rare d'observer un tel accord avec un metteur en scène et son interprète. N'est ce là qu'une apparence ou bien l'exigence de Pabst répondait - elle à vos propres aspirations?"

"Dès l'instant où je l'ai rencontré, je n'ai pas cessé d'adorer Pabst. Quelquefois, il disait que j'étais 'la plus belle et la plus fascinante femme qu'il ait jamais vue', quelquefois, il disait que j'étais 'une vraie chienne' parce qu'il ne pouvait pas se faire à l'idée que la Loulou réelle, à l'instar de la Loulou du film, collectionnait les amants. Au travail, l'entente était si parfaite entre nous qu'il ne disait presque rien. Je ne parlais pas l'allemand; il parlait, lui, un excellent anglais. Cependant, parce qu'il manquait de pratique d'une part, en raison de la présence des autres acteurs allemands, d'autre part, il dirigeait dans sa langue. Une seule fois, lors du tournage de Diary of a lost girl, nous ne nous sommes pas compris et j'ai fichu une scène en l'air en ne fermant pas une porte. 'Die Tür zu, die Tür ist zu', hurla - t - il. Bon sang, ne pouvait - il pas parler anglais!"

"La liberté de Loulou était - elle votre propre liberté? L'a - t - elle été toute votre vie? Si oui, avez - vous eu à en souffrir dans vos rapports avec la societé?"

"La liberté de 'Loulou' est ma propre liberté. Quand, après n'avoir pas réussi à me persuader de rester en Allemagne pour tourner des films, Pabst me prédit que la fin de Loulou serait ma fin, il n'était pas loin d'avoir 'horriblement' raison. Il savait que, comme Loulou, je n'attachais aucune importance à moi - même. Je n'ai revu Loulou qu'en 1957, lorsque le film m'a été projeté ici, à Eastman House, à Rochester. Pabst sentait que je me laissis aller et que j'étais un objet pour quiconque me prendrait en main. J'ai fait fi de la sécurité et des conventions sociales. Je haïssais Hollywood. Aprés un an de mariage, je me suis rebellé contre mon état de 'Mrs. Sutherland'. Maîtresse d'un célèbre millionnaire, j'ai trouvé insupportable d'être un jouet sexuel, tombée plus bas qu'une fille dont on paye les services. Je suis devenue une sorte de clocharde. C'est alors qu'on m'a rejetée."


"Qu’est-ce Loulou à vos yeux? Avez-vous lu la version établie Freddy Buache? Les scènes originales coupées par les différentes censures et qui manqueraient dans cette version sont-elle nombreuses? Lesquelles?"

"Pour moi Loulou est la projection de Louise Brooks. J’ai eu un peu plus de chance puisque j’ai été élevée – encore que dans une totale indifférence – par des parents cultivés. Bien qu’à huit ans j’aie été séduite par un quadragénaire – un certain Mr. Flower - , ma vie n’a pas commencé comme celle de Loulou, à danser, au hasard dans des rues de la ville, sous la surveillance d’une espèce de maquereau. En 1954, j’ai été sauvée d’un désastre irrémédiable par une pension de mon fameux millionnaire. Je suis très fière de l’opinion flatteuse que Freddy Buache a de mes films. En ce qui concerne la censure, chaque pays a coupé dans Loulou et Diary selon ses propres exigences. En France, l’amie lesbienne de Loulou est devenue une amie tout court, le fils de son mari est devenue son secrétaire!"

"Quel a été l’accueil du public en 1928-1929?"

"Quand Pandora’s box fut réalisé en 1928 et présenté dans une version mutilée, tous les critiques m’éreintèrent. Ils étaient absolument indignés qu’une Américaine ait pu interpréter le personnage de Loulou. Ils disaient que je ne savais rien faire. Ils me voulaient à l’image de Asta Nielsen, frémissante, douloureuse. La vérité, c’est qu’une fille, jeune encore, n’a pas le temps, au cours d’un tournage, de penser à des choses classées en bonnes ou mauvaises, par conséquent, elle ne peut donc pas jouer la « souffrance ». Sur le plan symbolique, Loulou est une force vive qui ne connaît rien de l’amour jusq’à ce qu’elle ait dit « JE T’AIME » à Jack the Ripper. À l’instar d’une graine, elle doit mourir pour naître à la vie. Le héros de Loulou est un vieux maquereau qui sait ce qu’il veut et qui l’obtient. J’ai vu Pandora’s box en séance publique. Les gens ont détesté cela. Voilà un monde qui, pour avoir à sa disposition de jeunes putains, doit vendre aux hommes comme aux femmes le mythe de la prostitution considérée comme une chose plaisante -  voir Never on Sunday. La vérité qui veut que les clients des prostituées peuvent être des voleurs, des souteneurs, des assassins et des porteurs de sales maladies vénériennes, cette verité - là se dissimule en l’occurrence sous une certaine forme de propagande : celle des putains heureuses"



"Combien de films avez-vous tournés ? Lesquels sont importants pour vous?"

"J’ai tourné ving-quatre films. Loulou est naturellement quelque chose d’important pour moi: Pabst a fait de moi quelque chose d’important. Le théâtre est le fait d’acteurs ; le cinéma celui des metteurs en scène"

"Où êtes-vous née? Que faisaient vos parents? Avez-vous des frères, des soeurs? Que faisiez- vous avant de devenir comédienne? Comment êtes - vous venue au cinéma?"

"Je suis née le 14 Novembre 1906 à Cherryvale, une petite ville du Kansas. Mon grand-père, John Brooks, était venu en 1870 d’une ferme du Tennessee à bord d’un chariot bâché, pour s’établir dans la prairie parmi les Comanches, les chasseurs de buffles et les conducteurs (des ivrognes pour la plupart) de troupeaux venus du Texas. Mon père était avoué. Ma mère était une belle jeune femme qui montait son poney sans selle, qui interprétait remarqueblement Debussy et qui détestait les enfants. Elle en avait quatre : Martin, Louise, Théodore et June. J’ai commencé à danser à l’âge de cinq ans, ma mère m’a envoyée à New York suivre des cours chez Ruth St. Denis et Ted Shamm [Shawn]. Pendant deux ans, j’ai fait des tournèes avec leur compagnie. En 1924, j’ai dansé dans la revue Scandals de George White. Je suis ensuite venue en France avec ma meilleure amie, Barbara Bennett, soeur de Constance et de Joan. J’ai échoué à l’hôtel Edouard VII à Paris et j’ai été sauvée d’une détresse certaine par un producteur américain de théâtre, Archie Selwyn, qui m’a emmenée à Londres pour danser le charleston au Café de paris (détruit pendant la deuxième guerre mondiale). En 1925, je suis retournèe aux États - Unis pour danser aux Ziegfeld Follies jusqu’à l’automne de cette même année où j’ai signé un contrat avec Paramount"
 
"Quel âge avait Loulou? Quel âge aviez-vous à votre dernier film?"

"J'ai fêté mon 22e anniversaire en Novembre 1928, à Berlin dans le 'brouillard londonien' des décors de Loulou. J'ai tourné mon dernier film (Overland stage raiders) à Hollywood, en 1938, avec John Wayne. J'avais 31 ans"

"Pourquoi avez-vous cessé brusquement de tourner? On dit que le parlant vous a été fatal. Est-ce vrai?"

"Quand le cinéma parlant est né en 1928, la Paramount a vu là un prétexte pour diminuer les salaires des acteurrs. B. P. Schulberg, chef de la production, que devait sa situation au seul fait d'avoir sous contrat Clara Bow, la plus belle affaire - financièrement parlant - du cinéma, me dit que je pouvais continuer à 75 $ par semaine. Je suis partie. En Décembre, quand je suis revenue à New York après avoir tourné Loulou à Berlin, Schulberg m'ordonna de retourner à Hollywood pour y sonoriser mon dernier film muet The Canary murder case. J'ai refusé et les producteurs durent dépenser beaucoup d'argent pour faire doubler ma voix par celle de Margaret Livingstone (Sunrise) que me fit ainsi parler avec l'accent de Brooklyn. Quand la copie fut prête ne 1929, le studio se vengea en faisant savoir partout que j'avais raté la version parlante parce que ma voix ne collait pas. Lorsque, complètement fauchée, je revins à Hollywood, en 1930 d'abord, puis en 1935, j'étais sur la liste noite dès lors qu'il s'agissait pour moi de trouver un travail convenable"

"J'aurais rêvé d'un film où Louise Brooks aurait été dirigée par von Sternberg. Qu'en ne pensez-vous?"

"Sternberg avait une sorte de génie pour transformer les actrices fades et quelconques en créatures mystérieusement attirantes. Dans Docks of New York, il a donné à Betty Compson son attrait sensuel; dans Underworld, il a transformé en séductrice la masculine Evelyn Brent. Il est certain que s'il m'avait dirigée, il aurait donné une nouvelle dimension à ma personnalité"


"Avez-vous revu Pabst depuis 1930?"

"Après avoir realisé Diary of a lost girl, Pabst vint à Paris en Septembre 1929 me voir pendant Prix de beauté. En 1935, il m'a rencontré à New York alors qu'il pensait à un Faust de Goethe avec Garbo et moi. Le projet ne se réalisa pas. C'est en 1936, à Hollywood, que j'ai vu Pabst pour la dernière fois. Il m'avait invitée, un après-midi, à une 'party'. Sa femme, Trude - qui ne m'aimait pas - sortit brusquement au moment où j'entrais dans la pièce où les invités étaient rassemblés. Après avoir bu un brandy et écouté Pabst consoler Eric von Stroheim qui était très malheureux parce qu'aucun producteur ne voulait le laisser réaliser un film, je suis, moi aussi, sortie brusquement pour aller à une 'party' plus joyeuse"

"Est-il exact que vous écrivez vos mémoires?"

"J'ai arrêté d'écrire mes mémoires au moment où je me suis rendue compte que seule la vérité m'intéressait et qu'écrire la vérité sur moi-même obligeait à écrire la vérité sur d'autres personnes qui n'aimeraient pas cela"

"Allez vous au cinema? Souvent?"

"Comme je sors peu, rares sont les films que je vois. Ingmar Bergman est le plus grand metteur en scène de cinéma"

"Avez-vous été heureuse? S' c'était à refaire? L'amour est pour la plupart des êtres la plus important chose au monde. Et pour vous?"

"Jeune, j'ai été malheureuse la plupart du temps. Ce que recherchaient mes amis - gloire, argent, pouvoir - n'était pas fait pour rendre heureuse. Leurs plaisirs- saloperies sensuelles, manières de se donner des airs, de se faire valoir - ne me rendaient pas heureuse. C'est seulement lorsque je me suis etablie à Rochester que j'ai trouvé un peu de bonheur. Loin de tous ceux qui voudraient s'occuper de moi, je peux vivre commme je l'entends et fermer chaque soir ma porte en disant 'Dieu merci, je suis seule'. Comme il est vain de revenir sur soixante-deux ans de vie pour envisager quelque chose de nouveau! Un recommencement ne changerait rien à un charactère façonné par le destin. Quant à l'amour, si vous entendez par là l'amour physique, je suis à l'image de Loulou; je n'ai aimé personne"

Patrice Hovald, Rencontre avec Louise Brooks, "Sequences", nr. 122, Octobre 1985 [1967]


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Une pensée en images pour mes muses...

   

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06 mai 2006

Patti Smith

       

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