03 avril 2005
terrorisme poétique selon hakim bey
Le Terrorisme Poétique
PAR Hakim Bey
C’est une danse étrange et nocturne dans les guichets automatiques des banques. Des feux d’artifice tirés illégalement. L’art-paysager, des travaux de terrassement, ou des objets bizarres dans les Parcs Publics. Rentrez par effractions dans des maisons, mais au lieu de les cambrioler, laissez y des objets de terrorisme poétique. Kidnappez quelqu’un et rendez-le heureux( en lui rendant sa liberté peut être,ça je comprend pas ;Kazal) . Prenez une personne au hasard et persuadez la qu’elle vient d’hériter d’une fortune colossale, inutile et surprenante - 1000 hectares en Antarctique, un éléphant de cirque trop vieux, un orphelinat à Bombay, ou une collection de vieux manuscrits alchimiques. Cette personne réalisera plus tard que durant un moment, elle a cru en quelque chose d’extraordinaire, et elle sera peut-être amenée à rechercher un autre mode de vie, plus intense.
Erigez des plaques commémoratives en cuivre dans les endroits (publiques ou privés) où vous avez connu une révélation ou une expérience sexuelle particulièrement satisfaisante...
Go naked for a sign.
Organisez une grève dans votre école ou sur votre lieu de travail sous prétexte que vos besoins en indolence et en beauté spirituelle n’y sont pas satisfaits.
Les graffitis apportent une certaine grâce aux métros si laids et aux monuments publiques si rigides - le Terrorisme Poétique peut également servir dans les endroits publiques : des poèmes gribouillés dans les toilettes des palais de justice, de petits fétiches abandonnés dans les parcs et les restaurants, des photocopies artistiques placées sous les essuie-glaces des pare-brise des voitures en stationnement, des Slogans écrits en Caractères Enormes collés sur les murs des cours de récréations ou des aires de jeux, des lettres anonymes postées au hasard ou à des destinataires sélectionnés (fraude postale), des émissions radio pirates, du ciment humide....
La réaction du public ou le choc esthétique produit par le Terrorisme Poétique devra être au moins aussi intense que le sentiment de terreur - de dégoût puissant, de stimulation sexuelle, de crainte superstitieuse, d’une découverte intuitive subite, d’une peur dadaesque - il n’est pas important que le Terrorisme Poétique soit destiné à une ou plusieurs personnes, qu’il soit « signé » ou anonyme, car s’il ne change pas la vie de quelqu’un (hormis celle de l’artiste), il échoue.
Le Terrorisme Poétique n’est qu’un acte dans un Théâtre de la Cruauté qui n’a ni scène, ni rangées, ni sièges, ni tickets, ni murs. Pour fonctionner, le Terrorisme Poétique doit absolument se séparer de toutes les structures conventionnelles de consommation d’art (galeries, publications, médias). Même les tactiques de guérillas Situationnistes comme le théâtre de rue sont peut-être actuellement trop connues et trop attendues.
Une séduction raffinée, menée non seulement dans l’optique d’une satisfaction mutuelle, mais également comme un acte conscient dans une existence délibérément belle - pourrait être l’acte ultime de Terrorisme Poétique.
Le Poète Terroriste se comporte comme un farceur de l’ombre dont le but n’est pas l’argent mais le changement.
Ne pratiquez pas le Terrorisme Poétique pour d’autres artistes, faites le pour des gens qui ne réaliseront pas (du moins durant quelques temps) que ce que vous avez fait est de l’art. Evitez les catégories artistiques identifiables, évitez la politique, ne traînez pas pour éviter de raisonner, ne soyez pas sentimentaux ; soyez sans pitié, prenez des risques, pratiquez le vandalisme uniquement sur ce qui doit être défiguré, faites quelque chose dont les enfants se souviendront toute leur vie - mais ne soyez pas spontanés à moins que la Muse du Terrorisme Poétique ne vous possède.
Déguisez-vous. Laissez un faux nom. Soyez mythique. Le meilleur Terrorisme Poétique va contre la loi, mais ne vous faites pas prendre. L’art est un crime ; le crime est un art.
PS :
No Copyright © Hakim Bey (sans date).
le sabotage artistique
Le Sabotage Artistique PAR Hakim Bey
Le Sabotage Artistique cherche à être parfaitement exemplaire mais en même temps garde une certaine forme d’opacité pas de la propagande mais un choc esthétique
directement attirant tout en étant subtilement présenté l’action comme métaphore.
Le Sabotage Artistique est le côté obscur du Terrorisme Poétique (la création par la destruction ) mais il ne peut servir aucun Parti, ni aucune forme de nihilisme, ni même l’art. Tout comme le bannissement de l’illusion amplifie la conscience, la démolition du fléau esthétique adoucit l’air du monde du discours, de l’Autre. Le Sabotage Artistique sert uniquement la conscience, l’attention, l’éveil.
Le Sabotage Artistique transcende la paranoïa, la deconstruction ( la critique ultime ) l’attaque physique sur l’art nausébond ( le djihad esthétique). La moindre trace du plus insignifiant égoïsme ou même de goût personnel abîme sa pureté et vicie sa force.
Le Sabotage Artistique ne cherche jamais le pouvoir il ne fait que le libérer.
Les réalisations artistiques individuelles (même les pires) sont largement hors de propos le Sabotage Artistique cherche à détruire les institutions qui utilisent l’art afin de diminuer la conscience et le profit par l’illusion. Tel ou tel poète ou peintre ne peut être condamné pour manque de vision mais les Idées pernicieuses peuvent être combattues par les objets qu’elles génèrent. La musique de supermarché est destinée à hypnotiser et à contrôler , on peut détruire son mécanisme.
Les autodafés de livres( Stanislas Kazal pas rejette cela voir note 1)
- pourquoi les rednecks [1] et les Douaniers devraient-ils avoir le monopole de cette arme ? Les histoires d’enfants possédés par le diable ; la liste des bestsellers du New York Times ; les tracts féministes contre la pornographie ; les livres scolaires (plus particulièrement les livres d’études sociales, civiques, de Santé) ; des piles de New York Post, Village Voice et autres journaux de supermarché ; un choix de glanures de publications chrétiennes ; quelques romans de la collection « Arlequins » - une atmosphère festive, du vin des joints passant de mains en mains par un bel après-midi d’automne.
Jetter de l’argent à la Bourse fut un acte intéressant de Terrorisme Poétique mais détruire l’argent aurait été un excellent acte de Sabotage Artistique. Pirater les émissions TV et y programmer quelques minutes de Chaos incendiaire constituerait un exploit de Terrorisme Poétique alors que faire exploser la tour de transmission serait un Sabotage Artistique parfaitement adéquat. Si certaines galleries et musées méritent qu’on lance à l’occasion un pavé dans leurs vitrines - pas de destruction, mais une décharge d’autosatisfaction - alors qu’en est-il des banques ? Les galleries transforment la beauté en produit, mais les banques transmutent l’Imagination en déchets et en dettes. Le monde n’y gagnerait-il pas plus en beauté à chaque banque qui tremble...ou s’écroule ? Mais comment y parvenir ? Le Sabotage Artistique devrait probablement se tenir à l’écart de la politique (c’est si ennuyeux) - mais pas des banques.
Ne faites pas grève [2] - pratiquer le vandalisme. Ne protestez pas - défigurez. Lorsque l’on vous impose la laideur, de mauvaises conceptions et un gaspillage stupide, contestez, et lancez votre chaussure dans les oeuvres, ripostez. Brisez les symboles de l’Empire au nom de rien si ce n’est l’envie de grâce du coeur.
PS : No Copyright © Hakim Bey (sans date).
[1] Les « beaufs » en quelques sorte( je ne suis pas d'accord avec la notion d'autodafé on ne peut pas combattre la pensée unique en utilisant ce genre de procédé digne de l'obscurantisme, je juge cela dangereux, on est loin de la grâce du coeur, car bien souvent la connerie sert d'aiguillon à l'intelligence et je crois qu'il faut utiliser le sabotage artistique pour révéler l'ineptie, convaincre est plus important que vaincre. stanislas Kazal)
[2] Allusion à l’initiative de la Art Strike, lancée à partir de 1986 par des opérateurs culturels et des artistes anglais et américains pour « mettre en crise le statut de privillèges bourgeois dont jouissent les artistes ». H. Bey s’oppose à cette initiative « nihilistes » qui vise à la suppression de l’art sans assumer sa réalisation. A cette « Art Strike » H. Bey oppose la reconquète de l’art comme jeu et donc comme moment de la vie et de la pratique subversive. ( certe mais comment demander à des pères de familles intermittent du spectacle qui perdent leurs jobs de considérer leurs luttes comme un jeu artistique, que l'on désamorce la tension négative pour l'aboutissement ou que l'on étendent le domaine de la lutte d'accord mais orienter la lutte sur cet aspect unique me paraît très petit bourgeois précisement à l'inverse de ce que veux démonter lui même Hakim Bey, l'intérêt d'utiliser des moyens différents que la grève et de déplacer la contestion donc la grêve sur un autre plan. cela n'est possible que si le combat sur le terrain social parallélement est assuré de manière cohérente avec l'ensemble des domaines de luttes et de contestations, ou alors autant pisser dans un violon en se la jouant rebelle comme certains bobo et en se décridibilisant en tant qu"artistes. Attention de ne pas donner des arguments à l'authentoc et à la pose cher Hakim Bey.Pour t'apprendre je fous de la pub sur ton article Na! Stanislas Kazal).
13 avril 2005
Mode d'emploi du détournement de Debord.....
Guy-Ernest Debord / Gil J. Wolman
Mode d'emploi du détournement
Paru initialement dans LES LÈVRES NUES N.8 (MAI 1956)
Tous les esprits un peu avertis de notre
temps s'accordent sur cette évidence qu'il est devenu
impossible à l'art de se soutenir comme activité
supérieure, ou même comme activité de
compensation à laquelle on puisse honorablement s'adonner.
La cause de ce dépérissement est visiblement
l'apparition de forces productives qui nécessitent d'autres
rapports de production et une nouvelle pratique de la vie. Dans la
phase de guerre civile où nous nous trouvons
engagés, et en liaison étroite avec l'orientation
que nous découvrirons pour certaines activités
supérieures à venir, nous pouvons
considérer que tous les moyens d'expression connus vont
confluer dans un mouvement général de propagande
qui doit embrasser tous les aspects, en perpétuelle
interaction, de la réalité sociale.
Sur les formes et la nature
même d'une propagande éducative, plusieurs
opinions s'affrontent, généralement
inspirées par les diverses politiques réformistes
actuellement en vogue. Qu'il nous suffise de déclarer que,
pour nous, sur le plan culturel comme sur le plan strictement
politique, les prémisses de la révolution ne sont
pas seulement mûres, elles ont commencé
à pourrir. Non seulement le retour en arrière,
mais la poursuite des objectifs culturels "actuels", parce qu'ils
dépendent en réalité des formations
idéologiques d'une société
passée qui a prolongé son agonie
jusqu'à ce jour, ne peuvent avoir d'efficacité
que réactionnaire. L'innovation extrémiste a
seule une justification historique.
Dans son ensemble, l'héritage
littéraire et artistique de l'humanité doit
être utilisé à des fins de propagande
partisane. Il s'agit, bien entendu, de passer au-delà de
toute idée de scandale. La négation de la
conception bourgeoise du génie et de l'art ayant largement
fait son temps, les moustaches de la Joconde ne présentent
aucun caractère plus intéressant que la
première version de cette peinture. Il faut maintenant
suivre ce processus jusqu'à la négation de la
négation. Bertold Brecht révélant,
dans une interview accordée récemment
à l'hebdomadaire "France-Observateur", qu'il
opérait des coupures dans les classiques du
théâtre pour en rendre la
représentation plus heureusement éducative, est
bien plus proche que Duchamp de la conséquence
révolutionnaire que nous réclamons. Encore
faut-il noter que, dans le cas de Brecht, ces utiles interventions sont
tenues dans d'étroites limites par un respect malvenu de la
culture, telle que la définit la classe dominante : ce
même respect enseigné dans les écoles
primaires de la bourgeoisie et dans les journaux des partis ouvriers,
qui conduit les municipalités les plus rouges de la banlieue
parisienne à réclamer toujours "le Cid" aux
tournées du T.N.P., de préférence
à "Mère Courage".
A vrai dire, il faut en finir avec toute
notion de propriété personnelle en cette
matière. Le surgissement d'autres
nécessités rend caduques les
réalisations "géniales"
précédentes. Elles deviennent des obstacles, de
redoutables habitudes. La question n'est pas de savoir si nous sommes
ou non portés à les aimer. Nous devons passer
outre.
Tous les éléments,
pris n'importe où, peuvent faire l'objet de rapprochements
nouveaux. Les découvertes de la poésie moderne
sur la structure analogique de l'image démontrent qu'entre
deux éléments, d'origines aussi
étrangères qu'il est possible, un rapport
s'établit toujours. S'en tenir au cadre d'un arrangement
personnel des mots ne relève que de la convention.
L'interférence de deux mondes sentimentaux, la mise en
présence de deux expressions indépendantes,
dépassent leurs éléments primitifs
pour donner une organisation synthétique d'une
efficacité supérieure. Tout peut servir.
Il va de soi que l'on peut non seulement
corriger une oeuvre ou intéger divers fragments d'oeuvres
périmées dans une nouvelle, mais encore changer
le sens de ces fragments et truquer de toutes les manières
que l'on jugera bonnes ce que les imbéciles s'obstinent
à nommer des citations.
De tels procédés
parodiques ont été souvent employés
pour obtenir des effets comiques. Mais le comique met en
scène une contradiction à un état
donné, posé comme existant. En la circonstance,
l'état de choses littéraire nous parraissant
presque aussi étranger que l'âge du renne, la
contradiction ne nous fait pas rire. Il faut donc concevoir un stade
parodique-sérieux où l'accumulation
d'éléments détournés, loin
de vouloir susciter l'indignation ou le rire en se
référant à la notion d'une oeuvre
originale, mais marquant au contraire notre indifférence
pour un original vidé de sens et oublié,
s'emploierait à rendre un certain sublime.
On sait que Lautréamont s'est
avancé si loin dans cette voie qu'il se trouve encore
partiellement incompris par ses admirateurs les plus
affichés. Malgré l'évidence du
procédé appliqué dans
"Poésies", particulièrement sur la base de la
morale de Pascal et Vauvenargues, au langage théorique -
dans lequel Lautréamont veut faire aboutir les
raisonnements, par concentrations successives, à la seule
maxime - on s'est étonné des
révélations d'un nommé Viroux, voici
trois ou quatre ans, qui empêchaient désormais les
plus bornés de ne pas reconnaître dans "les Chants
de Maldoror" un vaste détournement, de Buffon et d'ouvrages
d'histoire naturelle entre autres. Que les prosateurs du "Figaro",
comme ce Viroux lui-même, aient pu y voir une occasion de
diminuer Lautréamont, et que d'autres aient cru devoir le
défendre en faisant l'éloge de son insolence,
voilà qui ne témoigne que de la
débilité intellectuelle de vieillards des deux
camps, en lutte courtoise. Un mot d'ordre comme "le Plagiat est
n'ecessaire, le progrès l'implique" est encore aussi mal
compris, et pour les mêmes raisons, que la phrase fameuse sur
la poésie qui "doit être faite par tous".
L'oeuvre de Lautréamont - que
son apparition extrêmement prématurée
fait encore échapper en grande partie à une
critique exacte - mis à part, les tendances au
détournement que peut reconnaître une
étude de l'expression contemporaine sont pour la plupart
inconscientes ou occasionnelles; et, plus que dans la production
esthétique finissante, c'est dans l'industrie publicitaire
qu'il faudra en chercher les plus beaux exemples.
On peut d'abord définir deux
catégories principales pour tous les
éléments détournés, eet
sans discerner si leur mise en présence s'accompagne ou non
de corrections introduites dans les originaux. Ce sont les
détournements mineurs, et les détournements
abusifs.
Le détournement mineur est le
détournement d'un élément qui n'a pas
d'importance propre et qui tire donc tout son sens de la mise en
présence qu'on lui fait subir. Ainsi des coupures de presse,
une phrase neutre, la photographie d'un sujet quelconque.
Le détournement abusif, dit
aussi détournement de proposition prémonitoire,
est au contraire celui dont un élément
significatif en soi fait l'objet; élément qui
tirera du nouveau rapprochement une portée
différente. Un slogan de Saint-Just, une séquence
d'Einsenstein par exemple.
Les oeuvres
détournées d'une certaine envergure se trouveront
donc le plus souvent constituéees par une ou plusieurs
séries de détournements abusifs-mineurs.
Plusieurs lois sur l'emploi du
détournement se peuvent dès à
présent établir.
C'est l'élément
détourné le plus lointain qui concourt le plus
vivement à l'impression d'ensemble, et non les
éléments qui déterminent directement
la nature de cette impression. Ainsi dans une métagraphie
relative à la guerre d'Espagne la phrase au sens le plus
nettement révolutionnaire est cette réclame
incomplète d'une marque de rouge à
lèvres : "les jolies lèvres ont du rouge". Dans
une autre métagraphie ("Mort de J.H.") cent vingt-cinq
petites annonces sur la vente de débits de boissons
traduisent un scuicide plus visiblement que les articles de journaux
qui le relatent.
Les déformations introduites
dans les éléments détournés
doivent tendre à se simplifier à
l'extrême, la principale force d'un détournement
étant fonction directe de sa reconnaissance, consciente ou
trouble, par la mémoire. C'est bien connu. Notons seulement
aui si cette utilisation de la mémoire implique un choix du
public préalable à l'usage du
détournement, ceci n'est qu'un cas particulier d'une loi
générale qui régit aussi bien le
détournement que tout autre mode d'action sur le monde.
L'idée d'expression dans l'absolu est morte, et il ne survit
momentanément qu'une singerie de cette pratique, tant que
nosautres ennemis survivent.
Le détournement est d'autant
moins opérant qu'il s'approche d'une réplique
rationnelle. C'est le cas d'un assez grand nombre de maximes
retouchées par Lautréamont. Plus le
caractère rationnel de la réplique est apparent,
plus elle se confond avec le banal esprit de répartie, pour
lequel il s'agit également de faire servir les paroles de
l'adversaire contre lui. Ceci n'est naturellement pas limité
au langage parlé. C'est dans ceet ordre d'idées
que nous eûmes à débattre le projet de
quelques-uns de nos camarades visant à détourner
une affiche antisoviétique de l'organisation fasciste "Paix
et Liberté" - qui proclamait, avec vues de drapeaux
occidentaux emmêlés, "l'union fait la force" - en
y ajoutant la phrase "et les coalitions font la guerre".
Le détournement par simple
retournement est toujours le plus immédiat et le moins
efficace. Ce qui ne signifie pas qu'il ne puisse avoir un aspect
progressif. Par exemple cette appellation pour une statue et un homme :
"le Tigre dit Clemenceau". De même la messe noire oppose
á la construcion d'une ambiance qui se fonde sur une
métaphysique donnée, une construction d'ambiance
dans le même cadre, en renversant les valeurs,
conservées, de cette métaphysique.
Des quatre lois qui viennent
d'être énoncées, la première
est essentielle et s'applique universellement. Les trois autres ne
valent pratiquement que pour des éléments abusifs
détournés.
Les premières
conséquences apparentes d'une
génération du détournement, outre les
pouvoirs intrinsèques de propagande qu'il
détient, seront la réappropriation d'une foule de
mauvais livres; la participation massive d'écrivains
ignorés; la différenciation toujours plus
poussée des phrases ou des oeuvres plastiques qui se
trouveront être à la mode; et surtout une
facilité de la production dépassant de
très loin, par la quantité, la
variété et la qualité,
l'écriture automatique d'ennuyeuse mémoire.
Non seulement le détournement
conduit à la découverte de nouveaux aspects du
talent, mais encore, se heurtant de front à toutes les
conventions mondaines et juridiques, il ne peut manquer
d'apparaître un puissant instrument culturel au service d'une
lutte de classes bien comprise. Le bon marché de ses
produits est la grosse artillerie avec laquelle on bat en
brêche toutes les murailles de Chine de l'intelligence. Voici
un réel moyen d'enseignement artistique
prolétarien, la première ébauche d'un
communisme littéraire.
Les propositions et les
réalisations sur le terrain du détournement se
multiplient à volonté. Limitons nous pour le
moment à montrer quelques possibilités
concrètes à partir des divers secteurs actuels de
la communication, étant bien entendu que ces divisions n'ont
de valeur qu'en fonction des techniques d'aujourd'hui, et tendent
toutes à disparaître au profit de
synthèses supérieures, avec les
progrès de ces techniques.
Outre les diverses utilisations
immédiates des phrases détournées dans
les affiches, le disque ou l'émission radiophonique, les
deux principales applications de la prose
détournée sont l'écriture
métagraphique et, dans une moindre mesure, le cadre
romanesque habilement perverti.
Le détournement d'une oeuvre
romanesque complète est une entreprise d'un assez mince
avenir, mais qui pourrait se révéler
opérante dans la phase de transition. Un tel
détournement gagne à s'accompagner
d'illustrations en rapports non-explicites avec le texte.
Malgré les difficultés que nous ne nous
dissimulons pas, nous croyons qu'il est possible de parvenir
à un instructif détournement
psychogéographique du "Consuelo" de George Sand, qui
pourrait être relancé, ainsi maquillé,
sur le marché littéraire, dissimulé
sous un titre anodin comme "Grande Banlieue", ou lui-même
détourné comme "La Patrouille Perdue" (il serait
bon de réinvestir de la sorte beaucoup de titres de films
dont on ne peut plus rien tirer d'autre, faute de s'être
emparé des vieilles copies avant leur destruction, ou de
celles qui continuent d'abrutir la jeunesse dans les
cinémathèques).
L'écriture
métagraphique, aussi arriéré que soit
par ailleurs le cadre plastique où elle se situe
matériellement, présente un plus riche
débouché à la prose
détournée, comme aux autres objets ou images qui
conviennent. On peut en juger par le projet, datant de 1951 et
abandonné faute de moyens financiers suffisants, qui
envisageait l'arrangement d'un billard électrique de telle
sorte que les jeux de ses lumières et le parcours plus ou
moins prévisible de ses billes servissent à une
interprétation métagraphique-spaciale qui
s'intitulerait "des sensations thermiques et des désirs des
gens qui passent devant les grilles du musée de Cluny, une
heure environ après le coucher du soleil en novembre".
Depuis, bien sûr, nous savons qu'un travail
situationniste-analytique ne peut progresser scientifiquement par de
telles voies. Les moyens cependant restent bons pour des buts moins
ambitieux.
C'est évidemment dans le
cadre cinématographique que le détournement peut
atteindre à sa plus grande efficacité, et sans
doute, pour ceux que la chose préoccupe, à sa
plus grande beauté.
Les pouvoirs du cinéma sont
si étendus, et l'absence de coordination de ces pouvoirs si
flagrante, que presque tous les films qui dépassent la
misérable moyenne peuvent alimenter des
polémiques infinies entre divers spectateurs ou critiques
professionnels. Ajoutons que seul le conformisme de ces gens les
empêche de trouver des charmes aussi prenants et des
défauts aussi criants dans les films de dernière
catégorie. Pour dissiper un peu cette risible confusion des
valeurs, disons que "Naissance d'une Nation", de Griffith, est un des
films les plus importants de l'histoire du cinéma par la
masse des apports nouveaux qu'il représente. D'autre part,
c'est un film raciste : il ne mérite donc absolument pas
d'être projeté sous sa forme actuelle. Mais son
interdiction pure et simple pourrait passer pour regrettable dans le
domaine, secondaire mais susceptible d'un meilleur usage, du
cinéma. Il vaut bien mieux le détourner dans son
ensemble, sans même qu'il soit besoin de toucher au montage,
à l'aide d'une bande sonore qui en ferait une puissante
dénonciation des horreurs de la guerre
impérialiste et des activités du Ku-Klux-Klan
qui, comme on sait, se poursuivent à l'heure actuelle aux
Etats-Unis.
Un tel détournement, bien
modéré, n'est somme toute que
l'équivalent moral des restaurations des peintures anciennes
dans les musées. Mais la plupart des films ne
méritent que d'être
démembrés pour composer d'autres oeuvres.
Evidemment, cette reconversion de séquences
préexistantes n'ira pas sans le concours d'autres
éléments : musicaux ou picturaux, aussi bien
qu'historiques. Alors que jusqu'à présent tout
truquage de l'histoire, au cinéma, s'aligne plus ou moins
sur le type de bouffonnerie des reconstitutions de Guitry, on peut
faire dire à Robespierre, avant son exécution :
"malgré tant d'épreuves, mon
expérience et la grandeur de ma tâche me font
juger que tout est bien". Si la tragédie grecque,
opportunément rajeunie, nous sert en cette occasion
à exalter Robespierre, que l'on imagine en retour une
séquence du genre néo-réaliste, devant
le zinc, par exemple, d'un bar de routiers - un des camionneurs disant
sérieusement à un autre : "la morale
était dans les livres des philosophes, nous l'avons mise
dans le gouvernement des nations". On voit ce que cette rencontre
ajoute en rayonnement à la pensée de Maximilien,
à celle d'une dictature du prolétariat.
La lumière du
détournement se propage en ligne droite. Dans la mesure
où la nouvelle architecture semble devoir commencer par un
stade expérimental baroque, le complexe architectural - que
nous concevons comme la construction d'un milieu ambiant dynamique en
liaison avec des styles de comportement - utilisera vraisemblablement
le détournement des formes architecturales connues, et en
tout cas tirera parti, plastiquement et émotionnellement, de
toutes sortes d'objets détournés : des grues ou
des échafaudages métalliques savamment
disposés prenant avantageusement la relève d'une
tradition sculpturale défunte. Ceci n'est choquant que pour
les pires fanatiques du jardin à la française. On
se souvient que, sur ses vieux jours, d'Annunzio, cette pourriture
fascisante, possédait dans son parc la proue d'un
torpilleur. Ses motifs patriotiques ignorés, ce monnument ne
peut qu'apparaître plaisant.
En étendant le
détournement jusqu'aux réalisations de
l'urbanisme, il ne serait sans doute indifférent
à personne que l'on reconstituât minutieusement
dans une ville tout un cartier d'une autre. L'existence, qui ne sera
jamais trop déroutante, s'en verrait réellement
embellie.
Les titres mêmes, comme on l'a
déjà vu, sont un élément
radical du détournement. Ce fait découle de deux
constatations générales qui sont, d'une part, que
tous les titres sont interchangeables, et d'autre part qu'ils ont une
importance déterminante dans plusieurs disciplines. Tous les
romans policiers de la "série noire" se ressemblent
intensément, et le seul effort de renouvellement portant sur
le titre suffit à leur conserver un public
considérable. Dans la musique, un titre exerce toujours une
grande influence, et rien ne justifie vraiment son choix. Il ne serait
donc pas mauvais d'apporter une ultime correction au titre de la
"Symphonie héroïque" en en faisant, par exemple,
une "Symphonie Lénine".
Le titre contribue fortement
à détourner l'oeuvre, mais une
réaction de l'oeuvre sur le titre est inévitable.
De sorte que l'on peut faire un usage étendu de titres
précis empruntés à des publications
scientifiques ("Biologie littorale des mers
tempérées") ou militaires ("Combats de nuit des
petites unités d'infanterie") ; et même de
beaucoup de phrases relevées dans les illustrés
enfantins ("De merveilleux paysages s'offrent à la vue des
navigateurs").
Pour finir, il nous faut citer
brièvement quelques aspects de ce que nous nommerons
l'ultra-détournement, c'est-à-dire les tendances
du détournement à s'appliquer dans la vie sociale
quotidienne. Les gestes et les mots peuvent être
chargés d'autres sens, et l'ont été
constamment à travers l'histoire, pour des raisons
pratiques. Les sociétés secrètes de
l'ancienne Chine disposaient d'un grand raffinement de signes de
reconnaissance, englobant la plupart des attitudes mondaines
(manière de disposer des tasses ; de boire ; citations de
poèmes arrêtées à des
moments convenus). Le besoin d'une langue secrète, de mots
de passe, est inséparable d'une tendance au jeu.
L'idée-limite est que n'importe quel signe, n'importe quel
vocable, est susceptible d'être converti en autre chose,
voire en son contraire. Les insurgés royalistes de la
Vendée, parce qu'affublés de l'immonde effigie du
coeur de Jésus, s'appelaient l'Armée Rouge. Dans
le domaine pourtant limité de la politique, cette expression
a été complètement
détournée en un siècle.
Outre le langage, il est possible de
détourner par la même méthode le
vêtement, avec toute l'importance affective qu'il
recèle. Là aussi, nous trouvons la notion de
déguisement en liaison étroite avec le jeu.
Enfin, quand on en arrive à construire des situations, but
final de toute notre activité, il sera loisible à
tout un chacun de détourner des situations
entières en en changeant
délibérément telle ou telle condition
déterminante.
Les procédés que
nous avons sommairement traités ici ne sont pas
présentés comme une intention qui nous serait
propre, mais au contraire comme une pratique assez
communément répandue que nous nous proposons de
systématiser.
La théorie du
détournement par elle-même ne nous
intéresse guère. Mais nous la trouvons
liée à presque tous les aspects constructifs de
la période de transition présituationniste. Son
enrichissement, par la pratique, apparaît donc comme
nécessaire.
Nous remettons à plus tard le
développement de ces thèses.
GUY-ERNEST DEBORD et GIL J WOLMAN
21 avril 2005
Le manifeste du diy
Le manifeste du diy
INTRODUCTION
Qu'est-ce que le DIY underground et pourquoi est il si important?
Le DIY est cet élément de la scène
musicale qui essaye de rester le plus
loin possible du travail et de l'influence du gros
business et des
médias. Aujourd'hui, alors que le terme indie s'est
fait récupérer
jusqu'à désigner une façon
pop de jouer de la guitare sans tenir compte
de la nature indépendante des musiciens ou de leur label, la
scène DIY
est la seule forme de musique actuelle réellement
indépendante. DIY
signifie tout simplement DO IT YOURSELF (fais le toi même).
C'est
seulement en faisant les choses eux même que les gens peuvent
être
réellement créatifs et qu'ils peuvent
exprimer leurs opinions
librement, sans aucun type de censure. Si la musique est un moyen
d¹exprimer des opinions politiques radicales, alors la
scène DIY est
essentielle pour conserver notre indépendance de toutes ces
organisations qui perdraient beaucoup de choses si nos idées
politiques
étaient un jour adoptées par la
société toute entière. Nous avons
pensé
que nous devions écrire ce petit livret pour aider les
personnes qui
veulent s'investir dans la scène musicale DIY, mais
qui ne savent pas
par où commencer. Ce livret n'a pas la
prétention d'être un guide
complet et définitif pour agir, mais nous avons seulement
pensé que
nous pouvions transmettre un peu de nos connaissances,
amassées en plus
d'une décennie d'expérience
dans ce domaine. Certaines choses écrites
ici sont plus nos opinions personnels que des informations strictement
objectives, donc ne les considérez pas comme une
évangile. L'engagement
actif dans la scène est une expérience
enrichissante en elle même, et
les gens ont toujours besoin d'apprendre de leurs propres
erreurs
autant que de la réussite de leurs initiatives - Ce livret
contient
seulement une partie essentielle de l¹éthique DIY,
rien d¹autre.
ORGANISER
UN CONCERT
Organiser un concert ne demande pas nécessairement beaucoup
d¹argent
et, si vous vous y prenez bien, vous serez capable de couvrir vos frais
et d¹ éviter les pertes sans aucun
problème. La chose la plus
importante à savoir, comme dans toutes les
activités DIY, est de
commencer petit - Ne soyez pas trop ambitieux au
début. Une fois que
vous en aurez l'habitude, vous pourrez passer
à des choses plus
grandes et meilleures. Trouvez un groupe qui ne demande pas beaucoup
d¹argent, et essayez d'en trouvez un qui ne demandent
aucune garantie
de prix fixe. Beaucoup de groupes demandent seulement le
défraiement,
donc ce n'est pas très dur d'en trouver un
pas cher. Contactez quelques
groupes de la région, qui ne viennent pas de trop loin, et
voyez de
combien d'argent ils pensent avoir besoin. Vous pourriez
essayer
d¹avoir 2 ou 3 groupes par concert, mais soyez sûrs
qu'ils n'ont pas
tous besoin de beaucoup d'argent car cela pourrait
entraîner des
problèmes pour couvrir vos dépenses. Il serait
possible de trouver 2
groupes amis vivant dans la même ville pour qu'ils
viennent avec un
seul véhicule - ca aiderait à baisser les
coûts de défraiement. Il est
aussi souvent pratique de faire jouer un groupe local: il pourra jouer
pour très peu cher (ou même pour rien du tout),
pourra aider à
organiser le concert d'une manière ou
d'une autre, et pourra aussi y
amener du public. Il n'est vraiment pas conseillé
d'avoir seulement un
groupe pour un concert. Si ca arrivait le public voudrait que le groupe
joue longtemps. Ce pourrait être très ennuyeux,
même si vous aimez le
groupe, et en plus ce n'est pas très sympa envers
lui, particulièrement
si il est en tournée et qu'il fait beaucoup de
route et de concerts
tous les jours. Vous devrez aussi garder à l'esprit
que ca intéressera
très peu de personnes d'entendre jouer longtemps un
groupe qu'ils n'ont
jamais entendu avant. Bon. Où allez vous organiser ce
concert? Et
bien, si il y a une salle de concerts autonome ou un squat dans votre
région, ce sera sûrement le meilleur endroit
où vous adresser en
premier. Si les gérants de ces lieux sont eux
mêmes activement
impliqués dans la scène underground, ils pourront
vous donner de
l¹aide, vous conseiller dans l'organisation, et ne
vous demanderont
probablement pas d'argent pour l'utilisation de la
salle. Sinon, vous
pouvez utiliser une salle dans un bar ou dans une boite locale -
Demandez au propriétaire. Certains d'entre eux vous
laisseront disposer
d'une salle gratuitement, les autres voudront vous la louer -
renseignez vous et voyez ce que vous êtes en mesure de payer.
Le
problème avec l'organisation de concerts dans les
bars ou les boites
est qu'il y a généralement des
restrictions d'âges, donc les plus
jeunes ne seront pas autorisés à y rentrer. Si
cela vous pose un
problème, vous pouvez toujours essayer d'organiser
le concert dans des
salles associatives ou des centres pour les jeunes. Vous devrez tout de
même garder à l'esprit que certaines
personnes seront déçus par
l'absence d'alcool au concert. Un choix plus
difficile est celui
d'occuper un endroit une journée seulement pour le
concert. Si vous
prévoyez de faire ca, vous aurez besoin
d'être plusieurs pour
l'organisation, et pas seulement une personne. Vous devrez
choisir un
batiment inoccupé et approprié, et le
vérifier avant - soyez sûr que
vous pourrez entrer dedans facilement, que le plancher est solide,
etc... Vous aurez aussi besoin d'
électricité pour allumer les
ampoules, néons, etc..., et comme il serait très
désagréable que
l'installation électrique déconne, vous
aurez besoin d'un groupe
électrogène fonctionnant à
l'essence. Vous pouvez toujours le louer si
vous n'avez pas la chance de connaître
quelqu'un qui en possède un. Une
fois que vous aurez choisi l'immeuble à squatter,
vous devrez le
surveiller très souvent avant le concert - assurez vous que
les
propriétaires ne commencent pas des travaux dedans, ou
qu'ils ne
sécurisent pas les entrées avec des serrures
spéciales, des barreaux
pour les fenêtres, etc. Ils pourront réaliser que
quelqu'un est entré
dans leur propriété et prendre des mesures pour
vous tenir éloignés.
Pendant toutes vos explorations, soyez sûrs
d¹être calmes et discrets.
Ne restez pas trop longtemps autour du lieu - vous ne voulez pas
avertir la police ou le propriétaire de ce que vous y
faites. Dans
beaucoup de pays, le squat est illégal, et même si
il est, seulement
dans les discours, légal en Grande Bretagne, la police
stoppera
gentiment le concert si elle le peut et trouvera toutes sortes de
raisons pour y arriver - absence de licence d'organisateur,
problème de
sécurité incendie, etc., donc c'est
mieux si ils ne découvrent jamais
le concert. Pour cette raison vous devriez aussi essayer de
choisir un
immeuble isolé et éloigné des maisons
voisines pour qu'il n'y ai aucune
plainte à la police. Il est utile d'avoir lu la
dernière édition de
Squatters Handbook, qui peux donner
d'excellents conseils et
suggestions au sujet des propriétés
squattées. La chose suivante à
arranger est le matériel avec lequel les groupes vont jouer.
Vous
pourriez avoir besoin d'une sono, mais ce n'est pas
toujours nécessaire
- cela dépend de la taille de la salle, et de la puissance
des amplis
des groupes. Vous pourrez réussir avec le
matériel que les groupes
utilisent pour répéter. Parfois, la salle aura sa
propre sono. Si vous
avez besoin d'en louer une, la location
d¹une petite sono pour les
voix devra suffire, étant donné que les amplis
des guitares et des
basses pourront fonctionner tous seuls, et vous pouvez habituellement
louer ce type de sono pour une nuit dans des magasins
d'instruments de
musique, pour une somme relativement peu élevée.
Si vous avez besoin de
louer une grosse, une puissante sono, alors vous pourrez aussi faire
appel à un ingénieur du son pour
l'utiliser la nuit du concert. Il y a
2 problèmes à faire cela.
Premièrement, l' ingénieur du son ne sera
peut être pas familiarisé avec la
musique qui sera jouée (ou alors il
sera particulièrement impressionné), et il
n'obtiendra pas le son que
les groupes souhaitent. Souvent les musiciens n'aiment pas se
prendre
la tête avec lui quand il vient leur dire quel son devrait
avoir le
groupe! Deuxièmement, cela peut être
très chers et les ingénieurs du
son sont toujours payés avant les groupes - c'est
simplement un boulot
comme un autre pour eux. C'est affreux de demander
à des groupes de
venir de loin pour jouer, et après ne pas avoir
assez d'argent pour
payer leur essence parce que vous l'aurez
dépensé dans la location
d'une sono coûteuse, donc nous vous conseillons de
ne pas louer de gros
matériel et de ne pas embaucher un ingénieur du
son, sauf si c'est
vraiment nécessaire à cause de la taille de la
salle. Sans tenir compte
du besoin ou non d'une sono, les groupes auront aussi besoin de
l'équipement habituel tel la batterie ou les amplis
(souvent appelés
backline). C'est mieux si les groupes peuvent tous
apporter une
partie du matériel, ceci économise aussi beaucoup
de temps pour le
changement de matos entre les groupes, mais assurez vous à
l'avance que
les groupes acceptent de prêter leur matériel.
Assurez vous aussi que
vous avez suffisamment de micros et de pieds de micros - c'est
surprenant de voir combien de temps vous perdriez si ce
n'était pas le
cas. Pour faire la promotion du concert, vous devriez faire des
affiches et/ou des flyers, et les photocopier. Assurez vous de bien
mettre tous les détails du concert sur l'affiche et
les flyers: la
date, le lieu, et l'heure à laquelle il commence,
ainsi que le prix
d¹entrée. Vous pouvez mettre l'affiche
dans la salle, ainsi que dans
les magasins locaux - les magasins de disques sont un choix
évident,
mais il y en a beaucoup d'autres qui accepteraient de faire de
la pub,
donc demandez leur. Vous pouvez aussi faire du collage sur les murs,
panneaux d'affichages, abris-bus autour de la ville.
C'est illégal,
mais dans les grandes villes cela arrive tellement souvent que ce
n'est
plus un problème. Ce ne serait peut être pas
conseillé dans les plus
petites villes car vous verriez les autorités vous courir
après. Après
tout, ils savent où vous trouver - ils ont juste
à lire l'affiche comme
n'importe qui d'autre! Si vous décidez
d'aller coller, ne le faites pas
seul - assurez vous qu¹une autre personne fasse le guet.
Faites aussi
attention aux caméras de surveillance qui opèrent
maintenant dans de
nombreux centres urbains. Les flyers peuvent être
distribués dans les
autres concerts de la régions, ou dans les bars, ou alors
ils peuvent
être déposés sur les comptoirs de
certains magasins pour que les gens
puissent les prendre. Vous pouvez aussi en envoyer avec votre courrier
et faire de la pub dans les journaux locaux. Nombre d'entre
eux ont une
liste des concerts à venir, et font des comptes-rendus sur
les groupes
qui vont jouer. Vous pouvez penser que c'est très
ennuyeux à faire,
mais c'est généralement gratuit alors il
n'y a rien à perdre. Si vous
organisez un concert dans un lieu que vous squatterez juste pour la
journée, vous devrez évidement être
plus discrets dans la publicité. Ne
faites aucune affiche - vous ne voulez pas alerter la police ou le
propriétaire de vos intentions. Vous pouvez faire des
flyers, mais ne
les distribuez pas à n'importe qui - donnez les
seulement aux personnes
que vous pensez intéressées. Vous pouvez
décider de ne faire aucun flys
et laisser la publicité se faire seulement grâce
au bouche à oreille -
c'est souvent la voix la plus sûre. Vous pouvez
aussi tenir le lieu
dans le plus grand secret, pour plus de sécurité.
Si vous faites cela,
donnez aux gens un point et une heure de rendez vous, et allez tous
ensemble à pied au concert. Au concert lui même,
assurez vous d¹avoir
quelqu'un pour vous aider. Vous aurez toujours besoin d'une
personne à
la porte pour tenir la caisse, et il y a toujours d¹autres
choses à
faire. Nous vous conseillons d'essayer de maintenir un timing
strict
pour les passages des groupes - sinon l'attente peut devenir longue et
prolongée, et le concert peut prendre beaucoup de retard. Si
vous louez
une salle dans un bar, il ne sera sûrement pas possible de
prolonger le
concert, ce qui veut dire que le dernier groupe jouera beaucoup moins
longtemps que les autres, alors que ce sera probablement celui le plus
attendu par le public, à cause des premiers groupes qui
auront joués
pendant des siècles. Même si il n'y a pas
d'heure limite pour la fin du
concert, il est quand même bon d'essayer de
respecter un planning fixe,
ou alors les choses iront de pire en pire. Si vous organisez un concert
qui commence avec 2 heures de retard, vous vous apercevrez
qu'au
concert suivant beaucoup de gens ne viendront pas à
l¹heure parce
qu'ils s'attendront à ce qu'il
commence en retard. Après vous devrez
attendre que les gens arrivent pour commencer le concert et les
concerts vont commencer de plus en plus tard. Si cela continu
le
concert commencera et finira ridiculement tard, et cela veut dire que
des gens ne viendront pas car ils devront aller au travail ou
à l¹école
le lendemain matin, ou parce qu¹ils rateraient le dernier
bus/train
pour rentrer chez eux. Il est aussi conseillé de
décider vous même dans
quel ordre vous voulez que les groupes jouent. Certains pensent que
c'est une bonne idée de laisser les groupes se
débrouiller entre eux,
ce qui sonne bien en théorie. Le problème est que
beaucoup de groupes
ont un ego plus grand qu'ils ne l'admettent et, si vous les
laissez se
débrouiller entre eux, ils se disputeront sûrement
ou, plus
probablement, ils essayeront plusieurs ruses pour être
sûrs de ne pas
jouer en premier, et feront des choses tels que la disparition de
certains de leurs membres peu avant leur entrée en
scène, donc un autre
groupe doit jouer en premier, puis les membres en questions
réapparaissent en disant: Oh,
désolé - On aurait du jouer maintenant?
Peu importe, nous jouerons quand ceux ci auront finis.Pour
éviter ca,
il est préférable que vous décidiez
dans quel ordre et combien de temps
vont jouer les groupes. Comme ca, si un des groupes essaye de retarder
le concert, vous pourrez toujours rattraper le temps perdu en
mangeant sur leur temps de scène. Ne
vous inquiétez pas, faire ca ne
fait pas de vous un fasciste autoritaire, mais ca empêchera
les groupes
de se prétendre plus vertueux que ce
qu'ils ne sont réellement et de
jouer à des petit jeux de manipulateurs. Si vous faites
venir un groupe
de loin, vous devrez probablement leur trouver un endroit où
passer la
nuit. Le plancher de la maison de quelqu¹un devrait suffire.
Vous
devrez aussi prévoir à manger et à
boire pour le groupe. En Angleterre,
cela n'arrive pas souvent parce que les distances de voyages sont
souvent très courtes, et si le groupe a
déjà voyagé quelques heures
pour trouver le concert, il aura sûrement
déjà mangé avant. De même, la
plupart des concerts en Angleterre ont lieu dans des bars,
plutôt que
dans des squats autonomes etc., et il n¹y a pas de
réelles facilités à
préparer la nourriture dans la salle, ou alors
vous pouvez seulement
avoir l¹autorisation d¹y être à
partir de 18 heures, ce qui laisse peu
de temps pour vous préparer et discuter avant de laisser
entrer le
public, il n¹y a donc pas de réelles
possibilités de manger ensemble.
Si vous pouvez faire la nourriture pour les groupes, ce sera bien
apprécié - Dans la plupart des pays
d¹Europe, par exemple, un groupe
qui tourne peut faire 10 heure de route ou plus pour atteindre la salle
du concert sans manger. Quand vous cuisinez pour les groupes, vous
devriez essayer de faire de la nourriture
végétarienne, c'est la
meilleur façon d'être sur que tout le
monde sera d'accord pour la
manger. Beaucoup de gens sont végétariens, et les
végétariens stricts
ne mangent pas de fromage, beurre, etc. que vous pourriez
considérer
comme OK pour eux, donc il vaut mieux se trouver du coté le
plus sûr et
de s'assurer qu'il y aura de quoi manger pour tout le
monde.
IMPRIMER UNE BROCHURE OU UN MAGAZINE
Au début vous n¹aurez pas besoin de beaucoup de
matériel pour faire une
brochure ou un zine. Oubliez toutes ces conneries
d¹ordinateurs et de
logiciels spéciaux qui facilitent la
publication (Publication
Assistée par Ordinateur) - ce n¹est jamais
difficile à faire! Si vous
avez ce matériel, vous êtes très
chanceux, et vous savez sûrement déjà
vous en servir, mais nous autres simples mortels allons seulement
traiter de la manière de faire un zine avec un petit budget
et un
équipement de base. Premièrement, il y a 2
grandes façons de produire
votre zine - il peut être photocopié ou
imprimé. Une méthode moins
commune est d¹utiliser une vieille machine à
dupliquer. On en voit de
moins en moins de nos jours, mais certaines écoles, bureaux
ou magasins
d¹impressions peuvent encore en avoir une, donc si vous avez la
possibilité d'accéder à
l'une d'entre elle, faites le. C'est souvent
très économique, même pour les petits
tirages. Autrement, le
photocopiage est plus économique pour les petites
quantités, mais
l¹impression est de meilleure qualité et sera
sûrement moins chère si
vous faites 500 copies ou plus. Entre 200 et 500 copies, ce sera moins
cher de les photocopier ou de les imprimer, cela dépend du
prix auquel
vous payez les reproductions, donc renseignez vous et comparez les
prix. Pensez à demander à plusieurs entreprises,
parce qu¹il peut y
avoir des tarifs très différents. Que vous
imprimiez votre zine ou que
vous le photocopiiez, faites la mise en page de la même
facon. Pour les
zines en noir et blanc c¹est vraiment très simple.
Faites seulement une
maquette sur papier blanc ordinaire. Le texte peut être
dactylographié
ou, si vous pensez avoir une écriture lisible,
écrit à la main. Vous
pouvez améliorer la mise en page en y incluant des images,
mais ne
faites pas votre mise en page jusqu¹au bord des feuilles, car
l¹imprimeur (ou le photocopieur) ne copiera pas ce qui borde la
feuille. Il est recommandé de faire une marge de 5 mm tout
autour, pour
éviter de perdre du texte ou des images. Essayez de faire
toute la mise
en page de la maquette en noir et blanc - certaines couleurs
comme le
bleu, qui paraissent très solides, ne
passent pas très bien une fois
copiées. De même, si vous écrivez
à la main dans le zine, essayez de ne
pas utiliser de stylo-bille, car ceux-ci ne passent pas très
bien à la
photocopie (même si ce sont des stylos noirs). Si vous voulez
mettre
des photos dans le zine, sachez qu'elles peuvent
être totalement
merdiques si vous n¹y prêtez pas attention. Pour un
zine imprimé, les
photos devront être
³configurées² pour que les
différents tons de gris
puissent être imprimés (on appelle ca un
³simili²). Si vous essayez de
les imprimer sans le simili, vous vous retrouverez avec une photo
austère en noir et blanc sans définition claire
et sans aucun détail.
Par contre, des fois le simili a l¹air très
efficace, mais il ne sert à
rien. Les magasins de photocopies peuvent
généralement le faire pour
vous, ou alors si vous connaissez quelqu¹un qui a un logiciel
de PAO,
il sera sûrement capable de le faire. Une fois que vous avez
votre
simili, collez le simplement sur votre maquette. Si vous photocopiez
votre zine, il se peut que vous vous aperceviez qu¹une
photocopieuse
décente produit généralement un
meilleur résultat qu¹une imprimante
d¹une photo qui ne sera pas passée en simili,
même si ce résultat n¹est
pas génial. Cela dit, si vous comptez seulement faire un
petit tirage
du zine, vous considérerez sûrement que de toutes
façons ca ne vaut pas
le coup de payer un simili. Oh, à propos, si vous utilisez
des photos
tirées de livres, magazines ou journaux pour votre mise en
page, celles
ci seront déjà passées par le simili,
donc vous pourrez les utiliser
telles qu¹elles sont. Une autre bonne idée,
particulièrement si vous
allez faire un zine A5, est de réduire la taille du texte.
Vous pouvez
le faire avec la plupart des photocopieuse et cela vous permettra de
mettre plus de choses dans un petit zine. Veuillez tout de
même à ce
que les textes reste lisibles. Pour finir, vous devrez garder
à
l'esprit que, sans tenir compte de la qualité de
l'impression et de la
mise en page, la chose qui vous amènera des
lecteurs c'est l'intérêt
des textes, donc faites du contenu une priorité.
FORMER UN GROUPE
Vous n¹avez pas besoin de connaître beaucoup de
choses à la musique
pour former un groupe - Tout ce dont vous aurez
réellement besoin est
un peu d¹enthousiasme, et quelques autres personnes qui
partagent cet
enthousiasme. Commençons par le matériel. Il peut
coûter très cher,
donc si vous avez des amis dans d'autres groupes ca peut valoir la
peine de voir avec eux si vous pourriez partager le même
matériel.
Autrement, vous pouvez souvent trouver des gens qui en ont marre de
jouer de la musique et qui pourraient vous prêter leurs
instruments
pour quelques temps, ou même vous le vendre pour pas cher. Si
vous
n'avez pas la chance d'avoir l'une ou l'autre de ces
possibilités, vous
aurez besoin d'acheter du matériel - le meilleur endroit
où aller est
un petit magasin de musique local qui vend des choses
d'occasion. C'est
pratique de connaître les gens qui le tiennent, notamment si
ils font
de la réparation, car ils peuvent devenir très
utiles dans le futur. De
même si ils n'ont pas ce que vous cherchez, ils
peuvent connaître des
endroits où le trouver. Ils ont probablement aussi des
petites annonces
de gens cherchant à se débarrasser de leur
matériel. Vous pouvez quand
même chercher ailleurs, par exemple dans les petites annonces
des
journaux locaux, car vous pourrez tomber sur de réelles
affaires de
gens qui ne connaissent pas la valeur réelle de ce
qu'ils vendent. De
quel matériel aurez vous besoin? Et bien, il vous faudra
très
certainement une guitare et un ampli pour celle ci. Cela vous aiderait
de savoir en jouer - si ce n'est pas le cas, vous pouvez
toujours
demander à quelqu'un de vous donner quelques
leçons, ou trouver une
méthode de guitare et regarder ce que vous pouvez en tirer.
Ou alors
vous pouvez toujours tricher comme vous voulez! Par exemple en
accordant la guitare différemment de manière
à pouvoir jouer un accord
avec un seul doigt. Voilà comment faire: -
Premièrement, ajustez la
première corde (c'est à dire la plus
épaisse, en haut de la guitare)
sur la note mi, comme vous le feriez avec une
guitare accordée
normalement. Vous pouvez obtenir cette note d'un piano, ou
d'un clavier
électronique. - Ensuite, jouez la 7ème case de la
première corde, et
ajustez la deuxième corde sur cette même note. -
Puis, jouez la 5ème
case de la deuxième note et ajustez la troisième
ET la quatrième corde
sur cette même note. - Ensuite, jouez la 7ème case
de la quatrième
corde et ajustez la cinquième corde sur cette même
note. - Finalement,
jouez la cinquième case de la cinquième corde et
ajustez la sixième
(c'est à dire la plus fine corde, en bas de la
guitare) sur cette même
note. Bien, c'est cela. Si vous l'avez fait
correctement, tout ce dont
vous aurez besoin pour jouer un accord est de barrer
entièrement le
manche de la guitare avec un doigt de votre main gauche (si vous jouez
de la main droite) et gratter les cordes avec l'autre main.
Prenez 4 de
ces accords et vous avez un morceau! C'est vraiment très
facile... Si
vous trouvez que vous n'avez pas l'oreille musicale et que vous ne
pouvez pas dire quand un accord va bien avec un autre, vous aurez
probablement besoin de quelqu'un d'autre pour composer
à votre place.
Vous voudrez sûrement utiliser des effets pour changer le son
de votre
guitare. Je suppose que la plupart des gens voudront avoir un son avec
de la distorsion. Vous pouvez avoir un tel son en faisant saturer votre
ampli si il a les 2 boutons de volume pre et post/master
séparés,
comme c'est le cas sur la plupart des modèles. Vous n'aurez
qu'à monter
au maximum le bouton pre pendant que le bouton post/master restera
baissé. Si ca ne vous donne pas autant de distorsion que
vous le
voulez, ou si vous voulez passer à un son clean,
sans saturation,
pendant un morceau alors vous aurez besoin d'acheter une
pédale de
distorsion. Vous pouvez aussi acheter de nombreux autres types de
pédales d'effets, donc vous devriez demander
à les essayer pour voir
comment elle transforme le son de la guitare. Vous voudrez
sûrement
avoir aussi une basse dans le groupe. Pour cela, vous aurez besoin
d'un
ampli basse. La différence entre un ampli basse et un ampli
normal est
que l'ampli basse a une haut parleur plus robuste, qui peux
résister
aux notes les plus graves jouées par une basse. Vous pouvez
jouer de la
guitare sur un ampli basse sans aucune difficultés, mais si
vous
essayez de jouer de la basse sur un ampli normal, vous
l¹exploserez
probablement si vous le poussez trop fort. Si vous n¹avez
jamais joué
de basse avant, la meilleure façon de commencer est de jouer
exactement
les mêmes accords que la guitare sur les morceaux. Une fois
que vous
serez habitué à ca et que vous aurez vu quelles
chansons vous êtes
capables de jouer ensemble, vous pourrez essayer des choses plus
compliquées. Vous pouvez aussi utiliser des
pédales d'effets sur une
basse, comme vous pouvez le faire sur une guitare, donc essayez les. A
propos, même si votre guitariste joue des accords en
trichant, vous
pouvez accorder votre basse normalement. Jouer de la batterie
n¹est pas
particulièrement facile, et une batterie peu aussi
coûter très cher,
donc vous vous rendrez souvent compte que les batteurs sont moins bien
équipés que les guitaristes. Beaucoup de groupes
emploient le même
batteur que d¹autres groupes locaux, donc essayez. Si vous avez
quelqu'un qui veut jouer de la batterie, la meilleure façon
de
commencer est d'essayer de garder des rythmes basiques - regardez la
façon de jouer des autres batteurs, et vous verrez que, si
on ne tient
pas compte des solos compliqués et des roulements, la
plupart gardent
un rythme simple et solide tout au long du morceau. Si vous pouvez
demander à quelqu¹un de vous donner une ou deux
leçons, seulement
histoire de voir les rythmes basiques, cela pourra être
très utile. Si
vous ne trouvez aucun batteur pour votre groupe, vous pouvez toujours
envisager l¹ emploie d¹une boite à rythme.
On en trouve de très bonnes,
qui ne coûtent pas trop chères. Et ne
considérez pas que votre groupe
doit se limiter seulement à guitare, basse, batterie - il y
a beaucoup
d¹instruments que vous pouvez envisager d'avoir, et
beaucoup d'autres
choses peuvent servir d¹instruments (bidons d'huiles,
marteaux, etc.).
Utilisez simplement un peu votre imagination et votre
expérience. Une
fois que vous avez réuni votre groupe, il peut
être très difficile de
trouver un endroit où répéter. Si vous
pouvez trouver une pièce
convenable dans la maison de quelqu¹un, c¹est
parfait. Quoi qu¹il en
soit, les problèmes posés par le bruit, les
plaintes des voisins à la
police, peuvent rendre cela impossible. Dans ce cas, vous devrez louer
un endroit pour répéter. Cherchez les salles
convenables etc., bien que
celles ci posent souvent les mêmes problèmes avec
le bruit. Si vous
pouvez louer une salle dans un bar, une boite ou un squat qui organise
souvent des concerts, vous ne devrez pas rencontrer ce
problème. Les
studios d¹enregistrement locaux louent souvent des salles de
répétition, donc demandez leur, mais elles
peuvent parfois coûter très
chers. Un avantage de ces lieux est qu'ils ont souvent des amplis pour
les voix ou une sono que vous pourrez utiliser quand vous y
répéterez,
et peut être aussi des micros et des pieds de micros. Si ce
n¹est pas
le cas vous devrez les acheter ou les emprunter, mais vous
n¹aurez pas
besoin d'un ampli spécial pour les voix quand vous
répéterez, utilisez
un ampli de guitare ordinaire. Une fois que vous aurez quelques
morceaux, vous pourrez être prêt à faire
un concert, et après ca, vous
serez prêt pour enregistrer une démo ou un album.
PRODUIRE UNE CASSETTE
Pour produire une K7, 2 solutions: vous pouvez les copier vous
même sur
une chaîne hi-fi normale, ou vous pouvez les faire fabriquer
par
quelqu'un d'autre. Mais commencons par
l'enregistrement du son. Si vous
voulez produire une K7 de votre propre groupe, ne pensez pas que vous
devrez obligatoirement aller dans un studio d¹enregistrement
pour
enregistrer vos morceaux. Offrez vous une K7 avec un son que vous
aimez, et c¹est tout - ce peut être un
enregistrement de concert ou de
répétition si vous voulez. Si vous
préférez aller dans un studio pour
l'enregistrer, vous devrez vous renseigner sur les prix des
différents
studios existant, qui peuvent énormément varier.
Vous devrez aussi
demander autour de vous, trouver où les autres groupes ont
enregistré,
et ce qu'ils ont pensé du studio. Vous trouverez
probablement quelques
studios régionaux assez économiques
utilisés par des gens de la
scène, et sont souvent mieux que
beaucoup de studios coûteux, car le
preneur de son comprendra votre musique et le son que vous cherchez
mieux qu¹un ingénieur du son d'un studio
ordinaire, qui s'occupe
généralement de groupes de pop ou de rock. Quand
vous réservez le
studio, ne vous inscrivez pas pour seulement quelques heures car vous
ne pourrez rien faire en si peu de temps, même si vous
prévoyez
seulement d'enregistrer quelques chansons et que vous pensez
pouvoir le
faire rapidement. Rien que l'installation du
matériel prend plus de
temps que vous ne le pensez - mettre des micros sur tous les
fûts
batterie, etc. et le réglage de tous les sons peut durer
quelques
heures lui même. Si vous n'avez jamais
été dans un studio avant, je
vous conseillerai de le réserver au minimum une demi
journée pour la
première fois. Une fois que vous êtes dans le
studio, les différentes
façons d'enregistrer vous sont ouvertes. Vous
pouvez enregistrer toutes
les pistes individuellement, jouer les choses basiques en premier avant
d¹enregistrer les overdubs et les voix ou enregistrer tout
ensemble si
vous préférez (c¹est la technique que
nous employons toujours). Quelle
que soit la méthode que vous choisissez, vous devez quitter
le studio
avec une maquette. Si vous voulez produire une K7 d¹un autre
groupe, ou
sortir une compilation, la première chose que vous devrez
faire est
d¹écrire au groupe(s) pour leur demander si il
veulent la faire! Pour
les aider dans leurs frais d¹ envoie vous pouvez envoyez un
S.A.E.1 ou,
si vous écrivez à des groupes
étrangers, vous pouvez acheter un coupon
réponse international (I.R.C.) dans votre bureau de poste -
Celui ci
peut être échangé contre des timbres
dans un autre pays, ou contre
l¹équivalent d¹un S.A.E. Quoi
qu¹il en soit, ceux ci sont un peu une
arnaque, car pour en acheter un vous devez payer plus que la valeur
à
laquelle vous pouvez l¹échanger. Autrement, si vous
en avez la
possibilité vous pourrez toujours envoyer un peu
d¹argent aux groupes
pour les aider à couvrir leurs frais postaux. La plupart des
groupes
peuvent utiliser des dollars U.S (vous pouvez par exemple envoyer 1
dollar pour les frais de port), et les Marks allemands (ndt: des euros,
au jour d¹aujourd¹hui) ou les Pounds anglais peuvent
aussi être très
utiles, mais ils n¹auront certainement pas besoins
d¹autres unités
monétaires (à part la leur, bien sur). Si vous ne
pouvez pas leur
envoyer de quoi couvrir leurs frais de port, ne vous
inquiétez pas, la
plupart des groupes répondront quand même. Si vous
voulez produire une
compilation, vous devrez vous attendre à avoir beaucoup de
retard - si
vous voulez qu'elle soit prête en un mois, oubliez
la! Les groupes
peuvent attendre longtemps avant de répondre - ils peuvent
avoir trop
de courrier à gérer, ou ils peuvent
être en tournée quand la lettre
arrive. Ou peut être qu¹ils voudront
attendre de faire un nouvel
enregistrement pour vous le donner. Et bien sur quelques groupes ne
vont pas vous répondre du tout, donc sélectionnez
en d¹autres
préalablement pour les remplacer au cas où ils ne
répondraient pas. Une
autre chose que vous devez garder en tête est
d¹être réaliste - les
heures de studio coûtent chers, donc ce n¹est pas
vraiment raisonnable
de demander aux groupes de faire un enregistrement studio pour une K7
qui sera distribuée à seulement 30 exemplaires...
Une fois que vous
avez rassemblé les morceaux, vous devez décider
de la manière dont vous
aller copier les K7. Le plus simple et économique, pour une
diffusion à
petite échelle, est de les copier vous même chez
vous sur une chaîne
hi-fi à double-lecteur. De cette façon vous
pourrez seulement faire le
nombre de cassette dont vous aurez besoin - copiez les chaque fois
qu¹on vous en demandera. Vous aurez simplement besoin
d¹une cassette
vierge ordinaire (chrome ou métal seraient le mieux), et ce
serait une
bonne idée d¹en avoir plusieurs copies en avance au
cas où l¹original
se barre en couille après les très nombreuses
copies qu¹il aura due
faire. Pour les jaquettes, les paroles, les livrets vous aurez
seulement besoin de les photocopier si vous copier les K7 vous
même. Si
vous vous attendez à en vendre quelques centaines
d¹exemplaires, vous
préférerez sûrement les faire fabriquer
- les copier une par une chez
vous peut être vraiment très chiant. Cela peut
aussi vous coûter moins
cher de les faire fabriquer en gros plutôt que de les copier
vous même,
si vous les faites fabriquer en gros, donc renseignez vous sur les
prix. Vous pouvez aussi les faire copier en quantité dans un
studio
d¹enregistrement local, donc renseignez vous aussi
auprès d¹eux. Si
vous les produisez de cette façon vous aurez
sûrement besoin de faire
votre maquette sur D.A.T (Digital Audio Tape), donc si vous avez
n¹avez
pas enregistré votre K7 en studio, vous aurez besoin
d¹en utiliser un
pour faire votre maquette. Très peu de gens autres que les
studios ont
un lecteur D.A.T., alors vous devrez essayer de voir si les magasins de
matériel d¹occasion accepteraient de vous laisser
en utiliser un. Si
vous voulez faire fabriquer votre K7 en grosse quantité,
vous voudrez
aussi probablement des jaquettes, des paroles, etc. bien
imprimées.
Regardez dans la partie faire un zine si vous avez
besoin de conseil.
Certains fabriquant incluent aussi les impressions de jaquettes dans
leur coûts de fabrication donc ca peut aussi valoir le coup.
Une fois
que vous avez fait votre K7, vous devrez prévenir les gens
qu¹elle est
sortie, don vous pouvez faire des flyers et les envoyer avec votre
courrier. beaucoup de flyers restent malheureusement ignorés
au milieu
de tout le bazar envoyé au gens par courrier, mais
c'est encore une des
meilleures façons de faire connaître votre K7.
Vous pourrez aussi en
laisser quelques unes dans les magasins locaux, ou dans les ventes par
correspondance DIY. Vous pouvez aussi envisager de faire de la pub dans
des magazines, et en envoyer quelques exemplaires à
d¹autres zines. Je
ne vous conseillerais pas d¹en envoyer trop gratuitement -
vous ne
pouvez pas vous permettre de perdre de l¹argent en
étant trop généreux
avec les journalistes. PRODUIRE UN DISQUE
Malgré les énormes efforts de toute
l¹industrie du disque, c¹est encore
le vinyle, plus que le CD, qui domine la scène underground
DIY - et
cela continuera encore longtemps! Je ne vais pas exposer ici toutes les
raisons pour lesquelles les gens ne devraient pas faire de CDs - Nous
avons déjà traité le sujet en
détails à plusieurs occasions. Nous vous
diront seulement que si vous voulez produire un CD, nous
n¹avons aucun
conseil à vous donner. Comme pour produire une K7, la
première chose
que vous devrez faire pour produire un disque est une maquette sur K7.
Vous aurez besoin d¹un enregistrement D.A.T, et les chanson
devront
être dans le même ordre d¹apparition que
sur le (futur) disque (laissez
un espace raisonnable entre les chanson d¹une face et de
l¹autre).
Comme pour la réalisation d¹une K7, vous
n¹êtes pas obligé d¹utiliser
un enregistrement studio, mais c¹est ce qui se fait le plus
communément. Ensuite vous aurez besoin de quelqu¹un
pour presse le
disque. Contrairement à ce que les gens ont l¹air
de penser, les petits
labels DIY n¹ont pas leur propre matériel de
pressage! Ils payent une
usine pour le faire. Contactez en quelques unes à
l¹avance et comparez
les prix, car le pressage minimum peut varier sensiblement. Si vous
voulez faire un très petit tirage, vous devrez trouvez des
endroits qui
acceptent de faire des pressages aussi petits que 50 exemplaires. De
toutes façons, pour avoir un prix raisonnable par disque,
vous devrez
probablement en faire au moins 200. Vous devez envisager de contacter
quelques entreprises étrangères, celles ci
peuvent parois offrir des
prix très économiques. De toutes
façons, si vous faites ca vous devez
penser aux problèmes posés par la langue et les
barrières de la
communication. N¹oubliez pas non plus qu¹il faudra
payer pour faire
venir les disques jusqu¹à vous, et vous devez aussi
payer les frais de
douane, bien que ce ne soit plus en cours dans les pays de
l¹U.E. Si
vous travaillez avec un budget très serré, vous
devrez penser aux
façons de réduire au maximum le coût de
fabrication. Vous devez
envisager de sortir un disque avec des étiquettes blanches
si cela peut
vous permettre d¹économiser. Si c¹est
important de montrer quelle face
est laquelle, vous devrez les marquer en écrivant au stylo
sur
l¹étiquette - Vous devrez probablement faire ca si
c'est un split entre
2 groupes, et que les gens ne seront pas forcément capable
de dire quel
groupe est lequel. Certaines usines de pressage presseront aussi des
disques à une face. Cela vous économiserait les
coût de production de
l¹autre face ce qui, pour un petit pressage, peut faire une
énorme
différence pour vous. Une autre idée fausse est
celle qui dit qu¹il y a
une durée maximum stricte de musique sur un disque, ou un
moment à
partir duquel le son est détérioré. Ce
n'est pas le cas. Il y a de
nombreux facteur qui peuvent altérer la qualité
sonore d¹un disque - la
vitesse de lecture ou la durée de musique en sont deux, bien
qu¹il
n¹existe pas de point fixe à partir duquel la
qualité est perdue. Vous
pourrez trouver que la qualité du son vers le milieu est
moins bonne
que sur les bords - particulièrement sur les 12 (qui ont de
toutes
façons un meilleur son). Quoi qu¹il en soit,
n¹y attachez pas trop
d¹importance. Si nous étions tous
obsédés par cela, nous ne ferions
plus que des 12 en 45 tours avec seulement une minute de musique sur
chaque face. Vous devez aussi prendre en compte le coût et
l¹aspect
pratique du disque, avant de décider combien de morceaux
mettre dessus.
Comme je l¹ai dit, il n¹y a pas de limite. Vous
n'aurez aucun
problème à mettre 5 minutes par face sur un
7² en 45 tours ou 7 minutes
en 33 tours. Pour un 12, 15 minutes par face en 45 tours et 20 minutes
en 33 tours ne devraient poser aucun problème.
Vous pouvez mettre plus
long que cela - J¹ai des 7 avec plus de 10 minutes de musique
par face
et des albums avec plus d¹une demi heure par face - la
chose qui est
le plus affectée est le volume de la musique, mais les gens
peuvent
toujours l'augmenter quand ils écoutent le disque.
Si vous décidez de
faire un disque exceptionnellement long ca peut valoir le coup de
demander aux gens qui vont le presser si ils peuvent le faire. La
fabrication d¹un disque se fait en trois étapes.
Premièrement un disque
en laque2 est gravé à partir
de votre maquette. Ensuite, ce disque
va servir à faire des moules en métal, ou tampons. Enfin, les disques
sont pressés à partir des tampons. Quand vous
vous renseignez sur les
prix, assurez vous que ceux ci prennent en compte le processus entier,
de la maquette K7 au produit fini. La première fois que
j¹ai demandé
combien me coûterait le pressage d¹un disque, on
m¹a seulement donné le
prix pour le pressage final, sans prendre en compte le gravage du
disque en laque ou la fabrication des tampons. Ce qui fait que nous
avons totalement faussé les calculs de nos coûts
de production. Vous
devrez aussi vérifier que le prix de l¹impression
des étiquettes est
inclus (si vous les voulez), et aussi le test du pressage. Certaines
entreprises incluent le test dans leurs prix, alors que
d'autres
demandent un supplément si vous voulez qu'elle le
fasse, et d'autres
encore ne le font pas du tout. Certaines personnes pensent
qu'il n'est
pas nécessaire, donc c'est à vous de
voir. Les 2 premières étapes
(gravage du disque en laque + fabrication des tampons) ont des prix
fixes - ils ne changent pas suivant le nombre de disques que vous
voulez. Le pressage final est calculé par disque
pressé. Donc, plus
vous pressez de disques, plus les prix unitaires baissent; car les prix
fixés diminuent au dessus d¹un certain nombre de
disques. Quand vous
demandez la liste des prix à l¹entreprise de
pressage, certaines vous
montre les prix de chaque étape
séparément, donc vous pouvez calculer
tous vos propres prix de revient, alors que d'autres vous
donneront un
prix d'ensemble pour tout le travail. Dans
tous les cas, vous devrez
ajouter la TVA au prix total si elle est applicable -
n'oubliez pas de
le faire car cela peut grandement faire varier votre prix de revient.
Vous pouvez généralement assister au gravage de
votre disque si vous le
voulez - certains pensent que c'est nécessaire,
d'autres non. Si vous
n'y assistez pas, envoyer votre maquette K7 à
l'entreprise. La maquette
peut être abîmée par la chaleur ou par
des champs magnétiques, donc en
précaution supplémentaire, vous pouvez
l¹envelopper dans du papier-alu
avant de l'emballer et marquer clairement que la poste doit en
prendre
soin. Il est aussi conseillé d'envoyer le colis en
recommandé,
particulièrement si vous n'avez pas
d'autres copies de la K7. Si vous
voulez assister au gravage, demandez à l'entreprise
qui presse vos
disques et arrangez ca avec eux. Si vous préférez
vous pouvez
probablement faire appel à un autre spécialiste
qu'on vous a recommandé
à condition que l'entreprise de pressage soit
d'accord. Si vous voulez
des étiquettes, vous devrez aussi envoyer les
modèles à l'entreprise de
pressage. Dans ce cas, envoyez les seulement sur du papier, ou vous
pouvez aussi demander à un imprimeur d¹en faire des
³pellicules² pour
vous. C¹est la première étape du
processus d¹impression, durant
laquelle l¹image est imprimée sur des feuilles
d¹Acétate. Envoyer une
pellicule au lieu d¹une feuille de papier peut vous faire
économiser un
peu d¹argent avec l¹entreprise qui presse les
disques. Quelle que soit
le support de vos originaux, vous devrez indiquer très
clairement
quelle face est laquelle, pour que l¹entreprise le sache.
Même si vous
ne mettez pas de face A et B sur le disque, il serait sage
d¹indiquer
un A ou un B sur l'étiquette (à
l'arrière par exemple) pour montrer
clairement la face du disque à laquelle elle correspond.
Pour imprimer
les pochettes, etc., vous pouvez essayer de nombreuses façons
différentes. L'usine de pressage peut
être capable de fournir les
disques dans du papier blanc ou des sacs en plastique, et vous pouvez
obtenir des pochettes et les différents insère
imprimés séparément.
Regardez à la section concernant la production d'un
zine pour avoir des
conseils. Si vous sentez que vous avez besoin de mettre les disques
dans d'autres sacs afin de les garder tous ensemble (ndt:
j'ai pas bien
compris, ca...) vous pouvez en parler avec un vendeur de sacs local.
Autrement il existe des endroits spécialisés qui
vendent des pochettes
plastiques, etc. pour les disques. Demandez aux autres groupes, si vous
en avez besoin, les endroits où ils
s'approvisionnent. Si vous voulez
imprimer une pochette propre, certaines entreprises
de pressage
seront capables de le faire pour vous et de vous fournir le disque
déjà
rangé dans sa pochette. Quand vous mettez en page les
couvertures,
faites le sur une feuille de papier plus grande que ce dont vous avez
réellement besoin et mettez en page les faces de devant et
de derrière
l¹une à coté de l'autre, comme
elles seront imprimées. Vous devriez
continuer le design légèrement plus loin que
nécessaire en laissant au
moins 5mm de marge autour des cotés. Cela signifie que vous
continuez
le fond coloré (par exemple) sur la tranche de la pochette
pour que
tout soit bon et qu¹il n¹y ai pas de ligne blanche
involontaire sur le
coté auc cas où le pliage et le
découpage seraient faussés de quelques
millimètres. Ne mettez cependant jamais rien
dŒimportant dans cette
zone, ni trop près de la tranche, ou alors attendez vous
à ce qu¹il
soit coupée ou pliée par accident. Si vous voulez
ajouter des couleurs
sur la pochette, c¹est mieux de les mettre sur des feuilles
à part. Un
imprimeur pourra vous aider à comprendre ce dont vous avez
besoin. Si
vous faites cela, alors tous les dessins seront fait en noir et blanc,
même si vous voulez qu'un des dessins soit
imprimé d¹une couleur
différente. Vous aurez juste besoin de signaler à
celui qui s'occupe
d'imprimer les pochettes quel dessin doit être
imprimé en quelle
couleur. Évidement, si votre pochette est une impression en
couleur ou
une photo, il ne sera pas possible pour vous de mettre toutes les
couleurs sur des feuilles à part. Dans ce cas, vous devrez
utiliser une
³séparation des couleurs à partir des
images que vous utilisez (c'est
le processus qui consiste à diviser l'image par les
4 couleurs
primaires), et rien que ceci peut être assez
coûteux même avant
d¹ajouter les coûts d'impression de la
pochette. Ca vaut la peine de
demander conseil à un imprimeur local ainsi qu'une
liste de ses prix,
comme ca ce sera peut être plus économique que de
le faire faire par
l¹entreprise qui presse les disques. Un organisme que vous
devez (ndt:
théoriquement) contacter si vous pressez un disque est la
société qui
gère les copyrights. Au Royaume-Unis, c¹est la
Mechanical Copyright
Protection Society (M.C.P.S.)3. Si ils vous écrivent, ils
vous
enverront une lettre qui semblera dire qu¹il est
illégal de produire un
disque sans en avoir la permission. À ma connaissance ce
n¹est pas vrai
- ils n¹ont pas de pouvoir légal de toutes
façons, à condition que vous
ne fassiez pas un disque avec des reprises de morceaux
³protégés² par
le copyright. Nous n'avons jamais eu de problèmes
en produisant des
disques, et nous avons totalement ignoré les lettres du
M.C.P.S. depuis
maintenant 10 ans. À l'heure actuelle, nous avons
reçu une fois la
visite d'un de leur représentant (qui avait fait un
voyage de plus de
300 kilomètres pour nous voir) il y a des années.
Il avait décidé que
si nous ne rentrions pas dans leur jeu, en donnant les titres des
chansons et le nom de leurs auteurs, alors il le ferait pour nous - il
a vite arrêté de faire son relevé quand
nous lui avons donné un 7 avec
13 chansons à relever! Cependant, il nous a
laissé quelques
timbres-poste pour qu'on lui envoie les formulaires
complétés, ce qui
nous fut très utile, même si nous ne nous en
sommes bien entendu pas
servis pour écrire à la M.C.P.S. Si vous
produisez un disque qui
contient des reprises de morceaux protégés par le
copyright, alors vous
devrez être plus prudent. Vous devrez obtenir une
autorisation et payer
pour cela, ou alors vous pouvez vous retrouver avec des
problèmes si
ils vous attrapent quelques années après. Et,
même si vous produisez
votre propre groupe, vos propres chansons, certaines compagnies de
pressages refuseront de presser votre disque sans autorisation de
M.C.P.S. (ou l¹organisation équivalente dans votre
pays)! Une fois que
vous avez votre disque totalement réalisé, vous
pouvez en faire la pub
de la même manière qu¹avec une K7 -
c'est à dire flyers, pubs dans des
magazines, copies envoyées en promos, etc. Faites en autant
que vous
voulez, mais souvenez que si vous voulez vendre le disque sur lequel
vous avez travaillé aussi dur, alors les autres personnes
doivent
savoir, premièrement, qu'il est sorti,
deuxièmement, où le trouver. Je
suis toujours étonné par les histoire de disques
introuvables parce que
les membres du groupes les laissent prendre la poussière
dans leurs
appartement - après avoir fait tous ces efforts pour
produire leurs
disques, ils n¹essayent même pas de le distribuer!
Bien, je pense avoir
couvert la plupart des points à connaître
concernant la production d¹un
disque. Pour finir, je vous donnerais encore quelques conseils sur la
réalisation du disque d¹un autre groupe ou
d¹une compilation. Si vous
produisez le disque d¹un autre groupe, vous trouverez peut
être que
leurs prévisions sont beaucoup plus ambitieuses que ce
qu¹elles
seraient si ils finançaient la production entière
eux même! Les groupes
commencent soudainement à s¹apercevoir
qu'ils est absolument
essentiel d'avoir une pochette entièrement en
couleur, ou des trucs à
porter avec des poignées, des pochettes en tissu cousu main
ou quelque
chose comme ca. De nombreux groupes sont trop passionnés et
gâchent le
temps et l'argent des autres pour ce genre de choses qui ne
sont pas
nécessaires. Si ca vous arrive, et que vous sentez que leurs
volontés
ne rentrent pas dans le budget ou dans le temps que vous pouvez
consacrer au disque, vous pouvez leur demander de participer
financièrement, ou leur confier la réalisation de
leurs propres
pochettes si ils veulent des pochettes faites-mains. Et, pour une
compilation, comme pour une compilation K7, ne vous attendez pas
à
réunir tout très rapidement. Les groupes voudront
probablement faire de
nouveaux enregistrements studio pour une compilation sur disque, et la
réalisation peu prendre beaucoup de temps - Un an ou plus
est très
commun. Si vous êtes très impatient, ou si vous
voulez obtenir tout en
quelques mois pour que cela coïncide avec un
événement particulier ou
autre, alors oubliez l'idée de faire une
compilation. Gardez aussi à
l'esprit que si vous produisez un disque avec
d'autres groupes, ils
devront payer des choses, comme la location du studio, etc., donc
assurez vous que vous aurez les moyens de les rembourser d'une
façon ou
d¹une autre. Donner au groupe des exemplaires gratuits du
disque quand
il est sorti est la façon habituelle de le faire.
TENIR UNE LISTE DE DISTRIBUTION
La première chose dont vous aurez besoin pour faire de la
distribution
est quelque chose à vendre! Pour cela, prenez contact avec
des
groupes/labels que vous aimeriez distribuer. Ne soyez jamais trop
ambitieux au début - je vous conseillerais de ne pas prendre
plus de 10
exemplaires de chaque article pour commencer, jusqu'a ce que
vous ayez
pris l'habitude de vendre. Beaucoup de labels vous enverrons
les
articles en dépot-vente (vous payez seulement quand vous
avez vendu).
Donc essayez de négocier de cette façon si vous
n'avez pas beaucoup de
moyens. Il est aussi utile d'avoir des choses à
échanger, spécialement
si vous traitez avec des groupes/labels étrangers, car cela
évite pas
mal d' embêtement à sortir de
l'argent en monnaie étrangère. Si vous
connaissez des groupes où des labels qui ont des choses
à vous échanger
tant mieux. Si ce n'est pas le cas, ce serait utile
d'écrire à des
groupes ou à des labels de votre propre pays et de leur
demander leurs
prix de gros. Si ils sont abordables et que vous pouvez en acheter un
grand nombres, vous pourrez ainsi proposer des échanges
à des labels
étrangers. Quand vous déciderez des prix de vos
articles, vous voudrez
sûrement gagner une marge sur ceux ci, même si vous
voulez que votre
distro soit non profit. Vous n'êtes pas
obligés de faire du profit sur
chaque article, mais vous devez vous souvenir que d'autres
coûts sont
impliqués dans la gestion d'une distro, comme
l'impression des listes,
les frais postaux pour le retour des invendus pris sur la base
d¹une
commission, et le renvoie de l'argent aux gens qui commande des
articles déjà épuisés.
Certaines personnes réussissent à avoir des
photocopies gratuites en les volant dans leur lycée ou leur
lieu de
travail - c'est très bien, mais souvenez vous que
vous ne pourrez pas
compter sur cette méthode éternellement. Si votre
budget est vraiment
maigre et que vous prenez des articles sur les bases du
dépot-vente,
cela peut vous aider de prendre une marge dessus. Vous vous rendrez
probablement compte que vous ven





















