Propagande et désinformation - Stanislas kazal underground blog

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contre-culture,réflexions, poésie,cinéma de genres et d'auteurs, musiques, société,critiques,littérature, arts, révoltes, mousse au chocolat et couscous.....

17 février 2006

LA PROPAGANDE

   

LA PROPAGANDE

Source ( Guide d'évaluation de l'information)

La propagande est fréquemment confondue avec la désinformation, qui est une technique de manipulation négative. C’est une fausse perception. La propagande est l'action systématique exercée sur l'opinion pour faire accepter certaines idées ou doctrines. La propagande peut être appliquée dans des buts positifs ou négatifs, contrairement à la désinformation.

La publicité sociale est un exemple de propagande positive. La publicité sociale est utilisée pour changer les comportements considérés nuisibles à l’ensemble de la société. Les campagnes contre le tabagisme, l’alcool au volant, le SIDA, etc., sont des exemples de publicité sociale où la propagande est utilisée pour influencer.


La propagande utilise une variété de techniques.

Les techniques sensoriels

L’utilisation de couleur, de musique, de mouvement etc., a un effet sur l’information.
Un choix judicieux peut influencer le comportement. Par exemple, les couleurs pastel ont un effet calmant et les couleurs vives ont un effet excitant.

L’accentuation

L’accentuation consiste à isoler une parcelle d’information pour lui donner une valeur différente de son entourage. Les ordinateurs nous donnent accès à toute une panoplie de techniques d’accentuations. Exemples: couleur, taille, caractère gras, italique, souligné, et une multitude de polices.

Les techniques de ciblages

Le choix du type d’information peut attirer certains groupes, ou les exclurent. Par exemple, pour résoudre le problème de l’attroupement des adolescents dans certains endroits, on y diffuse de la musique classique et /ou de l’éclairage de couleur rose qui accentue la visualisation de l’acné. Pour attirer les jeunes, certains sites sur la Toile diffusent de la musique populaire. Le choix du vocabulaire peut aussi agir de filtre. C’est la technique de «qui s’assemble se ressemble».

Les techniques affectives

L’être humain dispose de sentiments. Des mots , images ,ou sons peuvent déclencher ces sentiments. Les déclencheurs positifs sont utilisés pour attirer l’audience ciblée. Les déclencheurs négatifs pour rejeter un point de vue, une idéologie, etc.


Exemple de déclencheurs positifs:

Présenter des gens, animaux, ou objets « adorables »

Utiliser des mots ou images qui suggèrent le bonheur, la maturité, la joie, une apparence sportive, le charme, etc.

L’utilisation de termes comme « léger», « mince», « santé».

Exemple de déclencheurs négatif:

Les attaques ad hominem.

Comparaison avec des valeurs négatives telles que démons, animaux dangereux, valeurs morales négatives, etc.

Technique de renforcement

La répétition d’un élément d’information augmente sa perception. L’utilisation de synonymes ou la répétition de mots clés influencent l’audience. La fréquence de répétition du message est aussi un élément de renforcement.

Les titres accrocheurs

La curiosité est innée chez l’être humain. C’est la curiosité qui nous pousse à découvrir et à expérimenter. Les titres accrocheurs se servent de notre curiosité pour attirer notre attention.

 

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LA DÉSINFORMATION

   

LA DÉSINFORMATION

La désinformation est définit comme: l’action d’informer faussement en donnant une image déformée de la réalité. La désinformation n’est pas nouvelle, elle existe depuis la nuit des temps. Sun-Tzu le grand stratège militaire chinois d’il y a 2,500 ans, reconnu son importance stratégique sous la forme de la déception en écrivant:

«Quand vous êtes apte donnez l’illusion d’être inapte,
quand vous êtes fort, donnez l’illusion d’être faible».



Winston Churchill durant la 2e guerre mondiale a dit :


«In wartime, truth is so precious that she should always be attended by a bodyguard of lies.»



Traduction libre: En temps de guerre, la vérité est la chose la plus précieuse, il faut la protéger avec une muraille de mensonges.

De nos jours, la désinformation est fréquemment utilisée. Il ne faut toutefois pas confondre la désinformation avec certaines techniques de manipulation de l’information telle que les effets spéciaux utilisés au cinéma. Dans la mesure où ces effets ne sont pas utilisés pour prétendre qu’il s’agisse de la vérité, ils ne constituent pas de la désinformation. La désinformation peut employer des techniques de propagande pour accomplir son but.

L’omission

L’omission est une des plus vieilles techniques de désinformation, elle est simple et efficace. En omettant de l’information pertinente ou en sélectionnant seulement certaines informations on obtient une image déformée de la réalité. L’omission peut prendre plusieurs formes. Le cadrage photographique en est un exemple. Faire un gros plan sur un élément d’information peut donner une image déformée, en excluant les éléments hors cadre. Isoler un petit groupe d’une foule peut donner l’illusion qu’il n’y avait pas de foule.

Le chercheur qui ignore délibérément l’information qui n’est pas conforme à ses théories, fausse ses conclusions par omission. Le partisan qui refuse de considérer toute information qui est non conforme à ses pensées fausse son opinion par omission.

La destruction

La destruction est une variante de l’omission. En détruisant l’information elle n’est plus disponible pour contre balancer l’information qui survit.

Le hors contexte

Le hors contexte consiste à sélectionner certaines informations et de les présenter en isolation ou à les déplacés. Une technique consiste à utiliser une personne ou un expert qui, à cause de sa notoriété ou expertise dans un domaine, est cité sur un sujet où son expertise est limitée ou absente.


La contrefaçon

La contrefaçon est aussi une des plus vieilles techniques de désinformation. Les textes, images, et sons sous format numérique, sont particulièrement vulnérables à cette technique. Ce qui auparavant demandait un artiste avec des années d» expérience est maintenant a là porté de tous, grâce au développement des micros ordinateurs.

On peut changer des textes, images ou sons en effaçant, en rajoutant, ou en déplaçant l’information. Si l’information n’existe pas, on peut la créer.

Lien sur la manipulation de l’image

Le doute

L’imagination est notre plus grand ennemi. L’être humain peut imaginer une infinité de choses et une multitude de possibilités. La technique du doute consiste à insérer un élément d’incertitude dans la pensée ou le raisonnement de quelqu’un. Si cet élément n’est pas identifié immédiatement, l’incertitude va se développer. On peut la comparer à une fissure microscopique d’un barrage, qui si elle n’est pas rapidement colmatée, risque éventuellement de s’agrandir et de provoquer la rupture de la structure.

Voici quelques techniques utiliser pour semer le doute :

La confusion

Une technique de confusion est l’utilisation d’information ou de source contradictoire, cette méthode est souvent utilisée devant les tribunaux pour confondre le juge ou le jury. Une autre technique de confusion consiste à inonder d’information pertinente ou non pertinente. Un vocabulaire pseudo scientifique peut aussi porter à la confusion, c’est la technique de «compliquer ce qui est simple».

Les rumeurs

Les rumeurs sont des éléments d’informations non validés. Les rumeurs non fondées sont des éléments d’informations qui semblent valides mais, qui sont soit faux ou qui ne peuvent être démontrer. L’utilisation ou la présence de rumeurs peuvent semer le doute.

La société moderne de consommation nous rend susceptibles aux rumeurs. La pression de consommer fait que souvent nous ne prenons pas le temps d’analyser. Nous nous fions aux régulations pour nous protégées et à la société pour nous informer en cas de problème. Nous faisons confiance à nos concitoyens. Sur l’inforoute il est facile de se laisser berner par les rumeurs. Les canulars de virus informatiques en sont un exemple.

Liens sur le problème des
canulars de virus informatique

Les statistiques

Mark Twain disait à propos des statistiques :

«There are lies, damn lies - and statistics. »


Où si ont traduit :Il y a trois sortes de mensonges : Les mensonges, les gros mensonges... et les statistiques !

Certaines statistiques peuvent être interprétées de différentes façons, elles peuvent porter à confusion. L’utilisation de statistique non validée ou de source inconnue est une excellente technique de désinformation.

Les pseudosciences et pseudo experts

L'opinion de non-expert ou prétendue expertise par des pseudosciences ou prétendus experts et leurs autorités non qualifiées est souvent utilisée pour désinformer.

L’utilisation d’ expressions alarmantes

En utilisant une expression alarmante on peut créer l’illusion de danger là ou il n’en a pas. Une variante est de poser une question alarmante au début d'un énoncé.

Exemples:

L’utilisation de machin truc pose un risque de cancer.

ou

Sommes-nous en danger?


L’utilisation d’ euphémismes

L’utilisation d’euphémismes a pour but d’affaiblir l’impact des mots. Par exemple en disant « il nous a quittés » au lieu de dire « il est mort » .

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26 mars 2006

Pour être bien sûre d'avoir piger à quelle sauce nous sommes mangés:

   

Pour être bien sûre d'avoir piger à quelle sauce nous sommes mangés:

Propagande

 

 

 

La propagande désigne la stratégie de communication, dont use un pouvoir politique ou militaire pour changer la perception d'événements, de personnes (propagande politique, propagande militaire). Elle est à la puissance civile ou martiale ce que la publicité est au secteur privé.

D'une manière plus générale, la propagande est l'art de propager à grande échelle des informations, fausses ou non, mais toujours partiales. Les techniques de propagande moderne exploitent les connaissances accumulées en psychologie et en communication. Elle se concentre sur la manipulation des émotions, au détriment des facultés de raisonnement et de jugement.



Histoire du terme propagande

En latin (médiéval), propaganda est l'adjectif verbal du verbe « propager » désignant les choses à propagerdelenda de l'expression delenda est Carthago). (à rapprocher par exemple du

En 1622, peu de temps après le début de la Guerre de Trente Ans, le pape Grégoire XV fonda la Congregatio de Propaganda Fide (« Congrégation pour la propagation de la foi »), un comité de cardinaux chargé d'observer la propagation du christianisme par les missionnaires envoyés dans les pays non-chrétiens. À l'origine le terme n'évoquait pas la propagation d'une information déformée. Antérieurement et notamment lorsque la personnalisation est forte on utilise le terme « gloire ».

Le sens politique moderne date de la Première Guerre mondiale, il est généralement péjoratif, mais pas toujours (par exemple, c'est le terme officiel pour les programmes et profession de foi dans les opérations pré-électorales).


Types de propagandes

Certains considèrent la publicité comme un type de propagande.

Cependant, la propagande est habituellement politique (nationaliste, stalinienne, militariste, etc.). Elle est multiforme (utilisation des différents médias) et peut être insidieuse. Dans le langage commun, la propagande équivaut à la désinformation mise au service d'une cause politique d'intérêts privés.

Les propagandistes cherchent à altérer l'opinion publique en faveur de leurs intérêts propres. Cette imposition d'une nouvelle perspective a pour objectif de modifier les actions et les espérances de la cible. La propagande complète les dispositifs de censure. Celle-ci opère dans le même but, mais de façon négative, par la sélection intéressée des informations favorables à l'interprétation voulue. La propagande procède par excès d'informations, alors que la censure joue d'un manque délibéré d'informations. Ce sont les deux faces d'une même stratégie de domination mentale, surtout utilisée dans les contextes de guerre. Ces deux types de manipulation sont interdépendants : la censure crée un besoin que la propagande s'empresse de combler, tandis que la propagande passe mieux en l'absence d'éléments Ce qui distingue la propagande des autres formes de recommandation est la volonté du propagandiste de changer la compréhension des personnes par diversion ou confusion au lieu de convaincre et d'expliquer.

Les chefs d'un groupe peuvent savoir que l'information est partiale, voire erronée, tout en maintenant les membres du groupe et les relais de l'information dans l'ignorance.

La propagande est une arme puissante lors d'une guerre. Dans ce cas-ci, son but est habituellement de déshumaniser l'ennemi et de susciter la haine contre un certain groupe, en altérant la représentation que s'en fait l'opinion manipulée. Les procédés de propagande vont de l'omission à l'imputation mensongère.

La propagande a beaucoup évolué avec la naissance de la guerre psychologique. On parle aussi de "propagande religieuse" pour désigner le prosélytisme religieux.

Exemples de propagande politique :

     
  • La propagande anglaise contre l'Allemagne pendant la Première Guerre mondiale, voir le Lusitania.
  •  
  • L'Allemagne nazie contre la Pologne pour amorcer la Seconde Guerre mondiale, voir l'attaque de l'émetteur radio de Gleiwitz.
  •  
  • Le football, et d'une manière générale le sport, utilisé pour montrer les bienfaits du multiculturalisme.

En d'autres termes, la propagande se réfère aussi à l'information fausse censée rassurer les personnes qui y croient déjà. En effet, si des individus croient à une information fausse, ils seront constamment envahis par des doutes. Puisque ces doutes sont désagréables (voir dissonance cognitive), ils désirent les faire disparaître, et sont donc particulièrement réceptifs aux messages manipulateurs. Pour cette raison, la propagande s'adresse en priorité à ceux qui sont déjà bien disposés à l'assimiler.

La propagande peut être classée selon la source :

     
  • La propagande blanche provient d'une source ouvertement identifiée.
  •  
  • La propagande noire provient d'une source soi-disant amicale, mais en réalité hostile.
  •  
  • La propagande grise provient d'une source soi-disant neutre, mais en réalité hostile.



Histoire de la propagande

La propagande est une activité humaine, qui laisse délibérément peu de traces. Les textes latins comme ceux de Tite-Live ou de Jules César, sont des chefs d'œuvre de propagande romaine.

Napoléon fut le premier à user de la propagande moderne pour conquérir le pouvoir puis le consolider. Dès sa campagne d'Italie, alors qu'il n'était que le général Bonaparte, il usa de l'influence des Bulletins de l'Armée d'Italie. Par exemple, il se fit représenter lors de la bataille du Pont d'Arcole tenant un drapeau à la main (thème reproduit à des milliers d'exemplaires), alors qu'en réalité, il avait fait une chute dans un marécage. Il étendit ensuite ce système de propagande une fois qu'il eut conquis le pouvoir, avec les Bulletins de la Grande Armée. Les tableaux de Gros et de David, les affiches de l'époque, et le Mémorial de Sainte-Hélène ont aussi participé à l'élaboration de la légende dorée de Bonaparte.

Des techniques de propagande ont été codifiées et appliquées la première fois d'une façon scientifique par le journaliste Walter Lippmann et le psychologue Edward Bernays (neveu de Sigmund Freud) au début du XXe siècle. Pendant la Première Guerre mondiale, Lippman et Bernays furent engagés par le président des États-Unis Woodrow Wilson pour faire basculer une opinion américaine traditionnellement isolationniste vers l'interventionnisme.

La campagne de propagande de Lippman et Bernays effectuée pendant six mois fut si intense que l'hystérie anti-Allemande générée a impressionné l'industrie américaine, qui découvrait tout à coup les immenses ressources que l'on pouvait déployer pour commander l'opinion publique d'un pays entier. Bernays a inventé les termes d'esprit de groupe et d'ingénierie du consentement, des concepts importants en propagande appliquée.

Les relations publiques, dont usent les grands groupes industriels, s'inspirent directement des travaux de Lippman et Bernays Ces techniques sont toujours employées intensivement par le gouvernement des États-Unis. Dans la première moitié du XXe siècle, Bernays et Lippman ont eux-mêmes dirigé une société florissante de relations publiques.

La Seconde Guerre mondiale a été le théâtre d'une propagande constante, utilisée comme arme de guerre, notamment par le propagandiste de Hitler, Joseph Goebbels, mais aussi par les Alliés.

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La propagande stalinienne

 

Boris Vladimirski, « des roses pour Staline », 1949

 

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Boris Vladimirski, « des roses pour Staline », 1949

     
  • Le régime dictatorial stalinien (1924-1953) a utilisé tous les moyens de propagande disponibles à l'époque :    
            
    • Les affiches et le photomontage vantant l'industrialisation, la planification et la collectivisation des terres. Publicités et affiches de recrutement dans l'Armée rouge.
    •       
    • Statistiques de productions de céréales truquées durant la famine des années 1930.
    •       
    • Manifestations « spontanées » et grandes parades comme celles de 1935 à Moscou, la parade des « pionniers » en 1930...
    •       
    • Les retouches des photographies (éliminations de Léon Trotski, Khalatov, Kamenev...)
    •       
    • Endoctrinement de la jeunesse dans les écoles et les organisations (les Pionniers, les jeunes komsomols ...)
    •       
    • Utilisation de la TSF
    •    
     

 

Icône de Staline

 

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Icône de Staline

     
  •    
            
    • Les poèmes panégyriques de Rashimov dans la presse (Gazette rouge de Léningrad, Pravda...)
    •       
    • Le cinéma, en influençant les films du grand cinéaste Sergueï Eisenstein :         Octobre, qui relate la révolution d'octobre 1917, dont le scénario fût modifié sur ordre de Staline.
    •       
    • La peinture officielle du réalisme soviétique avec Plastov,         Romas, Toidze, Guerassimov,         Boris Vladimirski.
    •       
    • Le stakhanovisme
    •       
    • Gravures d'affiches de l'entre-deux-guerres des années trente avec des artistes tels V.Deni, A.Deineka, G. Kluktis, N.Vatolina
    •    
     


La guerre froide

Les États-Unis et l'Union soviétique ont tous deux utilisé intensivement la propagande pendant la guerre froide. Les deux camps ont employé les médias de masse (cinéma, télévision et radio) pour influencer leurs propres citoyens et les nations du Tiers-Monde.

Le gouvernement américain a ainsi lancé la station de radio Voice of America (voix de l'Amérique). Des radios soutenues en partie par la CIA, ont diffusé de la propagande « grise » dans les nouvelles et les programmes de divertissement en Europe de l'Est et en Union soviétique. La radio officielle du gouvernement de l'Union soviétique, quant à elle, a diffusé de la propagande « blanche ». Les deux camps ont également diffusé de la propagande « noire » aux heures de crises.

Un des auteurs les plus perspicaces de la guerre froide fut George Orwell. Certains de ses romans peuvent être lus comme de véritables manuels sur l'utilisation de la propagande. Bien que ne vivant pas en Union soviétique, les personnages vivent sous des régimes totalitaires, dans lesquels le langage est constamment corrompu par des manipulations politiques. Ces romans ont été employés explicitement pour la propagande. La CIA a, par exemple, secrètement commandé un film d'animation adaptant la ferme des animaux dans les années 1950. C'était aller à l'encontre de la volonté de l'auteur, puisqu'Orwell dénonçait clairement la propagande dans 1984.


Propagande et démocratie

Selon des intellectuels critiques, les techniques de propagande ont toujours cours dans les démocraties, sous le nom de communication politique. Dans une dictature, la conservation du pouvoir est assurée par des moyens coercitifs ; dans une démocratie, les moyens de conquête ou de conservation du pouvoir sont fondés sur la persuasion. L'art officiel, s'il est "décrété" ouvertement sous des régimes totalitaires, se manifeste subtilement en démocratie. Le pouvoir médiatique prime alors le pouvoir militaire.

D'après un paradoxe formulé par Hume, dans une démocratie, l'armée est beaucoup moins puissante que dans une dictature. Pour éviter toute contestation populaire, les dirigeants élus auraient donc encore plus besoin d'une propagande efficace qu'un pouvoir dictatorial. En effet, une répression policière excessive conduirait à une défaite électorale.

Edward S. Herman et Noam Chomsky ont proposé un modèle de la propagande , qu'ils ont testé empiriquement aux États-Unis. Leur méthode consistait, sur un grand nombre d'articles de presse d'origine diverses mais portant sur des sujets comparables, à quantifier l'influence de quatre facteurs pouvant modifier l'information : le groupe de presse, les annonceurs publicitaires, les fournisseurs d'information (agences gouvernementales), l'idéologie dominante (l'anti-communisme semble céder la place à l'anti-terrorisme).

Les principaux aspects de la propagande en démocratie seraient les suivants :

     
  • influence médiatique (radio, télévision, presse, publicité, internet, téléphone).
  •  
  • confusion volontaire : justification de la vente d'un produit par des principes éthiques, ou inversement, promotion d'une opération humanitaire en usant des techniques de communication des entreprises privées.
  •  
  • valorisation sémantique : « mondialisation » par exemple.
  •  
  • renversement de la hiérarchie des informations : traitement prioritaire d'informations sportives au détriment d'informations politiques, par exemple.
  •  
  • manipulation de l'opinion publique à l'aide de statistiques ou de sondages biaisés.
  •  
  • falsification de l'image : retouches vidéo, fausses images.
  •  
  • auto-censure des rédactions.
  •  
  • informations partiales : traitement de la guerre en Irak par Fox News par exemple.
  •  
  • promotion insidieuse d'une idéologie ultra-concurrentielle : par exemple, élimination progressive, dont usent certaines émissions télévisées de grande audience, comme Star Academy ou Le maillon faible.
  •  
  • modelage des comportements, sous forme de campagnes à but sanitaire (campagne anti-tabac par exemple).

Dans les pays démocratiques, la propagande reste diffuse et variée, alors que les régimes totalitaires déploient une propagande centralisée. C'est pourquoi il serait sans doute plus juste de parler de "techniques de propagande".


Techniques de propagande

 

Les propagandistes emploient des arguments qui, bien que parfois convaincants, ne sont pas nécessairement justes. Un certain nombre de méthodes, inspirées notamment de la psychologie sociale, sont employées pour créer des messages persuasifs, mais faux. Plusieurs de ces techniques de manipulation rhétorique relèvent du sophisme.

Il a fallu beaucoup de temps pour analyser les canaux par lesquels les messages de propagande font leur effet. Si ce travail est important, il est clair que les stratégies de diffusion de l'information ne deviennent des stratégies de propagande qu'à partir du moment où elles diffusent effectivement des messages de propagande. L'identification de ces messages de propagande est donc un prérequis nécessaire. Nous proposons ci-dessous quelques techniques classiques, dont la plupart reposent sur une bonne utilisation de l'émotivité de l'auditoire.

La peur : un public qui a peur est en situation de réceptivité passive, et admet plus facilement l'idée qu'on veut lui inculquer. Par exemple, Joseph Goebbels a exploité la phrase de Théodore Kaufman, « l'Allemagne doit périr !», pour affirmer que les Alliés ont pour but l'extermination du peuple allemand.

Appel à l'autorité : l'appel à l'autorité consiste à citer des personnages importants pour soutenir une idée, un argument, ou une ligne de conduite.

Témoignage: les témoignages sont des mentions, dans ou hors du contexte, particulièrement cités pour soutenir ou rejeter une politique, une action, un programme, ou une personnalité donnée. La réputation (ou le rôle : expert, figure publique respectée, etc.) de l'individu est aussi exploitée. Les témoignages marquent du sceau de la respectabilité le message de propagande.

Effet moutonnier : cet appel tente de persuader l'auditoire d'adopter une idée en insinuant qu'un mouvement de masse irrésistible est déjà engagé ailleurs pour cette idée. Comme tout le monde préfère être dans le camp des vainqueurs que dans la minorité qui sera écrasée, cette technique permet de préparer l'auditoire à suivre le propagandiste.

Redéfinition, révisionnisme : consiste à redéfinir des mots ou à falsifer l'histoire de façon partisane.

Obtenir la désapprobation: cette technique consiste à suggérer qu'une idée ou une action est adoptée par un groupe adverse, pour que l'auditoire désapprouve cette idée ou cette action sans vraiment l'étudier. Ainsi, si un groupe qui soutient une politique est mené à croire que les personnes indésirables, subversives, ou méprisables la soutiennent également, les membres du groupe sont plus enclins à changer d'avis.

Généralités éblouissantes et mots vertueux : les généralités peuvent provoquer une émotion intense dans l'auditoire. Par exemple, faire appel à l'amour de la patrie, au désir de paix, à la liberté, à la gloire, à la justice, à l'honneur, à la pureté, etc., permet de tuer l'esprit critique de l'auditoire. Même si ces mots et ces expressions sont des concepts dont les définitions varient selon les individus, leur connotation est toujours favorable. De sorte que, par association, les concepts et les programmes du propagandiste seront perçus comme tout aussi grandioses, bons, souhaitables et vertueux.

Imprécision intentionnelle: il s'agit de rapporter des faits en les déformant ou de citer des statistiques sans en indiquer les sources. L'intention est de donner au discours un contenu d'apparence scientifique, sans permettre d'analyser sa validité ou son applicabilité.

Transfert: cette technique sert à projeter les qualités positives ou négatives d'une personne, d'une entité, d'un objet ou d'une valeur (un individu, un groupe, une organisation, une nation, un patriotisme, etc.) sur un tiers, afin de rendre cette seconde entité plus (ou moins) acceptable. Cette technique est utilisée, par exemple, pour transférer le blâme d'un camp à l'autre, lors d'un conflit. Elle évoque une réponse émotive qui stimule la cible pour qu'elle s'identifie avec l'autorité reconnue.

Simplification exagérée : ce sont des généralités employées pour fournir des réponses simples à des problèmes sociaux, politiques, économiques, ou militaires complexes.

Quidam: pour gagner la confiance de son auditoire, le propagandiste emploie le niveau de langage et les manières (vêtements, gestes) d'une personne ordinaire. Par projection, l'auditoire est aussitôt plus enclin à accepter les positions du propagandiste, puisque celui-ci lui ressemble.

Stéréotyper ou étiqueter : cette technique utilise les préjugés et les stéréotypes de l'auditoire pour le pousser à rejeter l'objet de la campagne de propagande.

Bouc émissaire: en jetant l'anathème sur un individu ou un groupe d'individus, accusés à tort d'être responsables d'un problème réel (ou supposé), le propagandiste peut éviter de parler des vrais responsables, et n'a pas à approfondir le problème lui-même.

Slogans : un slogan est une brève expression, facile à mémoriser et donc à reconnaître, qui permet de laisser une trace dans tous les esprits.

Glissement sémantique : technique consistant à remplacer une expression par une autre afin de la décharger de tout contenu émotionnel et de la vider de son sens (euphémisme). Le glissement sémantique peut à l'inverse renforcer la force expressive pour mieux émouvoir l'auditoire. Exemples : "frappe aérienne" à la place de "bombardement", "dommages collatéraux" à la place de "victimes civile", "libéralisme" à la place de "capitalisme", "loi de la jungle" à la place de "libéralisme", "solidarité" à la place d'"impôt", "pédagogie préventive" à la place de "répression policière".

Tout ça me rapelle quelqu'un ou même plusieurs personnes mais qui ? Hum !

Désinformation


La désinformation est un processus, utilisable à tous les niveaux dans toutes les sphères de la communication, et qui consiste à présenter :

     
  • une information fausse comme vraie
  •  
  • une partie d'information vraie comme une totalité indépendante et vraie pour elle-même
  •  
  • une information vraie comme fausse.

Une désinformation n'implique ni un complot ni même une visée consciente ; mais il est possible que des désinformations conscientes soient exercées, par exemple comme technique de propagande. C'est un simple transfert d'information qui comporte en lui-même une transformation de l'information initiale.

Il ne s'agit pas ici de discuter pour savoir si tout transfert d'information est une transformation de cette information, mais de comprendre qu'il existe une certaine forme de transfert qui nie l'information initiale (en la dénaturant) ou les informations (en les regroupant de manière intempestive et non raisonnée).



Citation

"On peut tromper tout le peuple un certain temps, ou certaines personnes tout le temps, mais on ne peut pas tromper tout le monde, tout le temps."  Réponse de Sarkozy: et bien dépéchons nous d'en profiter...


Exemples de désinformations

     
  • Les hoax : fausses nouvelles propagées sur Internet, souvent dans un but mercantile (faux hommes d'affaires « Nigérians », enfant à sauver d'une maladie si rare qu'aucun médecin n'en a jamais entendu parler, scoop bidon, phishing...)
     
  • Les médias non indépendants: qu'ils appartiennent à des consortiums privés, à des mouvements politiques ou à des états. Ils subissent de nombreuses pressions pour propager des nouvelles fausses ou biaisées en faveur de leurs propriétaires.
     
  • Certains sondages: il s'agit d'une désinformation plus subtile basée sur l'intérêt financier d'entreprises spécialisées à taire les limites de leur méthodologie: les biais d'échantillonage, les « effets de halo », et effets de cadrage (formulation des questions), et l'impossibilité théorique de calculer une précision lorsque l'on ne dispose pas d'une base de recensement rendent en effet leurs résultats imprécis, et, plus grave, d'une précision inconnue.
     
  • Les rumeurs.



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09 mai 2006

ça ressemble à une légende urbaine et à de la désinformation pourtant la source semble sûre!

 

ça ressemble à une légende urbaine et à de la désinformation pourtant la source semble sûre!
qu'en pensez vous?



Les dealers du Teknival éventrent leurs chiens


Teknival : Les dealers du Teknival éventrent leurs chiens

 

Le Parisien révèle que des chiens ont été retrouvés éventrés à Chavannes, où s'est tenu le week-end dernier la gigantesque rave-party. Les dealers se seraient servis des animaux pour dissimuler la drogue et n'auraient pas attendu qu'ils la rendent par des moyens naturels.


Utiliser des humains en dissimulant la drogue dans leur estomac, la technique du "mulet" est   pratiquée depuis longtemps par les trafiquants.

Elle semble avoir été transférée sur les animaux. Pour preuve cette macabre découverte réalisée près de Bourges, où s'est tenu le week-end du 1er mai le Teknival.

Plainte

Dans son édition de jeudi, Le Parisien révèle ainsi que les équipes de nettoyage du site ont retrouvé une quinzaine de chiens morts, certains éventrés. Pour les vétérinaires, cela ne fait aucun doute : pour passer les contrôles, les dealers ont fait avaler la drogue aux animaux. Et n'ont pas eu la patience d'attendre que leurs bêtes la rendent dans leurs excréments. Plusieurs chiens semblent avoir également été victimes du stress engendré. Un vétérinaire, interrogé par Le Parisien, souligne que cette pratique avait déjà utilisée aux Pays-Bas et en Belgique.

La SPA a décidé de porter plainte. L'enquête pourrait être facilitée car certains cadavres sont tatoués.


et ben voilà



   

Teknival : la fausse affaire des chiens éventrés


20 Minutes | édition du 05.05.06




Une simple rumeur ? Dans son édition d'hier, le Parisien affirmait qu'une quinzaine de chiens seraient morts au teknival du 1er mai à Chavannes (Cher), éventrés par des raveurs pour récupérer la drogue cachée dans leur estomac. Mais ni les gendarmes, ni le vétérinaire de permanence ne confirment la présence de cadavres de chiens. Hier soir, la Société protectrice des animaux a retiré sa plainte pour « acte de cruauté et mauvais traitement ». Cette rumeur avait déjà circulé l'an dernier.

©2006 20 minutes

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02 juin 2006

Subversion

   

Subversion


Contrairement à l'insurrection armées, la subversion agit telle une contamination maladive généralisé des masses. La subversion s'inscrit dans une guerre révolutionnaire, c'est une méthode relativement aisé et courante de déstabilisation du pouvoir. Elle s'utilise avec divers autre action de résistance armées pour faire basculer la population asservis par l'impérialisme marchant dans une vision critique de la société. La subversion vise à faire changer les mentalité pour un idéal révolutionnaire dans les masses.


Technique de la subversion

Il faut faire la différence entre subversion est délit, la subversion c'est le fait de désagréger le pouvoir, de miner l'autorité. Entre meurt ou résistance armée on passe du simple délit à la subversion caractérisée. La subversion ne peut se développer sans théorie révolutionnaire, sont succès sera à la puissance politique qu'elle dégage.

La subversion peut être défini comme une technique de corrosion de l'autorité, visant par divers procédés, d'une part à gangrener le pouvoir, de l'autre à lui enlever le contrôle de la collectivité.


Régles d'alynski

     
  • Règle 1: Le pouvoir n'est pas ce que vous possédez, mais ce que votre adversaire s'imagine que vous possédez.  
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  • Règle 2: Sortez du champ d'expérience de votre adversaire. Inventez de nouveaux terrains de lutte dont il ignore encore le mode de conduite.  
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  • Règle 3: Combattez l'ennemi avec ses propres armes. Utilisez les éléments de son propre code de référence pour l'attaquer.  
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  • Règle 4: Lors d'une confrontation verbale, l'humour est l'arme la plus efficace. Il faut parvenir à ridiculiser l'adversaire, ou mieux, le contraindre à se ridiculiser lui-même.  
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  • Règle 5: Une tactique ne doit jamais devenir une routine, surtout lorsqu'elle fonctionne. Répétez-la à plusieurs reprises pour en mesurer la force et la limite, puis changez-là.  
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  • Règle 6: Maintenez l'adversaire sur la défensive. On doit utiliser tous les éléments extérieurs possible pour maintenir la pression.  
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  • Règle 7: Ne jamais bluffer si on a pas les moyens de passer aux actes. Sinon, on perd toute crédibilité.  
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  • Règle 8: Les handicaps apparents peuvent devenir les meilleurs atouts.  
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  • Règle 9: Focaliser sur la cible et ne pas en changer durant la bataille. Cette cible doit être la plus petite, la plus précise et la plus représentative possible.  
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  • Règle 10: Si on obtient la victoire, il faut être capable de l'assumer et d'occuper le terrain. Si on a rien à proposer de nouveau, il ne sert à rien de renverser le pouvoir en place.



Subversion ou propagande ?

Les techniques de propagande ont été codifiées au cours des siècles, utilisées à l’époque romaine avec des textes latins comme Tite-live ou Jules César. Napoléon serait un des premiers à user de propagande moderne pour conquérir le pouvoir puis le consolider.

Appliqué pour la première fois de façon scientifique par Walter Lippmann et Edward Bernays lors de la seconde guerre mondiale, sur demande du président Wilson, pour faire basculer l’opinion publique américains traditionnellement isolationnistes vers l’interventionnisme que nous connaissons maintenant. Lippman et Bernays généraient une hystérie anti-allemande après six mois d’intense compagne. Impressionnée, l’industrie découvrait tout à coups les immenses ressources que l’on pouvait déployer pour commander l’opinion publique d’un pays entier. Ainsi est née l’empire marchand et sa propagande publicitaire.

Les relations publiques, département que possédant quasi tout groupe commercial, s’inspirent encore maintenant directement des travaux de Lippman et Bernays. Ces techniques sont toujours utilisées de manière intensive par les gouvernements de plusieurs pays pour contrôler les masses.

La subversion est utilisée depuis longtemps dans les milieux révolutionnaires. La jeunesse russe au milieu du XIXe siècle pratiquait déjà la subversion en proposant l’émancipation libertaire aux paysans rabaissé à l’état de serf dans la Russie tsariste. Puis au cours des siècles, nombreuses furent les expériences anarchistes ou un petit groupe propagea l’idéal libertaire à travers les masses pour s’attirer le soutien populaire. Certaine avait même leur propre imprimerie clandestine avec le plus souvent du matériel voler à de grosse société d’impression. S’en suivait souvent la production de brochures et affiches.

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22 juillet 2006

Propagande par le fait

   

Propagande par le fait


La propagande par le fait est un principe qui sera lancé comme association à la propagande verbale et écrite, exercice réalisé par la mouvance anarchiste, elle consistait à réaliser des éxpériences mettant en oeuvre les possibilités révolutionnaire qui ménerait à l'anarchie.


Origine

La répréssion que les communards durent subir suite à la commune de paris (1871), amena à un durcissement des positions des anarchistes. Bakounine, peu avant sa mort (1876), abandonna ses écrits, pensant qu'il était temps maintenant d'agir (ce sera une critique faite au mouvement anarchiste).

En 1876, dans le congrès international de Berne, malatesta lança "la guerre continuelle aux institutions établies, voilà ce que nous appelons la révolution en permanence !" . Cela présagait la "propagande par le fait". Quatre ans plus tard, le 25 décembre 1880, Pierre Kropotkine clama dans son journal, "le Révolté" : "La révolte permanente par la parole, par l'écrit, par le poignard, le fusil, la dynamite (...), tout est bon pour nous qui n'est pas la légalité." C'est en 1881, au congrés international anarchiste à londres (où étaient présents Louise Michel et Émile Pouget) que cette nouvelle stratégie sera proclamé et énoncé comme "propagande par le fait" (pour se joindre aux écrits et aux paroles). Elle devait se trouver sur le terrain de l'illégalité, avec des moyens en adéquation avec le but révolutionnaire qu'était le communisme libertaire.

Kropotkine (et entre temps beaucoup d'autres compagnons) changera de position en 1887, qu'il écrira également dans "le révolté", en rejetant l'illusion de conséquences positives d'un tel procédé.


Expériences diverses et contrastées

La « propagande par le fait » se réalisera par une série de coup de main, de faits insurrectionnels et plus tard d'attentats vengeresses.

"Une première leçon des choses en fut administré par Cafiero et Malatesta. Le 5 avril 1877, sous leur direction, une trentaine de militants armés surgirent dans les montagnes de la province italienne de Bénévent, brûlèrent les archives communales d'un petit village, distribuèrent aux miséreux le contenu de la caisse du percepteur, tentèrent d'appliquer un "communisme libertaire" en miniature". Les paysans les ont observé mais pas suivi, les anarchistes furent finalement capturés après une fusillade. L'épopée de la propagande par le fait était lancé.

il n'y eut qu'un pas entre la "propagande par le fait" insurectionnelle jusqu'aux attentats individuels. Il fut vite franchi et se sont ensuite succédé une longue série d'attentats contre les autorités au début des années 1890's (ce qui aménera d'ailleurs les "lois scélérates"), dont les plus connues sont celles de Ravachol, de casério, de vaillant...


suite

Depuis ce temps-là colle à l'anarchiste l'image d'un lanceur de bombe. Dès le tournant du siècle, les anarchistes ont largement abandonné la propagande par le fait dans sa version illégalle pour se tourner vers l'action syndicaliste révolutionnaire.

Aujourd'hui, et ce depuis longtemps et sauf en de très rares occasions, les anarchistes ne sont plus partisans de l'illégalisme ou les attentats individuels. Ils et elles croient toujours dans leur majorité, comme le dit Malatesta, que "la violence n'est justifiable que quand elle est nécessaire pour se défendre soi-même, ou défendre les autres contre la violence" et ajoutent souvent que "l'opprimé est toujours en état de légitime défense et il a toujours pleinement le droit de se révolter sans attendre qu'on lui tire effectivement dessus". Mais si les anarchistes défendent l'utilisation de la violence, il s'agit d'une violence sociale, populaire et révolutionnaire, et non plus de violence individuelle, ou de petits groupes, toujours avant-gardiste dans le pire sens du mot, de la propagande par le fait.

Reste qu'il y a eu des anarchistes pratiquant la propagande par le fait dont le but était de répondre, par les armes, au terrorisme des autorités politiques (c'était en général des vengeances en réponse à la répréssion des autorités ; ex : fourmies et répréssions des ouvriers, puis réponses par attentats de Ravachol sur les militaires/juges/avocats ayant participés à ces massacres). La propagande par le fait fait partie de l'histoire internationale de l'anarchisme. Autant savoir aussi quelles étaient les raisons des anarchistes illégalistes, l'idéal et la réalité qui les poussaient à agir ainsi.


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12 septembre 2006

La Propagande dans une Société Démocratique

   

La Propagande dans une Société Démocratique

Aldous Huxley (Retour au Meilleur des Mondes - 1958)

"Les doctrines de l'Europe," écrit Jefferson, "étaient que les hommes en groupes importants ne peuvent pas être maintenus dans les limites de l'ordre et de la justice, sauf par des forces physiques et morales exercées sur eux par des autorités indépendantes de leur volonté.... Nous (les fondateurs de la nouvelle démocratie américaine) croyons que l'homme est un animal raisonnable, doté par nature de droits, et avec un sens inné de la justice et qu'il pourrait être empêché de faire le mal et protégé dans le droit, par des pouvoirs modérés, confié à des personnes de son propre choix et maintenus dans leur charge par sa propre volonté". A des oreilles post-freudiennes, cette sorte de discours semble touchamment bizarre et naïve, d'une façon touchante. Les êtres humains sont beaucoup moins raisonnables et naturellement juste que les optimistes du dix-huitième siècle le supposaient. D'un autre côté ils ne sont ni aussi moralement aveugles, ni aussi désespérément déraisonnable que les pessimistes du vingtième ne nous le feraient croire. Malgré le Ça et l'Inconscient, malgré la névrose endémique et la prévalence des bas quotients intellectuels, la plupart des hommes et des femmes sont probablement assez convenables et assez raisonnables pour qu'on leur confie la direction de leurs propres destinées.

      Les institutions démocratiques sont des dispositifs pour réconcilier l'ordre social avec la liberté et l'initiative individuelles et pour soumettre le pouvoir immédiat des dirigeants d'un pays au pouvoir suprême des gouvernés. Le fait que, en Europe de l'Ouest et en Amérique, ces dispositifs ont fonctionné, tout bien considéré, pas trop mal est une preuve suffisante que les optimistes du dix-huitième siècle n'avaient pas entièrement tort. Moyennant une chance suffisante, je le répète; car une chance suffisante est un préalable indispensable. Aucun peuple qui passe brutalement d'un état d'asservissement à l'autorité d'un despote à l'état complètement inconnu d'indépendance politique ne peut être considéré comme ayant une chance suffisante d'être capable de se diriger démocratiquement. Le libéralisme fleurit dans une atmosphère de prospérité et décline comme le déclin de la prospérité rend nécessaire au gouvernement d'intervenir de plus en plus fréquemment et radicalement dans les affaires de ses sujets. La surpopulation et la sur-organisation sont deux conditions qui ... privent une société d'une chance raisonnable de faire fonctionner efficacement des institutions démocratique. Nous voyons, alors, qu'il y a certaines conditions historiques, économiques, démographiques et techniques qui rendent très difficile aux animaux raisonnables de Jefferson, dotés par nature de droits inaliénables et d'un sens inné de la justice, d'exercer leur raison, de revendiquer leurs droits et d'agir justement dans la cadre d'une société organisée démocratiquement. Nous Occidentaux avons été suprêmement chanceux d'avoir eu une chance suffisante de faire la grande expérience de l'autonomie politique. Malheureusement, il paraît maintenant, par suite des changements récents de nos situations, que cette infiniment précieuse chance suffisante nous soit, peu à peu, retirée. Et ceci, bien sûr, n'est pas la fin de l'histoire. Ces forces impersonnelles aveugles ne sont pas les seuls ennemis de la liberté individuelle et des institutions démocratiques. Il y a aussi des forces d'un autre caractère, moins abstrait, des forces qui peuvent être délibérément utilisées par des individus qui cherchent le pouvoir et dont le but est d'établir un contrôle partiel ou total de leurs semblables. Il y a cinquante ans, quand j'étais un gamin, il semblait complètement évident en soi que les mauvais vieux jours étaient finis, que la torture et le massacre, l'esclavage et la persécution des hérétiques, étaient des choses du passé. Parmi les gens qui portaient des hauts-de-forme, voyageaient en train et prenaient un bain chaque matin de telles horreurs étaient simplement hors de question. Après tout, nous vivions au vingtième siècle. Quelques années plus tard ces gens qui prenaient des bains quotidiens et allaient à l'église en hauts-de-forme commettaient des atrocités à une échelle dont les Africains et Asiatiques plongés dans l'ignorance n'auraient rêvé. A la lumière de l'histoire récente il serait stupide de supposer que cette sorte de choses ne peut pas arriver de nouveau. Elle le peut et, sans aucun doute, elle se reproduira. Mais dans l'avenir immédiat il y a quelque raison de croire que les mesures punitives de 1984 céderont la place aux renforcements et aux manipulations du Meilleur des Mondes.

      Il y a deux sortes de propagande - la propagande rationnelle en faveur d'une action qui est compatible avec l'intérêt personnel éclairé de ceux qui la font et de ceux à qui elle est adressée et la propagande irrationnelle qui n'est pas en accord avec l'intérêt personnel éclairé de quiconque, mais est dictée par, et fait appel à, la passion. Si on considère les actions d'individus il y a des motifs plus élevés que l'intérêt personnel éclairé, mais là où l'action collective doit être menée dans les domaines de la politique et de l'économie, l'intérêt personnel éclairé est probablement le plus élevé des motifs effectifs. Si les politiciens et leurs électeurs agissaient toujours pour promouvoir leur propre intérêt personnel à longue terme ou celui de leur pays, ce monde serait un paradis terrestre. Dans la réalité, ils agissent souvent contre leurs intérêts propres, simplement pour satisfaire leurs passions les moins crédibles; le monde, en conséquence, est un lieu de misère. La propagande en faveur de l'action qui est compatible avec l'intérêt personnel éclairé fait appel à la raison au moyen d'arguments logiques basés sur les meilleures preuves disponibles exposées entièrement et honnêtement. La propagande en faveur de l'action dictée par les impulsions qui sont au-dessous de l'intérêt personnel offre des preuves fausses, déformées ou incomplètes, évite l'argumentation logique et cherche à influencer ses victimes par la simple répétition de mots-clés, par la dénonciation furieuse de boucs émissaires étrangers ou domestiques et en associant avec astuce les passions les plus basses avec les idéaux les plus hauts, pour que les atrocités en viennent à être commises au nom de Dieu et le type le plus cynique de Realpolitik est traité comme une question de principe religieux et de devoir patriotique.

      Comme disait John Dewey, "un renouvellement de la foi dans la nature humaine commune, dans ses potentialités en général, et dans sa capacité en particulier à répondre à la raison et à la vérité, est un rempart plus sûr contre le totalitarisme qu'une manifestation de succès matériel ou qu'une adoration dévote de formes légales et politiques particulières". La capacité à répondre à la raison et à la vérité existe dans chacun d'entre nous. Mais aussi, malheureusement, la tendance à répondre à la déraison et au mensonge - particulièrement dans ces cas où le mensonge évoque une émotion agréable, ou là où l'appel à la déraison fait vibrer une corde dans les profondeurs primitives, sub-humaines de notre être. Dans certains domaines d'activité les hommes ont appris à répondre à la raison et à la vérité d'une manière tout à fait consistante. Les auteurs d'articles scientifiques ne font pas appel aux passions de leurs collègues. Ils exposent ce qui, au mieux de leur connaissance, est la vérité de quelque aspect particulier de la réalité, ils utilisent la raison pour expliquer les faits qu'ils ont observés et ils supportent leur point de vue par des arguments qui font appel à la raison chez d'autres personnes. Tout ceci est assez facile dans le champ de la science physique et de la technologie. C'est beaucoup plus difficile dans les domaines de la politique et de la religion et de l'éthique. Ici les faits pertinents nous échappent souvent. Quant à la signification des faits, celle ci bien sûr dépend du système particulier d'idées, dans les termes duquel vous choisissez de les interpréter. Et ce ne sont pas les seules difficultés qui s'opposent au chercheur de vérité rationnel. En public et dans la vie privée, il arrive souvent qu'il n'y ait simplement pas le temps de rassembler les faits pertinents ou de peser leur portée. Nous sommes forcés d'agir sur la base de preuves insuffisantes et sous une lumière considérablement moins stable que celle de la logique. Avec la meilleure volonté du monde, nous ne pouvons pas toujours être complètement exacts ou invariablement rationnels. Tout ce qui est dans notre pouvoir est d'être aussi véridique et raisonnable que les circonstances nous permettent de l'être et de répondre aussi bien que nous le pouvons à la vérité limitée et au raisonnement imparfait qui nous sont offerts par d'autres.

      "Si une nation espère être à la fois ignorante et libre," a dit Jefferson, "elle s'attend ce qui n'a jamais été et ne sera jamais.... Les gens ne peuvent pas être en sécurité sans information. Là où la Presse est libre et chaque homme capable de lire, tout est sûr". De l'autre côté de l'Atlantique un autre partisan passionné de la raison pensait à peu près en même temps en termes presque précisément semblables. Voici ce que John Stuart Mill a écrit de son père, le philosophe utilitariste, James Mill : "si complete était sa confiance dans l'influence de la raison sur les esprits humains, chaque fois qu'on lui permet de les atteindre, qu'il était convaincu que tout serait gagné, si la population entière était capable de lire et si toutes les opinions pouvaient leur être adressées oralement ou par écrit, et si par le suffrage ils pouvaient nommer une législature pour réaliser les opinions qu'ils auraient adoptées". Tout est sûr, tout serait gagné! Une fois encore nous entendons la note de l'optimisme du dix-huitième siècle. Jefferson, c'est vrai, était un réaliste autant qu'un optimiste. Il savait par amère expérience qu'on peut abuser honteusement de la liberté de la presse. "Rien", déclara-t-il, "ne peut maintenant être cru de ce que l'on voit dans un journal". Et pourtant, il insistait (et nous ne pouvons qu'être d'accord avec lui), "la presse est une noble institution, également l'amie de la science et de la liberté civile". La communication de masse, en un mot, n'est ni bonne, ni mauvaise; c'est simplement une force et, comme toute autre force, elle peut être utilisée bien ou mal. Utilisés d'une façon, la presse, la radio et le cinéma sont indispensables à la survie de la démocratie. Utilisés d'une autre façon, ils sont parmi les armes les plus puissantes dans l'arsenal du dictateur. Dans le domaine des communications de masse comme dans presque tous les autres domaine de l'entreprise, le progrès technique a frappé le Petit Homme et a aidé le Grand Homme. Il y a à peine cinquante ans, chaque pays démocratique pourrait se vanter d'un grand nombre de petits journaux et de journaux locaux. Des milliers d'éditeurs provinciaux exprimaient des milliers d'avis indépendants. A un endroit ou un autre presque n'importe qui pouvait faire imprimer presque n'importe quoi. Aujourd'hui la presse est toujours légalement libre; mais la plupart des petits journaux ont disparu. Le coût de la pâte à papier, des machines d'impression modernes et des agences de presse est trop élevé pour le Petit Homme. À l'Est totalitaire il y a la censure politique et les médias de communication de masse sont contrôlés par l'État. À l'Ouest démocratique il y a la censure économique et les médias de communication de masse sont contrôlés par les membres de l'Élite au Pouvoir. La censure par l'augmentation des coûts et la concentration du pouvoir de communication dans les mains de quelques grandes entreprises est moins choquante que la propriété d'Etat et la propagande gouvernementale; mais ce n'est certainement pas quelque chose qu'un démocrate Jeffersonien pourrait approuver.

      En ce qui concerne la propagande les premiers avocats de l'alphabétisation universelle et d'une presse libre n'envisageaient que deux possibilités : la propagande pourrait être vraie, ou elle pourrait être fausse. Ils ne prévoyaient pas ce qui est en fait arrivé, particulièrement dans nos démocraties capitalistes Occidentales - le développement d'une énorme industrie de communications de masse, principalement intéressée ni par le vrai, ni par le faux, mais par l'irréel, le plus ou moins totalement non pertinent. En un mot, ils ont échoué à tenir compte de l'appétit presque infini de l'homme pour les distractions.

      Dans le passé la plupart des gens n'ont jamais eu l'occasion de satisfaire entièrement cet appétit. Ils pouvaient désirer des distractions, mais les distractions n'étaient pas disponibles.Noël ne venait qu'une fois par an, les banquets étaient "solennels et rares," il y avait peu de lecteurs et très peu à lire et ce qui ressemblait le plus à un cinéma de voisinage était l'église paroissiale, où le spectacle, quoique peu fréquent, était quelque peu monotone. Pour trouver des conditions même lointainement comparables avec celles d'aujourd'hui nous devons retourner à la Rome impériale, où la populace était tenue dans la bonne humeur par des doses fréquentes, gratuites de beaucoup de sortes de divertissement - des drames poétiques aux combats de gladiateurs, des récitations de Virgile à la boxe à mort, des concerts aux revues militaires et aux exécutions publiques. Mais même à Rome il n'y avait rien d'analogue à la distraction ininterrompue maintenant fournie par des journaux et des magazines, par la radio, la télévision et le cinéma. Dans le Meilleur des Mondes des distractions ininterrompues de la nature la plus fascinante (le ciné tactile, l'orgy-porgy, le bumblepuppy centrifuge) sont délibérément utilisées comme des instruments de police, dans le but d'empêcher les gens de prêter trop d'attention aux réalités de la situation sociale et politique. L'autre monde de la religion diffère de l'autre monde du divertissement; mais ils se ressemblent par leur caractère résolument "pas de ce monde". Les deux sont des distractions et, si on y vit trop continuellement, elles peuvent devenir, selon l'expression de Marx, "l'opium du peuple" et par là une menace pour la liberté. Seuls les vigilants peuvent maintenir leurs libertés et seuls ceux qui sont constamment et intelligemment sur le terrain peuvent espérer se diriger efficacement selon des procédures démocratiques. Une société, dont la plupart des membres passe une grande partie de son temps, non sur le terrain, non ici et maintenant et dans l'avenir calculable, mais quelque part ailleurs, dans les autres mondes non pertinents du sport et du feuilleton, de la mythologie et de la fantaisie métaphysique, auront beaucoup de mal à résister aux empiétements de ceux qui aimeraient les manipuler et les contrôler.

      Dans leur propagande les dictateurs d'aujourd'hui comptent essentiellement sur la répétition, la suppression et la rationalisation - la répétition de mots-clés qu'ils veulent faire accepter comme vrais, la suppression des faits qu'ils veulent faire ignorer, l'éveil et la rationalisation des passions qui peuvent être utilisées dans l'intérêt du Parti ou de l'État. Quand l'art et la science de la manipulation seront de mieux en mieux compris, les dictateurs de l'avenir apprendront sans aucun doute à combiner ces techniques avec les distractions ininterrompues qui, en Occident, menacent maintenant de noyer dans une mer de non pertinence la propagande rationnelle essentielle au maintien de la liberté individuelle et à la survie d'institutions démocratiques.

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16 septembre 2006

Le Slapping

   

Le Slapping
Sources


Le terme "slapping" provient de l’acronyme anglais Srategic Lawsuit Against Public Participation ou poursuite stratégique contre la mobilisation publique, une pratique juridique qui a fait son apparition aux États-Unis il y a une quinzaine d’années et qui commence à devenir très populaire auprès des entreprises qui cherchent des contre-feu aux remises en questions de leurs agissements par les organisations et groupes communautaires.

Le principe est simple : une grande entreprise qui est prise en faute et dénoncée par une mobilisation publique va entamer une poursuite contre ses détracteurs, souvent de petits organismes et associations et parfois même des citoyens. Dans la pluspart des cas, le plus faible économiquement n’aura pas les moyens de défrayer les frais d’avocat pour se défendre et renoncera à poursuivre ses actions.

Aux États-Unis, déjà 24 états ont interdit le « slapping » dont New- York, la Floride et la Californie.  au Québec nous assistons aux premiers cas avec le bras de fer qui oppose l’ AQLPA ( Association Québecoise de Lutte contre la Pollution Atmosphérique ) qui a pignon sur rue depuis 24 ans et qui va devoir cesser ses activités, incapable de combattre une poursuite de 5 millions de dollars entamée par la firme AIM.
Dans le même ordre une entreprise de compostage de la région de Sherbrooke poursuit un citoyen qui se plaignait publiquement des odeurs nauséabondes. La partie semble gagnée puisque plus personne n’ose se plaindre par peur de représailles démontrant ainsi le fort levier de dissuasion du « slapping ».

Nous sommes donc en présense de méthodes légales totalement anti-démocratique qui se répendront dans tous les états et pays qui n’auront pas légiféré pour les interdir.

Avec les blogues, les journaux citoyens, les nanos-publications, nous avons l’impression pour le moment que nous vivons l’avènement de la prise de parole citoyenne offrant à tout à chacun la possibilité de faire entendre son point de vue.Il faut être bien réaliste que cela n’est pas du goût de tout le monde, que cela dérange et que certaines « entités » sont prêtes à utiliser tous les moyens disponibles pour sauvegarder leurs intérêts.

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27 septembre 2006

La guerre de l'Information

   

La guerre de l'Information


La maîtrise de l'information est un enjeu capital des conflits du 21ème siècle.Vous trouverez ci-après les thèmes suivants :
- Les principes de la guerre de l'information;
- La guerre psychologique;
- Les aspects opératifs et tactiques de la guerre de l'information;
- La guerre industrielle;
- Définitions.
 

En cette fin de siècle, il est indéniable que les nations les plus évoluées sont entrées ou s'apprêtent à entrer dans l'âge de l'information.

Le développement accéléré des technologies de pointe, des réseaux de transmissions de données, la place de plus en plus grande des médias dans la vie des sociétés sont des phénomènes qu'il n'est plus possible d'ignorer car ils contribuent à modifier fondamentalement la stratégie, la politique, l'économie, le comportement des hommes et finalement l'art de guerre.

Les changements intervenus en Europe au cours de la dernière décennie, et les enseignements tirés des conflits les plus récents, quels qu'aient pu être leur niveau d'intensité ou leur spécificité, que les troupes aient été directement engagées dans les combats ou le maintien de la paix montrent une évolution marquée des caractéristiques de la guerre et de son environnement.

A une menace unique, identifiée et structurée ont succédé des risques multiples aux contours flous et sans probabilité d'occurrence ni localisation précises. Les combats de masse sur de vastes théâtre d'opérations bien connus des protagonistes, nécessitant l'engagement des forces nombreuses, avec des taux de pertes élevées, et des délais de réaction importants ont fait place à des probabilités d'actions très diverses, parfois à grande distance, sur un terrain inhabituel, contre un adversaire imprévisible, tandis que les nouvelles technologies réduisent les temps de réponse quasiment à zéro et que la préservation de la vie humaine devient une préoccupation importante dans tout conflit, notamment pour les pays les plus avancés.

Dans le même temps, la mondialisation de l'information et la quasi instantanéité de sa diffusion donnent un pouvoir considérable aux médias mais aussi aux techniques de communication. L'information n'est plus une seule nécessité, elle devient un élément majeur de l'art de la guerre : arme redoutable pour celui qui la maîtrise, elle permettra de gagner un conflit qu'il soit militaire ou économique avant ou pendant les hostilités, parfois sans tirer un coup de feu. Dans son développement extrême, elle pourrait faire de l'affrontement armé sur un champ de bataille l’ultima ratio de la guerre à l'âge de l'information, celle qui nous attend au XXIème siècle.

Mais cette perspective ne doit pas occulter un certain nombre de réalités. La guerre de l'information, utilisant toute la gamme des techniques, depuis les plus élémentaires jusqu'aux plus élaborées, ne concernera qu'un petit nombre de nations évoluées, celle de la 3ème vague ; les autres, celles de la 2ème et de la l ère ne disposant que de technologies inférieures. Le décalage entre les niveaux de civilisation nécessitera une adaptation des stratégies et des moyens à l'adversaire du moment. Enfin, la réalisation de systèmes de plus en plus complexes et touchant de plus en plus d'activités humaines introduira de nouvelles vulnérabilités.

Aujourd'hui, il s'agit de sortir des sentiers battus et des schémas classiques : la guerre de l'information nous impose une véritable révolution culturelle. en nous obligeant à porter notre réflexion dans des domaines dont nous sommes restés trop éloignés jusqu'à présent.


Principes de la guerre de l'information

Dernier avatar de la modernisation des rapports entre les États, les blocs, les régions et les entreprises, la guerre de l'information consacre l'avènement de cette nouvelle matière première de l'activité humaine qu'est devenue l'information. Celle-ci est d'autant mieux devenue un enjeu que le mariage des télécommunications, de l'informatique et du multimédia a provoqué l'explosion quantitative de la sphère informationnelle : on peut ainsi avoir au bout des doigts près de 90 % des informations existantes considérées comme ouvertes. Dès lors grande est la tentation de s'emparer des supports et vecteurs d'information mondiaux afin d'en contrôler les contenus : ce serait la société parfaite d'Huxley et Orxwell, aux mains d'une minorité régnant pour l';éternité.

Cela étant, l'homme a toujours lutté pour savoir et empêcher l'autre de savoir. L'élément nouveau réside dans la dimension mondiale et instantanée du phénomène, dans l'importance des facteurs technologiques et financiers en jeu, enfin dans la situation géo-économique nouvelle des États-Unis, en passe d'asseoir durablement leur imperium sur l'information, donc à terme, sur tous les aspects culturels, économiques et politiques des nations.

Il existe un exemple historique de guerre de l'information : il s'agit du plan Jaël de politique générale d'intoxication mis au point par les Britanniques pour assurer le succès du débarquement en Normandie en 1944. Des enseignements durables ont pu en être tirés.

De leur côté, les Américains font émerger leur propre concept. Son étude souligne l'ampleur des changements entamés et à venir, du fait de l'entrée du monde dans le nouvel âge de l'information : la reconfiguration des contraintes géopolitiques et économiques modifie les conditions d'engagement des forces militaires et impose une redéfinition de la pensée stratégique les besoins en ressources humaines évoluent vers d'autres profils et d'autres formations les marchés de l'information et de la communication explosent : dans cette perspective, la stratégie américaine consiste à présenter la guerre de l'information comme un concept défensif aux conséquences purement instrumentales alors qu'il s'agit d'un véritable système d'armes couvrant toute la palette de l'activité humaine donc à portée stratégique.

Pour leur part, Britanniques et Japonais élaborent également une doctrine particulière. Les premiers n'ont pas achever leur réflexion mais ont une approche beaucoup plus large que l'approche officielle américaine puisque, pour eux, la guerre de l'information peut se substituer à la guerre militaire. Il s'agit donc là du sujet le plus sensible et le plus protégé en Grande-Bretagne

Les Japonais invoquent les limitations consécutives à la seconde guerre mondiale qui leurs sont imposées, pour rester dans les généralités lorsqu'on aborde le sujet. Ils semblent considérer que le secteur civil - et en particulier l'industrie est le mieux placé pour développer un concept ; toutefois, il n'y aurait pas, au Japon, de coordination, chacun œuvrant de son côté, mais l'observation' du dispositif japonais ne confirme pas cette version.

En ce qui concerne la France, il faut tirer parti des enseignements étrangers et élaborer un concept propre. En effet, le manque de culture d'information / renseignement est frappant dans notre pays : c'est un problème collectif et les élites ont un gros effort à fournir dans ce domaine. Toutefois, l'absence d'idées préconçues qui découle de cette situation peut nous permettre de créer quelque chose de nouveau. En particulier, refusant la typologie américaine trop analytique, il est possible d'y voir plus clair en adoptant une grille adaptée à l'action. En effet, la guerre de l'information s'exerce de trois manières : la guerre pour l'information (c'est la lutte pour le renseignement), la guerre contre l'information (c'est la protection de sa propre information et l'interdiction faite à l'ennemi d'accéder à toute information), la guerre par l'information West l'intoxication) ; ce troisième aspect devient prédominant : Il peut permettre de perturber le cycle de décision adverse.

Pour nous, la guerre de l'information est un défi nouveau qui nous contraint à lutter contre l'hégémonie américaine et peut nous aider à maintenir notre position de grande puissance grâce à ce formidable levier du nouvel âge.

Nous avons toute la richesse intellectuelle nécessaire, il faut maintenant s'organiser.


La guerre psychologique

La guerre psychologique est une des formes les plus anciennes de la guerre de l'information si ce n'est la plus sophistiquée. Faisant d'abord appel à l'intelligence humaine, elle recouvre des actions qui visent à contribuer au succès des opérations militaires conduites pour dominer l'adversaire, à préserver les armées de toute atteinte au moral des troupes et au soutien de la nation ainsi qu'à obtenir l'adhésion de l'opinion nationale et internationale.

Mal connue, peu pratiquée et mal aimée en France elle est restée à l'écart des préoccupations des militaires. Le plus souvent ils ont dû s'y engager sous la pression des événements ou de l'adversaire.

Composante essentielle de la guerre révolutionnaire, et singulièrement de celle menée par le Viët-Minh en Indochine, elle a contraint le Commandement Français à réagir pour se protéger de ses attaques. Ce n'est qu'en Algérie qu'il a su devancer les événements et mettre sur pied une organisation opérationnelle particulièrement efficace. La stratégie mise en oeuvre et les résultats obtenus ont valeur d'exemple. Mais instrument incontestable de puissance, l'action psychologique a montré ses excès et son organisation a été dissoute. Depuis, elle a connu le discrédit le plus total et reste encore un sujet tabou.

Cependant les crises et les conflits récents donnent une nouvelle dimension à la guerre psychologique. En effet, que ce soit dans le Golfe, au Rwanda ou en Bosnie elle a été un des instruments des stratégies politiques et militaires. Partout, les médias omniprésents y ont joué un rôle prééminent, mais parfois contestable. ,

Ces conflits qui ont vu l'engagement de nations des trois vagues préfigurent et notamment celui du Golfe, ce que pourrait être un affrontement au XXIème siècle. Ils ont montré que la guerre psychologique non seulement ne peut être exclue d'un conflit moderne, mais aussi qu'elle pourrait être un facteur de succès, grâce en particulier à la maîtrise des médias.

Ses objectifs resteront toujours valables. S'inscrivant dans une stratégie politico-militaire couvrant tous les aspects et tous les niveaux du conflit, agissant par la désinformation, l'intoxication, la déception, l'interdiction et la propagande elle utilisera tous les moyens, des plus classiques aux plus sophistiqués, voire aux plus insolites. Elle s'appliquera à un adversaire multiforme, au cours d'engagements de nature très diverse (combat classique, lutte contre le terrorisme et la subversion maintien de la paix), mais aussi à l'opinion à l'arrière qu'il s'agira de conforter voire de manipuler. Enfin elle se déroulera sur un champ de bataille interarmées et le plus souvent multinational, où les armes classiques côtoieront les plus innovantes.

Dans cette perspective, l'arme psychologique sera un des instruments majeurs de la bataille de l'information et notamment de celle des médias, moyens incontournables et indispensables pour diffuser les messages destinés aux amis comme aux ennemis.

En raison de son caractère particulier, elle pourra trouver son plein emploi dans des actions plus spécifiques comme les opérations spéciales qui y trouveront un champ d'action privilégié en raison de la menace permanente d'opérations psychologiques en paix comme en guerre. Enfin elle restera en outre un moyen efficace de conditionnement des foules.

Mais elle devra être préparée et s'appuyer sur une organisation toujours opérationnelle et structurée, car l'improvisation ne sera plus de mise, conduite par des personnels et des organismes spécialisés, formés à ce type d'action et particulièrement motivés elle conservera tous les aspects de la défense.

Il n'y a pas chez les militaires un attrait particulier pour la guerre psychologique. Il devient indispensable et urgent de s'en préoccuper. Nombreux sont ceux qui citent ou font l'exégèse de Clausewitz mais peut-être n'ont-ils pas lu cette phrase : Les armes psychologiques sont supérieures à l'armement militaire . ce qui veut dire que la guerre doit être totale, c'est-à-dire que la propagande, l'action sur les populations, la contagion idéologique, y jouent leur rôle.(R. MUCCHIELI: La subversion CLC 1976.)


Aspects opératifs et tactiques de la guerre de l'information

Il est impossible d'aborder le problème des moyens d'acquisition, de traitement et de diffusion de l'information opérative ou tactique sans prendre comme référence les ambitions américaines en la matière. La présence des Américains à travers le monde fait de leurs systèmes des points de passage incontournables, sauf exceptions, française notamment.


Les systèmes de communication civils sont désormais banalisés à un niveau de performance encore réservé il y a peu aux seules forces gouvernementales, services de renseignement et forces armées. Il en résulte un effet de masse conduisant, en principe, à des coûts d'accès et le cas échéant d'acquisition nettement inférieurs à ceux des systèmes militaires spécifiques traditionnels.. Cette banalisation conduit également à la notion d'accès à un service, concept très différent de celui de système - matériel et services - appartenant à un propriétaire exclusif, le système de défense d'un pays ou d'une alliance, par exemple. Il convient de noter que les capacités réduites des forces armées de l'après guerre froide ne permettent plus à ces dernières de disposer des capacités autonomes correspondantes. Les coûts correspondants seraient prohibitifs.

C'est la reconnaissance de cet état de fait qui a conduit les militaires américains à fonder leur projet sur la mise à profit de capacités réalisées par ailleurs, dont, en définitive, la libre disposition, notamment en cas de crise, leur échappe en grande partie.

Dès lors, et même s'il est prévu de conserver quelques capacités purement militaires autonomes, la réalisation de systèmes d'information de défense et d'intervention globaux sur lesquels reposerait l'essentiel des activités opérationnelles, qui dépendraient en quasi totalité des systèmes civils, crée de fait une vulnérabilité qu'il convient d'apprécier à sa valeur en cas de crise, voire de conflit ouvert.

Le postulat américain, justifié par la réduction des ressources humaines et financières, s'il présente l'avantage de conduire à des études profitables sur la cohérence des grands systèmes de systèmes, n'en demeure pas moins à suivre avec de sérieuses précautions.

La recette réside probablement dans le maintien de capacités locales autonomes suffisamment durcies pour résister dans les meilleures conditions à l'environnement d'un combat réel.

D'autre part, par sa dimension difficilement maîtrisable, le volume d'information traitée et diffusée par les grands systèmes pose des problèmes spécifiques encore mal connus. Dans ce domaine également, des études sont nécessaires pour apprécier les limites des mesures de bon sens telles que le fractionnement par zones et domaines de responsabilité, la mise en oe;uvre de droits d'accès, la sécurisation, la mise au point de stratégies de reconfiguration.

Dans certains domaines spécifiques, tels que les techniques de communication, en revanche, le recours à des technologies civiles mises à l'épreuve quotidiennement, et donc bien connues, ne peut qu'être bénéfique. A quand le téléphone mobile de l'avant ?

Enfin, même dans des domaines jusqu'à présent strictement réservés aux militaires, le recours aux techniques civiles peut s'avérer profitable. Nous en citerons deux exemples frappants : la localisation géographique du type GPS et l'observation optique par satellite.

La localisation géographique est une nécessité sur les territoires mal, incomplètement ou faussement cartographiés. Elle est désormais un fait acquis, avec une précision militaire accessible au moindre coût. Il est désormais possible d'étudier sa généralisation au sein des composantes militaires.

L'observation par satellite devient également, au moins dans une certaine me ) sure, un service banalisé. L'apparition de sociétés comme Earth Watch ou Space Imaging promet une rapide mise à disposition d'images de bonne résolution. Sans réduire l'importance des missions spécifiques des satellites purement militaires, l'existence de ces nouvelles capacités doit être prise en compte. Les incidences sur la connaissance du terrain et de l'environnement sont importantes, et le recours à ces moyens banalisés devrait permettre de soulager les satellites spécialisés de missions non prioritaires.

Enfin, l'effort annoncé par les Américains en matière de systèmes d'information doit être rapproché de la présence dominante des anglo-saxons dans les structures de commandement des organisations alliées. Cet état de fait leur donne une certaine maîtrise de l'information qui peut s'avérer préjudiciable aux intérêts de leurs alliés. Un effort doit être fourni pour assurer progressivement une présence nationale plus importante dans ce domaine. La présence des hommes au sein de ces entités relève d'un choix politique, mais celle des techniques relève de la recherche et de l'industrie. Il faut créer les conditions de décisions plus favorables à nos intérêts.

En conclusion, le champ de bataille qui nous est promis par les progrès techniques devrait être plus transparent, à la fois du point de vue de l'observation, de la localisation et des communications. Mais l'exploitation optimale de ces capacités suppose une préparation soigneuse des hommes. La transparence du champ de bataille ne doit pas faire oublier que seul le combattant est en mesure, in situ, d'apprécier une situation. Les éléments que la technique lui fournit sont certes un atout précieux, mais ce tableau est nécessairement incomplet, et il lui appartient de la compléter et de décider de l'action réelle. Le combat sur le terrain n'a rien de virtuel, et il y a un danger certain à considérer le champ de bataille, surtout à distance, à travers une lorgnette électronique dont le champ demeure limité. C'est par une préparation et un entraînement adaptés que le combattant pourra en tirer un réel profit. De ce point de vue, le modèle américain, fondé sur l'axiome du no kill atteint ses limites. L'observer trop étroitement serait dangereux et d'ailleurs, c'est le maillon faible du système face à des adversaires acceptant des pertes (Somalie).


La guerre industrielle

La guerre industrielle de l'information est celle que doivent mener les acteurs économiques, c'est-à-dire les hommes d'entreprise et tous les membres des institutions et administrations concernées, pour maîtriser la sphère informationnelle. La nouvelle donne concurrentielle définit leur cadre d'action. Celui-ci devient très conflictuel : les États, tous moyens confondus, interviennent pour s'attribuer les marchés mondiaux. Cela met en cause la validité du principe libéral de libre concurrence. Les flux financiers mondiaux sont gravement déséquilibrés par l'argent sale. Enfin, amplifiée par les médias mondiaux, une nouvelle forme d'agression menace les entreprises dans leur image. (Les images d'Earth Watch : http//www.carthwatch.com, Site Orbimage (Space Image) : http//www.orbimage.com)

Ainsi, la guerre de l'information est-elle devenue inévitable : elle s'exerce selon les trois fonctions d'appropriation (renseignement), d'interdiction (limitations de l'accès à l'information) et de manipulation (intoxication). De très nombreux cas illustrent cette réalité : l'affaire Perrier, le TGV-Corée, le champ clos qu'est devenu Internet, etc. témoignent de l'impact, direct ou non, de la guerre de l'information sur les entreprises et les forces d'intervention.

Il faut trouver des réponses à ces situations nouvelles. L'intelligence économique en est une. Son concept est beaucoup plus puissant qu'on ne l'imagine puisque, proposant une réorganisation des structures autour de la fonction information / renseignement, elle doit entraîner des changements considérables aussi bien dans le système de prise de décision que dans la gestion des ressources humaines.

Des entreprises spécialisées et des outils spécifiques Peuvent aider à la mutation. Mais, il ne faut jamais oublier que l'homme, source et utilisateur de l'information, est au centre de la problématique : c'est un gage d'efficacité.

La réponse à la guerre de l'information réside donc dans un redéploiement des concepts, des structures, des méthodes et des hommes aussi bien pour mieux capter l'information, que mieux la protéger ; dans ce domaine, il apparaît que la sécurité informatique ne peut être garantie comme le démontrent les cas Promis (pièce logiciel) et le cas Microsoft (dont les produits peuvent contenir des fonctions cachées de rapatriement d'informations). Par ailleurs, la plupart des grandes sources publiques d'information sont anglo-saxonnes. Il faut aussi souligner l'importance des réponses juridiques et normatives aux défis de l'information. De plus, il convient de souligner que les progrès technologiques entraînent inévitablement de nouvelles vulnérabilités. Et c'est particulièrement vrai dans le domaine de l'information.

De même, la nouvelle gestion des ressources humaines doit faire l'objet d'une attention particulière ; le recrutement, la formation, la gestion doivent s'opérer sur des critères prenant en compte l'aptitude à partager et / ou à protéger l'information. Dans ce domaine tout est à créer.

La capacité de mener des opérations de contre information doit également être mise en place. Les exemples de Perrier, d'Airbus, de l'Aérospatiale sont éclairants. Les entreprises ne peuvent plus faire d'impasse sur ce sujet.


En conclusion, il apparaît que, en l'absence globale de prise de conscience et de réponse françaises devant le défi de la guerre de l'information, la DGA voit s'offrir une opportunité exceptionnelle pour jouer un rôle pilote. Sa réorganisation en cours crée des conditions favorables. La réponse lui appartient.

Évolution, adaptation, révolution pourraient être les maîtres mots qui caractérisent la guerre de l'information.

Évolution, car cette guerre est née avec l'homme qui a toujours recherché la connaissance de l'autre et cherché à le tromper quand c'était nécessaire, en utilisant son intelligence et les moyens que son génie avait élaboré, des plus rudimentaires au plus sophistiqués.

Stratagème à ses débuts, elle pourrait devenir guerre totale demain. Se déroulant dans un monde où le temps et l'espace n'auront plus de limites, et dans tous les domaines de l'activité humaine, sans distinction entre paix et guerre, elle imposera la définition d'une stratégie globale politico-militaire, offensive et défensive.

Adaptation, à l'évidence, car c'est une constante de l'art de la guerre : adaptation à l'environnement, à l'adversaire, aux nouvelles technologies. L'adaptation c'est le mouvement indispensable dans un univers où l'information sera instantanée et le temps de réaction quasi nul. La guerre de l'information devra être dynamique, sans improvisation, mais avec une forte capacité d'anticipation. C'est pourquoi il faudra mettre sur pied une organisation solide et permanente, capable de réagir en temps opportun.

Révolution enfin, pour nous Français, qui politiques ou militaires, n'avons pas la culture de l'information et encore moins la volonté de l'utiliser comme arme de guerre et donc de l'intégrer à notre stratégie de défense.

Aucune réflexion conceptuelle n'est menée dans ce domaine et les états-majors ne s'y sont pas risqués malgré les recommandations faites après la guerre du Golfe et la crise Yougoslave.

Nos alliés et nos adversaires d'hier s'y sont engagés bien avant nous et ont donné à l'arme psychologique toute l'importance qui lui revient. Les États-Unis sont en train d'élaborer un nouveau concept destiné à assurer leur suprématie dans la guerre de l'information. Sans insister sur les risques encourus par une absence complète de doctrine, il serait regrettable que nous ne puissions pas définir notre propre concept et conserver ainsi notre indépendance comme nous l'avons déjà fait dans d'autres domaines.

Il est temps de sortir des sentiers battus et de renverser les tabous : ayant occulté les références historiques, nous pourrions faire oeuvre originale en la matière.

Au moment où s'engage une réforme en profondeur de notre Défense, l'occasion est à saisir pour relever les nouveaux défis qui nous guettent au XXIème siècle.

Définition d'origine militaire © :

La guerre de l'information recouvre l'ensemble des champs conflictuels où l';information est utilisée comme une arme offensive pour affaiblir, déstabiliser ou détruire un adversaire. Les techniques offensives de la guerre de l'information peuvent prendre la forme de la désinformation, de la manipulation, de la rumeur, de la propagande; Il s'agit donc de méthodes subversives pouvant être efficacement déployées sur l'ensemble des canaux de communication à disposition (interne, externe, Internet, Intranet, prolifération orale ;)

Le concept de guerre de l'information (GI) est un concept très vaste qui englobe indistinctement toutes les actions humaines, techniques, technologiques ( opérations d'information) permettant de détruire, de modifier, de corrompre, de dénaturer ou de pirater (mais la liste des actions n'est pas exhaustive) l'information, les flux d'informations ou les données d'un tiers (pays, états, entité administrative, économique ou militaire) en vue de brouiller, d'altérer sa capacité de perception, de réception , de traitement, d'analyse et de stockage de la connaissance.

Les opérations de GI ciblent aussi bien les moyens technologiques de commandement et de communication que les individus. La GI contre des individus ou des groupes d'individus prend sous sa dénomination de GI ce que l'on désignait il y a quelques années par guerre subversive ou psychologique (propagande, manipulation, désinformation, déception).

Le concept est certes ancien, il retrouve cependant une deuxième jeunesse amplifiée par les Nouvelles Technologies d'Information et de Communication (NTIC).

L'enjeu est l'information, le savoir et la connaissance afin d'obtenir le pouvoir.

La manipulation ou simplement l'utilisation de l'information à des fins malveillantes contre des acteurs économiques, contre un État, contre des entreprises, des régions, ou des individus est aujourd’hui facilitée, notamment du fait de l’émergence des NTIC.

D'un point de vue géopolitique, les nouveaux rapports de forces, qui se dessinent sur l'échiquier mondial de l'après guerre froide, ont fait apparaître de nouvelles techniques de combat. La maîtrise, le contrôle, la diffusion de la connaissance et de l';information ainsi que la protection des capacités de maîtrise, de contrôle et de diffusion de l'information sont ainsi utilisés non plus seulement comme un vecteur de connaissance et d'anticipation, mais comme une arme offensive qui fait de l'information, des systèmes d'information et des capacités informationnelles l'enjeu politico-militaro-économique du XXIème siècle .

La principale matière première de l'économie, de la politique et du militaire sera bien l'information qui pourra alors être traitée, analysée, diffusée et exploitée aux dépens des uns ou des autres en vue d'obtenir une longueur d'avance majeure qui verra naître l'ère de la course à l'information-domination (info-dominance).

Définition d'origine civile (C.Harbulot ©) :

Les opérations de guerre de l'Information se répartissent dans le domaine économique en 3 catégories :

- la Tromperie : (Désinformation, Manipulation, discrédit)


- la Contre-information : (Identification des points faibles de l'adversaire, Exploitation de ses contradictions,
Frapper ses talons d'Achille, Utilisation de l'information vérifiable)


- la Résonance : (Faire de l'agit-prop, Optimiser les caisses de résonances, Créer des réseaux d'influence, animer des forums de discussion)




Définition de la Guerre

Selon Clausewitz : la guerre est définie comme un moyen qu'emploie une conscience politique pour imposer sa volonté à une autre conscience politique( la guerre est une relation d'hostilité entre les êtres humains, elle est un conflit d'intérêts humains qui a la particularité de se régler par le sang.

Voilà une des nombreuses définitions du mot guerre. Celle-ci est importante car elle fait apparaître deux concepts fondamentaux : la conscience politique et la relation d'hostilité.

- La conscience politique désigne une volonté politique à laquelle la guerre est subordonnée.


- La relation d'hostilité, affirmée ou dissimulée, fait apparaître la place primordiale prise par l'entité humaine dans tout conflit. Il ne peut y avoir de guerre sans implication humaine et sans confrontation physique à un moment ou à un autre.



Si le facteur humain ne pourra jamais être remplacé complètement et durablement par la technologie, en revanche rien ne s'oppose à ce que les moyens technologiques (notamment les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication -NTIC-) soient exploités et mis en oeuvre afin de mieux préparer la guerre sur le terrain. On voit alors, et seulement à ce moment, se dessiner et se profiler à l'horizon la notion de Guerre de l'Information.

Les actions qu'elle entraîne que l'on peut appeler les Opérations d'Informations ou actions d'environnement font partie du spectre des Opérations Spéciales. Par spéciales, nous entendons des opérations non conventionnelles.

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29 novembre 2006

Stratégie de la tension

   

Stratégie de la tension



La stratégie de la tension est un terme désignant des opérations de déstabilisation d'un pays par le biais d'attentats false flag, c'est-à-dire mis sur le dos de la partie adverse. Le terme trouve ses origines dans l'histoire de l'Italie, en particulier durant les années de plomb où de nombreux attentats ont été commis, dont certains (par exemple l'attentat de la piazza Fontana en 1969 ou l'attentat de la gare de Bologne en 1980) par l'extrême droite, qui a ensuite accusé les Brigades rouges. Selon un rapport parlementaire de la coalition de centre-gauche de L'Olivier de 2000, les Etats-Unis ont soutenu en Italie « une stratégie de la tension visant à empêcher le PCI et, dans une moindre mesure, le PSI, d'accéder au pouvoir exécutif. » On a aussi parlé de stratégie de la tension dans d'autres pays, dont la Belgique (tueries du Brabant dans les années 1980 et, plus récemment, les plans du groupe néo-nazi BBET, découverts en septembre 2006).


La « stratégie de la tension » en Italie 


Dans les milieux d’affaires ont craint une contagion de Mai 68. Les États-Unis craignent le spectre d’un gouvernement de gauche incluant le Parti Socialiste Italien (PSI) ou le Parti Communiste Italien (PCI) dans un pays abritant d’importantes bases militaires américaines. Les réseaux stay behind de l'OTAN, appelés en Italie "Gladio", et la loge P2 ont mis en place une stratégie de la tension pour influencer l’opinion et l’amener à accepter un gouvernement autoritaire anti-communiste, ainsi qu'empêcher le compromis historique entre la Démocratie Chrétienne et le PCI. L'assassinat, en mai 1978, du leader de la Démocratie Chrétienne, Aldo Moro, par le second groupe des Brigades rouges, a mis fin à un tel compromis historique. Déjà, à l'époque, des rumeurs accusant la CIA d'avoir manipulé cet assassinat circulent. La thèse de la stratégie de la tension est confirmée en 2000 par un rapport parlementaire de la coalition de centre-gauche de L'Olivier, qui affirme que Washington a soutenu en Italie « une stratégie de la tension visant à empêcher le PCI et, dans une moindre mesure, le PSI, d'accéder au pouvoir exécutif. »

Au début des années 1980, le terroriste néofasciste Vincenzo Vinciguerra avait déjà avoué à la justice que l'attentat de la Piazza Fontana du 12 décembre 1969 visait à pousser l'Etat italien à « déclarer l'état d'urgence » et à instaurer un régime autoritaire anti-communiste. A l'époque, le mouvement autonome, les « gauchistes et anarchistes », sont immédiatement pointés du doigt; 400 personnes sont arrêtées, ainsi que le cheminot libertaire Giuseppe Pinelli, arrêté le soir même. Il « tombera accidentellement » par une fenêtre du 4ème étage du commissariat central de Milan, où il était détenu. Le soir du 20 décembre, l’ambassadeur états-unien Ackley cable à Washington : « Il faut se préparer à un scénario à la grecque ». Le régime des colonels est en place depuis 1967.

L'attentat de la piazza Fontana a été le point de départ des années de plomb en Italie, qu'on considère habituellement achevées avec l'attentat de la gare de Bologne en 1980, lui aussi perpétré par des néofascistes. On arrête peu après Licio Gelli, le grand-maître de Propaganda Due (P2), une loge maçonnique néofasciste. Lors de perquisitions chez lui, on découvre un « plan de renaissance démocratique » qui détaille la marche à suivre pour installer un régime néofasciste en Italie. En outre, on découvre la liste des membres de P2, qui inclut tous les dirigeants des services secrets italiens (SISMI, etc.), ainsi que de nombreux juges, politiques (dont Silvio Berlusconi), et journalistes.

Belgique 

On a soupçonné, sans que la commission parlementaire d'enquête à ce sujet ne puisse apporter de preuve définitive, des groupes néo-nazis (tels que le Westland New Post) liés au réseau stay-behind belge de l'OTAN, d'implication dans les tueries du Brabant en 1980. L'arrestation en septembre 2006 de membres du groupe néo-nazi Bloed-Bodem-Eer en Trouw (BBET), qui aurait projeté d'assassiner Filip Dewinter, le dirigeant anversois du parti d'extreme droite Vlaams Belang, puis Dyab Abou Jajhah, leader du groupe islamiste Ligue arabe européenne, afin d'instaurer une dictature fasciste en Belgique a réveillé des souvenirs liés aux années de plomb .


Posté par kazal à 00:58 - Propagande et désinformation - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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