Stanislas kazal underground blog - Page 2 - Stanislas kazal underground blog

Stanislas kazal underground blog

contre-culture,réflexions, poésie,cinéma de genres et d'auteurs, musiques, société,critiques,littérature, arts, révoltes, mousse au chocolat et couscous.....

03 avril 2005

l'ethique du hack moderne

L’éthique du hack moderne    

Les hackers sont une espéce d’humains (ou d’aliens) qui utilisent la technologie de maniére créative pour continuer à « apprendre en faisant » dans le domaine de la technologie. Le hack est bien plus que le simple plaisir de prendre le contrôle d’un ordinateur tenu par des gens qui ont dépensé beaucoup d’argent et d’années d’étude pour être capables de diriger ces machines.     Il faut voir le « plaisir de déconner avec les ordinateurs de l’armée américaine » éprouvé par des 14-17 ans dans le contexte de la situation sociale de teenagers que le football ou la discothéque n’amusent pas, mais qui se sentent réussir quelque chose en explorant des systémes informatiques. Les ordinateurs leur semblent simplement plus sexy que les filles maquillées qui regardent de haut leur insécurité - et plus faciles, en tout cas, à maîtriser. Mais le hacking a aussi un côté sérieux - qui n’a pas grand-chose à voir avec la fascination de la technologie. Il croit en la liberté de l’information.     Entre ces deux faces du hacking, se tient la compréhension de la technologie - celle du systéme téléphonique ou des ordinateurs en réseau. Une compréhension qui inclut évidemment la compréhension des objectifs de la technologie. Les ordinateurs n’ont jamais été faits pour garder l’information secréte. Ils ont été conçus pour traiter, distribuer et organiser l’information - pas pour la cacher à quelqu’un. Il s’est passé la même chose avec le téléphone ; on l’a inventé pour que les gens se parlent. Ensuite est venu le compteur d’unités - une technologie « ajoutée ». Comme on a ajouté des logiciels aux ordinateurs pour éviter que tout le monde puisse accéder à une information.     Le « hacking » devient plus sérieux quand il se base sur ce bon côté de la technologie pour en tirer un programme politique - nous entendons par là l’organisation active de la vie, et non la merde qu’on nous fourgue aujourd’hui sous le nom de politique. L’éthique du hacker a été créée au MIT, et comprend six régles :        

1 L’accés aux ordinateurs - et à tout ce qui peut nous apprendre comment le monde marche vraiment - devrait être illimité et total.

2 L’information devrait être libre et gratuite.

3 Méfiez-vous de l’autorité. Encouragez la décentralisation.

4 Les hackers devraient être jugés selon leurs oeuvres, et non selon selon des critéres factices comme la position, l’âge, la race ou les diplômes.

5 On peut créer l’art et la beauté sur un ordinateur.

6 Les ordinateurs sont faits pour changer la vie.     Il n’est pas nécessaire de lire Hackers, le livre de Steven Levy, pour réaliser que c’est l’esprit des années 70 qui souffle dans ces principes. Au MIT, le besoin de libérer l’information répondait à un besoin pratique de partager le savoir pour améliorer les capacités de l’ordinateur.

Aujourd’hui, dans un monde où la plupart des informations sont traitées par ordinateur, ce besoin est resté le même - mais il s’étend à tous ceux qui vievent sur cette planéte et ont l’intention d’y faire quelque chose, plus seulement aux fondus de l’ordinateur !     Le hack était (et est encore) la meilleure solution à un probléme - exprimé dans un trés court code de software (« software » contenu dans le cerveau humain inclus). « L’information est le pouvoir » est une réponse un peu trop facile pour expliquer le désir de rendre toute l’information libre. Mais la pensée anarchiste (au sens où les choses pourraient trouver leur ordre sans recours à des structures d’autorité) qui vise à agrandir la capacité d’action en donnant l’information au peuple joue un grand rôle dans le jeu du hack. Les services secrets sont les ennemis naturels du hacker - parce qu’ils institutionnalisent le secret d’état. D’un autre côté, il existe aussi un besoin de protéger la vie privée dans une société d’information - en utilisant la cryptographie. La version actuelle des principes du hack a donc deux régles de plus, qui prennent en compte le nouveau rôle des ordinateurs dans la société : 

1 Ne jouez pas avec les données des autres.

2 Favorisez l’accés à l’information publique, protégez le droit à l’information privée.    


Le hacking est bien plus qu’une simple connaissance de la technologie. Parvenir à se procurer une information qu’on ne veut pas donner au public, et la diffuser largement, c’est aussi cela, être un hacker.
 

Posté par kazal à 18:58 - Cyberpunk et Hacking - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


le sabotage artistique

   

Le Sabotage Artistique PAR Hakim Bey

Le Sabotage Artistique cherche à être parfaitement exemplaire mais en même temps garde une certaine forme d’opacité  pas de la propagande mais un choc esthétique
directement attirant tout en étant subtilement présenté l’action comme métaphore.     Le Sabotage Artistique est le côté obscur du Terrorisme Poétique (la création par la destruction ) mais il ne peut servir aucun Parti, ni aucune forme de nihilisme, ni même l’art. Tout comme le bannissement de l’illusion amplifie la conscience, la démolition du fléau esthétique adoucit l’air du monde du discours, de l’Autre. Le Sabotage Artistique sert uniquement la conscience, l’attention, l’éveil.     Le Sabotage Artistique transcende la paranoïa, la deconstruction ( la critique ultime ) l’attaque physique sur l’art nausébond ( le djihad esthétique). La moindre trace du plus insignifiant égoïsme ou même de goût personnel abîme sa pureté et vicie sa force.
Le Sabotage Artistique ne cherche jamais le pouvoir  il ne fait que le libérer.     Les réalisations artistiques individuelles (même les pires) sont largement hors de propos le Sabotage Artistique cherche à détruire les institutions qui utilisent l’art afin de diminuer la conscience et le profit par l’illusion. Tel ou tel poète ou peintre ne peut être condamné pour manque de vision mais les Idées pernicieuses peuvent être combattues par les objets qu’elles génèrent. La musique de supermarché est destinée à hypnotiser et à contrôler , on peut détruire son mécanisme.    
Les autodafés de livres( Stanislas Kazal pas rejette cela voir note 1)
- pourquoi les rednecks [1] et les Douaniers devraient-ils avoir le monopole de cette arme ? Les histoires d’enfants possédés par le diable ; la liste des bestsellers du New York Times ; les tracts féministes contre la pornographie ; les livres scolaires (plus particulièrement les livres d’études sociales, civiques, de Santé) ; des piles de New York Post, Village Voice et autres journaux de supermarché ; un choix de glanures de publications chrétiennes ; quelques romans de la collection « Arlequins » - une atmosphère festive, du vin des joints passant de mains en mains par un bel après-midi d’automne.     Jetter de l’argent à la Bourse fut un acte intéressant de Terrorisme Poétique mais détruire l’argent aurait été un excellent acte de Sabotage Artistique. Pirater les émissions TV et y programmer quelques minutes de Chaos incendiaire constituerait un exploit de Terrorisme Poétique alors que faire exploser la tour de transmission serait un Sabotage Artistique parfaitement adéquat. Si certaines galleries et musées méritent qu’on lance à l’occasion un pavé dans leurs vitrines - pas de destruction, mais une décharge d’autosatisfaction - alors qu’en est-il des banques ? Les galleries transforment la beauté en produit, mais les banques transmutent l’Imagination en déchets et en dettes. Le monde n’y gagnerait-il pas plus en beauté à chaque banque qui tremble...ou s’écroule ? Mais comment y parvenir ? Le Sabotage Artistique devrait probablement se tenir à l’écart de la politique (c’est si ennuyeux) - mais pas des banques.     Ne faites pas grève [2] - pratiquer le vandalisme. Ne protestez pas - défigurez. Lorsque l’on vous impose la laideur, de mauvaises conceptions et un gaspillage stupide, contestez, et lancez votre chaussure dans les oeuvres, ripostez. Brisez les symboles de l’Empire au nom de rien si ce n’est l’envie de grâce du coeur.

PS :     No Copyright © Hakim Bey (sans date).    

[1] Les « beaufs » en quelques sorte( je ne suis pas d'accord avec la notion d'autodafé on ne peut pas combattre la pensée unique en utilisant ce genre de procédé digne de l'obscurantisme, je juge cela dangereux, on est loin de la grâce du coeur, car bien souvent la connerie sert d'aiguillon à  l'intelligence et je crois qu'il faut utiliser le sabotage artistique pour révéler  l'ineptie, convaincre est plus important que vaincre. stanislas Kazal)

[2] Allusion à l’initiative de la Art Strike, lancée à partir de 1986 par des opérateurs culturels et des artistes anglais et américains pour « mettre en crise le statut de privillèges bourgeois dont jouissent les artistes ». H. Bey s’oppose à cette initiative « nihilistes » qui vise à la suppression de l’art sans assumer sa réalisation. A cette « Art Strike » H. Bey oppose la reconquète de l’art comme jeu et donc comme moment de la vie et de la pratique subversive. ( certe mais comment demander à des pères de familles intermittent du spectacle qui perdent leurs jobs de considérer  leurs luttes comme un jeu artistique,  que l'on  désamorce   la tension négative pour l'aboutissement ou que l'on étendent le domaine de la lutte d'accord  mais orienter  la lutte sur cet aspect unique me paraît très petit bourgeois précisement à l'inverse de ce que veux démonter lui même Hakim Bey, l'intérêt d'utiliser des moyens différents que la grève et de déplacer la contestion donc la grêve sur un autre plan. cela n'est possible que si le combat sur le terrain social parallélement est assuré de manière cohérente avec l'ensemble des domaines de luttes et de contestations, ou alors autant pisser dans un violon en se la jouant rebelle comme certains bobo et en se décridibilisant en tant qu"artistes. Attention de ne pas donner des arguments à l'authentoc et à la pose cher Hakim Bey.Pour t'apprendre je fous de la pub sur ton article Na!  Stanislas Kazal).

Stanislaskazaltoplist

Posté par kazal à 19:56 - Théories artistiques - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

def

 

Vous êtes perdu et vous avez peur de la confusion des genres même si c'est pas grave car bien souvent ils sont confondus!  Le stanislaskazalundergroundblog  vous propose une définition non exhaustive de genres et de sous- genres....

  L'ANTICIPATION

C'est Alphaville et Rollerball, Malevil et Mad Max.
DEFINITION :
On peut parler d'Anticipation, lorsque, dans un monde futur du réel, on se trouve en présence de phénomènes compatibles avec les lois dites naturelles.
EXEMPLE
En l'An 2000, une pomme se détache de la branche d'un pommier et tombe vers le sol.





LA SCIENCE FICTION

"Science et fiction" ou "fiction scientifique", cela va de Metropolis à la Guerre des Etoiles et de Frankenstein à l'Homme Invisible .
DEFINITION :
On peut parler de Science Fiction lorsque, dans un monde réel, il y a intervention de l'homme dans le processus de phénomènes incompatibles avec les lois dites naturelles.
EXEMPLE
Un chercheur à découvert un procédé qui inverse localement la gravitation, ce qui permet ainsi à une pomme qui se détache de son arbre, non pas de tomber, mais de sélever dans les airs.





LA RETROCIPATION


C'est dans la lignée de la Guerre du Feu.
DEFINITION :
On peut parler de retocipation, lorsque, dans un monde passé du réel, on se trouve en présence de phénomènes compatibles avec les lois dites naturelles.
EXEMPLE
En 80.000 avant J.C., une pomme se détache de la branche d'un pommier et tombe vers le sol.





L'INSOLITE


On peut y ranger Freaks, La Nuit du Chasseur ou Elephant Man.
DEFINITION :
On peut parler d'Insolite, lorsque, dans un monde du réel, on se trouve en présence de phénomènes inhabituels mais compatibles avec les lois dites naturelles.
EXEMPLE
Lorsqu'une pomme, se détachant de la branche du pommier, au lieu de tomber vers le sol, se met à s'élever vers le ciel, on peut dire que l'on se trouve devant un fait en contradiction avec les lois de la gravitation. Mais si après examen, on constate qu'il s'agit d'un ballon en forme de pomme gonflé à l'hélium, cela est dès lors compatible.





LE MERVEILLEUX

C'est celui des contes de fées ("La Belle et la Bête") et de la mythologie (Jason et les Argaunautes), de l'onirisme (Alice au pays des merveilles) ou du dessin animé (l'univers de Tex Avery)
DEFINITION :
On peut parler de merveilleux lorsque, dans le monde de l'imaginaire, on se trouve en présence de phénomènes incompatibles avec les lois dites naturelles.
EXEMPLE
Le jardin enchanté des Hespérides, planté de pommiers dont les branches sont chargées de pommes d'or qui procurent l'immortalité.





LE FANTASTIQUE


De tradition souvent folkorique, il met en scéne des créatures de légende (Dracula, le Loup-garou); des morts-vivants (La nuit des morts-vivants); des fantômes (l'Aventure de Mme Muir); des sorcières (Ma femme est une sorcière); le Diable (La Main du Diable); les maisons hantées (Amytiville), les miracles (Les dix commandements°)
DEFINITION :
On peut parler de Fantastique, lorsque dans le monde du réel, on se trouve en présence de phénomènes incompatibles avec les lois dites Naturelles.
EXEMPLE
Lorsqu'une pomme, se détachant de la branche du pommier, au lieu de tomber vers le sol, se met à s'élever vers le ciel, on peut dire que l'on se trouve en contradiction avec la loi de la gravitation.





L'EPOUVANTE


de Psychose à Répulsion et de Massacre à la Tronçonneuse à l'Au-Délà
DEFINITION :
On peut parler d'épouvante lorsque, dans le monde réel ou de l'imaginaire, on se trouve en présence de phénomènes qui tendent à susciter chez le spectateur certaines réactions pychiques ou visérales dans le registre de la peur.
EXEMPLE
Une pomme qui se détache de son arbre, arrive sur le sol couverte de sang..





LE GORE


De Brain Dead à la série des Cannibal'Movies (voire, le snuff movie)
DEFINITION :
On peut parler de gore lorsque, dans le monde réel ou de l'imaginaire, on se trouve en présence de phénomènes qui tendent à susciter chez le spectateur  lorsque les réactions psychiques ou visérales sont poussées à l'extrême (explosion de sang, coups mortels portés,...) un dégout certain.
EXEMPLE
Une pomme qui se détache de son arbre, tombe sur la tête d'un passant innocent et lui éclate la tête en une grande gerbe de sang et de lambeau de cerveau.


LE THRILLER


De Frantic au Tremblement de Terre
DEFINITION :
On peut parler de thriller lorsque, dans le monde réel, on se trouve en présence de phénomènes qui tendent à susciter chez le spectateur certaines réactions angoisse ou se suspence.
EXEMPLE
Une pomme qui se détache de son arbre, suite à un tremblement de terre et les survivants tentent d'y arriver aux travers d'aventures pour la manger.

Posté par kazal à 20:35 - cinéma de genre - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 avril 2005

cyber punk

 

Le cyberpunk, contre-culture des années 90 ?

LE QUARTIER CHAUD DE LA COMMUNAUTÉ VIRTUELLE    

Alors que la zone amorphe appelée cyberspace est en train de devenir une réalité, il est clair que son territoire n’est pas ce que nombre de ses défenseurs voudraient bien qu’il soit. Le cyberspace aurait dû être un milieu aseptisé, hiérarchisé, propre et homogène, comme une salle des commandes du Pentagone, puisque, après tout, l’ARPAnet (devenu aujourd’hui l’lnternet), avait été conçu à l’origine pour rendre plus efficace l’automation du warfare... Et lorsque les cerveaux du NSFNet [1] ont commencé à l’utiliser, ils lui imprimèrent leur propre marque de propriété - selon leur modèle de prédilection qui est celui du laboratoire scientifique hermétiquement clos, de la tour d’ivoire de la recherche pure, sans limites, et du discours ininterrompu. Ces deux modèles, la salle de commandes militaire et le laboratoire scientifique, ont été les premières bases pour les réseaux d’ordinateurs. Mais arrivèrent bientôt les trouble-fêtes. Leur modèle était différent - la Chiba City du Neuromancien de William Gibson [2]. Une cité-taverne réputée speedée, dangereuse, exotique et sauvage. Les partisans enthousiastes de la « communauté virtuelle » virent de nombreuses possibilités pour les nouvelles technologies télématiques. Les gens pouvaient ainsi se retrouver autour d’intérêts et de projets communs, y compris lorsque la séparation géographique aurait normalement dû rendre cela impossible. Le réseau pouvait réunir des techniciens, des artistes, des poètes, des philosophes et des activistes autour de nouveaux projets pour transformer la société. Mais leur vision restait encore plutôt ascétique. Elle ne laissait aucune place à la plaisanterie, aux échanges, aux conflits, aux vantardises, à la propagande ou aux aventures. Leurs communautés, si elles avaient vu le jour, auraient bien trop ressemblé à ces projets banlieusards de vie communautaire - vous savez, ces espaces cloîtrés à l’écart du reste du monde, avec des perspectives parfaitement ordinaires et des halls d’entrée prétentieux. Mais les nouveaux invités indésirables étaient des enfants des faubourgs (inner city). Les faubourgs de l’imagination au moins, si ce n’est ceux du « monde réel. » Dès la moitié des années 80, il était évident que le cyberspace avait de nombreuses zones-frontières où tout type de bandits et d’artistes de l’arnaque pouvaient exercer leurs talents. Ces gens n’étaient pas tous de joyeux et heureux voyageurs des Super Autoroutes de l’information. Certains d’entre eux ne s’en cachait pas. Ils voulaient mettre la pression sur le système, jeter un grain de sable dans le bouillonnant mécanisme de connexion des compagnies de télécom. Il y avait déjà eu des prédécesseurs : les hackers du MIT, convaincus qu’il n’existait pas de porte verrouillée, ou de mot de passe, qui constitue un obstacle, les « phreaks » des années 70 qui pratiquaient les téléconférences à vingt grâce au blueboxing [3], et les « pirates » qui pensaient qu’aucune protection de logiciel ne devait échapper au crackage. C’était les enfants à problèmes de l’« Opération Sundevil » [4]. Ils lisaient un genre particulier de S-F qui proposait un futur dystopien et techno-entropique. Le nom de ce genre littéraire était le cyberpunk. Hacker la vieille contre-culture Pendant longtemps, une des certitudes de la pensée politique américaine fut l’existence d’un cycle de trente ans qui verrait s’alterner conservatisme et expérimentation dans la politique de l’Union. Dans les années 80, l’Amérique sort juste alors d’une décade de conservatisme, et tout le monde s’attendait ce que quelque chose dans le genre des années 60 ait de nouveau lieu au cours des années 90. Pour aller à la rencontre de cette rétro-expectative, les concepteurs de mode s’exécutèrent vivement, recyclant tout un tas de choses : des sandales hippies aux vestes Nehru. Personne ne pouvait imaginer ce que les années 90 apporteraient - on parlait de nouvelle sensibilité fiscale, de nouveau comportement de repli sur le privé (cocooning), et peut-être même d’une nouvelle simplicité. Rien qui ne ressemble véritablement à une contre-culture ; juste un retranchement culturel. C’est alors que le Time magazine, ce grand baromètre de la vie américaine, nous a indiqué ce que serait la contre-culture : le cyberpunk. Une nouvelle explosion juvénile était sur le point d’advenir - mais c’était une Xplosion de génération, qui entendait rester dans les airs plutôt que dans les rues. On s’est vite rendu compte que cette nouvelle contre-culture n’était pas exactement comme l’ancienne. Ils préféraient les raves, avec leur musique digitale hyper-accélérée et remixée, aux simples mélodies acoustiques du folk ; leur drogue de prédilection était l’Ecstasy et non l’herbe. Ceux-ci n’étaient pas les enfants-fleurs New Age en attente du « peace and love » ; au contraire c’était les hip-hoppers New Edge la recherche du « tech and cred » [5]. Plutôt que d’êtres porteurs d’une sorte de romantisme du « retour à la nature », ces gens préféraient e désordre urbain de la ville, voyant la technologie non comme l’ennemi, mais comme une arme choix pour eux. Leurs héros n’étaient pas les hippies de People’s Park -- au contraire, ils ont choisi comme saints les pionniers de la radio pirate. Il n’y a rien de surprenant à ce que de vieilles personnalités de la contre-culture comme Timothy Leary, John Perry Barlow et Robert Anton Wilson aient rapidement rejoint leurs rangs, proclamant que le cyberpunk serait la prochaine vague de lutte contre le système et tout ce qu’il représente. Il y avait des similitudes superficielles bien sûr. Les cyberpunks ont un curieux enthousiasme pour les produits neurochimiques, en particulier pour ceux dont ils disent qu’ils accroissent l’énergie, l’intelligence ou la mémoire, mais ils refusent l’idée que les drogues puissent conduire à une quelconque paix et harmonie mystique. Ils se tiennent à l’écart de l’activisme politique, de la désobéissance civile et des marches de protestation. Ils préfèrent plutôt une forme plus essentielle de guérilla - qui utilise les lignes téléphoniques en lieu et place des piquets de grève. Il ne sert à rien de demander à L’Homme quoi que ce soit. Il suffit de saisir ton clavier et de prendre ce que tu veux de lui, parce qu’il ne te le donnerai pas. Défier les normes de l’ordre émergeant de l’information Pour que le cyberpunk soit une contre-culture, il lui fallait une culture contre laquelle se rebeller. Et ce n’est certainement pas ce qui manquait. Il y avait la culture des entreprises multinationales, qui voyaient l’information comme une chasse gardée ; la culture de la nouvelle économie de l’information et des services, qui ne proposait à nos rebelles sans grands moyens que des places de programmeurs chez McJobs ou McData ; et la culture de l’establishment informatique qui posait tout un tas de règles stupides sur où l’on pouvait aller et où l’on ne pouvait pas aller dans le cyberspace. Le slogan de la vieille contre-culture était « Faites l’amour, pas la guerre. » C’est mignon. Mais le slogan de la nouvelle contre-culture était bien moins romantique, et plus concret. « L’information veut être libre. » Le caractère rebelle de ce slogan n’est pas évident au premier abord. Mais lorsque vous y pensez, il est aussi dangereux que tout autre manifeste. Il fait référence à tout type d’information. Comment écouter aux portes de tout un chacun. Comment trafiquer des distributeurs ou des téléphones publics. Comment produire des K7 pirates de concerts. Comment accéder à des informations gouvernementales confidentielles. Comment écrire des virus. Comment écrire des bombes logiques qui paralysent des systèmes informatiques. Comment s’introduire sur les messageries vocales des grandes entreprises. Comment utiliser des satellites ou le câble sans payer. Comment fabriquer une bombe artisanale ou produire son propre LSD. Comment saboter son poste de travail. Comment pénétrer dans les banques de données. Jusqu’à comment obtenir des informations sur autrui - des choses que l’on peut considérer comme relevant de l’intimité - et comment les utiliser contre eux. Dans un ordre multinational de l’information, où les éditeurs de films, de logiciels, de livres et d’autres formes d’information cherchent en permanence à établir un standard monopolistique de propriété intellectuelle (avec des traités comme le GATT), de façon à ce que personne d’autre ne puisse leur soustraire les paquets de dollars (surtout pas quelqu’un du tiers-monde) ; où les autres corporate cherchent avec zèle à protéger leurs « secrets professionnels » de tout espionnage industriel, le slogan « L’information veut être libre » sonne comme le tic-tac d’une bombe à retardement. Les entreprises multinationales veulent un contrôle total sur l’information pour s’accaparer les données qui mettent en évidence leur pénétration du marché et les opportunités d’investissement. L’information est le nerf vital des multinationales, parce qu’elles doivent en permanence avoir l’œil sur les marchés financiers un peu partout dans le monde. Si quelqu’un reste là à semer la pagaille dans la tuyauterie, les CEO [6] deviennent de façon compréhensible un peu nerveux. Détenir le pouvoir à l’ère cybernétique A mesure que les ordinateurs contrôlent toujours plus d’aspects de la société, ceux qui peuvent contrôler ces ordinateurs détiennent plus de pouvoir, c’est là quelque chose de l’ordre de l’évidence. Les ordinateurs guident notre système de transport, administrent nos affaires, se permettent de communiquer l’un avec l’autre, automatisent de nombreux aspects de notre vie et conservent une grande quantité d’informations sur toutes ces choses et sur nous tous. Ils font l’affaire de l’État et des entreprises. Ils sont, donc, la cible évidente de la rage des mécontents. Tu n’aimes pas ton chef ? Redirige tous ses appels téléphoniques extérieurs vers une ligne érotique. Tu n’aimes pas ton professeur ? Fait irruption sur l’ordinateur de l’école et « fixe » toi-même ta note. Tu n’aimes pas tes fréquentations ? « Corrige » juste le taux d’intérêt de leur compte bancaire. La société t’irrite ? Désynchronise les feux tricolores du centre ville. Le gouvernement te rend fou ? Bombarde chaque numéro de fax de la présidence de la République avec des dessins de Zippy the Pinhend. Il y a tant de gens qui sont dépendants des ordinateurs dans leur vie que tout groupe qui réussi à en prendre le contrôle acquiert un grand pouvoir. Les cyberpunks savent cela. Souvent ils proclament qu’il y a une mission sociale élevée dans leurs méfaits. En s’introduisant dans le système téléphonique, ils veulent prouver que celui-ci n’est pas fiable. En pénétrant les systèmes de sécurité, ils proclament qu’ils veulent montrer combien est ridicule la confiance que la société place dans la technologie pour sa propre sécurité. En lisant votre courrier électronique, ils veulent que vous preniez conscience que le gouvernement aussi est probablement en train de le faire, et que vous devez vous protéger par le cryptage. Les auteurs de virus/bombes logiques/chevaux de Troie se considèrent comme l’avant-garde du mouvement - ils sont le Wether Underground [7]du cyberpunk. Les ordinateurs contrôlent trop d’aspects de nos vies - il est inutile de hacker ici ou là dans le système. Il faudrait les éteindre tous. Infecter un ordinateur gouvernemental avec un virus n’est pas juste un divertissement. C’est du terrorisme politique. Imaginez ce qui se serait passé si, pendant la guerre du Golfe, quelqu’un avait été capable d’infecter avec un virus le système militaire C3I et de paralyser ainsi la capacité de coordination des forces armées US. Une chose pareille aurait arrêté la guerre bien plus rapidement que n’importe quel sit-in pacifiste. À l’ère cybernétique, l’action directe assume une signification nouvelle. L’« organisation sociale » de l’underground informatique Il y a quelques années Gordon Meyer a écrit un article ainsi intitulé. En substance, il avait choisi de voir l’underground informatique comme une confédération libre d’organisations criminelles. C’est ainsi aussi qu’en général les services secrets voient les choses, bien que les partisans du cyberpunk objectent que leurs actions ont une grande importance sociale et politique ; c’est du moins ce qu’affirment leurs manifestes. En tout état de cause, si le cyberpunk avait réellement été une sorte de mouvement contre-culturel, on pourrait s’attendre à y trouver une quelconque forme de solidarité ou de coopération. Le cyberpunk a visiblement échoué de ce point de vue, parce qu’il semble bien qu’il n’y ait aucune « finalité » commune pour le mouvement. Il y a des gens qui pratiquent le hacking ici ou là, mais sans aucune coordination, ni objectifs ou structures communs. Les cyberpunks sont connus pour s’espionner les uns et les autres et pour s’opposer les uns aux autres. Et pour se poignarder dans le dos par n’importe quel moyen. La paranoïa des hackers est légendaire - ils ne croient personne, et dans la mesure où beaucoup d’entre eux ont recours au « social engineering » [8] pour rouler les gens, ils s’attendent à ce que les autres fassent de même avec eux. Il n’y a pas de colère qui égale celle du cyberpunk humilié. Ils inventent des stratagèmes incroyables pour se venger de celui qui prétend être bien meilleur hacker qu’eux. C’est là que le cyberpunk ne réussit pas à être une véritable contre-culture. Malgré les slogans et les manifestes, il ne semble pas y avoir de valeurs communes. Il y a des tentatives pour faire émerger une éthique du hacker - vous pouvez distribuer les logiciels piratés au lieu de les vendre pour votre seul profit, etc. - mais sans effort pour la renforcer et en faire un véritable standard. Beaucoup de membres de l’underground informatique n’ont réellement pas le moindre sens d’une grande mission sociale dont seraient porteuses leurs activités. C’est juste une façon pour eux d’obtenir gratuitement des choses dont ils ont envie et d’aller dans des lieux où ces sales grandes personnes les contraignent à payer des droits d’entrée exorbitants. Ils peuvent voler le code confidentiel de carte téléphonique d’une petite vieille avec la même prestance qu’ils voleraient le service WATTS d’une grande entreprise. Il ne semble pas réellement y avoir d’organisation sociale de l’underground digital, parce que la plupart des cyberpunks sont des solitaires, travaillant pour leur propre compte. Certains se rassemblent en groupes comme TAP ou 2600, mais ils le font uniquement pour s’échanger des codes, des hacks ou d’autres informations - il n’y a pas de réels efforts pour collaborer sur des projets. Les sociologues ne savent vraiment pas ce qu’est réellement la population de l’underground informatique. La plupart pensent que le cyberpunk moyen est un mâle américain, blanc, des classes moyennes ; un adolescent socialement inepte à l’hygiène douteuse. C’est peut-être cela la moyenne démographique, mais personne n’a jamais fait d’étude pour le comprendre. Ce portrait masque l’internationalisation croissante des échanges entre hackers, alors que le Tiers-monde commence à se lasser du monopole de l’information du « Premier monde. » En fait, en dehors des USA, la dimension politique du cyberpunk retient plus l’attention, parce que les motivations du vol informatique correspondent à un réel besoin, et non au fruit d’un ennui banlieusard et d’une rebellion adolescente. Cyberpolitique : existe-t-elle vraiment ? Alors que peu de cyberpunks sont clairement politiquement actifs, au sens classique du terme (beaucoup ne votent pas), dans leurs discussions entre eux un sens politique implicite se fait jour. Le système de valeurs de base de la plupart des cyberpunks est le libertarisme [9]. Le gouvernement n’a absolument aucun droit de vous dire ce que vous pouvez faire ou ne pas faire avec votre modem, ou quelles informations vous pouvez acquérir ou envoyer, ou ce que vous mettez dans votre corps, ou ce que vous pouvez faire avec votre argent Pour la plupart l’intimité (privacy) est une question importante -ils sont fatigués que le gouvernement lise leur courrier ou conserve des données les concernant (qui surveille le surveillant après tout ?), ils utilisent donc des méthodes de cryptographie pour protéger leurs communications et leurs échanges. Depuis que théorie et technologie du cryptage de données sont supposées être (en théorie) sous le seul contrôle de la National Security Agency (le code/chiffre est classé comme « munitions » au regard de l’exportation), fournir aux gens des clefs d’accès publiques est aussi un acte de rébellion. Les membres de l’underground informatique (CUers) qui pratiquent cela sont nommés les « cypherpunks « , et ils pensent que les gens doivent utiliser le cryptage pour se protéger de l’État, et le cassage de code pour accéder aux informations réservées et jalousement gardées. Certains « cypherpunks » pensent que le cryptage pourrait finalement détruire l’État - si quelqu’un crypte ses transactions financières, l’imposition deviendrait impossible. Ce n’est pas sans raison que beaucoup d’entre eux sont appelés « cryptoanarchistes. » La cyberpolitique est à la base substantiellement influencée par ce qui se passe dans la culture en général. Théorie du chaos, postmodernisme, dadaïsme et situationnisme (en particulier chez ce dernier l’utilisation du canular élaboré et du détournement culturel pour éreinter le « spectacle ») influencent le pessimisme des politiques du cyberpunk. Le cyberpunk prend appui sur les détritus que rejette la société - lambeaux de manuels de systèmes téléphoniques, équipements électroniques mis au rencard et sorties imprimante de mots de passe périmés - pour une bonne part de de leurs activités. Dans une large mesure, sa politique est juste une forme de parasitisme. La société n’est pas en voie d’amélioration, mais les plus intelligents des « cow-boys des consoles » seront les mieux préparés pour exploiter la situation et la tourner à leur avantage. Poudre aux yeux et mystification : réflexions sur l’« info-crime » Si vous rentrez chez quelqu’un, sans rien y prendre de valeur et fermez la porte en repartant, aurez-vous commis un délit ? Qu’en est-il si vous changez la disposition des posters sur le mur, ouvrez et fermez tous les tiroirs, et recopiez tout ce qu’il y a de noté dans le carnet personnel, mais toujours sans rien prendre de valeur ? Avez-vous commis un délit ? Qu’en est-il si vous recopiez ce qu’il y a dans le journal intime du propriétaire des lieux, ou encore si vous utilisez la chaîne hi-fi ou si vous cassez les verres ? Là les choses deviennent un peu plus délicates. C’est ce qui se passe avec le fait de hacker un ordinateur. Beaucoup de ces « intrus » commettent des actes malveillants - effacer des données, déposer un cheval de Troie, des bombes logiques ou des virus, lire le courrier personnel, ou harceler d’autres usagers. Et puis il y a ceux qui pénètrent les systèmes informatiques avec les mêmes motivations que pour l’ascension du Mont Everest. Parce qu’il est là. Si quelqu’un pénètre dans un ordinateur, copie des informations par ailleurs disponibles publiquement, sans rien effacer ni changer, il ne laisse pratiquement pas de traces de son passage. Cependant, de nombreux administrateurs de réseaux informatiques sont justement formés pour relever les éventuels signes de telles « intrusions. » Pénétrer dans un ordinateur, tout comme pénétrer dans une maison, est défini comme un délit. Mais il me semble que la véritable activité criminelle concerne ce que vous faîtes une fois que vous êtes à l’intérieur. Et si vous laissez quelque chose de mignon (peut-être des fleurs) pour celui qui habite là ? Ou alors un petit mot pour dire quelque chose du genre « vous avez besoin d’une meilleure serrure » ? C’est ce qui semble le plus « embarrassant » par rapport aux lois en vigueur sur le crime informatique. Outre le fait qu’elles sont pratiquement inapplicables. Presque tout le monde conviendra probablement qu’il n’est pas correct de voler des codes de cartes téléphoniques ou de cartes de crédit à des personnes confiantes et innocentes, ou de piocher dans leur compte en banque. Mais qu’en est-il pour le blueboxing et le fait d’ « emprunter » un peu de service téléphonique à AT&T ? C’est-à-dire que vous passez un coup de fil d’une valeur de 15 $ gratuitement. Rien de comparable avec le fait que les entreprises de télécommunication et de services câblés pressent le client comme des citrons. Et, alors que la copie « pirate » de logiciels est un délit, ce type de vol est apparemment un des plus répandus dans le monde, dans la mesure où très peu de gens respectent les instructions précises et explicites des licences d’utilisation qui interdisent la copie - licences qui vous donnent accès à l’utilisation du programme (lisez la notice) et non au code du programme lui-même ! Si les émeutes de Los Angeles ont été une « rébellion », certains de ces « crimes » informatiques peuvent-ils aussi alors être définis comme une insurrection ? Et qu’en est-il des vieux « hackers » et des vieux « punks » ? Steven Levy et d’autres, qui connaissaient les premiers hackers du MIT, deviennent fous. Ce qui les rend furieux c’est que ces « hooligans » des années 90 aient usurpé le nom de « hackers. » Ils préféreraient que ces gens soient appelés des « crackers », parce qu’ils ne respectent pas la « noble éthique hackers » des hackers du MIT - rendre la technologie accessible à tous ; décentraliser l’information ; créer des codes sources compréhensibles plutôt qu’élégants. Tout objet qui comportait un minimum de composants technologiques et était employée à un usage autre que celui prévu à l’origine (probablement parce que mal conçue) était un « hack. » Ce que Levy objecte c’est que les hackers originaux tentait de diffuser de l’information aux masses et non de l’accumuler à leur seul profit ou pour potentialiser leur agenda électronique. Des gens qui préféraient « programmer plutôt que dormir », et qui ont fait la révolution de l’ordinateur personnel (personnal computer) qui a libéré l’Amérique. Bon, d’accord. Mais certaines personnes ont fait remarquer à Levy que les premiers hackers n’étaient pas si différents après tout. Beaucoup d’entre eux s’en sont sortis avec des manœuvres tout aussi élaborées pour voler du temps d’utilisation sur l’ordinateur central de l’Université - c’était, eux aussi, des « envahisseurs d’ordinateurs « qui trouvaient aussi des moyens de soutirer quelque chose au distributeur de Coca-Cola et au téléphone public. De nombreux cyberpunks soutiennent que cette dichotomie (cracker = fourbe, méchant, dangereux, destructeur, etc. et hackers = ouvert, conscient, honnête, constructif, etc.) est totalement fausse, et que Levy pêche par une bonne dose de romantisme. près tout, n’est-ce pas Wozniak et Jobs [10] qui ont trahi lorsque Apple a breveté l’architecture e son système, la transformant en monopole effectif ? Les hackers dépassaient les limites ; les crackers se limitent à utiliser ce qui existe. Ou, du moins, c’est ce qui se dit. Les punks originaux ont, eux, émis des protestations contre l’étiquette cyberpunk. Qu’est-ce donc que cette histoire de technique et de compétences techniques ? Pour la musique punk tout tenait là - quelle importance cela -t-il que tu ne saches pas réellement jouer ? Monte sur scène et fait donc un peu de bruit : quand même ! Les punks des années 70 regardent avec une certaine ironie ces « computer nerds « [11] qui utilisent l’appellation punk, comme i porter ces tranquilles vêtements « ordinaires », achetés au mall ( [12] donnait une quelconque sorte d’avantage. Pour beaucoup de ces punks originels, le cyberpunk c’est beaucoup trop e pose, et trop peu de substance. Dans tous les cas, il est évident que les termes « cyberpunk » et « hacker » sont des domaines contestés ; et, sous certains aspects, celui de l’« underground informatique » aussi. Cyberpunk : nouveaux sous-prolétaires de l’ère de l’information, ou bien alors quelque chose de bien plus sérieux ? N ous avons donc vu que sous certains aspects e cyberpunk est une nouvelle contre-culture, et sous d’autre non. Comme pour n’importe quel mouvement, la question reste toujours la même : se vendront-ils ? Seront-ils récupérés ? Le capitalisme a, comme toujours, trouvé divers moyens pour profiter de la tendance, avec des romans cyberpunks, des vêtements, des jeux vidéo, des gadgets et ainsi de suite, réalisant ce processus qu’Herbert Marcuse décrit si bien. Le fait que beaucoup d’ex-hackers vont maintenant travailler pour des entreprises de sécurité informatique suggère (non sans surprise) que, comme les hippies des années 60, ces personnes sont prêtes à tout brader pour un travail peinard et un jet de fonction. Les cyberpunks constituent-ils un défi plus sérieux pour le système que leurs prédécesseurs ? Comme suggéré plus haut, ils en ont indéniablement le potentiel. Essayez d’imaginer la consternation de l’exécutif de la Hagen Daz lorsqu’il découvre que 20 000 caisses ont accidentellement été dirigées vers le Pôle Nord. Ou la frustration du bureaucrate gouvernemental qui s’aperçoit que tous ses fichiers sur les « fauteurs de troubles » ont été cryptés. Ou la colère du général de Pentagone qui découvre que ses avions télécommandés bombardent l’Océan plutôt que Saddam Hussein. Ou encore le patron d’un monopole médiatique qui trouve que son réseau de satellites ne semble plus capable que de diffuser « Ren N Stimpy. » Mais pour ces mêmes raisons les cyberpunk peuvent aussi représenter un danger encore plus grand pour la société dans sa globalité, et pas seulement pour les « pouvoirs constitués. » Plutôt que de simplement se mettre « en dehors » de la société, ou de juste se nourrir de façon parasitaire de ses monopoles d’informations, les cyberpunks ont le potentiel pour la changer. Mais pour le faire, ils devront apprendre ces ennuyeuses leçons de l’histoire du Mouvement. Vous savez ce qu’elles sont. Les étudier. Penser globalement, agir localement. Et le plus important, ne pas se lamenter, s’organiser. Il suffit de penser à ce que les cyberpunks pourraient faire s’ils apprenaient maintenant à coopérer, parler et avoir confiance entre eux. Si, au lieu de faire des farces sur l’Homme, ils commençaient maintenant à essayer et à lui enlever un peu de son pouvoir. Si, au lieu de saboter des BBS de base, ils perturbaient les transmissions de machines de propagande comme Voice of America [13]. Alors nous pourrions dire que peut-être, finalement, la nouvelle contre-culture est arrivée à maturité... PS : No-copyright © Seeker1. Traduction de l’américain et notes par Aris Papathéodorou.

[1] Réseau électronique de la National Science Fundation (NSF) qui, en se combinant avec le réseau militaire ARPAnet, et d’autres réseaux, sera une des contributions majeures à la naissance de l’lnternet.

[2] William Gibson, Le neuromancien, J’ai lu, 1984, Paris. Traduit dans de nombreuses langues, ce premier roman de Gibson est considéré comme l’acte de naissance de la science-fiction cyberpunk, devenant du même coup une référence culturelle majeure pour toute une génération.

[3] Le fait d’utiliser la petite boîte bleu (bluebox) magique... qui permet de téléphoner gratuitement.    

[4] Opération de la police fédérale d’envergure contre les « hackers. » Voir Nicolas Auray, « Le prophétisme hacker et son contenu politique », alice, automne 1998, numéro 1. [5] « Technologie et argent. »

[6] Le titre de Chief Executive Officer, fort en vogue ces dernières années, désigne une sorte de super-patron, au dessus du PD-G. C’est, à titre d’exemple, c’est ce que Bill Gates est à Microsoft ou Steve Jobs à Apple.

[7] Mouvement clandestin d’extrême gauche des années 70 pratiquant la lutte armée. Les « météorologistes », qui tiraient leur nom de la célèbre chanson de Bob Dylan Times are changing, furent une sorte de « bras armée « de la fraction radicalisée des hyppies.

[8] Procédé qui consiste à se faire passer pour ce qu’on n’est pas, en général au téléphone, pour soutirer une information capitale : par exemple un code d’accès.

[9] Notion qui fait référence au courant des libertarians, plus libéral libertaire, voir « anarco-capitaliste », que véritablement anarchiste. Il s’agit plutôt d’une éthique de l’opposition à l’État et de la liberté individuelle que d’une référence politique à un projet social précis.

[10] Anciens hackers et pionniers de la micro-informatique, fondateurs d’Apple et inventeurs du Macintosh.    

[11] Les nerds sont les accros de l’informatique et du Net.    

[12] Le supermarché électronique où l’on peut tout acheter on line. Tire son nom d’une avenue de Londres où, au XlXe siècle, il était de bon ton de se promener.

[13] Station radio de propagande, mise en place par le gouvernement à destination des pays étranger, et émettant dans de multiples langues. Elle était, avant la « chute du mur », en particulier destinée aux pays socialistes.

Posté par kazal à 22:22 - Cyberpunk et Hacking - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 avril 2005

christian

   

Site dédié à la mémoire de Christian Labruggère.
Un ami décédé en avril 2005
qui vivra à jamais dans le coeur de tout homme épris de justice et de liberté.
Tu m'as tant appris l'ami.... en si peu de temps.
Adieu et que la paix soit sur toi........
Stanislas kazal
 

Posté par kazal à 21:59 - En mémoire de.... - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Joy Division

   

Joy Division : L'histoire

joy_division11






Chapître I - Origines (The Stiff Kittens & Warsaw) :


En 1976, le mouvement punk fit brutalement irruption et tira la musique pop de son apathie. Les
leaders du mouvement furent les Sex Pistols, dont les titres fameux , comme "Anarchy in the UK" ou
"God save the Queen", allaient être les hymnes de cette génération du "no future" . La plupart des
musiciens punks ne savaient pas jouer, mais ne voyaient pas cela comme un obstacle pour atteindre
leur but : monter sur scène et hurler leur rage à la face du monde !
Beaucoup étaient influencés par de célèbres groupes cultes de la fin des années 60 et du début des
années 70 : Le Velvet Underground, Lou Reed, David Bowie, Alice Cooper, Les Stooges, Iggy Pop, Les Doors, etc...

Pendant la tournée Anarchy in the UK, les Pistols jouèrent à Manchester le 4 juin. Dans le public ce
soir là se trouvaient trois jeunes gens vivant dans les environs de Manchester : Peter Hook et Bernard
Albrecht, deux copains d'école, ainsi que Ian Curtis. Quelques jours plus tard, Peter et Bernard
décidaient de monter un groupe, avec Peter à la basse et Bernard à la guitare; ils engagèrent Terry
Mason comme batteur, mais avaient besoin d'un chanteur. Pour en trouver un, ils passèrent une offre
au magasin de disques Virgin de Manchester. Ian y répondit et devint le chanteur du groupe, appelé
alors the Stiff Kittens. Il devait également écrire les textes des chansons.

Ils répétèrent beaucoup durant quelques mois, et composèrent leurs premières chansons, dans le
plus pur style punk. En mai 1977 le groupe changea son nom en Warsaw (en référence à "Warszawa"
de Bowie) et Terry fut remplacé par Tony Tabac. Un mois plus tard, Tony quittait le groupe et Steve
Brotherdale prenait sa place. Ce fut à ce moment que Paul Morley du NME et que le DJ Rob Gretton
découvrirent le groupe et perçurent son remarquable potentiel. Warsaw enregistra une cassette de
démo incluant cinq chansons aux Pennine Sound Studios en juillet, mais Steve quitta le groupe
quelques jours après.
Finalement, Stephen Morris rejoignit le groupe. En octobre, ils jouèrent à l'Electric Circus, qui devait
fermer, avec The Fall et The Buzzcocks. Quelques morceaux furent enregistrés par Virgin comme
témoignage de la scène punk de Manchester.

En décembre, ils enregistrèrent quatre titres, qui devaient apparaître plus tard sur "An Ideal For
Living". En janvier 1978 le groupe changea de nouveau de nom pour s'appeler Joy Division, pour éviter toute confusion avec un autre groupe. Ils répètèrent intensément et composèrent de nouvelles
chansons. Le 14 avril , ils participèrent avec 16 autres groupes à un concours : Tony Wilson, qui
travaillait pour la chaîne Granada TV, et Rob Gretton furent grandement impressionnés par leur
performance.



Joy Division
joy_division2


Chapître II - Naissance d'une légende (Joy Division - Factory) :


Joy Division entra en studio pour l'enregistrement de onze titres avec le label RCA. Pour la première
fois, ils ne sonnaient pas comme tous les autres groupes punks. Mais certaines modifications faites
par le producteur, et les conditions du contrat avec RCA leur déplurent.
Pour cette raison le 21 mai, Bernard put faire de Rob le manager du groupe. Le 8 juin, Tony ouvrait
un club à Manchester, appelé The Factory I (d'après le nom du Factory de Warhol). Peter Saville, un
jeune artiste local, conçut une affiche pour l'événement, et Joy Division sembla plein de promesses à
beaucoup de critiques.

Ils répètèrent tout l'été ce qui eut pour effet immédiat de faire mûrir leur musique. Avec l'aide de
Rob Gretton, ils purent empêcher la sortie du disque de RCA (qui devint plus tard le pirate
"Warsaw"). Du fait de toutes ces répétions et de tous ces concerts, ils s'étaient considérablement
améliorés, et les critiques comme le public étaient de plus en plus impressionnés. Le 20 septembre,
ils passèrent sur Granada TV en live, et décidèrent de jouer "Shadowplay", un de leurs titres récents.
Ils donnèrent un autre concert à the Factory où des exemplaires gratuits de "An Ideal for Living"
furent distribués aux journalistes. Ce fut à cette occasion que les routes de Martin Hannett et de Joy
Division se croisèrent pour la première fois.

A la fin de 1978, Tony Wilson et Alan Erasmus, un acteur de théâtre , fondèrent une maison de
disques appelée "Factory Records", qui deviendra le label indépendant le plus célèbre et créatif de
son époque. Peter Saville fut choisi comme designer, et Martin Hannett comme producteur.
En octobre,  Hannett produisit deux titres de Joy Division, qui apparurent sur une compilation
appelée "A Factory Sample". Les mois suivants, Rob Gretton organisa des concerts à Manchester,
Leeds, Liverpool, Canterbury, Bristol, York et Londres, et le groupe commença à se créer un véritable
public. Ils durent cependant faire face à un problème sérieux, car Ian était maintenant victime de
crises d'épilepsie.

Le 31 janvier 1979 , ils enregistrèrent quatre morceaux pour John Peel, DJ sur BBC Radio 1. Cette
Peel session fut diffusée deux semaines plus tard, et suivie d'un autre concert à Londres, puis d'une
scéance d'enregistrement avec le label WEA, et enfin d'autres concerts, avec The Cure.
Sur scène, Joy Division avait quelques caractéristiques spéciales : ils choisissaient les chansons qu'ils
allaient interpréter juste avant le début du spectacle, et ils jouaient avec très peu de lumière à cause
de l'épilepsie de Ian.



Joy Division
joy_division3


Chapître III - Unknown Pleasures :


Rob Gretton et Tony Wilson se mirent d'accord pour produire le premier album du groupe. Joy
Division répéta quasiment jour et nuit tout le mois d'avril, et composa environ quinze nouvelles
chansons. Avec Martin Hannet ils travaillèrent intensément sur "Unknown Pleasures". Les dix titres
sont remarquables, de par la musique et les paroles bien sûr, mais aussi grâce à l'apport incontestable
de Hannett qui sut les entourer d'une aura particulière. L'atmosphère, le son des morceaux sont
oppressants, sombres et claustrophobes, mais en même temps puissants, émouvants, et éclatants.

Puis ils reprirent la route, jouant en Angleterre avec Orchestral Manoeuvres In The Dark et quelques
autres, et enregistrèrent plusieurs titres pour une radio locale, Piccadilly  Radio.
L'impact et le renom de Joy Division grandissait rapidement, même s'ils refusaient les interviews de
façon presque systématique - pensant que leur musique parlait parfaitement pour eux. Ils n'avaient
pas de promotion publicitaire : simplement des concerts, des concerts et encore des concerts, surtout
dans la région de Manchester.
En juillet 1979 parut "Unknown Pleasures", dans sa pochette noire, agrémentée d'un simple dessin en
noir et blanc. Le design de Peter Saville n'incluait aucune photo ou aucun nom des membres du
groupe.
L'album reçut des critiques particulièrement élogieuses - meilleur disque depuis le LA. Woman des
Doors - et resta longtemps dans les classements anglais indépendants. Bizarrement, tous étaient
encore des amateurs, avec chacun un métier !

La batterie claque comme des coups de feu, sauf quand Steven délivre de furieux roulements sur ses
fûts, la basse est omniprésente, parfois menaçante, parfois plus calme, mais toujours utilisée d'une
manière tout à fait inhabituelle pour un groupe pop, avec un rôle primordial dans l'architecture des
chansons et la mélodie. La guitare joue souvent avec la basse, dans une sorte de contrepoint; le son
varie, distordu ou clair, plus ou moins aggressif, flou ou brillant et à la précision chirurgicale.
Le chant et les paroles de Ian élèvent encore le niveau : on sent que Joy Division ne triche pas, mais se dévoile et s'expose. La colère ou la peur que l'on entend dans sa voix sont simplement la vérité nue.



       "I've been waiting for a guide to come and take me by the hand,
       Could these sensations make me feel the pleasures of a normal man?
       ..."   (Disorder)


       "I guess you were right, when we talked in the heat,
       There's no room for the weak, no room for the weak.
       ..."   (Day of the Lords)


       "Corrupted from memory,
       No longer the power,
       It's creeping up slowly,
       That last fatal hour.
       ..."   (Candidate)


       "Guess your dreams always end.
       They don't rise up just descend,
       But I don't care anymore,
       I've lost the will to want more,
       I'm not afraid not at all,
       I watch them all as they fall,
       But I remember when we were young.
       ..."   (Insight)


       "A change of speed, a change of style.
       A change of scene, with no regrets,
       A chance to watch, admire the distance,
       Still occupied, though you forget.
       Different colours, different shades,
       Over each mistakes were made.
       I took the blame.
       Directionless so plain to see,
       A loaded gun won't set you free.
       So you say.
       We'll share a drink and step outside,
       An angry voice and one who cried,
       'We'll give you everything and more,
       The strain's too much, can't take much more.'
       I've walked on water, run through fire,
       Can't seem to feel it anymore.
       It was me, waiting for me,
       Hoping for something more,
       Me, seeing me this time,
       Hoping for something else."   (New Dawn Fades)


       "Confusion in her eyes that says it all.
       She's lost control.
       And she's clinging to the nearest passer by,
       She's lost control.
       ...
       And she turned around and took me by the hand
       And said I've lost control again.
       And how I'll never know just why or understand
       She said I've lost control again.
       And she screamed out kicking on her side
       And said I've lost control again.
       And seized up on the floor, I thought she'd die.
       ..."   (She's Lost Control)


       "I did everything, everything I wanted to,
       I let them use you for their own ends,
       ..."   (Shadowplay).


       "What did you see there?
       I saw all knowledge destroyed.
       I travelled far and wide through many different times.
       ...
       What did you see there?
       The blood of Christ on their skins,
       I travelled far and wide through many different times.
       I travelled far and wide and unknown martyrs died,
       What did you see there?
       I saw the one sided trials,
       What did you see there?
       I saw the tears as they cried,
       ..."   (Wilderness)


       "Down the dark streets, the houses looked the same,
       Getting darker now, faces look the same,
       And I walked round and round.
        ...
       Had to think again,
       Trying to find a clue, trying to find a way to get out!
       ..."   (Interzone)


       "Get weak all the time, may just pass the time,
       Me in my own world, and you there beside,
       The gaps are enormous, we stare from each side,
       We were strangers for way too long.
       Violent, more violent, his hand cracks the chair,
       Moves on reaction, then slumps in despair,
       Trapped in a cage and surrendered to soon,
       Me in my own world, the one that you knew,
       For way too long.
       ..."   (I Remember Nothing)


Sur ces bases remarquables, l'apport de Hannett, incluant des synthétiseurs et du bruitage, plus un
extraordinaire travail sur le son des instruments (avec Chris Nagle) crée une atmosphère unique de
tension et de chaos.

A la fin juillet, Paul Slattery photographia Joy Division à Stockport, et le groupe donna une
interview au NME. Au même moment, il travaillait avec Martin Hannett sur deux autres morceaux
pour un single. Il repartit en tournée en août, principalement à Londres, avec Echo And The
Bunnymen et Orchestral Manoeuvres, et à Liverpool. Ian, Peter, Steve et Bernard purent quitter leur
autre job et se dédier totalement à Joy Division.

Leur performance au Leeds Futurama One festival fut grandement appréciée - ils jouèrent avec
d'autres groupes comme Cabaret Voltaire, A Certain Ratio, Public Image Limited, Orchestral Manoeuvres In The Dark ... - ainsi qu'au Nashville Club à Londres. Invités par la BBC, ils jouèrent
deux chansons pour le show TV "Something Else".
Après un autre concert à The Factory I, ils firent une tournée au Royaume-Uni en première partie des
Buzzcocks : Liverpool, Leeds, Newcastle, Glasgow, Edinburgh, Aberdeen, Dundee, Bangor,
Sheffield, Derby, Birmingham, Manchester, Leicester, Oxford, Bournemouth, Cardiff, Bristol,
London, entre autres.
Chaque nuit, le public était surpris et interpellé par la musique de Joy Division et l'intensité de leur
performance sur scène. A Liverpool le public quitta les lieux juste après la prestation de Joy Division,
comme s'il savait que rien d'aussi fort ne pourrait survenir, même si beaucoup n'avaient jamais
entendu parler du groupe. A Bristol, les gens furent totalement vidés après leur apparition. De
nombreux critiques, du NME, de Melody Maker ou de Sounds, partageaient exactement le même
sentiment. Naturellement, les Buzzcocks devinrent jaloux du succès de Joy Division...
Entre les concerts de la tournée, ils jouèrent aux environs de Manchester, et pour la première fois
hors de Grande-Bretagne, à Bruxelles.

Le goupe fut alors contacté par le vice-président de Warner Brothers Records, qui leur offrit un
million de dollars pour les signer sur son label. Rob Gretton et le groupe déclinèrent l'offre.

Le 26 novembre, Joy Division enregistra une seconde John Peel session avec Tony Wilson, qui fut diffusée quelques semaines plus tard sur Radio One.



Joy Division
closer1


Chapître IV - Closer :


Rob Gretton planifia une tournée en Europe pour Joy Division en décembre 1979 et janvier 1980.
Onze dates en France, aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne. Le premier concert fut donné à
Paris, aux Bains-Douches : Bernard Lenoir, le John Peel français, diffusa le groupe live sur les ondes
de la radio française; puis eurent lieu un concert à Manchester dans la nuit du Nouvel An, et celui du
Paradiso à Amsterdam, où Joy Division, qui n'avait pu trouver de première partie, joua deux fois de
suite !
Les shows suivants se déroulèrent à La Haye, Nimègues, Anvers, Cologne - dans une ancienne église,
Rotterdam, Bruxelles, Eindhoven, Groningue et Berlin.
De retour en Angleterre, ils travaillèrent à la composition de nouveaux morceaux - dont "Love Will
Tear Us Apart" - et jouèrent à cinq reprises, à Londres, High Wycombe, Preston, Londres de nouveau
et Bristol, A Certain Ratio assurant la première partie.
Lors du concert de Preston, ils eurent de nombreux problèmes techniques, et Ian parla longuement
au public, pour le faire patienter!

En mars 1980, ils entrèrent aux Britannia Row Studios pour enregistrer leur second album avec
Martin Hannett. Entre temps ils avaient gravé "Atmosphere" et "Dead Souls", pour le single "Licht
Und Blindheit", dans une édition française limitée à 1578 copies.
Dans cet album, "Closer", ils fouillèrent encore plus profondément leurs pensées et leurs sentiments.
Encore une fois, le travail et le talent incroyables de Martin Hannett offrirent à la superbe musique
de Joy Division l'écrin le plus parfait.
Après l'enregistrement, en avril, le groupe donna quelques concerts : à Londres, au Moonlight Club,
et au Raibow Theatre, où les lumières, trop fortes, déclenchèrent chez Ian une terrible crise
d'épilepsie à la fin du spectacle. Mais le groupe devait donner un deuxième concert la même soirée,
à nouveau au Moonlight Club. Après un début furieux, Ian s'effondra, incapable de bouger ou de chanter.

Le groupe était déjà considéré comme culte, et toutes ses prestations étaient à deux doigts de provoquer l'émeute ou le chaos, aussi bien interne qu'externe :  "Joy Division me convainc que je pourais cracher à la face de Dieu."  (Neil Norman, NME).

Joy Division devait préparer sa première tournée aux US avec les Buzzcocks, et huit concerts furent
organisés à cet effet : mais la santé de Ian se détériorant, seuls cinq eurent lieu, à Malvern, Bury -
où Ian ne put tenir très longtemps son rôle, Manchester, Derby et Birmingham le 2 mai.

"Closer" devait être publié sous peu - Factory avait entre temps sorti un 45 tours flexible gratuit avec
de nouveaux titres, Joy Division devait partir pour les Etats-Unis et Warner Brothers Records leur
avait de nouveau offert un contrat d'un million de dollars, assorti d'une totale liberté artistique.

Mais Ian n'en pouvait plus : sa santé et des problèmes sentimentaux l'accablaient. Le 17 mai, il revint
dans sa maison à Macclesfield, regarda Stroszek, un film de Werner Herzog, l'histoire d'un chanteur,
un paumé, qui finit par se suicider, écouta l'album d'Iggy Pop "The Idiot" et le matin du 18 mai se
pendit dans sa cuisine. Il fut incinéré au cimetière de Macclesfield le 23 mai.

John Peel annonça la mort de Ian sur Radio One le 19 mai, et rendit hommage au groupe et à
l'homme avec "Atmosphere", qui était alors quasi-inconnu au Royaume-Uni. Peter, Steve, Bernard,
Martin et Tony étaient tout simplement anéantis par le suicide de Ian . "Closer" et le single "Love Will
Tear Us Apart" sortirent finalement à la fin de juin 1980. Les pochettes, qui avaient été choisies des
mois auparavant, étaient comme toujours designées par Peter Saville : elles incluaient deux photos
en noir et blanc de Bernard Pierre Wolff, un remarquable photographe français, prises dans le
cimetière de Gênes, Il Staglieno : un Christ mort entouré de personnes le veillant pour "Closer", et un
ange se lamentant pour "LWTUA".

"LWTUA" inclut deux versions de la chanson, car ni Joy Division ni Martin Hannett n'avaient pu se
décider sur la version qu'ils préféraient. Le titre atteignit la cinquième place des classements Indies.
Une video du morceau fut égalemnt diffusée.
La beauté et la force de "Closer" viennent de la convergence du travail intense du groupe, du monde
intérieur de Ian avant que celui-ci ne s'effondre, et des visions et de la magie de Martin.



       "Asylums with doors open wide,
       Where people had paid to see inside,
       For entertainment they watch his body twist,
       Behind his eyes he says, 'I still exist.'
       This is the way, step inside.
       ..."   (Atrocity Exhibition)


       "Mother  I tried please believe me,
       I'm doing the best that I can.
       I'm ashamed of the things I've been put through,
       I'm ashamed of the person I am.
       ..."   (Isolation)


       "This is a crisis I knew had to come,
       Destroying the balance I'd kept.
       Doubting, unsettling and turning around,
       Wondering what will come next.
       Is this the role that you wanted to live?
       I was foolish to ask for so much.
       Without the protection and infancy's guard,
       It all falls apart at first touch.
       ..."   (Passover)


       "A worried parent's glance, a kiss, a last goodbye,
       Hands him the bag she packed, the tears she tries to hide,
       A cruel wind that bows down to our lunacy,
       And leaves him standing cold here in this colony.
       I can't see why all these confrontations,
       I can't see why all these dislocations,
       No family life, this makes me feel uneasy,
       Stood alone here in this colony.
       ..."   (Colony)


       "We fought for good, stood side by side,
       Our friendship never died.
       On stranger waves, the lows and highs,
       Our vision touched the sky,
       ..."   (A Means to an End)


       "You take my place in the showdown,
       I'll observe with a pitiful eye,
       I'd humbly ask for forgiveness,
       A request well beyond you and I.
       ...
       An abyss that laughs at creation,
       A circus complete with all fools,
       Foundations that lasted the ages,
       Then ripped apart at their roots.
       Beyond all this good is the terror,
       The grip of a mercenary hand,
       When savagery turns all good reason,
       There's no turning back, no last stand.
       ...
       Existence well what does it matter?
       I exist on the best terms I can.
       The past is now part of my future,
       The present is well out of hand.
       ..."   (Heart and Soul)


       "Now that I've realised how it's all gone wrong,
       Gotta find some therapy, this treatment takes too long.
       Deep in the heart of where sympathy held sway,
       Gotta find my destiny, before it gets too late."  (Twenty-four Hours)


       "Procession moves on, the shouting is over,
       Praise to the glory of loved ones now gone.
       Talking aloud as they sit round their tables,
       Scattering flowers washed down by the rain.
       Stood by the gate at the foot of the garden,
       Watching them pass like clouds in the sky,
       Try to cry out in the heat of the moment,
       Possessed  by a fury that burns from inside.
       Cry like a child, though these years make me older,
       With children my time is so wastefully spent,
       A burden to keep, though their inner communion,
       Accept like a curse an unlucky deal.
       Played by the gate at the foot of the garden,
       My view stretches out from the fence to the wall,
       No words could explain, no actions determine,
       Just watching the trees and the leaves as they fall."   (The Eternal)


       "Here are the young men, the weight on their shoulders,
       Here are the young men, well where have they been?
       We knocked on the doors of Hell's darker chamber,
       Pushed to the limit, we dragged ourselves in,
       Watched from the wings as the scenes were replaying,
       We saw ourselves now as we never had seen.
       Portrayal of the trauma and degeneration,
       The sorrows we suffered and never were free.
       Where have they been?
       Weary inside, now our heart's lost forever,
       Can't replace the fear, or the thrill of the chase,
       Each ritual showed up the door for our wanderings,
       Open then shut, then slammed in our face.
       Where have they been?"   (Decades)


Les chansons semblent venir - plus que jamais - d'un autre monde, avec les paroles de Ian remplies
de doutes, d'inquiétude et de peurs, la basse bourdonnante de Peter, les riffs tranchants et acérés
de la guitare de Bernard et la batterie hypnotisante de Steve, encore une fois sublimés par l'apport de
Martin (synthétiseurs, travail sur le son ..., avec l'assistance de John Caffery et de Michael Johnson).

"Closer" atteignit la sixième place des charts anglais, et les critiques furent unanimes à le louer.
"LWTUA" monta jusqu'à la treizième place du classement des singles, et Joy Division fit la razzia du classement annuel du NME.
Bien que leur musique ne ressemblait à aucune autre, elle fut classée comme new-wave, cold-wave
ou gothic, mais quel que soit son nom, elle influença de nombreux goupes new-wave (The Cure,
Echo and the Bunnymen, U2, etc...) .







Chapître V - New Order :


Les membres du groupe s'étaient mis d'accord pour qu'en cas de départ de l'un d'entre-eux, quelle
qu'en soit la raison, Joy Division s'arrête.
Peter Hook, Stephen Morris et Bernard Albrecht (maintenant Sumner) formèrent New Order, avec
Gillian Gilbert aux claviers, Bernard prenant en charge le chant. Mais, de leur premier album, "Movement" - sombre, encore une fois produit par Martin Hannett et toujours dans la lignée de Joy
Division - à leurs chansons de danse décalées, ceci est une autre histoire, qui inclut le plus grand hit
de la musique pop : "Blue Monday".

En 1980 et 1981, Factory publia le single "Atmosphere" et l'album "Still", avec des titres rares et les
chansons du concert de Birmingham de mai 1980, qui atteignit la cinquième place des charts anglais.
En 1982 Ikon sortit une vidéo de Joy Division, filmée lors de plusieurs concerts du groupe "Here are
the young men", et en 1986 et 1987, les "Peel Sessions" furent éditées. Factory publia un CD appelé
"Substance" en 1988, avec les singles de Joy Division et quelques morceaux inédits, en même temps
qu'un autre "Substance", pour New Order celui-là. Une vidéo pour "Atmosphere" fut tournée par
Anton Corbijn, qui avait photographié le groupe à diverses occasions.

En 1995, quinze ans après la mort de Ian, une nouvelle compilation "Permanent" fut éditée, et en 1998
un coffret de 4 CD "Heart And Soul" fut commercialisé, suivi en 1999 par le concert de Preston,
"Preston 28 February 1980". Les Peel sessions furent rééditées en 2000 dans le CD "The Complete BBC Recordings", et le concert de Paris, "Les Bains Douches 18 December 1979" sortit en 2001.

De nombreux livres ont été écrits sur Joy Division, New Order et Ian Curtis dans plusieurs pays,
dont la biographie de Ian par sa veuve, Deborah.

Comme Joy Division avait conquis un public très fidèle, et atteint cette réputation de groupe culte, de
nombreux enregistrements pirates sont recensés, issus des différents concerts du groupe, à cette
époque où la musique était composée et jouée par des hommes.

Posté par kazal à 22:28 - Ma mythologie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

leonard cohen

   


Biographie de Leonard Cohen
par Georges Lang, 1997
avec la participation de Leonard Cohen.

leonard_cohen



Lorsque l’on évoque Leonard Cohen, le monde se partage immédiatement en deux camps : les contres, les indifférents, ceux qui le trouvent triste et barbant, rasant, et les pour, les admirateurs, ceux qui voient en lui un grand auteur-compositeur, un spécimen unique dans l’histoire du rock. Mais dans un cas comme dans l’autre, Leonard Cohen ne laisse personne indifférent, ce qui est sans doute la marque de son immense talent. Un talent dont la parution du CD More Best Of, un portrait de l’artiste couvrant les années 84 à 97 permet une nouvelle fois de mesurer toute l’étendue

Leonard Cohen est né en 1934 dans la province du Québec, à Westmount, un quartier riche et anglophone de Montréal, d’une famille juive russo-polonaise. Il est très tôt passionné par la littérature et la poésie où ses goûts ne se limitent pas uniquement aux auteurs anglo-saxons.

    Leonard Cohen :

    Quand j’étais jeune j’ai commencé à lire vraiment avec les romanciers français comme Camus et Sartre comme tout le monde ! Je lis très peu de poésie maintenant, mais j’étais très influencé par quelques poètes. Parmi eux  Federico Garcia Lorca, le grand poète espagnol, William Butler Yeats, le poète irlandais et… la Bible, les poésies de la Bible, beaucoup. 

    

A 17 ans Leonard Cohen entreprend des études d’histoire à l’université de Mc Gill, tout en écrivant ses premiers poèmes. Parallèlement il s’intéresse déjà  à la musique et il participe à la formation d’un trio de country-musique et de folk "Les Buckskin Boys". En 1956, il publie un premier recueil de poèmes  Let Us Compare Mythologies  grâce à une souscription lancée dans le journal de l’université : le McGill News Paper ; d’une manière générale le livre est bien reçu, même si ses ventes ne dépassent pas les quelques centaines d’exemplaires.

En 59, avec l’aide d’une bourse qui lui est allouée par les affaires culturelles du gouvernement canadien, Leonard Cohen se rend en Europe.

Leonard Cohen séjourne quelques temps à Londres, puis en Grèce où il loue une maison sur l’île d’Hydra qui n’est pas encore  le haut lieu touristique qu’elle est devenue aujourd’hui. C’est à l’époque un refuge très apprécié des artistes qui y trouvent l’accueil et le calme propice à l’inspiration. C’est à Hydra où il va finalement séjourner  7 ans que Leonard Cohen écrit Flowers for Hitler un recueil de poèmes très controversé qui paraît en 1964 ou il raconte notamment sa rencontre avec Marianne Ihlen, sa compagne dans une librairie de l’île. Il publie aussi deux romans : The Favorite Game en 63 (un portrait d’un artiste jeune juif dans Montréal) et Beautiful Losers en 66, décrit comme une désagréable épopée religieuse d’une grande beauté. Lors de la publication de Beautiful Losers, le Boston Globe écrit : "James Joyce n’est pas mort. Il vit à Montréal sous le nom de Leonard Cohen", ce qui est certes élogieux mais ne nourrit pas son homme car le livre se vend mal; 3000 exemplaires au États-Unis et un millier au Canada et Leonard Cohen voit bien qu’il lui faut trouver une  autre voie  pour gagner sa vie. La musique s’impose tout naturellement à Cohen car depuis son enfance et au travers de son expérience avec les "Buckskin Boys", elle a toujours occupé une place de choix dans sa vie.

    Leonard Cohen :

    J’aimais bien toutes les oeuvres de Segovia et les guitaristes flamenco, les folkloriques portugais, les fados, toutes les chansons du Moyen-Est et naturellement les musiques pop dans les juke-box de tous les cafés de Montréal.  Real Audio

Leonard Cohen décide de se rendre à Nashville pour tenter d’enregistrer un album de country-western. En chemin il fait halte à New York où il découvre Joan Baez, Bob Dylan, Phil Ochs, Joni Mitchell et Tim Buckley. Cohen se met alors à fréquenter Greenwich Village où il tente de placer ses chansons auprès des artistes de la scène folk et c’est ainsi qu’il rencontre Judy Collins.

    Leonard Cohen :

    J’ai rencontré Judy Collins à New York un certain moment et j’ai joué quelques chansons pour elle et elle m’a dit qu’elle n’aime pas exactement … elle aime ce que je fais mais si j’ai quelque chose dans l’avenir… Quand j’ai terminé Suzanne je lui ai téléphoné de Montréal et je lui ai chanté cette chanson et elle a dit qu’elle veut l’enregistrer cette chanson et elle m’a aidé beaucoup. Real Audio

La version de Suzanne qui figure sur  l’album In My Life de Judy Collins permet à Leonard Cohen de se faire un petit nom sur la scène new-yorkaise. Il rencontre ainsi Allen Ginsberg et Andy Warhol, ainsi que des musiciens comme Lou Reed, Jakson Brown et Nico. Il fait aussi la connaissance du producteur et découvreur de talent John Hammond qui l’aide à signer chez C.B.S., la maison de disque de Bob Dylan. Un premier album, Songs Of Leonard Cohen paraît en janvier 68. Pour les Américains, Songs of Leonard Cohen n’est que l’œuvre d’un auteur relativement connu qui veut prouver qu’il sait aussi écrire des chansons. Pour les Européens c’est une découverte totale puisque aucun de ses livres n’a encore été traduit. L’album parfaitement maîtrisé pour une première oeuvre est une suite de classiques, de Suzanne à So Long Marianne en passant bien sûr par Sisters Of Mercy.

Leonard Cohen est à la mode et sa maison de disques le presse de réaliser un second album, il choisit de le faire à Nashville qui est, rappelons-le, le but initial de son passage à New York, et c’est Bob Johnston qui a déjà à son actif  des albums de Simon et Garfunkel, Johnny Cash et  Bob Dylan qui est chargé de la production. Le résultat: Songs From A Room qui est publié en avril 69.

Le premier album de Leonard Cohen a reçu un accueil enthousiaste en Europe où des chansons comme Suzanne, Sisters Of Mercy et So Long Marianne sont mises au rang de classique. Un an plus tard, Songs From A Room, son deuxième album qui s’ouvre sur Bird On A Wire ne déçoit pas. Cohen y aborde des problèmes comme la religion, l’histoire, l’engagement politique à coté du suicide et de la drogue. C’est un énorme succès en Angleterre où l’album se classe N°2 ainsi que dans les pays francophones où l’on s’attarde sur sa version bilingue de la Chanson du Partisan d’Anna Marly.

Leonard Cohen effectue sa première tournée Européenne en 70 accompagné du groupe "The Army" au sein duquel on remarque un certain Charlie Daniels au violon et à la guitare acoustique. A Aix en Provence on frôle la catastrophe lorsque Cohen qui, rappelons le, vit en Grèce se voit traité de fasciste par des spectateurs qui lui reprochent de cautionner le régime des colonels

    Leonard Cohen :

    J’ai pas passé beaucoup de temps quand les colonels étaient là ; j’ai passé du temps dans les années 60 la plus part du temps, mais j’avais des amis là-bas pendant tout ça et j’avais une vie, c’est pas une question de supporter le untel ou quelque chose comme ça !.   Real Audio

A l’île de Wight,  Leonard Cohen fait un triomphe dont on retrouve un extrait sur l’album Songs Of Love And Hate en avril 71. Entre temps il s’est installé à Nashville. C’est donc très logiquement dans cette ville qu’il a enregistré le disque avec toujours Bob Johnston aux commandes et le groupe "The Army" pour l’accompagner. C’est la première fois qu’apparaissent des arrangements de cuivres et de cordes. Elles sont l’œuvre de Paul Buckmaster dont Leonard Cohen avait apprécié le travail sur un album d’Elton John. Songs Of Love And Hate contient quelques grands titres de Cohen comme Famous Blue Raincoat ou Joan Of Arc. Pourtant l’album s’attire les foudres d’une certaine critique qui lui reproche son manque de sobriété musicale

Leonard Cohen prend alors quelques distances avec la chanson et en 73, Columbia doit se contenter de publier un album public Live Songs où l’on trouve quand même 5 inédits ! S’il reste absent de la scène musicale, Cohen n’en est pas moins actif mais dans d’autres domaines. En vrac, il publie un nouveau recueil de poésies The Energy Of Slaves, il fait deux enfants : Adam et Lorca à sa compagne Suzanne, il quitte Hydra et il rejoint Israël en pleine guerre du Kippour par devoir et comme alibi pour s’éloigner de la maison confie-t-il ! On retrouve d’ailleurs un aspect guerrier dans le nouvel album de Cohen New Skin For The Old Ceremony  qui paraît finalement en septembre 74. Ici les chansons ont pour titre Field Commander Cohen, Who by fire, This is a War, ce qui révèle une certaine humeur belliqueuse. On retient aussi Lover Lover Lover le tube de l’album et Chelsea Hotel dédié à la mémoire de Janis Joplin. Les arrangements ont été confiés à John Lissauer qui a su mettre en valeur la voix de Cohen et lui redonner le souffle qu’il semblait avoir perdu.

Après New Skin For The Old Ceremony, le rythme de parution des albums de Leonard Cohen ralentit sérieusement. A part un Greatest Hits en novembre 75, c’est le silence à tel point que Bob Dylan dédicace son album Desire à Leonard s’il est encore dans le coin. Cohen répond en l’invitant à chanter sur son nouvel album Death Of Ladies Man. Le disque a été réalisé par Phil Spector, le producteur génial des Ronets, et autre Ike et Tina Turner. On s’étonne que Cohen ai choisi Spector qui traîne une réputation de paranoïaque, de fou dangereux. A moins que ce soit Spector qui ai choisi Cohen.

    Leonard Cohen :

    On a eu un ami mutuel et il m’a appelé à un concert que j’ai donné dans le Troubadour alors Phil est venu et il nous a invité à sa maison, il fermé la porte et on avait pas le droit de sortir, moi je lui ai dit "si nous sommes ici, allons nous faire quelque chose ensemble" et c’est commencé comme ça.  Real Audio

C’est la première fois que Cohen travaille en duo. Lui se chargeant des textes et Spector de la musique. En studio, l’ambiance est inquiétante avec des gardes du corps armés jusqu’aux dents, des balles et des bouteilles de vins qui jonchent le sol. Pour finir Phil Spector confisque les bandes de l’album et les mixe tout seul, sans l’avis de l’artiste !. Le résultat, contestable et contesté en son temps, poussera Cohen à revenir à une forme plus traditionnelle pour son disque suivant.

L’album Recent Songs paraît en septembre 79. On y retrouve une instrumentation plus proche de l’image habituelle de Leonard Cohen avec parfois des accents orientaux ou mexicains comme sur Un Canadien Errant une vieille chanson du Québec écrite en 1847 par Gerain Lajoie. Désormais Cohen prend son temps .De toute façon, c’est un perfectionniste, un travailleur acharné qui n’est jamais satisfait de son travail. Et ce temps il le lui faut pour écrire des chansons.

    Leonard Cohen :

     J’ai honte mais c’est vrai il y a des gens qui écrivent des très grandes chansons dans un taxi ou sur une serviette dans un café mais je ne sais pas; peut-être je suis-je paresseux ou lent, je ne sais pas, mais ça prend des mois, même des années.  Real Audio

En 1984, Leonard Cohen publie un recueil  de psaumes Le Livre De Miséricorde et il tourne même dans un épisode dans la série télévisée "Deux flics à Miami". Son rôle, celui du grand patron d’Interpol, sera malheureusement coupé au montage. Plus sérieusement il passe de l’autre coté de la camera pour réaliser I Am A Hotel un film d’une demie-heure dont il est aussi le scénariste et qui gagne le premier prix au festival international de télévision de Montreux. En 84, toujours, Leonard Cohen écrit le texte de la comédie musicale de Lewis Furey Night Magic qui est portée à l’écran avec dans les principaux rôles : Carole Laure, Nick Mancuso, Jean Carmet et Stéphane Audran. Un nouvel album de Leonard Cohen Various Positions paraît en décembre 84. Il y développe sa réflexion sur la religion au travers de titres comme Hallelujah ou The Law, véritables psaumes contemporains émanant très certainement d’une longue et pénible odyssée spirituelle.

I Am Your Man parait en 1988. Cet album a été enregistré principalement à Montréal et mixé à Los Angeles, là où réside désormais Leonard Cohen, mais s’il a choisi la Californie ce n’est ni pour son soleil, ni pour ses palmiers.

    Leonard Cohen :

    J’aime bien la Californie parce que c’est la fin du monde, de l’essence de l’apocalypse, même le tremblement de terre, la société à même dans une condition de déchiré, même le paysage mental est dans un état d’explosion. Real Audio

I Am Your Man est  un disque résolument moderne qui n’a rien à envier aux autres productions de son époque et où l’on découvre pour la première fois dans l’œuvre de Cohen des séquenceurs  et des synthétiseurs. Autres signes des temps, deux clips tournés en France à Cabourg et à Trouville accompagnent les singles I Am Your Man et First We Take Manhattan.

En novembre 92, vingt cinq ans après Suzanne et Bird on the Wire, Leonard Cohen est à nouveau sous les feux de l’actualité avec son nouvel album The Future. Il s’est écoulé 4 ans depuis I Am Your Man, c’est long et Leonard Cohen s’en explique.

    Leonard Cohen :

    Mon fils a eu un accident de voiture et j’ai arrêté complètement parce qu’il a passé 6 mois à l’hôpital et à cause de ça j’ai arrêté complètement et c’était un peu dur de recommencer. Mais quand même ça prend des années pour perfectionner, pour préciser une strophe, une ligne, même un mot.  Real Audio

Comme à l’habitude c’est un disque grave, sur des thèmes sombres, J’ai vu l’avenir, chérie et c’est le meurtre, ça va déraper dans toutes les directions chante Cohen dès le premier morceau de l’album. Pourtant, comme à chaque fois, la séduction opère et on se laisse prendre. Leonard Cohen c’est l’art de faire du beau avec du triste même s’il prétend que ses chansons sont pleines de rires étouffés et ses fidèles en redemandent.

En juin 94, Leonard Cohen nous propose Cohen Live, un album public enregistré lors de ses tournées mondiales de 1988 et 1993. Le disque couvre la période 67-88, mais il s’attache plus particulièrement au début, là où sont les classiques du poète de Montréal. Leonard Cohen à coutume de dire qu’il construit ses chansons comme des Volvos, c’est à dire pour une bonne trentaine d’années. Et c’est vrai que des titres comme Joan Of Arc, Suzanne, There is a War n’ont pas pris une ride. Les arrangements et une interprétation remaniés permettent encore mieux d’en apprécier la modernité.

On le sait, Leonard Cohen est un adepte du bouddhisme zen qu’il pratique de longue date avec son ami et professeur Sasaki Roshi, une moine Japonais âgé de 90 ans. Entre 1994 et 1996, Leonard Cohen passe l’essentiel de son temps à méditer au centre zen du Mont Baldy en plein désert californien avant de franchir le pas et d’être ordonné officiellement moine bouddhiste le 9 août 96 sous le nom de Jikan, ce qui signifie "le silencieux". Pour tous ses fans la question est de savoir si depuis sa retraite monacale du Mont Baldy,  Jikan-Cohen éprouve encore le besoin d’écrire des chansons et de les faire partager au monde. Il semble bien que oui. En attendant ses nouvelles créations, Sony publie aujourd’hui More Best Of, un portrait de l’artiste recoupant la seconde partie de sa carrière et recoupant ses morceaux clés de ses 4 derniers albums . En prime 2 inédits The Great Event et Never Any Good.

Beaucoup d’artistes on chanté Cohen sur disque ou sur scène tel que Neil Diamont, Diana Ross, Joan Baez, Joe Cocker, Bob Dylan ou plus récemment le regretté Jeff Buckley. On se souvient aussi en 1987 de Famous Blue Raincoat, un album de Jennifer Warnes entièrement consacré aux chansons de Leonard Cohen.

De I’Am Your Fan en 91 et de Tower Of Songs en 95, hommage de la scène alternative, de la pop, du rock de la country au grand homme de Montréal. Toutes ces initiatives font de Leonard Cohen, ce pessimiste dans l’âme, ce personnage énigmatique et charmeur, un artiste aujourd’hui unanimement reconnu et respecté. Elle sont aussi une preuve de l’immense talent d’écriture de celui qu’on à appelé un jour "le dépressif non chimique le plus puissant du monde".

Voilà, vous connaissez un peu mieux maintenant l’histoire de Leonard Cohen...



© Saga RTL du 25 Octobre 1997 présentée par Georges Lang.
Merci à Jean-Claude Engasser pour le transcript.
Merci à Marc Gaffié pour son aide.


PS. Si certaines grosses erreurs ont été corrigées, nous en avons laissé quelques-unes.
De plus, Leonard Cohen ne vit plus au centre Zen de Mount Baldy depuis le printemps 1999, il vit maintenant à Los Angeles.

Des chansons marquantes:
(qui a dit que les chansons en anglais ne veulent rien dire?)

Sisters Of Mercy



Oh the sisters of mercy, they are not departed or gone.
They were waiting for me when I thought that I just can't go on.
And they brought me their comfort and later they brought me this song.
Oh I hope you run into them, you who've been travelling so long.

Yes you who must leave everything that you cannot control.
It begins with your family, but soon it comes around to your soul.
Well I've been where you're hanging, I think I can see how you're pinned:
When you're not feeling holy, your loneliness says that you've sinned.

Well they lay down beside me, I made my confession to them.
They touched both my eyes and I touched the dew on their hem.
If your life is a leaf that the seasons tear off and condemn
they will bind you with love that is graceful and green as a stem.

When I left they were sleeping, I hope you run into them soon.
Don't turn on the lights, you can read their address by the moon.
And you won't make me jealous if I hear that they sweetened your night:
We weren't lovers like that and besides it would still be all right,
We weren't lovers like that and besides it would still be all right.

Adaptation française de Graeme Allwright :



Les Soeurs de la Miséricorde

Les Soeurs de la Miséricorde n'ont jamais disparu,
Elles étaient là et m'aidaient quand je me sentais perdu.
Elles m'ont réconforté, m'ont donné des chansons et du pain.
J'espère que tu les trouveras, toi qui voyages au loin.

Tu avais pourtant tout quitté, ta famille, ton métier.
Mais, bientôt, c'est ton âme que tu ne pourras plus contrôler.
Je suis passé par là, et je sais qu'on est vite épinglé.
Et que, toujours, la solitude reconnaît le Péché.

J'espère que tu les trouveras, toi qui cherches fortune.
N'allume pas la lumière, leur adresse est écrite sur la lune,
Et je ne serais pas jaloux de savoir que tu tentes ta chance.
On ne s'aimait pas comme ça, et c'est sans importance.

Je me suis confessé à elles, à mes cotés couchées,
Elles ont touché mes yeux, sur leurs mains j'ai senti la rosée.
Si ta vie est une feuille que les saisons arrachent et déchirent,
Ouvre à l'amour qui est gravé gracieux comme une tige.
Ouvre à l'amour qui est gravé gracieux comme une tige.

Suzanne

Suzanne takes you down to her place near the river
You can hear the boats go by
You can spend the night beside her
And you know that she's half crazy
But that's why you want to be there
And she feeds you tea and oranges
That come all the way from China
And just when you mean to tell her
That you have no love to give her
Then she gets you on her wavelength
And she lets the river answer
That you've always been her lover
And you want to travel with her
And you want to travel blind
And you know that she will trust you
For you've touched her perfect body with your mind.

And Jesus was a sailor
When he walked upon the water
And he spent a long time watching
From his lonely wooden tower
And when he knew for certain
Only drowning men could see him
He said "All men will be sailors then
Until the sea shall free them"
But he himself was broken
Long before the sky would open
Forsaken, almost human
He sank beneath your wisdom like a stone
And you want to travel with him
And you want to travel blind
And you think maybe you'll trust him
For he's touched your perfect body with his mind.

Now Suzanne takes your hand
And she leads you to the river
She is wearing rags and feathers
From Salvation Army counters
And the sun pours down like honey
On our lady of the harbour
And she shows you where to look
Among the garbage and the flowers
There are heroes in the seaweed
There are children in the morning
They are leaning out for love
And they will lean that way forever
While Suzanne holds the mirror
And you want to travel with her
And you want to travel blind
And you know that you can trust her
For she's touched your perfect body with her mind.

Adaptation française de Graeme Allwright :

Suzanne

Suzanne t'emmène écouter les sirènes
Elle te prend par la main pour passer une nuit sans fin
Tu sais qu'elle est à moitié folle c'est pourquoi tu veux rester
Sur un plateau d'argent elle te sert du thé au jasmin
Et quand tu veux lui dire que tu n'as pas d'amour pour elle
Elle te prend dans se ondes et laisse la mer répondre
Que depuis toujour tu l'aimes

Tu veux rester à ses côtés maintenant tu n'as plus peur
De voyager les yeux fermés
Une flame brûle dans ton coeur.

Il y avait un pêcheur venu sur la terre
Qui a veillé très longtemps du haut d'une solitaire
Et quand il a compris que seul les hommes perdus le voyaient
Il a dit qu'on voguerait jusqu'à ce que les vagues nous libèrent
Mais lui même fut brisé bien avant que le ciel s'ouvre
Délaissé et presqu'un homme il a coulé sous votre sagesse
Comme une pierre

Tu veux rester à ses côtés maintenant tu n'as plus peur
De voyager les yeux fermés
Une flame brûle dans ton coeur

Suzanne t'emmène écouter les sirènes
Elle te prend par la main pour passer une nuit sans fin
Comme du miel le soleil coule sur Notre Dame des pleurs
Elle te montre où chercher parmi les déchets et les fleurs
Dans les algues il y a des rêves des enfants au petit matin
Qui se penchent vers l'amour, ils se penchent comme ca toujours
Et Suzanne tient le miroir

Tu veux rester à ses côtés maintenant tu n'as plus peur
De voyager les yeux fermés
Une blessure étrange dans ton coeur.

Famous Blue Raincoat

It's four in the morning, the end of december
I'm writing you now just to see if you're better
New York is cold but I like where I'm living
There's music on Clinton Street all thru the evening.
I hear that you're building your little house deep in the desert
You're living for nothing now I hope you're keeping some kind of a record

Yes and Jane came by with a lock of your hair
She said that you gave it to her
That night that you planned to go clear
Did you ever go clear?

The last time we saw you, you looked so much older
Your famous blue raincoat was torn at the shoulder
You'd been to the station to meet every train
You came home alone without Lili Marlene.
And you treated my woman to flake of your life
And when she came back she was nobody's wife

Well, I see you there with a rose in your teeth
One more thin gypsy thief
Well, I see Jane's awake
She sends her regards.

And what can I tell you my brother, my killer
What can I possiby say
I guess that I miss you, I guess I forgive you
I'm glad you stood in my way.
If you ever come by here for Jane or for me
Well, your enemie is sleeping and your woman is free

Yes, and thanks for the trouble you took from her eyes
I thought it was there for good so I never tried.

And Jane came by with a lock of you hair
She said that you gave it to her
That night that you planned to go clear
Sincerely, L. Cohen.

Traduction française.
Version collective élaborée sur le forum du Cahier Interdit.

Ton célèbre imperméable bleu

Il est quatre heures du matin, fin de décembre. Je t'écris juste pour savoir si tu te sens mieux. New york est glacial mais j'aime l'endroit où je vis. Il y a de la musique sur Clinton Street, tout au long de la soirée. On m'a dit que tu construisais ton refuge au fond du désert. Tu vis pour rien maintenant... j'espère quand même que tu prends quelques notes. Oui, et Jane est revenue avec une boucle de tes cheveux. Elle m'a dit que tu lui as donné, cette nuit où tu as décidé de t'effacer. T'es-tu jamais effacé?

La dernière fois que nous t'avons vu, tu semblais tellement plus vieux. Ton célèbre imperméable bleu était déchiré à l'épaule. Tu étais allé à la gare, pour attendre chaque train, mais tu es rentré seul, sans Lili Marlène. Et tu as donné à ma femme un éclat de ta vie. Mais quand elle est revenue, elle n'était plus la femme de personne. Je te revois, une rose entre les dents... encore un gitan, maigre et voleur. Et voici Jane qui s'éveille, elle t'envoie ses pensées.

Et que puis-je te dire, mon frère, mon meurtrier ? Que puis-je vraiment dire? Je crois bien que tu me manques, je crois bien que je te pardonne, je suis content que tu te sois dressé sur mon chemin. Si jamais tu reviens par ici, pour Jane ou pour moi : voilà, ton ennemi dort, et sa femme est libre. Oui, et merci pour la peine que tu pris dans ses yeux. Je croyais qu'elle y était pour toujours, alors je n'ai jamais essayé.

Et Jane est revenue avec une boucle de tes cheveux. Elle a dit que tu lui as donné
cette nuit, où tu as décidé de t'effacer.

Sincèrement, L. Cohen

Posté par kazal à 23:07 - Ma mythologie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 avril 2005

coup de gueule 2

     

Que sont devenus nos ados rebelles ?

Ou télé-réalité et expérience de Milgram !

143942Fut un temps, il y'avait des rebelles sans causes dégoûtés par la surenchère  idéologique et la récupération systématique, c'est le mot, de toutes aspirations émancipatrices. pourtant de temps en temps, certains allaient cahin-caha avec un talent relatif jusqu'a trouver ou inventer une cause qui valait la peine d'être perdue!


Puis est venu le temps des causes sans rebelles. On ( on est un con) nous a dit que c'était la crise ( je suis né pratiquement avec mais ni voyez pas  un lien de cause à effet!;) que maintenant il fallait être pragmatique(on est un con ça c’est sûr).
Ainsi j'ai vu beaucoup de petits camarades s'enrôler comme petits soldats d'une armée taillable et corvéable à souhait, à la merci d'une dictature du paraître et de l'avoir, petits pions dévots sur l'échiquier de la flexibilité du travail suçant fébrilement ce membre symbolique souillé qui venait, sans tendres préliminaires, de leurs donner le désamour comme raison sociale. Malgré tout, il m'arrive d'être surpris quand je constate que chez certains  il reste quelque chose de cocasse et une  nostalgie que je déteste autant qu'elle me rassure sur des périodes plus ou moins imaginaires  de remise en question de l'ordre institué. D'autres et ça me  laisse espérer ont gardé la flamme en dépit des concessions que l'on peut expliquer par le paradigme de la marmite qui doit bouillir et des gosses qu'il faut bien élevés dans le contexte difficile de cette crise qui semble tout justifier....Ce paradigme est un paradoxe que l'on vit plus avec plus ou moins de bonheur et qui peut trouver une multitude d'issues mais là n'est pas mon propos!
De tout mes anciens complices ceux pour qui j'ai vraiment de l' aversion sont ceux qui se positionnent dans le décorum de la contestation, avec leurs piercings dans le nez, leurs looks dans le ventilateur, leurs vanité sociale et j'en passe. En effet on les croisent souvent dans les lieux de culture, entendons nous bien dans les lieux de culture qui rapportent ou qui peuvent leurs rapporter. Ces individus galvaudent l'esprit de révolte  juvénile en squattant  l'emballage ! vous expliquant  qu'il faut voter à  gauche parce que c'est mieux en terme d’image quand on   est dans  la  musique ou un  autre domaine artistique et juste après il  déclarèrent que  les artistes  n'ont qu'a  bosser à l'usine plutôt que de ce plaindre de leurs difficulté d’ être, d'ailleurs eux les pauvres directeurs de  conscience artistique, ils l'ont bien fait pour acheter leurs mobylettes ! Le pire c’est qu’ils croient que nous avons attendu leurs avis pour  apprendre que l'usine ne nous comble pas et pour nous rendre compte qu'en cas de misère, malheureusement nécessité fait loi…..
Ils nous disent qu'il faut voter à gauche mais quand il faut sanctionner, écraser, rejeter, virer, ils prennent leurs pieds ces salauds parce qu’ils se sentent enfin importants….. Vous l’aurez compris je vomis ceux qui sont sensés être mes coreligionnaires dans la révolte parce qu’ils ont oublié qu’il faut voter à gauche tout simplement parce que l’on peut et que l’on doit douter de tout sauf de la nécessité impérieuse d’être toujours du coté des opprimés……

Ces petits « chefaillons » de la culture de merde ont fait beaucoup de mal. Plus je regarde ces petits chefs honteux qui revêtent l’habit du militant pour le bizz et plus je plains celui qui a choisit ouvertement la servitude car l’on peut étendre le mécanisme du petit chef à toute la société….

Que serait un dictateur sans ses séïdes qui hiérarchisent ,encadrent, surveillent et punissent….

Certes tous ces jobarts m'on fait beaucoup de mal mais mon éducation m’impose de garder la face à défaut de la fesse concernant cette adversité grotesque pour l’instant.

Je réponds à toutes ces larves : «  même pas mal ! »comme maman me l’a appris quand je revenais la tronche en compteur à gaz zyklon, à l’époque où j’apprenai le combat de l’intelligence contre la connerie !

Ce qui me fait mal et m’empêche de dormir sur mes deux oreilles d’âne bâté et me fait chialer : c’est de vous voir vous les ados de maintenant trahir ma raison d’être à chaque fois que vous regardez une émission de télé-réalité. Moi j’en chie et vous vous gaussez de la vie sexuelle avec les mouches de Gilou et de Ginette, how pardon de Brandon et de Brenda mais qu’importe quant il chanteront "bite au cul"  vous serez les premiers à acheter le disque, juste avant votre grand-mère qui s’emmerde….. Histoire de dire….

Que vous êtes une bande de mouton potentiel mes petits agneaux, vous vous mettez à la merci d’une autorité indigne qui se farde sous les projecteurs mais qui a pour finalité indicible de vous instrumentaliser….Pour vous faire commettre en son nom, l’irréparable. Cet irréparable qui fera de vous à la fois des bourreaux mais aussi des victimes….

N’écoutez pas les petits chefs qu’ils soient fait de chair et de sang ou d’études de marchés…

Pour ceux qui seraient sceptiques et qui savent lire voici l’expérience de Milgram.....

L'obéissance aveugle - la théorie des 85%

L'expérience de Milgram réalisée (et filmée) à la fin des années soixante-dix analysait l'aptitude d'individus choisis au hasard à refuser ou à remettre en question un ordre. Les conclusions en sont trés inquiétantes bien que prévisibles. L'expérience était menée de la manière suivante:

Elle met en scène trois personnes:

-Le spécialiste: Professeur responsable de l'expérience.

-Le figurant

-L'individu: Sujet de l'expérience

On contacte un individu et on lui fait croire qu'il va participer, moyennant finances, à une expérience concernant l'étude de "l'apprentissage par la douleur" dirigée par un éminent spécialiste qu'il devra assister dans cette expérience: Son rôle sera de poser des questions, des énigmes faisant appel aux facultés cognitives à un (faux) cobaye: le figurant. Lorsque celui ci répondra mal ou ne répondra pas, l'individu devra appliquer la "punition", c'est à dire appuyer sur un bouton qui infligera une décharge électrique "désagréable mais inoffensive" au cobaye. Les conditions de l'expérience sont telles que le figurant et l'individu sont séparés par une cloison de manière à ce que l'individu ne puisse pas voir le figurant mais qu'il puisse l'entendre. l'individu est assis devant un pupitre composé d'une centaine de boutons alignés. Le spécialiste est aux cotés de l'individu pour superviser l'expérience et prendre des notes. L'expérience démarre, l'individu posant les questions au figurant. A la première réponse erronée, le spécialiste rappelle à l'individu d'appuyer sur le premier bouton à gauche du pupitre puis il explique alors à l'individu qu'il devra, à chaque mauvaise réponse, enclencher le bouton suivant, de gauche à droite du pupitre. L'individu s'exécute et applique la première décharge qui provoque une légère réaction d'insatisfaction de la part du cobaye (bien entendu les décharges sont fictives et le figurant joue son rôle de cobaye vis à vis de l'individu). Ayant pleine confiance dans le professionnalisme du spécialiste, l'individu poursuit l'expérience mais s'aperçoit vite, à l'écoute des réactions du cobaye que les décharges sont de plus en plus vives à mesure que les mauvaises réponses s'accumulent. Mais devant l'insistance et l'autorité du professeur, l'individu poursuit son travail, sans remord, et inflige au cobaye ses décharges de plus en plus fortes, à tel point que le cobaye commence à crier de douleur et demande qu'on arrête l'expérience, le spécialiste se fait alors de plus en plus autoritaire et pousse l'individu à continuer de poser ses questions et de ne pas faire attention à ce que dit le cobaye. Croyez le ou pas, l'individu obéit, sans remettre le bien fondé de l'expérience en question, sans se rendre compte qu'il se transforme peu à peu en tortionnaire. Le cobaye hurle maintenant à chaque décharge, il sanglote qu'il ne veut plus répondre aux questions, qu'il ne veut plus de l'argent qu'on lui a proposé, qu'il veut tout arrêter... Le spécialiste rappelle promptement à l'individu d'appliquer la décharge quand il n'y a pas de réponse, celui ci s'exécute à nouveau et constate qu'il n'y a plus de réaction de la part du cobaye, il ne crie plus, ne supplie plus, est il inconscient, est-il mort? Apparemment, l'individu ne se pose même pas la question, et, le spécialiste le pressant de finir l'expérience, il poursuit et termine son questionnaire sans réponse, n'oubliant pas de "punir" le cobaye de son silence.

Les conclusions de cette expérience sur la capacité à remettre en question un ordre donné sont désastreuses puisque sur un panel de plusieurs centaines d'individus, 85% ont poursuivi l'expérience jusqu'à son terme avec plus ou moins de dégoût, d'hésitations: certains se levant de leur chaise par remord, se rassoie sous l'autorité du spécialiste et finissent le boulot, d'autres restant impassibles du début à la fin...

Cette expérience reflète une vérité à laquelle on peut associer de nombreux exemples tout au long de l'histoire de l'humanité: L'obéissance aveugle. Toute armée fonctionne ainsi: Par le transfert des responsabilités, on peut faire faire n'importe quoi à la majorité des gens. En effet, que ce soit dans le cas d'un SS torturant un prisonnier d'un camp de concentration ou dans le cas de l'expérience décrite, l'individu rejette la responsabilité de ses actes sur celui qui lui en donne l'ordre, ce qui lui permet de tout faire en gardant "bonne conscience". De même, la personne qui donne l'ordre de torturer peut rejeter la responsabilité du contenu de l'ordre sur son supérieur et ainsi de suite.

C'est ainsi qu'on peut transformer quasiment n'importe quelle personne en bourreau sanguinaire.

Bien sûr, il y a des conditions plus propices que d'autres au développement de l'obéissance aveugle. Ainsi, un ingrédient catalyseur est la mise en place d'un sentiment d'infériorité de l'individu ou en tout cas, d'une forme virtuelle de hiérarchie. En effet, faire croire à un individu qu'il y a autre chose "au dessus" de lui, qu'il est moins important, moins puissant que tel ou tel invention (Religion, gouvernement, parti, armée, argent...) permet de justifier l'accomplissement d'une barbarie. De même que l'individu de notre expérience se sentait inférieur vis à vis de "l'éminent spécialiste" et de la cause scientifique en général, le soldat Nazi (ou autre!) était hiérarchiquement inférieur et devait se soumettre aux ordres d'Hitler pour la "cause" Nazie.

Comme vous êtes arrivé jusque là, je vais vous poser une colle.

Si l’on remplace les personnages de l’expérience par les intervenants suivant….

- La télévision ( qui cherche l’audimat)

- Les figurants qui sont dedans ( et font ce qu’on leur dit pour faire de l’audimat car la télé-réalité est scénarisé !)

- A votre avis bande de nazes( avant que le e se change en i) qui est le sujet de l’expérience? Serait-ce les figurants qui sont dans l’écran ? rien n’est moins sûr….nouilles de cantine!

Je crois plutôt que c’est vous les cobayes à chaque fois que vous regardez ça l'oeil torve et la conscience benoîte car vous adhérez de fait à ça .
C’est vous que l’on enferme et que l’on prépare avec votre propre enthousiasme à l’acception d’un jeu millénaire sadique et déshumanisant qui est bien réel celui ci….

Je parle de ce jeu que l’on nomme exploitation qui se joue avec un ballon dans une piscine remplie par le sang sans cesse renouvelé des laissés pour comptes….des boucs émissaires.

 

Prenez ça dans la gueule et que je vous y reprenne plus sales petits cons !

 

Stanislas kazal
 

   

Posté par kazal à 00:59 - Coups de gueules! - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 avril 2005

cyberpunk2

   

Pourquoi le cyberpunk ?

PAR Phantom Writer

    Si vous n’êtes pas familier avec le mouvement cyberpunk ou ce qu’est le cyberpunk, voici une explication. Même si vous êtes punk, ou pensez l’être, ceci peut changer votre manière de concevoir ce que signifie « être punk » .

    Beaucoup de gens, et même quelques punks, vous diront que les cyberpunks forment un mouvement souterrain de pirates informatiques. La vérité est que les cyberpunks sont plus que des hackers. Les cyberpunks sont des écrivains, tels Gibson ou Sterling. Les cyberpunks sont artistes, ou penseurs. La vraie nature du cyberpunk n’est pas d’ordre technique, cette nature est connaissance. Les cyberpunks sont de libres penseurs, ils sont ceux qui savent que quelque chose ne va pas, et que quelque chose doit être fait à ce propos.

    Tous les cyberpunks accordent que le pouvoir est connaissance. Ceux qui la possèdent peuvent la cacher ou la répartir mais détiennent le pouvoir. Les cyberpunks croient que la connaissance devrait être libre. Libre pour ceux qui veulent l’entendre. Les cyberpunks ne sont pas là pour le confort de ceux qui veulent rester ignorants ou autosatisfaits. Les cyberpunks sont là pour éclairer et éduquer ceux qui veulent être libres. Les cyberpunks sont vifs et bien informés. Ils n’ont rien à faire avec les minables qui ne sont là que pour le frisson de l’aventure. Les cyberpunks sont très renfermés, ils ne font pas étalage de leurs talents au public, ils préfèrent rester dans l’ombre, leurs messages gribouillés sur les murs, piratés dans l’atmosphère, ou postés sur un BBS.

    Les cyberpunks ne sont pas là juste pour les émotions fortes. Il y a assez d’endroits où aller juste pour le frisson. Les vrais cyberpunks ont tous un message à propager. Nous sommes les poètes des rues, les philosophes électroniques. Je ne dis pas que les cyberpunks n’aiment pas les frissons. Beaucoup d’entre nous trouvent amusant de s’introduire dans les systèmes sécurisés, ou excitant de pirater nos messages. Nous ne sommes pas des gosses en train de tout casser autour de nous, nous avons quelque chose à dire, et les moyens de le dire. S’il est une chose qui relie tous les cyberpunks, c’est la technologie. Qu’il s’agisse d’une nouvelle interface Midi [2], d’un nouveau processeur, ou d’un disque dur de cent megaoctets de plus que celui du gars d’à coté, nous partageons une pulsion obscure pour les objets de haute technologie. Les cyberpunks ont un besoin visceral des nouvelles techs. C’est le pain quotidien. Qu’est-ce qu’un cyberpunk sans ses outils, sans son « cyber « , ce n’est qu’un punk. Ce sont les années 90, nous sommes dans la technique. Elle est le véhicule qui apporte la vérité aux oreilles de ceux qui veulent l’entendre.

    Beaucoup de gens disent que nous sommes des criminels. Ils disent que nous sommes criminels pour bricoler la sécurité des réseaux privés, pirater la radio et la télé, altérer les lignes téléphoniques. Nous faisons ce que nous sentons juste en notre for intérieur, et non parce que la loi dit qu’il est juste de le faire. Le monde se transforme en enfer, rapidement. Nous nous préparons pour le désastre à venir. Nous ne sommes pas des fanatiques attendant la fin du monde. Regardez autour de vous, l’économie s’effondre, nos ecosystèmes sont en train de mourir, la civilisation s’écroule. Nous pouvons le voir, et nous nous y préparons.

    Nous ne forçons personne à vivre d’une quelconque manière. Nous ne vous demandons pas un lavage de cerveau. Nous ne vous demandons pas de cesser de manger de la viande. Nous ne vous demandons pas d’adorer un chef. Nous nous moquons du genre de musique que vous pouvez bien écouter. Nous vous demandons de bien vouloir entendre, apprendre et voir ce qui se passe autour de vous. Nous voulons que vous parliez de votre propre voix et que vous soyez assez braves pour agir quand il sera temps de ficher le camp. Nous ne sommes pas violents par nature, nous croyons que les gens ont le droit de savoir ce qui se passe. Lorsque vous nous privez de ce droit, nous nous réfugions sous terre. Un endroit où nous sommes cachés, capables de surgir pour dire ce que nous avons à dire. Nous ne sommes pas des extrémistes, des punks ou des criminels. Nous sommes la Voix. Ne nous faites pas taire.

 

Posté par kazal à 23:19 - Cyberpunk et Hacking - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 avril 2005

education

   

Le système éducatif actuel ou
"Comment programmer un enfant".

    Dans la reconstruction d'une nouvelle société, la priorité qui s'impose clairement est l'éducation. La société idéale, l'objectif à atteindre, devra être une société ou chaque individu quelque soit son âge, sa couleur, son sexe, ses opinions... puisse apprendre tout au long de sa vie. C'est un des principes de l'éducation populaire proposée par les anarchistes avec les méthodes d'éducation alternatives (type Freinet ou autre) appliquées dans certaines écoles (l'école libertaire de Bonaventure à Oléron par exemple). Une société, donc, ou la Culture, les Arts et les Sciences sont accessibles à tous gratuitement, sous de multiples formes, sur tous les supports possibles pour faire progresser le niveau intellectuel moyen en encourageant la création, la connaissance, la compréhension, la logique dans une "école perpétuelle".

Il faut diversifier les méthodes d'apprentissages, le fond et la forme des cours. L'expérience doit accompagner la théorie et celle-ci ne doit pas être dispensée en vrac: L'éducation dans les écoles actuelles du premier cycle s'apparente plus à un bourrage de crâne de données diverses présentées sans lien apparent ou à un apprentissage d'outils et de méthodes isolées dont on ne nous explique pas l'utilité concrète.

Au lieu d'une ouverture d'esprit et de l'envie d'apprendre de connaître et de comprendre, c'est l'ennui et le dégoût que provoque souvent ce système éducatif. C'est l'échange de connaissances et de points de vue entre individus, le débat, l'enrichissement au contact des autres et l'émulation qui doivent être encouragés, et non la compétition, or, on nous apprend dès notre plus jeune âge à considérer l'autre comme un ennemi. Les élèves en difficulté doivent être particulièrement soutenus et aidés, et non exclus. Il est prouvé que l'intelligence dépend beaucoup moins de l'hérédité que de l'environnement dans lequel s'est développé l'individu, et même en cas de faiblesse mentale, le phénomène n'est pas irréversible. En effet une étude portant sur des personnes en difficulté montre qu'un changement de milieu socio-éducatif, apporte un gain, en moyenne, de 19 points de QI.
Il est évident que l'influence du patrimoine génétique d'un individu est, sinon nulle (les spécialistes en débattent encore) au moins négligeable, comparée à celle de l'environnement social, familial, amical, professionnel, éducatif, géographique, culturel, médiatique... Ce que certains considéreront parfois comme des traits de caractères héréditaires ne seront que des acquis marqués par l'empreinte de l'influence parentale. D'ailleurs selon les généticiens, les hommes sont identiques à 99.95%.
L'intelligence est une notion très complexe à définir. Il y a plusieurs formes d'intelligences, certains en trouvent 7, par exemple, on peut distinguer l'intelligence logique, pratique, émotionnelle, conceptuelle, spatiale, l'intelligence de soi et celle des autres... Je pense qu'on dispose de tout un dégradé, d'une infinité d'intelligences mais que les niveaux de toutes ces formes d'intelligences sont variables selon les personnes et même pour un individu (selon l'entraînement, la fatigue, les facteurs extérieurs...), il est probable qu'un manque dans telle ou telle aptitude peut déclencher une compensation dans un autre domaine comme dans le cas de la perte d'un sens: L'aveugle aura un toucher et une ouie plus sensibles. De même, un autiste pour qui l'aptitude à communiquer sera bloquée, pourra développer d'autres fonctions de son cerveau telle que la mémoire.
L'intelligence, tout comme la mémoire ne s'use que si l'on ne s'en sert pas. On peut développer toute forme d'intelligence par l'exercice, de même qu'on accroît ses capacités physiques par l'entraînement. C'est pourquoi il est possible de combler ses "lacunes mentales". La détection de ces lacunes est impossible à un individu isolé car il ne peut avoir conscience de ce qu'il n'a pas, alors que la confrontation avec autrui lui apportera une autre conception du possible, des potentiels humains. Nous avons tous ces lacunes, il n'y a que par la diversité des fréquentations qu'on peut les combler. Les différences culturelles, raciales... entre les individus doivent être considérées comme une force, comme une richesse potentielle.

A propos d'intelligence, voici ce qu'Albert Einstein disait du système capitaliste:

                       "Le capital privé tend à se concentrer dans quelques mains... Le
                       résultat de ces développements est une oligarchie du capital
                       privé dont la puissance colossale ne peut être réellement
                       contrôlée même par une société politiquement organisée de
                       façon démocratique. Ceci est vrai puisque les membres des
                       organisations législatives sont choisis par des partis politiques,
                       financés en grande partie, ou, en tout cas, influencés par des
                       capitalistes privés qui, pour des raisons d'ordre pratique,
                       séparent l'électorat de la législature."

                      "Ceci a pour conséquence que les représentants de la population
                       ne protègent pas suffisamment efficacement les intérêts des
                       parties sous privilégiées de celle-ci. De plus, dans certaines
                       conditions, les capitalistes privés contrôlent inévitablement,
                       directement ou indirectement, les sources principales
                       d'information (presse, radio, enseignement). Il est donc
                       extrêmement difficile, et, en réalité dans la plupart des cas tout à
                       fait impossible, pour un individu de parvenir à des conclusions
                       objectives et d'utiliser intelligemment ses droits politiques."

                       Remarquons également que "la situation prédominante dans une
                       économie basée sur la propriété privée du capital se caractérise
                       par des principes incluant de façon primordiale, le fait que la
                       production est poursuivie dans un but de profit, et non dans un
                       but lié à l'utilisation de celle-ci."

  Stanislas kazal prône l'abolilition des barrières genérationelles.........

Posté par kazal à 03:15 - Activisme - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


  1  2  3  4  5  6