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Stanislas kazal underground blog

contre-culture,réflexions, poésie,cinéma de genres et d'auteurs, musiques, société,critiques,littérature, arts, révoltes, mousse au chocolat et couscous.....

12 mars 2006

Projet MKULTRA

   

Projet MKULTRA

Avant de vous défoncer pour l' attitude rebelle demandez-vous toujours à qui cela profite...

Le Projet MKULTRA (connu aussi sous le nom de MK-ULTRA) est le nom de code d'un projet de la CIA des années 1950 à 1970 visant à manipuler mentalement certaines personnes par l'injection de substances psychotropes.

 
« Le directeur adjoint de la CIA a révélé que plus de trente universités et institutions avaient participé à un large projet de tests et d'expérimentations qui incluait des tests de médicaments cachés sur des sujets non-volontaires de toutes les catégories sociales, hautes et basses, américains et étrangers. Plusieurs de ces tests consistaient à administrer du LSD sur des sujets ignorants dans diverses situations sociales. Au moins une mort fut enregistrée, celle du Dr. Olson est due à ces activités. L'Agence a elle-même reconnu que ces expériences n'avaient pas de valeur scientifique. Les agents qui faisaient le suivi n'étaient pas des observateurs scientifiques compétents. »
 
Sénateur Kennedy.
 
Sénat des États-Unis, le 3 Août 1977
 
COMITÉ SUR LE RENSEIGNEMENT,
 
SOUS-COMITÉ SUR LA SANTÉ
SERVICE DE RECHERCHE DU COMITÉ DES RESSOURCES HUMAINES



Origines

Dirigé par le Dr. Sidney Gottlieb, le projet MKULTRA fut initié sous l'impulsion du directeur de la CIA Allen Dulles en avril 1953, en réponse à des utilisations supposés de techniques de contrôle mental qui auraient été faites par l' Union Soviétique, la Chine et la Corée du Nord sur des prisonniers de guerre américains lors de la guerre de Corée. La CIA voulait développer des techniques similaires. L'agence voulait aussi être capable de manipuler des leaders étrangers et tentera d'ailleurs d'utiliser certaines de ces techniques sur Fidel Castro.

En 1964, le projet fut renommé MKSEARCH. Le but était de produire un sérum de vérité parfait destiné aux interrogatoires de personnes soupçonnées d'être des espions soviétiques et plus généralement d'explorer les techniques de contrôle mental.

En 1972, Richard Helms, directeur de la CIA ordonne la destruction des archives du projet. Il est donc difficille d'avoir une compréhension complète de MKULTRA étant donné que plus de 150 sous-projets différents ont été financés dans le cadre de ce programme.


Les expériences

Les documents de la CIA suggèrent que l'agence a pensé à utiliser des radiations dans le cadre du projet. La plupart des experiences ont consisté en l'utilisation de psychotropes, particulièrement le LSD. Les expériences se sont déroulées sur des employées de la CIA, du personnel militaire, d'autres agents du gouvernement, des prostituées, des personnes affligées de pathologies mentales et des membres du public, généralement sans la connaissance du sujet.

Les expériences ont parfois pris une tournure sadique. Gottlieb enfermait ses victimes dans des chambres de déprivation sensorielle aprés leur avoir injécté du LSD. Il enregistrait les patients souffrant de troubles mentaux lors de leurs thérapies et repassait les passages les plus dégradantes des enregistrements en continu à travers des casques audio aprés que les patients aient été vêtus de camisole de force et injectés de LSD. Gottlieb était lui-même un consommateur fréquent de LSD, s'enfermant dans son bureaux et prenant des notes détaillés sur les effets de la drogue.

Les efforts pour recruter les sujets étaient parfois illégaux même s'il n'y avait pas forcément de prise de drogue. Au cours de l'Operation Midnight Climax, la CIA a utilisé des prostitués pour obtenir des sujets qui ne seraient pas trop embarrassés pour parler des experiences. Les chambres des maisons closes étaient équipées de miroirs sans tain et les sessions étaient enregistrées pour des analyses ultèrieures. Les clients buvaient de l'alcool dans lequel du LSD avait été ajouté et les prostituées travaillaient sous la surveillance d'agents de la CIA.

Certaines expériences étaient parfois volontaires, les sujets étaient alors victimes d'expériences encore plus dures. Lors d'une expérience, une sélection de volontaires a consommé du LSD en continu durant 77 jours.

Le LSD fut finalement rejeté par les chercheurs en raison de ses effets imprévisibles.

Une autre technique était d'injecter des barbituriques par intraveineuse dans un bras et de la méthamphétamine dans l'autre. Les barbituriques étaient libérés en premier, et aussitôt que le sujet commençait à s'endormir les amphétamines étaient injectées. Le sujet déclamait alors des propos incohérents mais il était parfois possible de l'interroger et d'obtenir des réponses intéressantes. Le traitement fut rejeté car il en résultait parfois la mort du patient en raison des effets secondaires de la combinaison des médicaments, ce qui rendait toute interrogation ultérieure impossible. D'autres expériences ont utilisé l'héroïne, la mescaline, la psilocybine, la scopolamine, la marijuana, l'alcool et le thiopental .

Il n'y a pas de preuves que la CIA (ou qui que ce soit) ait réussi à contrôler les actes d'une personne à travers les techniques de contrôle mental qui ont été testées dans le projet MKULTRA. De telles théories sont souvent avancées par les adeptes de théories conspiratrices.

Partiçipants connus

Liste de personnes ayant participé au projet ou soupconné d'y avoir participé :

     
  • Ram Dass
  •  
  • Allen Ginsberg
  •  
  • Theodore Kaczynski (l'unabomber)
  •  
  • Ken Kesey
  •  
  • Dr. John C. Lilly - participation supposée
  •  
  • Dr. Timothy Leary - participation supposée

[


Budget

Un arrangement secret réservait au projet un pourcentage du budget de la CIA. Le directeur du projet MKULTRA reçut 6% du budget de la centrale en 1953, hors de tout contrôle budgétaire.


Expériences au Canada

Une partie de ces expériences eurent lieu au Canada aprés que la CIA ait recruté un médecin d'Albany, le dr. Ewan Cameron auteur d'un livre psychic driving (instinct psychique) que la CIA avait trouvé particulièrement intéressant. Cameron y décrit sa théorie de correction de la folie qui consistait à effacer la mémoire du sujet et à la reconstruire complètement. Il faisait l'aller-retour chaque semaine à Montréal pour travailler au Allan Memorial Institute reçu 69 000$ de paiement entre 1957 et 1964. Il semble que la CIA lui avait confié les expériences les plus dangereuses à essayer sur des ressortissants étrangers.

En plus du LSD, Cameron expérimenta diverses substances paralysantes ainsi qu'une thérapie par électrochocs qui utilisait des courants 30 à 40 fois plus puissants que la normale. Ses expériences consistaient à mettre les sujets dans un coma induit par des psychotropes pendant plusieurs mois (jusqu'à 3 mois dans un cas) tout en jouant des enregistrements de simple bruits ou de phrases répétitives. Ses expériences étaient typiquement faites sur des patients ayant été admis dans l'institut pour des troubles d'anxiété ou de dépression. Beaucoup de ces patients ont conservé des séquelles.

C'est à cette époque que Cameron devint célèbre aprés avoir été le premier président de l'association mondiale de psychiatrie et le président de l'association de psyschiatre Canado-Américaine. Moins d'une décennie auparavant, il avait été membre du tribunal médical de Nuremberg qui avait jugé les expériences sur des cobayes humains par l'Allemagne nazie.


Révélation

En décembre 1974, le New York Times révéla que la CIA avait conduit des activités illégales sur le territoire américain, dont des expériences sur des citoyens américains dans les années 1960. Ce rapport entraina la formation d'une commision d'enquête du congrès Américain(la commission Church), et une commission d'enquête présidentielle (la commission Rockefeller) pour enquêter sur les activités de la CIA et du FBI qui avaient eu lieu sur le territoire américain. Ces commissions ont aussi enquêté sur les activités des agences de renseignement militaires.

Durant l'été 1975, des audiences du congrès et de la commission Rockefeller révèlent officiellement au public que la CIA et le département de la Défense avaient conduit des expériences sur des sujets humains, avec ou sans leur consentement, dans le cadre d'un programme visant à influencer des sujets humains par l'utilisation de substances psychotropes, ainsi que par d'autres moyens (psychologique, chimique, physique, électrique). La commission révéla aussi qu'au moins un sujet était mort suites à ces expériences.

Frank Olson, un biochimiste de l'armée et un chercheur dans le domaine des armes biologiques, avait reçu du LSD sans son consentement et s'est suicidé une semaine plus tard au cours d'une crise psychotique. Le docteur de la CIA qui était sensé surveiller Olson s'était apparamment endormi lorsqu'Olson s'était jeté par la fenêtre. Les circonstances exactes de sa mort demeurent controversées. En 1975, Dick Cheney et Donald Rumsfeld ont organisé une rencontre entre la famille d'Olson et le président Gerald Ford qui a présenté des excuses officielles à la famille ainsi qu'une compensation financière.

Le fils de Frank Olson conteste cette version et prétend que son père a été assassiné en raison de ses connaissances sur les techniques d'interrogations (parfois mortelles) utilisées par la CIA sur des prisonniers du bloc de l'Est en Europe. En 1994, le corps d'Olson a été exhumé et les traces sur sa boîte cranienne suggèrent qu'il a reçu un coup avant la chute qui l'a tué.

L'enquête interne de la CIA a conclu que le Dr. Gottlieb avait conduit ses expériences avec l'assentiment de Frank Olson, bien que ni Olson ni les autres personnes qui aient pris part à ces expériences n'avaient été informées de la nature exacte des substances avant leur ingestion. Cette enquête suggère que le Dr. Gottlieb aurait du être réprimandé car il n'avait pas pris en compte les tendances suicidaires de Frank Olson, bien que ces tendances aient été déja diagnostiquées. Des rapports successifs montrent qu'une autre personne, Harold Blauer, un joueur de tennis professionel est mort en raison d'experiences réalisées avec de la mescaline.



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14 mars 2006

Les illusions artistiques

   

Les illusions artistiques

Sources les illusions d'optiques

Ces illusions ne sont nullement des manifestations de pépins ou erreurs d’interprétation du système visuel humain. C’est plutôt la conception de l’oeuvre qui induit notre oeil en erreur.

Dans le groupe qui illustre l’illusion, les dessins font naître des interprétations visuelles qui diffèrent étonnamment des propriétés des éléments représentés.

Dans les groupes portant sur l’ambiguïté, chaque dessin peut donner lieu à au moins deux interprétations visuelles qui s’excluent mutuellement.

Dans les groupes sur l’impossibilité, des parties différentes de chacun des dessins suscitent des interprétations incompatibles entres elles. Tous les objets de cette catégorie ne pourraient pas exister ou il serait fortement improbable qu’ils existent dans la réalité.

Dans la catégorie de l’auto-référence, il s’agit de dessins qui, d’une façon ou d’une autre, se reproduisent, s’auto-reproduisent ou renvoient à eux-mêmes.

A) ILLUSIONS DE PERSPECTIVE:

Les illusions de perspective sont dues à l’interprétation de la perspective pour laquelle nous optons devant un dessin. Les figures présentées dans cette section sont des représentations bidimensionnelles planes de scènes tridimensionnelles possibles.

Étant donné que nous ne nous rendons le plus souvent pas compte que nous appliquons une interprétation spécifique à un stimulus, nous ignorons en général que notre expérience visuelle est une illusion. Celle-ci ne peut nous frapper qu’une fois que nous savons, par exemple, que les tailles ou les formes des lignes ou des zones qui nous paraissent très différentes sont, en fait, identiques.

La meilleure façon de vérifier cette information consiste à décalquer soigneusement le contour d’un élément mentionné sur une feuille de papier fin, puis à faire glisser cette feuille sur le dessin jusqu’à ce que le contour décalqué coïncide avec celui de l’autre élément mentionné.

Les plateaux des deux tables ont la même taille et la même forme.













Les deux monstres ont exactement la même taille. Outre que nous les percevons de tailles différentes, nous interprétons aussi leurs visages comme exprimant des émotions différentes. (la rage pour le poursuivant et la peur pour le pourchassé.)










B) AMBIGUITÉS DE PERSPECTIVE:

Les dessins classés dans la catégorie ambiguïtés de perspective sont ambigus quant à l’interprétation de la scène ou de l’objet tridimensionnel représenté. Chacune des images construite à partir d’un point d’observation spécial peut donner lieu à plusieurs interprétations qui engendrent chacune une illusion ou une ambiguïté. Comme dans tous les types d’ambiguïtés, c’est quand les différentes interprétations possibles s’excluent et ne peuvent être simultanées que l’effet est le plus puissant.

Dans ce dessin la normalité consiste à voir , au premier coup d’oeil, un seul visage et non deux. Ce dessin utilise un alignement improbable qui est celui d’un visage et d’un chandelier d’une forme particulière placé devant celui-ci. Après avoir remarqué la coïncidence entre les contours du chandelier et les parties du visage, ce dernier peut être vu comme deux profils qui sont vis-à-vis, même si ces profils doivent alors paraître déformés et avoir les yeux de face.





C) AMBIGUÏTÉS OBJECTIVE:

L’ambiguïté objective désigne un type de figure qui, bien que non ambiguë du point de vue de la perspective ou de l’opposition figure-fond, peut néanmoins être perçu, d’un moment à un autre , comme représentant des objets bien distincts. Bien souvent, dans le cas de l’ambiguïté objective, les différentes interprétations possibles sont liées à la perception d’orientations différentes des images. En effet, pour tous les objets ambigus de ce groupe, chacune des interprétations possibles est favorisée par l’observation du dessin dans un sens donné.

Ici, alors que le lapin nous apparaît couché sur le ventre, le canard apparaît couché sur le dos le bec pointé vers le ciel.







Sur ce dessin il y a des visages qui rient et des visages qui pleurent. Pour que celui qui rit devienne celui qui pleure nous n'avons qu'à le retourner.










D) AMBIGUÏTÉS FIGURE-FOND:

Le type de figure ambiguë le plus connu est peut-être celui dans lequel, par un effet d’inversion de la perception, ce qui était le fond devient la figure tandis que ce qui était la figure se transforme en fond.

la figure ci-contre exploite la modélisation et la symétrie tridimensionnelle pour faire ressortir le conflit entre les deux interprétations possibles. Ce qui était le fond se transforme en une suite de figures tout à fait humaines.









Aude est un exemple d’un type d’ambiguïté légèrement différent, dans lequel les deux figures perceptibles ne sont pas strictement complémentaires. Dans une des interprétations, seule la partie noire constitue la figure, tandis que, dans l’autre, elle est formée à la fois par la partie noire et la partie blanche (la partie noire correspond alors à des zones sombres de la figure ou à des ombres).






E) IMPOSSIBILITÉ DE FIGURE-FOND:

Chacun des dessins de ce groupe représente un objet qui, à première vue, pourrait sembler plausible dans le monde tridimensionnel. En fait, en y regardant de plus près, nous nous rendons vite compte que les dessins observés sont des objets impossibles car nous sommes incapables d’analyser le dessin en termes de figures et de fond.

Au premier coup d’oeil ces mains ont l’air parfaitement normales mais regardez bien et vous verrez que les doigts ne sont pas au bon endroit.








Ce temple grec est complètement impossible. En effet, en regardant attentivement les colonnes vous vous apercevrez que pour trois colonnes circulaires dans le haut, il se forme deux colonnes carrées dans le bas.








F) IMPOSSIBILITÉ DE PERSPECTIVE:

Les objets impossibles présentés dans ce groupe ne sont pas strictement impossibles, mais plutôt fortement improbables. Effectivement, chacun d’eux peut se distinguer parfaitement de son fond et pourrait exister dans l’espace en tant qu’objet tridimensionnel. Mais pour qu’il apparaisse tel qu’il est dans le dessin, il faudrait que sa forme soit très différente de celle à laquelle nous nous attendons généralement pour un objet de ce genre.

La structure tridimensionnelle réelle de cette arche pourrait paraître curieusement tordue, ou simplement basculée, de telle sorte que le pilier droit soit en suspens (au-dessus de l’ombre visible au premier plan). Mais l’alignement parfait de ce pilier droit avec la base rectangulaire de l’arrière-plan demanderait alors que nous observions la scène d’un point de vue très spécial.







Cette roue n’est pas si impossible que cela car on peut très bien distinguer la figure du fond. Ce dessin pourrait représenter un véritable objet tridimensionnel. Il serait en effet possible de couler une roue en fonte qui aurait cette forme, mais le résultat que nous obtiendrions ne ressemblerait pas du tout à une roue.








G) AUTO-RÉFÉRENCE GRAPHIQUE:

Les anomalies de certains dessins se situent plus au niveau conceptuel que visuel. Les régressions infinies auxquelles l’auto-référence graphique peut donner lieu ont cependant une qualité visuelle saisissante qui doit révéler quelque chose d’important au sujet du système visuel.

Dans la plupart des dessins de ce groupe, la régression infinie est évidente (tout au moins dans les limites de résolution permises par le dessin à l’encre, la réduction photographique et/ou la perception visuelle sans dispositif optique), comme dans le premier dessin ici-bas représentant un petit garçon. Mais, dans certains, la régression infinie n’est que suggérée, comme dans le dessin représentant des serpents.

Un type de régression bien connu qui nous pousse à nous demander cette question : « Mais jusqu’où cela va-t-il ? » C’est aussi un exemple de régression explicite (évidente).










Dans ce dessin les deux serpents se mangent à l’infini. Il s’agit ici d’un exemple de régression implicite (suggérée).







H) AUTO-RÉFÉRENCE SYMBOLIQUE:

L’auto-référence d’une représentation visuelle devient symbolique lorsque cette représentation renvoie à elle-même en se nommant ou en se décrivant au moyen de symboles classiques comme des lettres ou des mots, et non en se répétant point par point par reproduction graphique directe.

Dans ce dessin le nez est dessiné mais il forme aussi les mots nose, à l’horizontal, et smell, à la verticale.












Dans ce dessin, par déformation continuelle de ses lettres, le mot endure subit un glissement progressif en change.(En outre, ce changement passe par chance.)










17 mars 2006

Les illusions optico-géométriques

   

Les illusions optico-géométriques

Avant de tenter de classifier les illusions optico-géométriques, il importe de définir celles-ci : Ces illusions sont produites par des figures géométriques donnant lieu à des erreurs d’estimation de la dimension, de l’orientation, de la courbure, de la direction ou de la forme de certains de leurs éléments.

Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, des pionniers de la psychologie expérimentale, comme Delboeuf, Hering, Müller-Lyer et plusieurs autres ont découvert une grande variété d’illusions dites optico-géométriques auxquelles ils ont laissé leur nom. Au total plus de 200 illusions géométriques ont été répertoriées.

On considère traditionnellement qu’une illusion géométrique comporte deux éléments : un élément « inducteur » qui provoque une déformation et un élément « test » qui la subit. Par exemple, dans la figure de Müller-Lyer, les pointes de flèche constituent l’élément inducteur et les traits horizontaux, l’élément test. Dans la figure de Poggendorff, les lignes parallèles sont l’élément inducteur et les segments obliques, l’élément test.

Depuis un siècle on a proposé plusieurs explications des illusions géométriques ; les plus convaincantes s’accordent sur trois points fondamentaux. En premier lieu, les illusions sont du domaine perceptif et n’ont rien à voir avec la pensée ou le raisonnement. En effet, vous savez que la plupart des illustrations suivantes sont des illusions géométriques, mais cela ne vous empêche pas de percevoir des déformations. En deuxième lieu, les illusions ne naissent pas dans la rétine ; elles apparaissent presque aussi nettement lorsque l’élément inducteur est placé devant un oeil et l’élément test devant l’autre oeil. Elles prennent donc naissance dans le système visuel au-delà du corps genouillé latéral, là ou convergent pour la première fois les informations en provenance de chaque oeil. En troisième lieu, les illusions ne résultent pas du mouvement des yeux. En effet, elles apparaissent dans toute leur netteté quand la durée d’exposition est trop brève pour que l’oeil est le temps de balayer la figure.

A) CLASSIFICATION DES ILLUSIONS OPTICO-GÉOMÉTRIQUES:

Si l’on tente de classifier les illusions en fonction des causes de déformation, il apparaît évident qu’aucune classification ne peut être satisfaisante étant donné que plusieurs ont reçu des explications multiples. Il importe néanmoins, ne serait-ce que pour avoir une idée de la variété de ces illusions, d’essayer de les classifier sommairement.

1) La mise en relation de grandeur:

De nombreuses figures d’illusion produisent une mise en relation de grandeur des éléments de la figure. Il en résulte généralement un effet de contraste : la grandeur apparente des éléments les plus grands est surestimée par comparaison au plus petit et inversement. Le cas le plus évident est sans doute l’illusion de Titchener. On a cependant invoqué à certains moments le principe d’assimilation suivant lequel, lorsque les différences sont minimes entre les plus grands et les plus petits éléments, on a tendance à minimiser ces différences. Il s’ensuit une assimilation d’un élément test à un élément inducteur plus grand (donc un surestimation de l’élément test) ou plus petit ( donc une sous-estimation de l’élément test), alors que le contraste apparaît lorsque la différence entre l’élément inducteur et l’élément test est plus importante.

Illusion de Titchener
Le cercle central de la configuration de gauche paraît plus grand que celui de la configuration de droite.










Illusion de Delboeuf.
a) exemple de contraste: le cercle intérieur de la figure de gauche paraît plus grand que le cercle du centre et le cercle intérieur de la figure de droite paraît plus petit que celui de la figure du centre.
b) exemple d'assimilation: le cercle intérieur de la figure de gauche paraît plus grand que le cercle extérieur de la figure de droite.


2) La division de l'espace:

Un espace qui est divisé ou occupé par de nombreux éléments apparaît généralement plus grand qu’un espace qui ne l’est pas. L’exemple typique est celui de l’illusion d’Oppel-Kundt.

Illusion d'Oppel-Kundt.
La distance entre A et B paraît plus longue que la distance entre B et C.



3) La verticalité:

Une ligne verticale paraît plus longue qu’une horizontale de même longueur car le mouvement des yeux qui est lié aux lignes horizontales est plus facile à exécuter qu’un mouvement vertical. L’exemple le plus fréquemment cité est le T inversé, mais il faut noter que cette forme donne lieu à des effets d’illusion compétitfs parce que, en plus de la surestimation liée à la verticalité, il y a un effet de contraste de grandeur produit par la mise en relation entre la verticale et chaque segment de l’horizontale. On obtient un pur effet de la verticalité en utilisant plûtot la figure en forme de L.

Illusion de la verticale.
Dans les deux figures, la verticale paraît plus longue que l'horizontale, alors qu'elles sont physiquement de la même longueur.






4) Les effets d'angles:

Les illusions dues à des effets d’angles sont très nombreuses et elles sont sans doute parmi les plus spectaculaires. On s’est appuyé sur deux principes pour les expliquer. D’une part, l’on a tendance à surestimer les angles aigus et a sous-estimer les angles obtus. On a qualifié ceci de principe d’orthogonalité, étant donné qu’il s’agit dans chaque cas d’une tendance à ramener l’angle vers un angle droit. Ce principe permet d’expliquer aisément les illusions de Zöllner et de Hering, mais il peut aussi s’appliquer à l’illusion de Poggendorff et à celle de Müller-Lyer. Le second principe concerne la tendance que l’on a à surestimer les côtés d’un angle obtus et à sous-estimer ceux d’un angle aigu. Dans ce cas, l’illusion de Müller-Lyer pourrait encore servir d’exemple.

Illusion de Zöllner.
Les lignes obliques ne semblent pas parallèles, alors qu’elles le sont. Elles nous paraissent déformées à cause des petites lignes qui forment le graphisme secondaire.








Illusion de Hering
Les lignes horizontales semblent incurvées, alors qu’elles sont physiquement droites et parallèles.







Illusion de Poggendorff.
Le segment oblique inférieur ne paraît pas dans l’axe du segment oblique supérieur, alors que physiquement ils sont dans le même axe.







Illusion de Muller-Lyer.
a) La ligne du haut paraît plus courte que celle du bas.
b) la ligne de gauche paraît plus courte que celle de droite.






5) La perspective:

La présence de traits suggérant la perspective entraîne des illusions de grandeur. À même grandeur physique, une forme paraissant plus éloignée qu’une autre sera vue plus grande et inversement. On a tenté de généraliser ce principe à plusieurs illusions. Ainsi, l’illusion de Ponzo, qui pourrait être également considérée comme une illusion de mise en relation de grandeur, est fréquemment expliquée par un effet de perspective. De même que l’illusion de Sander qui peut être considérée comme une illusion de perspective, en suggérant que la figure pourrait être vue comme un rectangle présenté en perspective.

Illusion de Ponzo.
L'horizontale du haut paraît plus longue que celle du bas.












Illusion de Sander.
La diagonale de droite paraît plus courte que celle de gauche alors qu’elles sont toutes les deux identiques.





6) La courbure des arcs de cercle:

La courbure apparente des arcs de cercle varie en fonction de leur longueur. Les arcs court sont vus plus plats que les arcs longs.

Courbure des arcs de cercle.
Les trois lignes semblent avoir des courbures différentes, alors qu’elles ont la même courbure.






B) LA PERCEPTION DES ILLUSIONS SELON LES CULTURES:

Les illusions dépendent non seulement de notre système visuel mais aussi de notre culture au niveau le plus général. Ainsi, les européens paraissent avoir une illusion de Müller-Lyer plus forte et une illusion du T renversé moins forte que d’autres groupes ethniques, en particulier africains.

Nous qui vivons en Occident dans un monde oû les formes géométriques avec des angles droits prédominent (immeubles aux lignes perpendiculaires, murs verticaux, plafonds horizontaux ...) avons une très forte tendance à surestimer les angles aigus et à sous-estimer les angles obtus, de manière à les ramener à des angles droits. C’est pourquoi nous sommes plus sensibles à l’illusion de Müller-Lyer.

Pour ce qui est de l’illusion du T renversé, une autre explication s’applique. Comme les peuples africains vivent dans la savane, qui a un relief très plat, et que leur environnement est pratiquement dépourvu d’arbres, de maisons ou de poteaux, ils sont donc moins habiletés que nous à juger les lignes verticales ; c’est pourquoi ils sont plus facilement bernés par l’illusion du T renversé.

20 mars 2006

Snuff movie

   

Snuff movie


Les Snuff movies (ou Snuff films) sont des films courts généralement sous forme d'unique plan-séquence sale et instable qui mettent en scène un meurtre réel, souvent précédé de pornographie avec viols de femmes ou d'enfants.

Quelle est l'origine du mot snuff ? (Littéralement et littérairement, snuff signifie tabac à priser, et to snuff
Certaines personnes considèrent que ces films pourraient n'être qu'une légende urbaine.
priser ce même tabac). Combien de films circulent sous le manteau ? Existent-ils vraiment ?...

Dans les années 70 un certain courant cinématographique était à la recherche d'un réalisme le plus cru possible dans la violence et la mort. Michael Findlay et son épouse Roberta, âgée de dix-sept ans, se lancent dans la réalisation de petits films érotiques (softcore), industrie alors naissante. Rapidement, la demande se fait plus exigeante ; le porno rugueux fait son apparition. On l'appellera le hardcore. Les Findlay suivent l'évolution. A l'époque, les bénéfices d'un hardcore moyen, réalisé en une ou deux semaines, sont d'environ 10 000 dollars. On piétine, il faut trouver autre chose... Michael Findlay écrit une ébauche de scénario : des révolutionnaires font prisonnier une famille d'ex-nazis. Sexe, violence, exotisme, voila les ingrédients du film qu'il va tourner en Argentine. Le chef de la bande, personnage vaguement inspiré de Charles Manson, exécute à tour de bras, non sans avoir auparavant infligé à ses victimes divers sévices peu raffinés. De retour aux États Unis, Findlay ne trouve pas de distributeurs. Ces derniers flippent, angoissent
Cependant, quelqu'un (Qui ? Personne ne le saura jamais. Le secret est bien gardé, et pour cause...) va titrer ce film
"Snuff". Par allusion à des documentaires tournés clandestinement en Amazonie. On y massacre aussi bien des indigènes que des animaux, sans aucune simulation. On aurait donc( au  conditionnel), par la suite, ajouté au film de Michael Findlay une scène finale où une femme se fait véritablement tuer devant la caméra. De fuites en rumeurs, des manifestations s'organisent aussitôt en 1976 pour la projection du film "snuff"  Michael Findlay meurt quelques mois plus tard, décapité par une pâle d'hélicoptère sur le toit de l'immeuble Pan Am en emportant  son secret avec lui comme quoi on invoque pas le diable impunément.
Industrie clandestine, les snuff movies seraient destinés à des circuits très fermés : nouvelle version (sanglante) des ballets roses. On y verrait toute une panoplie de meurtres sexuels.  le monde  ne manque pas de détraqués prêts à n'importe quoi, pour une poignée de dollars..

Description des snuff movies

La légende populaire veut que le snuff soit le produit d'un faux tournage, suivant le schéma suivant : un producteur organise un casting pour un film pornographique, les interprètes engagées sont ainsi manipulées pour être victimes de vraies tortures et d'abus, avant le meurtre final. Ce film circule ensuite dans un circuit fermé de riches amateurs de crimes où ces cassettes circulent à prix d’or.

Deux composantes sont essentielles dans le snuff movie : la mort et l’image.

     
  • La mort : elle doit être réelle, mais il faut également qu’elle soit visible dans son déroulement. On doit voir « le mourant », autrement dit la victime sur le point de mourir, ou en train de mourir, et non la mort ayant déjà réalisé son œuvre. Autre aspect, la victime est consciente de sa mort.
  •  
  • L’image : la mort doit être filmée. Il ne s’agit pas de simples photos, il faut accentuer le réalisme par le mouvement et la durée. Le plan-séquence est généralement de mauvaise qualité et filmé par un cinéaste semi-professionnel (éclairage présent mais partiel et mauvais, cadrages instables mais ciblés, etc.).


Polémique sur l'existence des snuff movies


Les éléments de doutes sur l'existence des snuff movies

Un certain nombre d'éléments autour des snuff movies sont caractéristiques de ce qu'on nomme une légende urbaine, ce qui mène beaucoup de personnes à penser que ces films n'existeraient pas ou alors de façon très exceptionnelle, sans qu'existe un marché organisé. Ces éléments sont :

     
  • la structure narrative accompagnant l'idée (petite histoire du faux casting) ;
  •  
  • les procédés récurrents d'authentification sur les forums de discussion (« j'ai connu quelqu'un qui en a vu ») ;
  •  
  • le caractère extrême et perturbant de l'histoire.

Par ailleurs, d'autres éléments laissent à penser qu'il s'agirait d'une rumeur :

     
  • le caractère particulièrement fantasmatique de ces snuff movies, qui allient des idées de violence, de sexe, de mort et d'argent ;
  •  
  • le fait qu'aucune saisie de tels films par la police n'ait jamais été lue dans les médias ;
  •  
  • le fait qu'aucune décision judiciaire ne semble avoir jamais été prononcée à ce sujet ;
  •  
  • le fait qu'aucun rapport d'enquête policière ou journalistique à ce sujet n'ait été lu, ce qui laisse à penser qu'aucune enquête n'ai conclu à leur existence ;
  •  
  • le fait que la transmission d'informations à ce sujet se déroule en majorité sur les médias les plus propices à la diffusion de rumeurs : transmission orale, forums de discussions sur internet, email, etc.


Les éléments en faveur de l'existence des snuff movies

     
  • Des sites web proposant de telles vidéos sont forcément difficiles à trouver car leurs créateurs les masquent au maximum pour ne pas être retrouvés à cause de l'illégalité de la démarche, à l'image des sites de pornographie infantile. L'illégalité de ces vidéos fait que leurs créateurs prennent forcément beaucoup de précautions.
  •  
  • On trouve des snuff movies sur les réseaux de P2P, souvent avec des noms maquillés.
  •  
  • On dit souvent qu'il n'y a pas de fumée sans feu, que le snuff movie n'a pas pu atterrir dans la légende sans avoir existé.
  •  
  • Tout ce que l'âme humaine est capable d'imaginer de pire est généralement produit au moins par quelques pervers. Des constatations réelles se sont souvent avérées.
  •  
  • Quand bien même aurait-ce pu n'être qu'une légende au début, le simple fait qu'on en parle a dû inciter des pervers ou des psychopathes à en produire réellement.


Productions connexes

Réalité ou légende, les snuff movie n'en ont pas moins inspiré nombre d'œuvres connexes au cinéma comme en bande dessinée ou en littérature. Par ailleurs, certaines vidéos qui s'échangent sur le réseau Internet sont proches des snuff-movies en ce qu'elles montrent des morts violentes filmées dans la réalité.


Autres types de films réels violents

Sur Internet circulent des films et images qui ne sont pas exactement des snuff movies, mais qui leur sont semblables sur plusieurs point : vidéos montrant des mises à mort ou tortures en temps de guerre ou de guérilla, des lynchages, des morts violentes par accident, etc.

En 2004  2005,2006 certains de ces films ont beaucoup fait parler d'eux car ils ont collé à l'actualité : il s'agit des vidéos diffusés par des groupuscule extrémistes et montrant la décapitation d'otages, notamment américains, après la seconde guerre d'Irak.

On a pu retrouver des bobines de films de ss immortalisant leurs sadismes sur pellicule durant la seconde guerre mondiale etc...

Si les raisons de la consommation de tels films ou images ont quelques ressemblances avec celles qu'on prête aux consommateur de snuff movie (fascination pour la violence et la mort, pulsion de destruction, voire Perversion dans certains cas), leur production n'obéit pas à la même logique. Dans le snuff movie tel qu'il est défini, la mise à mort elle-même n'a pour objectif que l'excitation morbide voire sexuelle qu'elle peut engendrer et donc par derrière le profit financier que pour apporter un tel matériel. Dans ces autres types de films, les mises à mort ont d'autres raisons (guerre, idéologie, extrémisme religieux, haine et colère d'une foule, etc.) et leur captation est souvent fortuite ou bien effectuée également pour des raisons idéologiques (frapper l'opinion publique, etc.).


Films de fiction inspirés des snuff movies

Plusieurs réalisateur italiens ont mis en scène des récits de cannibalisme dans quelques films relativement célèbres: Cannibal Holocaust, Le dernier monde Cannibal, Mondo Cane, etc.

Ces films ont fait scandale, des rumeurs accusant certains réalisateurs d'avoir été trop loin en filmant des mises à mort réelles d'animaux ou d'être humains ou même en les provoquant. Ces derniers s'en sont défendus, évoquant la seule qualité de leurs effets spéciaux.

Face à la mort (en anglais Faces of Death) est encore un autre genre : c'est un film qui se veut documentaire sur les différentes formes que peut revêtir la mort. Il mélange des morts réelles (d'animaux et d'humains) avec des mise en scène évidentes.



Sites Web inspirés des snuff movies ( que je ne recommande pas aux âmes sensibles et à ceux qui croient à la bonté de l'homme. En sachant que si ça vous plait ou que ça vous fait rire il vaut mieux pour vous comme pour nous que vous alliez vous faire soigner)

rotten.com

SnuffX


Films de fiction traitant des snuff movies

Plusieurs films ont traité le sujet des snuff movies, le plus souvent pour les dénoncer :

     
  • Dans Hardcore (1979) de Paul Schrader, George C. Scott part à la recherche de sa fille disparue, qu'il soupçonne d'avoir été enlevée par un réseau produisant des snuff movies.
  •  
  • Dans Videodrome (1983) de David Cronenberg, un dirigeant de chaîne T.V découvre une transmission pirate entièrement dédiée au snuff appelée Videodrome.
  •  
  • Dans Témoin muet (Mute Witness, 1994) d'Anthony Waller, une jeune Américaine, habilleuse de cinéma, souffrant de mutisme, est accidentellement le témoin, en marge d'un tournage « officiel » à Moscou, du tournage clandestin d'un snuff movie, puis poursuivie par le cinéaste et l'acteur masculin.
  •  
  • Dans Strange Days (1995) de l'américaine Kathryn Bigelow, un ancien inspecteur de police doit visionner un snuff movie représentant le meurtre d'une de ses amies pour trouver des indices et retrouver son assassin.
  •  
  • Dans Tesis (1996) de l'espagnol Alejandro Amenábar, un jeune étudiant découvre l'existence d'une bibliothèque de snuff movies cachée dans les sous-bassements de son université.
  •  
  • Dans The Brave (1997) de Johnny Depp, un jeune Amérindien au chômage est recruté pour tenir le rôle titre d'un snuff movie.
  •  
  • Dans 8 mm (1999) de Joel Schumacher, une veuve demande à un détective privé d'enquêter sur la véracité d'un snuff movie que son mari gardait en secret. Un certain aspect artistique du snuff movie est mis en avant.
  •  
  • Dans Une souris verte (2004) de Mathias Ledoux, un jeune informaticien voyeur assiste à un meutre en direct sur une webcam d'un site d'exibitionnisme.

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26 mars 2006

LA MANIPULATION MENTALE

   

 

LA MANIPULATION MENTALE  
 
 
Etude de Roland Huckel, professeur de philosophie à Strasbourg  
 

 

 
 
 
 
DÉFINITION DE LA MANIPULATION MENTALE
 
 
   
La manipulation mentale se déroule entre un influenceur (un commerçant par exemple) et un influencé (son client). Elle accompagne les tentatives de créer des rapports de forces entre individus et groupes sociaux. Sa stratégie générale est très proche de celle de la lutte millénaire que se livrent les chasseurs et leurs gibiers.

 

 

ESSAI DE DEFINITION
 
   
   
La manipulation mentale est une technique spécifique d'échange : elle consiste pour un influenceur à profiter d'une opportunité pour détourner subrepticement vers son profit personnel et son prestige, les ressources, matérielles et morales, c'est-à-dire les biens et les services, les forces et les faiblesses, les espoirs et les peurs, d'un influencé, de préférence d'un groupe d'influencés.  
 
 
 
Une telle forme d'échange est «spécifique» par le fait qu'elle constitue un piège pour l'une des parties.
 
 
 
Exemple, montrant que détecter des manipulations mentales, c'est examiner un roman compliqué.
 
 
 
Par différentes confidences, je connais le cas suivant. Le maire d'une petite commune, qui encourage secrètement les projets poli tiques de son fils, invite dans son village, au nom de son Conseil Municipal, beaucoup de personnalités influentes  de la Région, qu'il estime utiles à la promotion et à la carrière du fils. Celui-ci peine à décrocher ses diplômes scolaires et professionnels. Le père surveille en même temps un ami de son fils, un surdoué scolaire, dont les succès pourraient diminuer les chances de sa progéniture : grâce à de petites complicités de ses employés, il retient ses convocations à des concours, oublie son nom dans les listes de promotion et d'attribution de prix de prestige, transmet avec retard ses demandes d'inscription et d'emploi administratif, déchire ses invitations à des réceptions, etc. Il le guide en même temps vers une voie technique en usant énergiquement de toutes ses relations, en le recommandant chaudement à des industriels de sa commune. Résultat : son fils est aujourd’hui secrétaire du Député régional, l'ami est ouvrier spécialisé à l'usine du village. Finalement, le maire reçoit les remerciements émus des parents de ce jeune : il renforce aussi sa réputation de maire, efficace et compréhensif ! Toute cette opération se déroule donc entre des influenceurs (maire, préfet, député, sénateur...) et des influencés (le Conseil Municipal, les industriels et les citoyens du village, qui se sentent très honorés par les attentions touchantes des autorités lointaines à leur égard !).  
 
 
 
Le manipulateur municipal construit ainsi, de façon insidieuse, un rapport de forces, destiné à privilégier son fils au détriment des autres jeunes de la commune, au détriment surtout de l'ami du fils.  
 
 
 
Le maire détourne vers son projet familial les ressources de ses administrés, leur admiration et leur confiance, mais aussi leur ignorance des jeux municipaux des différents pouvoirs.  
 
 
 
Ce détournement est subreptice, c'est-à-dire rusé et caché, profitant des opportunités de tromperie, imprévisibles pour le public, que seul le maire connaît ou provoque dans son réseau de relations, frôlant à tout moment la délinquance administrative.  
 
 
 
Rapports de forces : maire/village - autorités régionales/ maire - le fils du maire/ les autres jeunes.
 
 
 
Technique spécifique. L'échange de services, social mais clandestin et inavouable, favorise un jeune en défavorisant un autre par une série de petites malhonnêtetés. Comme tous les échanges, celui-ci présente des discordances (on dit : des inégalités ou des injustices) que la négociation trompeuse à comme but d'occulter adroitement !
 
 
 
Le mécanisme est celui de la technique de diversion : attirer l'attention de la victime dans une direction (piston pour l'ami auprès des décideurs techniques) pendant qu'on la trompe dans une toute autre direction (destruction des passerelles entre le jeune et d'éventuels protecteurs). C'est proche de l'art de la prestidigitation !
 
 
 
L'effet de surprise est fondamental au moment de la découverte de la supercherie (par exemple pour l'opposant politique du maire qui, par enquête, aurait démasqué le maire-manipulateur et qui aurait dénoncé publiquement son favoritisme et son népotisme; impact assuré au moment des élections suivantes).  
 
 
 
Comme dans la situation du chasseur, le manipulateur a visé une victime, l'ami de son fils, en l'appâtant, en canalisant son destin vers une voie par des «magouilles» administratives, en libérant ainsi la voie choisie pour son fils. Loin d'avoir des regrets, le maire se félicite de sa ruse : il s'est arrangé pour contenter tout le monde, pour recevoir publiquement la reconnaissance de sa victime : le grand art !  
 
 
 
Complément à la définition ci-dessus : une manipulation est réussie quand la victime voue une reconnaissance cordiale à son manipulateur dont elle se sent l'obligée toute sa vie.
 
Nous nous approchons là du champ conceptuel de l'«exploitation» et de l' «aliénation» de Karl Marx, prospecté par F.W. Hegel.  
 
   
 

LE SECRET DE LA MANIPULATION MENTALE :  
   

 

PROFITER DES OPPORTUNITES DE TROMPERIE !
 
   
   
L'effet de surprise des enquêteurs se situe à la fin d'une longue série d'événements, qui commence à la saisie d'une occasion inattendue par le manipulateur. L'examen de ces saisies d'occasion est primordial pour la compréhension du mécanisme de tromperie.  
 
 
 
Ce sont les opportunités de tromperie. Celles-ci favorisent la manipulation mentale dans les domaines, peu vérifiables et très contestées, des théories : théologie, philosophie, psychologie, politique, droit, médecine... Elles sont nombreuses aussi dans les activités subtiles des échanges : commerce, administration, famille, régie des jeux ...  
 
 
 
Ces opportunités manoeuvrières sont plutôt rares, vite déjouées, dans les domaines, lestés de supports concrets et vérifiables, en mathématique, physique, technologie, chimie et biologie.  
 
 
 

SPORT FAVORI DES PUISSANTS DU JOUR : LA CHASSE AUX CRÉDULES  
   
 
 
Comme sont organisées et surveillées par les chasseurs les structures de piégeage du gibier, miradors et leurres, les structures manipulatrices sont préméditées et intégrées dans le paysage social. Penser aux architectures des grandes surfaces et à leurs immenses couloirs des tentations, qui ne sont pas dues au hasard, mais aux subtiles «technologies psychologiques de management» : cet euphémisme désigne l'art de piéger les clients en comblant apparemment leurs plus petits désirs.
 
 
 
Plus la crise économique mondiale nous domine, plus les gouvernants se verront obligés de gérer la France avec les méthodes rusées et efficaces des PDG de Supermarché !
 
 
 
Ces structures manipulatrices, installées autoritairement par les pouvoirs,  
 
 
 
sont réalisées principalement par les difficultés d'accès aux bureaux de direction (ce sont les miradors), conférant une invisibilité, une incontrôlabilité, bref une immunité de fait à tout supérieur hiérarchique (c'est le cas dans l'exemple précédent, les manoeuvres malhonnêtes du maire n'ayant jamais été détectées). Elles passent obligatoirement par les structures ambiguës du langage, à travers promesses et menaces, affiches séduisantes et règlements subtils : c'est la que gît le leurre.  
 
 
 
Dans un club, un parti ou une secte, les opportunités manipulatrices triomphent dans les sphères de l'argent, du sexe et du pouvoir.
 
 
 
Ce sont la trois domaines où les pièges sont faciles à poser, où le bluff est tout puissant, où le paraître est, au départ du moins, plus important que les qualités, où la rumeur est plus puissante que la réalité.
 
 
 

TOUT SE PASSE COMME DANS UNE PYRAMIDE A TROIS NIVEAUX  
   

 

   
   
Analogie modale avec la chasse. Dans les trois niveaux d'intensité de l'activité cynégétique, les chasseurs comptent soit sur les rencontres fortuites, individuelles, hommes/gibier (avec extension possible au braconnage), soit sur les battues provoquées localement, surveillées par les gardes-chasses, soit sur les opérations industrielles, réglementées et organisées par des conventions internationales (imposant un examen des candidats chasseurs et un "permis de chasse" - limitant par exemple la chasse aux éléphants, aux phoques et aux espèces protégées).  
 
 
 
La puissance des moyens mis en oeuvre et les quantités de proies capturées augmentent dans la même proportion, entre le fusil de chasse et l'hélicoptère des steppes et des banquises.  
 
 
 
Il en est de même avec «la chasse aux crédules» que constitue la manipulation mentale : les opportunités de manipulation mentale, avec «mirador et leurres», sont soit fortuites dans le paysage quotidien (Niveau I), soit provoquées localement par les cadres de groupes idéalistes et des administrations (Niveau II), soit organisées mondialement par les fondateurs de partis ou de sectes (Niveau III).  
 
 
 
La puissance des techniques utilisées augmente dans la même proportion entre le mensonge, protégeant un secret de familles, et le décret de loi, protégeant les secrets de la fondation ou de l'Etat.
 
 
 
Par rapport aux conflits et aux souffrances causés, ces stratégies sont d'abord douces à la base (Niveau I) mais elles deviennent vite dures au niveau des relais hiérarchiques moyens (Niveau II) puis, au sommet pyramidal, vraiment écrasantes (Niveau III).
 
 
 
Pour comprendre les différences entre ces trois niveaux, je propose d'examiner une partie de chasse organisée :
 
 
 
Niveau III : le Châtelain, propriétaire du terrain, imagine la stratégie à employer par rapport au gibier à abattre ;
 
 
 
Niveau II : les chasseurs-titulaires, engagés ce jour, traduisent le plan du Propriétaire en tactiques, chronométrées et localisées;  
 
 
 
Niveau I : les paysans et ouvriers rabatteurs attendent les consignes et répètent inlassablement les gestes recommandés.
 
 
 
Dans les contextes politiques, économiques ou religieux, la même triade présente les activités hiérarchisées ainsi :  
 
 
 
Niveau III :  le fondateur invente la doctrine  
 
 
 
Niveau II :   le moniteur la dicte  
 
 
 
Niveau I  :   l'adepte la répète
 
 
 
L'inventeur manipule donc autrement que le recruteur et celui-ci autrement que le perroquet de base. Cela veut dire que tous les trois profitent d'autres opportunités, soit de l'acte fondateur et de la gestion générale (Niveau III), soit du prosélytisme de rue (Niveau II), soit de la récitation à voix haute du catéchisme appris (Niveau I).
 
 
 
Dans les trois situations différentes cependant, l'échange piégeant se fait toujours selon la même modalité, selon celle du détournement subreptice des ressources des influences confiants par un influenceur cynique.  
 
 

 

LES OPPORTUNITÉS FORTUITES DE TROMPERIE
 
PERMETTENT  
 
LES MANIPULATIONS MENTALES DOUCES  
 
 
 
NIVEAU I  
 
 
   
Les manoeuvres de manipulation mentale sont douces, à visage humain, dans les relations HORIZONTALES des coutumes, à la base des pyramides hiérarchiques, entre  frères, pairs ou adeptes : chacun s'attend à être trompé, chacun est a tour de rôle influenceur puis influencé, manipulé puis auto-manipulateur, manipulateur enfin. L'occasion fait le larron.  
 
 
 
A ce niveau, la manipulation mentale compte comme une ruse «normale». Rarement ressentie comme faute ou délit , elle irrite cependant celui qui en est victime !
 
 
 
II s'agit principalement des crises fréquences d'hypocrisie entre notre faire et notre dire, crises renforcées par nos tabous, oublis et refoulements, par nos mythes et légendes, par nos secrets personnels, familiaux et professionnels ...
 
 
 

LES STRATAGÈMES PRINCIPAUX DE TROMPERIE RÉCIPROQUES  
   

 

DE LA BASE QUOTIDIENNE, EN FAMILLE, DANS LA RUE, AU TRAVAIL  
   

 

   
   
Usage intensif de la langue de bois séductrice (administrative, publicitaire ou prosélytisme) par simplisme et stéréotypes,
 
 
 
dissimulation de faits et simulation d’état d’âme (comédie);
 
 
 
bataille vaniteuse d’auto-justification d’une part et de diffamation des rivaux d’autre part;
 
 
 
exclamations émues : il s’agit d’incantation rassurante et d’ironie profanatrices;
 
farces et brimades;  
 
 
 
flatterie, intrigue et délation;
 
 
 
éducation moralisatrice (pieux mensonges et saintes colères) tantôt répressives et maniaques tantôt permissives et démagogiques …
 
 
 
Là où l’erreur est fréquente, la tromperie est facile : chaque image de rêve, métaphore, fable ou légende, nous enferme un peu plus dans la cavernes de la superstition et de la pensée magique !
 
 
 
La poésie des récits invérifiables (de nos saints patrons ou célèbres fondateurs), confondue avec la science de l'histoire, illustrée comme par caricature dans l'hagiographie, est la trame de notre auto-mensonge, permanent et flatteur.
 
 
 
Voilà la source de nos mythes fondateurs, paroissiaux et patriotiques (et ces mythes n'existent pas seulement dans les groupes qu'on n'aime pas)  
 
 
 
A la fin de ce conditionnement réflexe à l'hypocrisie et à l'auto-manipulation, les gens sont, comme des drogués, victimes de l'accoutumance aux excitations piégeantes; ils ne remarquent pas qu'ils subissent les effets asservissants de l'assuétude (accoutumance) manipulatrice. Les voila fixés mentalement à leur groupe et surtout à l'image (trop belle) qu'ils se font du grand maître !
 
 
 
Manipulés, les adeptes finissent par se croire libres ... ne voyant pas les barreaux de leur cage !
 
 
 
Ne sachant pas clairement par quelles manoeuvres ils sont devenus dépendants de corps et d'âmes, ils entretiennent eux-mêmes l’illusion, fondamentale et narcissique, que leur obéissance conditionnée est de la pure liberté : en réalité, ils sont aussi peu autonomes que ne le sont nos oiseaux en cage !  
 
 
 
La communauté spirituelle, structurée ainsi sur la diversion et l'illusionnisme, systématique et réciproque, devient la tiède couveuse de la douce manipulation mentale, moralisante et dualiste.  
 
 
 
L'embryon d'un parti ou d'une secte est déjà présent. Voilà l'infrastructure psychosociale, qu'installe tout charlatan ambitieux : c'est la rampe de lancement de la conquête du monde.  
 
 
   

 

      
 
      
LES OPPORTUNITÉS DE TROMPERIE ORGANISEES
      
LOCALEMENT PERMETTENT       
      
LES MANIPULATIONS MENTALES DURES
      
 
      
NIVEAU II       
   
       
 
 
Les manoeuvres de manipulation mentale sont par contre dures, productrices de souffrances et de conflits, quand l'influenceur agit en tant que CADRE, RESPONSABLE, FORMATEUR ou THERAPEUTE (ou en tant que caïd à la main lourde) et qu'il organise localement de façon préméditée, méthodique mais biaisée, les opportunités de piéger ses influencés.
 
 
 
A ce degré de gravité, les manoeuvres subreptices prennent une connotation juridique : elles deviennent dolosives, pénalement suspectes. Même si le flagrant délit de manipulation mentale aliénante est difficile à constater par la police (ce que dit aussi le rapport parlementaire sur les sectes de début 1996), la conscience d'êtres malhonnêtes se révèle par les précautions des manipulateurs : créer un alibi, se réclamer d'antécédents ou de circonstances atténuantes ...
 
 
 
Du moment que l'acte rentre dans la catégorie des comportements, interdits par la loi, il n'y a plus de manipulation mentale mais ou bien un délit ou bien un crime.
 
 
 
Les criminels se servent d'auxiliaires, payés ou recrutés par force ou par ruse : ceux-ci sont les manipulés. Mais ceux-ci ne se sentent pas responsables et en cas de procès, ils rejettent la faute sur le «cerveau» : ils sont considérés comme n'ayant pas pris de libre décision.
 
 
 
Stratagème, très efficace et courant, des moniteurs : canaliser les foules de telle manière que chacun, individuellement, ait l'impression de suivre son destin personnel !  
 
 
 
En changeant de masque selon les circonstances, le recruteur construit un système conscient de tromperie et de fraude, tantôt gendarme sévère, tantôt conseiller amical ...  
 
 
 
II exerce dans ce but un discret chantage à l'honneur, à l'argent, au prestige ...
 
 
 
Si vous voulez ceci (un poste de responsabilité, un revenu honorable, des titres flatteurs ...), alors faites cela : suivez les consignes du groupe puis écoutez les signes que je vous donne ...  
 
 
 
Obéir d'abord : c'est ce que font humblement tous les candidats au bonheur, appâtés ainsi. Ils commencent par suivre à la lettre le règlement intérieur (presque toujours non écrit), l'emploi du temps affiché chaque matin.  
 
 
 
Ils ne connaissent pas le «code secret» idéologique qui inspire ces organigrammes par de lourdes intentions d'exploitation et qui appelle par exemple le travail rémunéré, le «service missionnaire», la «pénitence expiatrice», «le sacrifice quotidien ou encore «la B.A., bonne action du jour», sinon «l’exutoire des énergies sexuelles" !  
 
 
 

ATTENTION AUX PETITES SAGESSES DES FAMILLES, AUX DICTONS ET PROVERBES,  
   

 

VRAIES «PEAUX DE BANANE» DE LA PENSÉE !  
 
 
   
Le comportement civique des adeptes de sectes, par exemple, est tel que les prisons semblent inutiles dans le pays qu'ils investissent. Les mouvements millénaristes en sont conscients et exploitent l'argument par le stéréotype, démagogique et trompeur, manipulation d'un dicton biblique : «On juge les arbres à leurs fruits : observez comment nous nous comportons et vous aurez envie de nous rejoindre !»  
 
 
 
L'usage de proverbes paysans et des principes de grand-mère est souvent de bon conseil dans les situations correspondantes : il sert aussi à cacher le jeu des maquignons (entremetteur malhonnête) !  
 
 
 
Les adeptes ne peuvent pas remarquer de l'intérieur que les actes ouverts d'autorité cachent soigneusement les techniques insidieuses de coercition psychologique, que les ordres, donnés sur un ton de neutralité administrative sous le signe de la sagesse du Grand Chef, cachent un plan de mise au pas, d'humiliation systématique mais aussi de mise en appétit pour l'objectif communautaire.  
 
 
 
Avec raison, le Dr J.-M. Abgrall distingue les «sectes coercitives», qu'il désigne par SC, de toutes les autres sectes. Les manipulations mentales dures visent cet effet : forcer les gens autoritairement à prendre un comportement déterminé en leur donnant l’illusion de suivre ainsi leur propre élan ! Les détourner de leurs buts individuels vers le but collectif, caché par le Maître ès manipulations, à leur insu et contre leur volonté.    

 

     
     
 

PLUS LE CHEF TRANSGRESSE LES LOIS,
   

 

PLUS LE PEUPLE RECONNAÎT EN LUI LE SAUVEUR !  
 
 
   

 

Les victimes sont les dernières à pouvoir se rendre compte que, dure, la manipulation mentale accompagne presque toujours une manoeuvre délictueuse, incompatible avec les lois du pays.  
 
     

  • Cela commence toujours par la vieille tactique des dominateurs, qui divisent les adeptes entre eux pour mieux les piéger : sourires et faveurs accordées aux fidèles; injures et défaveurs (ou exclusions) prévues pour les critiques et dissidents … (cette tactique est terriblement efficace !)
  •  
     
  • Suit la prise de monopole des informations importantes, livrées fidèlement aux uns et livrées, amputées ou déformées, aux autres, selon les impératifs tactiques du moment …  
     
  • Le mensonge, publicitaire ou prosélytique, ne tarde pas à brouiller toutes les cartes …
     
  • Et très vite, commence l 'arnaque …
     
  • Suivie de la concurrence déloyale.
     
  • On évite rarement la corruption,
     
  • Ou l’exploitation, illégale ou inhumaine, de personnes influencés : en particulier l'abus de l'état d'ignorance, de la situation de faiblesse ou de vulnérabilité, ou de la situation de dépendance de personnes (art. 313.4, 225.13 et 225.14).

Il s'agit principalement d'un jeu de cache-cache des cadres moyens, tiraillés entre les pressions descendant du sommet ou émanant d'un idéal commun, et les besoins des administrés de la base, bref entre l'idéal, pression descendante, et la réalité, pression ambiante !

Astuce principale : sous prétexte de les protéger des manipulations mentales externes du «mauvais monde», le moniteur sectaire cache aux adeptes les manipulations mentales internes. Comment ? En faisant diversion sur le plan affectif.

Il trompe en effet son petit monde, principalement en échauffant émotionnellement les disciples :par des animations emphatiques et musicales, allant jusqu'au survoltage hystérique des chaudes soirées de guérisons publiques et de miracles instantanés, de pieuses transes collectives …

     
  • par l'entrain collectiviste à d'intenses activités manuelles, commerciales, industrielles ou culturelles,
     
  • par des exorcismes dramatiques et liturgiques des diaboliques forces du mal, qui rôdent à l'extérieur du groupe,  
     
  • par des longs exercices de passivité, soumise et décervelée, sous prétexte de «méditation spirituelle»,
     
  • grâce surtout à des séries de non-dits, d’interdits explicites ou de tabous sévères (par exemple de bilans cachés ou doubles) … qui cachent les ambitions de richesse et d’honneur de l’élite.
 
L'enjeu est de taille : il s'agit de cacher l'échec permanent de la doctrine proclamée par une fuite en avant, par des initiatives prestigieuses et prometteuses.  
 
 
 
A cet effet, les moniteurs renforcent continuellement la foi en les pouvoirs extraordinaires du gourou-surhomme : invocations lyriques, hommages rituels, gestes de soumission (à genoux) et actes de reconnaissance (cadeaux et sacrifices) …
 
 
 
Chaque échec du groupe est systématiquement mis sur le compte des ennemis diaboliques : ce réflexe empêche toute autocorrection du cap, toute amélioration du système, toute modération aussi des frénésies triomphantes !  
 
 
 
Par un emploi du temps qui ne laisse aucune minute de réflexion personnelle aux adeptes, les cadres empêchent les doutes de se lever dans les cerveaux des fidèles et de se communiquer !  
 
 
 
Il en résulte un climat de transe et de combat : c'est le triomphe du cynisme et de la loi du talion. Espionné et harcelé du matin au soir, le manipulé y subit un magnétisme irrésistible de la part du gourou.  
 
 
 
Il ne se rend pas compte qu'il est mis en dépendance comme un toxicomane et qu'il perd sa dignité antérieure d'être humain, seul responsable de ses actes!
 
 
 
Le sectarisme : voilà la tentation de tout groupe égocentrique,    
 
menacé par les évènements.
 
 
 
C'est le fier repli sur soi, courant mais inavoué, des groupes orgueilleux et fermés : c'est là le danger qui nous guette tous, parents, cadres, adhérents de clubs, adorateurs d'idoles médiatiques et de leaders de partis !  
 
 
 
Ce sont des dérives sectaires, des tentatives de nous enfermer vaniteusement dans une bulle salvatrice et de mépriser ce qui nous agresse : le reste du monde !

Attention : le sectarisme est une attitude qui nous enferme dans une bulle mentale hermétique (dans une «idéologie»). Il est plus fréquent que nous ne pensons et se cache sous des euphémismes comme «Militantisme», «Paternalisme», «Syndicat», «Union de défense», «Lobby», «Coopérative», etc.

 
En période de crise ou de guerre, chaque groupe constitué, associatif ou institutionnel, officiel ou clandestin, risque de produire une attitude de frileux enfermement, de harcèlement des groupes voisins, de culte de la personnalité du leader ! Evidemment, le sectaire, c'est toujours l'autre !
 
 
 

L'INITIATION : À CONSOMMER AVEC MODÉRATION !  
   

 

   
   
La différence est grande entre les sectes à la doctrine explicite et les sociétés secrètes à la doctrine cachée. Le point commun reste cependant l'usage intensif et méthodique des stratagèmes manipulateurs à trois niveaux.
 
 
 
Dans les deux sortes de groupe, il arrive que des maîtres mégalomanes construisent un système hiérarchique pyramidal très pointu et se livrent à des manoeuvres de pression descendante, qui broient  les personnalités par des tactiques dures d'aliénation.  
 
 
 
L'initiation est une étape importante dans tout système d'intégration sociale, d'éducation et de formation : comment arriver sans initiateur à parler une langue étrangère, à s'insérer dans une nouvelle culture ? Mais l'initiation n'est que la première étape de l'instruction : comme la béquille de l'accidenté, elle a comme but de se rendre inutile le plus vite possible.  
 
 
 
L'instruction généralisée des pays développés a remplacé progressivement les antiques stages d'initiation autour de maîtres à penser.
 
 
 
La publication actuelle de la plupart des secrets, médicaux et industriels, militaires même, rend caduques les méthodes traditionnelles, de type pythagoricien, des prestigieux «gardiens de secret» !
 
 
 
Le changement culturel le plus important a consisté à passer de l'obligation de passer par l'initiation payante d'un précepteur, détenteur de secrets, à la possibilité pour chacun de s'instruire dans une école publique puis, toute sa vie, de se recycler constamment, selon son rythme et par décisions libres, en s'aidant des livres, des cassettes, des stages en entreprises, etc. Du coup l'initiation magistrale, privilège des jeunes de la haute bourgeoisie, a disparu (sauf pour les princes et fils de milliardaires) et se trouve remplacée par l'Education Nationale, obligatoire et gratuite, laïque aussi.
 
 
 
Les groupes initiatiques réveillent les vieilles traditions orientales, dont nous avons intérêt à garder le contact et à intégrer la sagesse.
 
 
 
Dans les deux cas, instruction ou initiation, un moniteur peut être tenté de soigner son image de marque, d'imposer à ses élèves ses névroses personnelles ou encore d'augmenter son autonomie individuelle et ses comptes bancaires en asservissant ses disciples.
 
 
 
C'est cela la manipulation dure : le dévoiement des ressources des disciples, qui assure la liberté du maître !
 
 
 
Dans la mesure où l'instruction ou l'initiation assure l'autonomie progressive des clients du formateur, le procédé se débarrasse de ses habitudes manipulatrices : il ne détourne plus insidieusement les ressources des élèves vers les intérêts exclusif de l'organisateur mais il profite autant au maître qu'aux élèves.
 
 
 
En tout cas, quand l'initiation n'est plus une des nombreuses étapes de la formation mais la seule étape prévue dans la « société initiatique», alors la structure du groupe risque d'organiser systématiquement les opportunités, favorables au détournement clandestin des ressources des adeptes en faveur du pouvoir et du prestige d'un seul, du Grand Initiateur ou de son successeur !  
 
 
 
Le moniteur d'auto-école qui nous interdirait toute notre vie de conduire notre voiture sans sa présence, nous maintiendrait au niveau de l'assisté permanent, du majeur incapable …  
 
 
 
Tous les gourous sectaires sont pourtant des moniteurs surprotecteurs de ce type !  
 
 
 
De la même façon, le fondateur ou l'organisateur d'initiations interminables détourne insidieusement les ressources des néophytes, «éternels assistés» : il crée une tension croissante en finissant tout chapitre par l'obligation d'étudier le chapitre suivant. Chaque niveau atteint est rédigé de façon à donner le désir de franchir le niveau suivant, plus difficile et plus cher.
 
 
 
Le diplôme de fin d'initiation de niveau 3 n'est attribué que si le contrat d'acquisition du niveau 4 est signé et des arrhes payées …
 
 

 

Ce chantage continue jusqu'à la mort de la victime !    
   
 
       
Ce système est dur, manipulateur, parce qu'il emprisonne les victimes pour la vie dans un itinéraire, obligatoire et unique, sans évasion possible, parce qu'il détourne secrètement les ressources des adultes infantilisés au seul profit du malicieux initiateur !
 
 
 
Voilà pourquoi beaucoup d'adeptes de groupes initiatiques vendent tout leur bien et se jettent dans de longues opérations d'endettement auprès des banques ! Le jour où ils comprennent l'escroquerie de leur faux initiateur, ils le quittent … sans pourtant pouvoir se débarrasser de leur banquier durant dix ou vingt ans !
 
 
 
Tout se passe a priori comme si le néophyte était destiné à rester toute sa vie au stade infantile de l'ignorance ou de la confusion, comme s'il restait toute sa vie un nourrisson qui a encore besoin de son biberon … à tous les âges !
 
 
 
Tout se passe surtout comme si, par la naissance, les uns seraient éternellement des apprentis (des aliénés) et les autres des maîtres (des exploiteurs) !
 
 
 
Quand j'ai dit que les structures de la chasse aux crédules étaient incluses dans nos coutumes et dans nos administrations, j'ai pensé à cette architecture pyramidale des sociétés initiatiques avec ses miradors (les pupitres des Grands Maîtres) et ses leurres rituels (les leçons sophistiquées qui en tombent).  
 
 
 
C'est qu'en temps de crise, de guerre surtout, beaucoup d'institutions publiques, comme l'Armée, l'Eglise, l'Ecole et l'Etat … fonctionnent réellement selon le schéma manipulateur des sociétés initiatiques et pyramidales.
 
 
 
Au sommet, elles ont a priori un Grand Initié, un génie, glorieux, infaillible et efficace (gérant aussi bien les écoles que l'agriculture, les affaires étrangères que les finances …) et, à la base, une foule de non initiés (de condamnés à l'initiation perpétuelle), c'est-à-dire de personnes qui, par définition, sont des ignorants, des fraudeurs et des paresseux !
 
 
 
L'ascension hiérarchique se fait à travers mille chicanes et des séries de stages de formation, suivies d'examens de sélection. Mais au sommet, les Grands Directeurs sont élus par cooptation. Dans cette formule, où jouent les recommandations prestigieuses, ce n'est pas le savoir qui décide, c'est le pouvoir de quelques uns qui fait pencher la balance du bon côté : nous nous rapprochons de la définition de la manipulation mentale, comme victoire du pouvoir sur le savoir !
 
 
 
Pourtant l'actif de ces institutions, dans un bilan global, est sans doute historiquement gigantesque par rapport aux civilisations qu'elles aident à construire puis à maintenir. Ne peut-on pas diriger un pays sans entorse aux règles de l'honnêteté ? Je ne crois pas.
 
 
 
La tentation de l'initiation perpétuelle reste cependant rare.
 
 
 
Selon les confidences que m'ont faites des amis rosicruciens, le secret final que Le Grand Maître dit connaître consiste la plupart du temps dans la douce attente du partage de l'amitié avec de grands esprits qui habitent l'espace, mythique et glorieux, de l'égrégore (espace mythique, partagé par la plupart des grandes religions actuelles). Ces «grands esprits du passé et du présent», héros, martyrs, généraux glorieux, poètes et saints, servent alors de noble alibi à l'ignorance de tous (voir les tactiques manipulatrices des comparaisons, des images, des métaphores ... qui alimentent notre pensée magique).
 
 
 
Les relations avec les Grands, quels qu'ils soient, recherchent le plus souvent un accroissement de prestige et de pouvoir, court-circuitant tous les savoirs.  
 
 
 
Le piston est la manipulation mentale par excellence.
 
 
 
Le plus fascinant des pièges :  celui de la captation de prestige !  
 
 
 
En réalité, le système initiatique à vie flatte toutes nos vanités : il engendre et entretient notre espoir de capter du prestige ou du charisme, c'est-à-dire de recevoir les révélations d'un secret de réussite auprès d'un gourou glorieux... Le désir narcissique de captation charismatique est notre faiblesse humaine la plus grande.
 
Il offre méthodiquement aux charlatans l'opportunité de nous appâter de façon irrésistible (à commencer par les titres conférés, les distinctions et décorations attribuées, les médailles exhibées, les privilèges matériels liés à ces responsabilités et promotions …).
 
 
 

ATTENTION À L'EFFET D'EMPOIGNADE :  
   

 

C'EST LE DEBUT DE L'ATTITUDE SACRIFICIELLE  
 
 
   
A chaque crise avec le monde extérieur ou avec les non initiés, se produit l'effet hystérique d'empoignade des groupes de pression avec le rival monstrueux. Signes révélateurs : le fanatisme persécuteur, la sorcellerie, la croisade, le racisme, … .
 
 
 
Comme sur un ring de boxe, adversaires, nous nous rapprochons et ne voyons plus que les grimaces menaçantes de «l'autre». Chacun oublie sa bonne éducation et se dit : si je ne tue pas, je serai tué ! Le «moi» étant sacré pour chacun de nous, la violence devient vite extrême !
 
 
 
Dans ce contexte obsidional (délire d’un sujet qui se croit assiégé) de qui-vive stressant, tout le monde est pressé et tombe sur les solutions rapides et immédiates.
 
 
 
Nous avons alors la tendance à éviter les malheurs (le sida par exemple) en culpabilisant spontanément les malheureux (les sidéens) sans penser à chercher patiemment les causes réelles (virus).
 
 
 
Dans le même élan victimaire, nous concentrons tous les défauts sur l'assiégeant, nous allons jusqu'à le diaboliser, nous blanchissant ainsi à bon compte.  
 
 
 
Dans tous ces cas, nous utilisons le stratagème de la globalisation hâtive (très courant au niveau doux de la manipulation mentale).  
 
 
 
Finalement nous prenons le comportement qui consiste, à chaque obstacle, à accuser quelqu'un de faible de notre entourage pour nous disculper, bref à réagir à un malheur en ajoutant un autre malheur.
 
 
 
Nous en arrivons à chercher la joie puritaine de punir les faibles et les malchanceux pour les sortir de leurs «vices» !  
 
 
 
II nous est des lors impossible de supporter la vue d'un frère heureux : nous avons le besoin urgent de le rendre malheureux. Voilà l'attitude sacrificielle. Et deux mille ans de christianisme ne l'ont pas corrigée !

 

LES OPPORTUNITÉS DE TROMPERIE
 
MONDIALEMENT ORGANISÉES PRÉCÈDENT
 
LA MANIPULATION ÉCRASANTE  
   

   
 
NIVEAU III  
 

Les manoeuvres de manipulation mentale deviennent écrasantes, sur les destins de milliers de personnes, quand l'influenceur est un FONDATEUR de groupe (ou son successeur) qui prétend détenir, à lui seul, le monopole des formules de bonheur, de sagesse et de vérité, bref de salut.

Le patriarche, glorifié par sa mystification fondatrice, organise alors la planète en institutionnalisant les opportunités de manipulation mentale, habillant de peaux d'agneau uniformes ses loups de service (premier stratagème) !

En simulant des «révélations divines» très opportunistes (deuxième stratagème), il exerce secrètement une forte pression, VERTICALE, du haut de son sommet hiérarchique à la façon des prestidigitateurs.

II confie les responsabilités aux adeptes les plus dévoués, non aux plus compétents (troisième stratagème).

Par sa surprotection paternaliste, il démobilise les autodéfenses personnelles des disciples et en fait des esclaves béats.

Sécurisés, déréalisés et fascinés, les zombies pensent et parlent, canalisés par les clichés obsessifs du groupe. Ils se proclament heureux (succès du quatrième stratagème) !

Les voila complices enthousiastes des délits commis sur ordre de leur «sauveur» (cinquième stratagème) :

     
  • quête non réglementaire sur la voie publique,  
     
  • violences et voies de fait ou séquestration des adeptes punis,
     
  • détournement de mineurs,  
     
  • non-représentation d’enfants aux grands parents,  
     
  • entrave à la liberté d'opinion et de la presse,  
     
  • entrave à l’exercice des droits civiques et démocratiques (service militaire, élections),
     
  • entrave à la scolarisation des enfants, à leur vaccination,  
     
  • non respect du code du travail, des obligations de couverture sociale, des Droits de l'Homme, etc.  
     
  • des termes emphatiques cachent la criminalité : tuer l'ennemi, c'est «purifier la planète» (sixième stratagème) ! Au nom de leur Dieu ou de Satan, les militants sont amenés à commettre les pires forfaits;  
     
  • discrimination et injure raciales,  
     
  • outrages aux bonnes moeurs, proxénétisme,
     
  • fraude fiscale,  
     
  • exercice illégal de la médecine,
     
  • torture des suspects,  
     
  • incitation au suicide,  
     
  • parfois homicide et appel à l'ethnocide,
     
  • terrorisme, etc.  
     
  • satanismes, des parents vont jusqu'à offrir leur bébé à un rituel meurtrier !
  •  
     
 

BEAU MAIS DANGEREUX : LE CERCLE MAGIQUE !
   

 

 
 
Dans ce climat de totalitarisme dramatique, le gourou arrive, par ses rites hypnotiques d'envoûtement, à enfermer ses disciples corps et âmes dans un «cercle magique» (septième stratagème) : là l'impossible - par exemple le voyage sur Sirius par suicide - paraît tout a coup possible, désirable même !
 
Garant de tels espoirs fous, l'escroc devient idole, parfois «dieu», transforme ses adorateurs en âmes damnées, en drogués de son délire.
 
 
   
Son chantage final (huitième stratagème) : «Adhérez à mon groupe de purs ou bien disparaissez, impurs, pour l'éternité» est le chef-d'oeuvre du détournement insidieux des peurs et espoirs des marionnettes vers le profit et le prestige du seul tireur de ficelles !
 
 
 

OPPORTUNITÉ SUPRÊME DE TROMPERIE :
   

 

LE NON-DIT DE MANIPULATION MENTALE
 
 
   
Dans les situations de détresse ou de catastrophe, chacun de nous se donne le droit de tromper un influencé dans le but de le sauver. C'est le droit, non-dit, de légitime manipulation mentale : voilà la justification de la déprogrammation d'adeptes, de la diplomatie, des services secrets, des guerres préventives …  
 
Les fondateurs utopistes exploitent ce droit non dit, humainement bien compris et admis par tous, en inventant une doctrine d'urgence (neuvième stratagème) : ce sont les idéologies de type colonialiste ou humanitaire, révolutionnaire ou millénariste, fondamentaliste, intégriste ou apocalyptique, etc.
 
 
 
Le plan d'urgence décrété leur confère le droit de vie et de mort sur leurs fidèles terrorisés. Les voilà tyrans paranoïaques, dictateurs sinistres !
 
 

RAPIDES CONCLUSIONS

Piégé (I) puis dégradé (II), le manipulé est finalement remodelé, décervelé et redéfini (III) par le manipulateur

Il a perdu son autonomie en renforçant celle de son maître ès tromperies, devenu un autocrate. Il n'est plus une personnalité, unique dans l'histoire mondiale, mais l'un des milliers de clones interchangeables d'une série idéologique …

 
Le manipulateur, c'est donc aussi celui qui augmente sa propre autonomie de décision en rendant ses victimes totalement dépendantes et obéissantes : bref il occulte le savoir et prend le pouvoir !  
 
 
 
La manipulation mentale est l'auxiliaire  
 
permanent des infractions à la loi

Les opportunités de tromperie, qui inspirent les manipulateurs, sont souvent, on l'a vu, des projets qui violent les lois. En réalité, il ne se commet pas de délit ni de crime sans approche et prolongement manipulatoires (guet, complicité, infiltration, recel, cache …).

L'analyse de la manipulation mentale concerne donc la police, le judiciaire, la détection de l'escroquerie spirituelle, la protection des mineurs.

La manipulation mentale est la clé universelle du crime.

 

 

LA MANIPULATION MENTALE EST RARE
 

Même si les énumérations précédentes donnent l'impression qu'elle est présente partout, la manipulation mentale est exceptionnelle dans la journée d'un honnête homme et se présente surtout en période de difficultés sociales.

Non, tout le monde n'est pas manipulateur ! Tout au contraire !

Préparer patiemment les jeunes et la population à l'autonomie progressive, idéale de l'éducation civique moderne, voilà le contraire de la manipulation mentale.

 
C'est alors le savoir qui transmet le savoir, tandis que la manipulation mentale est, comme la magie et l'hypnose, le pouvoir impatient qui écrase le savoir et qui fabrique des citoyens décervelés.  
 
 
 
Pourquoi tous les pouvoirs protègent les manipulateurs

Les puissances en place se sentent protégées par les réflexes manipulateurs des gens et ne les interdiront jamais ne supportant pas d'être démasquées, elles empêcheront toute analyse du mécanisme de manipulation mentale.

Les conservateurs par exemple tolèrent difficilement tout ce qui risque de diminuer l’autorité institutionnelle ; ils se sentent agressés par la dénonciation de leurs stratagèmes durs et écrasants. Mais les dénoncer les trahirait !

Les réformateurs au contraire rêvent de manipuler secrètement le pouvoir pour le renverser : la révélation détaillée de leur stratégie risque de faire échouer leur conspiration ! On fait semblant de ne rien entendre !

De droite ou de gauche, aucun pouvoir ne peut permettre l’analyse publique de ses méthodes les plus occultes ! En même temps, aucun pouvoir ne veut se priver de pratiquer ses manipulations mentales à l'ombre.

Aucun pouvoir ne veut renoncer à la joie de maîtriser, de terroriser au besoin, la population et d'en recevoir les hommages bruyants de reconnaissance électorale.

Le moyen qui obtient le plus rapidement ce but, c'est la manoeuvre de détournement adroit des forces et faiblesses populaires !

 
Bref, la manipulation mentale est indispensable aux sommets hiérarchiques parce qu'elle est une réaction, archaïque et tribale, qui glorifie magiquement le discours politique et le facilite !  
 
 
 
Un chef n'est pas un «bon berger» !
 
 
 
Attendre des pouvoirs publics qu'ils diminuent les manipulation mentales ou qu'ils punissent ou arrêtent les manipulateurs, partisans ou sectaires, qu'ils fassent des lois qui sanctionnent les manoeuvres malhonnêtes, c'est attendre des loups qu'ils s'arrachent leurs crocs !  

Les questions angoissées qui prennent les gens à chaque révélation sur les scandales des sectes : «Mais pourquoi le gouvernement n'empêche-t-il pas ces gourous de provoquer de telles catastrophes ?», montrent que la plupart des citoyens voient encore un bon père dans le Chef de l'Etat, un protecteur universel !

Ils n'ont pas compris qu'il s'agit plutôt dans la plupart des cas d'un sur-protecteur ou d'un super-gourou : en dénoncant trop explicitement les méthodes cyniques des petits bergers locaux, gourous et leaders «charismatiques», il révélerait ouvertement ses propres méthodes, expéditives et sacrificielles, de Grand Berger !

Attention : le cliché pieux de « bon berger» nous cache le fait que ce professionnel de l'élevage ne conduit pas son troupeau au bonheur général mais à l'abattoir final.

Le «gentil berger» est même l'archétype du manipulateur : il détourne insidieusement, en déclarant «aimer» ses bêtes, les forces et les faiblesses de ses moutons et brebis vers son seul intérêt égoïste et son compte bancaire !

Aujourd'hui je sais que l'attitude sacrificielle n'est pas une fatalité, qu'elle peut devenir consciente (comme chez René Girard ou Gabriel Vidal) et surtout qu'elle forme la situation optimale pour tous les manipulateurs d’opinion, monarchiques ou démocratiques, scientifiques, politiques et religieux !

Eviter d'être manipulé, c'est pour nous tout d'abord détecter les mécanismes sacrificiels des clubs et groupes qui nous séduisent …

Une fois fondés, les groupes sacrificiels ne peuvent plus se corriger, ils ne peuvent que condamner verbalement le monde entier, le menaçant de catastrophes. Si cela ne suffit pas, ils procèdent automatiquement à l'autosacrifice rituel : les exemples récents sont tragiquement éloquents !

Il n'y a qu'une solution : des groupes de ce genre, les fuir aussi vite que possible !

La manipulation mentale est surtout une dérobade aux exigences de recherche efficace et produit à long terme l'échec des entreprises. Ce qui est grave, c'est que l'attitude manipulatrice (dans les groupes illettrés surtout) nous interdit l'accès au monde complexe de la technologie et de l'industrie.

L'éducation à l'esprit scientifique nous rend au contraire allergique aux manipulations mentales, parasites du savoir.


 

LES MALENTENDUS LES PLUS COURANTS
 
SUR LA MANIPULATION MENTALE  
   
 
 
 
 
1. MAIS TOI AUSSI TU ...
 
 
 
Sans le repérage des stratagèmes de manipulation mentale «douce», les structures de la manipulation mentale restent indiscernables et incompréhensibles. Subsiste toujours le risque de s’entendre dire «Mais toi aussi tu simules, tu triches, tu manipules : pourquoi m’accuser moi ?».  
 
 
 
Cet argument relativiste «mais toi aussi tu …», s’il n’est pas corrigé par d’autres critères, est tendancieux et spécieux. Il fait fonction en effet de bouclier blanc car il cache et protège les champions manipulateurs, les sophistes de tous bords, syndicalistes et universitaires !
 
 
 
Mais celui qui veut vivre sans manipulation mentale, dure ou écrasante, résiste au réflexe du talion et pardonne à ses bourreaux … Il risque ainsi d’être la lanterne rouge de son groupe, la victime émissaire de toutes les épurations. Il restera longtemps incompris, sans prestige, sans pouvoir ni richesse : voilà le modèle de vie non manipulatoire, non sacrificiel aussi, issu d’un choix existentiel.
 
 
 
L'utilisation brute des concepts «contrôle mental» et «manipulation mentale» sans précision des modalités est donc elle-même une tactique de manipulation mentale, celle de simplisme ou de «globalisation native».
 
 
 
Accuser quelqu'un d'être manipulateur, c'est en effet un compliment, synonyme de «renard» (de même qu'accuser un catholique d'être un «pauvre pécheur» n'est pas une insulte, mais un cliché banalisé).
 
 
 
Ce découragement est aussi entretenu par la confusion entre l’influence continue, exercée par toutes les familles, autorités et institutions et les techniques opportunistes, discontinues donc, appelées ici manipulation mentale.  
 
 
 
L'influence continue englobe les manipulations mentales, comme la caserne englobe les commandos militaires qui s'y forment, en partent et y reviennent.  
 
 
 
Cette influence figure dans la définition des manipulations mentales par ses deux acteurs principaux : l'influenceur qui profite d'une opportunité … et l'influencé qui est la victime du détournement de ses ressources.  
 
 
 
On pourrait dire aussi «contrôleur et chasseur» en amont de la manipulation mentale et «contrôle et gibier» dans l'aval. Sans contrôle mental il n'y aurait pas de manipulation mentale et sans manipulation mentale il n'y aurait pas de contrôle mental.
 
 
 
Le contrôleur mental, le plus efficace et le plus universel, est l'institution. Celle-ci recourt en effet aux services des lois, des représentants des lois (police, armée, tribunal, prison …) et du devoir civique d'obéissance de chacun pour maîtriser les citoyens ou les fidèles en réglementant leurs COMPORTEMENTS, en imposant scolairement sa méthode de REFLEXION, en canalisant festivement et rituellement leurs EMOTIONS et en censurant les flux d'INFORMATIONS.
 
 
 
Par imitation chaque dirigeant, chaque père de famille, chaque gourou aussi, copie cette méthode de domination en jouant sur les quatre touches du clavier. (comportement/réflexion/émotion/information)  
 
Le subordonné, enfant, élève ou employé, fait de même de bas en haut pour influencer les cadres dans les contre-manipulations (grève, bouderie, sabotage, révolution ...).
 
 
 
Il apporte une information qui va modifier le comportement du chef (par exemple en lui annonçant faussement l'arrivée d'un inspecteur !) ou encore il simule une admiration par ses applaudissements pour obtenir un changement de principes de la direction, de nouveaux critères de rémunération, donc un autre contrôle des réflexions, etc. Le totalitarisme hitlérien, que j'ai vécu du dedans, a représenté le triomphe de ce jeu de clavier des «contrôles mentaux», en vue de la germanisation et de la nazification de la population alsacienne.  
 
 
 
Pour les écologistes ce sont les multinationales, pour les églises ce sont les sectes, pour les marxistes ce sont les religions qui nous manipulent… Ceux qui s'adonnent à ce manichéisme primaire sont eux-mêmes à leur insu d'excellents manipulateurs, de type dur, aveuglés par «l’effet persécuteur d'empoignade» … selon lequel «le manipulateur, c'est toujours l'autre», dans le camp du diable !
 
 
 
La «mauvaise foi» caractérise le degré dur de manipulation mentale : elle consiste à exploiter subtilement les faiblesses logiques des auditeurs en opposant les faits détestables des uns (le prosélytisme des sectes) aux nobles principes de l'autre camp («le témoignage chrétien qui doit être conçu comme un témoignage de vie et un dialogue fraternel, comme un service d'amour gratuit … »). Le prêtre qui parle ainsi (dans les publications des associations d'aide aux manipulés) ne remarque pas qu'il glisse du registre des faits négatifs des adversaires à celui de ses propres principes positifs, du «c'est ainsi» (dans les sectes) au cela doit être ainsi" (dans l'église) !
 
 
 
Les militants utilisent souvent ce croisement de fers malhonnête : «Vous, les païens, vous vous haïssez / nous, les chrétiens, nous avons la loi de la charité !»- «Vous, capitalistes, vous parlez de justice; nous, les communistes, nous vivons justes !».  
 
 
 
 
 
2. LA MANIP EST PARTOUT !  
 
 
 
C'est l'impression que nous avons en lisant les ouvrages spécialisés !  
 
 
 
Oui, la manip douce est partout. Non, la manipulation, dure ou écrasante, n'est pas partout : elle ne fonctionne pas dans l'éducation des jeunes et des citoyens à l'autonomie ni dans les lieux ou règne la méthode patiente de la science expérimentale.  
 
 
 
La manipulation mentale, «technique d'échange», est contrôlée mentalement par la hiérarchie : les manipulateurs, doux et durs, de la province sont donc eux-mêmes les marionnettes des manipulateurs écrasants de la capitale !  
 
 
 
Le rapport sur les sectes de l'Assemblée Nationale Française, début 1996
 
 
 
(p.21), distingue les 100 000 sympathisants des 160 000 adeptes et, sur les 172 sectes énumérées, il estime que 40 sont dangereuses, soit 23 %. Autre façon de dire que la manipulation mentale est douce pour les sympathisants, dure pour tous les adeptes, mais en plus écrasante pour les membres des 40 sectes les plus dangereuses.
 
 
 
Mais la population sectaire représente à peine 0,4 % de la population française ! La manip dure n'est donc pas partout : elle est évitable !
 
 
 
 
 
3. POURQUOI DÉNONCER LES MANIPULATEURS, LES GOUROUS ?  
 
 
 
«L'histoire montre qu'il y en a toujours eu et qu'on a toujours médicalisé et criminalisé les marginaux en les persécutant»
 
 
 
Ce discours, relativiste et réducteur, qui se base sur le réflexe du «mais toi aussi tu …» constitue une dérobade, une capitulation même.  
 
 
 
Il est de fait une complicité avec les délinquants et les criminels car il les protège de toute enquête complète. Parlent ainsi ceux qui n'ont pas vu leur fils happé par un parti extrémiste ou une société secrète, ceux qui n'ont pas été eux-mêmes embrigadés de force par un fascisme ou par des organisations totalitaires!  
 
 
 
Quel que soit le contexte, un mensonge reste une malhonnêteté, un «péché» pour la conscience du charlatan; un vol reste subjectivement un délit dans l'idée du voyou, qui se cache à cet effet !  
 
 
 
Avec un tel discours fataliste, l'esclavage serait encore pratiqué «ayant toujours existé» !
 
 
 
L'argument, relativiste et victimaire, est valable mais seulement à l'intérieur d'un paramètre qui examine aussi d'autres sortes d'arguments. Ne recourir qu'a des paramètres tronqués, voilà la manipulation dure la plus courante et la moins détectable !
 
 
 
Les protecteurs des manipulateurs sont ou bien les gens non informés, victimes et supporters, ou bien les gens trop bien informés, au sommet hiérarchique d'une entreprise, qui en tire tout le bénéfice.
 
 
 
Chaque institution, religieuse ou politique, couvre ses agents, mêmes criminels, et dénonce d'autant plus fort les crimes des agents adverses !  
 
 
 
Etouffer les scandales internes, voilà ce que la manipulation réussit facilement !  
 
 
 
Fermer les yeux, c’est la tactique, trop bien connue, des responsables face à leur bavures et face au victimat d’une fraction des administrés : c’est le résultat de la «mauvaise foi», de la manipulation mentale dure.  
 
 
 
Nous tous qui fermons les yeux en restant indifférents au sort des victimes des partis et des sectes, nous protégeons les escrocs de l’idéologie et de la spiritualité, nous aidons à former et à financer les pollueurs de notre paysage religieux et les destructeurs de notre civilisation !    

 

Roland Huckel - Strasbourg - Mai 1996
     

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Les contours subjectifs

   

Les contours subjectifs

A) LES FIGURES DE KANIZSA:

Si vous regardez la figure suivante sans fixer de point particulier, vous aurez probablement l’impression de voir un triangle blanc masquant en partie trois disques et un triangle noirs. Le triangle blanc n’apparaît parfois qu’après plusieurs secondes, mais il semble plus blanc que le fond blanc sur lequel il se détache ! C’est un exemple de « contour subjectif », une classe d’illusions visuelles dont Gaetano Kanizsa, de l’Université de Trieste, à été un pionnier.

1.

Pourquoi un triangle illusoire apparaît-il et pourquoi semble-t-il plus brillant que la partie qui l’entoure ? En effet, dans certaines figures, nous percevons des surfaces qui nous paraissent plus claires ou plus sombres que leur fond. En plus, nous voyons, autour de celles-ci des contours nets et précis et pourtant, aucun trait n’est tracé, aucune différence de luminance n’est mesurable.

En 1986, Stanley Coren, de l’Université de Colombie-Britannique, Clare Porac, de l’Université de Victoria, et Leonard Theodor, de l’Université de York, ont montré qu’une catégorie de processus, dits cognitifs, expliquent ces illusions : nous voyons les figures subjectives parce que notre cerveau cherche automatiquement à délimiter des régions et, de ce fait, à donner un sens à une figure a priori quelconque. Il se pourrait également que nous considérions l’ensemble de la figure comme un puzzle à reconstituer en y cherchant des formes familières ou simples.

Un mécanisme cognitif puissant s’appuie sur le relief apparent du dessin produisant l’illusion. Dans le cas du triangle de Kanizsa, la figure subjective semble se trouver en avant des autre figures, les cachant en partie à notre vue. Il existe peut-être un autre mécanisme cognitif qui joue un rôle important : lorsque nous percevons une figure illusoire, nous l’interprétons inconsciemment en fonction de nos expériences antérieures.

C’est en vertu de ces expériences que, si vous avez regardé quelques temps le triangle de Kanizsa, vous verrez facilement un triangle subjectif aux côtés incurvés dans la figure 2 et un carré dans la figure 3 ci-dessous.

2.3.

L’illusion de la figure 4 est plus subtile. Après avoir caché les figures 1, 2 et 3, demandez à une personne ne connaissant pas les «contours subjectifs» d’examiner cette figure 4. Elle ne verra sans doute pas le triangle illusoire qui s’y trouve et elle repérera avec encore plus de difficultés une quelconque clarté supérieure au reste du dessin. En revanche, si vous montrez à cette personne les trois premières figures, elle verra ensuite, facilement, le triangle illusoire bordé par trois des formes noires.

4.

B) LES ILLUSIONS D'EHRENSTEIN:

La grille incomplète de la figure ci-dessous produit un autre type d’illusions : les illusions d’Ehrenstein. Si vous ne considérez aucun point particulier de cette figure, vous verrez un cercle aux points où les lignes se couperaient si la ligne était complète. En plus de ces cercles vous verrez des « allées » diagonales, également claires, qui relient ces taches. L’illusion reste très nette même si vous ne regardez qu’une intersection incomplète, mais, si vous regardez très fixement le point d’intersection manquant, l’illusion cesse.

À quoi ces taches et ces allées sont-elles dues ? On peut attribuer les taches à un désir inconscient de fermer les régions du dessin en lui superposant mentalement quelque chose qui relie les extrémités des droites, à chaque intersection inachevée. On peut également penser qu’elles résultent du contraste entre les extrémités des lignes et l’espace vide aux intersections. Enfin, il se pourrait que nous ajoutions mentalement un relief au dessin, transformant une figure plane en une grille dont les intersections seraient cachées par de petites sphères ou - dans le cas des allées - par une autre grille posée sur la première.

C) LES ILLUSIONS DE J.KENNEDY:

À la fin des années 1970, John Kennedy, de l’Université de Toronto, a imaginé une série d’illusions apparentées à celles d’Ehrenstein. L’illusion est due à une opération mentale de l’observateur, qui prolonge inconsciemment les segments dans la région centrale et recherche un relief. Il imagine que les lignes se coupent, mais qu’une sphère posée sur l’intersection cache cette dernière. Cependant, quand les segments sont inclinés cette opération mentale est moins fondée et l’illusion disparaît.

Pour être bien sûre d'avoir piger à quelle sauce nous sommes mangés:

   

Pour être bien sûre d'avoir piger à quelle sauce nous sommes mangés:

Propagande

 

 

 

La propagande désigne la stratégie de communication, dont use un pouvoir politique ou militaire pour changer la perception d'événements, de personnes (propagande politique, propagande militaire). Elle est à la puissance civile ou martiale ce que la publicité est au secteur privé.

D'une manière plus générale, la propagande est l'art de propager à grande échelle des informations, fausses ou non, mais toujours partiales. Les techniques de propagande moderne exploitent les connaissances accumulées en psychologie et en communication. Elle se concentre sur la manipulation des émotions, au détriment des facultés de raisonnement et de jugement.



Histoire du terme propagande

En latin (médiéval), propaganda est l'adjectif verbal du verbe « propager » désignant les choses à propagerdelenda de l'expression delenda est Carthago). (à rapprocher par exemple du

En 1622, peu de temps après le début de la Guerre de Trente Ans, le pape Grégoire XV fonda la Congregatio de Propaganda Fide (« Congrégation pour la propagation de la foi »), un comité de cardinaux chargé d'observer la propagation du christianisme par les missionnaires envoyés dans les pays non-chrétiens. À l'origine le terme n'évoquait pas la propagation d'une information déformée. Antérieurement et notamment lorsque la personnalisation est forte on utilise le terme « gloire ».

Le sens politique moderne date de la Première Guerre mondiale, il est généralement péjoratif, mais pas toujours (par exemple, c'est le terme officiel pour les programmes et profession de foi dans les opérations pré-électorales).


Types de propagandes

Certains considèrent la publicité comme un type de propagande.

Cependant, la propagande est habituellement politique (nationaliste, stalinienne, militariste, etc.). Elle est multiforme (utilisation des différents médias) et peut être insidieuse. Dans le langage commun, la propagande équivaut à la désinformation mise au service d'une cause politique d'intérêts privés.

Les propagandistes cherchent à altérer l'opinion publique en faveur de leurs intérêts propres. Cette imposition d'une nouvelle perspective a pour objectif de modifier les actions et les espérances de la cible. La propagande complète les dispositifs de censure. Celle-ci opère dans le même but, mais de façon négative, par la sélection intéressée des informations favorables à l'interprétation voulue. La propagande procède par excès d'informations, alors que la censure joue d'un manque délibéré d'informations. Ce sont les deux faces d'une même stratégie de domination mentale, surtout utilisée dans les contextes de guerre. Ces deux types de manipulation sont interdépendants : la censure crée un besoin que la propagande s'empresse de combler, tandis que la propagande passe mieux en l'absence d'éléments Ce qui distingue la propagande des autres formes de recommandation est la volonté du propagandiste de changer la compréhension des personnes par diversion ou confusion au lieu de convaincre et d'expliquer.

Les chefs d'un groupe peuvent savoir que l'information est partiale, voire erronée, tout en maintenant les membres du groupe et les relais de l'information dans l'ignorance.

La propagande est une arme puissante lors d'une guerre. Dans ce cas-ci, son but est habituellement de déshumaniser l'ennemi et de susciter la haine contre un certain groupe, en altérant la représentation que s'en fait l'opinion manipulée. Les procédés de propagande vont de l'omission à l'imputation mensongère.

La propagande a beaucoup évolué avec la naissance de la guerre psychologique. On parle aussi de "propagande religieuse" pour désigner le prosélytisme religieux.

Exemples de propagande politique :

     
  • La propagande anglaise contre l'Allemagne pendant la Première Guerre mondiale, voir le Lusitania.
  •  
  • L'Allemagne nazie contre la Pologne pour amorcer la Seconde Guerre mondiale, voir l'attaque de l'émetteur radio de Gleiwitz.
  •  
  • Le football, et d'une manière générale le sport, utilisé pour montrer les bienfaits du multiculturalisme.

En d'autres termes, la propagande se réfère aussi à l'information fausse censée rassurer les personnes qui y croient déjà. En effet, si des individus croient à une information fausse, ils seront constamment envahis par des doutes. Puisque ces doutes sont désagréables (voir dissonance cognitive), ils désirent les faire disparaître, et sont donc particulièrement réceptifs aux messages manipulateurs. Pour cette raison, la propagande s'adresse en priorité à ceux qui sont déjà bien disposés à l'assimiler.

La propagande peut être classée selon la source :

     
  • La propagande blanche provient d'une source ouvertement identifiée.
  •  
  • La propagande noire provient d'une source soi-disant amicale, mais en réalité hostile.
  •  
  • La propagande grise provient d'une source soi-disant neutre, mais en réalité hostile.



Histoire de la propagande

La propagande est une activité humaine, qui laisse délibérément peu de traces. Les textes latins comme ceux de Tite-Live ou de Jules César, sont des chefs d'œuvre de propagande romaine.

Napoléon fut le premier à user de la propagande moderne pour conquérir le pouvoir puis le consolider. Dès sa campagne d'Italie, alors qu'il n'était que le général Bonaparte, il usa de l'influence des Bulletins de l'Armée d'Italie. Par exemple, il se fit représenter lors de la bataille du Pont d'Arcole tenant un drapeau à la main (thème reproduit à des milliers d'exemplaires), alors qu'en réalité, il avait fait une chute dans un marécage. Il étendit ensuite ce système de propagande une fois qu'il eut conquis le pouvoir, avec les Bulletins de la Grande Armée. Les tableaux de Gros et de David, les affiches de l'époque, et le Mémorial de Sainte-Hélène ont aussi participé à l'élaboration de la légende dorée de Bonaparte.

Des techniques de propagande ont été codifiées et appliquées la première fois d'une façon scientifique par le journaliste Walter Lippmann et le psychologue Edward Bernays (neveu de Sigmund Freud) au début du XXe siècle. Pendant la Première Guerre mondiale, Lippman et Bernays furent engagés par le président des États-Unis Woodrow Wilson pour faire basculer une opinion américaine traditionnellement isolationniste vers l'interventionnisme.

La campagne de propagande de Lippman et Bernays effectuée pendant six mois fut si intense que l'hystérie anti-Allemande générée a impressionné l'industrie américaine, qui découvrait tout à coup les immenses ressources que l'on pouvait déployer pour commander l'opinion publique d'un pays entier. Bernays a inventé les termes d'esprit de groupe et d'ingénierie du consentement, des concepts importants en propagande appliquée.

Les relations publiques, dont usent les grands groupes industriels, s'inspirent directement des travaux de Lippman et Bernays Ces techniques sont toujours employées intensivement par le gouvernement des États-Unis. Dans la première moitié du XXe siècle, Bernays et Lippman ont eux-mêmes dirigé une société florissante de relations publiques.

La Seconde Guerre mondiale a été le théâtre d'une propagande constante, utilisée comme arme de guerre, notamment par le propagandiste de Hitler, Joseph Goebbels, mais aussi par les Alliés.

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La propagande stalinienne

 

Boris Vladimirski, « des roses pour Staline », 1949

 

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Boris Vladimirski, « des roses pour Staline », 1949

     
  • Le régime dictatorial stalinien (1924-1953) a utilisé tous les moyens de propagande disponibles à l'époque :    
            
    • Les affiches et le photomontage vantant l'industrialisation, la planification et la collectivisation des terres. Publicités et affiches de recrutement dans l'Armée rouge.
    •       
    • Statistiques de productions de céréales truquées durant la famine des années 1930.
    •       
    • Manifestations « spontanées » et grandes parades comme celles de 1935 à Moscou, la parade des « pionniers » en 1930...
    •       
    • Les retouches des photographies (éliminations de Léon Trotski, Khalatov, Kamenev...)
    •       
    • Endoctrinement de la jeunesse dans les écoles et les organisations (les Pionniers, les jeunes komsomols ...)
    •       
    • Utilisation de la TSF
    •    
     

 

Icône de Staline

 

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Icône de Staline

     
  •    
            
    • Les poèmes panégyriques de Rashimov dans la presse (Gazette rouge de Léningrad, Pravda...)
    •       
    • Le cinéma, en influençant les films du grand cinéaste Sergueï Eisenstein :         Octobre, qui relate la révolution d'octobre 1917, dont le scénario fût modifié sur ordre de Staline.
    •       
    • La peinture officielle du réalisme soviétique avec Plastov,         Romas, Toidze, Guerassimov,         Boris Vladimirski.
    •       
    • Le stakhanovisme
    •       
    • Gravures d'affiches de l'entre-deux-guerres des années trente avec des artistes tels V.Deni, A.Deineka, G. Kluktis, N.Vatolina
    •    
     


La guerre froide

Les États-Unis et l'Union soviétique ont tous deux utilisé intensivement la propagande pendant la guerre froide. Les deux camps ont employé les médias de masse (cinéma, télévision et radio) pour influencer leurs propres citoyens et les nations du Tiers-Monde.

Le gouvernement américain a ainsi lancé la station de radio Voice of America (voix de l'Amérique). Des radios soutenues en partie par la CIA, ont diffusé de la propagande « grise » dans les nouvelles et les programmes de divertissement en Europe de l'Est et en Union soviétique. La radio officielle du gouvernement de l'Union soviétique, quant à elle, a diffusé de la propagande « blanche ». Les deux camps ont également diffusé de la propagande « noire » aux heures de crises.

Un des auteurs les plus perspicaces de la guerre froide fut George Orwell. Certains de ses romans peuvent être lus comme de véritables manuels sur l'utilisation de la propagande. Bien que ne vivant pas en Union soviétique, les personnages vivent sous des régimes totalitaires, dans lesquels le langage est constamment corrompu par des manipulations politiques. Ces romans ont été employés explicitement pour la propagande. La CIA a, par exemple, secrètement commandé un film d'animation adaptant la ferme des animaux dans les années 1950. C'était aller à l'encontre de la volonté de l'auteur, puisqu'Orwell dénonçait clairement la propagande dans 1984.


Propagande et démocratie

Selon des intellectuels critiques, les techniques de propagande ont toujours cours dans les démocraties, sous le nom de communication politique. Dans une dictature, la conservation du pouvoir est assurée par des moyens coercitifs ; dans une démocratie, les moyens de conquête ou de conservation du pouvoir sont fondés sur la persuasion. L'art officiel, s'il est "décrété" ouvertement sous des régimes totalitaires, se manifeste subtilement en démocratie. Le pouvoir médiatique prime alors le pouvoir militaire.

D'après un paradoxe formulé par Hume, dans une démocratie, l'armée est beaucoup moins puissante que dans une dictature. Pour éviter toute contestation populaire, les dirigeants élus auraient donc encore plus besoin d'une propagande efficace qu'un pouvoir dictatorial. En effet, une répression policière excessive conduirait à une défaite électorale.

Edward S. Herman et Noam Chomsky ont proposé un modèle de la propagande , qu'ils ont testé empiriquement aux États-Unis. Leur méthode consistait, sur un grand nombre d'articles de presse d'origine diverses mais portant sur des sujets comparables, à quantifier l'influence de quatre facteurs pouvant modifier l'information : le groupe de presse, les annonceurs publicitaires, les fournisseurs d'information (agences gouvernementales), l'idéologie dominante (l'anti-communisme semble céder la place à l'anti-terrorisme).

Les principaux aspects de la propagande en démocratie seraient les suivants :

     
  • influence médiatique (radio, télévision, presse, publicité, internet, téléphone).
  •  
  • confusion volontaire : justification de la vente d'un produit par des principes éthiques, ou inversement, promotion d'une opération humanitaire en usant des techniques de communication des entreprises privées.
  •  
  • valorisation sémantique : « mondialisation » par exemple.
  •  
  • renversement de la hiérarchie des informations : traitement prioritaire d'informations sportives au détriment d'informations politiques, par exemple.
  •  
  • manipulation de l'opinion publique à l'aide de statistiques ou de sondages biaisés.
  •  
  • falsification de l'image : retouches vidéo, fausses images.
  •  
  • auto-censure des rédactions.
  •  
  • informations partiales : traitement de la guerre en Irak par Fox News par exemple.
  •  
  • promotion insidieuse d'une idéologie ultra-concurrentielle : par exemple, élimination progressive, dont usent certaines émissions télévisées de grande audience, comme Star Academy ou Le maillon faible.
  •  
  • modelage des comportements, sous forme de campagnes à but sanitaire (campagne anti-tabac par exemple).

Dans les pays démocratiques, la propagande reste diffuse et variée, alors que les régimes totalitaires déploient une propagande centralisée. C'est pourquoi il serait sans doute plus juste de parler de "techniques de propagande".


Techniques de propagande

 

Les propagandistes emploient des arguments qui, bien que parfois convaincants, ne sont pas nécessairement justes. Un certain nombre de méthodes, inspirées notamment de la psychologie sociale, sont employées pour créer des messages persuasifs, mais faux. Plusieurs de ces techniques de manipulation rhétorique relèvent du sophisme.

Il a fallu beaucoup de temps pour analyser les canaux par lesquels les messages de propagande font leur effet. Si ce travail est important, il est clair que les stratégies de diffusion de l'information ne deviennent des stratégies de propagande qu'à partir du moment où elles diffusent effectivement des messages de propagande. L'identification de ces messages de propagande est donc un prérequis nécessaire. Nous proposons ci-dessous quelques techniques classiques, dont la plupart reposent sur une bonne utilisation de l'émotivité de l'auditoire.

La peur : un public qui a peur est en situation de réceptivité passive, et admet plus facilement l'idée qu'on veut lui inculquer. Par exemple, Joseph Goebbels a exploité la phrase de Théodore Kaufman, « l'Allemagne doit périr !», pour affirmer que les Alliés ont pour but l'extermination du peuple allemand.

Appel à l'autorité : l'appel à l'autorité consiste à citer des personnages importants pour soutenir une idée, un argument, ou une ligne de conduite.

Témoignage: les témoignages sont des mentions, dans ou hors du contexte, particulièrement cités pour soutenir ou rejeter une politique, une action, un programme, ou une personnalité donnée. La réputation (ou le rôle : expert, figure publique respectée, etc.) de l'individu est aussi exploitée. Les témoignages marquent du sceau de la respectabilité le message de propagande.

Effet moutonnier : cet appel tente de persuader l'auditoire d'adopter une idée en insinuant qu'un mouvement de masse irrésistible est déjà engagé ailleurs pour cette idée. Comme tout le monde préfère être dans le camp des vainqueurs que dans la minorité qui sera écrasée, cette technique permet de préparer l'auditoire à suivre le propagandiste.

Redéfinition, révisionnisme : consiste à redéfinir des mots ou à falsifer l'histoire de façon partisane.

Obtenir la désapprobation: cette technique consiste à suggérer qu'une idée ou une action est adoptée par un groupe adverse, pour que l'auditoire désapprouve cette idée ou cette action sans vraiment l'étudier. Ainsi, si un groupe qui soutient une politique est mené à croire que les personnes indésirables, subversives, ou méprisables la soutiennent également, les membres du groupe sont plus enclins à changer d'avis.

Généralités éblouissantes et mots vertueux : les généralités peuvent provoquer une émotion intense dans l'auditoire. Par exemple, faire appel à l'amour de la patrie, au désir de paix, à la liberté, à la gloire, à la justice, à l'honneur, à la pureté, etc., permet de tuer l'esprit critique de l'auditoire. Même si ces mots et ces expressions sont des concepts dont les définitions varient selon les individus, leur connotation est toujours favorable. De sorte que, par association, les concepts et les programmes du propagandiste seront perçus comme tout aussi grandioses, bons, souhaitables et vertueux.

Imprécision intentionnelle: il s'agit de rapporter des faits en les déformant ou de citer des statistiques sans en indiquer les sources. L'intention est de donner au discours un contenu d'apparence scientifique, sans permettre d'analyser sa validité ou son applicabilité.

Transfert: cette technique sert à projeter les qualités positives ou négatives d'une personne, d'une entité, d'un objet ou d'une valeur (un individu, un groupe, une organisation, une nation, un patriotisme, etc.) sur un tiers, afin de rendre cette seconde entité plus (ou moins) acceptable. Cette technique est utilisée, par exemple, pour transférer le blâme d'un camp à l'autre, lors d'un conflit. Elle évoque une réponse émotive qui stimule la cible pour qu'elle s'identifie avec l'autorité reconnue.

Simplification exagérée : ce sont des généralités employées pour fournir des réponses simples à des problèmes sociaux, politiques, économiques, ou militaires complexes.

Quidam: pour gagner la confiance de son auditoire, le propagandiste emploie le niveau de langage et les manières (vêtements, gestes) d'une personne ordinaire. Par projection, l'auditoire est aussitôt plus enclin à accepter les positions du propagandiste, puisque celui-ci lui ressemble.

Stéréotyper ou étiqueter : cette technique utilise les préjugés et les stéréotypes de l'auditoire pour le pousser à rejeter l'objet de la campagne de propagande.

Bouc émissaire: en jetant l'anathème sur un individu ou un groupe d'individus, accusés à tort d'être responsables d'un problème réel (ou supposé), le propagandiste peut éviter de parler des vrais responsables, et n'a pas à approfondir le problème lui-même.

Slogans : un slogan est une brève expression, facile à mémoriser et donc à reconnaître, qui permet de laisser une trace dans tous les esprits.

Glissement sémantique : technique consistant à remplacer une expression par une autre afin de la décharger de tout contenu émotionnel et de la vider de son sens (euphémisme). Le glissement sémantique peut à l'inverse renforcer la force expressive pour mieux émouvoir l'auditoire. Exemples : "frappe aérienne" à la place de "bombardement", "dommages collatéraux" à la place de "victimes civile", "libéralisme" à la place de "capitalisme", "loi de la jungle" à la place de "libéralisme", "solidarité" à la place d'"impôt", "pédagogie préventive" à la place de "répression policière".

Tout ça me rapelle quelqu'un ou même plusieurs personnes mais qui ? Hum !

Désinformation


La désinformation est un processus, utilisable à tous les niveaux dans toutes les sphères de la communication, et qui consiste à présenter :

     
  • une information fausse comme vraie
  •  
  • une partie d'information vraie comme une totalité indépendante et vraie pour elle-même
  •  
  • une information vraie comme fausse.

Une désinformation n'implique ni un complot ni même une visée consciente ; mais il est possible que des désinformations conscientes soient exercées, par exemple comme technique de propagande. C'est un simple transfert d'information qui comporte en lui-même une transformation de l'information initiale.

Il ne s'agit pas ici de discuter pour savoir si tout transfert d'information est une transformation de cette information, mais de comprendre qu'il existe une certaine forme de transfert qui nie l'information initiale (en la dénaturant) ou les informations (en les regroupant de manière intempestive et non raisonnée).



Citation

"On peut tromper tout le peuple un certain temps, ou certaines personnes tout le temps, mais on ne peut pas tromper tout le monde, tout le temps."  Réponse de Sarkozy: et bien dépéchons nous d'en profiter...


Exemples de désinformations

     
  • Les hoax : fausses nouvelles propagées sur Internet, souvent dans un but mercantile (faux hommes d'affaires « Nigérians », enfant à sauver d'une maladie si rare qu'aucun médecin n'en a jamais entendu parler, scoop bidon, phishing...)
     
  • Les médias non indépendants: qu'ils appartiennent à des consortiums privés, à des mouvements politiques ou à des états. Ils subissent de nombreuses pressions pour propager des nouvelles fausses ou biaisées en faveur de leurs propriétaires.
     
  • Certains sondages: il s'agit d'une désinformation plus subtile basée sur l'intérêt financier d'entreprises spécialisées à taire les limites de leur méthodologie: les biais d'échantillonage, les « effets de halo », et effets de cadrage (formulation des questions), et l'impossibilité théorique de calculer une précision lorsque l'on ne dispose pas d'une base de recensement rendent en effet leurs résultats imprécis, et, plus grave, d'une précision inconnue.
     
  • Les rumeurs.



Posté par kazal à 18:58 - Propagande et désinformation - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Désobéissance civile

Désobéissance civile

Que reste t'il à la jeunesse? On l'envoit étudier et on lui dit que la connaissance ne sert à rien! on lui fait passer des diplômes et on lui dit que ces derniers n'ont aucunes valeurs! On lui dit qu'elle est oisive et quand elle veut travailler on lui rétorques qu'elle n'as pas assez d'expérience.Elle travaille gratuitement pour acquérir cette expérience pour après se voir proposer des emplois précaires soumis au caprice d'un marché qui sait se passer des travailleurs.Comment peut elle envisager l'avenir? si on lui propose un modèle de société fondé sur la soumission, la médiocrité et la régression culturelle. Sous le joug d'une propagande qui cherche à  conduire notre jeunesse à la résignation et à l'aigreur propices au pire esclavage : celui de la servitude volontaire!

Que pouvons nous faire?Refuser...

Comment agir?

Il ne nous reste plus qu' à désobeir....
Moi stanislas kazal, J'appelle à la désobeissance civile de la jeunesse Francaise.


La désobéissance civile est le refus de se soumettre à une
loi jugée inique par ceux qui la contestent. Le terme fut créé par Henry David Thoreau dans son essai la Désobéissance civile, publié en 1849, à la suite de son refus de payer une taxe destinée à financer la guerre avec le Mexique.

En Europe, même si le recours au concept de désobéissance civile a tardé à être formulé, l’idée de la résistance à une loi inique ou injuste a existé bien avant le XIXé siécle siècle. C’est aux États-Unis que le concept de désobéissance civile fut pour la première fois formulé au XIXé siécle siècle. Aujourd’hui, le concept s'est étendu à de nombreuses personnes notamment par les actions très médiatiques des altermondialistes ou celles des mouvements anti-pub, certains ne voyant dans ces actions que la dégradation de biens, d’autres y voyant un acte salutaire de désobéissance civile, visant à faire modifier la politique des autorités.

Il convient donc de donner une définition de la désobéissance civile (I) puis de voir si la désobéissance civile a une légitimité en droit interne (II), ensuite d’étudier la formation du concept de désobéissance civile(III) et enfin d’examiner différents cas de désobéissance civile (IV).



Définition de la désobéissance civile

La doctrine n’est pas unanime sur la définition et même sur la reconnaissance de l’existence de la désobéissance civile John Rawls et J. Habermas ont chacun une définition de la désobéissance civile.

Selon Rawls : « La désobéissance civile peut être définie comme un acte public, non violent, décidé en conscience, mais politique, contraire à la loi et accompli le plus souvent pour amener un changement dans la loi ou bien dans la politique du gouvernement. En agissant ainsi, on s’adresse au sens de la justice de la majorité de la communauté et on déclare que, selon une opinion mûrement réfléchie, les principes de coopération sociale entre des êtres légaux ne sont pas actuellement respectés. »

Pour Habermas : « La désobéissance civile inclut des actes illégaux, généralement dus à leur auteurs collectifs, définis à la fois par leur caractère public et symbolique et par le fait d’avoir des principes, actes qui comportent en premier lieu des moyens de protestation non violents et qui appellent à la capacité de raisonner et au sens de la justice du peuple. »

M. J. Falcon Y Tella a, à partir de ces deux définitions, mis en évidence plusieurs traits qui permettent de qualifier un fait comme relevant de la désobéissance civile : « La désobéissance civile s’analyse comme une infraction consciente et intentionnelle : elle se traduit par une attitude publique et s’inscrit dans un mouvement collectif ; elle utilise des moyens généralement pacifiques ; ses protagonistes assument le risque des sanctions auxquelles leur comportement les expose ; elle poursuit des fins novatrices et fait appel à des principes éthiques. »

Sept éléments sont donc caractéristiques d’un acte de désobéissance civile :


Une infraction consciente et intentionnelle

1. L'acte de désobéissance doit être une infraction consciente et intentionnelle, ainsi l’acte de désobéissance doit violer une règle de droit positif. On remarquera ici que l’infraction peut porter sur la norme contestée directement, dans ce cas on parle de désobéissance directe; ce fut par exemple le cas des campagnes de désobéissance civile lancées par Martin Luther King qui visaient à faire occuper par les noirs les espaces légalement réservés aux blancs. Mais la norme violée peut ne pas être celle contestée, on parle alors de désobéissance civile indirecte, c’est le cas par exemple des sit-in qui ne visent bien entendu pas à contester le code de la route.

Bien qu’il ne soit pas possible de constater l’existence d’une infraction a priori (c’est le juge qui détermine l’existence d’une infraction), on considère qu’un acte est constitutif d’un acte de désobéissance civil lorsque ses auteurs prennent le risque de commettre un acte qui est, aux yeux de l’opinion publique et au yeux des autorités, généralement tenu comme une infraction.

Touchant cette question, il est intéressant de rappeler l'expérience réalisée par Stanley Milgram.


Un acte public

2. L'acte de désobéissance se traduit par une attitude publique, ce qui la différencie de la désobéissance criminelle cette dernière, ne prospérant que dans la clandestinité (parfois avec une revendication).

Dans la désobéissance civile, la publicité vise à écarter tout soupçon sur la moralité de l'acte, à lui conférer, en outre, une valeur symbolique ainsi que la plus grande audience possible afin que l’acte ait le plus grand retentissement pour modifier le sentiment de l’opinion publique.

Certains auteurs vont au-delà. Fidèle à la ligne de Gandhi, ils voient dans la publicité une exigence qui veut que l’on communique à l'avance aux autorités compétentes les actions futures de désobéissance.


Un mouvement à vocation collective

3. L’acte de désobéissance s’inscrit dans un mouvement collectif. Elle est l’acte d’un groupe qui se présente comme une minorité agissante, et se traduit par l’action concertée de celle-ci, ainsi Hannah Arendt relève que « loin de procéder de la philosophie subjective de quelques individus excentriques la désobéissance civile résulte de la coopération délibérée des membres du groupe tirant précisément leur force de leur capacité d’œuvrer en commun. » La désobéissance est donc par nature collective. Cependant rien n’empêche que le sursaut moral d’un individu ne finisse par mobiliser un courant plus large qui pourra alors être qualifié de désobéissance civile.


Une action pacifique

4. Le désobéissant use généralement de moyen pacifique. La désobéissance civile vise à appeler aux débats publics et pour ce faire elle en appelle à la conscience endormie de la majorité plutôt qu’à l’action violente. C’est un des traits qui la distingue de la révolution, qui pour arriver à ses fins n’hésitera pas à en appeler à la force. En outre l’opposition à la loi qui est inhérente à la désobéissance civile se fait dans une paradoxale fidélité à une loi supérieure, il n’y a donc pas dans l’esprit de la désobéissance civile de violence. Celle-ci étant plutôt le fait de l’État, le seul qui dispose d’une « violence légitime » selon Max Weber, cette violence pouvant être physique mais aussi psychique, voire économique.


Un but : la modification de la règle

5. La désobéissance civile poursuit des fins novatrices. Elle vise l’abrogation ou tout au moins la modification de la norme contestée.


Des principes supérieurs

6. La désobéissance civile fait appel à des « principes supérieurs » à l’acte contesté, c’est sans doute le trait le plus important de la désobéissance civile puisque c’est lui que lui donne une certaine légitimité, ces principes supérieurs peuvent être religieux ainsi des membres du clergé ont souvent été des participants ou des dirigeants dans des actions de désobéissance civile. Aux États-Unis par exemple, les frères Berrigan sont des prêtres qui ont été arrêtés des douzaines de fois pour des actes de désobéissance civile dans des protestations anti-guerre.

Les principes supérieurs invoqués peuvent également être constitutionnels ou supra constitutionnels. Ainsi des écrivains et auteurs français, dans leur texte appelant à la désobéissance civile en 1997 contre un projet de loi de M. Debré, qui obligeait notamment toute personne hébergeant un étranger en visite privée en France à déclarer à la mairie son départ, faisaient référence aux libertés publiques et au respect de la personne humaine. En faisant cet appel, les désobéissants révèlent qu’il existe selon eux une possibilité d’être entendu par les gouvernants. Ce fut d’ailleurs le cas contre le projet de loi Debré, car à la suite du débat qui eut lieu, et devant la mobilisation de l’opinion publique, le gouvernement de l’époque n’eut d’autre choix que de renoncer au projet.

On s’aperçoit que par ce trait, la désobéissance civile, loin d’affaiblir les institutions, peut au contraire les renforcer en provoquant une compréhension plus claire de leurs idéaux fondateurs et en faisant participer davantage l’opinion publique au processus normatif.


La légitimité de la désobéissance civile : le cas français

C’est en la rapportant à la sphère juridique et non à sa dimension morale, pourtant généralement bien acceptée, que la justification de la désobéissance civile présente le plus d’intérêt. Mais c’est aussi là qu’elle est la plus controversée. Peut-on parler d'un « droit » à la désobéissance civile ?

La désobéissance civile peut être considérée comme une garantie non juridictionnelle des libertés publiques, garantie exercée par les gouvernés eux-mêmes. Elle n’est pas explicitement reconnue juridiquement dans la hiérarchie des normes françaises. Toutefois l’article 2 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen dispose que :

 
« Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression. »  

La constitution « montagnarde » de 1793 ira même jusqu'à mettre en place dans ses article 33, 34 et 35 un véritable droit à l’insurrection.

Le Préambule de la Constitution de 1958 est très court mais celui-ci renvoie à deux textes fondamentaux dans notre histoire juridique : la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, et le Préambule de la Constitution de 1946.

La valeur de la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 fut pendant longtemps discutée, s’agit-il d’une simple déclaration d’intention ou d’une norme du droit positif ? Les deux thèses s'affrontaient au sujet de la valeur juridique de ce préambule et des textes auxquels il renvoie. L'une soutenait qu'elle ne pouvait être que morale et philosophique (un guide facultatif pour l'État), tandis que l'autre défendait son caractère normatif et juridique (une obligation de valeur constitutionnelle).

Le Conseil constitutionnel trancha la question dans sa décision du 16 juillet 1971, relative à la liberté d’association : il s'agit bien d'un texte normatif de la plus haute valeur. Par la suite dans la décision du Conseil constitutionnel du 27 décembre 1974 relative à la loi de finances pour 1974, le Conseil constitutionnel s’est référé pour la première fois à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789.

Puis par une décision du 16 janvier 1982 sur la loi de nationalisation, le Conseil constitutionnel a indirectement reconnu une valeur constitutionnelle à la résistance à l'oppression : en effet il a réaffirmé la valeur constitutionnelle du droit de propriété en soulignant que la Déclaration de 1789 l’avait « mis au même rang que la liberté, la sûreté et la résistance à l’oppression » (souligné par wiki).

Il faut ici se demander quels sont les liens entre la résistance à l’oppression et la désobéissance civile. La résistance à l’oppression va très loin, le texte cité en fait un droit, mais aussi « le plus sacré des devoirs », ce qui implique qu'il ne s'agit pas seulement d'un moyen d'action mais d'un but en soi, et que celui qui l'invoque doit agir immédiatement et très fort. Cela excède la désobéissance civile, qui reste un mode d'action parmi d'autres, comme la manifestation, le recours au procès exemplaire, la lutte armée, etc.

Cependant l’affirmation de ce droit reste quelque peu théorique et n’est pas directement utilisée par les magistrats lors de jugement de personne ayant commis un acte de désobéissance. Une autre norme du droit français interprétée a contrario (article 433-6 du code pénal) accorde une certaine protection aux personnes faisant des actes de rébellion à l’égard de fonctionnaire public qui agirait sans titre (par exemple dans le cas d’une perquisition sans mandat de justice). D’autre part, lorsqu’un fonctionnaire reçoit un ordre manifestement illégal, il lui appartient d’y opposer un refus d’obéissance (article 122-4 du code pénal).

La résistance à l’oppression se situe donc entre l’affirmation d’un droit de résistance à l’oppression quelque peu théorique et la reconnaissance d’un droit à la désobéissance très limité. La question de la légalité de la désobéissance civile n’est donc pas clairement affirmée, elle est en principe illégale mais ce principe n’empêche pas certaines manifestations de tolérance administrative ou de clémence judiciaire (le juge dispose de nombreux moyens de droit pour acquitter le prévenu ou modérer la peine : état de nécessité, légitime défense, erreur de droit, circonstances atténuantes, interprétation restrictive de la règle de droit, etc.)

Le problème de la légalité de la désobéissance civile vient du fait que malgré une transgression volontaire de la règle de droit, celle-ci s’effectue paradoxalement dans une fidélité au reste du dispositif légal (y compris par exemple à la sanction prévue par la loi contestée), ainsi qu'à une loi supérieure. La désobéissance civile peut donc s’analyser comme un « délit politique » et dès lors le désobéissant civil bénéficiera du régime de protection qui peut être mis en place pour ce type de délit.


La formation du concept de désobéissance civile


De l'antiquité à l'époque moderne

Une forme de désobéissance civile existait déjà dans le mythe d’Antigone, laquelle brave les lois de la cité pour donner à son frère une sépulture décente, et dans la Lysistrata d’Aristophane, où les femmes décident de se refuser à leurs maris tant qu’ils n’auront pas mis un terme à la guerre.

L’histoire romaine a conservée la mémoire de manifestations de femmes, en 195 avant J.-C., contre des restrictions vestimentaires, ainsi qu’en 42 avant J.-C. contre une taxe abusive, ce qui montre que déjà l’idée de résistance à une loi jugée inique était déjà présente.

De son côté, la religion chrétienne au Moyen Âge distinguait, sur la base de la théorie des deux épées formulée au Ve siècle par le pape Gélase, la sphère civile et la sphère religieuse. Se référant à la norme de l'Évangile qui veut que l’on « donne à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui est à Dieu », l’Église a ensuite formulé de manière définitive le devoir d'obéissance en se fondant sur la doctrine paulinienne selon laquelle il n'y a d'autre pouvoir que celui qui vient de Dieu. Elle établit en outre que le bras armé de Dieu est plus puissant que celui des hommes, qu'ils soient rois ou empereurs, car ils sont ce qu’ils sont par la seule grâce de Dieu. Cependant Saint-Thomas d'Aquin dans la Somme théologique, ouvrira un début de brèche a l’obéissance aveugle à la loi en acceptant que l’on désobéisse à des lois injustes (plutôt définies comme des actes de violence que des lois) et pour autant que lesdites lois soient contraires au droit divin et que la désobéissance à la loi ne produise pas de maux supérieurs à son accomplissement.


Henry David Thoreau

Le mouvement d'« indépendance des colonies » vis-à-vis de l’absolutisme métropolitain a été à l’origine de l’apparition de nouveaux ordres juridiques. Ces nouveaux systèmes ont été précédés d’une désobéissance de fait qui constitue la base du droit à l'autodétermination des peuples.

Ce mouvement d’indépendance a permis la théorisation de la désobéissance civile qui fut mise en place par Henry David Thoreau dans son essai « Resistance to Civil Government » publié en 1849 à la suite de son refus de payer la part de l’impôt destinée à financer la guerre contre le Mexique en vue de l'annexion du Texas, fait pour lequel Thoreau fut contraint à passer une nuit en prison. Thoreau s'opposait également à la politique esclavagiste des États du Sud, au traitement injuste infligé à la population aborigène indienne. Son éditeur refit publier l’ouvrage à titre posthume avec un nouveau nom « Civil Desobedience », inspiré par la correspondance de l'auteur où figurait effectivement le mot. Son ouvrage fut traduit par désobéissance civile bien qu’il aurait été sans doute plus fidèle de traduire le terme par désobéissance civique, cependant l’usage du terme désobéissance civile est devenu courant par la suite.

Thoreau, prenait la défense des minorités, il écrivait qu'« un homme qui aurait raison contre ses concitoyens constitue déjà une majorité d'un » et, encourageant cet homme à l'action, il ajoutait qu'« une minorité n'a aucun pouvoir tant qu'elle s'accorde à la volonté de la majorité : dans ce cas, elle n'est même pas une minorité. Mais, lorsqu'elle s'oppose de toutes ses forces, on ne peut plus l'arrêter. » La désobéissance civile serait donc un outil contre la « dictature de la majorité » qui sévit en démocratie selon Tocqueville, un illustre contemporain de Thoreau.


Mohandas Gandhi

Le XXe siècle fut marqué par deux grandes figures de la désobéissance civile, Mohandas Gandhi et Martin Luther King.

Ainsi le 11 septembre 1906, Gandhi a réuni 3000 personnes au Théâtre Impérial de Johannesburg et obtient comme dans une sorte de nouveau Serment du Jeu de Paume de la révolution française. Il obtient de l'assemblée ainsi réunie le serment de désobéissance. Cela lui vaudra en 1907 ses deux premiers séjours en prison. C'est au cours du deuxième qu'il va découvrir le traité de désobéissance civile de Henry David Thoreau. Par la suite, Gandhi développa l’idée de désobéissance civile a travers le concept de Satyagraha (littéralement la voie de la vérité), qui lui permis de mener sa lutte non violente contre le racisme en Afrique du Sud et de s’opposer à la politique coloniale du Royaume-Uni en Inde, puis pour l’indépendance de l’Inde. Le 17 mars 1930, Gandhi lance une « Marche du sel », vers les marais salants de Jabalpur, distants de 300 km. Le gouvernement anglais détient en effet le monopole du sel qui lui rapporte 15 millions de francs or par an, utilisés pour l'entretien des troupes coloniales. Arrivés sur place le 6 avril 1930, à 8 h 30 du matin, accompagnés de quelques milliers de sympatisants, il récolte du sel qui sera vendu aux enchères pour la somme de 425 roupies, un montant non négligeable pour l'époque.

(à corriger) les 50 000 marcheurs défient les autorités en récoltant du sel sur la plage.

L'Armée ouvre le feu et tue des dizaines de manifestants - mais tout au long de la marche, Gandhi a diffusé une liste de règles religieuses du comportement non-violent qui seront scrupuleusement respectées ce jour-là. Les manifestants ne résistent pas, forçant le respect des soldats qui cessent de tirer.

Gandhi proposait les règles suivantes dans sa lutte non violente :

     
  1. Un résistant civil ne doit pas avoir de colère.  
  2.  
  3. Il supportera la colère de l'opposant, ainsi que ses attaques sans répondre. Il ne se soumettra pas, par peur d'une punition, à un ordre émis par la colère.  
  4.  
  5. Si une personne d'autorité cherche à arrêter un résistant civil, il se soumettra volontairement à l'arrestation, et il ne résistera pas à la confiscation de ses biens.  
  6.  
  7. Si un résistant civil a sous sa responsabilité des biens appartenant à d'autres, il refusera de les remettre, même au péril de sa vie. Mais il ne répondra pas à la violence.  


Après le nazisme : Nuremberg et la désobéissance obligatoire

Après la Seconde Guerre mondiale lors du procès du national-socialisme à Nuremberg. La question de savoir jusqu'à quel point le principe de légalité doit prévaloir sur celui de justice fut, au cœur des débats. Les anciens nazis se réfugièrent en simple exécutant obligés d’agir face à la rigueur militaire et à la sauvagerie nazie à punir toute forme de dissidence. Cependant dans son ouvrage, « Des hommes ordinaire, le 101eme bataillon de réserve de la police allemande et la solution finale en Pologne », Christopher Browning démontre que des hommes ordinaires, ni spécialement nazis, ni même obsessionnellement antisémites, on agit avec un zèle meurtrier pour éradiquer les juifs de Pologne. L’historien relève un passage particulièrement intéressant : Après l’exposé de la mission qui était confié au bataillon, à savoir l’exécution par les hommes du bataillon des femmes, enfants et vieillards juifs d’un hameau polonais comptant 1800 juifs le commandant du bataillon écœuré par l’ordre qui lui avait été donné propose à ceux qui ne s’en sentent pas la force de ne pas participer à la mission; seulement 12 hommes sur les 500 du bataillon refusèrent d’accomplir la mission. Browning met au cœur de ces comportements criminels certains facteurs mis également en évidence par Milgram : le conformisme de groupe, la force du lien social, la division et l’organisation du « travail » et surtout la lente déshumanisation des juifs.

Par la suite à Nuremberg, les juges ne se sont pas bornés à reconnaître le droit de la personne à désobéir aux normes iniques, ils ont aussi condamné ceux qui leur avaient obéi, sans prêter attention au principe de l'obéissance due aux lois. Ils ont ainsi transformé le droit de désobéissance en un devoir dont l'inaccomplissement mérite la punition correspondante.


Martin Luther King

La désobéissance civile fut par la suite adoptée par Martin Luther King, un leader du mouvement pour les droits civiques aux États-Unis dans les années 1960, la désobéissance civile consistait par exemple pour les noirs à s’asseoir dans les zones réservées aux blancs dans les restaurants ou dans les bus pour protester contre la ségrégation. La question de la ségrégation s'avérait particulièrement problématique aux États-Unis, la responsabilité incombant davantage aux citoyens privés, qu’aux pouvoirs publics. La désobéissance civile a aussi été utilisée par les militants pacifistes qui remettaient en cause l’esprit et les motifs de l’intervention militaire au Vietnam, ils organisaient notamment des sit-in qui paralysaient le centre des grandes villes.


Différents cas de désobéissance civile aujourd'hui

On peut maintenant se demander ce qu’il en est aujourd’hui du concept de désobéissance civile ? Force est de constater que l’idée de la désobéissance, loin de s’essouffler semble prendre un nouvel essor.

Le concept de désobéissance civile gagne aujourd’hui de nouveaux partisans en France. Ainsi on peut citer le mouvement des écrivains et auteurs contre le projet de la loi Debré : le « Manifeste des délinquants de la solidarité » écrit le 27 mai 2003, en soutien à des militants arrêtés pour avoir aidé des sans-papiers, a déjà été signé par plus de 12 000 personnes et 300 organisations. Ce manifeste s’oppose ainsi à l’application de l’article 21 de l’ordonnance du 2 novembre 1945 qui dispose que : « Toute personne qui (...) aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irrégulier, d'un étranger en France ou dans l'espace international précité sera punie d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 30 000 €. »

De même les procès médiatisés de José Bové pour destruction d’un magasin de fast-food ou saccage de plants transgéniques ont suscité de vastes élans de solidarité et une amorce de débat sur la légitimité de ce type de pratique.

Les actions de résistance pacifique du mouvement altermondialiste lors de ses « contre-sommets », ou des ateliers de formation à la désobéissance civile sont suivis par les militants de cette mouvance (afin d’apprendre des techniques illégales non-violentes et les attitudes à tenir en cas d’arrestation) démontre que la désobéissance civile est une « arme » à part entière des altermondialistes.

De nombreuses associations pratiquent des actions de désobéissance comme moyen ponctuel ou permanent : ainsi des associations comme Greenpeace luttent contre les transports de déchets nucléaires ; les militants s’enchaînant sur les voies ferrées, d’autres comme l’association Droit au logement occupent de façon illégale des logements vides pour alerter l’opinion et modifier la politique du gouvernement en matière de logement, le Planning familial abrite au su de tous des pratiques discrètes en contradiction avec la loi, comme la distribution d’adresses de centres IVG étrangers pour les femmes ayant dépassé le délai d’avortement légal en France... Act Up vise à alerter l’opinion. « Hormis les manifestations, qui sont déposées auprès de la préfecture de police, les actions, dans la majorité des cas, sont illégales. Pénétrer dans un ministère, dans un bureau, dans un lycée, investir un monument public sont des actions non tolérées par la loi », rappelle un membre d’Act-Up Paris.

La désobéissance civile a été utilisée à plusieurs reprises par les paysans du Larzac dans leur lutte contre l'extension du camp militaire entre 1971 et 1981.

Cependant la plupart de ces associations ne veulent pas être considérées comme des désobéissants civils de peur d’être accusées lors d’un procès et de perdre celui-ci ce qui serait néfaste à leurs images et pour leurs actions futures, et le risque de se voir dissoute comme une vulgaire association de malfaiteurs n'est pas négligeable. La désobéissance est donc une arme efficace mais à manier quand on est vraiment sûr de son fait, car dangereuse pour ceux qui l’utilisent et la revendiquent.

Les anarchistes prônent la désobéissance civile comme moyen d'échapper à l'État, sous la forme de squats politiques, appropriations, actions...

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28 mars 2006

Cold reading

   

Cold reading
ou comment tout savoir sur tout le monde
Sources Charlatans.free.fr


Vous sortez d'une consultation chez un voyant et vous êtes abasourdi, sur le cul ! Celui-ci savait un nombre incroyable de choses sur vous que personne d'autre ne sait et d'autres faits qu'il ne pouvait deviner. La seule explication valable que vous trouvez est qu'une espèce de perception extra-sensorielle existe et est forcément impliquée. Comment expliquer cela autrement ?

Si une telle histoire ne vous est jamais arrivée, probablement quelqu'un a dû un jour vous tenir des propos identiques du genre : "ce voyant, cet astrologue, est vraiment un bon...", "il savait tout, il voyait plein de trucs..." etc. Cependant il n'est pas nécessaire d'en appeler à une perception paranormale, au-delà des sens humains communs, pour expliquer le phénomène. La psychologie humaine et une vraie technique éprouvée appelée "cold reading" (lecture à froid) peuvent tout à fait produire les mêmes résultats, comme si on lisait dans votre esprit et que votre futur était prédit.

Le cold reading est une technique utilisée par les tarologues (ceux qui lisent dans les tarots), les voyants, médiums, chiromanciens, iridologues, astrologues (bref, toute la panoplie des charlatans) et même les vendeurs, pour recueillir la moindre information sur un sujet-client. Le procédé commence par une observation attentive, associées à une bonne connaissance des statistiques et de la nature humaine de la population. En partant de ces points de départ, des formulations assez générales sont faites, formulations qui sont probablement vraies pour presque tout le monde (comme celles-ci). Le retour (feedback) visuel ou verbal du sujet étudié est alors utilisé pour poursuivre vers des affirmations de plus en plus précises tout en laissant de côté les voies sans issues, et ceci sans arrêt, en aiguisant les conjectures initiales vers des conclusions de plus en plus exactes. Dans les mains d'un expert, la technique peut être terriblement efficace et réussir sans problèmes ... presque surnaturelle.

Le cold reading n'est pas un simple truc, mais une addition de différentes méthodes dans l'unique but de glaner des informations étonnamment exactes sur la personnalité du sujet et de ses problèmes, avec un effort apparemment invisible, imperceptible. Par définition, ces informations sont ramassées sur le tas pendant la conversation, grâce à une observation vive et une bonne mémoire. Au contraire, les termes anglophones "hot reading" (lecture "à chaud") s'appliquent à l'information recueillie avant le contact visuel ou physique, habituellement par le canal de bases de données spéciales, ou de sources médiatiques. Les "lecteurs à froid", eux, n'ont pas besoin de compter sur de telles sources. Tout ce dont ils ont besoin est d'une interaction avec le sujet. Avant chaque échange, la plupart des spécialistes de cette technique possèdent déjà une information de base reposant sur une connaissance des probabilités et des dénominateurs communs de la condition humaine.

Les probabilités et les statistiques s'immiscent dans ce schéma d'une manière aussi simple et banale qu'une connaissance, par exemple, que la plupart des noms masculins dans notre culture commencent par la lettre "J" ou "F", alors que la plupart (ou beaucoup statistiquement) de prénoms féminins débutent par un "C". Ceci sera traduit par une affirmation du genre "je vois une femme dans votre vie, son nom commence par un C". Un autre exemple de cette manipulation sera "Je vois des palmiers près de l'eau". Si le sujet habite dans le nord et semble un minimum fortuné, il y aura une forte probabilité pour que celui-ci ait prévu de partir en vacances, et le "devin" aura vu juste, plus spécialement encore s'il n'existe aucunes limitations temporelles comme le passé ou le futur, ou peut-être la vision se réfèrera-t-elle à un ami du sujet.

Par exemple, après avoir eu connaissance de votre date de naissance (1969) et donc connaissance des prénoms les plus communs de votre tranche d'âge (Christophe, Laurent, Philippe, Stéphane, Eric pour les garçons et Nathalie, Valérie, Isabelle, Sandrine, Sylvie pour les filles), une discussion pourrait prendre cette forme :

- Je vois une Isabelle près de vous.
- Oui, mais pas trop ...
- Mais aussi une Valérie ?
- C'est une amie...
- Oui c'est ça, Valérie, elle sera proche de vous dans les mois à venir.
 

 

A tâtonner de la sorte à droite et à gauche, on tombe forcément juste à un moment ou à un autre.

- Connaissez-vous quelqu'un dont le prénom commence par un S ?
- Pas particulièrement...
- Non, plutôt un L ?
- Oui mais il n'est pas vraiment proche...
- En fait il s'agirait d'un C...
- Oui.
- ...comme Christophe
- Tout à fait, il s'agit d'un collègue et ami, nous sommes allés à l'école ensemble. Nous travaillons ensemble depuis 15 ans maintenant.
- Oui, c'est bien de lui qu'il s'agit, il évoluera dans son métier.
- Effectivement, il devrait passer contremaître (évidemment, il y a de grandes chances : avec 15 ans de métier dans la même boite)
 

Les hypothèses et suppositions sur les motivations et les désirs touchant ou stimulant la plupart des êtres humains vont ensuite aider ces pseudo-voyants, ces "cold readers" (lecteurs à froid), dans leurs prédictions. La plupart des gens seraient d'accord avec cette description : "Je vois que vous avez un (ou des) problème financier qu'il vous faut régler". Qui n'en a pas ? Le mot "financier" peut tout aussi facilement être remplacé par "sexuel" ou "travail" ou "relationnel" et rester valide pour pratiquement tout le monde. En outre, celui-ci se doute bien que si vous venez le voir, c'est qu'il y a quelque-chose dans votre vie qui ne va pas et que vous voudriez bien éclaircir ou prévoir. Va-t-on voir son médecin quand tout va bien ?

Les cold readers commencent par recueillir le maximum de renseignements sur l'individu qu'il leur est possible : les vêtements, la façon de discuter, l'âge apparent, le physique, le statut socio-économique et les manières. Même les yeux et les mains peuvent devenir des indices. Pendant cette première évaluation, le voyant compétent fera rapidement la part des classifications possibles dans lesquelles le sujet pourra entrer. De ces déductions préliminaires, une seule prédiction exacte peut être faite, mais il n'est pas encore temps pour plus de précision. Ces suppositions initiales sont alors testées dans des déclarations générales touchant légèrement des problèmes probables, attendant à chaque fois les réactions du sujet en retour. C'est ensuite l'étape cruciale. Les réactions des clients guident alors le pseudo devin dans ses déclarations et affirmations, en lui permettant d'aller du tout général au plus spécifique, le feedback du sujet le dirige vers des affirmations de plus en plus précises sur ce qui inquiète le client, lui permettant d'abandonner les impasses ou les mauvaises hypothèses. Comme de plus en plus d'affirmations justes et précises sont réalisées, le client devient de plus en plus convaincu que le cold reader devine effectivement la vérité par quelques moyens extra-sensoriels.

Le feedback, le retour de l'information, la réaction du client, est la manne, le filon du cold reader, s'il est à court de rétroaction il existe quelques méthodes efficaces pour soutirer quelques réactions, comprenant le bluff et une "lecture des muscles". Le bluff se cache derrière des déclarations subtiles destinées à suggérer une réaction. Elles peuvent comprendre des remarques comme "J'ai le sentiment que ..." ou "je veux dire que ..." etc. Ce ne sont pas des questions directes mais elles peuvent être vraiment efficaces pour engendrer une réponse. Le plus souvent, la personne ne se rend même pas compte qu'elle a répondu à ces "questions". Après un délai variable, le pseudo-voyant répètera ce qu'il vient juste d'apprendre, à la grande stupéfaction de son auditoire. Le retour d'information verbal, le bluff et les autres stratagèmes aident à expliquer le succès phénoménal des hotlines sur la voyance, industrie générant des millions de chiffre d'affaire. Le feedback visuel n'est pas vital pour les praticiens expérimentés de cette forme de manipulation, le feedback verbal seul souvent suffit à fournir assez d'informations tellement les sujets qui appellent sont semblables à des livres virtuellement ouverts. Privé de ce feedback, le processus de cold reading s'arrêterait.

La "lecture des muscles" est un autre outil pour subrepticement amasser de l'information. Cela demande un contact direct avec la personne étudiée, soit en tenant sa main ou un bras ou en touchant quelque-chose que porte le client comme un mouchoir. Un contact comme celui-ci permet la "lecture" des mouvements musculaires involontaires pouvant être utilisés pour mesurer les réactions des clients. Ces réactions informent le "lecteur à froid", lui font savoir s'il "brûle" ou s'il s'éloigne, ce qui lui permet de partir d'affirmations générales vers de plus détaillées.

Ces diseurs de bonne aventure savent parfaitement qu'un certain aspect de la psychologie humaine les aidera dans leur effort. Un phénomène, appelé la "validation subjective" ou la mémoire sélective, joue un rôle très important. Il est responsable du fait que l'on se souvient des évènements significatifs et qu'on a tendance à oublier ceux qui sont insignifiants ou défavorables. Chaque assertion du voyant qui se révèlera exacte sera facilement retenue et le grand nombre de celles qui sont tombées à côté sera oublié. L'effet Forer s'associe à la mémoire sélective mais est encore plus conforme au scénario du cold reading. Il établit qu'en général, lorsqu'on est décrit par quelqu'un qui ne nous connaît pas, comme un voyant ou un astrologue, on ferme les yeux sur les affirmations inexactes et les déclarations en général sont considérées comme justes et précises. Ces phénomènes psychologiques bien connus tendent à fausser la mémoire des évènements passés et les empêchent d'être replacés dans leur contexte réel.

 

                  
Voici les 13 conseils de Ray Hyman qui vous feront exceller dans la fonction du cold reading et vous donneront des pouvoirs étonnants :
      
           
  1. Rappelez-vous que l'ingrédient clé d'une lecture à froid réussie est d'abord la confiance du sujet.          

    Si vous semblez et agissez d'une manière qui montre que vous êtes convaincu par ce que vous faîtes et que vous y croyez fermement, vous serez même en mesure de vendre une mauvaise prédiction ou lecture à votre victime. Un des dangers cependant de jouer ce rôle et que vous pourriez vous-même vous mettre à croire que vous prédisez réellement le véritable caractère de votre client !

           
  2.        
  3. Faîtes une utilisation créative et intelligente des dernières statistiques, sondages ou enquêtes          

    Ces dernier(e)s peuvent vous fournir plus d'informations à propos de ce que chaque CSP de notre société croit, fait, veut, se soucie, etc. Par exemple : si vous êtes certain des origines de votre sujet, de son niveau d'éducation, de la religion ou profession de ses parents, vous détenez des informations qui pourront vous permettre de prédire avec une forte probabilité de réussite ses intentions de vote et ses attitudes en ce qui concerne plusieurs sujets.

           
  4.        
  5. Mettez en scène votre don de voyance.          

    Restez modeste quant à vos talents. Ne faites pas de déclarations exagérées. Vous mettrez ainsi votre victime en confiance. Vous ne faites pas un concours de perspicacité : vous avez le pouvoir de prédire sa vie, son caractère, qu'il ou elle croit en vous ou non.

           
  6.        
  7. Obtenez au préalable la coopération de votre sujet.          

    Comprenez bien que le succès de votre don dépend autant de la participation de votre sujet que de vos efforts. (Après tout, vous avez derrière vous une carrière splendide de voyant, vous n'êtes pas à l'essai, votre client si !). Affirmez qu'à cause parfois de la barrière et des difficultés du langage et de la communication, vous pourriez ne pas toujours être clair dans la signification de ce que vous dites (un peu comme les psychanalystes qui se cachent derrière un langage obscur pour dire des banalités ou dire n'importe quoi). Dans ce cas, le sujet devra s'efforcer d'ajuster la lecture que vous ferez à sa propre vie. Servez-vous de ces deux esquives éprouvées : premièrement vous avez un alibi au cas ou votre lecture ne passe pas : c'est forcément de la faute du sujet, pas la vôtre ! Secondement, le sujet doit s'efforcer d'ajuster vos banalités et vos généralités à ses conditions de vie particulières. Plus tard, quand il se souviendra de votre consultation, il vous créditera d'autant plus des détails vrais que vous avez effectivement donnés. C'est crucial. Votre révélation sera couronnée de succès seulement si le sujet reste actif. Le bon voyant est celui qui, délibérément ou inconsciemment, force le sujet à chercher dans son esprit un sens à ses déclarations.

           
  8.        
  9. Utilisez un accessoire comme des Tarots, une boule de cristal, la paume de la main, etc...          

    Le recours à un support a deux buts. Premièrement, cela ajoute une certaine "atmosphère" à la consultation. Ensuite, (et le plus important) cela vous donne le temps de réfléchir à votre prochaine question et/ou déclaration et de la formuler. Au lieu de juste être assis là, pensant à ce que vous allez dire, vous pouvez vous mettre à vous concentrer sur vos cartes, sur votre boule de cristal... Vous pouvez choisir de tenir la/les mains de votre sujet. Cela vous aidera à sentir ses réactions face à vos affirmations. Attention ! Si vous utilisez la chiromancie, vous devrez étudier un peu afin d'en connaître la terminologie. Cela vous autorisera quelques égarements d'un semblant d'intelligence et de vous concentrer rapidement sur les intérêts de votre client : "voulez-vous que l'on se concentre sur votre ligne de coeur ou votre ligne de richesse ?"

           
  10.        
  11. Ayez un stock de phrases toutes faîtes prêt à l'emploi.          

    Même durant une consultation de cold reading, un saupoudrage léger de phrases toutes faîtes et banales apportera du corps à votre ouvrage et vous aidera à boucher les trous et à faire du remplissage pendant que vous penserez à des formulations plus précises. Utilisez-les pour commencer. La paume de la main, les tarots et autres manuels de diseurs de bonne aventure sont des sources intéressantes de bonnes phrases.

           
  12.        
  13. Ouvrez bien les yeux !          

    Servez-vous de vos autres sens tout autant. Evaluez votre sujet en observant ses vêtements, bijoux, manières et discours. Même une évaluation grossière peut vous fournir les bases d'une bonne consultation. Regardez donc prudemment les réponses de votre sujet à vos déclarations. Vous apprendrez rapidement à reconnaître lorsque vous aurez fait mouche !

           
  14.        
  15. Allez à la pêche.          

    C'est un bon moyen pour obtenir du sujet qu'il vous parle de lui. Ensuite vous reformulez ce qui a été dit et le répétez à votre client. Un des moyens pour aller à la pêche est d'exprimer chaque déclaration comme une question puis d'attendre la réponse. Si la réponse ou la réaction est positive, vous transformez votre formulation initiale en affirmation positive. Souvent d'ailleurs le sujet répond lui-même à la question implicitement. Plus tard, il (ou elle) oubliera avoir été la source de l'information. En faisant vos assertions sous forme de questions, vous forcez le sujet à chercher dans sa mémoire et à retrouver des exemples spécifiques collant à votre déclaration générale.

           
  16.        
  17. Apprenez à être à l'écoute          

    Pendant votre consultation votre client interviendra pour parler d'incidents que vous aurez touchés du doigt. Le bon voyant autorise son client à parler autant qu'il veut et comme il veut. On peut parfois voir des voyants qui n'ouvrent pratiquement pas la bouche parce que leur sujet aura parlé 75% du temps. Ces derniers vous diront ensuite que leur voyant est exceptionnel et qu'il sait tout ! Le fait est que souvent, ceux qui vont voir un voyant le font parce qu'ils cherchent quelqu'un à qui parler de leurs problèmes et ont souvent déjà décidé de ce qu'ils allaient faire, ils ont simplement besoin d'une confirmation de leurs choix ou d'un soutien dans leurs actes.

           
  18.        
  19. Dramatisez votre lecture          

    Restituez le peu d'information que vous avez avec grandeur. Faites-en beaucoup. Prenez des images pour exprimer chaque révélation. N'ayez pas peur d'être un peu acteur.

           
  20.        
  21. Donnez toujours l'impression que vous en savez plus que ce que vous dites.          

    Le bon "lecteur à froid", tout comme le médecin de famille, agit toujours comme s'il en savait plus. Une fois que vous aurez persuadé votre sujet que vous savez telle chose, telle information, que nous pouviez pas savoir (normalement), le sujet admettra que vous savez tout. A ce moment, il s'ouvrira et se confiera.

           
  22.        
  23. N'ayez pas peur de flatter votre client à chaque occasion          

    Un sujet occasionnel protestera. Dans ce cas, vous pouvez ajoutez : "Vous êtes toujours méfiant envers ceux qui vous flattent. Vous ne pouvez pas croire que si quelqu'un dit du bien de vous, il le fasse gratuitement sans avoir une petite idée derrière la tête."

           
  24.        
  25. Et souvenez vous de la règle d'or : toujours dire au sujet ce qu'il veut entendre !
  26.       
      

Un exemple classique est fourni dans le livre de James Randi, "Flim Flam". Peter Hurkos étonnait les gens avec son pouvoir de pronostics. Des détails intimes étaient révélés, persuadant ses clients de la réalité de ses pouvoirs. Deux de ces personnes furent invitées par Randi à visionner une cassette vidéo de leur séance avec Hurkos. Il a été découvert qu'en comptant concrètement ce que ce soi-disant médium avait déclaré, il obtenait en moyenne une affirmation correcte sur 14. La mémoire sélective les avait conduits à passer à la trappe tous les loupés pourtant évidents et les mauvaises conjectures manifestes pour ne laisser dans leur esprit que l'empreinte des coups réussis. Ce phénomène est si puissant que même lorsque les gens sont informés de son existence et de sa réalité psychologique, ils croient encore que seuls les pouvoirs du voyant lui ont permis de voir quelque chose.

La connaissance de la technique du cold reading est essentielle pour le sceptique. Il lève ce voile de mystère de ces prétendus voyants et médium, et révèle en fait le pot aux roses caché derrière les coulisses. Un tel phénomène fait la lumière sur toute la collection de ces pseudos phénomènes paranormaux. C'est une arme fondamentale et puissante, présente dans tout arsenal sceptique car il permet de démasquer tous ces charlatans.


Posté par kazal à 00:59 - LA MANIPULATION MENTALE - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 mars 2006

concert vs cancer

   

                  
                                                              
Pour la 5éme année, Laurent Beaumont organise durant la semaine contre le cancer, un concert carritatif qui se déroulera le 29 Mars au Bt59 (situé derriére le tri postal sur les Boulevard à Bègles). Programmation: Pilarski, Laurent Beaumont, Kartel & Stanislas Kazal. "n'attendez pas d'être malade pour combatre la maladie, venez nombreux". L'intégralité de entrées étant reversé à la ligue contre le cancer, l'opération n'a de sens que si chacun se mobilise. Début des hostilités: 21h. Prix des entrées: adultes-12 euros, étudiants/chomeurs-6 euros, enfants de moins de 12 ans-4 euros.

Média partenaire: Europe2, Tv7...Annonces TV/radio: Radio Campus jeudi 23 Mars 18h, Carré Vip à partir du vendredi 24 mars, Rig le 26 mars à 22h, Nrj/nostalgie le mardi 28 Mars, et Europe toute la semaine.

Location sur place, renseignements: ligue contre le cancer 05 56 94 76 41.
Appelez le même numéro pour souscrire dés à présents, le DVD de la soirée.

Hier, j'y étais Merci aux noctambules et aux insomniaques qui sont restés  jusqu' à tard pour m'écouter au profit d'une bonne cause.
                                                                
      



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