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Stanislas kazal underground blog

contre-culture,réflexions, poésie,cinéma de genres et d'auteurs, musiques, société,critiques,littérature, arts, révoltes, mousse au chocolat et couscous.....

13 février 2006

Appel au dessein

   

Appel au dessein


L'appel au dessein est une des "preuves" de l'existence de Dieu. Dans sa forme de base, cet argument infère, à partir de l'ordre intelligent et de la beauté créée de l'univers, qu'il existe un Concepteur et Créateur de l'univers. L'argument a été critiqué comme étant une pétition de principe: il suppose que l'univers est conçu pour prouver qu'il est le résultat du travail d'un concepteur. L'argument supprime également des preuves: malgré sa beauté et sa magnificence, l'univers est aussi plein de, eh bien!, pour être délicat, disons que l'univers est aussi plein de mauvaises choses. Je suppose que je devrais être plus précis, mais je pense que le lecteur sait de que je veux dire: des enfants nés sans cerveau, des gens innocents subissant des tortures monstrueuses comme la neurofibromatose, des gens mauvais qui se dorent au soleil en profitant du pouvoir, d'une réputation, etc., des Volcans en éruption, des tremblements de terre secouant la planète, des ouragans et des tornades balayant des milliers de vies tous les jours. Est-il injuste d'appeler ces choses mauvaises, alors que les théistes y font tranquillement référence comme des maux amoraux ou maux physiques? Dire, comme le font beaucoup de partisans du Dessein, que ces choses nous paraissent mauvaises mais que nous ignorons le plan et la vision divine et que nous ne pouvons pas savoir quel bonne chose peut en sortir, est auto-contradictoire. Si nous ne pouvons pas savoir ce qui est bon et qui ne l'est pas, nous ne pouvons pas savoir non plus si la conception, si c'est le cas, est bonne ou pas.

L'argument de Paley

Une des plus fameuses variantes de cet argument est celle de l'analogie avec une montre. William Paley (1743-1805), l'Archidiacre de Carlisle, écrit dans sa Natural Theology (1802):

 

Supposons qu'en marchant dans la lande je tombe sur une   pierre et qu'on me demande comment la pierre est arrivée là; je pourrais répondre que, à ma connaissance, elle était là de tout temps; il ne serait peut-être pas facile de montrer non plus l'absurdité de cette réponse. Mais supposez que j'avais trouvé une montre sur le sol, et qu'on me demande comment la montre était arrivée à cet endroit, je ne penserais même pas à ma précédente réponse, qu'à ma connaissance, la montre était là de tout temps.

La raison, dit-il, de ne pas pouvoir concevoir la montre comme étant là de tout temps est qu'il est évident que les pièces de la montre ont été assemblées pour un motif. Il est inévitable que "la montre doit avoir un fabricant," alors que la pierre n'a apparemment aucun but qui serait révélé par l'assemblage complexe de ses parties.

La réponse de Darrow

Il est possible, bien sûr, d'attaquer l'argument de Paley sur ce point et dire, comme l'a fait Clarence Darrow, que certaines pierres peuvent être tout aussi étonnantes qu'une montre; car elles sont complexes et pourraient facilement être conçues par quelqu'un pour un but dont nous ne sommes pas conscients, et de toutes façons "si l'on y regarde de près et qu'on l'étudie en détail, la pierre…est tout aussi merveilleuse que la montre." Quoi qu'il en soit, le point de Paley n'était pas que les montres étaient intrinsèquement plus intéressantes que les pierres. Son idée était qu'une montre peut paraître analogue à la création de l'univers. La conception de la montre implique un concepteur intelligent. Ce fait, dit Paley, ne serait pas affaibli même si nous venions à découvrir que la montre était le rejeton d'une autre montre [jeu de mot difficile à traduire]. "Personne," dit-il, "ne peut rationnellement croire que la montre insensible et inanimée, dont provient la montre présentée devant nous, était la cause propre du mécanisme que nous avons tant admiré en elle--puisse être vraiment considérée comme ayant construit l'instrument, mis en place ses pièces, attribué leurs fonctions, déterminé leur ordre, action et interdépendance, combiné leurs divers mouvements en un seul résultat et que ce résultat soit également relié aux besoins d'autres êtres."

Paley continue alors en affirmant que "toutes les manifestations d'un dessein qui existait dans la montre, existe dans les oeuvres de la nature, avec cette différence en faveur de la nature est qu'elle est plus grande et de plus, incomparablement plus compliqué au-delà de tout calcul." L'implication est que les oeuvres de la nature doivent avoir un concepteur d'une intelligence suprême pour être arrivé à assembler un mécanisme aussi magnifique que l'univers. Selon Darrow, cette 'implication' est en fait une supposition.

 

Pour dire qu'un certain arrangement ou processus révèle un ordre ou un système, on doit avoir une norme ou un modèle par lequel on détermine si la chose en question révèle un dessein ou un ordre. Nous avons une norme, un modèle, et c'est l'univers lui-même, à partir duquel nous produisons nos idées. Nous avons observé cet univers et son fonctionnement et nous appelons cela ordre. Dire que l'univers est modelé en ordre revient à dire que l'univers est modelé sur l'univers. Cela ne peut rien vouloir dire d'autre. *

Le problème avec l'analogie de Paley est que la croyance que l'univers révèle un ordre et un but est une supposition. Une des qualités d'un bon argument par analogie est que les caractéristiques mentionnées comme étant partagées doivent réellement l'être. S'il y a un doute que l'un des éléments comparés (l'univers) possède la caractéristique partagée la plus significative (d'être ordonné et d'avoir un but), alors l'argument par analogie ne tient pas.

L'argument de Hume

Un autre philosophe, David Hume (1711-1776), a repris l'analogie du dessein quelques années avant Paley, dans ses Dialogues Concerning Natural Religion. Un des personnages, Philo, suggère que "Si l'univers ressemble plus à l'anatomie animale ou aux végétaux qu'aux oeuvres d'art humaines, il est plus probable que sa cause ressemble plus à celle des premiers qu'à celle des dernières, et son origine doit plutôt être recherchée dans la génération ou la végétation que dans la raison ou le dessein." (Livre VII) "Le monde," dit Philo, "ressemble clairement plus à un animal ou à un végétal qu'à une montre ou à un métier à tisser. Par conséquent, il est plus probable que sa cause ressemble plus à la cause du premier. La cause du premier est la génération ou la végétation. Nous pouvons donc inférer que la cause du monde doit être similaire ou analogue à la génération ou à la végétation." Hume pensait apparemment que l'analogie était une blague, mais peut-être que Paley rit encore de cette constellation de la Grande Carotte.

Je pourrais trouver cette analogie horlogère plus convaincante d'un Dessein Divin si, alors que Paley observait la montre de son scénario imaginaire, celle-ci lui envoyait un éclair entre les deux yeux, soudainement et sans raison. Ceci serait plus en harmonie avec le mode que je connais et que j'aime. Si la montre pouvait transmettre le SIDA à ceux qui la touchaient, ou contaminer sa progéniture pour l'éternité, alors je pourrais être convaincu que cette montre est comme l'univers et l'indice d'un Grand Horloger.

L'ordre apparemment conçu

Enfin, il y a un argument commun et populaire qui liste des faits sur la nature qui, s'ils étaient différents, feraient que notre planète ou la vie sur celle-ci n'existerait pas. Nous ne serions pas là, note-t-on,

     
  • si le soleil était un peu plus éloigné ou deux fois moins puissant  
  •  
  • si l'axe de la Terre était légèrement différent  
  •  
  • si la Lune était plus grande ou plus proche ou plus éloignée  
  •  
  • si la gravité n'était pas une force aussi faible  
  •  
  • si l'ADN ne se répliquait pas  
  •  
  • si les molécules étaient plus grandes ou plus petites  
  •  
  • s'il y avait soixante planètes dans notre système solaire  
  •  
  • si le carbone n'existait pas  
  •  
  • si la vitesse de la lumière était la moitié de ce qu'elle est  
  •  
  • s'il n'y avait pas de mutations génétiques  
  •  
  • si la rotation de la Terre était un dixième de ce qu'elle est  

De plus, notons tous les signes d'un dessein:

     
  • les saumons, les anguilles, les oiseaux, les papillons et peuvent migrer et retrouver leur zone de reproduction et de nourriture année après année  
  •  
  • la raison humaine qui peut concevoir Dieu  
  •  
  • les systèmes écologiques naturels  

Il est impossible de nier les faits. Si les choses étaient différentes; elles seraient différentes. Mais elles ne le sont pas, alors que signifie cet argument? Le soleil sera un jour incapable de maintenir la vie sur cette planète. Il ne peut déjà pas le faire sur plusieurs autres planètes. Qu'est-ce que ça prouve sur un dessein? Rien. L'axe de la Terre a été différent et le sera encore. Un jour, cette planète sera inhabitable. Qu'est-ce que ça prouve sur un dessein, intelligent ou non? Rien. Il est indéniable que notre existence ici dépend de millions de facteurs. Et après? Beaucoup de ces facteurs n'existaient pas dans le passé et n'existeront pas dans le futur de cette planète. Il y avait un moment où il n'y avait pas de vie sur cette planète et il y aura un moment où il n'y en aura plus. Il y a eu un temps où cette planète n'existait pas et il y aura un temps où elle n'existera plus. Qu'est-ce que ça prouve sur un dessein? Rien. Il y a d'innombrables planètes existantes qui ne possèdent pas les conditions nécessaires à la vie. Qu'est-ce qu'elles prouvent sur un dessein? Rien.

On pourrait affirmer que les chances sont d'une pour des milliards de milliards que toutes ces circonstances se soient produites ne même temps pour rendre possible la vie sur Terre. Mais puisque nous sommes là, les chances sont de 100 % que ça peut arriver. Cressy Morrison a affirmé une fois

 

Supposez que vous preniez dix pièces identiques, marquées de un à dix, dans votre poche et les mélangiez bien. Maintenant essayez de les sortir dans l'ordre de un à dix en remettant à chaque fois la pièce tirée dans votre poche et en les mélangeant à nouveau. Mathématiquement, nous savons que vos chances de tirer la pièce un au premier coup sont d'une sur 10; celles de tirer la pièce un et deux dans cet ordre sont d'une sur 1000; celle de tirer un, deux et trois dans cet ordre, de une sur mille, et ainsi de suite; vos chances de les tirer toutes les dix, dans l'ordre serait un inconcevable une sur dix milliards.  

 

Par le même raisonnement, tant de conditions exigeantes étant nécessaires pour la vie sur Terre, elles n'ont pas pu exister dans un rapport correct par hasard. La Terre tourne autour de son axe à la vitesse de 1600 kilomètres par heure à l'équateur; si elle tournait à 160 kilomètres par heure, nos jours et nos nuits seraient dix fois plus longs que maintenant, et le soleil brûlerait notre végétation pendant chacune des longues journées alors que, durant la longue nuit, les pousses survivantes pourraient bien geler.

Morrison fait une pétition de principe. La Terre avec sa vie est bien là. Ses chances d'exister sont de 1/1. de toutes façons, si j'avais eu 20 milliards d'années pour tirer dix pièces de ma poche, les chances de les tirer dans le bon ordre au moins une fois sont très grandes.

Mais pourquoi égratigner cet argument de la rareté alors que nous pouvons l'écraser?

 

… la rareté n'est intrinsèquement preuve de rien du tout. Lorsque quelqu'un reçoit une main de treize cartes au bridge, la probabilité de recevoir cette main-là est de moins d'une sur 600 milliards. Et pourtant, il serait absurde pour quelqu'un qui reçoit cette main, de l'examiner avec attention, de calculer que la probabilité de l'obtenir est de moins d'un sur 600 milliards, et d'en conclure alors qu'il est impossible d'avoir obtenu cette main-là parce que c'est trop improbable.
--John Allen Paulos, Innumeracy: Mathematical Illiteracy and its Consequences
 

Y a-t-il des explications naturalistes et mécanistes pour les systèmes écologiques et ce qu'on appelle la "sagesse animale"? Bien sûr. Est-ce que ça prouve qu'elles n'ont pas été conçues? Bien sûr que non. Leur existence non plus ne prouve pas un dessein. Devons nous supposer un Dieu pour expliquer comment la raison humaine est venue, avec sa capacité à concevoir un être tout-puissant? Bien sûr que non. Ceci signifie-t-il que Dieu n'existe pas. Bien sûr que non. Mais cela montre sans doute que l'argument du dessein n'est rien moins qu'un exercice de pétition de principe. Il lui faut supposer un dessein pour pouvoir le prouver.

La signification de la vie

Le théiste pense que la vie ne fait de sens que si Dieu existe. Pourquoi alors semble-t-il clair aux athées que tout fait autant de sens, sinon plus, s'il n'y a pas de Dieu? Pourquoi l'univers sans dessein, conduit seulement par des forces naturelles et impersonnelles, semble-t-il parfaitement intelligible à l'athée?

Un athée regarde l'univers et ce que nous en savons et il voit que son prétendu ordre parfait et sa conception sont très imparfaits. Ils regardent les choses individuelles qui sont merveilleuses dans leur fonction, mais ridicules dans leur conception et sont amenés à penser qu'aucun être omniscient ne les concevrait de cette façon. Comme le dit Russell: qui ne ferait pas un meilleur monde si on lui donnait l'omnipotence, l'omniscience et de milliards d'années pour y arriver? On pourrait attendre d'un être omniscient et omnipotent qu'il utiliserait un modèle beaucoup plus simple et plus efficace pour l'univers et pour la plupart des choses qu'il contient. La complexité même et les défauts inhérents des structures montre, comme l'a noté Clarence Darrow, l'absence de conception et le résultat de forces naturelles agissant sans but particulier en tête. Vous pouvez utiliser une pince complexe pour faire tenir ensemble quelques feuilles de papier, mais un trombone est une chose beaucoup plus élégante pour cela. Les orbites des planètes autour du soleil sont une merveille à voir, mais la ceinture des astéroïdes, les météores, et les comètes qui s'écrasent sur les planètes est une curieuse touche pour un Créateur omnipotent et bienveillant. Un enfant sain est un incomparable bonheur et source d'espoir, mais les siamois et autres "monstres" de la nature, ainsi que la myriade de défauts génétiques de naissance, semblent indignes d'un dessein bienveillant. L'athée voit une femme avec une tumeur de 100 kilos et pense qu'un mal aussi grotesque ne pourrait être autorisé par un Dieu omnipotent et bienveillant. Mais la patiente et ses parents pensent que Dieu a aidé les chirurgiens à l'enlever et sauver sa vie. Ils ne blâment pas Dieu de la tumeur, mais le remercient de l'avoir enlevée. Ils peuvent même soutenir que Dieu avait un excellent et noble but pour causer une telle souffrance. L'athée trouve que cette rationalisation n'est rien moins qu'une hypothèse ad hoc.

La réponse théiste typique à ce qui précède est de le considérer comme non-pertinent. Dieu n'est pas lié par les conceptions humaines de perfection ou de conception correcte. Ce qui peut nous paraître inélégant, inefficace ou imparfait peut être correct pour Dieu. Mais si nous développons ce raisonnement jusqu'à sa conclusion logique, nous ne pouvons rien dire du tout sur Dieu. Je soutiens que Dieu devrait pouvoir égaler les standards minimaux qu'un groupe d'humains raisonnablement compétents et intelligents trouverait. Si ce Dieu ne peut pas faire mieux que cela, alors le mot "perfection" n'a pas de sens lorsqu'on l'applique à cet être. Si quelqu'un maintient que les voies de Dieu sont fondamentalement impénétrables, alors tout est bon. Dieu pourrait être n'importe quoi, même le mal pur, dans ce cas.



14 février 2006

Appel à l'autorité

   

Appel à l'autorité

L'appel à l'autorité est un sophisme lorsque l'autorité mentionée n'en est pas vraiment une. Par exemple, faire appel à Einstein pour appuyer un argument en matière religieuse serait un appel injustifié à l'autorité. Einstein était un expert en physique et pas en religion. Néanmoins, même s'il avait été rabbin, un appel au rabbin Einstein comme preuve de l'existence de Dieu serait toujours un appel injustifié à l'autorité parce que la religion est, par nature, un domaine controversé. Non seulement les experts sont en désaccord sur des points fondamentaux de la religion, mais beaucoup de gens pensent que la religion elle-même est fausse. L'appel à des non-experts comme s'ils en étaient, ou l'appel à des experts dans des domaines controversés en soutien d'une croyance, sont également injustifiés pour établir la véracité de cette croyance.

L'appel injustifié à l'autorité est un type de sophisme génétique, qui tente de juger d'une croyance en arguant de son origine plutôt que par une évaluation du pour et du contre. Si la croyance provient d'une personne faisant autorité, alors la croyance est suppposée vraie. Néanmoins, même les personnes faisant autorité peuvent avoir des croyances erronées.

Les appels à l'autorité ne deviennent pas justifiés lorsque l'on cite plusieurs experts qui pensent que quelque chose est vrai. Si les autorités sont hors de leur domaine de compétence ou si le sujet est controversé, faire une longue liste de partisans ne rendra pas l'appel plus justifié. Pour tout sujet controversé, il est probable que l'on pourra trouver des experts tout aussi compétents de chaque côté de la barrière. Si une affirmation controversée pouvait être décrétée vraie parce que des experts la soutiennent, alors les croyances contraires seraient vraies, ce qui est absurde. La véracité ou fausseté, la vraisemblance ou l'invraisemblance, d'une croyance doit être indépendante de ceux qui l'acceptent ou la rejettent.

Enfin, il faut noter qu'il n'est pas injustifié de citer une autorité pour appuyer une affirmation dans un domaine où l'on est pas compétent pour juger. Néanmoins, dans ce cas, l'autorité doit être dans son propre domaine de compétence et l'affirmation ne doit pas être considérée comme controversée par les autres experts du domaine. Dans un domaine comme la physique, il est raisonnable de croire une affirmation de physique faite par un physicien et que la plupart des physiciens considèrent comme vraie. On peut supposer qu'ils y croient pour des raisons valides. Ces croyances peuvent se révéler fausses, bien sûr, mais il est clair qu'aucune affirmation n'est vraie sous prétexte que des gens y croient.

16 février 2006

Chacun sa chimère

   

Chacun sa chimère
Un petit poème en prose tiré du spleen de Paris de Charles Baudelaire, hier j'étais en concert au Bt59 à Bordeaux Bègles, je suis fourbu mais heureux c'est vrai qu'elle pèse son poids ma chimère.

Sous un grand ciel gris, dans une grande plaine poudreuse, sans chemin, sans gazon, sans un chardon, sans une ortie, je rencontrai plusieurs hommes qui marchaient courbés. Chacun d’eux portait sur son dos une énorme chimère, aussi lourde qu'un sac de farine ou de charbon, ou le fourniment d’un fantassin romain. Mais la monstrueuse bête n'était pas un poids inerte ; au contraire, elle enveloppait et opprimait l’homme de ses muscles élastiques et puissants ; elle s’agrafait avec ses deux vastes griffes à la poitrine de sa monture ; et sa tête fabuleuse surmontait le front de l’homme, comme un de ces casques horribles par lesquels les anciens guerriers espéraient ajouter à la terreur de l’ennemi. Je questionnai l’un de ces hommes, et je lui demandai où ils allaient ainsi. Il me répondit qu'il n'en savait rien, ni lui, ni les autres ; mais qu'évidemment ils allaient quelque part, puisqu'ils étaient poussés par un invincible besoin de marcher. Chose curieuse à noter : aucun de ces voyageurs n'avait l’air irrité contre la bête féroce suspendue à son cou et collée à son dos ; on eût dit qu'il la considérait comme faisant partie de lui-même. Tous ces visages fatigués et sérieux ne témoignaient d’aucun désespoir ; sous la coupole spleenétique du ciel, les pieds plongés dans la poussière d’un sol aussi désolé que ce ciel, ils cheminaient avec la physionomie résignée de ceux qui sont condamnés à espérer toujours. Et le cortège passa à côté de moi et s’enfonça dans l’atmosphère de l’horizon, à l’endroit où la surface arrondie de la planète se dérobe à la curiosité du regard humain. Et pendant quelques instants je m'obstinai à vouloir comprendre ce mystère ; mais bientôt l’irrésistible indifférence s’abattit sur moi, et j'en fus plus lourdement accablé qu'ils ne l’étaient eux-mêmes par leurs écrasantes chimères.

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17 février 2006

Trente témoins qui auraient pu parler au procès "Dutroux et consorts" ne sont plus de ce monde.

   

Trente témoins qui auraient pu parler au procès "Dutroux et consorts" ne sont plus de ce monde.
Loi des séries , coïcidence, ou plus ? (hum...)


"Des morts opportunes." (Guy Poncelet, Procureur du roi honoraire de Tournai)

"Les témoins, une espèce en voie de disparition." (Douglas De Coninck)

"Il y a deux espèces de témoins : ceux qui meurent d’une manière ou d’une autre, et ceux qui sont déclarés fous." (Regina Louf)

Ce qui suit est tiré de l’ouvrage de Douglas De Coninck, "Trente témoins morts... Ils ne parleront pas au procès Dutroux" (Rosières, Mols, 2004).

Le scenario est presque toujours le même : un individu déclare qu’il a des révélations importantes, voire explosives, à faire dans le cadre de l’affaire « Dutroux et consorts », et le jour même où il s’apprête à témoigner, ou la veille, il a un accident mortel, ou il se suicide dans des circonstances énigmatiques. « Aucun de ces décès n’a semblé intéresser le juge Langlois en quoi que ce soit, en dépit des incessantes tentatives du procureur Michel Bourlet d’attirer son attention sur ces affaires ». (p.265)

Nous avons sélectionné, ci-dessous, quelques-uns de ces cas de morts dans d’étranges circonstances.

-  François Reyskens. Mort le 26 juillet 1995.

Début juillet 1995, les parents de Julie Lejeune et Mélissa Russo, disparues depuis deux semaines, recoivent un appel téléphonique d’un courtier en assurances , sorte de père adoptif d’un jeune cocaïnomane répondant au nom de François Reyskens. Ce jeune homme, explique le courtier, déclare avoir rencontré les petites Julie et Mélissa. Aussitôt, Carine Russo alerte la gendarmerie de Seraing et rendez-vous est pris avec le jeune François Reyskens pour le 26 juillet. François Reyskens meurt, écrasé par un train, 2 heures avant ce rendez-vous. L’enquête conclut au suicide.

Son père Jean Reyskens : « C’est plutôt étrange que juste à ce moment-là il finisse sous un train. Est-ce vraiment une coïncidence ? »

-  Guy Geubels.

Le 25 août 1995, Guy Geubels, adjudant à la brigade de gendarmerie de Grâce-Hollogne, va rencontrer la presse. Il a obtenu l’autorisation de ses supérieurs d’être interviewé par une équipe de la RTBF. Il faut dire qu’il est l’un des premiers gendarmes à avoir été en contact avec les familles des petites Julie et Mélissa. Il est aussi, selon le témoignage des familles Lejeune et Russo, l’un des seuls à ne pas parler de pistes mafieuses mais bien de pédophilie. L’interview n’aura pas lieu... Guy Geubels est retrouvé mort le 25 août 1995. Une balle dans la tête. Son arme dans une main, le cornet du téléphone dans l’autre. Coïncidence : le 25 août 1995 est le jour où débute officiellement l’Opération Othello, cette opération funeste de « surveillance » de Dutroux, durant une période où celui-ci détenait, en principe, Julie et Mélissa, dans sa cache An et Eefje dans la même maison, où il a pu encore commettre plusieurs actions délictueuses sans que les « surveillants » ne s’aperçoivent de rien. Il est vrai que pour réussir leur coup d’éclat, les gendarmes n’ont rien trouvé de mieux que de mettre à la tête de l’opération Othello René Michaux "un peu le Gaston Lagaffe de son service. Il avait des problèmes familiaux et professionnels, et ses supérieurs ne l’appréciaient pas en raison de ses bourdes répétées" (p.58).

-  Bruno Tagliaferro. Mort le 5 novembre 1995.

Ferrailleur, sans doute magouilleur, Bruno Tagliaferro et son épouse Fabienne Jaupart paraissent heureux en ménage. Parmi les relations de Bruno Tagliaferro, on retrouve Marc Dutroux, Bernard Weinstein, Michaël Diakostavrianos... Dans le dossier, on pourra encore lire le nom de Thierry De Haan, de Michel Lelièvre... Fabienne Jaupart déclare que son mari possède des armes, pour les défendre, elle et les enfants. Elle pense que Bruno est détenteur d’un secret qui met leur vie en péril. Fabienne Jaupart croit que son époux s’est rendu compte qu’il avait, à son insu, été chargé, du démontage et de la revente des pièces de la Citroën AX qui aurait servi à l’enlèvement de Julie et Mélissa. Bruno Tagliaferro meurt la veille du jour, le 4 novembre 1995, où Dutroux et Weinstein séquestraient trois personnes : Rochow, Divers et Jadot pour une histoire de camion volé. L’un des premiers hommes de la Police Judiciaire sur les lieux du décès est l’inspecteur Georges Zicot. Le légiste conclut à un arrêt cardiaque. Un laboratoire du FBI (consulté par le juge Connerotte) conclut à un empoisonnement mais un expert liégeois (désigné ultérieurement par le juge Langlois) estimera que la production de cyanure par un cadavre en décomposition peut être un phénomène naturel. Malgré les taux de cyanure retrouvés dans le corps de Tagliaferro (au-delà des doses pouvant être "auto-produites"), le juge Langlois privilégiera la "mort naturelle" comme explication du décès du ferrailleur de Keumiée.

-  et Fabienne Jaupart. Décédée le 18 décembre 1998.

Le juge Connerotte semble ajouter foi aux déclarations de Fabienne Jaupart lorsqu’elle proclame que son mari a été assassiné, il semble aussi prêter attention aux déclarations de Claude Thirault. Claude Thirault qui affirme que Marc Dutroux parlait, fin 1995, d’un certain Tagliaferro à liquider contre un paiement de 50.000 francs. « Lui et sa femme » disait Claude Thirault. Le juge Connerotte considère qu’il a suffisamment d’informations pour accorder une protection policière à la veuve de Bruno Tagliaferro. Après la nomination du juge Langlois, la protection policière fut levée. Le 18 décembre 1998, Fabienne Jaupart est retrouvée morte, l’enquête conclut au suicide. Fabienne Jaupart se serait aspergée de méthanol, aurait remis la bouteille sur le meuble à côté de son lit et se serait ensuite immolée, non sans avoir pris soin de mattre les pommes de terre à cuire sur le réchaud et de faire tourner le lave-vaisselle...

-  Michel Piro. Mort le 5 décembre 1996.

Novembre 1996. Michel Piro, exploitant de bars-restaurants dans la clientèle desquels on retrouve Marc Dutroux, Bernard Weinstein, Michel Lelièvre, Michel Nihoul, Michel Diakostavrianos... (il est, aux dires de certains un véritable « guide Michelin » des quartiers chauds de Charleroi) contacte, à trois reprises, la famille de Jean-Denis Lejeune et lui demande une entrevue à laquelle il souhaite que soit convié le procureur Michel Bourlet. Son intention est, également, d’organiser un souper avec les parents de Julie et de Mélissa, repas au cours duquel il s’apprête à faire des révélations sur le sort des deux petites liégeoises. Plusieurs témoins le diront ; parmi ceux-ci, un indicateur de la BSR de Charleroi affirme que « Piro aurait dit quelques jours avant son décès qu’il allait « balancer » tout ce qu’il savait sur le dossier Julie et Mélissa lors du repas qu’il organisait » (p.103). Selon son fils, il aurait dit que « des têtes allaient sauter ». On ne saura jamais quelles étaient ces révélations : le 5 décembre 1996, il est exécuté, à bout portant, sur un parking d’autoroute, tandis que son épouse est sortie pendant quelques instants du véhicule pour se rendre aux toilettes. Il en savait long sur le milieu de la prostitution enfantine de la région de Charleroi. Quand on feuillette le dossier Dutroux, on a parfois le sentiment qu’il n’y a que deux policiers à Charleroi, Mrs Zicot et Laitem. C’est à ce dernier que l’enquête sur l’assassinat de Michel Piro est confiée et elle conclut au meurtre passionnel. Sa femme, Véronique Laurent, sera condamnée à 15 années de réclusion en tant que commanditaire du meurtre alors que les deux exécutants seront blanchis par un tribunal français qui considèrera que ce dossier n’a aucune consistance. La rumeur dira que Michel Piro voulait révéler que Julie et Mélissa avaient été « prêtées » à un bar fin 1995. Une de ces pistes sérieuses que le juge Langlois écartera, non sans avoir veillé auparavant à la baptiser « piste périphérique ». Pendant quatre ans, le dossier Piro fait l’objet à Neufchâteau d’une correspondance envenimée entre le procureur Bourlet qui demande que soit poursuivie l’enquête sur l’entourage de M. Piro, et le juge d’instruction Langlois qui refuse d’enquêter.

-  Jean-Marc Houdmont. Décédé le 25 février 1997.

25 février 1997. L’inspecteur Tinant décroche le téléphone dans une annexe du Palais de Justice de Namur. L’homme est chargé du dossier de la disparition d’Elizabeth Brichet, le 20 décembre 1989, à Saint-Servais. Depuis l’éclatement de l’affaire Dutroux, il s’est, avec ses collègues, remis au travail sur ce dossier. A l’autre bout du fil, Jean-Marc Houdmont, qui vivait, en 1989, à quelques centaines de mètres de la maison d’Elizabeth. « J’ai fait une bêtise » déclare Jean-Marc Houdmont, « je veux faire une déclaration ». Ils conviennent d’un rendez-vous, le jour même, à 11 heures 30, juste le temps pour Jean-Marc Houdmont de faire, en voiture, le chemin qui le sépare des bureaux de la cellule Brichet. Une heure plus tard, la Toyota Starlet de Jean-Marc Houdmont s’encastre dans une façade sur le bord de la Nationale 76. L’enquête conclut au suicide puisqu’on n’a relevé aucune trace de freinage. Mais, ici encore, les mêmes noms sont retrouvés : Michel Lelièvre a fréquenté une école de Saint-Servais. Le beau-père de Jean-Marc Houdmont à vécu au Congo, dans le même village et à la même époque que Victor Dutroux, le père de Marc. Marc Dutroux qui vivait de l’assurance-maladie et était inscrit à la mutuelle au bureau de Saint-Servais. Dans une escroquerie à l’assurance, Dutroux et Weinstein provoquent, entre eux, un accident, et c’est un parent de la femme de Jean-Marc Houdmont, qui, en tant qu’assureur, traite le dossier. D’autres noms de co-inculpés de Dutroux apparaissent dans le dossier Elizabeth Brichet, dont celui de Diakostavrianos et celui de Nihoul.

-  Joseph Toussaint. Mort le 5 mars 1997.

Huit jours exactement après la mort de Jean-Marc Houdmont, le père Joseph Toussaint décède à Marbay-la-Tour, petit village où se rendaient, régulièrement selon les uns, une ou deux fois disent les autres, Monique Cherton, compagne de Jean-Marc Houdmont, et Michelle Martin, épouse de Marc Dutroux. Le père Joseph Toussaint était leur confesseur. Il était aussi l’aumônier de la prison de Jamioulx, prison où fut incarcéré Marc Dutroux. Le directeur de la prison déclare que les relations entre le père Toussaint et Marc Dutroux auraient pu laisser penser que Dutroux était un fervent catholique. Le père Toussaint se prononcera en faveur de la libération conditionnelle de Dutroux. Parmi les photographies épinglées au mur de la cellule de Marc Dutroux, et publiées par la Libre-Match, on peut reconnaître une photo du père Joseph Toussaint, victime d’une crise cardiaque, le 5 mars 1997.

-  José Steppe. Décédé le 25 avril 1997.

Au début des années 80, José Steppe habite le quartier de Marc Dutroux à Goutroux. Ancien jeune communiste, Steppe vire à l’extrême-droite En avril 1997, José Steppe contacte un journaliste, il affirme détenir des informations sur l’affaire Dutroux et parle de remettre au journaliste des copies de cassettes vidéo sur lesquelles on peut voir Dutroux et d’autres en train de violer des enfants. « Il était inquiet », dit un témoin anonyme au journaliste français Eric Bellahouel ; « Un jour, tu me trouveras avec une balle dans la tête », lui aurait dit J. Steppe ; il lui aurait encore dit que ces cassettes vidéo c’était de la dynamite ; qu’on pouvait y reconnaître des notables de Charleroi, des politiciens connus. Steppe « ne voulait pas donner la cassette à la police. Parce qu’il y avait là, disait-il, trop de gens corrompus qui les feraient certainement disparaître ». José Steppe souffre d’asthme, et pour soulager les crises qui l’accablent, il se sert d’un respirateur. Le 25 avril 1997, quelques jours avant sa rencontre avec le journaliste avec qui il a pris contact, une femme d’ouvrage de l’hôtel dans lequel il réside découvre son corps dans un couloir, son masque à oxygène recouvre toujours son visage. Au fond de la bouteille de l’inhalateur, on découvre du Rohypnol ... trois jours après l’enterrement.

-  Gina Pardaens-Bernaer. Décédée le 15 novembre 1998.

Voici sans doute une femme qui n’a pas froid aux yeux ! Elle collabore avec le Morkhoven Groep, une association qui pourchasse les pédophiles sur Internet et dans le « monde réel ». Elle a affirmé à plusieurs personnes qu’elle détenait, entre autres choses, un « snuff movie » tourné en Belgique. Dans ce film, on pouvait reconnaître un ancien associé de Michel Nihoul. Gina Pardaens se sait menacée, elle surveille ses arrières, fait des portraits-robots des personnes qui semblent traîner trop souvent autour d’elle, note les plaques minéralogiques des véhicules qui paraissent la prendre en filature. Parmi ceux-ci, l’immatriculation d’une Mercédès grise qui, plus tard, s’avérera être celle de l’ancien chauffeur du Dolo, le bar à filles favori de Michel Nihoul. Gina Pardaens devait faire une déposition le 16 novembre 1998... Le 15 novembre, sa voiture s’écrase contre le pilier d’un pont, pas de trace de freinage, pas d’autopsie.

-  Hubert Massa. Mort le 13 juillet 1999.

Ce chapitre sur le suicide de Massa mérite une attention toute particulière, car il fait apparaître de la manière la plus éclairante des liens multiples entre différents aspects et personnages des dossiers « Cools » et « Dutroux et consorts ».

Selon les magistrats du Parquet de Liège, « rien n’est plus pareil depuis la nomination d’Anne Thily ». « Elle n’incarne que l’autorité » entend-on dans les couloirs du palais. Anne Thily semble ne pas apprécier Hubert Massa. L’épouse de celui-ci déclare : « Il était sur les affaires Cools et Dutroux, tout le monde le savait. Je voyais bien que quelque chose n’allait pas, mais il ne se plaignait jamais ». Hubert Massa participe à une réunion avec quatre procureurs généraux et le tout nouveau ministre de la justice, Marc Verwilghen. Réunion au cours de laquelle l’ancien président de la Commission parlementaire annonce qu’il fera en sorte que toute la lumière soit faite. Au lendemain de cette réunion, le 13 juillet 1999, après le repas, pris en compagnie de sa femme et de ses enfants, Hubert Massa s’isole dans son bureau. Sa femme entend un coup de feu. Hubert Massa s’est tiré une balle dans la bouche. « Généralement, lorsqu’on obtient un poste au parquet général, on est indéboulonnable et on reste à cet échelon supérieur jusqu’à la retraite. Mais pas à Liège, où les avocats généraux J.-Ph. De la Croix et A. Zaplicki se font dégrader à leur propre demande début 1999 : l’un devient juge de la jeunesse et l’autre passe juge de paix. Hubert Massa (...) avait également des projets en ce sens » (p.184). Massa aurait dit à un ancien collègue et ami qu’il se sentait coincé. « Après sa mort, des rumeurs circulent parmi les avocats de Liège, selon lesquelles Thily lui aurait déclaré quelque chose dans ce sens quelques heures avant sa mort. Il aurait été question d’un "petit dossier", et du fait « qu’il lui arriverait quelque chose comme à Marc de la Brassine ». (p.185) « Anne Thily est considérée comme intouchable. Sa candidature au poste de procureure générale a été appuyée très fermement par José Happart ; celui-ci faisait partie du clan radical de Jean-Maurice Dehousse qui devait également accueillir plus tard le ministre Alain Van der Biest et Guy Mathot, qualifié un jour de « mafieux » par quelqu’un de son propre parti (...) Au sein du P.S., Cools passait pour le grand adversaire de Dehousse, Mathot, Happart et consorts. Le dossier pénal contenait d’ailleurs des indices qui tendent à faire croire à leur implication dans l’organisation de cet assassinat » (pp.186-87). « Van der Biest devait comparaître devant les assises avec ses amis mafieux. Thily n’était pas de cet avis, et elle mettait ses collaborateurs sous pression pour faire rayer son nom de la liste des accusés. Une fois de plus, l’ambiance était aux menaces et aux « petits dossiers ». Thily avait des dossiers sur tout le monde, y compris sur Julien Pierre. La sœur de ce dernier avait déclaré que l’avocat avait hébergé par le passé Patrick Haemers. (...) Tant dans l’affaire Cools que dans l’affaire Dutroux, Pierre a joué avec brio le rôle de l’allié objectif de Thily : notamment en précipitant la chute de ce juge d’instruction indépendant et donc tellement encombrant (pp.188-89). »

-  Jean-Jacques Feront. Mort le 1er mars 2001.

« On ne veut pas aller jusqu’au bout dans cette enquête » (l’inspecteur de la P.J. Ronald Speltens)

Le 4 mai 1995, la section Jeunesse de la PJ de Bruxelles reçoit une lettre anonyme proposant des infos sur un pédophile qui vend des photos et des vidéos à caractère sexuel de sa fille de 10 ans. Ces informations s’avèreront fondées. Le 11 juillet de la même année, le même informateur déclare avoir vu des photos de Mélissa Russo, proposée avec d’autres enfants à la vente ou à la location par un germanophone dont les initiales figurent sur une chevalière qu’il porte : K.B. Les inspecteurs Speltens et Colson déclarent que cet informateur est fiable, il a déjà fait ses preuves. Ils réquisitionnent des spécialistes de la filature, envoient une note au commissariat général dans laquelle ils exposent leur projet, ils demandent, pour le 23 septembre 1995, deux sémaphones et deux voitures de service... Et le temps passe... Les parquets de Louvain et de Liège se renvoient la responsabilité dans ce dossier comme une patate chaude. Le commissaire Lamoque dit aux parents de Julie et de Mélissa qu’il n’a jamais compris pourquoi on avait décidé en haut lieu que cela ne pouvait se faire. On retrouve dans ce volet de l’affaire la substitute Somers, une intervention, ici comme dans le volet sur les témoins X, pour ne pas dire la vérité. Pour les enquêteurs, K.B. évoque tout de suite Klaus Bahr, qui contrôle une grande partie du marché belge du porno dans les années quatre-vingt-dix. Klaus Bahr est également décédé depuis lors. Quand Marc Dutroux est arrêté, onze mois plus tard, et que deux enfants sont libérées de sa cave à Marcinelle (localité que Jean-Jacques Feront avait désignée), les enquêteurs s’arrachent les cheveux, ils expriment leur incompréhension à leur supérieur. Le 1er mars 2001, Jean-Jacques Feront décède à la suite de deux crises cardiaques consécutives. Le commissaire Speltens dira devant la Commission parlementaire d’enquête : « si la magistrature (...) avait laissé la PJ monter un guet-apens autour de Feront, les gamines auraient peut-être été retrouvées. On ne veut pas aller jusqu’au bout dans cette enquête ».

-  Brigitte Jenart. Décédée le 5 avril 1998.

Ce chapitre qui se trouve dans la version néerlandaise de l’ouvrage de D.De Coninck, a disparu, à la suite de défaillances techniques, de la traduction française. Nous l’ajoutons donc, car il nous paraît important.

Cette dentiste de Nihoul a son cabinet au 35 rue du Conseil à Ixelles, là même où habite Roland Corvillain, un pédophile notoire, qui recevait régulièrement la visite d’Achille Haemers, le père de Patrick, et qui a été suspecté dans le cadre de la disparition de la petite Loubna. L’ex-épouse de Corvillain, qui est convaincue que Dutroux est aussi passé par là, déclare que son mari, Nihoul et les autres "utilisaient un langage codé, (...) parlaient de « chevaux blancs, bruns, jeunes, chers mais bons et jeunes ». Comme ces chevaux étaient censés arriver par avion de ligne en provenance de pays d’Europe de l’est et que les hommes semblaient craindre les douanes, elle pouvait logiquement supposer qu’ils ne parlaient pas de quadrupèdes". « Il est clair pour moi qu’ils ne parlaient pas de chevaux, mais de jeunes enfants. ». Brigitte Jenart a été la maîtresse du truand Juan Borges, qui a également eu une liaison avec Annie Bouty. C’est B. Jenart qui informe la commission parlementaire d’enquête que Borges a échappé à la justice belge grâce à Nihoul. Ce dernier aurait convaincu le commandant Guido Torrez de bloquer l’action policière visant à arrêter le truand. Au milieu des années 80, Torrez travaille avec un parrain mafieux italien. Dans une lettre manuscrite datant du 7 mai 1997, Jenart fait état de la naissance d’un bébé guinéen de l’adoption duquel Bouty se serait occupée. Elle déclare que Bouty lui avait fait signer un jour quarante attestations qui lui conféraient la garde de quarante Zaïrois et Nigérians en séjour illégal en Belgique. Dans les gribouillis de sa petite lettre d’adieu, on peut reconnaître le mot « pédophile ». « Un trafic de nouveaux-nés ? Il semblerait bien que oui » ; « sur la base des maigres pièces du dossier qui ressurgissent dix ans après les faits, on a l’impression que Bouty et Nihoul s’occupaient de trafic d’êtres humains - des adultes aux tout-petits ». Le parquet de Bruxelles n’a pas fait pratiquer d’autopsie sur le corps de Brigitte Jenart.

Toutes ces morts ne sont peut-être pas directement liées à l’affaire jugée à Arlon  ; certains disparus étaient des individus aux comportements et aux jugements très problématiques. C’est, en particulier, le cas de José Steppe, fasciste notoire ; de même on peut s’interroger, comme certains l’ont fait, sur la fiabilité du témoignage de Rita Verstuypen, qui avait tout avantage à "collaborer" avec la justice, étant elle-même suspecte dans l’affaire de son mari. Mais certaines coïncidences restent fort troublantes, certaines familles, certains proches de victimes restent sceptiques quant aux versions officielles qui ont été retenues, des versions souvent confuses et contradictoires.

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La combustion humaine spontanée (CHS)

   

La combustion humaine spontanée (CHS)


La combustion humaine spontanée est prétendument un phénomène par lequel un corps humain prendrait feu à cause d'une chaleur générée par une action chimique interne. Bien que personne n'ait jamais assisté à une CHS, plusieurs décès lui ont été attribués par des enquêteurs ou des conteurs.

Dans la documentation, la combustion humaine spontanée est presque exclusivement réservée aux cadavres. Une légende du 17ième siècle, cependant, prétend qu'un allemand se serait auto-enflammé, à cause de sa consommation excessive de brandy. Si le fait de boire de grandes quantités de brandy pouvait causer l'auto-combustion, il y aurait beaucoup plus de cas que ce seul fait isolé provenant d'Allemagne.

Plusieurs des histoires de CHS tirent leur origine d'enquêteurs de police, perplexes devant des corps partiellement brûlés, malgré des tapis ou du mobilier intacts. "Que cela peut-il être d'autre ?" se demandaient-ils. Plusieurs des cas attribués à la combustion spontanée sont des cadavres de personnes âgées qui auraient pu être assassinées ou auraient mis le feu accidentellement à leur propre personne. Cependant, l'hypothèse de l'incendie causé par une cigarette allumée ou par l'intervention d'une autre personne est rejetée par les enquêteurs. Même lorsque des chandelles ou un foyer pourraient présenter une explication rationnelle de l'incendie, les enquêteurs favorisent parfois une explication qui implique la croyance dans un phénomène qui n'a jamais été observé par personne dans toute l'histoire de l'humanité et dont la vraisemblance est extrêmement douteuse.

Possibilité matérielle du CHS

Les possibilités réelles de la combustion humaine spontanée sont restreintes. Non seulement le corps humain est-il constitué surtout d'eau, mais de plus, à part la graisse et le gaz méthane, il ne contient pas grand'chose qui puisse brûler facilement. La crémation d'un corps humain requiert une énorme quantité de chaleur pendant une longue période de temps*. Obtenir d'un corps humain une réaction chimique qui mènerait à la combustion ne serait pas une sinécure. Si le défunt avait ingurgité une énorme quantité de foin infesté de bactéries, une chaleur suffisante pourrait être générée pour enflammer le foin, mais bien peu, à part une partie des intestins, pourrait effectivement brûler. Ou bien, si le défunt avait mangé du papier journal et bu de l'huile et qu'on le laissait faisander quelques semaines dans une pièce bien chauffée, ses intestins finiraient peut-être par s'allumer.

Il est vrai que le point d'inflammation du gras humain est plutôt bas, mais le feu aurait besoin, pour demeurer actif, d'une source externe. Une fois enflammé, cependant, certains chercheurs pensent que le gras pourrait agir comme une mèche et faire brûler certains endroits suffisamment pour détruire aussi les os. Pour prouver qu'un corps humain pourrait brûler comme une chandelle, le docteur John de Haan du California Criminalistic Institute a enveloppé un porc mort dans une couverture, versa un peu de gazoline sur la couverture et y mit le feu. Même les os furent détruits après cinq heures de combustion continuelle. La quantité de gras d'un porc est très similaire à celle d'un être humain. Le dommage causé au porc, selon le Dr. De Haan " est exactement le même que celui qu'on attribue à la combustion humaine spontanée ".

En enquêtant sur certains cas de CHS, les docteurs Joe Nickell et John Fisher ont réalisé que lorsque le corps n'était que partiellement détruit, la seule source de combustible significative était les vêtements de l'individu, alors que lorsque la combustion était considérable, des sources additionnelles de combustibles avaient augmenté la combustion. Certains matériaux sous le corps pouvaient retenir le gras qui s'échappait du corps et en maintenir la combustion.

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Argument d'ignorance (argumentum ad ignorantiam)

   

Argument d'ignorance (argumentum ad ignorantiam)

L'argument d'ignorance est un sophisme logique qui prétend que quelque chose est vrai seulement parce qu'il n'a pas été démontré qu'elle était fausse, ou qu'elle est fausse parce qu'il n'a pas été démontré qu'elle était vraie. La véracité ou la fausseté d'une affirmation dépend des arguments en faveur ou à l'encontre de celle-ci, pas du manque de preuve d'une affirmation incompatible ou contradictoire. (Des affimations incompatibles ne peuvent êtres vraies toutes les deux mais elles peuvent toutes les deux être fausses, à l'inverse des affirmations contradictoires. "Dupont était à Paris au moment du vol" et "Dupont était à Marseille au moment du vol" sont des affirmations incompatibles--à supposer qu'il n'y a pas d'ambigüité sur 'Dupont' et 'vol'. "Dupont était à Paris au moment du vol" et "Dupont n'était pas à Paris au moment du vol" sont contradictoires. Une affirmation est prouvée si son affirmation contradictoire est invalidée, et vice-versa.)

Le fait qu'il soit impossible de prouver que l'univers n'est pas l'oeuvre d'un Créateur Intelligent ne prouve pas qu'il l'est. De même que le fait que l'on ne puisse pas prouver que l'univers est l'oeuvre d'un Créateur Intelligent ne prouve pas qu'il ne l'est pas.

L'argument d'ignorance paraît plus séduisant lorsqu'il permet de prendre ses désirs pour des réalités. Les gens qui veulent croire à l'immortalité, par exemple, peuvent être plus enclin à penser que le manque de preuve du contraire de leur croyance vient appuyer la leur.

La foire aux sophismes et en latin svp

   

Ignoratio elenchi
n Qui n'a rien à voir avec la conclusion -

Ce sophisme se produit quand, les prémisses non pas de pertinences avec la conclusion. C’est un principe général, que l’on retrouve dans d’autres sophismes tels que : Non-sequitur, Ad hominem, Ad hominen tu quoque, Ad baculum, Ad misericordiam, Ad populum, Ad verecumdiam etc.

Exemple:

Les accidents d’automobiles tuent. S’il y avait, moins de pollution il y aurait moins de morts!

Non sequitur
- ne...pas suivre -


Ce sophisme se produit parce que les prémisses non pas de pertinences avec la conclusion. Ils n’ont pas de suite logique d’où le nom non sequitur.

Exemple:

Le ciel est bleu, et la neige est blanche. Donc la terre est ronde.

Argumentum ad hominem

Le sophisme ad hominem consiste à attaquer l’adversaire aux lieux de ses arguments. Il y a erreur de raisonnement puisque la validité d'une argumentation n’a aucune relation avec la personnalité ou autres caractéristiques de celui qui l'avance. L’appel au mépris et l’appel au ridicule en sont des variantes.

Exemple:

Comment pouvez-vous croire une personne avec les cheveux bleus, quand elle affirme que la terre est ronde?


Argumentum ad hominem - tu quoque -
-Toi aussi -


Ce sophisme prend forme quand on conclut que les revendications d’une personne sont fausses parce qu’elles sont inconsistantes avec ce qu’elle dit ou fait. La validité d’un argument ne dépend pas de la consistance ou de l’inconsistance des dires ou des actions de celui qui l'avance.

Exemple:

Comment pouvez vous affirmer qu’une automobile puisse tuer, puisque vous en conduisez une?

Argumentum ad baculum

- Appel a la force ou la peur -


Ce sophisme se produit quand on utilise la force ou la pression comme moyen de persuasion.

Exemple:

Le soleil tourne autour de la terre.
Quiconque pense autrement, va devoir affronter l’inquisition !

Argumentum ad misericordiam
- Appel à la pitié -

Ce sophisme se sert de l’émotion au lieu du raisonnement pour convaincre.

Exemple:

Ce malheureux orphelin a surmonté des difficultés surhumaines et a consacré sa vie à ses recherches. Il faut le croire quand il affirme que la terre n’est pas sphérique mais cubique !

NB: Ce sophisme est souvent utilisé en publicité quand on nous présente des images <<adorables>> pour nous convaincre.



Argumentum ad populum ou ad numeram
- Appel au peuple ou au nombre -


Ce sophisme est produit quand on infère qu’un argument est valide puisque si un grand nombre de personne pense une chose, celle-ci ne peut être fausse. Il y a sophisme puisque la validité d’une conclusion ne dépend pas du nombre d'individus qui la supportent.

Exemple:

Galilée n’avait pas raison d’affirmer que la terre tourne autour du soleil, puisque la majorité des savants disaient que c’est le soleil qui tourne autour de la terre.

OU

Des millions d’enfants croient au <<Père Noël>>, c’est donc qu’il existe!



Argumentum ad verecundiam
- Appel à l’autorité -


Ce sophisme fait appel à l'autorité ou à la notoriété d’une source pour valider une conclusion. On retrouve ce sophisme souvent en publicité par l’utilisation de célébrité ou l’utilisation d’habillements ou de décors scientifiques (ce qui donne l’impression d’une validité scientifique) pour vendre un produit. La validité d’un argument ne repose pas sur la renommée d’une source mais sur la validité de ses prémisses.

Exemple:

L’artiste Unetelle qui joue le rôle d’un docteur à la télévision, dit dans un message publicitaire "Pour vos maux, rien de mieux que les pilules machin-truc, faites confiance au Dr Unetelle ".

Variante:

Les sources d’autorités anonymes.

Des agronomes ont recherché le phénomène des vaches volantes. Sûrement ces scientifiques ne perdraient pas leurs efforts à rechercher des phénomènes inexistants!


Argumentum ad antiquitam
- Appel a la tradition -


Ce sophisme fait appel à la tradition au lieu du raisonnement pour convaincre.

Exemple:

Cela fait des milliers d’années que les tam-tams sont utilisés pour communiquer dans la jungle. Les téléphones sont récents. Les tam-tams sont meilleurs que les téléphones!

Argumentum ad novitam
- Appel à la nouveauté -


Ce sophisme est le contraire de l’appel à la tradition. Il fait appel à la nouveauté au lieu du raisonnement pour convaincre.

Exemple:

Achetez notre dernier logiciel, ne courez pas le risque d’avoir un vieux logiciel.

La fausse dichotomie

Le sophisme de la fausse dichotomie se produit quand les prémisses de l'argument sont fausses en imposant un faux choix, quand il peut exister d’autres options. La conclusion qui en résulte est erronée.

Exemple:

Il y a ceux qui aiment les chiens et il y a ceux qui aiment les chats.
Ceux qui aiment les chats n’aiment pas les chiens.

Les prémisses oublient ceux qui aiment les deux. La conclusion est erronée puisqu’il est aussi possible d’aimer et les chiens et les chats.


La fausse analogie

Ce sophisme consiste d’une part à comparer des éléments avec des particularités communes et d’une autre par introduire une particularité qui est unique à un des éléments, pour conclure que cette particularité est commune à tous les éléments.

Exemple:

Le prix que vous demandez pour cet objet est beaucoup trop cher. J’en ai acheté un identique il y a dix ans pour le dixième.

Même si l’objet est identique (particularités communes) le coût de manufacturation est une particularité unique pour chaque époque. Cette particularité (le coût) ne peut être appliquée aux deux époques passées et présent-.

Secundum quid
- généralisation hâtive -


Ce sophisme se forme quand la conclusion est inférée à partir d’une particularité unique ou d’un échantillonnage partiel qui est attribuée à un groupe. L’exception devient la règle.

Exemple:

Une personne en arrivant en Australie voit un kangourou pour la première fois, il est blanc. Elle conclut que tous les kangourous sont blancs.

Dicto simpliciter

Ce sophisme est une variante de la généralisation hâtive. Il se produit quand on refuse les exceptions.

Exemple:

Des millions de kangourous en Australie sont gris. Le rapport d’une personne qui affirme avoir vu un kangourou blanc est donc impossible!

L'accident

L'accident consiste à appliquer une règle générale à un cas particulier pour lequel des conditions accidentelles en font une exception à la règle.

Exemple:

La loi, c’est la loi. Aucun véhicule ne peut excéder la vitesse permise, et ce, même en situation d’urgence.

Ce sophisme se produit également quand on infère à partir de situations exceptionnelles, une règle générale.

Exemple:

Le passager de ce véhicule a été frappé par une micrométéorite. Il faut obliger tous les constructeurs à ré-enforcir les toits des véhicules pour protéger les passagers contre ce problème.

Argumentum ad ignorantiam
- Appel à l’ignorance -


Ce sophisme affirme la validité de la conclusion par le fait que l'on ne peut démontrer qu'elle soit fausse.

Exemple:

Si vous ne pouvez démonter que les vaches volantes n'existent pas, c’est qu’elles existent!


Argumentum ad absurdum
- Appel à l’absurde -


Ce sophisme se produit quand on développe un argument à une absurdité extrême.

Exemple:

Le cerveau humain produit des ondes électriques. Le réseau Internet est relié par des fils. Les fils sont bons conducteurs d’électricité. Donc quand on se sert d’un ordinateur relié à l’Internet, on risque de se faire électrocuter, puisque l’on reçoit l’énergie électrique de tous les utilisateurs du réseau!


Petitio principii
- Raisonnement circulaire -

Ce sophisme se produit quand la conclusion est sous-entendue dans la prémisse.

Exemple:

Qu'est-ce que le magnétisme ? C’est une force qui attire les objets. Pourquoi les objets sont-ils attirés? Parce qu’il y a le magnétisme.



Non causa pro causa
- Fausses causes et effets-


Ce sophisme consiste à confondre l’effet avec la cause ou confondre la cause.

Exemple:

Confondre l’effet avec la cause

Le réservoir du véhicule est vide, parce que le véhicule a manqué de carburant.

Confondre la cause

Le véhicule a manqué de carburant quand la pluie a commencé. La pluie a donc fait arrêter le véhicule.

Plurium interrogationum

Le sophisme de la question complexe ou piégé. Il force une réponse affirmative ou négative, ce qui porte a une fausse conclusion en fermant l’argument.

Exemple:

Allez -vous arrêter de polluer l’environnement ?

Si vous répondez non, c'est que vous allez continuer à le faire, si vous répondez oui, c'est que vous polluez!

LA PERCEPTION

LA PERCEPTION

La perception est un mécanisme par lequel nous organisons et interprétons nos données sensorielles pour leur donner une valeur consciente. Elle nous permet de prendre un ensemble d’éléments séparés et de les combiner en un tout. Cette organisation perceptuelle n’est pas innée, elle est acquise et elle est dépendante de nos expériences: par exemple, nous avons appris que quatre pneus, et une carrosserie constituent un véhicule. Lorsqu’un tout est incomplet, nous avons l’habilité de le compléter. Ainsi, si on nous présente une image d’un véhicule dont il manque les pneus nous identifions quand même l’objet comme un véhicule. C’est dire qu’on peut percevoir un tout même s’il n’existe pas. On peut utiliser ce principe pour manipuler de l’information, les sous-entendus et les insinuations en sont des exemples.

La perception est sélective. La multitude d’informations qui stimule nos sens résulte en un procédé de filtrage qui nous permet de sélectionner l’information requise pour notre interprétation. Normalement, nous donnons priorité à l’information qui représente une menace, c’est une réaction inconsciente produite par l’instinct de préservation.

La perception est affectée par certains aspects. Ils ont la propriété d’augmenter les chances d’être perçus.

Voici quelques exemples de ces aspects:

L’intensité

Plus un stimulus est intense, plus il attire l’attention. Un son fort ou une lumière brillante ont plus de chance d’être perçus qu’un son ou une lumière faible. Par exemple si dans un texte des mots sont en caractère gras l’on portera plus d’attention à ces mots.

Les dimensions

Les dimensions de l’objet perçu ont une influence. Plus un objet occupe d’espace, plus il a de chance d’être perçu. C’est ainsi qu’un édifice de grande taille parmi des édifices de tailles moyennes sera plus facilement remarqué.

Le changement

Tout changement inhabituel attire notre attention. Le chasseur à l’affût pendant plusieurs heures en silence, détectera tout bruit facilement.

La non-conformité

Un objet différent d’autres objets attire l’attention. Un petit édifice seul parmi un groupe d’édifices de grandes tailles sera remarqué.

La répétition

Un stimulus attire plus l’attention s’il est répété que s’il n’est présenté qu’une fois. Les gyrophares des véhicules d’urgence attirent plus le regard que des phares non clignotants. Le rythme de la musique est entraînant.

Le mouvement

Nous sommes plus sensibles aux objets qui bougent qu’à ceux qui sont immobiles. Les concepteurs de site Internet utilisent ce principe quand ils emploient des images animées pour attirer notre attention.



Les couleurs

La perception est affectée par les couleurs. L’utilisation de couleur permet de varier l’importance d’un élément par rapport à d’autres. L’absence de couleur affecte aussi la perception, par exemple le noir et le blanc sont fréquemment utilisés en publicité pour signifier le passé, ou la nostalgie. Le blanc est souvent associer avec "pur, positif" le noir avec "impur, négatif".

Les stimuli émotionnels

On est influencé plus facilement par les stimuli qui ont une connotation émotionnelle positive ou négative que ceux qui sont neutres. Les publicistes utilisent constamment les stimuli émotionnels tels que la joie, le bonheur, la tristesse, la pitié, le sexe, la haine etc., pour nous influencer.

La perception est influençable, on ne peut s’y fier !

 

LE RAISONNEMENT

   

LE RAISONNEMENT

Le raisonnement est la faculté de raisonner. Raisonner est défini comme l’action de se servir de la raison pour connaître ou pour jugé. La raison est la faculté propre à l’homme par laquelle il peut penser. La science du raisonnement s’appelle la logique.
La logique est décrite comme: manière de raisonner juste, méthode, suite cohérente d’idées.

LES ARGUMENTS

Un des processus du raisonnement s’effectue en utilisant des éléments d’information (arguments) pour obtenir un jugement (conclusion). Un argument est constitué d’une série de propositions qui se suivent. Les propositions qui supportent la conclusion sont les prémisses. La proposition que l'on veut démontrer est la conclusion. La conclusion peut être placée avant ou après les prémisses.

L’utilisation d’élément d’information ne constitue pas nécessairement un argument.

Exemples:

Les chats ont quatre pattes.

Ceci n’est pas un argument, il manque une conclusion.

Ou

Les insectes ont six pattes. Certains insectes ont des ailes. On peut donc conclure que les insectes sont nécessaires à la pollinisation des fleurs.

Ceci n’est pas un argument, les prémisses ne supportent pas la conclusion. La conclusion doit tirer une inférence des prémisses.

On distingue deux types d’inférence,
l’inférence inductive et l’inférence déductive.


L’inférence inductive

L’inférence inductive découle d’observation d’éléments spécifiques d’où l'on tire des conclusions générales. Ce genre d’inférence va du particulier au général, elle généralise à partir de faits particuliers.

Exemple:

Les poissons vivent dans l’eau. -Prémisse-
Les poissons ont des nageoires. -Prémisse-
Les baleines vivent dans l’eau et ont des nageoires. -Prémisses-
Les baleines sont des poissons. -Conclusion-

Parce que l’inférence inductive est basée sur des éléments spécifiques d’où l'on tirent des conclusions générales, si un seul des éléments est faux ou manquant, la conclusion peut être fausse et ce même si les prémisses sont vrais. Pour cette raison, les conclusions tirées d’inférences inductives ne sont pas fiables.

L’inférence déductive

Contrairement à l'inférence inductive l’inférence déductive découle d’observations générales d’où l'on tire des conclusions spécifiques. L’inférence déductive va du général au particulier.

Exemple:

Tous les mammifères ont des mamelles. -Prémisse-
Les baleines ont des mamelles mais les poissons n’en n’ont pas. -Prémisses-
Les baleines et les poissons vivent dans l’eau. -Prémisses-
Les baleines sont donc des mammifères qui vivent dans l’eau mais elles ne sont pas des poissons. -Conclusion-

La conclusion d’une inférence déductive est soit vrai ou soit fausse. Si toutes les prémisses sont vraies la conclusion est vraie. Si une des prémisses est fausse ou si elles sont toutes fausses la conclusion est fausse.

L’utilisation du raisonnement n’assure pas invariablement une conclusion valide. Il y a même des erreurs de raisonnement qui ont une apparence logique mais qui induisent de fausses conclusions. Ce sont les
sophismes, ils sont fréquemment utilisé (intentionnellement ou non) pour manipuler l’information.

LA PROPAGANDE

   

LA PROPAGANDE

Source ( Guide d'évaluation de l'information)

La propagande est fréquemment confondue avec la désinformation, qui est une technique de manipulation négative. C’est une fausse perception. La propagande est l'action systématique exercée sur l'opinion pour faire accepter certaines idées ou doctrines. La propagande peut être appliquée dans des buts positifs ou négatifs, contrairement à la désinformation.

La publicité sociale est un exemple de propagande positive. La publicité sociale est utilisée pour changer les comportements considérés nuisibles à l’ensemble de la société. Les campagnes contre le tabagisme, l’alcool au volant, le SIDA, etc., sont des exemples de publicité sociale où la propagande est utilisée pour influencer.


La propagande utilise une variété de techniques.

Les techniques sensoriels

L’utilisation de couleur, de musique, de mouvement etc., a un effet sur l’information.
Un choix judicieux peut influencer le comportement. Par exemple, les couleurs pastel ont un effet calmant et les couleurs vives ont un effet excitant.

L’accentuation

L’accentuation consiste à isoler une parcelle d’information pour lui donner une valeur différente de son entourage. Les ordinateurs nous donnent accès à toute une panoplie de techniques d’accentuations. Exemples: couleur, taille, caractère gras, italique, souligné, et une multitude de polices.

Les techniques de ciblages

Le choix du type d’information peut attirer certains groupes, ou les exclurent. Par exemple, pour résoudre le problème de l’attroupement des adolescents dans certains endroits, on y diffuse de la musique classique et /ou de l’éclairage de couleur rose qui accentue la visualisation de l’acné. Pour attirer les jeunes, certains sites sur la Toile diffusent de la musique populaire. Le choix du vocabulaire peut aussi agir de filtre. C’est la technique de «qui s’assemble se ressemble».

Les techniques affectives

L’être humain dispose de sentiments. Des mots , images ,ou sons peuvent déclencher ces sentiments. Les déclencheurs positifs sont utilisés pour attirer l’audience ciblée. Les déclencheurs négatifs pour rejeter un point de vue, une idéologie, etc.


Exemple de déclencheurs positifs:

Présenter des gens, animaux, ou objets « adorables »

Utiliser des mots ou images qui suggèrent le bonheur, la maturité, la joie, une apparence sportive, le charme, etc.

L’utilisation de termes comme « léger», « mince», « santé».

Exemple de déclencheurs négatif:

Les attaques ad hominem.

Comparaison avec des valeurs négatives telles que démons, animaux dangereux, valeurs morales négatives, etc.

Technique de renforcement

La répétition d’un élément d’information augmente sa perception. L’utilisation de synonymes ou la répétition de mots clés influencent l’audience. La fréquence de répétition du message est aussi un élément de renforcement.

Les titres accrocheurs

La curiosité est innée chez l’être humain. C’est la curiosité qui nous pousse à découvrir et à expérimenter. Les titres accrocheurs se servent de notre curiosité pour attirer notre attention.

 

Posté par kazal à 18:07 - Propagande et désinformation - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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