29 novembre 2005
Marilyn Monroe
Marilyn Monroe
Norma Jean Baker/Marilyn Monroe Marilyn Monroe : une
filmographie (1947 - 1962)
1948 - SCUDDA HOO ! SCUDDA HAY ! Source : Arte
Julien Welter
Et oui depuis gamin, j'ai toujours eu un certain faible pour elle
avec plus tard une certaine tristesse quant à sa vie d'exploitée....
Hommage à toi éternelle Marilyn! Tu n'es pas que ce bout de viande
qui montra le canibalisme à l'oeuvre, tu fus aussi Norma Jean Baker!
Tu n'es pas vraiment morte Norma Jean, ton calvaire continue
de se perpétuer sous d'autres visages.
Je te rencontre hélas trop souvent pour le savoir!
Stanislas Kazal
Marilyn Monroe est une actrice américaine née
à Los Angeles le 1er juin 1926 et morte le 5 août
1962.
Elle est née Norma Jeane Mortenson, le prénom
Norma étant choisi par sa mère en
référence à l'actrice Norma Talmadge.
La graphie de son nom est transformée par la suite en Norma
Jean Mortenson, et elle fut également connue sous le nom
Norma Jean Baker, Baker étant le nom du premier
époux de sa mère.
Biographie
Enfance et adolescence
Norma Jeane Mortenson, la future Marilyn Monroe, naît le 1er
juin 1926 à l'hôpital
général de Los Angeles en Californie. Sur le
certificat de naissance apparaissent les noms de sa maman, Gladys
Monroe, et du mari de celle-ci à l'époque, Edward
Mortenson . Il est à noter que Monroe est le nom de
jeune fille de la grand-mère maternelle de Marilyn, que
Gladys et Edward vivent déjà
séparés au moment de sa naissance et qu'ils
divorceront en août 1928.
Gladys, née le 24 mai 1900 au Mexique de parents
américains, travaille comme monteuse dans l'industrie
cinématographique et a déjà eu deux
enfants, Hermitt Jack (1918-192?) et Bernice (1919-), d'un premier
mariage avec Jack Baker. Très belle femme blonde, elle
connaît autant de liaisons sentimentales sans lendemain que
de problèmes psychologiques et de santé. Sur une
très longue période, elle ne pourra pas s'occuper
de sa fille qui sera confiée, entre autres, à des
familles d'accueil, ainsi que de ses deux autres enfants.
Norma Jean vit ainsi chez Albert et Ida Bolender à Hawthorne
en Californie pendant les sept premières années
de sa vie. Dans son autobiographie , Marilyn mentionne qu'elle
ne savait pas qui était cette femme blonde qui lui rendait
visite de temps en temps pendant cette période, alors qu'il
s'agissait de sa mère Gladys. En 1933, elle peut enfin vivre
quelque temps avec elle, à Hollywood. En 1934, Gladys endure
une nouvelle dépression et Norma Jean est placée
successivement dans des foyers et dans un orphelinat. Grace McKee,
épouse Goddard, la meilleure amie de Gladys, demande en 1936
à devenir la tutrice de Marilyn, ce qui sera
officialisé en 1937. Norma Jean, les années
suivantes, va vivre avec les Goddard à Van Nuys en
Californie mais également dans un nouvel orphelinat. Cette
année-là, elle a été
agressée sexuellement par Ervin Goddard, le mari, ainsi que
par son cousin Jack Monroe l'année suivante. La meilleure
période de son enfance, elle l'a passée
à cette même époque avec Ana Lower, la
tante de Grace.
Dès 1938, Norma Jean utilise le nom de famille Baker, du
premier mari de Gladys. Marilyn a écrit qu'elle a
abandonné la puberté assez rapidement, vers les
douze-treize ans, lorsque son corps a changé, bien en avance
sur ses camarades. Elle était une enfant assez solitaire et
seule.
En 1941, elle retourne chez Grace et fait la connaissance de Jim
Dougherty, un voisin, ouvrier dans une usine d'aviation, de cinq ans
son aîné. Grace, afin de se débarrasser
de Norma Jean, organise le mariage de celle-ci avec Jim, qui a lieu le
19 juin 1942, soit quelques jours après son
seizième anniversaire. Un an plus tard, Jim rejoint les
marines et Norma Jean travaille dans une fabrique de parachutes.
Ce qu'a relaté Marilyn de sa vie de femme mariée
ne correspond en rien aux affirmations que Jim a faites beaucoup plus
tard. Alors qu'elle raconte que la sexualité ne
l'intéressait pas à cet âge et qu'elle
considérait Jim plutôt comme un grand
frère, lui s'étend sur l'initiation dont il a
fait profiter sa jeune épouse.
Carrière de
modèle
En 1944, elle rencontre pour la première fois sa demi-soeur
Bernice Baker dans le Tennessee (son demi-frère est
décédé).
La première photo quasi professionnelle de Norma Jeane est
prise à l'automne 1944 par le photographe David Conover dans
le cadre d'une campagne de l'armée américaine
pour illustrer l'implication des femmes dans l'effort de guerre. Tout
s'enchaîne ensuite assez rapidement puisque, en quelques
mois, elle fait la couverture d'une trentaine de magazines de pin-ups
et commence à se faire connaître comme la Mmmmm
girl. Elle éclaircit la couleur de sa chevelure et abandonne
son travail pour se consacrer à sa carrière de
modèle, notamment auprès de l'agence Blue Book
Model. En décembre 1945, elle tourne son premier film test
pour son agence, afin de promouvoir des maillots de bain. Elle partira
quelques jours dans le Nevada et l'état de Washington avec
le photographe André de Diennes pour une session importante
de photos.
Elle et Jim, qui n'ont que peu de contacts en raison de
l'éloignement de celui-ci, divorcent en 1946. Cette
même année pendant quelques mois, elle arrive
à prendre avec elle sa maman, mais celle-ci doit repartir
assez vite dans une institution spécialisée afin
d'être soignée.
[modifier]
Premier pas
dans le cinéma
1946-47. Norma Jean est remarquée par Howard Hughes qui veut
l'engager dans sa société
cinématographique, la RKO. Son agent pour le
cinéma estime qu'une autre compagnie est plus importante:
elle signe donc son premier contrat le 26 juillet 1946 avec la 20th
Century Fox, qui sera non renouvelé après deux
films. La Fox la renomme Marilyn Monroe, le prénom Marilyn
provenant de l'actrice Marilyn Miller et le nom Monroe de sa
mère. Elle gagne 75 dollars par semaine pendant 6 mois.
C'est à cette époque que son nom
apparaît pour la première fois dans la chronique
de la célèbre Hedda Hopper. En mars et en mai
1947, tournages respectifs de Bagarre pour une blonde et Dangerous
Years. En 1947, elle monte sur scène
(théâtre) et aurait vécu son premier
avortement.
1948-49. Elle obtient un nouveau contrat à la Columbia et
tourne dans Les reines du music-hall (tournage: juillet 1948) dans
lequel des critiques remarquent ses qualités de chanteuse.
Elle rencontre Johnny Hyde, son nouvel agent (à la William
Morris Agency) qui va faire beaucoup pour sa carrière. Il
occupe dans sa vie non seulement une figure paternelle dont elle avait
besoin mais également celle d'amant. Elle joue un tout petit
rôle dans La Pêche au trésor des Marx
Brothers (février 1949). Sous le nom de Mana Monroe, parce
qu'elle a besoin d'argent, elle pose nue pour un calendrier pour le
photographe Tom Kelly, photos qui vont faire le tour du monde quelques
années plus tard lorsqu'elle sera devenue
célèbre (cf. Nudité dans sa
carrière). Autre film marquant: Quand la ville dort (octobre
1949).
1950. Elle obtient un petit rôle dans ce film très
important qu'est Ève (mai 1950). En septembre, Photoplay
magazine fait paraître le premier article de fond sur elle:
How a star is born? (Comment vient de naître une star?),
faisant référence au
célèbre A Star Is Born de William A. Wellman
(1937). Elle sera à l'écran six fois lors de
cette faste année.
1951. En janvier elle rencontre pour la première fois le
dramaturge Arthur Miller. Le 29 mars 1951, elle présente le
prix du meilleur son que reçoit Ève aux Oscars;
cela sera sa seule apparition à cette remise de prix. En mai
1951, elle signe un contrat de sept ans avec la Fox à 500
dollars par semaine, avec possibilité d'augmentation. Puis
s'ensuivent Nid d'amour (juin 1951), Chéri,
divorçons (juillet 1951), Le démon
s'éveille la nuit (automne). À fin 1951, elle
reçoit plus de courrier que certaines stars
établies de la Fox. Certains commentateurs de sa vie
mentionnent une tentative de suicide en décembre.
Consécration
1952. Début 1952, filmage de Troublez-moi ce soir, son
premier grand rôle, puis de Chérie, je me sens
rajeunir (janvier-février) où elle sera pour la
première fois en blonde platine, sa nouvelle image et marque
de fabrique. Elle rencontre Joe DiMaggio, légende vivante du
baseball, qui vient de prendre sa retraite. En mars éclate
l'histoire du calendrier, dont elle se sortira très bien
(cf. Nudité dans sa carrière). 7 avril 1952:
première apparition à la une de Life magazine.
Son salaire est augmenté mais n'atteint toujours pas le
niveau des stars de la Fox. La presse révèle que
sa mère a été patiente dans un
hôpital psychiatrique alors que Marilyn avait
raconté être orpheline. Pour Le démon
s'éveille la nuit qui sort cette année, son nom
est pour la première fois au-dessus du titre du film. Autres
films marquants: Niagara (juin), puis Les hommes
préfèrent les blondes (novembre) pour lequel elle
est payée environ 15 000 dollars alors que Jane Russell
reçoit dix fois plus. Après ce film, les deux
actrices sont appelées à marquer de leurs mains
et chaussures le trottoir en face du Grauman's Chinese Theater,
près du célèbre Walk of Fame sur
Hollywood Boulevard.
1953. Premières pilules pour maintenir sa ligne. Comment
épouser un millionnaire (mars 1953). Elle touche maintenant
1 500 dollars par semaine alors que des stars n'ayant pas son aura
auprès du public en sont à environ 5 000, voire
10 000. La Rivière sans retour (août 1953). Elle
refuse de tourner dans un film auquel la Fox l'a attachée,
Pink Tights, car elle doit y (re)jouer une bête et sexy
blonde.
1954. En janvier, le 14, elle épouse Joe DiMaggio. Le mois
suivant, elle va divertir les soldats américains en
Corée. C'est l'époque aussi des premiers
somnifères. Elle travaille avec Ben Hecht sur son
autobiographie dont elle recevra le premier jet en avril (mais le livre
ne paraîtra qu'en 1974 pour la première fois, et
très modifié). La Joyeuse Parade (mai 1954)
pendant lequel elle a ses premières absences pour maladie.
Elle confie à sa coach et amie Natasha Lytess que DiMaggio
la bat. Elle enregistre des chansons pour la diffusion sur vinyles par
la RCA. 1954 marquera aussi la rencontre avec la famille Strasberg:
Lee, le professeur de La Méthode, Paula, sa femme qui
deviendra aussi un coach pour Marilyn, et Susan qui joue avec elle dans
ce film-ci. Sept ans de réflexion (août 1954).
Octobre: divorce avec Joe DiMaggio qui sera officialisé un
an plus tard, en octobre 1955; leur union n'aura donc duré
que huit mois.
1955. En janvier, la société Marilyn Monroe
Productions est fondée avec Milton Greene, un photographe de
ses amis. Cours à l'Actors' Studio de Lee Strasberg. En mai,
elle re-rencontre Arthur Miller. Au 31 décembre, elle signe
un nouveau contrat avec la Fox qui lui donne enfin plus de pouvoir: 100
000 dollars par film ainsi que 500 dollars par semaine pour frais
divers, regard sur le scénario, le metteur en
scène et le chef de la photographie; elle peut jouer dans un
nombre égal de films auprès de la concurrence
qu'avec la Fox.
1956. En mars 1956, elle change officiellement son nom de Norma Jeane
Mortenson en Marilyn Monroe. Arrêt d'autobus (printemps).
Mariage en juin avec Arthur Miller qui a divorcé de sa femme
Mary quelques mois auparavant et vient de témoigner devant
la commission des activités anti-américaines sans
révéler de noms de communistes. Le Prince et la
danseuse (août 1956), pendant lequel on lui annonce qu'elle
est enceinte; elle fera une fausse couche. Quelques mois plus tard, en
57, cette situation se répètera.
1957. Elle commence à voir presque tous les jours un
psychiatre.
1958. Sa santé se détériore: elle
prend du poids, boit, devient irascible. Elle refuse plusieurs films
mais accepte Certains l'aiment chaud, tourné dès
août. Une surdose de somnifères l'amène
à l'hôpital en septembre. Marilyn tombe de nouveau
enceinte, ce qui se solde par une nouvelle fausse couche.
1959. Contrat signé pour un film qui ne débutera
que l'année suivante.
1960. Le Milliardaire (début 1960) et liaison avec Yves
Montand. Marilyn voit son nouveau psychiatre, le Dr Ralph Greenson,
quasi tous les jours: il exerce une influence marquée sur sa
patiente. Au début de l'année, elle rencontre
John F. Kennedy qu'elle connaissait déjà depuis
1954 ou 55. Les Désaxés (juillet) qui a
été écrit pour elle par Arthur Miller.
Elle vit une nouvelle surdose et un nouveau séjour
à l'hôpital. La séparation avec Miller
est constatée.
1961. Le divorce est prononcé en janvier. Elle se fait
interner dans un hôpital mais passe par erreur quelques jours
dans la section psychiatrique, où DiMaggio doit venir la
délivrer. Elle et DiMaggio continuent à passer
beaucoup de temps ensemble. Elle fait la connaissance de Robert
Kennedy. Elle subit par ailleurs sa ixième
opération d'ordre gynécologique (sur plusieurs
années) due à des complications diverses. Marilyn
rencontre sa demi-soeur, voit beaucoup Frank Sinatra, a ses
premières discussions pour son prochain film, et passe le
nouvel an avec DiMaggio.La
dernière année
1962. En janvier, elle acquiert ce qui sera sa dernière
demeure, à Brentwood dans les environs de Los Angeles. Elle
vit des allers-retours entre son médecin Greenson et
DiMaggio ainsi qu'un coma dû à des barbituriques,
tout cela alors qu'un nouveau film se met en place. En effet, en mai
1962 ont lieu les premières prises pour Something's Got to
Give, tournage pendant lequel elle s'annonce très souvent en
arrêt maladie. Pour ce film, elle reçoit 100 000
dollars alors qu'il semble que George Cukor (le réalisateur)
et Dean Martin (co-star) vont toucher chacun 300 000 dollars, alors
qu'elle est, elle, la plus grande star de l'époque puisque
même la presse étrangère à
Los Angeles lui décerne ce prix quelques semaines
auparavant. Marilyn se déplace à New York pour
l'anniversaire de JFK ce qui ne plaît ni à la Fox
ni à Jacqueline Kennedy qui annule sa venue à la
fête de son mari. Le 1er juin, le jour de son 36e
anniversaire, elle est présente sur le plateau où
une fête est organisée en fin de
journée en son honneur: ce sera sa dernière
apparition professionnelle. Le 7, la Fox la renvoie du tournage.
Cependant, des négociations sont immédiatement
engagées: le 20, la Fox annonce la reprise du tournage sous
peu. Marilyn, dans le cadre d'une campagne de relations publiques pour
restaurer son image auprès du grand public, permet des
séances photo avec plusieurs photographes de premier plan et
des interviews avec de grands magazines. DiMaggio et elle parlent
remariage et une date est arrêtée au 8 juin 1962.
D'autres projets de films sont discutés et lancés
autour de Marilyn, comme I Love Louisa et The Jean Harlow Story. La
dernière semaine de sa vie va être riche en
ordonnances (pour des somnifères) prescrites par deux
médecins au moins...
Le vendredi 3 août est consacré à de
nombreux appels téléphoniques professionnels et
privés, rencontres avec son psy, avec son amie Pat Newcomb.
Le samedi est ressemblant: téléphones, travail
dans le jardin, avec le Dr Greenson, balade sur la plage avec l'acteur
Peter Lawford (beau-frère des Kennedy). Elle a
été observée sous influence de
tranquillisants et autres... À 19h45, elle a encore une
convesration téléphonique avec Lawford
où elle semble déprimée et confuse. Il
rappelle plus tard mais la ligne est en dérangement, alors
il opère plusieurs appels à des proches pour la
joindre tout de même. Mme Murray, la
femme-à-tout-faire vivant avec elle (engagée
à la demande du Dr Greenson, sans aucune
compétence, donc soupçonnée d'avoir
été une espionne à la solde de
celui-ci) indique qu'elle va bien (il est 20h30). L'auteur David Spoto
pense que, à ce moment, Marilyn est soit
déjà morte soit en train de mourir, d'overdose.
À partir de ce moment-là, les versions
diffèrent et divergent. Qui est venu, quand, pourquoi,
averti par qui? Et quand Marilyn est-elle morte exactement? La police
arrive à 4h35 du matin le dimanche 5 août 1962 et
Marilyn est nue et morte, couchée dans son lit. Deux des
médecins proches sont pourtant déjà
sur place. Le mystère ne fait que commencer... (Voir
Incertitudes autour de sa mort.)
Le 6 août, DiMaggio, avec la demi-soeur de Marilyn,
réclame le corps et organise des funérailles
privées pour le 8, où seules 24 personnes sont
invitées, triées sur le volet.
Marilyn avait 36 ans et avait tourné dans seulement 30 films.
Nudité
dans sa carrière
En mai 1949, alors qu'elle boucle difficilement son budget, Marilyn
pose nue pour un calendrier mural (connu sous le nom de calendrier
« Golden dreams », rêves
dorés, à savoir les
célèbres photographies sur un fond de velours
rouge).
La poste américaine estima qu'il avait un
caractère pornographique et en interdit la diffusion dans
certains états. Une version retouchée est alors
apparue avec des vêtements dessinés sur la photo
originale.
En 1952, alors qu'elle bénéficie
déjà d'une notoriété
certaine, cela est découvert par la presse et
créée un petit scandale dont Marilyn se sort
très bien en mettant en avant le besoin dans lequel elle se
trouvait financièrement; en décembre 1953,
quelques-unes de ces photos apparaissent dans le premier
numéro du magazine Playboy, Hugh Hefner,
l'éditeur, ayant racheté les clichés.
Il y a également eu longtemps la rumeur que Marilyn avait
joué, pour de semblables raisons pécuniaires
à celle du calendrier, dans un film érotique ou
pornographique, un blue movie intitulé Apple Knockers and
the Coke Bottle (littéralement Nichons [en forme de] pommes
et bouteille de coca) et des photos ont même
été présentées dans des
magazines érotiques dans le monde entier. En 1982, le
magazine Playboy a infirmé cette croyance en
précisant que l'actrice de ce film était une
ancienne playmate de 1954, Arlene Hunter (aussi
orthographiée Arline), une blonde qui ressemblait assez
à Marilyn jeune, il est vrai.
Paternité
Un des grands mystères de la vie de Marilyn est
l'identité de son père. La mère de
Marilyn, Gladys Baker, ou Gladys Mortenson, ou Mortensen,
était une femme instable et fragile, née Gladys
Pearl Monroe le 24 mai 1900 à C.P. Diaz au Mexique. Gladys a
un temps travaillé comme monteuse à la RKO, dans
l'industrie cinématographique. On sait peu de chose de son
premier mari si ce n'est qu'il se nommait Jack Baker et qu'il a
été le père de deux enfants de Gladys
: Hermitt Jack (24 janvier 1918-années 20, mort de
tuberculose) et Bernice (30 juillet 1919-?, connue comme Bernice
Miracle), les demi-frère et demi-soeur de Marilyn donc.
À la naissance de Norma Jeane, Jack avait disparu depuis
longtemps et Gladys a probablement alors entretenu diverses liaisons.
C'est là que le père de Marilyn intervient :
selon les biographes et spécialistes de Marilyn et selon ce
qu'elle-même en a (peu) su et dit, deux
possibilités coexistent :
* Martin Edward Mortenson, ou Mortensen
: second mari de Gladys (mariage le 11 octobre 1924), un boulanger
né en Norvège en 1897 où il a
abandonné femme et (trois) enfants pour se rendre aux
États-Unis. Rapidement il quitta aussi Gladys et se tua dans
un accident de moto le 18 juin 1929 en Ohio. Mais cela n'est pas aussi
simple que cela : selon la littérature, un autre Martin
Edward Mortenson est décédé en
Californie en 1981, lequel clamait être le père de
Marilyn et possédait une copie de son certificat de
naissance. Sur le certificat de naissance de Marilyn, le nom du
père mentionné est Edward Mortenson, ainsi que
sur le certificat de mariage avec DiMaggio.
* C. Stanley Gifford : il a
été l'amant de Gladys entre 1925 et 1926 alors
qu'ils étaient collègues de travail. Leur liaison
s'est terminée lorsque Gladys lui a annoncé
être enceinte. Marilyn pensait qu'il était son
père et a essayé d'entrer en contact avec lui
à plusieurs reprises, sans succès ; plus tard,
c'est lui qui lui a écrit et
téléphoné à quelques
années d'intervalle, sans succès
également : elle aurait commenté qu'"il
était trop tard".
Mariages et
maris
Elle se maria trois fois :
* une première fois
lorsqu'elle avait 16 ans avec James Dougherty, voisin et
élève dans la même école
secondaire qu'elle (juin 1942-septembre 1946);
* avec le célèbre
joueur de base-ball Joe DiMaggio (janvier 1954-octobre 1954);
malgré leur divorce, ils ont été
très proches l'un de l'autre jusqu'au
décès de Marilyn, DiMaggio étant selon
la légende resté amoureux d'elle
jusqu'à la fin de sa vie (mars 1999) : ses
dernières paroles selon son conseiller Morris Engelberg
auraient été « I'll finally get to see
Marilyn », soit « Je vais enfin revoir Marilyn
»;
* avec le dramaturge Arthur Miller (juin
1956-janvier 1961); celui-ci a écrit le film Les
Désaxés pour elle.
Il est à noter qu'un quatrième mariage aurait
été contracté avec un certain Robert
Slatzer, qui a écrit avoir été son ami
et amant sur une assez longue période. Selon lui, car il
semble que les amis de Marilyn ne le connaissaient point. Robert
Slatzer, qui était à cette époque
journaliste, mentionne ainsi un mariage qui aurait duré
quelques jours en octobre 1952 mais qui est sujet à forte
caution en raison de l'absence de tout document: Slatzer a
commenté plus tard que le mariage a
été annulé sous la pression des
studios. Marilyn a par ailleurs signé un chèque
le 4 octobre 1952 dans une boutique de luxe à Los Angeles,
ce qui invalide fortement les dires de Slatzer.
Vie amoureuse
Comme Marilyn s'est souvent confiée à des
proches, la liste de ses amants a pu être quasi
reconstituée et est quasi publique, entre autres (pour les
plus connus et par ordre alphabétique): Marlon Brando (qui a
toujours refusé de s'exprimer au sujet de Marilyn), Charlie
Chaplin Jr. (le « fils de »), Sammy Davis Jr.,
André de Diènes, Howard Hughes, Elia Kazan, John
F. Kennedy, Robert Kennedy, Yves Montand, Frank Sinatra. Bien
évidemment tout cela est sujet à caution mais
cela appartient à sa légende.
Incertitudes
autour de sa mort
Marilyn commence, en 1962, le tournage de Something’s Got To
Give de George Cukor. Ce tournage est interrompu en juin 1962, Marilyn
est trop épuisée physiquement et ne peut
continuer. Elle sera contrainte ainsi que Dean Martin son partenaire
(qui prend sa défense) à payer des dommages et
intérêts à la Fox pour rupture de
contrat. Très déprimée, dans la nuit
du 4 au 5 août, elle décède. Les vraies
raisons de son décès restent aujourd'hui encore
l'objet de polémiques.
Le rapport du médecin-légiste de Los Angeles
parle de suicide probable, dû à une overdose de
barbituriques.
Selon le romancier américain Norman Mailer, Marilyn aurait
été victime d'un complot ourdi par le F.B.I. et
la C.I.A. dans le but d'accumuler des preuves contre les Kennedy.
L'écrivain en fait la première victime d'une
série d'assassinats politiques incluant les Kennedy, Malcom
X et Martin Luther King.
Selon Anthony Summers, qui enquêta sur sa mort, à
tous les échelons des intimes et du pouvoir (Robert Kennedy,
alors ministre de la Justice, était, dit-on, l'amant de
l'actrice), on s'employa à faire du suicide volontaire ou
involontaire de Marilyn quelque chose d'inévitable.
D'après Don Wolfe (Marilyn Monroe, Enquête sur un
assassinat, 1998), Marilyn Monroe a été
assassinée. Cette version impliquerait Robert Kennedy et
tout un ensemble de proches de l'actrice qui se seraient tus pendant
des années.
Aux dires de Donald Spoto, l'un de ses biographes, Marilyn est
décédée à la suite d'une
erreur médicale. On lui aurait administré un
lavement à l'hydrate de chloral (le chloral lui permettait
de dormir) alors qu'elle avait absorbé,
préalablement, du Nembutal. Le mélange de ces
deux substances peut, paraît-il, s'avérer fatal.
Cette mort a inspiré dès 1963 la chanson Who
killed Norma Jean ? de Norman Rosten et Pete Seeger. Sa personne, son
impact et sa disparition ont également inspiré la
chanson Candle in the Wind d'Elton John en 1975.
Comment
s'y prendre à l'écran quand on est une blonde
(teinte) et que l'on veut à tout prix parvenir au firmament
? La carrière cinématographique de Marilyn
débute en 1947, et sans trop de surprise, dans une
série de comédies légères
et oubliées, où elles jouent
brièvement les utilités candides et
évanescentes, quand son emploi ne se limite pas à
une quasi-figuration. Sa carrière prend un tournant
considérable lorsqu'en 1950 elle réussit
à décrocher deux autres rôles
secondaires, mais cette fois dans "Asphalt Jungle" (Quand la ville
dort) de John Huston et "All about Eve" de Joseph Mankiewicz.
L'histoire le retiendra jusqu'à apposer plus tard sur les
affiches de ces deux films le nom de Marilyn aux
côtés de leurs vraies vedettes (Sterling Hayden
pour le premier, Bette Davis pour le second).
Mais à l'époque, ce n'est
pas encore suffisant pour se faire un nom. Marilyn va passer quelques
années supplémentaires à tenter
à tout prix de se faire remarquer dans des productions de
deuxième et troisième catégorie,
où elle emploie toute son énergie à
voler la vedette lors des rares scènes où elle a
l'occasion de se mettre en valeur. Au milieu de ces comédies
de Drive-in, on peut isoler "Clash by night" de Fritz Lang en 1952 (Le
Démon s'éveille la nuit,
déjà un mélodrame), même si
la prestation de Marilyn est là encore d'une importance
très relative. La détermination de la
comédienne finit néanmoins par payer et la
même année, elle tourne "Monkey Business" d'Howard
Hawks (Chérie, je me sens rajeunir) avec Cary Grant et
Ginger Rogers. Ce rôle, celui d'une secrétaire
sexy, va pérenniser le personnage qu'elle se construit
(qu'on lui construit) depuis quelques années dans des
productions de série B et lui permettre en même
temps de faire d'elle une comédienne de premier plan. Trois
ans plus tard, "The Seven Years itch" de Billy Wilder (Sept ans de
réflexion) sera le point d'orgue de son image de star et
femme fatale rendue miraculeusement accessible par le statut de "Girl
next Door" que lui donne le cinéma et sa poudre aux yeux.
Votre voisine de palier, c'est Marilyn !
A
l'exception de "Niagara" d'Henry Hathaway en 1953, où son
emploi de blonde irrésistible est noirci par le
côté pervers de son personnage, ses
rôles suivants sont une exploitation brillante et efficace de
cette facette glamour et pétulante. La même
année, "How to marry a Millionaire" du tâcheron
Jean Negulesco et "Gentlemen prefer Blondes", à nouveau avec
Howard Hawks, assoient tous deux sa notoriété,
à force de consolider une formule qui fait
l'unanimité. Par la suite, Marilyn et ses agents vont
s'employer à diversifier son rôle de blonde et
mettant à profit les qualités de chanteuse et de
danseuse de la comédienne. Ses films seront immanquablement
ponctués de moments musicaux quand ils n'appartiennent
carrément pas au genre de la comédie musicale
("There's no business like show business" de Walter Lang en 1954, "The
prince and the Showgirl" de Laurence Olivier en 1957 et le bien
meilleur "Some like it hot" de Billy Wilder en 1959).
Après sa disparition tragique en
1962, les biographies s'emploieront davantage à mettre en
lumière le côté "Cosette" de Marilyn.
Ils exploitent alors sa chaotique vie privée et ses
débuts difficiles. Des films célèbres
mais peu considérés comme "Bus Stop" de Joshua
Logan en 1956 (où Marilyn joue une pauvre fille) ou des
échecs publics comme son avant-dernier film "The Misfits"
("Les Désaxés", où elle joue un
personnage en lambeaux) seront davantage mis au premier plan dans sa
filmographie. Il faut bien sûr voir dans la noirceur de "The
Misfits" le résultat mortifère d'une vie
d'épuisement montrée à
l'écran (les autres vedettes du film sont aussi de stars
fatiguées - Clark Gable - ou accidentés de la vie
- Montgomery Clift). Pourtant, la fin de carrière de Marilyn
fut essentiellement passée à tenter de
reconquérir sa position de star en reprenant son emploi de
blonde vivace et acidulée pour un ultime tour de piste. Le
très poussif "Let's make love" de George Cukor ("Le
Millionnaire") avec Yves Montand en 1960 et l'inachevé
"Something's gor to give" du même auteur, deux ans plus tard
et avec cette fois Dean Marin, sont exclusivement consacrés
à cette ambition du retour en grâce (aux deux sens
du terme). Mais, ultime signe d'un fatum typiquement hollywoodien, ils
n'y sont pas parvenus.
(Bagarre pour une blonde) de F.Hugh Herbert.
1948 - DANGEROUS
YEARS de Arthur
Pierson
1948 - LADIES OF
THE CHORUS
(Les reines du
music-hall) de Phil Karlson
1950 - LOVE HAPPY
(La pêche au trésor) de David Miller
1950 - A TICKET
TO TOMAHAWK
(Le petit train du Far-West / Peaux-rouges et visages pâles)
de Richard Sale
1950 - THE
ASPHALT JUNGLE
(Quand la ville
dort) de John Huston.
1950 - ALL ABOUT
EVE (Eve)
de Joseph Mankiewicz.
1950 - THE
FIREBALL (Les
roi de la piste) de Tay Garnett
1950 - RIGHT
CROSS
(Tourment) de John Sturges.
1951 - HOMETOWN
STORY de
Arthur Pierson
1951 - AS YOUNG
AS YOU FELL
(Rendez-moi ma femme) de Harmon Jones
1951 - LOVE NEST (Nid d'amour) de Joseph Newman
1951 - LET'S
MAKE IT LEGAL
(Chérie divorçons) de Richar Sale
1952 - CLASH BY
NIGHT (Le
démon s'éveille la nuit) de Fritz Lang
1952 - WE'RE NOT
MARRIED
(Cinq mariages à l'essai) de Edmund Goulding
1952 - DON'T
BROTHER TO KNOCK
(Troublez-moi ce soir) de Roy Baker
1952 - MONKEY
BUSINESS
(Chérie, je me sens rajeunir) de Howard Hawks
1952 - O.
HENRY'S FULL HOUSE
(La sarabande des pantins / Le policier et le motet) de Henry Koster
1953 - NIAGARA de Henry Hathaway
1953 - GENTLEMEN
PREFER BLONDES
(Les hommes préfèrent les blondes) de Howard Hawks
1953 - HOW TO
MARRY A MILLIONAIRE
(Comment épouser un millionnaire) de Jean Negulesco
1954 - RIVER OF
NO RETURN
(La rivière sans retour) de Otto Preminger
1954 - THERE'S
NO BUSINESS LIKE SHOW BUSINESS
(La joyeuse parade) de Walter Lang
1955 - THE SEVEN
YEAR ITCH
(Sept ans de réflexion) de Billy Wilder
1956 - BUS STOP (Arrêt d'autobus) de Joshua Logan
1957 - THE
PRINCE AND THE SHOW GIRL
(Le prince et la danseuse) de Laurence Olivier
1959 - SOME LIKE
IT HOT (Certains
l'aiment chaud) de Billy Wider
1959 - LET'S
MAKE LOVE (Le
milliardaire) de George Cukor
1961 - THE
MISFITS (Les
désaxés) de John Huston
1962 -
SOMETHING'S GOT TO GIVE
(Quelque chose doit craquer) de George Cukor
Citations: ( Halte à
l'exclusion des blondes, c'est lamentable!)
ACTRICE
"On
vous dit de pleurer. juste une larme. mais si votre état
d'âme vous en fait verser deux, c'est mauvais. dans un
dialogue, si vous changez "le" en "un", on vous reprend. Une actrice
n'est pas une machine, mais c'est pourtant ainsi qu'on à
l'habitude de la traiter : comme une machine à faire des
sous."
"Mes voyages ont tous été semblables. Peu importe où je suis allée et pourquoi j'y suis allée, tout se solde par la même chose. Je n'ai jamais rien vu. Devenir une star de cinéma, c'est vivre sur un manège."
"Cheveux blonds et poitrine, voilà comment j'ai démarré. Je ne savais pas jouer. Tout ce que je possédais, c'était mes cheveux blonds et un corps apprécié par les hommes. Les raisons pour lesquelles j'ai réussi, c'est la chance et l'opportunité de rencontrer les gens qu'il fallait."
"Je n'ai jamais aimé le nom de Marilyn.
J'ai souvent regretté de ne pas avoir insisté
pour m'appeler Jean Monroe comme je le souhaitais. Mais je suppose
qu'il est trop tard pour y changer quoique ce soit !" "Je n'appartiens qu'au public et au monde. Non pas
parce que je suis talentueuse ou jolie, mais parce que je n'ai jamais
appartenu à personne." "J'ai l'impression que tout ce qui m'arrive
concerne quelqu'un d'autre, tout près de moi. J'entends, je
sens ce qui se passe, mais ce n'est pas vraiment moi."
AMBITION
"De
grâce, ne vous moquez pas de moi. j'aime bien faire des
plaisanteries
mais j'ai horreur d'être un objet de risée. Je
veux être une actrice
intègre. mon travail est la seule chose pour laquelle je me
sois
battue. Je donne l'impression d'avoir une superstructure, mais pas de
base.
C'est justement cela que je travaille maintenant." "La meilleure
façon pour moi de m'affirmer en tant qu'être
humain est de m'affirmer en tant qu'actrice."
"Tout ce qui compte vaut la peine d'attendre."
"Une carrière c'est fantastique, mais on ne peut pas se blottir contre elle la nuit lorsqu'on à froid."
"J'ai une grosse tête, vous savez. Bien sûr, il n'y a rien dedans mais elle est grosse tout de même ..."
"Je ne serais satisfaite que lorsque les gens apprécieront m'entendre chanter sans me regarder."
"L'argent
ne m'intéresse pas. Je veux juste être
merveilleuse."
CÉLÉBRITÉ
"La
célébrité ne procure qu'un bonheur
partiel et temporaire... Elle ne constituerait vraiment pas un menu
quotidien idéal. C'est comme le caviar : c'est bon, le
caviar, mais tous les jours à chaque repas. La
célébrité passera, je dirai alors :
"Adieu célébrité, je t'ai eue, et j'ai
toujours su que tu étais inconstante. Au moins auras-tu
été pour moi une expérience, mais tu
n'es pas toute ma vie.""
"Etre une ratée à Hollywood c'est comme mourir de faim à la porte d'un banquet. L'odeur du filet mignon peut vous rendre folle."
"Je ne serai jamais une grande artiste, mais, en travaillant, je peux encore espérer en devenir une bonne."
"La célébrité passera ? Eh bien, qu'elle passe. Adieu célébrité, je t'ai eue, et j'ai toujours su que tu ne valais pas grand chose. Pour moi, tu auras été au moins une expérience, vrai, mais tu n'es pas ma vie."
"Je n'ai jamais voulu être méchante avec qui que ce soit, mais vous ne pouvez pas vous permettre d'être trop gentil avec les gens qui travaillent avec vous. Sinon, ils vous piétineraient à mort!"
"Si je suis une star, c'est parce que le public l'a voulu. Ni moi, ni les studios, juste le public."
"Quelque part, je suis heureuse d'être en
retard. On est impatient, on m'attend, ça me rappelle toutes
ces années où on se fichait que je sois
là ou non." "Si je suis une nouvelle Marilyn ? Non, c'est juste
une nouvelle robe."
CHAMBRES
SÉPARÉES
"Les chambres
séparées respirent la solitude. J'estime que les
gens ont besoin de chaleur humaine, même s'ils sont endormis
et inconscients."
CHANEL
N°5
"Que
mettez-vous pour dormir Marilyn ? Quelques gouttes de Chanel
n°5."
"Ce que je porte la nuit ? Mais ... N°5 de Chanel, bien sûr !."
CINÉMA
"Avec
Joe di Maggio, au temps du cinéma muet, nous aurions fait un
excellent couple."
"Les acteurs sont des gens merveilleux, mais je ne pourrais jamais en aimer un. Ce serait comme d'aimer un frère, qui aurait le même visage et les mêmes traits de famille que moi même."
ÉCRIVAINS
"Mes
écrivains préférés sont
Arthur Miller, Léon Tolstoî, Thomas Wolfe, Antoine
de Saint-Exupéry."
A propos d'Arthur Miller, Marilyn disait : "C'est un merveilleux auteur, et un homme très brillant. Mais je pense qu'il est meilleur auteur que mari."
HOMME
"On
m'a demandé : "Est-ce que cela ne vous ennuie pas de vivre
dans un monde fait par et pour l'homme ?" J'ai toujours
répondu : "Cela ne m'ennuie pas tant que je puis y
être une femme.""
"Le véritable amant, c'est celui qui d'une légère caresse sur les cheveux, d'un simple sourire ou même d'un regard perdu dans le vague, vous fait chavirer de bonheur."
"Joe ne pense pas une seconde que quelqu'un d'autre
que lui puisse m'aimer. Il est mon meilleure ami, et je ne veux pas le
perdre. Mais je ne peux pas perdre Jose Balanos non plus. Oh,
aidez-moi, quelqu'un..." "Si j'aimerais vivre dans un monde d'hommes ? Oui,
à condition d'y être une femme." "Je pense qu'il est
préférable d'être malheureux seul que
malheureux avec quelqu'un." "A vrai dire, je ne me suis jamais payée
la tête de qui que ce soit. J'ai parfois laissé
les hommes se piéger eux-mêmes."
METTEURS
EN SCÈNE
"Mes
metteurs en scène préférés
sont George Cukor, John Ford, Alfred Hitchcock, John Huston, Elia
Kazan, David Lean, Joshua Logan, Joseph Mankiewicz, Vincente Minelli,
Carol Reed, Vittorio de Sica, George Stevens, Lee Strasberg, Billy
Wilder, William Wyler, Fred Zinneman."
"Si Wilder demande à l'actrice de verser une larme, et qu'elle en verse deux, il crie "coupez !"."
ÉROTISME
"L'érotisme
d'une nation diffère toujours de l'image que s'en font les
autres. Chaque nation s'imagine qu'il y a plus d'érotisme
dans les autres pays."
"Comme les mois passent vite... et les calendriers
!"
NU
"Pourquoi
avez-vous posé nue pour ce calendrier ? J'avais faim et
quatre mois de loyer à payer. Avez-vous mis quelque chose ?
oui, la radio."
En réponse à la question d'un journaliste de savoir si cela ne l'avait pas gêné de poser nue pour des photo Marilyn rétorqua : "Mais non, le plateau était chauffé !."
"Ce que j'avais mis pour la photo du calendrier ?
La radio."
SEXUALITÉ
"Je
vais, avec un peu de chance, découvrir pourquoi les gens
sont tellement obsédés par les question de sexe.
Ces questions me paraissent à moi aussi
intéressantes que d'étaler du cirage sur une
chaussure."
"S'il est vrai que je suis un symbole sexuel, je devrais gagner de l'or en barres. Mais je ne veux pas en profiter. En fait, c'est une véritable responsabilité d'être un symbole sexuel."
"A Hollywood la vertu d'une femme est beaucoup moins importante que sa coiffure. On vous juge sur votre apparence, et pas sur ce que vous êtes. A Hollywood, on vous paiera un baiser mille dollars, et on donnera cinquante cents pour votre âme. Je le sais, parce que j'ai très souvent refusé la première proposition, et très souvent mendié la seconde."
En réponse à la question d'un journaliste : "portez-vous de faux seins ?" Marilyn répondit : "Ceux qui me connaissent vraiment n'ont pas besoin de le demander !."
SINCÉRITÉ
"Je
pratique un genre de stupide sincérité. J'entends
par là que je ne veux pas dire les mêmes choses
à tous ceux qui m'interviewent. Je veux que chacun ait
quelque chose de nouveau, de différent, d'exclusif. Quand je
me mets à m'inquiéter pour cela, je commence
à avoir des maux d'estomac."
"Je n'ai jamais envie de blesser quelqu'un, mais vous ne pouvez pas être trop gentille avec les gens car ils vous piétineraient à mort !."
"Je dors toujours la bouche ouverte. Je le sais parce qu'elle est ouverte quand je m'éveille."
"L'argent ne m'intéresse pas. Je veux juste être merveilleuse."
"Les gens ont l'habitude de me regarder comme si j'étais une sorte de miroir au lieu d'une personne. Ils ne me voient pas, ils voient leurs propres pensées cachées, puis ils se blanchissent en prétendant que j'incarne ces pensées secrètes."
"La gravité finit toujours par vous rattraper."
"La jalousie ? C'est comme le sel sur un steak. Il ne faut pas exagérer mais elle est indispensable ..."
"Pourquoi n'ai-je pas le droit de grandir et de me développer comme tout le monde ?."
"Les chiens ne m'ont jamais mordue. Seulement les humains ..."
"Je ne comprends pas pourquoi les gens ne sont pas
un peu plus généreux entre eux." "J'aime les plaisanteries, mais je ne veux pas en
être une." "Pour le petit déjeuner, je prends deux
oeufs battus dans un lait chaud. Je ne prends jamais de dessert. Je ne
porte aucun sous vêtements parce que je pense qu'il est
important de respirer librement. Je me lave les cheveux tous les jours
et fais chaque fois un brushing. Et tous les matins, je marche dans mon
appartement avec une bouteille de soda entre mes genoux pour conserver
le chaloupé de ma démarche." "Vous savez de qui j'ai toujours dépendu
? Pas d'inconnus, pas d'amis. Du téléphone !
C'est mon meilleur ami. Je n'aime pas faire ma correspondance, mais
j'adore téléphoner à mes amis,
spécialement tard dans la nuit, quand je n'arrive pas
à dormir." "J'ai toujours pensé que je
n'étais personne. Et la seule façon pour moi de
devenir quelqu'un... et bien c'est d'être quelqu'un d'autre !" "J'ai été une erreur. Ma
mère ne souhaitait pas m'avoir. Je pense qu'elle ne m'a
jamais voulu. Mais je ne peux pas lui en vouloir, une femme
divorcée a déjà assez de
problème pour se remarier, alors une divorcée
avec un enfant illégitime... J'espère pourtant,
j'espère toujours qu'elle m'ait vraiment voulu..." "Je voudrais vieillir sans aucun recours
à la chirurgie. Je veux avoir le courage d'être
loyale vis à vis de la tête que j'ai. Parfois, je
pense qu'il vaut mieux mourir jeune, mais vous n'accomplissez pas votre
vie, alors, non ? Vous ne savez alors jamais vraiment qui vous
êtes." "S'il vous plait, ne me tournez pas en ridicule, je
vous en prie."
(Le 9 juillet 1962 au journaliste Richard Merryman)
TRAC
"Comment
combattre le trac ? Tout d'abord déplacer l'objet de votre
concentration. On appelle cela la Méthode*; une "remise en
ordre"... Au
lieu de penser à ce que vous ressentez quand vous rencontrez
quelqu'un,
observez simplement ce qu'il peut avoir d'étrange ou
d'intéressant. Il
suffit de modifier un peu votre intérêt, de le
diriger sur quelque
chose d'autre."
* Il s'agit de la
méthode d'art dramatique de Lee Strasberg à
l'Actor's Studio. des acteurs comme Paul Newman, James Dean, Marlon
Brando, Montgomery Clift ont travaillé avec elle.
23 janvier 2006
Louise Brooks
Louise
Brooks (Loulou)
Louise Brooks
est une actrice américaine, née le 14 novembre
1906 à Cherryvale
(Kansas), et morte le 8 août 1985 d'une crise cardiaque
à Rochester.
Son aura à la fois scandaleuse, naturelle, froide, sensuelle, rebelle et énigmatique me fascine...
Aucune
actrice ne creva jamais plus l'écran avec une telle présence visuelle!
Elle fut unique..... On la surnomma la Mona Lisa du cinéma...
Et pour moi, elle demeure éternellement loulou!
Biographie
Née à Cherryvale (Kansas) en 1906, de son vrai nom Mary Louise Brooks, cette actrice aux cheveux d'un noir d'ébène, à la coupe si singulière, est surtout connue pour ses rôles dans les films muets des années 20 aux États-Unis mais aussi, pour trois de ses films, en Europe en 1929 et 1930.
Ses parents sont quelque peu "absents", et bien qu'ils lui donnent le goût des livres et de la musique - sa mère était une pianiste de talent, lui jouant Debussy et Satie -, ils ne peuvent la protéger d'abus sexuels de la part d'un voisin. Cela aura une influence majeure sur sa vie et sa carrière - elle affirmera plus tard être incapable d'aimer vraiment.
Encore adolescente, elle
débute sa carrière d'artiste comme danseuse dans
la révolutionnaire compagnie de danse moderne de Denishaw, où se trouvent
également Martha Graham, Ruth
St. Denis et Ted Shawn.
Après son départ en raison d'une brouille due
à son caractère trop
obstiné, elle se tourne vers ses amis les plus influents et
obtient
bientôt un rôle de danseuse dans les Ziegfeld
Follies à Broadway, où elle se fait
immédiatement remarquer par les studios
américains (à l'époque
basés à New York) par sa grande beauté.
Elle signe chez Paramount où elle passera la plus grande partie de sa carrière. En 1925, elle obtient un rôle (non crédité) dans le film muet The Street of Forgotten Men. Bientôt, elle obtient les premiers rôles dans un certain nombre de comédies légères, jouant notamment aux côtés d'Adolphe Menjou et W. C. Fields. Elle se fait remarquer en Europe grâce à son rôle pivot d'une vamp dans le film muet de Howard Hawks, A Girl In Every Port (1928).
Elle trouve son meilleur rôle américain dans l'un des derniers films muets, Beggars Of Life (1928), dans le rôle d'une fille de la campagne en fuite, avec Richard Arlen et Wallace Beery qui interprètent des clochards qu'elle croise en route. Fait rare pour l'époque, la plus grande partie de ce film est tournée en extérieurs, et le boom microphone est inventé pour ce film par le réalisateur William Wellman qui en a besoin pour tourner l'une des premières scènes parlantes du cinéma.
A cette période
de sa vie, elle est au firmament. Elle est
régulièrement invitée chez le
milliardaire William Randolph Hearst, à San
Simeon. Sa coiffure si unique déclenche une
nouvelle mode, et elle est bientôt imitée par de
nombreuses femmes dans le monde entier.
Peu après le tournage du film, Louise, qui se tient soigneusement à l'écart du "milieu" hollywoodien, refuse d'enregistrer des paroles pour le film muet The Canary Murder Case et part en Europee tourner sous la direction de G.W. Pabst, le célèbre réalisateur expressionniste allemand, mettant un terme à sa carrière à Hollywood.
Dans Loulou (1929), son rôle de Loulou, une femme misérable aux prises avec Jack l'éventreur après une série d'escapades salaces, fait d'elle une icône de la vie et de la mort dans la période jazzy. Ce film est renommé pour son traitement cru des moeurs sexuelles d'alors, y compris la première apparition à l'écran d'une lesbienne. Louise joue ensuite dans les sociodrames controversés que sont Diary Of A Lost Girl (1929) et Prix de beauté (1930), ce dernier étant tourné en France et offrant une fin aussi choquante que fascinante. Tous ces films sont largement censurés, étant très "adultes" dans leur propos et considérés comme choquants en raison de leur affichage de la sexualité, sans compter une critique acerbe de la société. Bien que passés inaperçus à l'époque en raison du succès des films parlants, ces trois films furent plus tard reconnus comme des pièces maîtresses du cinéma muet, son personnage de Loulou étant désormais mythique.
Louise est
considérée comme l'une des premières
actrices
"naturelles" du cinéma, son jeu étant subtil et
nuancé par rapport à de
nombreux acteurs du cinéma muet. Le gros plan
était en vogue chez les
réalisateurs, et le visage de Louise s'y prêtait
parfaitement.
Louise a toujours été égocentrique, parfois d'un caractère difficile, et elle n'hésitait pas à user de sa verve acidulée lorsque l'occasion s'en présentait. De plus, elle s'était promise de ne jamais sourire face à la caméra, sauf si elle y était obligée, et bien que la plupart de ses photos la montrent avec une expression neutre, on peut parfois la voir arborer un sourire éblouissant. De son propre aveu, c'était une femme libérée, encline aux expériences, posant même nue pour des photographes, et ses liaisons avec de nombreuses vedettes du cinéma sont (à juste titre ?) légendaires.
Elle était également dépensière, mais gentille et généreuse envers ses amis, presque à l'excès. Lorsqu'elle retourne à Hollywood, elle est sur liste noire et ne peut reconquérir son succès d'antan. Des rumeurs propagées par les studios laissent entendre que sa voix n'ést pas adaptée aux films parlants, ce qui est faux.
En 1938, après avoir été humiliée de se retrouver dans des films de série B où les studios l'avaient casée pour lui faire regretter son dédain d'antan, elle se retire du show business, et retourne à Wichita (Kansas), la ville de son enfance.
Mais elle n'y trouve pas
la tranquillité qu'elle y espérait. Elle
écrit : "Les
gens de Wichita étaient jaloux de mon succès, ou
me méprisaient pour
mes échecs. Et tout cela ne m'enchantait pas vraiment. Je
dois
reconnaître qu'une malédiction pèse sur
moi : mon proche échec en tant
qu'être humain dans cette société."
Elle retourne vers l'Est et travaille pendant quelques années comme vendeuse dans un magasin Saks sur la Cinquième Avenue à New York, puis vit aux frais de divers hommes fortunés. Hélas, Louise a toujours aimé l'alcool, elle y sombre bientôt, mais parvient à exorciser ses démons : c'est le début de sa seconde vie. Les historiens français du cinéma redécouvrent ses films au début des années 50, prétendant (souvent pour plaisanter) voir en elle une actrice dont le talent dépassait même celui de Marlene Dietrich et Greta Garbo, mais cela a pour effet de lui attirer un nouveau public et la réhabilite même dans son propre pays.
James Card, le conservateur des films de la George Eastman House, la retrouve recluse à New York et la persuade de le suivre à Rochester. Avec son aide, elle devient une scénariste reconnue. Un recueil de ses écrits, plein d'esprit et pertinents, paraîtra en 1982 sous le nom de Loulou à Hollywood. Le scénariste Kenneth Tynan dresse d'elle un portrait avantageux dans son essai La Fille au Casque Noir, dont le titre fait allusion à sa coupe de cheveux si particulière et devenue mondialement célèbre.
Elle donnait rarement des
interviews, mais était en bons termes avec John Kobal et Kevin Brownlow,
deux historiens du cinéma, et ils purent coucher sur papier
certains
aspects de son étonnante personnalité. Elle
vécut seule, de son propre
choix, pendant de nombreuses années, et mourut paisiblement
en 1985 après avoir longtemps souffert d'arthrite et
d'emphysème.
Après sa mort, un excellent film biographique, Louise Brooks: Looking For Lulu, fut réalisé en 1998.
Elle se maria deux fois mais n'eut jamais d'enfants - elle aimait à se décrire comme un ruisseau aride ("Barren Brook" en anglais). Son premier mari fut le réalisateur Edward Sutherland dont elle divorça. Le second fut le millionnaire de Chicago, Deering Davis qu'elle épousa en 1933. Deering la quitta 5 mois plus tard, et ils divorcèrent en 1937.
Louise Brooks est encore dans toutes les mémoires. Elle est considérée comme l'une des plus grandes actrices de l'histoire du cinéma, et l'une des plus belles stars jamais photographiées.
Filmographie sélective
films muets
- 1926 : Au suivant de ces messieurs (A Social Celebrity) de Malcolm Saint-Clair
- 1927 : Un homme en habit (Evening Clothes) de Luther Reed
- 1928 : Les Mendiants de la vie (Beggars of Life) de William A. Wellman
- 1928 : Une fille dans chaque port (A Girl in Every Port) de Howard Hawks
- 1929 : The Canary Murder Case de Malcolm Saint-Clair
- 1929 : Loulou (Die Büsche der Pandora, Pandora's box) de Georg Wilhelm Pabst
- 1929 : Le Journal d'une fille perdue (Das Tagebuch einer Verlorenen) de Georg Wilhelm Pabst
films parlants
- 1930 : Prix de beauté de Augusto Genina
- 1937 : Hollywood Boulevard (King of the Gamblers) de Robert Florey
A eu une romance avec :
- Humphrey Bogart
- Charlie Chaplin
- Greta Garbo
- William S. Paley
s'est mariée avec :
- Edward Sutherland (réalisateur)
- Deering Davis (playboy)
Rencontre avec Louise
Brooks
interview de Patrice Hovald (1967)
"Aux yeux de tous les amoureux, de tous les "amants" vous
êtes "Loulou". Pour des millions d'hommes et de femmes qui
aiment le cinématographe, vous avez
été ce personnage. C'est-à-dire que,
pour nous, vous vous êtes identifiée avec
l'héroïne du film de Georg Wilhelm Pabst. Vous
êtes un des rares mythes du cinématographe. En
êtes- vous consciente?"
"Votre
première question? 'pour des millions d'hommes et de femmes
qui aiment le cinématographe ...' m'a beaucoup
intriguée! En effet, pour autant que je me souvienne et
à une seule exception près, je n'ai jamais eu
d'admiratrices pour mes films. Or, pour durer, une vedette ne doit pas
seulement être admirée, mais imitée par
les femmes. Ce qui m'intrigue, c'est de savoir pourquoi certaines stars
sont imitées par les femmes alors que d'autres ne le sont
pas. Dans les années Vingt, ce fut le cas de Clara Bow, mais
pas celui de Colleen Moore; dans les années Trente Garbo
mais pas Dietrich. Dans les années Cinquante, mes films ont
été repris après plus de vingt ans au
cours desquels je suis tombée dans l'oubli le plus total. En
Novembre 1958, Henri Langlois m'a rendu hommage. Sauf lors de mon
arrivée et à quelques autres occasion, j'ai
passé ce mois à l'hôtel Royal Monceau,
dans une petite chambre grise, dans un petit lit metallique recouvert
d'un édredon rouge. Je ne voulais aller nulle part. C'est
pourquoi, Langlois avait demandé à Lotte [Eisner]
de venir me voir tous les aprés-midi. Quand elle entra dans
ma chambre, le premier jour, elle me jeta un regard et dit: 'Je n'aime
pas les femmes'. Peut-être était-elle au courant
des bruits selon lesquels j'aurais été lesbienne.
Quoi qu'il en soit, cela me fit tellement rire, qu'elle
éclata, elle aussi de rire. Joyeux comme celui d'un enfant,
ce rire scella entre nous une indéfectible
amitié. Elle m'avait apporté du pain de seigle, du
fromage et des pommes toutes dorées; je lui ai
donné du café et du chocolat
américain. Ensuite, nous avons parlé de gens et
de films, mais surtout de littérature: Proust, Goethe,
Tolstoï, Dickens, Samuel Johnson, Ring Lardner. Lotte semblait
avoir lu tous ces génies dans leur propre langue et elle m'a
beaucoup appris ..."
"Il y a eu des milliers de visages nés au cinema
après le vôtre, dont celui de Marylin Monroe et
plus récemment celui de Julie Christie. Et pourtant, le
vôtre, après quarante ans, est resté
inoubliable. Je pense que ce fait est dû à votre
totale rupture avec ce qu'auparavant on avait vu à
l'écran. Le visage de Loulou est celui - là
même de la femme moderne, celui dont tout homme - et nombre
de femmes - rêvent inconsciemment ou ... consciemment. Ai -
je raison? Quel est votre sentiment à ce sujet?"
"Chaque fois que j'ai vu
mes films, j'ai eu le sentiment d'une corvée
plutôt stupide. En l'occurence, il ne peut y avoir pour moi
ni mystère, ni surprise. C'est d'ailleurs la raison pour
laquelle je ne suis pas curieuse. Je ne crois pas que l'on puisse
apprendre une quelconque technique d'interprétation, sauf
celle d'un autre acteur qui apprendre son métier. Les
comédiennes qui me fascinent sont celles qui, comme Greta
Garbo et Simone Signoret, offrent un insondable mystère dans
la manière dont elles réagissent devant une
situation donnée; celles qui, comme Marylin Monroe,
conservent une constante pureté en dépit de
danses 'sexy' strictement vulgaires; celles qui, comme Jean Harlow et
Ava Gardner, m'écrasent de leur
générosité. La rapidité
explosive et l'esthétique qui partecipent des gestes de
Shirley MacLaine me coupent le souffle."
"Marlène Dietrich était issue de Josef von Sternberg,
Garbo de Maurice Stiller,
Louise Brooks est - elle issue de Pabst?"
"Pabst n'a pas
créé Louise Brooks: il l'a
réalisée, libérée. En 1928,
il m'avait vue dans A girl in every port de Howard Hawks et avait pris
des contacts à Hollywood pour Loulou. Bien qu'il ne
m'eût jamais rencontrée et qu'il ignorât
tout de moi jusqu'à mon arrivée à
Berlin, il avait, je ne sais comment, deviné que
j'étais 'sa' Loulou. En 1958, j'ai envoyé
à Pabst un mot amer parce que, 'maintenant', on me
considérait comme une grande comédienne. Il me
répondit: "Vous étiez une grande
comédienne parce que vous aviez une forte
personnalité."
"Quels ont été vos rapports avec Pabst pendant le
tournage de Loulou? Il est rare d'observer un tel accord avec un
metteur en scène et son interprète. N'est ce
là qu'une apparence ou bien l'exigence de Pabst
répondait - elle à vos propres aspirations?"
"Dès l'instant
où je l'ai rencontré, je n'ai pas
cessé d'adorer Pabst. Quelquefois, il disait que
j'étais 'la plus belle et la plus fascinante femme qu'il ait
jamais vue', quelquefois, il disait que j'étais 'une vraie
chienne' parce qu'il ne pouvait pas se faire à
l'idée que la Loulou réelle, à
l'instar de la Loulou du film, collectionnait les amants. Au travail,
l'entente était si parfaite entre nous qu'il ne disait
presque rien. Je ne parlais pas l'allemand; il parlait, lui, un
excellent anglais. Cependant, parce qu'il manquait de pratique d'une
part, en raison de la présence des autres acteurs allemands,
d'autre part, il dirigeait dans sa langue. Une seule fois, lors du
tournage de Diary of a lost girl, nous ne nous sommes pas compris et
j'ai fichu une scène en l'air en ne fermant pas une porte.
'Die Tür zu, die Tür ist zu', hurla - t - il. Bon
sang, ne pouvait - il pas parler anglais!"
"La liberté de Loulou était - elle votre propre
liberté? L'a - t - elle été toute
votre vie? Si oui, avez - vous eu à en souffrir dans vos
rapports avec la societé?"
"La liberté de
'Loulou' est ma propre liberté. Quand, après
n'avoir pas réussi à me persuader de rester en
Allemagne pour tourner des films, Pabst me prédit que la fin
de Loulou serait ma fin, il n'était pas loin d'avoir
'horriblement' raison. Il savait que, comme Loulou, je n'attachais
aucune importance à moi - même. Je n'ai revu
Loulou qu'en 1957, lorsque le film m'a été
projeté ici, à Eastman House, à
Rochester. Pabst sentait que je me laissis aller et que
j'étais un objet pour quiconque me prendrait en main. J'ai
fait fi de la sécurité et des conventions
sociales. Je haïssais Hollywood. Aprés un an de
mariage, je me suis rebellé contre mon état de
'Mrs. Sutherland'. Maîtresse d'un
célèbre millionnaire, j'ai trouvé
insupportable d'être un jouet sexuel, tombée plus
bas qu'une fille dont on paye les services. Je suis devenue une sorte
de clocharde. C'est alors qu'on m'a rejetée."
"Qu’est-ce Loulou à vos yeux? Avez-vous lu la
version établie Freddy Buache? Les scènes
originales coupées par les différentes censures
et qui manqueraient dans cette version sont-elle nombreuses?
Lesquelles?"
"Pour moi Loulou est la
projection de Louise Brooks. J’ai eu un peu plus de chance
puisque j’ai été
élevée – encore que dans une totale
indifférence – par des parents
cultivés. Bien qu’à huit ans
j’aie été séduite par un
quadragénaire – un certain Mr. Flower - , ma vie
n’a pas commencé comme celle de Loulou,
à danser, au hasard dans des rues de la ville, sous la
surveillance d’une espèce de maquereau. En 1954,
j’ai été sauvée
d’un désastre irrémédiable
par une pension de mon fameux millionnaire. Je suis très
fière de l’opinion flatteuse que Freddy Buache a
de mes films. En ce qui concerne la censure, chaque pays a
coupé dans Loulou et Diary selon ses propres exigences. En
France, l’amie lesbienne de Loulou est devenue une amie tout
court, le fils de son mari est devenue son secrétaire!"
"Quel a été l’accueil du public en
1928-1929?"
"Quand
Pandora’s box fut réalisé en 1928 et
présenté dans une version mutilée,
tous les critiques m’éreintèrent. Ils
étaient absolument indignés qu’une
Américaine ait pu interpréter le personnage de
Loulou. Ils disaient que je ne savais rien faire. Ils me voulaient
à l’image de Asta Nielsen, frémissante,
douloureuse. La vérité, c’est
qu’une fille, jeune encore, n’a pas le temps, au
cours d’un tournage, de penser à des choses
classées en bonnes ou mauvaises, par conséquent,
elle ne peut donc pas jouer la « souffrance ». Sur
le plan symbolique, Loulou est une force vive qui ne connaît
rien de l’amour jusq’à ce
qu’elle ait dit « JE T’AIME »
à Jack the Ripper. À l’instar
d’une graine, elle doit mourir pour naître
à la vie. Le héros de Loulou est un vieux
maquereau qui sait ce qu’il veut et qui l’obtient.
J’ai vu Pandora’s box en séance
publique. Les gens ont détesté cela.
Voilà un monde qui, pour avoir à sa disposition
de jeunes putains, doit vendre aux hommes comme aux femmes le mythe de
la prostitution considérée comme une chose
plaisante - voir Never on Sunday. La
vérité qui veut que les clients des
prostituées peuvent être des voleurs, des
souteneurs, des assassins et des porteurs de sales maladies
vénériennes, cette verité -
là se dissimule en l’occurrence sous une certaine
forme de propagande : celle des putains heureuses"
"Combien de films avez-vous tournés ? Lesquels sont
importants pour vous?"
"J’ai
tourné ving-quatre films. Loulou est naturellement quelque
chose d’important pour moi: Pabst a fait de moi quelque chose
d’important. Le théâtre est le fait
d’acteurs ; le cinéma celui des metteurs en
scène"
"Où êtes-vous née? Que faisaient vos
parents? Avez-vous des frères, des soeurs? Que faisiez- vous
avant de devenir comédienne? Comment êtes - vous
venue au cinéma?"
"Je suis née
le 14 Novembre 1906 à Cherryvale, une petite ville du
Kansas. Mon grand-père, John Brooks, était venu
en 1870 d’une ferme du Tennessee à bord
d’un chariot bâché, pour
s’établir dans la prairie parmi les Comanches, les
chasseurs de buffles et les conducteurs (des ivrognes pour la plupart)
de troupeaux venus du Texas. Mon père était
avoué. Ma mère était une belle jeune
femme qui montait son poney sans selle, qui interprétait
remarqueblement Debussy et qui détestait les enfants. Elle
en avait quatre : Martin, Louise, Théodore et June.
J’ai commencé à danser à
l’âge de cinq ans, ma mère m’a
envoyée à New York suivre des cours chez Ruth St.
Denis et Ted Shamm [Shawn]. Pendant deux ans, j’ai fait des
tournèes avec leur compagnie. En 1924, j’ai
dansé dans la revue Scandals de George White. Je suis
ensuite venue en France avec ma meilleure amie, Barbara Bennett, soeur
de Constance et de Joan. J’ai échoué
à l’hôtel Edouard VII à Paris
et j’ai été sauvée
d’une détresse certaine par un producteur
américain de théâtre, Archie Selwyn,
qui m’a emmenée à Londres pour danser
le charleston au Café de paris (détruit pendant
la deuxième guerre mondiale). En 1925, je suis
retournèe aux États - Unis pour danser aux
Ziegfeld Follies jusqu’à l’automne de
cette même année où j’ai
signé un contrat avec Paramount"
"Quel âge avait Loulou? Quel âge aviez-vous
à votre dernier film?"
"J'ai
fêté mon 22e anniversaire en Novembre 1928,
à Berlin dans le 'brouillard londonien' des
décors de Loulou. J'ai tourné mon dernier film
(Overland stage raiders) à Hollywood, en 1938, avec John
Wayne. J'avais 31 ans"
"Pourquoi avez-vous cessé brusquement de tourner? On dit que
le parlant vous a été fatal. Est-ce vrai?"
"Quand le
cinéma parlant est né en 1928, la Paramount a vu
là un prétexte pour diminuer les salaires des
acteurrs. B. P. Schulberg, chef de la production, que devait sa
situation au seul fait d'avoir sous contrat Clara Bow, la plus belle
affaire - financièrement parlant - du cinéma, me
dit que je pouvais continuer à 75 $ par semaine. Je suis
partie. En Décembre, quand je suis revenue à New
York après avoir tourné Loulou à
Berlin, Schulberg m'ordonna de retourner à Hollywood pour y
sonoriser mon dernier film muet The Canary murder case. J'ai
refusé et les producteurs durent dépenser
beaucoup d'argent pour faire doubler ma voix par celle de Margaret
Livingstone (Sunrise) que me fit ainsi parler avec l'accent de
Brooklyn. Quand la copie fut prête ne 1929, le studio se
vengea en faisant savoir partout que j'avais raté la version
parlante parce que ma voix ne collait pas. Lorsque,
complètement fauchée, je revins à
Hollywood, en 1930 d'abord, puis en 1935, j'étais sur la
liste noite dès lors qu'il s'agissait pour moi de trouver un
travail convenable"
"J'aurais rêvé d'un film où Louise
Brooks aurait été dirigée par von
Sternberg. Qu'en ne pensez-vous?"
"Sternberg avait une
sorte de génie pour transformer les actrices fades et
quelconques en créatures mystérieusement
attirantes. Dans Docks of New York, il a donné à
Betty Compson son attrait sensuel; dans Underworld, il a
transformé en séductrice la masculine Evelyn
Brent. Il est certain que s'il m'avait dirigée, il aurait
donné une nouvelle dimension à ma
personnalité"
"Avez-vous revu Pabst depuis 1930?"
"Après avoir
realisé Diary of a lost girl, Pabst vint à Paris
en Septembre 1929 me voir pendant Prix de beauté. En 1935,
il m'a rencontré à New York alors qu'il pensait
à un Faust de Goethe avec Garbo et moi. Le projet ne se
réalisa pas. C'est en 1936, à Hollywood, que j'ai
vu Pabst pour la dernière fois. Il m'avait
invitée, un après-midi, à une 'party'.
Sa femme, Trude - qui ne m'aimait pas - sortit brusquement au moment
où j'entrais dans la pièce où les
invités étaient rassemblés.
Après avoir bu un brandy et écouté
Pabst consoler Eric von Stroheim qui était très
malheureux parce qu'aucun producteur ne voulait le laisser
réaliser un film, je suis, moi aussi, sortie brusquement
pour aller à une 'party' plus joyeuse"
"Est-il exact que vous écrivez vos mémoires?"
"J'ai
arrêté d'écrire mes mémoires
au moment où je me suis rendue compte que seule la
vérité m'intéressait et
qu'écrire la vérité sur
moi-même obligeait à écrire la
vérité sur d'autres personnes qui n'aimeraient
pas cela"
"Allez vous au cinema? Souvent?"
"Comme je sors peu, rares
sont les films que je vois. Ingmar Bergman est le plus grand metteur en
scène de cinéma"
"Avez-vous été heureuse? S' c'était
à refaire? L'amour est pour la plupart des êtres
la plus important chose au monde. Et pour vous?"
"Jeune, j'ai
été malheureuse la plupart du temps. Ce que
recherchaient mes amis - gloire, argent, pouvoir - n'était
pas fait pour rendre heureuse. Leurs plaisirs- saloperies sensuelles,
manières de se donner des airs, de se faire valoir - ne me
rendaient pas heureuse. C'est seulement lorsque je me suis etablie
à Rochester que j'ai trouvé un peu de bonheur.
Loin de tous ceux qui voudraient s'occuper de moi, je peux vivre commme
je l'entends et fermer chaque soir ma porte en disant 'Dieu merci, je
suis seule'. Comme il est vain de revenir sur soixante-deux ans de vie
pour envisager quelque chose de nouveau! Un recommencement ne
changerait rien à un charactère
façonné par le destin. Quant à
l'amour, si vous entendez par là l'amour physique, je suis
à l'image de Loulou; je n'ai aimé personne"
Patrice Hovald, Rencontre avec Louise Brooks, "Sequences", nr. 122,
Octobre 1985 [1967]
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